Carnet de voyage

Paraguay 2

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Paraguay 2. L'aquifère guarani
Du 26 décembre 2022 au 30 mai 2023
156 jours
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Publié le 26 décembre 2022


Suite de mon voyage au Paraguay, mon lieu de ressources et de repos entre deux voyages.

Le petit oiseau à droite, poursuivait ce rapace qui s'attaquait à son nid
Le petit oiseau à droite, poursuivait ce rapace qui s'attaquait à son nid
Attaque  et défense de son nid par le petit oiseau de droite ....et 2 de ses comparses  

Aujourd'hui c'est la fête pour les zozios qui viennent picorer tous les restes du réveillon sur le sol

Cardinal 
Kikiwi 
Canari 

Tout le monde s'entend bien ici car il y a suffisamment à picorer

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Publié le 29 décembre 2022

Pirayú (du guarani « piraju », « poisson jaune ») est une ville qui se trouve à 50 km d’Asunción, près de la cordillère de los altos.

Cette ville est réputée pour ses artisans, pour "son ancienne gare" et pour un épisode tragique durant la guerre de la triple alliance.

Nous avons fait une sortie moto. Bon , pas de Yamaha ou de Kawa… juste des modèles chinois de 200 cm3, modèles très courants ici. Un peu tape cul quand même 🥴...

​Comme vous le savez....ou pas,😁 les paraguayens boivent du maté (chaud) ou du téréré (froid).

Sur le bord des routes, on trouve des femmes qui vendent les herbes à maté, la yerba maté, plus des herbes aux valeurs médicinales. Le client choisit son petit paquet d'herbes qui sera broyé dans un mortier puis placé dans leur thermos spécial pour maté équipé d'un verre (la guampa). On y rajoute de l'eau et de gros blocs de glaçons. Ils aspirent l'eau à travers une pipette métallique, la bombilla.

Les paraguayens affirment qu'ils ont mal à la tête s'ils n'ont pas leur dose quotidienne d'herbes .

En général, les paraguayens connaissent très bien les herbes médicinales , même les plus jeunes. Ces remèdes, les remedios yuyos, sont vendus le matin par des femmes, dans la rue. La médecine naturelle est importante au Paraguay.

De gauche à droite, glacière à glaçons, mixture à maté, herbes , eau et pilon .

A Pirayu, nous avons "visité" l'ancienne gare du Paraguay. Construite sous le gouvernement du Général Lopez vers 1860, elle reliait Asuncion au port d' Encarnacion sur le Rio Parana. Il ne reste plus qu'un tronçon touristique de 19 kms entre le jardin botanique d' Asuncion et Aregua.

Sapin de Noël typique du Paraguay.
Déco du sapin à parti de bouteilles plastiques

La ville est réputée pour ses artisans . On trouve :

1- Le travail de la broderie , très très fine, en coton et souvent amidonnée lorsque elle est assemblée en grand format.

Grande nappe de dentelle colorée

2- La confection des "chipas", aliment traditionnel guarani-espagnol, à base de farine de maïs, œufs, fromage et cuit au four , le fameux Tatakua. Ca y est ! j'ai l'orthographe et l'explication : le trou (kua) du feu (tata).

C'est excellentissime👌. Moi, j'adore! Il en existe plus de 80 sortes que l'on mange à toute heure et qui sont vendus sur le bord des routes par des vendeurs ambulants.

3- La préparation des "cacahuètes", aliment de base ici aussi. La crème de "mani" dissoute dans du lait sert souvent de repas du soir.

4- Le travail de la chaussure souvent décorée de dentelle de couleur, le travail du bois ou de la cuisine au tatakua.

Le "poisson jaune" ou dorade "dorée"

5- On trouve aussi des ateliers de tissage pour les hamacs.

Nous avons été visité un centre qui devrait être historique car il est situé dans une zone où plus de 5000 enfants et soldats ont été massacrés lors de la guerre de la triple alliance (1865-1870).

Je pensais trouver un ensemble bien documenté mais , hélas, nous n'avons eu droit qu'à une grande pièce vide et à des panneaux explicatifs, relatant les faits de guerre du début à la reddition. . Pas de reconstitution, pas d'objets...Une grande zone est en cours d'exploration archéologique car il semblerait que les corps y fussent enterrés. Qu'en restera-t-il depuis 150 ans? Pas grand chose je pense..

Dans les faits, j'ai trouvé décevant.

Pourtant, les paraguayens sont très attachés à la notion de Patrie et à leur pays. Un peuple entier s'est sacrifié pour défendre la patrie et quasiment toute la population masculine ( hommes et ados) a disparu pendant cette guerre . Les drapeaux sont partout, les Paraguayens sont fiers de leur pays, de leurs héros, de leurs artistes .

Un patriotisme qui va bien au-delà du soutien d'une équipe de football!

Zone archéologique, mais terrain privé , cherchez l'erreur
salle à manger des officiers

J'ai surpris des perruches en plein repas. Elles se confondent dans le vert de l'herbe ou le feuillage des manguiers…cherchez bien!

De beaux paysages, des manguiers à foison:

Quelques beaux spécimens:

Tortue charbonnière sur le chemin du retour
Elle était affamée! On la nourrit, la réhydrate avant de la relâcher
Je ne savais pas que un parent pouvait alimenter son oisillon hors du nid!

Un des nombreux petits "collectivos" qui circulent partout

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Publié le 7 janvier 2023

Villa Florida, est une ville située à 4h de Emboscada et positionnée sur les rives de la rivière Tebicuary donnant l’entrée au département de Misiones. Initialement appelée Paso Santo Maria, elle a été fondée par les Jésuites en 1632.

Elle vit principalement des activités commerciales et touristiques liées à la rivière Tebicuary et à ses larges plages de sable blanc . Ses habitants se consacrent également à l’élevage du bétail.

Noélia et Marco ont acquis un petit terrain sur lequel ils ont construit une petite maison secondaire, à améliorer pour la rendre plus confortable (construction de 2 terrasses ombragées, aménagement du terrain, installation d'une clim...).Le principal attrait est bien sûr la rivière, que ce soit pour la pêche qu'ils affectionnent tous les deux ou pour la baignade et le repos sous les bosquets d'arbres qui s'égrènent le long des rives.

Les terrains sont situés sur une plaine antérieurement destinée à l'élevage du bétail, ce qui explique l'absence cruelle d'arbres! D'ailleurs, la région est une région d'élevage de bétail ou de plantation d'eucalyptus (destinés à la pâte à papier, à la construction, et à l'assèchement des sols comme pour nos pins des Landes)

Mais la rivière est un enchantement.

Dans la journée, nous avons installé un campement sous les arbres pour profiter de l'ombre et se reposer, ou pêcher, comme en Guyane ou se baigner.

Ou bien, en fin de journée, quand le soleil tapait moins fort, on partait découvrir la rivière:

On se croirait en Guyane
Des plages de sable blanc à perte de vue

C'est un enchantement pour les oiseaux! Il y en a partout, sur les îles et sur terre:

Martin pêcheur, pas facile à photographier !

En chasse!

L'aigle pêcheur:

Une quantité impressionnante d'oiseaux , actuellement par couple, sur les chemins et sur les clôtures des parcelles de terrains:

Des rapaces:

Et plein d'autres:

C'est un paradis pour les ornithologues !

Nous sommes repartis un peu plus tôt que prévu (un jour de moins ) à cause de la chaleur écrasante (plus de 40 degrès) . Difficile de bien dormir, même si les nuits sont fraîches.

Sur le chemin du retour, nous avons traversé plusieurs petites villes. Fait étrange ici, elles se spécialisent dans une activité artisanale et tout le monde fait la même chose: travail du bois, vente de ballon, fabrication de hamacs! Je ne sais pas comment ils font pour vivre et s'en sortir! C'est impossible!

Ville du travail du bois: pilon, cuillères, planche à découper ou box pour le bétail. On a compté plus de 30 "boutiques" !!!!

Village "ballon"....mais qui vient acheter des ballons ????? Il y a des dizaines de vendeurs et des centaines de ballons en vente au bord de la route. Même Spiderman n'a pas de succès 😒.

Village "hamac "et quelques entrées de villes.

Et ils ont même voulu me vendre dites donc! Et bon prix en plus!!

Spécialité locale: les chaises en fils
Boucherie....en plein air... c'est l'Afrique!
Ici, les pompiers sont soient jaune soit rouge; je ne sais pas pourquoi.
Etayage à la brésilienne
Quelques maisons, souvent petites ici 
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Entre deux voyages, nous avons été rendre visite aux grands parents paternels de Noélia: Agustina, 84 ans et Modeste, 85 ans.

Parents de 7 enfants, propriétaires terriens, enfin paysans quoi, ils habitent un petit village au nom imprononçable San Pedro de YCUAMANDYYU.

J'ai fait un bond en arrière de ....80 ans à peu près. Petite maison qui sert juste pour dormir, terrasse couverte qui sert de tout! ( buanderie, cuisine, SAM, débarras, etc...)

La SDB du papi qui refuse d'utiliser celle de la mason et se lave à la bassine

Tout y est : le poulailler, les poules qui courent partout, les cochons qui pataugent dans les flaques de boue après y avoir uriné, qui rentrent dans la maison. Plus les chevaux et quelques zébus pour la viande (pas de vaches). Sans parler des 4 chiens et du chat.

Ce collier est à son cou car c'est un fugueur

La cuisine...parlons en! Agustina ne cuisine qu'au feu de bois depuis.... depuis toujours en fait. La cuisine est à l'extérieur de la maison. Le fourneau et les "plaques" sont insérés dans un ensemble fait de briques et de sable + ciment. Quand nous sommes arrivés, un côté et la cheminée s'étaient cassés la figure.... Pauvre Agustina! Elle ne sait pas cuisiner au gaz. Alors Marco et Noélia ont entrepris de remonter la cuisine!

la cheminée avant
la cheminée après , avec son conduit...

Une belle rivière passe tout près du village

Pendant les travaux de Noélia et Marco, j'en ai profité pour photographier petites fleurs , papillons divers et oiseaux

Fleurettes jolies

Papillons de la campagne

Oiseaux

cigogne
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Publié le 8 avril 2023

Entre mon départ pour le dernier voyage AS et mon retour en France, nous partons explorer le sud du pays

Première étape : Villarrica. Ce sera une ville étape car nous sommes partis assez tard d'Emboscada.

A l'endroit où la ville a été fondée ,à l'origine, il y avait des gisements d' or et d’argent semble t-il …. d’où son nom « ville riche »

A partir de 1884, avec l'extension du chemin de fer, la ville vit une période de décollage économique dûe à son union avec Encarnacion et donc avec l’Argentine.

Bien que le chemin de fer ne fonctionne plus aujourd'hui, l'ancienne gare et d'autres bâtiments de l'époque sont toujours debout, et beaucoup sont désaffectés.

Dans le quartier appelé « Centro » de la ville se trouve la grande majorité des bâtiments considérés d'intérêt architectural, culturel et historique.

Le lendemain, nous partons pour CARMEN DEL PARANA

Carmen del Paraná est située dans la région sud et à environ 330 km d’Asunción.

Les habitants se consacrent principalement à l'agriculture et à l'élevage, avec de vastes plantations de riz, soja, blé et maïs.

Elle est considérée comme "Capitale du Riz" car trois des plus grands moulins de transformation de la céréale se sont installés à l'endroit.

Au Paraguay, la dénomination « capitale » signifie que la ville se consacre à une seule activité…. Capitale du riz, capitale du lait, capitale du bois ou des hamacs ou des ballons etc....

Après la montée du réservoir du barrage de Yacyreta avec l'Argentine, Carmen del Paraná a radicalement changé d'apparence en raison des grands travaux d'infrastructure réalisés sur le site, notamment de 3 plages pour la saison estivale. Le "Complexe d'habitation Yacyretá", le "Réseau d'eau potable et d'assainissement", le "Parc municipal de la bataille de Tacuary" et de nombreux autres travaux, ont complètement changé le visage et l'infrastructure de la ville.

Nous poursuivons sur ENCARNACION.

Peu connues, très peu visitées (comme le Paraguay en général) et souvent délaissées au profit des sites similaires côté argentin (pourtant en moins bon état), les ruines des missions jésuites de Trinidad de Parana et de Jesus de Tavarangüe sont très bien restaurées et désertes !

Les Missions jésuites du Paraguay, distribuées autour de la ville d’Encarnación, sont présentées comme un exemple de coexistence idéal entre les autochtones guaranis et les Jésuites.

Ils habitèrent ensemble dans une trentaine de « réductions », des villages où les Guaranis étaient regroupés pour vivre sous la bannière de la religion chrétienne

Un peu d’explications…

Mais que sont ces missions jésuites? Petite remontée dans le temps car leur histoire est très intéressante !

Au départ, la compagnie de Jésus est un ordre religieux européen qui a participé à la colonisation de l’Amérique du Sud au XVII et XVIII° siècle, mais, contrairement à la plupart des colons, ils l’ont fait d’une manière pacifique et ont développé un modèle de société utopique.

Les Jésuites ont vite compris que le meilleur moyen d’évangéliser et d’être acceptés des Guarani était de s’intégrer à leur communauté. Ils ont appris la langue locale (le guarani) et créé des « missions« , de véritables villages qui n’étaient pas sous contrôle des espagnols et où les Guarani pouvaient garder leur coutumes ancestrales.

Cérémonie pour la réception d'un dignitaire
Evangélisation des guaranis

L’administration des missions (ou réductions) était assurée par les Guaranis eux-mêmes.Tous les biens produits par la communauté étaient redistribués équitablement . La journée de travail était d’environ 6h (contre 12-14h en Europe au même moment !).

Tous les enfants avaient droit à une éducation de grande qualité dans un collège où les jésuites tenaient particulièrement à l’enseignement des arts (chant, musique, danse, sculpture, enluminure, tir à l’arc…). Un système d’aide était en place pour aider les personnes âgées et les mères célibataires. La peine de mort a été abolie et les soins étaient gratuits, fournis par un hôpital public. Incroyable !

Les Missions jésuites sont séparées d’une quinzaine de kilomètres chacune. Une distance qui leur permettait de communiquer par le biais de miroirs et signaux de fumée, ainsi que se porter au secours des communautés sœurs en danger.

Toutes les « réductions » sont d’ailleurs construites en hauteur, permettant de s’observer et de détecter une avancée d’éventuels ennemis.

En effet, devant repousser à plusieurs reprises les attaques de marchands d’esclaves, les hommes d’église obtiennent le droit d’armer les autochtones et mènent plusieurs batailles qu’ils gagnent sans peine, en raison du grand nombre de soldats guaranis à leur disposition. De frères spirituels, les Compagnons et les Guaranis deviennent frères d’armes.

La culture chrétienne et la culture guarani se sont progressivement mêlées, donnant naissance à un nouveau style.

A l’époque, grâce aux Jésuites, la société Guarani était l’une des plus « modernes » au monde. C’était la première au monde à être entièrement alphabétisée. Mais devant l’importance grandissante des missions (140 000 guaranis dans 30 missions), la Couronne Espagnole a pris peur et a finalement ordonné l’expulsion des Jésuites au cours du XVIII° siècle… Triste fin !

Quelques unes de ces « réductions » ont possédé des caractéristiques uniques, semblant poursuivre leur vocation propre. C’est le cas de la Mission de San Cosme qui se spécialisa dans le domaine de l’astronomie, grâce au père Buenaventura Suárez, un jésuite né en Argentine.

La « réduction » de la Santisima Trinidad de Paraná se dédia quant à elle à la musique, un autre point de connexion culturel. Les Guaranis auraient en effet un sens auditif très développé. Les Jésuites ont encouragé le goût pour la musique chez les autochtones, qui fabriquent en quantité des instruments de musique pour accompagner leurs danses et leurs chants.

Entrée sur le site

C’est un véritable village (qui accueillait 3000 personnes), avec des dizaines de bâtiments organisés autour de la place principale et de la cathédrale. Le toit de bois n'a pas résisté au feu des Espagnols.

Les statues ont été étêtées car les Espagnols cherchaient les cachettes d'or
El Diablo, d'inspiration plus guarani que chrétienne
L'intérieur très impressionnant de l'église
Les catacombes
Les sculptures épousent la forme du bâtiment
Clocher déporté de l'église, mais sans toit! ( il a brûlé)
Des colonnes de style grec et romain, incroyable non?

La Mission de Jesús de Tavarangüé, qui ne sera jamais terminée, devait être la cité modèle des « réductions », la plus parfaite.

Destinée à accueillir la surpopulation des autres Missions, l’ambition est énorme, à l’image de son église qui devait s’étendre sur 70 mètres de longueur et 23 mètres de large. Elle contient des embrasures d’inspiration arabe, est exécutée par des Guaranis sous la houlette d’architectes jésuites. A elle seule, elle représente un métissage unique de cultures issues de trois continents. Toutefois, quelques années après avoir débuté sa construction, les Jésuites sont expulsés des terres espagnoles sur ordre de Charles III en 1767. Le toit et les ornements de l’iconique église restent inachevés, et la Compagnie quitte le pays.

Le site est magnifique et désert. Les murs de l’église principale sont encore debout, avec toutes leurs frises très travaillées.

Dans ce parc se trouve une plantation d'herbes à Maté. Ce sont ces arbustes dont les feuilles sont récoltées, séchées et réduites en petits morceaux. C'est la base du Maté auquel viendront s'ajouter d'autres herbes aromatiques et /ou médicinales selon chaque utilisateur

Dans ce parc immense nichent aussi des centaines d'oiseaux. Nous sommes en automne mais ce perroquet cherche des petites branches pour la construction de son nid! Les photos sont en contrejour...

Nous quittons les lieux à l'arrivée de la nuit, sous l’œil intrigué de 2 chouettes

Entre Encarnation et Colonia Yguazu, c'est le royaume des vastes plaines d'eucalyptus et de soja

plantations d'eucalyptus par centaines d'hectares

Les principales productions agricoles sont le coton, les oléagineux et la canne à sucre. D'autres cultures importantes sont le maïs, le blé, le tabac, et le soja, ainsi que quelques fruits et légumes.

Cependant, malgré les nombreux éléments positifs de ce pays, en termes négatifs, le Paraguay pourrait bientôt se définir comme Sojaguay, le pays du soja.

80 % de la terre cultivable au Paraguay sont dédiés au soja et pratiquement 85 % de l’ancienne forêt atlantique ont disparu avec la progression de l’agrobusiness, qui atteint presque 95 % de la terre en production alors que les paysans ne disposent que du petit 5 % restant.

Vue du ciel, la vision de la moitié orientale de ce pays montre que 40 % de son territoire est une immense mer verte transgénique où la vie de tout ce qui ne soit pas du soja, y compris humaine, s’y noie tous les jours.

Au Paraguay, c’est depuis le gouvernement de Horacio Cartes (chef de cartel) entre 2013 et 2018, c’est-à-dire après avoir expulsé le président Fernando Lugo du gouvernement par un coup d’État (2012), que s’est produite la montée en importance de l’agrobusiness.

Parallèlement, on assiste à une augmentation des procédures de criminalisation contre la montée de la protestation sociale, autochtone et paysanne.

Dans ce panorama, l’augmentation de cette protestation tire ses racines des inégalités suite aux pertes de terres et de territoires paysans et autochtones, aux expulsions et déplacements vers les périphéries urbaines, à la disparition progressive de l’agriculture traditionnelle, à la dégradation environnementale et, enfin, à l’aggravation des conditions de vie et des droits humains. On est loin des Jésuites....

Au Paraguay ou au Sojaguay, ce qui est en jeu, c’est la Vie ou les intérêts des marchés.

Le bétail revêt aussi une grande importante, comme viande d'exportation vers l'Argentine

Nous traversons des plaines de soja à perte de vue, des dizaines de silo pour l'entreposage et des dizaines de camions sur les routes toutes droites de cette région.

Nous arrivons à Colonia Yguazu

Cette ville est en grande partie habitée par des colons japonais, qui cultivent du soja, du blé et des noix de macadamia.

Ils sont regroupés dans la Coopérative progressiste Yguazú. De même, la grande majorité des quartiers de ladite ville est contitué d' horticulteurs qui plantent généralement des tomates, des choux, des concombres, et d'autres variétés, mettant déjà en œuvre le système de serre.

C'est l'une des colonies les plus prospères de l'Alto . La terre est grasse et riche. C'est ce qu'ils appellent ' l'arena gorda", une terre qui sert aussi à la fabrication des tuiles de construction . Une terre très collante et glissante comme du verglas quand elle est mouillée... nous en avons fait l'amère expérience!

En voulant aller rendre visite à un couple de français , nous avons dû emprunter un chemin d'arena gorda.......après la pluie de la veille. La voiture de Marco s'est retrouvée en travers du chemin, remplie de boue collante partout sur et dans les roues. Comment dire? Ce fut une sacrée aventure pour s'en sortir(2h de galère) et pour nettoyer la voiture avant la route du retour (2h de karcher!). Bon, je n'ai pas fait de photos car l'ambiance photographique n' y était pas, mais Noélia en a posté une sur Tik Tok.

Et pour terminer un petit tour à CIUDAD DEL ESTE

Ciudad del Este se caractérise comme une ville commerciale et industrielle.

C'est la ville principale du tourisme d'achat le plus important du pays. Chaque jour, de nombreux touristes, notamment brésiliens et argentins, traversent le pont à la frontière pour y faire leurs courses . C’est une ville de négoce, de trafic mais aussi de blanchiment d’argent.

Ce n’est intéressant que pour ceux qui ont des commerces ou veulent faire des affaires pour des équipements de toutes sortes. Rien d’intéressant pour moi si ce n’est le gigantisme de cette ville , à la frontière du Brésil.

Nous prenons la route du retour sous le brouillard ...on se croirait en novembre en France!

Une fois dissipé, place à la vie locale..

Ce sont des cacahuètes
Vendeurs de cacahuètes et de potirons en tous genres 
Transport quelque peu dangereux....
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Publié le 14 mai 2023

Et voilà! Tout a une fin. Lundi 15 mai, je reviens en France. Nous avons été faire un dernier restaurant sur Asuncion.

Il se trouve que c'est le jour anniversaire de l'indépendance du Paraguay, la 212ème année, la commémoration des événements ayant marqué la nuit du 14 au 15 mai 1811. Après l'occupation du Quartier Général militaire à Asunción, l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne fut proclamée. Elle ne fut cependant ratifiée par le Congrès que deux ans plus tard.


Monument des héros
Releve de la garde
La banque bien décorée
Le soldat inconnu

Je termine un merveilleux voyage en Amérique du Sud. J'y ai vu des paysages incroyables. J'y ai rencontré des gens gentils, serviables et souriants. J'y ai goûté et bu des spécialités surprenantes . J'ai été accueilli de façon extraordinaire par mes amis au Paraguay. Sans eux, ce voyage aurait eu une connotation différente certes mais, à cet époque de ma vie, il m'était vital de faire ces transitions et ces temps de repos et de réflexion au Paraguay. Je ne les en remercierais jamais assez.