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Suite à l’incendie au sein des bâtiments de notre hébergeur OVH, à Strasbourg mercredi 10 mars 2021, nous ne pouvions plus accéder au site ! L’accès a été rétabli par notre équipe mais nous n’avons pas accès aux photos pour le moment. Dans l’attente de réponses de la part d’OVH quant au devenir des photos mises en ligne avant le 10 mars 2021, vous pouvez de nouveau réutiliser le site sans risque et ajouter de nouvelles photos !
La Team MyAtlas
8 étapes
2 commentaires
Du 23 janvier au 7 février 2021
16 jours
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23
janv

Yo les guest stars du bal masqué mondial,

1 an à tourner en rond (un peu comme tout le monde), il est temps de ressortir le sac à dos poussiéreux de la cave et de voir où tu peux partir traîner des vieilles guêtres (ouais, plus ça va, et plus tout est vieux, toi compris).

En tant que bloggeur et influenceur très reconnu... t'as pensé faire comme tous les autres charlots, partir à Dubaï faire des selfies retouchés !!! Mouais, mouais, mouais, t'y as déjà passé 1 journée de transit. 1 journée c'est bien!

En ces temps fluctuants, c'est très aléatoire de partir sans organisation car les pays ouvrent et ferment leurs frontières tous les 4 matins. Une agence avec une bonne assurance et, si par hasard, tu peux plus partir, au moins tu devrais récupérer ton pognon. Et puis, trouver une vraie destination ''désert'' (pas le pâté de sable derrière Marrakech) avec chameaux et toute la logistique, sans passer par une agence, pas simple, surtout en solo.

3 ans, sans avoir trainé tes sandales dans le Sahara, il est temps d'y retourner. La Libye, le sud algérien, le nord Mali, le Niger ? On va dire que le touriste n'y est pas vraiment le bienvenu par certains barbus, au mieux en aller simple. Et si en plus, tu viens du pays de Charlie, c'est la totale. Mais coup de pot, depuis début 2021, la Mauritanie a réouvert au quidam qui est prêt à braver courageusement le virus, les groupes djihadistes et autres bestioles agressives du même genre. Bien sûr, la frontière est totalement imperméable entre la Mauritanie et le Mali. Ils ont mis des panneaux "Interdits aux cons dégénérés" donc le djihadiste de base (pléonasme) fait demi tour et t'es tranquille!

Alors ouais, c'est ouvert, mais fini le vol direct qui te faisait atterrir à Atar où le soir même tu campais dans le désert. Maintenant, c'est un stop à Casablanca puis arrivée à Nouakchott à minuit et le lendemain 6-7 h de bagnole pour rejoindre Atar. 2 semaines de treks dans l'Adrar, soit disant sur "des pistes beïdanes chamelières hors des pistes déjà très parcourues plus au nord" pour terminer dans les dunes blanches de l'Amatlich. Malgré ta naïveté légendaire, t'as regardé les circuits d'autres agences. Etonnant, ils proposent tous des treks dans le même coin de l'Adrar! Pour le pékin moyen (t'en faisais parti il y a encore quelques secondes), l'instant "Larousse" : Arrêtons nous sur l'expression " piste beïdane" et non pas " piste bédouine". Une piste bédouine, c'est une piste où traînasse un simple bédouin en goguette, ca sent la chaleur, la sueur... alors qu'une piste beïdane, c'est une piste où s'aventure un nomade maure, et là on joue plus dans la même cour, ça sent l'aventure, la découverte...

Ricardo, trop fort ce gus, même avant d'être parti il vous offre des photos du désert style influenceur Insta à 10 balles (tes anciennes photos avec un ciel très légèrement retouché mais vraiment très très peu retouché)!! Le premier qui te demande où on peut voir des aurores boréales dans le Sahara...Par contre celle, avec le Père Noël, c'est une vraie photo non trafiquée, promis!!

Photos 100% originales !! Promis, juré!! 

T'as dû faire le fameux test du coton tige Tchernobylien avant le départ de Paris (un peu de stress avant d'avoir le résultat) et c'est aussi prévu au retour à Nouakchott pour pouvoir revenir en France. Et ensuite au retour à Paris t'auras le droit à une semaine d'auto confinement plus un nouveau test PCR avant de pouvoir remettre une babouche dehors. L'avantage de passer avec une agence, les tests retours sont organisés à Nouakchott.

On est 15 inscrits (trop nombreux) mais avec toutes ces contraintes, va savoir si finalement on sera assez pour taper la belote... Le côté positif, ça va refroidir les all inclusive qui hésitent entre la Mauritanie et la Rep. Dominicaine, hein le merlan à la madeleine?!

Le pire, imagines au retour à Nouakchott que ton test soit positif. Coincé à Nouakchott pour au moins 15 jours...le rêve !! Bon, t'es médisant sur Nouakchott, mais comme tu dois y passer une journée entière la veille du retour (test PCR oblige), t'as regardé sur les guides quoi visiter. Bizarrement, ca tient juste en quelques mots...

Coté commande, t'as dû relancer l'éternelle acheteuse compulsive de dernière minute : du henné rouge made in China et un chèche mauritanien made in India. Adnana, c'est bien ça ta commande à AmazingRicardo ? Et puis maintenant t'as little Adnana qui a décidé de faire la collection de sable. Et plus étonnant, deux commandes de poutargue!! Vous saviez que Nouakchott était un haut lieu de sa fabrication? Et ouais, grâce à ce blog incroyable vous avez découvert le mot beïdane et un des lieux de la fabrication de la poutargue. Ce soir, à 18h00 au couvre feu, pour pourrez aller dormir plus cultivé !!!!

Ah oui!?! Pour ceux qui veulent polémiquer sur le fait de partir à l'étranger (ce qui est autorisé !!) pendant cette période particulière, pas la peine de laisser un commentaire pseudo-moralisateur sur ce blog mais faites vous plutôt plaisir sur www.PutainJeTourneEnRondAlorsJeChercheAFaireChierLesAutres.com

Un petit clin d'œil à une instagrammeuse qui commence à bosser en ce début d'année et qui ne peut plus voyager 😉 Ah dur!! Très dur !!

Allez, c'est parti pour l'aéroport !

Bon futur confinement à tous !! Solidaire !

Ricardo, back in the game

24
janv

Yo,

Parlons un peu de la dream team. On est finalement 14 sur les 15 prévus. Facile à nous reconnaître, pompes de trek, sac à dos et des fringues que tu mettraient pas dans la rue en France. Alors, d'après vous, qui vient sur ce genre de circuit au fin fond de la Mauritanie en pleine pandémie ?

- les danseuses du Crazy horse qui cherchent un nouveau coin pour se produire

- des adeptes du bob Fram venus sur un malentendu

- une ribambelle de vieux routards

Sur le coup, t'as eu un doute entre la première et troisième possibilité car l'un d'eux est blond/blanc platine et queue de cheval. C'est l'accompagnateur français. Oui grand luxe, on a un accompagnateur français qui vient vérifier le circuit qu'on va faire car aucune personne de l'agence française ne l'a jamais checké. Côté danseuses du Crazy horse, elles sont 5. Certaines ont du y être danseuses dans les années 90, 1890...Et même avec tes 50 balais bien tassés, t'es dans les plus jeunes. Y a 3 mauricettes. Vous savez ce que c'est une mauricette ? C'est une personne qui a eu le vaccinct du covid. Et puis t'as du sportif. 3 mecs font des marathons comme entraînement avant de faire des ultra trails et le marathon des sables.

Dés l'aérogare, t'as senti le choc, un souffle barbare, un remous hard Rock, ici Nou...akchottttt. 18° à 3h du matin.... Une légère appréhension à la douane car tu trimballes une bouteille de Pastis alors que l'alcool est interdit dans le pays. On est flagellé si on se fait chopper ? T'as apporté aussi des saucissons mais halal !! (ouais ça existe, c'est à base de poulet et de bœuf) Et des caouettes. Alors pas la peine de faire des remarques sur le pourquoi t'apportes des caouettes dans un pays où c'est interdit...Tu t'imaginais pas dans le désert avec du Pastis sans caouettes !! Alors, c'est vrai, à 15, ça va pas en faire beaucoup par personne. T'es sorti dans le premiers de l'avion et t'as pu passé le pseudo contrôle médical et le visa sans trop de galère. Les autres ont mis plus d'1h30... Résultat on arrive à 4h30 du matin à l'hôtel et c'est le bordel dans la répartition des chambres. Il y a couvre feux à 20h, et t'as des bagnoles de flics à tous les gros croisements. Ça doit pas rigoler comme en France. Nouakchott, je vous en parlerai dans le dernier post car on est arrivé à 4h du matin et on est reparti pour Atar à 10h. Peux pas dire que tu as pu vraiment profiter des attraits de la ville.

Près de 5h de minibus direction nord. A peine sorti de Nouakchott, on est dans le désert, plat et monotone. Faudra faire plus de 250 bornes avant qu'il y ait un peu de dunes et des montagnes. Tu peux difficilement roupiller car t'as des postes de contrôle, et là, faut jouer la mascarade du masque. Oui côté masque, plus personne le porte. Mais au contrôle, faut en avoir un même si le militaire n'en porte pas. Mais t'as le droit d'utiliser ton chèche comme masque !

Premier bivouac dans le désert au milieu des dunes et de plateaux rocheux. Quasiment tout le monde a décidé de dormir à la belle étoile. La lune est montante et avec des nuages, elle forme un immense halo lumineux. Ici, ça signifie soit grosse chaleur soit tempête...

Le guide mauritanien 'Cheirmou' nous dit : demain, lever 6h30, déjeuner à 7h et départ 7h30. Waouh, précis ! Toi, comme un con, à 7h t'es au bivouac (ouais t'avais installé ton matelas à 200m). A 7h45 t'es en train d'aider à démonter les tentes de ceux qui ont pas osé tenter la belle étoile. T'aurais du prendre ton temps ce matin et enlever tout le sable que t'as mangé dans la nuit. Oui, le vent a tourné plusieurs fois donc impossible de vraiment se protéger avec les sacs à dos. Le sable est super fin et s'infiltre partout. On est parti à 9h30...dorénavant tu feras grasse mat...Encore un peu de bagnole pour rejoindre la palmeraiede Terjit qui a la particularité d'avoir une source d'eau chaude. T'es con, t'as pas eu le reflex de te rincer les cheveux pour enlever le kilo de sable.

Puis encore 2h de bagnole pour rejoindre enfin les chameliers. La route goudronnée est parfois coupée par des dunes de sable.

On a 16 chameaux et 4 chameliers. Afin de vous permettre de vous endormir plus cultivé, sachez que ce sont les chameaux mâles castrés qui portent le matériel. Mais il y a une exception. Si la femelle n'est pas foutue de se trouver un mâle pour avoir un petit, elle change de statut et passe en mode transport. Y a une femelle et c'est elle qui râle le plus. Apparemment elle est en formation. Elle a même essayé de donner des coup de pattes au chamelier. Elle râle tellement que c'est la seule à ne pas porter de sacs, trop forte ! Un des chameaux, un gros râleur, a les pupilles cerclées de blanc. Dixit les chameliers, il faut faire attention car ces chameaux aux yeux blancs sont très cons.

Il est 12h, c'est l'heure du déj et de la sieste. Ouais, c'est pas très violent. Matelas installés sous un acacias histoire de profiter de l'ombre. Ah oui, grande première, on transporte un râteau pour enlever les merdes de chameaux et épines sous les acacias avant d'installer les nattes. C'est là où tu vois que tu voyages grand luxe. Faut reconnaître que, vu la taille des épines d'acacias, tu peux te faire empaler. Côté cuistot, le mec est balaise car il doit cuisiner pour un paquet de charlots. Il doit passer ses journées à éplucher des légumes. La veille on a eu droit à un ragoût de chameau. Ouais, si le chameau porte pas, il doit certainement finir dans une casserole. Pendant la sieste les marathoniens sont allés courir. Ils sont venus ici pour s'entraîner pour le marathon des sables mais ils viennent juste d'apprendre qu'il est encore repoussé. Au fait, Gabriel, Kinnary, je vous attends toujours pour le mds !

Siesto Ricardo

26
janv

Asalam aleikoum bro,

15h30, on a rempli d'énorme barils de flotte à un puit et nous voilà enfin parti pour la marche. Point important, les 15 chameaux de bats prennent un chemin et nous un autre mais l'assistant chamelier nous suit avec le chameau le plus docile, des bidons d'eau et qqs bricoles. C'est un des rares chameaux qui râlent pas juste par principe. Du coup, le pauvre, il prend cher coté photo

On marche dans de grandes dunes de sable parsemées parfois d'acacias et de buissons et au loin quelques petits plateaux. Avec les 3 marathoniens, on s'écarte du groupe pour faire les cons dans les dunes. Ça fait pas 45 minutes qu'on marche qu'on voit le groupe arrêté en haut d'une dune. Ils se sont regroupés. Bizarre ! Une messe ? Une bénédiction? On se retape la montée de la dune. Ils sont regroupés pour faire de l'ombre à Madeleine qui est allongée au sol. Madeleine, la doyenne, 75 ans, a fait une pause pipi et a voulu ensuite rattraper le groupe en courant. Résultat, sur le carreau... Et après on va dire que c'est une victime du covid... 10 minutes après, elle était sur le chameau balai.

Côté température, on tape 34° à l'ombre. S'il y a pas du vent, ça va être l'hécatombe.

Bon, on reprend la marche. Du sable ? Ouais, y en a. Lina, rassures toi, je vais t'en ramener. 30 minutes plus tard, c'est François qui est à la dérive. Il a fait un avc il y a 25 ans et là il sent un coup de mou. Isabelle a déjà refilé son petit sac à dos au guide. Putain, c'est la première demi journée et c'est l'hécatombe. On est parti pour 12 jours de marche, on va finir à combien ? Tant bien que mal, on est arrivé au camp. Avec les marathoniens, on est en train de parier sur le premier qui va lâcher définitivement l'affaire. Faut le prendre au second degrés, hein ?! François va s'allonger en position PLS. Il a une cote à 3 contre 1! Ce soir il a pas trop envie de manger, ça cote passe à 2 contre 1.

Ce soir c'est couscous végétarien. On a le droit à la fabrication de la galette de pain. Il faut d'abord faire un feu pour obtenir beaucoup de braises. Ensuite tu creuses dans le sable, tu poses la pâte que le mec vient de faire devant toi puis tu recouvres de braise. Environ 20 minutes plus tard, tu enlèves les braises et le sable, retourne le pain et tu refermes à nouveau pour 20 minutes. Ensuite tu tapotes le pain et le bruit t'indique la cuisson. Dernière étape, la plus importante, frotter le pain pour enlever tout le sable (le touriste n'aime pas trop la pâte sablée). Tu te faisais un régale de manger un bon morceau de pain tout chaud. Que neni, c'est pour le petit déjeuner d'un lendemain matin, sniff.

Salade du désert 

On a fini de dîner tard, 20h30. Avec les 2 marathoniens, on est reparti faire une balade nocturne. La lune est tellement lumineuse que t'as vraiment pas besoin de lampe. Au retour, on est pas d'accord sur le chemin. Un des gars a une montre qui fait papa maman et une option s'appelle retour maison. Sans elle, si on avait suivi l'autre, on serait encore en direction du Groenland...

Les nuits à la belle étoile sont un peu compliquées car t'as l'impression de dormir avec un spot dans la tronche avec la lune. En plus, quand elle se couche, le vent se lève et tu bouffes un peu de sable. Résultat, après 2 nuits, une partie de ceux qui dormaient à la belle étoile ont décidé de dormir sous la tente messe.

On s'améliore côté timing, juste 30 minutes de retard. Madeleine a décidé de montrer qu'hier, c'était pas vraiment elle et elle galope devant avec le guide. Attention Madeleine, t'as encore 11 jours à tenir... En tout cas y aura toujours le chameau balai. François reste à proximité. Il est fatigué mais ça va. Faut il revoir sa cote ?

Marche dans les dunes. Le vent permet d'éviter de sentir la chaleur. On arrive à l'oasis de Karneh. Cheirmou nous dit qu'on peut se laver les cheveux ? Hein, l'eau est pas rare ici, faut pas l'économiser? Apparemment pas dans cette oasis où on s'arrête pour déjeuner. C'est surprenant (ou pas) comme dans certains cas, les femmes ne sont plus d'accord pour l'égalité des sexes. T'as eu le droit au 'on est des femmes, on passe avant pour se laver des cheveux'...

Le cuistot nous apporte une très jolie salade et il a préparé du bissap. À l'origine ça viendrait du Sénégal, c'est du carcadet, une décoction de fleurs d'hibiscus.

Point important, le thé. Un vrai trek dans le Sahara ne peut pas s'envisager sans les fameux 3 petits thés, le premier très amer et le dernier très sucré. On y a le droit à midi (uniquement 2) mais le soir c'est du vulgaire Lipton.

Alors le Lipton, c'est uniquement pour les touristes. Le reste de l'équipe, on déconne pas le thé, est toujours au thé local, jamais tu leur feras boire ce qu'il nous refile. T'es allé tapé le bout de gras avec le responsable chaï ! Alors, on nous refile le pisse mémée car soit disant leur thé nous empêcherait de dormir... Pfff. Discussion, négociation, menaces, jérémiades, supplications... Maintenant tu auras aussi du vrai thé le soir. Les autres sont jaloux...

12h45, on a fini de déjeuner. On repart à quelle heure ? 15h30! Ah ouais, la sieste va être longue... Tu te trouves un petit coin à l'ombre sous un acacia et tu commences à écrire les conneries que vous lisez. Quand débarque un troupeau de chèvres et moutons. Cool, allez voir le cuistot pour savoir lequel reste avec nous...

Changement de paysage. Le sable est recouvert de milliers de petits cailloux noirs qui donne l'impression de marcher dans un désert noir.

Puis de retour dans les dunes. Mais des dunes de différente couleur ocre-orange et blanche. A certains endroits, sous 10 centimètres de sable orange, tu trouves une sorte de sable blanc extrêmement fin. Selon les guides, il y a un paquet de siècles, la mer venait jusqu'ici. Et le 'sable' blanc serait de la poussière de coquillage.

Ah ! Changement sur le tiercé, Madeleine est allongée sous un acacia, un gros coup de chaleur. 2 fois en 2 jours, ça va être un calvaire pour elle.

Un des marathoniens est coach sportif donc chaque soir séance de gainage. Pour l'instant vu les quantités qu'on mange, t'as pas du perdre un gramme.

Lendemain matin, t'as du rater qqchose au briefing de la veille. Madeleine et Annie ont mis du rouge à lèvre et Annie est en jeans et t-shirt paillettes. Euh, on part marcher dans le désert où c'est shopping aujourd'hui ?

Finalement, c'est bien une journée de trek dans le désert. On repart dans les dunes. T'as filé tes bâtons à Annie qui a du mal. 20 minutes plus tard, elle est sur le le carreau. Apparemment, marcher en utilisant ses bras pour les bâtons était trop difficile. Conséquence, elle rejoint le tiercé des gagnants potentiels. Cheirmou te montre une petite colline de rochers au loin et te dit qu'on va y monter et que tu peux partir en avance. Ça fait pas dix secondes qu'il l'a dit qu'on est 4 à être déjà parti. Le guide français aura sifflé pour nous dire de stopper mais on l'aura pas entendu, c'est ballot. C'est l'inconvénient des guides français, ils ont la trouille pour leurs ouailles. Le mauritanien te laisse t'éclater.

L'arrêt pour le repas de midi est après la colline que les autres vont finalement contourner. À peine arrivée, Annie s'allonge et s'endort épuisée. Tu bois 3 litres d'eau dans la matinée, elle elle a dû boire 1/2 litre. Pas étonnant vu la chaleur, qu'elle se sente pas bien. Et on a beau leur dire, tous les anciens refusent de boire. Le vent s'est levé. Le repas a été saupoudré de sable. Y en a partout. Tout le monde essaye de se protéger derrière le troncs des acacias.

Si on a 3 jours de vent comme ça, c'est le rapatriement sanitaire pour la moitié de l'équipe. Les marathoniens vont faire leur 10 km de footing quotidien pendant la pause sieste. Toi, si t'y vas, avec cette chaleur, t'es sûr de rentrer dans tiercé gagnant. Alors, tu mets tes lunettes de piscine (ça t'évite de prendre du sable dans les yeux) et tu attends.

Pause déj terminée. Petite montée entre les rochers, Madeleine s'emballe puis s'inquiète et demande à un guide de marcher lentement pour qu'elle marche derrière. Annie plus bas est sur les genoux. Tu descends récupérer son sac à dos. Frédéric son mari ne fait pas un geste pour l'aider. François a tout compris, il marche lentement à son rythme avec le chamelier. Il a du mal, mais ça passe sans casse. Un sketch!!

Du haut de la colline, on voit l'oasis de Bou Aboun avec quelques cahutes où vivent (où plutôt survivent) quelques personnes. C'est à l'extrémité qu'on va camper. Il y a un puit où on pourrait se laver, dixit Cheirmou. Bien sûr les femmes disent 'first'. On fait encore une pause avant d'arriver et Madeleine s'allonge, au bout de sa vie. Le guide français en passant à côté de toi dit ''y a plus qu' à prendre une pelle et creuser''. Isabelle, qui, plus futée que les autres, a refilé son sac au guide dès le premier jour, commence à donner des signes de fatigue. On se croirait dans la dernière ligne droite dans la course de l'arc de triomphe.

Finalement on arrive dans l'oued d'Hassi Jierf où on va camper. Les gros jerricans d'eau sont vides. Des chameliers et les marathoniens partent au puit chercher de l'eau. Tu prends ton savon et tu les rejoints. Le premier puit à 200m a très peu d'eau. Le suivant 300m plus loin n'est pas plus rempli. C'est au 3ème beaucoup plus loin qu'on trouve enfin beaucoup d'eau. C'est sur que que le tiercé gagnant viendra jamais jusqu'ici se laver. Et bien, en même temps qu'on remplissait les réservoirs, on a fait séance douche (pour les grincheux, c'est le guide local qui nous a dit qu'on pouvait en prendre pour se nettoyer). On dit 'first' mais finalement personne.

Ce soir, repas de fête. Un mouton du village est passé à la casserole, où plutôt a fini sous les braises. Ça fait 1 an qu'il n'y a pas eu de circuit dans ce coin et les moutons ont oublié de se planquer quand ils voient débarquer des toubabs.

Comme chaque soir, on est 3-4 à partir faire une petite balade nocturne. Au son de musique d'opéra. Les anciens sont déjà couchés depuis longtemps. Ça nous permet d'évaluer sur le gagnant potentiel du lendemain.

Richard, turfiste amateur

28
janv

Et oui, nous voilà de retour sur l'hippodrome de Longchamps où plusieurs trekkeurs tentent de finir premier. Oui, oui, il y aura bien une remise des trompettes du Cotopaxi.

Journée au paysage très différent. Après une dune, on marche sur un reg toute la journée. Que de la caillasse et très peu de sable. Plutôt monotone mais surtout casse cheville. C'est là où un outsider fait son entrée dans le game. Frédéric, le mari d'Annie. Alors, il aime vraiment pas la caillasse. Et ouais, tous les jours, c'est une nouvelle surprise. Du coup les cotes changent ! Compliqué le tiercé mauritanien.

Le guide fait prendre le chemin le plus simple aux 7 anciens et les autres cherchent toutes les collines ou dunes possibles à gravir. Après 4h de marche, on arrive au campement du déj. Les chameliers ont monté une bâche pour nous protéger du vent. On laisse les meilleurs placent aux anciens. Le repas terminé, ils sont tous dans une sieste comateuse de près de 3h. 1h30 de marche plus tard, on arrive à notre lieu de bivouac. Ça aurait été trop beau si tout s'était bien passé, Madeleine a glissé sur une pierre. Véridique, t'as pas 1/2 journée sans que l'un d'eux soit à plat. Conséquence, il y a atelier infirmerie matin midi et soir. Jamais vu ça en une demi douzaine de circuits dans le désert.

C'est ce soir que t'as sorti le Pastis/caouette/saucisson halal. Espérons que ça leur donnera un coup de fouet. Le saucisson halal ? Finalement pas si mauvais. Les glaçons ? Euh...

Apparemment, le Pastis est un dopant. Le lendemain tout le monde galope. Passage par la sous préfecture de N'terguent où un 4x4 nous attend pour du ravitaillement en fruits et légumes. Quelques cahutes, 2-3 maisons en dur, une petite boutique avec des biscuits et autres épiceries. La vendeuse a fait son chiffre du mois en quelques minutes. Quand on est arrivé, t'avais l'impression qu'il y avait personne et. 5 minutes plus tard, t'as 50 gamins qui viennent voir l'attraction. Le coach sportif leur a montré comment faire des pompes et des squats. Dans 10 ans, t'as un village de champions olympiques.

La balade se poursuit dans la gorge de H'nouk pour terminer dans des dunes et acacias.

On est passé à la belote. L'équipe perdante porte le lendemain la flotte de l'équipe gagnante....

Ricardo, une nouvelle passion, les courses hippiques.

29
janv

Yo, les vegans,

Le sud de l'Adrar pullule de ces jolies gazelles du désert. Tu peux pas taper dans un tas de sable sans qu'une dizaine de ces bestioles apparaissent et te narguent.

A force, ça ressemble un peu à de la provocation. T'as tapé le bout de gras avec les chameliers. C'est interdit de les chasser ici, mais bon, sur un malentendu... Il faut qu'on fasse comme en France, faut qu'on régule un peu ces bestioles ! Et puis quand tu visites un pays, faut manger local ! Sympa la chèvre et le mouton mais pas si local que ça. T'as lâché le groupe une journée et t'es resté avec les chamelier.

Ah oui, véridique, un des chameliers ne quitte jamais sa doudoune. Mais pas la petite doudoune, pas celle des parisiens qui veulent se la jouer sportif branché. Non, la grosse. Tu regardes le chamelier, tu transpires. Afin de rester avec eux, t'as prétendu avoir mal mal au ventre à cause de la flotte. Pour une fois que c'est toi qu'à pas la forme...

Après faut s'organiser et surtout attendre que les autres soient bien loin. Ahmed, le chef chamelier a retrouvé facilement des traces. Mais c'est qu'elles courent vite ces bougresses. Du coup, avec les chameliers on s'est rabattu sur une famille avec des très jeunes (genre agneau de lait). C'est sûr que quand elles ont que quelques heures/jours, elles galopent moins vite et moins longtemps. Les chameliers ont la technique. A pied, aucune chance, mais sur des chameaux, ça le fait. Ils sont 2 chameliers, chacun son chameau. Alors, eux sur les chameaux, toi, t'as regardé. Rien que pour diriger ces sales bêtes râleuses à bosse... Ils galopent après les gazelles et le chamelier lance une corde autour de la tête d'une jeune gazelle. Ca n'a pas marché du premier coup mais à force la jeune gazelle est sur les rotules donc c'est plus facile pour l'attraper.

On va pas s'éterniser sur la phase découpage de la bestiole, hein? Des photos ? Euh... Tu vas être viré du blog ou recherché par des végans si tu les postes. En tout cas, les mecs maîtrisent le couteau. La peau est raclée rapidement et roulée dans un tissu. Si les chameliers se font chopper avec une peau, ils prennent cher. Désolé Delphine, j'ai pas imaginé te la ramener. T'es en plein dans le désert et voilà que des mouches se pointent. Va savoir comment ! Le problème avec les steaks, c'est que tu vas pas les manger de suite et que ce soir, on peut pas les sortir devant le groupe. Ils vont jamais gober qu'on est tombé sur une boucherie ambulante. Surtout l'accompagnateur français qui n'est pas tombé de la dernière pluie. T'as passé le reste de la journée à marcher tranquillement avec les chameliers. En fin d'après midi, quand le groupe arrive, toi, bizarrement, tu vas déjà beaucoup mieux. C'est pas beau de mentir !!

Les chameliers se sont installés un peu plus loin que d'habitude. Tu dis aux autres et au guide que les chameliers t'ont proposé de dîner avec eux ce soir. Certains semblent jaloux... Seul moyen de manger un bout d'antilope. Alors, comment dire, un peu caoutchouteux. Putain, vla t-y pas que le guide français se pointe et vois ce que t'as dans l'assiette. Ça se met à parler en arabe. Le guide repasse en français tu prends très cher. Hé, déconnez pas, c'est juste un bout de viande qui a glissée dans ton assiette. Mais non, c'est faute grave. Si on se fait chopper, l'agence peut perdre son agrément. Et dans tous les cas les chameliers ne rebosseront plus avec eux. Il sort le téléphone satellite pour voir avec l'agence en France. Et là, coup de pot, plus de batterie. Du coup, c'est toi qui t'énerve car ce n'est pas professionnel de ne pas avoir vérifier leur téléphone avant de partir. Qu'est-ce qui se passe s'il y a une merde? Hein ?

C'est là où il manque une chute à ton histoire! Bon, t'es pas super content de ta connerie, peut-être que certains d'entre vous l'auront gobé, d'autres diront qu'ils ont senti le pipo dès le début... En fait, t'avais imaginé une histoire où le steak servait ensuite d'appât pour attraper un des derniers pumas/lions de la région mais de gros doutes sur votre crédulité. Ca devient de plus en plus dur d'innover. T'as à faire à des lecteurs de plus en plus affûté...

Ricardo, en difficulté sur les pipos

1
fév

Minuit, t'es réveillé par le vent. C'est un vent tournant qui te balance du sable dans la tronche. Impossible de vraiment dormir jusqu'au lever du matin. Tu sens que ça va être une journée de merde. Peu dormi et en plus tu vas en plus porter 3 litres de flotte supplémentaire. Ouais, on a pris une raclée à la belote et comme t'es galant tu portes la part de la flotte que ta coéquipière aurait du porter. Et ces enfoirés ont remplacé, à ton insu, de l'eau par du sable dans une des gourdes.

En plus, ça tombe mal, on a l'option de monter sur des grandes dunes de sable où tu t'enfonces jusqu'aux chevilles grâce au surpoids de ton sac... Quand ça veut pas.

L'accompagnateur français voulait pas qu'on y aille mais le guide mauritanien n'avait aucun problème du moment qu'on restait visible. Vous voulez la liberté de gambader dans les dunes telle une gazelle ? Vérifier avant de vous inscrire que votre guide est local.

Côté quinté plus, après le premier coup de chaleur des premiers jours, on a l'impression que les ancien vont mieux même si à peine arrivés au camps, ils sont sur les genoux.

Côté paysage, on est repassé dans un décor de dunes, quelques acacias, parfois des tous petits villages dans des petites palmeraies. Les villages sont habités uniquement lors de la cueillette des dattes. Des petites fenêtres sont construites quasiment au niveau du sol. Apparemment c'est là où le vent souffle le plus fort et permet de rafraîchir un peu la pièce.

Côté température, ça cogne, certainement autour des 35°. Et on est dans la saison froide.

Coté bouffe, le cuistot nous sort tous les jours des plats simples mais succulents. A ce propos, ce midi, il y avait un berger avec ses chèvres près d'un puits. Un chamelier est réparti avec l'une d'elle et la voilà dans notre couscous ce soir.

Tous les soirs, après dîner, un petit groupe repart se balader sans guide pendant 45 minutes. Histoire de pimenter la balade, on fait une pause de nuit dans les dunes pour faire du...gainage. Ouais, faut être complètement barge ! Et chaque jour on augmente de 30 secondes.

Dimanche 31 janvier. On a des news de France. Les frontières vont être fermées. Ça va être sport pour rentrer dans 1 semaine. T'as proposé de remonter en 4x4 au Maroc par le Sahara occidental puis d'aller sur la côte marocaine pour trouver des passeurs de drogue. Ils ont des hors bords avec des moteurs 3 x 200 CV. Ça devrait être une balade pour traverser la méditerranée. Les autres ont pas l'air convaincu.

Aujourd'hui Annie, a sortie la tenue orange, très classe pour St Tropez. Pas super convaincu pour ici mais bon...du moment qu'il y a un peu de rouge à lèvres...

Frédéric propose, vu la future fermeture des frontières, de rentrer plus tôt. Il en a ras le bol.

Côté paysage, on a commencé par une série de dunes. En principe il nous laisse enquiller les dunes et fait passer les autres sur un terrain plus facile. Mais va comprendre pourquoi pas cette fois. Tout le monde est ensemble, il veut en achever certains ?

Ah, une nouvelle gamelle... Annie a pas aimé une pierre et s'est ouvert légèrement l'arcade sourcillere en tombant.

La matinée commence bien. On a gagné à la belote la veille, donc l'équipe perdante doit nous servir comme des rois au petit déj.... On marche dans l'oued Aghmounjeït, histoire de refaire le plein d'eau. Annie remet une couche de rouge à lèvres. Oui, passionnant.

La pause midi se fait sous un acacias. Le guide Cheirmou se pointe et nous demande si on veut commander des boissons fraîches. Hein quoi ? Amazon prime livre ici en drones? Trois heures plus tard on arrive au village de Medah. Une rue principale avec quelques échoppes dont une avec un frigo qui marche au solaire. Le patron avait été prévenu par téléphone et avait mis des boissons au frais. Dans 10 ans, y aura quoi? Un KFC ?

Le gars a été dévalisé. T'avais commandé 2 cocas, t'en as tapé 4. Pas prêt de retrouver un goût de froid dans la bouche avant la fin de la semaine.

Histoire de remotiver les troupes, t'as fait péter la fin du Pastis et du saucisson le soir. Comme les vendeuses étaient venues s'installer devant le camp pour nous proposer de l'artisanat local, il a fallu attendre qu'elles soient parties pour sortir le faux halouf.

La lune apparaît de plus en plus tard, ce qui permet de voir enfin vraiment bien la voie lactée. Comme chaque soir, une ballade de nuit au son de Louis Armstrong. ''it's a wonderful world''. T'as juste la séance de gainage sur une dune qui pique un peu. Le guide est pas trop inquiet de nous laisser partir car un gars a la montre avec 'retour maison'.

Ricardo, en gaine sur une dune

3
fév

C'est l'anniversaire de Michel, 75 ans. Il a toujours porté son sac et toujours assez bien marché et dort à la belle étoile. Le cuistot a préparé un gâteau au raisin sec et chocolat !

On est à l'entrée de l'erg de l'Amatlich, 300 km de dunes qui rejoint l'océan. Ouais, on va juste en traverse un petit bout, une pincée. Avant de s'y engager, on doit passer par le stop shopping. Des dames ont installé des stands d'artisanat plus ou moins local. Si on n'y va pas, elles nous suivent dans les dunes jusqu'à l'endroit de la pause déjeuner, soit 4h de marche. Donc, pour les empêcher de nous suivre inutilement, on fait l'arrêt shoping avant. T'as les 3 femmes qui font les vendeuses sous un acacias et t'as un gars à l'écart qui attend. Une fois qu'on part, il va ramasser l'agent.

C'est maintenant qu'on va taper dans le dur. Y a pas plus fatiguant que de marcher dans les dunes où tu t'enfonces jusqu'aux chevilles. En plus le soleil cogne. Cheirmou, a décidé de faire passer le troupeau sur un chemin un peu moins galère que d'habitude. Ça n'empêche pas qu'une grande partie est sur les genoux. T'as même le Frédéric qui se plaint. Hé, mon gars, tu savais qu'on avait de la marche dans les dunes. Et râle pas trop car demain c'est pire. Ce mec s'est jamais occupé de sa femme Annie qui galère. Il a des bâtons, ça lui ai jamais venu à l'esprit de les prêter à sa femme. Du coup, tu lui as passé les tiens qui dormaient dans le sac. Quand il s'installe, il prend bien de la place. Il se fait installer sa tente par un des chameliers et arrive toujours en retard au petit déj. Le rêve, ce mec !!

Pas le moindre arbre pour se mettre à l'ombre. Seule ombre à des kilomètres à la rond, celle du chameau. Annie l'a privatisé. Ah oui, aujourd'hui Annie, c'est petite chemisette vichy rose et rouge à lèvres bien sûr. Toujours classe !

Petit point 'Nicolas le jardinier' : dans les années 60, les français, pour limiter l'avancée du désert, ont lâché par avion des graines de prosopis, une sorte d'acacias qui pousse très rapidement. Manque de pot, les locaux se sont appercus que l'arbre tape dans les nappes phréatiques, appauvrie les sols et donne la chiasse au chameau. Mais c'est pas simple, car le gouvernement n'est pas d'accord pour que les locaux les coupent...

Quelqu'un remarque un truc dans le ciel. Un oiseau ? Non, un drone qui peut être vient voir si tout se passe bien pour les rares touristes qui crapahutent.

On compte plus les pauses.

13h, on est toujours pas arrivé à la pause déjeuner et ça cogne. Enfin, au loin la tente mess. On était à la limite de la révolution des mauricettes. Pas d'ombre, ils ont monté la tente mess pour se protéger du soleil. La tente est au pied d'une immense dune orange mais installée sur du sable blanc, et un peu plus loin du sable couleur curry, va comprendre.

C'est bien sympa la pause repas, mais il est temps de repartir à 16h. Ouais plus ça va plus les pauses sont longues et nombreuses. Petit problème, la chamelle s'est barrée. Bon, c'est le problème des chameliers. Nous, on serait infoutu de trouver la moindre trace.

De la dune, de la dune et encore de la dune. C'est à ce moment que ton appareil photo a décidé de se faire hara-kiri.

Ah, un accident, et pas du tout un favori. C'est même une surprise. Un chameau a fait un roulé boulé dans une pente. Si même les chameaux s'y mettent, jamais on arrivera. Un des chameliers creuse le sable pour leur faire une pente plus facile.

Conséquence, t'as 5 chameaux qui attendent. Un chamelier te refile la corde pour enmener le groupe de chameaux. Et là, t'as plus la possibilité de marcher où tu veux, t'es obligé de passer par des endroits où les chameaux peuvent passer.

Petite minute chameliere : on pense tous qu'un chameau marche finger in the nose dans le désert. Que neni, des chameaux qui connaissent pas les dunes font des no-go... Et ceux qui sont nés dans des coins comme les dunes ont le dessous des pattes trop fragiles pour marcher dans des coins rocailleux. Pfff, le mythe du chameau 4x4 s'écroule.

Alléluia, Allah akbar, on voit enfin le bout des dunes.

23h, après la balade nocturne quotidienne, t'es en train d'installer ton matelas quand tu sens une présence dans ton dos. T'as un mec, tout en blanc, qui te demande un truc en jargon local. Euh.. T'es en caleçon... Bon, ben tu vas avec lui pour lui montrer le chemin vers le camp, histoire qu'il parle avec les chameliers du camp. Lendemain matin. Il est jamais passé au camp mais est passé voir un autre gars qui dormait aussi à l'écart. Va comprendre. Le plus étonnant, c'est que les chameliers, ce matin, en allant chercher les chameaux ont trouvé des traces du gars. Balaise ! On marche partout autour du camp et les chameliers sont capables de reconnaître les pas du gus.

Matinée à marcher sur un plateau pour rejoindre la guelta d'Azoueigua qui est en rupture d'eau.

On voit passer notre chef chamelier sur un chameau. Très rare de voir qqun sur un chameau, ils ont plutôt tendance à marcher à côté. En fait, il part à un point d'eau pour remplir des barils et revenir avant notre pause déj. Les mecs sont vraiment au petit soin.

Cet aprem, le groupe doit se scinder en deux. Ceux qui vont marcher tranquillement entre deux pauses en passant par le plateau et les couillons qui vont en chier dans les grandes dunes de 70m de haut. Sur le papier les équipes sont facilement identifiables. Mais non, vas-t-y pas que Madeleine demande au guide si c'est vraiment si difficile de passer par les dunes. Euh Madeleine, c'est vrai que tu vas beaucoup mieux mais euh...on part vraiment pour en baver dans les dunes. Si on doit faire des pauses toutes les 10 minutes, ça va un peu casser l'ambiance festive...

40°, 4h, il est l'heure de repartir. Heureusement Madeleine n'est pas venue. Le bivouac est dans une palmeraie aux pieds de grandes dunes. Comme on y va sans guide, on dit rester plus ou moins à portée de vue. 90m, la plus haute. Ça chauffe un peu les cuisses.

Après le dîner, on est reparti faire notre balade nocturne quotidienne. On avait dit, pas de dunes! Ouais ben, on s'est retapé la montée de la dune à la frontale... Mais quelle plaisir d'être au sommet, allongé dans le sable et regarder la voie lactée, ça s'oublie pas.

Dernière jour de marche. On s'arrête à un petit camp de nomades (avec antenne satellite). On est invité à manger des dates, boire un bon thé et goûter du lait. En principe ils mélangent le lait avec de l'eau mais pour nous éviter d'être des nouveaux clients 'Smecta' on a l'option lait sans flotte.

Le groupe longe les dunes alors que des couillons crapahutent sur des dunes oranges et blanches. Côté tiercé gagnant, les pauses sont à un rythme de 30 minutes de marche, 15 minutes de pause. Ouais, y aura pas de gagnant sur cette course... Bien que...lors de la pause de midi (qui maintenant veut dire de 11h à 16h), Annie est partie faire une pause pipi/maquillage. Elle s'est perdue dans la palmeraie.

Dernière soirée. Dernière soirée, les chameliers nous ont fait un petit show nocturne. L'un d'eux mime la hyène. Pas. Évident à reconnaître avec une peau de mouton sur le dos et des tongs comme oreilles.

L'avantage d'avoir papy François (71 ans) ce soir avec nous est qu'on ne marche pas trop avant de s'allonger et regarder les étoiles. Un Avé Maria de Pavarotti sous la voie lactée.

Chacun rejoint son matelas pour dormir. T'as prévu avec les marathoniens d'aller courir demain à 6h30. Donc la nuit va être courte.

Courte ? Ahaha ! À peine couché que le vent se lève. Il tourbillonne, impossible de se protéger des sacs. A 1h30 tu dors toujours pas. T'as l'idée de génie (mais un peu tard) de mettre ton chèche sur le visage, ça t'évite de recevoir le sable sur la tronche et de somnoler un peu.

6h15. Putain, faut se lever. Tout est recouvert de sable. Le vent est encore plus fort. Tu ramènes ton équipement vers le camp. C'est la bérézina. La tente mess est tombée pendant la nuit. Un autre gars qui dormait loin du camp a rappliqué au camp en espérant une endroit moins au vent. Tu croises un des gars qui confirme qu'on va pas courir. Ouf ! Tu te recouches derrière la roue d'un 4x4. (comme c'est la dernière nuit, les 4x4 sont arrivés là veille)

Lever à 7h30, personne n'a dormi quelque soit son emplacement. Sauf, le 2ème guide qui lui dort systématiquement sous une tente et en plus à l'abri des voitures. Pas un instant, il n'est venu voir si ça allait bien côté toubab.

Il nous reste 1/2 journée de marche. C'est là que s'emballe la course dans le sprint final. On a 3 gagnants qui ont fait un refus d'obstacle et préféré buller dans les 4x4. Ton cheval est même pas placé, il galope tranquillement dans les dunes blanches !!

La balade s'est transformée en chasse au trésor. Dans les creux des dunes, tu peux retrouver des tessons de poterie, des pointes de flèche en silex et des fulgurites. Fulgurites kezako ? Quand des éclairs de tonnerre tape le désert, il vitrifie le sable en forme de paille.

Bon, et puis marcher en veste polaire et goretex, ça nous change des journées à 40°.

Les chameliers vont mettre tranquillement 10 jours pour remonter chez eux à Chinguetti. Nous, c'est parti pour 5h de minibus direction Nouakchott.

Voilà, c'est fini le désert sauf si on apprend qu'il n'y a pas d'avion avant 15 jours. Dans ce cas, une partie du groupe est partante pour y retourner après deux jours de lavage intensif.

Ricardo, Pavarotti du désert

5
fév

Yo,

Alors, la grande nouvelle est que notre vol est annulé samedi soir mais il devrait y en avoir un autre le lendemain inchallah.

Ca va nous faire 2 jours à Nouakchott. Waouh!!

L'hôtel à invité des filles pour nous accueillir. Toujours au top l'accueil mauritanien. Par contre faut les attraper pour le fromage fait maison.

Première activité du matin, le test PCR. Il est fait à l'hôtel, grand luxe, on n'a même pas à se déplacer. T'as encore mal à la narine le lendemain. Un autre juste après toi à pris très cher. Il est sorti en pleurs. Bizarrement d'autres ont rien senti.

Puis direction le marché aux poissons. Faut voir le nombre de bateaux sur la plage. La mer est assez agitée et très peu de bateaux sortent en mer. Les mecs, quasiment que des sénégalais, sont une dizaine sur la barque. Ça se passe mal, la barque embarque de la flotte.. Ils ont beau écopé, ça part mal. Une nouvelle vague arrive, un mec plonge en dehors du bateau. Heureusement il y a pas de fond. Finalement, la barque est repoussée sur la plage où les gars essayent de nettoyer le moteur et de vider la flotte. Et dire que t'avais proposé de trouver une barque pour faire une sortie pêche.. Ça tombe bien, tu discutes avec un capitaine de bateau. Ça fait 5 jours que peu de bateaux sortent vu le temps. C'est pour ça qu'il y a pas (relativement) beaucoup de personnes au marché.

T'as une commande de boutargue (toujours des commandes simples). Mouais, on te la propose fraîche et congelée. Euh, ça va être simple à ramener.

Finalement t'en trouves de la séchée plus ou moins sous vide à 65 euros le kilo. Ah ouais quand même. Bon faut en parler aux acheteurs français. En attendant on marche en polaire sur la plage sans fin. Il était prévu une baignade. T'as mis un pied dans l'eau, c'est largement suffisant.

Retour à l'hôtel. Ça nous a permis de voir un peu la ville. T'as pas l'impression qu'il y ai un centre ville. Des grandes avenues, beaucoup de bâtiments en construction qui semblent ne jamais être terminés. Des routes goudronnées mais beaucoup de sable comme trottoir. Pas vraiment le top pour y passer 1 semaine.

On a réservé dans un petit resto sympa un mafé. C'est du bœuf dans une sauce à la cacahouète. Quand tu vois le nombre de mouches sur le stands de viande de bœuf... Très copieux et très bon pour 2 euros.

L'après midi on passe par la rue de l'artisanat. Viens, viens dans la boutique, juste pour le plaisir des yeux. Pas cher, pas cher. Ça doit être dur pour eux car t'as pas un touriste.

Ensuite, on va dans un des souks. Maintenant faut honorer ta commande de henné rouge made in China. T'as le coin des vendeurs de tissus aux couleurs bleu ciel mauritanien. Un troupeau de 15 toubabs dans le souk, ça passe même inaperçu. Pas facile de trouver du made in RPC.

En rentrant, on a les résultats des tests. Tous négatifs. Champagne. En théorie on a un avion air France demain soir qui fait un léger détour par Conacry.

Avec un gars, on est retourné le lendemain matin au marché au poisson. Petit astuce pour trouver un taxi. Ce sont les bagnoles les plus pourries. Le marché est beaucoup plus animé car les bateaux sortent et reviennent. La vague est plus facile à passer. T'as l'impression que c'est le merdier sur la plage mais tout est bien organisé, chacun a son rôle. Désolé pour les commandes de boutargue mais la boutique est fermée. Et dans les autres, la boutargue est fraîche et congelée. Impossible à ramener en plus avec un confinement au retour en France. Des femmes ont creusé un petit trou dans le sable pour faire un petit feu. Elles ont acheté des crevettes qu'elles décortiquent et font cuir sur les braises.

Un dernier petit resto pour manger un poulet Yassa puis direction l'aéroport.

Première fois que tu te fais arnaquer. Au contrôle des bagages cabines, le gars te demande si t'as un ordinateur. Tu lui dis que t'as des piles et il se les ai mis dans la poche. En fait juste celles que tu lui as montré.

Au stop à Conakry, monte des teletubbies. Des chinois sont en combinaison blanche intégrale, masque à gaz, gants et lunette de ski. S'ils ramènent le virus en Chine ils doivent être fusillés sur place.

Alors, on nous a fait remplir plein de documents liés au covid, attestation sur l'honneur, attestation de déplacement. C'est à peine si aux douanes en France, ils les ont regardé et ils n'ont même pas gardé un document. Donc, comment peuvent ils contrôler ou nous contacter pendant notre semaine d'auto isolément?

Et t'apprendras que Madeleine, qui était tombé dès le premier jour de marche s'était en fait fissuré le sternum. 13 jours de marche, sternum fissuré à plus de 79 balais, respect !

Ricardo coton tige in the nose.