Carnet de voyage

Le Portugal par l’eurovélo 1

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Nous quitterons Vigo en Espagne le 16 mai 2018 pour rejoindre Séville en longeant les cotes portugaises par l’Eurovélo 1. Arrivée prévue à Séville fin juin. 1500 km environ.
Mai 2018
40 jours
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Publié le 16 mai 2018

C'est parti!

Nous avons quitté VIGO ce matin à 8h. VIGO, grande ville de Galice(260 000 hb) est un gros centre économique, usine Peugeot, chantiers navals très actifs et premier port de pêche européen. Curieusement Bruxelles a confié à VIGO l'agence européenne de contrôle des pêches, les chalutiers espagnols ont pourtant la réputation de tricher avec les zones de pêches, enfin... selon les pêcheurs français. La vieille ville de VIGO est pittoresque avec ses arcades de granit et très animée. La ville est pavoisée de drapeaux qui célèbrent 1809, la libération de la ville par les troupes espagnoles et galiciennes qui ont chassé les troupes napoléonniennes. On ne peut pas se balader en Europe sans tomber sur l'histoire des conflits engagés par ce tyran.

La route entre Vigo et Caminha est très agréable, en corniche sur l'océan, des pistes cyclables et parfois quelques détours un peu ardus quand la piste monte dans les villages dans les collines .En fait, nous sommes sur un chemin de Compostelle , mais à contresens.

Nous dépassons Baïona, une petite ville balnéaire , la côte découpée à des allures de Bretagne.

Les espagnols du secteur sont à la pêche aux pousse-pieds, ils sont des dizaines autour de rochers battus par les vagues. Ça paraît assez dangereux malgré le grand âge de certains pêcheurs.

Oia, peu avant Caminha est un joli village médiéval réputé pour son imposant monastère.

Nous arrivons à À Guarda, dernière ville espagnole au bord du Rio Minho, le bac...et nous sommes au terminus de l'étape, Caminha l'entrée au Portugal. Le camping, au bord d'une grande plage sauvage est parfait!

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Publié le 17 mai 2018

Finalement, hier soir nous sommes partis à pied du camping découvrir Caminha, joli coucher de soleil, café en terrasse très animée et coma dans la tente, on était éteint.

Une petite étape aujourd'hui mais pas si facile...Ça débute par un chemin forestier, sans la trace GPS embarquée sur la tablette, on se serait perdu dix fois.

Jusqu'à Viana de Castello on suit de belles pistes en bord de mer, mais comme chacun sait, les portugais adorent les pavés et il y en a vraiment partout, c'est charmant, mais une piste cyclable pavée, ça sollicite les derrières.

Visite rapide de Viana, belles pierres et front de mer intéressant.

Après Viana, l'Eurovelo 1 est moins intéressante, on est sur la nationale pendant 20 km et ça monte raide pendant 10 km , il fait déjà très chaud à midi dans les forêts de pins et d'eucalytus. Mais comme on revient toujours au niveau de la mer on se rafraîchit dans la descente.

On est à Esposende à 13 h, jolie lagune, on visitera cet après-midi.

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Publié le 19 mai 2018

Nous sommes partis tard ce matin, 9h...l'étape n'est pas très longue mais sur 64 km, il y en a bien 50 couverts de pavés. La route débute dans une belle forêt, c'est est un parc naturel frais, ombragé. Mais voici les pavés. En plaisantant je dis à Françoise qu'on est partis pour 60km comme ça...je ne pensais pas si bien dire.

La piste passe dans une belle région de maraîchages, des oignons, des oignons...

Dans un village un couple de personnes âgées, nous remet sur le bon chemin, le GPS a ses limites surtout quand j'oublie de le regarder. On discute avec ces braves gens qui parlent assez bien francais. Ils ont vécu à Paris il y a 25 ans, le monsieur était ouvrier chez Citroën. Nous ventons la pureté de l'air, Françoise évoque les bons légumes du coin, et la dame nous parle du vin du Douro. Elle nous dit "il faut goûter le pinard", et Francoise , qui était restée sur les légumes comprend qu'elle parlait des épinards, on se gondole tous les quatre, on fait une photo et c'est reparti.

Le littoral est très construit, un côté Merlin plage, et puis plus loin, une côte très sauvage, beaucoup de moulins à vent.

Le port de Vila do Condé mériterait qu'on y déguste du poisson dans les petits restaurants qui le bordent mais ce n'est pas l'heure et aujourd'hui sur ces pavés on n'avance pas.

On se prend à rêver à l'eurovélo idéale, un revêtement lisse, des côtes en pente douce, des descentes vertigineuses, toujours le vent dans le dos des cyclistes.

On discute avec des cyclistes portugais qui nous rassurent sur la fin du parcours.

En effet l'arrivée sur Porto est plus facile, la piste est lisse et plate, le panorama grandiose. Sur le pont qui enjambe la zone portuaire nous répérons trois immenses tas de pavés qui attendent de se répandre sur le Portugal pour donner libre cours à la frénésie de pavage locale. Au passage nos arrière-trains martyrisés maudissent ces foutus tas de pierre.

L'entrée dans Porto par la rive est du Douro nous impressionne. Porto se donne vraiment des airs de capitale, c'est une ville très vivante, chargée d'histoire, nous la visiterons demain.

Porto est un promontoire sur le Douro , nous avons loué dans une pension de famille tout en haut de la viĺle. Nous poussons nos vélos sur près de 3 km comme des zombies. A l'arrivée la dame qui gère la pension nous envoie garer nos vélos dans un parking souterrain. Le gardien du parking est sourd et muet, il ne peut pas décider, il appelle son chef qui ne parle que portugais, qui appelle un collègue qui enfin nous arrange l'affaire, on va oublier nos vélos deux jours! Un petit tour dans la ville et une bouteille de vin du Douro pour se retaper.

Merci pour tous vos messages d'encouragement.

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Publié le 19 mai 2018

Hier soir la ville était envahie par le rallye du Portugal, les bolides rugissants et les barrières de sécurité ne facilitaient pas la visite. Ce matin tout avait disparu, tant mieux. Notre pension est près de la station de métro Faria Guimaraes , à trois stations de la belle gare de Sao Bento et de ses immenses fresques en azulejos. Au petit déjeuner nous dégustons des pastels de nata, une spécialisé locale, une sorte de petit flan. Nous déambulons dans la ville en cherchant les sites recommandés par Paolo. Cette ville est un immense escalier...La cathédrale et le le palais épiscopal sont pratiquement le point culminant de Porto. La cathédrale, romane à l'origine, à été remaniée jusqu'au au 18 eme siècle, en granit comme tous les édifices ici, l'intérieur est très sombre, sans ouverture ni vitraux. On essaie de dire palais épiscopal en portugais, ça s'écrit "paço episcopal" et si on a bien compris ça se prononce "passou pichkoupal" ! Échayez! Pas chi fachile. De la cathédrale on accède à un pont de chemin de fer qui franchit le Douro, c'est du Gustave Eiffel. Un grand escalier nous conduit sur la rive du Douro en sinuant entre les plus anciennes maisons de la ville. On debouche près des restes des ramparts et de la seule porte médiévale qui subsite sur 18 à l'origine. On découvre une autre perspective impressionnante sur le pont de chemin de fer. Quelques pas sur la Ribeira, trop touristique... On remonte à la Torre dos Clérigos et nos mollets nous disent que c'est ici le vrai point culminant de Porto. Un plat de morue bien sûr pour se retaper, délicieux.

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Publié le 20 mai 2018

Bien conseillés par Paolo, nous avons pris le train ce matin à la gare de Sao Bento. En route pour Pinhao, le tortillard part à 9 h et arrive à midi avec une 1/2 heure de retard. Passée la banlieue de Porto , la ligne longe le fleuve et les collines taillées en terrasses sont couvertes de vignes et parfois d’oliviers. Arrivés à Pinhao nous dégustons du poulpe grillé dans un restaurant tout simple et bien sympathique.Nous sommes au cœur du vignoble, le Porto, les vins rouges et blancs, nous goûtons tout. Les photos se passent de commentaires. Demain fini le farniente, nous repartons . En selle sur nos fesses reposées!

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Publié le 21 mai 2018

Ce matin, moment de stupeur, plus de vélo dans le parking, ouf, le chef les avait déplacés. Descente à tombeau ouvert de notre pension jusqu’au pont Luiz qui rachète nos 3 km de poussettes du jour de l’arrivée. Nous passons sur l’autre rive du fleuve, la vue sur Porto est époustouflante, nous longeons les quais où se tiennent les grandes maisons de Porto. Les quintas sont fermées, tant mieux, ce n’est pas l’heure. Le chantier naval répare les barques traditionnelles que nous retrouverons à Aveiro. Aujourd’hui l’etape sera longue mais plate, sauf que le vent qui n’en a rien à faire des informations du guide a décidé de souffler à contresens. Nous ferons nos km vent de face, souvenirs de Hongrie!

La côte vaut surtout pour le côté océan qui est une longue plage ininterrompue, la mer est forte mais les pêcheurs tirent des hectomètres de filet. Côté terre c’est balnéaire quelconque, mais dès qu’on quitte le bord de mer les gens sont amicaux, une dame nous explique en portugais, que bizarrement nous comprenons, qu’elle a de la famille en Bretagne. On passe dans une belle forêt de mimosas et de pins où nous rencontrons une cyclotouriste de Montpellier, on discute sympa et on se sépare sans concertation sur une variante d'itinéraire, il faut rouler aujourd’hui.

Ensuite, pendant 20 km la route file droit entre une lagune et l’océan. Nous arrivons à Saõ Jacinto ou le bac nous passe sur l’autre rive car la lagune s’ouvre sur l’Atlantique. Pas facile de prendre la route d’Aveiro en évitant l’autoroute. Et pas de camping, on est mort...un hôtel soldé sur Booking et stop. Aveiro est surnommée la Venise portugaise. Trés joli, on en fait vite le tour. Nous achetons la spécialité locale , une confiserie à base d’oeuf,« ovos moles » œuf mou, délicieux. Et, pour mon copain Toni qui est plus intéressé par nos découvertes gastronomiques que par nos exploits sportifs, nous terminons par du cochon de lait, le patron du petit restaurant est de Bairrada, c’est sa spécialité. Toni, tu trouveras la recette sur cuisinept.com à « cochon de lait à la Bairrada ». Et comme on connaît tes talents de cuisinier, on sait que tu nous régaleras un jour!

Demain Figueira da Foz...

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Publié le 22 mai 2018

Il y a des jours, comme ça, ou ça démarre mal, et toute la journée est compliquée. Ce matin au départ d’Aveiro, on avait repris la direction de la piste sans difficulté, mais une quatre- voies, une succession de ronds-points, et voilà, on était sur l’autoroute. Francoise s’en était aperçue bien avant moi, peu sensible aux klaxons des routiers. Nous nous sommes réfugiés derrière le rail de sécurité en se disant que la police ne tarderait pas. Je suis parti à pied et au bout du pont autoroutier, j’ai trouvé un trou dans le grillage de l’autoroute. Ça tombait bien, le boulanger qui faisait sa tournée sur la rue au dessous nous a aidé à descendre les vélos et le matériel. On est reparti, j’ai bien essayé de plaisanter mais ça ne faisait pas rire. J’ai repensé à l’histoire racontée par Richard de la cyclotouriste russe qui s’était faite arrêtée sur l’autoroute à Grenoble, comme quoi...Ensuite la piste longeait la Ria de Aveiro, pas très roulant mais sauvage et très différent des autres jours. Un pêcheur nous explique que les grands poissons qui sautent sont des mulets mais que lui pêche le bar qui ne mord pas aujourd’hui. De l’autre côté du chemin, ce sont des maraîchages, d’immenses champs de pommes de terre, il faut bien accompagner la morue! On repasse près de la mer et la route entre dans une forêt de pins et d’eucalyptus...qui a brûlé. Pendant 30 km c’est la désolation, on ne croise quasiment personne sauf un pélerin de Compostelle et un camping car de hollandais. Qui irait se balader dans un tel désert carbonisé? Mais la route a brûlé aussi et le revêtement est fondu, on se fait secouer pendant 20 bornes. On se croit presque arrivé mais la piste passe par le cap Mondego, vue imprenable, mais ça monte, ça monte. Un groupe de VTT met pied à terre, l’honneur est sauf, ça fait déjà un moment qu’on pousse. Descente à fond vers Figueira da Foz, direction le camping municipal, qui est en haut de la ville, 2 km de poussette...on arrête là, on visitera demain.


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Publié le 23 mai 2018

Pause lessive et repos des mollets aujourd’hui, enfin on a quand même fait 10 km à pied. J’en ai profité pour corriger mes fautes d’hier soir, j’étais vraiment éteint, mais il y a au moins 3 profs de français qui lisent ce blog...

Quelques photos de Figueira dont les plages immenses sont désertes. Ici les poseurs de pavés ont carte blanche, si les portugais n’etaient pas un peuple de seulement 10,2 millions habitants, ils auraient pavé toute la planète.


Pou Françoise Prat, une maison bleue. C’est la caserne de pompiers. 
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Publié le 24 mai 2018

Cette nuit orage et ce matin pluies diluviennes, ça tombe comme une onde tropicale mais l’eau est plus froide. La météo annonce ce temps pendant 5 jours sur toute la région entre Figueira et Lisbonne. On ne se sent pas de rouler sous ce déluge. Quand on se fait surprendre, passe encore, mais là ce serait du masochisme. C’est décidé , on loue une voiture et on fuit au Sud, à Lisbonne, là on reprendra la route lundi après notre visite de la Capitale. On finit après une heure de négociation avec le loueur, par arracher une Fiat Punto, ça n’est pas très grand mais on réussi à tout caser avec un peu de démontage des vélos. A Lisbonne , il faut renégocier pour monter les vélos au 3ème étage. Ouf!!! Nous logeons à la pension Estrela dos Anjos, Étoile des Anges, n’est-ce pas un signe ?

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Publié le 25 mai 2018

Ça faisait plusieurs jours que Françoise supportait une rage de dent qui, cette nuit, est devenue insupportable. Des amis lisboètes de Paolo nous ont permis d’avoir un rendez vous en urgence dans une clinique dentaire. Un gros abcès sous une couronne qu’il faut résorber pendant 6 à 8 jours avant une intervention. Pas question de continuer dans ces conditions. Inutile de vous dire notre déception. On laisse tout le barda et les vélos à Lisbonne, on reviendra plus tard, retour en avion. Merci encore pour tous vos messages sympathiques.