#RoadtripAcrossIceland

Par
Octobre 2015
7 jours
28
1

En Octobre 2015, j'ai décidé de partir faire un roadtrip en Islande. J'avais une semaine de vacances, et je voulais voir des aurores boréales. Thomas passait son diplôme, et il ne pouvait pas venir avec moi. Alors j'ai décidé de partir seule.

Et puis finalement, il s'avérait que Papa avait lui aussi une semaine de vacances et l'envie de découvrir ce pays. Je m'étais finalement trouvé un compagnon de voyage !

On s'y est pris à la dernière minute pour acheter nos billets d'avion (genre deux semaines avant), alors on a payé un peu cher, mais on peut trouver des billets vraiment pas chers avec Wow Air au départ de Paris, en s'y prenant mieux que nous !

Nous avons découvert l'Islande pour la première fois avant l'atterrissage, à travers les nuages : immenses plages de sable noir, neige, fumerolles de sources d'eau chaude, et... pas d'arbre !

Après avoir comparé les différents loueurs de voiture, nous avons opté pour Sixt. La compagnie s'est avérée être la moins chère pour ces dates, et nous avons tenté le tout pour le tout en louant un des 4x4 les moins chers, en ayant en tête qu'il arrivait souvent que les loueurs upgradent les locations. Ça n'a pas raté, nous avons finalement obtenu un 4x4 Chevrolet Captiva automatique.

Il faisait froid, mais la lumière du soleil de fin de journée était dorée et réchauffait le ciel d'entre les grêlons.

Nous avons déposé nos affaires au studio que nous avions loué sur booking : The Swan House, plutôt cool et en plein centre ville, et pas trop cher par rapport à ce que j'ai trouvé aux mêmes dates à Reykjavík (59 euros), mais encore une fois, nous nous y étions pris vraiment tard.

Un petit tour dans le centre ville après le repas, plein de bonnes adresses, hipsterish à souhait. Bien sur, il faisait nuit. Il faisait jour de 9h15 à 17h00 environ. L'époque parfaite pour augmenter ses chances de voir des aurores boréales.

Après cette promenade, nous sommes passés par l'office du tourisme, où la dame présente nous a dit que ça l'étonnerait vraiment qu'on ne voit pas d'aurores boréales...! Elle nous prévient que certaines expéditions partent ce soir, car il y a des chances d'en voir. Alors on a pris la voiture et on est partis en chasse, direction les fjords.

Rien que pour la magnificence de la lune s'y reflétant, ça valait le détour. Et puis là, derrière un nuage, un truc léger, qui ressemblait à un nuage a commencé à se profiler. Mais c'était différent, ça ne bougeait pas comme un nuage, et ça avait une teinte verdâtre. C'était notre première aurore ! Si petite fut-elle.

Puis, une deuxième est arrivée, cette fois-ci un peu plus distincte et dansante, mais très légère. En même temps, un vent soudain et puissant s'est levé et nous a fouetté le visage ; je souriais tellement qu'il me glaçait les dents.

Puis une troisième, traversée de deux étoiles filantes. Puis une quatrième, une cinquième et une sixième... Elles étaient tellement faibles qu'elles n'auraient rien rendu en photo.

Après deux heures de route à travers le fjord, et 16 malencontreux euros pour passer un tunnel, on est repartis. Quand soudain, une septième aurore s'est formée. On était au bord de l'autoroute, sous des lampadaires. On a traversé la route à pieds, et ça en valait la peine. Cette dernière était flamboyante, verte et même magenta ! Elle dansait et tournoyait.

J'aurais voulu être ignorante de la réponse scientifique de ce phénomène, et pouvoir croire à une quelconque magie. Mais la magie y était, et y était tellement qu'on n'a pas pensé une seule seconde à la photographier. Nous nous contentions de crier de joie, en entendant au loin les échos des gens hurlant de joie eux aussi dans les montagnes alentours.

La terre vit ici !

Nous sommes rentrés nous coucher, des images plein les yeux.

2

Nous avons petit déjeuner au Graï Kotturinn, un petit café recommandé par notre Guide, et apparemment fréquenté par Björk. C'était super bon, mais comme tout le reste en Islande, super cher ! Et nous avons continué notre petit tour par la rue principale avant de retourner chercher nos affaires au studio.

Nous avons ensuite pris la route pour Vik. A peine sortis de la ville, nous avons commencé à voir des paysages de mousse et de lychen.

Il y a un truc vraiment fantastique à cette période de l'année, c'est la lumière ! Sur cette unique Route 1 jusqu'à Vik, nous avons vu des paysages magnifiques.

Au sud, sur la R1, un flic a déboulé à toute allure...nous avons continué notre chemin, et un autre nous a littéralement forcés à piler et nous mettre dans le fossé. Il nous a demandé de rester sur le côté, car "une maison arrivait". Une maison ? Et en effet, une maison entière est passée, posée sur une camionnette, et prenait toute la route. Ce qui était très cocasse.

En continuant notre chemin, nous avons trouvé des petits groupes de chevaux islandais trop mignons. On est restés un peu pour les caresser.

Nous sommes ensuite tombés sur une petite église, au détour de nos écarts de la Route 1. Il s'agissait de l'église Oddi, seule au milieu des marais.

Juste avant le fameux volcan Eyjafjallajökull, nous avons atteint la célèbre cascade de 65m de haut : Seljalandsfoss.

Un peu plus loin, à 500m environ, là où finalement presque personne ne se rend, se trouvait Gljúfrabúi, une autre cascade, beaucoup plus difficile d'accès, cachée dans la roche.

Gljúfrabúi est au moins aussi impressionnante que Seljalandfoss, car enclavée dans une grotte à ciel ouvert, elle mesure 40m de haut, et l’acoustique des trombes d'eau y est exceptionnelle. Et en plus, nous étions seuls dedans !

Partis du site, nous sommes tombés sur une mer d'huile, au bord de la route. La lumière, encore une fois, était incroyable.

Avant de tomber enfin sur Skógafoss et ses arcs-en-ciel.

Après avoir appelé Carina, une hôte de Vik, pour savoir si elle avait encore une chambre de libre, nous avons filé sur la plage de Reynisfjara pour voir le coucher de soleil sur la plage de sable noir.

La mer était superbe, et déchaînée. Cette place est un véritable délice pour les yeux et les oreilles.

Nous avons ensuite dîné dans le café préféré de Papa de toute cette semaine : Halldorskaffi.

Étonnamment, ce n'est même pas le seul café de cette "grande" ville d'à peine 300 habitants (petit rappel, le pays en compte moins de 325 000). Nous avons mangé des repas typiques à base de poisson et dégusté de l'alcool local.

Puis, le ciel a changé, et il s'est mis à pleuvoir. Tant pis pour les aurores boréales. Pendant que Papa dormait, j'ai quand même tenté ma chance, et malgré avoir aperçu quelques lumières dansantes à travers les nuages, j'avais trop peur de rester toute seule en pleine nuit dans la montagne, alors je suis rentrée.

3

En ce matin pluvieux, nous avions décidé de braver les interdits de l'hiver, et nous avons emprunté une route fermée pendant l'hiver. (Bon, en vrai elle est ouverte, mais à cette saison, les assurances ne garantissent plus les voitures sur ces route. Et parfois elles sont vraiment fermées aussi.)

Nous sommes montés sur la montagne de derrière notre maison d'hôte.

En fait c'était plus une falaise qu'une montagne. Elle faisait au moins plusieurs centaines de mètres de haut, dans la brume, avec des moutons et des boucs qui pouvaient nous charger à tout moment (ou pas). Mais en fait, non. C'était juste très beau. Avec une vue plongeante sur la plage de Reynisfjara.

Puis, on a pris la route de Skaftafell. Nous rêvions d'aller visiter une grotte de glace, c'était un peu une de mes grosses envies photographiques depuis un bout de temps (mais qui ne se fera finalement pas).

Sur le chemin, nous sommes tombés un peu par hasard sur Fjaðrárgljúfur Canyon.

Cet endroit était très très beau, même sous la pluie.

Puis, nous avons traversé de grandes étendues où l'on se serait crus être dans une vie en noir et blanc. Il n'y avait absolument rien, pas de mer, pas de montagne (peut-être au loin derrière la pluie), et de temps en temps, une touffe rebelle de végétation apportait un peu de couleur au paysage.

Une fois arrivés à Skaftafell, rien à y faire... à part une visite d'une grosse de glace à peine formée à cette période à 200 euros par personnes, et des conditions météo trop mauvaises pour aller marcher sur les glacier.

Alors, tous déçus, nous sommes allés manger "au village". C'est à dire à l'endroit où il y avait une station essence et un petit hôtel. Nous y avons rencontré là bas une dame tchèque, qui a grandi en Slovénie, a été crépière 17 ans à Rennes, et vivait depuis 4 ans dans ce lieu reculé. Elle nous a conseillé d'aller à Jökulsárlón, et surtout le plus petit, Fjallsárlón, moins visité.

Alors on a poussé 40 minutes de plus vers l'est pour aller y voir les glaciers.

Fjallsárlón 

Ca valait vraiment le détour. L'eau était tellement plus turquoise que ceux que j'avais déjà vus ! Il y avait un vent d'au moins 150km/h nous fouettant le visage. On pouvait se jeter dans le vide sans même tomber.

Nous avons ensuite décidé de retourner sur Vik, car pas grand chose ne nous retenait de ce côté-ci. Et que quitte à retraverser ces grands espaces lunaires, autant le faire de nuit. Tout était tellement noir autour qu'on avait l'impression de rouler sur un pont au dessus du néant.

Carina n'avait plus de chambre de libre, alors nous avons dormi dans une guesthouse, chez une islandaise, un danois et un français en colloc : Einarsstadir Homestay, et nous sommes retournés au café préféré de Papa.

4

Le matin, en quittant la maison, nous avons décidé d'aller nous acheter de quoi petit-déjeuner pour aller manger sur la plage de sable noir au lever du soleil. C'était incroyablement beau.

La mer était encore déchaînée. Le truc le plus magique de cette plage, (enfin je veux dire en dehors de la lumière, du sable, et de la mer), ce sont ces merveilleux cailloux octogonaux. Ca s'appelle un orgue basaltique.

On a ensuite repris la route, entre les gouttes et le soleil, et donc sous les arcs-en-ciel. Mais attention, pas des arcs-en-ciel comme chez nous, non. Des arcs-en-ciel plus puissants qu'ailleurs ! C'était carrément des TRIPLE RAINBOWS.

Nous sommes ensuite allés manger la meilleure soupe à la tomate du monde (au moins). Il s'agissait d'une ferme sous serre, recommandée par la colloque où nous avions dormi. Eh oui, l'énergie est 100% renouvelable là-bas, puisque la géothermie fait son travail, et ils peuvent cultiver à peu près n'importe quoi (bon, en vrai, ils utilisent quand même des énergies fossiles avec le pétrole).

Nous avons ensuite tranquillement roulé vers le Cercle d'Or. Avec Geysir (celui-là même qui a donné son nom à tous les autres).

Le design scandinave du Lodge de Geysir était très agréable.

Mais il pleuvait beaucoup et il y avait bien trop de monde. Puis, nous avons poussé jusqu'à Gullfoss, où nous avons été totalement brumisés !

On ne peut vraiment pas retranscrire par photo la puissance de l'eau. La nuit est tombée, et nous avons rejoint notre hébergement pour la nuit. Il s'agissait d'une ferme avec des petites cabanes en bois : Efstidalur.

Le restaurant, décoré également avec goût, donnait sur l'étable et les veaux, derrière une vitre bien isolante. La chambre était plutôt sobre, mais dehors, il y avait des aurores boréales derrière les nuages.

5

Le petit déjeuner au Farmstay était top. Nous avons ensuite pris la direction de Snaefellsnes. Nous croisions les doigts pour y voir des aurores.

Nous nous sommes arrêtés au Parc National de Þingvellir (prononcer Thingvellir). On a pris un autrichien en stop sur la route. Il pensait que Reykjavik était rempli de dangereux criminels et de mafieux. Il était rigolo.

Arrivés à Þingvellir, nous sommes allés voir la faille entre les plaques tectoniques eurasienne et américaine, avec une grosse chute d'eau en plein milieu.

Nous avons traversé via la 56 la Péninsule de Snaefellsnes, en direction de Grund í Grundarfirdi, notre Guesthouse.

Perdue au milieu des fjords, au pied d'une montagne au sommet enneigé, se trouvait notre Guesthouse.

La vue de la chambre était parfaite. Si aurore il y avait, aurore on verrait.

Un islandais chasseur d'aurores lui-même nous a conseillés d'aller observer les aurores à Kirkjufell.

"Il ne s'était pas trompé le bougre", m'a dit Papa.

J'avais téléchargé toutes les applications et j'étais branchée sur tous les sites de fadas et de prévisions météo. Et toutes indiquaient que les aurores risquaient d'être très impressionnantes ce soir-là, en raison de la dernière éruption solaire. Plus qu'à croiser les doigts pour que les nuages soient cléments.

Nous sommes allés faire du repérage à Kirkjufell avant d'aller s'acheter de quoi pique-niquer (tenir un siège selon Papa).

Nous nous sommes installés dans la voiture, au chaud, pendant que le soleil commençait à se coucher. Nous n'avons même pas eu le temps de finir de manger nos sandwichs, que c'était parti pour 2-3h non-stop d'un ballet d'aurores boréales !

Voir des aurores, surtout des comme ça, c'était un de mes rêves les plus fous. On n'en n'avait pas qu'à l'horizon, on en avait PARTOUT. Au sud au nord à l'est à l'ouest, et même au dessus de nos têtes. C'était un feu d'artifice.

Après notre soirée dehors, au milieu de la montagne, sous la grêle, la pluie, sur les rochers en mousse, je suis tombée en me prenant les pieds dans le trottoir juste avant d'entrer dans le bar où l'on se rendait pour prendre une bière et se réchauffer. Ou comment se blesser bêtement et pleurer comme une madeleine à la vue de mon propre sang.

Nous avons passé le reste de la soirée à discuter avec d'autres photographes chasseurs d'aurores autour de nos verres.

En rentrant se coucher, le spectacle a encore recommencé, et j'ai continué à le regarder avec une canadienne, pendant que Papa dormait.

6

Après cette merveilleuse soirée, nous avons entrepris de faire le tour de la péninsule. Sauf qu'on a trouvé une piste, la 570, normalement fermée (les rebelles). On est arrivés presque au pied de Snæfellsjökull, ce volcan dont le départ du Voyage au Centre de la Terre de Jules Verne partait.

Mais, il neigeait beaucoup. Et nous n'avons pas pu continuer jusqu'au-dit cratère. Nous avons finalement fait demi-tour après en avoir pris quand même plein les yeux et l'adrénaline.

Papa me dit que lui, il aurait pas fait demi-tour ! Mais si nous n'avions pas fait demi-tour, nous n'aurions pas vu les petites turf houses !

Nous avons continué par Hellnar, où nous avons mangé sous la pluie et le soleil, au milieu des arcs-en-ciel.

A Arnastapi, on a essayé de trouver les mémoriaux de Jules Verne, mais en vain. On a aussi essayé de trouver les phoques d'Ytri-Tunga, mais à part des algues et des moutons, il n'y avait pas grand chose !

Le reste de la péninsule était sublime, et je n'ai jamais autant aimé la pluie qu'en Islande.


Nous avons dormi à Borgarnes, où la maison était immense, et le restaurant pas trop loin, rétro-british et très coquet, servait des repas délicieux.

7

Nous avons fini notre voyage, après notre retour à Reykjavík et nos dernières emplettes, en se rendant au Blue Lagoon.

Entonnement, rien ou presque n'était naturel là bas, il s'agissait en fait d'un spa. C'était très très agréable pour finir notre voyage en beauté !

On a passé la dernière nuit à l'aéroport, car il fallait que l'on y soit très très tôt le matin pour prendre l'avion.

Bon, je vais conclure brièvement. C'était magique. Voilà. Je n'ai rien d'autre à dire. Ce pays est comme un Voyage au Centre de la Terre, pour de vrai.

Découvrez le circuit individuel inspiré de ce carnet

Itinéraire bénéficiant du retour d'expérience de ce carnet
Personnalisation facile en quelques clics de votre voyage
Devis instantané, réservable en ligne, sans intermédiaires