Du 30 mars au 3 avril 2004
5 jours
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Ça y est, j’ai refait mon sac à dos, cette fois direction l’Algérie et plus particulièrement Djanet, dans le sud est Algérien pas très loin de la frontière Libyenne. Objectif : Trek de 8 jours avec chameaux (pas pour nous porter mais porter les affaires et la nourriture et surtout la flotte) dans la Tassili N’Ajjer.

Matériel indispensable à emporter : Pastille d’hydropure, crème de bronzage, chapeau.

Ok, vous allez me dire : Mais tu es fou, que vas-tu faire là-bas, tu vas te faire flinguer. Mais non faut pas croire les journaux et si tu regardes le site web des Affaires Etrangères, tu ne sors pas de la France. Et puis, je peux partir en Espagne et me faire péter la tête dans un train pour Madrid, alors… Mais c’est vrai, qu’à l’aéroport d’Alger, on regarde un peu autour de soi.

Première galère pour avoir le visa : Lors de ma demande à l’ambassade, ils ne m’ont pas dit de me pointer avant une certaine date car il y a les élections. Ça tombe bien, je me présente pour récupérer mon passeport et on me dit : Non impossible il y a les élections, revenez dans une semaine. Mais non c’est pas possible, je pars ce dimanche. Désolé, on peut rien faire pour vous.

Finalement, j’ai attendu, attendu et attendu et j’ai récupéré mon passeport.

Deuxième galère : je me doutais bien, qu’il n’y avait pas de vol direct pour Djanet mais on m’avait pas dit que j’allais faire Paris-Alger (ce qui parait logique), puis Alger-Tamanrasset (complètement au sud), on arrive à 23h00, on se couche pour se relever à 5h00 pour aller prendre un avion pour faire Tamanrasset-Djanet pour arriver vers 8h00.

J’ai pas la trouille de l’avion (après avoir pris des vols intérieurs mongol ou ouzbek, on ne craint plus rien) mais vers la fin du vol Paris-Alger, on s’est retrouvé dans le brouillard. Le problème c’est qu’à la sortie des nuages, on s’est aperçu qu’on faisait de l’aquaplaning au dessus de la mer et le pilote a redressé rapidement l’avion. Ça a hurlé dans l’avion, les hôtesses sont arrivées pour calmer les plus excités. Moi moyennement rassuré sur mon siège dont les accoudoirs avaient été réparés avec du scotch…

Au fait, l’équipe : on est 8 : 3 potes et deux couples plus votre honneur.

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Nous voilà enfin à Djanet. A l’arrivée 2 jeunes maliens me demandent de remplir leur fiche d’arrivée, beaucoup d’entre eux essayent de s’en sortir en venant en Algérie, espérons qu’ils auront de la chance.

En attendant de rejoindre l’équipe avec les chameaux, on va se balader dans Djanet, petite ville où on cherche déjà de l’ombre. On a acheté un chèche, une bande de tissu de plusieurs mètres de long qu’on s’enroule autour de la tête pour se protéger du soleil et de la chaleur mais pas suffisant pour passer pour un local..


On récupère notre guide et on rejoint les chameliers : 5 chameliers avec une douzaine de chameaux. Ils ont libéré les chameaux pendant qu’on se prépare puis au moment de partir ils s’aperçoivent qu’ils se sont barrés. Ça commence fort l’organisation.

Nous voilà partis avec chacun un petit sac contenant de l’eau et 2-3 bricoles. Oui il faut parler de l’eau, ils ont prévu plusieurs jerricans d’eau pour nous. Eux doivent boire le quart de ce qu’on boit. Faudra s’assurer de mettre de l’hydropure, sinon turista assurée.

La balade commence, les chameliers prennent un autre chemin et on doit les rejoindre en fin de soirée au camp.


On va traverser des endroits incroyables avec des sortes d’aiguilles rocheuses en plein milieu de sable jaune-orangé.

Mais apparemment, on marche trop lentement et le guide s’inquiète un peu et finalement on arrive juste à la nuit. Les chameliers au camp commençaient à s’inquiéter et ont allumè des lumières pour qu’on les repère de loin. Finalement on arrive juste à temps, certains sont déjà couchés à cause de la chaleur. Moi, le chèche m’étouffe, je préfère porter mon chapeau à la Ricardo Jones. Au camp, bonne surprise, certains ont apporté du saucisson et du Pastis. J’avais pensé en apporter mais en pays musulman je me suis dit que ça serait mal perçu. Les chameliers mangent à part et ça ne leur pose pas de problème. Imaginez-vous en plein désert sous un ciel étoilé avec un pastaga à la main (ok, il est un peu tiède, mais c’est pas grave).

Les chameaux ont porté des sortes de petit matelas qu’on installe sur le sable avec nos sacs de couchage par-dessus (il fait très froid la nuit). Le lendemain, tout autour des matelas, plein de petites traces de pas de bestioles qui ont dû dormir sous le matelas pour la chaleur.

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Alors le principe est de se lever tôt avant qu’il ne fasse trop chaud et on marche jusqu’à midi pour rejoindre le prochain camp (les chameliers seront déjà arrivés) avant le plein soleil. Puis on fait une sieste jusqu’à 5 heures puis on va faire une ballade autour du camp.

Le soleil tape quand même très fort et on doit bien picoler 2-3 litres d’eau le matin.

Le guide nous montre de vieilles peintures rupestres qui datent… Oh oui au moins très vieux, du style préhistoire.

Il faut suivre le guide et pas trop s’écarter car il y a des serpents assez dangereux qui parfois mordent les chameaux et ils y restent, alors nous, simple bonhomme…

A un moment donné, notre guide commence à s’exciter et nous montre dans le creux d’un rocher une de ces fameuses vipères. On se dit on va passer au loin et il n’y aura pas de problèmes. Mais non, il préfère la tuer car peut-être un jour elle pourra mordre quelqu'un.

Il fait le tour du rocher et bloque les différentes sortis avec des broussailles et nous demande de monter en hauteur sur des rochers. Puis il allume les broussailles. On se dit que la vipère va essayer de se barrer mais rien ne sort. Une fois le feu éteint, on retrouve la vipère complètement éclatée. J’ai demandé si ça se mangeait mais apparemment c’est pas la coutume locale.


En termes de paysage, on continue à se balader entre les aiguilles rocheuses. Dans quelques jours, juste avant la fin, on va rejoindre les grandes dunes de sable.


On a croisé une famille de touareg qui vit vraiment au milieu de nulle part. L’homme marche pied nu, il a une épaisseur de corne sous les pieds qui est assez impressionnante. On se met autour de leur petit camp avec un soupçon d’ombre. Le guide nous explique que la famille vit ici avec ses quelques chèvres.

Lors d’un après-midi, on est allé faire une balade pour rejoindre une guelta : C’est un point d’eau dans le désert. Le guide ramasse une vieille boite de conserve au bord du point d’eau, la remplit et y boit. Nous on regarde la flotte, c’est tout juste si on ose y mettre les mains alors en boire, c’est se garantir des amibes et plein d’autres choses sympathiques. Vous verrez dans mon prochain mail mais certains sont touchés par la turista. Avec le reste de l’eau, le guide s’écarte pour se rafraîchir. Nous, plusieurs jours à utiliser de temps en temps des lingettes, on en a finalement pris un peu pour se nettoyer.

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Comme je vous l’avais dit, on a des jerricans d’eau où on a mis des pastilles d’hydropure mais ça n’a pas empêché que beaucoup d’entre nous soient malades. Ça doit être le repas de midi qui consiste en salade. Ils lavent les légumes mais pas avec l’eau des jerricans avec hydropure. Certains ne sont vraiment pas bien avec de la fièvre. Incroyable, je suis le seul à ne pas être touché. C’est simple, il suffit de faire un stage en Mongolie, puis Kirghizstan…et après vous êtes blindés. Il y en a qui vont vraiment pas bien et qui tremblent de froid malgré la chaleur, même un des chameliers est malade, c’est pour dire !!

On arrive vers d’immenses dunes de sable qu’on gravit. De là, un désert de dune blanche à perte de vue. Le guide nous indique la direction de Tamanrasset et que la traversée en chameau prend 1 mois. Ça me branche mais il faut des vacances…

Le voyage arrive vers la fin et certains sont contents car ils ne sont vraiment pas bien.

Une voiture nous récupère pour nous ramener à Djanet. A minuit, on doit prendre l’avion pour Alger puis Paris. Comme d’hab, problème avec l’avion, il n’arrive pas. Plusieurs groupes de touristes attendent à l’aéroport. Au bout de 2 heures, un groupe qui aurait des infos décide de retourner à l’hôtel car il n’y aurait pas d’avion avant 6 heures du matin. Une ½ heure plus tard, l’avion arrive et on nous fait monter, dommage pour les autres... Seul petit problème, lors de l’atterrissage, on nous dit que les bagages n’ont pas été embarqués car l’avion avait un problème (le voyant de surcharge était allumé) et ils ont pas voulu prendre de risques. Ouais, il valait mieux nous faire monter plutôt que les bagages….

Arrivée à Alger avec 4 heures de retard, gros bordel pour récupérer l’avion Alger-Paris mais finalement, on arrive à monter dans l’avion. A Paris, il faut qu’on fasse notre déclaration de perte de bagage, on doit être 50 avec ce problème. Imaginez la queue au guichet de Roissy, alors à peine arrivé, je cours vers le guichet. Je pense que les autres sont encore en train de faire la queue pour faire leur demande. Il faudra espérer que je vais récupérer mes bagages sans perte de matériels.