Dans le désert libyen avant que ça pète

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Du 13 janvier au 19 février 2011
38 jours
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T’as encore des jours de congés, le désert mauritanien avait un goût de trop peu, donc c’est décidé, encore un peu de désert. 5 ans sans y avoir mis les pieds, ça génère un manque.

Aucun Tour Operator ne va dans le sud algérien, merci Aqmi ! Depuis l’enlèvement le mois dernier au Niger, les régions du Tchad, Niger, Mauritanie et nord Mali ne sont plus, non plus, ouvertes aux agences. On va laisser le Maroc, la Tunisie et l’Egypte aux touristes FRAM surtout qu’en plus ça vient de péter là-bas donc on ne peut plus y aller. Reste un pays calme dans la tourmente du monde arabe actuel, connu pour son régime démocratique et très ouvert…la Libye. Sinon, tu peux faire une croix sur le Sahara. Le principal est que ça ne pète pas juste avant de partir, après une fois sur place, on verra. Inch Allah

Sur le papier, on est 9, dont une personne de plus de 70 ans. On est censé quand même marcher dans le désert 5 à 6 heures par jour…

Interdiction d’amener de l’alcool et pour le saucisson, hum, hum, on va éviter les conneries. Dommage car les petits apéros dans le désert mauritanien étaient quand même sympas. Bon t’as quand même emmené du saucisson de bœuf où c’est bien marqué qu’il n’y a pas de porc mais c’est pas halal ('erreur).

Même si tu as une lettre d’invitation, t’es pas sûr de rentrer dans le pays. Kadhafi change tous les jours les règles pour rentrer en Libye. Il parait qu’un jour entre le moment où des touristes ont décollé et sont arrivés, les règles avaient changé et arrivés à l’aéroport, ils ont dû repartir par le prochain vol sans pouvoir rentrer dans le pays…

Au départ, plus d’une heure de retard, le problème est qu’on a une correspondance pour prendre un vol pour aller à Sebha mais aucune idée de l’heure de la correspondance.

A Tripoli, t’es un des premiers à sortir de l’avion, tu te ballades dans l’aéroport à la recherche de la douane, un merdier. Un gars t’indique l’endroit, il y a 4 guichets et 30 libyens par guichet et ça n’avance pas du tout. A un moment un officiel fait avancer un couple de touristes devant tout le monde, certainement car ils ont la correspondance à prendre. Tu fais signe à l’officiel qui te dit d’aller devant, les autres touristes se collent à toi, mais l’officiel se casse, donc pas la peine d’imaginer de passer devant les libyens qui te le font bien comprendre. Au bout d’une heure, ça n’a pas bougé. Une touriste qui baragouine l’arabe arrive à trouver une autre solution à un autre guichet qui prend nos lettres d’invitations (il y a plusieurs groupes différents) et les passeports mais qui, après, n’arrive pas à faire l’association entre les documents et les numéros de passeport. Tu vois le tien au bord du bureau mais à chaque fois il en prend un autre…Tu essayes de faire signe au gars mais comme on est 10 à vouloir lui faire signe….Il est 18h30 et selon les rumeurs l’avion serait à 19H..c’est mort !!! Finalement t’as ton passeport, tu vérifies 2 fois les tampons de visa, c’est pas le pays où il faut déconner avec ça… Et tu fonces pour récupérer ton sac à dos. T’as passé près de 2 heures en douane et ton sac est pas encore arrivé… Tu retrouves l’autre touriste qui est dans le même groupe que toi, elle est avec deux gars amorphes qui sont les gars qui doivent s’occuper de nous pour le transfert. Apparemment, on ne sera que 5 sur 9. Suite à ce qui se passe dans le monde arabe, les autres ont du se désister.

Il est 19h15. Quasiment tout le monde est sorti et on ne voit aucun autre touriste. Chacun sa merde, il faut qu’on chope l’avion. Un des 2 gars nous amène à la correspondance, l’autre reste au cas où. Il y a un tas de billets d’avion sur le guichet, à toi de trouver lequel est à toi…Mais bon, ouf le vol est à 20h et tu as ton billet et tu es enregistré. Allah Akhbar !!! Finalement, 3 autres arrivent en courant. Ils ont encore plus galéré que toi pour leur visa. Ils ne sont pas passés par le bureau des groupes et ils en ont chié dans la queue.

L’avion pour Sebha est à moitié vide et est rempli à 80% de touristes et après qu’on vienne pas dire que la Libye est dangereuse…Ça va être comme sur les Champs Elysées dans le désert avec tout ce monde… Donc on est 5 : Yasmina, médecin spécialisé dans les reins, qui part très souvent en voyage de ce genre, Marianne, la hollandaise de 70 ans qui est aussi une routarde mais qui fait un trek pour la première fois et un jeune couple Audrey et Bertrand, 2 aiguilleurs du ciel.

Arrivé à Sebha, putain il fait frisquet quand même…Ce coup-ci, pas comme en Mauritanie, t’as amené le sac de couchage adéquat et des fringues chaudes !!

C’est le seul soir où on va dormir dans le dur. On est dans une auberge avec plein de bungalows. Tu rentres dans le bungalow, tu demandes où est la lumière, on te montre un endroit avec 2 fils qui dépassent et que tu dois connecter entre eux. Ouais bien sûr, une électrocution dès le premier jour, très peu pour toi. Tu te réveilles en pleine, nuit, tu veux aller pisser, t’as oublié qu’il y a pas d’interrupteur et bang, t’es bon pour un retour avec Europe Assistance voir dans une boite…

Le guide s’appelle Mohammed, un peu bouboule, faudra voir s’il marche ou si on nous a fourgué un guide de ville…Il porte une sorte de long manteau en laine (ben ouais, on se pèle) avec une capuche pointue, ça fait penser à une des bestioles dans la guerre des étoiles.

Ah et on va aussi avoir un policier, soit-disant pour notre sécurité. Apparemment, il a raté l’avion de Tripoli mais il devrait être là demain.

Oui j’ai oublié de dire : On va, en fin de circuit, être à 80 km de la frontière algérienne et de l’autre côté aucune agence n’y va car, en ce moment, c’est un peu dangereux et la semaine dernière une touriste italienne s’est faite enlever par Aqmi. Par contre, nous côté libyen, absolument rien à craindre. La frontière qui passe au milieu du désert empêche les terroristes de venir kidnapper le touriste coté Libye. C’est bien connu. Sur les milliers de kilomètres de frontière, il y a des escadres de chameaux anti-terroristes…

Mais bon, on va avoir l’inspecteur Harry pour nous protéger. On va dormir tranquille.

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Le flic nous a rejoint à l’hôtel et est sensé être là pour nous protéger mais ça ne le fait pas d’entrée. Il a le regard sournois qui met mal à l’aise.

1h30 de voiture pour rejoindre notre équipe de chameliers, je vous passe les différents contrôles de police, et c’est parti pour 2,5 jours dans les immenses dunes de l’Ubari. Objectif : rejoindre deux lacs au milieu des dunes. On a 2 chameaux pour nous accompagner et un 4*4 pour transporter le matos et la cuisine et qui nous retrouve au camp.

Il est 10h00 du matin, il y a un grand soleil mais on se pèle grave, il faut une bonne polaire, incroyable en pleine journée au milieu du désert. Vers 11H30 au bout de 45 minutes de marche c’est la pause…déjeuner…Putain, c’est pas encore comme ca que je vais perdre de la bedaine.

On est au pied d’une grande dune, pas la moindre ombre. Histoire de t’occuper tu gravis la dune, histoire de dépenser quelques calories car parti comme c’est parti, on va pas marcher beaucoup. Toujours sympa un déjeuner en plein soleil à midi, c’est le vent froid qui nous sauve, sinon on était bon pour cramer.

A 14h00 on repart et plutôt que marcher dans les dunes (effectivement c’est un peu plus dur), on marche sur la piste faite par les 4*4. Bon, il va falloir se la jouer solitaire, t’es pas venu pour marcher sur une piste, sinon t’aurais fait un circuit en bagnole donc tu t’embarques sur les crêtes des dunes à quelques centaines de mètres des autres. Le guide est un peu inquiet au début sur la brebis qui quitte le troupeau mais, à la fin, c’est même lui qui te dira de prendre d’autres chemins.

Le paysage est très différent du désert mauritanien de décembre dernier, les dunes sont très hautes et il n’y pas de buissons ou d’arbustes. C’est pour l’instant que du sable. On arrive au bivouac. Le 4*4 est déjà là mais il manque un sac de couchage, il a été oublié dans la voiture qui nous a amené aux chameliers. Marianne tire la gueule… Le 4*4 ira le chercher et sera revenu en moins d’une heure. Ouais, on ne peut pas dire qu’on soit très enfoncé dans le désert.

Tu montes ta tente, les autres montent celles fournies par l’agence mais il n’y a pas de surtente. Pas grave, il ne va pas pleuvoir… 1 heure après il commence à tomber quelques gouttes. Ça faisait longtemps que t’avais pas eu de la pluie dans le désert…

Le cuistot est très pro, il nous a fait un bon couscous. Par contre le guide est pas trop du genre à parler beaucoup sur la culture libyenne. C’est un touareg (on est en territoire touareg), de père libyen et mère algérienne. Quand c’est pas la saison touristique, il est chauffeur taxi, il a 37 ans et vient de se marier avec une fille de 19 ans…

La nuit n’est pas trop fraiche mais il a plu par intermittence. Tu te réveilles au sec. Malheureusement les autres n’ont pas eu cette chance et leur matelas est trempé, il y en a même une qui avait oublié son matelas au sec sous la voiture et a dormi à la dure… Petit déjeuner à base de vache qui rit. Tu fais passer des messages : En Mauritanie, on avait un super cuisinier qui nous faisait une taguela tous les jours… Par contre au niveau du thé, le chamelier est impressionnant (oui c’est jamais le cuistot qui fait le thé, mais le chamelier), il te fait une mousse, pire qu’une bière.

C’est bizarre de marcher sur des dunes légèrement humides. Le guide dit qu’on a de la chance car c’est la journée la plus difficile (oulà, t’es inquiet grave…) et le sable étant humide on s’enfonce moins. C’est pas faux et en plus on a de la chance car il y a un peu de vent et le sable se soulève moins. Avant de partir, on dit aux gars qui restent au camp (oui, on reviendra au même endroit) de sortir les matelas pour les faire sécher.

On est tous rassuré, le policier est avec nous…On a rien à craindre. On se demande s’il comprend le français…

Etonnement, on traverse des dunes mais dès qu’on peut rejoindre la piste, on y va…toi toujours à part sur tes dunes. On arrive au premier lac, Mandara, on le voit de loin car il est entouré de dattiers mais il est à sec, enfin à sec, on va dire boueux, pas comme sur les photos du site web de l’agence… Et c’est pas une surprise, ça fait déjà 12 ans qu’il n’y a plus d’eau, mais pas un mot sur le descriptif du circuit… Plus personne n’habite autour du lac, les dattes ne sont même pas ramassées. Mister Kadhafi, dans sa mansuétude, a fortement demandé aux locaux de quitter le désert pour se rapprocher de la civilisation. Il y a juste des vendeurs de bijoux Touaregs à des prix exorbitants. Les pauvres gars, au milieu de nulle part à attendre les touristes. Au fait, c’est étonnant, on était 80 touristes dans l’avion, tu pensais que l’on allait se marcher sur les pieds mais à part 3 voitures, que dal…

Mais c’est pas grave, le lac suivant Um el ma a de la flotte. Tiens le vent se lève, mais ça va, toi qui aimerais subir une tempête de sable… On arrive à Um el ma, le lac est tout en longueur, l’eau est transparente, et d’autres vendeurs nous attendent. Le temps est couvert, de plus en plus de vent. Mohamed, nous trouve un coin à peu près au calme mais pas top alors que tu marches 150 mètres de plus, on est complètement protégé, mais bon trop tard, il a commencé à faire du feu. Ah, encore plus de vent, enfin de l’action.

Lac um el ma 

Après le repas, on fait le tour du lac pour rentrer par un autre chemin au milieu de grandes dunes, incroyable !!! Marianne s’est fait porter pâle et préfère retourner en chameau par la piste. D’autres vont regretter de ne pas avoir fait de même, le policier le premier

Il nous faudra 3 heures pour revenir au premier lac (à l’aller on avait mis moins d’une heure), en marchant face au vent qui est de plus en fort, en particulier quand tu arrives sur les crêtes des dunes. Histoire de nous faire visiter une vielle mosquée en ruine au premier lac, il nous fait redescendre toutes les dunes puis les remonter. Il y en a qui rigole plus. Toi, t’as tellement de sable dans les yeux que tu mets ton chèche directement devant les yeux. On rejoint les chameaux et c’est le retour pour le camp. Ceux qui pensaient pouvoir s’allonger sur un matelas secs font la gueule, ils ne les ont pas sortis des tentes sous prétexte qu’il y avait du vent….

Le soir le flic et les chameliers font des jeux, le flic n’est pas un touareg, ils lui ont expliqué comment porter le chèche…A ce propos, il a dégusté, il a boité sur les 2 dernières heures. Et oui flic de ville c’est plus cool.

Le lendemain, le soleil est là, pas de vent et 4 heures de marche pour rejoindre notre dernier camp dans l’Ubari, on est presque revenu au point de départ. 1 heure de plus et on était aux bagnoles. T’essayes de faire des photos de montre pour le site FYBAK mais comme tu as un appareil de merde, tu n’arrives pas savoir si tu fais le point sur la montre ou sur le second plan.

On a eu la trouille pendant la marche, le flic n’était pas avec nous, trop mal à la jambe, il est resté avec le cuistot dans le 4*4. Ah, je te jure la sécurité en Libye ne vaut plus rien !!!

Bon, il est 16h, le camp est monté, pas grand-chose à foutre, en face du camp une énorme dune. C’est parti pour y monter seul, les autres préfèrent se reposer…, elle fait plus de 100 mètres de haut.

Lendemain retour aux bagnoles à travers les dunes, incroyable !!

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Mémorable. On reprend les voitures pour aller maintenant dans la région de l’Akakus. On doit passer par la ville d’Ubari, histoire de faire un peu de shopping…

Il y a la voiture cuisine avec notre matos et notre mini van avec notre guide et notre flic. On passe par la ville d’Ubari pendant que la voiture cuisine prend de l’avance. La grande rue est coincée, il y a une manif, les gens sont réunis avec des drapeaux verts, symbole de la révolution verte de Kadhafi. Du coup tous les magasins sont fermés ; On était dans le désert donc on sait pas trop ce qui s’est passé ces derniers jours.Kadhafi doit avoir la pression car il a demandé au peuple de manifester devant les gouverneurs de région pour faire remonter ce qui va pas (histoire de mettre la pression sur les gouverneurs). On s’approche pour voir, mais bon, tu fais un peu gaffe, on sait pas trop exactement ce qui se passe mais le guide est pas inquiet.Apparemment c’est une manif pro Kadhafi donc rien à craindre. Tout est fermé donc pas de shopping, on reprend la bagnole.

On est sur une route goudronnée au milieu d’un terrain désertique et on voit notre voiture cuisine au bord de la route. Elle a crevé pour la deuxième fois. Du coup, même s’il est à peine 11H30, le cuistot est à ses fourneaux et on nous dit qu’on va manger au bord de la route en plein cagnard. C’est bizarre, tu te rappelles qu’il y a quelques années, au Niger ou en Mauritanie, des touristes pique-niquaient en bord de route quand une bagnole s’était arrêtée et des mecs les avaient flingués…

Après un rapide déjeuné (t’es resté à l’ombre dans la bagnole) on repart en laissant nos affaires dans le 4*4 cuisine. Toi tu suggères qu’on prenne nos sacs avec nous, étant assez dubitatif sur le temps qu’on risque d’attendre si le pneu n’arrive pas. Mais les autres te font comprendre qu’il faut avoir confiance et d’arrêter de faire chier !! (toi, t’as pris l’habitude d’anticiper le pire, comme ça tu peux avoir que des bonne surprises mais les lapins de 6 semaines qui t’accompagnent croient encore au Père Noël…). Après 45 minutes de bagnole, on arrive à un contrôle mais pas par la police, par les services secrets. Ils sont tellement secrets que tout le monde sait que ce sont les services secrets. Tu répètes un fois de plus à Marianne qu’il ne faut pas prendre de photos lors de contrôle policier mais à chaque fois elle essaye… Et là c’est le gag de l’année, l’inspecteur Harry doit avoir avec lui un document qui justifie qu’il nous accompagne et ce con l’a laissé dans son sac dans la voiture cuisine qui est en panne. Nous on peut passer mais pas lui ! (En fait, il n’y a pas toujours un policier avec les groupes de touristes, uniquement sur les grands groupes mais ils ont décidé d’en mettre un pour notre groupe de 5). Entre notre flic et le responsable du contrôle, ça discute sec. On appelle le cuistot pour savoir quand il sera là. Apparemment ça sera pas simple. Au bout de 30 minutes, notre chauffeur et notre guide font comprendre qu’on en a marre, qu’il n’a qu’à rester au contrôle et qu’il nous rejoindra avec la voiture cuisine. Et oui, l’inspecteur Harry se transforme lentement en Pinot simple flic au fur et à mesure qu’on s’éloigne du contrôle.

1 heure après on est dans la petite ville d’Al Awaynat, une rue principale, et quelques épiceries. Achat de chips et autres conneries (ah oui, t’as amené du saucisson de bœuf, trop risqué le porc…). Et on attend la voiture cuisine qui n’arrive pas.

Les 4*4 qui doivent nous amener aux portes de l’Akakus sont là. Au bout d’une heure d’attente, le guide a le go de l’agence pour qu’on y aille même sans la voiture cuisine et Pinot.

Finalement la voiture cuisine avec Pinot le penaud arrivera juste avant la tombée de la nuit, histoire qu’on ait le temps de monter les tentes.

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2,5 jours de ballade dans l’Akakus.

Le premier jour, un grand soleil, pas un souffle de vent, résultat pour la première fois on crève de chaud. Le paysage est totalement différent. Finies ? les grandes dunes de sable. On se ballade maintenant entre un mélange de sable, de roches et de pitons. Ça rappelle le tassili N’Ajjer côté algérien mais ici on a rien à craindre d’AlQaida…

A un moment, on voit des petites d’habitations mais le guide nous fait faire un grand détour pour les éviter…super le contact avec les locaux. Peut-être parce qu’il y a que des femmes et plein de gamins qui nous regardent de loin. Les hommes sont occupés ailleurs. Tu lui demandes d’aller voir une guelta, que dal, c’est trop loin.. Alors explique-moi comment fait le troupeau de chèvres qui nous suit. Oui, les chèvres ont décidé de faire une ballade avec nous et elles n’ont pas peur de notre inspecteur Pinot… On a beau les faire repartir et leur envoyer des pierres, elles veulent rester avec nous…

Histoire de s’occuper pendant la pause déjeuner, on joue à la pétanque. Non, t’es pas suffisamment con pour trimballer des boules de pétanque, on trouve des coloquintes, des sortes de petites courges rondes.

Les règles sont un peu différentes, t’as le droit à 3 boules pour toute la partie, si ta boule se casse, ça t’en fait une de moins…donc tu fais très attention à ne pas les lancer trop forte et d’éviter de les plomber sur une zone un peu trop dure. Première partie, 13 à 6, tu bats facilement l’aiguilleur du ciel, mais bon soit- disant parce que tes coloquintes étaient plus solides. Bien sûr, évidemment, c’est forcément pour ça !! Bon, on prend d’autres boules, il prend celles qui semblent en meilleur état. Premier lancé, tu tapes une de tes boules qui commence à se casser. Si en plus tu joues dès le début avec un handicap… Mais bon, on bat pas facilement un gars du sud, même sans pastis. Fin de partie, résultat identique. Le guide, intrigué, vient nous voir, ça l’intéresse. On va faire une doublette et tu le prends avec toi face aux couples des aiguilleurs. Mais Mohamed n’a pas l’air de comprendre que dans les règles libyennes, il faut faire attention aux boules… C’est la première fois qu’il joue mais il doit avoir du sang marseillais dans les veines car il joue super bien et c’est encore une pâtée pour les aiguilleurs.

Pétanque dans le désert 

Ce soir, t’as décidé de dormir à la belle étoile ! Tu montes ta tente, tu cherches d’où vient le vent et tu essayes de t’installer pour te protéger du vent. Manque de pot, ce soir c’est pleine lune, mais vraiment plein lune de chez pleine lune. Résultat, t’es allongé face au ciel avec un projecteur en pleine gueule. Impossible de s’endormir. Alors tu essayes difficilement de somnoler quand le vent vient mettre son grain de…sable. Comme chaque soir, le vent tourne, donc la tente ne te protège plus trop et t’as le droit à un saupoudrage de sable qui t’aide pas à t’endormir.

Bah, t’as bien du dormir 2-3 heures ; Comme t’es réveillé bien avant les autres, tu ranges ton matos mais la fermeture de la tente ne marche plus. Tu la déplies et tu la ranges dans le sac. Quand les autres se réveillent toutes tes affaires sont rangées dans le sac. On s’installe pour le petit déjeuner et tu leur dis que t’en as bavé toute la nuit avec le vent et, qu’en plus, tu crois que ta tente ne reverra pas la France. Pour toi, c’était dans le sens que, vu qu’elle avait pété, t’allais pas la ramener. Mais avant que tu l’expliques, Yasmina lance l’idée qu’elle s’est envolée. Et du coup, un des aiguilleurs enchaine en faisant sous-entendre, qu’il faut vraiment pas être futé pour avoir laissé s’envoler la tente et ils partent sur cette idée.

Bon ok, tu dis rien pendant tout le petit dej et tu rentres dans leur jeu. Les 2 aiguilleurs s’en donnent à cœur joie puis vont ranger leur tente. Tu expliques à Yasmina et au guide que c’est pas vrai, que simplement la tente est cassée. Et pendant toute la matinée, j’ai le doit à des petites remarques des aiguilleurs.

Ok vous voulez joie au con, on va y aller. Donc pendant toute la matinée, tu fais des grands zigzags en regardant au loin, genre tu cherches ta tente. Ça doit bien rigoler dans ton dos. Par contre, le soir au bivouac, quand tu ouvres ton sac et que tu sors ta tente, il y en a 2 qui restent comme des cons. Et le pire, c’est qu’ils l‘ont mal pris. Incroyable !!! Les échanges ont été un plus distants le dernier jour mais bon…Faut assumer quand on veut se foutre de la gueule des gens.

Revenons à la marche, la brume s’est levée et le reste du circuit se fera dans cette légère brume. On va voir des pétroglyphes d’animaux, girafes et éléphants, comme quoi avant le désert, il devait y avoir de la végétation dans le coin.

Dernier bivouac dans le désert près de l’aéroport, ils nous ont fait du poulet grillé super bon. Yasmina te dira que dans ton dos, le chauffeur te traite de ‘kafir’ qui veut dire mécréant, certainement car j’ai apporté du saucisson de bœuf mais non halal. T’avais fait très attention à pas apporter de porc mais t’as oublié le coté halal sur le bœuf…

Retour sur Tripoli pour une dernière journée. A l’aéroport de Ghat, t’as quelques infos. Apparemment à Benghazi, les libyens se sont révoltés contre Kadhafi. Tout semble calme à Tripoli. On verra bien, inch Allah

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Une journée de visite à tripoli. Manque de pot, tu pensais t’être débarrassé de l’inspecteur Gadget mais il reste avec nous toute la journée. Et en plus, on a un gars de l’agence pour nous accompagner qui a 2 de tension. Gentil le gars mais plus habitué à garder ses dromadaires dans le désert. Pendant que les autres prennent leur temps pour se décrasser (et oui, une semaine sans se laver), tu files rapidement sous la douche et tu pars te balader seul à la recherche du souk. L’hôtel est dans le quartier des grossistes en fringue made in China ou India. Il y a une sorte de marché couvert où on trouve le poisson, la viande (surtout des abats), des animaux de compagnie, des fruits et légumes (ici, les radis viennent de Tchernobyl, ils sont quasiment aussi gros qu’une petite poire…)

Tu commences à te perdre un peu dans les ruelles qui ont gardé un aspect ancien. Tu dois ramener des cartouches de clopes, le problème est que tu as peu d’argent local. Tu trouves tout un troupeau de flic qui surveille une grande rue. Ça sent la manif … Tu leur baragouines en arabe que tu cherches une banque ; Y en a pas un qui est capable de te dire où il y en a….Apparemment, ça existe pas ici… Mal barré pour acheter des souvenirs.

Bon tu retournes à l’hôtel pour la visite officielle à 2 à l’heure. On passe près de la place verte qui commence à se remplir de monde. Plein de gens pro Kadhafi manifestent sur la place avec leur drapeau libyen et l’incontournable livre vert écrit par Mouammar. Les voitures klaxonnent, les gens montent sur les bagnoles. En théorie, rien à craindre, la police va pas tirer sur des partisans de Kadhafi. On s’engage dans les ruelles du souk mais malheureusement la plupart des magasins sont fermés. Dommage. Notre guide nous emmène dans la vieille ville pour aller devant l’entrée de palais, église et bibliothèque fermées. Puis il nous amène à une mosquée, ouverte celle-ci, et en profite pour faire sa prière.

Tu commences à bouillonner donc tu dis au guide que tu vas aller te balader seul à ton rythme. Refus du policier, il te dit que c’est trop dangereux de se balader seul dans la vieille ville. Avant il n'y avait rien à craindre car il n’y avait que des habitants de Tripoli mais comme maintenant il y a des gens d’autres villes qui viennent ça peut être dangereux… Bizarre, 2 heures avant, tu t’es baladé seul...mais bon, comme tu veux pas poser de problèmes au guide, tu restes zen. Par contre, Pinot te dit que tu pourras te balader seul dans le souk car il n’y a rien à craindre.

Bon retour à la place verte et à ce moment tu te casses du groupe avec la bénédiction du Colombo. De temps en temps tu te retournes pour voir si l’inspecteur Harry te suit pas…et tu retournes où ? dans la vieille ville…où bien sûr les vielles femmes t’attendent avec des cabas pour t’agresser…

Impossible de changer de l’argent, finalement tu négocies avec les gars d’une boutique pour acheter des clope en $. Vu ce qu’il commence à se passer dans le pays, avoir des $ peut être intéressant pour eux.

Le soir, le groupe a décidé d’aller manger au resto, le guide ayant essayé de les pousser dans un bouiboui appartenant à son cousin. On repasse par la place verte, il y a de plus en plus de monde, les voitures arrivent à toutes vitesses vers la place et font des freins à main. La police laisse faire. Pas trop d’ambiance dans le groupe, certainement toujours cette histoire de tente. Donc couché tôt. Dommage.

manif pro Kadhafi 

Dimanche matin très tôt, départ sur Paris. C’est dans l’après-midi que ça commencera à péter dans Tripoli. Et dans les jours qui suivent les français seront rapatriés.

Une fois de plus, t’es pas passé loin de l’action…