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Octobre 2022
4 semaines
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Yo les aventuriers,

Tu viens de réaliser que ça fait 1 an que t'as pas touché à ton blog. 1 an sans être parti en voyage et on est même pas en période Covid, madre de dios!

Cette année, tu renquilles sur le Népal, mais cette fois, dans une des dernières régions pas trop touchées par le tourisme (en théorie), le Haut Dolpo. La région s'est fait 'connaitre' en France grâce au film ''Himalaya, enfance d'un chef'' d'Eric Valli sortie en 1999. 26 jours sur place dont 23 jours de treks. Pas touristique donc pas de lodges pour accueillir le touriste fatigué. De plus, on ne va pas aller taper dans les quelques réserves des rares villages où on va passer donc on va être en autonomie sur la bouffe. L'année dernière, on mangeait confortablement dans des petits lodges, cette fois ça sera au froid sous la tente mess. 23 jours sous tente avec une petite dizaine de col à passer à 5500m et une petite vingtaine de nuit à plus de 4000m. Bah, une pacotille... Ouais, tu fais le fier avant...

Un mois que tu t'entraines à pédaler et à marcher en montagne 4 fois par semaine, histoire d'avoir une condition physique à peu prêt potable. Mais si tu choppes le mal d'altitude tu pourras rien y faire...

L'année dernière, sur l'EBC, t'avais perdu 3 kg. Et pas 3 kg de gras ! Pas le moindre bourrelet avait disparu, juste du muscle. Ben ouais, 3 semaines sans apport de protéines, tu tapes forcément dans le muscle. Du coup, t'as acheté 2 kg de biltong (de la viande séchée, spécialité de l'Afrique du Sud) histoire d'avoir un peu de protéine. Et quelques tablettes de chocolat et barres Ovomaltine. Oui, faudra bien se réconforter un peu.

T'as appris , il y a une semaine par une amie, qu'un groupe essayait depuis une dizaine de jours d'aller au Dolpo. Mais pas d'avion au départ de Katmandou, soit disant pour des raisons de mousson. L'agence de trek ne t'appelle pas, c'est des pointures, t'es confiant !

3 jours avant le départ, l'agence t'appelle. Ca pue...

''Bonjour, blablablabla, on a un petit soucis....sur le vol pour Juphal, la porte d'entrée du Dolpo''. Tiens, c'est étonnant...

"blablabla, il n'y a pas d'avion car toutes les compagnies aériennes ont remplacé leur vol vers Juphal pour Lukla qui est la porte d'entré de l'Everest suite à une forte demande touristique." Bon, ben, bonne chance aux gus qui partent sur l'EBC. Ca va être l'autoroute un jour de weekend de l'Ascension.

"blablablabla, il y a 2 options : soit c'est 2 fois 10 heures de bagnole, soit c'est l'hélicoptère." Oulà, ca sent un surplus de pognon, cette histoire...

"blablablabla, le vol en hélicoptère coûte 9000 euros.... Allo? Allo? Y a encore quelqu'un au bout du fil ?" Oui, oui, suis toujours là, je viens de mettre en vente un de mes reins sur LeBonCoin.

Bon, l'agence prend en charge une très grosse partie de ce surplus et on s'en sort pas trop mal. Oui, au fait, personne n'avait voté (c'est beau la démocratie) pour se taper 20 heures de bagnole.

Toutes les compagnies aériennes népalaises (Yeti airlines,, Buddha air...) sont sur la liste noire des compagnies aériennes. Donc, avant de partir au Népal, tu signes une décharge avec l'agence de trek. Mais t'as oublié de demander si c'était pareil pour les vols en hélicoptère ???

Arrivé tard le soir à Katmandou, On est 7 gugus et une gugusette. Elle a 78 balais. Un gars a 74 ans, il maîtrise parfaitement le sextant car il fait beaucoup de bateau. Euh, pas sûr que ça soit très utile ici. Un autre en a 71 et marche avec des chaussures Sportiva comme pour monter à l'Everest. Faudra espérer qu'ils tiennent le choc car une fois dans le Dolpo, il n'y a pas vraiment de portes de sortie. L'année dernière sur l'EBC, un couple avait abandonné au bout de 2 jours... Il y a aussi gugus-trail, qui comme son nom l'indique, fait beaucoup de gros trails. Pas de bâtons de treks et il ne marche qu'en chaussures de trails. Espérons pour lui qu'on aura pas de neige.

A peine arrivé, c'est le concours de la plus grosse, celui qui a fait le plus du voyage, de trek... Toi, tu te présentes comme un spécialiste Club Med ! Faut s'imposer de suite avec du high level sinon t'es pas respecté!

A les écouter, ils ont tous fait des super treks engagés (pour certains, il y a 20 ans...), t'es rassuré, t'es qu'avec des pointures !

On est 5 à prendre l'hélicoptère directement de Katmandou, les 3 autres prennent un avion qui les rapproche et ensuite prendront l'hélicoptère. 45 minutes de vol pour Pokhara, pause kérosène et 1h20 de vol pour Dunaï. Katmandou, des nuages, un peu de pluie, plafond bas, aucune visibilité mais le pilote dit que la météo est bonne. Quand tu vois l'état des bureaux, t'espères que l'hélicoptère est mieux entretenu. Fishtail qu'elle s'appelle la compagnie, avec un beau dragon peint sur l'hélicoptère.

A peine sortie de Katmandou, des rizières à flanc de montagnes. Ensuite le pilote s'embarque dans une vallée en volant très près des flancs des montagnes. Faut voir les petits villages à flanc de montagnes mais surtout les chemins pour y accéder. Quand t'es arrivé chez toi et que t'as oublié le pain, et bien t'attends une semaine avant de redescendre. Ceux qui roupillaient dans l'hélicoptère sont réveillés par les secousses.

Oui, un peu de vent mais le pilote semble confiant. On remonte toute la vallée jusqu'au village de Dunaï. C'est le gros village de la région. Une rue principale avec quelques boutiques qui vendent tout et rien, des boutiques de téléphonie (et oui même ici les mamies sont fixées devant leur téléphone), un hot spot avec des joueurs et des veaux qui trainassent dans la rue.

Tu pensais qu'on allait être le seul groupe mais le jardin de la guesthouse est remplie de tentes. On se croirait dans un HLM de tentes, même pas 1 mètre entre chacune. Si même les endroits reculés deviennent touristiques. Va comprendre pourquoi, mais il y a un plusieurs groupes qui sont arrivés ce matin par avion (celui qu'on aurait du prendre demain) alors qu'il n'y en a plus selon notre agence. Mouais !

16h, y en a 2 qui sont dans leur tente, un autre fait 30 minutes d'étirement. La vache, on a marché de l'hélicoptère à la guesthouse soit moins de 10 minutes de marche sur du plat. Qu'est ce que ça va être les prochains jours. Gugusette78 ne comprend pas pourquoi son chargeur solaire ne fonctionne pas. Euh, faut mettre les panneaux solaires côté soleil pas côté sol...

Il y a aussi gugus-docteur. On a rien à craindre avec lui, il a même une sonde urinaire...

Le guide ? Tula son petit nom est de l'ethnie Gourka. Il a l'air très gentil mais pas trop du genre à parler et à donner des infos. Mais comme la plupart du groupe parlent d'eux et de leurs exploits, ils n'écoutent pas et te demandent ensuite ce qu'il a dit. Quelque soit le sujet, ils arrivent à le ramener à leur vie aventureuse, voir même à leur champs de patates qu'il cultive amoureusement.

Apparemment, car c'est pas encore clair mais on aurait 12 mules, 2 muletiers, 1 cuistot, 4 aides cuistot, le guide, 3 sherpas et...un porteur... Et il porte quoi le porteur que ne portent pas les mules ? Vous allez pas le croire ! Il porte...des plaques d'œufs ! Faut pas qu'il glisse le gars sinon c'est l'omelette assurée.

Hélico Ricardo


PS : Comme dans tous mes blogs, il faut les prendre au second degrés en particulier quand je me moque (oui, c'est du second degrés, je répète) de ceux que je rencontre (ou les végans, les non alcooliques par exemple). Ouais, j'ai le droit à une ribambelle de commentaires de ceux qui voient pas le seconde degrés derrière mes conneries...

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La nuit a été rude, max 3h de sommeil en étant parti se coucher à 20h30... En plus, il a plu toute la nuit. Lever à 6h30, il continue à pleuvoir, certaines tentes baignent dans une piscine. En plus, certaines tentes sont en mauvaise état et certains ont eu du goutte à goutte dans leur tente. Un du groupe, qui connait tout et veut apprendre la vie à tout le monde, a eu une tente étanche. Donc il a bien dit à haute voix qu'il garderait cette tente jusqu'à la fin. Hors de question qu'on change chaque soir. Oui, gugus-connard !

La pluie ? Elle continue à bien tomber!

Finalement, on démarre et gugus71 veut marcher devant. Hé mon gars, garde des forces, y a 23 jours devant nous.

On s'embarque dans une vallée très étroite en remontant la rivière Suligad.

Tu pensais que gugus-trail allait galoper devant mais non, pas pour l'instant...

Avec la pluie, des rochers se décrochent et gugus-connard a failli s'en prendre une en pleine tête. Y aurait eu une tente sèche de disponible...

Les chemins ont été creusés vraiment à flancs de collines et certains passages ne permettent pas la moindre erreur de sabot. Tu dois à la fois regarder en haut pour voir s'il n'y a pas de caillasses qui te tombent sur la tête et regarder tes pieds pour éviter de déraper dans la boue et finir 30 mètres plus bas.

Le chemin est boueux au possible, un régal. Bienvenu au Dolpo. Les paysages doivent être superbes par beau temps. On continue à longer la rivière.

La pluie continue à tomber, malgré les vêtements, on commence à être bien humide. Pas mal de monde marche avec des parapluies. Oui, c'est surprenant de se balader en montagne avec un parapluie.

Le sherpa Perm qui ouvre la route a sa méthode pour éviter les pieds mouillés.

Apparemment c'est la fin de mousson. Si on subit cette météo pendant 3 semaines, ça va faire mal.

Selon le guide, il y a des problèmes avec les mules car la pluie empêche de bien fixer le matos sur les mules...ça promet si on a des mules gilet jaune.

Déjeuner au minuscule village de Kagni. Oui, les cuistots, très chargés, sont partis avant nous. On ne sait pas où on va dormir. Vu qu'ils ont démonté ce matin nos tentes sous la pluie, faut imaginer dans quel état elles doivent être.

La pluie ? Non stop.

Quand on voit le chemin dans cette vallée encaissée, les gars sont pas prêts d'avoir une route ici. Étonnamment les premiers villages ont de l'électricité.

En France, on nous vend à des prix exorbitants des vêtements et chaussures goretex soit disant imperméables. Que dal, tout est trempé. Même la protection sur ton sac à dos sert à rien. Ça doit fonctionner uniquement pour le crachin breton. Finalement les mules ont pu passer donc on repart. Ouais, si elles ne passent pas, on n'a pas notre matos.

On repart pour 2h de galère dans la gadoue pour rejoindre le petit village de Chhepka.

Tu ressembles à une serpillère. Si on doit dormir sous la tente, ça va être un cauchemar.

Il y a plusieurs petits lodges construits très récemment. Le guide nous trouve quelques chambres basics. Bon, le plus compliqué, essayer de faire sécher les fringues trempés. Surtout que tes fringues dans le sac soit disant étanches, fournis par l'agence, sont bien humides.

Côté bouffe, c'est toujours copieux, des légumes, des patates, des nouilles chinoises.


Ricardo trempé

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Lever à 6h30, il pleut plus qu'hier. Les vêtements n'ont pas séchés. Ca va être sport. Même les locaux rajoutent des bâches en plastique sur les toits en pierres de leur baraque. Ca pue! Briefing du petit dej : On ne part pas, il y aurait des passages un peu dangereux avec des risques de chutes de pierres et il vaudrait mieux éviter avec ce temps. La réponse de Tula aux questions sur le chemin ''c'est un peu compliqué''. Bon, ben on va buller toute la journée au village. Tu demandes au guide si on peut faire un feux pour faire sécher les fringues. C'est toi qui t'en occupes avec un sherpa car les autres sont tous à la ramasse. T'as l'impression qu'ils sont dans un autre monde avec une moyenne de 2 de tension. Même pour payer un thé, c'est compliqué et ça prend 10 minutes.

T'es repassé 1h plus tard, y avait 5 népalais qui essayaient de se réchauffer devant le feu.

Parfois, les nuages s'écartent un peu et on peut voir le sommet de quelques montagnes. Elles se sont couvertes de nuages. Oula, ça veut dire que les cols seront peut-être pas facilement accessibles. Apparemment si les cols sont trop enneigés, il faut que le chemin soit ouvert par des yaks. Bon, on est pas passé.

En attendant, on trouve un petit lodge avec une jolie pièce pour buller. Il y a un poêle au milieu. Un gugus pose ses chaussettes dessus. Tu lui dis qu'il vaudrait mieux demander l'autorisation des gens Rien à foutre. Le patron arrive en lui disant que c'est interdit...

Gugus74 arrive et ne comprend pas pourquoi il n'y a pas de poêle où on dort alors qu'il y en a un ici.

Gugus-connard fait la remarque qu'on doit pas s'asseoir en mettant ses pieds en direction des gens mais c'est pas grave, on a qu'à faire comme si on ne savait pas.... Il porte bien son nom le gugus?

Ils sont tous en train de se plaindre du lodge où on dort. Incroyable, on devrait dormir sous tente trempée et ça leur convient pas. Putain, qu'est ce que ça va être dans quelques jours.

Dans cette guesthouse tu peux avoir internet via le wifi. Ils ont tous appelé en France pour raconter leur misère. Le guide est sur Facebook. On a appris qu'il y a un temps dégueulasse sur tout le Népal, pas un vol ne décolle dans le pays. Ça devrait pas s'améliorer avant 3 jours. Va savoir ce qui va être décidé. Mais si le guide décide de ne pas avancer, il suffit de dire que c'est dangereux, c'est la débandade chez tous les gugus. Comprends pas, on est plus des aventuriers ? On est resté planté là alors que d'autres groupes ont avancé.

A Rome comporte toi comme un romain, t'as investi dans un parapluie d'occase rouillé.

Ah oui, t'as enquêté sur le porteur d'œuf auprès de Tula. Il reste flou à ce sujet. On a vu personne. Serait-ce un emploi fictif? L'enquête continue !

Sherlock Ricardo

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Incroyable, il pleut presque pas. Alléluia!

Un collègue de chambrée est tout fier de montrer son bidon plein de pisse. Oui, plutôt que de se lever la nuit il préfère pisser dans sa gourde. Trop content d'avoir vu sa gourde! Le lendemain il la vide, la lave et la remplie d'eau. Et donc voilà le 8eme gugus, gugus-lapisse.

T'as fixé ton parapluie sur le sac comme ça t'as des deux mains de libre pour marcher avec les bâtons. Faut regarder si tu peux pas déposer un brevet...

Côté rythme, gugusette78 est impressionnante. Elle n'aime pas les batons et faut vraiment marcher vite pour la lâcher. c'est juste gugus-médecin qui a du mal. Il parle beaucoup mais sa bedaine l'empêche de marcher.

La vallée est de plus en plus encaissée, couverte de grands sapins. Ça fait pas 1 heure que l'on est parti que la pluie recommence et pas un petit crachin breton. Voilà le passage difficile, un chemin creusé à flanc de falaise où on passe un par un. Avec toute cette pluie, le chemin est en très mauvaise état et pas sûr que les mules pourront passer. Ça s'aggrave. Des coups de tonnerre. Cool avec ton parapluie, tu vas prendre un coup de chaud.

La rivière d'un léger bleu commence à changer de couleur pour tirer sur le marron. Il y a du avoir un paquet d'effondrements de terre pour la faire changer de couleur.

En bord de chemin des locaux ont commencé à installer des grandes tentes, peut-être que dans quelques années, il y aura des lodges.

Plusieurs petits ponts de bois à passer et on arrive au village (3-4 maisons) de Rechi. Le guide est inquiet, il a peur que les mules ne passent pas. Lui qui est toujours souriant a le visage fermé. Comme d'hab les cuistots sont arrivés avant nous et ont commencé à mitonner un bon plat chaud.

Un coup de talkie walkie d'un sherpa qui est redescendu pour aider au passage des mules. Les mules sont passées, alléluia. On repart en direction du village de Sanduwa. La pluie tombe toujours autant, les chemins se transforment en ruisseau. Il y a des effondrements sur le chemin. Les mules sont devant nous, si elles passent, on passe. 2 ponts en bois au dessus d'un torrent déchaîné. Faut voir les énormes troncs emportés par le courant. Le sherpa de devant est pas rassuré, il a jamais vu ça.

Au bout d'une heure, c'est le bouchon. Les muletiers, le guide, tout le monde va voir. Un morceau de la falaise est tombée, plus de chemin. Bon, ben y a plus qu'à faire demi tour dans la gadoue et revenir à Rechi. L'hébergement est plus que sommaire mais personne ne se plaint.

Vers 18h, on voit des gens redescendre. Le guide n'étant jamais très clair, il semble que le niveau de la rivière a baissé et qu'on pourrait passer. Euh, quand on a fait demi-tour le chemin était au moins à 50m au dessus du niveau de la rivière, donc y a un truc qui t'échappe.

Alors, tu pensais que 6 des gugus ne comprenaient rien à rien. C'est pas exactement ça. En fait ils sont à moitié sourds.

Mais ça empêche pas des cassos. Par exemple, on est au bout du monde, dans un lodge basique où on se pèle, gugus-lapisse demande si les vitres sont en double vitrage. Bien sûr, comme le plancher chauffant !

Concernant l'enquête sur le porteur d'œufs. Voilà la résolution de l'enquête : Le jour du départ, il y avait une très grosse fête népalaise. Le porteur a picolé grave et donc incapable de se lever. Mais ou sont donc passés les œufs ? Sur une mule.

Ricardoeuf

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Un sherpa est parti tôt le matin, on peut passer et en plus il pleut presque pas.

On remonte jusqu'au point de la veille et en fait on comprend ce qui a bloqué. C'est pas la falaise qui s'est pétée la gueule mais un torrent qu'on devait traverser. Hier, vu la flotte il était infranchissable.

On a cru un instant à un rayon de soleil mais que dal. On traverse des minuscules hameaux dont l'un a un herboriste.

Dans un autre village, le chemin est coupé par un torrent et il faut passer sur une poutre instable installée en travers du torrent. Une partie du village nous regarde prêt à faire une photo en cas de gamelle (oui, certains ont des smartphones).

Gugus-pisse fait la remarque qu'au lieu de nous regarder, ils devraient construire un pont...no comment.

Maintenant commence la vraie première montée avec environ 700m de dénivelé positif pour atteindre les 3700m d'altitude.

Le gugus-baltringue que tu es, a décidé d'arrêter de jouer au con et de marcher lentement, histoire de pas merder son acclimatation. Du coup c'est gugus-connard qui décide de partir comme une fusée en doublant le guide et en râlant. Tous les gugus ont du mal avec lui...

Il pleut toujours autant, le chemin en terre est extrêmement pentue et boueux. T'as rarement vu ça. Tout le monde s'accroche. Effectivement comme le répète le guide ''c'est un peu compliqué''. Ça monte, ça monte. Tu commences à sentir l'altitude. Certains passages à flanc de falaises sont construits sur un empilement de pierres et tu flippes graves quand tu passes dessus.

Dans un tournant, un corps recroquevillé la tête en bas. Un népalais, mort. On apprendra l'histoire un peu plus tard. La veille, des touristes danois sont montés par ce chemin avec leur équipe. Le soir, il manquait l'aide cuisinier mais personne n'est retourné le chercher. Apparemment le cuistot était ivre mais comment le savoir et il est mort de froid. Personne ne comprend pourquoi leur guide n'est pas reparti mais ça va faire une sacré histoire au Népal.

La brume s'installe en plus de la pluie.

On continue à monter jusqu'au moment où un bout de falaise n'existe plus. Il faut s'accrocher à des buissons avec un sherpa en dessous de toi pour te rattraper si tu glisses. Sinon tu fais une chute libre de 500m. Sans déconner, ça craint vraiment mais personne ne se plaint. On veut tous arriver au village de Rigmo.

Un des sherpas reste avec une machette pour faire un chemin pour que les mules puissent passer. Sans elles, c'est la cata.

Finalement on arrive au village. Ils sont en train de construire plein de lodges tout en pierres et bois. Ça doit être très joli avec du soleil. Mais aujourd'hui, tous les chemins entre les maisons ne sont que des champs de boue.

14h, on va pouvoir déjeuner. Le guide nous annonce qu'il est certain que demain on ne pourra pas repartir. Comme le lodge est vraiment humide et glacial, avec gugus-trail et gugus-lapisse, t'as pris une chambre plus sympa dans un autre lodge. Gugus-connard a fait un scandale quand gugus-lapisse l'a dit au reste du groupe. On aurait du rester groupir...

En théorie, on devrait demain camper demain de l'autre côté du lac Phoksundo et ensuite passer le col de 'kang la' et entrer dans le haut Dolpo. Les prévisions météos sont mauvaises, nos tentes sont archi trempées et on est trempé. Ça s'est la partie sympathique...

Plusieurs groupes de trekkeurs sont coincés dans le village. Certains attendent une éclaircie depuis 5 jours et ont décidé de lâcher l'affaire. Le vrai problème est la quantité de neige qui est tombée sur le col. Personne ne passe et les guides attendent de voir si un groupe arriverait dans l'autre sens pour donner des informations. Ceux qui ont passé le col avant la tempête sont maintenant coincés par le col suivant à Shey Gompa. Le guide a eu des infos comme quoi ils auraient demandé une évacuation. Les mecs doivent être coincés sous la tente dans la neige. De toute façon, avec ce temps, aucun hélico ne vole.

Au pire, on peut essayer de revenir en arrière en espérant que les sentiers sont encore accessibles. Surtout que la descente sera beaucoup plus dangereuse que la montée. Faut être réaliste, des prévisions météos mauvaises, des cols inaccessibles, c'est plutôt mal barré.

La question est de savoir combien de temps on va attendre. Et même, comment on pourra rentrer sur Katmandou. Pas d'avions et les pistes sont coupées.

Ricardo no Dolpo

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T'as pas choisi la bonne chambre. Il goutte toute la nuit sur ton sac de couchage. T'as du dormir 2h. Est-ce l'altitude ou les ronflements incessants de ton voisin ?

Temps de merde comme d'habitude. A part bouquiner et taper le carton, rien à faire...

Une petite éclaircie (faut pas s'emballer, juste la pluie qui s'arrête in peu) et tu pars t'embourber dans le village pour rejoindre le bord du lac Phoksundo. A gauche, tu peux voir le sentier que l'on devrait prendre pour longer le lac mais bon....

Les toits des maisons sont traditionnellement construits à base de pierres plates, de terre et d'herbe séchée. Résultat, il pleut dans toutes les lodges. Un seul lodge a construit son toit en taule. Il y a eu une réunion au village pour les interdire afin que le touriste soit dépaysé. Selon un vieux qui a toujours vécu au village, il n'a jamais eu plus de 2 jours de pluie de suite d'où le peu d'intérêt de la taule.

Tu peux même pas ressortir car la pluie reprend de plus belle accompagnée de coups de tonnerre. Et bien, on est pas sorti du merdier. Il y a une dizaine de groupes qui attendent depuis plusieurs jours. Cet après midi, plusieurs ont décidé de redescendre. Ils ont envoyé un sherpa pour s'assurer que ça passait. Mais ils ont du prendre cher vu ce qui tombe.

Demain beaucoup de groupes vont redescendre. Notre guide, Tula, hésite. Il a peur que si tout le monde redescend, il n'y ai pas de place dans les lodges. Pas faux, mais l'astuce, envoyer un sherpa tôt le matin qui va réserver le lodge... A un moment, faut essayer d'être le plus futé.

15h, un groupe de touristes allemands vient d'arriver. La bonne nouvelle est que le chemin est praticable pour redescendre. Mais faut y croire pour venir car les prévisions météos sont pas bonnes ; en 3 et 5 jours avant d'avoir du soleil. On nous a dit la même chose il y a déjà 3 jours.

Fin d'après midi, une française, guide d'un autre groupe de français, et qui connait depuis 20 ans notre guide vient nous voir. Selon elle, dans deux jours, la météo sera meilleure. Ses muletiers connaissent un autre chemin mais on ne rentrera pas dans le Dolpo. Elle propose que les deux groupes partent ensemble pour des raisons de sécurité. Alors, toi ton seul point important, c'est qu'on fasse sécher les tentes et les matelas de sol. Hors de question de camper sur la neige dans un environnement trempé. Surtout que contrairement aux autres, t'as pas amené un matelas de sol gonflable. 1h de discussion acharnée avec la guide pour le convaincre qu'il faut faire sécher le matériel avant de partir. Lui, veut attendre le soleil pour faire sécher et ensuite partir. Alors qu'elle veut partir même s'il fait gris. 1h après il revient avec les matelas pour les faire sécher où on mange. Pareil il a sorti les tentes pour faire sécher les tentes. Incroyable, ce changement d'avis radical.

Y a quand même un truc qui t'échappe, pourquoi on pourrait passer des cols à 5000m dans le nouveau programme et pas les cols à la même altitude côté Dolpo.

Ricardo, le roi du matelas

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Il devait faire un temps de merde et finalement il pleut trois gouttes. Les nuages sont toujours présents mais le plafond est beaucoup plus haut. On a presque un rayon de soleil. Les habitants sont de sortie, la vie reprend.

Un hélicoptère vient d'atterrir, il est allé récupérer le corps du népalais mort en chemin qui a été finalement ramené au village. Apparemment, il y aurait d'autres morts dans les vallées plus loin mais l'hélicoptère ne peut pas encore passer.

Comme on peut sortir sans parapluie, on se balade jusqu'au monastère Pal Shenten Thasung Tsholing. Ouais, facile à retenir. C'est un monastère Bon construit au 15éme siècle. Les Bon, c'est une 'filiale' des bouddhistes... Tout la région est de religion Bon.

Histoire de s'occuper, on prend un bout de chemin le long du lac sur un chemin construit de pierres et de troncs d'arbres. Le guide nous a dit qu'il faut faire attention car il y a un gros risque de chute de pierres. Qui dit risque d'avalanches dit tu fermes ta gueule et tu marches sans bruit. Que nenni, comme ils sont à moitié sourds, ils crient pour se dire de s'arrêter pour faire des photos.

Surtout qu'une heure avant, on a vu 3 grosses avalanches de neige sur les montagnes d'en face. Pas grave, on crie alors qu'il y a 100m de falaise de pierres au dessus de nous et qu'il y a plein de rochers tombés sur le chemin.

Gugus-trail en a ras le bol du groupe qui radote les mêmes histoires et hésite à rentrer sur Katmandou. Il a demandé au guide comment il pourrait repartir.

Ouais, on a appris que finalement l'option d'hier soir est abandonnée. Pourquoi ? On sait pas. Le guide ne l'a même pas dit à tout le groupe. Donc plus de haut Dolpo avec en plus un groupe compliqué...

Du coup on va redescendre mais on sait même pas quand car le guide ne veut pas redescendre avec les autres groupes alors que d'autres groupes veulent redescendre ensemble pour des raisons de sécurité.

T'as discuté avec un autre groupe de français. 5 jours qu'ils sont là et vont attendre encore 3 jours pour essayer de passer. Ils ont fait une balade à un point de vue sur le chemin par lequel on était venu. Le chemin n'existe plus. Il y aurait un autre chemin...

Tu discutes avec une suissesse sur ce que pense faire son groupe. Et bien t'as gugus74 qui se pointe dans la conversation pour parler de ses treks d'il y a 20 ans dans le Khumbu. Aucun rapport avec le sujet. Imaginez que c'est tout le temps, impossible qu'il ne l'a ramène pas. Gugus-trail est à bout, t'es pas loin de craquer aussi.

Briefing du guide : on redescend demain mais par un autre chemin. Pendant le briefing, gugus74 est sur son téléphone. Ensuite il viendra demander qu'est ce qui se passe...

Ricardo, perdu sur le chemin

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Ce qui est bien dans ce trek, c'est que chaque jour on fait qqchose de différent de ce qui était prévu la veille. On va finalement descendre par le même chemin mais on va passer au dessus du chemin disparu.

D'autres groupes devaient redescendre mais pour l'instant leurs muletiers cherchent leurs mules parties en vadrouille. Pour une fois que ça tombe pas sur nos pompes...

Le temps s'est dégagé. Et en fait, en situation normale, il n'y a pas de neige même au sommet des montagnes sur cette photo.

Un hélicoptère se pointe pour évacuer les groupes bloqués entre les cols depuis 4-5 jours. Ils ont du prendre cher.

Incroyable, première journée où on ne prend pas de flotte.

On s'est tapé quand-même 650m de dénivelé positif pour 1650m de négatif sur 22 bornes.

Étonnamment, à part gugus-médecin, tout le monde marche bien et particulièrement les anciens. Gugus71 avec ses Sportiva, son pantalon épais et sa polaire et son mérinos tient le choc. Gugus-trail et toi êtes en t-shirt, on comprend pas comment il crève pas de chaud.

Ce soir, le cuistot a sorti le grand jeu. Il est arrivé à nous faire une énorme pizza super bonne mais aussi un gâteau. Et il n'a même pas de four, le bougre !

Petit point culinaire : tous les jours, on a des légumes frais midi et soir. Chou-fleur (tous les jours), carottes, haricots... En fait, tous les petits villages ont des potagers et vendent leurs légumes aux cuistots des touristes.

Petit point médical : à l'exception de gugus-medecin, tout le monde est malade, toi le premier. C'est un concert de toux grasse toute la journée et t'es le chef d'orchestre.

Ricardo chef d'orchestre

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Bon, ben direction notre point de départ, Dunaï.

En montant, il y a 5 jours sous la flotte, t'avais pas trop fait attention à la végétation autour du chemin. Au début de la vallée, il y a des plans de cannabis partout. Même les vaches s'en nourrissent. Va savoir le goût que la viande peut avoir.

Le chemin est beaucoup plus endommagé que la partie plus haute dans la vallée. Des rochers partout, des glissements de terrain. Le guide n'est pas rassuré du tout et tu passes ton temps à regarder au dessus de toi.

A un moment, un gros bruit de chute de rochers. Un nuage de terre à 100m au dessus et devant nous. On est pas passé loin.

On a pas fait 200m qu'on voit le groupe de la française arrêté plus loin. On attend notre guide après un passage dangereux où il préfère qu'on passe un par un. Oui, s'il y a une merde, il préfère perdre un gugus que tout le groupe. Pas con !

En attendant, gugus-lapisse va voir ce qui se passe dans le groupe de devant. Il revient vers nous inquiet en disant que l'autre groupe s'est pris la chute de rochers il y a 2 minutes et qu'il faut surtout pas rester là. Comme c'est le gugus qui comprend rien et pose des questions débiles, il est aussi credible qu'une moule. Personne ne bouge. Un gars de l'autre groupe arrive à toute vitesse pour nous dire de ne pas rester là. On lui a dit de se calmer. Bizarrement il l'a mal pris. Il insistait pour qu'on bouge et on l'ignorait. Quel intérêt de bouger, sur les 500 prochains mètres, on est dans une grosse zone d'avalanche. Alors attendre là où ailleurs... Le gars repart vers son groupe certainement en nous traitant de tous les noms. Lui qui a risqué sa vie sans la moindre reconnaissance de notre part.

Finalement, on repart, car effectivement on va pas trop déconner ici. Une nana de leur groupe est assise, elle a pris une pierre dans un bras. Résultat, fracture ouverte. Ah ouais, quand même. On marche pour sortir de la zone de risque quand 2 népalais nous rattrapent en courant. L'un a une pelle donc c'est certainement pas un touriste. Tu sens le gars très inquiet. il nous crie 'run run'. Ouais, c'est bon Bernie, y a pas inscrit 'forest' sur le front !

Faut reconnaître que tu regardes plus en l'air que tes pieds. Faudra bien 10 minutes pour sortir de la zone de risque. L'autre groupe nous rejoint avec la blessée qui marche normalement mais avec un gros bandage plein de sang autour de son bras.

Notre guide est reparti chercher gugus-docteur qui est toujours à la traîne 15 minutes derrière.

Quand il nous rejoint, il va voir le groupe de la blessée. Donc du coup, on va devoir un peu patienter. (ce qui est normal vu la situation). Et bien on t'as gugus-connard qui sort ''elle est pas dans notre groupe, c'est pas notre problème ''. Et ouais, y a des champions du monde !

On est à 1h20 de marche de Dunaï où elle se fera rapatrier par hélicoptère sur Katmandou. Mais elle n'a pas été prioritaire car l'hélicoptère n'arrête pas depuis ce matin de faire des aller-retour pour aller secourir les groupes coincés entre les cols. Le fils de notre guide Sherpa dans un autre groupe, est coincé dans la neige entre deux éboulements depuis 6 jours. Va savoir comment, mais il a récupéré des vidéos prises d'hélicoptères mais c'est impressionnant. On va arrêter de pleurer avec notre temps pluvieux. A ce propos, pas de pluie, on a même transpiré dans la descente. Ça fait du bien. Tu vas enfin pouvoir sortir ta crème solaire !

Il y a quand même un point positif pour les locaux : les rivières ont charrié des dizaines de troncs d'arbre. Les habitants de la vallée s'empressent de récupérer.

A Dunaï, vu qu'il fait sec, on est de retour sous la tente. Juste à côté, le groupe de la française. Il nous snobe royalement. Ils ont vraiment pas apprécié qu'on ignore leur conseil de sécurité. Mais faut comprendre. Un mec avec une barbichette et une tête de premier de la classe qui vient affolé pour te dire de décamper, t'as pas trop envie de le croire...

Briefing du guide : le chemin que l'on devait prendre pour aller à Dho Tarap (oui, faut bien aller quelque part pendant les 15 jours qui nous restent) n'est pas praticable. Un pont suspendu en métal (pas un petit pont en bois) a été emporté. On ne pourra pas traverser. Gugus-connard fait un bond énervé en lançant agressivement 'si on va pas à Dho, je me casse '. On doit être plusieurs à avoir espérer que le guide dise qu'on ne va pas à Dho Tarap...

Malheureusement, on va juste prendre un autre chemin.

Ricardo, le nouveau Forest

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Quand ça veut pas, ça veut pas...Hier, on a enfin lavé des fringues. Ce matin, t'espères mettre de fringues propres et secs. Que nenni il a plut dans la nuit. Ouais, c'est le voyage poissard. Nous voilà partis à marcher le long de la rivière Dharapani.

Tu te traines derrière. Ouais c'est pas la grande forme. Ta toux continuelle t'use. Pas mal d'éboulis là aussi. On arrive à 11h dans le petit village de Bayasgad. On va s'y arrêter pour déjeuner. On est l'attraction des enfants du village.

Juste après le repas, on quitte la tranquillité du chemin le long de la rivière pour taper 700m de montée sans fin. Du cannabis ? Y en a partout !16h, on est à l'entré du minuscule village de Dharapani. On va installer les tentes dans la cours de l'école élémentaire. Il doit y avoir une dizaine de petites maisons en terrasse avec comme partout du séchage de piments rouges.

Ici, pareil, d'énormes plans de cannabis. Le guide n'a jamais pris ce chemin car en principe il reste sur le chemin peinard dans la vallée. Bon, on en a un peu bavé dans la montée mais la superbe vue rattrape la sueur sur le front.

Des enfants viennent bien sûr nous voir. Comme les petites filles chantaient, t'as sorti ton sac de petites bagues pour les féliciter.

Y a plus qu'à croiser les doigts pour pas que toutes leurs copines rappliquent.

C'est la première nuit où on campe vraiment. Le vrai point super positif, on a un grand ciel bleu et ça devrait durer.

Ricardo, recruteur pour the voice kid

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Ça se prend la tête dès le matin. Gugus-lapisse dit à gugus-connard qu'il a ronflé dur toute la nuit. Gugus-connard l'a envoyé chier. Ambiance... Dès que l'un d'eux dit une connerie l'autre le rate pas. Faut reconnaître que gugus-lapisse en sort des bonnes en continue. Par exemple, on arrive au camp, il y a que 2 tentes de montées. Gugus-lapisse qui sort : 'la répartition des tentes est faite ?' En continue, ses questions cons, du jamais vu!

La vache, ça monte dure dès les premiers pas. Et dire que Tula avait dit que c'était du plat népalais.

En fait, c'est Roton, le sherpa local qui ouvre la route car lui seul la connait. En principe Tula prend le chemin par la vallée et c'est la première fois qu'il passe par les balcons. La différence? 800m de dénivelé positif et une vue exceptionnelle. Et des passages vertigineux.

Lors d'une énième pause, un arbre avec des petites baies jaunes. Roton en prend une branche et mange les baies. Bah, si le local les mange, pourquoi pas toi. Tula arrive et déconseille de trop en manger. Euh, trop tard... C'est quoi l'effet négatif ? Personne ne sait te répondre mais il faut pas en manger trop. Bon....

Près de 6h de marche pour 14 bornes avec plus de 1000m de descente mais aussi un paquet de montée. Le fameux plat népalais.

Arrivé au lieu dit, en fait, une cahute en pierres et une grande tente où vit une famille. Rien d'autre.

Ça fait 15 ans qu'ils se sont installés ici. Un peu comme un resto-route pour les népalais qui passent régulièrement par cette étroite vallée. Mais de décembre à février, trop de neige donc personne ne passe et ils redescendent dans la vallée.

Lavage dans la rivière Tarap glacée.

Retour du troupeau de chèvres du propriétaire des tentes. T'as proposé de flinguer une chèvre. Pas sûr que la gugusette78 soit d'accord. Mais suite à la fermeture de la frontière de la Chine, les prix sont passés de 120 euros à 400 euros la chèvre. Bon, ben pas de chèvre ce soir.

Gugusette78 se frite avec gugus-connard. Il va y avoir du sang sur les murs.

Briefing du soir. On vient d'apprendre que les cuistots ou les muletiers ont refusé de marcher la semaine dernière car le chemin ou la météo n'était pas bonne quand il pleuvait. Donc, on comprend mieux pourquoi on est resté dans des lodges alors que d'autres groupes marchaient. Le fameux ''c'est très compliqué''.

Gugus-connard, qui s'est barré en avant du groupe pendant une heure se prend une remarque non nominative par le guide Tula. Tout le monde jubile....

Devinette : Quand sait-on qu'on approche d'un village ? Il y a des plans de cannabis.

Ricardo, entubé par les cuistots

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Le camp, au bord de la rivière Tarap, est dans une gorge étroite et venteuse. Il fait froid mais le bruit de la rivière couvre le bruit des ronfleurs, en particulier gugus-connard.

C'est parti. Petite distance prévue aujourd'hui car il y a des passages difficiles et surtout peu d'endroits pour camper.

On a pas marché 100m qu'on enquille une montée qui pique les jambes. Encore un chemin en balcon avec des passages très étroits. Comme d'hab des éboulis rendent parfois le chemin très dangereux.

Comme c'est le principal chemin pour monter à Dho Tarap, on croise plusieurs groupes de mules avec des muletiers qui n'hésitent pas à cravacher leurs mules. C'en est trop pour gugusette78 qui fait un coming out Brigitte Bardot. A deux doigts d'insulter les muletiers. On est pas prêt de bouffer une chèvre...

On croise un autre groupe de français qui reviennent de Dho. Ils ont essayé de passer un col mais arrivé au col, la descente côté nord était trop enneigée. Donc ils ont fait demi-tour, ce qui risque de nous arriver. Et là gugus-connard nous sort 'ca sera pas pareil pour nous, on a un meilleur niveau qu'eux'. Mais sans déconner, comment peut on être aussi con?

Après le dej, le chemin devient dangereux, un énorme éboulement mais surtout plein de fissures sur les rochers juste au-dessus du chemin où on doit passer.

On a pas marché 45 minutes qu'on arrive à une petite étendue herbeuse. Ça sera le camp de ce soir. Il est à peine 14h. On s'est à peine tapé 650m de montée

Gugus71 dit Mr Sportiva commence à être touché. Ça fait deux fois qu'à peine la tente montée, il se couche. Tu m'étonnes, marcher sur ce terrain avec d'énormes pompes rigides....

Côté installation du campement, c'est particulier. Gugus-trail plutôt qu'aider à ouvrir les sacs ou monter les tentes va faire sa demi heure d'étirement pour finir pile quand tout est prêt. Gugus-docteur cause beaucoup mais regarde les autres et gugusette78 se pointe juste pour la dernière tente. Ensuite c'est la répartition des tentes. Gugus-connard qui ronfle prend sa tente réservée... Et se retrouve au milieu. Il reste juste une tente pour gugus-pisse à côté qui refuse ! Un spectacle, les 2 gugus.

Toi, t'as un régime de faveur, tu discutes avant avec Tula pour lui indiquer où tu veux la mettre. A distance...

Première fois qu'on monte les tentes cuisines et mess. Le chef est dans sa cuisine à lire son cahier de recettes. Il y a des patates midi et soir. On verra ce soir...

Incompréhensible ! Avec toutes ces pointures qui rabâchent leurs exploits en trek, tu pensais que les bases étaient acquises. Même pas, ils vont se laver en amont de la rivière histoire qu'on récupère leur savon au niveau de la cuisine. Des pointures !

Ça y est, t'as choppé une sorte de tourista qui te tord les boyaux. Tu rajoutes la toux et le mal de gorge et t'as un pied dans la tombe.

Ricardo perdu au milieu de pointures

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Lever tôt car on doit arriver tôt à un petit pont en bois en mauvaise état. Il va être reconstruit ce matin par les habitants venus de Dho Tarap et il faut qu'on passe avant qu'ils bossent dessus. Pour une fois Tula ne dit pas 'bistare' qui veut dire 'lentement'.

Toujours des passages dangereux. On marche toujours sur des balcons mais juste à quelques dizaines de mètres au dessus de la rivière.

Arrivé au petit pont. Effectivement, il est en mauvaise état, un bout de taule remplace une partie abîmée. Bon, t'es passé rapidement. Ils ont fait passer les mules une par une. Gugusette78 a même applaudit pour les féliciter. Ces braves bêtes, elles étaient toutes contentes. Oui, oui, y en a même une qui a remué la queue en passant !

Après le dej, une longue piste monotone de 12 km pour rejoindre le grand village de Dho Tarap.(qui veut dire village joli cheval) à 4080m. Au bout d'un kilomètre, les muletiers s'arrêtent. Ils ont oublié une mule à la pause de midi. Va savoir quels sacs elle transporte. Celui de gugus-connard ?

Tiens, des barals en bord de piste. Le baral, c'est le gigot préféré des panthères des neiges. Mais vu où on est, on est pas prêt d'en voir une.

On a rejoint la civilisation car quelques motos circulent sur la piste. On s'est pressé pour rien car les gars qui doivent travailler sur le pont n'arrivent que l'après-midi. Un mec portait une énorme poutre, d'autres étaient confortablement installés dans la remorque d'un tracteur.

L'entrée du village surprend avec un petit triporteur vert.

Le village est vraiment typique avec des maisons en pierres et bois. Le bord des toits plats est couvert énormes racines et branches séchées. Des enclos faits de murs de pierres gardent d'énormes yacks. Par contre, beaucoup de plastiques dans les ruelles.

17h, les bergères reviennent au village avec leurs troupeaux de chèvres et de moutons.

Il doit faire trop froid, car pas le moindre plan de cannabis.

On aura quand même tapé 26 bornes avec près de 900m de dénivelé positif. Tout le monde en a plein les bottes. Gugus-docteur a dû arriver 1h après le groupe, direction la tente pour dormir. Lui et gugus-lapisse sont bien entamés.

On plante les tentes sur la terrasse d'un petit lodge avec vue imprenable sur Dho Tarap

Pas besoin de monter la tente mess et cuisine, on sera au chaud pour dîner dans une petite salle du lodge.

Briefing du guide : Tous les cols sont fermés et le resteront donc on ne pourra pas rejoindre Jomoson et prendre l'avion. C'était prévisible. Gugus-lapisse, avec sa finesse d'esprit reconnu, challenge le guide sur l'épaisseur de la neige, d'où et de quand il tient ces informations.... Déjà qu'il est mort après un faut plat de 12 bornes alors le voir s'embarquer sans un col avec un mètre de neige, c'est une blague.

Donc on va tourner en rond quelques jours ici et ensuite on va refaire tout le chemin inverse jusqu'à Dunaï puis galérer pour redescendre à Nepalganj et chopper un avion pour Katmandou. Super! Le guide propose différentes options et c'est là où commence la baston. Personne ne connaît le coin mais personne n'est d'accord. Après 30 minutes de discussion intense où t'as laissé les catcheurs se chauffer, t'as proposé une solution : il y a 4 sherpas et 8 gugus. On se partage les sherpas par petits groupes et chacun fait ce qu'il veut. Résultat, demain gugus-trail et ta pomme allons essayer de monter le plus haut possible en direction du col du Jhyarkoi et les 6 autres vont vagabonder dans le coin, voir un monastère, un petit village et tâter le cul des chèvres. C'est vrai qu'il faut être un peu con pour tenter un col qu'on sait impossible...

Le guide a eu des infos d'autres régions. Près de 25 touristes avec au moins autant de népalais sont portés manquant dans la région de Manang. Au moins une bonne nouvelle, l'équipe avec son fils qui était coincée depuis plusieurs jours dans la neige entre deux cols a été secourue.

Un groupe d'allemands débarque en fin d'après-midi. Ils étaient passés avant le mauvais temps. Ils étaient bloqués à un col de Dho Tarap et pour le passer, ils ont eu de la neige jusqu'à la ceinture. Et comme nous, impossible de franchir les cols jusqu'à Jomoson donc ils prendront le chemin d'où on arrive (et que malheureusement on reprendra) pour rejoindre Dunaï.

Eureka, t'as réalisé pourquoi t'as eu un très mal au ventre pendant 2 hours. Ces saloperies de baies jaunes !! Fallait pas trop en manger qu'ils avaient dit !

Ricardo, médecin malgré lui

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T'avais lavé des fringues. Elles ont gelé dans la tente. Le matin, l'intérieur de la tente est couvert d'une pellicule de givre, l'extérieur du sac de couchage est trempé. Toutes les affaires qui n'étaient pas dans ton sac de couchage sont glacées.

Bah, t'étais venu pour ça. Aujourd'hui grasse mat, petit dej à 7h30. Toi, 6h t'es réveillé, donc tu bulles du côté des cuistots prêt du feu.

Avec nous, le sherpa Prem qui ne connait pas le chemin mais qui parle anglais et français et l'aide cuistot Money qui est déjà passé 4 fois par ce chemin. On va essayer de monter au campement au pied du Jhyarkoi. Ce qu'on aurait dû normalement faire si le col était ouvert. 800m de dénivelé positive pour arriver à 4800m.

La vue en chemin est très sympa.

T'as laissé galoper devant gugus-trail car ça commence à cogner dans le crâne. La montée n'est pas violente mais tu sens l'altitude.

Tiens, encore des barals descendus s'abreuver mais dès qu'ils nous voient ils décampent en déclenchant un éboulis. Du coup ils reviennent vers nous.

Bon, c'est sympa les gigots sur pattes mais nous, on a du chemin à faire.

On commence à marcher un peu dans la neige dure. Tu sens que gugus-trail faiblit. On va certainement prendre cher vu le rythme que l'on a eu. On arrive enfin au camp. Enfin, faut le savoir que c'est là en principe que l'on campe car c'est couvert de neige. Les 2 népalais ont fait la petite danse traditionnelle même si ce n'est ni un sommet ni un col.

Des traces de pattes dans la neige. Dixit le cuistot, ce sont celles d'un léopard des neiges. Des traces assez fraiches. Merde ! Elle est où la bestiole ? On va peut-être servir de gigot !

Bon, on aura beau regardé partout, pas le début d'une queue de la moindre bestiole. Y a plus qu'à redescendre.

De retour au village, les habitants sont en train de labourer leurs champs à l'aide de yacks mais ils ne planteront qu'après l'hiver dans 6 mois. Du blé et de la pomme de terre.

D'autres s'occupent du foin. La plus part des habitants vont redescendre dans la vallée. En hiver, ne resteront que les vieux et les yacks.

Retour vers 13h au village. L'autre partie du groupe se prépare à faire une petite ballade. On va être tranquille pour la lessive. Gugus-trail est KO. L'aide cuistot fait un roupillon. Toi, c'est une heure plus tard que tu prends un tomahawk dans la tronche. On a du monter beaucoup trop vite.

Ce soir on a des momos (raviolis népalais). T'en as réclamé auprès du chef cuistot il y a deux jours. Il en a fait une plâtrée. Pas le choix, si tu les fini pas, ça sera mal vu.

Alors, la veille, t'as laissé traîner une petite bouteille de rhum sur la table. Dans la nuit des petites souris népalaises ont dû faire la fiesta car ce matin il restait un fond.

Briefing : T'as l'impression d'être dans le film 'une histoire sans fin'. Chaque fois, ça discute, ça discute. Et le guide répète la même chose, encore et encore. Surtout pour des sujets qui sont dans plus d'une semaine.

Ricardo, cobaye Doliprane

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La nuit a encore été plus froide que la veille. On a dû taper des températures négatives car l'eau avait commencé à geler dans les bouteilles dans ta tente. En plus ces cons de chiens qui roupillent toute la journée se rattrapent la nuit en aboyant sans fin.

Quand le soleil apparaît, la température est plus supportable. Donc, Tula a proposé de prendre le petit dej dehors. Sympa mais t'as quand même 4 couches de fringues

Va comprendre, mais gugus74 qui a marché avec des sportiva depuis le premier jour est en petites chaussures de trek alors qu'il fait beaucoup plus froid.

On remonte une vallée en direction du village de Tokkyu. Le vent est glacial Tous les locaux préparent leurs champs ou battent les foins.

Arrêt à l'école 'crystal mountains' où tous les enfants des vallée alentours viennent s'éduquer. Pour les tous petits, ça commence par un peu de gymnastique et de chants.

Les plus grands révisent leurs cours au soleil avant la rentrée des classes à 10h. Ils apprennent l'anglais mais aussi le français car l'école est en partie sponsorisée par la France)

Un des cours à succès, le cours d'informatique où un prof venu d'Inde leur apprend à utiliser MS Word et Excel ainsi qu'internet

Puis, petite grimpette pour rejoindre un mini monastère mais le mini moine serait en vadrouille à Tokkyu pour récupérer de la popote. C'est pas grave, gugusette78 et gugus-lapisse, frustrés de n'avoir franchi aucun col, vont accrocher leurs drapeaux à prières devant le monastère. Il va être surpris le moine en rentrant avec sa nouvelle décoration.

On n'est monté ni haut ni vite et pourtant gugus-docteur a du mal. Si on avait fait le circuit prévu, on en aurait tous bavé. Lui car ça grimpait dur et nous à l'attendre des heures au froid.

Arrivé vers midi au village de Tokkyu, on a pris 100m de dénivelé positif. Et c'est, comme d'hab, le sketch pour le choix des tentes. Gugus-lapisse veut surtout pas être à côté de gugus-connard.

On va certainement se peler ce soir mais au moins on a accès au salon du lodge pour manger au chaud.

De gros nuages blancs se sont pointés, cachant le soleil. La température a chuté d'un coup. Ils sont tous partis en vadrouille au monastère du coin, toi, tu bulles au chaud. Un coup d'œil par la fenêtre, les nuages tirent sur le grisâtre. Ca va pas recommencer ?

Tiens, il neige, ça manquait !

Une petite tourte aux fruits secs en dessert au dîner. T'as rarement aussi bien mangé en trek.

Le briefing ? Incroyable, tout le monde a écouté sans geindre. On part demain tenter de monter au col de Numa la, histoire de se balader. Il y aura 2 gugus par sherpa. Mort de rire, par déduction gugus-lapisse se retrouverait avec gugus-connard. Du coup, il négocie pour marcher demain avec gugusette78 et gugus71.

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On a encore tapé les températures négatives cette nuit. On embarque le pique-nique et finalement on part marcher tous ensemble. Deux gusgus par sherpa, pfff...

8h, les enfants du village commencent à descendre vers l'école Crystal mountain, soit près de 2 km. Ouais, pas de bus scolaire ici...

Comme d'hab gugus-connard fonce et gugus-docteur se traîne. Et bien sûr, gugus-lapisse, fort de sa stratégie de la veille, reste avec 2 autres gugus.

Ça commence enfin à monter et très rapidement on trouve des plaques de neige. Puis de plus en de neige. A nouveau des traces de léopard des neiges mais cette fois il y a des grosses et des petites traces de pattes à côté. Une mère et son petit.

Maintenant, on est vraiment plus que dans la neige. Tant qu'elle est dure, on marche assez facilement.

Finie la balade sympathique, maintenant on s'enfonce dans la neige.

Le sherpa Prem ouvre la marche. Il ne pèse pas grand-chose et s'enfonce peu dans la neige. Alors que les lourdauds comme gugus-connard et ta pomme commençons à avoir des petits problèmes. Oui, quand tu t'enfoncer jusqu'à la cheville dans la neige, ça peut devenir un petit souci. Surtout que t'es parti en chaussures de trek tiges basses sans guêtre, du coup, ça mouille un peu. Gugus-trail n'a que des petites chaussures de trail donc il patauge lui aussi. Sans déconner, t'es impressionné par gugusette78 qui monte tranquilou.

Arrivé à 4800m, il reste environ 400m de dénivelé pour rejoindre le col de Numa (numa qui veut dire 'seins de la femme', le col est entre les 2 tétons). De toute façon, c'est un aller-retour donc tu te dis qu'il est préférable de faire demi-tour histoire de faire sécher tes pompes pour demain. Gugus-trail n'est pas plus motivé et gugus-connard râle car il s'enfonce trop dans la neige. On croisera dans la descente gugus74 qui n'est pas plus motivé et qui fera aussi demi tour. Par contre, gugus-docteur, a décidé de continuer.

Ils reviendront 3 h plus tard, ils auront juste monté 100m de dénivelé positif, trop de neige.

Dîner d'une monstrueuse pizza. Le cuistot a mis de l'oignon, des champignons, du fromage et des vermicelles. Ouais, elle est faite avec les moyens du bord. Mais avec la pizza vient l'éternel assiette avec des frites et des spaghettis. Même si on dort sous la tente, on dîne dans le lodge près d'un poêle à bois et crottes de yacks et chèvres. Ce soir là, la patronne préparait des galettes à base de farine de sarrasin. Bon, on a goûté, c'est très amère. Avec tout ce foisonnement de bouffe, la nuit a été lourde. Et bruyante avec le concert de toux des différentes tentes.

Briefing : changement pour demain, on ira pas tenter un autre col. Trop de neige. Du coup, on va taper, ou du moins essayer, le sommet qu'est juste en face du camp à environ 5000m. Ça serait bien qu'on y arrive car à la base on devait taper près de 7 cols à plus de 5000m...

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Oula, ça a encore piqué cette nuit dans la tente. Faut être motivé pour sortir faire un petit pissou en pleine nuit. Tu devrais faire comme gugus-lapisse, utiliser ta gourde...

Le patron du lodge va servir de guide local. D'entrée on tape dans le dur, raide de chez raide. Comme d'hab gugus-connard part à fond derrière le guide local. Ils montent tous en zigzag. Toi, tu te dis que ça sera la seule fois du séjour our tu peux te tester, tu montes droits. Ouais c'est rude. Derrière, un groupe s'est formé gugus71 qui a remis ses sportivas, gugusette78, gugus-trail et gugus-lapisse qui râle car soit les zigzags sont trop longs soit les les foulées sont trop courtes... Et derrière gugus74 et enfin gugus-docteur toujours bon dernier.

On a une belle vue sur la vallée et même le col où on a été dans l'échec hier. Ouais, y avait de la neige....

Jamais le moindre faux plat, pas vraiment de chemin, il suffit de monter. Gugus-connard commence à être dans le dur et pour la première fois en montée tu le rattrapes. On arrive à des passages difficiles voir dangereux. Des plaques de neige très pentues où il faut pas se rater.

Gugus-connard qui va très fort en montée a des gros problèmes de descente. Donc il commence à s'inquiéter et dire toute haut qu'il faudrait penser à la descente. Tu lui dis clairement que s'il veut redescendre il redescend mais qu'il laisse les autres continuer en fonction de leur capacité et aussi des décisions du guide. En gros, qu'il ferme sa gueule.

On est plus que 3 car les autres abandonnent. Reste gugus71 (qui a 2 de tension), gugus-connard (incompréhensible car maintenant il veut continuer) et ta pomme. Le guide Tula nous a rejoint et il reste le local et un sherpa.

On doit faire demi-tour car trop de neige et on a pas de corde. On repasse par un goulet super pentu où tes pompes accrochent que dal. Tu peux monter mais ça va être chaud dans la descente. Tula demande plusieurs fois à gugus-connard de faire demi-tour car la descente va être compliqué. L'autre s'énerve en disant qu'il a fait plein de montagnes, que si d'autres montent il peut monter.

Gugus71 et gugus-connard te rejoignent. Ils sont pas d'accord sur le chemin à prendre. Ah, tu savais pas que t'étais avec 2 pointures de haute montagne. Tu sens que Tula n'a pas envie de continuer car c'est dangereux. Dans la fine équipe, t'as confiance que dans le sherpa local, Roton. Les 2 autres insistent pour continuer. Tu te dis qu'on va devoir rester en groupe avec gugus71 qui marche très lentement donc tu vas te refroidir et que dans la descente tu vas te coltiner gugus-connard qui se traine. Donc tu balances à Tula que tu lâches l'affaire, tes chacras se sont refermés. Gugus-connard s'inquiète, il ne comprend pas pourquoi tu lâches l'affaire. Tu ne vas pas lui dire que t'as pas confiance dans la dream team qui monte. Tu rejoins le groupe qui attendait plus bas, puis t'as enquillé toute la descente par un autre côté, histoire d'éviter de te prendre des caillasses par les autres qui redescendaient aussi. Y a du monde dans le coin, un renard, des marmottes, des sortes de perdrix...

Sans déconner, t'es à 100% d'échec. C'est le séjour de la loose totale.

Retour au lodge. Mort de rire. Une mule refuse de prendre sa charge. 10 minutes à lui courir après dans l'enclos. T'as regardé le muletier risquait de se prendre un coup de sabot. Finalement, il y a pire que de pas monter au sommet...

Ensuite direction Dho Tarap. En chemin coup de fil de Tula pour dire qu'il est arrivé au sommet. Il a plus qu'à redescendre maintenant.

T'as monté les tentes avec un sherpa. Tout le monde s'est installé. On est tous impatient de voir le retour de gugus-connard. Oui, il a sa tente réservée mais sur ce coup, en arrivant dernier, il va récupérer la tente la plus merdique. Et on ne sait pas si l'un d'entre nous lui a pris sa tente. Arrivée des deux héros, toute le monde attend l'explosion. Aucune remarque. On est presque déçu.

Des suissesses qu'on avait croisées il y a 15 jours sur la montée au lac Phoksundo viennent d'arriver. Elles aussi tournent un peu en rond.

Ricardo, pas dans le tempo

18

Il est temps de redescendre dans la vallée, direction Dunaï. Ouais, on aura fait que des aller-retour au lieu d'une grande traversée. On doit se retaper les 12 bornes de piste monotone avant une dizaine de km supplémentaires dans les gorges. Au départ, beaucoup ne voulaient pas se retaper la piste. Comme solution, le tuktuk mais il ne démarre pas le matin à cause du gel. Sinon, t'as le tracteur avec la remorque qui aurait embarqué tout le monde mais certains préfèrent marcher et ça revenait assez cher pour les autres. Reste les motos. Finalement il y a que gugus-lapisse et ta pomme qui prenons cette option. Les autres sont partis à 8h, nous à 9h30. On s'approche des motos, un gars est en train de ranger la caisse à outils. Oula, on est pas arrivé. Gugus-lapisse te dit qu'il a un peu peur. C'est un peu tard pour changer d'avis mon gars. Malgré le soleil, le fond de l'air est glacial. Même en étant derrière le pilote, t'as 4 couches de fringues.

24 euros pour 12 bornes, ça surprend un peu vu le niveau de vie du pays. Mais quand tu apprends qu'ici le litre d'essence est à 10€, tu comprends mieux le tarif.

45 minutes pour faire 12 bornes. Ouais, faut éviter les mules, les plaques de glace, les rochers...

T'as discuté avec ton pilote. Les motos venaient de Chine avant la fermeture des frontières chinoises suite au Covid. Il leur fallait 5h de motos sur une piste pour aller les acheter en Chine. Depuis, plus aucune importation de motos, le prix à augmenter de 50%. Ils commandent les pièces détachées sur Aliexpress... Le tuktuk a été monté en pièces détachées par 15 personnes. Le tracteur est arrivé en pièces détachées par hélicoptère.

Scoop : le mois dernier, l'équipe de l'émission 'Rdv en terre inconnue' est venue filmé son prochain épisode à Tokkyu. Le village où on était il y a 2 jours. L'invité était Thomas Sysley qui est arrivé en hélicoptère les yeux bandés. Impatient de voir l'émission et comment ils ont présenté le village qui est loin d'être inconnu vu le nombre de trekeurs et de lodges.

Une fois que les piétons sont arrivés, on est reparti direction Dunaï. Va savoir ce qu'il s'est passé lors de la marche mais gugus-connard a dû faire encore des siennes car c'était un peu tendu en arrivant.

On est repassé par le petit pont qui devait être refait. Mais en plus, ils ont reconstruit une partie du chemin. Un empilement de pierres plates mélangées avec de la terre, un sacré boulot.

Tiens une caravane de mules avec des bidons d'essence. 8 mules avec chacune 50 litres à 10€, il y avait de quoi faire le braquage du siècle !

Tu pensais qu'avec ce soleil, le chemin était sûr. Que dal, t'entends un bruit derrière toi. Une pierre vient de tomber de la falaise du versant opposé où tu marches. La gorge est assez étroite et la falaise surplombe le chemin. Le sherpa devant a aussi entendu le bruit et s'est arrêté. Avec gugus-trail qui était juste derrière toi et le sherpa, on regarde le haut de la falaise. Encore une caillasse qui déboule. Bon, faut pas rester ici, le sherpa se met à courir. On le colle comme son ombre. 30m plus loin, on est en lieu sûr. Gugus-connard était à 100m de nous et tous les autres a des années lumières derrière. On l'a attendu pour le prévenir et de courir lors du passage dangereux. Vous voyez, finalement t'as un bon fond...

On passe par un petit endroit plat et dégagé où est écrit un H avec des pierres. Une piste d'atterrissage pour hélicoptère. Le H n'y était pas la semaine dernière quand on est monté. Bizarre.

Arrivé au campement de Nawapani, on apprend que le groupe d'allemands croisés il y a quelques jours à Dho Tarap a eu des enmerdes dans la descente que l'on vient de faire. Pourtant, il y a quelques jours, ils étaient arrivés à se sortir d'un col enneigé pour rejoindre Dho Tarap. Ils ont du baisser la garde ou être trop fatigués. une allemande a glissé et s'est pétée toutes ses dents. Donc rapatriement hélicoptère, d'où le H. Et deux jours plus tard leur guide népalais est mort du côté de Dharapani. On n'a pas eu l'info comment. Étonnant, car quand on était passé à Dharapani, ça ne semblait pas particulièrement dangereux.

Pendant qu'on déjeune, les mules ont décidé de se faire la belle. Faut voir un des muletiers leur courir après, la main pleine de son dhal bat...

Ricardo, chercheur de scoop

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Comme on est beaucoup descendu, la nuit a été moins glacial.

On a monté le camp près d'une grande tente où vit une femme avec ses deux enfants. Un peu comme un resto/épicerie/maison de thé. La gamine de 3 ans est scotché dès son réveil à un smartphone (il y a pas de connexion internet). Faut reconnaître qu'il n'y a absolument rien à faire autour. Elle a daigné lâcher son smartphone quand on lui a donné du pancake.

La matinée consiste à marcher ce qu'on avait marché en une journée entière la semaine dernière. La seule différence, t'as l'impression que les buissons ont commencé à jaunir et rougir par rapport à la semaine dernière.

Après la pause déj, on prend un chemin différent de l'aller. Au lieu de passer par les crêtes, on va redescendre près de la rivière et demain passer de l'autre côté. Au moins, ça sera légèrement différent. Le pauvre guide essaye de nous trouver d'autres chemins mais les possibilités sont limitées.

C'est la journée bûcheron. On croise plusieurs caravanes de mules qui transportent de très lourdes poutres.

Gugusette78 s'émeut. Par contre, quand elle croise des jeunes qu'ont pas 20 ans qui portent une énorme poutre, elle ne dit rien. Si la poutre est trop longue, ça doit être trop compliqué pour les mules dans les lacets donc c'est les gens qui portent.

Gugus-lapisse, toujours champion pour dire des conneries, soulève un côté d'une poutre et affirme qu'elle n'est pas si lourde que ça. Tu lui dis qu'il faut la soulever par le milieu pour vraiment sentir le poids. Il la soulève et n'arrive pas à la reposer à sa place. Un champion, je vous dis !

1300m de dénivelé négatif, les genoux ont pris cher.

Premier campement dans la forêt pas très loin de plants de cannabis.

Thème de la discussion du dîner : les pets ou plutôt les flatulences en terme technique médical... T'es toujours le premier à quitter la table à la fin du dîner, étonnant !

Traduction du briefing de la soirée : On va un peu tourner en rond dans la région jusqu'à chopper un avion dans 4-5 jours à Juphal.

Ricardo

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Scandale ! Un vol s'est produit cette nuit. Un sherpa a laissé sécher ses chaussures de trek dehors. Au matin, une pompe a disparu. L'enquête commence auprès des unijambistes. Ah, un autre indice, une veste restée dehors a été mâchouillée. Un unijambiste affamé ! C'est une évidence, trop facile ! Après conciliabule avec les sherpas, le voleur serait un chacal à quatre pattes. Pffff!

Tula nous apprend qu'à partir d'aujourd'hui il y a 5 jours de fête hindouiste. Manque de chance, on est plutôt dans une région bouddhiste.

Aujourd'hui, c'est la fête des corbeaux. Apparemment, faut donner des graines aux corbeaux. Cool !

Juste à côté du camp, un monastère. Allons y. Le moine est comme d'hab en vadrouille.

Gros problème, pour continuer, il y a le pont de la mort. T'es à la limite du refus d'obstacle.

Histoire de nous occuper, on monte jusqu'au village de Kola.

Allez, 20 baraques maximum, 2 monastères, des champs de sarrazin et du cannabis partout. C'est pas compliqué, pour arriver à un de monastères, il faut se frayer un chemin entre les plans de cannabis. Le premier monastère est bien-sûr fermé mais au second qqun vient nous ouvrir les portes. T'es resté à distance de peur de prendre feu. On est dans un petit village, en haut du colline et magie népalaise, un sherpa ramène un sac de pommes. Le village doit vivre du bois car la plupart des gens étaient en train de fabriquer des planches ou de charger les mules de planches. Il y a d'immenses et très beaux pins mais va savoir dans les prochaines années s'ils seront encore là ou en poutre d'une baraque.

Redescente vers un minuscule hameau de 4 baraques, Jalakot où on va déjeuner et camper. L'après midi, t'as pris l'option lavage pendant que la moitié du groupe est parti en haut d'une colline voir un autre petit village et peut-être sur un coup de pot, un monastère ouvert. On est plus qu'à 2500m d'altitude et le soleil cogne. Et dire qu'on devait se taper des cols à 5000m sans fin, camper à 4800m, en chier quoi ! Et là, t'es à 14h, allongé en caleçon dans ta tente à écrire ces conneries et regarder le muletier courir après ses mules. Mais finalement vu l'état de forme d'une partie du groupe, ça aurait pu être une hécatombe si on avait fait le vrai circuit.

Au fait, côté fête, les corbeaux n'auront pas vu la différence, pas un hindouiste à l'horizon. Mais faut reconnaître que contrairement aux autres jours, on en a pas vu beaucoup. Peut-être qu'il y avait vraiment la fête dans une autre vallée...

La dream team est de retour dans sa balade. C'est ballot, le monastère était fermé.

Ricardo, monastère addict

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Ouais aujourd'hui, c'est la fête des chiens. On leur met des colliers de fleurs autour du cou. Bon, ben pas un chien à l'horizon.

Stop dans un petit village. Maisons traditionnelles avec quand même une antenne satellite sur chaque toit. Les toits sont couverts de plants d'haricots en grain ramassés des champs.

Il y a un poste de police. Contrôle paper auprès du guide. Notre venue va l'occuper pour la semaine. Le cannabis est interdit au Népal, il y en a partout ici. Mais que fait la police?

A la pause, Tula a proposé du thé ou des nouilles. On est deux à avoir commandé des nouilles. Quand elles arrivent, gugusette78 râle car elle n'était pas au courant. Ras le bol, tu te frites avec elle. A chaque fois que le guide propose des trucs, elle n'écoute pas où elle n'entend pas. Ensuite elle se plaint qu'il y a des privilégiés dont tu fais parti. Les derniers jours vont être compliqués car ça commence à chauffer dur entre plusieurs gugus.

Les collines sont couvertes de champs en terrasse et c'est quasiment que des femmes qui travaillent dans les champs. Les hommes sont peut-être à l'étranger pour gagner de l'argent.

A chaque village, on passe au monastère... fermé.

Stop déjeuner au petit village de Riwa.

Une dame nous permet de nous installer sur son toit plat. On n'est vraiment pas sur un chemin touristique donc la moitié du village vient voir l'attraction que nous sommes. Difficile de manger quand 20 personnes et gamins te regardent. On leur a donner nos pommes récupérées la veille. Tu trimballes des petites bagues et des billes. Ça a été la distribution pour les enfants. Puis les dames ont en voulu aussi. Et c'est surtout elles qui ont essayé de truander en essayant de passer deux fois.

C'est bien sympa la pause dej mais on a encore un col à passer pour retrouver le camp. On a pas fait 500m qu'on voit le camp, il est 13h. Le col? Beaucoup plus haut! T'as encore rien compris au briefing de la veille. Tu deviendrais sourd toi aussi ? . La vue est imprenable, certes, mais les tentes sont très en pente. Ça va glisser cette nuit. Les tentes sont proches, plus de 50% de la team est sourd donc ils parlent forts et on entend tout. Le gugus71, dit 2 de tension, n'a toujours pas digéré qu'on ai changé d'hôtel à Ringmo il y a 15 jours. Ouais, il boucle. Gugusette78 ne peut pas saquer gugus-lapisse.

L'après midi, les anciens vont monter par le chemin où on ira demain. Au retour, fiers comme pas possible, ils annoncent qu'ils ont fait plus de la moitié du dénivelé positif annoncé par Tula. Méfiance, car Tula n'a jamais pris ce chemin, donc ces infos... Toi, tu t'es mis dans un coin tranquille pour lire et écouter de la musique. D'abord, t'as gugus-lapisse qui se pointe car il cherche un coin pour chier tranquillement. Putain, c'est pas possible ! Ensuite c'est une mule qui vient écouter ta musique. Dès que t'arrêtes, elle se barre.

Ce circuit est un vraiment chemin de croix, chaque jour à sa peine. Et on va avoir 4 jours à Katmandou.

Gugus-trail, le seul avec qui tu déconnes, avait déjà essayé de rentrer plus tôt. Il angoisse de passer 4 jours à tourner avec la fine équipe.

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De pire en pire, va trouver un taureau dans le coin. C'est la loose totale côté fiesta.

A écouter les pros de la veille qui ont monté 200m de dénivelé, il ne devrait rester que 100m. Ça monte direct, pas le moindre faux plat. Euh, on a déjà passé les 300m de dénivelé et ça monte toujours.

Après la pause obligatoire où tu te refroidi, avec gugus-trail, t'es parti devant en lâchant le guide. Il y a juste un aide cuistot dans ton rétro. Finalement, il va profiter de l'aspiration pour te mettre un vent. Arrivé au col, on aura finalement tapé 800m de dénivelé positif. Ils sont où ces 300m de dénivelé ! Mais faut reconnaître que la vue à 360 degrés est superbe.

Maintenant, on a juste 1700m de dénivelé négative pour redescendre sur Dunaï. Ouais ça pique les genoux. Surtout qu'avec gugus-trail on a lâché le groupe pour redescendre avec le Sirdar. C'est pas compliqué, il ne marche pas, il vole au dessus des cailloux. T'as l'impression d'être en chute libre pour arriver à le suivre surtout que t'es en sandales dans les caillasses.

Arrivé à Dunaï, c'est un autre monde. Il y a bien des vaches avec de la peinture rouge sur la tête ou sur le cul. T'en as même une qui t'a donné un coup de tête. T'as rien dit, c'est sa fête mais demain elle va prendre cher si elle recommence.

Au lodge, des adolescentes en tenu traditionnelle dansent sur le terrain de camping. Puis, elles vont ensuite danser à différents endroits dans la rue principale.

Plus loin, des plus jeunes dansent et enfin 50m plus loin des gamines de 8 ans. Toutes ont le sourire alors qu'un groupe d'adolescents dansent en tournant simplement en rond en faisant la gueule. A la fin des danses, les jeunes récupèrent un peu d'argent et faut voir les gamines de 8 ans s'achetaient des sucreries.

Histoire de s'occuper, tu vas faire recoudre t'es pantalons chez le couturier qui a pignon sur rue. 80 centimes par pantalon, tu t'es pas ruiné. Tiens, un chien a eu le droit à sa fête.

Un groupe de canadiens arrivent au camp. Eux aussi ont pas pu passer les cols. Ils partent demain à Dho Tarap (d'où on arrive) sans grandes convictions. Il y avait aussi un groupe d'autrichiens. Ils sont restés coincés 14 jours entre 2 cols.... Faut imaginer la dream team dans ces conditions. Déjà qu'ils se plaignaient quand il n'y avait pas de bois dans le poêle...

Nuit compliqué, t'es à 3 tentes du ronfleur et t'as quand même l'impression que tu partages ta tente avec une tronçonneuse. 4h du matin, une bagnole a fait tourner son moteur juste à quelques mètres de ta tente. Finalement, on est bien dans les montagnes....

Briefing : les gugus ont demandé à Tula comment les aides cuistots et sherpas allaient répartir une fois le circuit terminé. Il a pas fini de répondre, qu'un autre lui repose la même question. 4 fois de suite ! T'es parti te coucher, usé... Imaginez le guide !

Ricardo, usé !

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Aujourd'hui, très simple sur le papier, on va au village de Juphal où en prendra l'avion demain pour rentrer sur Katmandou. Alors va savoir qui a balancé qu'il y avait 300m de dénivelé positif mais il s'est encore bien planté. Le village de Juphal est en plusieurs parties et notre campement est bien sûr dans la partie haute, voir très haute. On a traversé le village, rarement t'as vu autant de plastic dans les ruelles.

On partage le campement avec des poules et des canards. Tout le monde fait sécher ses fringues plus ou moins propres, un vrai camp de romano.

Ta tente est collée au ronfleur. Si tu rajoutes les bestioles qui vont piailler cette nuit, tu ne vas pas encore roupiller beaucoup. A partir de 17h , on a le droit à des danses sur le terrain de camping. Au début des enfants puis ensuite les adultes.

Briefing : demain après les vols Juphal - Nepalganj et Nepalganj - Katmandou, on irait dans la ville de Nagarkot. Et là gugus-connard pète un câble. Extrêmement virulent, c'est inadmissible, il a pas été prévenu, hors de question qu'il n'aille pas à Katmandou. A la base, si on avait fait le circuit normal notre vol vers Katmandou n'était que dans deux jours dans ça n'aurait rien changé. En plus, passer 4 jours à Katmandou, surtout que tout le monde est déjà venu, ça fait long. Et il continue à s'énerver alors que le pauvre Tula ne fait que nous répéter ce que l'agence a prévu. Et en plus, c'est pour qu'on est une vue sympathique sur les montagnes une soirée avant de nous ramener à Katmandou le jour d'après. Gugus-lapisse s'est fait plaisir en le pourrissant. Tula, lui dit que pas de problèmes, l'agence l'amènera à Katmandou. Blabla, finalement le pauvre petit vient avec le troupeau.

Après cet échange houleux, c'est le soir de la remise des pourboires car on quitte les cuistots et sherpas demain. Vu que tout est compliqué, t'as laissé les anciens s'en mêler. T'as juste filé plus de roupies que prévu au sherpa local, Roton, qui t'a semblé avoir beaucoup moins de moyen que les autres.

T'as décidé de dormir à la belle étoile, loin des tentes ronfleurs. 2800m d'altitude, pas de vent, ça devrait aller. Minuit, t'es réveillé tellement t'as chaud dans le sac de couchage. Par contre tout le dessus est trempé à cause de l'humidité. Si tu restes dehors, tu vas récupérer une serpillère donc tu rappliques tout penaud dans ta tente. De tout façon entre le festival d'aboiements et les sherpas qui sont allés prendre une douche à 4h du matin, la nuit a été courte. Seul point positif, c'est nous qui avons réveillé les coqs!

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Aujourd'hui, dernier jour de fête, c'est la fête des frères, sœurs, cousins..

L'aéroport est à 300m. On arrive à l'ouverture des bureaux. Ca commence par une pseudo fouille des sacs à la frontal. Oui, il y a pas d'électricité. A part regarder dans ta trousse de toilettes...

Puis c'est là où t'es content qu'un népalais gère l'administratif pour toi. Un merdier. Il y a d'autres touristes mais on est le gros groupe. A un moment une népalaise tape sur le guichet en s'énervant et en montrant sa réservation. Le gars de l'autre coté du guichet tape encore plus fort en criant plus fort. C'est la surenchère. Ca fait 6 jours qu'elle voit passer les avions atterrir sans monter dedans alors qu'elle a un billet. Vu la pression, tu pousses Tula à se lancer dans la mêlée car il n'est pas trop du genre à s'affirmer. 15 minutes plus tard, Incroyable, on a pesé nos bagages et on a nos billets. Puis c'est la fouille au corps et on est enfin dans la salle qui sert de salle d'embarquement. Seuls les élus y ont accès, on est 17. Derrière, il y a du monde qui va se faire refouler. Il y a un couple de français qui est aussi passé mais leur guide n'a pas eu de place alors qu'il avait la même réservation qu'eux. Par contre notre guide et le guide d'un couple de danois est passé. Apparemment, les places sont prioritaires pour les touristes (on doit les payer plus cher) mais alors pourquoi notre guide est passé ? Celle qui a gueulé fort est là aussi. Comme quoi...

Pour les autres, c'est mort. Il y en aurait qui attendraient depuis plusieurs jours.

En attendant, on voit notre guide sur la piste près de nos bagages. Encore un truc qui pue...

Ouais, trop de poids, donc il y a un de nos sacs qui ne monte pas dans l'avion. Roulette russe? C'est Tula qui s'est sacrifié, il a refilé le sien aux sherpas qui vont revenir à Katmandou en Jeep sur plusieurs jours.

L'avion arrive, pas un passager. Il est rempli de cartons.

Gugus-lapisse qui a la trouille en avion n'arrête pas de causer. Vol tranquille où parfois les ailes sont pas très éloignées des montagnes.

Atterrissage à Nepalganj. Fini les montagnes. Une immense plaine avec jungle et culture. Un terrain plat ! Oui, ça fait 3 semaines qu'on a pas vu un terrain plat.

Remerdier administratif pour l'enregistrement pour le vol vers Katmandou. Mais moins de pression, avec un avion plus gros rarement plein.

Arrivé à Katmandou. Au moment de la récupération des bagages, gugus-lapisse dit à Toula que c'est pas la peine qu'il attende son sac, sympa. Un champion du monde !

Stop au temple en restauration de Changu. Bon, faut aimer...

Et gugus-connard qui sort, qu'il aurait mieux fait d'aller finalement à Katmandou. Euh, on est tous prêt à se cotiser pour te payer un taxi, mon gars.

L'hôtel est au bout du monde mais très joli.

Et première douche chaude depuis 3 semaines ! Quand tu arrives dans une chambre propre, c'est là que, malgré les lingettes, les lavages dans les rivières, tu pues quand même.

De Nagarkot, on est sensé avoir une superbe vue sur les hautes montagnes enneigées. Bon, ben pas cette fois.

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Retour à Katmandou où on a dit au revoir à notre guide Tula. Première fois que le guide nous lâche 3 jours avant la fin sans nous accompagner à l'aéroport même si ce sont des journées libres. Il a dû être épuisé par la situation et le groupe.

Le réceptif nous refile les clefs des chambres et nous a dit à dans 3 jours, en gros demerdez-vous! Même pas un repas de fin trek, rien nada.

Étonnamment il s'est formé 3 groupes. Les 4 plus âgés, gugus-connard tout seul, et gugus-trail, ta pomme et gugus-lapisse qui s'est joint à nous.

C'est le lendemain de 5 jours de fête, les népalais ont mal aux cheveux et étonnamment pas mal de boutiques sont fermées même à Thamel.

Direction asan market pour acheter des épices. Un seul vendeur d'épices ouvert, top le monopole. Alors tu ramènes 4 kg de sel rose (des commandes). A 1,8€ le kilo, t'es pas ruiné, faut juste que ça rentre dans le sac. Alors, comme épices, le curry, le masala et la cardamome qui elle coûte étonnement 5 fois le prix des autres épices.

Autre commande, des grands drapeaux à prières. A Thamel, il y en a partout. Le seul hic, il faudrait qu'ils soient bénis par un moine Euh....

Sinon, il y a du touriste à Thamel. T'es quand même étonné du nombre de touristes qui achètent des vêtements de montagne en contrefaçon. A moins de s'en servir en ville en France, c'est un peu sport de partir en montagne avec du matos qui potentiellement est de la daube. T'as un ou deux magasins qui vendent des vrais produits comme le magasin North Face mais les prix sont les mêmes qu'en France.

Autant lors du trek, t'étais le premier coucher vu l'intérêt des discussions et du radotage autant à Thamel, avec le trio, c'est la tournée des bars.

Le lendemain on décide d'aller dans un premier temps à Bodnat, la plus grande Stupa de Katmandou.

Un gars t'avait dit qu'il avait eu un problème à la jambe et qu'en faisant 3 fois le tour de la Stupa il a plus jamais eu mal. Mouais, gros doutes voir très gros doutes ! T'as fais 5 tours, histoire d'être bien sûr et de soigner ta douleur au genou en profondeur. Y a pas à dire, t'en as fait des conneries pour soigner ton genou comme des séances chamaniques et autre position de perlimpinpin. Mais rien ne vaut la magie d'une bonne piqûre de cortisone ! Pour soigner ta connerie? Euh, c'est au moins 200 tours de Stupa. On verra une prochaine fois.

Une heure dans une boutique pour que gugus-lapisse trouve une tanka qui lui plaise. Compliqué à choisir car le vendeur te montre des tankas qui semblent identiques mais le prix est 5 fois plus cher. Peinture acrylique, peinture minérale, peinte par un étudiant ou un pro... Ensuite faut choisir le tissu d'encadrement.

En parfait touriste, il doit aussi acheter le bol chanteur. Pareil, des dizaines de sorte de bol. Et en fonction de la vibration, cela concerne un des 7 chakras. Le gars a un appareil pour identifier la fréquence et ensuite t'indique le chakra correspondant. T'en aurais bien acheter un mais il y a pas le chakra de la connerie !

Le shopping effectué, on tente un des restos en rooftop autour de la stupa. On a commandé des noodles, on a eu du riz frit !

L'après midi, direction un site très particulier de Pashupatinath. Il y a une petite colline plein de singes que tu surveilles d'un oeil. On sait jamais avec ces bestioles. Soit les temples sont interdits au non hindouistes soit ils sont en sales état et pas ouverts. Mais la particularité de Pashupatinath est que c'est un grand lieu de crémation pour les hindous.

Bien sûr, traînent des plus ou moins véritables sadhus. C'est à celui qui sera le plus 'deguisé' pour attirer le plus de touristes qui payeront pour faire la photo. T'as laissé gugus-lapisse claquait son pognon.

Le site est au bord de la rivière Bagmati. Il y a plusieurs plateformes funéraires. A l'époque, une plateforme était réservée à la famille royale mais maintenant elle est accessible aux VIP. Le manant du coin, lui, sera incinéré sur une des plateformes beaucoup plus loin. Il y a 2 petits ponts, d'un côté 2 plateformes pour les pointures et de l'autre côté, des dizaines de plateformes pour le tout venant. Va savoir si c'est suite aux excès des 5 jours de fête mais il y avait du monde côté VIP !

Les très proches du défunt lui lavent les pieds dans la rivière avant de l'enfermer dans son linceul puis de le déposer sur le bûcher.

Aujourd'hui direction Swayambhunath en haut d'une colline avec vue sur Katmandou. Soit tu montes en taxi quasiment en haut de la colline, soit tu te tapes une centaine de marches très pentues. En haut, un stupa et des petits temples. Mais surtout le show des singes. Ils attendent que des offrandes soient déposées pour aller chourrer des oranges et autres fruits.

A part les vendeurs de souvenirs classiques, il y a les vendeurs d'offrandes et aussi 2 vendeurs de fruits. Pour les singes, ces 2 derniers, c'est un peu comme la banque de France. S'ils arrivent à les braquer, ils font bombance toute la journée. Du coup, les vendeurs ont des batons voir des lance pierres. Il suffit que le vendeur sorte son lance pierres et tende l'élastique (même sans pierre) en direction des singes pour que ça soit la débandade. Et dix secondes plus tard, il leur lance des morceaux de fruits. Forcément le primate est un peu perdu...

Puis redescente vers Durbar Square, haut lieu touristique de Katmandou. A se demander à quoi sert l'argent des tickets d'entrée car t'as pas l'impression que la rénovation avance beaucoup. Une grande esplanade avec pleins d'étales de souvenirs plus ou moins népalais. La maison de la fameuse Kumari qui sort sur son balcon 2 fois pas jour, un palais dont tu visites que le sous-sol et plusieurs temples.

On a retrouvé le reste du groupe pour un dîner commun le dernier soir. Bizarrement, ils t'ont pas manqué ces 2 derniers jours. Le serveur nous ouvre les bouteilles de bière. Gugus-connard s'énerve car il n'a pas besoin que quelqu'un lui ouvre sa bouteille... Fatiguant jusqu'au bout le gugus.

Tout le monde repart demain sauf gugusette78 qui reste un mois de plus. Elle part en jeep pour rejoindre la région du Khumbu. Puis elle enquille en solo la montée vers Namche Bazar puis Tengboche. A 78 balais, respect !

FIN - Madre de dios! Quand tu relis ton tout premier post, t'étais vraiment à des années lumières de la galère de ce circuit. En tout cas, le guide aura fait de soin mieux vu toutes les enmerdes et le groupe.