Carnet de voyage

De Paris à Stockholm

6 étapes
14 commentaires
21 abonnés
Dernière étape postée il y a 30 jours
"Emploie bien le temps de ta jeunesse, c'est sur quoi repose ton bonheur futur."
Du 21 avril au 17 octobre 2019
180 jours
Partager ce carnet de voyage
KM
1492
KM
1492
Publié le 18 mai 2019

Petite pause à Montévrain pour un nouveau départ.

On s'y repose et on discute de tout : de nous, d'eux, de l'humain, de la spiritualité, du temps qu'il fait et on y apprécie aussi les silences.

On oscille entre la folie de Paris et le calme de ce petit coin de paradis.

Métro, Bouleau, Bouddha 
 Salix matsudana ‘Tortuosa’

Être aussi proche de Paris est parfait pour nous. Après un hiver chargé et perdu dans les montagnes, nous n'avons pas vraiment pris le temps de nous occuper de nos vélos et de nos équipements. Alors on cherche un atelier pour vélo où l'on pourrait y réparer nous-même nos montures, avec la possibilité d'avoir des conseils de professionnels.

Il n'y avait qu'à demander : BO BICLOU est là !

Une super équipe, jeune et sympathique, qui nous a accueilli comme des rois pour pouvoir enfin régler le problème du bruit dans le pédalier d'Emeric, changer ses pneus et refaire le voilage de nos roues (après plus de 1000km il était temps).L'avantage d'être à Paris ? En quelques minutes, nous avons trouvé une boutique (la seule) ayant le modèle de pneus que nous recherchions !

Paris, les vélos , une histoire d'amour ... 

Bon pour les vélo c'est OK, maintenant objectif : s'alléger !

C'est parti pour faire le tri, enlever ce qui ne nous sert plus et ce qui n'a jamais servi. On a beau lire sur tout les blogs de voyage à vélo : "voyager léger", "chaque kilo compte" etc... on ne s'en rend vraiment compte que lorsqu'on à fait plusieurs kilomètres. Résultat, on vire deux cartons de choses et autres et on se sent plus léger !

Retour à l'essentiel 

Encore pas mal de choses que d'autres pourraient juger inutiles : la guitare, les graines (que l'on donne et échange sur la route), un troisième duvet, le rocket-stove fait maison (pour plus d'autonomie) etc...

Mais pour nous c'est essentiel.


Après une dizaine de jours avec la famille, c'est l'heure du départ, un grand merci à eux !Nous connaissons notre prochaine halte : Œudeghien en Belgique.

C'est parti ! 

Quatre jours de vélo et 307km sont devant nous.


À la clef, un Wwoofing que nous attendons avec impatience.

Comme toujours de supers beaux paysages et de bons moments partagés.

Qui va le plus vite ?

Nous suivons donc les canaux : celui du Nord et de la Somme. Le premier jour, 81km parcourus et les dix dernières minutes sous la pluie : cela suffit pour nous tremper jusqu'aux os !

Merci à Jean-Jérôme pour son accueil pour une nuit... et une deuxième : ce qui nous a évité de rouler sous la pluie et le vent le lendemain.

Avec lui nous avons beaucoup discuté voyage. Ayant lui-même réalisé un tour du monde en deux-roues, il avait pleins d’anecdotes à nous raconter !

Après un petit détour, nous retrouvons enfin le canal du Nord 

Juste après la prise de cette photo, nous croisons un couple d'Allemands voguant à vélo vers l'Espagne : une belle rencontre entre voyageurs !

Nous roulons en direction Nord, Nord/Ouest et à cette période de l'année, nous ne pouvons pas l'éviter... on apprend donc à faire avec le vent, ou plutôt contre. D'autre part, nous devons jongler avec les différents revêtements que notre itinéraire nous impose. Nous suivons les canaux, et parfois ce n'est pas du tout une piste cyclable : 18km en 2h sur la "magnifique" piste du canal de la Somme. 81km une nouvelle fois, on arrive épuisé à Péronne et on y fait une halte pour la nuit dans un camping.

Chocolat, fruits secs ... Le vélo : enfin une bonne excuse pour en manger ! 

On quitte le canal pour découvrir le Nord de la France et ses briques rouges. Le décor a changé, l'accent aussi et ce n'est pas une légende : les gens sont avenants, ils nous questionnent sur notre voyage et nous encouragent ! Cela fait chaud au cœur !

Petite journée "de repos", après 54km nous nous arrêtons chez une famille bien sympathique toujours grâce au réseau WarmShower.


Le dernier jour de vélo, nous parcourons 91km : notre record jusqu'à présent !

Au programme suivre la Scarpe (un cours d'eau magnifique et riche en biodiversité), franchir une frontière et arriver à Œudeghien pour enfin rencontrer Mélanie !

Le long de la Scarpe 

Arrivé à la frontière... pour commencer il faut la trouver... On se perd dans les bois, dans la campagne (au passage aucun habitant du coin n'a su nous aiguiller) et une fois arrivé en Belgique on découvre qu'un bon sens de l'orientation est vital. Les villes et villages ne sont quasiment pas indiqués, alors on passe beaucoup de temps à s'arrêter pour demander notre route. Heureusement pour nous, les Belges que l'on rencontre sont d'une gentillesse incroyable et très patient !

Chaque coup de pédale nous rapproche de notre destination, même si 91km c'est long, surtout dans "le pays des collines"... nous qui croyions être dans le "plat pays" de Jacques Brel c'est raté !

KM
1492
KM
1492

Mardi 07 Mai :

Nous sommes donc bien arrivés chez Mélanie et Bernard !

Du temps de leur vie citadine dans la capitale Belge, ils ont pris la décision de ne plus utiliser la voiture. Ce choix les a amené, pas à pas, à s'éloigner de la ville pour vivre une vie plus simple et le plus autonome possible.

Ils ont alors réalisé l'un de leurs rêves, avec leurs enfants : parcourir le chemin de Compostelle à pied, accompagné de deux ânes.

Par la suite, ils ont récupéré un vieux corps de ferme et quelque terres pour devenir agriculteurs bio en polyculture élevage (moutons, poules, arbres fruitiers, maraîchages, plantes sauvages).

Au moment où nous arrivons chez eux, Bernard n'est pas présent, deux mois auparavant, il est parti à pied en direction de la Syrie... l'objectif ? Planter des arbres dans le désert... rien que ça !

Agrosylvopastoralisme : moutons élevés sous arbres fruitiers "de plein vent" (ou "hautes tiges") 

Pendant les 9 jours que nous avons passés avec Mélanie nous avons réalisé de nombreuses activités très diverses.

Notamment, et pour la plus grande joie d'Ambre, nous avons pu "tondre" quelque moutons, à l'ancienne, avec une paire de ciseaux et beaucoup de patience (environ 45 minutes pour un mouton, à deux). Normalement, c'est Bernard qui tond, seul, en trois fois moins de temps et à l'aide de forces.

Pour la laine il y a plusieurs étapes : tondre les moutons, laver la laine et la carder. C'est cette dernière étape que nous avons réalisé avec la laine de l'année dernière déjà nettoyé par Mélanie.

Mélanie ne file pas la laine. En revanche, à l'aide d'un métier à tisser à cheville, elle peut réaliser des couvertures, des tapis etc...

La laine est aussi utilisée pour isoler les murs de la maison et au jardin comme paillage.

Fabrication d'une couverture 
Frisco, l'un des deux ânes "globetrotteurs" 

Une autre de nos activités fut de réaliser une fascine ou "haie de bois mort". Peu courante en France, cette technique est largement utilisée dans les pays d'Europe du Nord, comme nous avons pu le constater en Belgique et par la suite en Hollande et en Allemagne.Rien de plus simple pour la confection : disposer des piquets (ou des arbres) de part et d'autres de la future haie et remplir l'espace créé à l'aide de bois mort plus ou moins grands. Ces haies sont rapidement réalisables et permettent donc de protéger instantanément une habitation ou des plantations des vents dominants, des herbivores, de l'érosion... De plus, elles sont des lieux privilégiés pour l'installation de nombreux animaux et insectes augmentant ainsi la biodiversité du site.

Merci à Frisco pour nous avoir aidé dans cette tâche !

Et bien sur, nous avons jardiné ! Pour le plus grand plaisir d'Emeric !

Nous avons d'abord échangé de nombreuses graines, puis semé. Beaucoup de plantations effectués, notamment de patates et de choux. Et bien sur du désherbage ! Mais cette fois-ci : maniement de la faux !Une première pour nous deux et une dernière pour Emeric... au premier essai, en voulant l'aiguiser, l'index droit n'est pas resté à sa place... il a maintenant une magnifique cicatrice !

Le jardin de Mélanie est magnifique, très sauvage... "à l'anglaise" comme on dirait en France.

Cela s'explique car elle laisse beaucoup d’espèces sauvages s'y épanouir... pour notre plus grand plaisir.Mélanie a de très bonnes connaissances sur l'usage culinaire et médicinale des plantes sauvages et n'a cessé de nous les transmettre.

De haut en bas et de gauche à droite : egopode, gaillet gratteron, claytone de Cuba, omelette aux plantes sauvages et cultivées 

On fini donc ce Wwoofing avec la tête pleine de projets et l'envie d'en savoir toujours plus sur comment tendre vers l'autonomie.

Encore un grand merci à toi Mélanie pour nous avoir accueillis et transmis tant de choses !

Cabaret aux oiseaux 
KM
1561
KM
1561
Publié le 3 octobre 2019

"Mieux vaut tard que jamais"...

... Après plusieurs mois de silence radio, les nouvelles arrivent. Nous reprenons le cours de nos aventures là où nous nous étions arrêtés (en Belgique) et nous vous emmènerons bien plus loin que Stockholm ...

Jeudi 16 Mai

Après nos magnifiques moments auprès de Mélanie, nous continuons notre route en direction de De Okelaar, qui signifie châtaignier en vieux flamand. Un lieu né grâce à une histoire d'amour entre Mia et Joost.

Vue du balcon

C'est un lieu d'habitation collectif en éco-construction, composé de trois bâtiments avec des appartements et des pièces communes (comme par exemple la blanchisserie qui fonctionne entièrement à l'eau de pluie). Nous sommes à quelques kilomètres de Brussels, presque au centre de la ville de Wolvertem. C'est donc un lieu à mi-chemin entre la ville et la campagne, entre la communauté et l'individu. Ce sont des personnes de différents horizons, qui se rassemblent pour vivre dans un lieu écoresponsable, emplit de spiritualité.

La boîte aux lettres créé par un ancien Workawayer.

Pour la seconde fois depuis notre départ nous sommes plusieurs workawayers sur place et c'est une tout autre ambiance !

C'est aussi un autre fonctionnement, nous ne sommes pas véritablement "chez l'habitant" et nous disposons de 15€ par jour "travaillé" pour la nourriture et autres commodités.

Votre mission si vous l'acceptez

Pendant une semaine notre objectif est de créer des terrasses pour l'entrée du bâtiment principal. Celles-ci seront utilisées comme jardin d'agrément. À la force de nos bras, de nos pieds(-de-biche), de cordes et de transpalette on achemine et positionne les pierres, puis nous rajoutons le sol au fur et à mesure. Nous sommes totalement en autonomie, et nous avons une grande liberté quant au design final. Ce travail nous rappel La Viale, notamment un mur en pierre sèche qu'il a fallut démonter et remonter, là aussi à la force des bras et des neurones !

40% d'action, 60% de réflexion 

C'est un immense apprentissage, tout ce fait en anglais bien sûr, car notre petite équipe est composée de William (Colombie), Federico (Italie) et Louis (France), et nous expérimentons en permanence l'horizontalité pour la prise de décision.

The W.A.F.E.L team : avec nos initiales on peut écrire le mot gaufre en flamand !

Évidemment nous n'avons pas que travaillé. C'était aussi une semaine de partage et d'échanges entre workawayers, à goûter les bières belges et à bien rigoler !

Les habitants du lieu nous ont aussi offert de beaux moments : un repas entièrement vegan (quel bonheur de déguster des légumes lacto-fermentés), des gaufres belges, des parties de billard, de la musique et pleins de petits gestes et discussions.

. Nous avons aussi eu la chance de participer à un atelier de danse intuitive, une journée sportive où les courbatures furent plus intense qu'après n'importe qu'elle journée de vélo... mais le jeu en valait la chandelle !

Chez Mia et Joost : des pâtes bolognaises subliment !

Un grand merci à Mia et Joost, ainsi qu'à William, Federico, Louis et tout les autres habitants pour tout ces beaux moments partagés.

Après cette semaine chargée, nous continuons en direction du nord. C'est maintenant la Hollande que nous allons découvrir. Pas de Workaway ou Woofing au programme, juste du vélo et beaucoup de repos.

KM
2252
KM
2252
Publié le 5 octobre 2019

Jeudi 23 Mai

Nous continuons nos péripéties direction la Hollande. Après la frontière France-Belgique, dans les bois, c'est sur les routes, cette fois, que nous changeons de pays... Pas de beau panneau "Welkom in Nederland", alors Emeric insiste pour prendre cette photo en arguant que ce sera peut être le seul ... il avait raison.

Welkom in "Nederland" !

L'objectif en quittant De Okelaar était de stopper les "bénévolats" afin de profiter des journées de vélo et des rencontres quelles occasionnent. Bref des vacances dans notre voyage, afin de reposer nos corps et nos esprits.

Le vélo en Hollande ... c'est que du bonheur ! Nous pouvons passer partout : suivre les autoroutes sur des pistes cyclables aménagées, traverser les ponts (et Dieu sait qu'il y en a). Le plus ? Les panneaux sont légions, par conséquent, pas besoin de carte. Une vague de liberté bien appréciée pour deux voyageurs sans G.P.S. !

Cependant nous avons aussi eu le droit a nos lots d'incompréhension et de surprise...

Quand tu es perdu et que tu vois un panneau au loin... 

Deux jours après notre départ, et 165km dans les pattes, nous arrivons à Gorinchem dans un camping repéré quelques jours plus tôt. Il est grand, remplit de camions, yourtes et autres habitats délirants. Il affiche complet et une bonne ambiance règne.

Cependant, une nuit sans véritable emplacement nous a suffit. Le lendemain nous repartons tranquillement en fin de matinée avec pour objectif Utrecht à une cinquantaine de kilomètres, et l'espoir de trouver un coin pour se reposer quelques jours.

Un moulin parmi tant d'autres 

Ah, la Hollande ! Il n'y a pas vraiment de zone sauvage, mais la diversité de la faune est incroyable. Nous avons la chance d'observer une multitude d'oiseaux, un plaisir pour les yeux et les oreilles. Bien sûr, nous n'échappons pas aux canaux et moulins typiques de ce pays, nous croisons même sur notre route quelques tulipes retardataires.

Fort aan de Klop  

Nous arrivons à Utrecht avec pour adresse un petit camping à la frontière de la ville. C'est une très belle surprise, un fort entouré d'un petit cours d'eau, avec un espace pour poser quelques tentes. Nous passons du tout au tout, de l'immense camping bondé, au petit camping totalement vide.

Centre historique d'Utrecht 

Nous avons trouvé notre lieu de repos : le camping n'est pas cher et le fort nous appartient. Nous resterons dans ce lieu cinq jours le temps de recharger les batteries et de planifier la suite.

Liberté 

Après une multitude de demandes pour des lieux de vies collectifs, nous désespérons un peu devant l'absence de réponses... Une idée nous traverse l'esprit, faire une demande sur un groupe facebook que nous suivons. Plusieurs personnes nous répondent, réparties entre l'Allemagne, le Danemark et la Suède. Notre futur objectif se dessine donc en direction de Hamburg. Mais avant cela nous décidons de profiter un peu plus de la Hollande, et d'aller voir la mer. On se promène, au grès de nos envies, sans objectif temporel.

Camping sous surveillance 

Un des petits défauts de ce pays est sa complexité pour faire du camping sauvage, ce qui nous pousse à redoubler d'ingéniosité. Par exemple, sur la photo ci-dessus, nous sommes au bord de l'eau presque au milieu d'une ville portuaire... Le nez fin d'Emeric a fait des miracles.

Manger à vélo, une question qui occupe nos esprits. Nous ne sommes plus en France, nos habitudes alimentaires sont bien perturbées. Avant notre départ nous étions consommateur bio, local et le plus possible sans déchet, mais maintenant, nous sommes dans des pays où les alternatives écologiques ne sont pas monnaies courantes... Notre pays natale est peu être plus en avance que ce que l'on pensait.

Le voyage c'est aussi les rencontres, et les semaines qui suivent en furent riche. Tout commence dans une ville portuaire, nous sommes perdus et nous rencontrons Jenny, hollandaise ayant vécu à Paris. Elle nous invite à boire un café chez elle, nous discutons et échangeons un livre. Nous lui laissons l'Or de Blaise Cendrars (un livre à histoire, c'est celui que Manu, l'homme de nos vélos, nous a donné au départ du voyage) et elle nous donne un Fred Vargas en retour.

Le voyage c'est l'impermanence de la vie puissance dix. En une journée tu vis des émotions puissantes, de la pur joie, au désespoir, tu te perds, te (re)trouves, tu fais confiance.

Bourtange 

Ça y est nous arrivons à la fin de nos vacances hollandaises. Le dernier village que nous traversons est une citadelle fortifiée magnifique. C'est toujours une belle surprise pour nous de découvrir par "hasard" des lieux à côté de touristes venus des quatre coins du monde.

Willkommen in Deutschland 

La frontière est franchie, et ce n'est plus la même chose. En Hollande la carte était rempli de canaux et maintenant elle est pleine de routes. L'Allemagne, le pays de la voiture, c'est tout de suite beaucoup moins agréable pour nous. Cependant le pays a fait un bel effort en matière de pistes cyclables.

Pour la première fois, des locaux nous invitent à dormir chez eux. Nous découvrons des gens très accueillant, après le repas, le mari nous gratifie même de deux magnifiques morceaux classique au piano.

Sur la route, les rencontres continuent et notamment Sonny, suédois, voyageur à vélo et écrivain, qui se dirige vers la France.

En Allemagne, la plupart des ponts n'ont pas été reconstruit après la guerre, nous devons donc prendre des ferry, une nouvelle occasion pour de belles rencontres. Nous échangeons quelques mots sur notre aventure avec quatre Belges qui nous offrent la traversée.

Puis nous arrivons dans un camping, qui fera de ce weekend, un des meilleurs du voyage. Épuisés par notre journée personne n'est là pour nous accueillir. Un peu plus loin, dans la salle commune, nous trouvons une dizaine de personne, musique à fond (style année 80 et reprise en Allemand) avec bières et bonne rigolade. Quelle belle erreur ce ne fut que de nous avancer et discuter avec ces personnes. Une bière, deux bières ... on vous passe les détails. Nous avons eu le droit au splendide accueil allemand et à leur sens de la fête. Ils nous invitent le lendemain pour une autre fête au camping.

Prost ! 

Nous restons donc le samedi pour cette fameuse fête, nous n'avons pas très bien compris en quoi elle consistait, car de toute les personnes présentent au camping une seule seulement parle anglais. Mais pas besoin de parler la même langue pour se comprendre. Le lendemain, nous allons de surprise en surprise, nous apprenons que l'on nous avance en voiture.

Et pas qu'un peu ! 90km, ce qui nous amène jusqu’aux portes de Hamburg. Nous n'avons plus qu'à prendre un ferry et faire vingt petits kilomètres pour arriver chez Richard. Bien évidemment nous nous perdons, on demande notre route, mais nous arrivons a bon port. La fin d'un chapitre et le début d'un autre... l'impermanence des choses.

KM
2252
KM
2252
Publié le 7 octobre 2019

Dimanche 9 juin

Nous voilà donc chez Richard (Richie pour les intimes), à Bonningstedt, au nord de Hamburg, où il nous fait découvrir son petit coin de paradis.

Richie fait son jardin en permaculture, ce qui lui permet, sur une petite surface, de cultiver une assez grande quantité de légumes, d'avoir des fruitiers et d'élever des poules, des oies et des abeilles. Il vend ainsi, dans son échoppe : du miel, des œufs et des fruits et légumes de saison.

Clôture vivante en saule 

Nous rencontrons un véritable frère de cœur à l'humeur toujours joyeuse avec qui nous échangeons énormément de connaissances en matière de botanique et d'apiculture.

Comme des enfants avec leurs billes, nous passons notre première nuit à discuter et à s'échanger des graines.

La maison des abeilles (gauche), l'historique maison des abeilles (droite) 

Nous vous l'avions expliqué dans l'article précédent, c'est en Hollande que nous avons envoyé une annonce sur un groupe facebook. En vérité, ce groupe est celui d'un évènement et d'une grande famille mondiale : la "Rainbow Family". C'est justement pour participer à la rencontre annuelle européenne, que nous nous dirigeons vers la Suède.

Il est vraiment très agréable de se promener dans ce beau jardin, d'autant que Richie évite le plus possible d'utiliser du plastique. L'esthétique du lieu n'en est qu'avantagé, nous nous retrouvons à travailler dans la serre (seul élément en plastique) entourés de terre, métal et bois, un plaisir pour les sens.

les semis et boutures dans des pots en grès.


Le terrain se compose donc d'un espace à côté du studio comprenant le jardin, la serre et les animaux.

De l'autre côté de la route nous arrivons sur un espace plus grand, prêté par les voisins, où se trouve les plants de pomme de terre, d'asperges, de courges...

Le hasard faisant bien les choses, Emeric découvre un article (en allemand), dans les toilettes, où il y voit des arbres et le nom d'un français. Il questionne Richie sur cet article et nous découvrons qu'un compatriote, Pascal Girardot, installé en Allemagne depuis plusieurs années, a lancé un projet de forêt suivant la technique Miyawaki à Bonningstedt. Ni une ni deux, nous le contactons et le rencontrons autour de cette forêt en formation.

La technique Miyawaki, provenant du docteur Akira Miyawaki, consiste a recréer rapidement une forêt primaire en plantant, en haute densité (3 par m²), des arbres et arbustes endémiques.

L'association Citizen Forest implante ici 600 arbres sur 200m²... et ce n'est qu'un début !

Après une semaine de partage avec Richie, il est temps pour nous de reprendre la route.

Un grand merci à toi pour l'accueil et tout ces supers moments partagés !

KM
2767
KM
2767
Publié le 12 octobre 2019

Lundi 17 Juin

Pour rejoindre la Suède, nous décidons d'embarquer à bord d'un ferry afin de rejoindre Trelleborg.

Nous parcourons donc les 78km qui nous séparent de Lübeck et nous trouvons, de façon inespérée, un camping très abordable pour la nuit.

Montés à bord du ferry, première étape : immobiliser les vélos pour qu'ils ne bougent pas. On est content d'avoir des tendeurs avec nous.

Dès notre arrivée, dans la salle commune, nous connectons avec Chazzy un écrivain/photographe américain/britannique... qui voyage lui aussi à vélo. De quoi passer le temps en se racontant nos anecdotes respectives.

Le soir, nous dormons à côté de Trelleborg chez une famille très sympathique, encore une fois grâce au réseau WarmShower.

Malmö 

Très vite, nous nous familiarisons avec la Suède, les pistes cyclables sont nombreuses et plutôt bien indiquées.

De plus, l’Allemansrätt ou le droit de libre accès à la nature nous permet, entre autres, de bivouaquer quasiment où l'on veut... ce qui est très appréciable vu le prix des campings.

Quand tu pestes à cause d'un détour inutile et que tu tombe nez-à-nez avec cet arbre, tu te dis qu'il n'y a pas de hasard. 

Nous avons la chance de voyager pendant le solstice d'été. Outre le climat doux et les longues journées, nous assistons à la fête la plus importantes des pays scandinaves : Midsommar (en Suèdois).

Les fleurs sauvages, symbole important de cette fête sont présentes partout sur les bords des routes, et à l'approche des festivités, nous croisons beaucoup de Suédois les ramassant pour faire des bouquets et autres couronnes.

Malheureusement, nous ne trouverons aucune âme charitable pour nous héberger et festoyer le 21 juin pour cette fête plutôt familiale. Un pincement au cœur pour nous deux, grands habitués de la fête de la musique en France

En contrepartie, nous avons le Kattegatt pour nous réconforter.

Et la température de l'eau est beaucoup plus agréable que ce que l'on s'imaginait !

Le Kattegat, une plage, un banc : notre campement pour la nuit !

La plage ? une belle occasion de retomber en enfance et de rechercher les plus beaux cailloux (on repassera pour les coquillages).

Longer la côte ouest de la Suède nous aura aussi gratifié des plus beaux couchés de soleil !

Toujours grâce au message posté sur facebook, nous connaissons notre première étape en Suède : Falköping.

Nous disons donc au revoir à la côte ouest à Halmstad après être passé par Helsingborg, une ville magnifique !

Helsingborg 

Une merveille peut en cacher une autre : en rentrant dans les terres Suédoises, les forêts apparaissent, le vent lui diminue fortement et nous croisons sur notre route un nombre effarant de lac.

Bien entendu, nous nous arrêtons à chaque fois pour nous baigner !

La Suède est aussi vallonnée et cela nous convient parfaitement !

Nous ne sommes pas des grands grimpeurs mais nous redoutons les plats pays (désolé la Hollande), et les monts et vallées rendent toujours les paysages plus fascinants.

Après six jours de vélos en Suède, nous sommes proche du but !Un dernier beau cadeau ? La ville d'Ulricehamn, son lac et ses collines.

Nous arrivons donc à côté de Falköping dans une petite communauté avec Mira, Jonathan, Sebastian et Joschka.

Un super accueil et le début d'une belle aventure !