Madagascar : Entre dahalos et baobabs

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Du 12 au 30 juillet 2016
19 jours
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Salut les vasa (nom donné aux blancs)

Un peu de repos cette fois ci en prenant un circuit organisé par l'agence Nomade même si elle a une réputation un peu roots. Pour info, éviter de prendre air Madagascar: 10h de vol où il n'y a pas de film, aucune lampe individuelle ne fonctionne et la bouffe est à oublier.

T'arrives à Tana à deux heures du matin plus 1h30 pour passer les douanes et récupérer tes bagages, t'es sur les genoux. On est six dans le groupe, un couple, trois blondes et toi. Vous emballez pas mais vraiment pas. Y en a une qui est forcément une vrai blonde: en passant en voiture devant des gens installés devant des fruits et légumes, elle demande si c'est un marché...

Ici c'est l'hiver et les premiers jours on va être sur les hauts plateaux. Dès la première journée t'as voulu te la péter en shorts sandales. Ouais, on arrête les conneries, demain c'est chaussures, chaussettes, pantalon et polaire. On se pèle. Le guide s'appelle Toli, déjà il a changé le programme, soit disant ça sera mieux, waouh.

Pas vu grand-chose de Tana (ouais, c'est le diminutif d'Antananarivo) car après les 4h de nuit de sommeil on a quitté la ville en 4*4. Mais ça a l'air plus sympa qu Addis Abéba. Il y a plein de petites maisons de l'époque coloniale. Dès qu'on sort de la ville, il y a plein de champs, riz, patates, ails, tomates et tout est cultivé à la main. Pas un appareil électrique. La terre est souvent orange ocre d'où les gens en fabriquent des briques. Du coup la plupart des villages sont ocres. Et bizarrement leurs maisons sont toutes étroites.

Premier resto, le guide nous amène dans un resto super local. Plus local c'est pas possible, de la paella... Ils ont un lemurien attaché, pas farouche du tout. Tu te mets à côté de lui et il monte sur toi et il te gratte les cheveux. Impossible de faire un selfie, il bouge tout le temps le bougre.

Ensuite on va dans la ville Antsirabe voir des artisans, fabricants de miniatures, des brodeuses, des gars qui découpent la borne de zébu. Bref le piège à touristes. Sans compter la visite de tailleur de pierres semi précieuses. Ils t'offrent tellement de trucs quand tu rentres dans leur boutique que tu te sens obligé d'acheter. Et là même en marchandant, tu te fais massacrer et du coup ils t'offrent encore quelque chose en partant. Trop fort. Coco, je t'ai trouvé une grenouille en corner de zébu et une en septarea. Je te laisse trouver ce que c'est. Il y avait aussi des épices. Kinnary, Gabriel, il y avait un paquet avec plein d'épices, pareil qu'à zanzibar mais pas dans un bateau. Je sais pas pourquoi j'ai pas acheté. En plus à des prix exorbitants.

Première balade dans les hautes terres. Je vous laisse chercher sur la carte. Très vallonné, beaucoup de cultures, on est super bien accueilli par les villageois. T'organises des questions en math et les meilleurs enfants gagnent des billes ou des bagues. Tu leur dit que tu t'appelles Sarkozy comme ça, au prochain touriste, ils diront que Sarkozy leur a offert des billes... A part une qui est coach sportive, les autres sont pas des violents. Ils sont tous profs. Et le guide encore moins violent.

Après la ballade, on est revenu un peu tôt à l'hôtel donc t'as proposé d'aller faire un tour en ville. Ben non, ils préfèrent voir Madagascar de leur chambre. C'est vrai qu'on est super bien loger. Étonnant par rapport à la réputation de Nomade. Et tu les sens pas sortir le soir pour aller boire une bière et faire Madagascar by night. Putain...

La bière locale s'appelle THB : Trois Hommes Bourrés

Au fait, vous savez à quoi ils jouent le plus ici? A la pétanque. Ils sont champions du monde depuis trois ans. Dès qu'il y a une place, ils jouent et ça rigole pas. On reconnaît la trace de la présence française à la tenue des gendarmes. Identique aux français avec le même képi.

Delphine, j'ai trouvé ton chocolat, j'en ai pris une tablette pour goûter. Bon, on doit avoir en France plein de saloperies car ici il semble un peu fade. Tu veux combien : 70%, 60% de chocolat?

Culte des morts dans les hautes terres : Ici l'astrologue décidé pour la famille quand on peut enterrer ses morts. Et pour une même famille, tous les morts ne peuvent être enterrés qu'à la même date et c'est environ tous les 5-7 ans. Donc si tu meurs avant, on t'enterre à part et quand la bonne date, on sort tous les corps du caveau principal pour les remettre dans un nouveau linceul, on sort de leur cercueil ceux qui étaient en standby. Et on les met dans un linceul pour les mettre dans le caveau familiale car pas de cercueil dans le caveau familial. Ici ça s'appelle la fête de l'exhumation et elle dure deux jours. C'est vraiment une fête car ils considèrent que c'est la deuxième vie.

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Yo les vasas,

Histoire de rigoler, tu t'es présenté comme un mec qui allait qu'au Club Med. Et donc tu fais le mec qui débarque dans ce genre de voyage même si tu trimballes du matos de trek plutôt pointu. Et bizarrement dans le groupe, t'es le seul à essayer des trucs à manger dans la rue, genre beignet voir même à acheter des fruits, complètement dingue. Les autres ont pas confiance. Courageux le gars du Club Med... Par exemple, il y en a un qui adore les cacahouètes mais comme il sait pas où elles ont été avant, il a pas confiance. C'est vrai que dans un bar à Paris, elles sont juste réputées pour avoir des traces d'urine donc ça va, alors qu'ici.... Pareil, dans les petits villages perdus, t'achètes un peu d'artisanat. Eux, c'est que dans les boutiques à touristes. Bon, à force de voir un mec faire le con, ils se décoincent un peu.

On a essayé le rhum fait maison, interdit officiellement à la vente mais dans les villages tu peux pas faire un pas sans tomber sur un bidon de 20 litres pour 13 euros. Il est super goûteux, fort, mais goûteux. Le guide te fait chier car c'est interdit d'en ramener mais tu vas acheter une bouteille normale dans un magasin et tu vas le remplacer avec le fait maison. On est parti pour deux jours de marche en pays Zafimaniry.

Jour de marché, tous les villageois viennent vendre leurs produits et c'est aussi l'occasion de faire des rencontres. Les filles, en fonction, de leurs tresses indiquent qu'elles sont célibataires, à la recherche d'un mari... à la campagne certaines filles se marient dès 13 ans.

Impossible de parler du paysage. On a pris de la pluie et du brouillard dès la première minute. 4h de marche sur des chemins boueux sans fin. Les locaux avec 15 kg sur la tête et pieds nus nous dépassaient à une vitesse à nous filer un rhume. On s'est tous vautré sur les chemins même le mec du club med. Pour ceux qui sont allés au Roirama et au triple point (ah oui j'oubliais, ils ont préféré rester tranquillement sous la tente plutôt qu'aller au triple point....) Et bien ici il y avait pas le dixième de pluie. Et bien tous ont en marre. La coach super sportive en pouvait plus au bout d'une heure, elle aime pas marcher les pieds mouillés la pauvre. Y en a un qui comprenait pas comment Nomade peut organiser ce circuit à cette date. Euh, ils sont pas responsables de la météo. Donc ral-bol général après la première journée de marche. Il y a que le gars du club med qui s'est pas plaint... On est arrivé trempé, boueux à la limite de la nuit. 20 minutes plus tard, on finissait à la frontale.

Et encore le guide nous a fait dormir chez l'habitant alors qu'on devait dormir sous la tente. Sous la tente, ça provoquait une manifestation, pas trop difficile, ce sont quasiment que des profs...

Lendemain matin, le soleil semble de retour. Du coup le moral va mieux. On part à une cascade avec notre guide local et le guide pour tout le séjour. Au bout de 2h de marche on arrive à une rivière qu'il faut traverser pour rejoindre la cascade. Mais vu la flotte qui est tombée, il faut une barque ou s'appeler jésus. Au mieux il y aurait un gué avec de l'eau jusqu’en haut des cuisses. Refus catégorique des aventuriers de l'extrême sauf le club med guy donc décision d'aller voir un autre village et de pique-niquer là-bas. Notre guide nous laisse avec le local sous prétexte qu'il doit rentrer pour organiser le dîner (il est 11h du matin).

On déjeune un peu à l'écart mais une ribambelle de gamins débarque, au début très timide et puis finalement on est arrivé à les faire chanter. Retour à notre village sous la flotte et oui on a encore pris cher. La coach avait encore les pieds mouillés et était énervée.

A l'arrivée, on s'attendait à voir le guide au fourneau. Tu parles, il dormait tranquillement dans son lit. Ah pour parler, il parle, il a tout fait mais dans les actes...

Petite anecdote. Il y a 56 villages Zafimaniry. On est passé par le plus pauvre (qui s'appelle 'pont rapide'). Pourquoi? Ici, il y a beaucoup de tabous et il y a très longtemps un homme de ce village a mangé un hérisson et c'est tabou. Depuis, le village est très mal perçu par les autres villages, ils ont des mauvaises récoltes, les filles trouvent difficilement des maris dans les autres villages. Histoire de casser la malédiction t'as acheté de l'artisanat dans ce village : Adnana, je t'ai acheté dans ce village ton plateau en bois. C'est en fait tiré des gravures sur les volets des anciennes maisons traditionnelles Zafimaniry. Récupérer un volet ou une porte d'entrée, c'était un peu compliqué. ...

Les maisons traditionnelles ont en principe une seule pièce: le coin le plus important est à nord est car ils pensent être originaires de Malaisie et c'est là où dorment les grands parents. Chaque coin de la pièce à une signification. Les parents ou les filles dorment sur une natte au sol et les garçons dorment à l'étage.

La théorie du lapin :

L'autre mec du groupe considère qu'on est des lapins de clapier et qu'à travers nos voyages aventures on essaye temporairement de devenir des lapins de garenne et que les locaux sont des lièvres. Mouais

Galère avec la vanille :

C'est compliqué pour la vanille car il faut vraiment s'y connaître. Et le guide t'a mis en contact avec qu'un qui te la propose à trois fois le prix normal. Tu sens l'arnaque à plein nez. Et de là à l'acheter dans la rue, tu risques de rentrer avec de la daube qui va pourrir. Donc ça pue

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Après 3 jours de pluie et de froid, on part dans le parc d'Andringitra où il va faire beaucoup plus froid. Ah ça rigole pas les vacances. Ça change du club med de Kemer. C'est la région de l'ethnie Betsileo. Pour rejoindre cette région on passe par un coin où il y a des dahalos. Non, c'est pas un moustique local. Ce sont les brigands de grand chemin qui volent des zébus mais maintenant attaquent aussi des voitures. Il y a 3 semaines ils ont dégommé 30 personnes, femmes et enfants, dans un bus. Y a que le mec du club med qui était au courant. Depuis les autres sont inquiets. C'est Germain, notre chauffeur rasta (habillé en survêtement jaune qui pique les yeux) qui nous a indiqué qu'on traversait une région à éviter la nuit. Si notre guide l'apprend, il peut chercher un autre job car il faut surtout pas nous inquiéter.

Côté paysage c'est énormément déboisé car ils font beaucoup de culture sur brûlis. Beaucoup de culture en étages avec les villages avec leur maison traditionnelle très étroite faite en brique de boue séchée et de pisé. Leur couleur dépend de la terre et il y a de plus en plus de toit en taule. Dans les villages, la plus part des gens sont pieds nus où au mieux en sandales. Énormément de gens marchent le long des pistes sans fin et les rares taxis brousse sont blindés, tu pourrais pas y rajouter un éthiopien.

Côté guide, on est déjà deux à avoir du mal à le supporter et là il vient de te faire une vacherie. Avec le chauffeur rasta, Germain, qui est en train d'enregistrer son album, on devait aller le soir dans un bar. Le guide l'en a empêché juste pour pas que tu sortes pour des soit disante raisons de sécurité. Ouais le guide est protestant donc rigueur-rigueur. Et à l'écouter c'est lui qui fait tout, mais bon on l'a gaulé en train de roupiller alors qu'il nous avait dit qu'il partait préparer le repas. Et à l'écouter, il a appris aux porteurs à faire la cuisine, à monter les tentes, à les aider sur leur association de porteurs. C'est Mère Thereza version malgache.

Sinon le parc d'Andringitra (un des hot spot de Madagascar) est très beau quand il pleut pas... C'est toute une chaîne de montagnes de granit avec des cascades. On a y passé trois jours et finalement il y a pas de boulets quand on marche. Faut juste qu'il fasse pas trop froid et qu'on est pas les pieds mouillés sinon ça râle. Même si c'est assez touristique, on est souvent dévisagé quand on croise des locaux sur les sentiers.

On est monté au sommet du pic Boby. En 1927, un français part faire la montée de cette montagne qui n'avait jamais été gravi auparavant. Et il part avec son chien. Comme il pense être le premier au sommet il pense donner son nom au pic mais son chien Boby est arrivé avant lui, du coup il a lui a donné le nom de son chien. Depuis les locaux lui ont donné un nom plus malgache.

Côté santé, y en a deux qui sont au smecta et toi ça va pas non plus. Mal au crâne, au ventre, des courbatures (je vous laisse deviner d'où j'écris une partie de ce mail...) C'est normal au club med on est pas habitué à ce niveau d'inconfort. Du coup, ils sont au petit soin avec toi.

A ce propos, Kinary, Gabriel, on est super luxe avec Nomade: la bouffe est copieuse et variée, les tentes sont neuves. Et le guide a dû être nounou dans une vie précédente.

Petite anecdote pour se marier dans cette région:

Premièrement, les filles qui cherchent à se marier mettent des barrettes dans les cheveux. Puis pour montrer que tu es valeureux, tu dois voler un zébu à ton futur beau-père. Donc le gars, quand il rentre chez lui et qui s'aperçoit qu'il lui manque un zébu il sait qu'il va marier une de ces filles.

Pour vous donner une idée de la pauvreté, notre guide local nous expliquait que pour son mariage, il tuerait un coq (point fondamental, le 'derrière' du coq est donné à manger au plus ancien, c'est une marque de respect ici). Pas les moyens de tuer un cochon (un porcelet ça vaut 10 euros) et encore moins un zébu.

On quitte les montagnes pour la région peu explorée du Makay au pendant 4 jours où il est censé faire 35°. Objectif vasa tomate. Oui le touriste qui prend un coup de soleil.

Concernant la vanille, la dernière solution va être à l'aéroport.

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...plus fort que Jésus et Mère Theresa réunis

Salut les vasa tomate,

La tourista t'a fait rester éveiller une grande partie de la nuit... On doit faire 8h de piste defoncée, soit 200 km. Si ton médicament bouche-trouducul marche pas, ça va être compliqué 8h de bagnole avec un stop intempestif toute les dix minutes.

La région du Makay s'est récemment ouverte aux touristes et les quelques villages que l'on passe semble super pauvre. Les paysages sont incroyables : d'immenses vallons d'herbe rouge orange avec des tâches de vert des feuilles des arbres, du gris clair des arbustes et parfois des étendues noires d'herbe brûlée. Un festival de couleur. Et si tu regardes l'herbe face au soleil elle est rouge et sinon elle est jaune. Rajoutez en arrière-plan d'immenses blocs de granit, certains en forme de pyramide et vous pouvez imaginer qu'on en prend plein les yeux. Ah oui et aussi des baobabs. Sinon ça va à Paris avec la canicule? Ici, enfin un coin où on a chaud.

On est dans la région de l'ethnie Bara connue pour ces fameux voleurs de zébus, les Dahalos. Du coup, la plupart des paysans se baladent avec un fusil qui semble fait maison. On a dû prendre un bac pour traverser le fleuve Mangoki. Et le guide qui se la joue en disant qu'il le traverse à la nage. Donc tu lui dis d'y aller mais là plus personne.

Pour info, soyez rassuré, le médicament a fait effet... mais on est plus ou moins tous malades. Sur la piste, on croise un pickup et un camion protégé par deux militaires armés de kalach. Bizarre.

Stop déjeuner dans la ville perdue de Beroroha. Pendant que Gandhi n'est pas là, le chauffeur nous dit que la voiture qu'on a vu précédemment a été attaqué par des dahalos pour leur voler leur argent, leur rhum mais cette fois ils ont tué personne...ah ça va alors. Et sur la route il a vu deux dahalos se cacher. Il les a reconnus à leur fusil et leur grigri à base de cornes de zébu.

On a passé 5 jours à se balader dans un dédale de canyon de sable blanc. La plupart des plantes et arbres sont endémiques. On a mixé des balades dans le canyon entre des parois de 100m de haut et des balades au sommet des canyons avec des vues exceptionnelles. Des lacs dans des canyons avec des crocodiles mais pas la trace d'un lémurien. Les camps sont installés au bord de petite rivière où on peut se laver. Ça aurait été idyllique sans ce guide, qui même s'il connaît bien la région et la flore, est saoulant en se vantant de tout. Il connaît tous les dialectes du pays, il est le bon samaritain, il aide tout le monde, c'est le sauveur, et le pire c'est que sur les six vasas, y en a quatre qui boivent ces paroles. C'est lui qui a créé de toute pièce le dernier camp où on va dormi, c'est plus Jésus, c'est Dieu....pendant qu'il pérore à la fin du dîner, t'es allé te réfugier dans ta tente.

Kinnary, Gabriel, rappelez-vous le guide au Tchad, ici c'est pareil. Il fait des pauses à des endroits où lui seul peut être assis à l'ombre. Toi tu restes debout à l'ombre ou assis au soleil. Personne ne dit rien, bon toutou. On a aussi un pisteur, Stanislas, l'instit principal du village. Sacré pisteur, faut pas trop lui poser de questions sur les traces. Mouais, toi qui t'attendais qu'il sache te dire l'âge de la bestiole en voyant une empreinte de pattes, que dal. Il est surtout champion pour trouver la piste de la table où en prend l'apéro. On n'est pas installé depuis deux minutes à table (oui, chaque jour les porteurs nous construisent une table et des bancs version Koh lantah) qu'il est déjà là à taper dans les biscuits apéro et le rhum (oui c'est rhum tous les soirs, à 2 euros la bouteille...) Malgré ça, 20h30, tous les soirs tout le monde est couché. ah c'est la fête.

Tu dors à la belle étoile et coup de chance il se met à pleuvoir. ..

Il y en a une championne des questions cons (et c'est une instit), en voilà un florilège avec des réponses que tu t'es retenu de faire. Le contexte : On est au bout du monde où les gens ont des vies très difficiles, ou il y a pas l'électricité, il y a pas grand-chose.

- ils ont internet à l'école? Oui et ce sont les cofondateurs de Facebook. ..

- le pêcheur sur le lac il vient parce que c'est paisible? Euh non il vient car il a besoin de bouffer...

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Yo,

Côté dahalo, c'est un peu plus fun. Mère Theresa nous annonce un matin avant de partir marcher qu'on risque de croiser des dahalos et qu'il faut surtout pas prendre de photos. Dix minutes plus tard dans le canyon, qui débarque face à nous, 2 zébus et 5 dahalos dont un armé d'un fusil. Tu les reconnais à leurs grigris pour détourner les balles des fusils. Tout de suite le guide s'écarte de leur chemin et tu ne le sens pas à l'aise. Les dahalos discutent avec notre pisteur et continuent leur chemin en s'assurant qu'on ne fait pas de photos. Faut savoir qu'un jeune zébu coûte 50 euros. On avait chacun sur nous une vie entière de salaire... ils volent que les zébus habitués à l'homme. Impossible d'attraper les autres.

Le soir Jésus nous expliquait qu'il y avait rien à craindre, qu'il avait des relations et on a appris ainsi que quatre de nos porteurs sont aussi des voleurs de zébus et ils se connaissent tous entre eux. Du coup le jour du départ, tu demandes si on pourrait voir de près à quoi ressemble un grigri qui permet de détourner les balles de fusils. A ce moment, tous les porteurs montrent du doigt un des porteurs qui s'y attendait pas. Lui il a un grigri. Le mec est resté con et finalement il s'est écarté pour mettre ses grigris (d'autres ont en profité pour lui passer leurs grigris) et le gars a posé avec un fusil et ses grigris. Du coup t'es bon pour lui envoyer la photo version poster.

T'aurais bien voulu discuter avec lui mais déjà que les autres te prennent pour un extraterrestre juste en demandant à voir un grigris.

Ricardo futur Dahalo

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Yo vasa,

Balade dans le massif d'Isalo. On est passé du Makay où on a vu personne pendant quatre jours à une balade à la limite de Fram tellement il y avait du monde. 2-3 piscines naturelles d'eau glacée où seul un mec qui a fait triple point se serait baigné... On a un guide local qui nous demande si on veut voir des scorpions. Waouh, super, on est impatient. Ça serait dommage d'être venu à Madagascar et de rater un scorpion... Le guide commence à retourner des pierres mais que dal. Toi t'en retournes une et vla un scorpion. Du coup le guide a arrêté ces challenges.

Il y a beaucoup de vasas dans ce coin car c'est un spot pour voir des lémuriens. Vu le monde qu'il y a, soit ils se sont planqués pour pas être enmerdés soit ils sont nourris. Effectivement, on les retrouve à l'heure du repas ou certains viennent piquer de la bouffe. T'as beau essayé de le faire partir, il est venu te piquer un bout de banane dans ton assiette. Ici il y en a trois sortes diurnes : Des marrons pas trop farouches qui t'ont piquer un bout de banane et on a un l'impression qu'ils font un bruit de cochon, des noirs et blancs qui semblent miauler et on en a vu une troisième espèce toute blanche en train de bouffer des fruits dans un arbre et qui en avait rien à foutre de nous.

Au fait, Kinnary, chaque année fin juillet, ils organisent un raid de 20, 40 et 80 km dans ce massif. L'année prochaine, tu peux te monter un voyage à Madagascar et finir par ce trail.

Ce soir, les quatre planplans sont allés se coucher à 21h et avec la sportive on a rejoint un des chauffeurs dans un bouiboui local. 12m2, du Bob Marley à fond et le chauffeur qui a offert une dizaine de bières et qui n'a pas les moyens de payer. Dévotion.

Demain une journée de bagnole pour rejoindre le soit disant coin idyllique Ifaty qui est au bord d'un lagon. Deux jours libres sur place pour récupérer. T'as déjà refusé d'aller faire une sortie en pirogue avec les planplans. Même pas sûr de dîner avec eux et le guide. Ils sont très sympas mais c'est amen à tout ce que dit Jésus et c'est l'overdose.

Un exemple à la con : au lieu de marcher avec nous, il dit qu'il va réserver une bonne place pour le pique-nique. OK cool. Quand on y arrive, il est en train de dormir et il est fier de nous dire que quand il a pris nos billets d'entrée dans le parc, il avait réservé cette table car elles sont numérotées. Euh et donc pourquoi t'as pas marché avec nous? Bon, c'est vrai que c'est pas grand-chose comme bobard mais c'est continuellement.

Côté vanille c'est vraiment mal barré. T'es pas dans la bonne région, les prix ont explosé suite à la spéculation, il y a beaucoup de vanille qui a été mise sous vide pour finir de mûrir et donc elles sont de mauvaise qualité


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Yo,

Direction l'océan indien pour trois jours de bulle sur la plage. Sur la route, on passe par une région où on trouve beaucoup de saphirs. On traverse les villes mais hors de question de s'arrêter. Trop dangereux bien sûr... tous pareil ces guides.

Tu as les acheteuses de saphir de base assises par terre. Et des échoppes plus une moins 'classe' en fonction du type de saphirs qu'ils achètent. Le haut du panier est tenu par les thaïlandais. T'as des fauteuils grand confort pour faire patienter le mineur qui aurait potentiellement une belle pierre à vendre. La rue principale est blindée de monde. C'est la seule ville où tu as toutes les ethnies malgaches.

La ville est vraiment basique mais tu trouves des magasins qui vendent des chaînes hi fi et des tv écrans plats. En cas où un mineur aurait trouvé une pierre et voudrait flamber son pognon.

Il y a des villages champignons qui se créent en quelques jours. On est passé devant un village construit de huttes en herbe qui n'existait pas il y a 15 jours. Un mec a du creuser et trouver une pierre et du coup tout le monde rapplique. Il commence par construire quelques huttes en terre puis si c'est un bon plan, des cabanes en bois et terre. Il y a pas d'eau pas d'électricité, rien. On voit des familles entières qui marchent le long de la route avec leurs outils pour creuser et tamiser en espérant rejoindre rapidement ce nouveau village qui sera peut-être leur nouvel eldorado. Même pas imaginable d'espérer acheter une pierre. Déjà t'y connais rien et t'es même pas foutu de trouver de la vanille. Et puis, on peut même pas s'arrêter, trop dangereux. ...

Plus loin sur la route chaque village à sa spécialité, y en a un qui vend de la papaye, un autre du maïs et du rhum. Tu as les distilleries au bord de la route et le litre est à 1 euro. On verra si on perd la vue.

Le vasa vanillé

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Trois jours à buller au bord de l'océan indien. T'as un bungalow directement sur une plage de sable blanc. Ça rappelle le clubs med. Sauf que l'hôtel est à 10 km du village donc t'es coincé. Impossible de sortir le soir.

T'as pas voulu faire la sortie en pirogue avec les autres et surtout avec le guide. Overdose. La sportive elle aussi est à la limite de craquer et n'y est pas allé. Donc footing sur la plage le matin où tu t'exploses sur du corail le petit orteil. T'es obligé de plonger dans l'océan pour récupérer du footing, dur.

Et pendant que la grande vadrouille est partie sur sa pirogue, on a décidé d'aller au village de Mangily. Estimation d1h30 de marche qui a fini finalement par 2h30 de marche galère pour rejoindre le coin où il y a quelques restaurants mais surtout des dizaines de malgaches qui te harcèlent pour te vendre des babioles comme des paréos made in???, et des statuettes en bois faites à la chaîne et des massages. Inimaginable de se retaper le retour à pied donc négociation pour rentrer en pirogue à voile. Et du coup t'as aussi négocié d'aller le lendemain faire le même genre de balade en pirogue qu'ont fait les autres.

En fait, on est dans un lagon mais la barrière est à 8 km au large. Tous Les matins, des centaines de pirogues à balancier avec leur voile rectangulaire, faite certaines avec des sacs de riz cousus, prennent la mer. Rien que dans le village à côté de l'hôtel, il y a 3000 pêcheurs. Et dans le lagon, tu as le quartier chinois. Ils ont installé des cordes sous l'eau où poussent des algues rouges qu'ils font ensuite sécher. Mais pour tenir les cordes ils utilisent des bouteilles plastiques. Donc tous les dix mètres t'as une bouteille plastique sur une surface plus grande que des terrains de foot...

Départ pour la ballade en pirogue. Comme le matin il y a pas de vent, on est â la pagaie. On cherche des pêcheurs de langoustes. Oui, car pour 8 euros tu as la matinée en pirogue avec des stops pour voir les poissons et de la langouste fraîche griller avec patate douce et papaye. Côté lagon, le corail est par endroit très abîmé, ça rappelle celui de Tahiti. On est passé dans le village de pêcheurs au moment où toutes les pirogues rentraient de la pêche. Elles attendent midi car le vent se lève et leur permet de ne pas pagayer. Le thon est le poisson le plus cher, 1.80 euro le kilo. Ça vous donne une idée du prix des autres poissons. La langouste est environ à 5 euros le kilo. Ça fait mal au cul quand on voit nos prix français.

Ah oui, t'as peut être croisé la future Madonna de Madagascar. Une nana est venue tourner une vidéo dans le bled avec quelques danseurs. C'était l'attraction.

Bon ben fini Madagascar. C'est une super destination, beaucoup de paysages différents, des gens sympas.

Demain un vol intérieur puis quatre heures d'attente à l'aéroport pour reprendre l'avion naze d'air Madagascar.

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Yo, dernière tentative de ne pas être dans l'échec d'un point de vue vanille.

Il y a quatre jours, t'avais vu un mec sur un marché qui devait te ramener de la vanille. Et donc, ce matin, sur la route de l'aéroport, on s'arrête au marché voir le gars.Il te montre la vanille, le guide la regarde, grosse discussion, il montre des traces blanches style moisissure. Vu qu'il la vend au-dessous du prix du marché, il y a quand même de gros doutes. Comme tu fais comprendre que tu vas pas l'acheter, ça s'envenime. Le gars dit qu'il l'a déjà payé car je l'avais commandé. Faudrait quand même en prendre 1/2 kg. Donc pour éviter les embrouilles entre le guide et le vendeur, t'interviens pour dire que t'achèteras pas. Bon, on est parti un peu vite du marché...

Re-tentative sur Tana où on t'emmène à la boutique pour touriste avec un prix double du prix du marché. Donc pas foutu de ramener de la vanille du pays de la vanille...

Vanilla loose