Voyage&sens

En quête de nouvelles couleurs pour remplir ma carte du monde. Je m'aventure seule avec mon sac à dos sur de nouveaux territoires pour explorer les âmes & les cœurs des Hommes et des animaux.
Juillet 2023
26 semaines
Dernière étape postée il y a 10 jours
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Le parcours du combattant

Ma motivation est revenue, j'ai même retrouvé mon sourire. Cette expérience va me conduire à la lumière, je vais prendre de la hauteur en pleine nature face à ses merveilleux versants du Mont Blanc. Je vais travailler à 2352 m exactement. Je dois arriver sur Chamonix vendredi 28 juin 2024 matin, je me remets en route vers une nouvelle aventure. Comme quoi dans la vie, il faut toujours penser positif, "tout arrive à point qui sait attendre".

Départ de Nice en blabla bus 

C'est la course contre la montre. Je ne remonterai pas du sud de la France sans mes dernières affaires qui me sont revenues sur Toulouse. Tout est fluide, l'organisation coule de source, le premier blablaBus me dépose sur Toulouse où je profite de voir mes 2 amies Aurélie et Julie, puis je rebondis sur un blablaCar qui me dépose sur Chambéry où je vais déposer l'ensemble de mes affaires et préparer mes nouveaux sac à dos . Le conducteur du blabla, ce jeune conducteur m'accepte, chargée comme un bourricot.

Puis, je fais une autre halte sur Barberaz juste après Chambéry pour récupérer une bouffée d'amour chez Sophie, ma grande sœur de cœur. Je prends un dernier blablaCar de Barberaz pour retrouver Pascal, mon futur patron. Quel périple mais quel bonheur de retrouver mes amis et les montagnes. C'est un peu le parcours du combattant mais je suis tellement heureuse de travailler de nouveau pour gagner de l'argent et mettre mon corps en action.



Ma première grimpette

J'éprouve du plaisir à grimper sous le soleil avec mes futurs collègues : Pascal qui monte comme un bouquetin, et France qui prend quelques couleurs avec le dénivelé. Je pensais que mon sac était léger mais avec la prise de hauteur, j'ai loupé le coche il est lourd et je traine la patte. Pascal se propose "Sherpa" pour me soulager du poids. Après un tour de quelques continents pendant 1 an, j'ai envie de retrouver quelques vêtements et j'embarque surtout ceux qui sont chauds chaud pour me protéger du froid montagnard.


A 43 ans, j'apprends

Il n'y pas d'âge pour apprendre. Je sens que je suis capable de tout ingurgiter dans cette vie terrestre mais. J'ai clairement soif de nouveautés, j'aime que ma vie soit en mouvement. En refuge et en restauration je découvre un monde différent de tous ceux que j'ai pu connaître. C'est un milieu très dur avec un niveau d'exigence très élevé.

Tout est nouveau, je me retrouve à parler non stop en anglais avec des étrangers du monde entier. Je suis heureuse je vais pouvoir apprendre cette langue qui ne me laisse pas indifférente. Je vais découvrir la restauration et la vie en refuge. Ici, je n'ai le temps d'apprendre, il faut être opérationnel dès ta première journée.

En mode observation

Je vais vivre avec des extraterrestres. J'observe l'équipe au complet en train de travailler comme des machines. C'est vraiment incroyable de les voir à l'action, dans un si petit espace avec autant de mouvement et d'efficacité. Je suis bluffée.

Mission et adaptation

Le temps n'est pas folichon, du coup pour combler mes premières journées j'ai travaillé comme une acharné. J'ai testé le ménage des 2 bâtiments, changements de literie, porteuse de courses, la plonge pendant des heures sans pause. Ici au refuge, tu marches ou tu crèves. Je constate que les clefs de la réussite dans cet impitoyable monde, dans lequel nous vivons sont : le fric et la rentabilité. Un monde qui me correspond juste le temps d'une saison. Cette mission me permet de me challenger, de tester mon cerveau qui fonctionne plutôt pas mal. En tout cas, j'apprends vite même si je devrai aller encore plus vite... Je remercie mes parents du fond du coeur de m'avoir mis au monde avec un cerveau si bien foutu. J'ai beaucoup de chance...


Mes premiers instants en haute montagne 

Mon premier jour de "test"

Je suis stressée au point de ne pas dormir la veille de mon test. On me lance dans la grand bain sans avoir assimilé les tâches du quotidien. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir la fille de Lolo et par dessus tout mon perfectionniste me joue des tours. Apparemment, pour le moment, je suis encouragée. Je suis toujours en période d'essai, on verra à quelle sauce je vais être mangée après la date effective. C'est un défi pour moi, je me lance et je passe le premier test à la fenêtre avec tous des clients. La Chef de cuisine me trouve dynamique et me rassure en ma capacité d'absorption.


" La rencontre est le but et le sens d'une vie humaine. Elle permet qu'on ne la traverse pas en somnambule. Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m'auront ému, troublé, éclairé. Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu'il est tourné vers autre chose que lui-même. Le soin qu'il prend de l'autre, l'illumine, le rend vivant. Il capte une lumière et la renvoie. C'est quelque chose de rare. La richesse de cette vie est faite surtout de visages et de quelques paroles."

Christian Bobin

Christian Bodin est un romancier, écrivain, essayiste, philosophe de grande renommée que j'apprécie particulièrement. Ce passage me fait vibrer...


Depuis tous ces mois à vagabonder, je rencontre des visages, de nouvelles âmes...La rencontre est le but et le sens de ma vie humaine. Je partage les dires de Christian Bodin, écrivain, philosophe,


Prendre ma place

Je dois aussi prendre mes marques dans ma vie personnelle avec mes collègues dans le dortoir où je vis. Je dors avec 7 personnes des inconnus pour le moment mais je sens que la promiscuité va nous rapprocher. J'ai une planche pour mettre l'ensemble de mes affaires que je n'ai pas encore reçu. Mon 2ème sac de randonnée arrive en hélicoptère dans quelques jours. Je dois vivre avec mes quelques vêtements que j'ai embarqué à la montée au refuge. Dans le dortoir, nous vivons sur des lits superposés les uns à côté des autres. En arrivant, j'ai commencé à montrer ma différence : j'ai demandé 2 draps. J'avais envie d'avoir un endroit isolé dans la chambre. Je me suis construit avec les draps une cabane pour m'isoler, pour me créer mon cocoon d'intimité pour me changer, me relaxer, lire et passer des appels avec des écouteurs sur les oreilles. Je dors tous les jours avec des boules quies et mon bandeau sur les yeux pour rester dans ma bulle. Ma sensibilité auditive et visuelle me joue des tours à chaque fois que je dors avec du monde tout autour de moi. Dans ce petit refuge, il n'y a pas de toilettes, je dois aller dans l'autre chalet quand l'envie me vient. Ma vie en refuge est une vie de roots. Mais clairement ca ne me dérange pas, mes parents depuis toutes petites m'ont habitués au camping et aux simplicités de la vie. Ici, c'est un peu comme la camping.

 Ma cabane

" Les personnes les plus gentilles ne sont pas nées ainsi, elles sont créées. Ce sont eux qui ont vécu tant de choses dans la vie, ce sont eux qui sont extirper de l’obscurité, qui se sont battus pour transformer chaque perte en leçon. Les personnes les plus gentilles n’existent pas simplement – elles choisissent de s’adoucir là où les circonstances ont tenté de les endurcir, elles choisissent de croire en la bonté, parce qu’elles ont vu par elles-mêmes pourquoi la compassion est si nécessaire. Ils ont pu constater par eux-mêmes pourquoi la tendresse est si importante dans ce monde ".

Bianca Sparacino


En effet, je me suis extirpée de l'obscurité seule. J'ai grandi avec de la colère et je mûris avec de la compassion et de l'amour pour tous ceux qui souffrent à se débattre avec le jugement, la colère, la fuite, les non-dits et le silence. Mon cœur sait que la douceur et la communication sont les piliers de la paix et de l'amour...

Je ne supprime personne de ma vie, je les laisse sortir de la mienne. J'ai un amour inconditionnel pour tout le monde. Mon coeur est assez grand pour aimer jusqu'au bout de ma vie. Dès qu'une personne ne cesse de m'aimer, je médite pour elle, je prie pour qu'on la protège et surtout pour qu'elle puisse grandir car le chemin de l'amour est initiatique et prend du temps. J'aime la vie, j'aime l'Homme, plutôt souffrir toute ma vie que d'arrêter d'aimer.


L'attitude atypique

J'essaie de m'octroyer des moments courts mais de pleine présence. Aujourd'hui je suis allée méditer sur un rocher plat devant ces merveilles : les montagnes. Je m'en fiche de leurs noms c'est leur beauté qui m'éblouit. Je me suis rendu du compte de cette particularité chez moi pendant mon voyage, je mets beaucoup de temps à retenir les noms des villes et le prénom des personnes que je rencontrent. Pour les endroits je n'ai qu'à fermer les yeux pour me replonger dans les mêmes situations avec les mêmes sensations. Concernant les personnes je me focalise sur ce qu'elles sont et non sur ce qu'elles représentent. Je persiste à aimer la vie avec profondeur et simplicité.

La méditation

Elle m'apaise et me fait grandir. Des graines d'amour qui poussent dans mon ventre à chaque moment que je m'octroie en utilisant cet outil spirituel et magique. Méditation allongée dans le dortoir avec petit bambou, méditation assise face aux montagnes ou méditation en marchant en ne passant qu‘a la disposition de mes pieds sur ce pierrier. Un magnifique combo de légèreté...

L'opposition

J'ai besoin de parler de l'opposition, cette réaction que j'ai souvent eu face aux autres ...

Depuis petite comme une enfant rebelle j'ai toujours été en opposition avec mes parents. Une manière à moi de me protéger et d'exister en tant que tel. Je ne me suis jamais senti en sécurité depuis ma naissance très certainement du à mon manque d'air à ma naissance et un terrain familial quelques peu électrique. Les points de blocage émotionnel ont suscité une grande colère en moi. Pas attendue, ignorée dans les méandres de mes émotions. Personne de ma famille s'est penchée sur moi pour me comprendre. J'ai souffert de ce manque d'intérêt pour moi et ce manque de communication.

Je me suis toujours sentie différente avec cette soif de vivre et de sortir des chemins pré-établis. Je n'avais absolument pas envie de tracer mon chemin de vie comme celui de mes parents. Je suis Audrey. Je construis ma vie mon chemin en fonction de mes besoins.

J'ai toujours été en opposition avec mes mes parents sur divers sujets. J'ai manqué cruellement de valorisation du coup pour exister je me suis souvent imposée et cristallisée des principes (comme disait Jean-Marc, un ami de coeur). Figée sur mon seul avis, je n'ai jamais débattu de mes ressentis ou mes prises de décision avec mes parents. J'ai toujours avancé seule dans ma jeunesse avec mes peurs et mes insécurités. Personne pour me rassurer, j'ai appris à le faire en marchant : au travail avec mes clients, personnellement avec mes amis, ou en montagne en traversant des chemins qui me donnaient le vertige. L'insécurité s'efface avec le temps en s'aimant et en étant entourée de personnes prêtent à m'aimer. Merci ma vie🙏 Aujourd'hui grâce au voyage à la compréhension de la vie, je sais que l'amour est en moi et que je n'attendrai plus rien de personnes. La surprise est bien plus grande quand l'amour vient à moi. Ce voyage me permet de constater que je suis aimée...


Un constat

La patronne du gîte, Marion, m'a démonté après mes quelques jours en test dans ce nouvel emploi dans un milieu complétement nouveau. Je n'ai jamais fait de restauration, il faut être douée maintenant tout de suite. Être opérationnelle et en plus rentable sur le champ. Je crois qu'elle a oublié de regarder mon curriculum vitae avant de m'embaucher...

Après la fin de ma première année de mon voyage, la pression de Nouéma et maintenant cette conclusion active et négative à mon égard : j'ai pleuré. La coupe est pleine, je suis découragée, sous pression, j'ai failli quitter le navire sur le champ. La situation est injuste, je n'ai même pas reçu mon 2ème sac au refuge que je reçois un carton rouge sans avoir appris les règles du jeu. Laissez-moi le temps d'atterrir avant de me juger...


Cette nuit

Je suis contrariée par les paroles de la gardienne du refuge. En colère comme l'heure l'indique 3h, je tombe sur ce merveilleux texte :

"Finalement je crois qu’il faut surtout ne rien faire... pour être aimé.Nous passons nos vies à essayer,De paraître plus beaux,Plus belles,Plus intelligents,Plus intelligentes...Mais j’ai compris 2 choses :Ceux qui nous aiment,Nous voient avec leur cœur,Et nous parent de qualités,Au-delà de celles que nous avons vraiment.Et ceux qui ne veulent pas nous aimer,Ne se satisferont jamais,De tous nos efforts.Oui vraiment je crois qu’il est important,De laisser nos imperfections en paix.Elles sont précieuses pour comprendre,Ceux qui nous voient avec le cœur... ~ Carherine Testa"


Tout au long de ma vie personnelle et professionnelle et là, au cours, de cette dernière année de voyage, j'ai beaucoup avancé sur mon chemin de vie. Autonome, patiente, adaptable, ouverte, bout entrain. Je suis une femme épanouie qui n'a plus rien à prouver à personne. Je sais compter puisque j'ai fais les marchés pour arrondir mes fins de mois quand j'étais plus jeune. Mon patron maraicher était très fière de moi, j'étais devenue sa vendeuse préférée car je faisais fructifier son activité avec mes larges sourires. Je suis très autonome et j'apprends à le devenir dans des situations nouvelles ou incongrues.

Je me suis démenée pour arriver le vendredi 28 juin matin pour respecter le contrat oral qu'on me proposait au refuge. Je suis très respectueuse des horaires et des impératifs que l'ont m'a imposés mais en échange j'aime la réciprocité. J'ai parcouru une bonne partie du sud de la France en un temps record pour rejoindre l'équipe... J'aurai aimé que mon contrat arrive avec autant d'assiduité. C'est la loi ce n'est pas un caprice de ma part de connaître les tenants et les aboutissants de ma future mission, la date de ma période d'essais , mon salaire... Ce morceau de papier est plus qu'un contrat qui me lie à ce refuge, c'est une marque de considération. Un début de relation qui m'affecte, mon contrat arrive au refuge quand ma période d'essais est terminée. Après quelques jours en équipe : je suis très adaptable, en équipe je donne le meilleur de moi-même, je suis partageuse et j'aide mes collègues dès que je peux sur mes heures de pause. Je suis une femme courageuse qui ne sait pas rester les 2 pieds dans le même sabot un peu comme mes collègues. Je suis dynamique, pleine de vie et je me donne à fond dans tout ce que j'entreprends. Je sais que je peux y arriver à apprendre vite et être un petit bout de femme efficace mais il faut me laisser quelques jours d'adaptation tout de même. Je le connais, mon cerveau en arborescence, il tourne vite et il me joue des petits tours avec la concentration, laissez-lui le temps d'ingurgiter toute cette masse d'informations que vous lui transmettez non stop par différents biais. Laissez moi le temps de m'adapter...


Ce que la vie me dépose

La vie m'a apporté beaucoup de douceur dans mon coeur, je sais mettre un cadre et des limites avec ceux qui m'entourent désormais. Je suis ma priorité, c'est le voyage qui m'a transformé. J'ai un profond respect pour l'Humain et un très grand respect pour moi même. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux plus.

Le fond et la forme en communication sont très peu respectés par l'Homme et je persiste à faire entendre mes fondements de l'amour. Aujourd'hui , j'avancerai que par le biais de l'amour...Je souhaite qu'on me respecte dans toute mon unicité. Je passe de chef d'entreprise à salarié, pour me manager, il me faut une cuillère à soupe de douceur une louche de bienveillance, une cuillère à café de patience. Pour donner le meilleur de moi même, j'ai bien compris que cela ne sera jamais par le jugement, le rabaissement et encore moins par la comparaison . Le management à la pressurisation ce n'est pas mon truc.

Aimer l'humain, c'est aussi l'accepter avec ces parts d'ombre et de lumière. Je sais que je suis loin d'être parfaite et je n'ai pas la prétention de l'être et je l'accepte. Aujourd'hui, j'ai besoin d'être respectée et encouragée sans jugement et en douceur. Marion la patronne a manqué le coche, de tact avec moi,elle me reproche ma sensibilité au lieu de regarder sa part d'ombre sur laquelle elle devrait bosser.

J'ai envie

J'ai envie de vivre cette expérience en plein coeur des montagnes,

J'ai envie d'être douce avec moi même et m'encourager,

J'ai envie de vivre cette expérience avec cette nouvelle famille,

J'ai envie de vivre avec ces petits népalais avec des coeurs remplis d'amour et de sincérité,

J'ai envie de partager la sensibilité de Clara et de France qui m'aiguillent malgré nos âges décalés,

J'ai envie de gagner des sous avec la sueur de mon front et la fierté d'avoir essayé,

J'ai envie de vivre comme Heidi en plein coeur des montagnes avec mes chaussures de randonnées comme meilleures amies,

J'ai envie de partager des moments complicité avec Willy comme un petit frère,

J'ai envie de gagner des pourboires pour l'équipe,

J'ai envie de boire du vin avec mes collègues pour les écouter parler en népalais.

J'ai envie de tartiner mon pain du matin avec du beurre et de la myrtille des montagnes,

J'ai envie de me prouver que je suis capable d'apprendre un nouveau métier,

J'ai envie d'affirmer qui je suis,

J'ai envie d'observer les marmottes, les bouquetins en pleine nature,

J'ai envie de cavaler sur les chemins, grimper sur des échelles pour respirer,

J'ai envie de me laisser porter par le flux de cette vie,

J'ai envie d'être dans l'action pour oublier que j'ai une famille qui m'échappe,

J'ai envie de repartir en voyage après cette saison,

J'ai envie d' expérimenter pour vivre.

Mon échappatoire

Dès que j'ai quelques heures, je prends mes baskets et mon gilet de trail pour m'aventurer dans cette splendide montagne. Je me pause sur des rochers pour observer cet horizon qui évolue avec les nuages et les couleurs de la journée. Chaque instant est magique. Chaque seconde dans cette nature me remplit d'amour.


Mon inconnu

Il est revenu, je l'aime comme un ami. J'ai appris à le connaître au travers de son voyage. Son chemin n'est pas le mien... Il est beau, généreux et sensible mais je suis persuadée aujourd'hui que nous sommes que des amis. Je l'aime fort car il est présent à mes côtés depuis le début de ce magnifique voyage. Il affronte mes "UP" et mes "downs" de mon quotidien. Qu'est-ce que je t'aime bel inconnu...

Simon

L'homme que j'ai rencontré dans l'avion entre Nouéma et Singapour, un joli souvenir.... Je l'ai accompagné pendant quelques heures avec douceur. Ce moment de pur soutien mutuel restera graver dans mon cœur. Je suis persuadée à ce jour que ce moment doit rester uniquement dans mon cœur et qu'il doit resté figé. Au cours de mon voyage, j'ai vécu des moments très intenses mais très courts et je dois les accepter. L'intensité de ces courts instants est puissant. Pendant mon séjour, j'ai appris à me détacher pour éviter la souffrance. Et pour construire une histoire d'amour, j'ai besoin de retrouver en lui une partie de moi et en moi une partie de lui. La différence est porteuse, l'opposition est destructrice. J'apprends à écouter mon intuition qui sent ce qui est bon pour moi. C'est tout nouveau pour moi...La sagesse me permet d'être de plus en plus juste avec ce qui est nourrissant pour mon âme. Simon doit s'aimer pour construire sa place en Lorraine auprès des siens et moi j'ai appris à m'aimer et je dois trouver un lieu de vie et une personne qui me fera vibrer.

Pour être heureuse, je sais que les piliers de l'amour sont au nombre de 3 :

- être amoureuse, ressentir le désir d'avancer avec l'autre,

- aimer tout ce qu'il est pour grandir ensemble,

- porter des objectifs en commun pour grandir ensemble.

La vie me représente le même type d'homme que mon ex-conjoint. J'allais encore aimer un homme si différent de moi... Une vibration, un rythme, un sens de la vie, des désirs en opposition à ce que je que suis.

Joyeuse, aventureuse, voyageuse, communicante, "pétillante" solaire, vivante je le suis. Je ne veux plus jamais qu'un homme me coupe de cette lumière intérieure qui vit en moi ...

J'apprends de mes erreurs, j'apprends de mes expériences et je montre à la vie que j'ai compris...

Simon tu es et restera toujours dans mon cœur. Prends soin de toi et de ton magnifique projet que tu construis.


« Pour être avec l’autre, il faut avoir compris des choses en soi. Si tu n’as rien compris en toi, si, comme dit Simone Weil, tu ne t'es pas élucidé un minimum , qu’est-ce que tu vas comprendre de l’autre ?

Tu ne comprendras de l’autre que ce que tu as vaguement compris de toi.

Je ne peux jouir de l’autre qu’en ayant de l’empathie, pour avoir de l’empathie il faut que je le comprenne.

Pour le comprendre, au sens premier (le prendre avec) il faut que je comprenne des choses en moi pour que ce qu’il est, résonne en moi.

Et pour que ça résonne en moi comme un , il faut quand même que je m’y sois colleté à ce que je suis (qui est minable, médiocre, chaotique, inconséquent), mais tant que tu n’as pas un début d’élucidation de ce que tu es, qu’est-ce que tu vas recevoir de l’autre ?!

Tu ne vas rien comprendre de l’autre parce que pour comprendre l’autre et bien il faut avoir compris soi.

Tu n’as de sympathie avec l’autre que ce que tu as accepté de sympathie avec toi. Une véritable sympathie pas une relation mondaine, c’est autre chose, ça c’est une ivresse.

Ce que je peux dire modestement, c’est que mon affection pour l’autre, ne peux pas ne pas dépendre , de ce que j’ai accepté d’aimer un peu en moi.

Car si je ne connais rien du tout de moi et si je ne sais pas qui je suis, je vais être dans un tel état d’incertitudes, de non présence, que je ne vais rien voir dans l’autre, et, ici, la phrase de Nietzsche est admirable : " je ne vais voir dans l'autre qu’une confirmation de moi, je vais l’utiliser, l’instrumentaliser, pour en faire un spectateur et non pas une rencontre." »

Fabrice Luchini


Dans mes 2 dernières relations j'ai essayé de les comprendre de les aimer malgré leurs différences mais rien n'a abouti au bout du compte. J'ai essayé de leur apporter de la lumière intérieure, de les tirer vers le haut mais : « Pour être avec l’autre, il faut avoir compris des choses en soi. Si tu n’as rien compris en toi, si, comme dit Simone Weil, tu ne t'es pas élucidé un minimum , qu’est-ce que tu vas comprendre de l’autre ?" Je suis tout a fait d'accord avec ce passage. Cela fait des années que je mets le nez dans ma merde pour être la plus alignée à ce que je suis. Je ne vais pas saccager ce joli travail personnel sur moi au détriment d'une charmante relation. L'amour que j'ai pour moi a bien plus d'importance que le prochain qui m'offrira des miettes d'amour.


Mes moments de plaisir

Panorama magique

Je savoure ces levers de soleil matinaux. Je suis au premier rang pour observer le mouvement des nuages qui caressent les sommets. Je reste dubitative face à cette nature qui me redonne la pêche. Ces instants de pur bonheur dans cet espace à 360 degrés sont euphorisants. J'éveille tous mes sens et je fais le plein d'énergie.

Malade

Le changement de climat, la fatigue et mon manque de fer constaté à Nice, je commence la saison avec un état quelque peu chahuté après les émeutes de mai dernier puis l'enchaînement avec un état grippal, le nez comprimé, des boutons d'herpès, des hémorroïdes et mes menstruations...La saint Audrey est pourtant déjà passé. Par moment, je me pose la question comment je fais pour tenir?? Une grande fatigue se fait sentir, ce n'est absolument pas le moment de "s'en dormir sur mes lauriers". Je ne choisis pas, c'est mon corps qui peine après ces 12 mois de voyage en mode solo j'ai du mal à sortir la tête de l'eau. Tout est nouveau tout là haut.

Je sors d'une dépression souriante, par définition, est une dépression qui est imperceptible pour mon entourage parce que je semble heureuse et épanouie . Toutefois, elle peut être très douloureuse car je souffre intérieurement en luttant pour cacher vos symptômes dépressifs. Je veux monter le meilleur fascieste en haut de ces montagnes.


Ma fierté

Ma première grande journée en haut de ces montagnes. La tartine de travail est impressionnante mais dans l'action je m'y plie...je suis le mouvement...je suis cette cadence infernale de travail. Je souris au client, mon anglais est de plus en plus fluide et j'enchaîne les clients les uns derrière les autres, mes erreurs de caisse se réduisent depuis quelques jours. Je nage dans le bonheur, je suis heureuse de relever le défis malgré la difficulté.


Mon cerveau embrumé

Le lendemain de cette belle journée, mon cerveau est "embrumé" sous la pression du chiffre et du nombre de tâches à enregistrer et à mettre en action au quotidien dans la durée. C'est une pression qui vient de mes responsables et que je me mets à moi meme aussi personnellement : j'ai envie de bien faire...Mon côté perfectionniste qui s'est remis à l'action. Je sens que mon cerveau est embrumé, c'est que l'on appelle : le brouillard cérébral. Il provoque une sensation «de trouble » dans le cerveau, une sorte de voile qui empêche de « voir clair », de penser rapidement et de façon précise ou encore de se concentrer efficacement.

Je me sens confuse et abattue aujourd'hui. Je sens que la cause intellectuelle est le stress. Je me sens pressurisée comme un citron, jugée et rabaissée.

Le brouillard cérébral, aussi appelé brouillard mental, ou « brain fog » en anglais, correspond à une sensation que tout le monde peut vivre à un moment donné dans sa vie. Il s’agit d’un état de fatigue intellectuelle.

Le brouillard cérébral résulte d’un dysfonctionnement des fonctions attentionnelles exécutives, prises en charge par le cortex préfrontal, aussi appelé chef d’orchestre du cerveau, qui n’effectue plus son travail. Cette région cérébrale est notamment impliquée dans :

  • la focalisation de l’attention ;
  • l’adaptation à des situations nouvelles ou non routinières en planifiant et hiérarchisant les tâches et en mettant en place des stratégies dans le but d’adapter son comportement à chaque étape dans la perspective de parvenir au but souhaité.

Le brouillard cérébral est la conséquence d'un signal d'alarme du cerveau, indiquant que son équilibre a été malmené et doit être retrouvé le plus rapidement possible.

Quelles sont les conséquences du brouillard cérébral ?

  • troubles de la concentration ;
  • trous de mémoire ;
  • perte de vigilance ;
  • confusion ;
  • réflexes plus lents ;
  • manque d’attention ;
  • difficulté à accomplir les tâches de routine ;
  • fatigue ;
  • sautes d'humeur ;
  • mal de tête ;
  • perte de motivation ;
  • désorientation ;
  • difficulté à s’exprimer avec des mots, se rappeler des mots ou nommer des objets, comprendre les mots ou les conversations et écrire ;
  • déprime légère ;
  • comportement irritable.

Je veux bien travailler mais je ne veux pas me foutre en l'air pour récupérer 2 mois de salaire. En étant à mon compte je ne me suis jamais mis dans un si piteux état ce n'est pas en étant salarié saisonnier que je vais y laisser mes plumes. Demain, je me teste de nouveau si je n'arrive plus à gérer la pression je n'hésiterai pas à mettre une limite et à protéger mon corps...


Sophie

Ma grande sœur de cœur. Elle est présente depuis le début de mon périple. Elle vibre au travers de mes péripéties. Elle like mes nombreuses photographies sur les réseaux sociaux et elle me pousse à profiter de la vie et des voyages. Elle partage avec moi sa palette du monde. Elle me rassure, m'aiguille, me calme, me questionne. Femme au grand coeur, elle partage ses impressions et ses pressentiments du moment sur les gens ou sur les situations. Sophie est très importante dans ma vie. Sa positive attitude au quotidien est un exemple pour moi dans ma vie. Sophie est un pilier dans mon cœur. Je sais que je l'aimerai toute ma vie car nos identiques câblages nous permettent de vibrer à l'unisson.

L'un de mes rêves : partir avec ma grande sœur de cœur en voyage.


Marion, gardienne du refuge

Les jours passent et je découvre, cette incroyable chef d'entreprise. Un vrai petit bout de femme qui gère merveilleusement bien du haut de ces 35 ans. Aimer son prochain c'est le comprendre. Depuis que je vis en refuge tous les jours avec Marion : j'apprends à la connaitre. Son caractère bien trempé, elle le doit à sa mère lolo et ses jugements un peu tranchés à son père. Elle est clairement la rallonge de sa mère : courageuse, fonceuse, charismatique, entrepreneuse mais aussi très exigeante, dure et impatiente Utiliser de la douceur pour partager ses ressentis elle ne sait pas faire par contre comme lolo, elle montre son amour pour l'autre non par des mots mais par des actions Marion va me prêter pour ma journée "off" son appartement quand je redescendrai sur Argentière, elle me propose une petite polaire pour me protéger du froid pendant mon travail, elle m'a proposé son huile essentielle pour me guérir, elle est pleine de remords quand elle pousse le bouchon trop loin avec moi. Marion fait des surprises à l'équipe au petit déjeuner (elle achète pour toute l'équipe tout de que l'on aime pour nous faire plaisir). Elle est présente sur place au refuge pour nous appuyer même avec un bras en bandoulière. Je suis très heureuse de faire cette jolie rencontre au cours de ce voyage. Marion m'apprend à mettre de jolies limites dans ma relation à l'autre et à ne pas prendre personnellement

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Un programme chamboulé

Après un séjour interrompu en Nouvelle Calédonie, je dois encore m'adapter un changement de programme. Une vieille relation de 18 ans revient dans ma vie pour m'épauler, je suis ravie ça tombe à pique. C'est homme qui se nomme Nicolas me paraissait bienveillant et plutôt sain . C'est une tout autre visage que je vais découvrir en espace de quelques semaines. Il me propose de séjourner chez lui à Saint Raphaël pour que je puisse me retrouver... Quelques jours après la validation de mon vol Nouéma Nice, Nicolas m'envoie des messages il est plutôt intéressé qu'intéressant. Dur constat je coupe court à ces messages les plus médisants. Mon âme déjà en peine accepte la situation du moment. Je vais atterrir sur Nice avec un tout autre destin : un ange m'appelle.


Un ange m'appelle

Dans cette même journée je passe donc de l'ombre à la lumière. Mes guides m'ont entendu. Un ange est descendu du ciel... Il s'appelle : Emily. Quelques minutes de bavardage dans un train au Laos et nous voilà connectées pour nous retrouver en France. J'atterris à Nice et elle habite Nice. Les synchronicités de la vie qui pour le coup après la tempête va me faire du bien à la tête. je sais que je vais pouvoir me reposer et être apaisée dans ma future maison.


Abandonnée et épuisée

Abandonnée, épuisée, je savoure le sol français pendant une journée. L'euphorie du premier jour se transforme vite en une forme de lassitude désespérante et cette pénibilité à me lever. Mon corps et mon âme sont en détresse. J'essaie d'y voir plus clair mais le flou du moment m'empêche de me poser. Je sens une agitation mental qui m'épuise. Je suis perdue, triste, déçue...

Je suis face aux incompréhensions des situations violentes de ma vie. Des humains avec des coeurs en feu et des parents qui ont laissé le coeur de leur fille en friche. Ça tourne en boucle, je creuse, j'essaie de comprendre.


Je pense toujours à la Nouvelle Calédonie

Une crise humanitaire et économique qu va laisser des traces...

Je suis une visionnaire. Dans ma tête ça va très vite et je vois bien que la crise ne ressemble aucunement à celle de 1984 évoquée par les calédoniens elle est grave! Les entreprises détruites comme les Chefs d'entreprise à la tête de ces structures qui nourrissent les peuples.

La CAFAT (indemnisation pour aider les Calédoniens) est en faillite comme l'une des cliniques de Nouéma qui fait travailler ces infirmières sans aucune assurance de pouvoir les payer. Les Médecins des hôpitaux, pour certains d'entre eux ne peuvent soigner certains patients kanak ne veulent pas être touchés. Le peuple calédonien en congés forcé pour éviter d'entamer les payes de chaque fin de mois. Des familles complètes sont déjà à sec... La nature a été abimée par des arbres déracinés pour monter les barrages. Les calédoniens ont pillés les derniers magasins des derniers produits existants. Une île en feu à la dérive par des hommes qui n'ont pas su composer avec l'amour. Quel gâchis !


Mon bel inconnu d'Aircalin

Simon mon voisin du vol Nouéma/Singapour me manque et je lui manque. On se manque mutuellement. C'est comme si que j'avais perdu une partie de moi en le quittant à Singapour. Depuis que nous nous sommes quittés on ne sait jamais oublié...Je suis là pour lui, il est là pour moi. La vie nous offre cette belle possibilité de rester en contact. La vie nous montrera le chemin..

Je m'en fou

Dans certaines circonstances/situations, il n'y a rien à comprendre et les avis des uns et des autres me rendent perplexe. J'ai appris au cours de cette étape de vie à ne faire confiance en une seule et même personne : moi même. J'apprends à écouter mon âme. Elle sait où elle a envie d'aller. Et le regard de l'autre j'apprends à le mettre de côté. Les reproches fusent sur le comportement que je devrais mettre en place face à ma famille. Moi je sais d'où je viens et qui sont mes parents la porte fermée car je suis leur fille.

Ma source de ressourcement

C'est une évidence, ce qui me remplit c'est la nature. Je décide de me poser au bord de mer chaque jour pour me reconnecter à mon énergie vitale qui sommeille en moi


Nice et moi

Nice et moi ça fait 2, cela fait quelques jours que je suis ici et je sens que ce n'est pas ma place. Je n'aime pas le fric et le monde et ici c'est bling bling et compagnie. Je marche dans la rue avec le sourire personne ne me voit... Je cherche très vite du travail sans grande conviction. Je ne me vois pas rester dans cette ville guindée du sud de la France. Mes amies qui ressentent tout me partage le meme ressenti à mon égard : "tu n'es pas à ta place" me dit-elle. Nous sommes 3 à vivre dans une même pièce : Alara une jeune étudiante qui révise son examen, Emily ( mon hôte ) en phase de transition de vie et moi sous la douleur post traumatique de la Nouvelle Calédonie. Nous sommes 3 filles intelligentes en quête de sens dans nos vies. Si seulement par moment, nous pourrions débrancher ce mental envahissant, je me sentirai tellement comme les autres. Nous allons nous serrer les coudes.... Je me sens épaulée par ces 2 belles âmes. J'ai même oublié l'absence de présence de mes parents. J'avance avec ceux qui m'aiment et qui me le montrent.

Adaptabilité et tolérance

J'apprends à m'adapter comme jamais. Je suis chez une amie. Je souhaite lui redonner comme je peux ce qu'elle m'offre : une place dans son appartement et son amitié. Et je m'adapte aussi à la petite qui a besoin de vivre dans le silence. Je suis tolérante mais je sens que le silence me fait souffrir. 1 mois en Nouvelle Calédonie m'a donné l'envie d'être de nouveau vivante. J'ai envie de me connecter au vivant : aux échanges, à l'ouverture du coeur et aux rencontres. Je suis extrêmement épuisée par cette suradaptation tout au long de mon voyage. Cela fait 11 mois que je suis partie à la rencontre de moi même. Quelle dure et douce expérience.


Je prends soin de moi

Je suis en France, c'est le moment pendant cette reconstruction de moi même de prendre soin de moi, de mon corps et de mon esprit. Je décide de prendre un rendez-vous chez un psy qui a réussi à me mettre plus mal après le rdv qu'avant. Ce processus de "secouage de merde" ne me convient pas. Je n'ai pas besoin de raconter mon histoire de vie à un inconnu. Ça prendrait toute une année pour tout expliquer. Je souhaite qu'on aiguille ce cerveau bouillonnant. Bref la formule n'est pas adaptée, j'ai pris un nouveau rendez-vous avec un acupuncteur et un médecin. C'est la médecine holistique, douce et bienveillante qui me stimule et me fait avancer. Je compte bien sur elle pour me rebooster. Et ce charmant Médecin me préconise de changer de lieu de vie et de travailler. Je me mets à chialer devant mes secousses émotionnelles du moment et comme beaucoup de médecins en France, il me propose des antidépresseurs pour continuer à vivre. Je refuse bien évidemment, j'ai toujours eu la force de me relever sans feu d'artifice chimique. Je n'ai pas envie d'être contrôler par des molécules qui figent mes émotions mais aussi mes actions. Je souhaite être responsable de chaque fait et geste de mon existence sans être shootée. Mes analyses de sang sont bonnes, mon utérus se porte bien. Seul l'appareil pour mon coeur est en train de me lâcher. Mon ange gardien n'est malheureusement pas nomade. Depuis 11 mois il souffre de ma bougeotte.


Jésus vient à moi

Je rencontre sur le trottoir d'en face de l'église du port de Nice : une femme très bienveillante. Après quelques minutes d'échange elle me parle de Jésus. Cette dame est douce et généreuse. Elle m'offre l'Evangile selon Jean - une partie du nouveau testament La Bible. Je la remercie du fond du coeur. Je prends conscience que ce n'est pas la première fois en cours de mon voyage que je Jésus vient à mois.


Mon Eurêka

En pleine journée, le 19 juin mon âme écrit de manière spontanée à Lolo, ma toute première étape, toute première expérience de mon voyage "Addo". Je lui envoie quelques lignes, bien résumées sur WhatsApp pour lui demander si son mari qui est le propriétaire d'un refuge en Haute Savoie aurait éventuellement un travail saisonnier à me proposer ?! Elle me transmet son numéro et je lui laisse immédiatement un message. Il me rappelle dans la foulée pour m'annoncer un retour qui me paraissait d'une logique implacable : "Je suis désolée Audrey mon staff est au complet depuis plusieurs mois déjà". L'équipe en refuge s'organise bien en amont et souvent les bons éléments reviennent sur plusieurs années. Je n'ai pas déception puisque je n'ai plus d'attente depuis que j'ai changé de vie. Je me laisse porter par le flux de la vie.


Après quelques jours d'échanges, Lolo me rappelle d'Afrique pour contacter sa fille ou son mari. J'appelle les 2 dans la foulée... Ils me proposent un poste de "saisonnier" auprès d'eux. Je vais vivre en refuge pendant une saison d'été. Mais quelle aventure, je suis tellement heureuse de vivre une nouvelle aventure en plein coeur des montagnes au refuge du Lac Blanc avec vue sur le Mont Blanc. Un rêve qui se réalise vivre comme Heidi dans ses montagnes mais quelle chance que j'ai de vivre...et quelle chance j'ai dans la vie.

Mes eurekas viennent du plus profond de mon âme depuis des années. Je les écoute avec beaucoup d'amour, se sont mes guides du coeur. Avec eux, je ne suis jamais déçus....


Je suis sur le départ

Quelques jours de décompression dans ce sas d'amour avec Emily et Alarra comme jolies compagnies. Elles sont pleine d'amour. Après une dernière soirée à chanter de magnifiques mantras à la guitare, je fête dignement mon départ avec toutes ces âmes qui me remplissent de joie.

Mon réveil

Je suis sur le départ j'ai du mal à les quitter...j'ai du mal à laisser partir Emily à son travail et Alarra à son examen. Je les serre très forts dans mes bras. Elles ont été là, ces 2 inconnues, à ma reconstruction. Quelle chance incroyable, je ne suis jamais vraiment seule au bout du compte. Dans mes passages à vide, je sais que je peux m'aimer mais aussi être aimée.

 Alarra, Audrey et Emily
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De l'Indonésie jusqu'en Nouvelle Calédonie

Tout se passe à merveille avec un personnel d'exception au départ à l'aéroport d'Indonésie. Une compagnie aérienne qui me rassure et à bord un bon petit plat et un très bon petit déjeuner.

Un voyage qui s'est effectué en 2 étapes : la première à Sydney en transit en Australie puis j'ai basculé en Nouvelle Calédonie par un bel atterrissage. Mon ami Bastien est à l'aéroport, j'aperçois sa petite bouille à l'arrivée en traversant le couloir perché au dessus de la sortie.

Nos retrouvailles sont chaleureuses. Je suis heureuse d'être sur un sol français avec mon ami, tous les gens autour de moi s'expriment dans la même langue que la mienne. c'est un bonheur inexprimable pour moi. Je suis soulagée de retrouver ma langue maternelle, il y a un coté rassurant pour moi et libérateur. Nous traversons ensemble des routes pour atteindre un Leader Price ou je vais faire mes premières emplettes pour fêter mon arrivée : vin rouge, fromage et pain la base de la nourriture française qui m'a tellement manquée. Comme une princesse je suis prise en charge par mon hôte Cédric qui nous récupère Bastien et moi en pick-up avec le sourire sur le parking. L'aventure commence je découvre les premiers paysages avec cette alignée de montagnes. La nature à l'air fantastique... Et ma cabane au fond du jardin est petite et authentique.

Mes premiers pas sur l'île

Je découvre notre hôte un quincagénaire au grand coeur qui me fait découvrir son environnement. On s'arrête sur la route dans un "Nakamal" un espace communautaire de sociabilité masculine qui a un statut symbolique important. C'est un endroit où l'on boit du cavas, la racine d'une plante d'ici qui détend. C'est la plante de la paix qui rend les gens heureux. Je rencontre donc des kanaks ces autochtones de l'île, ils sont fort sympathiques. Ici, on vit paisiblement au ralenti sans pression. Je suis bien trop dynamique pour discuter avec eux mais je m'adapte... Pour être dans le mood, je bois de leur potion magique.


Notre cabane

Le deal c'est de vivre dans cette cabane gratuitement en la rénovant. Bastien s'est engagé auprès de notre hôte pour rénover la salle de bain, en y intégrant un sol, de nouveaux murs, une douche et des toilettes. Notre objectif : vivre en toute autonomie dans ce petit coin de paradis.

Les premiers jours, j'ai décidé de me motiver pour nettoyer la cabane à l'intérieur pour y déposer nos 2 matelas sur des palettes et créer un espace de vie viable et organisé. J'ai crée un petit coin cuisine avec ce que j'ai pu récupérer de mon hote : une assiette pour déposer mes tranches de pain du matin, quelques couverts et 2 tasses pour notre petit déjeuner en pleine nature. J'ai rangé toutes mes affaires dans l'armoire type Ikea qui bouge dans tous les sens mais qui reste debout. L'extérieur sur la terrasse à l'entrée c'était irrespirable : j'ai pu y trouver : des meubles compilés plein de toiles d'araignées, un cendriers, des chaussettes. J'étouffais, dans la foulée, j'ai continué à nettoyer, à déplacer, à structurer...Le résultat est simple, je me sens enfin un peu chez moi. La cabane prend un tout nouveau sens... J'ai de la chance, j'ai un toit pour dormir et de quoi manger et surtout une vue improbable sur les montagnes


Je viens de débarquer sur l'Ile

Je m'accroche aux bonnes nouvelles. Je suis très motivée en 2 jours j'ai 3 touches pour une colocation, un appel concernant mon curriculum vitae et je viens de rencontres physiquement des personnes qui me touchent. Ce couple de retraités qui continuent à gérer un restaurant dans le centre de Nouéma et cette commerçante qui me propose un numéro de téléphone pendant que j'essaie des jolies chaussures.


De la lumière à l'ombre.

Malgré les tensions du pays et les énergies basses du moment et les préconisations de rester à la campagne Bastien décide de descendre en ville à Nouméa. Je ne le sens pas mais je le suis avec beaucoup de rétention. Je finis par retrouver le sourire, je fais confiance à mon ami qui me guide. J'ai très envie de m'acheter une paire de chaussures pour aller danser et travailler et j'ai très envie de m'acheter une sim card pour retrouver mon autonomie. Nous empruntons un premier bus pour nous diriger vers le centre ville. Debout à l'avant du bus, nous sommes témoins d'un scénario catastrophe. A l'arrière du bus des personnes sont blessées par une pierre qui vient de transpercer l'une des vitres. Cette pierre a été balancée d'un pont par un individu. Le projectile qui se retrouve aux pieds d'un kanak a fait raisonné un bruit monstrueux que je n'oublierai jamais. Je me suis dirigée au plus vite vers les blessés. Une dame qui aurait pu être ma mamy a quelques égratignures sur le bras gauche. Je la caresse derrière la nuque pour l'apaiser et lui dire que je suis à ses côtés pour la rassurer. Un monsieur est aussi touché à l'oeil par les débris de la vitre, je prends le temps d'observer sa blessure. Il recouvre sa plaie avec un bout de tissu et avec pudeur me dit tout va bien Madame. Tout le monde dans le bus est bouleversé par cette barbarie gratuite. La pierre aurait pu tuer...

Cette violence me rappelle un traumatisme celui que j'ai vécu il y a quelques années en France, les gilets jaunes, les oppositions, les forces de l'ordre...toute cette violence qui augmente au fil des années me terrorisent. La France devient de plus en plus insécurisante. Ce caillou français en est la preuve.

Je continue à faire le tour de la ville avec mon ami Bastien avec la trouille au cul mais le courage de vivre. L'après-midi, mon ami essaie de transformer l'émotion de peur qui vit en moi depuis quelques heures en bonheur. Je découvre la place des Cocotiers, la place de la Paix, nous marchons toute la journée dans les rues calédoniennes. Nous nous rapprochons de la mer, nous dégustons les petites friandises australiennes : les biscuits "Tim Tom". Nous nous arrêtons au bord de la jetée pour prendre une boisson fraîche en face de cette merveille : l'océan pacifique. Bastien laisse s'écouler les heures et tardes à quitter la ville en espérant voir le coucher de soleil.

Nous décidons de regagner la place pour récupérer nos bus. Désormais, nous sommes dans les rues de Nouéma que nous traversons en transport en commun pour rentrer chez nous... Nous n'avons qu'un bus sur 2 qui roule. Je vais devoir rentrer à pieds dans le noir après tout ce que je viens de vivre... Ce n'est absolument pas envisageable dans ma tête...Dans le premier bus ma peur est remontée à la surface, nous rencontrons des barrages de pneus qui brulent sur le côté de la route avec des jeunes qui agitent des drapeaux d'indépendantistes pour montrer qu'ils existent. Notre premier bus se stoppe à Dumbéa à la hauteur du cinéma. A l'extérieur un rond point très agité par les émeutiers bourrés en colère hors contrôle. Je décide de me diriger vers un calédonien qui fait la sécurité à la sortie du cinéma pour lui poser des questions. Je ne me sens pas du tout rassurer après cette discussion Il me conseille de ne pas rentrer seule avec mon ami ni à pieds ni en auto-stop. C'est trop dangereux pour nous. Je finis par prendre un taxi, je rentre sereine entière sans mon ami. Bastien lui priorise le matériel (il préfère rentrer en pédalant sur son vélo) à la vie chacun sa vision.... Je crois que nous ne partageons pas la même notion de danger. Je dois apprendre à me sécuriser et écouter mon intuition du moment et donc fuir cette scène effrayante de violence. J'ai pris conscience, que j'étais la seule personne qui pouvait me sécuriser.

La Nouvelle Calédonie en feu

Je découvre très rapidement une île en souffrance. En quelques jours, je suis passée d'une île idyllique à une île machiavélique. Beaucoup d'inégalités et de violence ici, en Nouvelle Calédonie. Elle est en train de déverser son haineuse rancoeur. Deux peuples qui se détruisent depuis des jours pour montrer qu'ils existent au travers d'un égo mal placé et d'un territoire qu'il fallait juste partager pour être en paix. D'un côté, les néo calédoniens : les caldoches, de l'autre côté, les mélanésiens : les kanaks.

L'Homme a oublié que l'ile a été créée grâce à cette mixité de peaux et de cultures... L'Homme a oublié que l'amour et la paix était le terreau de la vie. L'Homme a oublié que pour décolérer il fallait communiquer. L'Homme a oublié que pour grandir ensemble il fallait construire. L'Homme a oublié que pour aimer son prochain il fallait le comprendre.

Depuis le 9 mai 2024, j'ai perdu tout mes repaires, en Namibie je partageais de l'amour avec des adultes à la couleur noir, rouge, capuccino à Madagascar je partageais des ateliers "découverte de soi" avec les enfants, au Laos je faisais découvrir les jeux et les livres aux petits. Un bonheur partagé c'est ce qui me faisait vibrer. "Ces êtres, ils ont rien mais ils ont tout"... Alors qu'en France "Ils ont tout et n'en font rien" et surtout ils détruisent tout... Cette expérience me permet de continuer à œuvrer pour l'amour, la bienveillance, la douceur, la joie et le partage. Mon âme est en souffrance face à cette accalmie à cette démultiplication de la violence. Je découvre avec horreur que sont des gamins shootés, alcoolisés qui portent les drapeaux (dont ils ne connaissent pas la signification) et qui foutent le feu aux voitures et aux entreprises qui les font vivre. Je découvre avec horreur que sont des pères de famille irresponsables et des grand mères enracinés sur cette île qui vident les frigo des supermarchés une fois braqués. Ce sont les habitants qui protègent leurs quartiers, jour et nuit en restant sous la pluie. Je découvre avec effroi des carcasses de voitures brûlées qui jonchent les ronds points de tous les quartiers. J'entends les intonations au loin des armes utilisées par l'Homme pour s'entretuer. Je sens ces odeurs de PVC et de pneus brûlés qui me donnent envie de pleurer.

Quelle tristesse. Je suis affligée de voir ces Hommes autodestructeurs qui brisent des cœurs et des familles à longueur de journée. Mon âme est triste et désemparée face à cette adversité. Depuis des années, j'ai de la peine pour l'humanité en mode dégradé.

Je rêvais de naviguer avec des baleines, de grimper en montagne avec des kanaks, des caldoches sur ce verdoyant caillou. Je rêvais de douceur et d'harmonie. Je rêvais de rigoler avec ce peuple qui est le mien. Je rêvais de me poser, d'explorer et de travailler sur cette merveilleuse île.

Désormais, je rêve que d'une seule chose : FUIR.

Pourquoi suis-je ici?

Je ne sais pas encore pourquoi je suis parachutée ici dans cette douleur, cette haine mais... je vais très certainement comprendre mon histoire de vie d'ici quelques semaines. Pour le moment, il n'y a qu'un seul mot : "patience". C'est très certainement ce que je dois travailler...

Je suis ici pour détendre

Après mes 9 de tension en Indonésie le Médecin m'a conseillé de me poser, de me reposer. C'est la raison pour laquelle j'ai atterris sur ce caillou français pour retrouver un souffle une énergie ... Malgré l'accalmie du moment en Nouvelle Calédonie, je viens de regarder en moi dans mon intériorité ce qu'il cherchait. Vraisemblablement une pépite : le calme, la paix, la relaxation...

Alors je médite tous les jours et je m'observe. Mon être réclame de la douceur après cette violence. Cela fait quelques années que j'écoute mes guides ou mon guide intérieur qui me transmets une guidance/ma ligne conductrice d'actions. Je sais l'écouter mais pour l'entendre je dois être au calme sans tsunamis émotionnels. Hier, voilà ce que j'ai reçu comme information qui raisonné en moi :

"Tu es ici pour te détendre. L'extérieur ne doit pas t'atteindre si ton intérieur est au calme. Tu es ici pour dépasser tes peurs. Tu seras en insécurité si tu ne travailles pas ta sécurité intérieure".

Je suis ébranlée par ces phrases par ces informations qui viennent de me sont transmises. 10 mois que je vis un peu partout. Je suis allée en Afrique du Sud et à Madagascar et j'ai réussi à dépasser mes peurs, à faire à la réalité du terrain. En réfléchissant avec objectivité, je suis en train de découvrir ce que l'on me montre du bout du doigt "Je dois apprendre à me sécuriser sans fuir" un peu comme avec mes parents. Je préfère prendre la poudre d'escampette pour qu'on me foutre la paix pour ne pas dire ce que je pense pour ne pas faire souffrir. Depuis toute petite je prends sur moi pour ne jamais blesser mes parents, je camoufle mes besoins et j'ai échangé les rôles avec mes parents pour les protéger. Un réalignement douloureux est en train de se mettre en place pour mes parents et pour la petite fille qui a manqué de sécurité intérieure. Je prends conscience que j'ai tout en moi, je suis en sécurité.


Réadaptation

Les premiers jours furent compliqués car je devais pour la unième fois me réadapter. Le réadapter à un endroit, à des personnes et à un style de vie. Je suis fatiguée, j'ai très envie de me poser mais en étant pas chez moi, je m'adapte je respecte le lieu et les personnes qui m'entourent...


L'Homme en souffrance

Je n'ai que ça a faire regarder la racine du mal. Je viens de lire des pages sur l'histoire de la Nouvelle Calédonie et pour comprendre l'Homme il faut connaître son histoire. Mon hôte qui vit ici depuis un certain temps sur ce caillou m'explique la situation avec sa vision d'homme centriste.

L'histoire de la Nouvelle Calédonie

L'l'île a été découverte en 1774 par le navigateur Britannique James Cook qui baptisera l'île "New Caledonia". Par la suite, elle sera délaissée par les britanniques. L'île sera colonisée par Fébvrier-Despointes, La Nouvelle Calédonie deviendra donc française en 1853.

Cette île a l'époque est peuplée de Mélanésien, dit les Kanaks.

Qui est ce peuple ?

Le kanak est un peuple autochtones mélanésien installé sur ce caillou français de Nouvelle Calédonie dans le Pacifique du Sud. Il constitue 41% de la population totale de l'archipel ainsi que la population majoritaire Nord (72%) et de la province des Îles Loyauté (94,6%).

De croyance polythéisme et animisme, les tribus ont développé des techniques ancestrales d'auto-suffisance, pêche à l'épervier, l'agriculture vivrière, la construction de pirogue, la sculpture....

Les caldoches

Les caldoches désigne la partie de la population néo calédonienne européenne installée en Nouvelle Calédonie depuis les colons au milieu du XIXe siècle.

L'île a connu le bagne

Napoléon III a créé le bagne sur l'Ile laissant des traces de douleurs émotionnelles dans la lignée familiale. Le bagne disparaîtra en 1897 mais la Nouvelle Calédonie est marquée par les nombreuses révoltes dont la plus célèbre en 1978 les grand chef Atai.

La Seconde guerre mondiale

La Nouvelle Calédonie est marquée aussi par la guerre avec une entrée sur le territoire de 50 000 soldats américains.

Conflits et événements

Quelques dates marquantes de l'histoire de ce territoire :

1853 : la société Kanak en crise profonde et consécutives aux épidémies et à la colonisation

1980 : des conflits entre opposants et partisans de l'indépendance, les affrontements prennent une forme d'insurrection généralisée.

1988 : "Accord de Matignon" qui met en place un statut transit de 10 ans devant solder a terme un référendum d'autodétermination pour que les calédoniens se prononcent en faveur ou contre l'indépendance.

12 décembre 2021 : le dernier référendum. 96,50% de la population ont voté non à l'indépendance. Suite à l'accord de Nouéma de 1997 une transit progressive devrait permettre de statuer l'archipel avec un nouveau texte de loi français soumis à référendum. L'accord de Nouéma reconnaît l'existence d'une double légitimité : les kanaks, les premiers occupants puis les communautés arrivées après la prise de possession et qui ont participé à l'histoire contemporaine de l'île.

Quelles sont pour moi les origines de cette guerre ?

Elles sont au nombre de 4 :

- Les douleurs de la lignée familiale dues à la colonisation (épidémies, guerre, bagne)

- L'inégalité face à l'éducation et à la scolarisation dû à un manque de fric mais aussi a une culture qui ne définit pas la réussite au nombre de diplômes.

- une économie, le nickel cristallisé les tensions : le secteur traverse une crise économique sans précédent, plombé par la baisse du prix du minerai, qui a dévissé de plus de 45% en 2023, causant des pertes record pour les groupes exploitant les trois usines de l'archipel.

- la stratégie géopolitique que mène la France avec la Chine, la Russie. Les Étais-Unis....

L'Ile est déclarée : état d'urgence

La ville est en train de se détruire devant nos yeux. Les bâtiments s'écroulent, les magasins se vident par les pillages qui s'enchaînent. Les pompiers font de leur mieux mais le nombre d'appel dépassent l'entendement. Les habitants des quartiers se rassemblent et font le guet par roulement. Les calédoniens sont en train de préserver leurs biens.

Pendant ce temps là, de temps en temps, on trouve quelques actions à mettre en place pour nous, avec mes amis du moment, nous construisons notre petite cabane en journée. Je suis en pleine nature, enfermée dans mon havre de paix en train de trouver un sens à ma vie. J'aime ces moments de bricolage où je suis ici et maintenant dans l'instant présent.

J'ai peur

La dernière fois que j'ai eu peur c'était en Italie où j'ai failli crever dans le Dolomites à cause d'un orage fulgurant. Depuis j'ai traversé des pays, des nouvelles contrés sans avoir cette crainte de vivre. J'ai peur depuis que je suis en France. Ce caillou fait partie de notre histoire et de nous...J'ai peur de mourir, de croiser un être dépourvu de cerveau. Ici la haine est tellement viscérale que j'évite de m'intégrer.


En mode observation

J'observe mes hauts et mes bas mais aussi toutes ces questions qui tournent en boucle dans ma tête. Pourquoi suis je ici? Quelles sont les solutions que je peux mettre en place. J'écris des scénarios de vie. Je vis dans l'instant présent tout en écrivant quelques mails pour obtenir des informations qui me permettront de me positionner. Aujourd'hui, je suis dans l'incapacité de choisir. Les choix ne sont pas multiples soit je reste ici plusieurs mois et je vais pouvoir être présente à la reconstruction de l'île avec toutes ces empruntes de peur et de violence. Soit je prépare mon rapatriement sans savoir réellement ou rebondir. Soit je décide de patienter et de barouder sur l'île voisine fort sympathique la Nouvelle Zélande. Je dois à réfléchir au sens de mon voyage tout en me laissant porter par mes projets de coeur. Voyagetsens est projet qui a pour but l'harmonie, l'équilibre. Mon voyage est un projet de réalisation de moi même. Je dois continuer à m'aimer, à prendre de la maturité dans mes réactions face à la vie.

Mon émotionnel vacille

La seule manière de ne pas vaciller émotionnellement est de me tenir à l'équilibre et pour cela je médite tous les jours, je fais de bons petits plats pour bien me nourrir et partager avec mes amis du moment. Je me focalise sur l'instant présent et j'essaie d'oublier l'actualité bien déroutante. Depuis quelques jours je suis souvent seule, je suis plus souvent dans la maison de Cédric que dans ma cabane. J'utilise ma cabane pour dormir sur mon petit matelas en mousse, fumer ma petite cigarette du soir, méditer et écrire ce quelques lignes pour soulager mon coeur tourmenté par les réactions des êtres qui me sont chers mais aussi les habitants de cette île.


Le nez dans mon jardin

Pour se changer les idées et libérer de la place dans ma tête je décide de mettre le nez dans le jardin avec mon ami.


À toi de choisir ce que tu te donnes comme nourriture

"Nourris-toi de beau, de douceur, même si tu vis en ce moment de grands bouleversements, alimente ton cœur de belles et heureuses pensées.

Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens, cependant, il est temps de passer à autre chose et ce que le monde vit actuellement, contrairement à ce que tu peux croire, t'y invite fortement.

Je ne dis pas qu'il faille nier, se masquer la vue sur le désordre que tu, nous vivons, je t'invite simplement à choisir quelle nourriture tu donnes à ton âme.

Laisse de côté les faits divers, les informations faites de peurs, les émissions dégénérescentes, les films d'horreurs, de massacres.

Je ne suis pas dans le monde des Bisounours, mais je choisis de voir le beau et le bien en tout, si le cœur t'invite à faire pareil, bienvenu dans mon monde.

Nourris ton âme et ton cœur, de l'éclat de rire d'un enfant, du ciel bleu au-dessus de toi, des cadeaux, même petits, que la vie te fait, d'une conversation agréable avec un ami, écoute la musique que tu aimes.

Tu es libre de choisir la nourriture que tu mets dans ton corps pour qu'il soit en bonne santé, fais de même pour ton mieux-être en nourrissant ton Esprit d'espoir, de confiance, de détachement.

À toi de choisir ce que tu te donnes comme nourriture, des pensées toxiques ou l'ouverture à la lumière des belles couleurs de la vie".

Monique D’Amel

J'essaie de me nourrir de ce qui me remplit d'amour mais je n'ai pas assez d'activités pour être comblée. Je suis une femme active qui apprécie l'action et les belles aventures. Mon âme d'aventurière est en pause.

La colère

Cette colère de ce peuple en feu est venu attisée une colère profonde chez moi. Je ne suis pas entendu, je ne suis pas rassurée et je ne suis pas protégée par mes parents.

18 jours que j'ai atterris sur ce caillou en guerre civile et je n'ai pas un seul appel de mes parents. Une colère s'empare de mon être, c'est profond. C'est tellement violent d'être ici sans appui de ceux qui m'ont mis au monde que je crois que je n'ai pas assez de larme pour pleurer. J'ai décidé de m'exprimer et de leur laisser un message sur WhatsApp pour partager ma colère et mon incompréhension face à cette ignorance qui me bouffe la vie. Depuis toute petite, je trouve des excuses à mes parents , ceux que j'ai tant aimés et protégés. J'ai toujours attendu l'inatendu. J'ai toujours reproché à mes parents de ne pas être à la hauteur de mes attentes mais aujourd'hui ils ne sont pas à la hauteur d'être "des parents sécurisants". Ils savent depuis des années que je les aiment du fond de mon cœur mais aujourd'hui à 43 ans je ne suis pas là pour pansser leur blessures de gosses mal soignés. Je ne suis pas là sur cette terre pour me battre mais pour aimer et être aimée.

Ma mère me disait à l'époque : "c'est quand tu es dans la merde que tu verras tes véritables amis". Sa jolie leçon de vie m'a permis de voir qui est là, à mes cotés pendant cette de période l'accalmie. Je remercie du fond du coeur mon oncle Maurice, Michèle, mon parrain et mes amis qui sont auprès de moi pour m'adresser des messages bienveillants et de réconfort. Merci d'être à mes côtés tout simplement pour me soutenir. Je me suis sentie aimée. Merci Matt, Manu, Laure, Ghislaine, Elisabeth, Éric,Sophie, Cora, Colette, Jacquou, aux Fabiens, Émilie, Célia, Jean-Yves, Colette, Marie Jo&Dom, Nicolas, Cyril, Juju, Alex, Marie, Edda, Laetitia, Nicolas, Stéph, Cédric, Bastien et bien d'autres...


L'Homme face à sa dualité

Clairement, après cette expérience calédonienne, je ne verrai plus l'Homme de la même manière. Il fallait que je me prenne une grande claque dans la gueule pour descendre de mon monde utopiste dans lequel je vivais depuis quelques mois. Entre mes amis en France qui continue leur vie égoïstement sans me demander Audrey tu as besoin d'aide pour être rapatriée ? et tous ces hommes qui se battent bêtement pour la raison. Tous ces hommes qui s'entretuent pour la gloire, l'argent et le territoire. Je suis dépitée de découvrir l'Homme aussi stupide. J'ai l'impression que certaines connexions neuronales ne sont pas bien connectées. Comme si le flux de l'intelligence ne circulait plus... Je ne comprends plus ce monde qui va mal...



Je sème des graines

Malgré mon moral en berne, j'essaie de mettre de la lumière dans ma vie. Je prépare le sol pour planter des graines. Avec la pèle je ramène un peu de terre et je dépose du compost récupéré dans le jardin de mon hôte. Je place des vieilles branches pour former l'espace qui deviendra le futur jardin du prochain locataire de Cyril.

Le renoncement

Renoncer, croit-on, c’est baisser les bras, se résigner. Et si c’était, au contraire, un révélateur de notre véritable désir ?

Toute avancée comporte une part de sacrifice : renoncer au confort pour vivre l’aventure, à un certain égocentrisme pour faire place à l’amour, à une forme d’insouciance pour élever des enfants… Loin de représenter une amputation de notre être, « ces renoncements nécessaires », selon l’expression de la psychanalyste Judith Viorst, quoique douloureux, nous bousculent, nous allègent du superflu, nous propulsent dans l’énergie des grands engagements.

Renoncer à tous engagements, à toutes situations qui viendraient me mettre en péril. Renoncer pour vivre, renoncer pour se respecter.

Le renoncement, je l'ai appris en parapente où ma vie avait bien plus d'importance que ma frustration de ne pas m'envoyer en l'air.

Le renoncement je l'ai appris avec les hommes, l'amour que j'ai pour moi et bien plus important que ma déception face à un cœur que je n'ai pas pu embrasser.

Le renoncement je l'ai appris en voyage avec mes parents où le respect que j'ai pour moi est bien plus important que l'attente désespérée de communiquer vrai.

Le renoncement je l'ai appris en Indonésie, ou ma santé est bien plus importante qu'une prolongation de visa que je n'ai pas réussi obtenir.

Le renoncement je l'ai appris ici en Nouvelle Calédonie où ma liberté est bien plus importante que cette violence extrême déshumanisée mal gérée.

Le renoncement je l'ai appris ici où ma sécurité est bien plus importante que mes deniers.

Je laisse les hommes se pourrir , se détruire pour exister. Mon horizon personnel, je le dessine avec l'amour, le partage, l'authenticité, l'humour et la tendresse.

Le renoncement est un acte de bravoure et de paix avec soi même face à la vie.


Mon havre de Paix

Quelle chance tout de même de vivre cette guerre civile à distance, loin des retentissements des dégradations de bouteille de gaz et les gens qui crient par peur de mourir. Je suis perchée dans ma cabane en plein milieu des bois même si cette dernière est sombre à l'intérieur, la lumière du jour au réveil, me garde en éveil.

J'ai peur en descendant seule à ma cabane pour me coucher quand les 2 seuls hommes de la maison sont sur le barrage pour protéger les résidences de notre ville.

J'ai peur quand je regarde les vidéos de ce qui se passe à quelques kilomètres de là où j'habite,

J'ai peur quand je marche dans la rue à pied et que je croise un regard soutenu qui me dévisage.

J'ai peur des êtres qui vivent sur ce caillou...


Dans l'instant présent,

J'entends les oiseaux chantées au lever du jour et dans la journée. J'observe la nature nous offrir de merveilleux cadeaux comme les citrons et les papayes. J'en récolte quelques uns pour les intégrer dans notre quotidien : compote, sauces pour nos petits déjeuner, nos repas du midi et du soir. J'apprends à innover avec ce que j'ai. En temps de guerre, c'est très certainement ce que nos grands parents faisaient : de faire des aller retour au magasin pour repartir avec quelques vivres et composer avec ceux qu'ils avaient. J'apprends à vivre chichement avec des produits de première nécessité qui sont entrain de disparaitre...


La Terre se réveille

J'aime tellement ces quelques minutes où la Terre se réveille. J'enfile un short et un tee shirt et je m'assois sur ma palette à l'extérieur avec mon paréo pour éviter les moustiques matinaux.

En lotus, j'observe, j'ecoute et je respire la vie... Je crois qu'en 10 mois de voyage c'est la première fois que je lâche tout ce que je suis...Je me connecte à moi et je me vois trépigner de l'intérieur. Mais chaque jour qui passe je m'adoucis en me pliant à la vie. J'ai compris la raison de cette étape effroyable de mon voyage qui était si généreux il y a quelques semaines. Il y a bien une explication à cette étape de ma vie...


Prisonnière

Il y a quelques jours je me posais la question mais pourquoi un tel destin...pourquoi la vie m'a fait atterrir ici en Nouvelle Calédonie ?

Et bien je n'ai pas mis longtemps pour comprendre mon histoire.

Je suis face une réalité : l'Homme dans sa vraie nature. L'homo sapiens était senser évoluer. Ici, je l'ai vu régresser : violence, colère, auto-destruction,... Tout ce qui est en opposition avec mon moi profond et toutes les valeurs que je partage et transmets sur mon chemin... Et puis, en parallèle, il existe cette douleur émotionnelle enfoui dans mes entrailles. Je me sens mal aimée par mes parents... Maladresse ou désamour je fuis toutes frictions et rejets. J'apprends à vivre en respectant mes valeurs et en posant des limites.


Ensemble

Bastien est moi, nous apprenons la vie ensemble, en colocation avec Cédric notre hôte. Moi qui rêvait de reprendre ma liberté de femme libre, je me retrouve confiner dans une cabane non terminée. Je suis fatiguée de m'adapter, je rêvais de liberté. J'apprends à connaître Bastien que je ne connaissais pas dans un quotidien. Plus les semaines passent et plus je sens que la femme libre se réveille... J'ai envie de partir. Les débats sont limités, le sujet de la guérilla me pèse. J'ai soif d'amour, de paix et de liberté... Je ne suis pas faite pour être enfermée avec qui que ce soit et encore moins avec un homme. Ma tolérance et mon adaptation sont très limitées depuis quelques jours. Le problème n'est pas Bastien c'est moi face à moi même avec mes émotions qui débordent en plein milieu d'une discussion et mon ennui que je n'arrive pas à transformer en paix.


L'aventurière

Quand mes émotions ne sont pas en train de me tirailler j'arrive de nouveau à rêver et je peux enfin me poser avec cet ouvrage : "Sauvage par nature" dans lequel je peux me fondre dans les aventures de Sarah Marquis. Cette fameuse femme qui parcourt le monde à pied en solitaire, une guerrière qui redonne le goût à la vie et au voyage en terre inconnue. Une sacrée aventurière.


Je discutais avec mon hôte qui comparaît mon aventure à cette aventurière de l'extrême. Qui m'a clairement dit : "Audrey tu n'es pas une aventurière."Du coup, ayant du temps devant moi. J'ai eu envie d'épiloguer sur ce sujet qui m'anime : l'aventure.

Qu'est ce qu'une aventurière?

"Une aventurière est une personne dont la vie est faite de confrontations avec des univers, qu'elle pénètre sans en être naturellement familier, par simple goût de l'inconnu ou avec d'autres buts, sans en redouter les risques et en restant prêt pour toute aventure se présentant". C'est la simple définition dans wikipédia.

Chaque aventurière à son fil conducteur : le mien c'est le lâcher prise, la rencontre spontanée et l'écoute de mon âme.

Il y a tellement d'être humains qui cherchent la reconnaissance, l'exploit, la compétition, la dangerosité comme trophée. Je laisse ces buts à ces aventurières.

Moi, mon trophée c'est la liberté et surtout d'écouter la direction de mon âme, c'est bien plus compliqué. C'est souvent le travail de toute une vie. Je ne recherche pas le risque mais de sortir de ma zone de confort en apprenant à sécuriser mon chemin...

J'ai zéro programme depuis que j'ai quitté le sol français, mon seul but découvrir, partager et semer des graines. Je n'ai rien planifié avec personne, je n'ai pas d'équipe pour me ravitailler en bouffe et j'ai 0 billet acheté pour avancer. Je dessine ma route en fonction de mes besoins, du guidage du Divin qui lui sait où je dois aller....

Je ne cherche pas le dépassement de moi et le risque, au contraire, j'apprends à me protéger à m'aimer et à aimer toutes les personnes dans leur unicité tout au long de mon projet. Je ne cherche pas à marcher dans un désert à foutre ma santé en l'air pour me prouver à moi même que je suis vivante. Avec le triathlon, j'ai connu la recherche de la souffrance et des limites que je cherchaient à dépasser à l'extrême pour me prouver que j'existais dans le regard de l'autre. Mon corps était parfait mon âme était vide.

Ce voyage, cette aventure me permet de devenir un être complet qui apprend à se respecter à écouter ses besoins dans la douceur.

Je me sens abandonner

Le feu à terre, l'absence d'aide en l'air

J'échange avec les partenaires que j'ai payés au début de voyage pour me sécuriser (assurance carte visa&assurance voyage) grâce à mes amis et et à mon oncle qui font des ponts pour communiquer avec ces interlocuteurs. Ils vont pouvoir me trouver des clefs, j'ai foi et espoir... Mon numéro de téléphone calédonien ne me permet pas de passer des appels à l'étranger, je ne comprends donc pas pourquoi mon assurance et le service clients de ma carte visa n'ont pas à disposition un WhatsApp international qui me permettraient tout simplement de communiquer. Je me sens abandonner par l'Etat, le Haussariat, mon assurance de voyage et mon assurance de carte bleue. Ça fait 20 jours que j'attends le rapatriement. Les français du bout du monde sont mal gérés. C'est le fond de ma pensée. Pas de suivi, pas d'écoute, je me sens seule...

La peur m'envahit j'ai envie de quitter l'île mais personne ne m'adresse une solution et l'Etat n'ai pas à mes côtés pour me rassurer...


La panique s'empare de moi

Mon appareil pour mon coeur dysfonctionne depuis quelques jours à Dumbéa. L'émotion de la peur s'empare de moi.... je fais en sorte de rester bloquer sur ce dysfonctionnement pour me trouver une issue. J'ai contacté le Haut-commissariat de Nouéma pour faire partie de la liste des rapatriements des urgences médicales. Je vais vite déchanter, je dois prouver que je suis un problème. "Mon appareil de suivi pour mon cœur qui dysfonctionne n'est pas une priorité" me dit le Médecin du Samu. Je raccroche après cet appel et je sens que mes larmes montent. Je pensais que j'avais une issue et que mon cauchemar allait enfin s'arrêter et bien non. Je dois désormais m'armer de patience car je n'ai pas de billet de retour et je ne suis donc pas considérer comme une touriste. Quel triste critère d'existence. Depuis que le Haut- commissariat me laisse en plan je reprends les devants en écrivant un peu partout sur mon Facebook professionnel, à la Mairie de Poissy pour trouver de l'aide. Mes clients sont compatissants j'ai des messages d'amour qui me réchauffent le coeur mais aucune solution pour venir me récupérer. J'ai envie de maggie à ce moment là, me télé-transporter sur un autre continent, un tapis volant pour me déposer sur un volcan..J'ai envie de m'enfuir...


Mon hôte, Cédric

Je vous partage le message que j'ai écrit à Cédric :

"J'ai envie de t'écrire pour te partager ce que j'ai ressenti en vivant confiné à tes côtés.

Je tenais à te remercier pour la confiance que tu as eu en moi. Tu es passé d'un simple inconnu, à un confident, un ami. J'ai été parachuté chez toi le lendemain de mon atterrissage sur l'île et en plein confinement les jours qui ont suivi. J'ai envie de parler de toi, de toutes ces actions que tu as eu mettre en place avec ton coeur pour moi et pour Bastien...Posé et dynamique tu sais avec l'expérience de la vie naviguer entre ces 2 énergies. Tu as roulé ta bosse malgré une séparation amoureuse douloureuse : la mère de tes enfants. Tu as surtout su reconstruire ta vie avec beaucoup de ténacité en proposant le bonheur aux 2 femmes de sa vie : tes 2 filles. Tu es un homme courageux, audacieux qui par la force des choses tu as su gérer ta vie comme un funambule , au juste équilibre. Tu sait exprimer tes besoins avec beaucoup de douceur et tu sais te taire quand il est nécessaire. Tu es juste pour les autres quand un conflit se présente à toi. Je te remercie d'avoir pris ma défense devant l'un de tes voisins.

Cédric tu m'as appris beaucoup de choses pendant ce séjour auprès de toi. Tu m'a appris à rester sereine pendant ces instants de violence et d'incertitude. Tu as su garder le cap et l'optimisme quand mon moral était au plus bas. Tu m'as transmis ta patience et ta joie de vivre à chaque petits moments dans l'instant présent. Tu m'as appris à aimer tous les peuples calédoniens dans leur différence. Tu prônes la Paix, le partage et l'amour entre toutes les personnes. Je rêvais d'aller faire du Kayak et des randonnées à tes côtés. Merci du fond du coeur pour ta confiance et ton amitié. Je reviendrai... Audrey"


Je quitte la cabane

Dumbéa est bien trop loin de l'aéroport et les barrages entre nous peuvent m'empêcher de m'échapper. Cédric me propose de me descendre à Nouéma en pick-up jusqu'à mon futur dortoir. Il n'a plus de gazoil et de nourriture il est temps pour lui et sa famille de refaire le plein. Nous partons à 6h du matin, j'ai la boule au ventre, je serre très fort dans mes bras mon petit sac à dos avec toutes mes affaires et je cache sur mon ventre sous mon tee shirt quelques éléments importants pour mon voyage tels que mon passeport ma carte bleue et mon permis de conduire international. Je pense au pir, j'apprends à me sécuriser. Durand le trajet, je sens le stress présent de Cédric qui lui même ne sait pas à quelle sauce nous allons être manger à chaque barrage... Finalement, tout est calme ce matin, personne sur les barrages, je découvre au travers de ma fenêtre les magasins brûlés et des carcasses de bagnoles qui jonchent les rues. J'ai l'impression d'être sur une scène de film d'horreur. La ville est vide et jonchée de terreur.


Mon intégration

Je suis bien arrivée dans cette auberge de jeunesse. J'étais cachée dans la forêt maintenant je vais être perchée en haut d'une colline je peux enfin découvrir la mer. Je peux profiter d'elle, l'observer de loin avec le coucher de soleil ou y tremper mes pieds sur la plage des Cocotiers.

Je me reconnecte à la vie

Ici, je me sens vivante il y a du monde. Je rêvais de me connecter à d'autres personnes que mes deux amis de Dumbéa. Je rencontre des jeunes un peu partout, dans la même galère que moi. On veut rentrer...


L'Auberge de jeunesse

Je range mes affaires dans ce casier cadenassé. Je dépose mes légumes dans cette chambre froide où j'ose à peine y mettre un pied . Je trouve cette Auberge glauque et les personnes intéressantes. Je me demande ce que je fou là. J'essaie de m'intégrer avec quelques hommes. Et j'y mets tout mon coeur à créer des liens mais le destin me pousser à changer. J'ai des punaises de lit dans ma chambre le premier jour. Ma priorité du moment a radicalement changé : je dois désormais nettoyer mon sac entier. Je ne sais si c'est moi qui a transporté cette bestiole de ma cabane ou si elle déjà cachée dans les lits en mousse de l'auberge. Dans le bénéfice du doute je prends les devants : congélateur, lavage et séchage. Un bon remède pour se débarrasser de ce doute. Dans cette Auberge de jeunesse je m'y sens pas bien, je récupère la négativité de chacune des personnes suite aux émeutes mais aussi des remarques désobligeantes de femmes me concernant. Ce lieu n'est pas fait pour moi, je me sens comme dans une prison. J'ai envie de partir...

La vie me guide toujours comme si un ange au dessus de ma tête me protégeait. Les jours d'après je fais une jolie rencontre dans un bar connu du bord de mer : un couple Océane et Maxime. C'est grâce à eux que je vais de nouveau changer de vie...Je quitte l'Auberge de jeunesse sans regret et je l'aventure à vivre en coloc avec des jeunes. Je rêvais de liberté et surtout d'avoir un lit douillet...Chose faite j'habite vers la vallée des Vallons dans un grand appartement proche de Sainte Marie et de la mer. Je revis de nouveau, je prend l'air en attendant le grand départ.


La violence

Au cours de mon voyage je me suis adaptée a tellement de situations et de personnes mais la violence ce n'est pas fait pour moi...Elle va à l'encontre de mes valeurs et aux antipodes de ma douceur.

La violence je la découvre ici sous toutes ces formes :

- verbale : il y a quelques jours un ivrogne calédonien m'a traité de "sale pute" et aujourd'hui cette vieille dame sur ce barrage folle de rage qui me dit : "dégage"

- écrite : je découvre des injures entre ethnies sur les murs des toilettes d'un bar

-physique : les affrontements entre les hommes avec leurs uniformes et les montres d' émeutiers.

C'est terrible de voir des humains se haïr, se détruire pour un morceau d'île.


Je suis ébranlée

Je suis ébranlée par ces hommes qui ne ressemblent plus à des hommes qui réagissent uniquement avec le cerveau reptilien celui de l'attaque pour se protéger. Je suis ébranlée par ces attitudes d'extrémistes : la violence& la destruction. Toute ma vie j'ai appris à me construire et dès que je rencontrais des barrages sur ma route je les faisaient sautés par des explications avec les autres ou avec moi même. Ici sur l'Ile j'apprends à accepter que certaines personnes ne sont pas capable de pardonner, de s'excuser et de reprendre un chemin dans l'amour et dans la Paix. Nous ne sommes pas responsable des réactions et des intentions de notre prochain. Je continue à m'aimer ici, à me respecter et à accepter que l'homme n'est pas parfait mais je ne suis pas obligée d'aimer l'inacceptable. Je ne souhaite pas rester en contact avec des êtres qui ne sont pas intéressés par mon histoire, qui me traitent de "pute" quand ils ont bourrés ou qui me demandent de rentrer chez moi car je suis "une blanche". C'est la première fois dans mon voyage que je ne me sens pas chez moi alors que je suis dans mon pays, certe à des milliers de kilomètres mais chez moi tout de même. Je suis ébranlée de fuir mon pays...


Le prof d'histoire

Je suis seule assise sur un plot d'amarrage en train de méditer sur mon avenir en face de la mer. Je peux enfin respirer, c'est face à cette étendue d'eau que je me sens vivante. J'apprends à apprécier les petits moments de bonheur comme celui-ci. Je contemple et j'observe le monde qui m'entoure. J'ai de la chance d'être ici et d'être vivante. J'aperçois au loin un homme en train de danser de la salsa. Curieuse et ouverte, je me rapproche de lui car sa joie de vivre m'interpelle. Je suis persuadée que c'est un prof de danse au vu de sa technicité et ses gestes contrôlés. En effet, c'est un professeur mais pas de danse, d'histoire... Je m'assois auprès de lui, j'ai très envie de lui parler... Cet homme est à un "Kanak" avec un métissage bien prononcé issu du bagne de génération en génération. J'écoute attentivement son histoire de vie et en mode interview j'ai de multiples questions à lui poser pour comprendre la situation actuelle. J'ai soif d'apprendre et de comprendre. Il ne partage pas cette colère infusée par quelques collègues et par les jeunes des cités. Il prend le temps de m'expliquer l'histoire de son île, notre histoire....

Ce professeur entame des sujets de discussion très intéressants comme : "l'éducation". Il me donne comme exemple : ce gosse de la brousse qui à 8 ans avait changé 4 fois de famille depuis sa naissance. Vous imaginez cet enfant perdu et détruit par un terrain familial bancal. Il appartient à une tribu mais à aucune famille vraisemblablement...quelle vie pour ce gosse qui a manqué de boussole dès sa naissance. Dans la culture kanak je découvre que les enfants sont très vite livrés à eux même et ne sont pas guidés...si par les plus grands qui eux même sont dépassés par leurs propres dualités. "Les jeunes d'aujourd'hui ne sont plus les jeunes de notre époque" me dit-il ? Les tontons de l'époque pouvaient raisonner les enfants déséquilibrés du moment. Aujourd'hui, les anciens n'arrivent plus à gérer l'incontrôlable réalité : nos enfants de 10 ans sont devenus des émeutiers.

"La skizophrenie caledonienne" est le terme qu'utilise ce professeur pour me parler de ces êtres qui veulent le beurre et l'argent du beurre. En quelques sorte il m'explique soit nous devons proclamer notre indépendance et on sort du système français ou soit nous acceptons le système français et nous respectons ce dernier. Il dénonce donc le système de penser illogique d'un certain nombre de personnes. Une skizophrenie caledonienne à double pensées.

J'ai envie de passer des heures avec ce salseros cultivé. J'ai envie comprendre ces peuples qui se battent entre eux...

Il me partage aussi son appréhension à la réouverture des écoles, il sait qu'il va devoir enseigner l'histoire à une poignée d' émeutiers extrémiste.

Il faut être sacrément prisonnier de cet île pour enseigner des valeurs à des gosses qui vont à l'encontre de ses propres valeurs. Je découvre surtout un homme amoureux de son île. Il a tout construit ici en Nouvelle Calédonie. "Je suis né ici et ma vie est ici", me dit-il.

La mamy walisienne

Nouéma est entrain de manquer de vivre. Aujourd'hui, la ville est en rupture de pain. Pour récupérer une boule faite de ce matin je fais en sorte de pointer le bout de mon nez une demi heure avant l'ouverture de la boulangerie. Je ne suis pas seule, une mamy walisienne à la retraite me partage sa vie de femme. Nous attendons patiemment l'ouverture en échangeant sur une thématique qui nous anime : la danse. Avant de la quitter je la serre fort dans mes bras comme si c'était ma mère j'enregistre son numéro téléphone pour ne jamais l'oublier. Cette mamy walisienne est extraordinaire j'aimerai tellement qu'on puisse se retrouver...


A Sainte Marie, je revis

Proche de la mer, j'emprunte le vélo de la coloc' pour prendre quelques que bols d'air et boire quelques bières pour oublier cette misère.

Tous les jours se ressemblent...je n'ai plus goût à la vie ici...Je suis sur le départ dans ma tête.


Les oubliés

L'attente est interminable depuis le 13 mai dernier les touristes français attendent des vols de rapatriement. Sans appel de l'Etat et ou du Haut Commissariat sans message des compagnies aériennes. Je me sens, ignorée/abandonnée, la pression monte et des peurs s'entremêlent de colère et de déception. Mes parents qui s'en foutent de mes ressentis ce sont inscrits aux abonnés "absents".

"Vous étiez ma priorité quand vous aviez besoin de moi....Je ne suis plus là votre priorité quand j'ai besoin de vous..."

J'ai donc appris à me gérer seule et à faire appel aux personnes qui m'aiment pour me soulager des poussées de stress régulière. Oubliée, comme une orpheline je suis en train de vivre une expérience douloureuse mais une expérience qui ne m'a pas mis à terre qui me rendra plus forte dans les prochaines semaines. Pour le moment, je suis fragilisée je pleure devant un dessin animé, à fleur de peau je suis figée dans mes actions, je tourne en rond sans ma tête, je guette dans la rue les regards des passants. Auprès de mon entourage à Nouéma, je ne parles que des actes de violence. J'ai des barrages qui se montent et se démontent qui défilent dans ma tête. Quelle solution dois-je mettre en place pour fuir ce caillou? Je ne suis pas considérée pour une touriste puisque je n'ai pas de billet d'avion retour. Quel critère à la con! Les sélections des rapatriements se font au petit bonheur la chance et au pilotage de cette grande crise calédonienne il n'y a pas de pilote. Les exécutants sont plutôt sympathiques et professionnels quand je passe quelques minutes avec eux sur la seule ligne téléphonique existante. Ce sont les têtes pensantes qui ne sont pas des flèches. Nos voisins australiens et néo zélandais sont bien plus efficaces dans l'urgence. J'ai un peu honte de mon pays par moment quand je vois qu'il se dégrade sous toutes ces formes. Je fais le pied de grue tous les 3 jours au Haut Commissariat depuis la crise pour me faire entendre auprès de petits groupes de personnes du groupe Facebook "Les touristes coincés en Nouvelle Calédonie". La solidarité entre touristes est assez aléatoire entre ceux qui l'a jouent "perso" et ceux qui veulent vraiment co-construire des plans d'actions pour fuir... Sous la peur l'humain peut dévier sous toutes ces formes... J'en ai conscience et j'essaie de dévier les énergies négatives du moment.


La chance qui me sourit

Mon pays ne m'a jamais rapatrié. Seule, comme très souvent dans ma vie j'apprends à me sécuriser. Je suis dans l'un des premiers vols qui décolle le 11 juin 2024 après l'avoir acheté sur le site Aircalin. Je suis coincée sur cette île depuis le 9 mai dernier... Je ne suis pas dans les dernières à me faire rapatrier il reste les autres touristes non référencés et les résidants qui vont vouloir se déraciner de cette île en ruine...


Le jour "j"

Un mélange d'excitation et de stress. Mon sac à dos est prêt depuis la veille. C'est Maxime mon hôte qui m'emmène à l'entrée de l'aérodrome mais je n'ai aucune idée si c'est en scooter ou en voiture et surtout nous nous sommes pas donné d'heure car le mail de confirmation d'Aircalin est arrivé à 22h22. Quelle interminable attente jusqu'au bout nous sommes pressurisés...Je finis par être déposée 1h30 à l'avance à l'aérodrome par cette belle âme : Maxime. Je suis là sur le rond point avec la police qui fait le guet devant l'aéroport. Quelques personnes m'accueille derrière une table avec un stabilo et une longue liste de noms à la Prévert. Je m'écroule devant ces anges tant attendus. J'éprouve l'envie d'exprimer mon soulagement et ma gratitude envers eux. Les larmes coulent en donnant mon passeport pour vérifier mon identité. Je passe le premier barrage de la liberté...

L'interminable vol Nouéma/Nice

Les étapes sont longues avec les nerfs à vifs. Je me sens heureuse dans l'aérodrome. J'ai hâte d'être à Nouéma pour quitter cette île machiavélique. Je veux quitter cette sombre énergie au plus vite. De l'aérodrome à Nouéma...J'ai honte d'utiliser un avion pour faire 10 min de vol mais cela m'évite de parcourir les 60km de route jonchés d'émeutiers et d'insécurité. Je ravale mes idées d'écolo' pour laisser place à l'urgence du moment : se barrer...

Nouéma, Singapour : le plus difficile des vols mais le plus sécurisant.

Dans l'avion, je prends place à côté d'un charmant jeune homme : un blondinet un peu discret. Notre vol sera écourté par nos longues discussions profondes, sur divers sujets orientés : nos états d'âme, la dualité de la Nouvelle Calédonie, nos métiers, notre tristesse... A fleur de peau, je finis en sanglot devant un simple dessin animé. En larmes dans les toilettes de l'avion, j'essaie en vain de me calmer en me rafraîchissant le visage avec un peu d'eau fraîche. Je me regarde dans la glace mes yeux sont rouges de douleur, j'ai le contre coup des secousses émotionnelles vécues sur ce sol français en jachère. Je retourne m'asseoir et je sens que Simon mon voisin tente avec quelques gestes doux de me rassurer. Et ça marche...A son tour, Simon pleure, il se dope aussi aux antidépresseurs pour oublier et stopper ses crises de panique à répétition. Chamboulée, je finis par poser ma tête sur mon coussin pas loin de lui pour être là auprès de lui. Je sens que sa peine est bien plus forte et violente que la mienne. Simon vient de tout perdre son activité professionnelle, c'est un résidant qui a vécu 7 ans sur cette île paradisiaque. Sa raison de vivre part en ruine. Nos corps se rapprochent et je sens que Simon tend sa main vers moi pour que je la cajole. Nos âmes ont besoin de s'entrelaçer pour s'apaiser. On passe des heures, collé l'un contre l'autre à se toucher...

A tour de rôle, nous pleurons dans l'avion, et nous sommes là l'un pour l'autre naturellement...Merci Simon d'avoir été là pour moi. Merci la vie pour ce merveilleux moment 🙏

Le reste du voyage est jonché de péripéties. Je garde en tête ce moment précieux de tendresse. A la prochaine escale, je prends le temps d'écrire un mail à Simon :

"Je puise mon inspiration sur une douce mélodie "Resta qui" d'Andréa Bocelli. Sa voix inspirante, enveloppante, me pose pour aligner ces quelques phrases dans le noir pendant que tout les passagers du vol Singapour/Turquie s'apaisent dans un profond sommeil.Simon, un jeune et passionné Chef d'entreprise à la tête d'une société avec son ami associé. En quête des plus beaux souvenirs de la planète, Simon fait rêver depuis des années des touristes au dessus du Pacifique avec son bel oiseau des airs.Je t'ai rencontré Simon dans cet avion direction la France pour sortir de cette souffrance. Sur un vol Nouéma/Singapour, tu as sélectionné ta place à mes côtés... Le hasard n'existe pas comme j'ai pu te l'expliquer. Une belle synchronicité de vie. Neuf heures de voyage à tes côtés, je fais les premiers pas et je me suis vite ouverte à des échanges sincères et profonds.Je suis touchée par ta personnalité, ton histoire. Ton projet de vie a pris fin brutalement suite à ces virulentes émeutes calédoniennes qui déracinent de l'île : touristes et résidants. Ton activité est impactée, les habitants et les touristes disparaissent au fil des journées. L'île est en feu...Ce n'est pas ta faute, ce n'est pas ton choix, c'est juste l'impermanence qui tente de briser des vies. Je suis touchée par ce vide qui existe dans tes yeux remplis de larmes. Je suis prise de compassion lorsque que je te vois te servir de ce fameux médicament pour canaliser tes émotions et qui te shoote pour oublier. J'ai senti cette main que tu m'as tendu quand j'ai mis ma tête contre ton épaule pour dormir. Je n'ai pas hésité à la serrer très fort pour te montrer ma présence. J'ai senti que nos deux âmes, nos deux corps avaient besoin de se rapprocher pour se sécuriser. Je suis touchée émotionnellement par ton état d'être qui broie du noir au point de penser à ne plus exister. Je continue à semer des graines sur cette planète. J'ai décidé sans hésiter de te cajoler pour atténuer tes angoisses et t'apporter quelques heures de douceur. Et pour ma part, je me suis sentie bien auprès de toi. J'arrive à lire ton âme qui se cache derrière la douleur. Je sais, je sens que tu es une belle personne.Ta main me manque sur le 2ème vol, je regarde le film de Bob Marley pour me rappeler que nous sommes des Hommes libres. J'espère que tu vas vite évacuer cette douleur pour retrouver ta liberté de choix.J'aimerai te revoir bel inconnu du vol SB700 du 10 juin 2024.Je suis libre pour te retrouver quand ton cœur sera réparé. Que la foi soi en toi mon cher Simon. Ton coeur est riche et tes nombreux projets fleuriront un jour, quand tu auras récupéré ta jolie et ton énergie. Je crois en toi Simon à un avenir meilleur dans la douceur. Tu mérites de créer une famille, tu mérites le bonheur ! Le bonheur n'est plus derrière toi, il est devant toi...Je t'embrasse. Audrey"


Une page de mon voyage qui se tourne..

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L'Indonésie

ll faut rêver pour se surprendre...

Les lieux les destinations donnent un tout nouveau sens à mon existence. Ça change une vie le voyage. Il bouleverse mes codes, il modifie mon regard sur la vie, il m'enveloppe d'amour, il m'ouvre à l'autonomie et à l'impermanence.


3 vols, 2 escales

Laos, Thailande, Malaisie et Indonésie

Départ imminent pour Surabaya.

Le 8 avril 2024 et restera graver dans mes journées les plus originales. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer en fin de journée. Je suis épuisée.

La fluidité manquait dans cette journée. La culpabilité vient me piquer à cause de ma négligence vis a vis de mes papiers. Cela fait quelques mois que je procrastine sur l'administratif, c'est le pilier d'un voyage doux, réussi et sécurisant. Ça m'apprendra à délaisser cette priorité. Soucis d'enregistrements sur 2 vols sur 3, les douaniers qui me confisquent ma batterie externe, le temps écourté pour me diriger au dernier boarding de la journée, je finis ma journée à manger du chocolat et boire 600ml d'eau et croquer une tablette de chocolat en guise de repas.

Je suis accueillie à Surabaya en Indonésie avec de larges sourires et un taxi très sympathique.

A bout de souffle j'ai envie de me télé-transporter dans un hôtel bien douillet. Je suis épuisée, mon esprit ne sait plus se taire Je suis saoule de fatigue. J'ai trouvé la douceur et la paix blottie contre mon oreiller. Je me pose après 18h d'éveil constant.

Je peux être fière de moi, j'ai assuré tout au long de journée et tout en anglais.


Surabaya

Un petit peu de géographie pendant le voyage. Surabaya est une ville portuaire située sur l'île indonésienne de Java. Vaste métropole dynamique, elle allie gratte-ciel modernes, canaux et bâtiments témoignant de son passé de colonie néerlandaise. Elle comprend un quartier chinois et un quartier arabe, dans lequel se trouve la mosquée Ampel datant du XVe siècle. Le Tugu Pahlawan (monument aux héros) commémore les batailles de la guerre d'indépendance menées dans les rues de Surabaya en 1945.


Ardi

C'est mon hôte qui a accepté ma présence chez lui. Son âme est belle et son coeur et rempli d'amour. Il vit seul collé à sa famille comme un enfant qui n'a pas grandi. Il vit que pour lui et sa famille. Je découvre en quelques jours les liens forts d'une famille aimante et unie. Cela me touche car je ne connais pas un lien si sain et si fort. Ma relation familiale a toujours été biaisée...mais j'ai fini par l'accepter.


Mon premier jour

Comme chaque premier jour dans un pays, je gère la partie la plus importante : l'argent, l'internet et mes premiers pas dans le pays. J'ai encore tous mes repaires qui ont sauté : la langue, les billets, la culture, les couleurs de mon pays de coeur ont disparues. Le Laos me manque déjà.


Mes dernières pages

C'est dans mon dernier vol Malaisie, Indonésie que je prends le temps de savourer ces quelques lignes de lecture.

Je viens terminer l'ouvrage "Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson qui a reçu en 2011 le Prix Médicis Essai.

J'aime cet écrivain un peu cabossé par la vie qui me fait découvrir la langue française avec beaucoup de sérénité.

Je suis curieuse de connaître ses ressentis et les details de sa vie dans cette cabane au fond de la Sibérie. Sylvain Tesson ne peut pas changer le monde d'aujourd'hui mais va t'il trouver des trésors au fond de lui?

Au travers de cet ouvrage, c'est une piqure de rappel qu'on se prend en pleine face. Chaque créature vivante à toute son importance et il serait judicieux que l'Homme en prenne conscience, tant que le vivant règne sur cette planète.

Sylvain Tesson met en lumière, la liberté, la solitude, le temps, la simplicité, le rapport de l'homme face l'homme, l'homme face aux animaux, le courage de ses propres choix, l'amour, l'espace.

Son recueil est blindé de descriptions détaillées qui m'a permis de rentrer au plus près de son histoire


La solitude

C'est un sujet que Sylvain Tesson élabore dans son livre et qui me touche...

La solitude elle peut être dévastatrice pour les êtres taciturnes qui s'engouffrent dans cette brèche. Le caractère plus lacustre, le coeur au ralenti, ces êtres fuient l'amour comme la peste.

Avant de quitter le sol français j'ai connu un homme taciturne qui éteignait ma lumière intérieure. Plus jamais je me maltraiterai... Depuis cette claque, je me connecte à des energies positives, la lumière, la douceur et surtout l'amour.


Une pause s'impose

Je reste quelques jours sur cette grande ville Surabaya. Je me connecte à Ardi, mon hote que j'ai rencontré sur une belle application de Coachsurfing. Je suis conviée chez lui, c'est gratuit, il m'offre des repas, une chambre avec la clim, la possibilité de cuisiner et surtout beaucoup de bienveillance. On s'exprime tous les 2 en anglais pour progresser chacun de notre côté. Grâce à cette pose qui s'impose à moi, j'ai le temps d'étudier mes futurs projets, d'écouter de l'anglais et d'écrire mon ressenti sur mon carnet de voyage. Le sujet qui revient en boucle en ce moment est le "polyamour".


Le polyamour

Je suis une femme indépendante, partageuse qui est attirée par l'Homme et la nouveauté. Cela fait des mois que je voyage que j'explore une autre forme d'amour que celle que des "normo pensants" qui connaissent la monogamie pour laquelle on s'engage dans un couple pour la vie...

Je viens de découvrir le polyamour grâce Françoise Simpère que j'avais lu quand j'étais plus jeune : "l'amour pluriel" cet ouvrage m'avait perturbé à l'époque car j'étais jeune, naïve et sans expérience. J'ai changé de prisme avec les années et les expériences douloureuses.


Quelle est la définition du polyamour ?

"C’est une nouvelle forme de relation individuelle, où l’on oublie le couple pour se baser sur les relations humaines. Le polyamour apprend à être autonome, à aimer avec détachement. On aime avec des sentiments, mais sans dépendance. Cela implique d’avoir déjà confiance en soi, pour ne pas se sentir brisé si l’autre ne répond pas à ce qu’on souhaite" - Françoise Simpère

Je me sens si heureuse libre, libre de choisir, libre de rencontrer des hommes au fil de mon trajet. Je les aime tous ces hommes... Je n'attends rien d'eux et ils n'attendent rien de moi... je vis le moment présent avec beaucoup d'aisance. Je me sens tellement vivante avec ces cerveaux bien remplis, ces jolis corps de jeunes actifs et des nouvelles discussions et sensations à la clef. Mon corps vibre quand il passe sur le leur. Pendant le voyage la routine monogame je l'ai oubliée. C'est l'intensité de la relation qui me fait vibrer, je la retrouve souvent sur une courte durée... J'ai besoin d'être stimulée intellectuellement et émotionnellement pour exister : ces hommes me le rendent bien...

Le polyamour, est-ce une manière ponctuelle de flirter avec l'amour ? Seul le temps pourra répondre à cette question.

Entre l'envie et le regret, il y a un espace temps qui s'appelle le présent. Le polyamour me permet de me connecter a cet espace l'un des plus vivant : l'instant présent.

C'est tellement horrible de faire l'amour à une étoile de mer, je compte bien oublié cette courte expérience de ma vie. Je redécouvre ma sexualité avec ces hommes pétillants qui me désirent. Que c'est bon d'exister dans les bras d'un homme sans attente qui respire la joie de vivre. Le désir n'est pas de l'amour, mais l'amour sans désir n'existe pas pour moi.


"La confiance nécessaire à la réussite

"Afin de réussir dans ce que vous entreprenez, il importe d’avoir confiance, c’est-à-dire de se doter de courage. Votre confiance doit être telle que vous devez être préparé à tout faire tout seul, sans dépendre du concours ou de l’aide d’autrui. Jamais personne n’a obtenu quoi que ce soit par manque de confiance. En développant le courage et en accomplissant l’effort nécessaire, même les choses qui auparavant pouvaient sembler compliquées et difficiles finissent par se révéler aussi simples qu’aisées".

SSL Dalaï Lama. Extrait de « Samsâra », paru en 1996.

C'est à force de vivre des expériences et de s'imprégner de cette philosophie de vie que je grandis, que je mûris, que je fleuris.

Je crois que j'ai toujours eu cette force intérieure et cette résilience face à la vie. C'est très certainement lié à mon arrivée sur terre, la vie m'a bousculée j'ai senti que je passais à côté de la mort, je m'en rappelle encore. Mon envie d'exister et de croquer la vie à pleine dents s'est renforcée naturellement à ce moment là.


Couchsurfing

Quelle sacrée idée de créer une application de partage humain. Je navigue sur cet outil régulièrement pendant mon voyage et j'envoie des bouteilles à la mer pour être hébergée gratuitement par de belles personnalités.


Partage

Cela fait 2 jours que je partage la vie de ce jeune homme, cet indonesien au grand coeur. Je suis immédiatement baignée dans la culture Indonésienne. C'est le ramadan ici, Ardi me laisse souvent sa maison pour retrouver sa famille qui habite dans la même rue que lui. Je suis seule, je m'enferme dans ma petite chambre toute humide climatisée pour éviter la chaleur dégoulinante et les moustiques qui m'attaquent. Je savoure les moments passés seule avec moi même pour avancer sur mon programme et poser ce corps fatigué par les poussées d'émotions et les longs vols. Je mets toujours quelques jours à récupérer de cette course contre la montre entre chaque escale.

Mon grand bonheur du moment

Je cuisine chez mon hôte les ingrédients que j'ai choisis au Supermarche avec lui. Je me transforme l'espace d'un instant en cuisinière. Pendant ce voyage, ça me manque de créer mes propres repas. J'apprécie aujourd'hui d'être aux fourneaux avec ma poêle et mes ingrédients.


La campagne resserre ce que la ville disperse

Je suis a Surabaya, je découvre avec Ardi les 6 plus grands buildings d'Asie. Je marche comme un zombie dans l'un de ces building (dans un centre commercial) avec mes sandales de voyageuse et mon pantalon indien. Entourée de Rolex, de produits de luxe, des magasins de "riche" je me sens toute perdue. Cela fait 10 mois que je baroude dans des petits village où seule la nourriture reste une priorité. Pendant 1h30, j'essaie de trouver en vain les produits que j'ai besoin d'acheter, c'est comme chercher une épine dans une botte de foin. Je me rends compte à quel point la France me manque pour sa nourriture saine et équilibrée. Je vois ces indonesiens se goinfrer d'aliments sucrés ou du poulet. Je teste tout comme dans tous les pays. Je suis fâchée uniquement avec les produits que j'ai du mal à digérer. Je n'ai plus de régime particulier depuis 10 mois, je m'adapte aux pays et mon ventre s'y plie. C'est ça le voyage : d'ouvrir sans limite à la vie.


Ma première rencontre indonésienne

Mes premiers pas sur le sol indonesien sont guidés par Ardi. Tout mes besoins personnels sont entendus Ardi est un homme incroyablement généreux. Je me sens aimer et aider. Grâce à lui j'ai enfin de l'internet, une nouvelle batterie externe, des roupies, une nouvelle petite crème pour adoucir ce visage tirailler par le soleil la poussière et l'eau de la douche... Ardi m'offre des repas, son appui, c'est comme un ami. J'apprends à être aimée par des étrangers tout au long de mon voyage. Les liens qui se tissent et qui se déchirent m'apportent une grande force intérieure.


Direction Malang

Ardi me dépose dans le bus direction Malang. Je suis la seule européenne dans le bus locale. Je suis collée aux locaux. Je me sens vivante à leur côté. Le voyage a du sens quand je suis avec les eux.

Je me sens vide

Je ne sais pas identifier si c'est un vide émotionnel ou physique mais une impression d'être de trop dans ce pays. L'Indonésie je l'ai choisi par le biais une amie, voyageuse avec un coeur en or : Sophie. C'était son rêve et j'avais très envie qu'elle voyage auprès de moi par procuration, à des milliers de kilomètres de moi. L'Indonesie : je file vers l'inconnu, un pays que je vais apprécier en mettant un pas devant l'autre. Mon énergie est basse je sens que je ne suis plus connectée au moment présent. J'essaie de me ressaisir en écoutant mes besoins.


Seule dans ma Malang

Je tourne en rond pour trouver un scooter qui me redonnera goût à la liberté et à mon envie d'avancer. Je suis en plein coeur de Malang situé à Java avec soif de me connecter à la vie locale. Je prends le temps de me poser dans la rue avec ces enfants qui ont soif de créativité. Je suis la mascotte des adolescentes, le curiosité des commerçants. Le fait d'être une femme européenne ça suscite de la convoitise.

Je découvre à Malang les commerces fermés, c'est la fin du Ramadan et le début des vacances pour les indonesiens de Java. J'ai bien choisi la date de mes vacances. J'essaie y mettre de la dérision. Je ne vais pas m'autoflagéler d'avoir prix un billet sur cette magnifique île. Avec mon scooter je décide de manger un bout sur le marché le plus convoité de Malang. Triste déception tout est fermé. Je reviens sur mes pas pour me rapprocher d'une dame qui m'interpelle. Assise sur le sol, elle est entrain de faire un "Bali coffee" (un café balinais). C'est mon voisin indonesien de table qui se prénomme Ekka qui me l'offrira après nos longues discussions. Très sociable on traverse la route pour récupérer un moindre coût un plat local. Enfin, je me sens à ma place. Je m'intègre dans cette nouvelle vie et surtout je commence à prendre du plaisir

De découvertes en découvertes

Je zigzag dans les rues indonésiennes avec mon deux roues qui me permet de visiter de jolis endroits atypiques. J'aime cette indépendance cette liberté. Je peux m'arrêter ou je veux quand je veux... La conduite est fluide aucune peur vienne biaiser mon pilotage. J'apprends à lâcher mes rituels d'automatisation de conductrice française.


Avec Eka...

Eka me récupère à mon hôtel pour me faire découvrir sa ville. Nous nous baladons en voiture tous les 2. Je ne dirai pas sans attente car clairement je sens que son âme sensible se rapproche de moi. Il est marié est 2 enfants ce n'est pas la première fois que des tentatives de rapprochement me sont proposées. Ce sont les hommes du monde entier qui sont infidèles. Des européens aux africains aux malgaches aux réunionnais, aux indonésiens... Je ne ne fais pas le tour du monde pour me ligoter à des hommes mariés.


Les moments passés avec les locaux sont intenses.

Je repense...

A cette famille que j'ai croisé au bord de la route. A cette grand mère qui cajolait son enfant. Je me rapproche de cette famille avec un large sourire et puis il se passe un moment magique qui restera à jamais gravé dans mon cœur. Cette grand mère qui me dépose sa petite fille dans mes bras. Un lien de confiance s'est créé avec moi. Je sens comme une envie de pleurer. Je n'ai pas d'enfant mais je berce des bébés dans la rue. Comme je disais à Elisabeth une amie française de coeur : "Je peux être une mère pour cette terre et non être une mère physique sur cette terre".

La maternité

J'ai envie d'être une mère pour cette Terre. Je ne sens pas le besoin d'être une mère terrestre dans cette vie. Certainement que ne suis pas missionnée pour procréer mais pour transmettre, partager donner et surtout aimer. Je sens un profond réflexe d'aller vers l'autre de donner le l'amour et concrètement de déposer des petites graines d'amour dans le monde entier en mettant en place des petites actions riches de sens pour moi.


Je repense

Je ressasse les échanges de coeur à coeur avec Eka. Je sans une énorme tristesse remontée en repensant à mon amie française qui a décidé de m'ignorer. Je partage avec Eka mes émotions du moment et de cette relation qui vient de prendre fin. Je me remémore ces dires : "Disapointed or not it depends on your own mindset", "Déçu ou non, tout dépend de l'état d'esprit de chacun". "When others people want to hate us, it's none of our business", "Lorsque d'autres personnes veulent nous haïr, ce n'est pas notre affaire". Je verse quelques larmes, Eka gêné m'embrasse à 2 reprises sur mes joues pour me redonner de l'énergie. Je suis touchée par ce geste, complètement inhabituel pour un Indonesien. Les émotions ici sont camouflées, ils préfèrent intérioriser leurs ressentis.

Je repense

A cet aveugle qui m'a massé dans ce salon de massage en plein coeur de Malang.

A la première minute de massage, je suis sur le ventre et les larmes coulent.

Je suis touchée par le touché de mon masseur sans yeux, par cet homme qui ne peut que sentir mon corps. Je me rends compte quelle chance j'ai d'avoir tous mes sens vivants en action ...


Je décide de sortir...

Je m'engage sur un trek de 3 jours en vadrouille avec 3 autres jeunes français

La waterfal

L'émerveillement sur ces centaines de cascades qui viennent nous déposer sur le visage de fines gouttelettes. Je passe un excellent moment rempli de douceur et de fraîcheur.

Volcan Bromo

Pour accéder à cette petite merveille, je suis confrontée à la foule à son sommet et à cette hérésie de l'argent pour grimper. Des centaines de 4x4 les uns derrière les autres pour monter tous ce touristes au sommet. Des nuées de gaz viennent biaiser l'odeur de c'est si vaste nature. Je fais les derniers mètres à pieds avec mes compagnons du moment pour me poser avec cette foule au sommet en attendant la lumière du jour. Le lever du soleil est exceptionnel. Je me concentre sur moi le soleil, le volcan. Je suis focalisée j'arrive à faire abstraction de cette agitation collective. Je suis centrée.

Après ce merveilleux lever du soleil on enchaine avec notre driver (taxi) on se dirige vers Bromo pour y découvrir le cratère actif avec cette émanation de souffre à son sommet. Ça sent l'oeuf pourri mais je suis heureuse d'être ici.


Volcan Kawah Ijen

Le volcan indonesien en activité situé tout à l’est de l’île de Java. Il s’agit du Kawah Ijen, culminant à 2300m d’altitude, il est réputé pour son lac d'acide turquoise. Incroyable expérience avec des émotions qui fluctuent tout au long de son ascension. Départ de nuit sous la pluie avec l'excitation de la grimpette, puis la fierté d'être en haut avec mes 3 acolytes. Une fois arrivée au bord du cratère, en descendant jusqu’à la solfatare, la peur me pétrifie lorsque le volcan a décidé de nous balancer une énorme bouffée de soufre extrêmement dangereuse pour la santé. Le lever du soleil épatant bouleversant m'émeut. En pleine présence, j'observe en solo loin des touristes qui m'étouffe, chacune des phases du lever du jour. La nature est belle la vie m'a donné cette chance de parcourir des endroits sublimes à couper le souffle dans différentes contrées. Le bonheur est à portée de main.

Direction Bali

Après cette expérience de 3 jours au coeur de Java en Indonésie, je prends la direction Bali en prenant un ferry, à l'arrivée avec les petits français nous sommes accueillis par un indonésien qui va nous conduire à Ubud. 6 h de taxi avant d'arriver à bon port. La journée est très longue après l'ascension du volcan Igen. Je vais enfin me poser avec l'une des petites françaises décident de rester à mes côtés : Mélodie.

Lâcher prise

A Ubud, je fais les magasins, le soir je vais boire quelques bière dans un bar, situé dans une petite rue décalée de l'axe principale de la foule. Je suis pleine de frissons en écoutant des groupes différents de rockeurs. Je suis dans l'instant présent. Je récupère cette énergie positive que dégagent ces musiciens. En guise de reconnaissance, j'offre des hugs, de la tendresse à chaque musicien. C'est ma manière à moi de les remercier.


Je profite des bons petits déjeuners de l'hôtel, des repas choisis en duo (avec Mélodie) chaque jour pour nous remplir d'amour. Je profite de cette pause pour me faire masser. Les massages en Indonésie sont douloureux et profonds mais très efficaces. Je sens que les noeuds du voyage se dissipent. Le sommeil n'est pas très récupérateur, cela fait des semaines que je ne dors pas tres bien. Mes réveils nocturnes me fatiguent... Je sens que quelques choses se dérègle en moi mais je continue à vivre mon voyage.


L'amour inconditionnel

Texte de l'Abbé Pierre

“Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.

Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.

Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.

Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.

Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité.

Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.

Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.

Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.

Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.

Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.

J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…

Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés”.

Abbé Pierre 🤍


Ma plus belle aventure indonésienne

Comme à chaque fois, ce n'est pas en payant une excursion en passant par une agence. Je propose à mon acolyte Mélodie de barouder en scooter dans les rizières indonésiennes. On part à l'aventure je suis fatiguée de tourner en rond dans cette mascarade de touristes. Je reste à Ubud pour ma prolongation de visa. En attendant ce morceau de papier je file avec mon scooter...


Mon coeur gravé

1 journée qui restera gravée dans ce coeur qui à l'air de tenir la route depuis l'implantation de mon reveal. Finalement, je l'accepte ce morceau de plastique connecté et il baroude avec moi depuis 10 mois.

Pourquoi cette journée restera gravée dans mon cœur ? Parce qu'elle est unique et authentique.

Mélodie et Jay m'ont suivi dans ma tournée des villages. J'aime cette liberté sur ma bécane. Je découvre la vie en Indonésie avec mes yeux d'enfant. C'est un cadeau qui me remplit le coeur : une journée remplie de rebondissements et de découvertes.

Des jeunes adolescents qui rentrent en contact en m'offrant un morceau de poulet.

Cet enfant qui m'envoie des coeurs après avoir joué quelques minutes avec moi.

Les amis de Jay qui nous offrent des bières et quelques mélodies pour nous distraire. Quelle aventure partagée avec nos amis les locaux.

Je me sens tellement aimée ici... Ces larges sourires qui en dise tant.


L'immigration

Je suis restée sur Ubud pour ma prolongation de visa si j'avais su je me sera je me serai barrée sur Lombok. Dans ma tête j'avais tracée toutes mes envies, tous ces volcans que j'avais envie de grimper. Jay mon ami Argentin me propose de me venir en aide pour ce fameux morceau de papier. On passe des heures à assurer mon avenir en Indonésie. Mon souhait rester un mois supplémentaire dans ce merveilleux pays. Je vais vite déchanter ma prolongation s'avère difficile à obtenir. Je n'ai pas envie de me battre pour rester dans un pays. Ma destinée est ailleurs. Pour être acceptée ici un mois de plus je dois me sacrifier et rester à proximité de Denpasar cette grande ville qui m'envahit d'angoisse.


Mon corps qui lâche

Cela fait quelques jours que je me sens fatiguée épuisée ma tête souffre et mon corps est en train de me faire passer des messages. Je ne suis plus avec Mélodie. Elle a obtenu sa prolongation sur internet en quelques clics, elle va vivre une partie du voyage sur des îles à buller. Ce matin j'ai décidé d'aller faire un saut à l'hôpital pour faire une prise de sang. Je connais mon corps, je sens qu'il lâche pour une raison qui me dépasse. La malaria et la dingue vient d'effleurer mes pensées. A l'hôpital, je suis pris en charge comme une princesse mais malheureusement je ne pourrai pas financer les frais que ce charmant médecin me propose. Je n'ai pas les moyens de payer ce montant astronomique. Je décide de faire une simple analyse de sang. En France nous avons une chance inouïe d'avoir les soins à porter de main.


J'accepte

J'accepte de rester un mois en Indonésie, j'accepte de changer mon programme pour continuer mon voyage. Entre ma problématique de visa et de santé j'accepte de me poser. Je dois désormais réfléchir où mon coeur a envie de se vibrer... Il temps pour moi d'arrêter de crapahuter. Mon énergie vitale a besoin d'être redynamisée.


Ashram

J'essaie de me reconnecter à mon essentiel : moi. Je me suis réserver 3 nuits dans un Ashram pour m'ancrer et faire dissiper mes douleurs physiques et redonner un élan à mon âme.

Qu'est-ce qu'un ashram ?

Dans l'Inde ancienne, l'ashram était considéré comme un lieu isolé, en général en retrait dans la montagne ou la forêt, dans lequel se retirait un sage pour s'unir à Dieu dans une démarche solitaire. Cette quête divine de paix intérieure impliquait que le sage s'écarte de l'agitation du monde.

C'est ce que j'entreprends de me poser pour retrouver ce calme et cette douceur intérieure. Rien n'y fait, ma fatigue est bien présente, je zappe des parties du programme de l'Ashram pour me glisser sous les draps de mon petit lit (dortoir) et me remplir de cette nourriture Indonésienne qui vient stimuler mes papilles. Mon cerveau a du mal à gérer l'intensité accumulée de ces 10 mois de voyage. Je découvre grâce au soutien de mon amie thérapeute lilloise que mon énergie est secouée par cette pleine lune du 24 avril. Je suis souvent affectée par les énergies extérieures. Je repars de cette Ashram avec une envie de nature. Je sais qu'elle est à la fois stimulante et apaisante.


Le nord de Bali

Cela fais des semaines que cette partie de l'île m'aimante. Je fais un saut à Bali pour louer un scooter. Indépendante, seule sur la route je me focalise sur l'un des moments le plus important de mon existence : le moment présent. Je décide de partir direction Batur, j'ai prévu de me poser dans un hôtel Black Lava Hostel que j'ai choisi avec mon coeur. Malgré mon cerveau qui fonctionne au ralenti je décide de grimper dans les montagnes avec mon 2 roues à 2h30 de route d'Ubud. C'est un peu comme dans le film Indiana Jones par moment, les routes sont imprégnées du passage des pluies.


Black Lava hotel

Une pépite d'hôtel proche du Mont Batur que j'ai envie découvrir demain. Je prends le temps de me baigner dans les 2 sources chaudes volcaniques dans cet endroit idyllique au dessus du lac Batur et proche du sommet

Mont Batur

Je décide de grimper le mont Batur avec ma petite énergie du moment sans guide et en horaire décalée. Je monte à mon rythme et j'utilise 2 chemins différents à aller et au retour pour faire une boucle. Sans pression, un pied devant l'autre je l'appel le pas du bout du monde j'avance avec le vent qui vient me caresser le corps et refroidir la machine en surchauffe. J'arrive seule au sommet auprès de moi je rencontre un couple de chinois et des familles complètes de singes. Je suis aux anges, je respire tout là haut, le trekking à stimuler ma kundalini. La liberté est en haut de ce sommet.


Époustouflée

Aujourd'hui, je décide de faire le tour du lac de Batur en scooter à la rencontre des locaux. Je m'arrête partout j'ai soif de rencontres et de me connecter à ces petites perles d'indonésiens.


Je prends mon Bali coffee avec un père de famille au bord de cette pépite de lac, puis je roule et jusqu'à un petit village où là je rencontre une maman qui achète quelques produits avec ses enfants et me propose de m'inviter chez elle. Je sens que tout au long de nos échanges en anglais elle se sent seule avec ces 3 enfants en bas âge. J'admire ces êtres qui ont soif de partage.J'ai tellement manqué de connexions authentiques en Haute Savoie. Ici j'y trouve de l'amour et de la pleine présence. Je me sens entendue.et écoutée.



Je suis éblouie pour la beauté de ce lac qui ressemble quelque peu à celui d'Annecy.

Changement de point de vue

Je change d'hôtel pour me rapprocher du lac que je souhaite admirer de plus près. Ma chambre n'est pas très propre mais j'accepte par moment d'être un peu déçu par mes hôtes qui n'ont pas le même.point de vue sur la propreté. L'hôtel se rattrape avec ces succuleux petits déjeuners et c'est très bons repas. Et puis dans cet hôtel je rencontre 3 personnes qui viennent remplir mon cœur différemment. La première Rachelle, italienne, pleine d'humour avec elle nos échanges sont simples. J'apprécie sa présence elle me met du baume a coeur et me rappelle a quel point le voyage est magique. Linas un jeune Allemand très posé qui médite dans chaque coin de la piscine. Marie cette jeune femme douce avec les enfants qui me partagent quelques massages de son voyage.

Tous les lieux sont les magiques, ils m'apportent tous une pierre à mon édifice.

Fragilisée

Cela fait quelques heures que je me tords dans tous les sens. J'ai mal au ventre encore un aliment non digéré. Je serre des dents je reste allonger sur mon lit recroquevillée pour apaiser la douleur. Linas me propose une herbe magique laotienne pour faire circuler ce repas indigeste et je bois de l'eau pour l'éliminer. Je dois reprendre la route je tiens a peine sur mes 2 jambes mais je ne veux pas rester une nuit de plus dans cet hôtel. J'ai envie de changer d'air... Je fait mes au-revoir à mes nouveaux compagnons de voyage en espérant les recroiser sur mon chemin.

Chaque personne m'apporte un petit quelque chose dans l'apprentissage qui est la vie.


Les dauphins

Je rêve de voir un aileron, un bout de queue, je rêve de flotter sur un bateau et de découvrir les coraux de qui tapissent les fonds marin. Je roule quelques kilomètres pour me rendre sur un coin de plage à Lovina dans un joli bungalow avec un grand lit. Ma douleur physique se dissipe grâce à mes yeux derive sur la route, je suis en pleine conscience : je roule. C'est comme si mon corps était passé à autre chose. Il apprend vite pendant le voyage à se défaire de la négativité pour laisser place à des opportunités.

Seule

Je suis libre, je vais où mon cœur me dirige. De plus en plus intuitive je me laisse porter par la vie, là où mon 2 roues veut bien m'emmener. Je prends le temps de respirer, de m'asseoir entre 2 rochers en écoutant s'écouler le flux de l'eau d'une cascade non loin de mon hôtel. La nature est inspirante, elle éclaircie mon esprit et allume de jolies lumières intérieures.

je décide de me poser loin des êtres humains qui jump avec la vie.

Partage

C'est à Lovina que je vais adresser mon premier baiser à Linas qui est revenu dans ma vie. Il est jeune brillant, humain et il a surtout ce qu'il me plaît une intelligence émotionnelle hors du commun. Je partage un quotidien riche, doux marqué par un manque de légèreté. C'est un Allemand qui échange en anglais de manière spontanée. Ma frustration est revenue au galop. J'ai envie d'être profondément libre dans une relation de pouvoir tout exprimer sans barrière en toute authenticité mais avec mon anglais je souffre et il souffre. Il a soif d'apprendre le français le voilà sans arrêt entrain de chercher à comprendre chacun de mes mots pour enrichir son vocabulaire mais surtout pour me comprendre. On aime être ensemble. Notre première rencontre à Batur était douce et colorée de sujets qui nous plaisent comme la spiritualité.

Nos liens sont forts et intenses au bout de quelques heures, nos peaux s'aimantes et nous voilà dans le nord de Bali entrain de découvrir la vie tout en partageant ce que nous sommes.

Des sourires, des repas des hôtels sympas, nous aimons ce qui est beau et bon. La différence d'âge s'efface avec les heures qui passent.

Je retourne voir les Dauphins avec Linas, c'est une excursion qui me touche : le contact avec l'eau, la douceur des paysages et ces dauphins qui font des loopings sous mon nez. J'aime les grands espaces et j'ai très envie de partager mes émotions avec mon compagnon de route du moment. J'essaie d'oublier tous les bateaux qui flottent sur la mer pour me focaliser sur mes émotions et le moindre aileron qui ferait surface.

Le sunset à Lovina 

Avec Linas

Je partage tout ce que je suis...

L'amour, c'est la liberté d'être soi avec l'autre. Cela fait que quelques jours que nous partageons un quotidien doux et excitant.

Je me trouve belle a l'intérieur comme à l'extérieur au travers des yeux de Linas. Les moments de partage sont puissants et naturel. J'ai retiré tous les filtres depuis un petit bout de temps. Le voyage m'a permis d'être moi meme.Tout est réunit dans ce soin de paradis pour ralentir la cadence, prendre son temps, s'aimer et transmettre ce que nous sommes l'un à l'autre.

Seuls dans ce logement qui surplombe la mer, nous sommes dans un cocoon très envahissant. L'anglais m'érite et mon dynamisme use mon nouveau compagnon de route. Les concessions fatiguent les 2 hypersensibles que nous sommes. Sous les hauts et les bas que nous vivons à des rythmes différents nous sommes présents l'un pour l'autre. Nous passons des larmes, aux rires, de la colère à la tendresse et des peurs à la douceur.


Petit bout de chemin

Linas et moi décidons de monter à quelques kilomètres dans les montagnes. Nous quittons notre jolie guesthouse pour se diriger à Munduk village. Pour l'instant, nous ne parlons pas de séparation je n'y pense pas. Elle adviendra quand elle adviendra car je sais qu'elle est inévitable... Sur la route Linas me fait découvrir le Bakso ce plat local à base de soupe et de boulettes de viande.


Petit éloge du temps comme il va - Denis Grozdanovith

Temps, lenteur et bonheur : cet ouvrage me donne des clefs de vie.

Cet écrivain nous partage sa vision du temps au travers de l'Humain qui automatise le renouvellement permanent d'actions au détriment de la vie. L'urgence de vivre me déroute et Denis en parle avec beaucoup de délicatesse.

Cet auteur nous décrit :

Ces fameux "temps morts", ces divines suspensions temporelles, ces cures d'éveil à soi-même, qui nous permettent de mettre notre vie dans une bulle d'amour,

Prendre le temps comme il vient. La pluie propice au recueillement et le soleil à l'action modérée. J'ai pris conscience grace à lui que le beau temps ne va pas sans la pluie...

J'apprécie comme aujourd'hui ce moment de fraîcheur qui me camoufle dans ma plaide pour écrire toutes ces lignes que j'avais suspendues dans mon esprit.

Je vous partage quelques passages :

"...afin que je comprenne combien ce qui était inutile pouvait se révéler enthousiasmant tandis que l'utile et le profitable, à la longue, dissipaient le plaisir"....

"je pris goût aux délais et aussi temps morts, si propices à la rêverie. Oui, j'aimais ces instants d'indécision et de léger ennui planant sur nos activités contrariées, car il en naissait toujours des situations inédites, soit des conversations passionnées sur ce qui nous occupait..."

"Prendre le temps comme il vient et les hommes comme ils sont, cette sagesse-là vaut mieux que la majesté hautaine." Henri-Frédéric Amiel.

Ce livre propose une toute autre façon de vivre, de "savoir-vivre". Prendre le temps d'accorder nos états d'âmes aux variations de plus en plus capricieuses de la météorologie.

Je découvre des auteurs pendant mon voyage qui me permettent de mûrir.


Le voyage : une porte vers soi

"Une destination n'est jamais un lieu mais une nouvelle façon de voir les choses".

"Une destination n'est jamais un lieu mais une nouvelle façon de voir les choses"

Il y a ceux qui n'ont pas osé voyager ou qui ne sont pas rendu du compte du bien fondé du voyage pour partager cet écrit.

Depuis 10 mois, eule sans anglais je me suis aventurée à barouder sans programme avec mon sac à dos de 14kg comme meilleur ami.

Le voyage a transformé l'être que je suis. Il a renforcé mon courage et ma capacité d'adaptation.

J'ai appris à jongler avec ma patience et ma tolérance.

J'ai appris à lâcher prise sur les besoins d'autrui, pour écouter mes besoins les plus profonds.

J'ai appris à vivre dans le silence et à surmonter mes peurs.

J'ai appris à gérer les urgences et à peaufiner/ optimiser mon organisation de voyageuse.

J'ai appris à me faire confiance en toute circonstance : seule dans la jungle, sans téléphone, sans internet en plein milieu d'une montagne.

J'ai appris à ne plus être dans l'action mais dans l'être.

J'ai appris à faire confiance aux inconnus et à me méfier pour me sécuriser.

J'ai appris à fuir ce qui me fait mal et à ouvrir mon coeur aux curieux qui ont décidé de faire un pas vers moi.

J'ai appris à vivre avec des puces de lit qui me dévoraient le dos et à manger des plats épicés qui brûlaient mes lèvres.

J'ai appris l'anglais en marchant et à lâcher ma langue maternelle pour vivre.

J'ai appris à aimer sur une courte durée et à quitter des personnes sans pleurer.

J'ai appris à me détacher pour ne plus souffrir et apprécier la différence comme une source vitale à la résilience.

J'ai appris à observer/analyser sans donner mon avis.

J'ai appris à ne pas tout comprendre et me laisser porter par le flux de la vie.

J'ai appris à lâcher prise sur mes formes bien dessinées pour laisser place à des muscles flasques pour atteindre une sérénité interieure bien ancrée.

J'ai appris à accepter qui je suis au lieu de m'autoflageller des mauvaises pensées qui ne font pas avancer.

J'ai appris à prendre des "douches de chat" froides et à passer des nuits à refaire les monde avec des purs inconnus.

J'ai appris à vivre sans travail pour découvrir la vie.

J'ai appris à perdre la notion du temps pour vivre.

J'ai appris à gérer mon budget pour voyager dans la durée.

J'ai appris à choisir pour être une femme responsable.

J'ai appris à compter que sur moi même pour exister.

J'ai appris à dormir dans des dortoirs de 20 personnes et à écouter chanter en plein sommeil ce fameux reptile le Gecko.

J'ai appris à manger de la viande tous les jours pour vivre et à acheter des bouteilles en plastique pour survivre.

J'ai appris à m'adapter à toute forme d'intelligence pour aimer mon prochain.

J'ai appris à vivre dans la crasse alors que je suis pointilleuse sur mon hygiène de vie.

J'ai appris à gérer ma sensibilité et à l'exprimer.

J'ai appris à accepter mon envie d'aimer fort sans condition et sans filtre tous les êtres qui croisent ma route sans me culpabiliser.

J'ai appris à accepter mes souffrances physiques pour continuer à voyager.

J'ai appris à faire le yoyo sur la nourriture alors je prônais l'équilibre alimentaire.

J'ai appris à vivre dans l'instant présent à dissiper le passé et lâcher le futur puisque seul le moment le plus précieux et le plus réaliste est le moment présent.

J'ai appris à accepter de faire des excursions de touristes pour découvrir des endroits insolites, car je reste une touriste.

J'ai appris à lâcher mes conditionnements de femme européenne pour respecter les humains sur mon chemin.

J'ai appris à vivre sans fromage, sans vin et sans pain pour découvrir les Bakso, les Pilali et les rougails saucisses.

Je souhaite développer mon potentiel infini qui vibre en moi pour ne pas rêver mes rêves mais vivre mes rêves.

J'ai appris que le voyage était l'école de ma vie.


J'y suis!

C'est incroyable village en plein milieu des montagnes. Je suis toujours avec ce petit ange, ce compagnon de voyage un peu à cran avec son accumulation de fatigue. Je sens que nous sommes heureux d'être dans cette chambre de couple luxueuse. La vue est improbable sur la nature. Nous sommes perchés au dessus de cette verdoyante beauté. Nous avons un petit coin terrasse salon rien que pour nous. La magie des hôtels indonesiens. Je sens que je suis épuisée d'être auprès de lui, son hypersensibilité mal maîtrisée m'essouffle. Je crois que notre relation est à bout de course avec des pics de colère pour moi et des crises de panique pour Linas. Nos énergies tourbillonnent. Je sens que notre relation est sans issue mais contrairement à nos ressentis mutuels nous aimons nos âmes sensibles qui se télescopent.

Je me sépare quelques heures de Linas (je le laisse se reposer) pour randonnée seule dans la nature.

Je découvre donc de merveilleuses waterfals en plein jungle. La nature est enveloppante et colorée. Je suis aux anges seule ici en pleine brousse. Je rencontre des villageois qui essaient de me vendre quelques produits mais je suis loin de l'oppression, c'est tellement agréable d'être une touriste et de marcher paisiblement sans être alpaguée comme dans certains pays. ce pays me plaît...Je me sens comme chez moi, ici.

Nous dégustons nos derniers repas Indonésiens en commun. Nous reprenons la route en scooter tous les 2 après avoir vécu de très bons moments ensemble. Au moment de payer, dans le portefeuille de Linas il reste quelques roupies le message est passé...qui a je vais lui offrir ce séjour. Je ne vais mourir avec mon fric, ça c'est une évidence. Je donne, je donne mon argent et je sais que la vie est là pour m'aimer et me protéger. Je continue à recevoir avec générosité de l'abondance car en semant de l'amour on ne peut que recevoir de l'amour...


Notre séparation

Linas a des soucis bancaires à régler je sens que l'anxiété est à son maximum sur le trajet du retour que nous empruntons ensemble. Il a accéléré la cadence sur les routes de montagne quelque peu encombrées par les indonésiens. Je sens que ça va trop vite pour moi, Linas est intelligent et il se met à ma place et décide de s'arrêter sur le bas côté pour me dire au revoir. C'est la dernière fois que je ai vu....


Mes derniers mots

Dans mon enfance, j'ai manqué d'encouragement, de ce fait, c'est ce que j'ai envie de transmettre aujourd'hui : l'envie d'offrir ce que je n'ai pas eu. J'ai donc décidé d'adresser à Linas un message d'amour pour l'encourager sur son chemin de vie. Je continue à semer des graines d'amour sur chaque sol que je touche avec le bout de mes petits pieds :

"Linas, je voulais te remercier du fond du cœur pour tout ce que j'ai vécu avec toi. C'est doux, profond, joyeux et vivant. J'aime ta tendresse, ta fougue, ta jeunesse, ta spontanéité, ton énergie, même si elle faiblit parfois. Je t'accepte tel que tu es, avec tes côtés lumineux et sombre,qui font de toi un être humain qui respire la vie. Ta sensibilité ne me fait pas peur, car elle me montre en effet miroir que nous sommes des êtres sensibles, de chaire et de sang. J'ai le droit de ressentir ces hauts et ces bas et tu as le droit de ressentir ces hauts et ces bas...

Je te suis extrêmement reconnaissante pour cette douce compassion qui t'habite et qui me donne envie d'être près de toi. Peu importe la durée de cette relation, elle restera à jamais gravée dans mon cœur. J'ai réalisé que tu étais capable de voir ma tristesse dans mes yeux et de sentir qui je suis dans les premières minutes de notre rencontre. Quelle belle coincidence cette rencontre de coeur à coeur. Quelle douce vibration j'ai eue avec toi ces derniers jours. Merci d'être toi. Merci d'avoir croisé mon chemin...."


"Pour la plupart des gens, la générosité consiste seulement à donner. Mais recevoir est aussi un acte d'amour. Permettre à l'autre de nous rendre heureux, cela le rendra heureux aussi."Paulo Coelho - Le manuscrit retrouvé.

Il me le rend bien, il est bienveillant encourageant et m'écoute dans mes moments de down, qui sont très rares pendant mon voyage mais présent tout de même.

"Ce câlin qui console, celui qui remplit, qui répare. Cette étreinte passionnée, pleine de vérité, d'attention, de bienveillance.... Ce câlin est tout et il signifie : " je suis ici, pour toi, et à travers toi. Je te protège et je te veux."Antoine Durand

Linas a été très affectueux et ces câlins m'ont tenus en éveil.


Un retour vers soi

Quel bonheur....je me suis réserver mes 4 dernières nuits en Indonésie dans 2 hôtels perchés dans la nature. Tout revient à la normal sans querelle intérieure, sans ce dégueulis d'émotions je me sens vide de négativité. Du coup, la paix illumine mes méninges et ma douceur revient au galop. C'est l'autre qui m'étouffe. Seule je me sens bien plus heureuse qu'à 2. L'intensité de cette relation est si courte que je préfère le bonheur qui dure en solo. Le couple me demande beaucoup trop d'énergie je n'ai clairement plus envie de distribuer mon stock d'amour à un homme. Je ne suis pas sûre qu'un jour je puisse y arriver de nouveau ou d'avoir l'envie... Je préfère donner de l'amour un peu partout autour de moi sans attente...les inconnus me le rendent tellement...


Tu mérites

"Tu mérites un amour décoiffant, qui te pousse à te lever rapidement le matin, et qui éloigne tous ces démons qui ne te laissent pas dormir.

Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable de décrocher la lune lors qu’il marche à tes côtés, qui pense que tes bras sont parfaits pour sa peau.

Tu mérites un amour qui veuille danser avec toi, qui trouve le paradis chaque fois qu’il regarde dans tes yeux, qui ne s’ennuie jamais de lire tes expressions.

Tu mérites un amour qui t’écoute quand tu chantes, qui te soutiens lorsque tu es ridicule, qui respecte ta liberté, qui t’accompagne dans ton vol, qui n’a pas peur de tomber.

Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et t’apporterait le rêve, le café et la poésie."Frida Kahlo

J'aime cette femme forte et courageuse.

Mondialement connue pour ses autoportraits et son destin tragique, Frida Kahlo fait partie des précurseurs du féminisme au Mexique à la moitié du XXème siècle.


Le dernier jour...

Je suis partie de mon dernier hotel avec mon 2 roues direction Ubud pour faire mes dernières emplettes. Tous les plaisirs y passent des cheveux au corps, des soins, aux massages. Je fais quelques achats compulsifs : des petites robes et hauts rouges achetés pour m'ancrer sur ma future destination...J'ai besoin de retrouver ma féminité perdue dans les shorts et les hauts de sport. J'ai envie de me plaire à moi meme. Je vis une journée douce et heureuse. Toutes les planètes s'alignent...Je sens que mon départ est imminent. Mon coeur partagé est pincé mais serein de retrouver un sol français.

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Publié le 13 février 2024

Le Laos

J'arrive en mode décontracte à l'aéroport. Je n'ai pas mon visa, je le fait surplace sans me bousculer. Je donne mes 40 dollars aux douaniers et un petit papier à signer. Je suis la dernière de la file, je récupère la seule bagage qui tourne en rond sur le tarmac : mon sac de backpakers. Je sais que mon ami que j'ai rencontré dans ma première vie m'attend à l'entrée. Après 3 ans de séparations les retrouvailles sont fortes.


Pimouss

Mon ami de longue date, son petit surnom "Pimouss", se reconnecte à moi au Laos par le pur des synchronicités. Situation de vie, travail, relations amoureuses , émotions, toutes les thématiques sont traitées en quelques heures dans nos échanges qui partent dans tous les sens, tellement nos vies sont riches à tous les 2. Il s'excuse pour le mal qu'il a pu me faire il y a 3 ans. Je l'avais déjà pardonné. Merci cher ami. Nous partageons des petites gourmandises sur le marché de nuit de Vientiane, nous traversons la ville de nuit avec un scooter. De bons moments de complicité...

Il se justifie : "regardes Audrey j'ai changé". Il n'a rien à prouver, il doit surtout s'aimer... Les heures passées auprès de lui me prouvent a quel point nos câbles ne sont plus connectés. Je sens que nos chemins sont en train de se séparer de nouveau. Je sens que je l'aime toujours mais différemment. Mon éveil spirituel a fait grandir une partie de moi qui me libère de cette relation sans que j'en puisse y faire quelque chose.


Je me laisse porter par la vie...

Au Laos, je n'ai absolument rien programmer. Je me laisse porter par la vie. La Thaïlande m'a épuisée. Les 3000km de route m'ont exténué, j'ai envie de respirer au Laos. Je n'ai plus envie de barouder comme une simple voyageuse, je veux remettre du sens mon voyage. Petit clin d'œil à Jean Christophe pour cette petite phrase magique qui a changé mon existence "je me laisse porter par la vie"... Cela va au-delà du lâcher prise c'est faire confiance à plus grand que nous. Désormais je me fais confiance et je fais surtout confiance en la vie.


Moment de détente à Vientiane

Je n'ai rien de prévu, je sillonne les rues et je tombe nez à nez avec un centre commercial laotien où j'y trouve à boire et à manger ... Je découvre des produits similaires à la Thaïlande et des réactions des commerçants à l'opposé chaque pays à sa propre couleur émotionnelle. Je se sens qu'ici je vais apprendre à me détacher...

Je découvre les joies de prendre soin de moi. Cela fait 6 mois que je n'ai pas coupé mes cheveux. Un vrai petit bonheur de me retrouver allonger sur le fauteuil en cuir de ce salon de coiffure laotien. La technicienne est d'un professionalisme implacable, elle travaille vite et bien. Un vrai bonheur de laisser mes cheveux à cette inconnu. Ces laotiens sont aussi efficaces que les thaïlandais. C'est très agréable de pouvoir faire confiance à des humains...

Je me sens rayonnante, différente depuis cette pause "bien être". J'essaie tant bien que mal de prendre soin de mon corps qui change avec le ralentissement du sport. Je me sens un peu plus ballonnée et moins en muscle. Mais ce n'est pas grave l'enrichissement personnel et la richesse intérieure sont bien plus importantes qu'une belle silhouette sans une âme vivante. Je n'ai jamais été aussi heureuse et pleine de vie depuis ce départ en juillet 2023. Je me trouve plus belle de l'intérieur comme de l'extérieur....


Les 2 guerriers de Vientiane

Cela fait 2 jours que j'observe 2 guerriers qui se bataillent intérieurement pour obtenir la raison. Buter contre leur vérité, ils n'arrivent plus à communiquer. La colère leur monte au bout du nez, ils haussent le ton pour être entendu car ils souffrent de cette reconnaissance mal exploitée. Je les écoute juger le monde qui les entourent, donner des avis sur tout. J'observe l'Homme détruire ses relations. J'observe l'Homme construire des monologues. J'observe l'Homme se positionner en héro pour être. Ce sont inconsciemment leurs lignes conductrices qui les induisent dans une guerre d'égos. Avec l'un de ces guerriers auto centré je l'écoute sur le Laos me donner des tips et ses vérités sur les laotiens et la vie en communauté (je ferai ma propre idée) et avec le deuxième guerrier j'apprends à ne plus parler pour le laisser se vider... Ce qui les intéressent c'est eux! C'est le mal du siècle l'égo et les blessures mal pansées. Ce sont ces 2 points que je souhaitent mettre en évidence dans mon carnet de voyage. Après une énergie négative qui virevoltent autour de moi je trace ma route en laissant ces 2 guerriers se trouver...


La drogue

Elle est le poison de l'humain : alcool, cigarette, drogue douce ou dure le sport le sexe et l'argent. Cela fait 8 mois que je baroude et je réalise à quel point le monde est névrosé et qu'il tient sur une patte. Ce monde qui tourne mal me redonne un élan d'énergie à prendre soin de moi. J'ai vu ces malgaches anéantir leurs foies avec des litres de bière, ces réunionnais détruire leurs couples par ces récidives de tromperies, ces jeunes Masai à Zanzibar offrir leurs corps pour de l'argent, j'ai vu des trailers haut savoyards saccager leurs corps en courant des 170km en quelques heures, ces drogués détruident toute leur vie...


L'addiction est l'antagonisme de la sagesse.

Je dépose quelques citations sur l'essence même de l'équilibre :

Atteindre l’équilibre repose en définitive sur avoir du courage. Le courage de faire des choix difficiles, d’exclure d’autres possibilités afin de choisir celle qui vous convient le mieux, de laisser aller la crainte de la désapprobation ou de la déception des autres. Lickerman

L'homme le plus efficace est celui qui est à la fois émotif et cérébral, car il dispose, à dose égale, d’intuition et de raison. ~ François Garagnon

Souviens-toi qu’un arbre avec beaucoup de feuillage et peu de racines peut être déraciné au moindre coup de vent, tandis que, dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de feuillage, la sève court difficilement. Racines et feuillage doivent pousser dans les mêmes proportions. ~ Anonyme


L'équilibre intérieur est une danse entre le calme et la passion, la sérénité et l’action. Anonyme

Je mets des limites - lettre adressée à mon ami

"Mon cher ami, j'ai essayé de te secouer depuis toutes ces années. Je t'ai offert mon amitié, une oreille attentive pour vider tes sacs. Je t'ai vu grandir et te casser la gueule puis te remettre debout.

Ma vie à une toute autre réalité...je ne suis plus dans l'ego, la performance, le perfectionniste. Je ne suis plus dans la colère, l'impulsivité mal placées mais bien dans l'amour et la bienveillance. J'aime la profondeur et j'ai grand respect pour l'humain.

L'amour que j'ai pour moi est bien présent et vibre dans mon cœur. Je sème depuis quelques années des graines d'amour tout autour de moi. Je me respecte et je respecte mon prochain : ma ligne conductrice de vie. Aujourd'hui, je sens que nos chemins bifurquent, inconsciemment je fais ce qu'il y a de meilleur pour moi. Mon âme sensible se dirige vers cette richesse intérieure : l'amour. Pimouss, je t'ai aimé et je t'aimerai toute ma vie mais tes blessures mal pansées finissent par blesser... C'est souvent dans le vide et la répétition des scénarios de vie que l'homme bouge ses schémas de vie. Je te le souhaite de trouver la paix dans ton coeur et la sérénité dans ta vie".

Le vide

Cette sensation de manque que l'on cherche à combler de toute les façons imaginables par : l'argent, l'alcool, les drogues, le travail démesuré, besoin d'être aimé par du remplissage d'un faux amour, celui de l'autre... Cette impression désagréable de ne pas être entier, d'être désaligné.

L'Homme qui recherche la plénitude à l'extérieur de lui même, est voué au tourment éternel de l'échec. Je l'appellerai : la prison intérieur.

Un passage par l'intériorisation et le nettoyage de mes blessures m'ont amené à la plénitude. J'ai pris conscience de l'abondance qui m'entoure en me responsabilisant. Toute ma vie j'ai cherché la meilleure version de moi même et je continuerai toute ma vie...

Viang Vieng

Direction Vang Vieng, en minibus climatisé, je me dirige dans le nord car j'ai un projet qui me trotte dans la tête depuis de nombreuses semaines. J'ai soif de découvrir le pays et de rencontrer des locaux. Présente à moi même, la confiance grandit en moi chaque jour. C'est comme si ce voyage avait bousculé mon courage, dissipé mes peurs et fracassé mes limites. Je me sens comme libre à l'intérieur.

L'instant présent

Journée incroyable de partage de nature en scooter. Je me sens vraie avec ces 3 allemands à mes côtes. Je respire, je contemple la vie du haut de mes 43 ans... J'ai tellement à apprendre de la vie. C'est tellement nourrissant d'exploiter de nouveaux emplacements.

Je me laisse porter par le flux de la vie, les rencontres et par moment je délègue les actions à mettre en place pour me reconnecter à ma légèreté. Marc et Julie prennent le lead et ont décidé de barouder avec nos 3 scooters dans les villes avoisinantes Viang Vieng à la recherche des nombreuses lagunes.

Projet de coeur

Grâce aux réseaux sociaux qui clairement n'ouvrent des portes , je fais de jolies rencontres : Guillaume en Namibie, puis mon bel inconnu voyageur et Nicolas du Laos.

Nicolas est à mes côtes pour me co-opter sur un projet de coeur. Je n'ai aucune assurance de vivre la même aventure dans l'association dans laquelle Nicolas a séjourné. Je reste positive je n'abaisse pas les bras, j'y crois...Grâce à son soutien à ses précieux conseils on avance pas à pas. La vie et les projets au Laos avancent au gré de leurs envies. Les Africains m'ont appris une chose dans ma vie "hakuna Matata" en laotien ça donne "si vid thi suany ngam" la vie est belle...Je prends mon temps même si des fois mon impulsivité aurait envie de tout envoyer valser. Le projet est tellement viscéral que je croise les doigts et je joue la patience. Je vis dans tout ce qui m'ai donné, c'est à dire le présent. Je voyage dans le projet de Nicolas grâce à ses écrits pour le moment. Je ne me projette pas, je n'espère pas, je vis l'instant présent ici maintenant avec beaucoup de sérénité.

37 jours d'échanges spontanés avec Nicolas sur des thématiques qui m'animent et principalement sur mon projet de sens. Messenger, sacrée outils de communication relié à Facebook, nous permet de nous connecter à l'autre en décalé à n'importe quel moment de la journée. Je me sens comprise par tous ces compagnons de voyage que ça soit Guillaume, l'inconnu, Nicolas et tous ceux que je croisent sur ma route... Nous avons le même goût du voyage et de l'aventure. Ce roadtrip me réinitialise comme un ordinateur. Mon caractère se nourrit de toutes ces rencontres ponctuelles mais riches de sens.

Mes nuitées

Je m'y suis habituée. Je réserve principalement des dortoirs dans des auberges de jeunesse. Ces réservations peu coûteuses me permettent de discuter avec des jeunes et moins jeunes de tous les pays étrangers, des passionnés de voyages. Ils sont libres comme moi en quête de découvertes et de sens dans leur vie. Ces crises d'adolescence à la recherche de sa place est possible à tout âge. J'ai cette humilité de me dire que je me cherche encore, j'ai le courage de me remettre en question et qu'au travers de ce voyage je tente de nettoyer ces putains de blessure de l'enfance. J'ai connu des dortoirs feminins et mixtes de 4 à 20 personnes. J'ai l'impression d'être à l'armée avec tous ces lits bien alignés. Des petites aux grandes surprises sur place dans les hôtels : de la douche froide, aux petits déjeuners bien copieux gratuits, au grosses fêtes organisés par les jeunes touristes en road trip, des douches chaudes, des coffres inexistants pour sécuriser mes papiers, au super billard qui me permet de jouer, douches plus ou moins propres, à la piscine qui me rafraichi.


Mes équipements

Mon sac de voyage depuis quelques mois ne cessent de grossir je suis à plus de 17kg, je lui donne à manger pour ma sérénité. J'ai un besoin d'être belle, ras le bol des shorts, des tee-shirts en mode garconne. J'ai envie de me plaire à moi-même. Ma féminité est mis de côté, à rude épreuve

je décide de me mettre en évidence par quelques vêtements achetés sur les night markets laotiens : une jupe short en jean avec sa petite veste assortie, ces robes colorées et ses tongues classes lumineuses. Je suis lourde de plaisirs que je n'arrive point à me délester. Mes nouveautés : 4 livres français collés à mes baskets, mes nouvelles tongues de trek thaïlandaise bien plus lourdes que mes Merrell jetées à la poubelle (déjà toutes usées par les kilomètres cumulés). Et puis tous ces cadeaux que j'ai acheté pour me projeter dans mes futures activités de bénévolat.

Quels sont mes incontournables en voyage :

Mon masque pour les yeux ainsi que mes boules quies qui me protègent pendant tout mon voyage de la lumière du lever du jour dans les chambres sans rideaux occultants et du brouhaha des nuits agitées.

Mes 2 cadenas c'est le minimum à avoir en voyage. Un pour fermer le coffre celui qui protège mes affaires et le deuxième pour fermer mon sac de voyage/ ou mon petit sac à dos que je porte sur mon torse (quand le coffre est inexistant).

Ma frontale elle m'a servie plus d'une fois à lire sans embêter mes coloc' ou à ranger mes affaires au petit jour.

Mon petit tupperware pliable pour garder les restes de mes copieux repas quand mon estomac me pose des limites.

Ma serviette micro fibre car dans certain guesthouse elle est payante et je n'ai pas envie de payer.

Le protège sac de voyage car en Tanzanie mon sac de backpackers a été saccagé après avoir parcouru une partie du voyage avec des pneus et un barbecue dans le coffre

La trousse de toilette suspendue, elle préférable car dans beaucoup d'hôtel il y a aucun endroit pour poser ses petites affaires personnelles

Mon chargeur international qui s'accroche un peu partout même sur les vieux compteurs.

Le voyage est initiatique, il apprend à être autonome🫶 responsable🫶prévoyant🫶 organisé🫶 adaptable🫶aidant🫶 solidaire🫶 solitaire🫶ouvert🫶humble🫶 généreux🫶courageux🫶 bref le voyage c'est l'école de la vie.....❤️


Mon inconnu

Je lâche toute espérance.

"L'espérance est un désir dont la satisfaction ne dépend pas de nous".

J'ai cessé de lui écrire pour voir si nos besoins de correspondre était à sens unique ou à double sens. J'arrête de me projeter car la projection est source d'illusions. Je vis l'instant présent, lui même se chargera de me combler : de petits instants doux et spontanés avec les personnes qui se connecte à mon énergie.

L'espérance, pour moi, a toujours un goût d'angoisse. Alors j'ai décidé de lâché mon espérance pour me reconnecter à ma joie quotidienne. Je cesse de me raconter des histoires, il s'agit d'apprendre à vivre pour de bon pour moi au lieu d'espérer. Je fais la différence entre l'amour qui prend, qui veut posséder et l'amour qui se réjouit, partage et accueille.


Viang Vieng&moi

Seule, je prends le temps de découvrir cette jolie petite ville. Je profite de cette douceur intérieure pour visiter, marcher méditer, écrire me ressourcer...

Ma sécurité

Un bug mysterieux téléphonique survenu à Dar Es Salaam réapparaît à Viang Vieng. Mon téléphone switch de nouveau entre s'allumer et s'éteindre toutes les 2 secondes. Une montée de stress attaque le centre de mon énergie vitale : mon plexus solaire est tourmenté. Je suis submergée par une soudaine montée de panique, je prends trois grandes respiration pour prendre une décision. Je supprime rapidement un grand nombre de photographies stockées en amont sur mon drive. Je suis persuadée que c'est la mémoire de mon téléphone qui est saturée. Je charge le téléphone, je le met de coté pour éviter la surchauffe (entre le soleil et son utilisation quotidienne). Rien n'y fait les bugs se répettent. Entre temps un jeune française me propose d'echanger en direct avec un laotien qui détient un shop à Viang Vieng. Personne peut m'aider techniquement la ville est trop petite et les professionnels sont rares ici. Je tourne en rond comme une tigresse dans sa cage entre continuer mon programme en récupérant Luang Prabang ou sécuriser mon voyage en prenant la décision de faire marche arrière. J'ai une fâcheuse tendance à être optimiste mais avec mon téléphone en souffrance en tant que meilleur ami je décide de faire demi tour. Je retourne en bus à Vientiane à la capitale. Rien ne m'excite d'y retourner mais je sais que Patrick un compagnon de voyage français va me dépatouyer.


De retour à la capitale

A Vientiane, je sens que j'ai les nerfs en boulette Philippe un peu maladroit se moque de moi, son humour deplacé ne passe pas aujourd'hui. Dans le fond, j'ai' mes raisons de stresser pour un téléphone j'ai toute ma vie sur ce téléphone. De shop en shop par tranche de demi journée, je finis par acheter un nouvel outil plus rassurant à 100 euros et je répare le mien pour la modique somme de 4€. Mon cerveau ne cesse de tournicoter. Légère je peux profiter des moments de plaisir avec Patrick. En scooter il l'emmène au Parc du Bouddha Couché et voir ce magnifique Temple au coeur de Vientiane.

Les petits rien qui font tout

En scooter, je baroude dans Vientiane avec Patrick, 57 ans, un ancien mercenaire français qui vient s'installer quelques temps dans cette ville pour découvrir la vie des laotiens. Je sens qu'il a envie de me faire plaisir... Sa présence est utile et généreuse. Je me sens en toute sécurité auprès de lui. Un peu comme un père protecteur j'accepte son aide. J'apprends à demander quand c'est utile, c'est un grand pas que j'ai pu faire dans ma vie. Il nous offre quelques petites bières au bord du Mékong avec un couchée de soleil en fin de journée. Sacrée cadeau à mon arrivée à Vientiane avec à la clef un restaurant français. J'ai pu enfin remanger du pain et du fromage et boire du Bordeaux. C'est cher ici, mais j'ai tellement apprécié ce petit plaisir de la vie, l'instant présent des plus magiques.

Bonheur désespérément

André Comte-Sponville, écrivain philosophe français se fait connaître du grand public avec la publication, en 1995, de son septième livre Petit Traité des grandes vertus.

"Bonheur désespérément" est un livre que je découvre à la bibliothèque de l'Alliance française à Bangkok. Son titre m'interpelle ainsi que son coquelicot sur la page de couverture de cet ouvrage

C'est un texte intégral philosophique qui permet d'apprendre à s'aimer.

Quelques phrases qui me tapent à l'oeil :

"Être heureux, c'est savoir ce que l'on désire".

" Il n'y a pas d'amour heureux : tant que le désir est manque, le bonheur est manqué".

"La vie donc oscille, comme un pendule, de droite et de gauche, de la souffrance à l'ennui".

"Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir" Autrement dit à agir, puisque vouloir et faire sont une seule et même chose".

"Je ne désire rien du passé, je ne compte plus sur l'avenir, le présent me suffit".

"Seul est heureux celui qui a perdu tout espoir ; car l'espoir est la plus grande torture qui soit, et le désespoir le plus grand bonheur".

"Il n'est sagesse que de joie, il n'est joie que d'aimer".

"Apprenez plutôt à développer votre part de sagesse, de puissance, comme dirait Spinoza, autrement dit de connaissance, d'action et d'amour. Ne vous interdisez pas d'espérer : apprenez à penser, apprenez à vouloir un peu plus et à aimer un peu mieux."

"...dans l'ordre affectif ou spirituel, il s'agit d'espérer un peu moins et d'aimer un peu plus".

"Aimer, c'est se réjouir ; ne plus pouvoir aimer,c'est tomber dans une dépression profondément douloureuse, une suspension de l'intérêt pour le monde, l'inhibition de toute activité et la diminution du sentiment d'estime de soi. ... donc ce n'est pas qu'il faille aimer, comme si l'amour était un devoir moral, mais que plus on aime, plus on est joyeux (puisque l'amour est une joie) et heureux (plus la joie paraît possible). Encore une fois, il n'est de sagesse vraie que dans l'amour et par l'amour.

"La sagesse, c'est cette vie-ci, telle qu'elle est, mais vécue en vérité".

Une lecture inspirante qui m'amène de plus en plus à écrire, lire et à philosopher pour atteindre la paix intérieure.

L'entraide

Je me sens jamais seule, avec moi même je me sens complète depuis quelques mois. J'attire à moi que le positif et quand la vie me teste je sais que la situation est éphémère et que de toute façon une solution se présentera à moi...je me sens protégée en permanence dans cette jungle que j'appellerai la vie.

Luang Prabang

Je suis déposée en scooter au train à 15km du centre ville de Vientiane par Patrick ce français au grand coeur. La gare est immense et les trains arrivent un par un dans la journée. Je découvre qu'il existe un seul rail. Après 3 heures de voyage, je suis déposée de nuit à Luang Prabang. A la recherche d'un minibus pour me déposer au centre ville je me réserve dans la foulée l'hôtel pour profiter d'un long et doux sommeil. Tout s'enchaîne de manière fluide...tout s'aligne.

Ma chambre est simple en dortoir nous sommes 4 dans cette piaule. Après une toilette de chat car l'eau est froide comme beaucoup d'hôtel en Asie, je sors de ma chambre fraîche, souriante et lumineuse avec ma robe rouge que je porte le soir sans soutien gorge pour libérer ma poitrine de cette pression journalière. Je m'attache les cheveux et je me maquille un peu pour me sentir femme.

Accoudé à une table en hauteur avec un bière, un bel homme un peu mate de peau me surprend avec un large sourire, ses dents sont blanches et alignées et des yeux pétillants en forme d'amande... Nous échangeons quelques phrases en anglais puis il m'interrompre en français. C'est un portugais qui parle anglais, français et espagnol. Je lui propose de venir avec moi en ville et très vite nous sentons une connexion très forte : simplicité, sourire, permaculture, émotions... Il très tactile et se rapproche de moi très rapidement pour me serrer dans ses bras musclés. Je déguste toute la soirée la street food laotienne on boit quelques bières ensemble. C'est fluide d'être à ses côtés... Au bout de quelques heures, il meurt d'envie de m'embrasser, il est extrêmement rapide. Je sens que je suis un peu gênée car tout va vite mais je sens que je meurs d'envie d'être au contact de ses lèvres très pulpeuses. Ses baisers sont langoureux et ses bras m'enlacent de manière spontanée et puissante. Il est tactile et j'aime ça.... je me sens vraiment privilégiée blottie contre son torse. En quelques heures tout me paraît magique et simple. Je décide donc de décaler mon voyage d'une journée pour profiter de sa douce présence.


Une journée à Luang Prabang

La matinée est consacrée à l'organisation de non future programme. Je réserve mon billet de bateau qui me déposera sous 2 jours à Huay Xai. Huay Xai est un petit village local situé à la sortie du Laos en provenance de Luang Prabang ou à l'entrée du Laos en provenance de la Thaïlande. Tout dépend dans quel sens on voyage. Moi, j'ai décidé de faire le voyage en contre sens : monter dans le Nord car Keo le responsable de l'association pour laquelle j'ai tout misé depuis des mois m'a relancé en anglais. C'est ok je peux monter dans le Nord du Laos pour retrouver l'équipe.

Toute la journée je visite et je vis des moments exceptionnels avec ce portugais, sauf à 3 reprises, il campe sur de l'insatisfaction et de la négativité. Je l'observe entrain de se rebeller devant les locaux. Nous avons visité une cascade sans eau. Je comprends l'injustice qu'il vit (puisque je vis la même) nous devons payer alors que le site est abandonné. Il achète des ananas périmés qu'il est obligé de jeter et le soir notre repas au restaurant à été oublié alors qu'il me répétait en boucle depuis une demi heure toute les 2 secondes qu'il avait faim. Il trépignait comme un enfant inassouvi à 47 c'est embêtant. Il a du mal avec la patience et la prise de recul. Très clairement l'ambiance est tendue car je réagis à ses interactions incontrôlées avec les autres tout l'après midi et le soir lors du repas. Ces réactions me positionnent dans une énergie négatives, je les trouve clairement disproportionnées.

On se rabiboche à la faim du repas après qu'il est le ventre plein. La connexion de douceur est revenue, mais sa pleine présence ce soir là est consacrée à sa fille qui habite en Israël avec sa mère qui a fuit le cocoon pour retrouver ses racines. Je suis encore tombée sur un homme à problèmes. Ma réaction est immédiate je lui dit "je comprends ta problématique de séparation et de manque que tu vis au sujet de ta fille mais clairement ce n'est pas mon problème". On s'endort "l'hôtel des culs tournés" car pour une fois j'ai pensé à moi. Je n'ai pas réagis comme une mère et j'ai fuis ma compassion habituelle de femme empathique. J'apprends au travers de ces expériences éphémères de femme voyageuse à me nourrir de douceur, de pleine présence et de respect. Je ne porterai plus les blessures de ces messieurs...

Au petit matin, je m'éclipse de la chambre en douceur avec ma frontale pour finaliser mon sac à dos et le laisser dormir. Je sens sa présence derrière moi. Il vient m'embrasser et me serrer fort dans ses bras. Tout est dit pas besoin de mot... Je quitte l'hôtel pour continuer mon aventure.


La douceur

Je me sens pleine de moi même. Complète, j'ai réuni depuis des mois toutes les pieces de mon puzzle pour m'aimer. Je suis une femme avec des besoins, des désirs, des envies...

Le voyage sans amour et sans douceur ce n'est pas fait pour moi....J'ai besoin de recevoir de l'amour, de partager mes émotions et me connecter à une vibration proche de la mienne. C'est dans l'amour que j'ai envie d'évoluer. Je ne sais pas où je vais m'arrêter de quoi je vais vivre. Mais j'ai un certitude j'irai chercher bonheur avant de me poser....


Direction Huay Xai

Je suis assise sur le trottoir devant l'hôtel. Je viens de quitter le beau portugais je lui écris un dernier message dans sa langue natale .

Je suis déjà passée à autre chose....

J'ai une drôle d'impression ce matin, que le tuk tuk ne passera pas me récupérer. L'agence m'avait donné un créneau, il n'est pas respecté mais le tuk tuk est bien arrivé un moment donné. Après quelques kilomètres avec d'autres touristes alignés comme des saucisses, je finis par monter dans ce grand bateau traditionnel laotien, il est tout en bois, ça y est je vais prendre la poudre d'escampette sur le Mékong. Je quitte la foule le nouvel an chinois pour chercher le calme d'un peuple local au fin fond d'un village dans le Nord du Laos.


Sur le bateau

J'embarque pour 2 jours de voyage sur ce bateau. Je suis divinement suspendue temporellement. Une merveilleuse occasion pour moi de m'octroyer, de me soustraire au stress de la vie trépidante d'aujourd'hui. Ces moments de calme, de silence, de léger ennui mais où l'on peut en revanche se sentir pleinement exister. Je lis, je mange et j'écris pendant des heures mon carnet de voyage parsemé de trous par le rythme de mon programme de voyage. Combien de pages je suis entrain d'écrire? Portée par la sensation de flotter telle une plume dérivant sur le dos du Mékong, je suis inspirée....

Le Mékong

Le Mékong est la colonne vertébrale de l'Asie du Sud Est.

Certains chiffres en imposent. Le Mékong coule sur 4909 km dont une grande moitié en Chine. Bien plus impressionnante encore, la superficie couverte par son bassin : 795000 km² utilisés pour l’irrigation, la pêche et la pisciculture, la production hydroélectrique, le transport et la fourniture d’eau pour environ 70 millions d’habitants. Son débit annuel est une autre donnée marquante : 284 km³ d’eau en moyenne, attestant de sa force, physique et, partant, économique.Dixième fleuve du monde et quatrième d’Asie, le Mékong prend sa source sur les hauteurs de l’Himalaya à plus de 4000 m d’altitude. Le « fleuve des six nations », également appelé « fleuve tumultueux » par les Chinois, irrigue d’abord la province du Yunnan en Chine, puis borde le Laos à la frontière de la Birmanie et de la Thaïlande. Le Mekong coule de nouveau au Laos aux confins du Triangle d’or et joue le rôle de frontière naturelle, désenclavant ce petit pays dépourvu d’accès à la mer. Il traverse ensuite le Cambodge, où naissent les premiers bras de son delta. Et se prolonge enfin en plusieurs défluents dans le sud du Vietnam, grenier à riz de l’Asie, où il est appelé traditionnellement le « fleuve des neuf dragons ».

Le Mékong, une artère touristique

Parcourir le majestueux Mékong offre l’assurance de saisir l’essence de la péninsule indochinoise et de voyager en son cœur même. Traversant de superbes paysages de montagnes, de rizières et de palmiers à sucre, il est considéré parfois par ses riverains comme une véritable mer intérieure. Chacune des étapes, au fil de sa longue remontée, offre de superbes visites et découvertes, certaines d’entre elles étant inaccessibles par voie terrestre. Liées de longue date par des échanges et des flux quotidiens, tant de voyageurs que de marchandises, Luang Prabang (Laos), Vientiane (Laos) et Phnom Penh (Cambodge) comptent parmi les plus belles villes d’Asie du Sud-Est, la première étant classée par l’UNESCO.



Pakbeng

Petite pause d'une nuit en plein milieu du Mékong. J'arrive à Pakbeng il commence à faire nuit et je suis sans hôtel. Je me fais de plus en plus confiance et surtout à la vie me sourit. Je ne resterai pas dehors sous un pont...A peine posé le pied au sol, que des laotiens me sautent dessus avec des pancartes de leur hôtel. J'accepte la proposition de Di. Il m'embarque dans son pick-up et m'installe dans une chambre avec un lit double. C'est le premier hôtelier à ne pas me demander mon passeport et l'argent avant de me poser. Il me sourit et me laisse libre jusqu'au petit matin. Il est juste exceptionnel Di, je suis chouchoutée comme une princesse. Je repars même le lendemain matin avec un bon sandwich créé par ses petites petites mains.


« Notre pouvoir ne réside pas dans notre capacité à refaire le monde, mais dans notre habileté à nous recréer nous-mêmes »


Gandhi

Ce sublime texte

Je suis bouleversée ce soir par ce quelques lignes que ma grande sœur de cœur Sophie vient de m'envoyer pour me changer les idées. Ce texte résonne en moi au point de me faire pleurer... Je souhaite vous le partage. Quand on tombe sur des évidences, il faut savoir les savourer avec beaucoup d'humilité. J'aime l'assemblage de ces mots et j'ai très envie que ce texte puisse parcourir des centaines voir des milliers de kilomètres au travers le monde :


"Quand tu seras prête, choisis bien l’homme qui marchera à tes côtés.

Choisis celui qui viendra te chercher au bout du monde si il le faut.

Celui pour qui la distance et l’espace ne sont rien quand il s’agit d’être avec toi.

Choisis celui qui t’attendra patiemment quand tu te perdras sur tes chemins d’obscurité.. car tu te perdras, crois moi, tu hésiteras.

Choisis celui qui se tiendra fort et stable, celui qui te ramènera quand tu te seras trop égarée pour retrouver ton chemin.

Choisis celui qui crois en toi, quand toi même tu ne crois plus en rien.

Celui qui a vu l’étendue de tes capacités et qui n’a pas pris peur.

Celui qui a mesuré l’étendue de ta folie et qui t’en as aimé encore plus.

Choisis celui qui est assez fort pour ne pas se sentir menacé par ta puissance.

Celui qui est capable de se tenir à tes côtés sans faillir.

Celui qui n’a pas peur du feu qui brûle dans ton ventre.

Celui que tes dons n’effraient pas.

Choisis le loup, le guerrier, car il faut un homme puissant pour marcher aux côtés d’une femme sauvage...

Il faut un homme capable de se frotter à ta lumière sans se bruler!

Mais surtout choisis celui qui ne baissera pas les bras, jamais".

Auteur Femme élegante et classe


Le 2eme jour sur l'eau

C'est Di l'hôtelier qui me descend lui même en pick-up jusqu'à l'embarquement : Pakbeng ›› Huay Xai. Je ne suis pas seule dans son véhicule d'autres touristes profitent de de l'investissement personnel de Di, c'est un excellent professionnel. Il sait si faire avec les voyageurs européens...

Sur le bateau mon corps se pose de nouveau comme la veille : je dors, je grignotere, je lis, j'écris mon carnet de voyage et je m'étale sur les 2 sièges. Qu'est-ce que j'apprécie ces 2 jours de flottement entre 2 villes, je suis dans mes rêveries et la contemplation... En fin de journée, je me sens un peu plus impatiente aujourd'hui, j'ai hâte de découvrir mon nouveau lieu de vie... A quelques minutes du port, je prépare regroupent mes petites affaires pour débarquer. J'arrive de nuit, les tuk tuk se régalent avec ce bateau rempli de touristes. En catimini, je fuis les attroupements, cela fait plus de 8h que j'ai mes fesses collées sur la banquette, j'utilise donc activement mes 2 jambes en sortant, avec mon sac à dos sur le dos. Les 17kg sur les reins me pèsent tout au long des 1,5km de marche. Mon gps à la main m'a bien indiqué l'emplacement de l'hôtel preconisé par mon ange gardien Nicolas (la personne qui m'a co-opté pour ma mission laotienne). L'accueil du patron de l'hôtel est simple et efficace. Je récupère un modeste chambre avec tout ce que j'ai besoin pour être.


Mon lieu de vie

Il est simple et spacieux. J'ai un grand lit de l'eau chaude, un joli petit bureau en bois et je découvre la vue exceptionnelle de nuit sur le Mékong. J'ai réussi a négocier la très belle chambre avec la fenêtre vue sur la terrasse. C'est un véritable bonheur. Je sens que ma nuit va être incroyable...

Le réveil

Je prends mon temps ce matin, mon rendez-vous avec le responsable de l'association Keo est planifié à midi. Depuis hier soir, j'échange avec mon amie de coeur Sophie sur ma capacité à m'exprimer en anglais, j'ai les chocottes. j'ai peur d'être jugée et que Keo me rejette. Sophie sait me rassurer. "Arrêtes de te mettre la pression, tu es présente en tant que bénévole" oui c'est vrai après tout, je propose ma présence c'est pour les aider, je ne vais commencer à me mettre la rate au court bouillon. Depuis toute petite, j'ai toujours eu cette impression que je ne suis jamais assez, assez intelligente, assez performante, assez belle. Je me suis toujours comparée à l'autre du à mon enfance. Mes parents m'ont toujours comparé à mon petit frère, je crois que c'est toujours rester en moi... De mon enfance à l'âge adulte, j'ai toujours voulu montrer la plus belle image de moi même comme si quelqu'un m'attendait à la sortie du virage. Mes schémas, mon éducation me collent à la peau. J'ai envie qu'on m'aime, c'est une évidence.


Je découvre le Mekong au petit jour...le soleil persiste et remplit ma terrasse de lumière.

Je tiens debout grâce aux rayons du soleil, ce sont eux qui me remplissent le cœur. Je ne retournerai plus vivre sur Annecy, c'est une certitude, les nuages sont trop bas pour moi. Je ne me vois pas vivre percher au dessus des nuages dans la neige. C'est bien cette source d'énergie solaire qui me nourrit et qui me donne envie de vivre ...

Avec un oeil attentif, j'observe les laotiens dans leur quotidien. Je fais quelques mètres et je décide de me poser à une table en bord de la route pour me remplir. J'ai l'estomac vide je prends mon premier petit déjeuner à Huay Xai. Je suis à la fois excitée et apeurée. C'est le grand jour pour moi je vais pousser les portes de l'association pour la première fois. Non chalente, je dévis ma balade sur de longs escaliers, je suis guidée jusqu'à à ce temple implanté sur les hauteurs. Quelques marches à gravir pour découvrir ce lieu spirituel tant attendu pour moi. Je m'y sens tellement bien que je mets à pleureur, je pleure de joie d'être entouré. J'ai un moine haut comme trois pommes qui se glisse dans la pièce principale du Temple pour prier pendant que moi je suis en position de lotus, les yeux a mu clos à 45 degrés devant moi. Je suis entrain d'appliquer la posture de médiation. Je sens sa présence derrière moi mais je reste focalisée sur le point que je me suis fixée avant de commencer ma méditation.

A ce moment là, j'exprime ma profonde gratitude face à la vie, à Nicolas, à ce peuple qui va m'accueillir pendant plusieurs semaines je l'espère...Je ne prenait pas suffisamment le temps en Europe pour remercier ce que la vie me déposait sur mon chemin...


Mon inconnu

Il a disparu...depuis que je ne lui écris plus...Plus de son, ni d'image juste celles que je like à distance sur les réseaux sociaux. Je sais qu'il a retrouvé "sa vivance" et cela me va ainsi. Je n'ai plus d'attente de qui que ce soit mais j'y pense....


L'innatendu

Présente à l'heure sur le lieu de rendez vous, je me suis préparée psychologiquement à mon entrevue avec Keo, je suis accueillie par Yim, un jeune laotien de 26 ans, le touche à tout de l'équipe. C'est celui qui s'exprime le mieux en anglais. Présente ce jour là aussi Hauk, discrète et souriante.

Les enfants à la sortie des écoles pointe le bout de leurs nez, je joue au uno avec eux, je m'amuse, je le détends, je suis tellement dans une belle énergie que je ne suis pas froissée à l'absence de Keo. Il m'a oublié... je ne comprends pas cette situation car c'est lui qui m'a fixe le rendez-vous mais je suis tellement en une osmose avec l'équipe que lui aussi n'était plus ma priorité de mon côté....On finira par se re-croiser en pleine journée. Je suis rassurée il accepte ma présence au sein de l'association et dans une semaine je lui fait un retour de mes ressentis et de mon envie ou non de continuer l'aventure. C'est clair dans ma tête j'ai envie d'être avec ces laotiens et ces enfants.

Le temps passe c'est déjà la fin de la journée, je remonte au temple pour prendre de la hauteur et des lumières orangées du coucher de soleil. Je suis subjuguée par la beauté du paysage et déroutée par deux messages whatsApp remplis d'amour celui de Sophie et d'Élisabeth. Je me sens aimer... Dans le temps présent tout au long de la journée, mon âme est en paix et joyeuse. Vivante je le suis, des larmes de joie coule le long de mes petites jouent comme ce matin...c'est très fort ce que je ressens. Je suis heureuse, je l'exprime et je l'écrit dans mon carnet de voyage pour ancrer ce moment.

Cette sensation d'être à ma juste place. C'est agréable d'être présente à soi même, ici maintenant sans rien attendre de la vie. La vie est simple à Huay Xai et tout ce j'aime autour moi est bien présent : le Temple pour méditer tous les le jours, le bord du Mékong pour me remuscler, la chambre pour contempler/ me reposer et la street food pour déguster les petites nouveautés.

Je partage les premiers sourires pincés

Enjouée à l'idée de retrouver l'équipe, l'hôtel est tellement de proximité que j'y vais avec mes pieds dénudés. Sans chaussure je fais les aller retours. Des projets pleins la tête j'en partage 2 celui de la peinture sur galets et la création de mandalas avec les esprits de la nature. Yim est enjoué avec mes idées. Nous empruntons la moto électrique de notre librairie roulante pour découvrir les bords du Mékong.

Avec Yim on collecte de la matière en pleine nature (des feuilles, des graines des branches, des fleurs) pour les enfants de son village et des villages voisins. Sa ligne conductrice de chaque jour : rendre heureux avec ce qu'il est. Il s'arrête à chaque fruit pour me les faire goûter. La vie est belle a ses côtés, elle ponctuée d'intelligence de douceur et surtout de simplicité. La vie tellement surprenante quand on prend le temps de l'observer avec une personne aussi belle et bien ancrée. J'ai tellement à apprendre avec lui. Yim a choisi l'heure de notre sortie, il me fait aussi découvrir le "sunlight" le coucher de soleil au bord du Mékong. Ces couleurs orangées, étincelantes me paraissent si intenses en même temps si éphémères... Le bonheur est impalpable face à cette ligne de lumière si éblouissante. Cette sortie en duo avec notre tricycle électrique est à la fois instructif et contemplatif. De pouvoir partager ces moments de sérénité avec un homme qui sait être présent à lui même et la vie est initiatique. Je savoure sa jeunesse si créatrice et si sage. J'apprends à faire péter mes croyances : "c'est l'expérience et l'âge qui pose la sagesse"... Ça existe des hommes jeunes et responsable. Je campais sur d'anciennes positions car mes 2 dernières expériences amoureuses m'ont marquées au fer rouge. Rouge de colère j'ai pu l'être à leur côté, j'avais l'impression d'être une maman avec des gosses. Du haut de ces 26 ans Yim rêve de construire. Il voit grand et loin ce petit jeune. Il a envie de bâtir une maison et de partager sa vie avec une femme, il prend des initiatives tous les jours et fais des choix justes pour lui et les enfants. En quelques jours il m'ouvre déjà son coeur sur son histoire de vie, ses besoins et son envie d'avancer. Fausse illusion croire que les laotiens sont froids. Ce sont des êtres uniques avec une carte du monde similaire à la mienne : partage, amour et spontanéité. Les laotiens sont juste marqués par leur éducation mais leur coeur est aussi gros que le mien... Ils se cachent juste derrière une certaine pudeur et des sourires un peu effacés.


Huay Xai

Houei Saiy, Huay Xai ou Ban Houayxay, est une ville du Nord du Laos, capitale de la province de Bokeo. Elle se trouve en face de la ville thailandaise de Chiang Khing (dans la province de Chiang Rai). De part sa situation géographique, cette ville est fortement fréquentée par les voyageurs. C'est la ville de jonction entre 2 pays: Le Laos et la Thailande.

J'ai entendu parlé du Triangle d'Or mais je n'ai pas eu cette opportunité de découvrir ces magnifiques paysages. C'est un espace de production illicite d'opium qui s'étend de part et d'autres des frontières interétatiques de trois pays d'Asie du Sud Est continentale : la Birmanie, le Laos et la Thailande.

Le routard a noté sur la page 425 du guide version 2023/2024 : "Pas un charme fou". Quelle tristesse de voir ces fausses annotations dans un guide qui fait le tour du monde. Dans ce village et les alentours il y a toute une richesse à découvrir. Entre le fleuve, les locaux, le Parc National Nal Kan, puis la réserve Nam Tha, le Temple... Comment peut-on dénigrer une si jolie région? J'invite les voyageurs à créer leur programme avec leur coeur au lieu de lire un guide qui ne fait que d'indiquer des références touristiques qui n'ont pas suffisamment d'âme pour moi et me tétanise à l'idée de rencontrer des milliers d'être endoctrinés. Les rendez-vous d'amour, de paix, de silence se trouve souvent ailleurs... Il faut souvent sortir des chemins battus pour y trouver des lieux remplis d'amour. Pour moi ce n'est pas l'édifice qui me remplit mais l'âme du lieu et sa vibration.


Reading Elephant Laos

Mon premier déplacement avec le tricycle direction la première école de proximité avec la team.

Je reste limite sans voix et les yeux qui picotent. Il y a une 50e d'enfants qui viennent se coller à nous pour lire, jouer, se détendre. C'est un expérience qui m'a bouleversé à la première seconde quand l'enfant haut comme trois pommes avec ses petits musclés a poussé le portail de l'entrée. Enfin mon voyage reprend du sens...j'en avais marre de croiser des touristes qui vont souvent en contre sens. C'est la vie au coeur du peuple qui me fait vibrer, découvrir ce qui se cache sous ces masques de pudeur. C'est la vie d'être ouvert aux autres de coeur à coeur. De toute façon je ne sais pas vivre autrement alors autant que j'écoute ma belle vibration d'amour et de partage.

On dessine, on peint, on mange, on joue, toutes les activités sont ouvertes sur le repas du midi. Les enfants sont vivants&pétillants, je suis aspirée par cette vibration positive. Le temps s'est arrêté à leurs côtés. Ces enfants mis à rude épreuve dès leur plus jeune âge par leur éducation plus stricte que celle des enfants européens sont à visage découvert. J'ai envie de tous les prendre dans mes bras mais j'ai profond respect que j'ai pour eux, je freine d'un gros coup de patin mes pulsions de câlins. Le respect qu'on a pour l'autre c'est ne pas écouter ses propres besoins de manière égocentrique mais d'écouter les besoins de l'autre pour respecter son univers. Aimer son prochain, c'est respecter son environnement, sa culture, ses croyances, ses coutumes....

C'est ce que j'ai vécu avec ma mère. Elle a souvent plus écouté ses besoins que les miens et j'en ai beaucoup souffert. Aujourd'hui, à l'aube de mes 43 ans, je vois bien qu'elle ne sait pas faire autrement, j'apprends à vivre avec et j'ai un amour indescriptible pour la femme qu'elle est, et la mère qui m'a fait grandir avec ce si beau coeur recouvert de cicatrices. C'est ça d'être un enfant hypersensible lancé dans le grand bain qui se nomme " la vie". Je crois que je vais mettre une décennie à m'aimer et à me laisser aimer, je n'ai jamais trop su faire... Pendant ce temps là, je sème des graines d'amour dans le monde...

Le voyage m'apprend à aimer son prochain avec ses différences...

Aimer son prochain avec ses différences.

A Luang Prabang, j'avais été attirée par ce portugais avec ses dents toutes alignées. Il est revenu dans ma vie hier soir, je pensais qu'il m'avait déjà oublié. Et bien, non, fausse illusion. Dans mes dernières lignes d'écriture le concernant j'étais dur...Je jongle avec mon exigence et mon empathie à chaque relation je dois apprendre à mesurer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas pour moi. Chaque être humain a le droit d'avoir sa petite place dans le monde mais je ne suis pas obligée d'aimer tout le monde


Donner sans retour

Je lâche tout, je me libère de mes propres jugements, je donne de l'amour sans retour. Dans la rue, je dis bonjour "sabaddi" en laotien à tous les commerçants et les enfants que je croisent avec un large sourire. Je donne je donne et je donne sans retour et ça me rend heureuse. Je fuis la colère et les portes fermées mais avec ma bienveillance j'éveille les sens. Je crois que je sèmerai toute ma vie des graines d'amour. Sois honnête Audrey avec toi, tu vois bien que tu ne sais pas faire autrement. Pourquoi aller à l'encontre de ce que l'on est ? Je continuerai à faire de l'ombre à ceux qui ne savent pas aller de l'avant, à prendre trop de place pour ceux qui n'arrivent pas à prendre la leur. La vérité c'est qu'ils ne pourront jamais me changer et j'en ai surtout pas envie. J'ai découvert le bonheur c'est de vivre au plus proche de ses tripes.

Je me trouve belle...

C'est vrai, je me trouve belle. Comme quoi, ce qui rend beau, c'est la vie après les blessures. Mon désir profond de rayonner sans craindre qu'elles ne soient apparentes. J'ai souvent comblé mes vides par du remplissage. J'ai décidé de m'accepter comme je suis avec toutes mes parts d'ombres au passage. Je me trouve belle avec ces failles qui viennent foutre la pagaille. Un jour je me sentirai tellement aimée que les morceaux de mon cœur qui ont été brouillés par le passé vont se coaliser.


La collecte

Avant de partager, j'apprends à collecter. Avec l'équipe, nous partons à l'aventure à 3 dans le tricycle aux places limitées. Les matières premières pour créer sont à disposition dans la nature. La vie nous dépose des pépites autant les utiliser pour développer les sens de ces enfants qui sont restreint à la maison sur leur ligne conductrice de créativité.

Mon inconnu

Bon tu n'es plus là, mais je pense à toi. Je t'imagine pétillant au bord de la mer en train de jouer avec quelques chiens errants ou contempler assis dans le sable un coucher de soleil avec mojito à la main. Tu es loin et tes appels me manquent.


Un samedi sous le signe de la joie

Je dois deviner que les écoles sont fermées et que l'équipe souhaite partir plutôt. Yim est déjà en route, je me suis sentie abandonnée... Diap, devant le shop, qui s'apprêtait à partir elle aussi, me propose de m'emmener en scooter sur le lieu de rendez-vous : un petit village perdu au fin fond du Laos. Assise sur la selle, je me craponne avec mes 2 mains sur la structure arriere du scooter. Je suis entrain bougonner dans ma tete. Un peu ballottée de droite et de gauche dans l'organisation je me tais j'apprends à observer dans le silence. Je suis les instructions et j'apprends à déconstruire mon envie à tout prix de donner mon avis. Je ne fais plus en fonction de ma manière de pensée. J'ai un profond respect pour le travail de Yim et du reste de l'équipe. Donc je suis en proposant quelques créativités en plus de ce qu'ils proposent. En partant, j'ai tout juste le temps de récupérer l'abc chantant que j'ai acheté à Vientiane pour les petits.

Arrivée sur place, j'aide à monter le petit stand avec les tapis, et le barnum pour accrocher les livres.

C'est tout un village qui vient à nous. Notre librairie roulante a du succès. Ici, les enfants arrivent les uns après les autres. Ils sont fagotés avec de vieux habits mal savonnés, ils ont dents de lait toutes rongées et les pieds et les mains sont remplis de crasse. J'ai le coeur un peu secoué de voir des enfants grandir dans l'amour et pauvreté... Je souhaiterais plutôt les voir dans l'amour et l'abondance materiel. Au Laos, la vie n'est pas toujours rose...

Après ma petite piqûre d'émotions fortes, je prends sur moi et je reprends le lead avec les petits. Je sors mon jeu ludique qui chante a tue tête en anglais pour les amuser. J'aime lier le jeu et l'apprentissage. Au cabinet de kinesio, je l'avais bien compris, c'est l'amour et l'humour qui embarquent les enfants dans un tourbillon de motivation. Je n'ai jamais eu d'enfant mais j'ai toujours su faire avec eux. Ma fibre maternelle doit raisonner en eux...

Pendant ces ateliers, nous n'avons plus de peinture. Si seulement quelques européens pouvaient nous envoyer un petit carton de peinture pour ravitailler l'association.... Du coup, on jongle avec nos différentes idées, comme en Afrique les laotiens apprennent à gérer la vie au soleil levant.

Pégase

Après une méditation au Temple je savoure avec douceur l'eureka qui est venu à moi. "Pégase" est arrivé dans mes pensées, j'ai pris note et j'ai fais des recherche. Qu'est l-ce que mon moi profond veut exprimer?

Cela fait quelques années que la méditation est outils précieux pour moi qui me permet de trouver mes clefs. Alors je l'utilise pour y voir plus clair sur mon chemin. Je me fait confiance et je fais surtout confiance à mon âme. El


Qui est Pégase ?

Pégase

Pégase est un cheval ailé divin, l'une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque.

Pégase et la mythologie Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles, (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),"Dans les légendes grecques, Pégase, le cheval ailé, est très souvent en relation avec l'eau : il serait fils de Poséidon et de la Gorgone ; son nom est rapproché du mot source (pégé) ; il serait né aux sources de l'Océan ; Bellérophon l'aurait trouvé buvant à la source Pirène ; d'un coup de sabot sur une montagne, Pégase fit jaillir une source ; il est lié aux orages, portant le tonnerre et la foudre pour le compte du prudent Zeus. Une source ailée. La signification symbolique de Pégase doit tenir compte de ce rapport : fécondité-élévation, qui pourrait servir d'axe à l'interprétation du mythe. Nuage porteur d'eau féconde.Le cheval figure traditionnellement l'impétuosité des désirs. Quand l'homme fait corps avec le cheval, il n'est plus qu'un monstre mythique, le centaure : il s'est identifié avec les instincts animaux. Le cheval ailé, au contraire, figure l'imagination créatrice et son élévation réelle... les qualités spirituelles et sublimes (capables d'élever l'homme) au-dessus du danger de pervertissement. C'est, en effet, porté par Pégase, que Bellérophon triomphe de la Chimère. Pégase apparaît ainsi comme le symbole de l'imagination sublimée... l'imagination objectivée, qui élève l'homme dans les régions sublimes.On retrouve ainsi dans cette interprétation les deux sens de la source et des ailes : la créativité spirituelle.Il est normalement devenu le symbole de l'inspiration poétique. Mon Pégase, dit Henri Heine, n'obéit qu'à son caprice, soit qu'il galope, ou qu'il trotte, ou qu'il vole dans le royaume des fables. Ce n'est pas une vertueuse et utile haridelle de l'écurie bourgeoise, encore moins un cheval de bataille qui sache battre la poussière et hennir pathétiquement dans le combat des partis. Non ! Les pieds de mon coursier ailé sont ferrés d'or, ses rênes sont des colliers de perles et je les laisse joyeusement flotterSon apparition, qu'elle signification ?Je tombe sur ce texte qui met tout de suite du sens dans ma vie :"Lorsque Pégase apparaît, cela veut dire que vous désirez vous élever au-dessus de votre façon de vivre ordinaire sur le plan physique pour rechercher la connaissance sur le plan spirituel et arriver à vivre la croissance de votre âme. On croyait que, partout où Pégase posait son sabot sur la terre, une source d'inspiration jaillissait. Pégase signifie que vous avez la capacité innée de transformer la négativité en positivité à travers votre connexion au spirituel. Pégase est un être magnifique et pur, plein de grâce et de bonté. Cela signifie que vous avez en vous ces mêmes qualités, qui attirent les autres à vous. Ils ressentent que vous êtes descendu sur terre dans la transparence et le désir d'écouter et d'aider les autres dans leurs problèmes. Votre stabilité émotionnelle vous aide à leur donner une guidance sans détour qui inspire et élève leur propre nature spirituelle. Pégase vous met en garde contre le fait de manipuler à dessein les situations ou les personnes pour suivre votre propre chemin, en blâmant les autres pour vos propres agissements, ou en jouant sur leurs émotions. Ces façons de faire sont négatives, et Pégase vous encourage à vous réapproprier vos fautes pour transformer le négatif en positif, et à être fort dans votre service".Pégase est porteur d'éclairs, créateur de sources, mais aussi il est le symbole de l'inspiration poétique et transformation. Tout ce que je sens qui naît en moi. Ce cheval ailé c'est moi, je me sens libre et inspirante comme lui.l'élévation des désirs essentiels de spiritualité


La petite laotienne

Je déambule sur la route qui mène à l'embarcadère, je viens de quitter ma mission pour prendre l'air. Une petite fille laotienne debout dans un pick-up stationné au bord de la route m'interpelle avec une agitation spontanée. Je ralentis mon pas pour me stopper précisément devant elle. Elle me check dans la main avec un large sourire. Cela fait une semaine que je vais à la rencontre des enfants. (à l'école ou au sein du village) ou que les enfants viennent à moi (au shop). Apparemment, elle a reconnu ma bouille. Je ne me souviens pas d'elle, les petites laotiennes ont toutes le même faciès. Je lui ouvre mes bras pour recevoir un câlin et instinctivement elle se blottit dans miens. A cet âge là, les enfants sont naturels, aimants, sans filtre. Ce moment de tendresse est spontané et honorifique. Je suis émue je lui transmets un dernier sourire pour reprendre une marche plus lente, je sens mon pas plus posé désormais. Ce brin d'amour s'est faufilé dans mon cœur.


Fata

Ce matin je chevauche ma bicyclette prêtée par mon hôte pour rejoindre mon lieu préféré pour mon petit déjeuner avant de me diriger sur le petit marché de Huay Xai. Je pédale tranquillement et d'un seul coup mon vélo dévie sa trajectoire en observant ce regard insistant dans la rue. J'ai l'impression de voir mon petit portugais rencontré à Luang Prabang. Ce n'est pas lui mais bien son sosie avec des joues un peu plus rondes,... Pendant quelques secondes j'ai bien cru que c'était lui, le bel homme aux dents alignées...Il vient du nord de la France, il s'appelle Fata et voyage en solo aussi comme moi. Son prénom atypique demande à réfléchir. Je suis curieuse je lui demande la signification de son prénom dans les quelques minutes qui suivent notre rencontre. Fata signifie : "le conquérant, le victorieux" et au sens littéraire : "celui qui ouvre la voie". Sa spontanéité est bouleversante, je dirai perturbante. C'est la première fois que je sens que le naturel d'une personne m'envahit. Cela fait à peine une demi heure que je suis avec lui entre de partager des épisodes de mon aventure qu'il me propose déjà de vivre aupres de lui. "Pole pole" doucement doucement comme disait les zanzibaris. Je sens que je peux lui faire confiance pendant mon voyage. C'est homme naturel, audacieux et très sympathique. Il enregistre mes coordonnées sur le champ de peur de m'oublier...Nous nous quittons sur un énorme hug au bord de la route, il quitte Huay Xai pour redescendre dans les terres laotiennes.


Après la solitude, la sollicitude

Mon moral est en berne cet après-midi, j'essaye d'échapper à cette solitude qui me m'attraque l'esprit et qui de temps en temps remonte à la surface. J'ai envie de tendresse et de dialoguer en profondeur avec mes tripes. Cette douceur j'ai envie de la partager en toute intimité...mais je suis seule. J'essaie d'éviter la dérive émotionnelle, je me prends en main et je décide de me faire jolie. Je mets ma petite robe rouge, du parfum, je me maquille et je lâche mes cheveux pour qu'ils puissent reboucler naturellement par les petits vents rafraîchissants. Je vais sortir même si la rue est bondée d'inconnus, je prends mes ballerines et je vais conquérir quelques regards et sourires. Je ne me laisse pas abattre je sais que ces moments de vide sont impermanents mais bien omniprésents par moment. Je m'assois seule avec un livre à la main, à une table dans un restaurant. J'attends ma soupe végétarienne (mon envie du moment) pour alléger ce bide gonflé par mon pancake bananes du matin. Je lève les yeux pour récupérer quelques souffle d'air et observer un peu le monde qui m'entoure. Et là, je tombe nez à nez avec cet inconnu jeune et très charmant que j'ai croisé ce matin au petit déjeuner. Sans table, sans hésiter, je lui propose la chaise en face de moi. Il ne parle pas français c'est un polonais. A ma grande surprise il s'exprime très bien anglais. C'est un véritable bonheur de l'écouter. Je bois ces paroles tout au long du repas puis il me propose une petite cigarette... Nous sommes tous les 2 sur le bord du trottoir entre de papoter en anglais. Je me sens bête car je n'ai pas assez de mot pour partager ce que je suis dans toute mon entièreté. Je l'embarque avec moi, à pied de nuit tout au bout du village pour lui faire découvrir mon dessert préféré. On passe un moment simple et naturel... Dans nos échanges il me confie qu'il apprécie les massages thaïlandais et très naturellement je lui propose un massage de la tête celui que je propose a mes clients en France pour le détendre. Je n'ai aucune attente et son approche est tellement distinguée que je me sens libre a ses côtés. Je me faufile dans sa chambre, je m'installe confortablement devant sa tête pour lui transmettre un regain d'énergie. Après ce massage dans lequel je dépose dans son coeur de l'amour et de la protection pour son voyage je sens qu'il a besoin de me remercier. Tous les 2 debouts l'un contre l'autre il m'enlace tendrement et il me fait le hug, le câlin, le plus puissant de mon voyage. Après ce moment de douceur et d'intimité tant espéré je rentre à mon hôtel le coeur tout léger. J'ai très envie de recroiser ce beau polonais en voyage...


L' Écriture

Je couche des lignes les unes derrière les autres pour soulager mon coeur et pour répandre de l'amour un peu partout. Grâce à ce projet d'écriture je me sens vivante. Je décris avec profondeur mes ressentis ma vision de la vie. Je ne détiens pas la vérité, je vis juste avec ma sincérité. Dès que le temps me le permets je dépose dans ce carnet de voyage les pépites de ma journée. Depuis que je suis alignée une mascarade de bonheur se dépose sur mon chemin.


Valse fauve

Après quelques jours de lectures, je viens tout juste de terminer ce merveilleux ouvrage de 269 pages de Pénélope Rose. Cette romancière écrit divinement bien. Je suis hypnotisée par l'histoire de cette femme nommée Rose qui pendant toute la guerre va s'accrocher à son accordéoniste pour survivre. Grâce à cet ouvrage je découvre les sombres parties de notre histoire qu'il ne faut absolument pas foutre derrière les fagots. Il est important de faire face à toutes les situations de notre existence : la mort est tout aussi importante que la vie. Par procuration, Rose m'a transmis ses peurs, ses doutes, ses illusions, sa solitude ses joies... La guerre est l'antagonisme de la liberté !

Pendant mon voyage, Rose me rappelle les points essentiels de la vie : la confiance, l'instinct, l'espoir, le courage, l'optimisme et la résilience.

J'ai de la chance! Je suis libre dans cette vie qui est mienne.


J'ai arraché ce livre d'une des étagère du shop "Reading Elephant Laos" c'est grâce à cette association que j'ai pu découvrir cette merveilleuse histoire, celle de Rose. Merci la vie🙏

Prolongation de mon visa

Yim, l'animateur préféré du Book shop me dépose au poste de police pour réaliser ma prolongation de visa. J'ai décidé de vivre un mois de plus au Laos. J'ai envie de découvrir ce merveilleux pays un peu plus en profondeur. Au poste de police personne ne parle en anglais je jongle avec mon application entre le français et le laotien pour communiquer Je passe par 2 officiers diférents avant de poser la première question au service de l'immigration. L'officier me demande mon passeport, de payer immédiatement et de revenir demain. Je refuse de payer sur le champ. Je ne paierai pas sans avoir en main mon passeport et ma prolongation de visa. Une réaction spontanée et une question essentielle à la clef : "Pourquoi gardez-vous mon passeport ?". L'officier me répond vous allez le récupérer demain. Sa réponse ne colle pas à mes peurs. C'est mon meilleur ami que je suis entrain de l'abandonner. Vous venez de me kidnapper, je ne suis pas rassurée. Cet officier qui ne voyage très certainement pas ne voit pas en moi mon insécurité. Elle me demande de revenir demain entre 9h00 et 10h00. A ma sortie, Yim découvre sur mon visage mon interrogation. Je refais donc le point avec lui et il decide de vérifier l'exactitude des informations avec les officiers en laotien. Je suis un peu plus rassurée d'être à ses côtés mais c'est la première fois que je laisse mon passeport dans un pays étranger. Je suis légèrement angoissée mais sais que je peux faire confiance aux laotiens. Il y a quelques chose en moi qui me raccroche à ce morceau de papier : ma liberté !

Il est 9h45, je viens de récupérer mon passeport et ma prolongation accompagnée d'un ancien officier de police qui travaillait dans ces bureaux, c'est mon ami Keo. Je me sens soulager, d'être auprès de lui pour réaliser cette démarche.

J'avais raison de faire confiance en la vie.


Petit à petit l'oiseau fait non lit

Cela plus de 2 semaine que je vis dans ce village laotien, je m'y sens comme à la maison. Les enfants septiques des premières heures passées à mes côtés ce sont rapprochés dans l'authenticité. Je joue avec eux, je partage de l'amour des sourires des photos des vidéos des cadeaux (peinture feuilles de bananes, gâteaux). Je donne tout ce que je suis pour que nous y trouvions tous notre compte. Moi mon plein d'amour et eux une présence rassurante et plein d'humour d'une femme baroudeuse en quête de sens.

La nourriture

Mon âme a besoin d'être nourris par de l'amour, des prières et des petits riens qui font tout. Et puis, il y a ce corps, un peu capricieux, un peu gourmand qui réclame un peu trop à mon goût. J'ai pris du poids et des petites joues, je me sens engoncée dans ces vêtements achetés sur le marché. J'ai envie de freiner les petits excès de mes curiosités gustatives.

Je ne dissocie pas mon âme de mon corps, je sens par moment que j'ai besoin de me remplir un peu plus, le voyage me créé des manques que j'apprends à endosser. J'ai envie de serrer mon frère dans les bras, je ne peux pas, j'ai envie d'être au côté de Laure, je ne peux pas, j'ai envie de faire un tour de France pour passer du temps avec tout ceux et celles que je n'ai pas vu depuis des années, je ne peux pas. Je suis loin des êtres qui me sont chers... J'apprends à vivre différemment...

Mon inconnu

Il ne m'a pas oublié, il s'est juste déconnecté de son téléphone. Il a bien raison. Il profite de son voyage et il embrasse la vie. Il fait de jolies rencontres sur sa route et je suis heureuse qu'il me partage son bonheur. Nous venons d'échanger, son visage est rempli de joie et son âme a soif de découvertes, un peu comme la mienne.


L'école de Keo

Keo le responsable au Laos de "Reading Elephant Laos" a créé avec des partenaires une école privée pour la petite section. 130 enfants viennent partager son quotidien. Il peut donc consacrer du temps à sa famille et ses élèves .

La petite section est une étape importante dans la vie d'un enfant et je suis réjouie à l'idée que ces gosses soient nourris intellectuellement. Ce n'est pas tout, ces enfants apprennent le savoir être, le savoir faire, la créativité et l'autonomie.

Je suis une privilégiée, Keo me récupère au shop ce matin pour partager ce qu'il a construit...Nous allons donc à l'école.

Les enfants pétillants m'accueille avec des larges sourires. Ma différence physique attise les curiosité, certain me teste en touchant mes mains ou mes bras avec de grands yeux écarquillés. Je passe le nez par les fenêtres de chacune des classes, accompagnée de Keo, je pleure de joie de voir tous ces enfants réunis. Je sens que mes larmes coulent sur mes joues et je les laissent me parcourir. Je n'ai plus rien a cacher...c'est mon coeur qui s'exprime... Je passe ma journée à découvrir l'environnement de ces enfants. Mon atelier mandala est proposé aux enfants et aux professeurs. Je suis extrêmement touchée. Je suis un peu gênée car je n'ai pas pris assez de feuille de bananes pour tous les éleves. Je m'adapte au nombre d'enfants et de professeurs, l'organisation est gérée au pied levé. Rien n'est grave, notre présence a déjà toute son importance. Les enfants ne cherchent pas la performance et l'exigence mais la pleine présence et ça je l'avais bien compris avec mon expérience de plus de 10 ans en kinesiologue. Je partage avec ces enfants leur repas, leur sieste et l'atelier préparé avec mon coeur. C'est un honneur d'être auprès de Keo.

Toute la journée, un enfant atypique un peu comme moi n'a jamais voulu dormir, il ne dort jamais c'est le seul de l'école qui ne suit pas les consignes , c'est un doux reveur qui vie dans son monde. Je me sens proche de lui, d'ailleurs c'était mon ombre toute la journée, partout où j'allais il me suivait ..quel petit amour.

La présence des enfants me comble de bonheur surtout les laotiens au grand coeur.


Le jeûne

Hier soir, j'ai décidé de jeûner pour nettoyer mes tuyaux engorgés de ces excès.

Au réveil, mon envie a changé. Je ne vais pas m'empêcher de manger, quelle absurdité entre les ateliers que je dois créés et la chaleur de l'été qui reposent sur mes petites épaules, je ne vais pas me rajouter de contraintes qui viendrait me mettre en difficulté. Je vais manger des fruits, boire du thé et surtout beaucoup d'eau. Mon urine est bien trop jaune en ce moment. L'hydratation était le nerf de la guerre au cabinet. Je me rendais pas compte à quel point l'Homme s'auto-sabotait et j'en fais partie. Je ne bois pas suffisamment d'eau en une journée, c'est très mauvais pour ma santé. Je suis un peu comme un chameau et j'en ai surtout pas envie. C'est comme si je jouais avec ma vie ... Les 36 degrés devraient me réveiller. Rien n'y fait je suis un peu bornée...


Le baroudeur en scooter

Le polonais ne m'a pas oublié. C'est lui le baroudeur en scooter... Je reçois des petits messages très courts mais reguliers depuis notre rencontre. Je pensais que c'était impermanent les bons moments. Omnibulée par mon inconnu du mois de janvier, je suis entrain de m'oublier...Je vais mettre les watts sur l'instant présent, c'est lui qui est sacré. Je ne sais pas où la vie va me guider alors j'ai décidé d'être heureuse à chaque minute, à chaque seconde de mon vivant. Je meurs d'envie de le retrouver au Laos là où il baroude. Peut être que la vie m'a permis juste de savourer une seule et unique soirée ou peut être j'aurai l'occasion de le recroiser au Laos ou dans une autre vie, et/ou dans un autre pays.


"On pense trop et on ressent trop peu. Plus que de machines, on a besoin d'humanité. Plus que d'intelligence, on a besoin de gentillesse et de douceur. Sans ces qualités, la vie perd son sens."

Charlie Chaplin

L'amitié

"Accrochez-vous aux seules personnes qui parviennent à rendre vos jours meilleurs.Celles qui vous arrachent un sourire dès qu’une larme coule. Ces personnes qui arrivent toujours à vous prouver que pour elles vous êtes indispensable.Accrochez-vous à celles-là : à ces seules personnes qui ne vous disent pas mille fois à quel point elles tiennent à vous, mais qui le prouvent à chaque fois que vous en avez besoin parce qu’elles vous aiment"[A fleur des mots]

Pendant ce voyage, ma liste d'amis français se restreint seuls les amis de coeur restent à mes côtés. Pendant mon voyage, j'essuie ma tristesse des deuils que je dois laisser partir et je remercie la vie de m'apporter des nouvelles âmes plus proche de mon éveil actuel. Pendant mon riad trip je dois apprendre à laisser partir pour retrouver des personnes plus proches de ma vibration. Je continue pendant ce voyage à ne pas me perdre dans la relation. Je ne prends pas personnellement le fait qu'ils ont envie de me quitter. C'est leur choix. Amie fidèle je me suis toujours battue pour l'amour et les échanges mais c'est terminé je ne me battus avec ceux qui tournent des pages sans communiquer et je ne vais pas débattre et me justifier pendant dix ans. C'est fini le sacrifice pour des âmes qui n'ont pas envie de se battre pour moi.


Ces petits riens qui font tout

Douches de chat

Cela fait des mois que je prends des douches de chat à l'eau froide, des fois souillées, colorées et sans pression... Ce petit rien qui me fait tellement du bien : une douche chaude avec de la pression, quel bonheur!


Ce chien

Sur le bord du Mékong j ai rencontré un nouveau compagnon de voyage : un joli labrador. Ce chien me colle aux baskets pendant ma première course à pied. Je sens qu'il a du mal à me quitter après quelques caresses. Les animaux sont comme les enfants : un geste d'amour, de la bienveillance et de l'attention et le tour joué....Dans Huay Xai je le croise très souvent, il a le droit à sa petite caresse indépendant il trace sa route...

Ma petite coco

J'ai découvert son jus et sa pulpe à Madagascar et depuis je suis devenue accroc. C'est saint, c'est doux, c'est naturel. C'est la terre qui me nourrit de son fruit. Un couple de personnes âgées vendent dans une des rues parallèle à la rue principale du village de magnifiques noix de coco. Elle sont énormes et si délicieuses que j'ai pris le plus à plusieurs reprises de m'installer chez eux et de savourer cette petite douceur. Pendant ce temps je partage une peu de leur vie auprès d'eux. La petite fille qui prend son repas du midi avec moi. Et cette chienne qui vient nourrir ces petits. Je suis admiration face à cette vie si simple et si belle. Je prends le temps de découvrir ces laotiens qui ont tellement à m'apprendre sur la notion de l'instant présent.


Le tambour géant

Je suis entrain de monter tranquillement les centaines de marches pour arriver au Temple. Un son puissant de tambour attise ma curiosité.

Le son de cet instrument de musique utilisés par des moines laotiens est impressionnant. Les enfants sont haut comme trois pommes et font raisonner dans Huay Xai un son puissant avec leurs petits bras musclés.


Les couchers de soleil

Tous les soirs, je m'octroie ce temps pour contempler ce spectacle naturel : le sunset, le coucher de soleil qui embrasse le Mékong. De la terrasse de mon hôtel, du Fort, du Temple du bord du Mékong je ne rate pas une miette depuis mon arrivée à Huay Xai. Un moment de douceur coloré face à cette rivière asséchée. Mon esprit du moment est aussi calme et en paix que le Mekong. Ce petit rien qui fait tout.


Un petit bonbon

Solaire et partageuse, ce matin là, je me dirige vers un shop juste à côté de mon hôtel et j'achète une bouteille d'eau pour la journée. Je me rends à la caisse et je décide d'offrir le rendu de ma monnaie à cette vendeuse. Elle me remercie avec un sourire radieux et en liant ses 2 mains avec un geste de la tête et m'offre ce petit bonbon pour me remercier de mon geste. Au Laos, le moindre petit geste d'amour est 10 mille fois remercier, je les trouve bien plus humain que les européens.

Le Tak Bat

Ce matin en me levant de bonne heure je passe furtivement devant une cérémonie qui a lieu dans un "shop" dans la rue principale de Huay Xai. Cette cérémonie se nomme : le Tak Bat. Cérémonie de la quête matinale des moines recevant les offrandes des fidèles, le Tak Bat se déroule aux aurores vers 6h00 du matin.Le don a une réelle signification dans la religion bouddhiste ainsi que l’humilité partagée des fidèles agenouillés et des moines, colonne par un, mendiants leur pitance à base de riz gluant. S’il est souvent attaché dans les esprits de Huay Xai, le Tak Bat s’exécute avec un caractère réellement authentique pour chacun des temples du pays.

Ce rituel est sacré pour les laotiens, je suis restée devant quelques secondes, ma curiosité me tentait de rester mais mon respect m'a dirigé vers une autre démarche : reprendre tranquillement le chemin que j'empruntais.


Le geste de Yim

Je passe au shop avec la paire de chaussures qui se décolle. Chaque problème à une solution pour Yim c'est comme les Africains, on se débrouille avec ce que l'on a. On bricole jusqu'à trouver une solution. Ces peuples sont bien plus intelligents que ces occidentaux bourrés de fric. Une seconde de vie pour mes chaussures grâce à Yim. Gratitude !


Les câlins

J'ouvre mes bras à tous les enfants qui auront décidé de se blottir dans les miens. Je suis agréablement surprise, dans les petits villages, j'ai même les grand enfants qui cherchent ma tendresse et à me remercier pour les bienfaits que je leur apportent. Ici, les enfants ont un profond respects pour les actions bienveillantes que tu déposes à leurs égards pas comme en Europe ou tout est un dû.

L'ennui

«Tout, autour de nous, change sans cesse. Chaque jour, le soleil illumine un monde nouveau.Ce que nous appelons routine est rempli d'occasions nouvelles, mais nous ne savons pas voir que chaque jour est différent du précédent. Aujourd'hui, quelque part, un trésor vous attend. Ce peut être un petit sourire, ce peut être une grande conquête, peu importe.La vie est faite de petits et de grands miracles. Rien n'est ennuyeux, car tout change constamment. L'ennui n'est pas dans le monde, mais dans la manière dont nous voyons le monde.» - Paulo Coelho

Quand j'étais plus jeune l'ennui me terrifiait, d'ailleurs j'ai toujours fait en sorte de combler ma vie d'activités ou de rencontres pour ne pas sentir ce vide et me surtout me sentir vivante. Ma sagesse en grande partie responsable de ce nouvel oeil sur la vie me permet désormais d'apprécier ces moments de douceur de vide qui me remplissent.

Chaque moment passé avec moi même sans rien faire est du pain béni, j'en ai conscience réellement à 43 ans. Je ne suis plus dans ce flux d'actions bien dans cette réalité : le moment présent.


Expérience Reading Elephant Laos

Le véhicule de l'association est désormais réparé et plein a craqué de livres, de jeux, de différentes activités et quelques affaires personnelles, des couettes, des tentes et la nourriture. Je pars à l'aventure pendant 3 jours et 2 nuits avec mes acolytes laotiens de l'association en pleine expédition au coeur des villages reculés.


L'objectif transmettre le goût pour la lecture, le dessin et l'amusement à tous ces enfants qui ont a peine de quoi se vêtir. Ces enfants n'ont rien qui les lient au consumérisme mais simplement à la nature propre de l'humain : la simplicité, la profondeur de leurs tripes et leur humilité. Les journées sont pleines d'amour et d'humour. Le programme est divisé en 2 : le matin pour l'apprentissage des enfants des villages et l'après-midi pour le remplissage d'énergie de l'équipe. Il fait plein cagnard ici, nous atteignons les 37 degrés à l'ombre l'après-midi. Je ressens en moi une mollesse qui se maintient depuis quelques semaines...C'est normal c'est la chaleur qui me rend un peu loukoum. Au Laos c'est l'été.

J'observe Yim animé les classes comme un professeur diplômé. Cela fait des années que les diplômes n'ont plus grand intérêts pour moi. Ma vérité : " la qualité de l'homme ne se juge pas sur des morceaux papiers mais sur des expériences de vie vécues". Yim est un grand homme sa source d'énergie est l'amour qu'il distribue comme des graines aux autres quotidiennement. Brimé par le manque de fric et de matériel dans son enfance, Yim s'est construit par sa grande force : l'envie de réussir sa vie et de rendre possible ce qui était impossible pour les enfants des petits villages. Il a 26 ans et il est bien plus riches que ces européens pourris gâtés et gavés de matériel et de monnaie. En France personne n'a connu dans son entourage un enfant qui a passé ses premières années à marcher pieds nus avec les fesses à l'air. Yim lui l'a vécu et m'a expliqué son enfance. Ce sont les galères qui construisent les êtres que nous sommes. C'est un homme responsable, fiable, sincère, créatif et aussi un humaniste, protecteur, intelligent, drôle. Je trouve en lui toutes les qualités que je pourraient découvrir en 10 européens réunis. C'est une ame pure et douce pleine de bienveillance. Je suis vraiment heureuse de vivre à ses côtés depuis plusieurs semaines désormais. Je déguste sa pleine présence avec les enfants, ses explosions de sourire, sa gestuelle dynamique pour motiver interactions signent d'un futur papa.

Pendant ces 3 jours, je suis, je donne de l'amour, j'essaie de comprendre la gestuelle et les quelques mots en anglais que j'arrive à capter pour aider l' équipe. Par mimétisme je reproduis les gestes du quotidien, je prends des initiatives pour les aider et j'apprends surtout à les observer. Je reste 3 jours muette comme une carpe et je les écoute échanger en laotien. Ma curiosité me pousse à tout comprendre. Je lâche l'affaire c'est impossible avec cette langue extrêmement riche par ses lettres originales et par le son qu'il en ressort . J'apprends à ne rien faire et à observer, attendre, écouter... Une nouvelle expérience se présente à moi..

Pendant ce temps là...

Hier, j'ai observé cette belle leçon d'humanité avec ces 2 enfants. A l'époque il existait un chemin, les villageois pouvaient traverser d'eux même grâce à cette route de pierres depuis qu'elle n'existe plus... les jeunes laissent leurs scooters et traversent la rivière. Il y a ce petit garçon qui a confiance en lui dégourdi qui va de l'avant qui n'a pas peur puis il y a celui qui avance à son rythme et qui passe les obstacles avec de l'appui mais qui passe les obstacles tout de même. Le premier petit bonhomme qui fait demi tour pour aider son ami, son frère...Nous avons beaucoup à apprendre de ces enfants du Laos : responsables, authentiques, dégourdis et surtout empathiques.



Ma révélation

Chipie mon chat décédée à l'aube de ces 18 ans ans, tombe d'un lit superposé et meurt sous mes yeux dans l'un de mes cauchemars. Je me réveille toute secouée de la voir morte. Mon esprit ne divague pas c'est un signe. "Chipie m'envoie un message" me dit : Ghislaine mon ancienne thérapeute devenue au fil des mois, une amie de coeur très importante dans ma vie. Je vérifie donc la date de son décès, c'est bien le 2 mars mais il y a 2 ans. Je suis sidérée par les cadeaux de la vie. Chipie est là auprès de moi et me montre sa pleine présence à mes côtés pour me soutenir dans mon périple jonché de cadeaux et de vérités prisent de plein fouet.


Je suis piqué dans mon intégrité

Je suis au Temple quand un français de 75 ans vient me parler. Notre chemin est similaire, tour du monde en solo avec un itinéraire au Laos semblable au mien. Je me sens entourée, écoutée et nos discussions sont très intéressantes. Nous continuons nos échanges profonds autour d'un café et d'un thé devant son hôtel. Son départ est imminent, dans le nord du Laos. Cet homme est très intéressant et son expérience me pousse à en savoir davantage sur lui. Enthousiasme, pétillante, mon coeur est heureux et je m'emballe sans m'en rendre compte. Christian me stoppe sans mon élan de joie pour me dire "Audrey tu parles trop vite pour moi je n'arrive pas à te suivre, peux tu ralentir". Piqué dans mes entrailles je lui réponds. : "bah non je n'ai pas envie de changer pour quelqu'un d'autre aujourd'hui" m. Christian me répond très posé : "Si tu veux que je te comprenne et qu'on échange, il serait judicieux que tu modifies ça chez toi". Mon corps se positionne en mode protection : "Pourquoi je changerai? je lui rétorque. "Je ne te demande de changer mais de t'adapter", me répond Christian. Je lui répond avec fermeté : "je n'ai pas envie de m'adapter à tout le monde et en permanence". Tu manques cruellement d'empathie dans ta vie me répond t-il. Et là, l'émotion liée a l'injustice me fait réagir au quart de tour. MOI, en manque d'empathie. J'ai passé ma vie à intéragir pour que l'autre soit toujours ma priorité. Je me sens piqué dans toute mon intégrité. Mais c'est mal connaître, de penser ça de moi. Je déteste l'injustice, le jugement et je crois que je ne supporte plus les maladresses émotionnelles qui me dévissent le coeur. Dans mon ancienne relation j'ai bien compris que je ne changerai pas l'autre mais j'aimerai bien qu'on m'accepte aussi comme je suis aussi.

Au Temple, après une longue méditation dans laquelle j'ai déversé ma tristesse et repris de l'énergie positive, je prie pour calmer mes émotions et ce tiraillement intérieur. J'en retire de profondes clefs pour moi :

Se positionner peut aller à l'encontre de l'autre, je ne dois pas m'excuser d'exister. J'arrête de me culpabiliser d'être ce que je suis...

Et la phrase, la plus profonde est celle-ci : "Accepte l'autre dans sa différence et acceptes moi comme je suis".

Nous sommes beaux tels que nous sommes et il serait grand temps que nous nous en rendions compte. Donc restons nous même et acceptons nous l’un et l’autre dans la mesure de nos limites respectives. Ne nous soumettons pas à l’autre et nous nous empêchons pas d’être nous même.


La bienveillance

C’est un atout majeur que d’avoir du cœur, un esprit bienveillant et chaleureux. Non seulement on en éprouve de la joie, mais on la fait partager à ses proches. Les relations entre individus, nations ou continents se dégradent faute de bonne volonté et de bienveillance, pourtant tellement précieuses et nécessaires à la qualité de la vie en société. Aussi cela vaut la peine de s’efforcer de les développer.

SSL Dalaï Lama

Extrait de « Samsâra », paru en 1996.


La bienveillance a toujours été au coeur de ma vie et bien évidemment elle m'accompagne tout au long de mon voyage. J'essaie de respecter chaque tribu, chaque enfant, chaque être que je rencontre avec l'état émotionnel du moment. Je fais ce que je peux avec ce que je suis, en fonction de mon état de fatigue, du type de transport que j'ai utilisé, les situations de vie vécues et l'émotion du moment dans laquelle je suis. Mon niveau de bienveillance fluctue. Je suis un être humain avec des variations d'humeur et d'état d'esprit , je prends le temps durant ce voyage pour m'observer et me faire grandir. En solo, j'essaie de me préserver et de freiner le rythme quand il est nécessaire pour maintenir une énergie stable/équilibrée que je peux partager avec bienveillance. Avec mon empathie qui me colle à la peau ma bienveillance est mon alliée mais des fois elle peut être aussi mon pire ennemi quand mon corps est exténué.


Le temps

Il s'arrête je n'ai plus envie de vivre avec des chronos des montres modernes. La mienne je la garde tout de même car elle écoute et suit les rythmes de mon cœur. Je ne peux pas oublier que mon ventricule droit dysfonctionne alors j'en prends soin je ralentis. Je compte sur l'équipe hospitalière de Lyon pour surveiller à distance mon cœur qui montrerait le moindre signe de faiblesse. Le temps je n'ai plus du tout notion d'heure de jour et de mois. J'écoute mon ventre et je devine les horaires en écoutant mon corps et je regarde la date sur mon téléphone pour ne pas oublier mes vols qui me permettent de changer de pays.


Soirée avec Yim

Sans savoir où Yim m'emmène, je le suis... je me laisse porter par sa belle énergie. Peu importe ce que je fais avec lui je me sens bien et protégé à ses côtés. Je finis par me baigner dans le Mékong avec le coucher de soleil comme une révérence de fin de journée. Le temps s'est arrêté, je l'immortalise avec ce magnifique sunset qui vient dessiner mes formes...

La journée ne s'arrête pas là, Yim s'arrête en tuk tuk sur un marché il choisi minutieusement de très bons produits pour cuisiner un repas chez son frère. Je suis son apprenti cuisinier ce soir là, je prépare le barbecue avec un peu de charbon et je le lance avec quelques déchets que je trouve le long de la maison. J'observe mon acolytes passionné par ce qu'il fait et je prends les devants pour l'épauler... C'est une soirée riche pour moi d'échanges, j'ai l'impression d'être auprès d'un frère qui me montre le chemin. Mon côté leader s'est évaporé, je suis devenue une suiveuse depuis mon arrivée à Huay Xai.

Sans équivoque le repas est délicieux Yim s'est adapté à mon estomac et il m'a préparé un second repas non épicé. Je suis extrêmement touchée par sa capacité à faire plaisir à l'autre et cette empathie qui est inné chez lui. Le repas est dégusté avec des bières bien fraîches. La joie et l'ouverture du coeur son au rendez vous, je me sens comme à la maison même si la barrière de la langue est toujours est un peu difficile pour moi. Nous quittons la maison de son frère pour trouver une autre famille et c'est la même je me sens privilégiée, on me chouchoute on m'offre de l'alcool, de la pastèque et je suis accueillie comme une princesse avec pour option des sourires toute la soirée. Les enfants restent auprès de nous pour partager notre bonne énergie du moment. Le temps c'est arrêté je suis heureuse ici et maintenant aux côtés des laotiens.

L'amitié

"Accrochez-vous aux seules personnes qui parviennent à rendre vos jours meilleurs. Celles qui vous arrachent un sourire dès qu’une larme coule. Ces personnes qui arrivent toujours à vous prouver que pour elles vous êtes indispensable. Accrochez-vous à celles-là : à ces seules personnes qui ne vous disent pas mille fois à quel point elles tiennent à vous, mais qui le prouvent à chaque fois que vous en avez besoin parce qu’elles vous aiment"[A fleur des mots].

Les graines sont semées et je continue à en semer. Ce que j'offre par ici, pousse ailleurs et j'en perçois la récolte avec un coeur heureux et apaisé. Je déguste la vie depuis des mois avec philosophie dans de nombreux pays


Je suis le départ

Je ne peux pas y rester indéfiniment à Huay Xai auprès de ces enfants et de cette super équipe. Je le sais mais le coeur partage un tout autre ressenti. Je suis diviser entre rester pour continuer à déposer des graines d'amour ou continuer mon chemin pour en déposer ailleurs... Je sens la nostalgie et la tristesse monter comme si elles allaient déborder. Pour me rassurer que la séparation n'est pas dans la minute qui suit, j'invite Yim à partager un dernier repas auprès de moi. Je sens que je n'ai pas envie de le quitter, nos valeurs nous aimantent.

Nous passons par notre ami "Google translateteur" pour partager nos profondeurs. Après ces échanges remplis de sens, je lui offre un second présent. Je lui demande d'ouvrir sa main et de fermer les yeux pour le recevoir...Il ferme ses yeux et me tend sa main, je lui dépose donc quelques billets pour honorer tout ce qu'il fait. Il fini par accepter mon présent après quelques minutes d'hésitation. Il m'a répondu : "je te te remercie pour cet argent mais je n'irai pas me faire masser avec ces billets comme tu le souhaitais je vais le redistribuer aux enfants de mon village. Tu sais Audrey quand j'étais petit je n'ai pas eu de chaussures avant 4 ans je me suis souvent baladé déculottée et j'en ai beaucoup souffert, j'avais honte. Aujourd'hui tout ce que j'ai je le redistribue pour rendre le maximum d'enfant heureux. Ces enfants des villages ils peuvent s'en sortir dans leur vie comme j'ai pu faire". Je le regarde partager son histoire avec beaucoup d'émotion. J'ai envie de le serrer dans mes bras comme un frère mais ici au Laos ça ne se fait pas.


Je suis assise dans le tuk tuk prête à quitter Huay Xai, cette fameuse ville pleine de jolies âmes. Phong Sack directeur de l'hôtel s'est réveillé pour mon depart aux aguets il me prépare un thé pour me réchauffer le cœur. Quand l'heure arrive pour les séparations Phong Sack a les yeux qui brillent rivés vers moi. Je pense que j'ai marqué son esprit. Pendant ce séjour, j'ai été aussi proche des enfants que de lui. Je lui ai proposé des axes d'amélioration en communication pour qu'il puisse développer son activité, il mérite vraiment d'être connu. J'ai envie qu'il réussisse et qu'il soit heureux. L'autre a toujours été ma préoccupation et je crois que je ne changerai pas le fond de ce que je suis. J'ai envie de donner tout au long de mon voyage sans compter... L'amour universel c'est de donner à tous même à ceux qui m'ont fait souffrir....

Ça y est le tuk tuk est sur la route direction Luang Nantha je quitte Huay Xai.

Luang Nam Tha

Village dans le Nord du Laos, j'ai envie de découvrir de grands espaces, des montagnes, de la jungle, de marcher, respirer et je rêvais d'être de nouveau libre sans contrainte, sans cadre. Je me sentais un peu mollassonne depuis quelques jours sur Huay Xai, je sentais que mon corps avait envie d'être de nouveau dans le mouvement. Le tuk tuk m'a déposé à la gare routière de Huay Xai, c'est reparti pour une nouvelle aventure... Je monte dans un minibus blindé de laotiens et comme seuls touristes : moi et un couple de Suisse. Nous arpentons avec notre minibus des chemins cabossables de montagne à petite allure, direction le nord du Laos. Par moment, j'ai l'impression que le moteur du minibus va se stopper en plein milieu d'une côte, je sens qu'il souffre même en première.


Arrivée à Luang Nantha, je n'ai pas réservé d'hôtel, j ai bien compris au Laos que les meilleurs plans financiers ne sont pas sur les réseaux. Je n'ai plus de peur, je n'ai plus besoin de planifier j'ai l'après-midi pour trouver de quoi de dormir. Je ne suis pas étonnée la chance continue à me sourire un hôtel se trouve sur mon chemin en descendant du tuk tuk. Fière de moi j'ai trouvé une chambre dans le centre pas cher et a proximité d'un marché de nuit pour manger. La chambre est peu miteuse avec des vieux meubles et une odeur d'humidité mais je suis heureuse, j y trouve une bouilloire pour diffuser mes sachets de thé, ceux qui m'accompagnent pendant mon road trip.

Un moment de pur bonheur. Je trouve à porter de main dans la rue un vélo pour me rendre à la cascade de Luang Nantha. J'ai besoin de me reconnecter aux éléments de la nature : la terre, l'eau et le vent. Je loue un vtt pour sillonner les petits chemins de campagne. Je prends un bol d'air, je me reconnecte à la pleine nature.

Dans la rue principale de Luang Nantha

Je suis très vite alpaguée par un charmant guide de trekking laotien. Il utilise son pouvoir de séduction pour m'embarquer sur son trek de 3 jours. J'ai mordu à l'hameçon j'ai envie d'aventure et de nature, mon âme s'arrête sur cette agence.


3 jours de jungle, Nuang Nantha

J'embarque dans un tuk tuk avec une bande de jeunes étrangers que le chauffeur récupère dans un hôtel de proximité. Ils viennent tous de pays différents. La langue qui tiendra toutes nos discussions : l'anglais. Je passe 3 jours dans la jungle avec des locaux de la verdure, de l'anglais, de l'espagnol, de la nature à foison. Le guide Di mène son trek avec beaucoup d'humour, de douceur, de pauses et d'activités en tout genre. On mange du riz collant à toutes les sauces avec de la fleur de banane des haricots, du poisson frais pêché dans la rivière mais aussi des bestioles de fourmis, des grenouilles, des plantes. Dans cette rivière, j'y dépose toute mon énergie négative pour reprendre de la douceur. Sur un rocher plat en bord de la riviere , je m'y suis posée en mode lotus pour explorer mon intériorité et j'ai laissé mes yeux entrouverts portés par le flux de la rivière. J'ai tout simplement médité. On tourne en rond sur quelques kilomètres dans ce magique parc national. Ici l'objectif n'est pas de faire des kilomètres et de cumuler des dénivelés mais tout simplement d'être présent à soi même et de découvrir cette faune sauvage.

Di, notre guide me teste sur ma capacité à dire "non", il essaye de me faire boire son alcool de riz alcoolisé dans sa petite bouteille en plastique. Au début j'accepte de boire 2/3 shoots de ce fameux whisky laotien puis après je me dit : "Audrey, pourquoi bois-tu ces verres, ça détruit ton organisme et en plus c'est pour faire plaisir à Di". Je me suis jurée de me respecter et d'arrêter de me faire endoctriner par ces laotiens très alcoolisés...Et pour certains touristes c'est un passe temps de remplir son estomac d'alcool. Moi j'y vois comme une fuite à l'avant de passer son temps à boire.


Parc national de Nam Ha

La zone protégée nationale de Nam Ha est une zone protégée nationale de la province de Luang Namtha, dans le nord du Laos. Ce parc majoritairement boisé abrite une variété d'ethnies et diverses espèces animales et végétales. Le parc est une destination écotouristique.

Aujourd'hui le parc national de Nam Ha qui démarre à 5 kilomètres à l'ouest de Louang Namtha. Cette zone écologique de 2224 km carrés est protégée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) et est considérée une comme aire disposant de nombreuses ressources renouvelables. Ce lieu est idéal si vous voulez effectuer un trek, physiquement pas très demandeur, qui peut vous permettre de rencontrer les minorités de la région.

Le parc national de Nam Ha accueille en son sein des ethnies du nord du Laos comme les Lantens ou les Akhas.

Nam Ha est une zone très vallonnée comportant des altitudes variant de 500 à 2000 mètres. Les collines et montagnes sont toutes pourvues de forêts et jungles sur leurs flancs ce qui donne au lieu une image très verdoyante et naturelle, surtout au sortir de la saison des pluies à partir du mois de janvier. Les jungles sont très denses, verdoyantes et poussiéreuses en mars comme par exemple (période sèche) et boueuses par moment qui peut rendre difficile l'ascension de certains monts.


Mon ressenti

Souvent seule dans ce groupe, j'esquive les conversations à rallonge en anglais qui plombent ma sérénité et le silence. L'humain a peur du vide, il comble avec un flux incessant de parole. Depuis des mois j'ai appris à être seule et apprécier ce plein d'amour : le silence. Des fois, je suis encore piquée par une réalité : l'irrespect. Pendant mon trek j'interviens avec automatisme et violence face à une réaction désespérante. James un voyageur anglais, dans mon groupe, balance des gourmandises aux enfants du village, il joue avec la nourriture et les enfants comme il jouerait avec des singes. C'est plus fort que moi j'interviens avec mes tripes et je stoppe ce geste d'irrespect. Je sens que je m'emballe que ma vérité me fait pencher dans l'agressivité. Je me revois lui dire en anglais "it's not dogs" ce ne sont pas des chiens... J'apprends avec le temps à identifier mes impulsivité qui me paraissent justifier. Je dois apprendre à mettre les formes quand mon coeur est piqué. C'est mon éducation qui me fait chavirer dans la violence. Mon père m'a toujours dit qu'on ne jouait pas avec la nourriture. Je revois mon père retourner son pain à l'endroit et me taper sur la main quand j'avais des gestes déplacés avec la nourriture.


Je me sens nulle

J'ai la gorge qui me gratte et j'ai une toux insidieuse qui me pompe toute mon energie. La climatisation n'est pas un système adapté à mon organisme toujours un peu sensible aux changements radicaux : chaud et froid.. Je sens que mon énergie est basse, mon cerveau est floutté par un voile de fatigue. Je sens que je n'ai plus d'énergie dans mes jambes pour grimper et j'ai un appétit de souris. Je ne lâche aucun moment avec la nature. Je lâche juste les moments de bardage qui m'éloigne de mon propre ressenti. Je m'éloigne pour respirer....

La jungle m'a appris...

Quel bonheur de traverser une rivière pieds nus, sentir la mousse sous la plante des pieds, l'eau ruissellée sur les mollets. Je suis comme une gosse à la recherche de la moindre sensation. Nager en contre courant en évitant les serpents c'est très excitant. Se poser sur un rocher en se laissant caresser par la douceur des rayons du soleil. Partager en équipe les missions de la journée comme créer son lit avec des feuilles de bananiers. Le temps n'existe plus, j'observe juste le soleil se lever et prendre congés dans les bananiers en fin de journée. Je découvre la joie de Di de pêcher des grenouilles et des poissons en plein nuit avec comme meilleure amie : sa frontale. J'aime partagé du thé autour de ce feu qui réchauffe nos âmes et attise nos curiosités. J'apprécie méditer en pleine nature sans être interpellée.

Je me compare

Je me trouve nulle part moment, je ne suis pas bilingue et en plus j'étouffe en montant les côtes. Je suis la dernière alors qu'avant je montais des cols et avant je faisais du triathlon. Depuis toute petite je me compare, mes parents me donnaient comme exemple pour mon frère. Je devais toujours être celle qui fait bien et mieux que le dernier. C'est toujours rester de me comparer aux autres du coup. Comme un toc, je n'arrive pas à m'en débarrasser. Quand je fais mal je souffre. Je dois abandonner ce schéma de jugement et m'encourager. Pendant la randonnée je me le dit : "Audrey c'est normal que tu souffres pour grimper tu es malade". Je vais apprendre à être plus douce avec moi même et arrêter de faire tourbillonner ce cerveau en permanence. Apprendre juste à apprécier l'ici et maintenant. Quelle chance de voyager au coeur de la jungle. Quelle chance de vivre toutes ces expériences...J'en rêvais, appréciés donc tous ces moments qui font de toi cette merveilleuse personne que tu es. Je ne suis pas invincible, je ne suis pas une warrior. Je suis juste un être humain avec aussi des faiblesses. Je vais apprendre à les accepter...

Apprendre à dire non

Je me vois souvent dire oui alors que je pense non. Je suis souvent influencée par l'autre. Je me laisse engrainer et puis je fais des actions qui vont à l'encontre de ce que j'aime voir, à l'encontre de qui je suis. Di notre guide boit du whisky, une base d'alcool de riz, très alcoolisée. Il en boit toute la journée : matin, midi et soir et même quand le groupe randonne. A plusieurs reprises en guise de bienvenue il propose de shoots de whisky. J'ai accepté pour lui faire plaisir. Ce tord boyaux me fait peur, j'ai encore l'impression que je vais finir à l'hôpital comme à Huay Xai. Je dois apprendre à me positionner et à éradiquer les besoins qui ne sont pas les miens.

En pleine jungle

Le guide me propose de mes manger des fourmis et des bestioles qu'il récupère dans cette jungle. Je me refuse de croquer une seule patte de ces petites bêtes de dieu. Je n'ai pas envie de dézinguer ces êtres vivants dont je suis l'hôte. Aime t'on que les étranger nous agressent?

J'ai regardé les jours passer face a la rivière en plein jungle. J'ai maintenu le feu avec des branches, porté des feuilles de bananiers, marché sur des rochers pour me poser loin de mes compagnons de voyage. Mon caillou était un poste d'observation intéressant pour capter les tressaillements de la nature. J'apprécie ce jeune lituanien mutique à mes côtés, j'imagine ses pensées et je lis dans ses yeux ses émotions.

Les enfants me regardent comme "une extraterrestre" et s'approchent en douceur par curiosité. Par moment, c'est moi qui me sent épiée comme un nouvel animal. Je laisse les enfants me toucher ou me fuir en fonction de chaque personnalité. Je ne suis pas là première européenne qui vient séjourner dans cet endroit reculé. Je sais que je contribue à la survie de ces peuples en payant cette agence de trek. Je suis heureuse de partager mes vivres avec les locaux. Je me sens utile sur cette planète : nourrir des bouches qui en ont vraiment besoin à un vrai sens pour moi. J'ai découvert en flanant dans le village à 2 reprises en mode décalé pour ce que les autres ne voient pas. J'ai toujours envie d'être là seule, avec mon appareil, à prendre des plans et faire des zooms sur des moments de vie riches de sens... Je me sens vivante auprès de ces peuples. Chaque sourire rempli mon âme de tendresse.

On plie bagage...les guides sont entrain de rapatrier les gamelles et remplir leur sac à dos. Je quitte mon lieu de bivouac en prenant soin de laisser 2 choses : la première rien et la 2eme chose : ses remerciements. Je remercie la vie la nature de l'offrir ce si beau présent.


Mon rêve

Si l'Univers m'a mis un rêve dans mon cœur c'est pour le réaliser....

En quête de nouvelles couleurs pour remplir ma carte du monde. Je m'aventure seule avec mon sac à dos sur de nouveaux territoires pour explorer les âmes et les coeurs des Hommes.

Durand ce voyage, ça c'est imprégné, je serai toujours ma priorité et je ne nierai plus ce qui me fait vibrer dans ce monde : mon projet de sens... Je n'oublie pas l'objectif de mon âme. L'essentiel de ma vie aujourd'hui est de mener ma vie à coup de gouvernail, à manœuvrer autour de moi et du monde en toute simplicité.

Depuis mes 18 ans je rêvais de barouder, de découvrir, de partager d'oeuvrer à la liberté. L'idée de m'enfuir chemina en moi.

25 ans plus tard m'y voilà


Je continue mon périple

Le minibus fait route vers ce qui m'anime...

De Luang Nam Tha, je pars avec des vertiges j'ai pris des antibiotiques qui me font tournés la tête. Je prends conscience que je suis sensible à cette chimie qu'elle a vraiment des effets secondaires sur moi mais je choisis le vertige à la toux qui me dévore la gorge depuis quelques jours. Le premier minibus bouge dans tous les sens nous sommes nombreux et serrés à prendre direction Oudom Xai je compte dormir sur place suite aux instructions reçues avant de partir par les laotiens. J'essaie de poser ma tête sur l'appui tête pour trouver quelques minutes de sommeil mais je suis secouée comme un prunier, mais je finis par m'assoupir, mon corps fini par s'effondrer. Sur le trajet, je fais une jolie rencontre : cette Laotienne qui me donne une information essentielle pour optimiser mon trajet, il existe des départs dans l'après midi pour Pak Nam Noy (le lieu de destination pour réaliser mon futur trek en pleine nature). Arrivée à Oudom Xai, Il fait une chaleur étouffante, je patiente une petite heure dans ce hall à la gare routière, qui me rafraichit un peu avant d'embarquer dans ce minibus entourée de "mong" de moines et de locaux. Quelle aventure... Je suis la seule femme européenne à voyager auprès de ces locaux ,direction le Nord du Laos, je me sens comme libérée de cette masse de touristes que j'ai croisée. La journée devient longue mais je savoure les paysages qui passent furtivement sous mes yeux. On fait de courtes pauses sur le chemin pour vider nos vessies. Le bus s'arrête bien à Pak Nam Noy, comme prévu, je m'empresse de descendre du bus avec mes 2 sacs de voyage et j'essaie tant bien que mal de demander au chauffeur un nom d'hôtel et un nom de guide. Le chauffeur de bus me regarde avec un regard interrogatif et me montre du bout de son doigt : son minibus et m'incite à continuer la route avec lui. J'ai compris, autour de moi, il n'y a rien je n'ai pas envie de grimper seule dans les montagnes, un guide est essentiel alors je décide de refaire 30 min de route pour me poser dans ce petit village atypique : Muang Khoua. Je suis épuisée mais prête à faire un peu plus de route pour aller jusqu'au bout de mon projet : rencontrer le peuple Akha.

Je suis déposée dans la rue principale de ce village j'en profite pour marcher quelques mètres et me délestée de mon gros paquet : mon sac de voyage chez mon hôte, un monsieur d'un certain âge que je surnomme "papy". Très vite je mets en marche pour trouver un guide, je tourne en rond dans ce village, je trépigne d'impatience pour en trouver un.

Je mets une journée à me poser, j'ai changé de guesthouse pour une chambre au bord de la rivière avec de la jungle et surtout beaucoup de lumière.


Après de nombreux échanges avec des laotiens des français, je finis par constituer une équipe de choc de 3 filles : Candice, Michele et moi. Nous partons 2 jours et une nuit dans la jungle découvrir 2 peuples les Hmongs et les Akhas


Les 2 ethnies : Akha et les Hmongs

De nombreuses ethnies peuplent encore aujourd’hui le Laos, telles que les Hmongs, les Yaos ou les Akhas. Ces "Lao-soung" (Lao d’en haut) vivent dans de petits villages, souvent en marge de la société moderne et en autarcie sur les hauteurs des montagnes.


Quelles sont les origines de l’éthnie Akha ?

Le peuple Akha appartient au groupe ethnique « Lao soung », qui regroupe les ethnies vivant sur les hauteurs des montagnes. Il est originaire du Sud-Ouest de la Chine, plus précisément de la région du Yunnan. L'histoire de cette tribu est assez vague car leur langue, appartenant à la famille tibéto-birmane, est uniquement orale. Les textes retrouvés proviennent donc de missionnaires étrangers ayant partagé leur quotidien.Ces écrits nous permettent de savoir que les Akhas ont commencé leur migration en Birmanie. Ensuite, ils se sont dirigés vers le nord de la Thaïlande, l’extrême nord du Laos, et sont allés jusqu’au nord-ouest du Vietnam, pour fuir la guerre civile qui sévissait alors en Birmanie au début du XIXème siècle.On recense aujourd’hui près de 400 000 membres des différentes tribus Akhas, dont 80 000 vivraient au Laos. La stagnation de ce chiffre depuis plusieurs décennies s’explique par le retrait de ce peuple dans les montagnes, et leur hermétisme aux avancées de la médecine.

Où vivent les tribus Akhas aujourd’hui ?

Peuple semi-nomade, ils vivent traditionnellement en altitude dans des zones montagneuses, et déplacent leur village tous les 10 ans environ à la recherche de sols plus fertiles. Ils pratiquent l’agriculture itinérante sur brûlis, ce qui les oblige à chercher régulièrement de nouvelles terres.Ils ont su conserver et protéger leurs coutumes ancestrales à travers les siècles, et vivent en marge des zones urbaines. Attachés à leur identité et à leur mode de vie, peu de leurs villages ont accès à l’eau courante et à l’électricité.Quelles sont les différentes activités du peuple Akha ?Ce peuple est l’un des plus isolés que l’on puisse trouver en Asie du sud-est. Traditionnellement, ils cultivaient du pavot, ainsi que du riz, élément principal de leur alimentation. Depuis l’interdiction par décret gouvernemental de cultiver du pavot au Laos, les tribus Akhas se sont adaptées et ont su trouver de nouvelles sources de revenus. Ils cultivent aujourd’hui divers légumes destinés à la vente comme le piment ou le soja, en plus du riz. Ils pratiquent également l’élevage pour leur consommation personnelle ainsi que pour la revente notamment de buffles, porcs, poules et autres volailles.Adeptes de l'artisanat, les femmes fabriquent, tissent et brodent de magnifiques parures de costumes qu'elles commercent sur les marchés locaux.

Quelles sont les coutumes et traditions des tribus Akhas ?

L'ethnie Akha est de croyance animiste, ils croient aux esprits bons et mauvais, qui animent les éléments de la nature tels que forêts et cours d’eau. Ils accordent également une importance considérable à leurs ancêtres et sont capables de réciter de mémoire leur arbre généalogique sur 50 à 60 générations.Les Akhas vivent traditionnellement en autonomie et profitent des ressources que leur offre la nature. De par leur croyance animiste, ils vouent un culte aux « esprits de la forêt », qui leur donne de quoi se nourrir. Ainsi, la cueillette, activité exclusivement réservée aux femmes, de graines, fruits, et herbes médicinales fait partie de leur quotidien. Elles ramassent aussi des œufs d'animaux sauvages et tous types d'insectes. Les hommes, quant à eux, pratiquent la chasse. Depuis quelques années, cette activité se développe car les arbalètes utilisées traditionnellement sont petit à petit remplacées par de chasse plus efficaces. Enfin, hommes et femmes pêchent dans les cours d’eaux environnant leurs villages afin de compléter leur alimentation.Autrefois en marge totale de la société, de nos jours ils commencent à ouvrir leurs villages à l’éco-tourisme, afin de diversifier leurs sources de revenus. C’est notamment le cas en Thaïlande mais où ces pratiques sont parfois adaptées aux touristes de masse. Ce peuple davantage préservé au Laos, rencontre moins de voyageurs, ce qui renforce l’intensité des échanges interculturels. Certains villages commencent même à envoyer leurs habitants travailler à la ville.

A coeur du village, l'espace de 2 jours, je me suis inventée une vie sobre et belle. Je vis une existence privilégiée, resserrée autour de gestes simples.


On grimpe dans la jungle

3 jeunes femmes entrain de grimper. Accompagnées de 2 guides, un armé pour nous protéger c'est lui que je suis, le deuxième passionné par son métier, nous transmet son savoir en anglais. Je marche en pleine jungle, dans la nature, je suis heureuse de vivre, d'être là auprès d'eux. Cette expérience donne du sens à ma vie comme chacune des expériences que je vie. Je continue à goûter la vie.


Avec le peuple...

Avec le peuple, je découvre la simplicité de la vie. Je les observe vivre en communauté avec beaucoup de joie, d'amour et d'organisation. Les journées sont structurées par des missions récurrentes pour vivre : laver le linge, préparer la viande, cuisiner, baigner les bébés (les plus grands sont livrés souvent à eux même). Les femmes comme dans beaucoup de tribus dans le monde entier portent beaucoup sur leurs petites épaules comme si elles étaient responsables du bonheur de chaque membre de la famille.


Ma philosophie de vie

Ma philosophie dans un monde où l'apparence prime sur le coeur :

Je suis qui je suis et je fais ce que je suis avec mes envies.

Je n'ai plus d'attente et j'accepte ce que la vie me dépose sur mon chemin avec une grande humilité.

Nous vivons dans un monde où les défunts sont bien plus vénérés que le vivant, le mariage est plus honorifique que l'amour, l'apparence est plus valorisée que l'âme.

Nous vivons dans une culture de l'emballage qui méprise le contenu.

Nourrissons, chérissons l'amour en déposant tous des graines d'amour dans le nouveau monde d'aujourd'hui.


Les 2 petits villages

Je reviendrai dans ces 2 villages Muang Khua et Muang Ngoi où vivent des laotiens au rythme du lever et du coucher du soleil en toute simplicité. La découverte des peuples éloignés m'inspire, le calme me pose. Loin de la foule, je respire. Juste une rivière la Nam sépare ces 2 villages. Je prends donc un petit bateau à moteur, 3h30 de descente pour profiter de ses superbes paysages, de la vie des habitants sur le fleuve et rejoindre Muang Ngoi. Grâce à Aslan d'origine turque j'escalade le Phaboom view point sur 600m de dénivelé au petit matin à la frontale. Parcours difficile sur la montagne de Muang Ngoy, Province de Luang Prabang. C'était démentiel entre effort et réconfort, je me sens vivante... J'avais besoin ce jour là de me dépasser, de bouger ce corps le mettre en mouvement pour ressentir qu'il existe. Je suis heureuse de faire de nouveau confiance à un homme en montagne mes 2 derniers conjoints en France m'ont peu effrayés avec leur soucis d'immaturité. Je ne suis pas jugeante avec le recul aujourd'hui je peux y mettre des mots et me dire que j'étais avec des mômes qui avaient de se prouver qu'ils existaient. Ils ne peuvent pas sécurisée une femme puisque ils ne savent se sécuriser eux même. C'est comme adulte qui n'a jamais eu de câlins et de tendresse à l'âge adulte il ne sait pas faire. C'est normal à la maison on ne lui a jamais appris...

Les points de vue sont flouttés par la brume matinale. Je me sens perchée sur un gros nuage. La présence d'Aslan à mes côtés me rassure sur cette montagne de Muang Ngoi, la montée est compliquée et la descente est glissante.... Je marche tout l'après midi avec mon compagnon de voyage du moment pour découvrir 2 autres mythiques villages en pleine cambrousse. Je me sens aimée accueillie par ces laotiens décalés de la société moderne.


Il est où le bonheur ?

Après 9 mois à sillonner les bidonvilles à Addo en Afrique du sud, les rues de Madagascar où d'Arusha en Tanzanie où la joie de vivre court sur les lèvres. Ils ne possèdent rien ces gens de ces villages mais en réalité ils ont tout.

Quand je passe des coups de téléphone à mes amis français qui se plaignent de tout, je suis effarée. Je suis choquée par la morosité ambiante qui demeure en demeure, on ne se regarde pas, on ne se parle pas, on ne se connaît pas, on ne s'entraide pas dans ces pays européannisés.

Pendant ce temps-là, la joie chante là où on galère à récupérer de l'eau et où l'on vit sans chaussure. Les valeurs humaines sont bien plus ancrées auprès de ces petits enfants dépossédés : sans électricité, sans loisirs, mais dans la fraternité quotidienne. Je suis touchée par cette simplicité de vie, la pleine présence des ces êtres, l'authenticité de ces peuples, la grandeur d'âme de ces enfants, la gratitude que les grands ont face à ce qu'ils ont.

Bonheur, où te loges-tu?

Dans l'abondance des biens ou dans la relation de coeur à coeur ?


Tonton

Mon Médecin de famille vient de nous quitter...

"Tonton, toi qui m'a mis au monde, j'ai un infini respect pour toi. Je te suis tellement reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour notre famille. Tu as été l'unique Médecin de famille à prendre du temps pour moi quand j'étais petite. Je me rappelle de tes grandes lunettes, ton assise et aussi tes sourires. En me replongeant dans mes souvenirs d'enfance, je me dit : "quelle chance"...

Il y a quelques mois tu m'écrivais sur messenger pour m'encourager à me réaliser. Je t'ai partagé mon dernier grand projet : le voyage. Tu étais si fier de moi... Je te remercierai jamais assez pour tout cet amour que tu m'as donné. Il est temps aujourd'hui que tu partes en Paix. J'espère qu'à Poissy vous avez bien pris soin de son départ direction : les petites etoiles. Merci tonton 🙏"


Direction Luang Prabang

J'emprunte un dernier bus de Nong Kwa pour retrouver cette jolie petite ville : Luang Prabang. Dans le minibus, je suis entourée d'étranger : un chinois à ma gauche collé le long de la vitre, recroquivillé je ne l'ai pas vu bouger durand tout le trajet. Et de l'autre coté, très certainement un allemand oh hollandais plutôt bien "goalé". Au début du trajet, mes jambes se tenaient droite devant en moi, entre les virages et la fatigue, je finis par m'endormir ma tête se rapproche de son épaule inconsciemment ainsi que mes jeux de jambes. Mes jambes, mes bras et ma tête viennent tout doucement frotter le corps du bel inconnu. Ça faisait des lustres que mon corps n'avait été collé a un autre peau à peau. Du coup je me laisse porter par les virages et la douceur. Je sens que cet homme est réceptif par cette douceur aussi. D'un seul coup je sens sa main me caresser le mollet de ma jambe droite. C'est bon c'est doux et je me laisse porter par ce petit geste qui n'aura aboutit qu'un jeu de jambe..

En voyage, je me sens douce j'ai envie de donner et recevoir de la tendresse...


Louang Prabang

Je réserve 4 nuits pour me poser et réfléchir à mon avenir. Ça commence à cogiter sur mes futures étapes de voyage pour gagner un peu de fric. Mon cerveau est en surchauffe même la nuit. La solution n'arrive pas à moi de manière spontanée, je vais faire appel à mes guides et prier au Temple pour qu'ils m'aident un peu.

J'ai envie de continuer à voyager tout en mettant un coup d'accélérateur sur mon niveau d'anglais. J'ai choisi ce nouvel objectif : approfondir mon anglais. Je suis fascinée par ses anglais et ses hollandais qui échange avec tant de fluidité en anglais.


Waterfal Luang Si

Les chutes de Kuang Si ( Kuang Xi Falls en anglais), également connues sous le nom de cascades de Tat Kuang Si, sont composées de cascades à trois niveaux menant à une chute. Elles sont situées à 30 kilomètres au sud de Luang Prabang.

Mes surprenantes rencontres

Le Colombien

Moi qui rêvait de cette destination je ne crois pas au hasard mais aux synchronicité de la vie. Ce jeune Colombien de 25 ans vient à ma rencontre, dans la guesthouses à Louang Prabang et me partage ses retours sur la vie colombienne. Je peux danser et apprendre l'espagnol en Colombie, quel incroyable rencontre. Je veux aller en Colombie je vais mettre cette destination au programme. Pour le moment, je suis basée sur le continent asiatique, je suis encore un peu loin géographiquement de la Colombie mais si j'ai des frissons et les poils qui s'hérissent quand on me parle ce pays J'ai pris le numéro de téléphone d'Antonio pour le retrouver en Colombie et dans la foulée il m'a transmis le nom de l' hôtel de son père situé a Bogota. Cette première rencontre à Luang Prabang ne me surprend pas. Je sais que depuis mon départ en voyage mes guides me protègent.


L'Espagnole

J'observe une femme assise entrain de bosser comme une dératée sur son pc. C'est une Espagnole qui bosse en télétravail. J'ai discuté avec elle notre complicité de quelques minutes m'a permis de relever son Instagram pour la visiter. Elle habite une ville qui m'anime : Barcelone.


La Belge

Son âme sensible m'interpelle et sa manière de vivre sur des emplacements dedie au collectif me fait un peu rêver. Et si j'étais faite pour vivre avec ses anticonformistes reculés de cette société qui ne sonne pas juste pour moi. Je découvre le rassemblement Rainbow family.

Ces anticonformistes

Ils partagent le goût des grands rassemblements en pleine nature, c'est ce que proposent les "Rainbow families" ; né dans les années 70, ce mouvement anticonformiste est suivi par des milliers de personnes à travers le monde, qui se retrouvent à tout moment de l'année et surtout pendant l'été pour partager ceux qu'ils sont en toute simplicité.

Coralie cette belge un peu rebelle me partage sont retour d'expérience de vie en collectivité. C'est riche et ça me donne l'espoir un monde meilleur. Un monde qui se construirait comme dans le bon vieux de temps où les priorités seraient le collectif au lieu de l'individualisme, le partage de services au lieu du trafic de fric. Je rêverai d'une société moderne qui ferait un bond dans le passé pour apprécier le travail avec les mains plutôt que brasser du fric, la simplicité que le luxe, l'amour que le sexe, la paix que la guerre.


Le petit coin de paradis

Au bord du Mékong assis dans une loveuse je contemple la vie. Je suis tellement émoustillée par cette jolie place de décompression. Du coup, j'y suis aller 2 après midi consécutifs. J'y rencontre des tisseuses, un mini musée guidée sur la collecte de coton et le tissage, une excellente noix de coco à savourer et un petit plat laotien réalisé aux petits oignons. C'est la magie des rencontres et des lieux qui me remplissent de bonheur.

Le silence

Être seul(e) c'est entendre le silence. Pendant ce voyage je vais je me connecter à cette vie intérieure que j'avais squeezé après ma séparation. Cette rupture est venue m'exploser en pleine gueule en septembre 2022. "Je n'ai plus de sentiment pour toi" : me dit mon ex-conjoint entre 2 portes pour stopper cette brève relation d'une année. Ça m'apprendra à croire aux chimères et à me projeter dans le futur sans connaître vraiment l'animal que j'avais en face de moi.

Le silence...

Complètement anesthésiée par mon flux de paroles et celui de l'extérieur je vais apprendre avec le silence. Il suffisait de demander l'immobilité de mon voyage par moment pour m'apporter de la paix et de la sérénité. Je comprends mieux mon ancien conjoint quand il se fermait comme une huître pour respirer et se connecter à ces instants de silence pour s'énergiser. J'en ai besoin désormais très régulièrement pour exister. Je me fis le serment de toujours vivre sereinement loin de cette bruyante vie terrestre. J'ai soif d'espaces vierges de silence depuis un nombre d'années. La foule les coins touristiques je les fuis maintenant, je ne suis plus là même personne... je le sens au fond de moi. C'est comme si jamais complètement changer mon programme intérieur.

Le bavardage excessif, étouffant des nouveaux arrivants dans les guesthouses me tétanisent au point de filer dans ma grotte : mon dortoir du moment. Par moment je préfère faire mon ours avec mon livre sous mon drap en posant ma tête sur mon oreiller que d'expliquer qui je suis à des inconnus qui vont m'oublier...


Je dépose mes petites graines d'amour

L'enfant qui pleure

Ce matin un petit loulou pleurait dans la rue assis par terre avec sa mère, pas très loin de mon hôtel. Impossible pour moi de rester de marbre face à une telle situation qui triture l'esprit. Je me suis arrêtée pour le réconforter. La magie du pain au chocolat français (son premier certainement) et des échanges de sourire. La maman pour me remercier m'a offert des bananes.

Je continue à semer......des petites graines d'amour sur ma route...

La femme du marché et ses 2 enfants

Cette petite fille assise a côté de sa mère sur le marché m'a beaucoup touché du coup j'ai fini par m'agenouille devant tous les 3 et offrir un billet à cette jolie petite fille.

Je j'emporterai pas mon argent au paradis...


La vielle femme

Assise devant une pharmacie elle réclamait de l'argent pour vivre...je lui ai déposé dans sa main un billet pour qu'elle puisse se nourrir. Je souhaiterai que l'Homme soit à égalité face à la santé, le travail et le fric. Je rêve d'un monde de partage.

Que les plus riches puissent soutenir les plus démunis.

Je me sens comme une mère en offrant de l'amour...


Je fige le moment présent

J'adore observer tous ces humains qui gravitent autour de moi. Je prends goût à capturer ces clichés.

L'écriture

J'écris dans mon sac de couchage à Addo, sous les draps en Tanzanie, dans le hamac à Zanzibar, dans le bus en Thaïlande et sur un bateau longue queue au Laos. C'est devenu une drogue : écrire. J'écris ce que je suis. Je me sens libre, sans pudeur à me livrer auprès des êtres qui n'aiment et auprès des inconnus. J'assume ma liberté d'expression, mon courage de me livrer. Partager mes vérités, peuvent en effet miroir, générer de l'espoir. Je me sens légère après avoir déposer toutes ces lignes un peu chaque jour sur mon journal de voyage, je l'appellerai même mon journal intime. La peur de regard de l'autre s'est dissipée avec le nombre séances de développement personnel ingurgitée. J'assume mon être avec toute sa complexité. J'ai décidé de m'aimer et de partager mes lignes conductrices de vie, mes vérités, ma sensibilité...ça peut toujours aider...


Moment de complicité

Je marche sans attente dans les rues de Luang Prabang après la visite du Temple. Je suis guidée jusqu'à une fête d'école où j'ai pu passé un moment de complicité avec ces enfants laotiens. Quelle magnifique expérience qui vient compléter mon voyage de sens.


Si tu souhaites faire partie de ma vie,

Si tu souhaites faire partie de ma vie: Prends en considération, mes failles, mes ambitions, ma sensibilité,

Mes folies avec des ailes, mes amies en couleur, mes amours en trophées.

Saches que mes parts d'ombre sont aussi grandes que mes parts de lumiere

Que mes blessures aussi profondes que mon cœur.

Aimer, c'est connaître l'autre, tu apprendras à me connaître pour m'aimer.

Le silence, la patience, la résilience sera le socle de notre relation.

Acceptes mes erreurs, mes débordements, mes tornades et mes questionnements, qui font partie de l'être entier que je suis.

Je ne suis pas compliquée, je suis dotée d'une intelligence émotionnellement renversante qui finira par te toucher si tu es doté de cette même capacité.

Ou te caches tu âme éveillée pour m'aimer?


"Si je n'avais pas créé mon propre monde, je serais probablement morte dans celui des autres. »

Anaïs Nin


Le 21 mars

Mon regard est scotché sur 22h22. Un signe du destin, dans la foulée je vais voir ou la destinée souhaite me balader. Les symboliques des signes de la vie je sais les écouter désormais. Ils sont comme mes meilleurs amis... Ils en disent long sur ma situation du moment.


22h22

"L'ange qui raisonne avec 22h22 est Habuhiah, l'ange de la prospérité. Il est également symbole de santé, d'amour, de fertilité ainsi que de productivité. Vous avez su vous montrer patient et bienveillant et il vous en félicite. En étant à l’écoute des autres, en les aidants, vous avez prouvé que votre ange gardien peut vous faire confiance et être fier de vous. Loin du jugement de l’autre, vous êtes une nouvelle personne, plus humaine, et votre ange vous félicite pour votre sens de l’entraide envers autrui."



Je retourne à la capitale

J'ai décidé comme à l'aller de prendre un billet de train, j'avais apprécié la rapidité de ce moyen de locomotion plutôt confortable. Je passe les premières portes de la gare avec mon billet transformé en QR code. Puis rapidement, je suis stoppée par la sécurité. Mon sac est mis de côté et moi aussi. Je suis questionnée sur son contenu. Il me demande d'ouvrir mon sac et me pose sur la table juste sous mes yeux un couteaux suisse. Pas besoin de long discours, j'ai compris ce que l'agent de sécurité me réclamait : mon couteau "Elyo", la toute première et entreprise dans laquelle j'ai travaillé. Il etait bien enfouit dans le milieu de mon sac de voyage. J'y tenais comme la prunelle de mes yeux à ce premier cadeau d'entreprise mais il va falloir que j'apprenne à vivre sans. Je le dépose au sur le comptoir avec un peu de nostalgie. J'apprends au cours de ce voyage à ne plus m'attacher aussi au matériel. En France, on s'attache aux biens, aux voitures, aux maisons, aux vêtements... Cela fait des années que j'ai lâché ce consumérisme à souhait et les achats compulsifs qui ne servent à rien dans mon existence. Apprendre à se détacher de tout : comme avec les humains, il y a quelques années, je souffrais des séparations, comme ma mère. Elle m'avait transmis une dépendance affective qui me collait à la peau. Je m'en suis libérée... C'est le principe d'un adulte qui vit indépendamment des attentes d'autrui. Ce voyage permet de faire un travail sur la source de mes nombreux problèmes : l'attachement.


Départ imminent pour Vientiane

Je suis assise dans le train entourée de chinois qui me saoul à beler comme des chèvres. Je finis par être hermétique à ce flux de parole en installant des boules quies. Heureusement, qu'elles existent et surtout qu'elles voyagent avec moi. Elles m'ont souvent sauvé mes nuits. Un des chinois m'exprime que je ne suis pas à ma place, assez étonnée mais en effet c'est le bon numéro de place mais le mauvais wagon. Je traverse les différents couloirs du train avec mon énorme sac à dos en progressant jusqu'à ma véritable place. Je m'installe donc à côté d'un charmant jeune homme que j'ai déjà croisé à plusieurs reprises. Mon cerveau fait très vite des liens sur chacune des situations vécues avec ce jeune homme. Je me rappelle de sa présence dans mon dos dans le minibus pour venir jusqu'à la gare, je me rappelle de sa présence au comptoir de la douane où on lui a confisqué son déodorant puis je me rappelle que dans le hall de gare j'ai voulu m'asseoir à ses côtés et il s'est enfuit. Bref, nos âmes avait très envie de se nourrir. Je ne crois pas au hasard mais aux synchronicités de la vie. C'est la première fois que je prends un train dans lequel je ne vois pas les minutes passer. Antoine est passionnant, intelligent, drôle, souriant en l'espace de 2h je suis aspirée par sa personnalité... Je pense qu'il est jeune mais sa présence et sa maturité marquent mon esprit et je lui pose même pas la question. Je fais que de parler c'est plutôt positif pour lui. Je sens mon esprit s'emballer face son authenticité. Je suis parcouru par un sentiment de bien être profond. J'ai l'impression de l'avoir connu dans une autre vie ou de le connaître depuis toujours. Rien nous échappe, je quitte le train et sors de la gare à ses côtés, il m'offre une cigarette sous cette arbre pour échapper à ce soleil fracassant. Nous décidons de prendre le même minibus pour nous rendre chacun à un endroit différent : Antoine à son hôtel et moi à la gare routière. J'ai un objectif pour ce soir : prendre le bus de nuit direction Thakhek. C'est une évidence, nous nous quittons en échangeant nos Instagram respectifs. J'ai fait une très belle rencontre aujourd'hui je sens cette envie de rester avec cet inconnu. Et quelques minutes après notre séparation Antoine m'écrit un doux message qui m'a un peu chamboulé. Je lui plaît ça c'est une évidence avec son tout premier message contenant cette pointe d'humour et de romantisme je suis touchée en plein cœur : "J'espère que tu ne partiras pas ce soir et qu'on pourra continuer d'échanger jusqu'au coucher ou lever du soleil à toi de voir". Je reste tout de même focus dans le minibus sur mon objectif quitter Vientiane. Entre temps, je m'épuise à tourner en rond dans cette ville embouteillée avec le chauffeur du minibus. Nous nous sommes mal compris, je ne lui en veux pas je finis par passer des heures avec lui à rire à chanter et à réviser quelques mots et quelques phrases en laotien. En parallèle, j'échange avec Antoine que je viens de quitter. La magie des belles rencontres....Les heures passent et la nuit est entrain de tomber, je finis par être déposée à la gare routière pour prendre mon bus de nuit. je m'emballe sur l'heure de départ mais je vais vite déchanter avec l'heure d'arrivée (2h du matin je ne vais rester seule dans la nuit coincée la gare routière de Thakhek). Je décide donc de tourner les talons pour retrouver mon charmant jeune homme. Mon cerveau commence à vriller avec la fatigue de la journée mais je sens que je reprends des forces et d l'énergie en m'imaginant à ses côtés. Je sais que nous allons passer un merveilleux moment c'était magique dans le train. Nous allons donc continuer d'échanger, partager, rire jusqu'au lever du soleil. Quel merveilleux moment passé à ses côtés c'est simple, naturel, inspirant, excitant... Merci Antoine pour ton originalité qui a transcendé mes vérités.



Promesse tenue

Aujourd'hui, 23 mars 2024, je suis dans le bus pour découvrir Thakhek et Yim, l'animateur de Reading Elephant Laos m'a adressé un WhatsApp. Il a tenu sa promesse, il a acheté des ballons de football avec l'argent que je lui offert. J'ai pleuré de joie dans le bus dans lequel je file dans le sud du Laos.... Je suis heureuse de voir des laotiens faire du football grâce à un ricochet de générosité. Merci pour tout ce que j'ai appris auprès de too Yim.

Ton âme est grande mon frère laotien Tu es un exemple pour l'humanité.


L'adaptabilité

L'homme révolté est un chose inutile. J'en ai rencontré qui croque férocement dans les incompréhensions culturelles. La seule vertu, sous les latitudes du voyage, c'est l'adaptabilité. J'apprends en silence à me fondre auprès des peuples, à sourire pour séduire, oublier le moule dans lequel j'ai été éduqué pour partager. Aimer son prochain c'est le comprendre. Grâce au voyage, je me détache de chacun de mes schémas pour lesquels j'ai bataillé pour les faire exister.

C'est l'amour la source de l'adaptabilité.

Je continue à semer de l'amour et à me rapprocher de ceux qui souhaitent en recevoir...



La boucle de Thakhek

« Lorsqu’elle s’enfuit, la route est la seule amante qui vaille la peine d’être suivie »

Sylvain Tesson

Je suis dans une jolie petite piaule à Thakhek avec un grand lit, une fenêtre et une douche extrêmement chaude (comme je les aime). J'ai réservé mon hôtel et mon scooter à l'avance directement avec le propriétaire de l'hôtel que j'ai récupéré par une faille du site en ligne. Le voyage m'apprend à devenir ruser et à gagner quelques euros à chaque réservations. Avant de partir en vadrouille en mode solo avec ma moto je prépare mon petit sac à dos pour y déposer "le juste nécessaire". Mon hôtel garde précieusement mon sac de voyage avec tout le reste de mes affaires, c'est le deal pour faire la boucle. Je ne me sens pas dans l'enthousiasme de faire comme tout le monde. J'ai l'impression de voir des moutons en voyage. Anti règle, anti protocole j'aime sortir des chemins pré dessinés par l'humain. J'aime l'originalité et la nouveauté.

Mon énergie est assez basse depuis quelques jours. Secouée par la pleine lune, mon cycle menstruel et mes intestins fragilisés par la nourriture laotienne, je quitte l'hôtel avec mon scooter déjà toute séchée comme petit raisin. Après avoir fait le plein je pars à l'aventure seule sur les routes cabossés laotienne, je fais quelques jolies découvertes sur le bas côté de la route, comme cette jolie vache qui broute la décoration d'un magasin.


Confiante je roule, je fais des kilomètres libre comme l'air, quand soudain le voyant "moteur" s'allume. Je connais cette petite lumière orange sur mon tableau de bord : ce n'est pas bon signe. Je prends très vite la décision de stopper mon engin et de faire appel à mon loueur pour trouver la solution adaptée à ma problématique. J'attends sur le bas côté avec des garagistes et des routiers à l'ombre pour éviter de griller. Je suis tranquille en paix, j'ai sorti mon livre de Sylvain Tesson j'avance sur ma lecture, ça tombe bien mon ouvrage me suit dans mon voyage...

La petite pause à l'ombre me permet de me nourrir de quelques pages de ce magnifique ouvrage et de remplir le ventre de ce chien errant. La vie est belle chaque instant est magique. Le temps m'échappe et ça me plaît... Mon loueur arrive sur mon nouvel arsenal, je suis aux anges il m'a même rempli le réservoir...


De découvertes en découvertes

Je m'arrête dans un petit endroit reculé je fais la curieuse je vais le visiter. Je découvre des villages, des familles, du paysage...je me sens libre sur mon de roue, c'est l'aventure. Je freine pour figer l'instant présent avec mon appareil photo, ou pour boire de l'eau ou pour faire le point avec mon compagnon de voyage du moment : mon gps.


Je finis cet après-midi à me remplir d'amour en trempant mon corps dans cette jolie cascade.

Je me fais masser les épaules avec le flux descendant de l'eau fraîche qui vient de je ne sait où ? Je n'y reste pas 3h je n'ai pas de chambre d'hôtel qui m'attend, je file trouver mon bonheur à Thalang, le petit village où je suis sensée crécher ce soir... Je grimpe des lacets de montagne sur une 30e de kilomètres avant de tomber sur ce fameux hôtel français : le Sabaddie. Accueillie comme une princesse je récupère le dernier matelas en dortoir.

Épuisée par cette longue journée entre chaleur et concentration je lâche prise avec un français en buvant 2 bières... Un barbecue géant est servi par nos hôtes. Un vrai régal de partager mon repas avec des français. Je peux enfin parler échanger avec ma langue maternelle.

Je passe une nuit extraordinaire avec une 20e de personnes dans cette même pièce. Je n'ai pas fait long feu ce soir là...je me suis endormie d'une traite

Je suis sur le départ malgré une fatigue qui me poursuit, je décide de revenir sur mes pas pour cette fameuse association française située au bord de la route...Erreur de concentration je roule 2 bonnes heures du mauvais côté et je découvre très rapidement que je n'ai plus de data (d'Internet) pour me diriger. Je suis en pleine montagne sur la route avec un véhicule qui ne m'appartient pas et j'ai peur profonde qui dure un peu dans le temps. Que vais je faire sans internet ? Je prends 3 grandes respirations, je vais trouver des solutions ...je me fais confiance....Je finis par croiser un couple d'étranger qu vont me remettre sur le bon chemin en partageant un peu d'internet pour bien me repositionner. Un autre problème s'enchaîne mon réservoir s'assèche, il n'a pas aimé le nombre de kilomètres que je viens d'enfiler. Je cumule depuis ce matin des soucis, je me sens poisseuse. Il faut bien une première dans mon voyage. Si j'avais su j'aurai dû rester au lit. Je fais confiance en la vie. Je remplis mon réservoir du scooter dans un magasin au bord de la route et puis je reprends mon chemin un peu plus confiante. Mes problématiques se solutionnés au fur et a mesure... En redescendant la montagne je récupère de l'internet dans une boutique de téléphone. Je suis heureuse j'ai récupéré mon outil de voyage, impeccable, je fais demi tour je vais découvrir l'association perchée sur la montagne. Je suis a 14 km d'Anoulak je ne vais tout de même pas passer à côté de cette aubaine.... Après les petits tracas de la matinée place à la sérénité, ma journée se ré-aligne je trouve un bon repas très peu coûteux dans une petite bicoque puis je rencontre des enfants moines dans un temple au milieu de nulle part qui vont me redonner de l'énergie. Je continue à semer des graines j'offre à ses enfants un gros billet pour les nourrir quelques jours. Je cultive ma générosité en roulant.


J'arrive à l'association je suis accueillie par l'équipe laotienne avec de grand sourires et la responsable de l'équipe m'offre du thé et de la pastèque. Après avoir bravé quelques barrières j'ai l'impression que cette femme m'offrait ma récompense de fin de journée. J'échange un peu anglais, les volontaires ne sont pas acceptés c'est dommage car j'y serai bien restée quelques années à bosser dans la biodiversité.

Je suis heureuse d'y être passé il est temps de retrouver mon hôtel afin de retrouver Morphée.


Savannakhet

Une ville que tous les touristes esquivent pour faire le voyage de monsieur tout le monde.

Je découvre ces différentes étapes avec mon âme d'aventurière et non de vacancière. Je fais vraiment la différence. Je prends mon temps et je vais où mon âme me guide : destinations, nombre de jours... Je me laisse porter par mes envies et là où mon cœur me demande d'aller. Je peux quitter les grandes routes pour prendre de petits chemins de traverse. Je suis capable de couper une boucle en 2 si mon cœur me montre un tout autre chemin. Savoir écouter son intuition et prendre le temps de savourer tout ce que la vie me dépose, des instants coup de coeur, des sites non exploités. Tout est à ma portée...Tout au long de et mon parcours je sens que j'ai soif de nouveautés de rencontres, d'aventures. Je ne suis pas attirée par la foule, les excursions "attrape touristes" mais par la vie elle même et les âmes qui s'unissent. C'est le peuple lui même qui me fait vibrer.


Savannakhet ou Savan demeure une ville du Laos bercée par l’inébranlable écoulement du fleuve Mékong. Ville paisible, cette localité cache des petites pépites. Tantôt, je me laisse séduire par les anciens bâtiments coloniaux de sa rue principale, tantôt je préfère me replonger dans l'histoire en visitant son musée ou ses nombreux temples.


Histoire

Savannakhet aurait accueilli ses premiers habitants vers le XVIIe siècle. Quatre dizaines de familles originaires du village de Phonsim y auraient immigré. Mais on n’a encore aucune certitude sur ces données. Par contre, on sait qu’en 1893 l’Indochine française avait mené un conflit frontalier aux abords du Mékong. Une lutte qui permit à la France d’étendre son territoire sur les rives Est de ce grand fleuve et d’établir la ville de Savannakhet en 1894. Rapidement, cette localité est devenue un axe économique majeur pour le pays. Au début, les Français usaient du Mékong comme voie de transport de marchandises. Par la suite, cette métropole européenne a mis en place dans la ville un réseau de transbordement fluvial et terrestre, des centres de télécommunication, ainsi qu’un chemin de fer.Cet essor palpable engendra de nouveaux peuplements dans la région. Chinois et Vietnamiens y vinrent pour s’y installer dans les années 20 et 30.Aujourd’hui, son paysage urbain est agrémenté de divers vestiges historiques et économiques dont : le second pont de l’amitié Lao-Thaï (édifié en 2007 et reliant cette région du Laos Sud à la ville thaïlandaise Mukdahan) ; ses bâtiments coloniaux ; et la route la joignant à Quang Tri au Vietnam


Mes souvenirs sont nombreux

Dans cette petite bourgade je m'y sens comme à la maison.

Je me replonge dans cette mythique visite du temple That Ing Hang Stupa.. Seuls les locaux y passent de nombreuses heures. C'est le temple le plus visiter de la province.

That Ing Hang Stupa

Le stupa de Ing Hang est un des sites sacrés bouddhistes les plus importants de Savannakhet et un Trésor national Lao. C'est une construction de 9 mètres de haut datant de l'année 1548, commandée par le roi Marukhanakhone, où, selon les croyances populaires, se trouve un des os du Bouddha.

Je rencontre des moines qui viennent visiter ce temple. Très accessibles, j'ai la possibilité de les prendre en photographie, ils posent pour moi devant ce magique temple, vieilli par les traces du temps. Je les sens très ouverts et très proche du peuple. C'est une toute première je rencontre une femme moine. Elle est venue me parler, j'ai senti qu'elle avait envie de me connaître. Quelle magnifique expérience d'être approchée par une femme moine.


Ma prière et ma méditation

Seule, j'erre dans les rues, mon âme avait soif de se poser et de prier, je me pose donc dans un temple. J'y reste un petit moment pour faire mes demandes de protection pour ceux que j'aime et pour moi bien évidemment. D'ailleurs, en couchant ces quelques lignes, je m'aperçois que je passe toujours l'autre en priorité dans mes demandes...Après cette méditation, je flotte, mon corps et léger, mon âme aussi, je sors de ce lieu en déambulant les rues de Savannakhet sans savoir où je vais...

Mon eureka

Je suis guidée, après toutes ces années où la chance virevolte au dessus de moi. Je n'ai plus de doute je suis protégée. Et aujourd'hui, je suis guidée jusqu'à cette petite boutique...je pousse la porte et c'est un salon de massage. Tous les masseurs et masseuses de ce salon sont mal voyants. Je me laisse mener par un masseur qui parle en anglais lui même mal voyant. Je suis déposée sur un matelas au fond d'une pièce entourée d'autre clients. Juste un léger drap nous séparent. Dès que la masseuse commence à me toucher les pieds, je me mets à pleurer. En priant, tout à l'heure, j'ai demandé qu'on m'aime et qu'on puisse m'aider à me trouver une nouvelle place dans ce monde. J'ai fait 6 ans sur Annecy et j'ai envie de vivre ailleurs ou les humains sont vraiment en liens avec mes aspirations. Je pleure de joie, j'ai très envie de créer un centre comme celui-ci avec des personnes malvoyantes...Merci la vie pour ce magnifique eureka qui est venu jusqu'à moi. J'ai besoin de vous mes chers guides pour trouver ma voie.

A la fin de mon massage, je me rhabille et'offre à ma masseuse un billet supplémentaire et je lui serre très fort un bras pour manifester ma gratitude. Elle ne me voit pas mais elle me sens.

Je sors de ce lieu avec un corps détendu et un mental est apaisé.

Pakse

Je pars en bus de jour de Savannakhet direction Pakse. Nous sommes une vingtaine de personnes dans un micro bus, entassées comme des sardines. La route va être longue ... Ma tête tape sans arrêt contre la fenêtre et mon cou se relâche pendant mes micro siestes chahutées par des nids de poule et les klaxons utilisés pour se frayer un passage. Ce type de transport est authentique. Sur le toit du minibus est déposé du poisson frais en plein cagnard, à l'intérieur du bus des poules entassées dans des grands sac en plastique blanc, tout ficelés. Je vois défiler la route et les heures sur ma montre. Je ne fais rien, je mon lâche mes pensées et mon envie de rédiger ma carnet de voyage. Je me laisse porter jusqu'à Paksé. Arrivée à Pakse, je réserve mon scooter chez Yves le loueur Belge au caractère bien trempé puis je vais me poser au frais dans ma chambre. Une grosse migraine me tiraille le cerveau. J'ai l'impression d'avoir la tête qui va exploser... Ma chambre n'est pas cher, c'est proche du shop et surtout je vais pouvoir dormir dans un grand lit avant d'entamer ma dernière boucle en scooter sur le Laos : les bolovens.


Départ pour la boucle des bolovens

Je prends la route avec un scooter semi automatique sur la petite boucle qui est déjà bien engageante au niveau des kilomètres : 200km. Pendant mon parcours, je ne respecte pas les recommandations du loueur. Je m'arrête quand j'en ai envie et où j'ai envie. Je me sens libre et heureuse. Je fais des kilomètres à traverser des villages à rencontrer les peuples...c'est bien plus puissant pour moi que de longs discours commerciaux des quelques producteurs de café et de thé sur les boucles.

Je vis pleinement l'instant présent. Je fais de nombreuses haltes pour photographier des instants magiques. Je n'ai jamais été aussi heureuse. Chaque jour est du pain bénis. Je vis un vrai conte de fée. Mon voyage a un vrai sens...je suis dans le coeur et dans la vivance.


J'ai décidé d'arrêter de ressasser

Je ne projette plus depuis des mois, je vis le jour le jour avec beaucoup d'amour et de douceur. Cependant, cela fait 9 mois que je ressasse une situation avec comme pilier principal de la problématique une amie qui me pollue la vie. Je sens que j'ai envie d'être.en paix....

Cela fait 9 mois que je suis partie de la France avec un problème mécanique qui s'est transformé en une problématique de coeur. La vie me pousse à me séparer d'une grande amie contre mon gré. Notre vision d'une situation de vie vient entraver notre amitié. Il y a quelques années j'aurai souffert pendant des années là maintenant j'arrive à me bercer d'amour. J'ai été juste, j'ai donné le meilleur moi même et je ne peux manifestement pas changer les situations de vie. Mon amie accorde plus de place à la colère qu'à l'amour, je ne vais pas me battre contre des moulins à vent. Je ne vais pas la forcer à m'aimer ou à pardonner la situation qui est ainsi. J'apprends à regarder ce qui m'appartient et ce qui ne m'appartient pas. Je ne me laisse plus envahir pas des énergies basses qui baignent dans la négativité et j'observe mon cerveau qui tourne en boucle face à de telles querelles. Je suis passée par 2 phases : celle de la colère suite un sentiment


J'ai le cœur lourd de tristesse

Les derniers échanges avec mon amie de France me secoue tellement que je sens que mon âme a besoin de se poser dans un temple. Je m'arrête dans le premier qui vient à moi. Je prends le temps de méditer de prier et là je sens une montée de tristesse et des larmes qui ne cessent de couler. Cette relation à distance me fait souffrir, l'indifférence et l'ignorance me rongent de l'intérieur. Depuis quelques jours, un sentiment d'injustice attise ma colère puis se greffe de la tristesse qui m'envahit ...

Cela fait 9 mois que je suis partie de la France avec un problème mécanique qui s'est transformé en une problématique de coeur. La vie me pousse à me séparer d'une grande amie contre mon gré. Notre vision d'une situation de vie vient entraver notre amitié. Il y a quelques années j'aurai souffert pendant des années là maintenant j'arrive à me bercer d'amour. J'ai été juste, j'ai donné le meilleur moi même et je ne peux manifestement pas changer les situations de vie. Mon amie accorde plus de place à la colère qu'à l'amour, je ne vais pas me battre contre des moulins à vent. Je ne vais pas la forcer à m'aimer ou à pardonner la situation qui est ainsi. J'apprends à regarder ce qui m'appartient et ce qui ne m'appartient pas. Je ne me laisse plus envahir pas des énergies basses qui baignent dans la négativité et j'observe mon cerveau qui tourne en boucle face à de telles querelles.


La bénédiction du moine

Installée confortablement en lotus devant les disciples de Bouddha je me mets à prier et à méditer. Un torrent de larmes s'extirpe de mon corps. Cela fait trop de mois que je souffre de cette absence de communication.Envahie par un profond sentiment d'incompréhension et d'injustice je sens que ma tristesse déborde. Après quelques minutes à pleurer je me lève pour reprendre la route. Un moine bouddhiste à mes côtés dans la pièce me demande de me rapprocher de lui, je mets de nouveau à pleurer en tenant ses mains. Sa présence me rassure, je suis comme d'un seul coup enveloppée d'amour. Je n'ai pas l'habitude qu'on prenne soin de moi...Il dépose une prière sur chacun de mes poignets en y accrochant 2 bouts de ficelle. Il m'offre une bénédiction pour me protéger, je le remercie de différentes façons en le regardant dans les yeux, en lui disant : ". " et en rapprochant mes deux mains l'une contre l'autre en hochant de la tête. Après ce bref moment d'amour auprès de ce moine je me sens en paix. Je reprends ma route avec un peu plus de sérénité...

Le mariage laotien

Je roule pendant une demi heure après ce remplissage d'amour au temple et là je stoppe mon scooter devant un mariage laotien...Je regarde ces êtres : s'aimer, sourire, s'amuser...C'est cette ambiance festive qui m'attire. La légèreté devient ma seule priorité. C'est contagieux les sourires. Je suis rapidement embarquée par l'un des membres de la famille à participer au mariage. Je partage de la bière à une table avec les invités, les jeunes étudiants échangent quelques phrases en anglais avec moi et puis j'ai les festifs qui me font danser. Je suis devenue le centre de curiosité de ce mariage. C'est ma différence physique qui les questionnent. Je suis heureuse, l'instant présent m'enveloppe d'amour... L'effet kiss cool de la bénédiction du moine : je suis heureuse.


Les cascades Tad Lo et Tad Hang

Elles sont merveilleuses et remplies de joie. Je croise aucun voyageur, je suis seule avec les laotiens, je les observent vivre leur vie avec simplicité et authenticité. Les enfants font des plongeons entrainant les petits copains. Mes jambes sont dans l'eau pour me refroidir la totalité du corps en surchauffe.

Mama Pap

La piole n'est pas extraordinaire mais mon hôte laotienne est accueillante, bienveillante et touchante. Elle a déposé un ventilateur au bout de mes pieds pour profiter de la nuitée. Les repas et les Mango coco shake sont délicieux. Je repars de chez elle avec un joli bracelet qu'elle a accroché à mon poignet pour me protéger tout au long de mon voyage. Son petit cadeau créé avec son coeur. Le mien en tout est rempli d'amour...


La boucle en montagne

Je roule pendant des heures à sillonner ces jolies ondulations modelées par la vie. Je savoure les couleurs, je m'arrête pour partager des moments de proximité avec les laotiens


et je découvre aussi les quelques médiocrités humaines sur ma route : les tones de déchets balancés dans cette poubelle géante qui se nomme la nature et je découvre les dégâts endommagés par les brûlis.


Qu'est les brûlis au Laos?

En Asie, avant le début de la saison des pluies (mars/avril), les habitants pratiquent le brûlis. C'est une méthode qui consiste à défricher les champs par le feu. Durant cette période, une partie de l'Asie du sud-est recouverte d'un voile qui transforme le bleu du ciel en blanc, et cache le soleil.

Par moment quand je roule j'ai l'impression que c'est la fin du monde...


Cascade Champee

Je me rafraichis le corps dans cette somptueuse cascade. Nous sommes quelques personnes à savourer cette douceur de fin de journée. Je sais que je dois encore rouler 70 km plein cagnard avant de me poser dans à Champasak.


Champasak

Mon petit coup de coeur après le Nord du Laos. Le calme, la campagne, les animaux, la spiritualité...tout y est.

Je profite de ce merveilleux temple qui porte un historique riche d'histoire.

Le wat Phou

Le site archéologique le plus imposant du Laos est inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Non pas pour sa dimension qui sans être modeste, n’égale pas celle d’Angkor, mais pour sa signification. Le wat Phou, traduit littéralement par « temple de la Montagne », est considéré comme le berceau de la culture khmère. Sa fondation au Vème siècle est l’œuvre du premier royaume d’importance de la région, le Chen-la. L’ensemble actuel du XIème siècle préfigure les temples-montagnes qui s’élèveront au Cambodge et en Thaïlande. Il comprend deux villes anciennes postées à proximité du fleuve et une succession d’ouvrages, de réseaux hydrauliques, de temples dans un axe reliant le Mékong à la montagne de Pou Bassak. Ce relief en forme de lingam, incarne Shiva. Sous sa bienveillante tutelle, le wat Phou devint rapidement un centre religieux d’exception pour les Khmers. Il répond à la typologie classique des temples hindous : baray ou fossés emplis d’eau bordent l’allée centrale, le tout en pierre tirées de carrières de Champassak et de pierres du Mékong. Elle mène au palais des hommes, remarquable pour ses sculptures d’inspiration hindouiste. La porte centrale est ornée de bas-reliefs dédiés à Shiva et Parvati juchées sur le taureau Nandi. Lui faisant face, le palais des femmes présentent de délicats motifs sculptés ayant eu à souffrir de l’outrage du temps. Le pavillon de Nandi à proximité a été restauré. Quatre portiques signalent le début du chemin vers Angkor. Sur la première terrasse du temple, une statue de Phaya Komatha, le fondateur du sanctuaire, fait toujours l’objet d’un culte fervent.Le sanctuaire cruciforme occupe le sommet d’une large butte. Il est orné de nombreuses sculptures figurant les divinités hindouistes.

Ce temple en plein nature est ma plus jolie découverte du Laos. Je n'irai pas au Cambodge cette année alors je profite de son architecture proche de ce pays voisin. Je me sens portée par une jolie énergie sur ce site.

J'ai des frissons en traversant cette ville. Je me sens portée par une sérénité permanente. J'ai presque envie de m'arrêter ici pour y travailler.

Je suis sur le départ, direction Paksé

Mon intuition me guide à partir plutôt...


Massage Sak Yant

Je crève de la roue arrière sur la route principale de cette bourgade. Une belle symbolique, mon scooter me montre un petit faible aussi pour cette jolie petite ville : Champasak. Je suis protégée, sur ma route un mécano sur le bas côté au dos tatoué va me sauver... J'observe sur le corps de ce laotien ces tatouages Sak Yant. Toutes ces symboliques m'interpellent...



Les tatoueurs Thailandais, ces artistes utilisent des prières et des incantations pour conférer aux tatouages une puissance spirituelle.

"Sak" signifie "tatouer" et "Yant" provient du sanskrit "yantra", évoquant la prière sacrée.

Le tatouage thaïlandais un véritable art, apprécié pour ses significations symboliques, religieuses et esthétiques. Le Sak Yant est un terme utilisé en Thaïlande pour désigner l'art du tatouage sacré. Il s'agit de tatouages traditionnels faits à la main par des moines bouddhistes ou des maîtres Sak Yant.

Un tatouage Sak Yant se compose de trois éléments : les Yantras, motifs sacrés intégrant des symboles anciens, des images d'animaux ou de divinités, des mantras et des prières ; des phrases en Pali conférant des pouvoirs magiques supposés au porteur ; enfin, une bénédiction finale prononcée à la fin du tatouage.Un peu d'histoireLes tatouages thaïlandais sont très anciens, ils datent de l’empire Khmer à l’époque d’Angkor au 9ème siècle après J.-C. Les guerriers thaïlandais se faisaient tatouer des Sak Yant sur tout le corps pour espérer être protégés par les dieux sur les champs de bataille, et pour rendre leur chair invulnérable aux coups d’épée, repoussant ainsi les ennemis et les mauvais esprits.

Le Sak Yant est tatoué sur la zone l'arrière du cou (nuque), car nous croyons que c'est la porte d'entrée vers le chakra majeur, ou sur l'épaule ou dans le haut du dos, près de la tête, considéré comme propice selon les croyances bouddhistes.

Ce voyage est aussi culturel, spirituel...


Les 4000 îles

J'utilise les transports laotiens (bus et bateau) pour m'y rendre . Je suis collée sur le siège dans le bus, je baigne dans ma sueur. Température ressentie 44 degrés sur Don Det. La chaleur me fait fondre en eau. Je choisis sur place un petit chalet loin du brouhaha, au pied du Mékong. J'ai décidé de me poser et me remplir d'amour dans ce petit coin de paradis laotien.

Toutes les prières sont exaucées, je rencontre 2 merveilleuses personnes sur Don Det, 2 hommes, 2 âmes colorées qui me font vibrer. Un qui prend la poudre d'escampette au bout d'une journée et puis Paul, un jeune homme brillant, plein de vie qui partage cette petite étape de mon voyage sans me quitter. Comme ces inséparables, ces fameux oiseaux, nous partageons une journée et demi dans la fluidité. Je suis heureuse....

Je me laisse porter par le courant de la vie après notre séparation d'une journée nos chemins se re croisent à Pakse où nous allons retrouver notre complicité. Petit hamburger en plein milieu de la journée puis un massage laotien en duo l'un à côté de l'autre pour clôturer cette merveilleuse journée. Il porte sur son dos mon sac à dos de 14 kg jusqu'à la gare routière de Paksé pour m'accompagner, je monte dans le bus, je viens de le quitter. Ce n'est qu'un au-revoir. Mon coeur et serré mais je sais que je vais le retrouver...

Bus de nuit Paksé, Vientiane

Les laotiens sont extrêmement optimiste. Il m'annonce plus de 10 h de bus de nuit pour traverser du sud à la capitale. Il mettra 17 h pour arriver à destination. Je dors comme un bébé sur un matelas que je devais partagé. La chance me souris je dors seuls en biais dans mon lit toute la nuit avec mes compagnons préférés de voyage : mes boules quies et mon masque de nuit. Je voyage avec comme dernier repas le burger de Paksé. J'ai faim au réveil mais je me laisse porter jusqu'au prochain arrêt. Je profite d'un arrêt spontané pour nourrir mon estomac d'une bonne soupe de nooddle laotienne et une bonne glace chocolatée. Le ventre plein je suis prête à attaquer ma derniere ligne droite de bus et affronter la négociation du dernier tuk tuk pour retrouver mon mercenaire qui vit à la capitale.

Mon inconnu

Je me suis détachée de lui avec le temps et surtout depuis qu'il voyage. Après quelques longs échanges vidéos, je perçois une énergie différente de la mienne, les fils d'amour de projection se déconnectent pour laisser place à une amitié bien soudée. Je lâche toutes attentes et l'ivresse dans laquelle je me positionne quand je ressens quelques similitudes émotionnelles. Un jour viendra où l'on se croisera...Je vais essayer de maîtriser ce petit cœur qui s'emballe pour un rien....


Je lève un verre

A Vientiane, je profite de mes dernières heures au Laos pour boire des verres de vin rouge et de profiter de tous les instants avec les laotiens. J'ai déjà le coeur piqué de remords de quitter ce pays. Je vais continuer à semer...c'est ce qui me permet d'avancer.

9

Le départ de la Réunion est assez folklorique, détendue pendant un mois sur ce lieu paradisiaque, j'ai oublié de gérer l'administratif de mon futur voyage. A l'aéroport je suis obligée de prouver que je quitterai la Thaïlande, je prends donc en urgence un vol un peu au hasard pour me dépatouiller de cette problématique. Un deuxième soucis qui s'enchaine : il me manque aussi de l'argent sur mon compte. Mon lâcher prise me coûte sur le moment avec une petite montée de stress stimulante. Avec internet tout se règle en quelques minutes, c'est la révolution...Ma petite étoile me suit, je suis aux anges, je décolle direction la Thaïlande avec une super compagnie aérienne qui prend bien soin de moi.

Je suis exténuée je dors toujours très mal dans les avions mon hypersensibilité m'oblige à mettre des boule quies et porter un masque pour éviter les pleins phares dans l'avion.

Mon nouveau compagnon de voyage

Improbable cette situation. Une belle synchronicité de vie. Avant de quitter la Haute Savoie, j'ai fait une belle rencontre sur Facebook : Cathy. Une belle âme que j'ai appris à connaître à distance. Notre premier appel téléphonique m'a bluffé. Nous avons de merveilleux échanges profonds et plein d'amour. J'ai l'impression d'être avec mon âme sœur. Infirmière, dans l'humanitaire, ses délires de voyages ne me laissent pas de marbre. Je rebondis sur chacune de ses expériences en lui coupant la parole. Quand suis subjuguée et prise par l'enthousiasme de la discussion je m'emballe. Je ne me sens pas seule Cathy me ressemble aussi dans les interactions en communication. Cette vibrance face à la vie m'émeut tellement, j'ai hâte de vivre mes premières journées auprès d'elle.

Pure coïncidence de la vie. A quelques jours du départ Cathy m'annonce que son conjoint est souffrant et qu'il ne partira plus en Thaïlande. Au final la synchronicité va nous frayer un chemin : celui de nous rencontrer pour de vrai. Tout est aligné pour se retrouver : on décolle le meme jour dans 2 villes différentes et notre atterrissage aura lieu la même jour à la même heure. Je ne parlerai jamais de hasard, c'est une belle synchronicité. Nous devions nous rencontrer....

Du coup sans hésitation, nous avons décidé de partager cette nouvelle aventure ensemble. 2 pipelettes, 2 femmes sensibles en vadrouille en Thaïlande.

Bangkok

Je la serre fort dans mes bras... La connexion est immédiate. Notre rencontre est fluide. Je découvre son visage en récupérant mon sac sur le tarmaque... Incroyable ! Nous sommes ensemble. Nos premiers jours nous secouent un peu. Nous nous penchons sur nos premiers achats "anti-stres" (comme dans tous les pays) : nos cartes sim pour barouder dans la Thaïlande et de l'argent pour payer notre premier repas et nos futurs achats thaïlandais. Notre première nuit avec le décalage horaire nous chamboulent mais avec l'expérience on s'y habitue...

Premières recommandations Thaïlandaises


Première soirée à Bangkok

Premier coucher de soleil, première bière, tout se libère avec un grain de folie évaporée. Je suis heureuse d'être ici maintenant en Thaïlande. Merci la vie qui me souris. La gratitude elle se forge avec les semaines. J'apprends à remercier la vie pour tout ce qu'elle m'apporte c'est du pain béni 🙏


Changement de chaussures

Après avoir barouder pendant des semaines avec mes grosses grolles de cosmonaute que j'ai laissées à mon compagnon de voyage Simon, j'abandonne mes Salomon offertent par mon ex conjoint (l'énergie du passé). Dans la vie je me déleste de tout objet ou matière qui m'a été offert et qui peut me rappeler des souvenirs avec la personne. Si ça pique je m'en sépare je n'hésite pas....J'achète des Merrell trail : je décide enfin de me faire confiance et d'acheter des chaussures qui ne me maintiennent plus les chevilles. C'est léger, ça accroche, c'est les chaussures du siècle. Elles vont me permettre d'alléger mon voyage. Et de détendre mes mollets contrariés par le poids de mes pas.


Je vais devoir la quitter, pour la retrouver...

J'ai décidé de commencer le voyage sur la premier étape du programme de voyage de Cathy : Chiang Rai. Ville située au Nord Thaïlande.

Mauvaise nouvelle, impossible de changer le billet du chéri de Cathy la compagnie aérienne nous annonce l'impossibilité de modifier un nom sur un billet. Nous nous me déplaçons sur place à l'aéroport pour négocier avec nos plus beaux sourires. Avec cette compagnie thaïlandaise, c'est comme si qu'on soufflait dans un violon. Nous vivons toutes les deux, cette situation avec beaucoup d'injustice. Ce n'est pas juste ce qui arrive la solution est tellement simple.

Je me casse la tête avec Cathy a trouvé des solutions. Je n'en vois qu'une : celle de la retrouver dans le Nord en prenant 2 tram en plein Bangkok, en réalisant 1,5km de marche à pieds et en effectuant 12h de bus de nuit... Le décalage horaire ne va pas être simple, ma sensibilité va être mise à mal ... je sais que cela fait partie du voyage, j'accepte les contraintes liées à chaque situation avec un détachement déconcertant.


Chiang Rai

Un peu comme ma séparation avec mon compagnon de voyage, Guillaume en Namibie. Je me sentais rassurée à 2. Pas le temps de souffler le lendemain de mon atterrissage, je dois me replonger dans l'anglais, me déplacer avec une nouvelle monnaie et utiliser plan de métro écrit en Thaïlandais. Je me sens un peu seul au monde quand j'emprunte l'escalator de l'aéroport pour me lancer dans l'aventure. Bangkok me voilà !

Désintégration de ma pression et de ma fatigue en empruntant mon premier tram thaïlandais. Je commence à éprouver de la joie, je rencontre des personnes merveilleuses qui m'aiguillent. Je m'achète un donuts plein de sucre pour me redonner de l'énergie. Je me sens en sécurité avec moi même depuis quelques minutes...je sais que je suis capable de me dépasser mais j'ai souvent quelques passages de doute lorsque je me retrouve face à moi même avec mon anglais qui accroche un peu à chaque phase. Bon je vais me remettre à apprendre du vocabulaire à foison avec mon pdf magique que j'ai acheté à Léa english. Mon anglais basic revient au galop, il contribue à ma liberté alors je vais pratiquer! Avec mon a sac de 13,8kg sur le dos et mon 25litres sur le ventre j'avance vers mon objectif : prendre mon bus à la gare routière à Mochit. Je contourne un parc, je traverse un marché, je fais mes premières découvertes thaïlandaises comme des tortues terrestres vendues dans des bassines pour laver les gosses, des grenouilles enfermée dans de minuscules boîtes en plastique avec quelques trous pour qu'elles puissent survivre, des gros verres à mastiquer au petit déjeuner. Les Thaïlandais ont clairement un autre regard que les européens sur les animaux...Je suis un peu secouée comme dans les petits africains. Les animaux sont mal traités, les chiens sont mangés comme nous on mangerait un pain avec du fromage en France. C'est culturel !

Les portes de prison

Elles ne sont pas faites pour moi...Arnaud un compagnon de voyage que je suis et que j'apprécie particulièrement partage sur Facebook une information sur laquelle je rebondis. Il écrit : "portes de prison non concernées". O.Ça me parle j'ai eu dans ma vie amoureuse à 2 reprises ces 2 dernières années "des portes de prison émotionnelles". Malheureusement rien ne pourra les changer...Une éducation déconnectée de toutes émotions. Leurs caractères forgés au gré des années avec des parents qui n'ont pas su ou pas pu leur offrir un amour de partage profond. Souvent coupés de tendresse, les parents ont tout simplement oublié de les respecter dans leur unicité. Quels sont tes besoins? Comment te sens tu? On ne change jamais une porte de prison. Soit on la subit soit on décide de la changer pour s'ouvrir à une qui est à la hauteur de l'amour qu'on se porte.


Retrouvailles avec Cathy

A Chiang Rai,je partage ma nuitée dans notre super chambre de rêve. Merci Cathy pour cette réservation qui te coûte des frais de cartes bleu (petit clin d'oeil pour Cathy). On passe du temps à faire du "tetris" dans notre journée à caser les excursions comme des touristes. Il faut tout programmer pour ne pas se retrouver bredouille et sans activité. En janvier, en Thaïlande, c'est la meilleure saison pour barouder mais nous ne sommes pas seules à penser à s'extirper de notre quotidien. Les touristes sont nombreux...Cathy à 3 semaines de vacances et forcément je suis écartelée entre son rythme et le mien. Entre ses vacances et mon long voyage annuel. J'ai envie de passer du temps avec elle, ça c'est une vérité mais cette accélération du temps et cette course à l'échalote de la meilleure réservation : de bus, de chambres d'hôtel me fatigue. Ce long voyage en bus de nuit à moitié allongée sur ce fauteuil en cuir m'a rendu fragile à l'arrivée. Les conditions de voyage un peu roots: je m'en fiche mais il faut que j'apprenne à récupérer mon énergie que je disperse au cours de ce chemin. Je sais que ma fatigue joue sur mon énergie vitale et sur mes sauts d'humeur. En duo, je dois apprendre à respecter mes besoins et à les exprimer pas chose facile quand ton automatisme de base est de faire plaisir à l'autre pour être aimée.


Notre toute première excursion

Après ce cas tête chinois de prix et de propositions dans les rues de Chan Rai et sur le net. Nous décidons de faire ce qui nous tenait à à cœur : les visite du Temple blanc et du Temple bleu. Je commence avec des couleurs et de la spiritualité. Je suis tellement en mode baroudeuse que j'ai oublié au cours de ce voyage de respecter la culture thailandaise. Mes jambes et mes épaules sont découvertes. A l'entrée, on me le rappelle rapidement. Je cours immédiatement dans un shop pour louer une étole qui me permettra de profiter pleinement de ces magnifiques Temples. C'est grandiose à contempler !



La randonnée avec Lana Trek

Le départ est imminent nous sommes 6 alignés comme des prisonniers dans un véhicule de l'agence à parcourir les routes thaïlandaises. Je ne me sens pas à l'aise d'être à plusieurs. Je n'aime pas ces excursions de touristes. J'ai envie de découvrir cette forêt tropicale en solo dans le silence. Ici ce n'est pas possible. Avoir un guide à ces côtés est une action raisonnée/ raisonnable alors pendant quelques minutes je suis tentée de fuir la réalité. La sympathie de mon groupe me rassure... Me voila descendue de la navette sur les sentiers en randonnées à jongler avec le silence et mes envies de parler.

Le silence

Il est rude pour moi, je crois que si je creuse un peu sans cet intériorité...le silence en groupe je ne sais pas faire. Ma soif de curiosité me pousse aux échanges alors que je sais pertinemment que le silence me pose et fait du bien à ce cerveau qui ne cesse de se fourvoyer. Le silence me remplit mais à plusieurs il me détruit. J'ai besoin de cet élan de partage. La vie c'est le mouvement et les interactions avec les uns et les autres. C'est ça pour moi la vie : la découverte et le partage.


Une expérience hors du commun au travers de la jungle thaïlandaise.

Les guides sont d'un professionalisme implacable et d'une gentillesse exemplaire. Serviable à souhait, je me sens en sécurité. Ils possèdent tous les 2 une machette qu'ils utiliseront tout au long de notre randonnée : pour couper des bambous, préparer le repas...Je goûte des fruits, je découvre cette nature avec mes yeux d'enfants. Je monte je descends je suis entrain de tester pour la première fois mes chaussures de trail. Ça accroche bien sûr mon chemin. Je me sens en sécurité et toute légère. Je gagne en énergie et en grimpette. Il fallait des années de randonnées pour me fondre dans de nouvelles chaussures. Avoir confiance en soi en ses pieds est un véritable challenge. Je ne peux faire confiance en mon matériel que si j'ai confiance en moi. J'ai un déclic!

Dans ce groupe, je fait la découverte de Bernard à la retraite, anciens DG de sociétés dans le monde entier, après ces folles années à travailler comme un âne sa femme l'a quittée pour un autre. Désormais, il vit depuis quelques années avec des graves soucis de santé mis de côté. Il fait que de chuter je découvre en marchant auprès de lui, qu'il a des problèmes de connexions neuronales. Il ne sait plus où il met les pieds, son cerveau ne corrige plus ses trajectoires. Bernard n'accepte pas sa maladie et de vieillir. il vit de manière bancale en permanence. Au début je me positionnais en mode sauveuse à le protéger puis après une discussion avec Cathy, je me rends compte qu'il faut que je le lâche. C'est sa responsabilité d'intégrer une randonnée et puis après tout c'est le rôle du guide de se prémunir.


La découverte d'un peuple

En plein milieu de rien, nous sommes accueillis par quelques familles d'un peuple incroyable. Des petites au plus grands je me sens porter par de l'amour et des sourires. Mon regard se porte sur un petit groupe d'enfants qui attire toute ma bienveillance... Une petite fille sort du lot, sa spontanéité lui donne envie de me cramponnée, elle saute dans mes bras pour se blottir contre moi. Sa douceur me remplit d'amour.... Nous sommes tous des être interconnectés, cette petite sent que je suis pleine d'amour....


Ce peuple thaïlandais est accueillant souriant. Nous sommes chouchoutés toute la soirée avec des sourires, de la nourriture local... Je vis au plus près


Les péripéties de voyage de mon duo

Depuis le début de ce voyage, Cathy cumule des expériences rocambolesques aussi improbables les unes que les autres :

- Son bus c'est arrêté en pleine voie, route impraticable suite à une chute de neige , elle marche 45 min jusqu'à à l'aéroport avec son énorme sac à dos

- Le guichet de l'enregistrement est fermé à son arrivée,

- Ses bagages sont enregistrées à l'arrache, elle pousse tout le monde pour quitter le sol Suisse,

- Son vol interne Bangkok Chiang Rai est annulé puis déplacé et puis en retard,

- Un chewing gum dans les cheveux

Tout ce qu'il peut y arriver est complètement dingue!

Chiang mai

Ma belle étoile s'est éclipsée. Et pour continuer l'énergie du moment, une situation rocambolesque me tombe dessus en présence de Cathy. A notre arrivée, devant la porte d'entrée de notre Rbnb pas de code et pas de code non plus pour ouvrir la boîte à pendor qui détient le trésor (notre clef) pour nous coucher. Un thaïlandais essaie en vain de nous aider, le proprio ne répond pas à nos appels téléphoniques. La pouasse nous poursuit... Alléluia après 20 min à tournicoter dans le stress, le propriétaire thaïlandais nous aiguille en anglais nous sommes sauvés.

Les couloirs au couleur d'un film d'horreur connu "Shinning" nous interpellent, sur les photos du site c'est un hôtel colorée avec des dessins artistiques. Petite erreur sur le choix de notre dortoir, en plus nous avons validé 3 nuits pour être tranquille. Les stupéfactions ne s'arrêtent pas là : un rouleau de papier toilette pour 2 pour 3 jours, la douche froide pour nous savonner et nous découvrons la première soirée que notre hôtel est juste en face d'un bar de rockstars qui joue de la gratte jusqu'au bout de la nuit. Les stupéfactions ne s'arrêtent pas là : le commerce voisin est un revendeur de cannabis. Nous avons décroché une pépite de chambre...

Je crois que mon épuisement vient un peu de ces fatalités insolites. Je crois que la pouasse est contagieuse...


Allez c'est parti mon kiki

Je déambule avec Cathy avec notre location de scooter dans la ville en quête d'un magnifique Temple,

Les premiers kilomètres je me fait arrêter par la police thaïlandaise qui contrôle mes permis. Sauvée, j'ai mes 2 permis A et B moto et voiture et j'ai en ma possession désormais mon permis international. Ce dernier c'est glissé dans mon sac à dos grâce à mon pigeon voyageur grenoblois : Simon.

Cathy me fait plaisir, c'est mon gps, grâce à mon co-pilote on arrive à destination. On découvre le patrimoine de cette ville en commençant par un temple célèbre "Wat Phrase What Doi Suthep", son nom est à coucher dehors et avec ma dyslexie j'ai du mal à le retenir... Je mange des fraises à l'entrée, je me fais bénir par un moine et je prends du temps à respirer et contempler cette architecture quelque peu originale et artistique. Je me sens extrêmement bien dans ce temple, je suis enivrée par cette spiritualité...

Après cette jolie connexion à moi même je retrouve Cathy pour faire un peu de grimpette sur une randonnée que nous avons identifié pour combler notre planning déjà bien chargé.


Le sanctuaire des éléphants

Ce sanctuaire a été sélectionné par une inconnu qui se prénomme Marie. J'ai décidé de participer à cette excursion car Marie a vérifié que les éléphants ne sont pas mal traités sur ce site. Et en réalité, ce pachyderme attire toute ma curiosité. J'ai envie de lui toucher la peau et de découvrir le bout de sa trompe. Du coup, je valide l'excursion en ligne pour qu'on puisse me récupérer à l'hôtel.

Au début de l'excursion, je ne suis pas très à l'aise je déteste faire comme les moutons. Ce matin je suis montée dans cette camionette avec des touristes du monde entier comme des prisonniers, je suis le mouvement. Sur place c'est comme chez Ikea par groupe, on participe par créneau. Première étape : nous distribuons des fruits aux éléphants, quelle tristesse de les voir manger toute la journée. Le ventre de ces gros mammifères sont diformes, ils sont entrain de faire une indigestion, pire ils deviennent addicts à ce que nous leur offrons. Clairement ce n'est pas naturel de manger toute la journée sans chasser lui même sa nourriture. Ces animaux sont domestiqués comme des chiens. Ils sont endoctrinés comme des militaires à réaliser des missions. Pas de besoins de les guider comme dans un manège Ils connaissent par coeur le tour à réaliser...Ils font même de la randonnée avec nous à nos côtés. Bon ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire ...Je passe mon temps à vérifier que ces pachydermes ne m'écrasent pas les petons car j'en ai encore besoin pour mon voyage. Je suis heureuse de pouvoir les observer de si près mais c'est tellement absurde d'en faire des animaux domestiques. Même si c'est pour le fric, les éleveurs thaïlandais sont respectueux de leurs bêtes. On sent que les animaux sont rodés. Je me suis renseignée quand ils sont fatigués par les touristes, ils sont immédiatement remplacés par un autre groupe d'éléphants. Ils n'arrivent pas à la saturation émotionnelle, tant mieux. C'est un parc qui respectueux des animaux.

Je suis secouée

Le décalage horaire m'a remué, une première pour moi.

Depuis, que je suis arrivée en Thaïlande je cours dans tous les sens. J'ai l'impression de revoir ces touristes de Zanzibar en quête de remplissage de journée. Je me suis greffée au programme de Katy et je n'ai pas pris le temps de proposer ce que j'avais lister sur mon petit cahier. Je passe plus de temps à chercher les meilleurs plans pour dormir et parcourir la Thaïlande en bus qu'à découvrir ce magnifique peuple. Je vais freiner quand je vais arriver dans le sud de la Thaïlande.

Syndrome du caméléon

Je me débarrasse du syndrome du caméléon. J'ai l'impression de le vivre une fois de plus ce malaise personnel que j'ai identifié chez moi : le syndrome du caméléon. Je me faufile en prenant la couleur du paysage, et en m'adaptant à toutes situations. A l'écoute du besoin de la personne à mes côtés je m'efface et j'ai du mal à me positionner et à exprimer mes propres besoins. C'est souvent ceux de l'autre que j'écoute en priorité...quelle grosse connerie. J'ai du mal à prendre ma place dans ce duo. Je ne sais pas si c'est mon état de fatigue qui me fait percevoir la personnalité de Cathy sous un autre prisme ou si c'est Cathy qui n'est pas câblée comme moi?! Nous avons tellement de similitudes dans notre sensibilité que c'est dur à gérer. Est-ce une question de compatibilité ou de vibration?! Un peu des deux. Comme dit Cathy : "On ne peut pas être aimée par tout le monde" c'est vrai après tout il ne faut se forcer... Ce sont nos vacances respectives...J'ai envie de vivre en paix et elle aussi...

Avec Cathy, on se sépare...

Après plus de 8 jours de promiscuité, on arrive au bout, Cathy m'exprime son envie de retrouver sa liberté. En effet, comme elle le dit si bien, c'est un cadeau qu'elle me fait de me dire qu'elle souhaite arrêter ce bout de chemin ensemble. Je dois apprendre à me respecter et à arrêter une relation quand elle bat de l'aile. J'ai encore des difficultés... Ma séparation avec mon ancien conjoint ne m'a pas servie de leçon, je continue à ne pas me respecter quand nous sommes 2. C'est mon côté optimiste qui parle dans ce type de situation et clairement je sais que je n'aime pas rejeter ou abandonner une personne. Mon côté Mère Thérésa, je n'aime pas faire souffrir mon prochain. Respect et limites vont devenir mes piliers de vie désormais. La répétition des scénarios de vie me permet de mettre en pratique ces nouveaux changements. Si je continue sur cette vibes : je vais morfler.

Je vais de nouveau être libre comme un petit papillon et vraiment vibrer au plus près de moi même. Je sens que je suis à la saturation de l'adaptation avec l'autre. J'ai hâte de me retrouver seule de nouveau...On prend nos 2 derniers bus de 10h ensemble destination le sud de la Thaïlande. Je vais faire bronzer mes gambettes et vider mon cerveau...

N'attendez pas les miracles, votre vie entière est un miracle.» Albert Einstein

Cette nuit...

Mon oeil s'arrête sur une heure très précise : 1h11. "C'est un signe que vous êtes sur le bon chemin et aligné avec votre mission de vie ou votre but ultime. Cela pourrait être un rappel de rester fidèle à vos valeurs et à vos aspirations les plus profondes. 1h11 invite à la réflexion et à l'introspection. C’est un moment idéal pour se recentrer sur soi-même, méditer et réfléchir à ses choix de vie. Cela peut conduire à une meilleure compréhension de soi et à la clarté des pensées".

Bon, c'est un signe du destin...

Effet miroir

Après la séparation avec Cathy, j'ai compris... C'est à grâce à un effet miroir que je suis en train de valider nos traits :

Elle parle beaucoup, je parle beaucoup

Elle est brute de pomme, je suis brute de pomme,

Elle est sensible et impulsive, je suis sensible et impulsive,

Elle est controlante pour se rassurer, je suis controlante pour me rassurer,

Elle est sans filtre, je suis sans filtre,

Elle est susceptible, je suis susceptible.

C'est comme si cette relation avait mis ma personnalité sous les projecteurs. C'est dur de me voir en Cathy et de m'accepter. Je m'incline face à cette situation qui vient mettre en lumière tout ce que je suis. C'est un sentiment extrêmement désagréable. La phase de digestion de mon miroir est en cours. Je suis assez humble pour m'incliner... Travailler sur soi, c'est le travail de toute une vie...je me promets de m'y atteler avec parcimonie toute ma vie pour atteindre l'harmonie.


One day I will fly away

Je m'aime....

Les histoires épicées casse gueule auraient pu me faire vaciller mais avec un œil de voyageuse mes interdits sont devenus ma liberté.

Toute ma vie j'ai entendu mon entourage m'expliquer que j'étais trop ceci ou cela. Trop de parole ou pas assez silencieuse. Trop d'énergie ou pas assez ancrée. Trop impressionnante ou pas assez rassurante. Dans les yeux de mon entourage comme ceux de mes parents je me suis souvent sentie anormale, inappropriée, différente. Trop libre pour être "épousante". Trop indépendante pour donner envie d'être aimée. Trop sensible pour chercher à comprendre qui je suis. Trop compétitive à l'époque pour laisser à l'homme la place qu'il revendique. Trop d'analyses pour être aimée...Trop authentique ou pas assez de filtres...

Ce voyage me permet de trouver la paix en moi et de prendre conscience que mon âme est belle et colorée. Je me libère du regard de l'autre et j'accepte d'asseoir ce que je suis en mettant en lumière toutes les facettes de mon être. C'est grâce à cette longue pause avec moi-même que je me remplis d'amour. Je remercie la vie et je me remercie d'avoir eu le courage de partir pour grandir...


One day I will fly away

Je suis moi

Au fil du temps je n'accorde plus d'intérêt à la pression sociale qui m'invite à rentrer dans un moule préfabriqué. J'ai tout envoyé valser les cases étriqués et les quotidiens déjà pré-remplis.


Je suis moi ... tout simplement

Avec mes rires et mes tourments ...

Mon authenticité et ma franchise

Mes certitudes et mes surprises ...

Mon coeur dicte mes pensées

Ce que je dis ... je fais ...

C'est souvent spontané

Je ne force jamais ...

Lorsque mon coeur guide mes pas vers

L'amitié ou l'amour ... ma fidélité est là

Ma sincérité est d'autant plus vrai

Qu'il m'est impossible de manipuler ...

Alors en moi ... croyez toujours

En mon amitié et en mon amour ...

Car avec tout ceux que j'aime ... je ne triche pas

Car tout simplement ... Je suis moi

«C'est tout au centre de ton coeur que la vie commence. C'est le plus bel endroit au monde.»


Rûmî

Leçon de vie

Mon manque d'eau m'a coûté des calculs rénaux. Depuis mes 2 opérations sur Annecy j'ai décidé de boire. Mon urologue n'est pas commode je préfère boire pour ne pas le revoir ... C'est la leçon que j'ai apprise ne plus jamais vivre avec sur mes réserves comme dromadaire.


De nouveau seule

Arrivée Ao Nang, je redécouvre la joie d'être seule. A la Réunion comme ce début de voyage en Thaïlande je suis toujours collée aux autres. C'est une chance de vivre auprès d'eux mais je n'ai plus d'intimité et de moment de silence avec moi même....Là, j'adopte la solitude attitude et ça me va bien... Le rééquilibrage est instantané. Du coup, je prends le temps de m'acheter une petite robe, je pose avec mes petits pad thaï le soir au diner (un régal), je suis à mon 4ème massage thailandais, je papote avec des petits singes de la jungle, je dors...C'est le paradis de se retrouver seule....

Une mixte entre le soleil, la nature et le silence : une pommade pour mon âme.


L'inconnu

J'ai décidé de parler de lui, de ce fidèle inconnu.

Je suis touchée par cette mise à nu inattendue. Cela fait quelques mois que je discute avec un inconnu de manière éclectique par messages et quelques visios Nos échanges sont fluides et spontanés. Ces valeurs et la vision de la vie sont similaires aux miennes. Des discussions longues et profondes s'installent. C'est moi l'initiatrice de ces débats mais je sens qu'il y prend goût comme moi. Un vrai bonheur! Je me sens entendue et comprise, je crois que c'est une grande première pour moi surtout par la gente masculine. Pas de doute ces échanges sont rassurants et son approche est douce et bienveillante.

Gratitude face à ces similitudes. Nos âmes se sont trouvées, c'est un beau mélange d'intelligence et d'émotions. Quelle jolie cadeau de la vie...

La révérence de l'éléphant

Je me le trimbale depuis quelques semaines cet ouvrage. Il a voyagé, je l'ai acheté dans une petite librairie malgache.

Madagascar, La Réunion et désormais la Thaïlande...il m'accompagne dans mon aventure.

Comme une valse à trois temps, un roman qui aborde avec finesse le choix de mourir, la disparition des éléphants d'Afrique et la renaissance du sentiment amoureux. Je suis bouleversée par toutes ces émotions.Laura Trompette écrit avec beaucoup de profondeur.

Je vous le recommande.

Comme je dois être la plus légère possible, j'ai déposé cet ouvrage dans la bibliothèque de mon hôtel avec un petit mot à l'intérieur pour laisser une petite trace de ce present. J'espère que le lecteur me fera un retour j'ai laissé mon prénom et mon WhatsApp pour qu'il me partage son ressenti...

Cette lecture m'a énormément touchée...

Ma destinée

Avant de partir pour mon tour du monde en solo, 2 êtres qui me sont chers : Jocelyn mon âme soeur et Ghislaine ma dame de coeur, me guident. Enrobée d'amour quand je me connecte à eux, ce sont mes boussoles quand la vie pousse à la dérive. Ils ont toujours été là pour moi. Ces belles âmes au coeur remplit d'amour partagent le même ressenti à mon égard sur mon avenir : "Tu vas te trouver en voyage". Cette certitude me rassure. J'ai envie de trouver ma nouvelle place et pourquoi pas un petit homme pour partager ce que je suis. Je n'ai plus d'attente, j'apprends à m'aimer et à me respecter c'est déjà le parcours du combattant pour moi...

L'écriture

Je me précipite sur mon carnet de voyage dès que je peux pour écrire... Dans mon lit, dans un bus ou sur la plage tous les endroits sont propices à l'écriture. Je mets sous cloche l'instant présent vécu je l'immortalise avec ces mots ces images, ces anecdotes. J'ai très envie un jour d'imprimer mon carnet de voyage et de le relire pour revivre cette aventure. C'est un plaisir intense de vider son sac de tout ce que je vis je sens. J'ai une chance inouïe se pouvoir m'exprimer si librement alors que dans ma vie j'ai tellement vu des personnes verrouillées du coeur... Le mien est bien ouvert à la vie depuis que je suis parti. Être une nomade girl, libre de contraintes est jouissif. L'écriture me libère, elle est pour moi : une source d'énergie vitale....


Mon inconnu

Je lui adresse une jolie photographie prise dans l'instant présent par messenger. Il n'est pas auprès de moi mais je pense à lui de l'autre côté de la planète. Je sais qu'il est heureux loin de moi comme je suis heureuse seule ici en quête de sens dans ma vie.


Cette rencontre sur la plage

À Ao Nang, sur la plage je discute avec un jeune femme de 28 ans, elle est belle souriante, son caractère est très apaisant. Je sens qu'elle est douce. J'aime la douceur et les personnes posées : c'est rassurant...

Nous entrons très rapidement dans l'intimité l'une de l'autre avec un sujet qui me touche : la maladie.

Cette jeune femme a découvert avec son voyage qu'elle avait le cancer de la gorge. A 28 ans la vie ne lui a pas laissé de répit...quel gâchis ! Cette jeune femme m'a beaucoup touché avec son histoire... J'ai pu ouvrir mon coeur et expliquer que je vivais aussi avec cette épée damocles au dessus de ma tête au sujet de mon coeur. Je lui ai parlé de mon ange gardien qui envoie les données à l'Hôpital de Lyon. Cela me rappelle que mon reveal est toujours implanté au dessus de mon coeur.

La vie me rappelle à quel point la vie peut basculer du jour au lendemain. Je ne passerai plus jamais à côté d'elle...au détriment des autres ....


Direction Kho Phi Phi

Je replace tout judicieusement dans mon sac. Chaque objet, chaque vêtement reprend son petit coin. Dès fois, j'ai envie de me délester de mes affaires chaudes comme ma doudoune, mon bonnet ou mes affaires techniques chaudes, mais je sais que peux en avoir besoin dans un autre pays...comme je voyage au gré de mes envies, je préfère tout garder...

Je teste le speed boat pour atteindre l'île de Kho Phi Phi. C'est un moyen de transport très agréable, la maggie de l'humain : je flotte. En arrivant, je me sens envahie de touristes et je tombe nez à nez avec Ronald, l'effigie du Mac Do incroyable au bout du monde il est présent à la sortie de l'embarcadère. La mal bouffe est présente dans le monde entier sans exception.

Mon hôtel est à 35 min à pieds, ici pas de tuk tuk tout se fait à pieds. Je traverse le centre blindé de monde et de magasin en tout genre. La dernière côté et rude pour atteindre mon hôtel, avec mes 14kg je prends sur moi et je grimpe. Un thaïlandais m'accueille et me libère des dernières marches pour atteindre mon but : la vue de l'île est magnifique depuis ma nouvelle maison.

J'ai soif de lecture....

Gandhi - la voie de non-violence

En France je n'avais clairement pas le temps de lire, du moins je ne le prenais pas le temps (on peut toujours se trouver des excuses). J'ai toujours eu des difficultés à me poser et mon défaut de concentration peut me jouer des tours. Je peux passer des heures à lire et à faire autre chose dans ma tete du coup je n'ai pas compris les 3/4 de ma lecture.

En voyage je me sens pousser des ailes : j'écris et je lis car mon cerveau est en mode pause, je suis détendue et j'ai du temps. Merci la vie🙏

Aujourd'hui j'ai fini cet ouvrage. Gandhi est le premier homme à avoir étendu le principe de la non violence du plan individuel au plan social et politique. La politique ça n'a jamais été mon truc mais ce que je retiens c'est les valeurs ancrées de Gandhi et son regard sur la vie.

Ma source d'inspiration pour mon avenir :

"Chaque fois qu'il y a discorde, que vous vous heurtez à des oppositions, efforcez vous de vaincre l'adversaire par l'amour".

Comme dit Gandhi : "la loi d'amour est plus efficace que la voix de la violence".

"Si on veut attendre la vérité, il faut détourner son adversaire de l'erreur avec patience et bonté au lieu de recourir à la force".

"Seule la non violence permet à la vérité de s'exprimer pleinement ".

"Pour obtenir un résultat décisif il ne suffit pas de convaincre la raison ; il faut également toucher le coeur".

"De tous les dons qui nous ont été faits, celui de la vie est sans doute le plus précieux".

"La dignité humaine exige qu'on se réfère à un loi supérieure, qui met en oeuvre la force de l'esprit".

"Le premier pas à faire est donc de se purifier soi-même. Dès que le coeur est pur, nous voyons aussitôt quel est notre devoir à chaque instant ".

"La tolérance mutuelle est donc la règle d'or de notre conduite. Il va de soi en effet que nous ne serons jamais tous du même avis et que la Vérité nous apparaîtra de manière fragmentaire selon des points de vue différents."

"La seule doctrine qui soit vraiment digne et humaine est celle du plus grand bien de tous".

"En régime démocratique, chaque individu garde jalousement sa liberté d'opinion et d'action."

"Ma tâche sera terminée si je réussis à convaincre l'humanité que chaque homme ou chaque femme, quelle que soit sa force physique, est le gardien de sa dignité et de sa liberté. Cette protection est possible même si le monde entier se retourne contre celui qui est seul à résister."


Hommage à cette humaniste en paix qui a eu la foi lui et en son peuple 🙏 Mohandas Karamchand Gandhi🙏


Mon inconnu

Aujourd'hui, ce n'est plus vraiment le cas, ce n'est plus un inconnu mais je souhaite garder son anonymat car j'ai un profond respect pour lui.

Je suis aimantée par sa personnalité atypique. Depuis quelques semaines on partage notre quotidien : nos ressentis, nos situations de vie... J'expérimente un début de relation à distance. C'est à la fois excitant et grisant de ne pas voir sa bouille en vrai. On ne s'est jamais vu et pourtant, j'ai cette impression profonde de le connaître depuis des années. C'est une sensation très agréable.


Kho Phi Ohi

Je profite de ce lieu il est a l'effigie de la Thaïlande, c'est très touristique. La Thaïlande est bondée de touristes internationaux et je croise un nombre exponentiel de francais. Ce n'est pas cher c'est un pays à la hauteur de tous les portefeuilles, c'est l'une des raisons pour laquelle les voyageurs sont nombreux. Certains sont venus pour prendre des champignons magiques en soirée et fumer du cannabis car ici il est légalisé depuis 2022 et pour d'autres ils collectionnent les excursions à leurs ardoises pour visiter les îles avoisinantes. Je me sens à l'écart de tous ces êtres...j'ai juste envie d'être là présente pour moi en quête d'un lieu doux et silencieux. J'ai trouvé... Je vis décaler pendant que ceux font la fête jusqu'à le lever du soleil moi je couche tôt avec mes boules quies et je profite du vide matinale pour me connecter a la nature et à la plage...je me sens libre jusqu'à 11h et après je profite de mon hôtel en hauteur loin de la foule en folie. J'accueille ce que je ressens et ce que je vis ici.

Je rencontre ce jeune couple de dentistes avec lequel je vais partager un peu de jungle. J'échange aussi avec ce français Giaco, d'origine italienne, il a 25 ans il travaille dans le marketing, c'est un jeune homme brillant. J'adore les personnes intellectuellement bien câblées, je me sens nourris. Cette soirée ensemble est douce et posée : box thaïlandaises, restaurant. Je déguste 2 merveilleux plats avec Giaco : ce fabuleux poissons rosé (j'ai déjà oublié son petit nom). Je rencontre aussi un autre français parisien qui débute dans la mode et Sarah cette magnifique jeune femme de 35 puériculture qui débute dans le voyage en solo. C'est formidable de rencontrer les gens du voyage....Je ne me sens pas seule à barouder pour découvrir et partager ce que je suis...

Ma lessive

Cela fait 7 mois que je baroude et que je lave principalement mes vêtements à la main et de temps en temps quand la situation me le permet je fait nettoyer mes vêtements : à la machine à laver comme à Addo en Éco lodge ou à la Réunion chez les copines. Globalement, je lave mes vêtements tous les jours pour que cette tâche reste un plaisir.

Aujourd'hui, je décide d'abandonner mes vêtements aux thaïlandaises à la réception s Simon hôtel. Je rêve de vêtements qui sentent bins. Le petit plaisir de la vie... C'est pas cher pour 170 Baths soit un peu plus de 2kg j'ai payé 4,40€. Une fois laver je compartimente les hauts/ les bas et de l'été/hivers dans des petits rangements pratico pratique trouvés chez Gifi avant de partir. En voyage, être organisée et structurée sont de grandes qualités pour ne pas sombrer dans la folie et surtout les doutes permanents

L'originalité de la Thaïlande

De découvertes en découvertes je déambule dans les rue de Kho Phi Phi en toute liberté. C'esta maggie du voyage...


Mes objectifs 2024

Avant, je me fixais des challenges, des objectifs pour vivre maintenant j'écoute mon intuition je fais principalement confiance en la vie. J'accueille ce qui est là. J'accepte où la vie m'emmène. Par moment, c'est très inconfortable, la vie me balade, mais cela reste pour moi une véritable source d'apprentissage.

Je connais très bien toutes ces exercices de développement personnel : objectifs, tableaux de projections. Je les ai moi même testés, et je ne vais pas les critiquer car ils sont ludiques et efficaces. Mais clairement, le jour où j'ai arrêté de me projeter et j'ai su faire totalement confiance en la vie, ma vie a pris une autre dimension. Je me laisse porter par elle, comme mon coach de vie annécien Jean-Christophe, m'a appris : "laisses-toi porter Audrey".

Il y a quelques années, j'étais bien enracinée dans mon cabinet, en couple avec un projet d'achat aujourd'hui je baroude dans tous les pays à la découverte de la vie et surtout de moi même. Je suis entrain de vivre mes plus belles années...

Si on me demande qui je suis aujourd'hui, je réponds je suis une baroudeuse sans travail qui respire la vie.


Mon secret d'abondance

Je vais vous le dévoiler : je dépose mes intentions...

A voix haute, je dépose mes intentions à plus grand que moi : Dieu, l'Univers, ce grand tout qui me guide là où il existe de la lumière. Je vais redoubler mes intentions dans ces prochains jours sans attente. Je souhaite trouver ma nouvelle place sur cette planète. Je sens que le soleil me fait pousser des ailes et qu'un compagnon d'amour me combleraient. Je n'ai pas me voiler la face. Qui n'a pas rêvé de recevoir de l'amour et d'en donner? Je me mentirai à moi même de me dire que mon unique bonheur est la solitude...Elle est riche cette solitude car elle me permet d'apprendre à m'aimer. Mais j'aime le partage et la découverte à 2. Je dépose mon intention dans les prochains jours sur l'argent aussi un levier d'abondance. Mon compte ce vide a grande vitesse, il n'y a que des sorties et aucune rentrée alors je vais aller bosser je ne sais où mais je vais me remplumer. Je dépose l'intention pour me laisser porter par le flux de la vie.


Retour au grand calme

Je quitte Kho Phi Phi cette jolie petite île dynamisée par ces teufeurs pour retrouver un grand lit au calme sur Krabi, loin de la foule je retrouve de la douceur et proche de la station de bus de Krabi j'optimise mon temps.

En voyage, il faut jouer entre stratégie de parcours et hôtel pratico pratique. Aujourd'hui, je suis tombée sur une pépite, je suis aux anges. Cette chambre est si incroyable, j'ai un immense lit et une terrasse digne de ce nom avec une forêt verdoyante quand je pousse les rideaux.

Je dépose mon sac et je file me balader dans les rues de Krabi. C'est très local, je m'achète une jupe short en jean, j'en rêvais... A 99 Bath (2,57€) mon budget n'est pas mis à mal avec ce petit montant. Ce cadeau que je me fait à moi même, me fait tellement de bien. J'ai envie d'être une femme. Tous les jours en short et et basket je redécouvre ma féminité.

Sur mon retour, je sillonne quelques rues assez désertes et je tombe nez à nez sur une lignée de poissons dorés. Je n'hésite pas un seul instant, il fera mon plaisir du moment.

J'apprécie chaque instant de ma vie, je déguste chaque surprise, chaque rencontre.


Changement de décor

Je décide de me dégager de tout type de transport. Je me dirige vers la station de bus à pied avec mon sac de backpakers. Je pars très tôt de mon hôtel afin de prendre le petit déjeuner à côté de la station. J'ai découvert en Thaïlande comme dans tous les autres pays que les gares étaient toujours alimentées de petits commerces autour pour nourrir les voyageurs du moment. J'ai faim je quitte mon hôtel motivée pour prendre mon petit déjeuner. Dans la rue j'ai la boule au ventre, les thaïlandais dorment et les chiens à moitié errants ne sont pas très accueillants. J'essaie de contrôler ma peur de me faire mordre, je garde mon cap et j'essaie de faire de plus grand pas pour me dégager de cette boule inutile. Une fois sur place je suis accueillie par une thaïlandaise dans son petit shop. Je me retrouve avec un burger omelette du jamais vu avec quelques légumes frais (que j'évite de manger à l'étranger). Cette petite dame qui me partage toute sa vie dans un anglais complètement déformé, m'offre à la fin de mon repas des toutes petites bananes très goutues.

Personne à la station au guichet pour m'accueillir il est trop tôt je n'ai pas de ticket (juste ma confirmation par e-mail) la chance me sourit toujours... le conducteur d'un bus me propose en anglais de prendre le bus précèdent. Quel aubaine je ne vais pas attendre la Saint glinglin je vais pouvoir profiter de Kao Sok avant l'heure...

Mon chemin pour y arriver environ 5h au lieu de 3h30 annoncé. J'ai été parachuté à l'une des entrées du Parc national de Kao Sok mais ce n'est pas la bonne apparemment. Je suis à 40km de mon objectif : celui de retrouver mon chalet en pleine brousse. J'appelle le propriétaire de l'hôtel dans lequel je vais séjourner et là je me sens seule au Monde, je ne comprends rien des dires de ce thaïlandais. Il parle comme moi, il parle l'anglais comme une vache espagnol. Je suis obligée de passer par des belges bilingues et d'un appui précieux d'une thaïlandaise qui va me déposer dans une nouvelle station de bus et qui s'empresse de faire ma demande de ticket bus pour moi. Elle a échangé avec le propriétaire de l'hôtel en lui proposant mon téléphone. Complètement en sécurité j'ai un grand respect pour ces thaïlandais qui te démêlent toutes les problématiques rencontrées sur ta route. Ils sont du t'elle bienveillance. Je sais, cette thaïlandaise ne va pas me laisser tombée... Je suis dans la bonne direction apparemment, le chauffeur me réveille j'étais entrain de somnoler dans ce minibus de touristes internationaux. Mon sac il n'est plus dans le minibus il est déjà dans le pick-up du conducteur de l'hôtel qui est venu à ma rescousse. Je suis accueillie par des sourires...Assise à l'arrière du véhicule confortablement assise, le conducteur m'ouvre les fenêtres arrière pour que je puisse profiter de la jungle qui défile sous mes petits yeux encore endormis. Le pick up s'enfonce dans la jungle, à la fois excitée et curieuse j'ai hâte de découvrir mon futur chez moi...

Ça y est j'y suis, le propriétaire m'accueille chaleureusement avec son accent d'anglais limité je suis déboussolée. Il m'offre une petite bouteille d'eau et du thé. Je suis accueillie comme une princesse... Très vite il m'embarque pour me faire découvrir mon nouveau toit...Je suis émerveillée je découvre ma future maison. Je vais être seule au calme. Je vais pouvoir enfin m'apporter de l'amour...

Kao Sok National Park

Expérience inédite, quand tout le monde embarque sur la longue queue thaïlandaise à 20. Moi j'ai cette chance incroyable de vivre cette excursion à 2. Pour moi et Joe ce nouvel inconnu Néerlandais (client de l'hôtel) c'est un véritable bonheur !

Je profite de ce calme, de ces couleurs et cette symbiose. Je suis comme interloquée par ce splendide parc aux multiples facettes.

Je découvre l'eau turquoise, cette flamboyante végétation, ces "big bat" (chauve-souris) les plus grandes au monde et puis je patauge avec les poissons et je flotte au bord d'un kayak pour naviguer en duo le long de ces immense falaises de calcaire. J'ai l'impression d'être dans un film. Loin du bruit, de la foule, la nature me le rend bien...


Le détachement

J'apprends au cours de ce voyage à me détacher des comportements et des réactions qui ne m'appartiennent pas. Mes épaules ne sont plus assez larges pour porter le jugement et la bêtise humaine. Sophie mon amie de coeur me guide dans ma propre bienveillance et me conseille de ne plus apporter autant d'importance à des personnes qui ne tiennent pas la route. Je me détache de tout jugement et je montre le chemin à celui qui ne sait pas me respecter. Le voyage va me permettre de faire un joli petit tri dans mes soi-disant "ami". C'est un mal pour un bien. Pour éviter toutes sources de souffrance mais je vais méditer pour m'ancrer m'aimer et passer sur ces situations avec beaucoup de douceur. Je prends le temps de méditer et je reviens dans quelques instants pour vous partager mon ressenti, mes émotions.

Qu'est ce que j'ai vécu pendant cette méditation ?

Un apaisement instantané, c'est comme un moment hors du temps pour moi. Mon coeur et mon mental ralentissent. Je flotte dans la légèreté. La paix m'enrobe d'amour. Tout devient clair, ma joie revient et le flux de négativité c'est évaporer dans la nature. Je sens que mon corps se détend totalement... C'est pur moment d'amour pour moi.

Rien de grave.

Je souhaite que l'Humain puisse se donner de l'amour. "Aimer son prochain,c'est apprendre à le connaître" comme dit Thích Nhất Hạnh. Ne pas juger son prochain et de l'aimer avec ses failles et ses merveilleuses qualités mais je crois que si des chemins bifurquent c'est qu'il y a encore un travail d'amour inconditionnel à gratter. Toutes ces personnes qui préfèrent se battre dans l'ego et dans sa propre vérité restent malgré eux dans leur propre ignorance. Rien de grave je l'aime avec toutes tes facettes et ce n'est pas si grave si ce n'est pas le cas pour elle...le chemin est encore initiatique pour un grand nombre de personnes. Je souhaite à tous les Hommes d'être les plus heureux. Si les personnes ne portent pas suffisamment d'attention à notre égard c'est qu'elles n'ont pas su regarder avec le bon oeil. Pour moi, les actions d'une personne ne font pas d'elles ce qu'elles sont et ça je l'ai bien compris. Fouiner dans le cœur de l'autre demande du temps et de l'amour. Le temps permettra de faire grandir les âmes qui veulent bien s'éveiller à l'amour. Dieu sait qui est dans l'amour🙏🙏Mai Pen Rai


Le son à Toh Tao home

Entourée de nature et d'animaux en tout genre, je découvre une symphonie artistique de sons divers et variés. Des petits insectes qui font vibrer leurs ailes, au coq du matin qui chante à tue tête, aux oiseaux qui s'expriment sur le toit de mon chalet en pleine nuit. Je vis depuis plusieurs jours entourés d'amour et d'originalité. En France, les sons des oiseaux ne sont pas les même qu'en Thaïlande. Cette synchronicité de sons me laisse rêveuse....


Mon inconnu

Je viens de me séparer de sa voix après des minutes denses en mots et en émotion. Le partage de notre quotidien qui traverse les frontières me laisse dubitative. Je m'ouvre à cette expérience. C'est un soleil qui me remplit d'amour à chaque échange. Je n'ai plus besoin de justifier auprès de lui, je suis.

Il me demande comment je vais via messenger et je lui réponds que ça n'allait pas trop bien. Il me réplique : "Il faut que tu te détendes.... Tu sais le faire..... Respires.... Tu sais qui tu es, tu sais que tu as un grand cœur, c'est tout ce qui compte".

Sous ces douces paroles je mets à pleurer car je sais qu'il a raison cet inconnu. Il a compris que dans mes moments de doute j'ai juste besoin qu'on me rassure. Après son dernier message je prends quelques minutes pour lâcher les quelques larmes et là je vois son appel en caméra. Il est au bout du monde et prend son temps pour échanger avec moi et me redonner le sourire. Merci bel inconnu!

0n et Bon

Ces deux thaïlandais à l'hôtel qui me chouchoutent comme jamais. Je sens de la pleine présence auprès d'eux. Ils dégagent un tel aura... Pendant les excursions, ils sont protecteurs, bienveillants. Le guide On dans la grotte, dans le noir prend ma main pour me diriger, il m'apporte une assiette et de l'eau quand je suis barbouillée. Sa bienveillance naturelle m'apporte beaucoup d'amour. Ces hommes à l'écoute, partageurs et souriants me rendent vraiment très heureuse.

Les thaïlandais

Les thaïlandais sont généreux et bienveillants, globalement je me sens en sécurité auprès d'eux. Dans chaque quartier j'y trouve de la bonté, dans chaque région je rencontres des Hommes bons. Je me souviens de ce réceptionniste d'hôtel au grand sourire qui est venu stoppé un taxi dans la rue pour que je puisse continuer à voyager. Je me rappelle de cette femme thaïlandaise dans le tram qui s'est connecté en français. Je me souviens de cette dame âgée expérimenté qui m'a déversé son passé en anglais. Les thaïlandais donne de leur personnalité sans compter. Ils me reconnectent de nouveau à la confiance en l'humain et ils me redonnent de l'amour à ce coeur écrabouillé par certains français. Je ne suis pas sûre après ce voyage de vouloir rentrer... Je me rend compte à quel point les peuples étrangers ont bien plus d'humanité que la majorité des Français.


La baladounette dans la jungle

Une baladounette de 2 km : ce n'est pas le nombre de kilomètres qui me botte mais la qualité du guide et les riches informations qui me nourrissent. Univers magique verdoyant enlacé de lianes, j'ai l'impression d'être transportée dans un monde fantastique d'un dessin animé. On, son prénom est le parfait guide, il possède les qualités inhérentes à ce métier : un passionné du vivant, un homme sécurisant et bavard. Il me faire découvrir une grotte de "baths" de chauve souris, des arbres avec ses immenses racines, des habitations d'insectes et d'araignées. J'ai l'impression d'être une gosse qui découvre la vie avec mes yeux de femme enfant.

Mon programme de voyage

Mon voyage se construit au fur et à mesure des rencontres et de mes ressentis. Je l'ai bien compris que je ne voyagerai pas comme tout le monde. Je n'ai pas besoin d'être rassurée en permanence et que tout soit planifiée. J'aime être libre de choisir et de changer au gré de mes humeurs et des rencontres qui m'amènent à modifier de temps à autre la direction de mon voyage. J'ai un budget global qui s'étiole au fur et à mesure mais ça me rassure car tout à une fin. Mes envie se freineront d'elles même quand ma banque clignotera dans le rouge. Je me fais confiance et je fais confiance en la vie. Mon âme me stimule et m'embarque dans des zones inconfortables stimulantes. A chaque difficulté : une joie en bout de course. Lâcher le contrôle et laisser place au laisser aller. Seuls mes billets d'avion doivent être pris à l'avance pour éviter des dépenses trop coûteuses. La projection organisationnelle me gonfle par moment mais elle est inévitable pour avancer sur mon projet "Voyagetsens". L'instant présent reste tout de même mon pilier pour voyager.

Comment je choisi mes étapes de mon voyage ?

Avec mon coeur, je médite et j'écoute mon âme qui me guide. Je saisie la chance te les opportunités qui me sourient. Comme dit Philippe Gabilliet, professeur leadership au département MBA qui dit : "la meilleure façon d'atteindre son objectif c'est d'aider son prochain à atteindre les leurs" et "la meilleure façon de rencontrer des opportunités, c'est déjà d'en être une soi-même ".

Je me découvre mes supers pouvoirs

Le voyage me rend étanche au stress et à la peur primaire. Je sais qu'il existe toujours une solution à une problématique : "hakuna matata" comme disent mes amis tanzaniens. La vie est belle, tout va bien... J'ai appris à jongler entre mes émotions et les actions. Le voyage fait grandir mon âme et ma capacité de résilience. C'est unique comme aventure ce tour des continents. J'apprivoise chacune de mes facettes avec beaucoup de bienveillance et d'amour.

Face à la difficulté je suis douce, réfléchis et réactive. Une phrase revient en permanence quand la vie me dépose des imprévus ou des situations cocasses : "De toute façon je ne peux rien changer à la situation". J'intéragis de manière intelligente face aux incontournables de la vie. Ma vie est devenue plus légère, pleine de sens et remplie de merveilleuses rencontres.

Les séparations

🌱Joe&moi

Mon compagnon de voyage Joe prend la poudre d'escampette en vélo, il va découvrir des autres petites îles thaïlandaises à une centaine de kilomètres de moi. Il n'a pas froid aux yeux de traverser le pays en vélo. Je ne m'inquiète pas pour lui il a des gambettes assez muscler pour barouder. Sa présence a du sens. Il est Gallois (Pays-Bas) il parle anglais ça tombe bien je dois le pratiquer pour ne pas l'oublier. J'échange en anglais avec Joe sans me juger en jonglant avec le français pour qu'il puisse lui progresser de son côté. Je sens que Joe a du mal à me quitter. C'est normal ma spontanéité et le temps passé à ses côtés l'a un peu chamboulé. Chaque rencontre est pour moi du pain bénis. Je remercie la vie de toutes ces belles âmes qu'on me dépose sur mon chemin.


🌱On, Don&moi

Le coeur serré je quitte On avec lui j'ai vécu des moments très forts. Mon réflexe le serrer dans mes bras pour lui montrer toute ma gratitude. Un HUG géant qui n'oubliera pas ... Ma spontanéité est maladroite mais accepté par On Il a l'habitude des étrangers dans son hôtel, il sait que je suis une femme européenne avec des codes culturels différents des siens. Je remercie en Thailandais en ramenant mes 2 mains l'une devant l'autre et en hochant la tête et lui transmet quelques phrases en anglais.

C'est Don qui prend la releve et m'embarque dans son pick-up up, il est obligé de me ramener sur une artère centrale pour que je puisse prendre le bus direction Surat Thani. Son sourire, sa gentillesse et sa simplicité vont me manquer. Toute cette famille thaïlandaise vit reculée de des touristes et du monde, en plein milieu de cette jungle. Don à l'arrêt bus attend auprès de moi et me tend son téléphone avec une traduction d'une phrase thaïlandaise qu'il avait envie de me transmettre avant notre séparation : "tu vas manquer à toute notre famille" instinctivement je pleure car je suis touchée, j'ai mes lunettes de soleil qui cache mes larmes. Ils sont vraiment très touchants ces thaïlandais.

Un endroit je quitte pour en découvrir un autre.

Surat Thani

J'ai sélectionné une guest house proche de la gare de Surat Thani. Le départ pour Bangkok est proche. Je profite de l'après midi pour faire des petites emplettes. J'achète de quoi protéger mon portable, le matériel le plus important de mon voyage. Il me permet de faire des virements, de rester en contact avec ma familles et mes amis, de faire des réservations et surtout de me diriger. Alors je le bichonne mon Android. Je m'achète aussi un sous vêtements et du maquillage pour me sentir "femme" jusqu'à maintenant ce n'était absolument pas ma priorité d'être belle. Mais aujourd'hui j'ai décidé de me faire jolie car j'en ressens le besoin. J'engraisse mon sac à dos avec mes petites emplettes de la journée mais je constate que j'ai le coeur plus léger. J'arrête de me culpabiliser, désormais j'ai plus qu'à porter...

La simplicité de cette ville m'apaise. Je visite, je me pose dans un parc, je fais des achats, je prends mon temps et je vais là où mon coeur me porte.

Le lendemain matin, Joe le Gallois rencontré à Kho Sok m'écrit des petits WhatsApps et me propose de déjeuner avec moi... il a pédaler 90 km en une journée pour me retrouver. C'est une belle preuve d'amitié...en tout cas je suis touchée par cette jolie démarche.

Je fais une dernière bise à Joe qui quitte la ville à velo. En m'éloignant de ma petite pause déjeuner, je suis alpaguée par le regard d'un autre homme, celui de David, cet homme qui séjourne dans mon hôtel : un français qui vit en Italie. Tiens quelle coïncidence, il voyage en solo et en plus il est câblé comme moi. Une connexion très forte se fait entre nous. Nous avons les mêmes visions du voyage et la même sensibilité. Petit verre de vin rouge, une pizza, jai passé le reste de mon après midi à refaire le monde avec David. Que c'est bon d'être sur cette même vibration. Une très belle rencontre!! On se quitte à la station de bus de Surat Thani en échangeant de jolis sourires. Me voilà répartit... L'impermanence du voyage fait que les rencontres sont furtives...

Train de nuit

De Surat Thani à Bangkok je décide de prendre le train de nuit. C'est une toute première pour moi de dormir dans un train couchette. C'est très chouette! J'ai mon petit coin à moi avec un duvet, un coussin douillet et un rideau pour garder mon intimité, je place toutes mes affaires au bout de mon lit, je recharge mon téléphone, je sors ma bouteille d'eau. Je prépare mon petit nid douillet. Je m'assois sur le bord de mon lit pour retirer mes chaussures et je tombe nez à nez avec un couple de français. Ils ont tout quitté comme moi pour vivre leurs rêves en duo. Je suis heureuse pour eux, je pense quand même à mon ancien conjoint quelques secondes (et oui moi aussi je devais partir à 2). Partage de ressentis, de sensations de retours d'expériences, je me sens comprise et entendue par ces deux amoureuse.

A l'arrivée à Bangkok, après une nuit de 8h, j'ai une petite montée de stress. Le train est en retard d'une heure et quart, c'est un peu juste pour récupérer mon bus pour Kanchanaburi. Positive avec une envie de passer mon anniversaire à la campagne, je sors du train en sprintant, avec les 14kg sur le dos et je fonce vers un Thai en moto à la sortie de la gare. Gps en main, je lui montre la direction, les thaï parlent très peu en anglais. J'ai appris ici un autre langage : la gestuel et l'anticipation visuelle. Je suis à 5 minutes de l'autre gare, j'ai tout de même espoir d'arrivée pile poil à l'heure. Sur le scoot du jeune homme je croise les doigts, je garde ma positive attitude et je souris derrière lui. Rien est gagné faut trouver le bon bus à l'arrivée. Je cours dans tous les sens avec des aiguillages un peu maladroits. Je finis épuisée mais je tombe nez à nez sur le chauffeur de bus qui est prêt à partir. Installée dans le bus me voilà soulagée je quitte Bangkok direction Kanachaburi. Je suis vraiment née sous une bonne étoile. Merci la vie🙏


Mon anniversaire à Kanachaburi

Je fête en solo mes 43 ans. Je n'ai pas les pieds dans l'eau mais mon petit chalet sur pilotis, lui,oui. Dès mon arrivée à Kanachaburi je suis allée directement au musée pour découvrir l'histoire du passé. Ma curiosité me pousse à creuser sur ce fameux pont de la rivière Kwaï. Pour mon anniversaire je me fais un cadeau: je me nourris de l'histoire de notre humanité.

Aujourd'hui à Kanchanaburi

Le Gouvernement thaïlandais n’a pas eu tort de miser sur le potentiel historique du pont. De l’aube jusqu’au crépuscule les touristes viennent flâner sur le bord du quais.

De novembre à décembre, un festival commémoratif se tient sur la place, à l’occasion duquel les conditions de vie des travailleurs en 1942 sont fidèlement restituées. La célébrité de ce pont jusqu’à aujourd’hui est grandement due au livre de Pierre Boulle (1952) ainsi qu’au film de guerre anglo-américain « Le Pont de la rivière Kwai » (« The Bridge on the River Kwai »), réalisé par David Lean (à Ceylan) et sorti sur les écrans en 1957.


Un peu d'histoire...

La ligne Siam-Birmanie traverse le pont ferroviaire enjambant la rivière Kwai à Kanchanaburi. Des prisonniers de guerre de l’Armée japonaise construisirent ce pont pendant la Seconde Guerre mondiale. Durant le second conflit mondial, le Japon décida la construction d’une voie ferrée de 415 kilomètres de long à travers la Thaïlande afin de rejoindre la Birmanie britannique. 100 000 travailleurs asiatiques et 30 000 prisonniers de guerre occidentaux contribuèrent de façon forcée à cette tâche. De ces 130 000 travailleurs forcés, 16 000 personnes périrent des mauvais traitements infligés, des maladies tropicales et des bombardements alliés, notamment sur le pont en construction. Ce qui valut à la ligne le surnom peu enviable de « voie ferrée de la mort ».

Cette construction s’acheva en février 1943 et des vestiges sont visibles dans le musée de la Seconde Guerre mondiale à Kanchanaburi.

Le pont métallique actuel fut édifié avec des matériaux provenant d’un pont démonté en Indonésie. Des bombardements de la structure détruisirent ses deux travées centrales en juin 1945.

Les nouvelles travées furent installées par des japonais à la fin de la guerre, au titre des dommages de guerre.

Le musée de guerre de Kanchanaburi

Ce musée est riche d'histoire et remplit de douleurs et de vestiges qui ont marqué toutes notre histoire.

Soupirs, tristesse, compassion,… Un kaléidoscope d’émotions soulève mon cœur en me déplaçant dans ce musée et en traversant les rails du pont de la rivière Kwaï en conscience.


J'écoute mes besoins

C'est plus facile pour moi d'écouter mes besoins quand je suis seule. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire et je décide de faire le plein d'émotions avec tout ce que j'aime : musée, massage thaïlandais, smoothie aux letchis, glace au chocolat et une bouteille de rouge pour la fin de journée sur mon petit chalet en pilotis. Je n'ai pas besoin d'être entourée pour m'aimer, seule je me sens de plus en plus heureuse. La solitude m'a construit une forteresse à l'intérieur de mon corps. Je me sens solide comme un rock et douce comme cette rivière de l'Ouest de la Thaïlande Si Sawat (en Thailandais) qui vient m'alimenter d'amour depuis 2 jours.


Erawana - Parc National

Il me reste une journée, je vais flaner au Parc National pour prendre de jolies photos de cette eau turquoise de ces magnifiques cascades. En Thaïlande, il faut se lever de bonne heure pour ne pas être envahie(s) par les touristes. Alors je file en tuk tuk et en bus retrouver ce décors idyllique au couleur du paradis avant que la foule vienne me taquinée. Je suis heureuse, je baigne dans le bonheur.

La food Thaïlande

C'est tellement bon et pas cher ici, ça me change de la France où l'on doit se saigner pour se faire plaisir.

La nourriture est très variée avec mes soucis intestinaux j'ai toujours peur de goûter une nouveauté ou de manger un ingrédient perturbateur. Je joue donc à la roulette russe au quotidien avec la nourriture. Depuis ma fièvre thyphoïde me voilà fragilisée mais ma soif de gourmandises est bien plus grande que mes peurs alors je me fais plaisir au gré de mes envies...

Sur la route...en Thaïlande

J'ai tout testé ici, du tuk tuk au taxi au mini bus, au bus local.... J'enchaîne des gestuels pour me faire comprendre et je vérifie a plusieurs reprises la destination pour sécuriser mes arrières. La barrière de la langue n'est pas un handicap. Avec des étrangères comme moi, ils savent s'y faire... Quand il est question de gagner sa croûte, on arrive toujours à se faire comprendre....

Bangkok le retour

Je prépare mon sac la veille pour le lendemain, c'est ma technique comme en randonnée. J'aime prendre mon temps pour ranger mes affaires. J'ai pris le coup depuis 8 mois chaque vêtement, trousses, lunettes, cables, papiers, argent ont une place bien spécifique dans mon sac. Mon cerveau a besoin de repères. J'ai toute une technique dans ma tête pour ne rien oublier et me rassurer...

La grande ville ça m'opresse... Je me sens agressée par ces véhicules qui fusent dans tous les sens. Les feux de circulation routière qui émettent des bruits en discontinue m'épuisent. Les embouteillages en continu m'abasourdissent. Pour arriver à mon hôtel de la gare de Mochit j'ai mis 50 min pour faire 12 km en taxi. C'est Infernal ce nombre de véhicules sur la route. J'observais le thaï pendant sa course entrain de s'épiler, son véhicule c'est sa 2eme maison, Il a bien raison.

Si seulement je pouvait faire du bowling sur ce périphérique moi je ferai bien quelques stricks. Je ramerai bien toutes ces personnes au Moyen âge avec des chevaux et des charrues. Ça ferait du bien à mes oreilles et à notre planète. Si seulement l'humain prenait conscience que notre Terre Mère est en souffrance. Je traverse des continents différents et le constat et le même l'homme s'en fiche de mourir...car le nombre de détritus que je découvre dans les rivières sur les plages dans les rues... Les plastiques qui inondent notre planète laisse l'Homme dans l'indifférence., quel triste constat. A Madagascar, les enfants non éduqués à la protection de l'environnement deviennent des adultes inconscients. Ici en Thaïlande, les buildings poussent comme des champignons et en parallèle des plantes sont cadenassées dans le bitume. Nous vivons dans un monde où l'humain marche à l'envers.

«La Terre a besoin d’être aimée elle n’a pas besoin d’être sauvée.»

Jean-Pierre Goux

Les rues de Bangkok sentent les odeurs de des night market de la veille. Je renifle ces odeurs nauséabondes de "fréchin" des vieilles gamelles d'oeufs mal nettoyées. J'ai pris le pli je respire souvent par la bouche. Je sais m'adapter en tout cas ce n'est pas cette grande ville que je vivrai.

J'ai lâché prise sur les grands Temples célèbres que je voulais visiter, les attrapes touristes ne sont pas fait pour moi : c'est coûteux et c'est étouffant! J'ai mis le nez devant l'entrée, j'ai tourné les talons pour me balader dans des rues à l'opposé de cette foule complément aliénée. Je suis en manque : de la nature, des grands espaces loin de la foule. Lorsque je sens que des angoisses me saisie les viscères je me replonge dans mon petit chalet seule au monde dans la jungle a Kao Sok. Cette pensée verdoyante et lumineuse m'inspire et m'apaise immédiatement. La visualisation pour moi a toujours été mon échappatoire.


L'abondance

Un sujet qui tombe à pique. Ce soir je lis des articles philosophiques sur l'abondance. Je vous partage ma vision sur cette thématique qui me tient à cœur.

Sophie, mon Artiste préférée vient de créer une oeuvre époustouflante qu'elle me partage : du rose, du vert, du mouvement, un personnage me rappelant le pays que je visite actuellement. Ce personnage assis dans un bateau longue queue est au centre de ce plan comme si ce personnage prenait sa place. On dirait moi entrain d'avancer sur le flux de ma vie, sur un océan d'amour. Sophie est animée par cette même thématique au même moment : l'abondance.

Ce même jour, dans le bus local, un énorme 8 en marbre apparaît dans mon champ de vision en regardant défiler les paysages extérieurs. Il est la au bord de la route. Je regarde tout de suite avec internet la signification du "8" je suis curieuse j'observe les signes que la vie me dépose sur mon chemin...

Le chiffre 8 est un rappel que vous êtes en phase avec le flux d'abondance universelle

Dans la numérologie angélique voir le chiffre 8 est considéré comme un signe d'abondance. Pour continuer à recevoir ces bénédictions, il est essentiel de maintenir une attitude positive, reconnaissante et généreuse.

L’abondance implique une immersion dans l’amour de soi et la confiance dans l’ordre des choses. Ce que je vis pleinement en ce moment...

Pour mieux comprendre l’idée véhiculée par le mot « abondance », je reviens sur l’étymologie de ce mot. En effet, abondance vient du mot latin « abundatia » qui signifie « affluence ». Ce mot contient la racine « unda » qui signifie « vague », tandis que le mot « undare » peut être interprété comme « afflux ». Quant au mot latin « abundo », il signifie « qui déborde ». Ainsi, le mot «abondance », signifie d’après le dictionnaire : grande quantité ou quantité dépassant les besoins ou également «déferlement ». Cela laisse entendre une idée de « flux ».

Vivre dans l’abondance signifie vivre dans le débordement de ressources, de sorte que l’on se trouve immergé dans le bien-être. Celle ou celui qui vit dans l’abondance est inondé d’énergie, de joie et d’amour. Il ou elle possède tout ce qu’il faut pour jouir d’une bonne santé et de la prospérité.

Développer un véritable état d’esprit d’abondance et laisser déferler le flux d’abondance. Or, pour pouvoir jouir de cette sensation de bien-être, conséquence de l’abondance, il faut croire à l’ordre naturel des choses. Cela implique un éveil de la conscience permettant de libérer ce flux.

Sur le chemin de la sagesse et de l'éveil un certain nombre de personnes y accèdent et pour d'autres les galères s'accumulent et les répétitions de scénarios se multiplient.

Avec Sophie on se sent complément portées par ce flux de la vie. Elle prend sa place en communicant plus largement et moi je prends ma place en positionnant des limites avec les gens.

L'abondance pour moi c'est cette connexion avec ce grand tout en toute sérénité. Je me laisse porter par ce que la vie décide pour moi en toute confiance. Les peurs et le contrôle sont des freins à l'abondance. C'est une question de vibration l'abondance. Elle peut être naturelle pour certains ou certaines et à travailler en profondeur pour d'autres. Chaque être humain possède son propre système de croyance, conditionné et limité...


La chance me sourit

Je me connecte à la lumière. Je finis toujours par en trouver dans chacun de mes pas. Je décide de me nourrir d'endroits inspirant et spirituel.

Je me laisse porter par les lieux qui me stimulent. La prière, la méditation sont les clefs de cette douceur... Je prends le temps de me remplir d'amour ici maintenant. La paix grandit en moi à chaque connexion avec le divin. Je fais confiance à ce grand tout qui vit au dessus de moi. La sagesse se place...


La spiritualité : source d’énergie positive et d’avancement

La spiritualité m'a transformé

La spiritualité consiste à reconnaitre l’existence de mon moi véritable, mon essence même et à apprendre à me laisser guider par elle. C’est donc la découverte d’une dimension de moi-même, une partie lumineuse, puissante et authentique, qui ne demande qu’à être développée par l’expérience. Lorsque je suis en connexion avec elle, elle transforme mon état intérieur qui se caractérise alors par la joie, la paix et la liberté. Elle transforme aussi mes sensations corporelles, car elle agit comme une source d’énergie, élève mon état vibratoire et démultiplie mon intuition. Je m'invite le plus régulièrement possible à expérimenter cet état en cultivant la confiance et le lâcher-prise. Je suis ma propre source en cultivant mes ressources. Une clé magique qui ouvrira mon cœur et guidera mes pas. C’est en méditant que je prends de la hauteur. J’ai chassé mon envie de compétition (dans mon sport et dans mon job) par l’amour de moi-même, j’ai travaillé sur mon égo et j’y travaille toujours pour “être”, j’ai appris à m’écouter au lieu de me comparer et j’ai appris à communiquer au lieu de garder pour moi ou me foutre en boule. J’ai transformé ma colère en une paix intérieure. Quel doux et magnifique cadeau que la vie m’a déposé. Pour ma part, la spiritualité, elle ne s’apprend pas, elle se vit, elle a ouvert et ouvre les profondeurs de mon âme. J’ai découvert que la nature est source de vérité et de paix ; auprès d’elle j’ai appris à me ressourcer. Je parle aux animaux et parfois je serre les arbres dans mes bras. Je m’incline devant les montagnes, je m’emoustille devant les ruisseaux et je contemple les fleurs. Mes guides “l’univers” c’est un tout : tous les êtres qui me portent dans la lumière : le soleil, la lune, les arbres, le vent… Je sers l’amour et j’obéis à mon cœur. Je vois les couleurs des gens et je suis à l’écoute de leurs vibrations. Je ressens ce que les autres ressentent par une écoute intuitive, d’âme à âme. Je crois au toucher de guérison et au pouvoir de l’amour. Ma spiritualité consiste à être aussi libre qu’un oiseau et ancrée comme un chêne. Les chuchotements de mon esprit est ma boussole intérieure. J’ai appris à vivre dans la synchronicité, j’ai confiance en moi, en l’amour, à la générosité de l’Humain, à l’abondance des situations. Désormais, je vois la lumière qui brille derrière les yeux de l’Homme et je suis impressionnée par la beauté qu’il s’y tient à l’intérieur : sa potentialité. Tout ce qui compte vraiment, c’est que ma spiritualité soit exactement ce dont j’ai besoin il n y a pas de Maître pour guider notre intériorité et être à l’écoute de l’autre : juste écouter et être en pleine présence de soi pour ressentir. J’ ai appris au cours de ces dernières années à écouter les signes de la vie. Pour les voir, il faut se poser. J’ai appris à être à l’écoute de 4 signes:

- Le premier dit :” La personne qui arrive est la bonne personne “, c’est-à-dire que personne n’arrive dans nos vies “par hasard”, toutes les personnes qui nous entourent, qui interagissent avec nous, sont là pour quelque chose de bien précis, pour nous apprendre, nous montrer et nous faire avancer.

– Le second dit :” Ce qui se passe est la seule chose qui aurait pu se produire”. Rien, mais rien, absolument rien de ce qui nous arrive dans nos vies aurait pu être autrement. Pas même le détail le plus insignifiant.Il n’y a pas de : ” si j’avais fait une telle chose se serait passé une telle autre…”. non.Ce qui s’est passé était la seule chose qui aurait pu arriver, nous apprenons cette leçon et continuons à avancer grâce à cette leçon de vie. Toutes les situations qui nous arrivent dans nos vies sont parfaites, même si notre esprit et notre ego résistent et que nous sommes dans la “non acceptation”.

– Le troisième dit :” A tout moment qui commence, c’ est le bon moment “.Tout commence au moment indiqué, ni avant, ni après.Quand nous sommes prêts pour que quelque chose de nouveau commence dans nos vies, c’est là que ça commencera.–

Et le quatrième et le dernier dit :” Quand quelque chose se termine, ça se termine “.Tout simplement c’est comme ça. Si ce quelque chose se termine dans nos vies, c’est pour notre évolution, donc il vaut mieux le laisser… aller de l’avant et avancer. Nous sommes déjà enrichis par cette expérience. Nous sommes HEUREUX dans nos vies, quand nous nous éloignons de tout ce qui nous lient à notre propre drame/ aux personnes négatives et que nous finissons par nous entourer de personnes bienveillantes, douces et qui nous font rire. Un jour, nous finissons par oublier ce mal et nous apprenons à nous concentrer “sur le bon” en nous et autour de nous.Aimons les gens qui nous traitent bien et prions pour ceux qui ne le font pas.La vie est trop courte pour être autre chose que d’être: “HEUREUX”.Tomber fait partie de la vie, se lever de nouveau, c’est vivre.” La vie c’est le mouvement…i car pour aimer l’autre il faut s’aimer soi même. "S’aimer d’un amour de bienveillance par d’un amour égocentrique" comme dit Jacques Salomé dans son ouvrage "Le voyage au coeur de l'amour"


Les temples ma source d'inspiration

Pour me connecter à ma source j'ai besoin de douceur et de calme. Les grands Temples visités comme des musées ce n'est pas ma tasse de thé. Je préfère les petits temples cosy dans lesquels j'ai l'exclusivité pour méditer et prier. Mes 3 petites merveilles découvertes à proximité de mon hôtel.

Moca Museum of Contemporary Art

Une véritable expédition pour arriver à ce Musée. Les thaïlandais me baladent, entre les pont à traverser, la barrière de langue et les lignes de tram que je ne connais pas. Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle...Je passe la moitié de l'après-midi à découvrir ces artistes sur l'ensemble des 5 étages. C'est un paradis d'oeuvres contemporaines. Je suis aux anges... C'est le plus beau des musées que j'ai pu visiter de mon existence. Je suis envahit d'émotions. Le temps s'est arrêté, j'observe les courbes, les couleurs les coups de pinceaux. J'observe l'encadrement qui met en évidence les chefs d'oeuvre et j'observe les personnes déambuler dans les étages pour réaliser quelques photos inédites.

J'ai encore la palette de couleurs dans ma tête. Une vraie pépite en plein coeur de Bangkok. Mon âme est inspirée pour mes futurs projets.


Ma vie est une chance

Je lis dans certain blogs : "Ma vie est un défi", pour moi : "La vie est une chance". J'accepte les situations que la vie me proposent, je ne vais pas batailler contres elles. J'accueille ce que je suis à 43 ans mon corps m'a montré un nouveau chemin, il m'a obligé à ralentir mes défis sportifs. Un arrêt complet du corps soudain en 2017, sur une piste de VTT. Traumatismes crânien, douleurs intercostales, dépression, puis quelques années après dysfonctionnement de ce ventricule qui font basculer ma vie. 2 cardiologues m'annoncent qu'il faut que je ralentisse la cadence. Aujourd'hui, je considère ce ralentissement comme une chance. La vie n'est plus une course pour moi, c'est un cadeau de respirer, de me déplacer, d'être juste vivante entrain de vous écrire. Je suis passée d'une gamine en quête de reconnaissance à une femme posée en quête de sens.


L'attente

Suite à l'ouvrage de llaria Brocchini

"Attendre est croire en cet inconnaissable qui est de facto l'avenir. Comme la foi, l'attente est imagination de l'inconnaissable et consentement à ce que l'inconnaissable décide du devenir de nous-mêmes et de notre monde. L'attente peut ressembler à la prévision qui, elle aussi, donne une image de l'avenir. Mais la prévision fait de l'avenir une reproduction, l'attente en fait une création. La prévision manifeste la peur de l'inconnaissable, l'attente la foi en lui. L'inconnaissable au fond de l'attente est lumière et non obscurité parce qu'il porte en lui une promesse de révolution et de liberté".

J'ai arrêté d'attendre, ce chemin que j'ai souvent répéter pour récupérer quelques miettes d'amour. J'avance avec moi même en essayant d'éviter de me complaire dans les yeux de l'autre . Ma voie : m'aimer pour semer de vraies graines d'amour... Je sais que je vais finir par me trouver et être aimée.

Il ne faut pas que je confonde envies et attentes. Ma coupe déborde d'envies mais je fais en sorte que mes attentes ne m'inondent pas. Mes attentes me pourrissent l'existence quand elles ne se réalisent pas. Plus d'attente, plus de déception possible. Je me connecte à cette ouverture du cœur et à l'abondance. Je fait confiance...en moi et en la vie.

«Si on n’attend rien, on trouve tout; si on attend quelque chose, on ne pourra trouver que ce que l’on attend.»


Patrick Burensteinas


Mon inconnu

Il m'a répondu après quelques messages dans le vide je m'observe entrain de guetter sa petite bouille avec ses petits messages bien tournés. Je suis complètement givrée, je suis entrain de me projeter comme dans le bon vieux temps. Je vais encore perdre des plumes à m'imaginer un conte de fée avec un inconnu. Laissons le temps faire les choses. Independante je le suis, lui aussi, sensible je le suis, lui aussi, réfléchi(e) je le suis, lui aussi, libre je le suis, lui aussi, rassurant(e) je le suis, lui aussi, bienveillant(e) je le suis, lui aussi, voyageur/se je le suis, lui aussi ....Pipelette, je le suis aussi, lui aussi.

Les petits tracas de santé

Après mes petits ongles de pouces bousillés qui essaient en vain de pousser. Je découvre une boule qui vient de s'ancrer. Sous la peau, protégée par mon aisselle droit, elle est entrain d'éclore. Ça fait mal et j'ai peur. Pour me rassurer, je passe par la case: clinique privée pour me faire bichonner. Je ne supporte plus la souffrance alors je suis réactive quand mon corps me dépose des alarmes. J'ai vraiment peur de souffrir. En 2022 j'ai eu ma dose de souffrance pour l'éternité. Rien de grave une infection sous cutanée, des comprimés et une bonne douloureuse pour finir mon road trip en Thaïlande. Mais me voilà rassurée avant d'aborder le reste de mon voyage en toute sérénité.


Mes petits plaisirs de la journée

Sacrée contrariété en début de journée cette infection cutanée...

Je rattrape ma joie avec de la nourriture, une nouvelle paire de lunette plus légère au regard et plus légère sur mon nez et un eureka de plaisir arrive à moi comme une envie de lire. Je n'ai plus d'ouvrages pour régaler mon cerveau et alimenter ce besoin de me connecter à de nouveaux écrivains. C'est tellement important pour moi de lire pendant mon voyage... La liseuse je n'ai jamais songé à en acheter une. J'aime le contact du livre qui se pose dans mes mains, des pages qui se tournent au gré de mes envies et cette plume que j'ai ramassé à mes pieds que je dépose entre deux pages en guise de marque page. Mes petites étoiles sont toujours au dessus de ma tête, elles me guettent. Je découvre à quelques pas de mon opticien une bibliothèque française : "Carnet d'Asie French" un magasin de livres au pied de l'Alliance Française. Un vrai bonheur, j'y passe au moins une heure à retourner les innombrables ouvrages et à lire entre les lignes la dernière de couv' pour découvrir chaque histoire. Je baigne dans le bonheur avec ces nombreux livres que j'embarque avec moi jusqu'à la caisse sans me poser la question essentielle puis je payer en cb ? Pour éviter de marcher avec un sac de voyage plus gros que moi, je dépose dans chaque pays un ouvrage avec un petit mot à l'intérieur pour laisser une petite graine à celui qui s'empressera de l'ouvrir.

Écriture intuitive

Hier après ma méditation dans ce magnifique Temple bouddhiste, je suis inspirée et je décide de me laisser porter par ma guidance. Très souvent j'utilise l'écriture automatique pour recevoir des messages du Divin. Ça me plaît de me connecter à mon intériorité. Je vais vous partager ce message profond :

"Concentres toi sur le Laos il t'apportera une grande sagesse. Tu rencontreras des moines qui te guideront. Fais confiance en la vie et stoppes toutes anticipation qui essaye de te maintenir en vie. La vie est un flux irrépressible d'amour . Ton chemin est lumière. N'ai crainte tu seras toujours protégée par plus grand que toi. La vie te l'a prouvée que tu pouvais te fier à elle. Le Laos tu y resteras plus longtemps que prévu tu verras....Tu as un trésor à découvrir puis a transmettre. La langue n'est pas une barrière n'ai crainte. Tu verras tu t'ouvriras à l'autre avec ton coeur.

Personne ne te juge, sois plus douce avec toi même et des portes s'ouvriront

Après le Laos, tu peux prier dans le monde entier. Vas chercher la spiritualité à l'intérieur de toi. Médites tous les jours et tu trouveras en voyage. Ce n'est pas le lieu qui est inspirant, c'est ton âme. Gardes la foi en toi. Aimes toi dans le silence. Ne t'inquiètes pas...."


Je suis sur le point de quitter la Thaïlande

Cette expérience Bangkok m'a permis de refaire un plein d'énergie, de matériel nécessaire pour continuer mon voyage, de prendre soin de ma santé. la solitude de ces 4 jours.

Mes dernières emplettes me rassurent : un nouveau sac à dos plus costaud, une paire de lunettes à ma vue plus solaire et des tongues de trek ouvertes pour nous libérer mes petits doigts de pieds au Laos et dans les autres pays.

La Thaïlande je l'ai parcouru du Nord au Sud, et du Sud au Nord, 3160 km en bus local en tuk tuk et en train. Une diversités d'ambiances, de paysages et de rencontres...mais clairement le voyage en mode touriste ce n'est pas mon truc. J'ai essayé d'esquiver les activités "attrape touristes" et je meurs d'envie de revivre des expériences authentiques avec les locaux. Comme l'indique mon projet de coeur "voyagetsens", c'est de mettre du sens dans mon voyage. La découverte de l'humain et ses ancrages culturels...


L'organisation de mon prochain vol


Des automatismes de voyage se mettent en placent. Réserver ma "guest house" mon lieu pour dormir et m'apaiser des trajets en localisant l'aéroport de proximité, prévoir l'argent pour le visa, liquider l'espèce qui me reste en poche. Cette organisation demande un peu de structure et d'anticipation. Mais l'expérience prône j'utilise les mêmes

applications à chaque changement de lieu.


Qu'est ce que je viens chercher en voyage ?

Je ne suis pas en voyage pour cumuler des pays, des excursions ou la reconnaissance dans le regard de l'autre. Je suis ici maintenant pour me trouver. Trouver ma place, faire de merveilleuses rencontres, découvrir un ailleurs et peut rencontrer l'âme soeur... Loin de ceux que j'aiment je m'observe vivre ma vie avec une grande intensité. J'exploite mon plein potentiel. Chaque situation de vie est inspirante, je m'ouvre à la vie avec un autre regard. Je sens en moi une sagesse s'ouvrir comme un lotus. Mon âme respire car j'apprends à l'écouter. Mon arc en ciel d'amour se libère. Je distribue de l'amour sans attente et j'abandonne les poids de mon existence. J'apprends à offrir de l'amour à tous ceux ou celles qui ont décidés de me rejeter. Je suis en train de me laisser une empreinte indélébile de tendresse.


A l'aéroport de Vientiane

Avec les derniers baths j'ai pris un bon petit déjeuner comme je les aiment : noix de coco fraîche, ananas et un petit sandwich pour combler ma faim du matin. Après mon enregistrement et passer au bureau de change pour obtenir des dollars pour la douane laotienne, je suis libre pendant t des heures. J'aime arriver bien à l'avance à l'aéroport surtout dans le grands aéroports internationaux dans lesquels je dois trottiner des km dans certains. Je décide de pendre un dernier cappuccino dans un Starbuck et là je croise le regard profond d'un homme. Il est blond jeune, concentré, son premier sourire, il ne me laisse pas indifférente. Mon intuition me dit que ce n'est pas un français. Je me positionne à sa gauche sur une chaise à l'opposé de lui. Des lignes et des lignes d'écriture qui l'étale dans un journal qui me paraît intime. Il est en train d'écrire un carnet de voyage comme le mien. A la différence du sien, mes écris sont sécurisés : online. J'ai tout de même cette sensation au travers de l'écriture que j'ai une première connexion avec cet inconnu. J'ai du mal a me concentrer, je suis en train de le regarder et en parallèle je reformule un passage sur la barrière de langue par écrit. Je suis coincée avec mon anglais limité. Je me lance, je ne me lance pas. Aucune barrière n'existe et je le sais avec tout ce que j'ai pu entreprendre dans ma vie. Tout est possible...Seules mes incertitudes sur ma capacité à m'exprimer en anglais me freinent. Je meurs d'envie de partager mes sensations de voyage avec lui, mais je sens que j'ai peur qu'il juge mon niveau. J'ai peur de m'exprimer...

Moment de réflexion pour lui, il sort la tête de son journal intime, je profite avec un petite boule au ventre de cette micro pause pour lui poser une question : "So sorry, it's un the diary ?" Je me suis lancée...Je suis concentrée mais je comprends son anglais. Fière de cette expérience, j'ai su sortir de ma zone de confort et j'ai osé. Le voyage aussi c'est ça vivre des expériences inoubliables et intemporel. J'ai réussi à récupérer son 06 nous échangeons dans l'aéroport pendant quelques heures mais je sais par la suite qu'il ne me donnera plus de nouvelle....

J'offre mes derniers baths à la serveuse et au serveur le plus souriants du Starbucks. 20 bath chacun. Un petit geste qui fait du bien à mon coeur. Je ne vais pas crever avec mon pognon. J'embarque dans l'avion direction le Laos. Une page qui se tourne une nouvelle aventure débute....

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La Réunion et son histoire

La découverte...

L'ile était totalement inhabitée avant sa découverte par les navires portugais qui faisaient route vers les Indes. Bien que l'on date sa découverte aux alentours de 1500, des navigateurs arabes semblent l'avoir repérée avant. L'amiral portugais Pedro Mascarenhas y aborde vers 1512, mais l'île reste inhabitée pendant de longues années. C'est un point d'escale pour rallier les Indes. De nombreux bateaux anglais et néerlandais y font halte. Les Français y débarque en 1642 et en prennent possession au nom du roi. Il la nomme Ile Bourbon, en référence au nom de la famille royale.

La colonisation

Dès 1663, la Compagnie des Indes Orientales reçoit la mission de coloniser les Mascareignes. 20 volontaires débarquent sur l'île de Bourbon. Au fil des années, les colons arrivent de toute l'Europe et de Madagascar. Néanmoins, ce sont principalement des hommes qui arrivent d'Europe. Ces derniers épousent donc des Malgaches et des Indiennes de Goa, commençant ainsi le métissage de l'île.

La fin de l'esclavage

En 1814, le traité de Paris rend Bourbon aux Français. L'économie retrouve un nouveau souffle avec la canne à sucre, mais aussi la culture de la vanille. En 1848, l'abolition de l'esclavage libère plus de 60 000 esclaves et Bourbon retrouve son nom d'île de la Réunion.

La Réunion devient un département puis une région française

C'est en 1946 que la Réunion devient un département français administrée par un préfet. Plus de 30 ans plus tard, en 1982, l'île obtient le statut de région.

Changement de cap

1h50 de vol de Madagascar, j'ai hâte de retrouver cette merveilleuse île au couleur de la France. J'ai besoin de prendre un bol d'air et de prendre soin de mon corps en maltraitance alimentaire depuis quelques mois.

Changement de climat

Le climat de La Réunion est de type tropical. Tous les jours en petite tenue je profite de l'été à la Réunion en décembre. Pendant que mes amis français sont sous la pluie ou sous la neige je m'émerveille devant les paysages verdoyants. Un vrai bonheur de voir très tôt le soleil me réveiller. Il fait chaud et très humide, ce climat me réchauffe le cœur. Les montagnes sur l'île se couvrent vers midi, la programmation des randonnées s'organisent très tôt pour ne pas fondre sous le soleil. Au final c'est un peu comme à Annecy on part tôt et on revient tôt pour les mêmes raisons : la chaleur coriace qui ne cesse de grimper au fil des heures et les bouchons qui ne cessent d'empirer avec le nombre de citadins qui viennent s'installer.

En conséquence, la Réunion bénéficie d'un climat tropical qui se caractérise par deux saisons : une saison sèche (soit l'hiver austral) s'étire de mai à octobre et une saison humide (soit l'été austral) s'étire de novembre à avril.

Quand j'arrive, il fait chaud et humide, ce climat m'apaise. Je retrouve des chasses d'eau, de l'eau qui coule à flot dans les toilettes de l'aéroport et à la sortie des sandwichs français et des pains au chocolat. C'est la révolution dans ma tête et dans mon corps. Je vais retrouver quelques repaires européens pendant quelques semaines.

Déboussolée par le changement d'heure qui n'est pas automatique sur ma montre connectée, à 2 minutes prés j'ai failli loupé mon bus direction Saint Pierre. J'ai couru un 50m avec mon énorme sac à dos sur le dos pour continuer mon périple... J'utilise le bus de ville pour retrouver Laëtitia ma futur coloc' de ses prochains jours.


Ma rencontre avec Laëtitia

Elle arrive à la gare en même temps que moi. Une vraie synchronisation de planning, complètement inattendue. Les premiers échanges avec Laëtitia me braquent un peu. J'ai besoin de douceur et à ce moment là ça n'arrive pas. Il n'y a pas de hasard je tombe sur mon miroir. Nous sommes bourrées de certitudes et du coup la relation coince un peu dans les 2 premieres heures uniquement...

Dans mon quotidien tourné trop souvent vers l'autre, je me suis souvent oubliée... J'apprends à être plus douce avec moi même, mes parents ne m'ont jamais appris à être douce... A l'époque de mes parents, ça ne s'apprenait pas du coup on n'a jamais trop su faire chez les Miagat. Après un petit verre de rouge et quelques gourmandises un équilibre dans les échanges se posent. Je ne vais pas faire comme en amour : "mettre la charrue avant les boeufs", je prends mon temps d'explorer cette nouvelle relation.


Ma première colocation

A 42 ans, je découvre les joies de la vie en collectivité en colocation. Je me sens bien dans cette grande maison. Nous allons vivre à 7. Cette colocation hétéroclite bouleverse mes schémas. Nous sommes nombreux mais le respect est bien présent. J'étais blindée de préjugés, ils se sont dissipés avec toutes ces âmes souriantes et vivantes. Vivre en communauté c'est possible. Je me suis jamais senti capable de vivre en colocation et là, à l'aube de mes 43 ans je m'y colle. Je me trouve bienveillante, adaptable, ouverte et du coup je fais vite parti des meubles de cette superbe collocation. Je me sens accueillie et aimee.


Je me pose

Je consacre mes premières journées à la Réunion à ma santé : médecin, analyses pour vérifier que ce petit corps n'est pas dévoré par des petits verres malgaches. Vermifugée et concrètement en bonne santé je peux enfin profiter de cette île en toute simplicité.


" La liberté intérieure, c'est quand le regard de l'autre ne nous détermine pas".

Alexandre Jollien


Mafate

Avec Laëtitia je découvre les sentiers d'une splendide randonnée en balcon: la canalisation des orangers. Le soleil, la pluie rendent cette végétation luxuriante, colorée. Je suis subjuguée par ces dégradés de couleurs et ces hautes montagnes qui se tournent vers moi tout au long de mon chemin. Au refuge, perchées toutes les 2 pour une nuit je dévore mon premier carri de poulet réunionnais. Je suis aux anges...un vrai bonheur d'être loin de ce cafardom de la ville. Le silence me remplit d'amour... Au refuge nous croisons des baroudeurs et des assoiffés de grimpettes de sensation de liberté. La montagne ça me fait vibrer... Je me sens libre et heureuse.

La coloc

Je finis par dormir sur le canapé dans la salle à manger avec comme petit plaide mon paréo. Je n'ai pas chaud mais j'évite les piqûres de moustiques. Dans la chambre de Laëtitia j'ai trop chaud et je sens que j'ai besoin d'un espace de liberté, un petit coin à moi... Je suis heureuse depuis que je suis à la Réunion, je peux me faire griller du pain, utiliser une jolie plaque gaz pour faire chauffer mon riz et ma bouilloire pour me faire des petits thés tout au long de mes journées. Ici, je me sens moi même. Toutes les personnes de cette coloc s'aiment dans la différence.


Découverte des villes avoisinantes

Laetitia, célibataire, sans enfant, sans attache. Mon miroir, véhiculé me fait découvrir les villes avoisinantes. Je prends le temps de faire quelques plages avec elle pour me poser. Je partage le quotidien de Laeti, je l'accompagne chez son osteo et on se libère toutes les 2 en discutant pendant des heures sur les femmes et les hommes, nos attentes, nos besoins, nos rêves.... Être seule, autonome indépendante, sans attache est un véritable cadeau. Les jours et les semaines passent, je me sens de plus forte de l'intérieur et je m'éloigne du système de pensée des normo-pensants. Je m'engage a plus de légèreté et je développe un laisse aller qui me rend plus en paix. Je fais confiance en la vie.

En coloc on achète chacun nos petits ingrédients. Ici tout le monde fait attention à son portefeuille, à la Réunion la vie est cher, surtout la nourriture. J'ai bondi au supermarché à la caisse, mon premier caddie m'a calmé. Tous les 2 jours Mickaël, l'un des colocs réalisent des gâteaux qui sont sous cloche.


Les réseaux sociaux

Je remercie les réseaux sociaux comme Facebook. Mes rencontres se font sur ce réseau social intelligent où l'on trouve des compagnons de voyage dans tous les pays. Grâce à la générosité d'Axel et Laetitia je suis hébergée gratuitement pour éviter les dépenses et ça facilite mon voyage. Je m'adapte à chaque nouveau lieu et à l'organisation de la personne. J'ai'un profond respect pour ces êtres au coeurs inspirants. Le voyage c'est oser demander des appuis et maintenant j'ose demander de l'aide. Avant j'avais peur du regard de l'autre et aujourd'hui j'ose....


Mon carnet de voyage

Complètement déconnectée de mon carnet de voyage. Je reprends l'écriture avec tellement d'émotions et de situations vécues en quelques jours... Je plane de bonheur. Gratitude à cette vie qui me comble de bonheur à chaque rencontre.


Départ imminent

C'était prévu ! 6 jours en colloc' et après je prends la poudre d'escampette pour découvrir de nouvelles âmes.

Avant de quitter cette super coloc' j 'ai prévu un apéro et crumble aux lychees cueillies par nos soins (Laëtitia et moi même). J'ai très envie de remercier à ma manière. Je n'ai rien payé donc j'ai très envie de partager ce dernier soir avec eux avec mon coeur et mes quelques petits toasts. Au final, mon apéro fini par devenir un home made. Tout le monde met la main à la patte c'est fantastique, c'est un festin qui s'organise avec des touches d'amitié dans chaque plat. Mon départ me prend par les tripes : toutes les personnes de la coloc' me remercient d'être ce que je suis avec des compliments qui fusent dans tous les sens. Je suis touchée et je me sens très clairement aimée. Je suis devenue moi-même et ça me va bien.


1 nuitée Ô Passage

Ça fait longtemps que je n'était plus seule...

Laetitia à mes petits soins me dépose en voiture devant cette auberge de jeunesse, fantastique lieu rempli d'authenticité comme Amélie (la propriétaire de ces murs). Dans la chambre nous sommes 3, 2 jeunes femmes baroudeuses. J'enclenche des discussions à chaque nouvelle rencontre... Ça m'éclate ces connexions....Quand je les vois je me vois... La différence d'âge ne se fait pas ressentir notre objectif de vie du moment est le même : partage&rencontre. Je fais 3 jolies rencontres à l'Auberge : Lulu, Elenor et Peter. Je suis enveloppée par leur dynamisme leur simplicité et leur joie de vivre... Je n'ai plus envie de les quitter. Je suis très câline avec Lulu mon alter ego masculin...

Saint Pierre

Après ma nuit Ô Passage et une matinée à la plage je prends la Direction de Saint Paul en bus pour retrouver Axel rencontré sur Facebook. Mon sac est bien lourd et la chaleur est pesante mais j'ai le sourire...


Les randonnées

Du sud au nord je vaque sur les chemins de randonnées avec des personnes différentes au gré de ce que la vie me dépose.

Festival Créole

Je passe un peu plus de 3 jours avec des fêtards. Une première soirée chez Axel un zoreil (un blanc venu de métropole) qui vit vit depuis plus de 15 ans sur l'Ile puis 3 nuits dans Mafate en tente avec lui et ses copains.

Le paysage est sacré, la descente pour poser notre tente restera dans ma mémoire : mouillée jusqu'aux doigts de pied, j'ai mes vêtements tout collés en fin de soirée. Le souvenir d'une descente sous la pluie vers La Nouvelle restera gravée dans mes pensées. Sur place je découvre les locaux qui vivent simplement en toute authenticité. Je retrouve 3 compagnons de route que j'ai rencontrés à Saint Pierre à l'auberge de jeunesse. Je me sens aimée par Elenor, Lulu et Peter. Avec les copains du moment, on cuisine la poule que nous avons transporté derrière notre sac comme une paire de "grolles". Je déguste tous les rhums arrangés de chez Lolo (le local qui détient un bar à la Nouvelle). J'ai un petit coup coeur pour un réunionnais câlin et à mes petits soins. Bon ou mauvais choix, je me laisse porter par la vie ... J'apprécie sa douceur et sa présence à mes côtés. J'aime beaucoup son approche sa manière de raisonner mais je sais que je ne dois pas m'y attacher. Il n'est pas fidèle....

J'apprécie le coin, la fête et la musique créole. Mais je déteste la drogue et l'alcool qui ne font pas bon ménage. Je ne me sens pas à ma place avec ces personnes qui se défoncent toute la journée tous les jours sans pause. Entourée de cette herbe locale : le zamal autrement appelé chanvre indien, est le nom donné au cannabis sur l'île de la Réunion, elle pourrie les relations et détruit les cerveaux des consommateurs et déglingue les poumons.

Mon réunionnais du moment avec des poumons qui ronronnait, signe d'une consommation excessive d'herbe et de tabac. Je ne pourrai jamais construire ma vie avec un homme qui vit à côté de lui au niveau de sa santé. Je rêve d'équilibre je ne vais pas vivre avec un déséquilibré.

Avec un drogué je n'ai pas grand chose à raconter, c'est assez limité.

C'était une jolie expérience dans les montagnes. En pleine nature, j'ai aimé grimper et contempler. La vie en bivouac me stimule et me rend heureuse.

Au port, ma nouvelle destination

Après la Possession je découvre la vie au Port avec Karine. Rencontre extraordinaire, cela me change des discussions de bacs à sable. Cela fait très prétentieux, mais je m'ennuie souvent avec les gens. Heureusement qu'il existe la maggie de la vie qui dépose des pépites sur ma route : Karine.

Karine est mon évidence, son cerveau tourne vite, elle est belle à l'extérieur comme à l'intérieur. Dynamique pleine de projets, je me sens de nouveau à ma place. Nous avons des tones de choses à nous raconter. Nos discussions partent dans tous les sens on se coupe mutuellement car nous avons un cerveau en arborescence. Ça me fait du bien d'être avec une âme qui se rapproche de la mienne. Elle m'emmène partout en ville, au restaurant avec ses enfants, elle me prête son lit et dort dans le lit de sa fille en toute simplicité. Je suis nourris logée, je découvre auprès d'elle les plages, les ports, le rougail saucisses, les relations hommes/femmes, le business réunionnais. C'est comme une soeur de coeur. Je l'aime déjà. Son coeur est rempli d'amour et j'aime lui rendre ce qu'elle offre. Je me sens portée par ce début de relation. Son amitié est sincère... En pleine séparation je suis entrain de vivre "vis ma vie" avec dans la maison de Karine et de son mari Laurent. Une rencontre improbable grâce a Feneosoa mon amie de coeur de Tamatave. Elle m'embarque dans ses ascenseurs émotionnels d'hypersensibilité. Je me laisse porter par cette relation...


Soirée "Ose"

Karine, le petit tourbillon m'embarque... Je suis invitée à une soirée d'échange et de partage : "Ose célébrer 2023 pour mieux t'épanouir en 2024". Ce soir là, en présentiel : Élodie Coach de vie à la fiche. Puis, au cours de cette soirée je me laisser porter par les êtres qui m'attisent. Je fais 2 merveilles rencontres :

- Ludovic Vitry: le plus jeune des experts comptables de la réunion diplômé à 27 ans. Médaillé d'or en combat karaté - médaillé d'argent lors de la sélection de la Réunion, lors des Jeux des Îles de l'océan indien à Madagascar en décembre 2023. Un extraterrestre, sa personnalité m'interpelle... C'est un multi-potentiel qui s'est trouvé...Ce soir, à 29 ans, il nous offre de précieux conseils en investissement. Cet homme d'affaires m'impressionne. Sa vibration intellectuelle m'attise. J'aime les hommes brillants....

- Erick, Directeur d'une Société d'informatique, brillant homme discret partage sa mission de vie. Dès nos premiers échanges, j'ai très envie de lui transmettre mon bébé : mon cahier des charges de mon projet de coeur déjà ficelé. Il m'inspire confiance. Je suis heureuse je repars avec son numéro personnel.

Je découvre Karine qui excelle en tant qu'animatrice de soirée. Elle est vraiment magnifique et brillante. Très inspirante elle me redonne mon pouvoir de femme en quelques jours. Sa niaque est contagieuse et son sourire par mimétisme fait écho en moi du coup je lui rends bien : je souris.

Et pourtant, Karine en séparation, de l'extérieur les gens ont l'impression qu'elle est est en train de tout perdre. En réalité c'est une wineuse elle est en train de tout gagner : la liberté, son plein pouvoir de femme et la confiance en soi très esquinté depuis toutes ces années. Je suis fière d'elle, c'est un exemple pour moi d'une femme courageuse, battante qui a foi en la vie te la soif de vivre... C'est une connectée à la "vivance". Et après toutes ces années elle a décidé de vivre pour ses enfants et surtout pour elle.

Je regarde ma montre - les heures "miroir"

Il est minuit : 00h00, cette heure miroir indique un besoin d'aventure et de plaisir. Il marque une volonté de ne pas s'engager pour pouvoir profiter des occasions qui se présentent mais ne signifie pas pour autant une absence de liens.

Du coup ce matin, je décide de me lever tôt pour aller à la rencontre de moi même. Je vais aller marcher seule.

Le destin va me guider autrement, ce matin je vais partir en randonnée avec un créole, un ami à Karine. Je pars à l'aventure avec Zora. Découverte des cascades de Langevin, je les découvre sous la pluie, je prends quelques clichés pour immortaliser cet instant.

Avec ce créole je discute de tous les sujets sans tabou je me sens très à l'aise. D'ailleurs pour être vrai avec moi-même, je me sens désormais disponible et sans filtre avec tout le monde. Je n'ai absolument plus envie de me suradapter et me sous estimer. J'ai envie d'être moi même à chaque bout de rue....

Sans culpabilité, je vis....je n'ai plus de conjoint pour me reprocher ma brillance. Je brille un point c'est tout. Tout ceux ou celles qui essaieront de m'éteindre peuvent toujours essayer... J'ai tellement repris du poil de la bête que je ne me laisserai plus faire ....


Ma déception

Cela fait 3 jours que je rumine une histoire qui a très peu de sens pour les normaux pensant mais qui a tout son sens pour des hypersensibles. J'ai un petit coup de coeur (chuttt) du moins je commence à découvrir un homme à distance. Je suis scotchée par son intelligence émotionnelle, nous passons des heures à refaire le monde ensemble à rêver de voyages, à interagir sur des sujets de vie divers et variés, à créer un monde meilleur. Il m'inspire la vie, la confiance, la cohérence, l'humanité.... J'ai envie de le croiser en voyage... d'ailleurs je lui fait comprendre à plusieurs reprises. Il est intelligent, il l'a bien compris. Je pense que notre connexion sera forte... C'est mon intuition qui me guide... Mais c'est le temps qui nous aiguillera. Je fais confiance en la vie...

Nos échanges sur messengers sont plus récurrents depuis que j'étais chez mon hôte Laetitia, je n'y prête pas attention cela se place naturellement. J'en parle à Laetitia en lui indiquant mon attirance pour cette belle âme. Elle est au courant je lui ai tout dit. C'est un secret entre nous. Je lui fait confiance.

J'ai tellement confiance en elle que je lui adresse le messenger de ce bel inconnu au yeux noisette, c'est un moyen pour lui de réaliser son rêve le plus fou, celui de voyager en toute sérénité. J'ai envie qu'il soit heureux tout simplement.

La miss me l'a fait à l'envers elle commence à programmer un voyage avec lui s'en m'en parler. Aujourd'hui, j'ai les mots précis qui viennent à moi. Je me sens trahis, j'ai une grande colère qui monte jusqu'aux oreilles dû certainement à ma première trahison avec l'une de mes toutes premières relations de coeur qui m'a quitté pour mon amie. J'ai des émotions qui remontent quand j'écris ces quelques phrases. Un traumatisme de jeunesse qui laisse des traces...Peu importe d'où ça vient, j'ai mal, ce n'est pas juste. Je suis d'une nature à étendre mon réseau à faire de belles rencontres puis à faire de belles connexions. Cependant, en cette fin d'année j'ai décidé d'être ma priorité. Je n'ai plus envie d'écouter les justifications de cette personne. Elle aurait pu tout simplement prendre son téléphone et échanger avec moi si j'étais importante. Mes valeurs ne sont pas respectées, je suis blessée, je lui exprime et elle finit par me juger. J'ai besoin de douceur, la violence verbale moripile.

Le voyage c'est ça aussi admettre que les relations peuvent être éphémères et qu'elles peuvent basculées du jour au lendemain. Je vais continuer à me détacher pour ne plus souffrir.

C'est une nouvelle expérience pour moi, j'arrive à quitter cette relation. Je me sens alignée et en paix. Je vérifie encore auprès des autres si mes réactions sont justes...j'ai encore ce travail à faire sur moi même : de me faire confiance en toutes circonstances.


Soirée zouk

Karine organisatrice d'une soirée zouk m'y invite. Une sacrée expérience, je dois me plier aux codes de séduction des réunionnais. A la Réunion, on danse en duo homme/femme uniquement lorsque nous sommes dans cette phase de séduction. On ne peut pas danser pour danser comme en métropole. Du coup, je danse toute seule sur la piste sur des musiques endiablées. Le niveau de frustrations est à son comble. J'ai envie de danser du coup j'ose me rapprocher des amis de Karine pour faire quelques pas de danse. J'ai de la chance je danse avec des hommes dont les femmes sont restées à la maison. Je découvre la relation réunionnaise : hommes/femmes. C'est culturel, ici, la femme est soumise aux infidélités de ces messieurs, ce qui génèrent un manque de confiance créé des comportements féminins agressifs et sur la défensive. Je passe une soirée à danser, je prends mon pied. Je sens que la danse est viscéral pour moi. Au cours de mon voyage, je vais danser, c'est viscéral pour moi la danse. Cela fait des mois que je n'ai pas dansé en couple, la sensation de me laisser guider par un homme me manque. La danse est une passion qui me remplit d'amour.

La gourmandise

Dans tous les pays que je traversent je me suis jurée de tout goûter malgré une alimentation en France équilibrée. Je n'ai plus de régime particulier je me laisse porter par la vie et par les spécialités locales. C'est ça le voyage : ouvrir les papilles, découvrir les saveurs. En Afrique je mangeais beaucoup de viande pour vivre. J'ai testé le kudo, le buffle et le zébu... Ici à la Réunion j'ai testé à Mafate mon premier carri et grâce à Karine mon premier rougail saucisses poulet. Ces plats en sauce sont délicieux. Je souhaite m'éveiller dans tous les domaines. La nourriture a une grande importance pour moi et m'ouvrir à la vie passe par m'ouvrir à la nourriture locale. Je mange de nombreux fruits dans chaque pays et je teste les rhums arrangés aussi, l'incontournable de la Reunion. Je ne m'aventure pas à tester trop de fruits nouveaux, je vais m'y coller à la Réunion. Cela peut me faire que du bien à mes intestins. Découvrir la culture d'un pays c'est tester acheter et créer avec des locaux les plats de leurs pays. Comme ce rougail saucisse, j'ai participé à la création de ce plat avec mon amie Karine. Cuisiner avec des locaux : un vrai petit bonheur. Dans les prochains pays je vais me pencher sur le sujet.

La détente

Chez Karine j'apprends à ne rien faire. Au port c'est la fournaise. Cela ne titille pas mon envie de grimper au Piton. Je suis tiraillée par une attitude "de glande attitude" j'apprends à me poser pendant le voyage. C'est dans les moments de pause que je me remplis d'amour. J'ai zéro ancrage en baroudant de maison en maison alors pour trouver la paix je fais de pauses avec moi-même. Tiens aujourd'hui, je pique le fauteuil massant de mon hôte pour me détendre et hier j'ai piqué la licorne de la fille de Karine pour faire une sieste. J'accepte d'être au ralenti...à 42 ans je n'ai plus l'énergie d'une femme de 32 ans. Dans mon corps je le sens. La récupération est plus longue et je l'accepte. Hier en discutant avec mon énergéticienne préférée je partage une sensation de fatigue intense par cycle qui se se manifestait chez moi. "C'est normal" : dit-elle, mes énergies fluctuent en fonction du taux vibratoire de la planète et depuis quelques années ils ne cessent d'augmenter. Mon énergie vacille en fonction de ces énergies là mais aussi durand les pleins lunes et mes cycles de menstruels. En France je ne prenais pas le temps de m'écouter je filais à droite à gauche, je gesticulais sans arrêt. Je n'arrivais pas à m'arrêter. Aujourd'hui je m'écoute.

Vis ma vie

Depuis une semaine je vis avec Karine et son ex conjoint en colocation avec 2 enfants en bas âge. Je vis avec une famille en pleine séparation. Je rebooste Karine dans les hauts et les bas de son quotidien. Elle est forte, elle prend à bras le corps ses problèmes. J'échange aussi avec Laurent pour comprendre sa manière de penser et ses divers réactions. Pas facile de garder une relation au juste équilibre, c'est souvent la guerre des égos dans les séparations. La souffrance est présente est l'Humain se débrouille comme il peut avec ses blessures mal pansées. Tu me fais souffrir, je te fais souffrir... L'Homme devrait apprendre à écouter ses besoins, et ceux de l'autre, mais aussi apprendre à s'exprimer en douceur, mettre des limites dans la relation pour éviter qu'elle déborde. Après ces quelques jours passés dans cette famille, je suis heureuse de mon statut de célibataire, libre et heureuse...


Mon départ

Je déteste les au revoirs comme tous les jours Karine me laisse les clefs de sa maison. Elle vient de partir, l'au revoir est rapide car Karine va travailler. Quelques échanges doux et bienveillants, pendant quelques heures je tourne en rond pour retrouver une autre jolie personne à Saint Denis. Je pars du Port à pieds. Le sac est tellement lourd que je n'arrive plus à marcher. Je me dirige vers la gare routière du Port. La chance me sourit toujours un bus arrive 2 minutes après mon arrivée. Chargée comme une bourrique lorsque le bus s'arrête. Tête en l'air, j'ai oublié mon sac en plastique avec quelques produits de douche et mon petit dej. Je m'en rends compte assez rapidement, je fais demi tour j'arrive à la gare routière en étant confiante et sans attente. Le chauffeur de bus entrain de fumer une cigarette (en pause) me reconnaît et m'ouvre son bus. Il n'y a rien... Je découvre à l'arrêt de bus mon sac. Mon voisin dans le bus l'avait gentiment déposé. L'honnête des gens en paix. J'ai toujours beaucoup de chance dans ma vie. Depuis le début de mon voyage je constate que j'ai une petite étoile au dessus de ma tête....Je suis chanceuse, c'est un fait. Je croise les doigts pour que cette dynamique persiste.


Nouvelle destination, nouvelle rencontre

Laetitia me récupère à la gare routière de Saint Denis. Nos échanges sont aussi fluides qu'avec Karine, sacré coup de bol encore une fois. Je suis accueillie avec beaucoup de bienveillance. Nous achetons les dernières petites choses ensemble pour organiser un petit repas de Noël. Nous ne sommes pas fan de ce type de fête toutes les 2. Laëtitia loin de ses enfants en métropole vit très mal cette fête sans eux. Pour moi, sans enfant, clairement cette fête ne me dit plus rien depuis quelques années déjà. Je n'ai plus de grand parents je suis adulte. Cela fait plusieurs années que je reste sur le banc de touche pour Noël. Le consumérisme de ce type de fête commerciale me dérange. Acheter pour acheter, je ne partage plus ces valeurs...Me casser la tête pour essayer de faire plaisir ce n'est plus mon truc. Et les cadeaux que je reçois ne me servent pas à grand choses ou ne remplissent pas mes besoins de femme de 42. J'ai évolué et souvent ma famille fait fausse route avec leurs surprises. Cette année comme les dernières je ne suis pas connectée à ma famille pour Noël, je suis loin d'elle, je leur laisse vivre ce qui les anime. Moi ce qui m'anime depuis longtemps: c'est le voyage, la liberté et surtout ne pas rentrer dans un cadre qui ne me correspond pas au mien.

25 décembre 2022, je passe la soirée de Noël à refaire le monde et à discuter pendant des heures avec des clopes à la bouche et quelques rhum. J'ai décidé je ne touche plus à une cigarette. Dès que je bois une petite goutte d'alcool je suis appelée par la cigarette. J'arrête de taxer ce n'est pas bon pour le portefeuille de la copine et pour mes petits poumons. J'apprends aussi de temps à sortir du cadre "bien être" que je m'inflige. Ce cadre est bon pour ma santé...


Nouveau sac à dos

Laetitia me bouscule avec mon sac à dos de voyage et me propose de le vider entièrement pour l'alléger pour la future destination. Elle a raison il est trop lourd, j'ai rajouté au moins 2 kg et sur mon petit dos ça se ressent... Je suis heureuse de partager ce moment avec Laetitia : il est fort et emblématique pour moi...



Les relations me révèlent

J'apprends et je me révèle auprès de ceux que je côtoie. Depuis le début de mon périple j'observe les relations, tous ceux ou celles qui partagent un morceau de leur vie avec moi.

Je ne veux plus me mettre le nez dans le guidon professionnellement, je veux vivre, avoir du temps pour moi et pourquoi pas avec mon double si un jour il se dévoile à moi. Je ne veux plus supporter l'insupportable juste pour récupérer des miettes d'amour. Je mérite d'être aimer et d'être heureuse. Je prends conscience dans le voyage que je suis importante et mon corps est une pépite. J'arrête désormais de m'auto-saboter de détruire mon corps par de vieux réflexes. Je ne trouverai plus d'excuses à toutes celles ou ceux qui ne me respectent pas. Je suis bienveillante et généreuse, je souhaiterai qu'on le soit vis à vis de moi. Je ne souhaite plus tout contrôler, je me laisse porter pour laisser place à la nouveauté et à la spontanéité des relations.

Je ne me laisserai plus attirée par des hommes beaux, intelligents qui ont coeur en plastique et qui ne cherchent pas à me comprendre. J'ai besoin d'être comprise pour être à 2. J'apprends à ne pas donner toute ma confiance la première semaine, rien n'est gagné dans une relation il faut creuser pour vraiment aimer. Je finis toujours par tomber de mon arbre quand certaines personnes dévoilent leur vraie nature. Le temps était mon ennemi maintenant il est devenu mon meilleur ami.


Séjour en van

J'ai quitté Laetitia. Mon coeur n'est plus serré. Je suis intimement convaincue que nous retrouvons toujours nos coups de coeur. Je suis l'aéroport de Saint Denis j'arrive pile poil pour récupérer mon nouveau compagnon de voyage : Simon. L'inconnu me réussit alors je continue à barouder avec de nouvelles rencontres. Je vois ce petit bout de mec à l'arrivée, sourires aux lèvres, c'est la première fois qu'on se voit. Je vais barouder sur les routes réunionnaises avec un véritable inconnu pour le coup. Sortir de sa zone de confort, je l'ai vraiment découvert en voyage.

J'embarque mon nouveau compagnon de voyage, un peu fatigué par son année de travail et par le décalage horaire, direction l'Agence de location de van proche de Saint Gilles. Chargés comme des bourriquets nous longeons la côte en bus pour retrouver notre van. Nous fêtons nos retrouvailles avec un premier repas créole dans le premier snack à côté de l'agence de location, nos estomacs crient famine...

Voyage en van sur l'Ile de la Réunion

Petit programme préparé aux petits oignons, avec mon petit caractère de femme organisé, je lui met sous le nez (Simon, mon nouveau compagnon de voyage). Création made by Audrey avec l'appui de réunionnais expérimentés. Je sais pertinemment qui ne sera jamais suivi à la lettre car je dois respecter les besoins de mon compagnon de route et les miens en fonction du moment présent. Le temps extrêmement changeant, il nous pousse dans nos retranchements. Nous apprenons avec Simon à gérer nos frustrations et à décaler voir annuler des randonnées et/ou une partie du programme. Nous sommes face à l'impermanence de la vie


Qu'est ce que l'impermanence ?

L’impermanence,comme son nom l’indique, est ce qui n’est pas permanent. La mort : est très bon exemple de l’impermanence. Nous arrivons au monde pour vivre, puis grandir, murir et mourir… pour laisser place à d’autres petites graines… Nous sommes tous des êtres en quête de permanence alors que nous vivons dans l’impermanence…L’impermanence, acceptons là…Elle est là, pour nous montrer le chemin de lumière à parcourir. L’attachement aux choses s’avère être la cause de la souffrance. La permanence est un accrochage et une défense pour l’Homme. “La vie est aussi éphémère qu’une goutte d’eau sur un brin d’herbe”. On ne peut arrêter la mort de même qu’on ne peut empêcher les ombres de s’étirer au soleil et les Hommes de se quitter quand ils n’ont plus de force de s’aimer. Ce qui est composé peut être aussi dé-composé, une clef de vie à intégrer. Comprendre cette vérité soulage les cœurs… La vie nous montre que tout l’univers, du plus grand au plus petit, dans toute son immensité, dans toute sa grandeur, n’est qu’une vaste rencontre de processus de différentes sortes, prenant place à différents niveaux et tous reliés aux autres, rien ne reste immobile, pas même un instant. Ceci nous enseigne que toutes situations, relations, pensées, choses conditionnées sans exception sont sources de souffrance. C’est une illusion/une projection de croire que tout est figé…Tout est en mouvement….Être adulte c’est comprendre qu’effectivement tout va passer, tout va changer, tout va se modifier, chaque instant qui passe, chaque échange, chaque relation nous rendent si “différent” et si “grand”. La vie nous pousse à vivre dans l’instant présent, à observer nos flux d’émotions, de pensées, à voir comment elles se modifient, comment elles se réactivent… L’instant présent si essentiel que notre existence.L’impermance est une porte à la liberté. Elle nous conduit à une vision plus profonde de la réalité. Accepter que le changement est continuel c’est la vie… ll n’y a pas d’âme permanente et immortelle et non changeante : il n’y a qu’une succession constante d’états mentaux.Vivre dans cette impermanence.

Quelques clefs d’harmonisation :

🌱 Vivre dans l’instant présent est une clef d’harmonisation, profitez de tous les petits moments de bonheur au quotidien en étant juste avec nous même,

🌱S'aimer, plus nous nous aimons plus la vie est un cadeau et les relations ne seront que des cerises sur le gâteau (que des petites options de bonheur en plus),

🌱Donner “sans attente“, offrir de l’amour de l’amitié sans rien attendre en retour. C’est en offrant avec son coeur que tout se place dans la vie… L’abondance se place naturellement en partageant juste ce que l’on est,

🌱Se remettre en question, l’impermance nous permet de grandir/murir au gré de chaque situation de vie,

🌱Accepter, ce que la vie nous dépose pour être. La source de la souffrance de la permanence : l’inertie ; la source du bonheur de l’impermance : le mouvement,

🌱Se détacher , se détacher de tout, rien n’appartient à personne toute la vie est source d’évolution,

🌱Laisser partir, ce qui doit partir, c’est tout simplement le bon moment pour tout ce qui doit être. C’est ainsi…


Notre premier réveil

Perchés sur le Maïdo, en ouvrant les portes du van au petit matin, nous découvrons une étendue de couleurs : du bleue (la mer), le vert (la végétation), le bleu (le ciel) et du blanc (quelques nuages flottants). Une nouvelle aventure s'ouvre à moi au grand air...

Moments de complicité

Avec Simon, en vacances (je ne m'engagerai à penser sur du long termes) la vie est assez simple et authentique. Simon est plutôt juste dans les situations de vie, organisé, c'est un très bon compagnon de voyage. Il sait tout faire dans le van un peu comme moi. On se tourne tous les 2 respectivement vers des tâches que nous apprécions. Moi, je lui délègue inconsciemment quelques tâches comme laver la plancha et accrocher la housse de protection de pare brise pour ne plus voir la lumière du jour au levé du soleil. On cherche nos repères, on trouve des petits endroits pour déposer nos affaires personnelles et on partage nos astuces pour caler la nourriture et les assiettes qui passent leur temps à voler dans le van à chaque virage. On se découvre très vite dû à la promiscuité. Les rapprochements se font dans la légèreté et les sourires. Simon me fait rire avec sa dérision déconcertante sur lui, sur moi. Je dois apprendre l'autodérision cela me permettra d'être plus douce avec moi même.


Mon premier rendez-vous galant

Simon me dépose avec le van chez un podologue je suis entrain de perdre l'ongle de mon pouce voir le 2ème aussi . Pour faire le tour du monde c'est loin d'être confortable. Je ne sais pas si c'est mes chaussures actuelles ou les différentes randonnées annéciennes qui m'ont bousillées les pieds. Je préfère gérer ce type de galère sur une île française...Je m'autorise à prendre soin de moi, Simon bienveillant prend en compte ma future difficulté. Le rendez-vous se passe merveilleusement bien ma podologue réunionnaise, elle est humaine et elle boit mon aventure en ouvrant largement ses oreilles. Après ces précieux conseils, je file à la pharmacie pour acheter de l'huile de ricin pour faire pousser le plus rapidement possible mes ongles et des protections de pouce pour la randonnée.

Le Tour de l'Ile

Nous enchaînons randonnées, plages, courses, kilomètres en van, en jonglant entre le temps, la méteo, nos humeurs et les places de parking pour dormir. Ce n'est pas de tout repos ce périple. Le bonheur de l'instant présent dépasse l'entendement...

Notre première plage restera l'un de mes meilleurs souvenirs
Le Piton des Neiges à 2 

Mon coeur

Le dysfonctionnement du ventricule droit de mon coeur, que mes cardiologues ont découvert avant mon départ ne m'empêche pas de vibrer et de créer la vie que j'ai décidé. Je grimpe au sommet de ces merveilleuses montagnes réunionnaises sans regarder les battements de mon coeur sur ma montre connectée. J'ai lâché mes peurs et je fais confiance à mes ressentis, à mon corps mon meilleur ami. Je n'ai plus honte de m'arrêter en pleine montée. Je ne me culpabilise plus de ralentir le rythme de mon duo de rando. J'accepte mon disfonctionnement et je n'ai aucune peur de récupérer le disfonctionnement du coeur de mon père. Si dans ce test de 3 ans, on me découvre la même problématique que mon père je ferai face, comme dans toutes les situations de ma vie. Si mon coeur doit s'arrêter du jour au lendemain, c'est que la vie l'aura décider ainsi. Mon âme acceptera tout ce que je dois vivre... Je suis devenue carpediem. La vie m'a toujours offert le meilleur car chaque situation de vie m'a permis de devenir la meilleure partie de moi même. J'ai appris et j'apprendrai toujours au cours de cette vie. J'apprends en marchant et quand je tombe je me relève. Ma volonté et ma force de m'en sortir ont toujours été là pour me remettre debout.

Mon coeur bat, je suis vivante et je compte bien vibrer des années chaque moment avec autant d'intensité avec beaucoup de gratitude. Merci la vie.


La vie en van

Avec un inconnu, c'est l'aventure. Partir en voyage avec une personne qu'on ne connait pas demande une ouverture d'esprit et un sacré lâché prise. Tout paraît facile et complexe. Tu dois gérer un quotidien avec une personnalité que tu dois apprivoiser. C'est un challenge ! Mais ma capacité d'adaptation est un privilège. . Avec mon compagnon de route : on compose : on rit, on échange et on se dispute (de temps en temps) car avec l'humour sarcastique de l'un et l'hypersensibilité de l'autre créé quelques échanges douloureux. On apprend à se connaître jour après jour. Au fonds je sais qu'il se sent bien avec moi. Je n'ai pas besoin de lui poser des questions. Je le vois quand il est avec moi. Question "sentiment" même avec quelques dodos (the bière réunionnaise) et des questions à répétition : rien n'y fait. J'apprends à vivre avec un homme qui garde beaucoup chose en lui tel un trésor. Avec mes filtres je ne comprends pas, je n'ai pas de boules de crystal pour voir au fond de lui ce qu'il ressent mais j'accepte Simon tel qu'il est. J'apprends avec Simon à accepter la différence, le respecter dans ses besoins et ses choix de vie. Je ressens beaucoup de frustration par moment chez moi : comme une forte incompréhension. Extrêmement bien organisé, je remercie Simon pour son organisation. 0 caleçon qui traine. J'aime les principes de cet homme en collectivité, il est tout simplement bien élevé.


A bord du van

Je me remémore :

- les petits déjeuner en plein air avec mes chaises de pêche et ma petite table en plastique blanche avec Simon qui me tartine mes petits grillés.

- les matins où je rampe en silence sous le lit pendant que Simon dort pour récupérer mon beurre et ma confiture

- les incroyables spots de dodo que nous avons trouvé grâce à une super application "Park4night" des nuitées très agréables les uns derrière les autres, une vie entre parenthèses pendant 10 jours.

-l'attaque de moustiques d'une nuitées bien chaude et humide au bord de la mer. Impossible de dormir, ça pique il fait trop chaud. Nous décidons de déplacer le van à 2h du matin, nous roulons pour prendre de la hauteur en pleine nuit à moitié à poil.

- le réveil surprenant à proximité d'une route très active, le van positionné sur un chantier avec des ouvriers qui récupèrent à 2 reprises leurs matériel de travail.

- les ronflements interminables de mon compagnon de route qui me poussent à dormir tête bêche avec des boules kies pour espérer trouver le sommeil

- la pluie depuis quelques jours qui rajoute quelques jeux de culottes posées sur le tableau de bord et qui nous ramène à une proximité des fois un peu déroutante. Et pour déposer une touche d'humour pendant que mon compagnon de route se connecte à ses mails pro, je l'utilise comme un étendoir.

- la vaisselle placée dans une case en hauteur qui voltige dans chaque virage

- la bouteille de rouge positionnée au dessus du passage de roue qui commence a se renverser dans le fourgon.

- et ces petites douches chaudes de chat en pleine nature que j'apprécient au cours de ce périple. Je contemple la nature tout en me lavant avec un savon bio que je récupère dans ma petite boîte violette. Seul mon shampoing que je garde sous le coude car mes cheveux sont devenus un comme des bottes de foin pendant mes 6 mois en Afrique.


Les relations

Je me sens linéaire dans ce que je suis. Que je sois avec des hommes ou des femmes je vis désormais sans masque et sans filtre et dans l'instant présent. J'ai décidé d'être ce que je suis sans constamment me remettre en question. J'ai décidé de me foutre la paix. Libre comme l'air j'ai envie profiter, de complicité et de partage sans projection. Je déteste les revirements de situation sans de réelles explications. Les silence et les revirements de situations me gênent, je dois apprendre à les gérer et surtout prendre du recul, cela appartient à celui qui le vit ... Les hommes qui jouent avec l'humour rabaissant ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai besoin d'être sur le même cablage comme en électricité. Je ne supporte plus le jugement qu'on me porte à mon égard : tu es trop sensible, tu parles trop, tu as trop d'énergie.... Tu es trop si, trop ça... J'ai envie d'être ce que je suis. Alors foutez moi la paix. Et laissez moi vivre ce que je suis.


Ma 2ème mamy est partit !

Je savais que mes grand-mères partiraient pendant mon voyage. Secrètement j'ai échangé avec chacune d'entre elles au bord de leurs lits médicalisés à l'EPAD... Je leur ai dit la petite phrase suivante : "Mamy tu sais maintenant que tu as dit au-revoir à tout le monde, tu peux partir retrouver papy".

Je suis allée à l'église pour prier pour toi mamy, j'ai aussi déposé un cierge. Je ne reviendrai pas en métropole pour ton enterrement, tu te doutes bien. J'ai beaucoup de peine pour mon père, il va devoir porter sa tristesse. J'aimerai être à ses côtés car c'est sa mère...et je sais que le jour de l'enterrement je vais loupé un moment important de ma vie familiale.

J'ai décidé de voyager...je savais que j'allais être confrontée à la mort à distance... Grâce au téléphone je maintiens des échanges profonds avec mon père et ma famille. Je suis connectée même à distance. L'amour est universel, sans limite.

Nous sommes tous interconnectés !

Accepter la mort, la fin d'un cycle de vie...


L'amour et la sexualité pendant le voyage

C'est un sujet que je ne dépose jamais dans ce carnet de voyage alors qu'il a toute son importance. Aucun sujet n'est tabou pour moi. Tout est important à vivre et à partager. Au cours de mon voyage je me déplace de fleur en fleur en déposant et recevant des semences d'amour en évitant d'y laisser mes ailes. Étant Libre comme une abeille, je me laisse porter par la vie. Toutes ces petites abeilles me permettent de découvrir qui je suis et me donner de nouveau un élan d'amour à partager. Ma confiance en moi revient petit à petit. Chaque semence tapisse mon coeur d'un nouveau jardin d'amour. Je commence à y prendre goût. Je n'ai plus d'attente j'ouvre mon esprit à une complémentarité de caractère plutôt qu'à la fusion, j'ouvre mon esprit à l'amour, les échanges et à la complicité plutôt qu'à la dualité, aux conflits et à l'individualité. Mon regard sur le vie grandit. Je ne me nourris pas de ce nectar sans être polluer par quelques jugements mal placés mais je continue mon chemin en espérant trouver ma place et mon faux-bourdon. Il se reconnaîtra doux, bienveillant, il prendra sa place autant que moi, sans dard il sera dans l'impossibilité de me piquer.

J'asseois désormais ce qui me comblerait chez un homme : amour, loyauté, authenticité, intelligence émotionnelle, humour, des sujets intéressants à partager, un explorateur de la vie sans compter, son envie de donner et recevoir de l'amour et des câlins.


Marie Madeleine

Après le décès de mamy avec le van je continue la découverte de nouveaux sites, de nouvelles places. Et là, je tombe sur Marie posée entre deux rochers au bord de la plage. Je me suis rapprochée de ce petit coin de bénédiction. Il n'y a pas de hasard dans la vie, Marie est là pour moi... Marie est toujours à mes côtés pour m'épauler. J'ai foi en tout ce qui arrive à moi...

Ce petit moment d'amour est unique et j'en profite...

La nature

Ici, elle prend par les tripes. Les couleurs, la diversité d'arbres, de fleurs, des paysages pittoresques. Je suis aimantée par cette énergie vivifiante. Le Jardin des fleurs et des Épices à Saint Philippe me comble de bonheur.


Géologie réunionnaise

Les roches de La Réunion sont presque exclusivement d'origine magmatique. Les plus communes sont les basaltes qui résultent du refroidissement rapide de la lave en surface, comme lors des éruptions du Piton de la Fournaise. Ça pique sous les pieds mais quelle petite merveille pour les yeux ce jolie roche noircie par la vie.

Piton de Fournaise 

La contemplation

Je prends le temps d'observer avec mes yeux d'enfant. J'allais au petit coin, accroupie en pleine nature je prends le temps de prendre mon temps. Ce petit couple d'invertébrés ne passera pas inaperçu. Ce dernier a suscité toute mon attention. Eux aussi ils prennent le temps de se faire du bien. Ils sont en train de se reproduire sous mes yeux : un couple d'escargots.

Invertébrés / Gasteropode : les escargots font partie de la classe Gastropoda, les gastéropodes, littéralement les 'ventres-pieds' en grec ancien, qui comprend plus de 100.000 espèces d'escargots, limaces et patelles. Pour distinguer les gastéropodes à coquilles des limaces qui n'en sont pas dotées, on parle aussi de colimaçons. Leur corps se compose de 3 parties : la tête à l'avant avec les yeux, le cerveau et la bouche ; un large pied qui leur sert à se déplacer en glissant sur la bave qu'ils sécrètent ; et leurs viscères, poumons et autres organes vitaux qu'ils portent sur le dos et cachent dans leur coquille. Ils fabriquent celle-ci au fur et à mesure de leur croissance depuis un pli dorsal qui s'appelle le manteau en assimilant du calcium qu'ils trouvent dans les sols calcaires et les végétaux dont ils se nourrissent.

Je prends le temps de les observer...

Les couchers de soleil

Je les collectionne dans ma tête et sur mon téléphone. Cette couleur un peu orangé, un peu rouge de cette boule de feu. J'apprécie tous les soirs d'observer disparaître ce soleil réunionnais en quelques minutes....

Le coeur pincé, je quitte l'île

J'ai revu mes petits soleils avant de partir Karine et Laëtitia. Je sens que nos connexions sont réelles et vibrantes. Je prends tout ce qu'il y a prendre. Après tout je voyage et tout l'amour qu'on m'offre est dans une petite boîte à trésors verrouillée au fond de mon cœur. Que c'est bon de repartir avec plein d'amour, de soleil et de jolies petites joues bronzées. J'ai quitté Simon à l'arrêt de bus de Saint Gilles pour déguster un dernier pique nique dans un jardin reunionnais auprès de Laëtitia. Puis après une délicieuse mousse qu chocolat créee avec les petites magiques de Laëtitia, je prends mon dernier bus de Saint Denis direction l'aéroport pour m'envoler sur une nouvelle destination...

7

Lorsque l'esprit est libre, tout est libre autour de soi »

Kõan

Aéroport de Dar Es Salaam

J'ai 9h à patienter seule à l'aéroport. Je vais travailler ma patience et apprendre à ne rien faire, l'aéroport est aussi une expérience de vie dans le voyage. Je me pose discrètement dans un snack et je dépense mes derniers shillings pour me nourrir, j'écris mes dernières aventures tanzaniennes dans mon carnet de voyage en laissant flotté le temps. Un couple d'africain vient s'installer à mes côtés, une oreille attentive et curieuse, me pousse à leur rencontre. Ce sont des congolais belges qui parlent en français. Quel bonheur!! Je m'installe auprès d'eux (après avoir été invitée) et je finis par passer le reste de ma soirée à leurs côtés. Tous les 2 passionnés par la vie, les enfants et la foi, je me sens très à l'aise et aimée à leur côté. Félix, diplomate, brillant homme au large sourire vient de m'offrir "le nouveau testament" qu'il dédicace avec un petit mot de paix écrit avec son cœur.

Brigitte, pasteur au Congo, femme brillante et dynamique, elle s'accomplit dans la foi et distribue de l'amour et des bonnes paroles aux enfants congolais en détresse. Elle vient de m'offrir un jus de fruit frais et me propose de séjourner au Congo chez eux. Je me rends compte pendant le voyage que je peux être aimée aussi par des inconnus avec ce coeur tentaculaire. Je prends conscience que d'aimer inconditionnellement est une force. Je n'ai plus envie de filtrer cet amour que j'ai au fonds de moi. Ce couple a cerné très vite ma capacité intellectuelle et mon intelligence émotionnelle. Félix me voit très émue et je lui dit : "je n'ai pas l'habitude qu'on m'offre des cadeaux" et il m'a répondu avec beaucoup d'amour dans ses yeux : "Apprends à recevoir ma chère Audrey ". Mon cœur se serre d'autant plus avec ses phrases si justes. Depuis toute petite, j'ai toujours donné de l'amour un peu à tout le monde, mon amour pour l'Homme est un peu sans limite. Du coup, je suis très mal à l'aise quand je reçois. Le voyage me conditionne à recevoir de l'amour...je vais me laisser guider par le voyage et la vie...

Au cours de nos échanges profonds, le couple exprime sa gratitude face à notre rencontre. Une expérience captivante et énergisante. Nos âmes finissent par se quitter à minuit un peu comme dans un conte de fée....

Asseoir ma confiance

A l'enregistrement de mes bagages (de mon sac à dos de baroudeuse) et à la douane tanzanienne je suis surpris par la méconnaissance des informations aériennes, douanières des pays limitrophes. Une question tournait en boucle dans ma tête concernant le visa malgache : "Puis-je prendre mon vol sans ce visa ?". La réponse est : "oui, je peux l'obtenir à la douane malgache en payant directement sur place". C'est ce que j'ai lu sur le site officiel de Madagascar mais sur place en Tanzanie, le personnel reste dubitatif. C'est fou, ces tanzaniens arrivent à me faire douter de moi même. En anglais et avec fermeté j'apporte des preuves à ces 2 hommes concernant le visa malgache et ils me laissent circuler dans l'aéroport. J'apprends à gérer les situations de stress avec beaucoup de bienveillance en vers moi même et d'assise et de fermeté auprès du personnel aérien. Je ne lâche jamais un objectif de sens pour moi : continuer mon voyage et découvrir la vie sont mes priorités....


Ma petite frayeur

Après 3 vols consécutifs et une nuit blanche, je suis épuisé. Mon manque de concentration me joue des tours, j'oublie mon sac à dos avec tous mes papiers sur l'un des charriots de l'aéroport à Antananarivo, un moment d'inattention et je fais des échanges de charriots. La montée de stress sera de courte durée je l'ai retrouvé. Pour sécuriser mon voyage : je vais apprendre à garder mon sac à dos sur le dos en toute circonstance. Je n'ai personne pour assurer mes arrières, je dois apprendre à rester concentrée tout le temps même pendant mes longs vols sans sommeil. Peu importe mon état de fatigue, mon passeport, mes cartes de crédit et mon téléphone : c'est ma sécurité. Je ne dois pas compter sur moi.


Mon arrivée à Tamatave

Je suis accueillie par mon hôte : Sylvia. A mon arrivée on se serre dans les bras très fort comme si on se connaît depuis tout le temps.

Sylvia est la fille de coeur de Marie-Jo, la maman de Rosane. Rosane est la jeune fille à l'époque que j'ai gracieusement suivie en Kinésiologie en Île de France. Avec Rosane et Marie-Jo (sa maman), nous avions tisser des liens forts et de respect mutuel. Grâce à Marie-Jo et Sylvia ça y est j'y suis, je suis à Mada. C'est Richard, l'ami de Sylvia qui est venu me chercher à l'aéroport en voiture 4x4 ici les routes sont cabossables. Les infrastructures routières ne sont pas restaurées ici, on compose avec ces trous et ces imperfections qui ralentissent le quotidien. Le voyage est une grande chaîne humaine. Tu connais personne et tu finis par connaître tout le monde...


Mon lieu de vie

Sylvia m'avait prévenu je vis très simplement avec mes 2 enfants. Je découvre une petite maison au fond d'une cours non sécurisée. La petite maison fait 25m2, elle vit ici modestement avec ses 2 enfants. Le toit de la maison est en tôle et les plafonds en lambris de bois font apparaître une dissymétrie laissant passer la lumière. J'ai déjà fait quelques rencontres inattendues dans cette maison très mal isolée : une énorme scarabée et une araignée avec de grandes pattes. Tout est petit ici : tout petit frigo, une micro plaque pour cuisiner. On se contente de ce que l'on a et on ne râle pas. A l'extérieur, les toilettes et la douche sont très rustiques c'est la où l'on fait notre toilette intime avec des sauts, de l'eau froide et une gamelle en plastique. J'apprends à m'adapter à toutes les situations de vie au cours de ce voyage. Mon côté aventurière me permet de découvrir et d'apprécier chaque lieu de vie. Pour le moment nous sommes que toutes les 2, cela nous permet d'apprendre à nous connaître. Les enfants sont chez le grand père paternel, pendant les vacances scolaires.

Découverte de Tamatave

Notre première soirée fut fort conviviale dans le restaurant de la cousine de Sylvia et en bonne compagnie de malgaches de tout âge (les petits sont de la fête). Le lendemain matin, nous partons à la découverte du centre de Tamatave en "poussvélo", c'est un vélo tracté par les petits muscles puissants d'un malgache. Les itinéraires sont tellement abîmées que par moment c'est plus rapide de marcher que d'être sur ce véhicule. Ce n'est pas un moyen de transport rapide mais pratique.

Je fais une multitude de découvertes ce matin :

- rencontre de 2 homosexuels, les amis de Sylvia. Ils travaillent tous les 2 dans un salon de coiffure. J'ai'passé quelques minutes mémorables à leurs côtés. Leurs principales qualités de ces hommes : l'humour, le lâcher prise, l'authenticité. En France je n'y trouvais plus mon compte avec ces européens "coincés du c...".

- passage à la banque obligatoire : je suis dans un autre pays. Je dois retirer de la monnaie malgache les "Ariary malgache". Cette ultime banque qui ne donne pas la somme d'argent demandée (ça c'est un peu partout en Afrique). Une limite de retrait : une technique financière pour faire payer les touristes (taxe à chaque retrait). J'ai souvent ce sentiment d'être une vache à lait dans chaque pays. La petite blanche friquée qui fait le tour du monde. J'ai juste travaillé comme une acharné depuis mes 18 ans et j'ai juste décidé de dépenser au lieu de capitaliser. Chacun ces propres choix de vie. "Vivre sa vie ou vivre dans des projections"

- ces petites merveilles achetées en fonction de notre estomac qui s'éveillent : des petites spécialités malgaches qui émoustillent nos palets. J'écoute tous mes désirs...

- la contemplation : j'observe les malgaches se défoncer au travail pour récupérer quelques pièces et les gosses tirer les filets de pêche pour faire vivre les parents. J'observe les plus petits mendier pour arrondir les fins de mois. L'enfant n'a pas sa place d'enfant à Tamatave.

- mise à disposition d'une activité ludique pour les enfants : la grande roue. Celle-ci se met en action manuellement grâce à des malgaches qui grimpent comme des chimpanzés dans la roue. Les enfants sont émerveillés par cette grande roue. Les adultes prennent beaucoup de risques pour faire rire les enfants...


Adaptation à mon nouvel environnement

On découvre les conditions de vie sans qu'on me les explique, exemple du pot de chambre la nuit déposé à l'entrée à côté de nos chaussures. L'eau potable qu'on doit récupérer dans un jerrican. Dans les toilettes : pas de papier, pas de chasse d'eau, en cuisine pas de manche à la casserole. La vaisselle et les vêtements sont lavés à l'extérieur (cela me rappelle l'expérience vécue chez la maman de Philipo en Tanzanie). Les lits sont tous affaiblis par le poid des années. Il y a 2 lits pour 3 à l'origine, avec ma venue nous allons composer avec 2 lits pour 4. J'ai proposé de dormir sur le divan composé de quelques coussins. Ce n'est pas confortable mais la promiscuité avec l'arrivée des enfants me demande d'être adaptable, souple, ouverte et aimante.

Dans cette petite maison sans fenêtre avec cette humidité et cette chaleur j'essaie de dormir...Mes nuits sont un peu compliquées pour moi. Je suis en dualité à des règles de sécurité où l'on se barricade pour être en sécurité et ma folle envie de liberté où tous les soirs je crève d'envie d'ouvrir en grande la seule porte qui nous permet d'avoir des filets d'air pour bien respirer. Je ne suis pas chez moi je m'adapte...

Ma générosité

Elle s'étend un partout mon coeur et grand et généreux. Les enfants ici n'ont rien dans la gamelle. Alors je remplis des ventres dont celui de mon amie les midi et ceux de ses enfants en achetant un caddie. J'offre à Sylvia sa séance d'ophtalmologie et de nouvelles lunettes à sa vue. J'emmène à l'hôpital la petite voisine fiévreuse qui vit seule à 14 ans. Je ne veux pas finir riche et égo-centrée mais pleine d'amour et comblée par les expériences du voyage.


Les relations hommes et femmes malgaches

J'apprends très vite sur les relations hommes femmes en discutant pendant des heures avec Sylvia. Comme en France beaucoup de tromperie dans les couples, ou des relations vide de sens, où l'on reste ensemble juste pour les enfants. Quel triste constat pour ces enfants qui n'auront malheureusement pas vu le meilleur exemple d'un véritable amour à la maison. Les parents devraient montrer l'exemple, n'est ce pas? C'est pour ça que je ne souhaite pas avoir d'enfant. Je n'ai absolument envie d'être responsable de ces petits coeurs fragiles. De nombreuses vies en parallèle se créent, c'est devenu un peu à la mode dans tous les pays. On préfère avoir plusieurs relations pour combler ses propres vides que d'être un être responsable de choix. Un adulte est censé faire des choix juste pour lui et sa famille. L'Homme est bien trop fragile et égoïste pour affronter sa zone d'inconfort. La zone de confort reste celle là plus sécurisante.

De merveilleuses relations

Ce début de semaine sous les signes de magnifiques rencontres.

Grâce à mon amie malgache Sylvia et son cher et tendre nous rencontrons de merveilleuses personnes : Delphine Razafindrafara, Chef de Service de la protection sociale, du genre, de la famille et de l'enfance à la DRPPSPF, Le Directeur de l'association SOS Village d'enfants : Monsieur Zo et les 2 bonnes sœurs de l'orphelinat de Sainte Madeleine qui nous accueillent les bras ouverts. Toutes ces belles âmes vont me permettre de participer à des missions humanitaires sur Tamatave.

Mes soucis de santé

Après mes infections aux yeux de ces derniers mois qui m'ont bien fait souffrir mais qui ne reviennent plus depuis que j'ai changé de pays. Alléluia !! A Madagascar, ce n'est pas venteux et pleins de sable mais très humide. Je crois que mes yeux indiquent clairement ce climat un peu plus tropical. Enfin la liberté ! Je remets mes lentilles et je profite d'être auprès de mon amie pour consulter un ophtalmo pour vérifier que je n'ai pas trop abîmé ma corné.

J'ai un plaisir immense à déguster tous les plats et les nouveautés de chaque pays. Je suis grande gourmande et j'apprécie clairement la découverte "dégustative". Je m'arrête donc sur un plat/une spécialité chinoise de Mada. Un petit délice accompagné de mes 2 acolytes du moment Sylvie et Jocelin (mon nouvel ami du moment). Je répare heureusement avec ce petit ventre rempli de cette petite gourmandise asiatique. Malheureusement, le petit écart du moment va vite se transformer en un "vidange corporel" . Mon corps souffre et le fait savoir.

Mon ami du moment Jocelin est un Médecin généraliste à l'hôpital de Tamatave et Sylvia travaille dans les bureaux du Ministère de la santé placés dans ce même hôpital. Toujours protégé, j'ai toujours mes petits anges qui me protègent.

Je consulte Josselin immédiatement et me prescrit une "to do list" de médicaments à prendre. Après avoir "baroudé" sur le continent Africain pendant 5 mois je fais un petit check-up, je profite de sa présence pour faire une analyse de sang mondial. Il n'a pas souhaité que je paye la consultation. Il m'a répondu : "tu es mon ami maintenant". Il est à mes petits soins et j'apprécie particulièrement cette protection. Je me sens aimée et protégée.

Après avoir réalisé des analyses un peu poussées. Je découvre que j'ai la fièvre typhoïde. Les symptômes de cette maladie sont : fatigue, diarrhée, ballonnements,...c'est très inconfortable mais je peux continuer mon voyage. En analysant ma problématique mon Médecin qui se préoccupe de moi me confirme que cette maladie était présente en moi il ya plus de 15 jours. Je suppose que j'ai chopé cette maladie en mangeant dans la rue des repas africains à Zanzibar. Je suis prise à temps avec des antibiotiques et c'est reparti....

C'est le lot de surprise du voyage. Mon petit corps d'européenne doit prendre le plus sur tous ces changements : climatique, hygiène et alimentaire.

La corruption à Mada

Plus les pays sont pauvres avec des gens riches qui les dirigent plus ils sont conrrompus. Sylvia m'explique comment certaines malgaches malhonnêtes sont embauchées... C'est malheureusement l'argent qui fait tourner le monde d'aujourd'hui. Si tu n'as pas d'argent tu n'es pas grand choisi ici...c'est écoeurant mais c'est le système qui est ainsi.

Le cas spécifique du secteur des ressources naturelles (en particulier le bois de rose, l'or et les espèces sauvages)

Madagascar est en proie à une corruption systémique, avec un État faible et des frontières peu étanches, alors que ses ressources naturelles sont abondantes. Cette situation a favorisé l'essor de différents réseaux de criminalité organisés s'adonnant à divers trafics. Si des études approfondies ont été menées au sujet du trafic de bois de rose et de tortues, l'exploitation illégale de l'or reste mal connu. Fort de constater l'augmentation du trafic d'espèces sauvages, de pierres précieuses ou de cannabis semblent emprunter les mêmes itinéraires.

La corruption demeure une réalité trop ancrée dans le quotidien à Madagascar. Cette situation accentue les inégalités et injustices sociales, et entraîne de manière significative la croissance et le développement économique du pays. Elle est la source de la méfiance du citoyen à l'égard des gouvernants et des Institutions de l'Etat.

Ici, nous sommes en pleine élection présidentielle. Ça chauffe à la capitale à "Tana" comme dire les malgaches. Je croise les doigts que la violence et les grèves ne descendent pas en Tamatave. Du coup, tous les jours les malgaches parlent de la politique, c'est devenu mon quotidien. Des débats autour de leurs besoins non écoutés suscitent des conversations pleines d'émotions.



Missions humanitaires

Malgré mes soucis de santé, mon envie de m'occuper de l'humain à des milliers de kilomètres de la France revient au galop. Je crois que ma mission de vie est toute tracée : je suis une soigneuse, c'est viscérale et j'en suis bien consciencieuse. A l'époque un ex conjoint qui se fichait de moi me surnommait "mère Thérésa. Aujourd'hui, j'assume ce que je suis. J'aime la Paix, l'Amour inconditionnel, les enfants et j'aime semer des petits bouts de moi un partout avec mon coeur.

Opportunités et relations avec toutes ces associations

Delphine, une relation de confiance se tisse grâce à Sylvia. On se tutoie et nous proposons des missions humaines de terrain très rapidement. La relation est fluide, nous partageons les mêmes valeurs : l'amour, la paix, la famille. Il y a trop de besoins à Mada pour refuser notre soutien.

Ma première mission humanitaire auprès de Delphine se concrétise auprès d'un orphelinat de jeunes mamans en détresse soutenues par des mamans de substitution : des bonnes sœurs aux grands coeurs.

Contexte de ma toute première mission à Mada :

Une jeune femme de 21 ans qui a perdu à la fois son emploi (les employeurs malgaches mettent à la porte les femmes enceintes) et le géniteur de son bébé qui décède. Une jeune mère qui se retrouve avec un bébé sur les bras, une de plus, en Afrique c'est monnaie courante. Désemparée par son petit bébé dès la naissance qui ne voulait pas allaiter, elle finit par le nourrir à l'eau et au thé pendant ces premiers mois. Les bonnes sœurs qui ont accueilli maman/bébé finissent par faire hospitaliser le petit bout qui n'avait rien demandé. C'est un enfant en malnutrition bloqué dans des peurs et des traumatismes de sa mère a été pris en charge en urgence par l'association de Delphine et qui a été bien évidemment hospitalisé. Ici chez les bonnes sœurs c'est un lieu d'accueil, un tremplin d'amour pour ces mamans rejetées/abandonnées par leur entourage. Ici, dans cet espace d'amour les mères et leurs enfants ont la possibilité de vivre pendant 6 mois (de manière temporaire) dans cet orphelinat de bonnes sœurs pour retrouver confiance en la vie et de l'amour.

J'ai donc un objectif dans ma future séance de Kinésiologie maman/bébé : pour le bébé, qu'il retrouve l'envie de manger et de maintenir un équilibre alimentaire et pour la maman qu'elle devienne autonome pour prendre son envol d' ici quelques semaines.

Les sœurs ne peuvent pas garder les jeunes filles. Ici elles sont formées à la cuisine et à la couture pour se lancer dans le grand bain. Les sœurs leur permettent de mettre un pied à l'étrier à l'autonomie et à la vie.

Les 2 séances l'une pour la maman et l'autre pour le bébé sont touchantes bouleversantes pour ma traductrice et pour moi. Je suis heureux de retrouver le sourire de Lucienne (la maman) qui me dit à la fin de la séance : "je me sens plus légère" et pour la petite fille elle nous a fait pipi dessus pendant toute la séance (car ici pas de couche car peu de moyen) les peurs se dé cristallaisaient.

Je suis heureux d'avoir partagé ce moment d'intimité avec ces 2 êtres magnifiques. L'aide précieuse de Sylvia m'a permis de rentrer dans l'univers des ces 2 êtres. Merci et gratitude face à la vie.


SOS Villages d'Enfants

Monsieur Zo est Directeur de l'association SOS Village d'enfants. C'est cet homme qui j'ai rencontré au tout premier rendez-vous. Cette structure a pris de l'ampleur, les fondements de cette association sont construits sur des règles fondamentales de protection de l'enfance. Ce qui est très respectable mais qui laisse entrevoir de mince chance de mettre d'y mettre un pied dedans. C'est Kho Lanta pour placer ses actions humanitaires dans cette association, mais je n'abaisse pas les bras. Je me laisse tout de même le bénéfice du doute, je saisis l'opportunité de mettre en place 1 ou 2 atelier(s) en adressant un premier mail. Ici Je pars début décembre de Mada, je me laisse porter par ce que la vie me déposera.


Orphelinat Sainte Madeleine filles de Marie

Les bonnes sœurs de l'orphelinat de Sainte Madeleine nous accueillent bras ouverts dans leur orphelinat à l'heure du midi. La Soeur principale, Soeur Théodosie m'a dit : "je n'ai pas d'heure pour recevoir des âmes charitables comme vous". Nous entrons chez elle dans le grand salon pour parler des 21 enfants abandonnés qui ont été recueillis, nourris, logés et aimés comme jamais par ces sœurs qui offrent leurs âmes à l'amour de Dieu et aux enfants. Je suis fier d'être auprès d'elles. C'est l'honneur de les rencontrer.

La proposition d'aide est sincère et directe. "Ici c'est de la nourriture et des fournitures d'école que nous avons besoin". Je répare avec le numéro personnel de Soeur Théodosie, je vais écouter mon cœur et lui faire une proposition dans les quelques jours qui arrivent.

Toutes ces belles âmes vont me permettre de participer à des missions humanitaires sur Tamatave.

💡ce que j'en retiens concernant les Associations surtout sur Madagascar. Ne donner pas d'argent, venez aider, venez déposer des sac de riz. Vous serez sûr que la transmission aux enfants se fera. Sans scrupule, l'argent est souvent détourné par les plus hauts placés. Ce sont les gens malins qui détournent l'argent des plus démunis.


Le quotidien à Mada

La vie ici c'est : "gagner son gagne pain". La vente est le métier principal des adultes et des enfants malheureusement aussi. Tout ce qui peut être vendu à l'arrache sur les marchés ou sur votre coin de table pendant que vous êtes entrain de prendre votre déjeuner (banane, mangue. couteaux, poulet frit au fromage, cigarettes, enceintes...). Tout est possible !

Je refuse catégoriquement les enfants qui viennent me vendre ou mendier à ma table. Il faut que je m'y oblige, même si je sens ça me retourne la tête mais je me fâche et je me tiens à mes refus quotidien. Les enfants récupèrent de l'argent des ventes pour les parents dans le meilleur des cas pour manger ou dans le pir des cas, pour que le papa puisse picoler.

Je souhaiterais que ces petits loups gardent leur âme d'enfant et qu'on puisse leur laisser une chance de réussir leur vie en leur permettant d'aller à l'école.

Tellement absurde et éphémère est notre passage dans ce monde, que la seule chose qui me rassure c'est la conscience d'avoir été authentique. D'être la personne la plus ressemblante à moi-même que j'aurais pu imaginer.

Frida Kahlo

La vie avec les malgaches

Que de choses à raconter sur cette ville Tamatave et ses habitants.

Toamasina, également appelée Tamatave, est une ville portuaire située sur la côte est de Madagascar. Sa vieille ville comprend des maisons créoles construites sur pilotis. La place Bien Aimé, un grand parc ombragé par des banians, abrite un manoir colonial en ruines. La vaste avenue de l'Indépendance, bordée de palmiers, mène à un boulevard en bord de mer. Des expositions archéologiques et des outils traditionnels sont présentées au musée régional de l'Université de Toamasina.

Tamatave est une ville située à l'est de l'île de Madagascar. Madagascar est entouré de l'océan indien, merveilleux et extrêmement dangereux aussi avec les courants marins.

Tamatave est la ville la plus pauvre de Madagascar. La pauvreté, l'insécurité règnent pour les "vasas" les blanches européennes mais aussi pour la population locale. La pousse au vis. J'en ai bien conscience mais je ne souhaite pas que mon voyage sois diriger par la peur. L'idéal pour moi c'est d'être accompagné pour visiter et me balader car je suis encore novice sur cette île et je ne suis pas à l'abris de me faire "dépouiller" pour leur survie. Les enfants font la manche pour nourrir les adultes, c'est la première chose que les parents apprennent à leurs enfants après avoir été nourris. Les parents n'écoutent pas les besoins des enfants et les enfants exécutent les ordres des parents. L'hygiène est le pir des cauchemars, je n'ai jamais vu un pays aussi insalubre. L'hygiène est mis de côté au détriment de la santé.lenprobleme de fric engendre des problématiques graves ds santé qui mènent à des graves maladies ou au décès.

Je quitte la maison de mon hôte

En parlant d'hygiène, les acariens qui avaient pour maison le matelas du mini canapé de Sylvia me procuraient des crises de démangeaisons terribles. J'ai passé ma première semaine à Mada à me gratter. J'ai passé des nuits horribles à me retourner toutes les 2 minutes à gonfler mon matelas de trek pour essayer de trouver le confort. Je ne cherche pas à comprendre si mes petits copains du moment sont des acariens ou des puces de lit, j'ai pris la décision de quitter les enfants et Sylvia. J'ai besoin d'un minimum de confort et d'hygiène pour vivre. J'arrête de m'auto saboter pour exister et je fais des choix juste pour moi. Comme dit Cathy une nouvelle grande soeur de coeur : "Oh mon Dieu pourquoi tu t'infliges ça?". La prise de conscience vient de Cathy. Je fais le tour du monde pour découvrir la vie locale tout en respectant mes limites et mes besoins. Et ça c'est une grande première pour moi car toute ma vie je me suis sacrifier pour l'autre. Mon voyage est initiatique et j'apprends à me respecter. Je ronge mon empathie pour laisser place à l'amour de moi même. J'embarque mon gros sac et tout le reste de mes affaires, je sens Sylvia triste et elle ne comprend pas mon départ. Elle m'a dit ouvertement : "Audrey je t'avais prévenu que je vivais simplement". Le "simplement" n'a pas la même connotation pour les Malgaches et les Européens. Nous ne sommes pas à égalité face à la vie, le niveau social différé en fonction du fric. Encore une fois c'est le fric qui mène la danse.

J'ai un profond respect pour Sylvia. Je comprends sa vie mais je n'ai pas envie de m'infliger tout ce qu'elle vit. Les habitudes de vie des uns et des autres s'entendent et se respectent. Nous ne sommes pas à égalité face à la pauvreté.

Je découvre 3 types de femmes malgaches :

- Celle qui travaille, qui a trouvé sa moitié et qui partage son quotidien,

- Celle, qui se fait entretenir car c'est plus facile de quémander de l'argent que de chercher du travail,

- Celle, hyper indépendante qui décide de quitter l'homme qu'elle n'aime plus pour ouvrir son entreprise avec 3 enfants.

Je ne fais plus de généralité depuis que je voyage, j'apprends à me défaire de ce système de croyance ce que je suis, c'est ce que sont les autres. Je ne juge plus, je fais le constat et j'avance...

Nouveau lieu d'habitation, nouvelle vie

J'ai une douche avec de l'eau chaude et de la pression, j'ai des toilettes avec une chasse d'eau et mon lit à ressorts me redonne du rebond. Je suis tellement heureuse que je vais pourvoir retrouver un peu de confort pour ma convalescence. Je suis toujours sous antibiotiques et je suis obligée désormais de vérifier chaque aliment que j'ingurgite. Je fais tout pour éviter le rapatriement et l'hospitalisation en France. Je mange des mangues des bananes et je suis devenu une cliente fidèle d'un restaurant de proximité qui me redonne la pêche.


L'équilibre alimentaire

Manger équilibré, c'est l'assurance de rester en bonne santé et de conserver un poids adapté. C'est très compliqué en voyage ! Quels aliments faut-il privilégier, lesquels faut-il éviter, en quelle quantité les consommer et à quel rythme selon vos apports et vos besoins personnels… Clairement je me suis perdu la dedans. Après ma dépression en France j'avais qu'une seule envie en voyage : goûter à tout, m'ouvrir aux autres en partageant leurs plats. L'amour de moi même revient en mangeant. Cela fait 5 mois que je suis en Afrique j'ai pris 5kg!! J'avais besoin de me remplir.

J'y vois du positif dans cette maladie la "fièvre typhoïde" : je retrouve un équilibre alimentaire plus juste pour mon corps. Je dois réguler mes envies et me sécuriser. Cela fait partie du voyage les problèmes d'estomac. Je suis passé au travers des filets depuis 5 mois. Il fallait bien que j'y passe. Je dois apprendre à sélectionner des produits sains et résister à la tentation des beignets bien gras et soupe réalisées avec de l'eau souillée.

Les pêcheurs

En parlant de filets, je découvre sur la plage un billet entre sable et mer. Je le ramasse et par générosité avec un grand sourire je l'offre un pêcheur. Il reste interloqué et répond en malgache de le laisser sur le sol. C'est le côté spirituel des malgaches que je découvre. Les pêcheurs déposent dans la mer de l'argent pour récupérer des poissons dans leurs filets. Magnifique don de soi à la mer pour être nourris.

Je découvre l'interdit auprès des pêcheurs. Le nerf de la guerre : l'argent. Du coup, les filets se transforment en moustiquaires pour récupérer les plus petits poissons. Mais c'est la vie...quand le ventre crie famine, les actions interdites persistent.

L'Homme est en train de tuer notre Terre mère. Quel dur constat...je ne peux qu'être spectatrice...

Mes nouvelles rencontres

Sylvia m'a appris à me méfier des gens de Tamatave. Je n'ai pas envie de vivre sans la peur de m'ouvrir alors je garde mon coeur grand ouvert tout en analysant un peu plus les personnes et les situations de vie. Mais je continue à l'ouverture et sans attente, c'est ce qui fait peut être la différence désormais.

Mon médecin généraliste malgache est devenu mon ami. On partage notre quotidien ensemble. Je découvre avec lui le quotidien des malgaches. J'aime sa gentillesse, sa générosité, son écoute son intelligence et surtout sa positive attitude. C'est un homme qui sait écouter son coeur. Ça me rassure en vivant mon quotidien auprès de lui. Il surveille mes relations, et m'offre de merveilleux cadeaux comme des mangues pour mon transit et des bouteilles d'eau qui me déposent en venant me chercher. La gentillesse n'a pas de prix. Dans les relations j'apprends concrètement à mettre des limites voir des barrières avec les hommes. Je ne suis pas à l'abris de tomber amoureuse mais j'ai décidé de me respecter et d'offrir mon coeur à un coeur libre. Ça évite les souffrances et surtout les emmerdes...

Le désir est le poison de notre existence alors j'évite de m'empoisonner la vie.

Le nouveau testament

Après la rencontre d'un pasteur à l'aéroport de Dar Es Salaam, qui me parle de Dieu du nouveau testament et de la foi, posé sur la table de chevet de l'hôtel il me poursuit... J'y vois un message, une connexion au divin. J'ai bien compris cher Univers. Je vais m'y coller...je vais lire ce nouveau testament. J'y trouverais très certainement des clefs d'amour et une connexion au sacré : Dieu. Je suis toujours guidée par la sagesse dans mon histoire de vie. Jem'ecoute la vie🙏


Matinée pleine d'émotions

Contexte : hier, j'ai découvert dans l'une des rues de Tamatave cette petite puce de 2 ans assise sur le dos de cette mère de 16 ans (enceinte donc à 14 ans). Toutes les 2 vivent sur une palette dans la rue dans des conditions d'hygiène déplorable.

Sur sa tête et son petit corps des traces d'infection. Je constate qu'elle est bouillante la preuve d'une importante fièvre. Il faut faire vite, elle risque la septicémie (l'empoisonnement du sang) donc de mourir en quelques jours.

La suite vous imaginez bien que je ne suis pas restée les 2 pieds dans le même sabot.

J'ai appelé mon ami Médecin malgache préfère Jocelin et nous avons secouru cette petite fille. Nous sommes allés la récupérer avec sa mère pour l'emmener à l'hôpital en urgence. Urgences, pédiatrie, des aller/retour à n'en plus finir dans les rues de Tamatave. C'est Jocelin qui conduit qui explique en malgache aux différents interlocuteurs la problématique de cette petite puce. En pédiatrie elle est prise en charge gratuitement immédiatement par des Médecins et du personnel exceptionnels. Elle a chopé une maladie grave le "staphylocoque", cette maladie peut infecter tous les organes. Tout le monde prend en compte l'état de ce bébé (sauf la mère qui croit que l'enfant va guérir naturellement). Moi de mon côté, j'ai payé tous les médicaments et de l'eau potable pour la sauver.

La mâtinée ne s'arrête pas, nous ramenons cette jeune mère avec son bébé sur sa palette. C'est là que Jocelin est intervenu en tant que Médecin pour expliquer à ces femmes illettrées comment soigner cette puce. Sur le visage de la mère apparaît un sourire et nous avons des remerciements des autres mamans sdf qui l'accompagnent.

Nous y retournerons lundi prochain pour le suivi car pour la sauver il ne suffit de lui administrer des médicaments. Pour la mère il nous reste à l'emmener au planning familial et moi je joue mon réseau pour essayer la placer. A 16 ans sans emploi sans maison on ne pas la laisser tomber.

Je suis fière de notre duo de choc. Ce soir j'ai encore plein d'émotions en partageant ces écrits.

Je fais le tour du monde pour semer des graines d'amour et sur mon chemin je rencontre de belles âmes pour m'accompagner.

Merci du fond du cœur Jocelin


Parc Ivoloina

Direction Parc Ivoloina avec le pick-up tout déglingué de l'intérieur de mon ami. Très souvent à Mada la reconnaissance passe par l'image. Belle moto, beau véhicule mais tout est prêt à tomber en panne si ce n'est pas déjà le cas. L'argent, ici c'est une denrée rare, il faut aller à la pêche pour en récupérer. Il faut de l'argent pour réparer, pour vivre et pour être aimés.

Magie magie de cette dense forêt tropicale de ces singes aux gueules maquillés. Verdoyante nature, le calme est enveloppant.

Profusion de couleurs, je me laisse glisser dans cette eau gelée de cette petite cascade après la visite de ce zoo moitié en cage, moitié à l'air libre. J'y resterais bien la journée complète dans cette endroit exceptionnel avec mon ami de cœur.


Mon carnet de voyage

Je cultive mon jardin intérieur chaque jour en écrivant ce carnet de voyages. Je m'empresse d'écrire, je me sens libérée à chaque paragraphe. C'est comme un révélateur d'âme ce carnet de voyage. J'écris avec mes tripes ma profondeur d'âme. Je lâche, je ne sais pas qui est entrain de me lire ou qui me lira. Je laisse tomber mes filtres de protection. Je n'ai pas à avoir peur de qui que ce soit : juste être moi. Je n'ai plus à prouver juste à partager.


Pendant ce temps là...

J'ai déterré mes sourires et mon humour, ils étaient bien enfouis sur Annecy. Ma séparation soudaine, un deuil contre nature dont la brutalité a éteint une partie de moi même. En Afrique je ne suis plus en mode survie : je vis. La vie m'a éjecté de ce lieu qui ne doit très certainement plus être celui qui me convient. Je me laisse porter par mon âme, une confiance aveugle en elle. Je ne m'enchaînerai plus à des crédits à vie, à quelconque personne sur mon chemin. Ma liberté n'a pas de prix, être libre c'est être détaché pour tout recevoir. L'humain crée des dépendances et des quotidiens qui ne me font pas rêver. Je fais une révérence à tous ces êtres ligotés à un quotidien tout ficelé. Ce n'est absolument pas ma tasse de thé.


Les liens

Les liens n'ont pas besoin de yeux. Je rêvais d'être aimée depuis que je suis toute petite...Ce n'est jamais suffisant pour moi ce que je reçois. J'apprends à m'aimer et à me défaire de ce parasite : l'attente. À des milliers de kilomètres je me sens aimée. Je n'ai plus besoin d'avoir les yeux rivés sur mon portable pour ressentir la présence de coeur de mon entourage. Les actions des uns et des autres me le prouve. Je ne suis plus cadenassée à cette attente d'amour et de reconnaissance. J'avance pour moi pour nourrir mon âme. Je me sens ancrée depuis que je me découvre. Je remercie Jean-Christophe pour ces encouragements tout au long de mon parcours initiatique. Je remercie Célia qui malgré ces 70h de travail prend le temps de partager son quotidien. Je remercie Cora pour ces petits vocaux WhatsApp remplis d'amour. Je remercie Émilie qui s'est proposée à m'envoyer de l'argent pour me rapatrier suite à mon problème de santé. Je remercie mes parents pour les efforts mis en place pour s'adapter aux divers outils, réseaux sociaux du moment. Je remercie Fabienne qui m'apprend à aimer des amis à distance. Je remercie Laure d'être toujours aussi proche de moi sur tout mon parcours de vie. Je remercie Pascale mon amie qui sait me redonner sens à ma vie. Je remercie Emmanuel qui m'adresse des petits mots d'amitié pour me ressourcer. Je remercie tous ceux qui m'aiment pour ce que je suis...


La joie

Existe t-il une expérience plus désirable que celle la joie?

Du latin gaudium (satisfaction) ou laetitia (« plaisir à jouir d'un bien »). Émotion vive, souvent accompagnée d'un sentiment de plénitude, éprouvée par l'individu lorsque ses désirs et ses besoins sont satisfaits.

Je parle ici de la joie active qui a lieu quand l'âme comprend d'une manière claire et distincte l'objet qui la lui donne et qu'elle est libre de l'accepter ou repousser. Spinoza

C'est notre puissance vitale! Plus intense et profonde que le plaisir et plus palpable que le bonheur. La joie se cultive comme un jardin, elle se nourrit et se partage.

J'apprends à verser de la joie dans chacune de mes journées. J'ai beaucoup de gratitude face à la vie, je m'incline devant devant elle. Chaque journée de plus passée sur cette terre mère est du pain béni. Je la savoure en pleine conscience avec toutes ces personnes qui passent dans ma vie.


La photographie

Le mot photographie est issu de 2 racines d'origine grecque : le préfixe "photo" évoquant l'utilisation de la lumière et le suffixe "graphie" qui renvoie a l'écriture. Je savoure ma vie au travers de la photographie c'est une communion entre art&nature. J'ai rencontré une nourriture de l'âme en figeant des instants. Je joue sur des sourires, de la lumière, des cadrages, pour transmettre avec les yeux de mon cœur. Patience et respect pour prendre les plus beaux clichés. Mangeuse d'images, j'ai soif de trouver le meilleur angle d'attaque avec mon Sony et mon Xiaomi. La photographie est un transporteur de sens, d'objectivité, de réalité et d'amour.


L'île de Sainte Marie

Histoire et mythes

En 1503, des navigateurs portugais découvrirent l'île, le jour de l'Assomption, après avoir échappé à un naufrage, et lui donnent le nom de Santa Maria, en l'honneur de la Vierge Marie, d'où le nom Sainte Marie. Vers 1592, un navire Hollandais fait escale à Sainte Marie pour s'y ravitailler. Le commandant du vaisseau nommera l'île, île d'Ibrahim, Nosin'Iborahimo en malgache, d'où plus tard « Nosy Boraha ».Mais la légende raconte que son nom « Nosy Boraha » vient d'un homme dénommé Boraha, allant à la pêche, fut trainé au loin par une baleine. Il erra en mer pendant des heures mais fut sauvé par un poisson appelé « Sorokay » qui le ramena sur la terre ferme. Il donna son nom à l'île qu'il vient de découvrir Nosy Boraha qui signifie l'île de Boraha. Et depuis ce jour, il est interdit au « zafin-boraha » qui veut dire les descendants de Boraha, de manger le poisson "Sorokay".

La Reine Betty Fille du roi Ratsimilaho et petite-fille du pirate anglais Thomas Tew, Betty est une reine malgache née vers 1735 et morte le 14 octobre 1805 à Vacoas-Phœnix (Île Maurice).Elle a eu une vie extraordinaire et des liens particuliers avec la France. En plus d'avoir épousé un Gascon, Jean Onésine Filet dit "La Bigorne", elle a cédé au gouvernement français Sainte Marie, une petite île située à l'est de Madagascar. En effet, le 30 juillet 1750, Bétia cède officiellement l'île Sainte-Marie à la France. Selon la légende, son geste est motivé par son amour pour le Caporal français La Bigorne, chef de traite de la Compagnie des Indes. Une belle histoire d'amour entre une femme, un homme et un Île...

Pour y arriver j'ai bien morflé, j'ai eu le mal de mer....

C'est le prix à payer pour découvrir cette splendide île. C'est la meilleure période pour lui rendre visite.

En descendant du bateau, je titube encore du mal de mer. Je ne suis plus seule, je suis accompagné par un nouveau compagnon de voyage en mode solo qui me prend en compte sur son programme. J'ai beaucoup de gratitude pour toi mon cher Antoine.

Je découvre sur cette île, son histoire et sa beauté accompagnée par mes 2 hommes du moment : Auguste notre guide et Antoine un jeune parisien qui a soif de voyages.

Je suis aux anges, notre guide nous fait découvrir ces endroits bien évidemment que toute seule ou même à 2 en tant que "vaza" (étrangers) nous n'aurions pas pu faire. C'est ça l'avantage d'un guide en Afrique. Dans ces pays là, nous ne pouvons pas nous aventurer seuls en randonnée.

Avec un local, j'étais sécurisée tout au long de mon parcours. Je me laisse porter sur le bon chemin, auprès de lui j'apprends une multitude d'informations sur les animaux et surtout la végétation tropicale, cette forêt est une pépite.

Je traverse des villages excentrés, loin des touristes. Dans ce petit coin de paradis ils vivent en autarcie. Ils ont du temps à me consacrer. Tout est là, leur pleine présence et des sourires. Finalement la barrière de la langue ne me pose pas de problème. J'apprécie me poser prendre mon temps. Ils sont entrain d'observer "la vasa" mais j'apprends à vivre avec cette différence de couleur.

Je découvre le plus beau de l'île : la côte est avec les plages de sable fin et les mangroves.

La dernière soirée est incroyable je passe la nuit avec mon guide, un ami à lui et Antoine à parcourir de nuit la forêt tropicale à la découverte des yeux fluorescents de lémuriens. Je savoure les bruits de la nature, une vraie mélodie d'amour dans cet immense espace de jeu.

Patience et manipulation de lampes torche m'ont permis de contempler ces petits grimpeurs nocturnes.

Une longue journée exceptionnelle !


Mélissa

Mélissa est le nom de l'agence de transport. L'aller et le retour est compris dans le prix : navette de Tamatave/ Foulpoint/ Ile de Sainte Marie. 2 moyens de transport sont mis à notre disposition : bus et bateau pour arriver à destination. L'aller c'est plutôt bien passé malgré mon mal de mer chopé dans le creux d'une vague. Le retour sera un peu original. 19/11 c'est un dimanche : pas bateau Mélissa à 4h du matin. Je vais composer avec son absence, j'embarque dans celui de l'agence concurrente. Ici, il n'y a pas vraiment de concurrent tout le monde se serre les coudes pour développer son activité. La chance me sourit je peux tout de même embarquer!


Ma santé

Elle est ma priorité ! Bon aller ma chère Audrey prend une grande bouffée d'oxygène et comme dit Cathy : " regardes sous un autre angle photographique ta vie'. Ce sont mes peurs qui m'immobilise. Tout va bien je n'ai pas de douleur que des projections du mental . Je me suis focalisée sur cet intestin en vrac. J'ai des peurs qui remontent depuis que mon équilibre intestinal a déraillé, des peurs d'occlusion, peur de mourir. Avant de parler d'occlusion, j'ai un peu de marge, il faut en général une dizaine de jours sans selles, ça fait que 5 pour le moment.

Depuis mon état de santé déplorable de l'année dernière je suis devenue un peu parano. Je me focalise sur ce qui m'a fait du mal : la nourriture locale malgache.

Bilan, je suis angoissée, je n'arrive plus à me concentrer pour faire me plaisir d'ailleurs mon plaisir passe très souvent par les autres. Je vais devoir désapprendre pour être heureuse.

J'ecoute le médecin malgache et j'achète la médication prescrite mais rien de ne fait, je suis coincée de l'intérieur. Cela fait 5 mois en Afrique il est temps de manger sainement et équilibré mais ici ce n'est pas facile.

Les bobos de ce genre et les coups de mou font partie du voyage. Ce matin, j'ai le moral dans les chaussettes à se demander ce que je fou ici à traîner sur les marchés et à participer à cette misère collective.

C'est probablement nécessaire ce down pour accueillir la suite avec joie. Ce n'est pas très grave si je ne fait rien pendant quelques jours. La vie n'est pas que "action", je dois apprendre à lâcher prise. Ce que je n'ai pas réellement réussi à faire en Europe. Parfois une petite pause, un moment d'introspection apporte de la douceur et de la joie.


L'enfant de la rue

Le suivi continue de cette petite puce. Merci aux 2 merveilleux médecins malgache et aux médicaments que j'ai achetés (2ème tournée pour compléter le traitement). Après quelques jours de médicaments la petite reprend du poil de la bête bout. Le résultat est incroyable ! Le médecin de la pédiatrie constate que son infection s'estompe. Une nouvelle vie s'offre à elle désormais. La maman je ne vais pas la lâcher dans la nature. Je vais faire en sorte qu'elle puisse se construire un nid douillet.

Je suis heureuse de ne plus la voir souffrir.

Le sourire de la mère est très touchant.



Mon petit frère malgache

Nous nous sommes rencontrés à la plage, nous avons partagé quelques exercices de gainage et une jolie course à pied au bord de la mer. Une belle connexion, une belle énergie se dégage entre nous. J'avais l'impression de le connaître depuis toujours.

Il possède un cerveau qui tourne aussi vite que le mien, une ouverture du cœur et une extrême gentillesse/bienveillance envers l'Homme.

Son rêve à Angelot devenir joueur de football professionnel. Personne ne l'arrête dans cet élan, cette fougue pour le football. Il cumule des petits jobs, des études, il est volontaire à l'ONG il donne des cours de français. Il mourrait d'envie de mettre des buts et de retrouver son entraîneur mais il n'a pas les moyens d'équiper ses petits pieds.

Prise d'affection pour ce jeune rebelle qui souhaite soulever des montagnes, je complète ses économies pour lui acheter sa paire de crampons pour crapahuter sur le terrain. Je crois en toi Angelot. Je sais que tu peux réaliser ton rêve, j'en suis persuadée.

Il n'y a pas de hasard dans la vie que des synchronicités.

Ma venue sur Mada

Ce séjour sur cette île me secoue. Tout ce que je vois et ce que je vis me fait traverser une expérience extrêmement riche pour moi et en effet miroir aux malgaches que je côtoie.

Ici la "vasa" la blanche est un portefeuille sur patte. Ma venue est attendue pour combler les vides financiers et nourrir des bouches. Manipulation, chantage affectif sont utilisés par certain(e) pour arriver à leur fin. Il existe d'autre fréquentation malgache généreuse qui vendrait leur âme pour rendre l'autre heureux. Des passages de vie douloureux utilisés comme tremplin. Giovanie et Angelot sont des enfants blessés devenus très rapidement des adultes matures. Je découvre des personnes merveilleuses et surtout je m'imprègne de cette douce résilience malgache.

Qu'est ce que la résilience ?

La résilience est la capacité de faire face à la vie, aux adversités. Transformer votre douleur en force motrice pour se surpasser et en sortir fortifié.

Une personne résiliente, c'est une personne qui prend conscience qu'elle est l'actrice de sa propre vie et l'architecte de son bonheur et de son destin.

Nous naissons seul(e) et nous allons mourir seul(e) donc apprenons à être au plus près de son être en observant au fonds de son cœur : qui suis-je ? avec qui je veux partager ce moi si profond qui ne souhaite vibrer qu'ici et maintenant dans ce vivant.

L'amour de soi c'est de comprendre ou est sa juste place auprès de soi et auprès des autres sans jugement et en traversant ses douleurs. Grâce à ce passage de vie nous apprenons à se soutenir seul(e), à avancer seul(e), à s'aimer seul(e).

Je remercie du fond du cœur ceux qui sont toujours présent pour moi aujourd'hui. Je ne citerai pas de prénom car je peux toujours être surprise par un changement soudain de comportement. Mon objectif le mien est d'aider avec mon coeur et j'ai envie de donner à ceux qui ont décidé d'avancer. Je ne suis pas dans cette vibration de ceux qui soutirent de l'argent à ceux qui ont travaillé toute leur vie avec la sueur de leur front. A partir d'aujourd'hui je vais écouter mon intuition, mon coeur et surtout éviter la manipulation qui est le poison de l'humain.


La vérité du voyage

Je cache la misère pour montrer la lumière. C'est mon côté solaire qui me tourne vers la couleur la joie... Ce soir, j'ai décidé de vous parler de ce côté "dark de la vie". Car le voyage n'est pas un long fleuve tranquille. Je parcours de nombreux kilomètres à sillonner les ruelles sordides des pays sous développés économiquement.

C'est grâce à l'ombre qu'on peut percer dans la lumière

La chance me sourit

En ouvrant grand mon cœur, celui de l'autre s'ouvre. Quelle chance je découvre la joie de mettre un pied à l'ONG de Tamatave. Je viens de réaliser mon premier atelier de Brain gym auprès des jeunes instructeurs. Un programme a été proposé à la directrice et au directeur de l'école grâce à la mise en relation Giovanie/Angelot. J'ai une ouverture pour faire de l'humanitaire c'est plutôt chouette.

Qui suis-je ?

J'apprends sur moi en baroudant.

Le duel de mes 2 facettes n'est pas prêt de s'arrêter. D'un côté des semences volcaniques et hédonistes et de l'autre ambitieuses et responsables. Abîmée par mes nombreux excès d'action j'apprends à me préserver en douceur et à tester l'immobilisme comme compagnon de vie. La "pétillance", mixte entre pétillante et brillance. C'est le chemin que j'emprunte sous la pointe des pieds pour prendre ma juste place.

Grâce à ce voyage, je deviens la « co-créatrice de ma vie », j’apprends à me réinventer en écoutant mon intériorité. Je vise l’harmonie et je m'accorde du temps à la connaissance de moi même, à l’exploration de mon monde intérieur, à l’écoute de mon corps et de mon âme, « les piliers de ma vie ». Ce qui m'importe c'est le chemin parcouru plutôt que le résultat. J’adhère à ma liberté individuelle, à aimer, à me réaliser en mettant du sens dans ma vie. Déjà 5 mois que je baroude aupres des africains j'en sors accomplie, plus douce, plus vraie et plus en paix. Mon regard sur la vie a pris un virage. Détachée de tout, je profite de cette liberté pour butiner dans chaque fleur que je trouve sur mon chemin. Ce nectar gouteux est riche d'amour. Mes attentes se liquéfient pour tendre à un amour universel. Mes limites se fortifient pour créer des remparts solides pour me faire respecter. J'apprends à apprivoiser mes folles envies de distribution massive d'amour pour éviter le "brisage" de coeur. Ma générosité grandissante je la contrôle au frein à main pour éviter les excès. Je dérape régulièrement sans m'autoflageller. Je m'oblige à m'accepter pour rester ce que je suis. Je ne suis pas venue sur cette planète pour plaire aux autres mais pour me réaliser.


Mon réseau

Je tisse mon réseau comme une toile d'araignée pour de multiples raisons. La première je reste vigilante, je suis entrain de découvrir ce peuple et je me suis promis de prendre soin de moi. C'est rassurant, il ne faut pas se leurrer. La deuxième raison j'aime rencontrer de nouvelles personnes. Je me laisse guider par elles dans l'optique de vivre au plus près des locaux. J'aime nager dans l'inconnu et être alpaguée par de nouvelles sollicitudes. Je suis comme une gosse entrain de découvrir la planète. J'agrandis ma toile d'araignée grâce à mon amie Émilie en France qui m'a donné le téléphone de sa cousine malgache : Yannick. Je me lance je la contacte à plusieurs reprises sur messenger puis par whatsApp me voilà connecter à une malgache de Tana (Antananarivo) qui va vite me mettre en relation avec 2 sympathiques personnes : une Directrice d'école et un Photographe professionnel.

C'est en changeant d'hôtel que je vais finir par croiser par le pur des hasards Feneosoa, la fameuse directrice de l'école. Les synchronicités de la vie qui se mettent en place pour me guider vers la lumière. C'est un vrai soleil plein d'énergie et à multiples projets, j'apprécie rencontrer ces zèbres aux cerveaux bouillonnants. Une connexion très rapide et forte se place. Nos échanges sont profonds, vrais et dispersés. C'est tout moi...


Pendant ce temps là...

En parallèle, je passe la seconde sur le projet de l'ONG avec quelques soucis de positionnement avec la Direction. Le Directeur de l'ONG de Tamatave mal à l'aise avec mon titre de Kinésiologue préfère que je fasse mes ateliers en dehors de son organisme. Je me sens un peu rejetée mais je suis un peu habituée avec mon métier extraordinaire et stratosphérique.

Magie, magie de la vie Feneosoa va me permettre de réaliser concrètement mon action humanitaire auprès des petits loups.

Ces enfants malgaches ont tout simplement besoin de présence. Ils n'ont pas l'habitude d'être entendu(s), écouté(s), leurs besoins sont souvent bafoués. C'est culturel ici, l'enfant tout petit est déjà positionné comme un adulte en quête de fric. Ces enfants doivent faire face à des parents autoritaires qui leur frappent sur la tronche. Avec mon atelier rempli d'amour, ils découvrent qu'il existe des émotions et qu'ils possèdent un corps.

De s'écouter est une nouveauté pour eux ... Et ils adorent.


L'ignorance

Pendant des années je me sentais blessée, rejetée, abandonnée par cette ignorance qui m'esquintait. La sagesse comme guide et les années qui défilent pour exploiter ces leçons de vie.

J'ai décidé que l'ignorance ne me détruirait plus. Je laisserai tout simplement prendre la poudre d'escampette les contrats d'âmes qui arrivent à échéance. Ce n'est pas moi qui choisit, c'est la vie... J'ai la foi en ce que je suis. J'ai perdu Sylvia au cours de ce voyage et il y a aura plein d'autres...

Ma vie est simple et authentique et dans le cœur. Je ne suis pas du tout sur la même vibration, ils ont des attentes moi je n'en n'ai pas. Je ne me laisse plus entraîner par mon empathie et mon désir de faire plaisir qu'à l'autre.

Je choisis, je décide, je dis et je fais

"Je choisis, je décide, je dis et je fais" : un grand pas dans l'amour de soi ...

La douleur émotionnelle monte comme une sève tout au long de mes intestins, mon estomac m'oppresse mais je me choisis. Tant pis si je blesse, je ne suis pas responsable des anciennes blessures mal pansées du passé. Plus je progresse dans le voyage et plus je me respecte.


Les portes qui s'ouvrent...

Feneosoa s'ouvre à moi après quelques heures passées à mes côtés. Je suis enjouée à l'idée de partager des projets.

Hier, j'ai remplacé un instructeur malade de son école Montessori : VATOSOA. J'ai bien aimé transmettre à ses enfants ces outils d'accomplissement de soi. Cela m'interpelle de voir ces petits êtres aussi intelligents. Le cerveau est assez nourrit tous les jours. C'est la mise en route du cerveau quotidiennement qui créé cette intelligence. Ils ont tout simplement de la chance ces 8 écoliers d'être nés dans un cocoon familial sécurisant et un peu plus friqué que la normale. C'est l'environnement de vie de l'enfant et l éducation qui conditionnent les enfants.

J'ai une semaine bien chargée, c'est la dernière sur Madagascar. J'en profite avec l'appui de Feneosoa pour proposer un maximum d'ateliers et de séances de Kinésiologie pour faire découvrir ce que je suis et pour moi quelques arriaris pour payer ma dernière semaine d'hôtel. La CFE, l'impôt sur les entreprises a plombé mon budget ce mois-ci.


L'argent

Je ne suis pas du genre à compter mes sous la nuit. Je redistribue volontiers mais je préfère avoir la main sur cette redistribution. Les malgaches jouent beaucoup avec ma sensibilité, mon empathie pour financer leurs projets. Clairement ma première semaine avec Sylvia m'a interpellé. Suis-je aimée pour ce que je suis? ou pour mon compte en banque? Cette question je me la suis posée de nombreuses fois sur cette île mais aussi sur tour le continent africain.

Sans y être indifférente, l'argent n'est pour moi qu'un moyen, pas une finalité. Mais ici le manque d'argent entraîne beaucoup de pauvreté en Afrique. Cette différence par rapport aux voisins européens est complètement disproportionnée. C'est en venant dans des pays si pauvres économiquement que que je me rends compte à quel point je suis née sous une bonne etoile. J'ai été parachutée en France à ma naissance. Tout est à porter de main en France, les soins de santé et les aides si généreuses. Les français se plaignent constamment de tout. Je les invite donc à faire une petite alte à Mada...


Les animaux domestiques

Ici, ils sont maltraités, battus tués en fonction des saut d'humeur des malgaches. Les chiens ne sont pas là pour être bichonnés. Ils ont comme mission de protéger les maisons malgaches. Comme en Tanzanie, ils sont nourris au lance pierre dans le meilleur des cas où ils sont étouffés par des éponges pleine de sang d'animal pour leur faire croire qu'ils ont chopé un morceau de viande. La suite vous l'imaginez bien, l'animal meurt étouffé. Je viens découvrir d'autres méthodes pour faire fuir les chiens : les malgaches balancent de l'eau bouillante ou des cailloux et les frappent à gros coups de bâtons. Pas de douceur, pas de compassion pour ces petites bêtes formidables enquête d'amour. Tous les matins j'entends ce chien crier de tristesse dans l'immeuble d'à côté. Il enfermé dans une cage à poules pour vivre je ne sais même pas si il est nourrit. Je n'arrive pas à passer outre tous les jours je pense à lui... C'est culturel de maltraiter les animaux à Mada, ils ne sont pas aimer, ils sont justes utiliser.



La vie dans la rue

La rue te fracasse à Mada que tu sois couleur sable ou chocolat foncé. Ici la vie t'esquinte ou te tue, les malgaches souffrent de mal nutrition, d'une mauvaise hygiène de vie et de manque d'argent. En mode survie, c'est le parcours du combattant pour se nourrir. Pour dormir, sur un tapis ou sous un banc les enfants comme les adultes s'accommodent à ce type de vie.

Ma vie n'aura plus jamais le même couleur en séjournant sur Tamatave. Je suis touchée au coeur de mes entrailles par ces êtres si résilients.

Nous avons tout apprendre humainement avec ces malgaches.

Et après,....

Depuis quelques jours, je pense à moi à mon potentiel inexploité à ma folle envie d'apprendre d'entreprendre de créer de développer. Depuis quelques années je ronronne sur mon activité. En tant que thérapeute je cumule des rendez-vous les uns derrière les autres pour créer du chiffre d'affaires et satisfaire mes clients. Je me suis usée, je me suis oubliée, je me suis perdue dans l'autre à développer ma société sans diversifier mes activités. Mon profil atypique a besoin de nouveautés... J'ai besoin d'être nourrie en permanence. L'ennui est le pir de mes cauchemars. Et, l'autre, limité par son ignorance me désespère. Je vais passer pour une sordide arrogante sans filtres. Je m'en fou j'affiche clairement mon authenticité. J'ai décidé d'exister...

Pendant ce voyage je me confronte à ce que j'aime et ce que je suis, ce que je veux et ce que je ne veux plus....

Parlons d'un sujet qui me tient à cœur : le multi-potentiel, le zèbre, le suréficient...

Il s’agirait donc d’un point de vue neurologique, bien plus qu’un nombre supplémentaire de neurones, d’une plus grande connectivité entre ceux-ci et d’un mode de câblage en arborescence différent de celui des « spécialistes » dont le mode de câblage sera qualifié de séquentiel. Cette arborescence explique le « bouillonnement d’idées » évoqué par de nombreux multi potentiels.t

Etre multipotentiel c’est avant tout avoir des intérêts multiples, aimer pratiquer plusieurs activités en même temps, être dévoré par la curiosité et l’envie d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter.

Sur le plan personnel, cela peut être la multiplication d'activités diverses et variées. On passe facilement d’une activité à une autre dès qu’on a atteint un certain de degré de maîtrise, stimulée par la curiosité et l’envie de tester de nouvelles choses. Dans la vie professionnelle, ce sont généralement des personnes qui pratiquent plusieurs activités en parallèle ou qui changent régulièrement de métier.

Depuis toute petite je m'ennuie, je me sens incomprise, je ne me comprends mon entourage/ l'humour, les soirées avec des normo-pensants me désespèrent en bref je me sens si différente. Mon drame : ma famille. Je n'ai jamais été comprise. On n'a jamais cherché à me comprendre d'ailleurs. Mes besoins ont toujours été mis de côté pas par un manque d'amour mais par ignorance...

J'ai décidé de m'aimer comme je suis, d'apprécier ma lumière et d'adoucir mes parts d'ombre. C'est chouette d'être un multi-potentiel, cela va permettre de faire tout ce que je désire en rentrant de voyage...C'est la relation à l'autre qui est complexe pour moi. J'ai peu d'ami et j'expulse désormais les relations vident de sens. Si je croise ma capacité à faire, mon hypersensibilité et mon côté versatile de mon signe astrologique cela fait un profil très atypique qui a soif de vie et de liberté. Pour trouver l'homme de ma vie ... Il va falloir qu'il s'accroche avec ce caractère bien trempée de certitudes à déverrouiller.


Mes objectifs de voyage

Je remets mes objectifs de vie au goût du jour. Les 6 axes qui pourraient me faire vibrer au cours de mon voyage :

🌍 S'amuser : danser

🌍Découvrir : les merveilleux paysages

🌍 Rencontrer : l'humain

🌍 Explorer : la photographie

🌍 Intégrer de nouvelles techniques. professionnelles

🌍 Approfondir : le silence, le détachement, la compassion

Au travers de la photographie j'explore des axes photographiques , je suis émerveillée par la beauté de notre planète et de l'Homme.

Les rencontres, elles sont courtes et profondes par moment et pour d'autres plus longues et superficielles.

La vie m'apporte sur un plateau doré des âmes aux grands coeurs. On attire à soi ce que l'on est. Pour attirer l'amour j'ai décidé de changer le titre de mon Facebook et de mon Instagram. Maintenant mon surnom est "Mizara fitia" partager l'amour. Mon coeur se reconstruit comme un puzzle : pièce par pièce. Je me sens heureuse seule, les hommes à mes côtés m'étouffent. Enfin j'ai retrouvé cette liberté intérieure. La conscience de l'amour passe par soi. Il est impossible d'aimer tant que son propre réservoir est vide. L'humain a souvent son coeur en carence. Son mode "survi" enclenche chez l'humain par un "comblage" de coeur certain.

Je découvre des paysages fantastiques avec mon sac à dos sur le dos. Les paysages de l'Afrique ont conquis mon coeur. Je ne pourrai oublier toutes ces fleurs, ces végétaux, ces somptueux couchés de soleil à couper le souffle....

La compassion je l'ai expérimentée pendant ces 5 mois.

Qu'est ce que la compassion ?

La compassion constitue le cœur de la motivation morale et donne l’impulsion première à l’action désintéressée pour les autres.

Comme l'amour, la haine, l'envie, la jalousie, l'indifférence, etc... la compassion est un mode affectif de communication intersubjective. Forme de sympathie, et donc de la relation à autrui, elle est ce qu'éprouve un sujet en présence de la souffrance d'un autre sujet, d'une souffrance qui non seulement ne laisse pas indifférent mais qui le fait souffrir à son tour.

Echo affectif douloureux à l'épreuve du mal, elle peut être comprise - Nietzsche

De ce fait, celui qui éprouve de la compassion pour quelqu'un "souffre avec" lui.

Je n'ai plus d'attente, je réfléchis et offre avec mon coeur. Rien n'est intéressé, mes actions sont saines et bienveillantes. Ma compassion sur chemin de l'amour inconditionnel. La compassion la clef de l'amour.

J'explore le silence quand je regarde la mer, quand je suis en face de moi même entre les 4 murs de ma chambre d'hôtel, quand je plane entre les différents pays....

« Investir dans les voyages, c’est investir en soi-même. » – Matthew Karsten

Face à la solitude

J'éprouve des moments de solitude avec des degrés d’intensité face à chacune des situations.... La solitude la plus gênante, la plus profonde est la solitude intérieure, même lorsque je suis entouré(e)s, je peux sentir qu’elle est bien présente cette solitude intérieure. Cette dernière, peut être cyclique ou très temporaire, elle peut être vécue aussi dans des moments ou tout va bien sûr mon chemin. Je l'apprivoise un peu plus chaque jour.

Cette solitude m'atteint alors que tout va bien... Je suis loin de ma famille, de mes amis, de mes clients. Elle devient désormais mon ami depuis peu...

Comme dit , mon humaniste préféré : Christophe André :

« La solitude est une voie d’accès à la connaissance de soi et notre vie intérieure »

J'approfondis le «JE » en voyage, il est essentiel dans mon équilibre personnelle, de prendre du temps pour moi, de me considérer de me connecter à moi profond et de traverser seule mes émotions. La solitude s'impose à chaque nouvelle étape de mon periple. Même subit j'arrive à en faire une force. Solitude et courage sont menés de front tout au long de mon parcours initiatique.

La souffrance source de lumière

"L’essentiel de notre vie est hors du temps" comme dit : Alexandre Jollien, second humaniste que je porte dans mon cœur. Mon mental, que j’appelerai “l’esprit malin”, spécule en permanence, il a se besoin d’être alimenté, il est emporté par des addictions, des désirs, des stimulations qui l’empêche d’être en paix. Pour ne plus souffrir et oser avoir une vie plus contemplative « ici et maintenant », au final ma solution serait : ma source de lumière. C'est avec moi et moi même que je deal de l'amour et que je complote pour être heureuse.


La photographie : source d'amour

Ma passion, j'aime photographier la vie, les êtres, les paysages mais aussi figer le moment présent en couleur ou en noir blanc en fonction de mon humeur du moment. Coup d'oeil créatif, je me laisse porter par mon intuition, mon coeur et le résultat est touchant réaliste et plein d'émotions. Cette passion me permet de vivre l'instant présent comme un cadeau. Cachée derrière mon objectif je deviens patiente, douce et exigeante. Je sens que cette passion fera partie de mes futurs projets après mon tour du monde en solo. Ce matin, il est 4h, le soleil commence à pointer le bout de son nez. Chan, mon nouveau compagnon de voyage, photographe professionnel de Tamatave est en route pour partager un moment de bonheur aupres de moi : le lever du soleil au bord de la plage. Impatiente, il est en retard je quitte mon hôtel seule en restant vigilante. Je ne peux m'empêcher de me précipiter sur le bord de mer pour observer les premières vagues la journée et cette jolie lumière qui vient enjoliver ce paysage au gré des minutes passées.


La fin des contrats d'âmes

Lorsqu’une âme a terminé son contrat avec une autre, l’énergie stoppe d’elle même la relation.

Très souvent la vie nous guide sur la voie la plus juste pour nous...Des situations comme accident, incident, incompréhension, la coupe est pleine la vie nous oblige à passer à autre chose ou tout simplement à une autre personne... La mission entre 2 êtres prend fin pour nouer un nouveau lien avec un autre contrat d'âme. Cette fin de contrat a du sens y résister c'est glisser sur un terrain glissant...Que ce soit en amitié, en couple, au travail lorsque le contrat arrive à expiration, il est caduque et il est bon de passer à autre chose.

Les supplications, les demandes de pardon, les essais de rattrapage, les accusations ou les attendrissements n'ont plus de sens. Apprenons tous autant que nous sommes à changer de trajectoire au lieu de se battre contre des moulins à vent, de résister à l'insupportable en supposant que l'autre changera.

Ce qui a été juste à un moment, ne l’est plus. Comprendre "la fin de contrat d'âme" c'est se libérer, s'aimer et se respecter. Accepter d’évoluer en passant à d’autres relations ajustées dans l’énergie du moment présent est un un véritable cadeau que nous apprécierons quand le coeur et l'ego auront cheminé et quand les peurs seront évaporées.

La paix de l’esprit s’installe avec la paix du cœur...

Le voyage au pays de l'amour.

Pour moi l'amour c'est une évidence qui rapproche les chairs, lie les âmes et dessine des chemins. Comme dit Jacques Salomé : "l'amour c'est 2 notes de musique qui vibrent à l'unisson".

L'amour, je ne l'ai pas senti circulé en moi depuis une éternité dans le sens charnel et vibratoire. Ma dernière relation, je me suis pris un mur : une projection de l'amour pour les 2 qui créé d'innombrables fossés. Une grande idéalisation m'a positionnée sur une fausse route. Erreur de diagnostic ma chère Audrey sur l'homme que j'ai tant aimé. L'amour est un véritable paradoxe un mélange d'envie et de maltraitance. L'intelligence intellectuelle et l'intelligence émotionnelle, les 2 en symbiose se font rares chez les hommes...c'est le constat de ma courte existence sur terre. Je me sens tellement différente dans ce monde...Ma complexité de mon être me joue des tours et mon cœur brisé à maintes reprises est sec d'émotions. Rien n'y fait même les petits starters rencontrés sur mon chemin. J'essaie de mettre un pied à l'étrier à l'amour mais rien n'y fait pour le moment... Je n'ai plus qu'à accepter mon chemin et de continuer digérer les nombreux échecs amoureux de ma vie de femme. Mais j'y crois...

J 'aimerai juste être heureuse avec moi même partager ma vie avec un petit homme qui me ressemble et qui cherche à me comprendre. Qu'on puisse débattre pendant des heures sur des sujets qui me passionnent et que je puisse me poser dans le creux de son bras dans le silence pendant des heures... Un amour sans condition me ferai rêver.


La chance me poursuit

Je n'y crois pas moi même je travaille à Tamatave, les rendez-vous de Kinésiologie et des ateliers organisés par Feneosoa se remplissent en quelque jour ! J'ai des inscrits. L'agenda est full... Je suis heureuse de pouvoir faire découvrir ma palette d'outils aux malgaches et de transmettre mon savoir...

Je découvre très clairement que le noeud des malgaches c'est la communication. C'est culturel à Madagascar on réprime ces émotions, on camoufle ces besoins et on subit sa vie. Je pensais que les européens étaient les seuls à semer des plumes dans ce combat intérieur. Fausse illusion les malgaches battent les records. Ils vivent à côté d'eux au détriment d'une exemplarité familiale inexistante. L'image de soi est bien plus importante que l'écoute de son coeur. Les femmes sont vissés à leur maris par habitude et par correction. Très rapidement dans les rendez-vous de Kinésiologie je découvre le coeur des femmes broyé par l'humiliation et par l'infidélité de ces messieurs. La polygamie fait bien plus de ravage que de coeurs heureux. Les hommes imbibé d'alcool sont guidés par leurs pulsions sexuelles ou par un système de fuite à l'avant : le travail. C'est le désir qui pousse aux mensonges et à la manipulation. Les femmes malgaches souffrent de ce fossé de non dits et de frustrations non exprimées. Suite à ce constat, j'ai tres envie d'accompagner la femme à l'autonomie. C'est possible j'en suis là preuve. J'ai envie de les guider sur le chemin de liberté, au pouvoir d'achat sans ce fil à la patte : le marri.

Découvrez Mesdames votre plein potentiel. Mon futur combat qui sait?


Respecter mes besoins

Le pir de mes hantises c'est de blesser mon prochain. Je me fuis pour échapper aux oppositions émotionnelles. J'ai très envie d'être aimé alors je m'auto-sabote. Je me laisse draguer par des hommes que je ne désire pas et construit des projets où j'oublie que je suis la pièce maîtresse du jeu. Alors en partant de Madagascar je me suis jurée de m'écouter , de repousser quand c'est nécessaire sans culpabilité, de cadrer les relations quand les dérives sont pressenties. J'apprends à écouter mon intériorité, mon intuition, à dire non quand il a un vrai sens pour moi. L'objectif de ma vie ce n'est pas combler le vide de mon prochain mais bien de m'aimer et de me respecter pour mon plus haut bien et pour le plus au bien de l'autre. Aucun intérêt de jouer les faux culs et faire de l'autre un pantin désarticulé mais de vivre au plus prêt de ma réalité.


Voyager écolo

Voyager à vélo ce n'était absolument pas l'objectif de mon voyage, je ne souhaitais pas organiser un challenge sportif, je n'allais très certainement pas m'user la santé à pédaler dans le vide. Je rêvais d'un voyage original plein de spontanéité, de découverte, de culture, d'humanité de partage et surtout de pleine présence avec l'Homme. Vivre au coeur des tribus, des familles avec des enfants, des couples, en colloc' bref m'adapter aux situations de vie, m'accoutumer à la vie des locaux.

Mon âme avait soif de sourire, de couleurs et de connexions émotionnelles& intellectuelles. Bridée depuis des années j'avais envie de respirer. Changer de pays, de monnaie, de langue, de culture, de couleur de peau... Culottée de m'aventurer sur des continents sacrément dépaysant, je me teste à longueur de journée sur ma capacité d'adaptation de discernement face aux situations du voyage (sécurité, stress ...).

L'achat de billets d'avion : l'incontournable du voyage, je ne me vois pas voyager à dos de chameau ou au trot sur un cheval. Le chemin aurait extrêmement long et surtout très court. J'aurai donc passer bien plus de temps sur les routes qu'avec les peuples si j'avais réalisé mon voyage "en mode écolo". Je me suis libérée de ma cape de sauveuse avant de partir aussi bien avec les hommes qu'avec la planète. J'ai décidé de m'écouter, de réaliser mes besoins les plus profonds en respectant notre "terre mère" en fonction de ce que je suis et ma capacité en fonction du pays dans lequel je vis. Je m'ouvre à la nouveauté, aux inconnus au pouvoir de la maggie de la vie tout en respectant le plus souvent possible la planète. Au cours de ce voyage, je prends des douches de chat (de quelques minutes) pour préserver l'eau de cette planete. Je fais vivre les locaux et plus ces monstres d'industriels, j'ai laissé tomber mon Duster pour des bus de brousse, des pouss vélo, du co-voiturage à de l'auto stop. Je n'ai pas le choix, cela fait 3 mois que je bois des litres d'eau dans des bouteilles en plastique pour vivre (ce n'est pas écolo). Je sais pertinemment que dans les pays sous développés que je vais pas crever en buvant de l'eau du robinet. J'ai le droit de temps en temps à contourner ma ligne conductrice de vie pour me faire plaisir car c'est ça la vie.... Au cours de ce voyage, je vais me faire plaisir, je vais faire du quad et de la moto car je suis une passionnée par ce type de véhicule. Je n'ai plus envie de me brimer d'interdit ou pour remplacer la Cop 28. Ce n'est pas moi seule qui vait trouver et appliquer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Je suis trop petite individuellement pour transcender ce monde. Je n'ai absolument pas l'ambition d'être une écolo' mais bien une femme qui souhaite croquer ma seule et unique vie tout en déposant sur ma route des graines d'amour et en respectant la nature/l'environnement au mieux à la hauteur de ce que je suis capable aujourd'hui.



Les au-revoirs

Je n'ai pas de douleurs émotionnelle avant de partir, j'ai chassé de mon esprit que je pourrais créer de belles et longues histoires en quelques semaines. Je sais que désormais, je suis connectée à toutes ces personnes par des réseaux sociaux des activités communes et que l'instant présent est mon unique repaire. Je vis mon authenticité avec beaucoup d'intensité, sincère, détendue, légère, je suis moi. Je laisse des petits mots doux et bienveillants sur le WhatsApp des uns et des autres pour les remercier d'être à mes côtés. Désormais, j'ai décidé que je leur laisserai des petits mots écris soigneusement à la main pour y laisser de la douceur dans les courbes de mes lettres sur un support plus personnel. Ce n'est plus moi qui souffre de la séparation cependant, je sens Josselin affecté par mon départ il roule plus lentement pour me déposer à l'aéroport. Il est bien plus muet que d'habitude, il est pensif et s'imagine une vie sans moi du coup je sens comme une lourdeur énergétique. Je n'y plus rien, il a des attentes, il pense tout le temps à moi, je me ne suis pas responsable de son flux de pensée et de son état émotionnel. C'est un fait, il a eu un coup de cœur pour moi, ce n'est absolument pas réciproque...

J'ai fais un saut dans la rue pour dire "au-revoir" à cette puce qui vit dans la rue.


La dernière soirée festive avec Feneosoa : petit verre de vin rouge avec un excellent plat et délicieux dessert. Je suis aux anges je peux enfin manger ce que je veux sans craindre que mon estomac soit tiraillé. Libre de pensée et d'actions avec Feneosoa je me sens moi. Nous parlons de tous les sujet et tout ce que l'on évoque est stimulant. Je suis avec cette chouette rencontre, sans filtre nous nous apprécions c'est comme ça.

L'Afrique c'est fini

Une page de mon livre qui se tourne : Addo, Namibie, Zimbabwe, Tanzanie, Zanzibar, Madagascar. J'ai déjà pas mal baroudé sur ce merveilleux continent. Cela fait 5 mois que je découvre l'âme des africains, de ces différentes peaux : du cappuccino au marron chocolat... tous ces peuples, ces cultures, ces dialectes,...je suis comme portée par des vérités et ces vies pleines de sens... J'ai conscience que ce premier voyage a changé ma vie. Toute chamboulée je vais prendre les rennes de ma vie dans un autre sens.

J'ai toute une partie de l'Afrique qu'il me reste à découvrir mais après des mois d'adaptation mes intestins et mon estomac ont décidés de se poser. Mon corps mon coeur ont besoin de s'ancrer quelques semaines pour reprendre du poil de la bête. La pauvreté m'a asséché, l'hygiène de vie m'a déréglé, l'Homme africain m'a interpellé. Je suis heureuse, mon cœur est vivant il bat naturellement. Pas de soucis d'arrithmie, l'hôpital de Lyon ne m'a pas contacté je peux clairement continuer barouder à aimer et à être aimée. A vivre... Grâce à l'Afrique je suis devenue sereine, courageuse, patiente réaliste, détachée j'ai lâché mes habitudes, mes exigences et mes croyances pour laisser place à de la douceur aux sourires et à l'impermanence de la vie...

Merci chers peuples, grâce à tous ces africains j'ai pris mon pied sur le chemin emprunté pour trouver mes propres vérités.

La vérité elle appartient à chacun. Je n'ai plus envie de donner mon avis, nous avons tous un regard différent sur la voie que nous souhaitons emprunter. Désormais, j'écouterai avec bienveillance sans ramener ma fraise.

La résilience est devenue mon allié le plus précieux. Je me sens déjà transformée par ces 5 mois de voyage.

L'amour qui vibre en moi je vais continuer à le transmettre, à le distribuer par le biais de mes sourires, mes actions.

Continuer à semer...

6

Je viens de quitter les Zimbabwe, j'ai rencontré tellement de personnes qui partagent le même sens de la vie que moi et l'amour du voyage. Je me sens rassurée, je ne suis pas là seule à me réaliser et à échapper à la vie quotidienne européenne qui me dégoûte depuis quelques années.

Le départ pour la Tanzanie est à la fois excitant et stressant pour moi car je sens que je marche sur une "skackline" (ligne) dans le vide. Optimiste et le coeur à l'ouvrage je suis en marche pour la Tanzanie avec 3 vols consécutifs avec des heures interminables d'attente, les fameuses escales. Mon premier vol l'un des plus stressant de mon existence et tellement incroyable. Je me persuade tout au long de cette expérience que tout va bien se passer et que de toute manière je ne peux pas changer ce que l'extérieur me soumet à vivre. La compagnie aérienne à des heures de retard et en canalisant mon énergie et mes peurs je finis par être guidée par un ange de FlySafair, à l'arrivée à Johannesburg je suis pris en charge par une assistance individualisée je passe l'immigration, l'enregistrement et la récupération de ma bagage en à peine 25 min. Je récupère le second vol en VIP, je suis la première personne à embarquer et je suis placée à côté de l'hublot, le comble de mon bonheur. La vie me protège et je vais apprendre à faire confiance en la vie. Je suis protégée je le sais maintenant 🙏

J'ai passé ma vie à tout analyser car mon cerveau ne m'a jamais laissé tranquille. Depuis toute petite je sens tout je suis connectée à tous les êtres de cet univers, mes émotions se démultiplient en fonction de ce que je vois, de ce que j'entends, les émotions des autres me transpercent/ me bouleversent. Je ne sais pas si c'est un don qu'on m'a offert ou le pire de mes cauchemars mais tout ce que je vis est toujours extrêmement puissant et fatiguant. En vieillissant et avec la sagesse je sens que ceux qui me comprennent se connectent à moi et puis il y a "les autres".... Je ne me sens moins blessée par ceux qui ont décidé de me laisser sur le banc de touche ou qui n'ont pas décidé d'apprendre à me connaître car comme Thich Nath Hanh dit : Aimer son prochain c'est le comprendre". Donc si on ne cherche pas à me comprendre c'est tout simplement qu'on n'a pas envie de m'aimer. Je n'ai absolument pas de leçon de vie à donner aux autres. Ils ont le droit de choisir leurs compagnons de routes et moi les miens.

Pour revenir à mes 3 vols consécutifs, après Johannesburg mon escale de 7h à Zamzibar. J'essaye de dormir j'attends sur une place à l'extérieur de l'aéroport je suis la seule blanche et surtout la seule femme quand je suis arrivée...l'attente un vaste sujet, ne rien faire, un vaste sujet... maintenant j'arrive à les canaliser ces 2 là.


Mon anglais

J'ai commencé à me pencher sur la langue anglaise en juillet. J'écoute beaucoup les autres depuis ces derniers mois, j'apprends à moins parler. Ça aussi c'est la révolution pour moi et aussi beaucoup de frustrations mais j'accepte. Je comprends de mieux en mieux l'anglais et puis maintenant j'arrive à répondre aux questions des douaniers douaniers avec le sourire, j'ose échanger avec des touristes internationaux : des chinois, des japonais, des espagnols et des africains. "I try to speak with errors. It doesn't matter". J'essaie de parler avec des erreurs. Ce n'est pas grave.

Rien est impossible dans la vie.

"In life I learn not to understand everything. The most important thing for me today is to make myself understood".Dans la vie j'apprends à ne pas tout comprendre. Le plus important pour moi aujourd'hui c est de me faire comprendre.

Une belle leçon de vie ....je lâche prise...une grande découverte pour moi.

Mon arrivée à Arusha, il pleut des cordes. Le taxi demandé n'est pas là...il fallait que je valide par mail et je n'avais pas internet. A mon arrivée, les touristes sont attendus comme le "Messie". Je n'ai donc aucune difficulté à trouver un taxi par contre je suis une petite maline il me demande 20 dollars et je finis par lui en donner moins. J'arrive à négocier et en anglais. Je suis heureuse j'ai réussi à obtenir un meilleur prix que des bordelaises (mes copines françaises du moment rencontrées à l'hôtel d'Arusha) qui parlent couramment l'anglais. Il faut croire que je suis une petite rusée. Je suis un peu fière de moi tout de même.

A mon arrivée à l'hôtel je suis épuisée j'arrive : 2 allemands présents dans la pièce principale, l'un avachi reste le nez sur son pc et l'autre sur le sofa tablette en mains. Ils ne sont pas très accueillants ces touristes. Je suis très étonnée pour un hôtel de jeunesse. Je suis fiévreuse depuis quelques heures, je mange un mini breakfast et je fonce me coucher. Les variations de température et la climatisation surtout m'ont rendues malade. J'accepte cet état fiévreux, je m'enroule dans une couette et j'en pique une 2ème pour essayer de me réchauffer. Je compte sur cette nuit pour récupérer et retrouver mon énergie positive du moment : mon power.


Mon premier jour à Arusha

Mon énergie est revenue, je fais de merveilleuses rencontres francaises 3 bordelaises. Enjouée de parler en français, nous partons ensemble l'après-midi à la découverte d'Arusha. Les premiers réflexes lors de chaque déplacement que je découvre : retirer de l'espèce et acheter une carte sim. Sans argent tu n'es rien...c'est universel l'argent. Dans toute l'Afrique la carte visa est très peu utilisée ici on demande de la monnaie. Et le shilling tanzanien c'est l'usine à gaz... 1 euro c'est 2641 TSH. La conversation est compliquée mais j'utilise : "Xe" une application remarquable l'un de mes meilleurs amis.

Après cette première étape nous rencontrons un guide qui nous permettra de faire le tour de la ville. Sa gentillesse est juste remarquable, aucune transaction d'argent, il nous présente uniquement tout son entourage : sa famille ses amis pour faire vivre le local. Je craque pour une peinture colorée que j'ai roulé dans mon sac de backpackers. Je déguste mon merveilleux premier repas à Arusha : enfin je mange un repas simple qui me plaît : riz, petits pois, haricots, poulet, épinards. Le guide reste auprès de nous et nous partageons avec les bordelaises notre repas avec lui. Puis nous sommes répartis à barouder dans les rues d'Arusha. Les heures passées à marcher, je dirai à piétiner nous épuisent on finit notre journée dans un bar où je retrouve Philippo, mon futur hôte, rencontré grâce à une application remarquable : "Couchsurfing". Merci la vie, il est vraiment "friendly".

Ma vie en Tanzanie

Elle est simple et colorée par l'authenticité et les sourires des tanzaniens. J'apprends très rapidement des mots en swahili la langue locale. Les tanzaniens sont tellement avenants que j'ai très envie de communiquer avec eux. Asante/merci, napenda/ j'aime, caribou/ bienvenue, mes efforts sont naturels, j'ai très envie d'échanger quelques mots pour répondre à leur lumineuse approche. La vie est simple auprès de ces africains, attentionnés comme jamais, je me sens exister auprès d'eux. La présence de mon nouvel ami tanzanien Philipo sécurise mon voyage et facilite les échanges avec les locaux. J'accède a des lieux magiques comme la piscine naturelle "Chemka Hot Springs Tanzania".

Je découvre la vie tanzanienne comme une gosse. Je monte dans mon premier tuc tuc ce moyen de transport efficace à 3 roues et je fait confiance au chauffeur pour m'emmener jusqu au bout de la course. J'ai testé la moto à 3 le chauffeur, moi au milieu et Philipo derrière moi. Je me sens protégée par ces 2 hommes tout au long du chemin parcouru. Je découvre les plats principaux des africains : nyama choma ( cet énorme plat de viande de bœuf) ugali (cet aliment de base traditionnel de l'Est de l'Afrique. Il constitué de farine cuite à l'eau et aggloméré en boule), kuku (le poulet), pilau (riz marron avec des légumes).

J'apprends à me fondre dans la culture tanzanienne. Les hôtels c'est kit ou double un peu comme en Europe soit c'est très propre et très confortable ou soit il manque de l'eau chaude, une serviette et c'est très bruyant. C'est toujours un coup de poker malgré les avis. J'ai toujours soif de découvrir de nouveaux endroits pour dormir surtout des auberges de jeunesse.

A la rencontre se ces 3 bordelaises

3 femmes et 3 personnalités bien distinctes. J'ai appris à ne plus juger car je me suis souvent trompée. Les personnes parlent souvent avec leurs blessures. J'apprends aujourd'hui à déblayer leurs histoires de vie avant de connaître le coeur même de l'homme. Je ne m'arrête plus aux actes mais j'apprends à les aimer avec un coeur compatissant et rempli d'amour. Et je suis souvent très surprise. Camille très solaire et souriante je suis toute suite attirée par son ouverture d'esprit et sa douceur, elle est pipelette comme moi et très intéressante, Marie toute timide très à l'écoute je découvre un petit bout de femme très sensible qui se protège un peu comme moi pour ne pas souffrir et Mathilde brut de pomme, très honnête elle dit ce qu elle pense. Je sens sa sensibilité très présente au cours de ce quelques jours auprès d'elle. Je me replonge 10 ans en arrière en observant sa manière de faire. Elle va apprendre à s'aimer et à se faire confiance...Je les apprécie très clairement toutes les 3, leurs caractères sont très complémentaires. D'ailleurs, on s'entend tellement bien que je récupère les numéros en partant. J'ai très envie de les revoir en Tanzanie ou en France....


La déception

A défaut de grimper tout en haut du Kilimandjaro car les prix et la montée est bien trop touristique pour moi, je décide de l'observer de loin. Il faut compter entre 1800 et 3000€ pour faire un selfi. C'est un peu comme l'Everest, le tourisme saccage les envies. Je ne veux pas faire comme tout le monde. Ce qu'il faut savoir sur l'excursion du Kilimandjaro : c'est qu'il y a 1000€ qui revient à l'Etat. Ce n'est pas les locaux qui nous entubent mais le gouvernement comme dans chaque pays. Du coup, j'ai pris partie de l'observer de loin et de m'y rapprocher en voiture en partageant un véhicule de location avec mes petites bordelaises préférées et Philipo, l'as du volant. J'ai pris l'habitude d'analyser le temps, les nuages en montagne, je suis persuadée que je ne verrai pas le bout du nez du Kilimandjaro aujourd'hui c'est une certitude. Journée capricieuse, un ciel couvert de cumulus... Je suis devant l'entrée : je ne vois pas le Kilimandjaro.

J'ai fait des heures de route, ce n'est pas le résultat qui est plus important pour moi désormais mais bien le chemin parcouru.

J'ai rencontré des êtres formidables sur ce chemin, j'ai goûté des plats locaux et découvert la vie pour me rendre à l'entrée du Kilimandjaro.

En rentrant, je suis en admiration sur la route devant le Mont Méru. Et si je grimpais le Mont Méru?! Je me fais des films je m'imagine dans cette jolie montagne, je me projette, j'ai envie de prendre la hauteur.... Ma seconde déception... un peu comme toutes les montagnes tanzaniennes : la grimpette coûte très cher : le prix entrée de l'entrée du parc est exorbitant : 465euros.


Je me découvre

Au travers de ce voyage je me découvre courageuse : j'ai réussi à mettre un serpent autour de mon cou, je suis capable d'apprendre l'anglais au cours de mon voyage, je prends sur moi quand des réactions me déplaisent mais aussi d'exprimer en douceur quand mes valeurs ne sont pas respectées. Tiens d'ailleurs aujourd'hui, je vais devoir parler avec Philipo car je me sens étouffée par sa surprotection. Independante, je tiens à ma liberté d'action et d'expression. Je suis une copine de voyage qui désire vivre uniquement le moment présent. Il y a celui qui a envie d'aimer et celui qui n'aime pas. Il faut savoir se le dire, être authentique. Cela fait plusieurs fois que je lui explique mais l'attirance physique et émotionnelle sont des fois bien plus fortes. Je le comprends tellement ....Je passe des moments agréables et de découvertes avec Philipo. Notre complicité est bien présente mais je ne suis pas attirée c'est ainsi. Je ne m'empêcherai jamais d'aimer mais je serai bien plus sélective et réaliste que dans ma dernière relation. Pour moi l'amour, c'est 2 âmes qui se connectent , qui se sont trouvées. Je ne passerai plus jamais à côté de ce qui me fait vibrer : l'humour et la communication d'amour profonde.

Je vais apprendre à tracer ma route quand la vibration n'est pas là au lieu de me persuader que l'autre changera pour moi. Je dois aimer l'autre comme il est...


Voyage en duo

Après quelques jours de repos avec Philipo et des réajustements affectifs notre amitié grandit. Philipo vient d'annuler un safari pour voyager avec moi...Je suis tellement genée de l'apprendre par l'un de ces collegues. Je vais vivre comme un tanzanien en plein coeur de ce merveilleux pays. Je veux explorer ma capacité d'adaptation, ouvrir mon coeur et découvrir leur culture. Nous avons construit le parcours de notre voyage. Philipo donne tout ce qu'il est un peu comme moi. Il n y a jamais de hasard que des synchronicités. C'est vraiment la toute première fois qu'un être soit aussi attentif à moi. La sensation est plaisante mais aussi très envahissante. Femme libre et indépendante je n'ai absolument pas l'habitude.


1ère étape de notre voyage petit road trip de quelques jours : direction le Lac Natron via un bus Local. Je suis en ville à 5h30 avec mon énorme sac , départ imminent : 6h. J 'ai souffert pendant tout le voyage : 6h de route sur des routes cabossables (ici pas de présence de bitume), des odeurs nauséabondes des voyageurs. Je me questionne sur la présence ou non d'amortisseurs? La vie africaine....Je sens toute l'armature du fauteuil, je me protège tant bien que mal avec ma veste pour faire barrage avec la douleur.

Le bus tremble de partout. Panne du bus à 1h de l'arrivée , tous les voyageurs se retrouvent dans le désert assis parterre en attendant la réparation de la pièce cassée.

J'en profite pour me rapprocher avec Philipo des enfants Maasai présents à mes côtés.

Enfin, je peux me relaxer et je mange quelques petites conneries que Philipo m'a secrètement achetées. La vie et son impermanence... incroyable les africains réparent rapidement la panne, ils sont vraiment doués ces africains.

A l'arrivée un Massai prend la relève de Philipo. Nous allons être portés tous les 2 pendant 2 jours. Je découvre mon nouveau Lodge je rêve que d'une chose prendre une douche...

"la cascade".

Petite marche entre terre&eau...nous parcourons un magnifique chemin pour découvrir un lieu merveilleux. Je vie un comte de fée depuis le début du voyage. Après la baignade je me sèche et j'évite la mort, je crois que quelqu'un me protège la haut. Une roche se décroche et passe à 50 cm de ma tête. C'est un "baboon" un singe en se déplaçant qui a déclenché se mouvement de pierre. Bon il faut croire que j'ai évité le pire et que j'ai un petit ange protecteur au dessus de moi...

"le lac Natron et les flamands roses"

La fin de journée se rapproche et je découvre une place insolite avec ces "flamengos" des milliers de flamands roses qui viennent se reproduire au Lac Natron. Ces créatures aux longues pattes possèdent toutes les vivres ici pour se développer. J'arrive un peu tard pour prendre des photographies avec le coucher de soleil..Je rentre l'ascension est prévue à 23h30. Un petit repos s'impose...

Oldonyo Len’gai

Mes montagnes me manquent et le sport aussi. Je décide au cours de ce périple de grimper la montagne de Dieu : "l’Oldonyo Len’gai". Le Kilimandjaro n'est pas fait pour moi : l'attrape touristes... il te vide le portefeuille et en plus les 3/4 de l'argent dépensés ne revient pas au peuple mais au gouvernement. Ici c'est un Massai que je vais faire vivre grâce à cette excursion. Je dois tout de même payer mon entrée au parc, je ne peux pas contourner l'incontournable.

Qu'est ce que l’Oldonyo Len’gai?

La région est extrêmement aride et dominée par le cône parfait de l’Oldonyo Len’gai, le volcan sacré pour le peuple Maasai, qui le considère comme la demeure de la divinité Len’gai.

Situé à 3 000m d'altitude, l'Oldonyo Len'gai est le seul volcan au monde qui émet une lave de natron-carbonatite, riche en carbonate de sodium, à très faible viscosité et à très basse température puisqu'elle s'élève à 500-590C

Le départ est imminent il est 11h30 je pars toute seule dans la nuit avec un Maasai et un driver (un conducteur) nous empruntons des chemins cabossables, je suis excitée et toute secouée par cette énorme journée . J'attends de faire mes premiers pas avec lui avec impatience.

Ça y est nous y sommes le grand saut. Le driver dort sur place en attendant mon retour.

Je pars avec un petit sac à dos que j'ai acheté à Arusha et le bâton Massai que mon cher guide Maasai Timon me prête. Je ne vois pas où je vais je suis de nuit avec frontale ses pas. Il se retourne tout le temps pour s'adapter mon rythme. Je sens les rythmes de mon coeur monté dans les tours et au début je regardais à mon montre. Mon cardiologue m'a dit de ne pas forcé. Au bout d'une heure de marche j ai lâché ma montre et je vais à mon rythme. Je chante des chansons avec Timon et je lui apprend le français. Mon premier cours est celui du pas du bout du monde. Le pas du monde consiste de mettre un pied devant l'autre pour avancer et atteindre son objectif. IEN ne presse la vie se déguste pour moi en prenant mon temps...la randonnée c'est savourer la vie ....

La nuit va être longue je n'ai pas dormi avant de partir l'excitation était trop grande et je n'ai pas mangé africain de peur de ne plus avancer. Je marche pendant des heures je dépasse 2 groupes et le 3ème deviendra mon moteur : un Massai et 2 américaines qui grimpent au même rythme que moi...quel bonheur. La montée est très rude et la dernière heure d'autant plus : sable et plaques de lave abruptent me ralentissent. Je sens que mon corps souffre mais le Maassai m'aide émotionnellement. Il me dit en anglais très souvent "you are strong girl" je suis femme forte. Il prononce la bonne phrase pour me motiver. Les derniers mètres me redonnent un regain d'énergie. Et au sommet je craque, je pleure....et je serre fort mon Massai dans mes bras le paysage est exceptionnel. Je suis fière de moi...Nous arrivons au sommet pour voir le soleil se lever c'est magique. Et je découvre pour la première fois un volcan éveillé. J'ai très peu de mot pour tout exprimer.

Les poses effectuées pour moi en pleine nuit ne sont pas très bien vécues par mon corps. J ai froid je n' ai pris que mon coup vent, mon tee shirt ainsi que ma petite veste sont trempés dans le dos. Les pauses me refroidissent dans tous les sens du terme. Quand je ré-allume ma frontale pour relancer la machine je sens que c'est difficile mais le mental est fort et j'ai envie de réaliser cet ascension.


La descente est longue très longue car la chaleur montre le bout de son nez rapidement. J'ai tout donné à la montée du coup la descente est rude. Mon Maasai me tient la main très très souvent pour me rassurer et surtout vérifier que je mets les bons pieds au bon endroit. Je n'ai jamais eu une personne aussi attentionnée pendant une randonnée en France. Timon est un ange descendu du ciel. C'est un jeune Maasai pourvu déjà d'une belle expérience de guide. Sa présence est précieuse et motivante. Il est toujours là pour relancer mes jambes quand celles-ci sont entrain de flageller. À 2 reprises il me masse les genoux pour me soulager mes articulations. J'ai pris cher lors cette ascension mon corps n'est plus entraîné. Bon je ne suis pas complétement pourrie à 42 ans j'arrive tout de même à faire un aller/retour en 12h vivante. Tout au long de la descente je suis concentrée pour ne pas déraper. Mes chaussures de randonnée sont extraordinaires mais extrêmement lourdes, grâce à elle j 'arrive au bout de mon expérience.

En plein coeur d'un village tanzanien

Après mes 12h de marche pas de repos on ne repaye une 2ème nuit au Lodge, Philipo décide de reprendre la route. Je prends une douche une micro sieste et nous voilà repartis dans un bus bien plus confortable qu'à l'arrivée direction le village de la mère de Philipo. Je vais passer l'un de mes meilleurs moments en Afrique dans une plantation de bananes au coeur d'un village africain avec la mère de Philipo. Je vais vivre une expérience hors du commun. Je vais découvrir la vie locale. L'habitation est rustique, nous vivons avec un nid de frelons dans la piece principale coin et des moustiques, on se lave à l'eau chaude dans un seau, on utilise des toilettes turques très ancienes ou j'ose à peine exposer mes pieds.

Avec la mère de Philipo j'apprends à communiquer avec des gestes et des sourires (une autre façon de communiquer), je prépare un repas par mimétisme, j'apprends à peler des pommes de terre au couteau, je fais la vaisselle parterre accroupie auprès de la seule arrivée d'eau à l'extérieur de la maison. L'eau pour la maman de Philipo est gratuite car elle travaille pour cette plantation de bananes. Je joue et je communique avec les yeux avec Messi la filleule (la fille de la soeur de Philipo). Messi vit ici avec la mère de Philipo pour qu'elle ne soit pas seule. La maison de la mère est remplie de chambre inhabitée seul son mari Maasai qui possède (le mot est bien choisi) 9 femmes et 47 enfants vient de temps en temps pour tirer son coup. Les femmes africaines suscitent mon intérêt, je compte en parler prochainement sur mon carnet de voyage. Sur place, pendant 2 jours nous allons pêcher avec le voisin et nous allons à pied prendre l'air découvrir les beaux paysages africain.

Je découvre le musée de Tanzanite cette magnifique pierre bleue avec l'histoire de sa mine.

J'ai beaucoup de complicité avec la maman de Philipo, très vite elle demande à Philipo si je peux vivre avec elle, la "mwanamke mzungu"la femme blanche a bien été acceptée et en plus, je suis aimée ....quel bonheur...

La vie locale en Tanzanie

Ici très peu de voiture on se déplace en tuc tuc, moto ou en en mini bus. J'adore me déplacer au fil de mes envies. Ici tu n'attends pas le moyen de transport. C'est le transport qui vient a toi. Ici, tu as toujours une personne pour nous t'emmener à l'endroit décidé. Pas d'affiche pour indiquer des heures de passage. Une vraie liberté de déplacement !

La nourriture principale ici est la viande : boeuf ou poulet et des fois du buffle. Tout tourne autour de la viande surtout pour les hommes. Philipo m'expliquait que la viande c'est l'énergie vitale pour eux. Les Maasais régulièrement organisent des festins entre homme uniquement, l'objectif de ces moments de convivialité ancestraux est de manger chacun une chèvre entière et boire leur sang. Les Maasai transmettent de génération en génération la tradition.

Les chiens ne sont pas considérés comme des animaux domestiques, ils ont comme principale mission de surveiller le lieu d'habitation des animaux sauvages et de la présence d'intrus. Leur seule alimentation le reste des repas des tanzaniens c'est a dire des os et les têtes et arrêtes des poissons. Cette nourriture me paraît dangereuse et pourtant ces "chiens africains" mangent tout pour survivre.

Rencontre avec les orphelins

Je mourrais d'envie de rencontrer des enfants orphelins. Pourquoi mettre au monde tant d'enfants sur cette planète (nous sommes bien trop nombreux déjà) alors qu'il y a tant d'enfants orphelins. Le Directeur de l'association vient à nous et nous remercier pour les vivres que nous avons apporté aux enfants avec nos petit bras musclés (pastèques, avocats, bananes). Le Directeur de cette association vient aussi de la rue et nous explique son implication et l'amour pour ces enfants qui sortent de prison, qui n'ont plus de parents (décédés du VIH). Pour certains des enfants ils sont atteints du VIH comme leurs chers parents qui sont décédés par la suite.

Faraja Orphanage Children's home

Le Masculin sacré

Je remercie de tout mon cœur tous ces hommes qui élèvent la fréquence vibratoire afin que le féminin et le masculin s’unissent dans l’Amour !

Il existe :

Des hommes gardiens du féminin sacré et qui unissent les cœurs,

Des hommes qui honorent la Terre Mère, qui l'aiment, qui prennent soin de ses fruits.

Des hommes qui respectent leur sang et leur vitalité,

Des hommes qui acceptent leur fragilité et qui utilisent leur force de vie à creer des connexions avec leur coeur,

Des hommes qui prennent le temps de voyager à l'intérieur d'eux même pour ouvrir les bras à l'essence même de l'expérience humaine,

Des hommes qui sourient au sourire d'un enfant,

Des hommes qui regardent la vie avec une nouvelle lumière dans leurs yeux,

Des hommes capables d'ouvrir leur cœur à une femme et de l'aimer, de la regarder et de la protéger.

Des hommes qui osent être aimés, regardés, soignés et aussi protégés.

Des hommes dépouillés de l'armure rigide qui se connectent à l'amour inconditionnel,

Des hommes authentiques qui se laissent porter par la flux de la vie avec leur âme d'enfant.


Départ imminent d'Arusha

Je décide de partir plutôt d'Arusha le Couchsurfing avec Philipo est formidable. Le seul soucis dans cette expérience de partage c'est qu'il n'avait pas de lieu de domicile depuis le premier jour, je vis avec lui h24 de lodge en lodge. Je suis à saturation depuis quelques jours de cette proximité. C'est une belle personne mais ce n'est pas mon conjoint....je ressens le besoin de retrouver ma liberté et de reprendre mon chemin de femme indépendante. Il est temps de repartir....Il me dépose dans le bus direction Dar el Salaam pour découvrir la fameuse île de Zanzibar. La route est très longue plus de 12h de voyage sous là chaleur.

A l'arrivée à Dar el Salaam, j'ai mal négocié mon taxi, la fatigue a affaiblie ma capacité de négociation. Rien de grave j'arrive dans ma jolie chambre rose dans laquelle je vais pouvoir me reposer et prendre une douche bien froide. Dans cet hôtel l'eau chaude est en option, elle est inexistante. Quelques heures de sommeil et j'embarque sur le ferry direction Zanzibar. Les moments de pleine plénitude arrivent à bon point. L'action me nourrit comme les moments de pause de contemplation de solitude. Je suis en manque de méditation et de silence...

Pour revenir à la femme africaine

Depuis que j'échange sur le territoire africain que ça soit avec Lolo cette femme française qui vit sur Addo (south Africa) depuis 12 ans, Queen Elizabeth femme Himba du peuple traditionnel namibien divorcée, Philipo tanzanien divorcé. J'ai très envie de vous partager mon ressenti et la vision du positionnement de la femme.

C'est la femme qui porte la culotte, elle fait tout à la maison... L'éducation des enfants est gérée par les "mama" mais aussi les repas, la vaisselle, le linge, toute la logistique est pris en charge par la femme africaine. Pour le peuple Himba, les femmes construisent leur propre maison et passent leur temps à allaiter et chercher de l'eau à la source. L'homme est uniquement présent le soir pour faire son affaire et le lendemain il a de nouveau disparu pour travailler toute la journée pour nourrir toutes ces bouches qui ont été pondues. Les femmes africaines se marient en Tanzanie uniquement pour le fric, si l'homme n'a pas d'argent elles divorcent c'est l'expérience de Philipo pendant le Covid. Son activité a cessé et sa femme l'a quittée pour un autre homme qui possédait de l'argent du des biens.

Le peuple Maasai est aussi très intéressant, l'homme est polygame, il a de très nombreuses femmes avec de très nombreux enfants qu'il visitent de maison en maison, des créneaux imposés sont attribués à chacune de ses femmes. La violence est très souvent présente dans les familles Maasai, les enfants et les femmes sont élevés à la dur. L'enfant doit reproduire ce que fait le père et ce qu'il a décidé. L'enfant est n'est pas écouté, il reproduit par l'autoritarisme du père, l'éducation est assouplie un peu plus par la mère. L'homme doit être fort et surtout ne pas pleurer. Pour les Maasai, la phase de circoncision est importante pour un jeune homme, il ne pourra prendre sa place d'homme uniquement qu'à ce moment là. La tradition dit qu'un jeune homme qui pendant la circoncision réalisée au couteau dans les peuples, qui montre un seul signe de faiblesse et de douleur devra quitter son village. Les hommes ont donc appris de génération et en génération à ne montrer aucun signe de faiblesse dans la vie. Vivre avec un Maasai c'est vivre avec un "rock"

Dans la tête , je fais vite un rapprochement aussi avec toutes ces femmes européennes très autonomes qui ont pour le coup pas besoin d'un homme pour vivre. Lors de ce periple j ai rencontré 3 femmes plus jeune que moi mais avec le même état d'esprit. C'est important de gagner notre croute, "nous sommes des femmes autonomes, indépendantes". L'homme n'est pas là pour nous nourrir. J'ai tellement de fierté de les avoir rencontrées car j'apprécie beaucoup leur caractère bien trempé. Des femmes courageuses avec des métiers en or dans les mains. Elles savent ce qu'elles veulent et n'attendent rien, elles sont initiatrices de leur propre vie. Elles collent bien à mon schéma de vie...Les autres femmes pour moi son des énigmes...


Zanzibar magic place

Je négocie mon déplacement à l'hôtel. Il est situé à l'opposé du centre de Zanzibar. Je stoppe le taxi beaucoup trop cher pour moi et j'embarque dans une bus Local. Mon gps me joue de tours je panique un peu car j'ai l'impression d'aller à l'opposé de ma destination. Je me rends compte que quand je panique mon cerveau ne trouve plus les bons mots en anglais. Les habitants de Zanzibar me rassure en Swahili et en anglais. Hakuna mata !! Me dit un vieux monsieur à côté de moi...me voilà rassurée j'arrive à Paje...je fais 700m à pieds sous la chaleur... j'aperçois la pancarte de mon hôtel me voilà soulagée. Ma maison est là devant moi... Je vais très vite au bord de la mer découvrir l'eau turquoise idyllique... Je découvre avec mes yeux d'enfant ce paysage de rêve. Je me fais alpaguer par des faux Maasai sur la plage et par tous les tanzaniens qui vendent leurs prestations. J'ai du mal à gérer mes émotions, je ne vis pas très bien cette situation. J'ai l'impression d'être un portefeuille, cela m'agace fortement. J'ai envie d'être tranquille...en paix. Je finis ma soirée extrêmement sereine. Enfin je vais pour voir me poser...

Mon nouveau périple sur cette île.

Je rencontre le premier jour ce tanzanien moniteur de kitesurf qui a accroché avec moi. Il m'offre une leçon de kite gratuit qui consiste à sentir les sensations d'une aile avec un baby kitesurf, je sens cet homme vraiment généreux. Il n'a pas la même approche qu'avec les potentiels clients.

On se découvre lors d'une soirée, on mange local et on écoute de la musique africaine. Il fait que de sourire, il est joyeux, toutes ces réactions authentiques remplissent mon cœur. Il me propose de découvrir sa maison et de goûter un vin africain, je suis au anges...Après, on décide de se balader dans la ville de Paje nu pieds en mangeant du poulet tanzanien et du poulpe... Ma vie est simple je l'aime ainsi...


Your Zamzibar place

Un chouette hôtel à 100m de la plage. J'ai réservé une chambre dans un dortoir pendant plus de 10 jours et là à ma grande surprise cela fait 3 jours que le dortoir c'est transformé en chambre individuelle. La chance me sourit de nouveau... J'ai une petite cahute rien que pour moi quel bonheur. Je rêvais de tranquillité...

Mon nouveau compagnon de route

Je fais une jolie rencontre un hollandais qui habite à Cap Town (Sud de l'Afrique) il me fait travailler mon anglais, il n'y a pas de hasard je dois m'y coller pour progresser. Je le comprends et très vite il me propose de partager sa selle de scooter et il me dit en anglais : "I don't know where I'm going". Je ne sais pas où aller? Moi non plus, ça tombe bien... J'apprends à ne plus planifier et vivre ma vie en fonction du moment présent et des rencontres déposés sur mon chemin... Structurée, organisée ma vie était souvent trop remplie d'action. Je structurai un peu tout et je me perdais dans toutes mes projections. C'est ce que j'ai fait en amour mais on ne maîtrise pas le temps d'un amour. En tout cas mon dernier chéri a pris la poudre d'escampette au premier engagement. Je ne sais pas si l'amour est fait pour moi... la vie le temps me le diront. Je vis avec zéro attente désormais, je n'analyse plus les personnes que je rencontrent (déformation professionnelle) je vis l'instant présent uniquement et je le savoure. Dans mon ancienne vie, j'ai toujours été une femme généreuse au grand cœur désormais j'apprends aussi et surtout à recevoir des cadeaux.

Je reprends mon chemin d'écriture....

J'explore la vie du sud de l'île avec René cet hollandais qui cherche à partager ses vacances. Notre scooter de compétition nous permet de sillonner sur les petites routes.

J'ai sur la tête un casque 10 fois trop grand que je maintiens avec une main car la jugulaire est cassée. Je m'adapte à la situation et je n'explique pas ma problématique à mon conducteur, je prends sur moi. J'ai appris au cours du voyage à garder en moi ce que je vis ce que je ressens car tout les gens ne sont pas toujours des bons récepteurs d'émotions. Je me fatiguais toute seule à me plaindre de tout, pendant ma dépression maintenant j'accueille et je trouve des solutions toute seule. Je me fais confiance et j'avance.

La police nous arrête en scooter. Le policier sourit et nous demande de payer une amende pour l'oubli du clignotant. Je sens que l'injustice me monte au nez cependant je relativise ce n'est pas moi la conductrice après tout. Comme beaucoup de policiers africains : ils sont corrompus. Les blancs sont toujours entrain de payer. Nous sommes de vrais petits porte monnaies sur patte. René très détendu demande au policier combien il veut d'argent ? Je sais que c'est pour lui ...Il finit par lui donner 10 dollars et nous repartons avec notre moto de compet'.

Sacrée découverte " la plage de Mtende", posés quelques heures sur une plage en goûtant un jus de fruits mangue gingembre. C'est la plus belle plage que j'ai pu voir de ma vie. C'est grâce à un tanzanien qui nous a orienté ici. Je suis émue par la beauté de cet endroit. La magie des rencontres ...

Mtende plage Zanzibar 

En milieu d'après midi, on décide de prendre un repas local, dans un restaurant situé sur le bord de la route. Là, encore l'accueil est extraordinaire. Les africains nous préparent une grande assiette de poulet de frites et ce fabuleux désert ce beignet à la mangue (un petit délice). On déjeune vers 15h pour quelques shillings, des sourires, des échanges en swahili. J'explique aussi à mon compagnon de route hollandais quelques codes africains et je partage quelques anecdotes africaines.

Équilibre me voilà !

Enfin, je dors seule dans mon grand lit avec sa moustiquaire qui me gratte le bout de mes pieds en dormant, je reprends la course à pieds les exercices de gainage et énergetiques et surtout la méditation. J'ai réduit ma consommation de nourriture en quantité. Je prends 2 repas par jour pour mon corps mais aussi pour mon portefeuille. Je profite du petit déjeuner inclus dans le prix de ma chambre et un autre repas dans la journée. Je me sens bien seule, ma vie bien plus simple. Je constate que je n'arrive pas à m'écouter quand je vis à 2. Je suis très influençable, ma priorité à toujours été l'autre depuis que je suis toute petite. J'apprends à me respecter et à exprimer mes besoins viscéraux à vivre pour moi. A 42 ans je suis devenue ma priorité. Il fallait que je passe par toutes ces étapes de vie pour comprendre.


Découvrir l'illimité - Krishnamurti

Je me pose, je me remets à l'introspection à la lecture... pour apprendre la vie. Merci Krishnamurti.