Le ciel est étoilé : la Lune en 1969, les 2 étoiles de la CAN et notre belle étoile qui va accompagner nos enfants sur les routes du Caucase en sac à dos pour un voyage d'initiation. Bonne route
Du 24 juillet au 17 août 2019
25 jours
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Francfort, 24/07 à 13h,


C'est le jour J. Comme convenu et sans la moindre surprise, le vol Luxair décolle à l'heure de l'aéroport Luxembourg Findel. La rigueur germanique, quand tu nous tiens !!

Nous sommes prêts pour cette nouvelle aventure avec nos deux tigrons. De notre côté, nous ressentons une certaine impatience de vivre cette expérience hors-pair. Nous ressentons ce voyage comme une véritable expérimentation et une occasion de vivre des moments uniques ...

Les 4 sacs à dos sont prêts, 2 kgs pour notre Gabinou, 5 pour notre Esteban alias Wuldi, 8 pour Tima et mes 12kgs (Eh oui il fallait bien que je me sacrifie en ajoutant quelques jouets et médicaments). Quelques livres nous accompagneront, dont un guide (un minimum de confort quand même pour les enfants) et le roman d'aventure de notre Mousquetaire, Alexandre Dumas , qui a sillonné le Caucase pendant de longs mois ....

Comment vont-ils réagir ? À priori l'optimisme et le plaisir sont au rendez-vous .... cette photo le témoigne bien

Ressentent-ils cette sensation de bien-être qui m'envahit dès que je pose le pied dans un aéroport ? Autant par le silence et le calme régnant que le panneau indiquant les destinations proposées. Tout est desservi depuis Francfort; de Tokyo, Osaka au pays du Soleil Levant ; de Koweït City, Aman au Proche Orient ; de New Delhi, Pékin, Singapour,Bangkok en Asie ; de Houston, LosAngeles,Médico City sur le continent américain ; Moscou, Stockholm en Europe ; à Johannesbourg, Nairobi sur le continent africain. J'ai déjà les pieds décollés !!!

Accrochez vos ceintures à bord de l'Airbus A321 direction la région du Caucase. Comme l'ont accroché Esteban et Gabin qui découvrent pour la première fois les joies du décollage et de la vie quotidienne dans un avion ....

Voici notre itinéraire pendant un mois : arrivée à Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan pour découvrir la terre azérie. Puis cap pour la Géorgie, terre natale de notre ancien "petit père des peuples", Staline, à bord d'un train de nuit digne des trains russes. Pour finir en Arménie, terre ancestrale de notre regretté Le Grand Charles, Aznavour.

Le tout sans savoir comment se déplacer, ni où dormir ( sauf les premières nuits à Bakou).

Quand nous avons partagé avec Tima notre projet de vacances à notre entourage amical ou professionnel, c'est simple, la réaction a été double. C'était le "Waouh !!!" enthousiaste ou le "Oh là là !!!" craintif ....

Admettons que ce projet de vacances estivales ne soit pas très commun mais cette idée nous va plutôt bien.

Alors pourquoi là-bas, pourquoi ce choix plutôt cocasse ? Nous voulions une destination dépaysante, de tout point de vue : culturelle, linguistique (les alphabets), géographique (la majestueuse chaîne montagneuse du Caucase), économique (monnaies différentes) ; le tout à maximum 5 heures d'avion, dans des conditions climatiques, sanitaires et médicales disons correctes.

Et puis de savoir que nous frôlons des pays comme l'Iran, la Russie (les régions de la Tchétchénie, du Daguestan, ...), le Kazasthan ou le Turkmenistan autour de la Mer Caspienne, c'est quand même ennivrant non !!! Cette carte me fait rêver vous ne trouvez pas .... Quelle belle aventure qui se dessine !!


Cette région du Caucase offrait tous ces avantages !!! Et puis donnons cette chance à nos enfants de vivre une expérience unique, pour leur ouvrir l'esprit .... le tout en respectant leur rythme évidemment .....

Avant de poser le pied sur la terre azérie ou azerbaïdjanaise (on parle de peuple azéri mais l'Azerbaïdjan est peuplé par d'autres communautés, telles les russes, les arméniens, les tatars, les arabes, ....), nous avons la chance de pouvoir discuter avec des locaux (certes vivant maintenant en Allemagne) mais qui nous donnent des précieux conseils. Le tout grâce aux enfants, les nôtres par exemple. Nous sentons un profonde tendresse pour les enfants dans ce pays qui paraît matriarcal. Nos deux tigrons vous nous ouvrir des portes c'est sûr !!

Je pense à comment se déplacer à Bakou ou dans le pays, les budgets à envisager ..... sans oublier la mentalité, les codes du pays que nous commençons à percevoir .....

Le vol dure 4 heures et nous pouvons entrevoir des bateaux naviguant sur la mer Caspienne, tout comme les sommets de la chaîne du Caucase, dont les fascinants 5 600m du Mont Elbrouz qui propose une ascension enneigée, verglassante et très technique. La montée du Mont Blanc est juste une plaisanterie d'après un reportage que j'ai vu récemment ...

Fin du vol et la terre azerbaïdjanaise se devine sous nos yeux, sèche, brune et orangée, entrecoupée de bourgades.

À demain pour de nouvelles aventures, qui commenceront par les joies de la rude négociation en Azerbaïdjan .... jusqu'au dress code national et inévitable, le marcel blanc azéri !!!!😉😉

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Bakou, Azerbaïdjan, 26/07/2019 à 20h22,

Nous nous sommes donc arrêtés à l'arrivée sur le sol azéri, après avoir pris la température avec le peuple azerbaidjanais dans l'avion. Que nous ont-ils appris ? Quelques subtilités du pays, l'attachement à la famille, le grand respect aux enfants et quelques bonnes ficelles pour nous aider dans la logistique du pays. Car rappelez-vous que nous sommes à pied avec nos sac à dos, livrésà nous-mêmes !!! Nous connaissons quelques ficelles, les prix moyens demandés et une application qui fait un ravage ici, Bolt. Non pas l'application qui va permettre à un sprinteur d'égaler le roi Usan Bolt mais une qui permet de trouver des voitures prêtes à t'emmener n'importe où, pour un prix défiant toute concurrence. Le Uber azéri disons ..... Cette région du Caucase nous semble être au top de la technologie. La découverte de la ville de Bakou va d'ailleurs aller dans ce sens.

Ceci dès l'aéroport Heydar Aliyev de Bakou. Un terminal hyper moderne, le visa d'entrée validée à grande vitesse, le carrelage reluisant et une attente de quelques minutes pour recuperers nos sacs à dos. Le temps de changer quelques euros en manats, monnaie locale, direction le taxi , sachant que nous savions le budget qu'il fallait consacrer pour aller en ville (10 mandats, soit 5 euros). Il est 21h30 et l'air est chaud mais pas pesant, pas humide. La douceur maritime apaise la vague de chaleur estivale locale.

Le temps de la négociation commence devant les buildings et bâtiments modernes en face de l'aéroport.

Les chauffeurs doublent la mise. Évidemment ! Et ce n'est pas Tima qui va aller au front même si ses talents de négociatrice m'ont déjà maintes fois sauvés la mise. Ici c'est l'homme qui fait la musique mesdames. Il ne viendrait même pas à l'esprit des chauffeurs de négocier avec une femme .... Il faut jouer serré et c'est bon, c'est parti, dans un taxi style londonien. Au prix que nous avait conseillé. Nous nous retrouvons dos à la route et en face de nos enfants subjugués par ce qu'ils découvrent. Et vous allez le voir à travers les photos, il y a de quoi !

Ces moments durant lesquels tu découvres un pays, l'ambiance, le climat, les routes, le trafic routier, les infrastructures, les bâtiments sont parmi ceux que je préfère. Tout de suite, ça te met dans le bain.

Et le bain ici il est plutôt très agréable et inattendu. Bakou n'est pas si gigantesque mais d'une modernité, d'une luminosité à couper le souffle. On passe devant le stade de foot, le palais des congrès, le musée national au top de la modernité. On n'aperçoit que brièvement les quartiers populaires à flanc de montagne ou les cieux blocs de l'ère soviétique.

Notre chauffeur zigzague délicatement mais sûrement entre les voitures sur une chaussée impeccable. Le centre-ville pointe le bout de son nez et je comprends pourquoi une excursion touristique "Bakou by night" est proposée. Nous en avons plein la vue, comme en attestent ces photos :

Les styles se mélangent , la foule déambule dans les rues piétonnes ou dans les boulevards. Les petites épiceries Market subsistent vers les enseignes Bulgari ou Dior. Cette ville vit la nuit. Les trois gratte-ciels que je désigne aux enfants comme les 3 grandes voiles dominent la métropole. De leurs vrais noms les "Flam Towers".

À l'image de l'application Bolt, Bakou se modernise à grande vitesse .....

Une demi-heure plus tard et le taxi nous dépose devant l'hôtel. Et là quelle ne fut pas ma grande surprise quand le chauffeur me demande 50 manats. Mais bien sûr, sachant que nous avions fixé le prix en partant. La négociation reprend de plus belle et il s'emballe, préfère repartir sans manat en poche .... Et bien l'Azerbaïdjanais est plutôt impulsif et nous voit comme des euros sur patte. C'est bon à savoir et il va comprendre assez rapidement à qui ils ont à faire. Avant de faire demi-tour, je lui donne quand même ses billets de la course, histoire d'être réglo jusqu'au bout.

Question business, ici, ça ne rigole pas. S'ils peuvent profiter toi, ils n'hésiteront pas.

J'écris précédemment que cette ville vit la nuit. Mais by day, quelles images donne-t-elle ?

Franchement, c'est une ville insaisissable, déjà d'un point de vue architectural. Je m'explique : c'est à la fois le moderne exubérant d'une ville comme Dubaï, Abu Dabhi futuriste plongée dans le fourmillant coloré d'une Istanbul millénaire. Aussi le classicisme du Paris haussmannien marié à la rigueur soviétique d'un Moscou de l'époque communiste. Où se côtoient les ruines d'une ville jadis historique (des civilisations perses ou shirvanshahs) ou récemment en guerre (de la domination soviétique).

Cette ville est donc "multi-forme", multiculturelle. Le kebab est voisin du burger, tout comme la kippa du voile.

Les personnes ici sont de taille moyenne, voir petite. Leur regard est persan et perçant, mat, les yeux bruns et brillants. On te fixe dans les yeux, parfois de façon sévère mais pas forcément méchante. Mais dès que cette barrière s'ouvre, l'hospitalité est de mise ....

Les femmes, vous les trouvez en famille, entre elles ou au fourneau. Les hommes passent leur temps entre leur travail, leurs cigarettes (2 euros le paquet) et leurs portables.

La langue parlée est le turc majoritairement. Les 90% de la population sont azéris mais nous avons pu croiser aussi des arméniens, des tatars, des russes, des juifs, des iraniens, des arabes, ....

Mais si il y bien un signe dans la mode azérie masculine, c'est le port du marcel blanc, aussi bien torse nu que sous n'improte quel autre vêtement. On les devine sous les chemises blanches, voire même sous les t-shirts ...... Est-ce un signe de virilité ? d'élégance ? Comme quoi la mode dépasse toutes les frontières et reste très subjective .... en tout cas mesdames, un marcel blanc sous une chemise blanche, c'est la classe assurée !!!

En tout cas, il existe bien un paradoxe dans ce pays qu'est Azerbaïdjan. Est-il en Europe ou en Asie ? N'organisent pas-t-on actuellement les Jeux Européens à Bakou ? La finale de l'une des Coupes d'Europe de football ne s'est-elle pas jouée à Bakou cette année ? Le débat est lancé, vous avez 4 heures pour plancher là-dessus !!!

Ce matin, nous montons donc sur un "flying carpet" pour découvrir la vieille ville historique et ses murailles du 15ème siècle, primées par l'UNESCO. La route de la soie passe aussi par ici, et comme l'Asie Centrale, le tapis est roi ici. Devant toutes les maisons, le tapis sèche sur les murs le matin, comme dans les villes arabes. A vous de vous faire une idée, de ces tapis, mosquées, palais historique qui jouxtent le modernisme ..... Bakou est une ville moderne en pleine reconstruction ....

Nous continuons notre chemin. Des portes de hammam s'ouvrent, la citadelle entoure toujours autant cette veille ville et son souk. Nous n'avons plus qu'à appeler non pas un ami mais Bolt qui nous ramène tranquillement à notre hôtel .....

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Lokbatan, 28/07/2019, 22h23,

Nous vous avons quitté après la vieille ville de Bakou, ses mosquées, ses tapis, son souk, .... belle journée ou Carpe Diem sur une façade de maison de Bakou, n'est-ce pas Claire !!!

Deux jours se sont écoulés par la suite dans cette métropole stupéfiante.

D'une part, il a fallu qu'on raisonne logistique avec Tima pour la suite du voyage. Où irons-nous dormir par la suite ? Où voudrions-nous aller ? Comment ? .... Nous avons donc consacré une bonne journée à gérer et planifier tout ça. Tout en s'attachant à Bolt, notre application made in Caucase, nous découvrons le métro de la capitale azérie, digne du métro moscovite.

Vous avez vu sur cette photo les fresques sur la station de métro, digne des fresques que nous pouvons voir dans des pays d'Asie Centrale, tels le Kazakhstan et le Turkmenistan. Elles symbolisent en partie les célèbres tapis de cette région. Quand je vous disais que l'Azerbaïdjan est entre l'Europe et l'Asie .... Autre indice de l'influence de l'Asie Centrale, cette compétition que se livrent entre eux les pays de cette zone : quel pays aura le drapeau le plus grand qui flotte dans la capitale ? D'après mes sources, celui de Bakou se situe en 2ème position !

Bref, revenons au métro de Bakou ressemblant au métro moscovite : les longs et profonds escalators, des stations qui ressemblent à des musées et un métro ou train qui roule à vive allure, au bruit de nos anciennes michelines ... ; pour un prix défiant toute concurrence. Il nous emmène à l'une des gares routières de la ville, véritable labyrinthe. Tout y est, magasins, kebabs, kafe, caisses pour prendre ses tickets, les bus des années 50, .... Le tout avec nos amis azéris qui parlent que très rarement l'anglais. On arrive à en rencontrer quelques uns. Ouf ! La caisse est devant nous après une demi-heure de marché, et grâce à ce jeune qui connaît la France comme le pays de Louis de Funes !! La décision est prise, nous partirons vers le nord du pays, dans les montagnes autour de Quba, à 180kms de Bakou. Le tout en bus local ou marshrutka pour un voyage qui devrait durer 2h30, j'écris bien devrait car la ponctualité paraît correspondre à ma ponctualité .... c'est dire ...

Autre challenge que j'ai envie de vous proposer, demander des billets de bus alors que les agents d'accueil ne parlent pas un mot d'anglais. Enfin le même nombre de ceux connus par nos enfants, c'est à dire "hello, good morning, thank you, bye bye" !! Le tout en sentant une pression croissante des autres clients qui veulent aussi acheter leurs billets derrière toi, sans respecter la file d'attente ..... . Heureusement que nous pouvons communiquer avec nos mains et nos yeux !!! C'est ce que nous apprenons à nos enfants pour rentrer en contact avec d'autres enfants de leur âge .... et vous verrez ça va marcher !!

En tout cas, jai réussi mon challenge, les billets de bus sont dans ma poche, 2 euros le voyage , le tout en 5 minutes !!! Les billets en poche, retour en ville et à la gare centrale, en rencontrant le chauffeur du métro car Gabin a eu envie de conduire !! On rencontre deux azéries, mère et fille. Elle s'adressent plus à Tima qu'aux enfants, c'est mal vu de s'adresser à un homme quand on est une femme ici. Je vous l'ai dit, société macho et matriarcale. Autre preuve, un chauffeur de Bolt n'a même pas daigné répondre à Tima alors qu'elle l'avait salué au moins 3 fois. À moi il m'a répondu du premier coup !! Les mecs, on se sent fort en Azerbaïdjan !!!

La gare centrale se situe dans la partie plus moderne de la ville, autour de la fameuse place du 28 mai. Les vieux bâtiments font face maintenant aux buildings et au centre commercial qui héberge Ronald Mac Do et la Wifi. Le progrès, toujours le progrès .....

En tout cas, la gare de Bakou offre la même vision moderne et propre que l'aéroport. Même les toilettes sont quasiment propres. Cela donne envie de prendre le train. Nous préparons notre futur voyage en Géorgie pour la semaine prochaine et la logistique est la même qu'en Russie. Il faut réserver à l'avance, sur place ou sur Internet, dans l'une des 3 classées proposées. La deuxième consiste à avoir son compartiment de 4lits couchettes. Nous optons pour celle-ci, sachant que Gabin devra dormir avec nous. Espérons que le quatrième ronflera pas !!!! Comme la gare routière, l'opération "achat billets de train" est partie, le tout devant cet écran qui indique les départs en Azerbaïdjan ou internationaux. Istanbul est à 4jours, Moscou à 3, Kiev aussi, Rostov-en-Don en 1 jour, ..... ; bref que du bonheur cet écran.

L'opération est aussi réussie !!! Grâce à notre guichetière qui se debrouillait comme nous en anglais.

Cette journée logistique se déroule bien . Maintenant, autant profiter et découvrir les quartiers modernes de la ville. Après avoir fait plaisir à nos deux tigrons qui se délectent devant leur Happy Meal made in Azerbaïdjan !!! De mon côté, je voulais le faire plaisir en demandant une bière non alcoolisée ou kbac affichée à 0,50 manats. Mais non le serveur me demande 1 manat. Désolé mon grand mais le prix est à 0,50. Je vous l'avais dit, ils ne lâchent rien ici, jusqu'à te prendre pour un zoive. Certains nous prennent pour des euros sur patte, il faut juste l'accepter et ne pas se faire avoir. Le serveur voisin a été correct par la suite.

Voici en quelques clichés ces quartiers en pleine reconstruction. Esteban retrouve son violon, Gabin fait connaissance avec un géant azari, ..... Les commerces se multiplient, les vieux immeubles laissent la place aux buildings, la rue piétonne Nazinov est immense jalonnée de quelques sculptures jusqu'à la place Fountains Square, l'un des coeurs névralgiques de Bakou.

Après s'être reposés à l'hôtel, comment finir cette journée sur une belle note ? J'avais repéré un restaurant sur le front de mer, la Riviera, qui domine une grande partie de la ville. Allez on se lâche, nous emmenons nos enfants dans ce restaurant et la terrasse offre juste un panorama époustouflant. Le vent de la mer Caspienne balaie nos visages, les lumières de la ville commencent à scintiller, nous devinons les parties modernes faites de gratte-ciels avec les bâtiments plus anciens. En plus, bonne surprise, nous mangeons pour seulement 20 euros. Top !!

Le lendemain est une journée exclusivement réservée à la farniente et à la plage. Voici la carte de et autour de Bakou, qui correspond à la péninsule d'Abseron, que chacun de ces chefs de guerre ont occupée :

Il existe quelques plages plus ou moins éloignées de la ville, toutes le long de la mer Caspienne. Nous décidons de se rendre à la plus proche de notre hôtel, la plage de Six Cimarliyi. Soit 20 minutes en voiture Bolt, à côté de la petite ville de Löbkatan. D'où la Lada sur cette plage. Les azéris occupent allègrement le site, on est loin de la protection du littoral français. Personnellement, j'adore cette photo :

La température de la Mer Caspienne est plutôt agréable, moins salée et plus chaude que la Méditerranée. Pour info, cette mer est la plus grande mer intérieure de notre globe, le plus grand lac au monde. Elle est en revanche exploitée par les plates-formes pétrolières azéries qui donnent disons un panorama plus qu'original. À vous de faire votre avis :

Et ceci à côté d'immenses champs de puits de petrole, qui font la richesse de ce pays qu'est l'Azerbaïdjan (avec le gaz aussi), et qui explique la nouvelle jeunesse de la ville de Bakou.

Le paysage est désertique, en reconstruction, composé de ces puits, comme nous pouvons en voir au Texas, voire dans le Basssin Parisien . Eh oui ! Sauf qu'ici, les puits se comptent par centaines. C'est juste impressionnant et nous ne sommes qu'à 10, 20 kms de la capitale.

Cette pause fait du bien mais nous devons retourner sur nos pas. Voici l'épisode Pékin Express de cette journée. Seuls, nous serions rentrés en stop (pratique qui se fait peu ici et qui fonctionnerait j'en suis sûr tellement elle intriguerait). Avec les enfants, nous optons pour le premier bus qui vient. Je cours comme un fou quand j'en vois pointer le bout de son capot. Chose faite mais nous n'avons pas de ticket. En Azerbaïdjan, le peuple n'a pas trop l'air de frauder mais eurêka, grâce à la gentillesse des passagères (nos enfants les ont attendries il faut dire), elles me donnent leur, disons, "pass annuel" que je rembourse avec 1 manat. Tout le monde y gagne et nous en profitons pour discuter avec tout les passagers, sauf quelques-unes qui font leur prière debout.

Tout est bien qui finit bien !!! Nous voici de retour à l'hôtel où Esteban retrouve son pote russe.

Il apprend à communiquer avec ses mains, ses yeux, son sourire et la tablette aide bien !!! Ensemble ils jouent au foot, water-polo alors que leurs deux papas s'adonnent aux joies du sauna. Cette famille russe vient de Sibérie et là-bas, les saunas très chauds associés aux eaux glacées sont prisés de tous. Faut voir comment le père à la corpulence costaud russe se jette dans l'eau froide, la peau toute rouge et transpirante suite à l'étape sauna. Tout dans la délicatesse !!!

Voici pour ces belles journées !!!! Quelques dernières photos dont une avec un serveur local qui ressemble au parrain d'Esteban, Kevin. Vous trouvez pas ???!!!

Demain, avec nos billets de bus, cap vers le nord et les montagnes du Caucase. Et des surprises il va y en avoir !!! Deuxième dress code à vous dévoiler, après les marcels blancs, les claquettes azéries !!!!

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Quba, Azerbaïdjan, 29/07/2019 à 15h53,

Comme annoncé, nous prendrons le bus à 14h. Enfin officiellement car notre chauffeur démarrera son moteur et klaxonnera à 14h45 ....

Nous quittons donc Bakou avec déjà une certaine nostalgie. Nous y reviendrons un jour et beaucoup plus longtemps. Bakou n'est pas que cette capitale futuriste qui se modernise, c'est aussi de nombreux quartiers populaires des années soviétiques où vous aurez beaucoup plus de chance de croiser des hommes que des femmes qui elles restent au fourneau, font le ménage ou les courses. Ils discutent, refont le monde avec un thé azerbaïdjanais devant un kafe, passent un temps fou à laver leur voiture, souvent une vieille Lada (la seule qu'ils auront toute leur vie ...) ou jouent au backgammon entre eux.

Vous pourrez voir sur ces photos l'état de l'immobilier dans ces quartiers (nous dormions dans l'un d'entre eux) ou pour se rendre compte de cette vie quotidienne. Vous y verrez la maison standard ici en Azerbaïdjan (toit à la soviétique qu'on retrouvera dans tout le pays) et les tapis en train de sècher sur les murs de chacune d'entre elles.

Nous faisons toujours appel à notre ami Bolt pour nous déposer à la gare routière. Notre chauffeur, en plus d'avoir son marcel blanc sous son t-shirt, est chaussé de sandales à la azerbaïdjanaise. Tous les hommes en portent ici, en cuir, en plastique, noires pour la plupart avec une paire de chaussettes au-dessus, histoire d'être bien sexy !!!! J'avais légèrement envie de le chambrer mais sa carrure m'a un peu refroidi, d'autant plus qu'il nous explique qu'il fut il y a quelques années champion de lutte lors de championnats en Russie ...

Nos sac sur le dos, nous voici devant le bus ou marshrutka et rien ne pourra nous arriver car derrière le pare-brise est affiché Allah Korusun. Enfin presque, vu la tête du pare-brise !!!

Quba nous voilà !! Ici Quba se prononce Ouba .... J'essaye de prononcer les lettres à la turque .....

Le voyage va être folklorique je le sens et les enfants vont vivre une expérience unique. Les transports locaux sont toujours une bonne occasion pour se fondre dans la masse et dans le pays.

Le bus est complet, le chauffeur ajoute même des tabourets en plastique pour des nouveaux passagers, histoire d'optimiser le plus possible le voyage. Et cela va peut-être plus long que prévu car au bout de 5 minutes, il doit s'arrêter pour réparer son rétroviseur, puis quelques kilomètres plus tard, il dépose diverses pièces mécaniques à des garagistes en banlieue de Bakou : cardan, radiateur et échappement !!!! Je vous dis, ce voyage va être folklorique !!!!

Nous découvrons l'intérieur du pays, à la fois le littoral au bord de la mer Caspienne et les terres plus à l'intérieur, désertiques avec encore et toujours quelques puits de pétrole. Les villes traversées sont plus ou moins grandes, avec des rues très rarement goudronnées (!!) entourées des mêmes types de maisons que je vous ai montrées tout à l'heure à Bakou. Nous découvrons les fermes, les relais sur la route qui proposent pastèques, melons, maïs chauds (les enfants n'ont pas osé goûter !!) et les premiers versants du Caucase se profilent à l'horizon.

Quba est indiquée à une dizaine de kilomètres mais le voyage traîne en longueur. Franchement, nous tirons un coup de chapeau aux enfants, car ils sont patients (le voyage durera 3 heures en tout) et supportent bien la chaleur dans le bus, 36 degrés !!! Bravo les gars !

18h et nous voici à la gare routière de Quba. La ville est de taille moyenne et les rues goudronnées correspondent aux grands axes de circulation. Le reste, c'est un comme sur cette photo ..... et ses quelques magasins kitchs, comme celui-ci qui proposent des berlines pour les mariés !!

L'objectif est simple à cette heure-ci, poser les sacs dans notre chambre d'hôtel, nous restaurer et se reposer. Nous posons donc nos valises dans un hôtel vers le centre ville. Le gérant est un azéri de la communauté russe, ce qui est normal étant donné que la frontière russe n'est qu'à 30kms au nord, correspondant à la province du Dhaguestan. La communauté russe dépasse celle des azaris.

Notre gérant est super accueillant, thé de bienvenu, petits gâteaux orientaux et je note que ma chère et tendre épouse ne le laisse pas indifférent .... ce que je peux comprendre. D'ailleurs, je commence les "hostilités" de la négociation, pour laisser ma place à Tima qui finalise l'opération. Elle ne laisse pas trop le choix, accord conclu avec cette conclusion du gérant. Je cite : c'est une femme puissante Tima. Tu m'étonnes !

Il faut dire aussi que son prénom, ses origines nous permettent de nous ouvrir des portes (en plus de celles ouvertes grâce nos enfants). Eh oui les mecs, c'est une muslim, Fatima ou la fille benjamine du prophète. L'Azerbaïdjan est un pays majoritairement musulman mais qui dit muslim dit forcément marié si elle a des enfants et son mari également muslim .... Je sais me sacrifier quand il le faut ! Évidemment messieurs les azéris que nous sommes mariés et que je suis converti !!!! Cela évité tout quiproquo et toute velléité.

Les sacs posés, direction un restaurant local où nos enfants rencontrent et font la connaissance d'enfants de familles de la région.

Question plat, voici un bref résumé de la cuisine azérie : les végétariens sont un peu tristes ici car on apprécie la viande. Dans des soupes, velouté ; ou en barbecue avec pléthore de légumes et pommes de terre. Le tout avec du pain fait maison, aliment sacré qui ne se jette pas dans les mêmes poubelles que les autres aliments. Quand il tombe, c'est un sacrilège, on l'embrasse même pour s'excuser ..... Le pain est un symbole d'abondance et de prospérité.

Je dévore un autre plat typique qui ressemble aux gnocchis avec le même genre de pâte et de la farce à l'intérieur. Le nom ? Je ne sais plus et je ne suis pas encore expert en langue turque. En tout cas, c'est un régal mais quand on t'en propose 20, c'est plutôt costaud et bien bourratif !!

Il est déjà 21h30. Nous rentrons tranquillement direction l'hôtel, sans oublier de faire des courses à la supérette du coin pour préparer notre virée en montagne (nous allons monter à 2500m dans un village), en évitant de se faire écraser car le conducteur azéri est plutôt disons dynamique et sportif .... Moulay, tu as un sacré marché de l'auto-école à prendre ici, ne serait-ce que pour leur apprendre comment et à quel moment il faut freiner. L'anticipation du freinage n'est pas trop la qualité première chez le conducteur azéri !!!

On pensait se coucher mais notre gérant nous a préparé du thé, des gâteaux et de l'alcool. Pas de soucis, ça picole aussi pas mal ici !! Nous couchons les enfants et faisons ensuite la connaissance d'un guide azéri qui emmène des clients arabes visiter son pays (clients venant de Dubaï, des Émirats Arabes Unis, du Yémen, ...). La discussion est intéressante et le gérant de l'hôtel commence à être moins sympathique. Il voulait m'emmener à une soirée avec ses potes boire de la vodka (ce que j'ai refusé), il n'est plus au coeur de la discussion et j'ai laissé ma "femme puissante" selon ses mots lui faire comprendre qu'il était un peu lourd !!!! Du coup, son sens de l'hospitalité en a pris un coup .....

Trop gentil pour être honnête !!! Ce n'est pas grave, on repart demain.

Demain direction les montagnes azéries du Caucase. Découvrir les villages et poser ses sacs pour se reposer à 2500m, dans le village de Xinaliq. Faudra juste trouver un chauffeur ou driver car louer une voiture ici revient plutôt très cher .....

Et là , c'est Rendez-vous en Terre "presque" Inconnue !!! Accrochez-vos ceintures car nous sommes restés plus longtemps que prévu, tellement nous sommes montés haut, aussi haut que l'altitude des monts avoisinants le village de Xinaliq (de 2500m à 4600m !!) ..........

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Xinaliq, Azerbaïdjan, 31/07/2019 à 15h20,

Comment vous évoquer, vous présenter les moments exceptionnels que nous avons vécus ici dans la montagne azérie caucasienne, et plus précisément dans ce village de Xinaliq. J'ai d'ailleurs appris récemment que c'est à priori le village le plus haut peuplé (environ 2000 habitants ) et sédentarisé en Europe (vous voyez encore une fois cette confusion de placer l'Azerbaïdjan en Asie ou en Europe ....).

Cette partie de notre aventure, c'est le thé agrémenté de caviar de notre voyage en terre azerbaïdjanaise. Le thé est la boisson par excellence ici (délicieux, il se boit à tout moment de la journée, même pendant les repas) et la caviar l'aliment l'un des plus prisé et onctueux (rare évidemment vu son coût).

Nous sommes montés haut, très très haut, tant du point de vue de l'altitude que de l'émotionnel.

Nous avons vécu notre "Rendez-vous en Terre presque Inconnue" à nous, sachant que nous avons nous-mêmes gérés la logistique et le confort apportés par Frédéric Lopez pour son émission à son candidat.

Les clichés que je vais vous montrer évoquent à eux seuls l'état de bien-être dans lequel nous étions à la fin de notre séjour là-haut. Regardez ça, nos tigrons à la fin du séjour et notre photo, à nous deux, qui restera pour moi la photo de notre couple durant notre périple en Azerbaïdjan.

Nos enfants sont montés avec leurs sacs de quelques kilos. Ils sont repartis avec un sac encore plus gros, remplis d'émotions, de souvenirs. Chacun des deux aura les siens, selon son âge et sa personnalité. Nous sommes contents de pouvoir apporter ça et d'ajouter ces kilomètres dans leur besace respective. À eux plus tard d'en faire ce qu'ils en voudront .....

Alors, à tous, accrochez vos ceintures, décollage immédiat, fermez les yeux et essayez de vous projeter au milieu de ce massif caucasien azéri et ce village perdu de Xinaliq.

Pour y accéder, comme je vous l'avais dit, deux possibilités s'offraient à nous, le bus et le stop pour finir ou trouver un chauffeur pour nous emmener. La première solution était la plus enivrante et largement dans nos cordes, d'autant plus que nos amis azéris, intrigués et curieux, nous auraient emmener. Mais la moins confortable pour nos enfants. On loue les services donc d'un chauffeur, moyennant 20 euros. Il va nous emmmener tout là-haut, à 58kms de Quba, après avoir franchi un col et un canyon, sur une route goudronnée mais le plus souvent caillouteuse. Cela tombe bien que je vous parle de route car l'axe Bakou-Quba fut folklorique grâce au folklore du bus local que l'état de la route. Dans le sens Bakou-Quba, donc direction la Russie, le bitume est en bon état tat mais à l'inverse, dans le sens Quba-Bakou, le bitume est cabossé de partout à cause du passage des poids lourds, des convois exceptionnels trop imposants . Les Russes ne se soucient guère de préserver les infrastructures lors de l'expansion de l'ancienne URSS et encore moins maintenant ....

Nous nous engageons donc sur les premières pentes de la montagne, sans avoir longés auparavant les nombreux endroits à piknik. Les azerbaïdjanais raffolent de viande cuite sur les barbecues et nous n'aurions que l'embarras du choix si nous voulons nous arrêter. Le thé et le pain fait maison sont aussi préparés par les femmes à côté.

Les kilomètres défilent et nous commençons à voir les premiers villages de montagne. L'herbe se fait de plus en plus rare, les cavaliers azéris se font plaisir sur leurs étalons. L'esprit nomade règne ici, comme nous pourrions en voir dans d'autres espaces sur les steppes ou les montagnes de la route de la soie.

Les voitures se font de plus en plus rares et l'âne devient le principal moyen de locomotion pour les autochtones. C'est la période des moissons et la paille récupérée sans tracteur est déposée sur les dos d'ânes ou des chevaux par les familles entières (hommes, femmes et surtout enfants). Petite pensée aussi à mon frère Bénis avec les ruches bleues de miel au bord de la route ....

Nous arrivons au sommet du col, 3 000 mètres, en haut duquel un canyon majestueux se dessine survolé par des aigles. Nous commençons à sérieusement décoller et les paysages sont superbes.

Notre chauffeur nous indique que le village de Xinaliq est à portée de nous.

Ah oui, je ne vous ai pas évoqué la question de l'hébergement. Nous avions appris qu'il y avait moyen de dormir chez l'habitant là-haut, donc pas se soucis ... sauf que si, soucis car nous arrivons dans le village et vous vous imaginez bien qu'il n'y a pas d'adresse. Que faire et comment faire ? Où irons-nous poser nos valises ? Nous nous disons que la solution viendra des habitants. Entre eux, ils se connaissent tous et un va bien nous accorder le gîte, le couvert. Moyennant quelques deniers, cela nous posera aucun problème.

Ce que nous envisagions se révèle être la solution. En effet, une famille nous propose une pièce où dormir agrémenté d'un WC "à la turque" dans lequel l'apnée sera de mise. Odorat et âme sensible, s'abstenir !!!

Le décor et le mobilier (soit quasiment aucun meuble !!) sont à l'image de ce qu'on peut trouver dans les maisons de ce village. Grand tapis typique de l'Asie Centrale sur le sol, petits matelas pour s'asseoir ou dormir et couvertures (en tigre pour nos tigrons) pour se protéger du froid car les nuits promettent d'être frisquettes .... En fait, on est dans du 4 étoiles made in Azerbaïdjan en "Rendez vous en Terre Inconnue" !!!

Et cerise sur le gâteau, notre famille d'accueil nous propose de nous faire goûter et manger leur cuisine .... J'espère juste que nos enfants apprécieront cette cuisine locale !!!

Nous avons donc posé nos bagages et nous allons pouvoir profiter pleinement du site dans lequel nous sommes arrivés. Le village est sur une butte entouré des monts du Caucase dont l'altitude varie entre 3 000 mètres à 4 600 mètres. En effet au fond nous pouvons apercevoir les neiges éternelles au sommet de ce sommet qui effleure les légendaires 4 810 mètres de notre Mont Blanc national.

Et en parlant de ce fond du paysage, nous pouvons voir une sorte de porte de sortie qui correspond en fait au début de la frontière démilitarisée entre L'Azerbaïdjan et la Russie. Xinaliq, c'est la fin de la route, le dernier point aérien azéri. Après c'est Poutine et confrères. Donc forcément l'heure n'est pas à la rigolade, ce que pourtant un voyageur n'avait pas compris. En effet, on voit arriver ce matin dans une jeep militaire un hollandais accompagné de 4 soldats afghans et leurs kalachnikovs ...... Quoi ? Nous sommes en plein tournage de la série d'espionnage du Bureau des Légendes (que je recommande d'ailleurs à tous) !!! Trêve de plaisanterie, la scène fait un peu froid dans le dos car cet hollandais a osé partir derrière cette ligne de démarcation. J'en peux vous dire qu'il s'en est bien sorti. Plus de peur que de mal ..... et cela restera une sacré anecdote du voyage.

Toutes ces montagnes qui nous entourent sont envoûtantes, captivantes et émouvantes. Les pentes sont abruptes, vertes et font penser aux alpages français. Les habitants du village ont même pensé à poser un gros morceau de bois, faisant usage de banc, pour profiter pleinement de ce paysage inouï, le village entouré de ces montagnes. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous et j'ai pris un plaisir fou à me poser, des minutes avec les enfants ou des heures, seul, avec un café et un livre le matin pour savourer ce paysage.

Tima et Gabin sur ce banc ... 

L'autre raison pour laquelle nous nous sommes sentis comme dans le "Rendez-vous en Terre Inconnue" est notre immersion dans le quotidien de ces villageois, peuples montagnards du nord du pays. Jamais le réveil ne fut aussi agréable. Aucun rideau empêchait le soleil de rentrer dans notre chambre à l'aube, tous les cris des animaux plaisaient aux enfants, à la place de la maudite sonnerie ou réveil du téléphone. L'âne brait , le cheval hennit, le dindon glougloute, l'oie clacarde, le mouton bêle ... La nature s'offre à nous ! Tous vivent en communauté avec les habitants, autour des maisons ancestrales en bois ou vielles briques, entourées des excréments séchés animaliers qui serviront à rechauffer les foyers l'hiver prochain. Car en ce moment, le ciel est presque parfaitement bleu, sauf quelques nuages qui font office de chapeau au-desssus des sommets. Mais l'hiver, la neige est abondante, les températures sont négatives et les routes sont parfois coupées.

Quel paradoxe de voir tous ces millions investis à Bakou pour la rendre plus moderne et aucun pour remettre la route fonctionnelle et goudronnée ....

Le contact avec les villageois est facile car ils sont souriants. Le Salam Alikum matinal ouvre des portes, nos hôtes régalent nos papilles et nos palais. C'est un délice. Sauf peut-être pour Gabin qui a un peu de mal. Seul point positif de tout ça, cela permettra à nos deux enfants le passage au WC qu'ils veulent éviter à tout prix !!!

Nous communiquons avec eux, nous nous intéressons à leur vie, à leur quotidien.

Les femmes sont élégantes et Gabin les fait même rire !!

Nous allons montrer l'école aux enfants et ses salles de classe (Esteban va rentrer en classe de Oiblo), son dortoir (les élèves dès l'âge de 4 ans sont internes du lundi au vendredi hors vacances scolaires), sa salle d'entraînement aux échecs, ..... Le tout sous la propagande du président de l'Azerbaïdjan qui est photographié à plate couture.

Je me lie d'amitié avec des jeunes entre 25 - 35 ans. Je bois le thé avec eux, je refais le monde. Vous verrez sur la photo après le chapeau des fermiers qui les protègent du chaud comme du froid, le même que les cavaliers ou nomades en Asie Centrale. C'est aussi la seule fois que l'on m'évoque la situation politique du pays. On me parle évidemment de dictature.

Pour avoir une idée de ce que peut être un tel régime, regardez sur M6 Replay le reportage d'Enquete Exclusive" sur le régime dictatorial du Kazasthan. Vous y trouverez de nombreux points de ressemblances avec le régime de l'Azerbaïdjan.

L'un de ces jeunes se marie en fin de semaine. Quel dommage ! On y était convié mais cela aurait fait trop long pour les enfants, les conditions de vie étaient quand même drastiques.

Les anciens jouent au backgammon. Encore quelquds jours et ils me montraient comment maîtriser ce jeu. Voici les joueurs, sur une photo qui restera pour moi une autre photo de notre voyage en Azerbaïdjan :

Voici donc notre quotidien pendant ces 3 jours qui ont passé trop vite, alors que nous avions au départ strictement rien à faire.

Mais il y avait tellement quoi faire : faire des rencontres, échanger, partager, ressentir, admirer le paysage, ..... J'ai nourri à profusion mon hyper sensibilité et mon hyper émotion. Le voyage sert à ça et cela fait du bien de rallumer ces étoiles .... Tiens, en parlant d'étoile, je ne vous ai pas évoqué le ciel de la nuit à Xinaliq .... Les nuits se ressemblaient et offraient le même noir et banc exceptionnel, que nous pouvions admirer Tima et moi au-dessus de nos yeux depuis nos couvertures de fortune ..... Le filet tout en longueur de la Voie Lactée était même bien visible ....

Nous pensions partir plus tôt, vu les conditions de vie précaires que nos enfants ne pouvaient ne pas apprécier. Cela en fut toute autre. Nous avons découvert et nous sommes retournés en "presque" Terre Inconnue. Presque car la technologie arrive dans ce paysage et sa première télévision, son antenne au sommet du village qui engendrera Wifi et compagnie .....

Nous avons tous fait un voeu avant de partir. On nous a accompagné pour notre retour et nous garderons en souvenir notre famille d'accueil dans nos coeurs.

Merci Xinaliq pour les émotions et l'humanité apportées .....

Époustouflant ! Une tempête dans nos têtes !!

Je dois digérer tout ça et demain promis, de nouvelles aventures vont arriver ....

6

Xirdalan, Azerbaïdjan, 2/08 à 17h09,

Comme prévu et comme nous le redoutions, nous quittons la montagne en début de matinée après 3 jours passés auprès des habitants de Xinaliq. Nous avons déjà des souvenirs plein la tête et c'est le coeur serré que nous redescendons dans la vallée autour de Quba. J'ai du mal à parler et à trouver les mots. Les seuls que je partage avec le chauffeur, ce sont le nom des villages traversés avec la bonne prononciation. En trois jours, l'alphabet turc a un peu moins de secrets pour moi, ce qui le fait bien rire !!

Je suis encore là-haut. Seul avec Tima, nous serions restés sans aucun doute plus longtemps.

Bravo encore une fois aux enfants d'avoir réussi à gérer le peu de confort et la précarité. La situation aurait pu devenir plus compliqué à gérer si nous avions prolongé le plaisir. Avec les enfants, toujours le plus possible prévenir que guérir ....

Nous arrivons à Quba en fin de matinée et pas question de s'attarder dans cette ville moyenne du nord-est du pays qui présente peu d'intérêt. Elle donne toujours cette impression de ville dortoir et ville de passage (sa mosquée et sa porte d'entrée sont peut-être impressionnants) ....

Si nous pouvons attraper un bus le plus vite possible direction Bakou, autant le faire .... non sans avoir auparavant fait un passage dans un petit market. Histoire d'avoir ce qu'il faut pour les enfants au cas où ....

L'objectif est simple et clair. Rejoindre Bakou puis prendre un train de nuit qui nous emmènera en Géorgie. Les enfants sont aussi impatients de découvrir leurs futures couchettes .... et ils ne vont pas être déçus .....

Le destin est avec nous car un bus, plus grand que celui pris à l'aller, part juste 15 minutes après notre arrivée à la gare routière. Il est même climatisé, enfin climatisation made in Azerbaïdjan !!!! Il ne reste que 5 places dans le bus, dont 3 sur la banquette arrière .... Allez chauffeur, va pour ces 3 places pour la modique somme de 6 euros !!! Le voyage se passe bien et comme je le redoutais, la route est un peu cabossée (vous vous souvenez, suite aux dégâts provoqués par les convois russes qui ont endommagé la voirie ....). Nous sommes un peu secoués. Le bus fait une petite pause durant laquelle je propose aux enfants de goûter du maïs qui baigne dans de l'eau chaude (sans pour autant les convaincre ....). Milieu d'après-midi, nous arrivons à Xirdalan, ville de banlieue de Bakou qui va nous permettre de récupérer un métro, direction la gare centrale de la capitale. Les enfants espéraient revoir leur chauffeur préfèré mais mauvaise pioche, ce n'est pas lui qui travaille .....

Tout se passe donc comme prévu. Nous faisons manger les tigrons au centre commercial en face de la gare, non sans avoir auparavant récupérés les sésames tant convoités, nos billets de train. Ce qui en fait est d'une facilité déconcertante. L'opération dure 5 minutes !!! Dans une gare propre et fonctionnelle, sauf que les consignes ne fonctionnent pas ....

Comment gérer nos sacs ? Nous demandons à un policier qui nous propose de déposer nos sacs sur des étagères d'un kebab. C'est donc parti mais encore une fois, nous avons devoir négocier farouchement car le gérant nous demande 3 euros par bagage alors que le prix est de 0,50 euros. Pas de soucis, on trouve un terrain d'entente mais ces azéris sont terribles quand même !!! On commence maintenant à le prendre à la rigolade !!!

Le départ est prévu à 20h40 .... Nous avons quelque heures à optimiser et nous les consacrons aux enfants. J'ai repéré un espace de jeux pour enfants dans le centre.

Ah la modernité a du bon ! Nous passons en une journée d'un monde à un autre. Un village de montagne sans moyens et un centre commercial moderne, climatisé et wifié !!!! C'est le grand écart et le reflet total du monde dans lequel nous vivons actuellement. Les enfants travaillent avec leurs parents dans les champs ou à la maison à Xinaliq tandis que les enfants du centre commercial mangent au Mac do, des pizzas hyper salés en buvant du Coca puis vont jouer dans un mini parc d'attraction. Nous avons découvert par hasard ce parc et les enfants ont pu s'éclater. Entre nous, nous méritions aussi amplement cette pause !!!

Nous redécouvrons Bakou et nous la voyons encore autrement. Et comme me le signale Tima, la gente féminine est représentée de deux façons. Soit maquillée, habillée à la mode et tendance ; soit voilée, jusqu'au niqab intégral. Tout le monde vit ensemble et se respecte, là est l'essentiel.

19h30, nous faisons manger les enfants et direction la voie ferrée, notre train nous attend. Les enfants ont hâte de découvrir notre compartiment couchette !!! Le thé, la bière ou le Coca sont mêmes disponibles !!

C'est un train à la russe, avec trois classes différentes et tous les wagons ont leur propre hôtesse qui gère ses voyageurs. Notre hôtesse nous fait rentrer dans notre deuxième classe, avec ses quatre lits qui nous permet d'être ensemble.

Juste que c'est gratuit pour Gabin (vu son âge), donc il n'a pas de lit réservé pour lui et nous allons devoir partager notre compartiment avec un azerbaïdjanais retraité depuis de longues années, pour rester poli !!!! J'espère juste qu'il ne ronflera pas !!!

Allez c'est parti, le train part à l'heure. Chacun prend ses marques, les WC communs sont encore propres !!!

Bonne nuit tout le monde !!! Esteban s'endort très vite, il me dit qu'il est comme moi, le bruit du train le berce !!! Gabin part aussi rapidement dans les bras de Morphée et de sa maman !!!

Tout se passe plutôt bien, le silence règne dans le wagon à partir de 22 heures. Le train s'arrête dans diverses gares en Azerbaïdjan. Notre vieux compagnon de fortune a juste ronflé une fois assez fort, et quelques gouttes d'eau sur son visage le font arrêter net !!!!!

Il est 5 heures 30 du matin quand notre hôtesse allume énergiquement les lumières de notre compartiment en vociférant : Come Down, Passeport !!! Elle perd de son charme en l'espace de quelques secondes !!

Nous arrivons à la frontière avec ce réveil en fanfare !!!

À demain pour nos nouvelles et futures aventures dès lors géorgiennes !!!!

7

Böyük Kasik, Azerbaïdjan, 02/08 à 14h45,

J'en suis donc resté à notre prétendue hôtesse du wagon qui hurle "Come down" et "Passeport" à la frontière azérie-géorgienne dès 5h du mat !!! Le réveil est donc brutal et en cinq minutes, nous sommes réveillés et prêts à donner nos précieux sésames au douanier. Franchement, Tima et moi avons eu la même image, lugubre et funeste. Ces convois sur rail où étaient acheminés familles, enfants pour juste un aller ....

Les douaniers azéris arrivent. La logistique est bien huilée et en une heure, nos passeports sonr tamponés dans cette bourgade frontalière de Böyük Kasik, fin de notre périple en Azerbaïdjan.

Ce pays nous a vraiment plu. Frontière entre Europe et Asie, aux paysages variés (littoral de la mer Caspienne, désert ou montagnes), mélange de cultures autour d'un islam tolérant, société matriarcale, sévère, machiste (la cigarette donne entre autres l'image de virilité pour la gente masculine) et surtout qui est en train de s'ouvrir face à l'ancien ogre soviétique. Le pétrole et le gaz aidant, permettant un développement économique précoce et fulgurant, à l'image de la capitale Bakou qui en m'étonnerait plus d'un !! Les jeunes sont très tendances, tous sont geeks, surfent sur les réseaux sociaux et attention messieurs car les tentations peuvent être fortes. Cela dit, ici ou en France, on ne saura jamais si c'est pour vous ou votre argent . Pour ce que vous êtes ou ce que vous avez.

Vous ne trouverez aucun guide de voyage écrit en français et c'est bien dommage car l'Azerbaïdjan mérite d'être découvert !!! N'hésitez pas à monter sur un tapis volant azéri et faites étape dans cette contrée qui est une des étapes de la route de la soie ....

Le train redémarre tout doucement et le drapeau géorgien flotte non loin de bâtiments désaffectés. Un autre monde s'offre à nous. C'est dingue ! Nous parcourons 400 à 500kms et tout change. Le paysage, les infrastructures et le faciès de la population. Et la langue, l'alphabet. Le turc laisse la place à un alphabet indo-européen.

La douane géorgienne passe à son tour. Passeport tamponné au bout de 2 heures, sacs ouverts voire fouillés. Notre voisin retraité a de la bière et vodka à foison dissimulé, le coquin ! Une sacré descente le garçon !!! La douanière ne manque pas de lui faire comprendre !!

Un des douaniers descend du wagon pour embrasser une croix de style chrétienne orthodoxe puis se recueille devant un autel en faisant un signe de croix. Non deux ! Non trois ! Non quatre ! Il n'arrête pas et je ne compte plus, cela me fatigue à l'avance !! À priori, les géorgiens sont pieux mais à un point ... limite fanatiques !!! Cela donne le ton !!!

Il reste une heure de voyage avant arriver à Tbilissi. Notre hôtesse propose thé ou café. Je lui demande un café et mon voisin un thé. Moyennant 1 manat pour le thé et elle ose m'en demander 2 pour le café. Encore une de ces plaisanteries azéris pour me faire payer plus cher ou quoi ! Jusqu'au bout cette plaisanterie durera ! Je lui donne un billet de 1 manat évidemment, ce qui la déçoit énormément !!! Non mais !!

Le train roule doucement et devant nous, le paysage est sinistré. Les usines désaffectées et rouillées se multiplient, la gare de la ville de Rustavi est desservie autour de veilles maisons et blocs d'immeubles "soviétiques ". Avec tout de même autour de nouveaux terrains sportifs, tout modernes !! Quel contraste ...

Le train s'engouffre dans une vallée puis arrive dans une grande ville. Cela ressemble à la taille d'une capitale .... Des voyageurs du train (azerbaïdjanais qui se demandent pourquoi nous sommes partis visiter leur pays !!) me confirment que c'est Tbilissi. Ouf ! Nous voilà arrivés avec une heure de retard. Il est 9h30.

Notre objectif avec Tima est simple : changer l'argent restant en monnaie géorgienne, trouver un taxi (nous avons appris que Bolt fonctionnait aussi en Géorgie), déposer les bagages à notre gesthouse, se laver. Ceci le plus vite possible ...... Pekin Express recommence !!!

Si je vous disais que le tour est joué en 30 minutes, pour 2 euros tout compris ! Banzaï !!!

Et en aussi peu de temps, la découverte de Tbilissi est étonnante et décevante. On dirait que le temps s'est arrêté ici. Les quartiers par où passe le taxi sont sales, étroits, mals entretenus, datant de l'ancienne URSS. Et la gare, que dire ! Elle est sale, étroite, sombre et sent l'urine ....


Tima me dit que l'ambiance et le décor d'une gare ou d'un aéroport en arrivant dans un pays donne souvent le ton ..... Alors là, nous sommes servis !! Et que dire de l'accueil des habitants. Pas un sourire, pas un welcome. La moustache remplace la cigarette en signe de virilité masculine, à la Staline .... qui je vous le rappelle naquit dans la ville géorgienne de Gori à une cinquantaine de kilomètres d'ici.

Les premières impressions sont donc plus que mitigés. Attendons donc de se fondre dans la masse pour se faire une idée plus objective ..... ou non !!!!

Il est 11h, nous devons manger. La guesthouse nous laisse sa cuisine comme convenu. Je vais donc aller faire quelques courses pour préparer des croque-monsieurs, salade de tomates, yaourts et carrés de chocolat !! Je me retrouve dans ce quartier de Samreklo, au-dessus de la grande cathédrale Tsimba Sameba Cathedral ou Holy Trinity, le plus grand édifice orthodoxe de la ville. Je découvre un vieux quartiers et ses vielles bâtisses de l'époque soviétique. Les mêmes rues que j'avais pu observer l'année dernière en Russie, des tuyaux extérieurs en-dehors, la brique rouge, .....


J'adore ces moments de découverte d'une ambiance, d'un quartier et d'un pays. Tous mes sens sont éveillés et je repère déjà arrêts de bus, épiceries, ....

Je vois au loin une supérette SPAR. Yes, je vais pouvoir faire des courses ! Et là je vous promets que les employées et caissières de cette supérette se souviennent encore de moi car je devais acheter oeufs, vinaigrette, poulet, ... alors qu'elles ne parlaient pas un mot d'anglais (enfin quasi les mêmes qu'Esteban connaît !!!). C'est tout juste si elles connaissaient chicken !!! Heureusement que le langage des signes existe !!! Franchement, un bon moment de vie, hilarant !

L'après-midi allait se dérouler le plus simplement possible. Repas, longue sieste (!!!!), puis farniente dans la gesthouse équipée en plus de la cuisine d'une petite piscine. Nos enfants l'ont bien méritée !

La nuit va être longue ... et c'est parti pour de futures aventures géorgiennes, dans la capitale de Tbilissi et dans ce pays pas très souriant aux premiers abords ...

Bonne nuit !!!

Demain, ça sera rencontre avec le Grand Patriarche de Géorgie ......

8

Tbilissi, Géorgie, 04/08/2019 à 17h51,

Nous avons donc posé nos sacs à Tbilissi, capitale de cet État de la Géorgie, récemment indépendant depuis la dislocation du bloc soviétique en 1991.

Alors, comme le disait le grand Ray Charles, sur un mur de Tbilissi, Géorgie on my mind ou pas ??!!!

Parce que vous vous souvenez, le début n'a pas été des plus folichons. Peu de signe de bienvenu, regard sévère, quartiers de la ville où le temps paraît s'être arrêté à la période soviétique. À l'image des moustaches géorgiennes de notre chauffeur de taxi qui ressemblait au profil de l'ancien "Petit Père des Peuples" géorgien de naissance. J'en ai encore froid dans le dos, malgré une température avoisinante les 30 degrés !!

Cerise sur le gâteau, je vais vous présenter la Géorgie en quelques lignes qui pourraient peut-être ne pas vous donner l'envie d'y venir .... enfin pas nous qui avons hâte de découvrir ça de plus près.

Concrètement, la Géorgie est un pays du Caucase entouré au nord par la rivale russe et les hauts sommets caucasiens ; au sud par l'Arménie qui piétine ; à l'ouest par la Mer Noire et sa station balnéaire de Batumi, sorte de Cannes, St Trop' géorgien ; enfin à l'est par la pétillante république azérie. Le tout dans un contexte économique et politique précaire. Ici pas de pétrole, pas de gaz comme en Azerbaïdjan. Le premier président après l'indépendance est aujourd'hui en exil. Ne me demandez pas son nom, trop long et trop compliqué à retenir. Je sais juste que son nom contient comme dans tous les noms géorgiens la lettre k, d et z !!! Un peu comme l'ancien grand footballeur Kaladze pour les connaisseurs footeux ... !! Ou comme le basketteur Zaza Pachulia qui a privé mon équipe préférée de basket américain, les Spurs, d'un autre titre de champion. N'est-ce pas les pm ou les potes basketteurs !!!

Les Russes quant à eux ne veulent pas lâcher leur emprise et ont même proclamé officieusement l'autonomie des régions de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, frontalières au pays de Poutine. Comme ils l'ont fait en Ukraine en annexant la Crimée et en s'infiltrant dans le Donbass autour de Donetsk. D'où les récentes manifestations, voire émeutes le mois dernier. A l'image de cette photo devant le Parlement :

Le décor est planté !!

Après une bonne nuit suite à notre arrivée, nous nous dirigeons vers la grande cathédrale de Tbilissi, la Tsminda Sameba Cathedral ou Holy Trinity Cathedral.

Le hasard fait parfois bien les choses car elle situe en contre-bas de notre gesthouse à dix minutes seulement à pied. Sauf que pour l'atteindre, il faut que nous repassions devant le magasin SPAR ... vous vous souvenez !! J'appréhende car si une caméra m'a filmé en train de mimer la ponte d'un oeuf ou la fabrication d'une vinaigrette, la maréchaussée omniprésente en Géorgie risque de me réprimander ..... !!!! Le ridicule ne tue pas, heureusement !!

Mais plus de peur que de mal, nous voici devant la cathédrale ! En fait, quand la messe orthodoxe a-t-elle lieu en fait ? Car le parking est rempli, le peuple afflue au sein de la cathédrale, des officiels, des berlines arrivent et je vois au loin de nombreux prêtres, moines, tous avec une longue barbe blanche.

Ah là voilà cette fameuse barbe blanche ....

Nous rentrons dans l'édifice et en effet, une messe a lieu dans une ambiance de piété inouïe. Les femmes portent leurs foulards, les fidèles multiplient les signes de croix et viennent toucher les tableaux où figurent des saints. Limite fanatique tout ça !

Au loin, nous voyons de nombreuses soeurs, des hommes avec leurs tenues traditionnelles de Géorgie et les équivalents des évêques, archevêques richement vêtus qui entourent un vieillard arquebouté habillé de la tête aux pieds d'habits luxueux. Un trône l'attend au milieu de la nef. C'est juste incroyable et captivant. Sur les prochaines photos, vous pouvez le voir ou l'imaginer totalement voûté.

On se croirait juste au Vatican. Ou à une ancienne fête royale médiévale. Toute la crème orthodoxe est représentée ici .... Nous avons juste l'impression que tous ses sbires ne veulent qu'une chose, prendre sa place .... !!!! Il y a même des gardes du corps !!

Comment dit-on "priez pour moi" en géorgien ???!!!

Les enfants sont étonnés par ce qu'ils voient et découvrent un tout nouveau monde imbibé d'encens à la fin de la cérémonie. Deux asssistants sont obligés de porter et de ramener le patriarche au fond de la cathédrale, synonyme de la fin de la cérémonie.

Nous rentrons dans la vie quotidienne des géorgiens, occupée en partie par la religion. C'est le moins que l'on puisse dire !!!

Nous nous décidons ensuite d'aller nous restaurer au coeur de la nouvelle ville. Il paraît qu'il y a une Old Town à Tbilissi mais ça ne sera pas pour aujourd'hui.

Pour cela, nous prenons le métro, digne des métros soviétiques pas entretenus ; sales, lugubres, escalators très longs et profonds, stations sombres, vieux train ou métro bruyant. Une vision de l'ancienne Géorgie qui s'oppose à celle que nous découvrons lorsque nous revenons sur terre. Mac Do devant nous sur l'équivalent des Champs-Elysées de Tbilissi à Rustaveli, centre commercial, restaurants tendances en-dessous des vieux immeubles. La place de la Paix a fait peau neuve, la même où Staline avait organisé en 1913 un attentat pour récupérer l'argent de l'ancienne Banque Nationale Géorgienne et financer les futures révolutions de 1917.

Bienvenue donc à Tbilissi, capitale qui se recostumise, mêlant poids de l'histoire et modernité.

Nous voyons plein de drapeaux européens flottés à côté des drapeaux géorgiens.

Voilà notre premier ressenti sur la Géorgie et ce qui diffère énormément de l'Azerbaïdjan. Autant en territoire azéri, on se croyait plus en Asie qu'en Europe, ici à Tbilissi on se sent en Europe de l'Est. La limite de cette Europe de l'est, après le premier rideau plus occidentalisé (Tchéquie, Slovénie, Hongrie, Pologne, ...) ; puis le deuxième moins moderne (Roumanie, Bulgarie, pays de l'ancienne Yougoslavie, ...) ; pour arriver à limite, limitrophe à la Russie (des pays qui donnent envie (comme la Moldavie, la Biélorussie, ... !! et donc la Géorgie ).

Le dépaysement est donc moindre mais l'intérêt est réel. Et même si ils veulent bien faire, être gentils, le regard des locaux est toujours aussi sévère, peu hospitalier.

Nous rentrons milieu d'après-midi pour se reposer, et profiter d'une belle vue sur la ville que nous avons depuis notre guesthouse. Avec en point de mire la cathédrale, l'ancienne ville mêlée aux nouveaux buildings et l'immense antenne, la grande roue sur la colline au-dessus de la capitale.

À demain pour de nouvelles aventures avec Maya et le football géorgien !!!

9

Tbilissi, Géorgie, 05/08/2019 à 11h56,

Après une première journée dans la capitale narrée hier, voici pour vous un nouveau texte qui va vous illustrer les autres moments passés à Tbilissi.

Avant tout, une parenthèse culturelle pour nos enfants. Nous voulons leur montrer et visiter la vielle ville de la capitale, témoignage des influences ancestrales qui y règnent. Ils pourront découvrir les empreintes laissées par les perses, les chrétiens orthodoxes, les juifs et les anciennes tribus caucasiennes nomades et guerrières.

Les vestiges commencent sur une des collines qui surplombent la ville.

Nous y accédons figurez-vous en téléphérique. Quand je vous dis que la Géorgie se modernise !! Nos tigrons découvrent un nouveau moyen de transport qui leur donne tout autant de plaisir que le vertige ....

Le tout accompagné par Maya, une voyageuse indienne qui se joint à nous dans la cabine du téléphérique. Elle nous apprend qu'elle a 68 ans, naquit à Bombay et réside maintenant à Bengalore dans le sud de l'inde. Elle est adepte du yoga, voyage seule avec une amie. Et surtout son physique filiforme, ses lunettes, sa posture bienveillante et douce, ses beaux yeux qui percent ton regard quand tu communiques avec elle, me font penser à Gandhi. Chouette rencontre et ce n'est qu'un au revoir ...

Nos enfants descendent donc de l'oeuf du téléphérique. La vue sur la ville est grandiose.

Les vestiges de l'ancien satellite soviétique cohabitent agréablement avec les édifices modernes. Les murailles de l'ancienne citadelle de la ville se dessinent, une immense statue blanche de la Mère Protectrice de la Géorgie domine la capitale. Nous entamons notre descente vers la vieille ville.

Et qui retrouvons-nous sur les pavés du chemin descendant ? Maya qui prend toutes ces précautions dans ces ruelles dangereuses. Tima lui propose évidement son bras et le destin fera qu'elle nous accompagnera une bonne partie de la journée. Elle partagera notre déjeuner, nous échangeons sur nos vies quotidiennes. Ce cliché a été pris sur le Pont de la Paix vers la vieille ville, ouvrage futuriste qui symbolise à lui seul le renouveau et le nouvel élan que veut donner le président à son pays.

Nous continuons notre marche avec les enfants et Maya, tout en admirant les édifices des anciens hammams (aujourd'hui encore utilisés) et leurs coupoles au plafond. Esteban et Gabin passent devant la grande synagogue, la cathédrale arménienne (le téléphérique passe au-dessus ), le palais du Grand Patriarche (vous savez, le vieillard déguisé et soutenu pendant la messe hier) à travers rues, ruelles qui subissent les assauts de l'industrie touristique.

Comme à chacune de nos journées, nous faisons la sieste, autant pour nous détendre que pour reposer nos apprentis voyageurs !!

Car la suite est excitante, j'ai découvert que le derby de football de deux des trois clubs se jouait le lendemain. C'est la 16ème journée du championnat géorgien de football ô combien passsionnant vous imaginez bien !! Le Lokomotiv Tbilissi affronte l'ennemi du Dynamo Tbilissi. C'est le derby de la ville !! Comme à Milan entre le Milan AC et l'Inter, à Madrid entre le Real et l'Atletico, à Manchester entre United et City, .....

Comment serait-ce possible de ne pas suivre cette rencontre au stade ? Déjà pour le côté folklorique. Et aussi pour cette raison évidente ! L'un des moyens de sentir le pouls d'un peuple, comprendre et ressentir ses émotions, est d'assister à une rencontre sportive. Gabin étant encore trop petit, cap donc avec Esteban au stade Mikhail Meshki du Lokomotiv Moscou !!! Poulet-frites-bière et ice tea avant le match dont le coup d'envoi aura lieu à 21h et non pas 18h comme initialement prévu ....

L'enceinte est digne des stades des pays de l'Est. À vous de juger !!

Nous sommes dans une tribune à l'opposé des Ultras du Dynamo, tous en t-shirts noirs, imbibés de bière, aux chants je présume virulants. Mais franchement, mise à part ce côté violent et alcoolique du kop, l'ambiance est au beau fixe. J'ai l'impression que les supporters sont connaisseurs et aiment le beau jeu .... Esteban s'éclate et devient la mascotte de la tribune avec sa trompette !!

Pour moi, c'est juste la cerise sur le gâteau et la sensation d'un plaisir immense. Sport, voyage, fiston. Trilogie gagnante. Prochaine fois, Gabin, avec ma princesse puissante (!!) nous accompagneront. Car au départ, je ne savais pas si le contexte allait être houleux, voire dangereux. Ce qui se révéla en fait tranquille, même si j'ai préféré quitter le stade un peu avant la fin du match. Je commande un taxi Bolt qui nous ramène dans notre guesthouse, le tout en traversant Tbilissi by night. Superbe et Tbilissi n'a pas à rougir !!!

Voici une journée comme tant d'autres, faite de découvertes, de curiosités et d'immersion dans la vie quotidienne géorgienne.

Concernant ce quotidien, nous avons compris comment se déplacer dans la capitale comme les habitants ici. Le métro ne coûte que 0,60 laris (soit 0,20 euros), le bus 0,50 laris. On commence à se débrouiller comme des chefs !! Dans chaque bus, dès qu'un passager voit une église, c'est toujours la même histoire, signes de croix et incantation. Surréaliste !!!

Je dois même orienter les chauffeurs de taxi pour nous emmener devant notre gesthouse ! Mais de là à prendre une licence de taxi-driver ici, on en est loin. Je n'ai pas encore les notions "sportives" du code de la route géorgien et nous n'avons pas véritablement de velléité de départ en Géorgie ....

La grande arène sportive du Dynamo Tbilissi se trouve vers la gare centrale de la ville. Ce géorgien montre la voie à Esteban qui me servira de guide pour la visiter. Allons jusqu'au bout de notre périple footballistique !!!

Ce grand stade bien refait aux couleurs du club a accueilli récemment la rencontre de la Super Coupe d'Europe :

Les enfants découvrent un autre moyen de transport qu'ils ne connaissaient pas encore, le funiculaire. Il nous permet de gravir une autre colline qui surplombe la ville. Une surprise nous attend là-haut mais pas pour nous ! En effet, ils découvrent une grande roue, un vieux et grand parc d'attraction avec des manèges datant des années 80. Ça donne envie !!! Nous avons vite refroidi leurs ardeurs, vous pouvez nous faire confiance !!

Voilà nos pérégrinations dans cette capitale qui évolue et qui se dote d'une nouvelle jeunesse. Autant le métro et les vieux quatiers populaires nous permettent de se replonger dans la vie et l'atmosphère austère de l'ancienne URSS. Autant on sent une ville en pleine mutation, avec sa jeunesse qui veut faire bouger les codes. La rigidité, l'austérité des plus anciens laissent la place à ces jeunes géorgiens qui parlent mieux l'anglais que nos jeunes français et qui débordent d'énergie sur les réseaux sociaux.

Tbilissi s'européanise !!!

En tout cas, les enfants l'ont adopté !!!

Et l'intérieur du pays ? Car comme Paris qui n'est pas la France, Tbilissi ne reflète pas forcément la Géorgie .... Qu'en est-il vraiment ?

Patientez car nous allons vous emmener à l'intérieur de ces terres géorgiennes !!! À très bientôt !!

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Mtskheta, Géorgie, 06/08/2019 à 20h57,

Je sens que vous trépignez d'impatience à découvrir l'intérieur des terres géorgiennes et la suite de nos aventures ! Et bien voilà, c'est parti. Suivez-nous !!

Trois solutions s'offrent à nous pour silloner les routes de la Géorgie, ô combien dangereuses à cause de la conduite des locaux ici. Disons que la notion de dépassement n'est pas la même que sur nos routes françaises. Ici on dépasse partout et n'importe comment !

Je disais donc que trois solutions s'offrent à nous. Soit un voyage organisé, une sorte de tour avec un guide ; soit en empruntant les bus locaux ; soit en stop. Le stop, comment dire, avec les enfants, c'est quand même un peu compliqué. Mais si nous avions fait ce voyage seulement Tima et moi, oui nous aurions opté pour cette solution en partie car cela peut passer ici en Géorgie et les habitants ne diraient pas non tellement ils ne sont pas habitués.

Le tour avec un guide, comment dire ... cette solution ne nous enthousiasme pas du tout. D'une part, ce n'est pas comme ça que nous envisageons notre aventure et d'autre part, le coût est exorbitant.

Donc la solution retenue est le bus local. Et quelle découverte !

Le départ de tous les voyages se situe à la grande gare routière de Didube. Un énorme bazar organisé, pour ne pas dire bordel ! Il y en a pour tous les goûts, j'adore !!

Il y a juste à se mettre au bord de laroute, lever la main et le bus s'arrête. À condition bien sûr qu'il reste de la place ! Et en plus, ce n'est pas cher du tout, le chauffeur demande 10 laris en moyenne pour une distance de 150 kms en moyenne. Cadeau ! 10 laris, c'est 3 euros !!

Je vous rappelle en plus que la Géorgie est un petit pays. Du nord au sud en passant par Tbilissi, c'est 250 kms seulement. Les régions de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie sont à éviter en raison des tensions avec la Russie. Il ne resterait plus qu'à découvrir l'ouest du pays et le littoral de la mer Noire et la célèbre station balnéaire de Batumi. Aller à Nice ou St Trop à la géorgienne, ça ne nous tentait pas trop ....

Nous allons donc traversé la partie centrale du pays, du nord au sud.

Nous découvrons déjà le vignoble géorgien, l'un des plus anciens de notre histoire. Paraît-il que l'homme ici, jadis, il y a 7 000 ans, produisait déjà du vin ... enfin, à cette époque, de la piquette !! Même notre Villageoise doit être meilleur ....

Désolé à tous les amateurs de vin ou sommeliers (mon frère par exemple) mais nous ne sommes pas allés visiter le vignoble ....

Et les caves wines sont tellement nombreuses ...

Les bordures de routes sont animées ici. Les vendeurs abondent de partout et proposent des produits alimentaires (charcuterie surtout), des boissons (alcool avec abondance), du matériel de bricolage, des pneus, du ciment, des portes ou fenêtres à double vitrage (véridique David !!!), et j'en passe et des meilleurs .... ah oui les meilleurs, ce sont les spécialités culinaires géorgiennes comme vous le verrez sur les photos qui arrivent. Ce qui pend, ce ne sont pas nos gendarmes vendus en rayon charcuterie mais des confiseries bien sucrées locales ! Les bibelots proposés symbolisent la gente masculine géorgienne avec sa moustache, ses costumes, ... !

L'homme, comme dans tout le Caucase, est un pilier de la société. Il travaille et la femme reste au foyer. Ce sont les chefs de famille. Eux seuls organisent des grands repas, des banquets les dimanche autour d'immenses tables. Sont réunies durant ces fêtes toutes les familles avec femmes et enfants, et des amis. Les mets sur la table sont gargantuesques, arrosés de bouteilles d'alcool et de vin à en perdre l'équilibre et la raison. Tu te rappelles Greg l'émission consacrée à la Géorgie et diffusée sur Arte récemment. J'ai pensé à toi car des pancartes illustrant ces grands repas complètent le décor le long des routes géorgiennes.

Une de nos étapes fut la bourgade de Mtskheta à une petite demi-heure de route de Tbilissi. Nous découvrons la campagne géorgienne et le style de maison des villages. Le toit est souvent de la même forme, généralement en taule. On le retrouvera n'importe où en Georgie ... Question parabole, la télévision fonctionne plutôt bien en Géorgie !!!

Quant au poids de la religion, rien ne change. La piété est omniprésente, je ne compte même plus les signes de croix et la croix orthodoxe géorgienne !! Le trône est toujours au milieu de la nef de l'église et les barbes blanches des moines, des prêtres sont de retour !!

La vie y est calme et comme dans la capitale, le récent se mêle à l'ancien. À l'image des maisons ou les parcs d'attraction prévus pour les enfants, comme vous pouvez le voir sur ces photos !! Je vous le disais, la Géorgie s'européanise !! Les anciens jeux de l'ère soviétique laissent la place aux nouveaux comme nous pouvons en trouver en Europe Occidentale.

Nous apercevons même un playground de basket. Le terrain est de bonne qualité, Esteban veut jouer et c'est parti pour un match France - Géorgie !!! Ce fut un bon moment partagé entre jeunes. Le sport est fédérateur !!!

Les géorgiens se sont même mis aux chambres d'hôte, aux bed and breakfast. Dormir chez l'habitant est donc possible !! Comme sur ces clichés qui donnent vraiment envie d'y aller vous ne trouvez pas !! Nous allons opter pour cette solution !!! Histoire de s'imprégner encore plus de la vie quotidienne ....

La route est longue et sinueuse par la suite .... Nous allons remonter plus haut, dans ce massif du Caucase si imposant et si impressionnant !!! À demain et n'ayez pas le mal des montagnes !!!

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Kasbeji, Géorgie, 06/08 à 23h34,

Nous continuons notre périple à travers la Géorgie en montant encore un peu plus dans les terres et rejoindre les pentes abruptes du Caucase, celles-là même que nous avions découvertes avec enchantement en Azerbaïdjan. La chaîne du Caucase est une chaîne de montagne "jeune", comme nos Alpes ou nos Pyrénées. Elle est constituee d'anciens volcans aujourd'hui éteints. Elle s'intercale entre les mers Noire et Caspienne, avec des "pointes", des sommets sur deux parallèles.

La première ligne se situe sur les frontières nord de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie (qui contient le plus haut sommet caucasien, le Mont Elbrouz et ses 5 642 mètres ; le Mont Kazbek à 5 047 mètres), la deuxième au niveau de la frontière nord turque, nord iranienne et le sud de l'Arménie (avec le Mont Aragat qui culmine à 4 090 mètres ou le fameux Mont Ararat à 5 165 mètres).

Entre ces deux lignes abruptes, un vaste plateau tantôt désertique (du côté de l'Azerbaïdjan), tantôt vert et herbacé (du côté de la Géorgie et de l'Arménie).

Avant d'entamer le col ou le Jvari Pass qui culmine à 2 380 mètres, nous traversons ces paysages des plateaux géorgiens, en découvrant les villages et la pratique du rafting sur un fleuve, en admirant les paysages et toujours ces églises devant lesquelles les chauffeurs font trois signes de croix quand ils passent devant. D'ailleurs, pourquoi trois ? Et pas deux ? Et pas quatre ? Je n'ai toujours pas réussi à avoir la réponse ... Comme je n'ai toujours pas réussi à avoir la réponse concernant la position du volant dans les voitures géorgiennes. Ils sont soit à gauche, soit à droite. Je vais devoir aller sur Internet pour avoir l'explication. ...

Les bus avancent tout doucement et des panneaux nous indiquent ce distances à couvrir : Ankara à 1 000 kms, Istanbul à 1 750 kms et Téhéran à 1 800 kms. L'adrénaline en voyant ces pancartes, je ne vous raconte pas ! La route appele la route, le voyage appele le voyage. Tout de suite, avec Tima, nous nous regardons et nous avons la même idée : Pourquoi rentrer ? Pourquoi ne pas continuer la route ? ...... L'envie est là, ça ne sera que partie remise .....

Nous faisons encore quelques rencontres sur la route, comme ce géorgien au profil atypique d'ici. Le visage, les yeux, les traits. Sévère, austère mais pas mechant le garçon. Il ne faut juste ne pas l'embêter, c'est tout !! C'est un sportif avec un look de lutteur plus que de footballeur vous ne trouvez pas. Les sports nationaux ici sont la lutte, le judo, ....

Nous commençons à emprunter la fameuse route "Georgian Military Highway " qui remonter vers le nord et l'ancienne URSS. C'est la seule route qui relie les deux pays.

Nous entamons la montée de l'un des plus hauts cols de Géorgie, le Jvari Pass à 2 380 mètres. Nous atteignons le village de Gudauri, célèbre station de ski prisée par les locaux durant l'hiver. Ils sont bien servis les Géorgiens, l'été au bord de la Mer Noire à Batumi et l'hiver sur les 57 kms de pistes de ski du domaine de Gudauri. Titi, les bien ceci : le forfait hebdomadaire réclamé est de 100 euros seulement, la location de matériel pour la semaine à 150 euros. Pas cher ! Cela mériterait presque de se renseigner !!

Évidemment le Caucase nous offre son paysage majestueux. Les parapentes volent au-dessus des cols, des pentes raides et verdoyantes. Waouh ! On en prend plein les yeux ! La route est sinueuse, Tima regarde bien la route pour ne pas vomir !!

Notre chauffeur est prudent signalons-le, ce qui est rare ici mais qui s'explique par son âge. Son bras gauche tremble dangereusement, je suspecte un début de Parkinson !!

Étant donné les paysages traversés, nous lui disons : allez, go, on continue jusqu'à la pointe de la Géorgie, dans le village de Kasbeji, à seulement 15 kms de la frontière russe.

C'est donc parti malgré les troupeaux de vache en train de paître non pas dans leurs prairies mais sur les routes, au milieu, sans bouger ! Allez savoir ! Et nous ne sommes pas dans le monde indien et ses vaches sacrées car nous les effleurons, nous slalomons entre elles comme sur les pistes de ski de Gudauri.

Le check point qui stoppent les poids lourds kazaks, russes, géorgiens et turcs se dresse devant nous, pouvant occasionner un bouchon de dizaines de kilomètres parfois. Pas aujourd'hui, ouf ! Le village de Kasbeji est visible devant nous. Vladikavkazi est annoncé à 15 kms, première ville russe après la frontière, dans la province de l'Ingouchie qui jouxte celle de la Tchétchénie et du Daguestan (que nous avons effleuré aussi lorsque nous étions en Azerbaïdjan. Que du bonheur ! Le programme est exotique non ??!!! À ce propos, vous devriez vous renseigner sur le dictateur actuel sévissant en Tchétchénie, sbire de Moscou. Je ne sais plus son nom. Mais il s'identifie au grand et ancien chef de guerre des tribus musulmanes du Caucase Nord Chamyl du XVIIIeme siècle (qui est en photo sur la couverture du livre d'Alexandre Dumas lors de son voyage dans le Caucase). Le dictateur s'habille, s'arme et monte à chvela de la même façon ....

Nous arrivons à Kazbegi, village récemment baptisé Stepantsminda, histoire de rendre le nom plus soviétique !

L 'histoire est riche, le décor sublime, Kazbegi est en contre-bas du majestueux Mont Kasbek et ses neiges éternelles à plus de 5 000 mètres. Pour vous présenter au mieux le site, je cite en quelques lignes Dumas :

"Les Russes ont appelé la montagne Kasbek parce que le village Stéphan-Ezminda, situé au pied de ce mont, était autrefois la résidence des princes Kai-Bek, gardiens du défilé. Cette dernière désignation a prévalu".

Tout est réuni pour être bien et l'église orthodoxe, sur un pic qui précède visuellement le Mont Kasbek, est l'un des spots les plus photographiés de la Géorgie. Nous la voyons bien (comme sur ces photos, en haut de la butte) et le paysage est sublime même si les nuages entourent le sommet.

Le village a du cachet avec ses vieilles maisons, son église mais l'état général laisse à désirer, à l'image su bureau de Poste !! À vous de faire votre opinion ....

Le bureau de Poste à droite 

Mais la déception est immense. C'est la "Desperate" Kasbeji .... !! Ce village est devenu une usine à tourisme. Tout est pensé et réuni pour dépenser.

Nous dormons chez l'habitant qui a aménagé une chambre confortable avec une télévision que nos enfants savourent tellement ça leur a manqué .... Le plaisir du voyage, se contenter des plaisirs quand ils se présentent .... Comme aussi de jouer simplement, le morpion avec les enfants du quartier sur une porte d'entrée d'une maison (effacée à chaque fois avec une éponge !!!)

Mais bon, ce confort proposé en comparaison avec l'intérieur de la maison familiale de nos hôtes, je suis plus que gêné. Voici la maison avec les peaux de mouton sur l'escalier qui vont être réutilisées par la famille plus tard.

Idem quand nous croisons tous les touristes randonneurs, marcheurs européens suréquipés et leurs devises. Face aux conditions de vie vétustes des locaux, nous ne sommes pas à l'aise.

La décision est donc prise, demain retour dans les terres géorgiennes pour regagner la capitale Tbilissi. A la veille de reprendre la route, nous en profitons pour se régaler avec la cuisine géorgienne, salée, faite essentiellement de viande, soupes de légumes et quelques plats "nationaux", tels le khachapuri et le khinkali. Voici en photo ces deux plats. Le premier est un bon pain bien cuisiné avec du fromage et un oeuf à l'intérieur, le deuxième des gros raviols fourrés à la viande qui baignent dans l'huile. Un régal !!! Et cela tient bien au ventre je peux vous le dire !!!!

Nous consacrons aussi avec Tima ce temps pour notre brief ou réunion. En effet, nous nous mettons d'accord tous les trois, quatre jours pour organiser la logistique du voyage. Celle de ce soir nous permet de cadrer notre retour demain et de préparer notre futur voyage en Arménie. Où irons-nous dormir là-bas ? Comment gérer le passage de la frontière entre la Géorgie et l'Arménie ? Quel bus prendre ? Nous allons voir tout ça ce soir ....

À demain pour nos futures aventures arméniennes qui vous allez voir ne vont pas manquer de piquant !!!

12

Ayrum, Arménie, 07/08/2019 à 20h21,

Comme nous l'avons décidé avec Tima, nous prenons le premier bus le lendemain. Direction l'Arménie dont la frontière n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi. Nous voilà donc à la gare routière de la capitale géorgienne qui propose des voyages nationaux ou internationaux. Des pays comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Turquie et même la Grèce sont proposés.

Esteban est charmé par notre hôtesse d'accueil, Irma, à la gare routière qui nous explique aussi comment trouver des billets.

Ça y est, les billets en poche, nous sommes prêts pour passer une nouvelle frontière et découvrir un nouveau pays, l'Arménie. Nous sillonons pour cette année et pour la dernière fois les routes géorgiennes .... dans la joie et la bonne humeur, comme en attestent ces photos. Et aussi parce qu'Esteban a pris cette photo pour son cousin Jim. Regarde la plaque d'mmatriculation mon neveu, mdr non ???!!!

Notre joie et notre bonne humeur ne sont pas forcément liées au fait de quitter la Géorgie. Nous n'en sommes pas à ce point !! Certes nous ne serions pas restés des semaines entières en plus mais la Géorgie est un pays qui mérite d'être visité et parcouru. La population est hospitalière même si l'austérité, le conservatisme se fait sentir ici, les visages sont durs. L'église orthodoxe géorgienne est encore et toujours omniprésente.

Une aventure en Géorgie est nécessaire, ne serait-ce que pour ses paysages, variés et ravissants. Les reliefs du Caucase se conjuguent élégement et majestueusement avec les plateaux tantôt secs ou humides, les côteaux de vignes se joignent à ce paysage cabossé. Le littoral offre une douceur le long de la Mer Noire.

Aussi parce que ce pays est en pleine transition. Indépendant depuis seulement 1991, la Géorgie veut se dépêtre du géant russe. Le contexte politique est instable, corrompu. Le sentiment anti-russe prédomine. Passer du socialisme à la modernité n'est pas chose simple. Tbilissi en est le parfait exemple avec ses quartiers modernes, lumineux et d'autres où nous avons l'impression que le temps s'est arrêté ....

La Géorgie a passé des accords avec l'Union Européenne en 2016 pour intensifier la coopération.

Je vous l'avais dit, entre l'Azerbaïdjan et la Géorgie, nous avons vraiment eu l'impression de passer d'un continent à un autre, de l'Asie à l'Europe ...

Et peu ont l'idée de partir en Géorgie ... cette idée à elle seule incarne l'aventure ....

Bye, Bye donc la Géorgie. Nous arrivons à Ayrum, ville frontalière en Arménie après seulement 1h30 passée à la frontière géorgienne. Franchement, nous nous attendions à pire ...

Nos passeports sont tamponés par le douanier arménien pas très souriant c'est le moins que l'on puisse dire .... et s'attache à savoir où nous irons dormir. Dis donc ça ne rigole pas ici ou quoi !!! La rivière Debet fait office de frontière entre la Géorgie et l'Arménie. Le paysage devient plus vert, les jardins se multiplient et des familles arméniennes vendent leurs productions le long de la route. L'autre grande différence observable provient du parc automobile. Je ne connais même pas les marques des vieilles voitures arméniennes. Juste après la frontière nous pouvions les voir .... Je challenge mon oncle et mon père pour me donner toutes les marques !!

Tiens, en fait, à propos de voiture, j'ai la réponse à la question que je me posais sur le volant à droite ou à gauche dans les voitures géorgiennes. Un arménien m'a donné la solution : le volant est parfois à droite (comme en Angleterre) car les géorgiens achètent leurs voitures made in China. Elles sont donc moins chères avec comme seul bémol, ce volant pas forcément à la place attendue !! Voilà tonton de St Max pour la réponse.

J'adore ces moments-là en rentrant dans un pays pour la première fois : le découvrir, le ressentir, admirer le paysage, les maisons et les premiers villages, le regard et les visages qui changent ...

C'est fou quand même, après seulement deux heures de route et maximum 100 kilomètres, tout change !!! Et surtout la population, ce peuple arménien qui paraît différent du peuple géorgien et aux antipodes du peuple azerbaïdjanais ....

Le Caucase, quelle région ! Quelle mixité ethnique ! Quel mélange de peuples, de cultures, de mentalités !

Nous sommes donc impatients de rencontrer le peuple arménien même si je vous le concède, c'est de nouveau pour nous la case départ. Nouvelle monnaie à intégrer, nouveau change, nouveaux codes, nouvelles mentalités, nouvelle langue (même alphabet indo-européen avec des variantes par rapport à la Géorgie) ..... Encore un beau challenge à relever !!!

Nous longeons le Debet dont le cours s'enfonce dans une vallée abrupte, verte, le long d'un canyon. Le Debet Canyon ! C'est ici que nous poserons nos sacs pour une durée beaucoup plus longue que prévue .....

Nous avons eu du nez de s'arrêter ici ..... Tiens en parlant de nez, parlons de ceux des arméniens .... c'est le titre de mon prochain récit : "le nez caucasien arménien !!!"

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Alaverdi, Arménie, 11/08/2019 à 14h30,

Nous voici donc arrivés en terre arménienne. La route est déjà dans un piètre état, en comparaison de celle en Géorgie. Elle est caillouteuse, cabossée et notre bus n'a pas quatre roues motrices !! On me dit que les travaux durent déjà depuis huit mois et c'est loin d'être terminé !!! Ça commence bien !

Une heure et demi après, le bus s'arrête dans la petite ville d'Alaverdi, de 4 000 habitants. Elle a été fondée initialement par les turcs, sachant que la signification du nom de la ville vient du truc qui veut dire "Dieu vous donne" ou "Dieu est avec vous" (les turcs, incroyable alors que nous sommes en Arménie !). Les soviétiques par la suite ont "colonisé" l'Arménie et ont exploité le cuivre dans cette région autour d'une immense usine dont les friches sont encore visibles.

Nos sacs sortis du bus, nous sentons tout de suite que nous sommes dans un autre monde. Ne serait-ce que le visage et le regard des locaux. Le teint est plus pâle, les arméniens sont plus fins, plus petits, les yeux bruns perçants. Le même regard que Charles Aznavour ou La famille Djorkaeff ! Ce qui frappe aussi, c'est le nez beaucoup plus long et pointu. 90% des jeunes à Erevan, capitale arménienne, veulent se refaire le nez avec de la chirurgie esthétique. On nous apprend que l'opération coûte ici 2 000 euros ! Les demandes affluent ...

Ils en ont fait un complexe, même si c'est vrai, on ne voit que ça quand on arrive ici.

Ce qui marque aussi, c'est le changement de physionomie des villages et des villes. Plus pauvre, plus sinistré. Nous décidons de dormir chez l'habitant, Taron, et l'appartement dans lequel nous arrivons, reflète cette nouvelle physionomie. À vous de juger sur ces photos ! Ça donne envie non ??!!! Vous ouvrez la porte et c'est au cinquième étage, sans ascenseur bien sûr !!

En plus, cerise sur le gâteau, l'appartement me fait penser à celui qu'avait mes grands-parents : même parquet qui grince, même disposition des pièces, gros matelas mous, balcon !!! Séquence émotion, je sens que je vais faire rire mon frangin et ma frangine !!

Voici la ville d'Alaverdi, telle qu'elle se présente sous nos yeux quand nous la découvrons.

Le paysage est donc un peu sinistré il faut bien le dire ! Nous ressentons dans le regard des arméniens une grande gentillesse, une hospitalité et aussi une certaine tristesse. Ce peuple a souffert c'est certain, liée à l'histoire contemporaine du pays.

Petit rappel historique et géographique si vous permettez : l'Arménie est un petit enclavé entre la Turquie, l'Iran, l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Rien que ça ! Les frontières terrestres avec les turcs et les azerbaïdjanais sont carrément fermés. Entre les pogroms en territoire azéri pendant le XXème siècle et le génocide orchestré par les turcs en 1915 (qu'ils ne reconnaissent toujours pas d'ailleurs ....), les arméniens n'ont pas toujours été les bienvenus. D'où les vagues d'immigrations incessantes il y a un siècle avec les familles Aznavour, Djorkaeff, ... Les Russes ont ensuite étendu leur impérialisme jusqu'ici.

Les bâtiments sont délabrés, les route et rues délabrées. Regardez ces photos de la gare routière et de l'école. sachant que nous avons adressé la médaille d'or du bus le plus vieux et pas entretenu à celui-ci !!!! Bravo !! Cela ne nous a pas empêché de monter dedans pour aller dans les villages de montagne .....

J'imagine la réaction des personnes qui vont nous demander : "et toi où es-tu parti en vacances ?". Notre réponse l'Arménie. "Quoi l'Arménie ???!!! Mais Pourquoi ??!!!"

Continuons sur le pays : le salaire minimum est de 100 euros, le système de la santé est précaire. Les jeunes ne voient leur avenir que dans la capitale, Erevan, plus moderne, rêvent de visas ou apprennent les langues à l'école pour partir. Ici en campagne, ils se mettent à boire (une bouteille de vodka par jour nous dit-on). Dur dur donc mais malgré ce contexte, l'accueil est agréable. Nous nous sentons pas en insécurité, ni épiés, ni en insécurité. Enfin sauf Tima dont le teint mat, le visage aux jolis reflets maghrébins intrigue, voir déstabilise, surtout chez les anciens. C'est comme si elle arrivait voyager dans la campagne française franchouillarde ..... Les anciens me saluent et pas elle .... Cerise sur le gâteau, nos courses à la supérette locale ! Nous devions légèrement nous ravitailler autour des cinq rayons du magasin, dont un exclusivement réservé à l'alcool .... Je vous promets, tous les employés du commerce n'ont fait que de nous suivre, de peur du vol ou tellement on intriguait ....

Nous verrons comment la situation va évoluer.

Après la phase decouverte, aujourd'hui, c'est journée farniente. Les enfants vont jouer au foot avec d'autres, Tima échange en anglais avec les adolescents de la ville.

Le relief comme je vous le disais est escarpé, autour d'un canyon qui a l'air vertigineux, sur lequel des villages de montagne sont positionnés. Etant donné la gentillesse de notre hôte et sa famille, la beauté du paysage et les monastères qui subsistent autour des villages, nous restons pour quelques jours.

Je vous parle de monastère. L'Arménie est réputée pour ça. J'ai envie de vous dire que c'est "le pays des monastères". La carte ci-jointe est suggestive dans ce sens, également cette statue d'un ancien roi qui porte un monastère.

Le christianisme est présent depuis longtemps, les III et IVeme siècles. C'est d'ailleurs sur ces terres, conquises jadis par les Romains, que les premiers chrétiens ont commencé à christianiser et évangéliser les populations sur place. Néanmoins, nous sentons moins la pression de l'Eglise qu'en Géorgie. Par exemple, les arméniens ne font aucun signe de croix dans la rue.

Et nous avons bien fait ! Malgré la curiosité que nous suscitons, les langues se délient, la gentillesse domine. Nous mangeons bien, la vie ne coûte pas cher du tout et nous en profitons pour un petit relooking ! Les enfants sont debouts pour être coiffés !

Regardez comme ils sont beaux nos enfants sur cet espace de jeu, de musculation. Et que dire de ma charmante épouse, nommée officiellement Miss Arménie après son brushing et son lissage. C'est peut-être pour ça qu'elle intrigue mon épouse. Depuis un satellite russe Spoutnik, une bombe soviétique, la Tsar Bomba vient d'être lâchée à Alaverdi !!

À demain dans les villages du canyon ! Le tout en mocassin, véritable dress code des arméniens !!!

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Sanahin, Arménie, 11/08/2019 à 17h28,

Comme promis, nous prenons un peu de hauteur pour se hisser sur ce Debed Canyon. Debed je vous rappelle est le nom de la rivière qui coule en-dessous.

Pour y accéder, la marche est possible (nous ne sommes pas là pour faire de la randonnée !!), le stop aussi (ça sera pour plus tard !!), le taxi ou le bus (vous savez celui en photo qui a reçu la médaille d'or du bus qui fonctionne encore au gaz alors qu'il ne passerait plus au contrôle technique !!). Pour le fun, nous voilà dans ce bus avec nos petits sacs à dos, nos chaussures de marche alors que nos voisins arméniens ont quasiment tous leurs mocassins !! Véritable dress code ici pour la gente masculine. Même les enfants en portent !!

Tima ne prend pourtant pas son pied (dans ce bus évidemment !!! Voyons !!) car les virages du col pour se hisser en haut du canyon sont sévères et raides. Néanmoins, il a suffit d'un quart d'heure seulement pour le chauffeur avant d'atteindre le village de Sanahin. Village avec beaucoup de friches, de dégradations mais l'accueil des habitants est chaleureux.

Ils nous apprennent qu'un monastère datant du IXème siècle se trouve à un bon kilomètre ! C'est parti donc, sachant que nous profitons de la marche pour découvrir les joies d'un village de montagne arménien ... Un banc ou une ancienne banquette de voiture n'attend que nous (sur la photo en bas à gauche) !!!

Après une marche pentue qui me fait comprendre que Gabin a pris du poids comme nous pendant ce voyage, le monastère se dresse devant nous. Un joli havre de paix au coeur du canyon vert. Les ruines du monastère nous permettent de constater que la vie ecclésiastique était intense à l'époque avec bibliothèque, réfectoire, église et chapelles, dortoir, .... Nous pique-niquons autour du site, vers le cimetière, à la surprise des touristes ou arméniens.

La digestion passera par une marche pour un retour dans le centre du village et l'arrêt de bus. Mais avant, j'ai envie d'essayer de rencontrer et discuter avec les villageois. Des portails sont ouverts mais des chiens veillent au grain. On ne va peut-être pas prendre de risque. Oh allez essayons dans cette maison plutôt bien décorée, la porte est ouverte. Le fils a l'air méfiant mais son père lui fait comprendre au loin que nous pouvons rentrer. L'accueil est chaleureux et spontané, à l'image des arméniens. Il nous propose un café arménien et de s'asseoir dans son jardin dehors. Volontiers ! Sauf que nous nous attendions pas à ce qu'ils proposent différents mets arméniens ..... Tout le monde a déjà vu, je suppose, la scène chez les paysans quand sont proposés goutte (la fougne) et pâté dans le film "Les bronzés font du ski". Et bien nous allons la vivre car je vois la mère de famille sortir de sa cuisine une assiette de légumes et du fromage mou, dégoulinant pas très engageants !

La communication est difficile car la famille parle anglais comme moi je parle l'italien !! Heureusement que nous avons, comme les italiens, nos mains et nos visages pour parler ! Et puis nos origines françaises nous aident. Nous avons l'impression avec Tima que le peuple arménien a beaucoup de respect pour la France, Aznavour accentuant le lien. On saura pourquoi un peu plus tard ....

Je leur fais comprendre que c'est gentil de nous proposer tout ça car nous venions de manger. Un café suffisait largement ! La réponse est sans équivoque. Mais si voyons, faites-vous plaisir et c'est offert de bon coeur ! C'est une véritable fougne caféinée en Arménie !!

Je déguste le café arménien dont le marc au fond sert à prédire l'avenir ! Véridique !! Tout en savourant le digestif noir, nous arrivons tant bien que mal à échanger et là, le destin est quand même bien fait. En effet, le père était ingénieur hydraulique et a été missionné jadis par les soviets pour aller sur des chantiers de barrage au Japon et surtout en Algérie. Sur les terres de la famille de Tima et même dans sa région d'origine. Joli clin d'oeil du destin et surtout, je ne vous le cache pas, cela nous permet de botter en touche la dégustation proposée !!!

Nous passons une bonne heure avec eux et ils nous ramènent même en voiture jusqu'à l'arrêt de bus !! Bon voyage nous disent-ils ......

Concernant la gastronomie arménienne, nous allons avoir l'occasion de la goûter plus sereinement car nous avons demandé à notre famille d'accueil de nous préparer un repas "local", chez eux. Ce soir, c'est un véritable festin qui nous attend et là, les plats proposés étaient beaucoup plus engageants .... Au menu, soupe de légumes, gatas (pain arménien enroulé très sucré), khorobadz (brochettes de viandes), légumes et choux farcis, ... Un véritable délice !!

Nous nous sentons bien dans cette contrée du nord de l'Arménie. Nous décidons de rester et demain, nous irons découvrir un autre village, Haghpat, lui aussi connu pour son monastère ..... tout là-haut, sur le canyon ....

L'Arménie est bien, entre autres, le pays des monastères. Mais comme dit Tima, on en voit un, on en voit deux, ..... Avec tout ça et tous les cierges que nous allumons, je ne comprendrai pas si nous n'allons pas au paradis !! Mais heureusement, ce n'est pas que ça l'Arménie .....

Cette fois-ci, nous partons en taxi, accompagnés d'un co-voitureur provenant de Hong Kong.

Voici le village de Haghpat et son monastère :

L'ensemble monastique est encore plus grand que le premier. Et puis surtout, il domine un paysage encore plus beau en s'enfoncant encore plus dans les terres. Regardez ce cliché avec les bottes de foin devant les fermes. Des rares vieilles Lada roulent encore sur ces routes de campagne. Tellement cliché mais tellement beau et bercé de nostalgie ....

Nous pique-niquons tranquillement autour monastère après qu'Esteban et moi fassions une petite promenade dans le village.

Comme à l'aller un taxi nous ramène tranquillement, que nous payons au tarif local. Une grande nouveauté pour nous, les arméniens sont beaucoup plus honnêtes question argent. Rares sont les fois où nous devons négocier. Ils sont vraiement corrects et c'est vraiment appréciable.

Demain, nous décidons de partir pour se rendre dans le centre du pays et Erevan. Quelle belle découverte cette région au nord-ouest de l'Arménie !

Comme je vous le disais, l'Arménie n'est pas que le pays des monastères. C'est une terre d'histoire où se sont croisés des peuples, des cultures, des civilisations. Le christianisme est devenue la religion principale dès le début du IIIème siècle, avant même les Romains ....

Continuons notre chemin, non pas sur un tapis volant (le tapis est roi ici aussi !!) mais en bus local ou marshrutni sur ces terres arméniennes si courtisées pendant le XXème siècle par les Turcs et les Soviétiques ..... À ce propos, regardez ce qu'on peut encore trouver chez les brocanteurs locaux ...

L'altitude va s'élever. Nous avons hâte de faire connaissance avec le Mong Aragat, point culminant de l'Arménie et encore plus du légendaire Mont Ararat qui personnellement me fascine déjà.

Rapprochons-nous de ce peuple vraiment sincère et hospitalier. Encore plus ici et d'ailleurs dans tout le Caucase (Géorgie et Azerbaïdjan), nous ne nous sentons pas en insécurité.

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Kanakerravan , Arménie, 12/08/2019 à 21h05,

Nous avons donc décidé de quitter le Debed Canyon pour poser nos sacs à Kanakerravan, ville de banlieue de la capitale arménienne. C'est là que nous avons trouvé une guesthouse qui nous propose un petit appartement avec deux chambres distinctes.

La chance nous sourit car Taron, chez qui nous dormons à Alaverdi, nous propose de nous déposer à Vanadzor, qui est sur la route d'Erevan. Avec ses parents, il part chercher son oncle à l'aéroport. Nous sommes veinards car la portion de route entre Alaverdi et Vanadzor est de piètre qualité, dans le même état que la route prise après la frontière. Son père a un 4×4, il fait le plein de gaz et c'est parti, dès 7h du matin. Le gain de temps en comparaison du bus est énorme. En seulement une heure, la famille nous dépose à la gare routière de Vanadzor où la chance nous sourit encore car un bus local (un marshrutni) allait juste partir.

C'est le blanc, et pas le jaune. On sera assez chargé comme ça !! Il reste 4 places, euh non, 2 nous dit le chauffeur. Allez en route, nos enfants iront sur nos genoux. Pour 1,50 euros seulement !

Erevan n'est qu'à deux petites heures .... qui vont s'avérer longues et physiques car le bus est bien rempli et les places sont étroites. Ces petits tracas font partie du voyage et nous pouvons nous mélanger avec les locaux. Justement, notre voisine commence à échanger avec Tima. Elle lui parle de sa vie, de sa famille et lui propose même de nous accueillir chez elle. Sa fille parle mieux l'anglais qu'elle ! Encore et toujours la spontanéité arménienne ....

Nous rentrons dans le pays. Les paysages défilent sous nos yeux. Le Debed Canyon laisse la place à de vastes espaces agricoles (céréales, fruits et élevage de bovins, moutons). Nous pouvons en effet trouver quantité de fruits en Arménie (pêches, prunes, ....). Ils sont bons et me piquent moins le palais quand je les mange !!

Nous abordons le plateau en pleine zone sismique. C'est ici qu'à eu lieu en 1988, autour de la ville de Spitak, le terrible tremblement de terre qui a détruit la région en même pas huit secondes. L'Arménie est sur une grosse zone sismique, d'où la présence de volcans sur son territoire, certes éteints aujourd'hui, mais terriblement impressionnants visuellement.

Nous traversons en bus cette ville de Spitak aujourd'hui reconstruite. Je vois au loin son église de fer, faite après le tremblement pour dépanner.

Puis, le bus continue sa route et traverse des villages. La route longe des fermes, l'Arménie est une vraie terre agricole, fertile. Le paysage passe du vert au jaune.

Comment définir la conduite arménienne ? Disons la même que dans tout le Caucase. Ici, téléphoner au volant fait partie du code de la route ! Comme klaxonner, fumer en conduisant, doubler n'importe où, ne pas attacher sa ceinture, mettre les enfants sur ses genoux, .... J'en passe et des meilleurs !!! Les arméniens nous confirment quand même que les géorgiens sont plus sauvages qu'eux sur la route .... Enfin, nous avons vécu une scène d'anthologie. Sur deux voies, nous étions trois véhicules l'un à côté de l'autre. Je m'explique : notre bus doublait une voiture pendant qu'il se faisait aussi dépasser, le tout sur deux voies !!!

C'est Tima qui me dit je cite "Mais regarde Jean-Seb, on est trois sur deux voies !!!" Eh oui !!! Qui dit mieux !!

Pourtant, la police est là et veille au grain. On en trouve partout et elle sait se faire respecter. Ça se sent ! Franchement, c'est bien. Nous sommes loin de notre police qui est moins respectée et du laxisme français à tous les niveaux .....

C'est donc en roulant de cette façon que nous passons le col Rya Taza, à 2000 mètres d'altitude. Erevan n'est plus qu'à 100 kms. Nous grimpons et nous apercevons le Mont Aragats, volcan éteint culminant à 4 090 mètres avec ses neiges éternelles. Autour, la terre deveint plus sèche, jaune. Les soviétiques ont laissé leur ancien site observatoire d'astronomie en friche.

Nous traversons les villes d'Aparan et d'Ashtarak. Erevan se rapproche. Le panneau indique 20 kms et nous rentrons sur une autoroute, l'une des seules en Arménie.

Et là se dresse devant nous, au loin, l'imposant, l'extraordinaire et le fabuleux Mont Ararat et ses neiges éternelles, à 5 165 mètres. Pour ma part, je reste scotché devant le paysage et cette montagne, ancien volcan, qui n'est entourée que d'un autre sommet, au milieu d'un vaste plateau.

On reparlera plus tard de ce mont Ararat. On s'en rapprochera même .... En tout cas, il domine la ville d'Erevan que nous atteignons fin de matinée. Le temps de récupérer nos sacs, prendre un taxi, nous voilà dans la chambre de notre guesthouse tenue par une famille arménienne-géorgienne avec vue sur la piscine (enfin une piscine arménienne bien froide !!!).

Notre déjeuner pris dans un restaurant géorgien est bien mérité ! Tout comme une bonne sieste ! Nous rentrons rapidement grâce à une nouvelle application que les arméniens nous disent d'utiliser (qui est la même en Russie), Yandex Taxi.

Fini Bolt, bienvenue à Yandex !

À demain pour nous suivre dans la ville rose d'Erevan (eh oui, il n'y a pas que Toulouse !!) et historique (sa création daterait d'avant la Ville Éternelle de Rome, rien que ça !!)

Et promis, vous aurez droit à une photo de notre lit !! Ça vaut le détour !!

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Erevan, Arménie, 15/08/2019 à 14h19,

Bienvenue à Erevan (on dit Yerevan ici), capitale de l'Arménie que vous allez découvrir depuis notre point de chute en banlieue, à Kanakerravan.

Suivez le guide, Gabin déguisé avec les lunettes de son frère !!!

Avant de vous présenter cette grande ville, voici comme convenu la photo de notre lit, qui évoque parfaitement le mobilier que nous pouvons trouver ici !!!!

Kanakerravan est une petite ville considérée aussi comme un quartier d'Erevan. Etant donné que nous y sommes depuis quelques jours, nous avons nos repères maintenant. J'avais remarqué où les habitants allaient acheter leur pain, leurs légumes, leurs fruits, .... Le coiffeur m'a même pris soin de mes cheveux blonds vénitiens pour la maudite somme de 1,50 euros. Je n'ai juste pas trouvé le bistrot du coin et le terrain de sport .... C'est calme, l'archétype même d'une petite bourgade de province en Arménie. Ce qui nous permet de rentrer encore plus dans l'ambiance et le quotidien du pays. Comme d'habitude, tout le monde est agréable et disponible.

Le mocassin règne toujours sur les pieds des arméniens mais Erevan n'est définitivement pas comme le reste du pays. Nous sommes agréablement surpris par sa nouvelle jeunesse, son dynamisme et l'éclosion d'une population plus libérée et ouverte. Voire raffinée. Oui c'est bien le mot adéquat, raffinée.

Les murs des bâtiments, anciens ou récents, sont toujours de la même couleur, rose, issue de la roche volcanique des alentours.

Dans le titre, je parle de mocassin au talon aiguille rose. En effet, la gente féminine se modernise ici, s'habille tendance, à la mode en y ajoutant une touche de grâce. Sur les pieds des arméniennes, le talon est de plus en plus haut et donne même le vertige ! Le tout sans vulgarité.

Nous avions déjà ressenti une certaine élégance et un certain goût pour les belles choses en Arménie. Je vous parle ici d'esthétisme corporel. Vous vous souvenez de l'opération du nez qui a un grand succès auprès de la gente féminine ici. Le nombre de femmes qui ont un pansement sur le nez est assez impressionnant !

Il y a aussi les dents. La ville pullule de cliniques, de centres dentaires. Autant les femmes que les hommes ici recherchent une dentition blanche, droite et parfaite. Il faut juste je pense avoir un peu de moyens. Une classe moyenne prospère à Erevan.

L'élégance aussi n'est pas qu'esthétique. Je pense aux domaines culturels et intellectuels. D'où aussi ce lien particulier avec la France.

Il n'y a pas que des raisons historiques. Les Arméniens aiment les belles lettres, la musique, .... à la française. Avec en plus un soupçon de patriotisme, rien d'étonnant donc de voir sur des panneaux au bord ou au-dessus des boulevards de la ville des photos des grands auteurs, musiciens, scientifiques, voire joueurs d'échecs arméniens. Nous avons même trouvé Charles Aznavour avec qui Esteban a un lien particulier. Il a chanté à l'école "Je m'voyais déjà" lors de la chorale de fin d'année.

Revenons donc à la ville d'Erevan dont le symbole est un lion. Figurez-vous que récemment, elle fêtait son 2 800 ème anniversaire (avec Esteban et Gabin sur cette photo). Sa création remonterait en l'an 782 av JC.

Elle ne s'est véritablement développée qu'au début du XXème siècle. Surtout après le génocide organisé par les Ottomans principalement contre le peuple arménien en 1915. Ils voulaient récupérer les territoires de l'est de la Turquie actuelle et ont exterminé, déporté et torturé des milliers d'arméniens. Un mémorial est ouvert aujourd'hui pour ne pas oublier ces victimes, reconnus par le monde entier (sauf la Turquie, ça vous le saviez déjà). Et si cela ne suffisait pas, malgré la défaite des Ottomans après la Première Guerre Mondiale et le Traité de Sèvres en 1920, les Turcs ont envahi les territoires accordés pourtant à l'Arménie jouxtant la Mer Noire (les provinces de Van, Trabzon et Erzurum). D'où aujourd'hui ce pays qu'est l'Arménie sans aucun littoral, totalement enclavé.

Voici la carte de la Grande Arménie avant l'amputation de ses territoires, et l'un de ses rois soutenant l'église chrétienne arménienne.

Les réfugiés survivants sont revenus peupler la ville. Puis les soviétiques ont continué à développer l'ensemble, avec l'aide de l'architecte et urbaniste local, Alexandre Tamanian. Son empreinte est encore visible car le plan de la ville ressemble aujourd'hui à une raquette de tennis.

Un hommage lui a été décerné avec cette immense statue à son effigie, en bas d'une des collines qui dominent la ville. En haut se trouve la colonne qui célébrait les 50 ans de la révolution bolchévique (1917 - 1967). Le versant de la colline est occupé par une série de fontaines qui donne au site un bel ensemble. Sur les hauteurs d'une autre butte, l'immense statue de la Mère de la Patrie a remplacé la statue de Staline et domine le paysage.

Enfin et surtout, à même pas cinquante kilomètres, le Mont Ararat, sur territoire turc, donne l'impression de couvrir, de protéger la ville.

C'est encore plus impressionnant que le Mont Fuji qui lui est plus éloigné de Tokyo.

Erevan est située dans une cuvette, entourée de ces collines, ce qui contribue malheureusement à la polluer. Il faut dire aussi que les camions ou les vieux bus crachent encore trop souvent une épaisse fumée noire ...

Au milieu du tamis de cette "raquette de tennis", le coeur névralgique de la ville correspond à la Place de la République, composée d'hôtels luxueux, de bâtiments gouvernementaux et de nombreuses fontaines. Ce n'était pas Staline mais Lenine qui était mis sur un piédestal jadis. Voyez comment l'époque a bien changé. Fini l'obscurantisme !! Dommage aujourd'hui que les voitures et les innombrables bus touristiques stationnés gâchent le paysage.

Maintenant, des nouveaux quartiers à la pierre rose cohabitent harmonieusement avec les anciens et la même pierre. Autour de nombreux parcs, de nombreuses terrasses où il fait bon vivre !! Le tout dans un esprit de tolérance, comme dans le quartier autour de la Mosquée Bleue.

Évidemment, j'ai regardé si nous pouvions aller voir un match de football à Erevan, sachant que la probabilité était assez grande. Pas moins de six clubs jouent ici !! La chance nous sourit car comme à Tbilissi, un autre derby se joue entre le Banants et le Pyunik d'Erevan, dans l'un des stades de la ville. J'invite Tima, elle est enchantée !!! L'ambiance dans ce petit stade est agréable et originale ...... ; avec en toile de fond le soleil qui se couche sur le Mont Ararat. Magique !!

Dommage juste que le match n'avait pas lieu dans le grand stade national d'Erevan, l'équivalent de notre "Stade de France" arménien.

Voici donc en grande ligne nos journées passées à Erevan. Tima a eu un véritable coup de coeur pour cette ville. Et les enfants ont adoré s'éclater au milieu des nombreuses fontaines de la ville. Heureusement qu'elles étaient là car la température oscillant entre 35 - 40 degrés !! Comme nous l'ont dit les Arméniens, à Yerevan, il fait très froid l'hiver et très chaud l'été. Tu m'étonnes !!

Nous approchons de la fin du voyage .... et l'appréhension du retour augmente de jour en jour.

Demain, nous allons vous raconter une nouvelle belle et grande aventure. Nous nous rapprocherons du Mont Ararat , vers le frontière turque autour d'un monastère.

Le clou du spectacle ! Le clou du voyage !

Et cerise sur le gâteau, en stop !!

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Pokr Vedi, Arménie, 16/08/2019 à 14h59,

Cette étape, l'ultime avant notre retour en France, se déroule à Pokr Vedi.

Pour la décrire, ces photos suffiraient presque mais je vais ajouter un commentaire car autant le site est majestueux, autant l'aventure pour s'y rendre est épique.

Pokr Vedi se situe à une cinquantaine de kilomètres d'Erevan, juste derrière la frontière turque. Le village et le site sont fameux et connus de tous. Autant des arméniens que des touristes. En effet, un monastère domine le village, les terres agricoles aux alentours et surtout fait face au Mont Ararat.

Nous allons suivre les traces des origines du christianisme en Arménie.

Pour s'y rendre, j'ai envie de vous dire, rien de plus simple !! Taxi, métro qui dessert l'une des gares routières de la ville pour attraper un bus local ou marshrutka. Soit une heure de transport local !! Pour 1,70 euros. Le problème qui surviendra, c'est trouver un moyen de se rendre dans le monastère qui est à cinq kilomètres du village de Pokr Vedi. Qui vivra verra !!!! C'est là que la journée deviendra épique.

Direction donc Pokr Vedi en marshrutka, dans la région d'Ararat. Non pas dans cette voiture amputée de son capot et croyez-moi, ce n'est pas le seul véhicule que nous voyons dans cet état. Le code de la route et la conduite dans le Caucase font quelques dégâts !!

Mais avant, quelques éclaircissements s'imposent sur cette terre remplie d'histoire que nous allons fouler.

Comme je vous l'ai déjà indiqué, le Mont Ararat est longtemps resté sur le territoire de l'ancienne Grande Arménie, avant que les Turcs l'annexe dès la fin de la Première Guerre Mondiale. Aujourd'hui, il domine de toute sa splendeur et sa majesté la ville d'Erevan et les terres autour de la frontière turco-arménienne.

Et accrochez-vous, c'est sur les pentes de cette montagne qu'aurait chavirée puis échouée l'Arche de Noé. Des restes auraient même été retrouvés. Encore aujourd'hui, de nombreux évangélistes, chrétiens partent en mission pour prouver cette histoire. Pour plus de précisions, je vous laisse aller sur Internet.

Le monastère de Khor Virap a aussi une histoire essentielle pour les arméniens.

En effet, c'est d'ici que tout aurait commencé concernant le christianisme en Arménie. C'est devenu le premier lieu saint de l'Arménie chrétienne. Au début du IIIème siècle, le roi des Arméniens, Tiridate, est un fervent païen et persécute les chrétiens. Grégoire Loussavoritch, un des grands représentants religieux, se détourna du paganisme et se convertit au christianisme. Pour se venger, Tiridate l'emprisonna au fond de la cave d'un monastère, aux oubliettes ("virap" d'où le nom donné au monastère ou "Khor virap" qui signifie puit profond ) avec comme charmants voisins serpents et araignées venimeuses. Toujours très agréables et humaines ces périodes antiques !!

Une dame d'un village avoisinant venait nourrir Grégoire quotidiennement. Grâce à elle et sa foi, il teint treize ans au fond de sa geôle.

Le roi tomba malade et seul Grégoire pouvait le guérir. Il réussit dans sa mission et devint Grégoire l'Illuminateur en gardant sa foi chrétienne. Il convertit par la suite toute la Cour, jusqu'au roi Titidate lui-même.

L'Arménie devint le premier pays chrétien.

Les arméniens se rendent sur ce lieu de pèlerinage régulièrement et des messes sont encore célébrées.

Voici ce monastère et pour celui qui le veut et qui a le courage, il est possible de descendre dans la prison de Grégoire, au fond des oubliettes. Digne de Fort Boyard ! J'ai vu des adultes pleurer rien qu'à l'idée de descendre l'échelle raide. Claustrophobes s'abstenir !!!

Et là nous voyons Esteban se challenger. Je ne sais pas s'il a croisé Olivier Minne ou Passe Partout mais il se lance ce défi avec insistance, qu'il relève avec brio. Et une clé obtenue !! Et un mot de passe trouvé qui est "voyage" ! Esteban, nous sommes fiers de toi ! Petite information à mon père et à mon frère, Esteban a compté le nombre exact de marches, soit dix-neuf ..... !!!! Ah la génétique !!!

Pour atteindre le site, le bus nous dépose en milieu de matinée dans le village à cinq kilomètres. Nous optons pour le stop. En deux temps trois mouvements, une voiture qui emmène deux touristes libanaises s'arrête. Yes !! Le fait de voir nos deux enfants aident bien.

Il est midi, un prêtre rentre dans la chapelle du monastère afin de rendre certainement un office. Ce qui est le cas. Avec l'aide d'un assesseur, il procède a un baptême pour une jeune fille de 20 ans, accompagnée d'un membre de la famille de la gente masculine. La cérémonie est émouvante, la voix des deux prêtres portent, les fidèles arméniens affluent. De l'eau bénite est versée sur la tête et aussi les jambes de la demoiselle.

J'apprends par la suite que cette cérémonie sera aussi donnée dans la maison familiale trois jours plus tard. D'autres peuvent lâcher une colombe en l'air pour faire un voeu de richesse.

Nous mangeons notre pique-nique rapidement pour se hisser sur le ponton rocheux jouxtant le monastère sur lequel flotte avec fierté le drapeau arménien (en face de la Turquie, le barbelé séparant les deux territoires est juste en-dessous). La vue est splendide !

Maintenant, une question se pose. Comment allons-nous rentrer ? Le stop a fonctionné ce matin, pourquoi en serait-il autrement cet après-midi ?

Encore une fois yes ! Une voiture nous dépose dans le village. Première étape franchie. Nous voici au bord de la route nationale. Plus qu'à trouver un autre véhicule. Ici, ils ne connaissent pas le pouce levé. Il faut juste faire un signe et demander avec plus ou moins de véhémence si le conducteur va à la destinaton recherchée. Une Nissan arrive et je demande au chauffeur s'il va à Yerevan. Ce qui est le cas ! Nous montons dans une berline avec une famille arménienne (monsieur est accompagné de son épouse et sa fille). En plus, il roule vite. Génial ! Ce qui ne l'empêche pas de faire tout ce cinéma aperçu en Géorgie. En effet, dès que nous passons devant une église, c'est reparti pour trois signes de croix !!! Certainement qu'il a du sang géorgien ....

Nous rentrons plus vite que prévu à Erevan. Sur le retour, je partage une impression qui devient réalité. J'aperçois autant de cabarets, peep-shows, nights clubs et autres discothèques qu'à Erevan.

Chauds lapins ces arméniens !!!!

Quand je vous disais que l'esthétique et le corporel tenaient une place importante ici ...

Milieu d'après-midi, notre compagnon de fortune passe devant le vieux stade, le mémorial du génocide et nous dépose au centre-ville de la ville rose. Vive le stop ! Nos enfants adorent !

C'est parfait ! Nous avons le temps de rentrer tranquillement dans notre guesthouse et préparer nos sacs. Car le retour s'approche dangeureusement. Le décollage et le retour sont prévus demain matin.

Le dernier repas sera concocté par nos enfants !!

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À mon tour de prendre la plume quelques instants.

Lorsque nous décollons à destination de Bakou, de nombreux paramètres sont inconnus. Où dormir, quel accueil... ? Mais surtout, comment vont réagir Esteban et Gabin en sortant de leur zone de confort ? Ma seule appréhension. La réponse est claire dans le blog et cette photo ...

Habitués à voyager tous les 2, je connais Jean-Séb déjà très réactif et particulièrement rassurant. Son sens de l'orientation est très précieux (sachant que je peux me perdre sur un parking de supermarché !!).

Lors de ce voyage avec nos enfants, il est plus qu'à la hauteur. Il est en un seul mot GÉNIAL. A l'image de cette photo que je choisis pour lui.

Merci à mon cher mari d'avoir pris le temps de rédiger et d'enrichir le blog presque quotidiennement. Vos commentaires m'ont également fait plaisir...

Beau souvenir de notre premier voyage en famille.

Tima


Merci Galbi pour ces commentaires.

Notre sentiment est double en quittant l'Arménie : content d'avoir réussi notre aventure et triste de la quitter. Nous disons aussi au revoir à ce beau pays qu'est l'Arménie, terre du Caucase chrétienne, d'histoire au passé mouvementé, dotée de magnifiques paysages. Son peuple, à la croisée des chemins, est d'une grande gentillesse, hospitalière, qui mérite le respect. Merci de nous avoir accueillis avec respect et honnêteté.

Depuis, nous sommes arrivés à l'aéroport de Vienne, en transit, avant le retour final.

Pour ma part, même si nous avons atterri, je suis encore haut, très haut, aussi haut que le sommet du Mont Ararat.

Ce voyage est allé au-delà de mes espérances. Quelle aventure cocasse et caucasienne !!

Tout était réuni : la rencontre avec les populations, la découverte de nouvelles cultures, de nouveaux codes, des paysages que seule la région du Caucase peut offrir et les péripéties de la route. Je vous conseille vraiment de partir à l'assaut des pentes et des routes du Caucase, ces terres aux confins des continents européen et asiatique. Le terme d'Eurasie correspond très bien à cette partie du monde bien souvent méconnue mais si dépaysante.

Pour ma part, la vision du Mont Ararat et le banc en bois devant les montagnes caucasiennes azerbaïdjanaises à Xinaliq resteront mes moments préférés, inoubliables.

J'espère vous avoir fait partager au mieux nos émotions ressenties au cours de cette aventure. Seul le voyage vous permet de vivre ce genre d'émotions .... C'est compliqué de les transmettre. En tout cas, vivez-les et vous pourrez plus me comprendre. Vous ne serez pas déçus du voyage !!!

"Rester, c'est exister. Voyager, c'est vivre" ......

En plus, nos enfants nous ont accompagné pour cette première. Et quelle première !!!

Bravo à eux car ils ont été des supers compagnons de route. Sachant que nous sommes restés ensemble 24h sur 24, ce qui n'a pas toujours été évident pour tous. Mais c'est si peu par rapport au reste .... Ils nous ont ouvert tellement de portes !!

Gabin. Bravo à ce petit bonhomme qui nous a ouvert tant de portes. Une mascotte ! Un dur au coeur tendre. À la fois attachant, têtu, surprenant, terrible, rigolo, teigneux. Ce voyage lui a permis de grandir sans conteste. Il a adopté son sac à dos !!

Esteban. Bravo à toi aussi mon grand qui nous a permis d'avancer et de nous aider dans la logistique du voyage. Un trésor ! Tel Esteban des Mystérieuses Cités d'or ! À la fois brillant, impatient, attachant, intrépide, éveillé, opiniâtre. Ce voyage lui a permis de progresser en anglais et de grandir aussi.

Enfin ma Tima, Galbi, élue Miss Caucase sans aucun doute. Un partenaire idéal pour voyager. Fougueuse, débrouillarde, joviale, élégante, pétillante et tellement pratique !!! La probabilité de mésaventures sont rares avec elle. Et merci de ta patience durant les longues heures d'écriture du blog.

Enfin merci à vous de nous avoir suivis. Ce fut un régal et un plaisir de partager note aventure !

Rendez-vous début octobre pour de futures pérégrinations ... nettement plus froides. Avec toujours des beaux paysages, de la montagne, ... en Islande !! Et des nouveaux compagnons de route !!

À bientôt !!