26 au 31 décembre 2010
6 jours
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Lendemain de Noël, temps glacial à Paris, quoi de mieux que de partir au soleil !! T’as trouvé ce circuit pour la Mauritanie 5 jours avant. Bizarrement, la Mauritanie est déconseillée et aucun Tour Operator n’y va, sauf un. Même si t’es pas inquiet, tu leur demandes quand même pourquoi eux y vont et pas les autres agences de voyage. Réponse exceptionnelle : ‘Vous devriez être content car grâce à nous vous allez pouvoir y aller. Vous inquiétez pas, le guide a un GPS’. Ça répond pas vraiment sur les questions de sécurité. Mais bon Inch Allah, on verra bien.

L’avion est spécialement affrété par l’agence mais il est pas rempli… bizarrement. 4 heures de vol plus tard, on atterrit à Atar, ville en plein milieu du désert. Nous sommes attendus : il y a la télévision mauritanienne et le gouverneur de la région. Le gars nous remercie d’être venus car nous sommes les premiers touristes à venir (hors les quelques routards) depuis 9 mois. Ah ouais, quand même, on nous l’avait pas dit avant… Le gars qui s’occupe des contrôles des visas te dit qu’il sera aussi ton guide. Bienvenue en Afrique… Ancienne colonie française, ici tout le monde parle français. Les maures portent de grandes djellabas bleues.

On a pris la route pour la ville de Chinguetti et dés le début on oublie Paris : On est bloqué par un troupeau de chèvres. Apparemment, elles sont pas simples à gérer car même nos chauffeurs ont aidé les bergers à les dégager de la route.

Chinguetti est considérée comme la 7eme ville sainte pour les musulmans. Elle contient des bibliothèques où sont conservés de très vieux livres. On a eu, bien sûr, le droit à la visite de l’une d’elles, ce qui a frustré la horde de femmes qui nous harcelaient pour nous vendre de l’artisanat (dont une grande partie Made in China…). Elles ont dû attendre dehors mais dès qu’on est ressorti, elles nous ont plus lâchés. Et oui, le touriste est très rare, faut pas rater l’occasion. Chinguetti est aux portes du désert. Au fur et à mesure ils construisent en hauteur car les rez-de-chaussée sont lentement envahis par le sable. Avant il y avait plusieurs dizaines de milliers d’habitants, il doit en rester 2000 maintenant. Pas de travail…

La première nuit, on dort dans une auberge, je partage ma chambre avec Bernard. Ta première question: est-ce que tu ronfles ? ‘ça m’arrive’. Du coup, tu prends tes affaires et tu vas t’installer sur une terrasse. Ça a été une idée de génie, tous les autres ont été bouffés par les moustiques. Toi, tu t’es juste un peu pelé et tu réalises que t’as pas amené d’affaires assez chaudes pour la nuit…

On est 14 touristes, on forme 2 groupes qui vont faire leur trek séparément. Ton groupe est surtout constitué d’indépendants alors que l’autre est formé de personnes qui sont venues en groupe. Ça sera plus facile pour le contact. Le lendemain, les chameliers sont là. Chaque groupe aura 6 dromadaires, 2 chameliers, un guide et un cuistot. Et yallah, le trek est parti. Il semble que notre groupe soit plus lent à se mettre en branle mais le principal est que tout le monde marche bien.

Et c’est parti pour des grandes dunes à perte de vue. Pour impressionner les autres…tu es en sandales… C’est super cool de marcher en sandales dans les grandes dunes de sable. Pas la peine de s’arrêter pour enlever le sable qui s’entasse dans les pompes, pas chaud au pied, un régal. Par contre, tu vas te taper d’énormes cloques et surtout, le coté moins fun, c’est quand tu vois une vipère des sables. Cette bestiole porte bien son nom, elle a la même couleur que le sable. Et tu te sens un peu nu avec tes sandales, rien pour te protéger… Bon, en théorie, il faut bien regarder devant soit, sinon Inch Allah…

Lors du premier jour, la pause de midi se passe dans une oasis, à l’ombre avec un puits pour se rafraichir, il fait 35° en plein soleil à midi. Et dire que la veille t’étais à Paris dans la neige…

1ère merde qui arrive, ton appareil photo n’aime pas le sable. L’objectif est coincé même en tapant dessus. C’est fini pour les photos… ça commence à couter cher de racheter un appareil photo tous les 2 voyages. Bah, au moins tu as le dernier modèle !

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Finalement le groupe marche bien. Il y a juste quelqu’un, un peu particulier, il vit dans une yourte en France (pourquoi pas) qui, parfois, nous ralentit. La première fois, on le voit au loin s’arrêter sur une dune. Et il nous rejoint 15 minutes plus tard, tranquillement alors qu’on poireaute. Et son explication est exceptionnelle : il a ressenti à cet endroit un besoin de s’arrêter pour écrire un poème pour les enfants. Et oui...toi, avec ton côté basic, très terre à terre, tu peux pas comprendre. Pareil, chaque soir, il cherchera son arbre, un acacia, où il ressent les ondes de la terre pour préparer son sac pour dormir.

La nuit tombe vers 18h et la chaleur aussi. On est tous auprès du feu. Certains ont décidé de dormir à la belle étoile. T’as déjà expérimenté la veille, tu montes ta tente. Tout le monde s’est pelé, même toi avec ta tente. Demain, soir, tu vas mettre sur le dos tous les t-shirts et polaire possible. Ton sac de couchage a la même épaisseur qu’un drap. Une autre a un sac pour 20-25°. On apprendra que la nuit, on a parfois eu une température de 5°… Pourtant certains vont insister et passeront toutes les nuits de la semaine à la belle étoile. Mais solidarité oblige on va se prêter des affaires chaudes. Pourtant certains vont insister et passeront toutes les nuits de la semaine à la belle étoile.

Passage par la passe de Zarga : On est sorti des dunes, on marche sur un grand plateau assez monotone. On voit parfois au loin des tentes de nomades mais notre guide les évite. Par contre, via le téléphone arabe…, les femmes nous retrouvent lors des pauses pour nous proposer leur artisanat. Quelqu’un a dû les prévenir de ta venue car il y en a même une qui avait des canettes de coca. Oui, en plein milieu du désert, manque de pot, elles étaient périmées…

Les nuits sont un peu moins fraiches. Ce soir c’est décidé, tu dors à la belle étoile mais tu montes la tente au cas où… Une idée de génie, pour la première fois, on est emmerdé par les moustiques en plein désert. Impossible de dormir, tu rentres dans ta tente en maudissant ces bestioles. D’autres vont monter leurs tentes en pleine nuit et d’autres (2 sur 7) vont souffrir… Par contre, le guide et les chameliers, moins cons, dorment systématiquement dans leur grande tente de nomades. Ils laissent ces conneries de dormir à la belle étoile aux touristes…Pas con eux !!

En parlant de tente, Il y en a une des touristes, elle aussi un peu space, jamais contente, toujours quelque chose qui va pas…a amené sa tente. C’est une tente en plastique rouge et jaune pour enfants… Idéal pour le désert. Dommage que l’appareil photo soit foutu… Et même si elle mesure moins d’ 1,60 m, elle tient pas en longueur dans sa tente…

Tout le monde marche bien. L’ambiance est bonne. Le programme journalier est réveil à 7h au son d’une cuillère qui tape sur une gamelle. Déjeuner à 7h30 et départ à 8h00. C’est beau la théorie. On est plus proche du départ à 8h30…(on apprendra que l’autre groupe se réveille à 6h30 et part pile à 7h30) Arrêt déjeuner à midi à l’ombre. Sieste jusqu’à 15h30 et marche jusqu’à 17h30-18h. Montée du camp. (apéro en douce). Dîner et coucher vers 20h30… Plus ça va, plus on se couchera tard. Le soir du réveillon du jour de l’an, on a décidé de rejoindre l’autre groupe pour la soirée. Bien évidemment leur camp est très loin du notre (alors qu’on avait demandé à être proche ce soir-là ; apparemment les guides ne doivent pas trop s’aimer.) Un des chameliers nous a amenés à l’autre camp et il nous a laissés nous débrouiller pour rentrer (t’as gardé le GPS avec toi au cas où…). On s’est foutu de sa gueule car la nuit dernière, il est parti avec 2 chameliers d’un autre groupe pour, soit disant, acheter des cigarettes dans un camp de nomade. On pense plutôt qu’il est allé chasser la gazelle à 2 pattes. Mais ils ont pas été foutus de retrouver le camp au retour. Ils ont marché jusqu’à 3 heures du matin pour finalement dormir au milieu de nulle part, dans le froid sans avoir dîné. Ils sont revenus tout penaud au matin.

Apparemment, il y a pas trop d’ambiance dans l’autre groupe donc on a pas tenu jusqu’à 23h, et retour à notre camp. Mais impossible de retrouver notre camp. On cherchait les lueurs d’un feu mais on est pas parti sur le bon. On est tombé sur un petit campement de nomades et c’est un gamin qui nous a ramenés à notre camp. La honte. On a une excuse, il n’y avait plus de feu sur notre camp. On a rien dit au chamelier pour pas qu’il se venge en se foutant de nous

Le soir, un peu à l’écart du camp, on se retrouve pour manger du saucisson et boire du whisky que tu as apporté. Effectivement la Mauritanie est une république islamique, mais bon, t’as pris le risque. T’as demandé au guide si ça le gênait, il a demandé à ce qu’on s’écarte du camp à cause des chameliers. Donc chaque soir, c’est l’apéro. Toi, tu offres tout ce que tu as apporté et tu t’aperçois le dernier jour qu’il y la râleuse qui mange des biscuits en douce… Un de nous lui a demandé innocemment si elle avait pas des biscuits... Emmerdée, elle a fait comme si elle y avait pas pensé et nous apporté quelques biscuits…ah je te jure…les boulets…

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Jour de l’an en plein désert.

Et oui, on va passer le jour de l’an dans le désert avec les étoiles comme toit (euh pas longtemps, car vu la température, ton toit sera le haut de la tente).

2 jours de marche sur un erg assez monotone. Il a beaucoup (trop ?) plu les mois précédents et il y a beaucoup des buissons, ça fait moins désertique.

On arrive à l’oasis de Mayreth qui est dans une faille du plateau où on marche. Elle s’allonge tout le long de la faille et est parsemée de grandes huttes en paille séchée et de maison en brique de terre. C’est l’occasion de s’arrêter à une auberge locale où un panneau indique une piscine !!! Incroyable. Effectivement, le patron est en train de remplir un bassin de 6 m2 pour que l’on puisse patauger. Toi, tu préfères rester sale jusqu’au bout… Avant le repas, c’est parti pour une ballade dans le village. Les gens sont un peu surpris, il y a pas beaucoup de touristes qui doivent passer par là mais ils ont le commerce dans le sang et déjà des femmes arrivent pour étaler leur marchandise sur notre chemin.

C’est l’occasion d’acheter des dattes. Le prix nous semble aberrant, certainement le prix touriste (et comme il est rare, il faut pas le rater). Delphine en a acheté la veille mais elles étaient très sèches donc pas top. Maintenant, on demande à les goûter !! Et bizarrement personne n’est motivé pour manger celles achetées par Delphine. Finalement, on s’y fait à la datte. Coté culinaire, le cuistot a fait de son mieux, on a eu droit régulièrement à du pain cuit dans le sable. Délicieux quand il est chaud. Un jour on a eu droit à l’incontournable chèvre, elle aussi cuite dans le sable. Ça n’a pas fait plaisir aux végétariens… Mais le meilleur est l’incontournable cérémonie du thé avec ces 3 petits verres de thé à la menthe très sucré. Si t’as pas connu ça, t’as rien connu !!!!

Il y a eu une grande discussion sur le trajet du lendemain. Le parcours indique qu’on passe par Tergit. La râleuse du groupe nous a fait remarquer en début de parcours, qu’on ne va pas passer par l’oasis de Tergit qui est soi-disant un spot incontournable. Explication du guide : on va dans la région de Tergit mais on va pas ??? dans le canyon, l’oasis n’est pas prévu. Toute la semaine ça nous a travaillés. La veille le guide nous a dit qu’il a eu son boss au téléphone (et oui, on capte dans le désert) et qu’on peut changer le parcours pour s’arrêter à l’oasis. Mais la râleuse pense que maintenant c’est plus intéressant de passer par le canyon voire même si on pouvait pas faire les 2… Le pauvre guide, qui essaye de nous faire plaisir, n’avait pas prévu d’avoir une chieuse pareille… Et ça discute, ça discute. Il lui propose même d’aller avec les chameliers par le canyon pendant qu’on ira à l’oasis. Bizarrement aucun du groupe n’a envie d’aller avec elle… Ton niveau de tolérance n’étant pas très élevé, tu restes zen…

Finalement, on ira, tous ensemble, à l’oasis de Tergit où il y aurait de fameuses sources pour se détendre. Au début c’est surprenant, on arrive près d’un petit bassin en béton, remplit d’eau froide, tu te dis bof. Mais au fur et à mesure où tu t’enfonces dans l’oasis, tu découvres un cadre idyllique avec un petit bassin naturel d’eau tiède, plein de palmiers, un petit ruisseau, un vent frais. Des tentes nomades sont installées pour les touristes. Effectivement c’est idyllique jusqu’à l’arrivée de groupes de touristes avec les gamins. Il parait que pendant les vacances, les gens viennent de la capitale et il peut y avoir 200 personnes et ça devient rapidement le cauchemar.

Guide maure 

L’après-midi, la jeep nous attend pour nous ramener à Atar, histoire de faire un peu de shopping dans le souk. A peine sorti de la bagnole, on est harcelé et il faut s’énerver pour arriver à avoir un peu de calme. On trouve des tissus faits en Inde, des bijoux made in China mais aussi des fruits, surtout des dattes, des épices. On ne peut pas y rester longtemps car on doit reprendre la jeep pour aller monter notre bivouac dans le désert. Oui, plutôt que de dormir dans une auberge la dernière nuit, on la fait roots jusqu’au bout.

On doit retrouver l’autre groupe qui est déjà installé dans les dunes mais après avoir tourné 20 minutes impossible de les trouver et ça ne capte pas au téléphone. Retour au village pour savoir s’ils ont vu passer des jeeps. Que dal. Donc on tourne pour trouver un endroit où on capte en espérant que l’autre groupe pourra aussi capter, sinon ça va pas être simple pour dormir… Finalement au bout de 20 minutes, une jeep vient nous montrer où a été installé notre campement et le cuistot est déjà au fourneau. Il nous a préparé un pain fait dans le sable pour demain pour qu’on le mange dans l’avion. Y a pas à dire, les mauritaniens sont très sympas.

Retour sur Paris, l’avion qui arrive débarque seulement une quarantaine de touristes. La vie va être dure pour les guides qui vivent que du tourisme.

Très mauvaise nouvelle à peine monté dans l’avion, le pilote annonce qu’il fait 1° à Paris