Petit tour en Indonésie

Du 4 octobre au 27 novembre 2008
55 jours
Partager ce carnet de voyage
1

Yo la France de Sarko...

Bon, c'est fini les papous.

Changement de décor : Sulawesi (les Célèbes) et plus particulièrement la région Toraja où ils ont des maisons incroyables (l'avant et l'arrière du toit sont relevés comme la prou et la poupe d'un bateau) et gardent des traditions très particulières lors des funérailles. ‘Coup de pot’, un membre du village de mon guide est décédé et une grande cérémonie est organisée où bien évidemment tu es invité (tous les étrangers sont les bienvenus). http://www.baliautrement.com/paystoraja.htm

C'est très particulier. En fait, la personne est morte il y a 5 ans mais la famille décide de la garder dans leur maison pendant un certain temps. La personne est embaumée plus du formol et n'est pas considérée comme morte mais simplement malade. En fonction du statut du mort, la cérémonie peut durer sept jours. Moi, j'ai simplement assisté à la première journée. Entre autre, il y a une procession où il porte le cercueil mais comme la personne est considérée vivante et que c'est le dernier moment où ils peuvent encore être avec elle, les gens qui portent le cercueil le secoue dans tous les sens et rigolent comme s'ils étaient avec quelqu’un de vivant. Et ils ont quasiment construits un village pour recevoir tous les gens. Après il y a le sacrifice d'animaux et ici, en pays Toraja, c'est le pays du buffle. Ca pullule de partout. Le premier jour, ils ont en sacrifié deux mais au total il y en aura une trentaine. Pour une personne de haut rang, le minimum est 24. C'est impressionnant, le buffle est attaché par une patte à un tronc, quelqu’un lui soulève la tête et d'un geste super rapide, il lui tranche la gorge (désolé pour les détails). Du coup, le buffle se débat et courre les quelques instants qui lui reste à vivre avant de s’écrouler. Et à ce moment là, mieux vaut ne pas être au milieu. Toi tu t'y attends pas, ton guide t'a prévenu de faire attention. Bien évidemment, tu l'as pas écouté, t'es à 2 mètres du buffle mais cout de pot il est parti dans la direction opposé. Sinon, ils étaient bon pour organiser une autre cérémonie... 10 minutes après, la bête est déjà découpée et partagée...

Apres, t'as le droit à des combats de buffle. Tu t'attends à du sang et de la violence. Ils amènent un premier buffle dans la rizière. Puis un gars amène un 2eme bulle et là il y a plusieurs possibilités. Dans la plupart des cas, quand un des buffles voit l'autre, il fait demi-tour à toute vitesse et tout le monde se fout de la gueule du propriétaire. Mais quand le buffle qui a trouille fonce vers les spectateurs, c'est eux qui font moins les fier. Dans un autre village, suite à la débandade d'un buffle, y a un spectateur qui s'est fait encorné et hop direction l'hôpital. 2éme cas, le buffle ne fait pas demi-tour. Les propriétaires les laissent à une dizaine de mètres l'un de l'autre. Véridique, chaque buffle s'est retourné vers son propriétaire avec un regard du genre ‘et maintenant, on fait quoi?’. Puis finalement, ils ont un peu marché en rond quand l'un d'eux s'est dit que finalement, il fallait bien faire quelque chose donc il est allé sans grande conviction donné un grand coup de tête à l'autre buffle. Ca a duré deux secondes et l'un d'eux s'est barré. Au suivant...Voila les fameux combats de buffle...Au moins les gens rigolent et il n'y a pas de sang.

Toujours concernant les cérémonies mortuaires. Si tu es une personne de haut rang et qu'il y a eu au moins 24 buffles sacrifiés (sans compter nos amis les cochons), un sculpteur va faire un mannequin en bois (un tau tau) te représentant qui sera accroché à une falaise. Donc, t'as plein de mannequin en bois sur les sites funéraires. Il y a des touristes qui se font faire des ‘tau tau’ (faites une recherche sur internet). Si ca intéresse quelqu’un, ca coute environ 10 millions de rupiah et il faut m'envoyer une photo. Ca prend 3 semaines...

J'ai pas trop l'habitude de vous raconter les traditions des pays où je passe mais celle-ci est vraiment très spécifique et c'est la seule qui n'a pas encore été annihilée par nos amis les missionnaires.

Avant, lors de la mort d'un bébé, ils creusaient un trou dans un arbre et le mettait à l'intérieur. Mais pas n'importe quel arbre. Un arbre à sève qui représente le lait maternel. Et comme c'était un bébé et qu'il ne marchait pas encore, l'esprit du bébé montait dans l'arbre et d'en haut pouvait s'envoler.

Les paysages, c'est rizière et buffle. Ils pullulent mais étonnamment les gars du coin ne se sont pas lancer dans la mozzarelle. Un business à monter? Voila, c'est terminé pour la minute culturel mais si vous allez en Indonésie c'est vraiment très intéressant d'aller dans les Célèbes et en pays Toraja.

Revenons à mes petits malheurs quotidiens. Arrivé à Sulawesi où il faisait super chaud, je demande au chauffeur de taxi depuis quand il a pas plut (je maitrise l'indonésien sur tout ce qui est météo...). Réponse 30 jours. Je prends un bus, 2 heures après il pleut. C'est pas exceptionnel ? Du coup, j'ai été contacté par Al Gore pour un job: C'est super simple. On me lâche 2 mois dans le Sahara et on me récupère quand c'est devenu une plaine luxuriante après les 2 mois de pluie incessante que je vais faire tomber là-bas...

Mes 2 paires de chaussure viennent de rendre de l'âme et ici c'est pas cher mais tout ce que tu achètes dure pas longtemps et putain, qu'est ce qu'elles font mal au pied. Au bout de 2 heures j'ai des pansements partout... J'ai pas pu vous envoyer beaucoup de photos car internet rame trop mais maintenant c'est définitif. L'appareil a rendu l'âme, L'objectif ne veut plus sortir et j'imagine même pas essayer de trouver un endroit pour essayer de le faire réparer... En une journée, 2 paires de pompes et un appareil photo... Ca commence à revenir cher cette histoire...

Le pays Toraja a été christianisé donc très peu de musulman dans le coin mais j'ai quand même réalisé que j'ai choisi mon hôtel près de la seule mosquée....Et en plus, dans le jardin du voisin il y a 3 enc.. de coqs et ils beuglent des 4h du matin. Ce soir, je vais me venger, je vais leur balancer des pierres pour les réveiller. Histoire que si je dors peu, eux aussi...Le risque c'est qu'ils foutent le bordel dés 10h du soir...Je sais, c'est mesquin mais on se venge comme on peut...

Buffalo Ricardo

2

Ici, le buffle, c'est l'animal roi et ça peut couter jusqu'a 8000 euros.

T'es en train de marcher le long des rizières en terrasse (fabuleux paysages) quand le guide s'arrête à quelques mètres d'un buffle. Bizarre. En principe il y a aucun risque de passer à côté, c'est plutôt placide comme bestiole mais bon...une minute plus tard, T'as toujours pas bougé...Bon... Finalement, on repart et le guide te dit avec admiration que c'est un très beau buffle et qu'il coute dans les 5000 euros. En France, les gens regardent les belles bagnoles, ici ce sont les buffles...

Histoire de marcher un peu, j'avais décidé d'aller dans une autre vallée au village de Mamasa. Les guides te disent qu'il faut 3 jours pour y aller. Sur le bouquin, on te dit que le premier jour tu fais la moitié du chemin en scooter et donc t'as que 7 km à marcher, le 2eme jour 20 km en 6h et le troisième jour 23 km en 8h. Soit au total dans les 50 km à suivre une route en terre où tu ne peux pas te perdre. J'ai envoyé balader les guides en leur disant que c'est faisable en une journée, bande de fainéants...et j'ai évité de trouver d'autres gars motivés pour venir de peur de tomber sur un boulet de première...

A 12h, j'avais effectué ce qui correspondait aux 2 premiers jours de marche. 20 minutes de stop, histoire de manger quelques biscuits et une boite de sardine (grand luxe, la bouffe) pour reprendre des forces. Et après, ce n'est plus qu'une longue, interminable montée. T'es tellement crevé que t'as pas la force de regarder les paysages. A 14h30, tu te dis que tu vas dormir sur le bord du chemin. Et le pire, c'est que, malgré la route défoncée, il y a des gens en scooter qui passent, ce sont les taxis locaux. 14h45, Ca sent le sapin cette histoire, tu dois être a 300m du sommet et après c'est encore 12 km de descente. Et tu te dis que ca va pas le faire et que les conneries ont une limite. Un mec en scooter arrive mais en sens inverse et pour une fois il n'a pas de passager. T'es prêt à payer n'importe quel prix pour qu'il fasse demi-tour et t'emmène au village. Le gars te demande la somme exorbitante de 5,5 euros pour t'emmener.

Et bien, t'as beau être fatigué, t'es tellement con que tu refuses car tu sais que c'est pas le bon prix et que tu continues ton chemin (mouais, 10m environ), tu te retournes et tu lui proposes 4 euros. S'il te dit non et qu'il se casse, tu te maudits à vie... Le gars accepte et ca te prend une heure de scooter pour arriver au village. Putain, c'est dur de vieillir et surtout d'approcher la trentaine (non, il y a pas d'erreurs...). A l'hôtel, douche puis 3 heures de sieste comateuse intensive, diner puis nuit de 10 heures de récupération. Tout ca pour aller dans un village où tellement t’es crevé, tu fais même pas de ballade dans les alentours, tu loues un scooter (sans frein avant, sans éclairage, sans pas grand-chose en fait) pour 5 euros la journée et 50 centimes d'essence, histoire d'avoir les fesses assises.

Pour le retour, on arrête les conneries, j'ai tout fait en scooter. Mais vous n'imaginez pas la route. Le mec quand il est venu avec son scooter, il était nickel. Quand il m'a laissé, son scooter était fracassé et ca m'a couté 8 euros pour 2h30 de trajet. A Mamasa, il y a très peu de touristes et aucun quand j'y étais. Donc pas de restos pour touristes ou de trucs dans le genre. Donc tu vas manger dans les bouibouis locaux. C'est vrai que les gars sont surpris de te voir débouler. Pour 2 euros, j'ai eu un plat de crevettes succulentes... Le retour en France va être dur....

Demain, je pars pour 2 jours de 2 fois 10 heures de bus...Je vais récupérer...Je m'embarque encore dans un coin qui va pas être simple, Morowali, même les locaux connaissent pas et aucune info sur les forums de voyage. Il y a encore quelques années, les gens vivaient dans des maisons en haut des arbres....Avec ma chance, maintenant, ils auront un téléphone portable.... En même temps que je vous écris, il y a le barbu, en haut de son minaret qui se lâche mais le haut parleur fonctionne mal, on entend seulement baaaabeuuuuuu. Le matin, il commence à 4h30. Mais ce n’est pas grave, je suis déjà réveillé, les coqs commencent à 3h30. Je vais aller diner, puis repasser 10 minutes sur internet voir si certains m'ont répondu et essayer de dormir jusqu’à 3h30, après, c'est plus la peine...

Ricardo le trentenaire (sur la fin)

3

Oui, miracle, je suis dans un endroit (Kolonodale), je ne pensais même pas qu'ils avaient l'électricité et ils ont l'internet le plus rapide d'Indonésie.

Dans mon dernier mail, je partais le lendemain en bus pour Tentena. Déjà, on te dit de te pointer à 8h30 même si le bus est a 9h en cas où miracle, il partirait en avance. Il arrive à 9h10 et le temps de charger les sacs de riz et autre conneries, on part à 10h. Et ca ne fait pas 2 minutes qu'on est dans le bus, que les gars, chauffeur compris, fument comme des pompiers. 5 km plus loin dans un tournant tout simple, ce gros nul de chauffeur est allé tout droit et on a fini en parti dans le bas côté... Il essaye de sortir le bus et il est tellement fort qu'il se fout encore plus dans le bas côté. Les 2 aides du chauffeur (ouais, en plus il a 2 aides...) vont sous le bus pour voir ce qui ne va pas et pendant ce temps, l'autre se met à l'ombre tranquillement.

Les indonésiens sont des gens patients et assez fatalistes sur certains points... Au bout de 2 heures, je leur demande ce qu'on attend car visiblement il y a un truc de péter sous le bus. Ils espèrent que la compagnie va envoyer un autre bus. Le bureau de la compagnie est à 5 km, ca fait longtemps qu'ils auraient fait quelque chose. J'ai craqué quand j'ai vu toute la bande de charlot ressortir de dessous le bus et venir s'installer boire un café, peinard. J'ai pris mon sac et je suis retourné en ville avec un billet pour le bus du lendemain, même compagnie. N'ayant rien à foutre, je loué une moto. 2 heures après c'est l'embrayage qui lâche, quasi impossible de passer les vitesses.... Putain de journée!!

Donc le lendemain, c'est reparti avec le bus. Incroyable, on est parti à 8h30. Il doit y avoir 300km, on a mis 11 heures. En fait, à chaque fois que tu prends un passager, ca prend 15 minutes, le temps de charger ses paquets et ses sacs de riz de 50 kg. A croire qu'il déménage.

Je vous passe aussi la crevaison et pas de roue de secours... Finalement, j'en ai eu plein le cul et je suis descendu à un village (Pendolo), 80 km avant mon point d'arrivée. Là, on te dit qu'il y a un hôtel mais manque de pot (ca continue...), coupure de courant dans le village, donc tu marches seul avec ta lampe frontale sur le bord de la route (oui, en partant à 8h30 du matin, t'es arrivé à 19h30 du soir et il fait nuit). Un jeune t'indique où est l'hôtel, sur une petite route à 200m de la route principale. T'arrives devant l'hôtel qui a l'air désert et tu te dis que ca va pas être simple cette histoire. T'appelles, personne...Et là, tu te dis, qu'on arrête de déconner et tu fonces vers le bus qui s'était arrêté pour la pause diner pour finalement aller dans la ville prévu (Tentena). Mais tu recroises le jeune qui te dit que s'est ouvert donc tu repars avec lui et effectivement, il faut marcher 200m à l'intérieur de l'enceinte pour trouver un mec avec une bougie étonné de voir un touriste débarqué.

Le lendemain, c'est dimanche et ca beau être un pays musulman, les transports en commun et beaucoup de magasins sont fermés. Et t'es resté dans ce village la veille car un local t'as dis qu'il n'y aurait pas de problèmes pour trouver un transport... Que dal!!! Seule solution tu prends un ojek (un mec en scooter) pour faire 50km pour aller à l'intersection de la route principale où tu espères trouver un bus pour aller au bled perdu dont tu ne sais même pas pourquoi t'y vas. Le seul problème, c'est que t'as 20 kg de sac à dos et qu'en plus, à peine parti en scooter il se met à pleuvoir et t'es en short, t-shirt, tongues et sans casque. A la moindre gamelle, t'as besoin de te faire greffer une nouvelle peau.

Arriver à Taripa, t'espères chopper le moindre transport qui t'emmène à Konolodale. C'est mal barré. On te dit d'attendre ‘sebentar’. Ca veut dire ‘un moment’. Mais un moment ici peut durer une journée...Seul solution, tu attends côté du poste de police et forcement il y en a un qui vient discuter avec toi (doit pas avoir beaucoup de touristes qui viennent poireauter dans le coin..). Et du coup, lorsqu'un camion est passé, il lui a fait signe de s'arrêter. Le gars, inquiet est sorti avec ses papiers et certainement du pognon dans la poche (à chaque poste de police, l'aide du chauffeur de bus descend et va donner un bifton. Ici, le job de policier s'achète 8000 euros, après, il le rentabilise...). Et du coup je suis monté dans le camion grâce au flic.

Sur une base 30 km/h pour faire 150 km ca fait une longue journée surtout qu'on crève de chaud. Au moins, à cette vitesse, l'accident tu le vois arrivé. Et après ça, vous appelez ca toujours des vacances??? Je pense que je vais aller faire l'australien à Bali, boire de la bière vautré sur la plage et me faire faire des massages...

Pour finalement arrivé à ma destination où, incroyable, un couple de français revient d'une ballade dans la jungle où vit le peuple Wana. Et du coup, je récupère leur guide (sinon impossible d'en trouver un) et demain je prends une pirogue à moteur pendant 6 heures pour traverser un bras de mer et remonter le fleuve Morowali. Ils vont m'organiser une séance chamanique, il faut apporter de l'alcool et du tabac...

Là-bas, l'argent leur sert à rien, tu les payes en sac de riz et médicaments!!!

Si tout va bien, si je ne me fais pas chamaniser, je reviens vendredi.

Ricardo plein le dos

4

Salut, j'en profite d'avoir un accès internet au milieu de nulle part pour envoyer les quelques photos du pays Toraja et de la région du peuple Wana d'où je revient.

Sans déconner, c'est le délire dans ce pays. Les mecs, ils pensent parce qu'ils parlent 3 mots d'anglais, qu'ils peuvent être guide. Pour 4 jours, le mec te demande d'acheter 50 kg de riz. Ok, on va en offrir dans le village où tu vas dormir. Puis, il faut acheter des cigarettes, 2 cartouches plus un tube de 80 cm de long rempli de tabac, plus de l'alcool, environ 20 litres... T'as beau être gentil, t'es pas non plus l'épicerie qui fait journée porte ouverte. Et ca continue, plein de paquets de café, de sucre... Ca revient cher, la fameuse cérémonie du chaman.

Pour rejoindre la région Wana, il faut traverser un bras de mer. Tu pars avec une pirogue où il y a de l'espace entre les jointures des planches et le moteur est à peine plus puissant qu'un moteur de tondeuse à gazon. Et il faut partir tôt car après il y a des vagues et ca peut être chaud. Les gilets de sauvetage. Hein? Les quoi? On ne connait pas ici. Finalement, tu traverses sans problème et maintenant il faut remonter une petite rivière pendant 2 heures, traverser un lac et remonter encore pendant une heure. En cours de route, on laisse un gars qui ni vu ni connu essaye de se barrer avec une bouteille d'alcool. Il y a fallut que je gueule sinon chacun se sert tranquillement. Finalement t'arrives à l’endroit où tu laisses la pirogue. Et le gars te dit qu'il faut payer des porteurs pour transporter le riz, l'alcool et les autres cadeaux. Ouais, vous avez bien lu, il faut payer les habitants du coin pour qu'ils portent les cadeaux que tu vas leur donner. A 2 doigts de les envoyer tous chier! 2 heures de marche dans la jungle plus tard, t'arrives à leur village Kayupuli qui consiste en quelques cabanes au bord de la rivière Morowali. Bien sûr tu t'attends pas à une fête de bienvenue (t'étais pas attendu) mais les gens font comme si t'existais pas. Ca doit être la timidité... Tu t'installes avec ton guide dans la cabane du gars qui t'as emmené en bateau. Puis le guide s'en va tranquillement discuter avec les gens et te laisse en plan. Top, la fin de journée va être longue. Pas con pour une fois, t'as emmené un bouquin de 500 pages, ca devrait suffire.

La seule chose qu'on te demande, c'est les clopes... T'installes ta moustiquaire (oui, il y en a plein qui ont le palu et t'as acheté des médicaments pour un montant d'un mois de salaire d'un prof en Indonésie..), un repas de riz et puis c'est l'heure d'aller dormir en te disant que demain, ca devrait être mieux...surtout qu'ils vont organiser la cérémonie chamanique. Le lendemain, temps pourri. Tu poses une question à ton guide et à chaque fois il n’a aucune idée de la réponse. Finalement entre 2 accalmies, tu vas faire une ballade et tu as le droit à un guide supplémentaire qui a 7 ans... Il porte une machette dont la lame est plus grande que son bras. Et tu pars avec lui relever les pièges à poulet sauvage et ramasser la sève des arbres.

Pour attraper ces bestioles, ils construisent une sorte de barricade sur 200m de long dans la jungle et posent des pièges aux seuls endroits où elles peuvent passer. Mais rien de rien. Et c'est le gamin qui te guide dans la jungle, remet en place les pièges et connais où sont les arbres à sève. Il utilise sa machette pour entailler les arbres. Retour à la maison, il est 11h et tu bulles jusqu'en début de soirée.

Alors, la cérémonie chamanique est une cérémonie de guérison. Il y a 2 personnes qui utilisent des gongs et deux autres des percussions. Et tout le monde est là, même les enfants. Si tu t'attendais à un truc secret dans un endroit retiré, que dal. Un bordel pas possible. Et puis c'est la fête, alcool et clopes à volonté, c'est la maison Ricardo qui fait open bar. Les gamins de 12 ans en profitent, ils fument et boivent comme pas possible. Et même les parents donnent des taffs à leur gamin de 5-6 ans... La maison a beau être ouverte de partout, ca sent la clope, une horreur. Il y a aussi une corbeille d'offrande où on met à l'intérieur ce qu'on veut que les esprits apportent. Donc, il y a du riz, du poisson, de l'alcool et des clopes bien sur. Mais en plus, on te demande de donner un vêtement et du pognon. T'as amené le minimum de fringue, la seule chose que tu as en double, ce sont des chaussettes mais non, ca ne conviendra pas à l'esprit. Bizarre, ca reste un pourtant vêtement... Donc, tu files ta casquette et ca passe à la rigueur... après négociation.

Donc, tu demandes à ton guide (car il est guide depuis des années mais il connait rien à leur cérémonie...) qu'il demande à un local pourquoi de l'argent alors qu'avant ca n'existait pas et surtout qu'est ce qu'ils font des fringues le lendemain une fois que l'esprit s'en est servi. La réponse est exceptionnelle : L'argent, ca n'existait pas avant mais maintenant que ca existe, t'en qu'a faire, y a qu'a en demander... (c'est pas dit mais ca parait évident que ca serait trop con de mettre son propre argent, vaut mieux le demander à ‘Ricardo banque en déroute’) Mais la meilleure c'est pour les fringues. En fait, le lendemain de la cérémonie quelqu’un récupère les fringues pour lui. Et tu comprends maintenant pourquoi une paire de chaussettes ca n'allait pas, ils sont tous pieds, que veux tu qu'ils en fassent....

Un des chamans se lève et commence à bouger en rythme et à marmonner des sons mais le bordel autour de lui ne le dérange pas. Puis il se rassoit et ceux qui sont malades passent le voir. Il souffle sur les endroits où ils ont mal, fait de l'imposition des mains et fait des bisous comme s'il aspirait le mal puis le jette par la fenêtre. Chaque chaman est spécialisé. Toi, 2 heures avant, on t'as donné un bout de je ne sais quel gibier à manger et 30 minutes plus tard t'avais mal au ventre (donc t'en avais parlé au chaman et avant la cérémonie, il pensait que parce que ce matin tu étais passe près d'une tombe et que comme t'es un étranger, l'esprit du mort n'avait pas apprécié. T'es à 2 doigts d'aller pourrir ton guide qui t'a amenait voir cette tombe, c'est sa faute à ce con, si t'es malade. Donc tu expliques où tu as mal (encore heureux que t'avais vu comment ca se passait pour les autres malades, car si t'avais dit que t'avais mal a la fesse droite...). Un 2eme chaman se lance dans sa danse et puis s'est ton tour d'être soigné. T'es allongé sur le dos et le gars soufflète sur ton ventre, pose la main, puis fait comme s'il t'ouvrait le ventre et avec un t-shirt attrape quelque chose, regarde ce que c'est, le montre à ton guide et fait comme si c'était évident, qu'il avait trouvé le mal. Traduction du guide (oui, occasionnellement, il te parle) : c'est hier, en passant par le lac, j'ai attrapé un mauvais esprit... Le chaman jette le mauvais esprit par la fenêtre et fait comme s'il refermait le ventre et fais quelques bisous...

La cérémonie a du commencer vers les 20h, toi, enfumé comme pas possible, t'es allé essayer de t'en dormir à coté vers 23h entre 2 coups de gongs. Ce coup ce sont les poulets qu'ont du avoir du mal à dormir...vengeance.

Lendemain réveil à 5h30, ca jouait encore du gong...Finalement, j'ai prétexté que j'avais encore mal au ventre pour rentrer plus tôt que prévu car passer 10h dans une baraque enfumée à rien comprendre de ce que disent les gens avec un connard de pseudo guide, ca fatigue à force... Mais comme, on ne peut traverser la mer que tôt le matin et que ce con de guide a vraiment pris tout son temps pour revenir, on a dormi (voir photo) dans une cabane au dessus de l'eau.

C'est confirmé, fini les plans pourris, on va rester dans les standards touristiques, poser mes fesses sur les plages et buller. Je pensais aller dans un autre parc voir des mégalithes mais je sens que je vais encore me chopper une brelle de guide...

Ricardo open bar

5

Salut les boulés (voir plus bas pour l'explication),

Extrait du guide sur l'Indonésie : "Palu, one of the driest places in Indonesia". Bon, je veux bien reconnaitre que je ne suis pas parfaitement bilingue mais quant tu lis ça dans ton bouquin, tu sors confiant le soir pour aller diner...Je vous écris, je suis trempé... No comment. Du coup, tu pars plus au nord a Manado, histoire d'éviter la pluie.

Tu vas visiter le parc de Tangkoko ou tu peux voir une espèce de minuscule primate, le tarsier. Une bestiole grande comme le poing et qui sort le soir pour se nourrir d'insectes. Tu prends un guide, t'es seul avec le guide, et tu vas à la tomber de la nuit dans le parc et t'arrives à l'arbre où il y a 2 tarsiers qui se cachent mais il n'y a pas que les tarsiers, il y a aussi 15 touristes... T'es dans le hot spot du coin, tout le monde est là pour voir les bestioles. Et donc, on est tous avec nos torches à essayer de les trouver. Et ces pauvres bêtes qui attendent la nuit pour sortir et se nourrir, ca va pas encore être ce soir qu'elles vont bouffer. Ben oui, quand tu as 15 nazes qui te suivent avec leur lampe torche, c'est mal barré pour attraper de la bouffe... Finalement, elles sont arrivées à nous semer et chacun est reparti. Il y a ceux, grand luxe, venu en bagnole, et t'as le charlot comme toi qui est à pied avec son guide. Au retour le guide regarde dans certains troncs pour essayer de voir des tarentules et tu réalises que t'es en sandales-short...

Arrivé au bureau des rangers, le guide te laisse et t'as encore 1 km à faire de nuit pour ressortir du parc. Sauf que, ta pauvre petite lampe donne des grands signes de faiblesse et qu'au bout de quelques minutes, t'as juste un simple halot lumineux qui t'éclaire. Tu vois même pas tes pieds et donc tu sais pas sur quoi tu marches ou ce qui pourrait être au sol...comme des tarentules par exemple... Et si la lampe te lâche, reste plus que ton appareil photo. Oui, tu prends une photo avec le flash pour t'éclairer le chemin... (c'est la leçon 5 du Mike Gyver survival book).

Retour au bord de la mer, histoire de manger du bon poisson, il peut pas être plus frais, t'as les pieds dans l'eau. T'es au bord de la mer, Tu vas dans un resto commander des crevettes et on te les montre. Elles sont congelées.... Pareil pour le poisson, faut éviter le poisson cru. Ils mettent du formol dans le poisson pour le conserver car ca revient moins cher que les blocs de glace...Pays de fou!!!

Au large de Manado, tu as une petite ile Siladen. Rien que le nom de l'hébergement : ‘l'auberge de la plage’, bien évidemment tenu par un français. Du moment où tu poses le pied sur le sable blanc de l'ile jusqu'au moment où tu reprends le bateau, soit 2,5 jours, t'as bien du avoir 10 minutes max de soleil. Et sur une petite ile où il y a pas grand chose à foutre à part se baigner et bronzer, quand il pleut, 2,5 jours c'est long. Il y avait d'autres français, on a joué au Uno... Putain, venir si loin pour jouer au Uno... Y a des jours où tu te demandes si finalement Paris...

Histoire d'éviter le mauvais temps, tu pars encore plus au nord, l'ile de Siau (Caroline, à ton atlas...), 4 heures de ferry, 4 heures de mauvais temps. T'as acheté un billet classe VIP, en fait, c'est classe congélateur avec le film Rambo IV...Au bout de 30 secondes t'en ressors glacé et donc tu rejoins la classe économique où tu n'auras pas 30 secondes tranquille car il y a toujours quelqu’un qui veut te parler. Arrivé sur l'ile, il tombe des cordes... Putain, ils vont être longs ces 4 jours... Coup de pot, le lendemain, c'est un peu dégagé et tu vois, au miracle, le sommet du volcan. Le volcan est en activité, il fume sans arrêt, et il y a de tous les cotes de grandes anciennes coulées de lave. Et les villages sont au pied du volcan. Le jour où il pète, c'est un nouveau Pompéi... Impossible de trouver un mec qui veut monter au volcan... Tu penses finalement que tu vas rester sur l'ile car il fait un temps correct (je n’ai pas dit beau temps) mais t'apprends que le bateau express qui repart le jeudi soir est annulé et ne repartira que le vendredi donc tu rates ton avion...Et donc, tu prends, le soir même, le premier bateau dispo qui met 9h pour revenir à Manado. Quand tu vois le ferry, tu te dis que si la mer est démontée, tu vas aller taper le bout de gras avec les mérous au fond de l'eau. Rien que le nom du bateau "ave Maria". Et quand on est parti, tous ceux qui étaient à côté de moi ont fait une prière...

Un truc qui est fatiguant à force, c'est que sans arrêt, t'as des gens de tout âge, du gamin à la mamie, qui quand tu passes te lance un "hé mister". Alors, ça peu paraitre sympa au début mais sur l'ile dont je reviens, ca a été une horreur. Et le terme pour touriste est ‘boulé’. En une journée, on a du m'appeler 200 fois "hé boulé". Sans arrêt, sans arrêt. A force, tu ne te retournes plus, alors les gens insistent et le crient de plus en plus fort. Tu mets ton casque pour écouter de la musique et tu lis, c'est pas un problème, y a quelqu’un qui va venir te lancer un mister ou boulé. Tu loues un scooter, t'as des mecs en scooter qui te rattrapent et qui te lancent un "hé boulé" et qui te font t'arrêter pour te parler.

Tu te dis que tu vas aller déjeuner, au moins tu seras tranquille. Tu t'installes à une table d'un bouiboui, assez loin de l'entrée, t'es en train de manger un poisson (frais?) qui t'arrache la gueule à cause de leur piment, et bien t'as un gars qui rentre (même pas un client) et qui vient te demander en indonésien d'où tu viens (je lui aurais bien répondu "de ton cul" mais mon niveau d'indo n’est pas suffisant et je suis pas sûr que ca passe même avec un grand sourire). Donc, gentiment, tu lui dis que t'es en train de manger et au miracle, une table à côté a dit la même chose au mec qui est finalement reparti tout penaud.

De retour a Manado, je viens d'essayer les spécialistes culinaires du coin qui ne sont pas sur les menus des restos à touristes. Un bouiboui en bordure de route avec 4 tables. Je viens de gouter à du Batman et du Rintintin. Mais c'est tellement épicé que tu ne sens pas vraiment de goût. J'ai juste un doute si je devais manger les ailes de batman....

Rat, chien et chauve-souris, bon appétit 

Avant dernier jour dans les Célèbes (demain, je tente de trouver un mec qui veuille bien me montrer le chemin qui monte au volcan Lokon mais c'est pas encore gagné.) et après direction KL avant d'aller sur Bali.

Ricardo, le boulé qu'en a plein le C...

6

Bali, île emblème touristique d’Indonésie. Je n’étais pas motivé pour y aller mais Caroline venait me rejoindre pour trois semaines. Je suis arrivé quelques jours avant à Legian, ville touristique remplie de surfeurs plein de bières arpentant une rue sans fin remplie de boutiques de fringues, de bars, de restos et autre.

Trois jours après, Caroline est arrivée. L'ile est assez exceptionnelle car il y a des temples hindous partout et certains balinais conservent leur tenue traditionnelle. Avec un scooter, on est allé voir des temples hindous en bord de mer. Très sympa sauf les dizaines de boutiques qui les entourent et les locaux qui te harcèlent pour te vendre leur merde. Le soir, spectacle de danse Kecak au temple d’Uluwaru. Il n’y a pas d’instruments de musique car ce sont les ‘danseurs’ qui rythment au son de ‘tchakacha’.

Malgré sa peur de l’avion, Caroline a repris un avion indonésien (toutes les compagnies indonésiennes sont blacklistées) pour aller sur l’île de Flores. Après 2 heures d’avion où on a été secoué, on est enfin arrivé à Maumere sur l’ile de Flores. La ville est naze et on a pris la flotte, ca faisait longtemps. On a négocié un taxi pour quatre jours pour traverser toute l’île. Le premier stop est à Moni où le matin à 4h30 on est parti voir le lever du soleil sur des lacs volcaniques de couleur vert, noir et marron.

Le lendemain, c’est Bajawa, ville en pays Nagda. Elle est entourée de villages traditionnels et de lacs volcaniques de couleur rouge. Le guide qu’on a pris pour nous expliquer leur tradition a passé plus de temps à draguer Caroline qu’à nous donner des explications. On est aussi passé par une plage de galets bleutés. Le truc chiant est qu’on est toujours avec notre chauffeur de taxi qui essaye de trouver des raisons pour rallonger le trajet et gagner des jours supplémentaires. 3eme étape à Ruteng où on est allé se baigner dans des sources d’eau chaude naturelles. Un délice car ici pas d’eau chaude dans les hôtels qui sont de plus en plus miteux.

Dernière étape pour rejoindre Labuan Bajo avec un arrêt pour voir des rizières en forme de toiles d’araignées. Coup de pot, à Labuan Bajo, un bateau part le soir même pour trois jours de traversée pour rejoindre Lombok avec un arrêt pour voir les fameux dragons de Komodo. Seul problème, toutes les cabines sont prises donc on doit dormir sur le pont à la dur. Surtout que deux autres cons se sont pris tous les matelas pour eux.

On s’est arrêté sur l’île de Rinca pour voir les dragons. Il faut faire super attention car la moindre morsure est mortelle. Leur salive contient un truc mortel. Tous les mois, ils mordent un buffle et attendent qu’il crève avant de le bouffer. Ils en tuent juste assez pour se nourrir sans décimer toute la population de buffle. Une heure de marche en plein soleil à 35° avec des rangers avec des bâtons au cas où…

Dragon de Komodo à...Rinca 

Quelques stops pour faire du snorkling où Caroline a fait copain-copain avec un poisson. Puis on arrive sur l'ile de Lombok où nous passons 3 jours de farniente sur la petite île de Gili Trawangan dans un super bungalow avec douche extérieure mais sans clim. Une chaleur à crever. Le truc sympa est de regarder un film le soir sur la plage dans une petite ‘cabane’ avec ventilateur en sirotant une pinacolada ou en fumant une cheicha.

Puis, on part sur Bali pour la ville d'Ubud, ville des artistes de Bali, en particulier depuis l'affluence des touristes. On s'est pris un petit hôtel au milieu des rizières, avec des petits ponts et une piscine, cadre super sympa. Ca me change de mes précédents hébergements. A Ubud, les touristes sont différents de ceux de Kuta, pas de surfeurs australiens...

On s'est loué un scooter pour visiter les villages aux alentours. Mais on s'est pris la flotte chaque jour et Caroline est tombée malade. Et le dernier jour, coup de chance habituel, on a crevé à quelques kilomètres de la ville et on a du trouver une camionnette pour ramener le scooter. Résultat, j'ai traversé toute la ville debout sur la camionnette en tenant le scooter avec la braguette ouverte.

Ubud est réputée pour sa culture et ses spectacles et donc tous les soirs on est allé assister à des spectacles de danse Barong, Legong et des spectacles d'ombres de marionnettes. Un soir, on est allé à une cérémonie non touristique, les 200 ans d'un temple. Il devait y avoir 4 ou 5 touristes qui sont partis juste au début de la cérémonie religieuse et avec Caroline on était les deux seuls touristes. Les locaux nous ont gentiment acceptés et nous ont donné des fleurs pour participer à la cérémonie. On est tous assis sur le sol et au son de la musique on doit, par trois fois, lever les mains jointes avec une fleur vers le ciel. Puis, quelqu'un passe avec un récipient d'eau 'bénite' et doit se mettre de l'eau sur le visage et des petits morceaux de riz sur le front et la bouche. Mais le problème était de savoir quoi faire et à quel moment, donc tu regardes ce que font tes voisins.

L’endroit sympa est la Monkey Forest où vit plus de 200 macaques pas très farouches. Si tu te pointes avec des bananes, ils te tombent tous dessus. Parc contre si c’est un surveillant du parc, ils ne vont pas s’approcher. Il y a plein de rizières où tu peux faire des ballades mais maintenant, business oblige, tu dois payer pour les traverser. On est allé voir le plus grand site de temples à Bersakih mais on est sans arrêt harcelé par les vendeurs de conneries ce qui fatigue à force. Pareil pour aller voir le volcan Batur, à peine on s'arrête pour voir la vue, tous les vendeurs te tombent dessus.

Finalement, toutes les bonnes choses ont une fin et on a du revenir sur Legian pour la dernière journée. Un peu de shopping histoire de dépenser les quelques sous qui nous restaient. En 40 minutes de marche, j'ai du être interpelé 200 fois pour des montres, des lunettes, des massages, des taxis...Vraiment plein le cul!!!!

Ricardo le balinais