Galère au Kamchatka

5 étapes
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Du 15 juillet au 7 août 2004
24 jours
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Salut,

Me voila parti à nouveau pour un trek, cette fois-ci au Kamchatka, une péninsule perdue au fin fond de la Sibérie. En principe, il y a 2 mois où le temps est correct, juillet-août. Ça tombe bien, j’y suis !!! Et comme d’hab j’ai eu un temps de merde.

Je suis parti avec un collègue de bureau, Pierre, qui, je viens d’apprendre ne fais pas de cheval, n’aime pas sortir le soir, ne bois pas d’alcool… En principe, il marche…

Nous voilà arrivé à Petropavlosk, la ville principale qui s’étend le long d’une route sur plusieurs km. Superbe ville où il n’y a rien à voir ni à faire. Enfin, c’est pas grave, on part faire 3 jours de rafting. Nous voilà avec un guide, son chien un husky qui sert à faire fuir les ours (oui, j’ai oublié de préciser, ils pullulent), un interprète et le fils du patron qui se forme. En simplifiant, 3 jours à buller sur canot pneumatique, à pêcher et à se faire dévorer par les moustiques. La nuit, si le chien aboyait, c’est qu’un ours avait voulu s’approcher. On s’y habitue rapidement et on fait confiance au chien, de toute façon, on n’a pas le choix.

Manque de pot, on est en avance de 3 semaines pour l’arriver des saumons, alors on a attrapé que peu de poisson. Le guide qui s’occupe de la tambouille est le roi de la soupe, matin midi et soir….mais il est sympa et ça change des russes qui tirent toujours la gueule.

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On y est, on va faire un trek. On retrouve 2 autres touristes, un anglais et sa copine russe qui servira d’interprète. Finalement les 2 sont chiants comme des rats morts, ils ne parlent quasiment jamais et on semble les ennuyer quand on pose des questions. Superbe ambiance. En tout cas, ils ne parlent pas mais ils marchent. J’ai oublié de préciser que le Kamchatka est un pays de volcans, donc nous voilà parti en hélicoptère russe récupéré de l’armée pour 1h30 de vol pour nous déposer dans le cratère du volcan Ksudatch. Paysage superbe, que des nuages, on n’a rien vu pendant le vol.

Au camp, m’ennuyant, je décide de faire une balade le long du lac dans le cratère.

Le guide (le même que pour le rafting) me rappelle et me donne une fusée de détresse alors qu’on est en plein jour (il fait nuit à 23h00). En fait, si je me retrouve nez à nez avec un ours et qu’il n’a pas peur, le bougre, il faut allumer la fusée vers lui. Finalement pas d’ours en vue…Je reviens au camp et je pars dans une autre direction sans que le guide s’en aperçoive. De loin je fais signe à Pierre qui était resté au camp, le guide me voit et me fait revenir d’urgence : Je suis sur un territoire où on a vu récemment un ours avec ses rejetons, donc fortement déconseillé. Le lendemain soir, à l’endroit où j’étais, on voyait déambuler un ours…

Ce qu’il faut savoir, c’est que le guide, Valera, n’a pas fait ce trek depuis 3 ans et on lui a filé une carte de merde et une boussole, résultat on s’est perdu, on s’est tapé des chemins galères à travers les forêts et les fourrés, on se tapait 8-10h de marche à un rythme de footing avec un sac à dos de plus de 20 kg comprenant nourriture et tente. Et bien, c’est le Pierre qui a flanché le premier, les cloques l’ont eu. Je ne parle pas de paysages, on a galéré à se frayer des chemins dans les nuages et les nuées de moustiques. Précision importante : L’anti-moustique fonctionne 10 minutes puis il faut en remettre… Et je ne vous parle pas d’anti-moustique à la citronnelle… Ça les ferait rire nos amis moustiques du coin !!

Les rares fois où il a fait chaud, impossible d’enlever la polaire ou on aurait été bouffé par les moustiques. Je ne parlerai pas des grands moments où il faut aller aux toilettes….

Parlons des ours : Comme on était paumé et que le chemin le plus facile pour traverser les forêts et la Taïga est celui emprunté par les ours, on a fait une rencontre... Au détour d’un chemin, notre guide qui courrait (j’exagère à peine) en tête avec son husky s’est retrouvé face à un ours qui a déguerpi. Ça a été le branle bas de combat, pas pour faire les japonais avec les appareils photos mais pour se barrer dans le cas où l’ours déciderait de revenir.

Au fait, pendant que j’écris, je regarde à travers ma tente, impossible de voir les montagnes, trop de nuages. Au fait, j’écris à l’intérieur de la tente, dehors trop de moustiques…

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On est au bord d’un lac d’eau chaude au pied du volcan Khodutka qu’on devait gravir mais impossible à cause du temps. On bulle (on passe notre temps à nous baigner dans le lac), on devait se reposer 1 jour mais il y a trop de nuages et l’hélicoptère ne peut pas venir nous chercher (à moins que les pilotes aient trop fait la fête la veille) donc on est là pour 2 jours supplémentaires à s’emmerder. Les autres ne parlent toujours pas plus. Alors on tape le carton, le Durac que j’ai appris en Ouzbékistan. Parti comme c’est parti, on est là pour la semaine.

Un point important : L’eau. Ici, il n’y a que de l’eau bouillante, avec des odeurs de souffre, assez ragoûtante qu’on ne va pas boire. Le guide nous a montré un point d’eau potable. C’est entouré d’algues et de vases qui sentent diablement bon, vite un hydropure…

On est là depuis plus longtemps que prévu, le niveau de la bouffe baisse, le guide est parti aux champignons. En 15 minutes, il revient avec 5 kg, espérons qu’il s’y connaît !!!

Au fait, le Pierre est sur les rotules, il doit me détester…

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Finalement l’hélico s’est pointé et on est parti pour le volcan Mutovsky. Et là, enfin du soleil !!! Oui !! Du soleil, moins de moustiques (à moins qu’on s’y soit habitué). Les autres parlent encore moins et donc on a du mal à discuter avec le guide. Mon niveau de russe est encore insuffisant. Finalement on a fait l’ascension du volcan pour voir les fumeroles. On a retrouvé un groupe de 15 français où enfin on a eu l’occasion de parler un peu. Ils ont eu comme nous pluie et nuages….

Notre stop ici est raccourci car on a passé trop de temps à attendre l’hélico. Et donc on rentre sur Petro en traversant de jolis petits lacs

Un petit mot sur le Pierrot : Soit il faut porter le sac à dos, soit ça monte trop, soit il faut marcher dans la neige et donc, dans tous les cas, c’est trop dur. Il en a marre et s’il pouvait rentrer en France plus tôt, il le ferait !!!

Il nous reste 10 jours, ça fait 2 jours qu’on est à Petro pour chercher un circuit.…et le soleil nous a quitté.

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Finalement, on a trouvé un circuit, on est parti du 31 juillet et jusqu’au 6 on va dans le nord vers le volcan Tabatchik. En théorie, ça se termine le 8 août mais nous on ne peut pas, alors on nous a trouvé une voiture pour nous ramener plus tôt. Expliquons la théorie : il faut 1,5 jour pour aller en gros camion 4x4 car le chemin n’est pas praticable. Le 6, le 4x4 nous redescend vers une route et là en théorie, une voiture nous récupère et nous ramène sur Petro pour qu’on prenne l’avion le 7 au matin pour Paris. Le timing va être juste.

On est avec 4 russes et 1 allemand. Le guide qui était censé parler anglais connaît un mot : Break. La conversation va encore être limitée. L’allemand est avec sa copine russe qui lui traduit en allemand…

En fait, on a mis 2 jours pour monter car on s’est perdu et le camion est tombé en panne, puis surchauffe, problème de batterie… Il faut savoir qu’avec ce type de camion, la vitesse max est de 60 km/h. Dans l’équipe il y a un phénomène : un des russes, Vova, 2 mètres de haut, matériel dernier cri et qui est super sympa (même s’il ne connaît pas un mot d’anglais). On était arrêté pour ramasser des baies quand on l’entend crier et revenir à toute vitesse : On a cru qu’il avait vu un ours ou qu’il s’était fait piqué par quelque chose. Mais non, pas du tout, il avait simplement une araignée sur sa veste… Une autre fois, on marchait, il se met à faire des ‘ouch, ouch’ tout excité et veut nous montrer quelque chose : Un ours, un tigre, un éléphant, je ne sais pas mais quelque chose d’important pour être énervé comme ça. Que neni, un lapin…

1ère ballade sur les coulées de lave du volcan (éruption en 1976). C’est à cet endroit que les russes

testent les véhiculent qui sont censés rouler sur la lune ou autre planète. Notre guide après une journée de marche est mort : Je lui ai mis la pression avec l’entraînement que j’ai eu les semaines dernières…

Un point important, on vient d’apprendre qu’on est censé se faire enregistrer auprès du FSB (nouveau nom du KGB) pour indiquer tous les coins où on va. Le T.O ne l’a pas fait pour nous deux… Lors de notre montée dans le nord, on a été contrôlé mais l’allemand avait le document et ils n’ont pas demandé à voir les autres mais au retour on sera seul. Notre guide, quand il a su qu’on n’avait pas ce fameux document, a dit ‘plora’ (qui veut dire ‘mauvais’…). Au fait, c’est comment les prisons russes ?