Montagnes et lacs du Tadjikistan

Du 10 au 24 juillet 2017
15 jours
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Salut,

De retour en Asie centrale au pays des tadjiks. Arrivé à la capitale Douchanbe, il est 4h du matin il fait plus de 30 degrés. On est 12, 3 couples limite à la retraite ou pas loin dont un qui est venu avec leur gamin de 17 ans. Une retraitée et 4 baltringues comme toi. Petite récup dans un hôtel 4* et après rapide tour de la ville pour voir les principaux monuments. De très grandes avenues très larges avec finalement peu de bagnoles. De très grands bâtiments à la russe très mastoc. Il est 10h30 il fait une chaleur insupportable. Toutes les femmes portent leur tenue traditionnelle, un pantalon et par-dessus une robe coupée dans le même tissu qui descend jusqu'au cheville et bien sûr un foulard. Mais tous leurs vêtements sont très bariolés. T'en a pas une tchador ou même en noir. Les vieux portent encore leur sorte de képi noir et blanc. On a pas eu le temps de voir trop la ville car on de la route pour rejoindre le petit village de Chourmach où on va passer la nuit chez l'habitant et retrouver l'équipe de muletiers.

Ça fait pas dix minutes qu'on roule que la police arrête ta bagnole, le flic à juste fait un signe avec son bâton et il sort même pas de sa bagnole. C'est vrai qu'il est au frais dans sa grosse Merco. 20 minutes de palabres, est ce que le chauffeur a lâché du pognon, va savoir...

On est à 1700m d'altitude, une chaleur. T'as bien fait d'emmener ton duvet pour -20 degrés. Les paysages sont assez incroyables, de très hautes montagnes très minérales et sur un même flanc de montagne tu peux avoir une dizaine de teinte du rouge à l’ocre en passant par le saumon. Et tout au creux des vallées beaucoup d'arbres et de culture grâce aux rivières. Des cerises, des abricots, des pommes mais tout en taille miniature.

Au Kirghizistan quand tu te fais une petite pichenette dans ton cou ça signifie d'aller boire une vodka. T'as vérifié avec le patron de l'agence, c'est pareil au Tadjikistan. On s'est compris... il a prévu 3 bouteilles de vodka et 2 de vin. Toi t'as amené une petite bouteille de cognac pour se réchauffer le soir... mais vu la température... par contre les autres, walou nada rien.

L'interprète est dur à comprendre et doit être un peu sourd car il parle fort. Ça risque d'être compliqué avec lui, comme d'habitude avec tes guides. Trois fois que tu lui demandes où tu peux remplir tes bouteilles d'eau trois fois qu'il répond à côté. T'as vu avec le patron qui t'a refilé une bouteille de flotte.

Bon ben il pleut, dès le premier jour, mal barrée les nuits à la belle étoile. Coté ambiance pour l'instant on est proche du néant, ça sent pas le groupe à danser autour d'un feu de camp. Y a même un risque que les bouteilles de vodka soient pas ouvertes. T'iras taper le bout de gras avec les muletiers, sûre qu'eux vont pas dire non. Aller, il est 18h c'est l'heure de dîner, folle ambiance, personne ne parle.

On a le droit au briefing : présentation de l'équipe. Le guide local et le chef muletier s'appellent Bobo. Facile à reconnaître ils ont le physique de leur métier, l'un est sec, l'autre est rondouillard... On a une sacrée logistique, 1 interprète à la con, 1 guide, 1 cuistot et son assistant, 12 mules et 6 muletiers, tout ça pour 12 charlots. Grand luxe.

Première nuit chez l'habitant avec l'option ronfleur.

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Salut,

Je vais vous la faire jour par jour :

J1 : Départ à 7h du matin pour éviter la chaleur. Incroyable tout le monde est prêt, aurait on un groupe de tueur? Toi t'es en sandales (technique piquée à Bruno). Donc le guide vient te voir pour te dire que ça va pas (lui il est ranger). Puis c'est autour de ton ami l'interprète qui vient te dire la même chose. Rien à foutre en plus c'est une journée de piste. On marche dans une vallée le long d'une rivière. Tout le monde marche bien, bon on verra quand ça monte. Déjeuner à midi et le guide te dit que le camp est à 30 minutes. Du coup on aurait pu manger au camp. Va comprendre.

Au camp tout est déjà prêt grand luxe, une immense tente mess. On est installé dans un près au bord de la rivière, bucolique. Mais bon, il est 14h on est camp et faut s'occuper. Et bien c'est parti pour une partie de domino (Gabriel, Kinnary ça vous rappelle qqchose????). Du coup t'as joué avec le guide, le chef cuistot et le chef muletier. Guy, apparemment ils connaissent le durac, je vais essayer de récupérer les règles.

Bon il pleut, faudra espérer qu'on sera au camp quand ça tombe. L'interprète nous propose d'acheter un mouton pour en faire des brochettes, et il insiste...

16h00 c'est l'heure du thé et 18h00 c'est l'heure du dîner. Les autres du groupe ont rien apporté mais finalement ils picolent pas mal. Le diner c'est une soupe avec plein de truc dedans, ensuite du riz avec des patates ou des pâtes (ouais ils sont très féculents). Toute la nuit les ânes ont foutu le bordel, t'en arrive presque à regretter les mosquées. Demain commence vraiment le trek.

J2 : Deuxième jour, déjà deux malades, le fiston et une des nanas. Ils ont vomi toute la nuit. Le fiston a pris le chemin avec les muletiers, il tient à peine debout. On s'est tapé 900 m de montée puis redescente vers le lac Alaoudin. Plutôt que déjeuner avec vue sur le lac on s'est installé dans un creux dans le vent et sans vue. Personne ne réagit, bon. En fait il y a plusieurs lacs, certains d'un bleu très clair et d'autres d'un vert émeraude, ça doit être très beau avec du soleil. Le pb est la météo, que des nuages et de la flotte, fini la chaleur. Au camp, une ramasse est tombée, les tentes sont trempées, c'est limite piscine à l'intérieur, faudrait pas que ça recommence sinon ça va être compliqué.

Putain mais ils vont la fermer ces putains d'ânes. Faut lancer un business de saucisson ici!! Entre les ânes et les coups de tonnerre, impossible d'entendre le groupe de tadjiks jacasser juste à côté de ta tente, sacrée soirée.

Au bord du lac ils ont monté une tente où ils vendent de l'alcool, on est reparti avec plus de trente bières histoire de décoincer l'équipe et d'en refiler aux muletiers et guides.

J3 : l'hécatombe continue, d'autres ont mal au bid. La balade pour aller voir un glacier est annulée, il pleut, quasiment sans arrêt. Bon, matinée Yams et après midi tarot. T'as bien fait de venir au Tadjikistan. Une légère accalmie t'a permis quand même d'aller faire le tour du lac. Le chef muletier nous a servi de guide, il a un énorme bid, des sandales et il va plus vite que nous même en montée. Dîner plof, c'est un peu leur plat traditionnel, du riz cuit dans de la graisse de mouton et avec qqs légumes. Bien gras !!!

On a dit à l'équipe que demain c'est la fête nationale française. Du coup ils vont organiser une soirée où on va chanter et danser. Tu fais remarquer que le ratio de filles n’est pas équilibré. Pas de pbs, Bobo le chef muletier peut nous en trouver.... Un des muletiers a chanté, il a mis la barre super haut, va falloir qu'on s'entraîne côté français si on veut pas être ridicule.

Il est 19h30 on a fini de dîner, c'est sûr qu'en commençant le dîner à 18h..Ils vont tous se coucher et avec deux des gars on décide de retourner boire un verre où on avait acheté des bières. Et on tombe sur le guide, le chef cuistot et le chef muletier déjà installés. Donc c'est reparti pour une bouteille de vodka. C'est sous forme de toast cul sec et tu manges un morceau de tomate ou concombre avec de l'oignon pour faire passer. On a reparlé de la soirée de demain et des filles. Selon eux il en faut quatre. Pourquoi quatre ? Pour rentabiliser le taxi !! Oui les filles viennent de la ville du coin. Ensuite elles font le reste du chemin sur des mules.... faut juste imaginer le reste du groupe voir débarquer quatre nanas sur des mules pour la soirée. Et quand tu demandes au chef muletier comme il les trouve il te dit que c'est son problème.

On a aussi reparlé mouton. Ça a l'air important pour eux qu'on fasse une fête avec mouton et vodka donc il y a de grandes chances qu'une pauvre bête y passe. On a tapé une seule bouteille de vodka car demain on a près de 1000m de dénivelé positif donc faut pas déconner. En repartant ils nous ont demandé de ne pas dire à l'interprète qu'on les avait vu... En tout cas l'ambiance s'améliore (sauf avec ce con d'interprète)

Ah oui, le ranger du coin nous dit que demain qu'à dix heures le temps devrait être correct mais qu'il va pleuvoir à 14h. Une pointure le gars, il a toujours vécu là, il connaît chaque nuage, le Alain Gilopetre du coin.

J4 : lever tôt pour passer avant la pluie. Tout le long de la montée on voit des tentes où des alpinistes attendent une fenêtre météo. Effectivement on a pas eu trop de pluie. Par contre on a commencé par prendre de la grêle et après de la neige, un cauchemar. Au col à 3800m il fait zéro degrés avec rafale de neige. Y a un truc qu'on a pas dû comprendre avec l'expert météo hier... Comme d'habitude on arrive au camp à 13h au bord d'un des sept lacs Koulikalon face au pic Marie (soi-disant du nom d'une femme qui aurait fait l'ascension trois fois et qui en serait morte à la troisième).

Faut s'occuper après le lavage des fringues... ah ces vacances de fou. On a dit ok pour le mouton et on a eu le droit en direct au sacrifice, dépeçage et découpage. Et le soir c'était brochettes moitié viande moitié gras. Ils ont fait un feu et ça a dansé et chanté. Incroyable ils connaissaient frère Jacques et la balade des champs Élysée.

Coté interprète t'es pas le seul à avoir du mal avec lui, ça passe difficilement avec les autres aussi.

Côté météo c'est toujours la merde c'est dommage car la vallée est parsemée de lacs de différentes couleurs allant du bleu au vert, entourée de montagnes de plus de 4000m couverts de neige mais pour l'instant on les voit pas.

Coté bid, il y en a qu'un sur les douze qui est pas malade. Toi t'es limite. Toujours avec du PQ dans ta poche. Pour l'instant vacances inoubliables.

J5 : waouh, grand soleil à 5h du matin. Tu vois enfin le pic Marie. Un grand bruit comme un coup de tonnerre. Une avalanche de glace et de neige assez impressionnante.

Comme il fait beau on a demandé à revoir les lacs avant la suite du trek, l’interprète n’était pas content... nuit au bord du lac Tchourak. On a bouffé le reste du mouton, enfin surtout du gras. Et comme le cuistot a fait le mouton il y a rien d'autre à manger. Bon ben dîner de pain. On aurait pas acheté le mouton on aurait pas eu de viande de la semaine. En plus le groupe a du mal avec l'interprète, pour une fois que t'es pas le seul. Étonnamment il y a pas vraiment de boulet, c'est presque décevant. T'as bien celle qui met du rouge à lèvres avant de partir marcher mais sinon pas de vrai boulet.

Lac Koulikalon et Tchourak

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J6 : grosse averse de pluie hier soir donc on était inquiet pour aujourd'hui car on doit se taper une grande journée de marche avec 800m de dénivelé positive et 1400m de négative. T'es le seul à pas avoir de bâton de marche... en fait tu en avais mais quand tu as voulu les régler un était cassé et l'autre a lâché au bout d'une demi-journée (c'est marrant tu crois te rappeler les avoir prêter...). Donc les descentes sont difficiles et comme ils t'empêchent de courir dans les descentes tes genoux prennent cher. Finalement grand soleil et en plus on dort chez l'habitant dans le village de Gazza, ouais Gazza.

Coté dream team, il y en a une (celle qui met du rouge à lèvres avant de partir marcher) qui est arrivée au Tadjikistan avec un panaris au pouce et elle a de plus en plus mal. Donc elle veut voir un médecin. Rappel on est au fin fond du Tadjikistan. Et la voilà partie avec son copain et l'interprète dans différents villages à la recherche d'un médecin. Apparemment au premier village une mamie aurait regardé dans son sac plastique de médicaments et lui aurait dit qu'elle pouvait rien faire, dans le deuxième village un mec lui aurait mis un bandage qui aurait tenu dix secondes et ils sont rentrés furieux contre l'interprète car il comprend pas quand on lui parle et on le comprend pas quand il parle. Ils voulaient aller à l'hôpital mais lui n'a pas voulu car il voulait avoir l'aval du chef d'agence pour l'essence alors qu'eux étaient ok pour payer. Donc ils sont revenus furieux contre l'interprète. Ca s'est terminé par la soirée avec son pouce dans de l'eau salée bouillante... ça y est l'interprète à l'unanimité contre lui, le reste du circuit va être folklo. Toi t'as mis un filtre sur sa voix, tu l'entends plus.

Faut vous parler aussi de la famille Bidochon : Y a le fiston qui raconte en détail ses problèmes intestinaux au moment des repas. Ils passent leur temps à faire du lavage, que ça soit devant leur tente ou sur leur sac à fois t'as des fringues qui sèchent. On est tranquillement en train de boire l'apéro (c'est toi qui a apporté les caouetes et l'alcool) quand elle se pointe pour demander à son mari s'il a bien étendu les slips. Elle boit beaucoup de thé le matin donc elle se pointe avec deux tasses qu'elle remplit alors qu'on a du thé à volonté.

J7 et J8 : toujours grand soleil, toujours les bidochons avec leur linge et toujours celle avec son rouge à lèvres et son panari. Le cuistot et le guide qui font office de médecin ont mis un morceau d'oignon autour de son pouce, si ça marche pas ils essayeront peut-être demain un morceau de tomate ou de concombre...

On a pour une fois pu s'arrêter à un campement de bergers. Il n'y a que des femmes et des enfants. La plupart ont des yeux bleus très clairs et certains sont blonds. Ils nous ont fait goûté une sorte de lait caillé / yaourt très bon. Au début t'as hésité vu ton estomac mais finalement il y a pas eu de séquelles. T'as filé des échantillons de parfum (merci Adnana) mais les femmes ont refusé au début car elles ne voulaient pas de contrepartie car ce qu'elles nous avaient donné était offert. Finalement elles ont accepté et t'as aussi filé plein de petites bagues. Courageusement trois petites gamines sont venues jusqu'au camp pour en demander car elles avaient pas été là lors de la distribution...

J9 : dernier jour de vrai trek. Le dernier camp est installé à 200m en contrebas d'un lac d'une couleur bleue verte incroyable. On a nos tentes dans un champ en pente avec vue sur rien. On est dans un coin où les femmes se voilent le visage à nôtre passage, ce qui est très rare. Ca a dû leur faire un choc quand la famille Bidochon s'est mis en maillot de bain pour se laver. Les mamies qui portaient des grandes bottes de foin ont même fait un détour. Comme c'est le dernier soir avec les muletiers, on a eu le droit a des chants et des danses.

Tiens cette nuit on a le droit au duo âne et chien.

J10 : descente dans une vallée de sept lacs et tu pars du vert émeraude au bleu intense y fur et à mesure que tu descends en altitude. Le groupe se sépare car certains partent sur l'Ouzbékistan. Coup de pot le con d'interprète part avec eux.

Retour sur Douchanbe où tu as accès au réseau téléphonique pour la première fois. Sur la route le chauffeur s'arrête pour faire laver sa bagnole. Apparemment si tu as une voiture sale à Douchanbe tu prends une amende. Et dans la ville sur les grands boulevards tu as des flics tout les 200m qui arrêtent les bagnoles histoire de soutirer de l'argent.

On a un nouvel interprète qui parle et comprend enfin le français. On est allé dans un resto traditionnel avec musique et danse. L'interprète est déjà bourré à la vodka. Beaucoup de femmes dansent et comment dire, elles sont pas farouches (en fait des pros...) mais d'un avis unanime, physiquement elles font peur. L'interprète qui a bien 65 ans avec 20 kg en trop y va et a un succès fou. T'as voulu continuer la soirée mais il était déjà 22h et tous voulaient rentrer...

Equipe

J11 : Dernier jour à Douchanbe, il doit faire 45 degrés au soleil. On a fait deux bazars, les gens sont super cool, la boulangère t'offre un pain, l'autre qui prépare des fraises au sucre te fais goûter. Les fruits et légumes coûtent vraiment rien.

La bouteille de vodka est à 2€. Un repas avec des brochettes dans un resto sympa va te coûter 5€. Histoire de finir en beauté, t'as choppé une bonne tourista et malgré les médocs t'as du courir pour rentrer à l'hôtel...

L'avion est à 5h ce matin et les douaniers de l'aéroport sont réputés pour te faire venir, sous un prétexte à la con, dans une petite salle à part pour te soutirer du pognon. Quand t'as prévenu les autres, ils ont fait la gueule. Ça va être folklo