Notre voyage se poursuit dans le village de Ouonk pendant une semaine puis Dakar pendant 3 jours.
Du 30 octobre au 10 novembre 2021
12 jours
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Réveillés de bon matin, nous quittons notre chambre à l'Atlantic-Abéné vers 8 heures, (le récit de cette première partie est accessible via ce lien : https://www.myatlas.com/tess4756/retour-en-casamance-abene-octobre-2021 ).

Le taxi commandé par Patrick n'osant pas affronter les pistes détrempées qui conduisent à l'hôtel lui a demandé de nous conduire sur la piste principale.

Nous entassons nos bagages à l'arrière du pickup de Patrick et comme il n'est pas possible d'y tenir à six, Hervé décide de monter à l'arrière au milieu des valises.

Nous rejoignons le taxi sans encombre et prenons la direction de Ziguinchor où nous avons donné rendez-vous à nos amis de Ouonk sur le parking de l'aéroport.

Si le départ d'Abéné s'est fait sous le soleil, nous n'avons pas tardé à voir le ciel s'obscurcir. Une fois passé le village de Diouloulou, les premières gouttes sont tombées, rapidement suivies d'une bonne averse tropicale. Le tout sur des routes puis des pistes en mauvais état et détrempées. Une petite épopée qui s'est bien terminée.

Voici la carte du trajet d'environ 150 km que nous avons effectué:

Ayant pris place près du conducteur, j'ai pu filmer le déroulement de cette "épopée" en petits épisodes à partir desquels j'ai monté cette vidéo.

Nos amis de Ouonk nous ont récupéré à l'aéroport et nous avons pris la route puis la piste boueuse qui mène au village. Nous arrivons à "La Téranga" vers midi.

Mame nous attend dans cette magnifique maison qui impressionne autant nos amis qu'elle nous avait époustouflés lors de notre premier voyage. Les retrouvailles sont chaleureuses.

Après avoir déposé nos bagages dans nos chambres, nous dégustons le bon repas préparé par Mame, puis nous prenons un peu de repos.

En fin d'après-midi, nous sortons un peu, François et Hervé partent explorer les environs armés de leurs appareils photographiques.

Je me rends chez Fatou, la couturière du village en compagnie de Béatrice et Marie-Hélène. Le comité de jumelage de Fleury sur Orne m'a chargée de voir avec Fatou comment créer des nappes, serviettes et tabliers en tissu africain. L'idée étant de les vendre lors d'actions menées par le comité de jumelage au profit de la communauté villageoise de Ouonk. Fatou, est partante, par contre, je vais devoir trouver le tissu car elle ne possède pas de stock.

Nous découvrons au passage les travaux routiers en cours pour transformer la piste qui traverse le village en route.

De retour à "La Téranga", Ghansou nous annonce que l'eau du robinet est coupée à cause des travaux routiers et qu'on ne sait pas à quel moment le problème sera réglé. Nous nous débrouillerons donc avec des seaux d'eau tirés du puits pour la toilette et la vaisselle...

François et Hervé reviennent de leur promenade et nous montrent les photos qu'ils ont réalisées.

Hirondelle à longs brins                                       Euplecte vorabé                                     Cratérope brun 
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Ce matin, nous partons pour une première sortie dans la savane au dessus du village de Ouonck. Ghansou nous accompagne. Il s'est lancé dans la culture d'arachides, la récolte est pour bientôt et il va nous montrer comment naissent nos chères cacahuètes 😊.

Nous empruntons le chemin au dessus du terrain de football. Tout est vert autour de nous, la végétation est luxuriante.

Nous ne tardons pas à voir les premiers oiseaux.

Rollier d'Abyssinie                                       Irrisor moqueur                                    Euplecte franciscain 
 Rollier varié                                      Guêpier à queue d'aronde                                        Pic à dos brun
 Alecto à bec blanc                                                                                              Tisserin vitellin

Nous arrivons au niveau des champs d'arachide de Ghansou. Rien ne les distingue vraiment de la végétation environnante pour un oeil non averti.

Ghansou arrache un pied pour nous montrer les arachides bientôt récoltables. Nous en goûtons quelques-unes. Le goût est très différent de celui des cacahuètes que nous consommons avec nos apéritifs.

Il nous montre également la charrue qui, tractée par un boeuf, lui sert à retourner la terre au moment des semis et de la récolte.

Ghansou et sa charrue 

Les champs d'arachide doivent être surveillés en permanence pour éviter que le bétail errant et les singes viennent se nourrir dans les champs et détruire la production. Cette tâche est, en majeure partie, dévolue aux enfants. Equipés de frondes et parfois assistés de chiens, ils tentent d'effaroucher tout intrus.

 Les gardiens de champs d'arachides

Depuis notre retour, la récolte a eu lieu et Ghansou nous a transmis quelques images montrant les conditions de cette récolte, où, comme toujours au Sénégal, la solidarité est de rigueur.

La récolte des arachides 

Après cette découverte instructive, nous continuons notre balade, un autour sombre, perché à proximité, ne tarde pas à s'envoler.

Autour sombre 

Nous traversons la palmeraie et débouchons au bord d'un marigot, étendue d'eau saumâtre raccordée au fleuve et qui se remplit à marée haute.

Nous longeons la rive un bon moment, quelques oiseaux sont présents, des œdicnèmes timides au bord de l'eau et un héron mélanocéphale qui s'envole à notre approche..

Œdicnème du Sénégal                                       Héron mélanocéphale 

Nous revenons vers la zone de savane que nous traversons en suivant Ghansou à travers les hautes herbes, nous découvrons encore un calao à bec noir, un alecto à bec blanc et une veuve dominicaine.

 Calao à bec noir                                             Alecto à bec blanc                                 Veuve dominicaine

Nous rentrons à "La Téranga" pour le déjeuner puis prenons un peu de repos sur la terrasse en compagnie d'un minuscule chevreau.

Un varan vient troubler notre quiétude

 Varan du Nil

Nous reprenons la direction des rizières à la recherche de l'oiseau rare. La quête, sans être exceptionnelle, s'avérera fort satisfaisante.

 La rizière
 Rollier à ventre bleu                                Souimanga à ventre jaune                                         Héron strié
Ecumoire à lunettes                                                                                        Orthetrum angustiventre
     Tisserin gendarme 
Dendrocygne veuf                                                                                                  Euplecte vorabé 

En rentrant, je passe saluer Fatou et Ibou en compagnie des filles. Nous discutons gentiment, au milieu des enfants, quand l'un des enfants annonce l'arrivée du Fambondy. Fatou se précipite à la fenêtre, la ferme précipitamment et, appuyée par Ibou, nous demande fermement de rentrer tout de suite. Elle ferme sa porte derrière nous et nous traversons la piste pour regagner la Téranga. Ghansou, que je croise, m'explique que le Fambondy parcourt le village et qu'il ne faut pas le rencontrer.

Qui est Fambondy ? Fambondy est le roi des djinns protecteurs des peuples de la Basse-Casamance. Personnage mythique de la culture casamançaise. Habillé d'une tenue en fibres végétales, il s'annonce par des cris aigus et fait fuir femmes et enfants. On dit qu'il peut voler avec ses sabres et se déplacer très vite. Il voit en chacun la part de mal (mauvaises intentions, sorcellerie...), qu'il se charge d'expulser en rouant de coups ses victimes. S'il fait très peur aux villageois, il laisse incrédules les occidentaux, du moins jusqu'à ce qu'ils le rencontrent, une nuit, au retour de Bignona... !

Photo copiée sur Internet 
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Ce matin, après une nuit réparatrice mais où nous avons entendu le Fambondy crier et taper ses sabres, départ de bon matin en direction de Diéba et Marsassoum. Nous embarquons dans le véhicule conduit par Ghansou avant le lever du soleil.

Nous empruntons la piste en direction de Diéba. Plusieurs chantiers routiers sont en cours pour la pose de buses d'évacuation des eaux pluviales. Des contournements ont été aménagés et nous progressons donc sans problème. Le soleil se lève nous offrant de belles images.

Soudain, nous distinguons une forme sur la piste sans comprendre de quoi il s'agit. Nous sentons une secousse et le véhicule s'immobilise. Nous venons d'écraser un serpent. Nous descendons et découvrons un python royal agonisant sur la piste. Les défenseurs de la nature que nous sommes sont tristes et choqués, notre chauffeur lui a une toute autre réaction, il achève le serpent et le hisse sur le toit du véhicule... Choc des cultures !

 Python royal

Nous repartons assez perturbés par cet épisode.

Nous arrivons à Diéba. Momo, qui nous avait guidés sur ce site l'an dernier, nous attend et nous annonce que le circuit le long du marigot est actuellement inondé et que nous devrons nous promener plutôt sur la piste qui traverse le marigot. Déception pour nous qui avions tant apprécié ce parcours entre marigot et jardins où les oiseaux étaient nombreux et variés. Nous stationnons le véhicule et parcourons les environs.

Quelques oiseaux se retrouvent en boite.

Rollier d'Abyssinie                                       Vanneau à éperons                              Aigrette à gorge blanche 

Nous empruntons la piste transversale, un cormoran africain et un faucon ardoisé sont perchés sur des branches mortes, tandis qu'un bihoreau gris passe en vol.

De l'autre côté du marigot, quelques belles découvertes nous attendent.

Perroquet youyou                    Aigertte à gorge blanche et héron intermédiaire                         Rollier à ventre bleu 

Nous tentons de longer le marigot, mais là aussi, le terrain est détrempé et nous devons faire demi-tour. Sur le retour, nous verrons encore un cormoran africain tout proche qui fait sécher son plumage, des hirondelles à longs brins au sol et un palmiste africain en vol.

Palmiste africain                                      Hirondelle à longs brins                                 Cormoran africain 

Un petit commodore agrémente la balade.

 Petit commodore

De retour à notre point de départ, nous rencontrons une jeune femme et sa petite fille âgée de 8 mois. Elle accepte la photo ainsi que le jeune garçon assis dans une barque traditionnelle.

Nous reprenons le véhicule et faisons halte sur le site de l'ancien campement de Diéba. L'endroit est toujours aussi agréable, sous les grands arbres et au bord de l'eau. Les bâtiments du campement continuent de se dégrader, mais il y a une lueur d'espoir que Momo nous présente : le chantier de construction d'un nouveau campement où les premiers matériaux de construction sont arrivés. Ce nouveau campement sera constitué de petites cases individuelles, toutes les autorisations ont été obtenues. Croisons les doigts.

 Momo sur le site du futur campement de Diéba

Nous reprenons le véhicule et allons voir le nouveau pont qui relie Diéba à Marsassoum et enjambe le Soungrougrou (affluent du fleuve Casamance). La construction du pont est terminée et les travaux de chaussée pour y accéder sont en phase de finition. Le président sénégalais doit venir inaugurer le pont vers la mi-décembre. En attendant le vieux bac assure toujours la traversée.

Nous observons les environs et malgré le bruit du chantier et la file d'attente du bac, de nombreux oiseaux sont visibles.

 Mouette à tête grise                                         Corbeau-pie                                          Grande aigrette

D'autres oiseaux passent en vol.

Sterne caspienne                                Sterne hansel                                        Sterne royale
Faucon lanier                                                                                                  Martin-pêcheur pie 

Momo nous propose de traverser pour aller voir une colonie de flamants roses. Nous prenons donc le bac. Arrivés à Marsassoum, nous longeons la rive, un héron strié posé sur une barque en bois fait notre bonheur. Un vanneau à éperons nous surveille.

Héron strié                                                                                          Vanneau à éperons 

Les pélicans gris s'agitent sur le fleuve.

Pélicans gris 

Momo nous indique l'arbre où sont perchés les flamants roses. Ces sont des tantales ibis. 😁

La colonie d'oiseaux est installée dans quelques grands arbres à une centaine de mètres du fleuve. Plusieurs nids occupent ces arbres et nous constatons rapidement qu'il s'agit d'un "habitat collectif", nous voyons des tantales ibis, des cormorans, des pélicans ...

Pélican gris               Cormoran à gorge blanche                      Tantale ibis 

Quelques vautours charognards gravitent également autour de la colonie.

Vautour charognard 

Nous continuons notre promenade dans les rues de Marsassoum et découvrons des tisserands au travail dans des conditions rudimentaires mais ingénieuses.

Nous nous dirigeons ensuite vers le bord du fleuve pour reprendre la bac. Au passage quelques sourires et beaux visages.

Le temps d'attente pour le prochain bac étant un peu long, nous rentrons finalement en pirogue, plus petite mais plus rapide.

Nous reprenons le véhicule et partons rendre visite à la petite Nicole et sa famille (voir son histoire dans le récit de mars 2020). La jeune fille, tout sourire, a maintenant onze ans, elle nous a reconnus et nous accueille avec sa maman.

Nous reprenons ensuite la piste vers Ouonk où nous arrivons pour déjeuner.

Comme chaque jour, nous repartons en fin d'après-midi à la recherche des oiseaux des environs.

 Barbican à poitrine rouge                                                                                    Barbican de vieillot

Nous nous dirigeons vers la mare de Babatte où nous avons fait tant de photos lors de notre première visite. Sans surprise, nous la trouvons entièrement noyée et couverte de nénuphars ; les deux crocodiles vus l'an passé doivent être à l'aise !

Hormis quelques martins-pêcheurs pie, il y a peu d'oiseaux sur le site. Nous débusquerons toutefois un joli grand indicateur et un merle africain.

 Grand indicateur                                                                                                  Merle africain

Nous rentrons à "La Téranga" en admirant les beaux arbres qui nous entourent.

Baobabs et fromager  
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Ce matin, direction Ziguinchor où nous avons un programme chargé : visiter les magasins pour trouver le tissu dont Fatou à besoin pour confectionner les nappes commandées par le comité de jumelage (voir récit du 30 novembre), faire un tour au marché artisanal pour y trouver quelques souvenirs et petits cadeaux pour nos proches, déjeuner au restaurant avec nos amis et faire une excursion sur le fleuve Casamance.

Nous commençons, guidés par Ghansou, par les magasins de tissus. Nous en visitons un premier qui propose un grand choix de tissus africains.

 Photo de François

Avec Béatrice et Marie-Hélène nous en examinons plusieurs et sommes surprises par la largeur des tissus qui ne mesurent que 1,15m. Pour confectionner des nappes de 1,40 m de largeur, ça promet d'être compliqué.

Nous décidons de visiter un autre magasin où nous demandons à voir des tissus en grande largeur. On nous propose alors des tissus unis ou faux unis qui n'ont rien d'africain. Après échanges téléphoniques avec les personnes du comité de jumelage, nous retournons à la première boutique et achetons un assortiment de tissus africains.

Ces hésitations nous ont occupés pendant une grande partie de la matinée et il est maintenant trop tard pour faire un tour au marché des artisans. Je suis confuse d'avoir privé mes amis de cette visite. Il est près de midi et nous devons rejoindre le restaurant "Le perroquet" situé au bord du fleuve où nous déjeunerons, en compagnie de l'ami Ibou dans un superbe décor.

Après le déjeuner, nous avons réservé une pirogue (négociée par notre ami Ibou) pour une excursion sur le fleuve à la recherche des oiseaux (évidemment) avec pour but, une escale à Djilibao afin d'y visiter la case à étage et ses truculents décors.

Dès la fin du déjeuner, nous embarquons sur la pirogue tandis que passe au loin le ferry pour Dakar.

Les premiers oiseaux que nous voyons sont en vol, un milan à bec jaune et un tantale ibis qui rapporte des matériaux pour son nid puis c'est un cormoran à poitrine blanche qui tente de décoller après avoir pêché un beau poisson.

Tantale ibis                                       Milan à bec jaune                                    Cormoran à poitrine jaune 

Notre pirogue progresse sur le fleuve. C'est marée haute, les oiseaux que nous avions vus, posés, sur des bancs de sable l'an dernier sont donc invisibles.

Un haut fond nous permet de faire quelques clichés.

 Flamants roses                                          Sternes caspiennes                                           Pélican gris
Barge rousse                                                 Chevalier aboyeur                                      Sterne hansel 

Les côtés du fleuves, plantés de palétuviers, nous offrent aussi quelques belles occasions de déclencher :

Cormoran à poitrine blanche 

Nous croisons la route de nombreux laridés

 Sterne voyageuse                                          Goéland railleur                                       Sterne caspienne

Nous arrivons à Djilipao et accostons près de la case à étage. Le bâtiment est fermé. Il n'y a personne aux alentours. Son état s'est beaucoup dégradé en un peu plus d'un an. Des pans de murs se sont écroulés et sont désormais couverts de bâches en plastique.

Notre piroguier parvient à joindre Alexi, neveu de l'artiste. Il arrive avec les clés pour nous faire visiter l'intérieur. Il nous explique que les tempêtes de la dernière saison des pluies ont fait beaucoup de dégâts et qu'il ne trouve personne pour les réparations.

Nous entrons, la plupart des personnages sont toujours en place, au moins sur les murs qui n'ont pas trop souffert, mais nous constatons d'inquiétantes fissures.

Quel dommage de voir ce patrimoine se dégrader de cette façon... Les amis sénégalais qui nous accompagnent vont tenter de contacter les autorités locales, mais cette case étant un lieu privé, ça s'annonce compliqué.

Après la visite, nous retrouvons notre pirogue. Nous remarquons des poissons à pattes, qui se déplacent sur la vase. Des gobies sauteurs !

 Gobie sauteur

Des martins-pêcheurs pie se chamaillent dans les arbres alentour.

 Martin-pêcheur pie

Un souimanga brun et un euplecte franciscain complètent la collection

 Souimanga brun                                                                                               Euplecte franciscain

Il est temps de rentrer. Des anhingas sont posés sur les palétuviers, certains écartent leurs ailes pour faire sécher leur plumage avant de s'envoler quand nous sommes trop proches.

Anhinga d'Afrique 

Un balbuzard pêcheur, en pause, pose.

Balbuzard pêcheur 

Une belle lumière nous offre l'opportunité de jolis clichés

Flamant rose                                                                                                         Pélican gris 

Le soleil baisse rapidement à l'approche de Ziguinchor

Nous rejoignons notre point de départ au moment du coucher du soleil.

Photo que nous aurions aimé faire... (montage)
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Aujourd'hui, nous allons visiter l'école, le poste de santé et rencontrer certaines personnalités du village à la demande du comité de jumelage. Mais d'abord, je dois passer chez Fatou afin de lui livrer les tissus pour les nappes achetés hier à Ziguinchor.

Je pensais me limiter à cette livraison, mais Fatou souhaite que nous fassions la coupe ensemble pour être sûre de bien comprendre la commande.

Nous nous attelons donc à la tâche sur le sol de son atelier, une expérience sympathique qui m'aura permis de découvrir une autre caractéristique des tissus africains, on m'a vendu des Yards de tissu alors que je croyais avoir acheté des mètres (1 yard = 91,44cm).

Ces opérations m'ont occupée une bonne partie de la matinée. Quand je reviens à la Téranga, Gnamo, qui devait nous guider, est rentré chez lui. Nous partons donc à sa recherche et le retrouvons devant son domicile.

Nous partons à la rencontre du chef du village, de l'imam et du Calife afin de leur remettre des portraits réalisés par l'équipe du comité de jumelage en 2020. Cela nous permettra surtout de faire leur connaissance et de partager un petit moment avec eux.

Nous commençons par l'imam. Il nous reçoit dans sa cour, entouré de membres de sa famille. Il nous offre des sièges et nous bavardons quelques minutes. Après avoir remis la photo de groupe, nous prenons congé.

Nous poursuivons par la visite au chef du village. il ne parle que les dialectes, Gnamo fera gentiment office d'interprète. Ici, la population appartient à l'ethnie Diola, mais deux dialectes sont parlés dans le village, le diola et le mandingue.

Le chef du Village nous reçoit dans sa véranda et nous offre des sièges où nous nous installons pour un petit palabre. C'est un homme très jovial. Il s'exprime soit diola soit en mandingue (ce qui crée quelques soucis à Gnamo qui ne peut traduire que le diola). II nous assure être heureux de faire notre connaissance et nous dit que nous faisons maintenant partie des habitants de Ouonk. Il apprécie les actions du comité de jumelage en faveur de son village et reçoit son portrait avec joie et fierté.

Nous quittons ce personnage volubile et fort sympathique pour aller rendre visite au Calife.

Il nous reçoit également dans sa cour, nous lui remettons son portrait, il est visiblement très ému et très heureux de ce présent.

Nous terminons la matinée à l'école primaire. La directrice, nouvellement nommée, est absente pour raison de santé mais Gnamo (ancien directeur de l'école) réussit à la joindre. Nous discutons avec elle au téléphone, elle nous remercie de notre visite et nous dit que son adjoint se fera un plaisir de nous recevoir.

Nous arrivons dans la cour silencieuse, les enfants sont en classe, atmosphère studieuse. Les classes "bambou" qui étaient encore en service lors de notre précédent passage ont été remplacées par des classes "en dur". Nous trouvons sans problème la classe du directeur adjoint. Il enseigne dans une classe de cours élémentaire bien remplie. A notre entrée, les enfants se lèvent et un peu de sympathique chahut s'installe.

Nous échangeons un petit moment puis nous sortons, accompagnés de l'instituteur, qui nous fait visiter le local informatique, construit et équipé par le comité de jumelage. Le directeur adjoint n'a pas encore eu le temps de remettre en service les ordinateurs qui ont été rangés à l'abri des rongeurs pendant les vacances scolaire (la rentrée des classes est fixée à la mi-octobre ici). C'est une sage précaution, ils ne l'avait pas fait l'an dernier et les souris ont rongé les câbles des claviers et souris qui ont du être remplacés.

Nous le suivons ensuite dans son bureau où nous discutons un peu (nos amis sont enseignants). Nous avons apporté quelques petits cadeaux pour l'école que nous lui remettons, des bonbons, des crayons, des stylos et une ramette de papier pour imprimante, cadeau de Béatrice qui comble notre interlocuteur. Il nous explique, qu'ayant été classés parmi les toutes meilleures écoles du Sénégal, une ONG les a dotés d'une imprimante laser et de quelques ramettes. N'ayant pas de crédits, ils doivent renouveler le papier sur leurs fonds propres.

Il nous explique également que c'est dans la pièce où nous sommes qu'il avait installé l'exposition de nos photos et du livre sur les oiseaux que nous avions envoyés au printemps, une occasion de sensibiliser les enfants à la biodiversité qui les entoure.

C'est l'heure de la récréation, les élèves et les enseignants sortent et nous discutons un moment avec eux à l'ombre du fromager. Plusieurs enseignants sont jeunes et parmi eux, certains sont d'anciens élèves de l'école au temps où Gnamo en était le directeur.

Nous quittons l'école et repassons devant la concession de Gnamo. Il nous fait entrer et nous retrouvons une partie de sa nombreuse famille occupée avec les membres d'une ONG qui fabrique et installe dans le village des pompes à eau très simples et peu coûteuses. L'une d'elles est en cours d'installation dans la concession de Gnamo, nous en profitons pour assister aux premiers essais.

Une grande animation règne autour de cet évènement qui permettra d'obtenir pour un coût modique de l'eau potable. En effet, le forage descend à 20 m sous terre, à l'abri de toute pollution.

La famille accueille les membres de l'ONG pour le déjeuner et le poulet yassa figurera au menu. J'en profite pour remettre à Cariatou quelques petits bijoux fantaisie créés par ma fille pour les femmes et filles de la famille.

Nous rentrons à "la Téranga" pour déjeuner et prendre un peu de repos. Aujourd'hui, pas de sortie ornithologique au programme, nous avons un tout autre programme pour la fin d'après-midi.

Avec l'aide de Ibou et Adama, correspondants locaux du comité de jumelage, nous avons engagé la troupe "Badiata" qui doit donner pour nous et tous les villageois qui voudront bien y assister, un spectacle de musique, danses avec de nombreux masques (ou djinns). Une plongée dans la culture locale qui promet d'être festive.

Nous avons émis quelques souhaits que la troupe a gentiment accepté. Nous voulons voir l'ensemble des masques et que le spectacle ait lieu "de jour" pour que les enfants puissent y assister (il y a classe demain) et pour pouvoir prendre des photos plus facilement. Nous avons rendez-vous sur la place du village (devant le poste de santé) à 16 h.

Nous quittons donc la Téranga en milieu d'après-midi et retrouvons Gnamo et Adama pour la visite du poste de santé que nous n'avons pas pu faire ce matin.

L'entrée du poste de santé 

Ce dispensaire, ainsi que la maison de l'infirmière ont été rénovés grâce au comité de jumelage. Nous sommes missionnés, le comité de jumelage, Covid oblige, ayant renoncé à se déplacer cette année, pour témoigner de l'avancement des travaux et de ce qu'il reste à faire.

L'infirmière est absente, c'est la sage-femme qui nous accueille et nous fait visiter les locaux fraîchement repeints et propres.

Le poste de santé 

Une jolie petite fille est née ce matin, nous sommes heureux de constater que la jeune maman et le bébé sont installés dans des lits neufs qui font un heureux contraste avec l'état constaté avant travaux (voir le récit de mars 2020). La jeune sage-femme nous dit qu'il reste encore beaucoup à faire, elle nous montre les armoires et bureaux dont les portes ne ferment plus, les ventilateurs sont tous hors d'usage, le dernier en état de marche est installé dans la pièce qui sert de pharmacie pour permettre la conservation des médicaments. Il en faudrait dans toutes les pièces, il fait environ 35 degrés dans la chambre de la jeune accouchée...

Nous visitons également la maison de l'infirmière. C'était un lieu insalubre où elle cohabitait avec les rats. Ce logement, qui a bénéficié d'importants travaux, est maintenant un endroit fort agréable.

 La maison de l'infirmière après travaux

Il est presque 16 h lorsque nous ressortons du poste de santé. La troupe Badiata nous attend sur la place, des sièges ont été installés à l'ombre du fromager. Le sympathique responsable de la troupe vient à notre rencontre. Nous le remercions d'avoir accepté nos conditions, il nous invite à prendre place et le spectacle commence. De nombreux enfants du village sont déjà sur place, heureux de profiter de ce divertissement, leur joie fait plaisir à voir.

La fête commence à l'heure prévue (on nous avait dit que c'était impossible 😉) , les percussions donnent le rythme.

Le premier masque arrive, il se nomme EssamaÏ. C'est aussi le nom donné à une maladie qui ressemble à l'épilepsie. La légende raconte qu'un chasseur aurait trouvé le remède par le biais d'un tigre symbolisé par ce masque. Cette petite vidéo vous donnera une idée de l'ambiance :

Les masques se succèdent à intervalles réguliers, certains sont très impressionnants.

Cette courte vidéo vous donnera un aperçu des différents masques.

Extraits du spectacles de la troupe Badiata à Ouonk 

Les artistes sont venus nous chercher pour danser avec eux, notre sens du rythme a bien amusé les villageois et nous aussi tant l'ambiance était sympathique.

Les enfants sont excités et ne tiennent pas en place, une vieille dame avec son bâton les canalise de temps en temps.

La nuit tombe doucement. Après trois heures de spectacle et le passage de l'ensemble des masques, nous quittons le spectacle heureux d'avoir découvert cette troupe et d'avoir partagé ce beau moment avec les villageois.

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Ce matin, nous faisons une nouvelle sortie dans la savane proche du village. Un écureuil fouisseur traverse la piste tandis que des hérons garde-boeufs et des calaos à bec noir sont perchés sur des arbustes tout proches.

 Ecureuil fouisseur                                Héron garde-boeufs                           Calao à bec noir

Une bergeronnette printanière surveille les environs

Bergeronnette printanière 

Nous continuons à progresser et découvrons un couple de rolliers variés en pleine parade dans un arbre, le mâle bat des ailes en poussant de petits cris.

Rollier varié 

Nous nous postons à l'ombre pour mieux observer cette parade et voyons arriver un couple d'oiseaux noirs et blancs qui se posent dans un arbre proche de celui des rolliers. Un coup d'œil dans les jumelles nous fait découvrir des bagadais casqués, l'une des espèces que nous rêvions de rencontrer. Ce sont de petits oiseaux (un peu plus petit qu'un merle) et ils sont relativement loin, mais nous tentons quelques clics.

 Bagadais casqué

Nous espérions les voir se rapprocher, mais ils s'envolent dans l'autre sens.

Parade terminée, les rolliers changent de perchoir.

 Rollier varié

Un euplecte franciscain, un guêpier à queue d'aronde, une fauvette passerinette et une amarante bizarrement ébouriffée complètent notre collection.

 Euplecte franciscain                    Amarante du Sénégal           Guêpier à queue d'aronde              Fauvette passerinette

Une jolie libellule met un terme à notre quête matinale

Orthetrum angustiventre 

Nous rentrons pour le déjeuner un peu plus tôt que d'habitude ;

En effet, notre ami Gnamo nous a négocié une sortie en bateau sur le Soungrougrou (affluent du fleuve Casamance) de Ouonk à Marsassoum avec les guides de la réserve marine protégée. Nous avions fait cette sortie en mars 2020 et en avions gardé un excellent souvenir. Nous souhaitons partir tôt pour avoir le temps de bien voir les oiseaux et tenter d'arriver à Marsassoum pour le coucher de soleil.

La difficulté en cette saison, c'est d'accéder au point d'embarquement qui se situe de l'autre côté de la zone de rizières près des bassins de pisciculture que nous avions vu en chantier l'an dernier. Les gardes nous préviennent que la dernière partie du trajet étant inondée, il faudra aller pieds nus, mais il y a risque de marcher sur des coquillages coupants... Gnamo nous propose de voir si les personnes qui s'occupent de la pisciculture accepteraient de nous prêter leurs bottes en caoutchouc, ce que nous acceptons.

Nous prenons donc le chemin des rizières. Le début du trajet, relativement sec, se passe bien. Nous arrivons à la zone inondée. Il reste environ 200 m pour rejoindre le bateau. Nous retirons nos sandales et chaussons nos bottes. Moi qui chausse du 36, je me retrouve avec des bottes en 42 et c'est un peu pareil pour tout le monde.

Le sol est très glissant, la vase est molle et profonde. Nos bottes, trop grandes, s'enfoncent et adhèrent à cette vase gluante. Je suis déséquilibrée et dois poser un genou au sol pour éviter de me vautrer dans la vase. Je veille surtout à maintenir au sec mon matériel photo. Mes petits camarades se retrouvent presque tous dans le même cas. La centaine de mètres qui nous sépare du bateau nous semble bien longue et périlleuse. Nous finissons pieds nus, les bottes sous le bras.

Derrière nous, hilares, les gardes de la réserve marine, rompus à cet exercice arrivent chargés de jerricans de carburant et de tout leur équipement. Ils s'amusent gentiment à nous voir galérer pour avancer et parviennent bien avant nous au bateau. Nous y arrivons enfin, boueux et trempés, mais le matériel est sauf.

Nous longeons les bassins de pisciculture que les villageois creusaient l'an passé et qui sont maintenant en service.

Les bassins de pisciculture 

Nous embarquons, Ghansou et Adama nous accompagnent. Les gardes font le plein de carburant et nous démarrons.

Bientôt, les premiers oiseaux. Un tantale ibis marche tranquillement sur la rive, des aigrettes à gorge blanche sont regroupées sur un banc de coquillages puis, c'est un anhinga en contre-jour.

Nous progressons sur la rivière et voyons des courlis corlieu, une troupe d'avocettes élégantes posées sur un haut fond et une sterne caugek. La marée étant haute, les bancs de sables qui étaient couverts d'oiseaux l'an passé sont recouverts.

  Sterne caugek                                            Avocette élégante                                      Courlis corlieu 

Le ciel se couvre et nous craignons l'averse.

Nous croisons plusieurs pirogues traditionnelles équipées pour la pêche à la crevette.

Sur l'une d'elle, une troupe de mouettes à tête grise se repose.

 Mouettes à tête grise

Nous longeons les restes d'une mangrove morte. Des restes de troncs, émergeant de l'eau, font de bons perchoirs mais sont dangereux pour la navigation. De nombreux oiseaux sont posés sur les palétuviers et nos guides font des prouesses pour tenter de nous en approcher en s'engageant entre les troncs morts. De nombreuses espèces se partagent ce milieu : spatules africaines, aigrettes, ibis sacrés, cormorans et nous apercevons même un pygargue vocifer.

Spatules africaines, aigrettes, ibis sacrés, cormorans ...
Pygargue vocifer 

A trop vouloir s'approcher, nous nous échouons à deux ou trois reprises sur le banc de sable. Les gardes de la réserve marine déploient de gros efforts pour, soit pousser avec les rames, soit descendre de l'embarcation et nous ramener sur la partie navigable.

Un peu plus loin, c'est une colonie de cormorans africains que nous tentons d'approcher avec les mêmes difficultés.

Cormorans africains 

La bonne nouvelle, c'est que nous avons échappé à l'averse. Le soleil est de retour et nous nous approchons doucement de Marsassoum, apercevant quelques abris de pécheurs.

Nous photographions encore quelques oiseaux dans cette belle lumière.

Pélican gris                                                                                                    Balbuzard pêcheur 
Sterne caspienne                                                                                                    Sterne caugek 

Le soleil se couche avant que nous ayons atteint Marsassoum.

Les gardes de la réserve marine nous déposent près du nouveau pont. Nous les quittons en les remerciant pour cette belle expérience en leur bien aimable compagnie. Ce genre d'action fait partie de leurs missions et constitue leur contribution au développement du tourisme local.

Comme pour la sortie sur le fleuve Casamance en direction de Djilibao faite il y a deux jours, nous retenons que la sortie à marée basse nous offre bien plus possibilités de voir les oiseaux. Ce sera une exigence pour une éventuelle prochaine fois.

Notre véhicule et son chauffeur nous attendent près de l'embarcadère, nous rentrons à Ouonk par la piste.

7

Aujourd'hui, rien de précis n'est prévu à notre programme, ce sera donc sortie ornithologique dans les environs pour les trois photographes et balade à Ziguinchor avec Ghansou pour visiter le marché des artisans pour Béatrice et Marie-Hélène.

Les premiers bonheurs du jour sont les jolis papillons. Le voilier des citronniers et l'acraea dansant.

 Voilier des citronniers
 Acraea dansant

Nous prenons ensuite la direction des rizières. Sur le sentier qui y conduit, des femelles souimangas butinent les fleurs de leonotis nepetifolia.

Souimanga éclatant 

Un souimanga à ventre jaune mâle avec ses belles couleurs métalliques est posé plus loin.

 Souimanga à ventre jaune

Je m'approche doucement d'une petite mare à l'entrée de la rizière. Un martin pêcheur huppé surveille son territoire depuis un muret et une aigrette ardoisée est posée au milieu des nénuphars. Je me fais aussi discrète que possible et parviens à faire quelques clichés de cette espèce très farouche, mais elle m'aperçoit et s'envole.

 Martin pêcheur huppé                                                                                            Aigrette ardoisée

Je dépasse la mare en admirant les belles fleurs autour de moi.

Un peu plus loin, je m'assois au bord du sentier et observe. Un martin-pêcheur pie vient se poser sur un poteau à quelques mètres, il se laisse photographier sur toutes les coutures.

Martin-pêcheur pie 

Dans les hautes herbes un euplecte vorabé en plumage nuptial fait sa cour à sa belle.

Euplecte vorabé (Mâle et femelle) 

Pendant ce temps, un groupe d'aigrettes ardoisées se pose dans la mare. Je retiens mon souffle et évite tous mouvements.

Elles prennent confiance, certaines, pour atténuer les reflets du soleil, déplient leurs ailes formant une ombrelle au dessus de leur tête : elles pêchent.

Aigrette ardoisée

Ravie de ce spectacle, je reste un moment à les observer, mais bien que je sois partiellement cachée, elles finissent par s'éloigner, bientôt remplacées par un héron strié. Un héron garde-boeufs est posé sur un arbuste et comme une cerise sur le gâteau, le martin-pêcheur huppé se pose dans les herbes à quelques mètres de moi.

Héron strié                                     Héron garde-boeufs                                 Martin-pêcheur huppé 

Je suis à la fête et je reprends tranquillement le sentier pour rejoindre mes petits camarades. Je retrouve Hervé, resté en bordure de bois. Il n'a pas perdu son temps non plus.

Un aigle de Wahlberg pour commencer.

 Aigle de Wahlberg

Puis un coucou de Levaillant

 Coucou de Levaillant

Nous repérons un gymnogène d'Afrique.

 Gymnogène d'Afrique  

Puis un autour sombre...

 Autour sombre

Qui finit par s'envoler

Un couple de tourterelles maillées vocalise sur les poteaux de clôture et un cordon à joues rouges pousse la chansonnette.

Tourterelle maillée                                                                       Cordonbleu à joues rouges 

Nous rentrons pour la pause déjeuner, heureux de toutes ces belles rencontres. Le véhicule avec Béatrice, Marie-Hélène et Ghansou n'est pas rentré, nous finirons par recevoir un message nous informant qu'ils ont un problème mécanique et auront du retard.

Après un bon repas pris tous les trois, c'est chaise longue sur la terrasse. L'appareil photo est toujours à portée de mains. Sur le mur de clôture un margouillat posé au soleil attend une proie. Au pied du mur, nous voyons surgir un varan de belle taille.

Margouillat                                                Varan du Nil                          

Béatrice, Marie-Hélène et Ghansou arrivent enfin. Ils ont eu un souci avec l'une des roues du véhicule mais Ghansou réussi à se débrouiller pour réparer et rentrer. Béatrice arrive avec une mante religieuse sur son chapeau, elle l'a promenée une bonne partie de la matinée 😉 .

 Mante religieuse

En fin d'après-midi, Béatrice, Hervé et moi accompagnons Gnamo pour une visite à l'une de ses amies qui a des soucis de santé suite à un drame familial. Nous passons un moment avec elle et des personnes de son entourage, nous prenons quelques renseignements sur le système de santé au Sénégal, ici, pas de sécurité sociale, les consultations médicales et les médicaments sont à la charge du malade.

Un bébé étant présent, Béatrice et moi en profitons pour pouponner un peu.

Sur le chemin du retour, nous passons chez Fatou voir l'avancement des travaux de couture. A notre grande surprise, elle a quasiment terminé la confection de 3 nappes avec chacune leurs 8 serviettes et nous montre l'un des tabliers qu'elle a cousus. Béatrice l'essaie, il est très réussi.

Merveilleuse Fatou qui travaille vite et bien. Nous la félicitons et rejoignons la "Téranga".

8

Aujourd'hui, comme hier, pas d'excursion prévue, chacun occupe son temps selon ses envies. Nous repartons, armés de nos appareils photographiques et jumelles en direction de la savane au nord du village.

A la sortie du village, nous trouvons un troupeau de vaches, bœufs et zébus attendant d'être conduits aux pâturages, certains sont impressionnants.

Nous empruntons le sentier qui part du terrain de football et découvrons les premiers oiseaux :

Choucador à longue queue                                  Rollier d'Abyssinie                                  Vautour charognard 

Un choucador à queue violette cherche sa nourriture au sol

Choucador à queue violette 

Un irisor moqueur, jouant à cache-cache, colle sur le tronc d'un arbre pendant que les autres cherchent une cachette.

Irisor moqueur 

Plusieurs jeunes gens passent près de nous sur le sentier guidant des bovins qu'ils emmènent dans les pâturages. Un jeune garçon nous observe puis nous suit. Il s'appelle Yaya et semble très intéressé par ce que nous faisons. Marie-Hélène lui prête ses jumelles et il observe les oiseaux avec attention, il nous donne les noms en dialecte. Il observe un euplecte franciscain avec son beau plumage nuptial rouge et nous dit qu'ici on l'appelle le "petit fambondy" du nom d'un Djinn habillé d'un costume rouge qui court parfois dans les rues du village en poussant des cris aigus et en frappant l'une contre l'autre ses deux machettes (dernièrement ce personnage a fait respecter le couvre-feu lié à la pandémie de Covid dans certains villages) .

Yaya connaît également plusieurs plantes et nous donne leurs noms. Nous lui demandons quel métier il voudrait faire plus tard, il nous répond, "venir en France". Nous lui expliquons que ce n'est pas un métier et que la réalité est bien souvent très loin du rêve pour ceux qui tentent l'aventure.

Avec toutes ses connaissances et son intérêt pour la nature, je le verrais bien en guide naturaliste, je tente de lui expliquer que ça pourrait devenir un métier pour lui à condition qu'il travaille bien à l'école. Il ne semble pas convaincu et nous dit qu'il n'aime pas trop l'école.

Nous nous séparons en deux groupes, Hervé et moi souhaitons rester un moment dans le secteur où nous avons vu le bagadais casqué, François et Marie-Hélène continuent sur le chemin et Yaya les suit.

Nous nous postons à l'ombre et ouvrons les yeux, des guêpiers nains viennent se poser tout près ainsi qu'un drongo de Lichtenstein.

Pas de bagadais à l'horizon, mais un martin-chasseur strié est perché à portée d'objectif, encore une nouveauté pour nous.

Martin-chasseur strié 

Nous nous rapprochons un peu, il ne semble pas perturbé par notre présence et reste un bon moment dans le secteur.

Un choucador pourpré, un souimanga à longue queue et un combassou viennent compléter le tableau.

Choucador pourpré                                     Combassou du Sénégal                               Souimanga à longue queue 

Soudain, nous voyons arriver en vol un couple de touracos violets, ils se posent dans une haie pas trop loin.

Touraco violet 

Nous nous félicitons d'être restés dans ce coin. Un crombec sitelle, un cordonbleu à joues rouges et un tisserin gendarme nous occupent un moment.

Crombec sitelle                                    Cordonbleu à joues rouges                                  Tisserin gendarme 
 Serin du Mozambique

Sur le chemin du retour, nous verrons encore un joli guêpier nain, un souimanga à ventre jaune et un rollier d'Abyssinie.

 Guêpier nain                                        Souimanga à ventre jaune                                  Rollier d'Abyssinie

Je m'arrête chez Fatou en rentrant à la Téranga, elle me livre les nappes, serviettes et tabliers et me donne le prix de son travail qui lui sera payé par le budget du comité de jumelage. J'en profite pour admirer sa dernière création, une robe pour une jeune femme.

En fin d'après-midi, nous repartons en direction des rizières, mais en empruntant un autre chemin. Nous traversons le terrain arboré à l'arrière de la Téranga et découvrons un merle africain.

Nous débouchons sur une zone plus ouverte de pâturages agrémentés de quelques arbres et taillis.

Nous voyons arriver en vol un palmiste africain qui de pose au sommet des arbres face à nous, belle aubaine !

 Palmiste africain

Un puissant zébu est présent, il nous impressionne beaucoup, mais certains oiseaux n'hésitent pas à s'en approcher de très près.

Zébu                                                 Héron garde-boeufs                                          Piapiac africain 

D'autres oiseaux sont perchés dans les taillis.

Piapiac africain                                                                                           Corvinelle à bec jaune 

Le bonnet rouge d'un pic à taches noires attire mon œil, c'est encore une nouveauté, nous aurons vu de nombreuses espèces de pics cette année !

Pic à taches noires 

Nous continuons notre progression en direction du fleuve, le paysage est superbe, mais la marche compliquée par les lianes des ipomées qui tapissent le sol et sont autant de pièges pour nos pieds.

Un calao longibande, un perroquet youyou et un cratérope brun se laissent mettre en boite.

Calao longibande                                            Cratérope brun                                       Perroquet youyou 

Les corvinelles sont très nombreuses dans ce secteur ainsi que les rolliers d'Abyssinie, un calao occidental est posé sur une butte.

Rollier d'Abyssinie                                   Calao occidental                                      Corvinelle à bec jaune

Nous approchons de l'eau, une échasse blanche et un vanneau du Sénégal cherchent leur pitance dans les herbes tandis qu'un barbican à poitrine rouge se pose sur une branche près d'un calao. Quel merveilleux pays !

Vanneau du Sénégal                       Calao occidental et barbican à poitrine rouge                            Echasse blanche 
Barbican à poitrine rouge 

Le soleil descend, il est temps de rentrer, une spatule africaine éclairée par le soleil couchant nous survole.

C'est notre dernière soirée à Ouonk, nos amis Ibou et Gnamo viennent nous saluer, ils sont accompagnés par l'ancien du village qui, pour l'occasion a revêtu sa belle tenue. Il est heureux de se faire photographier.

9

Nous nous réveillons un peu difficilement ce matin, la nuit a été animée par la musique d'une fête de mariage toute proche ; c'est notre dernier jour à Ouonk, cet après-midi, nous prendrons l'avion pour Dakar. Nous ne lâchons rien et mettons à profit cette dernière matinée pour retourner explorer la zone où nous étions hier soir.

Nous sommes sur place pour le lever du soleil, une bonne occasion de faire de belles images.

La nature s'éveille, nous observons les alentours et ne tardons pas à voir les premiers oiseaux.

Les premiers oiseaux  😂
Calao longibande                                         Grande aigrette                                      Rollier d'Abyssinie 

Les corvinelles sont toujours aussi nombreux, un touraco gris nous toise depuis la branche où il est perché tandis qu'un choucador à longue queue se pose sur un buisson le bec rempli d'une bizarre trouvaille.

Touraco gris                                    Corvinelle à bec jaune                                   Choucador à longue queue 

Des vols de tisserins gendarmes passent juste au dessus de la cime des arbres, un calao occidendal est présent et un joli choucador à queue violette nous observe de son oeil rouge .

 Calao occidental                                  Tisserin gendarme                                    Choucador à queue violette

Un rollier d'Abyssinie et un perroquet youyou clôturent notre visite de cette zone

Perroquet youyou                                                                                              Rollier d'Abyssinie 

J'ai envie de retourner voir la mare au milieu des rizières avant de quitter Ouonk pour tenter d'y retrouver les aigrettes ardoisées. Elles ne sont pas présentes, mais le martin-pêcheur huppé est au rendez-vous ainsi que les euplectes vorabés.

Euplecte vorabé                                                                                    Martin-pêcheur huppé 

La matinée se termine, il est temps de rentrer à la Téranga pour le repas. Une ombrette africaine nous survole comme pour nous saluer, un martin-chasseur à poitrine bleue sera notre dernier oiseau à Ouonk.

Ombrette africaine                                                                                Martin-chasseur à poitrine bleue

Un peu plus de 80 espèces d'oiseaux photographiées pour 12 coches à nous deux. Le bilan est pleinement satisfaisant d'un point de vue ornithologique.

Les valises sont bouclées, notre avion pour Dakar n'est prévu qu'à 18h 10 mais nous préférons partir en début d'après-midi pour parer tout risque de retard lié à un incident sur la route.

Mame dans sa cuisine                        Aziz et Matar les fils de Ghansou et Mame                    Mariatou fait la lessive 

Quelques dernières photos de nos amis puis nous disons au revoir à toutes ces personnes qui nous ont entourés et chouchoutés pendant notre séjour.

Merci Mame pour ton accueil, tes petits plats savoureux, tes gâteaux et ton sourire, merci Mariatou pour ton efficacité, ta présence discrète et ta gentillesse, merci Ghansou pour ta disponibilité, ta prudence au volant, tes explications sur la culture des arachides, ta bienveillance, ton amitié prévenante et protectrice.

Un grand merci à nos amis de Ouonk, Gnamo, Ibou, Fatou et Adama, qui nous ont aidés à organiser ce séjour, les belles excursions que nous avons faites et cette formidable prestation de la troupe Badiata; sans vous, rien de tout cela n'aurait pu avoir lieu.

Après un trajet sans incident, nous arrivons vers 16h à l'aéroport de Ziguinchor. Après un dernier "au revoir", nos amis nous quittent pour retourner à Ouonk. Nous rassemblons nos bagages et nous dirigeons vers l'aérogare. Un garde à l'entrée nous demande l'horaire de notre avion et nous demande d'attendre un peu à l'extérieur, le précédent avion n'étant pas parti, la salle d'embarquement est bondée. Nous patientons un peu puis remarquons des personnes qui ressortent très énervées, le téléphone collé à l'oreille et nous comprenons qu'il y a un problème avec les avions.

Soudain, je me retrouve face à Jean-Christophe, le pêcheur qui était à l'Atlantic-Abéné en 2020 en même temps que nous (le monde est petit !), il nous apprend que suite à une panne de l'avion assurant la navette, aucun vol n'a eu lieu depuis ce matin.

A notre tour, nous allons aux renseignements, il faut jouer des coudes, tant la foule est serrée. On nous annonce, après deux bonnes heures d'attente, que 3 avions vont décoller de Dakar pour embarquer tous les passagers en attente à Ziguinchor.

Ces avions arriveront effectivement vers 22 h, nous réussissons à embarquer et arrivons à Dakar un peu avant minuit (au lieu de 19h prévu).

Les taxis envoyés par l'hôtel, que nous avions prévenu, nous attendent et nous sommes bien heureux de rejoindre nos lits même si nous ne dinerons pas ce soir 😥

10

Après une nuit réparatrice et un bon petit-déjeuner, nous faisons découvrir à nos amis l'auberge "Espace Thialy" où nous nous trouvons. Cet établissement situé dans le quartier de la patte d'oie à Dakar est une oasis au milieu de la ville. L'espace central qui abrite au rez de chaussée la salle à manger est couvert de bougainvilliers en fleurs, une fontaine chante et donne un air de fraîcheur à l'endroit. A l'étage, les oiseaux colonisent les bougainvilliers et c'est un véritable régal pour nous. La décoration est à l'image de Chantal propriétaire de l'auberge, gaie et chaleureuse.

Après avoir fait le tour de l'hôtel et discuté avec Chantal, celle-ci nous indique qu'à notre demande, son mari Denis, absent en ce moment nous a trouvé un guide pour visiter les jardins de Dakar. Il s'appelle Jean-Baptiste, fait partie des jardiniers et saura nous guider dans cet espace. Nous retrouvons donc Jean-Baptiste et partons visiter les jardins en sa compagnie.

Ces jardins, situés à l'intérieur de la ville près d'un plan d'eau, sont cultivés pour approvisionner les marchés en légumes. Au moment de notre visite, l'immense majorité des cultures concernait les salades.

L'espace est quadrillé en concessions qui sont louées aux personnes qui cultivent. Des points d'eau permettent l'arrosage. Les vendeuses des 4 saisons viennent s'y approvisionner et repartent avec d'impressionnants chargements sur la tête.

Cet espace de verdure au milieu de la ville héberge également une faune intéressante (ce qui explique notre intérêt pour le lieu). Le premier oiseau que nous rencontrons est le bien nommé bulbul des jardins, il vient de prendre son bain puis c'est un capucin à bec d'argent et un vanneau à éperons égaré au milieu des salades.

Bulbul des jardins                                  Vanneau à éperons                                      Capucin à bec d'argent 

La flore n'est pas en reste et les haies qui bordent les jardins nous réservent quelques surprises. Nous découvrons une plante grimpante de la famille des cucurbitacées appelée courgette africaine (Momordica balsamina) qui nous offre, sur un même pied tous les stades des son développement depuis la fleur jusqu'à la graine très spectaculaire lorsqu'elle est éclatée.

Courgette africaine (Momordica balsamina)  

Nous continuons à déambuler dans les jardins en compagnie de Jean-Baptiste. Un milan à bec jaune est posé dans un palmier. Dans la roselière qui entoure le lac, des guêpiers nains s'amusent, un tisserin minule et une moinelette à front blanc viennent compléter la collection.

Milan à bec jaune                                      Guêpier nain                                                Tisserin minule
 Guêpier nain                                                                                             Moinelette à front blanc

Nous remarquons également d'autres espèces de cucurbitacées que j'ai eu un peu de mal à identifier (si vous remarquez des erreurs, n'hésitez pas à m'en faire part en écrivant un commentaire).

Courge éponge (fleur et fruit)                                                                    Melon d'eau 

Nous continuons le tour des jardins et découvrons un pigeon roussard amateur de salade, une tourterelle maillée et des capucins à bec d'argent sur des épis de sorgho.

Pigeon roussard                                   Tourterelle maillée                                     Capucin à bec d'argent  

Puis c'est un travailleur à bec rouge, une érémomèle à dos vert.

Erémomèle à dos vert                                                                                      Travailleur à bec rouge 

Jean-Baptiste nous montre son jardin, lui aussi cultive des salades.

Nous prenons la direction de la sortie quand nous voyons un varan du Nil qui avance le long d'un muret, Jean-Baptiste nous dit qu'ils sont nombreux dans les jardins.

Varan du Nil

Après cette rencontre intéressante, nous rentrons à l'auberge pour le déjeuner. Une bonne surprise nous attend, un thiéboudiène, le plat national sénégalais.

Après le déjeuner, alors que nos amis explorent les environs, à la recherche d'un distributeur de billets et du marché aperçu en arrivant, nous préférons rester à l'auberge. Nous nous postons à l'étage, face au massif de bougainvilliers, les appareils photos à portée de main.

Nous n'attendons pas longtemps avant de voir apparaître les premiers oiseaux, il sont posés sur les murs aux alentours.

Milan à bec jaune                                       Tourterelle maillée                                           Corbeau-pie 

Les capucins à bec d'argent sont nombreux dans la végétation. Un bulbul des jardins nous surveille.

Bulbul des jardins                                                                                         Capucin à bec d'argent 

Nous remarquons du mouvement dans le massif de fleurs et découvrons un oiseau inconnu, qui émerge des bougainvilliers, c'est un coliou huppé !

Coliou huppé 

Cette première journée à Dakar riche en découvertes se termine agréablement.

11

Aujourd'hui, nous partons pour le visite de l'ïle de Gorée, haut lieu touristique et mémoire de la traite des esclaves. Nous prenons des taxis et rejoignons la gare maritime où nous embarquons pour la courte traversée. Nous voyageons sur le pont supérieur pour profiter de la vue.

La traversée est très rapide et un petit quart d'heure suffit pour rejoindre le petit port de Gorée.

Nous débarquons et commençons à parcourir les rues colorées et fleuries.

Première halte pour visiter l'église.

Nous nous dirigeons vers la maison des esclaves que nous souhaitons visiter en priorité.

L'escalier à l'entrée de la maison des esclaves 

La visite des cellules où étaient confinés les esclaves serre le cœur.

Les pires sont celles où étaient enfermés les récalcitrants, il est impossible d'y tenir debout.

A l'étage dans l'ancien logement des marchands d'esclaves, une exposition retrace la traite négrière et explique le fonctionnement de la maison des esclaves.

Après cette visite incontournable, nous nous dirigeons vers le fort et retrouvons la statue des esclaves libérés qui a été déplacée depuis notre dernière visite.

Le bord de mer est vraiment très agréable surtout avec ce beau ciel bleu.

Les milans à bec jaune, très nombreux, récupèrent des poissons morts flottant sur l'eau puis vont se reposer.

Nous retournons sur le port pour déjeuner, puis nous dirigeons vers le "Castel" qui désigne le plateau rocheux recouvert de fortifications qui domine la pointe sud de Gorée. Il constituait une position stratégique et offre aujourd’hui un magnifique panorama sur Dakar.

L'occasion de voir quelques travailleurs à bec rouge.

 Travailleur à bec rouge

Après quelques achats de souvenirs, nous reprenons le bateau pour Dakar.

Après avoir admiré l'architecture de la gare de Dakar, nous rejoignons l'auberge pour une agréable soirée.

La gare de Dakar 

Comme le soleil est toujours présent, nous remontons à l'étage pour tenter de photographier quelques oiseaux.

Corbeau-pie                                         Amarante du Sénégal                                        Bulbul des jardins 
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Dernier jour au Sénégal. Denis, le mari de Chantal (propriétaire de l'auberge) est rentré de mission et nous propose de nous faire découvrir la "Réserve Naturelle Urbaine de la Grande Niaye de Pikine et Dépendance" située dans le quartier du technopole de Dakar.

François, Hervé et moi quittons donc l'auberge avec Denis tandis que Béatrice et Marie-Hélène partent visiter le musée des civilisations noires situé près du port.

La réserve naturelle urbaine est située sur le site d'un ancien terrain de golf et autour de beaux étangs. Nous commençons par parcourir quelques allées en voiture, vitres baissées en longeant le lac et nous constatons la richesse en faune de cette réserve située pourtant en ville.

Anhinga d'Afrique                                                                                                   Pélicans gris 

Denis gare le véhicule et nous approchons du bord de l'étang très discrètement, une avancée rocheuse est couverte d'oiseaux, hérons, aigrettes, sternes, cormorans, œdicnèmes, vanneaux...

Nous revenons vers la voiture et découvrons des travailleurs à bec rouge dans les branches d'un acacia tandis qu'un grèbe castagneux se faufile entre les herbes. Un prinia aquatique nous offre une nouvelle "coche".

Travailleur à bec rouge                                 Grèbe castagneux                           Prinia aquatique

Nous continuons la promenade à pied et un peu plus loin, nous croisons un cormoran africain au plumage luisant, un héron intermédiaire et un jacana à poitrine dorée.

Cormoran africain                                    Héron intermédiaire                                  Jacana à poitrine dorée 

Des limicoles sont également présents :

Chevalier guignette                                     Chevalier gambette                                    Chevalier cul blanc 

Une aigrette garzette, un milan noir et une tourterelle pleureuse viennent enrichir la collection.

Aigrette garzette                                         Milan noir                                        Tourterelle pleureuse 

Nous continuons à longer le lac.

Une aigrette ardoisée et quelques limicoles sont posés sur un banc de sable, un vanneau à éperons et un crabier chevelu nous survolent.

Crabier chevelu                                       Aigrette ardoisée                                         Vanneau à éperons 

Nous prenons un sentier pour aller explorer l'autre côté du lac.

Au milieu de la végétation, une scène amusante : une parade d'amarante du Sénégal. Le mâle, une feuille dans le bec, sautille sur une branche en tentant d'attirer la femelle, celle-ci se fait désirer un bon moment puis vient le rejoindre... Nous préférons détourner le regard pour ne pas voir la suite 😯

 Amarante du Sénégal

Plus loin, le sentier débouche sur une zone de jardins situés au pied d'une falaise. Une ancienne décharge !

Le terrain est encombré de plastiques et autres déchets mais les jardiniers tentent courageusement de tirer parti de chaque mètre carré. Quelles conséquences ces cultures auront sur la santé ?

Denis nous dit qu'ici, rien ne se perd, l'amoncellement de déchets a fini par faire gagner de la surface en haut de la falaise et des constructions sont érigées sur ces terrains ...

Nous progressons encore un peu, découvrons quelques oiseaux supplémentaires puis devons faire demi-tour.

Guêpier nain           Capucin nonnette              Travailleur à bec rouge          Coucal du Sénégal            Grande aigrette

L'une des plantes cultivées dans ces parcelles est le gombo (Abelmoschus esculentus), son fruit est une capsule de forme pyramidale récoltée verte et employée comme légume et comme condiment.

Gombo (fleur et fruit)                                                                                         Hanneton du sorgho 

Sur l'un des fruits, nous remarquons un insecte rouge, c'est un hanneton du sorgho.

Nous rentrons à l'auberge ravis de cette belle découverte au cœur de Dakar. Après un excellent repas, Hervé choisit de rester à l'auberge tandis que Béatrice, Marie-Hélène, François et moi partons visiter la maison d'Ousmane Sow, célèbre sculpteur sénégalais dont les œuvres ont été exposées un peu partout dans le monde.

Cette maison, où l'artiste a vécu de nombreuses années se situe dans le quartier du "virage" proche du bord de mer, nous avons un peu de mal à la trouver tant elle est entourée de chantiers de construction.

La maison d'Ousmane Sow 

L'habitation a été transformée en musée et abrite une grande partie des œuvres du sculpteur. Elles sont réparties dans les différentes pièces de la maison par thème.

Pour plus de détails : https://www.maisonousmanesow.com/

Les "Nouba" 
Série "Les grands hommes" 

Avant de rentrer à l'auberge, nous allons faire un tour au bord de la mer, le vent souffle fort et le ciel se couvre.

Pendant ce temps, Hervé a profité de la tranquillité de l'auberge pour faire encore quelques belle photos d'oiseaux.

Amarante du Sénégal                                                           Coliou huppé 

Nous bouclons les valises, dînons puis Denis nous reconduit à l'aéroport où nous prendrons notre vol pour Paris. La fête est presque finie ! Il ne nous reste plus qu'à visionner nos photos, les nommer, les classer et... rédiger ce récit pour partager notre bonheur.

46 espèces d'oiseaux dont trois coches, tel est le bilan ornitho de notre séjour à Dakar.

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Cette courte escale à Dakar a permis de varier les plaisirs pour les membres de notre groupe. La découverte des jardins et de la réserve urbaine a été très appréciée des photographes et la proximité des musées a satisfait les amateurs de culture (l'un n'empêche pas l'autre 😉 ).

L'accueil de Chantal et Denis à l'auberge "Espace Thialy" a été aussi agréable et enchanteur que dans nos souvenirs. N'hésitez pas à consulter leur site internet, vous y trouverez tous les renseignements utiles (services et tarifs) : http://cauris.sn/espacethialy/

Pour notre deuxième séjour au Sénégal, nous avons photographié, en trois semaines, 194 espèces pour 44 coches. (579 espèces au Sénégal). De quoi être satisfait. Malheureusement, il nous en manque encore quelques unes. Nous serons donc contraints de revenir. 😂