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La Team MyAtlas

Carnet de voyage

Budapest Vierzon par l'Eurovelo6

39 étapes
146 commentaires
Nous sommes partis le 6 mai 2017 de Budapest par l'Eurovelo 6. 2096 km soit 29 jours théoriques de vélo pour des étapes quotidiennes de 70 km. Avec les pauses, les visites, nous avons mis 41 jours .
Du 6 mai au 15 juin 2017
41 jours
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La préparation est terminée, la voiture est chargée. En route pour Vierzon, ou nous récupèrerons Pascale et Doudou , ils ramèneront la voiture de Budapest d'où nous partirons en vélo le 6 mai. Arrivée prévue fin juin, pour être de retour à La Rochelle avant la naissance de notre petit-fils.


L'itinéraire à vélo que nous allons suivre 
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Visite de Budapest avec Pascale et Doudou, mal aux pieds avant le départ demain, il pleut à verse ce soir mais la météo annonce du soleil demain. Direction Estergom.

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Defense de rire du nom de l'étape. ..85 km aujourd'hui au lieu de 70, légère erreur j'avais chiffré une variante plus courte.

Le parcours sur les rives du Danube est très agréable. Au passage le château de Visegrade, visité il y à 20 ans.

Camping au bord du Danube, on est les seuls clients.

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Départ ce matin de bonne heure mais l'eurovélo traverse le Danube et nous avons attendu le premier bac à 9h40.

Sur la route Észtergom capitale de la Hongrie du X au XIII siècle.La ville à été occupée par les ottomans au XVI et XVI ème. Elle abritait la plus ancienne communauté juive de Hongrie , quasiment exterminée en 44.

En arrivant à Komarom, nous avons croisé Amir iranien qun fait le tour d'Europe à vélo. Il y a deux mois il est passé à La Rochelle. Extrait de notre conversation.

Vous allez ou? -Ben on rentre en France

oh it'sur à short trip! How old are you? 61

Oh it'sur great!

Compte tenu de notre age, il pense que c'est honorable, ouf!

Arrivée à Komarom, 66 km aujourd'hui,camping avec piscine thermale, ça fait du bien!

Et re-ouf, on a le résultat de la présidentielle, merci aux porteurs de notre procuration


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GYOR  
Morne plaine                                             et Cedric 

Komarom GYOR 66 km

Un parcours face au vent , une piste qui tourne au vélo cross, on s'est perdu dans les bois mais des paysans nous ont réorientés. Belle étape à GYOR (prononcer Guieur) . Comme toutes les grandes villes de Hongrie, GYOR est couverte d'affiches 4x4 du Jobbik (prononcer yobik) c'est l'extrême droite de l'extrême droite qui attaque le parti d'Orban au pouvoir (droite extrême ), ils l'avaient pourtant soutenu, maintenant ils veulent sa place. De son côté, Orban couvre la Hongrie d'affiches anti-Bruxelles quand tout hongrois averti sait bien qu'il ne peut pas se passer des fonds européens.

GYOR MASONMAGYAROVAR 67 km

Partis de bonne heure ce matin, une erreur de piste qui nous a coûté 20 km. Nous nous attendions à un vent dominant adverse mais aujourd'hui "ça décorne les boeufs", il fait 12 degrés et on avance à 12 à l'heure. La route c'est morne plaine...Nous avons rencontré Cedric un parisien qui roule seul vers la Roumanie, avec le vent dans le dos, petit malin.

Merci pour tous vos messages, ça nous met la pression, bises à tous.

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Petite étape de 45 km.

Chouette ce matin pas de vent, soleil, pas d'erreur de navigation, on file à 18 à l'heure, la piste est un vrai billard. Encore un peu de morne plaine hongroise et on arrive dans une zone natura 2000 ou on retrouve enfin le Danube et nous entrons en Slovaquie. Des orchis blancs, mauves et roses, des paquerettes, des euphorbes, des graminées, magnifique, nos connaissances botaniques s'arrêtent là. Françoise à lu qu'il y avait des aigles dans le coin et on croit en voir un.

On arrive sur Bratislava, maisons flottantes au bord du Danube, belle vue panoramique de la ville depuis notre pique nique. Bratislava est relativement petite pour une capitale, avec un centre historique intéressant, baroque et médiéval. Cette ville conquise par les hongrois au X siècle est même devenue la capitale de la Hongrie du XVI e au XVIII e. Napoléon est venu ici enquiquiner les slovaques, 1805, Paix de Presbourg(=Bratislava) après Austerlitz, il arrange l'Europe à sa guise, puis 1809, siège de la ville qu'il saccage un peu. Pas rancuniers, les slovaques lui ont fait une statue rigolote. Quand on pense à tous ces pauvres gars qui on traversé l'Europe à pied à cause de Napoléon pour se faire battre à Moscou, on est content d'avoir des vélos!

La frontière et le panneau Eurovèlo 6 qui rassure 
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70 km environ mais 0 km de vélo car après 5 jours de pédalage, c'est repos. Nous avons décidé de faire une mini croisière sur le Danube, un bateau rapide relie Bratislava à Vienne en une heure 1/2 . En quittant Bratislava la vue sur le chateau est idéale. Le débit du fleuve en cette saison est impressionnant, aucun plaisancier d'ailleurs. Quelques jolies cités et forteresses et en arrivant sur Vienne les rives se couvrent de carrelets, beaucoup plus proches de résidences secondaires que ceux de la Charente Maritime. Le bateau entre dans Vienne par le canal du Danube et nous laisse juste à côté de notre appartement. A deux pas c'est "der strand von Wien", un peu comme Paris-plage mais avec un espace bistrot plus conséquent et une musique genre techno, mais écoutable.

Nous repartirons de Vienne dimanche 14 car nous voulons prendre le temps de visiter.

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52 km, on quitte le camping à peu près au sec mais il a plu toute la nuit.

A la sortie de Krems, le Danube s'encaisse dans les collines. La rive gauche que nous suivons est couverte sur 25 km de vignes en terrasses . Cette région de vignobles s'appelle le wachau, les maisons sont cossues, les villages coquets, on pense beaucoup à la route des vins en Alsace. Hier soir nous avons goûté le vin local, un vin blanc très clair et fruité.

Après les vignes se sont les abricotiers qui occupent toute cette rive. L'eau de vie d'abricot est une autre spécialité qu'il nous reste à goûter.

Dans presque tous les villages un mai est planté pour fêter l'élection du bourgmestre, marrant ça se fait aussi en Corrèze et j'en ai vu en Poitou-Charentes. Mais ici les mais sont plus hauts et plus décorés.

On roule dans le vignoble, ça monte, ça descend, ça fatigue avec ce maudit vent .

On passe Melk une jolie ville animée après une côte bien éprouvante.

Nous retrouvons la rive du Danube, encore une fois ça sent l'ail, en fait ça sent l'ail depuis Bratislava. Rien à voir avec la cuisine autrichienne, juste que les berges sont tapissées d'ail des ours, cette plante sauvage avec ses fleurs blanches, c'est très beau mais ça fini par empester.

Arrivée à Pölchlarn sous la pluie.

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87 km, le tiers final avec le vent fou contre nous.

Soit on nous a vendu un curvimètre (NB) optimiste, soit il faut qu'on arrête de faire le calcul des étapes à l'apéro, on était parti pour 75 km et on a fait 87, et sans erreur de piste.

Au départ de Vienne on roule dans l'île du Danube, 10 km en pleine nature.Après la piste est un vrai billard, au bord du fleuve, parfois dans les bois. On croise de grands lièvres , beaucoup de cygnes, une belle couleuvre, on pense à toi Eric P.

On fait un peu la tronche quand on constate qune nos compteurs et les panneaux indicateurs ont raison contre le curvimètre. Pourtant impossible de s'en passer de ce bidule, les cartes allemandes du Danube à vélo n'indiquent pas les km.

La route est belle...mais même la beauté est monotone quand ça dure 87km, j'en tire une réflexion plus large sur la fidélité des hommes aux belles femmes...qui n'amuse pas Françoise.

Nous arrivons à Krems, le petit camping sympa sert de la bière locale à la pression, et hop, c'est tout pour aujourd'hui.

NB Curvimètre: petite roulette utilisée en cartographie pour mesurer les distances à l'échelle.

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Quelques photos de nos ballades dans Vienne et de notre visite au château de Schonnbrunn. Beaucoup de travaux de rénovation, les photos sont plus compliquées...

La cathédrale, le parlement, l'hôtel de ville, et Schonnbrunn

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57 km ( on a maté le curvimètre, c'était la distance prévue)

Nous quittons la belle région de la wachau, classée au patrimoine mondial, je ne sais pas si c'est à cause du marillenschnaps (la fameuse eau de vie d'abricot) mais elle vaut le détour, nous l'avons vérifié hier soir.

La piste est très roulante, le paysage a changé, la vallée du Danube est limitée à la largeur du fleuve et aux routes qui le longent. Sur les flancs de hautes collines, de belles forêts, des blocs de granit gris, des fougères. Plus d'ail des ours..., ça sent plutôt comme le Limousin, mais évidemment, le Danube, la Gartempe, ces deux là ne coulent pas dans la même catégorie. On croise des grenouilles ricaneuses..., c'est l'époque des amours, on ne sait pas si ce sont les mâles ou les femelles qui font ce raffut.

Vers la fin du parcours le Danube débouche dans la plaine et nous quittons sa rive.

En arrivant près de Wallsee, on trouve une auberge accueillante. Nous commandons le plat du jour sans trop savoir ce que ça va être, c'est du boeuf sous une épaisse couche de sauce et la grosse boulette c'est du knödel, du pain de la semoule, une spécialité autrichienne. C'est bien meilleur que ça en a l'air. Ça m'étonnerait qu'on perde des kilos pendant ce voyage.

Nous arrivons à Wallsee, un hôtel dans un nid d'aigle, on monte un km en poussant les vélos à pied.

Comme il est tôt, on se repose en se promenant autour du château de Marie Amélie d'Autriche, la quatrième fille de Sissi' sa préférée, surnommée "l'ange de Wallsee" . C'est privé, à l'abandon nous dit-on. Dans le chemin on retrouve l'ail des ours, je vous en mets un peu pour l'ambiance.

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84 km, on a raté le camping du village et donc on s'est posé plus loin, l'étape de demain sera plus courte.

Nous avons quitté Wallsee par une belle piste roulante. A 10 km de tout village, les rives du Danube sont entretenues comme dans un jardin public. Les cygnes sauvages ne sont pas farouches.

Nous passons à Mauthausen, c'était là que les nazis avaient installé un camp de concentration: 320 000 morts. Ce n'était pas seulement un camp d'élimination par le travail forcé des opposants politiques et des officiers russes prisonniers. C'était une véritable entreprise commerciale qui louait la main d'oeuvre à l'industrie du Reich. L'ensemble des camps de Mauthausen avait dégagé un bénéfice de 11 millions de Reichmarks soit 140 millions d'euros pour la seule année 44. Dire qu'aujourd'hui il y a encore des gens fascinés par cette idéologie vénéneuse.

Nous ne nous arrêtons pas à Linz, pas d'hébergement, on s'y est pris trop tard. La ville est pourtant intéressante, industrielle mais capitale aussi de l'innovation.

On prend le bac pour traverser à Ottensheim, c'est le courant qui pousse le bac tenu par un câble.

Le long de la piste de jolis villages, châteaux, églises...on n'est même pas blasés.

Aschach semble être un gros port céréalier.

Notre camping est un endroit de rêve, face au château de Neuhaus.

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Le concert d'orgue à la cathédrale était vraiment fantastique. En fait le " plus grand orgue du monde" est composé de 5 orgues de différentes factures, commandés par le même clavier. On a entendu 5 pièces, du Mendelssohn, du Bach ; prima! comme on dit en Allemagne.

Cet après-midi, on est monté au château (en bus !) et farniente au parc au confluent des 3 rivières. La devise de Passau : 3 rivières, 2 lions, une bière. On a vu les 3 rivières, pas de trace des lions.

Et la bière? Ben oui...

Canicule aujourd'hui mais ce soir ça se couvre et ça souffle en rafales, orage peut être, pourtant on roule demain.

La vieille ville vue du chateau et notamment le superbe beffroi de l'hôtel de ville. Le donjon que Napoléon , (encore lui ) s'étai...
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67 km le 20 mai.

Nous quittons Passau sous un temps maussade. Nous roulons dans la campagne bavaroise, c'est la plaine alluviale, pas le plus typique de la Bavière, au loin les collines qui vont mieux avec l'image qu'on se fait de la région. Des fermes d'élevage proprettes s'alignent le long de la piste, encore du vent qui nous freine...Encore un bac, et on arrive à Egendorf. On trouve un camping qui n'est pas sur la carte, c'est minimaliste mais ça ira. Peu après, 5 cycles arrivent, ils ont roulé ensemble depuis Redensburg. Elisabeth est de Hambourg, Katrine et Ulo, un couple d'allemands et Alexandre un français. Nous sommes invités à boire un verre de rouge, on négocie des bières à un voisin de camping, une bonne rigolade et pour une fois on se couche tard .


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90 km...le 21 mai, là on savait que ce serait long. Toujours la plaine alluviale, l'étape est longue, longue. Sur le trajet, beaucoup de monde en sens inverse du notre, peu de cyclistes font la route contre le vent dominant, à part des jeunes comme nous! On croise de nombreux cyclotouristes à vélo électrique, seuls les plus jeunes (comme nous) préfèrent l'huile de mollet. Ici on dit e-bike pour vélo électrique, saviez vous Richard et Marie-Berthe que vous étiez des e-bikers? Les gens sont amicaux, quand on regarde la carte, on vient souvent nous demander si nous avons besoin d'aide, le voyageur à vélo est bien vu.

On arrive à Regensburg vers 16 h, c'est une très belle ville avec un centre historique très riche. Les français appellent Regensburg Ratisbone, on visite demain et vous en saurez plus.


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Difficile de choisir une dizaine de photos pour illustrer le patrimoine architectural de la ville tant il y a à voir. L'ennui c'est que tout est en travaux, pas un seul bâtiment historique qui ne soit emballé comme si Christo était passé par là, pas une place sans un bulldozer ou une pelleteuse. La ville reste très agréable, très piétonne et très fréquentée par les touristes même un lundi.

La cathédrale gothique est réputée pour ses vitraux, et c'est mérité mais ils sont impossibles à photographier avec notre tablette. Nous traversons le Steinerne Brücke, le pont de pierre. Construit au début du XIII e siècle, ce pont avait fait la richesse de la ville médiévale quand Frédéric Ier, dit Barberousse, avait autorisé les bourgeois à taxer tout ce qui passait sur ce pont. Un siècle plus tard les empereurs du Saint Empire Romain Germanique avaient donné à la ville le statut de ville libre qu'elle perdit partiellement quelques siècles plus tard avec son annexion au duché de Bavière.

Napoléon, grand charcuteur de l'Europe, vint en 1809 reprendre la ville aux autrichiens, il y eu des destructions...Enfin, il rattacha la ville au royaume de Bavière qu'il venait de créer et ce fut le début d'un véritable déclin économique. Napoléon fut blessé au pied le jour de la bataille de Ratisbonne, et le chirurgien qui le soigna s'appelait Yvan, pas de quoi se gausser.

Aujourd'hui la ville moderne se porte bien, construction automobile, micro-électronique...etc.

On a vu plusieurs personnes, jeunes ou âgées en costume traditionnel bavarois, surtout le dimanche, et de belles boutiques sont spécialisées dans ces articles. La culotte de peau masculine brodée vaut plus de 400 €, ça fait cher pour un short à bretelles.

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64 km

Ce matin petit déjeuner à 6h30, ça pince, mais le soleil arrive, ça va mieux. Dans cette région, le Danube prend des airs de lac de montagne, le paysage change vite.

On retraverse une nouvelle fois le fleuve avec un joli bac en bois vernis, je veux payer, le passeur veut parler français, il me dit deux sekande, alors j'attends, il répète, j'attends, j'ai peur de l'énerver, on finit par comprendre qu'il dit deux cinquante, j'avais compris deux secondes, les autrichiens sont morts de rire.

Le Danube est très riche sur le plan halieutique, une espèce emblématique, le stérlet, un petit esturgeon d'un mètre vingt en moyenne. C'est aussi le royaume du silure, un genre d'énorme poisson-chat (jusqu'à 3m) qui a d'ailleurs malheureusement été introduit dans le bassin du Rhône.

On passe la frontière sans trop la repérer, on est en Allemagne. Les 10 derniers km sont difficiles, il fait très chaud, 28 et la piste est mitoyenne avec une route très fréquentée.

On découvre Passau, très belle ville bavaroise, un premier tour rapide cet après midi nous permet de visiter la cathédrale Saint Etienne, les architectes se sont lâchés sur le baroque, c'est inégalable. Dans la cathédrale se trouve le plus grand orgue du monde, plus de 1700 tuyaux, 233 registres. Demain repos, on va tenter le concert de midi.

Encore merci de tous vos commentaires qui nous émeuvent ou nous amusent, qu'ils viennent de Martinique de Guadeloupe ou de tout l'hexagone.


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77 km,

Ça avait pourtant bien commencé, on était sorti de Ratisbonne sans erreur, la route était belle, les falaises bordant le Danube nous faisaient penser à la Dordogne. On avait même trouvé, un peu loin de leur base, les deux lions de la devise de Passau.

Et brutalement, la piste de la mort, l'euro-vélo 6 emprunte un sentier forestier sur des km, la pente est terrible, impossible à grimper.On pousse les vélos à pied, on y passe une bonne heure.

Du coup arrivés au sommet, on se jette dans la descente, pointe à 47 km/h!

On arrive dans un petit pays sympathique, Vohburg. Le camping est municipal et gratuit, encore plus minimaliste que la dernière fois. Il a fait très chaud, on aimerait bien que l'orage n'éclate pas avant qu'on ait fait cuire notre omelette.

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44 km

Aujourd'hui une petite étape pour compenser l'étape de cross d'hier et pour couper la route qui reste jusqu'à Ulm en tronçons raisonnables. Hier soir on a échappé à l'orage, après l'omelette direct au lit, du coup, on se lève tôt, à 7h on pédale déjà. Le temps est gris, le vent (notre ennemi au quotidien) est très fort, nous roulons à 12 à l'heure. On passe une grosse belle ville, Ingolstadt et nous atteignons la forêt, on est protégé du vent, le paysage est très agréable. Nous traversons une énorme exploitation agricole, la ferme ressemble à un château. C'est sûr, l'Allemagne ne manquera pas de pommes de terre cette année. Nous sommes bloqués par un passage à niveau fermé, on attend 10 bonnes minutes un train qui ne vient pas. Nous sommes intrigués par une boîte jaune avec une inscription très longue que nous essayons de déchiffrer sur le net, mais la 4G en pleine campagne...Une dame arrive à vélo et parle dans la boîte jaune, et la barrière se lève! On se marre, sans elle on y serait encore.

Nous arrivons vers midi à Neuburg, un beau château surplombe le Danube, c'est médiéval, modifié en Renaissance Germanique, puis en Baroque. Nous visitons la ville haute, les maisons sont peintes en trompe l'oeil, très réussi.

Encore une fois un camping spartiate, on ne voit personne, pas de réception. Ça nous va, on s'installe.

La dernière photo, le parterre de fleurs bleues, est dédicacée à Françoise Prat.😘

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84 km...qui en valent 100 le 25 mai

Hier soir, à Neubourg, sont arrivés sur le camping Michèle et Jean-Luc, 73 ans chacun...ils sont partis de Mulhouse et vont en Grèce à vélo. Ça rend modeste, ils sont charmants, on rêve de tenir une forme pareille dans 12 ans.

On attaque la route de bonne heure car tout le monde nous a dit que ça monte fort, et en effet, plusieurs côtes très raides sur des kilomètres, on est bien fatigués à l'arrivée et après la douche, on se désaltère au Biergarten. Le Biergarten (littéralement bière jardin) est donc un jardin avec des tables et de la bière, c'est une institution ici, nous en voyons tout le long de la route. Aujourd'hui, c'était le "vater tag", jour des pères qui correspond au jour de l'ascension. Rien à voir avec notre fêtes des pères, ça aurait une origine païenne ancienne. L'impression un nous avons c'est que les pères en profitent pour sortie entre hommes...au Biergarten.

Ce soir au camping de Dillingen, grosse arrivée de routards à vélo, des jeunes autrichiens, un couple de hollandais, une maman suisse et ses deux filles, on sympathise, nos tabourets taïwannais font mourir de rire les hollandais qui ont de vrais fauteuils pliants.

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61 km 1026 Km de vélo depuis Budapest . On a franchi le seuil des 1000 aujourd'hui ( oui, oui Eric Prat, j'ai bien décompté les 70 km de bateau Vienne Bratislava, on a fait 1096 en tout).

Aujourd'hui la route était agréable mais peu roulante, beaucoup de chemins empierrés. On est arrivés à l'hôtel à ULM, journée repos demain.

Impossible de répondre quotidiennement à tous vos commentaires, mais comme nous venons de franchir le 1000 eme km, nous allons faire une exception pour dire :

A Geneviève que nous avons bien deux vélos et qu'elle peut m'admirer en plein effort dans une côte dans l'étape précédente.

A Marie-Paule, que maintenant que j'apparais, à sa demande, plus souvent dans les photos' qu'elle pourrait se fendre d'un commentaire élogieux!

A Zézèle, que oui on va se la refaire avec Andrée et toi cette route, en ne gardant que les vignobles par exemple.

A Yvonnick et Nathalie, que la descente en kayak me tente bien maintenant surtout qu'on aurait le vent dans le dos.

A Eric Prat qu'il aurait dû venir car les desserts sont copieux comme il les aime ( Françoise P aurait donné un accord exceptionnel, j'en suis sûr si tu t'engages sur 2000 Kms à vélo)

À Philippe Toucheron, qu'on se la boira cette bière au Biergarten du Gabut.

A Paolo, qu'il cesse de nous admirer et qu'il s'entraîne, après l'initiation au kayak, on va l'initier au vélo, on emmènera Eric il fera moins le malin qu'en kayak.

A Jean Claude et Christine qu'on est OK pour le ti-punch ( sur 4l ,il va bien en rester avant qu'on rentre) et qu'on peut aller chez Boone en vélo sans problème maintenant. Eric P tu peux venir.

A Richard et Marie-Berthe, qu'on peut monter à Sassenage sans électricité, surtout si on est aussi bien accueilli qu'il y a quelques semaines.

A Doudou et Pascale que nos vélos ne sont pas allés à la fourrière.

A Jeannot et Huguette qu'on pense bien à eux et que Nazareth en vélo, facile.

A Evelyne, que oui on a des mollets en béton, mais on n'a pas perdu un gramme, ça se transforme en muscle.

A Stéphanie, Émilie, Marion, Eric, JB, Julien, à Luna et Sibylle, qu'ils nous manquent, mais qu'on se rattrapera cet été.

Il y a sûrement des oublis, pardon d'avance.

Grosses bises à tous

Yvan et Françoise

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Ulm, un peu plus de 120 000 habitants, est une ville du Bade-Wurtenberg, alors que sa voisine, Neu-Ulm, sur l'autre rive du Danube est encore en Bavière. La ville a été détruite à 80 % par un bombardement en 44. Le centre historique a conservé son intégrité ou a été restauré. Du fait de la reconstruction les bâtiments les plus modernes côtoient des monuments anciens, l'effet est parfois surprenant. Quand on traverse le quartier des pêcheurs avec ses maisons médiévales peintes ou à colombages, sa rivière, son moulin, on ne peut s'empêcher de penser au quartier de la Petite France à Strasbourg. La cathédrale (qui est en fait une église car Ulm n'a jamais eu d'évêque) possède la plus grande flèche du monde (161.53m), mais ça paraît une vantardise car, j'ai vérifié, la Sagrada Familia fait déjà 174 m. Place de la cathédrale, un très beau marché propose les produits locaux vedettes, asperges et fraises, nous avons traversé les maraîchages hier.

Napoléon est bien sûr venu ici avec ses armées pour battre les autrichiens en 1805.

La ville est très animée, jeune grâce à une grosse université et prospère avec un tissu industriel très riche : mécanique, électronique, télécommunications, industrie pharmaceutique. Ulm est une grosse place ferroviaire, une belle machine à vapeur parade dans la gare.

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53 km, Canicule on arrête à midi.

Hier, dimanche c'était notre seconde journée de repos à Ulm. Le concert d'orgue à la cathédrale était de grande qualité, Bach,Bach,Bach...naturlich. Ce matin on est parti très tôt car on savait qu'il allait faire très chaud. La campagne est belle, l'ennui c'est que dans certains coins ça sent un peu comme dans les Côtes d'Armor, le lisier. Beaucoup d'animaux sauvages se baladent à la fraîche, on voit gambader 3 grands lièvres, un écureuil se cache à peine à notre passage, des rassemblements de cygnes couvrent les étangs. Le Danube a rétréci, il n'est plus navigable par les grands bateaux en amont d'Ulm.

La région semble moins cossue que la Bavière.

On décide d'arrêter à midi, c'est caniculaire et les côtes sont raides. Le camping est rustique, nous sommes les seuls occupants cet après midi.

Notre camping...14 € 
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65 km

Ce matin, nous avons quitté Munderkingen de très bonne heure, nous savons que nous avons une étape difficile et qu'il va faire très chaud. Nous sommes sur les vélos à 6h45, la carte allemande que nous avons annonce une dizaine de côtes supérieures à 5%, mais il y en a bien plus, on se dit qu'à 4,9 %, ils ne les signalent pas. Ca monte dur et chargé comme nous sommes c'est difficile ! On met pied à terre dans la première côte qui n'était même pas signalée. Après, on souffre mais ça passe, on ne va pas se plaindre, personne ne nous oblige.

Plus tard, la piste passe dans une jolie plaine verte. Françoise maîtrise bien l'appareil photo, elle réussit à photographier les cigognes tout en roulant. Il y a des cigognes partout, des vraies, dans les champs, sur les toits et des répliques en bois dans les cours des maisons.

Le Danube est devenu une petite rivière pas plus large que la Gartempe en bas des Magnelles ( clin d'oeil à une amie limousine), on y voit de curieux oiseaux et quand même de grands poissons très actifs.

Les 10 derniers km sont agréables, à l'ombre dans la forêt et c'est une chance car il fait 33 degrés. Nous arrivons à Sigmaringen, c'est comme parfois au Tour de France, arrivée en côte.

Sigmaringen, c'est là que de Septembre 44 à avril 45, Pétain, Laval et les dignitaires de la collaboration avec les nazis s'étaient enfuis. Plus de 1000 personnes et parmi eux Louis-Ferdinand Céline. Céline, immense écrivain et sale bonhomme antisémite maladif. Céline a écrit sur Sigmaringen "D'un chateau, l'autre" ou il se moque du microcosme des exilés collaborationnistes, mais il en était un. Céline le magnifique auteur du Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit était aussi un sale con, et on ne peut pas faire la moyenne, c'est comme ça.

Demain on prend le train pour Tuttlingen, mon genou qui lâche, la canicule, l'orage annoncé, on fait relâche en évitant 60 mauvais kms qu'on admirera par la fenêtre du train.


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L'étape surprise. 60 km de train et 43 km de vélo.

Comme prévu ce matin, nous prenons le train pour Tuttlingen pour épargner mon genou qui chauffe. L'embarquement avec les vélos chargés est acrobatique. Arrivés à Tuttlingen, il est 10h30, la ville ne nous intéresse guère et nous décidons d'avancer un peu vers le lac de Constance puisque la carte ne montre pas de côtes.

Et là, c'est là grosse blague, à peine sommes nous sortis de Tuttlingen que la route monte très, très raide. Nous pensons à une erreur de parcours mais après un km, nous retrouvons les panneaux Eurovélo 6, c'est bien ça . La première côte fait 8 km, non signalée, et là, c'est sûr, la pente est supérieure à 5%. On met plus d'une heure à couvrir les 8 km et on met pied à terre plusieurs fois. Mais la surprise quand on arrive au sommet, c'est un panorama incroyable.

En fait nous sommes au point culminant de l'Eurovélo 6, à 862 m. De Constanta sur la Mer Noire à Saint Nazaire, c'est le point le plus élevé de la piste. Un magnifique panneau sur place le signale, mais pas la carte, ça ne peut pas être une erreur, plûtot un genre de bizutage de cyclotouriste, comme en bateau quand on passe la ligne de l'équateur. Cet endroit c'est aussi la ligne de partage des eaux avec d'un côté le Rhin qui draîne vers la Mer du Nord et de l'autre le bassin du Danube qui emmène les eaux vers la Mer Noire. On voit de là haut le lac de Constance, c'est notre route...On se dit que puisqu'on est monté, ça doit descendre jusqu'au lac à 30 km de là. Et ça descend, on bat notre record de vitesse, 57 km/h. Bon, ça descend...en moyenne, on escalade encore quelques belles côtes. Nous arrivons à Radolfzell, nous sommes sur l'Untersee, la partie inférieure du Lac de Constance. C'est le cours du Rhin (qui traverse le lac) qui vaut l'adjectif inférieure à cette partie du Bodensee. Nous prenons un verre au bord du lac, et nous avons le sentiment de l'avoir mérité!

Demain nous irons visiter Constance, c'est à 20 km, nous irons en vélo mais sans sacoche, et nous reviendrons dormir ici pour reprendre la piste.

Ça commence à monter, on vient d'en bas .
Ça a beaucoup monté... 
Hochster punkt der Eurovélo 6, le point le plus haut. 
Selfie à 862 m, 
Le lac, zwei bier bitte!
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Il y avait mieux à faire que de rouler vers Constance, nous avons pris le bateau pour visiter l'île de Reichenau, au milieu de la partie inférieure du lac.

Le voyage en bateau dure 45 mn, avec un arrêt du côté suisse du lac. Pas une ride sur l'eau, la douceur de l'air, les paysages qui défilent lentement, on est hors du temps

L'île est classée au patrimoine de l'Unesco. C'ėtait depuis le 8e sècle un monastère, il n'y a plus de moines depuis 1803. Reichenau à l'époque des moines était surtout couverte de vignes, aujourd'hui ce sont des maraîchages qui occupent tout l'intérieur de l'île.

On fait quand même 9 km à pied pour visiter la moitié de l'île.

Demain nous reprenons la route le long du lac, puis le long du Rhin qui, en quittant le Bodensee, fait la frontière entre l'Allemagne et la Suisse.

L'ancien monastère.                                                                              Des radis, des radis 
27

73 km

Nous quittons le Bodensee ce matin à la fraîche, les cultures fruitières remplacent les maraîchages et le Rhin est d'une limpidité et d'un bleu que nous n'avons jamais rencontrés sur le Danube.

Encore beaucoup de côtes sur cette portion de l'Eurovélo 6, pas toutes cartographiées. Après un vingtaine de km, nous entrons en Suisse par une petite ville époustouflante Stein am Rhein. Les maisons sont couvertes de fresques historiques, il faudrait passer des heures ici pour apprécier vraiment. La route monte dans la forêt, on repasse la frontière, ici la Suisse et l'Allemagne font de nombreuses enclaves l'une chez l'autre, nous passerons quatre ou cinq fois d'un pays à l'autre au cours de cette étape.

Certains petits postes frontières à l'abandon me rappellent l'époque de nos études ou nous allions en Suisse en voisins depuis Belfort. En Suisse on ne plaisante pas avec la bienséance et la présentation. C'est à un de ces poste-frontières que notre ami Toni s'était fait refouler parce qu'il avait repeint sa R8 en patchwork, les douaniers suisses la considérait comme une épave alors que c'était vraiment de l'art.

Peu après Schaffenhaussen, le Rhin accélère sa course et nous arrivons à Rheinfall, littéralement la chute du Rhin, ( nous savons déjà quels sont ceux qui feront la blague) Très impressionnant ce saut du fleuve, mais l'endroit est envahi de touristes, nous le quittons vite. Encore des côtes, il fait 30 degrés. L'orage qui nous suit depuis plusieurs jours est toujours là, menaçant.

Nous trouvons un camping près du Rhin et d'un petit ruisseau sympathique. Pendant que nous dînons dans une auberge pas loin, l'orage éclate, c'est un déluge. Quand nous revenons à la tente, tout va bien, on est resté étanche, sauf que le petit ruisseau a emporté la serviette de bain de Françoise...On se couche en le surveillant quand même ce ruisseau.

28

81 km

Une étape longue, plutôt monotone, nous partons dans la brume à cause de l'orage d'hier soir qui nous avait au moins fait cadeau d'un très bel arc en ciel. Les 3 côtes annoncées en début de parcours sont longues mais accessibles, ensuite nous roulons souvent le long du Rhin qui commence à prendre ses aises, il est moins limpide qu'hier mais bien plus large. La route fait les montagnes russes mais les dix derniers km sont bien plats

De jolies petites villes jalonnent la route, surtout sur la rive suisse mais nous roulons côté allemand du fleuve. A Bad-Backingen, un pont de bois couvert relie la ville à la Suisse, c'est très pittoresque.

L'orage menace toujours, il pleut, nous cherchons un hôtel car la nuit d'hier était déjà humide.

En arrivant à Rheinfelden nous cherchons notre route, un cyclotouriste, la soixantaine bien tassée, nous propose de nous guider jusqu'à l'hôtel. Il s'appelle Horst et parle un bon français avec un fort accent. Il a des amis à Saintes, il connaît bien la Charente Maritime. On discute, il veut savoir où je travaillais. Je lui dit EDF...

-Ah, ici on est bien embêté avec Fessenheim!

Moi ( diplomate) : Ça va bientôt fermer.

- Ça fait 20 ans qu'on nous dit ça, le gouvernement français n'est pas sérieux. Nous en Allemagne on à arrêté le nucléaire et on produit presqu'autant avec le solaire et l'éolien.

- Et le charbon! lui réponds-je en pédalant comme un dératé derrière lui.

-Oui, oui, très peu...

On change de sujet, ça vaut mieux. Horst nous laisse à un carrefour, il nous a fait gagner beaucoup de temps, très sympathique.

A 500 mètres de l'hôtel, une voie ferrée, un passage à niveau bloqué, les ouvriers changent les rails, il y a de gros engins sur la voie. Aucun autre passage en vue. On interpelle celui qui semble être le chef, on se parle par gestes, il nous explique que c'est impossible de traverser, il y a un autre passage à 5 km.

5+5 = 10, je lui montre mon compteur qui indique déjà plus de 80 km, hors de question pour nous . Nous restons. Je soupçonne que dans mon dos Françoise fait ses yeux noirs qui font peur à tout le monde car le chef revient après un moment et nous dit "vier minuten", 4 mn. En effet il fait dégager tous les engins, même l'énorme grue sur rails. Nous passons fiers d'avoir vaincu la rigueur germanique, juste "à la tchatche".

Nous arrivons à l'hôtel et depuis, il pleut à verse...bon choix l'hotel ce soir.

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59 km.

Quand nous quittons Herten, le temps est très couvert et nous redoutons à nouveau la rincée, d'ailleurs c'est ce que nous promet la météo. Mais plus nous avançons vers Bâle, plus le soleil se montre, la météo s'est fourvoyée, tant mieux. Nous passons Bâle facilement, c'est une belle ville mais nous n'avons pas prévu d'y faire étape. A la sortie de Bâle le milieu d'un très grand pont marque la frontière, nous sommes en France. La petite ville alsacienne de Hunningue est très coquette. Il faut changer de salut cycliste, depuis l'Autriche on se dit "allo" ou "morgen", et maintenant on dit bonjour.

Entre Hunningue et Mulhouse la piste longe le canal du Rhône au Rhin. Entre 1882 et 1920 ce canal avait été élargi au gabarit Freycinet pour les péniches de 300 tonnes. C'est ce canal qui aurait dû devenir le " canal à grand gabarit" pour permettre le passage de grands navires de 5000 tonnes. Les travaux débutés entre Mulhouse et Niffer et Montbéliard et Étupes, ont été interrompus en 1997 par la ministre Voynet suite à un fort mouvement de protestation écologiste. Aujourd'hui le canal ne sert pratiquement qu'à la plaisance. Cette région c' est aussi la réserve naturelle de la Petite Camargue Alsacienne, nous le découvrons sur place. C'est un bel endroit sauvage bien plat, chic!

La piste continue ensuite entre le canal et la forêt domaniale de la Hardt, avec en fond d'écran, les Vosges qui montrent quelques sommets. Notre camping à la sortie de Mulhouse est très agréable, mais pas de Biergarten...Nous avions pris nos habitudes.

Bâle, le Rhin et ...Françoise  
Bâle vue de la frontière au milieu du pont 


30

Hier soir, un SMS d'Andrée, "Comment, vous passez à Mulhouse sans qu'on se voit ? ". Coup de fil et ce matin ils ont débarqué sur le camping pour nous emmener au restaurant, sympa non?

Sinon, message général : à la demande de mon copain Eric, j'ai inversé l'ordre des étapes, mais ça perturbe sans vraiment répondre à la question , donc je reviens à l'état initial. Je rappelle à Eric, on est parti de Budapest et on vient par chez toi .

Message pour Geneviève, tu as raison , défendons notre boîte, ça fait des années que j'essaie de convaincre mon copain Zézèle ( le barbu à gauche sur la photo) mais c'est peine perdue je crois.

Demain nous repartons, direction le Doubs.

31

61 km.

Ca aurait dû être une étape facile, le long toujours du canal du Rhône au Rhin. Mais cette fois-ci, la météo ne s'était pas trompée, quand nous sommes partis il pleuvait déjà bien. A mi-chemin, il pleuvait à verse, puis il a grêlé, enfin à 10 km de Montbeliard, un vent fou, en rafales, s'est levé.

A mi-chemin, une déviation nous envoie pendant quelques km dans la campagne, ici c'est le Sundgau, le Sud Alsace.

Dommage que le temps soit si mauvais car cette portion du canal ne manque pas de charme. La monotonie du parcours est rompue par les 37 écluses de ce tronçon. Nous passons le seuil de Valdieu, 12 écluses sur 3 km qui franchissent un dénivelé de 30 m.

On ne croise pas grand-monde, 3 couples de cinglés à vélos, des hérons, des cigognes et des corbeaux.

Nous traversons le Territoire de Belfort, souvenirs, souvenirs, et c'est le Doubs et l'arrivée à Montbéliard, si nous étions en mer je dirais qu'on est " grande frais" .

On est lessivé, au sens propre et au figuré.

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64 km

Nous quittons Montbéliard ce matin sous un ciel bien menaçant, par chance il ne pleuvra quasiment pas mais le vent lui se déchaîne après quelques km. La piste suit toujours le canal du Rhône au Rhin puis le Doubs. On ne saura jamais pourquoi les concepteurs de l'Eurovélo 6 nous font grimper dans ce bled qui s'appelle Etouvans ( il vaudrait mieux l'appeler A tous vents), on ne profite même pas du coup d'oeil mais au moins, malgré le froid, nous sommes en sueur. Le Drapeau du monument aux morts, montre bien que le vent joue contre nous.

Le Doubs s'encadre de falaises, c'est une vallée très verte, 3 chevreuils peu farouches, nous regardent passer. Le ciel est toujours menaçant mais très photogénique. Les clochers sont résolument franc-comtois.

Le département du Doubs est un paradis pour les spéléologues. Nous passons à l'Isle sur le Doubs, pas loin de Soye et donc du Gouffre de Pourpevelle. C'est dans cette rivière souterraine que notre copain Richard, chef du spéléo-club de notre école nous avait emmenés bivouaquer il y a 42 ans. Nous étions bien plus minces pour passer dans les laminoirs de la grotte et bien plus légers pour grimper les 40 m d'échelles métalliques qui nous reliaient à la Surface. Richard ( dit Bébert) c'est celui qui dans les commentaires il y a quelques jours, se vante de piquer la batterie du vélo électrique de sa femme juste avant les côtes. Comme on change...

Nous arrivons à Beaume les Dames, ça ne vaut pas le détour, mais c'était sur notre passage. On se pose là, il paraît que demain il fera soleil.

3 chevreuils                                                         Etouvans à tous vents.                                   
Comprend qui peut... 
Beaume les Dames 
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44 km, petite étape car nous voulons visiter Besançon sans lui consacrer une journée.

Ce matin, il fait beau, pas de vent, la vallée du Doubs n'en est que plus belle. Nous filons à 18 à l'heure, le trajet sera vite avalé. De beaux poissons "mouchent" sur la rivière. Ils gobent les insectes tombés à l'eau. C'est l'époque idéale pour pêcher à la mouche. Je dis à Françoise que je regrette de ne pas avoir pris mon permis et ma canne à mouche anglaise de voyage. Elle me répond" oui bien sûr", d'un air qui veut dire " comme si on avait pas assez de barda". On rattrape un canoë de vitesse, les équipiers pagaient " à la tchèque", je suis sûr que les yeux de notre ami Eric vont briller en regardant cette photo.

Cette vallé du Doubs était autrefois très industrielle, une ancienne filature est devenue une halte nautique. Seule une grosse papeterie fonctionne toujours.

En arrivant à Besançon, on ne peut pas manquer la citadelle Vauban, imposante, qui surplombe la ville. Nous entrons dans Besançon par un tunnel fluvial (il y a une piste cyclable, oui) qui passe sous la citadelle.

Nous visitons Besançon l'après midi, c'est une belle cité très vivante, à l'architecture un peu austère. La même place abrite les maisons natales de Victor Hugo et des Frères Lumière. La visite de la citadelle est intéressante pas seulement pour le coup d'oeil. Vauban à construit ces fortifications à la demande du roi pour défendre la ville après la conquête de la Franche-Comté. Louis XIV avait conquis Besançon et la région une première fois en 1668. La région qui dépendait du Saint Empire Romain Germanique mais sous la suzeraineté des rois d'Espagne était alors quasi autonome. Cette province conquise avait été illico échangée à l'Espagne contre des possessions dans les Flandres.

Mais en 1674, les troupes de Louis XIV revenaient et depuis la Franche-Comté est annexée à la France. Il est bien connu que lors de cette conquête les troupes royales se sont illustrées par leur cruauté en commettant de nombreux massacres.

La citadelle abrite, c'est curieux, un zoo très riche avec notamment un bel aquarium. On trouve aussi la haut un très grand musée de la résistance et de la déportation.

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64 km

Le temps était bien maussade ce matin, c'était prévu. La vallée du Doubs est toujours majestueuse, une forteresse surplombe la rivière, on file entre le canal et le Doubs, on ne se lasse pas du paysage. Mais après 20 km il commence à pleuvoir, on sort les imperméables de sacoches et les nôtres. Nous arrivons dans le département du Jura, la rivière coule dans la plaine, nous guettons un coin de ciel bleu qui s'enfuit devant nous. A midi enfin le soleil apparaît et nous pique-niquons en séchant.

Nous sommes à Dole, la réception du camping est fermée entre midi et deux! C'est la première fois qu'on voit ça, il y a une file de caravanes et de camping-cars, anglais, allemands qui poireautent.

Dole est une ville surprenante. La vieille ville est bien préservée, l'ancien quartier des tanneurs est très pittoresque avec ses caves ouvertes sur le canal qui permettaient aux tanneurs de laver les peaux. Dans cette rue des tanneurs se trouve la maison natale de Pasteur, la plaque qui l'indique à été inaugurée par Pasteur lui même.

Un peu plus loin, un passage sous les maisons débouche sur une fontaine souterraine. C'est la grande fontaine. Pour mes amies professeurs de français ou amatrices de littérature, c'est cette fontaine, souvenir de son enfance, qui a inspirée à Marcel Aymé le titre de son roman " Le moulin de la Sourdine". Dans cette histoire, un homme bien sous tout rapport, assassine sa servante, seulement parcequ'il a la certitude de l'impunité. Françoise me dit que je fais du sexisme mais je ne vois pas mes copains lire Marcel Aymé... ils ont tort. Je me fais aussi reprendre pour cette dernière phrase, "il n'y a pas que tes copains de l'ENI qui te lisent, fais attention". Donc si une autre de mes relations masculines a lu Marcel Aymé, qu'elle le signale, je ferai un erratum.

Une inscription en vieux français explique à l'entrée d'une cave qu'en 1479, Dole, alors possession autrichienne, fut prise par traîtrise par Louis XI qui détruisit la ville . Les habitants du coin s'étaient enfermés dans cette cave derrière un feu d'enfer et nul ne put les déloger. Depuis le lieu s'appelle la cave d'enfer.

Notre visite s'achève par une promenade le long du canal, encore une petite Venise méconnue.

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100 km tout rond. Notre plus longue étape depuis Budapest.

Compte tenu de la canicule annoncée, nous sommes partis tôt ce matin. La piste longe toujours le canal du Rhône au Rhin. Un éclusier ( et son éclusière) ont ouvert une petite halte où nous prenons un excellent café. Il y a beaucoup de plaisanciers sur cette portion du canal, et aussi beaucoup de pêcheurs. On voit beaucoup de poissons mais on a l'impression qu'il y a peu de rencontres entre pêcheurs et poissons. A Saint Jean de Losne, le canal s'achève dans la Saône. Nous sommes en Côte d'Or, donc en Bourgogne. Nous roulons bien et finalement décidons d'atteindre Châlon ce soir. Nous passons en Saône et Loire. A Verdun sur le Doubs, la Saône récupère le Doubs que nous retrouvons très brièvement. Il fait maintenant très chaud, et la route est mal indiquée, nous prenons l'itinéraire sur la carte qui n'est manifestement pas à jour. Quant au paysage, c'est morne plaine, et pour une fois nous apprécions le petit vent qui nous rafraîchit.

Nous sommes à Châlon après 7h de pédalage et 8h30 de voyage, pas trop fatigués finalement.



Le confluent de la Saône et du Doubs                                                                     
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90 km.

Dimanche c'était jour de repos à Châlon. C'est une ville moyenne, 45000 habitants, avec un centre historique médiéval très animé. Nous avons passé l'après-midi à la piscine, sieste pour moi mais Françoise qui n'est jamais fatiguée a bien dû nager 1000m.

Ce matin l'Eurovélo 6 quitte Châlon par le canal du Centre qui nous emmenera jusqu'à la Loire. On passe, à Rully (son crémant , ses vins fins indique un panneau), puis Chagny et le coteau d'en face c'est Santenay, ça doit parler aux amateurs de Bourgogne. Hier soir nous n'avons pas pu goûter tous les vins de la Côte de Châlon, mais le Mercurey était excellent.

Le canal est très fréquenté par les plaisanciers. De grandes péniches sont réaménagées comme de vrais yachts. Sur l'une d'elles, le pont à été transformé en piscine. Ce sont des bateaux de location avec pilote. 100 m2 flottants pour 4 personnes... aucune idée de ce que ça peut coûter.

Sur le trajet une ancienne briqueterie transformée en écomusée qui semble lui-même avoir coulé. C'est parfois difficile de faire le deuil de son passé industriel.

Les 30 derniers kms aujourd'hui ne sont pas intéressants, la piste est en fait une route partagée (avec les autos et les camions) et nous devons être les seuls à vouloir partager, mais on ne fait pas le poids.

Nous arrivons dans le petit camping bien sympa de Palinges suivis par une jeune femme suisse qui fait son tour de France en vélo.

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84 km (1907 km de vélo depuis Budapest)

Une rencontre sympathique et amusante hier soir au camping, peu après nous sont arrivés deux cyclistes dans nos âges, ils viennent des Landes et font le tour de Bourgogne en tandem. En discutant nous apprenons qu'ils s'appellent Françoise et Yves, on s'amuse de la similitude des prénoms, mais quelques instants plus tard nous découvrons qu'ils pratiquent le kayak de mer, ils naviguent comme nous sur Plasmor, c'est trop drôle. Nous les recroiserons sur la route plusieurs fois aujourd'hui et nous pique-niquerons même ensemble. Ils nous ont donné rendez-vous au rassemblement Plasmor dans le golfe du Morbihan en octobre.

Ce matin nous roulons le long du canal du Centre, nous sommes au coeur du Charolais, et les vaches le confirment. Nous prenons une petite heure pour visiter à Paray le Monial, la fameuse et très imposante basilique romane. Cette église est devenue basilique pour marquer un évènement, l'apparition du sacré coeur de Jésus à Marie-Marguerite Alacoque au 17 eme siècle. Bon j'arrête là avant que ceux qui me connaissent se demandent si je suis en train de me convertir, mais l'histoire est bien plus détaillée. Un très bel hôtel particulier de la Renaissance est devenu l'hôtel de ville.

A Digoin, nous rejoignons la Loire, le 3ème grand fleuve de notre voyage. Un joli pont-canal enjambe le fleuve. Le canal du Centre, après cet ouvrage fait place au canal latéral à la Loire, bien plus large. Il faut noter qu'EDF a subventionné l'illumination du pont. Je laisse Zézèle et Geneviève en débattre.

La fin de l'étape se conclut par 15 km de montagnes russes, bien éprouvants en pleine chaleur mais avec de belles vues sur les sommets du Morvan.

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79 km

C'est l'avant dernière étape. La descente de Cronat vers la Loire est bien agréable à la fraîche, le paysage nous en met plein les yeux. Nous longeons peu la Loire et nous quittons même son canal latéral pour des petites routes vicinales. A Décize nous prenons le chemin de halage du canal du Nivernais, beaucoup moins large. Nous retrouvons le canal latéral à la Loire sur plus de 30 km, c'est monotone, le revêtement rugueux n'est pas roulant et il fait très chaud, vivement le camping! Un nouveau pont canal de 350 m franchit la rivière Allier, nous sommes près du confluent Loire Allier, le fameux Bec d'Allier. Le camping devrait être là...mais il n'existe plus. On se replie sur une auberge un peu plus loin, dans le village de La Grenouille, ça y est, on est dans le Berry...et l'hôtel s'appelle la Grenouille, la décoration exploite abusivement le thème grenouille, nous verrons bien ce qu'il en est de la cuisine. Pour le lecteur alsacien qui tient à nous pointer tous les jours sur la carte, la Grenouille est au sud-ouest de Nevers.

Demain dernière étape , nous quitterons l'Eurovélo6 pour traverser vers Bourges puis Vierzon. Nous serons donc hors piste et comme en ski, il faudra se méfier des imprévus et des erreurs d'itinéraires.

Nous verrons bien.

Sur le pont canal près du Bec d'Allier 
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110 km notre record , 2096 km de vélo depuis Budapest (Budakezsi plutôt)+60 de bateau et 60 de train. Nous avions estimé 2056 km, 200 km d'écart en notre défaveur, maudit curvimètre.

Nous quittons La Grenouille de très bonne heure pour tenter de déjouer la météo qui annonce canicule et orages, à 6h nous sommes en selle. Un superbe lever de soleil sur la vallée de la Loire éclaire notre départ. Cette partie du Berry c'est le pays de l'Aubois, une région de bocage pas plate du tout, d'ailleurs le Berry c'est plat " en moyenne" mais dans chaque km il y a suffisamment de creux et de bosses pour éprouver la résistance du cycliste. Comme prévu, rouler hors pistes balisées s'avère risqué. Le premier village que nous traversons propose autour de son église 7 directions, sans panneau indicateur. On en choisit une par déduction ("ça ne peut être que ça"). La route descend beaucoup, se rétrécit et devient un chemin de terre au bout de quelques kms, ça s'achève dans un bois, avec deux fermettes. Une vieille dame en robe de chambre et bottes de caoutchouc nous renseigne pendant que son chien me lèche les mollets. Elle nous donne un raccourci par les bois qui nous évite de remonter toute la route et ça marche.

A Menetou Couture, joli donjon du XV eme, nous faisons l'impasse sur l'abbaye de Fontmorigny, mais nous découvrons que les moines vivaient de la fabrication des boulets de canon, pas très catholique tout ça. Jeanne d'Arc a séjourné dans le coin aussi.

La canicule est bien là, nous sommes dans les plaines à blé, au loin à droite les coteaux de Sancerre bordent le paysage, à gauche l'énorme masse de la cathédrale de Bourges dépasse sur l'horizon.

A Saint Martin d'Auxigny, c'est le pays des pommiers. Françoise et moi avons le même souvenir, nos parents venaient chercher des pommes ici, elles étaient alors couvertes de produits chimiques. Aujourd'hui les producteurs affichent leur approche écologique, les temps changent!

Nous passons à Berry Boui, et oui ça existe vraiment. On cuit mais il faut rouler.

Le vent d'ouest qui nous a freiner pendant 2000 km, pour qu'on ne l'oublie pas sans doute, se met à souffler comme un dingue, nous roulons à 10 à l'heure, d'un autre côté, ça rafraîchit.

A 10 km de l'arrivée, Françoise me dit, il y a un monsieur qui nous photographie, il fait comme faisait mon père. ( le père de Françoise, cycliste émérite, photographiait frénétiquement tout ce qu'il considérait comme un évènement) . En fait le monsieur c'est Doudou qui est venu nous attendre. Après les embrassades, nous lui refilons nos sacoches dans sa voiture. Ca roule mieux sans tout ce barda. A l'arrivée nous piquons un sprint que je gagne à la déloyale en grillant un stop.

Voilà c'est fini, impossible de tirer à chaud une conclusion de ce voyage, trop de choses se bousculent. Comme aurait dit un syndicaliste guadeloupéen de mon époque, c'est bien plus qu'un voyage spatio-temporel, c'est aussi un voyage intérieur. Grace à cette phrase, mes filles seront obligées d'admettre que, quoi qu'elles en pensent, je suis concerné par une certaine spiritualité.

Merci à Pascale et Doudou qui sont venus nous larguer à Budapest, ils en ont profité pour faire un tour d'Europe express qui aurait mérité un blog, ils nous ont bien fait rire avec leurs aventures.

Enfin , merci à vous tous, nos lecteurs, vos commentaires, vos échanges, mais surtout vos encouragements, nous ont porté pendant ses six semaines. Pourtant vous deviez parfois en avoir assez des clochers, des fleuves, des canaux, des forêts. On avait renoncé à scénariser notre vie de couple car nous ne nous sommes disputés ( un peu) qu'une fois en Allemagne, un jour où Françoise avait perdu son téléphone, elle voulait partir le chercher à la dernière pause, 10 km en arrière. C'est moi qui avait retrouvé le téléphone éteint dans sa sacoche et je reconnais, j'avais mal réagi. Vous êtes nombreux (ses) à réclamer la saison 2, il faudra attendre que j'ai un genou neuf et que Françoise fasse réparer ses canaux métacarpiens, nous n'avons plus vingt ans. Nous vous conseillons la série " Plus belle la vie" ça dure depuis des années et c'est plein de rebondissements.

Grosses bises à vous tous et à très bientôt.

Françoise et Yvan.