Vietnam : Villages du Nord et chaman de pacotille

Du 7 au 19 août 2017
13 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Yo,

Dès l'aéroport d’Hanoï le choc, un mélange de chaleur et d'humidité. En comparaison la canicule à Paris c'est que dal. On est dimanche donc il y a moins de circulation et bien putain qu'est-ce que ça doit être en semaine. Y a des milliards de scooters qui klaxonnent indéfiniment. Le guide Thoung (qui se prononce Tou) nous a fait faire un petit tour dans la ville. Il y a des milliers de touristes. Les rues sont encore spécialisées par type de produits, la rue des instruments de musique, la rue des vendeurs de vermicelles...

On est douze, t'attends qqs jours pour voir s'il y a du boulet mais tu les vois pas tous marcher en montagne.

C'est l'été donc synonyme de grosses averses et on vient de s'en prendre une sur la tronche. On est en train de visiter un temple au bord d'un lac dans Hanoï et y en a une qui s'assoit sur un rebord interdit pour se faire prendre en photo. Le gardien intervient et punition divine un orage déverse des trompes d'eau. Après trente minutes à poireauter planqué à l'abri dans le temple, on a acheté des sacs poubelles en forme de kway, très classe. Si on se prend ce genre d'orage dans la gueule pendant les jours de trekking certains vont pleurer.

Premier dîner sympa... chacun est parti de son côté... du coup tu t'es baladé. Il y a un monde et ça change de l'Irak, plein de minettes partout mais pas le genre putes de Pattaya... il faut juste faire attention à pas leur marcher dessus, ouais le Viêt fait en moyenne 1,2m au garrot.

Ton coloc, Patrice, a l'air de tout savoir sur tout. A l'écouter c'est une pointure en photos, il vient d'en faire 200 en moins d'une heure mais des photos techniques, des trucs que tu peux pas comprendre... On va laisser venir... il a le potentiel du boulet, un beau !!

En plus il vient de rentrer, il a transpiré pas possible, il sent le fennec et il traficote dans son sac plutôt que de prendre une douche, un cauchemar !!!!! Ca pique les yeux!!!

2

Malgré sa douche, le Patrice a empesté la chambre, à 5h, t’es réveillé du coup tu vas te balader dans la ville. Ca commence fort !!

Bon, confirmation y a du boulet même s'il y a aussi des marathoniens.

On est dans un petit village des minorités Tay dans une maison sur pilotis. Au bout du monde ils ont internet... Ton colocataire n'arrête pas de parler de lui et comme il sait tout faire il est aussi magnétiseur.

On est parti marcher, faut reconnaître que le guide local traçait. Au bout de dix minutes t'en as deux qui sont à la dérive. On a Henri, 69 ans, le grand père d'Indiana Jones chapeau compris, manque que le fouet.

Et bien sûr y a le magnétiseur qui au bout de dix minutes de marche arrive à moitié mort en nous disant qu'il est cardiaque et que ça va trop vite. Et un boulet, un. Et pas un petit. Bon ben on a passé notre temps à l'attendre dans la montée et puis dans les descentes il passe son temps à faire des photos, mais pas de la photo de charlot, de la photo de pro. Sans compter les moments où il s'auto magnétise, un sketch. Et on la chance quand on rentre, d'avoir le droit à une présentation de ses photos. Il dit qu'il se laisse porter par son appareil photo... Jusque-là y en a deux qui ont pas encore craqué.

Sinon coté paysage c'est très vert et très humide. Je vais certainement me répéter mais putain d'humidité. Au bout de 15 minutes de marche t'es trempé. T'as des rizières à tous les coins de rue. On passe dans des villages Tay et Dzao et tu les reconnais aux vêtements.

En marchant t'as comme une feuille morte marron qui passe à côté de toi, en fait c'est un papillon grand comme deux mains. Gabriel, Kinnary le bleu qu'on a vu au Venezuela c'était un échantillon en comparaison.

Histoire de faire la totale on a pris la flotte pendant 45 minutes et pas trois gouttes, des trombes. Chez l'habitant, le patron connaît deux mots : cul sec. Chaque soir il passe avec ses bouteilles fait maison d'alcool de riz et on est obligé de boire, après c'est sa femme et ensuite c'est leur fils qui vient pour un cul sec. Bon, c'est pas fort mais pas bon (rassurez-vous je vais pas en ramener).

Coté repas si t'aimes pas le riz t'es pas dans la merde. Mais ils font aussi des nems, des légumes, du porcs, du poulet et c’est à chaque fois très bien cuisiné.

3

Au fait, y a trois profs dans le groupe et ça parle que boulot. Y'en a une qui raconte aussi sa vie trépidante, la vraie parisienne, la bobo par excellence, d'une famille du show biz. Si tu dis un mot mal placé sur Paris t'es mort, on va être très amis.

Comme tout est humide, rien ne sèche. Ils ont tous les chaussures trempées (toi t'es en sandales et sparadrap, ouais du sparadrap à cause des frottements) qu'ils essayent de faire sécher désespérément et ça pue tellement grave dans le bus que par moment le chauffeur balance du désodorisant dans la clim. Quand on revient d'une marche et qu'on monte dans le bus t'es agressé olfactivement.

On doit faire une marche dans le massif Phu Ta Ca avec la patronne de la guesthouse de l'ethnie des Dao rouge. Elle a été surprise par le rythme sauf pour le magnétiseur qu'on attend sans arrêt. Et dès que ça monte, Henri Jones a du mal. On s'arrête pour déjeuner, il essaye de s'endormir pour récupérer mais impossible, l'homme qui a tout fait lui raconte ses exploits et l'empêche de dormir. Il faut que qqu'un lui demande de venir déjeuner pour que papy Jones puisse dormir un peu.

On traverse quelques petits villages de différentes ethnies surtout Hmong et Dao. Les Hmong sont les plus pauvres car ils vivent sur les montagnes où ils ne peuvent pas cultiver de riz. Mais sur des flancs de colline très pentus, ils arrivent à cultiver du maïs. On a un jeune paysan dans le groupe qui a jamais dû descendre de son tracteur, il en revient pas. Lui, il choisi la musique pour le bien être de ses vaches qui vont d'elles-mêmes à la traite, se faire brosser le dos....

Pendant le déjeuner, on entend le tonnerre qui pète sans arrêt et t'as au moins deux nanas qui sont terrorisées. Qqu'un a dit à l'une d'elle que la foudre était attirée par les téléphones portables... du coup elle a même éteint sa montre GPS.

On a pris TRÈS TRÈS cher. T'as pas eu le temps de mettre ta cape de pluie que l'orage est arrivé. Ca a été très méchant, des éclairs sans arrêt, la foudre qui tombait pas très loin. Celle qui est en voyage de noce a dit à son mari qu'elle voulait jeter son alliance de peur que le métal attire la foudre, le délire. Bon, elle a juste oublié que son sac à dos contient dès armatures métalliques... On a pris une heure d'orage intense. Coté paysage, quand il ne pleut pas, on voit des... suspens... et oui des rizières !!! En arrière-plan il y a de jolies montagnes mais entre les nuages et la brume....

Par contre dès qu'on croise un local en tenue traditionnelle, il est mitraillé de photos! Le guide a dit qu'il devrait pas y avoir de sangsues, résultat quasiment tout le monde en a choppé au moins une. Mais comme c'était pendant l'orage personne n'a fait gaffe. Qu'est-ce que ça va être quand on va être dans le coin où il est sensé en avoir... En a juste eu le temps de traverser un village de l'ethnie Hmong noir. Ils sont pas plus habillés en noir que les Dao rouges sont en rouge (car les Dao rouges sont en noir, va comprendre). Sachant qu'il y a aussi les Hmong rouges, verts, blancs et fleuris !!

Arrivé dans la maison où l'on doit dormir tu dois partager un grand matelas avec le boulet, pas la chambre, le matelas !!! Même pas en rêve. Ils mettent du coup deux matelas simples à côté, même pas en rêve bis! Quand ils voient que tu t’installes sur le balcon et que tu vas gonfler ton matelas gonflable, ils t'installent un matelas dehors, une moustiquaire et même un rideau. Grand prince!!! Ce sont les autres qui ont eu la chance d'écouter le chant du ronfleur.

Super dîner avec des nems, du porc grillé et bien sûr le patron, sa femme et son fils sont passés à tour de rôle pour nous faire boire leur alcool maison, différent de celui de la famille, un petit goût de médicament mais beaucoup plus fort. Du coup on s'est pointé à leur table avec le pastis que t'avais ramené. Ils ont été surpris et ont hésité à boire. Hé, chacun son tour à boire du bizarre !

Le chauffeur de notre bus à des enceintes Bluetooth en forme de micro et elles sont connectées à son téléphone. Ca c'est transformé en soirée karaoké. Les vietnamiens sont fans et se lâchent complètement. Fallait voir le guide se trémoussait avec un air béat tout en chantant des vieux standards français. Bien sûr notre boulet national a voulu chanté, du Joe Dassin, et n'a pas pu s'empêcher de nous dire qu'il avait chanté devant le fils de Joe Dassin, waouh. Il a voulu chanté du Dire Strait mais vu l'accueil il est retourné s'asseoir.

Le matin avant de partir la patronne nous a filé une bouteille de son alcool fait maison mais je ne vous la ramènerai pas.... On a dû prendre un chemin pente extrêmement boueux. Toi, tu t'es vautré trois fois. Le record est le boulet avec un score de 27 chutes, ouais 27 alors qu'il avait des bâtons et que le guide l'a tenu par moment. Ca vous donne une idée du temps qu'on a dû l’attendre. Et arrivé en bas, il se plaint qu'il a acheté des chaussures spécial terrain glissant et qu'il comprend pas. Euh quand t'as un kilo de boue sous chaque godasse, tu peux rien faire. Et bien sûr il a enchaîné sur son expérience au Népal. Là, plus personne ne l'a écouté. Mais il s'est magnétisé le bus. A ce propos le chauffeur a fait mettre les chaussures dans coffre, l'odeur est intenable dans le bus. Sur la route, il y avait des supers paysages, des montagnes karstiques en forme de cônes. Tapez Meo Vac et regardez les photos. Toi t'as presque les mêmes mais juste avec des gros nuages devant !!! Et oui c'est l'orage quotidien mais ce coût on était dans le bus !!!

Ce soir dans la ville de Meo Vac, on est à l'hôtel pour récupérer et essayer de faire sécher du linge car tout est humide. Hors de question de partager la chambre avec le boulet qui pue, t'as payé pour ta chambre individuelle. Les chambres sont superbes par contre les matelas sont aussi dur que le sol. Quel intérêt de mettre un lit ?

Pour le dîner, on a eu le droit à une fondue vietnamienne. En gros c'est un bouillon où tu mets des légumes, du tofu, du poulet, du bœuf ... à faire bouillir. Bon, la viande bouilli, moyen. Ça sera pas le meilleur souvenir culinaire ! Avec une petite partie du groupe on a trouvé un billard, les viets ont été surpris de nous voir débarquer. Ils ont dû déjà débarrasser le billard des jouets pour enfants et tout leur merdier avant qu’on puisse jouer.

Comme beaucoup parlent de leurs voyages et de leur vie incroyable, toi t'as rien dit sur toi. Et même sur ton super job, tu es flou, pour l'instant certains ont gobé que tu bossais chez Toy's and rus... d'autres pensent que t'es inspecteur des impôts ou espion... Par contre ils ont du mal à gober le coter club Med.

On part pour deux jours chez les lolos noirs, apparemment des arriérés complets, ils ont pas le wifi, pff !!!!

VietRicardo

4

Yo,

Juste avant de partir chez les lolos noirs, on a fait une ballade pour rejoindre un village Hmong. Le guide appelle les enfants pour leur donner des gâteaux et qu'on fasse des photos, bienvenu à zooland !!!

Le chemin, vu la pluie, est boueux au possible, et bien t’as une sandale qui a lâché, ça va être compliqué.

De retour de chez les lolos noirs : Spéciale dédicace à Kinnary et Gabriel. Cette ethnie est connue en France car une émission de ´En terre inconnue´ avec Michalak a été tournée en 2010 chez eux. Kinnary, Gabriel, plus besoin d'y aller, je l'ai fait pour vous.

Déjà, le guide t'explique que depuis l'émission tout le monde veut y aller. Quand vous irez, plus besoin de marcher car la route sera terminée et en plus il y aura l'électricité et bien sûr internet, le rêve. Pour l'instant les poteaux électriques et les câbles sont installés, et on peut pas les rater, mais pas encore raccorder. Le village est composé d'une petite vingtaine de maisons. Le guide nous a présenté le chef de la maison où on dort, Mr Aīe, comme un ancien ponte local du parti communiste et qui fait la guerre sino vietnamienne. Et il a insisté plusieurs fois sur le mot communiste, c'est une fierté dans le pays, y a des drapeaux partout. Ils vivent dans des grandes maisons sur pilotis avec les cochons en dessous. Une grande pièce principale avec une partie pour le feu et 2-3 autres pièces qu'on ne verra pas. La nuit ils dorment homme d'un côté et femme de l'autre, donc pareil pour les touristes même pour les couples mariés.

À l'arrivée dans la maison le boulet a dit au guide de dire aux habitants qu'il était un peu chaman... on s'est tous regardé !!! Après il a fait une grande séance de magnétisme à une des belges qui peut plus marcher. Si elle peut pas marcher le lendemain, y en a un chaman qui va prendre cher.

Le chaman pue de plus en plus. Dès qu'il s'installe qqpart tout le monde s'écarte. On pensait que c'était ces fringues mais non, même les rares fois où il change de fringues, il continue à puer. C'est peut-être une caractéristique de chaman ?

En bon touriste, on a fait une balade autour du village, on a eu le droit à la vente de tissu fait maison devant le rouet et le métier à tisser et ensuite on a égrainé les pommes de maïs. Tous les soirs au repas, y a le patron communiste qui vient nous offrir sa tournée d'alcool local mais il a largement commencé avant nous. Sa femme lui fait des remarques mais les tournées continuent. Faut crier trois fois : mo aīe baī jo puis chuk Chuk suey et ensuite cul sec. Bon, on s'y fait!

On a ensuite enquillé dans vraiment une région reculée. Le chaman ne vient pas car son magnétisme ne marche pas suffisamment sur lui et il a trop mal. C'est la première marche vraiment où on a l'impression d'être loin des touristes. Un vrai chemin galère, quelques rares maisons de l'ethnie Dao rouge au milieu de champs de maïs. On s’est arrêté dans une école fermé (ce sont les vacances scolaire) pour déjeuner, des enfants ont rappliqué, assez timides, certainement pour essayer d’avoir qqchose à manger qui leur change de leur ordinaire. Du coup, ils ont pas été déçus.

Le guide nous avait prévenu du côté rustique de l'habitant. Ca a été un choc pour beaucoup quand ils ont vu où ils allaient dormir. Le poulailler est collé à la maison et dès deux heures du matin ce con se met à gueuler et il n'a pas arrêté. T'en arrives à regretter les mosquées, au moins c'est qu'une fois dans la nuit.

Les enfants nous regardent à la fois avec intérêt mais aussi crainte et indifférence. Ils doivent voir très rarement des blancs. Ils sont très sales et les plus grands épouillent les plus jeunes. On sent vraiment la différence avec les autres familles où on est passé, on est à la limite de la survie mais ça n'empêche pas que le chef de famille déjà bien alcoolisé vienne nous faire boire plusieurs fois son alcool fait maison.

Grosse discussion le soir car le guide nous dit qu'une partie du chemin est très difficile mais qu'on peut prendre un chemin plus simple et court. Donc forcément t'as une partie du groupe qui veut prendre le chemin facile et tu vois avec le guide si on peut pas faire deux groupes, 6 sur le 5h et 5 sur le 7h. Lendemain matin il pleut, on est plus que 2 à vouloir faire le parcours difficile. Le guide qui parle français part avec le groupe et on part avec un gars du coin. Le guide nous dit que quand le gars se tapera la nuque, ça sera pour nous indiquer que ça sera le passage difficile et dangereux, au bout de 20 minutes, on est dans un descente où tu dérapes à chaque pas et la gamelle risque de faire mal. Euh, le guide il a tapé sur sa nuque ?

En principe tu descends dans un vallon, tu traverses les champs de maïs, tu remontes de l'autre côté et ainsi de suite. Sauf que là, les vallées ne sont pas cultivées donc on reste à flanc de colline dans la jungle. Rappel t'es en sandales. Le guide tape sur sa nuque, ca y est c'est l'heure d'en chier. Pendant 1h30 t'as marché sur des rochers pointus et glissants avec le risque de te vautrer, de te tordre une cheville ou même de péter une sandale. T'as passé ton temps à quatre pattes, un cauchemar. Tu mets tes pieds entre les rochers sans savoir ce qu'il y a, pour pas te vautrer tu t'accroches à n'importe quoi, quitte à t'enfoncer les bras dans des herbes piquantes, sans compter l'humidité qui te transforme en serpillère en quelques minutes. Le top a été quand celui devant toi à taper dans une plante qui a fait sortir une vingtaine de bestioles de type guêpes. Il s'est fait piquer à la cheville, toi t'as reculé comme tu as pu en secouant ta serviette pour les faire fuir. Une fois que ça c'est calmé le guide s'est approché très précautionneusement pour voir où était l'essaim. Impossible que tu passes, il a fallu se faire un chemin à flanc de colline pour le contourner. Ensuite il s'est approché avec un bâton, t'as compris qu'il allait taper sur l'essaim ce con mais tu peux même pas courir pour t'écarter.

Si les autres étaient venus mais ça aurait été la révolution. Putain t'en as jamais aussi chier et pourtant t'en as fait des trucs galères. Après la sortie de la galère, tu te dis que tu vas récupérer sauf que la pluie rentre dans le game. En résumé près de 7h à en chier pour arriver chez l'habitant où le chaman est de retour. Il dit qu'il s'est lavé mais il pue toujours autant.

Maintenant plus que des nuits à l'hôtel. Bon, ben tu vas payer un supplément individuel pour toutes les prochaines nuits à l'hôtel.

Chaman killer

5

Salut,

Vous connaissez le principe de la roulette russe et bien il y a aussi la roulette vietnamienne. Ca se passe aux moments des repas. C'est celui qui se place qui se retrouve assis à côté du presque chaman. C'est un festival de puanteur, même un clochard parisien pue moins. Tout le monde se bat pour ne pas être à table à côté de lui. Dans le bus, c'est encore plus compliqué. Adnana, on sniffe directement tes échantillons de parfum pour supporter le calvaire. Maintenant tout le monde connaît 'Time out' de Mauboussin.

Coté balade, le guide nous dit que la dernière partie de cette journée va être une descente très dure et dès qu'il y a une descente le chaman doit se faire aider par le guide. Malgré l'avertissement, plutôt que de prendre le bus, il a voulu venir. Forcément il en a chié grave et le guide a dû le tenir dans toute la descente et un autre guide lui avait pris son sac à dos. Arrivé sur la partie plate, il se vautre juste devant nous, il veut enlever la boue de ses mains, il s'essuie avec des feuilles d'ortie !! Au lieu de magnétiser il devrait se faire désenvouter. Puis, plutôt que de reprendre son sac à dos, il a juste récupéré son appareil photo et il a encore fallut l'attendre car il fait une photo à chaque pas. Arrivé au bus tout le monde change de chaussures sauf lui qui reste en chaussettes. Le bus n'arrive pas à passer dans la montée donc on descend pour pousser le bus. Et qui est comme un con en chaussettes au bord de la route ? Ah mais c'est un festival !!! Vous l'avez payé ?

Coté météo on en chie vraiment. On t'avait vendu de courts orages, en fait on se prend sans arrêt de la flotte et au mieux on a deux minutes de rayon de soleil. Quasiment jamais vu ce qu'on appelle le ciel bleu. C'est con car il y a des paysages fabuleux comme ces sortes de montagnes coniques couvertes de jungle. Et pas de soleil, pas de séchage de fringue. Ça pue le mort mais c'est rien en comparaison du chaman.

On est revenu à la civilisation dans la ville de Cao Bang et t'es allé tester le coiffeur local (désolé Jean-Philippe) car t'en peux plus de ces cheveux avec cette transpiration. Le gars a 6 doigts !! Il a un mini pouce sur son pouce. Il a été surpris de te voir débarquer et ici pour te laver les cheveux t'es pas assis mais tu t'allonges comme sur un lit. Shampoing et coupe pour 2 euros...

Dernière journée de marche, aucune de tes fringues n'a séché dans la nuit. T'espérais un peu de soleil, il tombe des cordes. On bouffe des chemins boueux. T'es sandales sont mortes, elles sont à la limite du refus d'obstacle. Avec un kilo de boue collante sous chaque pied, elles refusent d'avancer. Ras le bol de ce temps de merde. On doit plusieurs fois traverser à pied une petite rivière. Le chaman se vante d'avoir fait bien pire, deux minutes après il se vautre. King of the boulets.

Des filles chopent des sangsues sur les pieds ou les mollets. La prof qui est en micro short hurle quand elle en a une sur la cheville. Sur le coup on a cru qu'elle se faisait attaquer par au moins un serpent. Ah la dream team.

Coté paysage, bon ben des rizières, des champs de maïs, de tarots, de cacahouètes, tout ça dans la grisaille.

Demain on part sur le baie d'Halong où il y a des milliards de touristes, ça va faire un choc. Le chaman à deux balles va bien nous trouver qqchose genre une chute du bateau.

Rain Ricardo

6

Yo,

ca sent la fin, on passe deux jours de récupérer à naviguer dans la fameuse baie d'Halong.

Bon, le mythe de la baie d'Halong où tu peux naviguer tranquillement sous un grand ciel bleu est effectivement un mythe. C'est une usine à touristes bien rodée. On a un bateau avec des belles cabines, un pont supérieur avec des transats. Ça c'est le côté positif. Par contre t'es sur une autoroute, des dizaines de bateaux se suivent pour s'arrêter dans une petite baie qui sert de parking (y a même le panneau).

On a le droit à notre tour en kayak : on vient nous chercher en petit bateau pour nous amener au ponton des kayaks, puis une fois sur ton kayak, tu pagayes pour traverser un petit tunnel et arriver dans un cirque où ils ont même installé un petit ponton pour que des macaques puissent se jeter dans l'eau et que tu fasses tes photos. On s'est approché un peu trop près et deux gros macaques ont foncé sur le kayak en montrant les dents, et bien on a reculé vite fait penaud. Ensuite on repasse près d'un gros bateau qui nous filé des serviettes pour aller sur une mini plage de sable payante. Oui, t'as un bateau qui s'occupe de distribuer des serviettes. Le business est bien rodé !! La mini plage est blindée de touristes. En fait t'y restes 30 minutes, tu bois ta noix de coco à un prix exorbitant puis tu retournes sur ton bateau. Et sur ton lit t'attend impatiemment quelques cafards.

Sincèrement les paysages sont magnifiques. Tu navigues au milieu de tous ces pitons rocheux couverts de jungle. Mais t'es toujours entouré de dizaines de bateaux. Les bateaux n'ont aucune flexibilité, ils doivent s'arrêter à tel endroit, suivre tel chemin. Et finalement on est vraiment qu'aux abords de la baie, tu vois encore la ville. Il y a des packages 2 nuits/3 jours où tu dois plus t'enfoncer dans la baie

Coté météo, même si on eu de la pluie au début, ca c'est un peu dégagé en fin de journée et d'avoir une nuit étoilée avec une étoile filante incroyablement longue et lumineuse.

Et ce matin, du soleil et un ciel presque bleu, un truc que t'avais quasiment pas vu depuis ton arrivée au Vietnam. Du coup certains gros bateaux mettent des voiles pour ressembler à des jonques, trop fort ces viets. Tôt le matin, t'es tout seul sur le pont, sur ton transat à écouter de l'opéra. Sur le pont des autres bateaux un peu plus classe, tous les vieux suivent des cours de yoga ou de taīchi. T'as juste le pouet-pouet incessant des petits bateaux à moteur et l'odeur du mazout par moment...

On va visiter une grotte, t’as 500 personnes qui font la queue et ensuite on va déjeuner dans un resto pour touristes de base, on pouvait même avoir un hamburger, fin de circuit pas top !

Maintenant retour sur Hanoï

7

Retour dans la fourmilière d’Hanoï avec sa circulation incessante. Le soir, certains quartiers sont bondés, tu peux à peine circuler. Beaucoup de jeunes routards, le Vietnam est vraiment très touristique.

On a laissé le chaman à la gare car il prolonge d’une semaine. Putain, il prend un train de nuit avec des fringues sales qui puent. Bonne chance à ses co-locataires de couchette de nuit !!!!

Dernière journée libre où chacun vaque à ses occupations. T’as décidé d’aller voir le temple de la littérature, un des plus anciens bâtiments d’Hanoï. Il date d’environ 1200 mais a été restauré plusieurs fois. Il y a cinq cours intérieurs avec différents pavillons mais surtout il y a plein de groupes de gamins de 7-8 ans avec leur instit. Il sont pas là pour visiter le site mais pour pratiquer leur anglais balbutiant avec les touristes. Ils te posent une dizaine de questions sans écouter tes réponses et tu as le droit à un bonbon en remerciement. T’as fait le prof quatre fois.

Ensuite tu es allé voir le mausolée d’Hô Chi Minh. Tu ne dois pas porter de casquettes ni lunettes, et surtout pas d’appareil photos. Tu suis un parcours surveillé par des militaires en uniforme blanc. Et quand tu rentres dans le mausolée, il doit faire à peine 10°. Tu tournes à distance autour du cercueil d’Hô Chi Minh derrière une vitre. Il a dû être embaumé. Et moins de 10 secondes après tu es ressorti et tu reprends un choc thermique.

Terdav s’est trompé sur le billet d’avion pour une du groupe, il lui ont pris un billet pour la veille... Pareil, une autre prend un autre vol plus tôt. Quand un taxi s’arrête, elle le prend, sauf que c’était pas celui de l’agence (il est arrivé 1h en retard) et arrivée à l’aéroport, elle a dû le payer alors qu’elle n’avait pas d’argent, un merdier !!!

Back to Paris