Ascension du Kili

Du 25 février au 2 mars 2005
6 jours
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Ça y est, c’est reparti pour le toit de l’Afrique : Le Kilimanjaro à 5895 mètres par la voie Machame. La voie Machame est surnommée la voie Whisky car c’est une des plus fréquentées mais aussi une des plus jolies. Afin de mettre toutes mes chances de mon côté, je pars avec un mal de crâne que je traîne depuis un mois ainsi qu’un mal de dos : Je suis trop facile en montagne, j’ai besoin d’un handicap…

Alors super départ : Aéroport de Roissy, l’avion pour Amsterdam a deux heures de retard alors qu’on a 1h30 de battement pour la correspondance. Mais, pour une fois, coup de chance, KLM nous attend et on a pu monter dans l’avion direction aéroport de Kilimandjaro. Arrivé à Moshi (le bled où va passer une nuit), on est 10 sur 11 prévu, apparemment, il y en a un qui s’est perdu dans l’aéroport et qui n’a pas été capable de chopper la correspondance : Serait-ce mon boulet ??? Je devrais lancer une émission ‘à la recherche du boulet’, j’en connais plus d’un qui aurait sa chance.

En terme de dream team, il y a 4 potes médecins, un père et son fils à qui on va mettre des raclées à la belote contrée chaque soir, un couple d’amis et un dernier larron qui sera mon collègue de tente.

Question température, c’est le choc, je passe de 0° à Paris à 28° à minuit. Bon, on va à l’hôtel essayer de dormir avec cette chaleur et cette humidité avant le départ du trek le lendemain. Un petit coup d’anti-moustique à cause du palu et j’essaye de dormir. Cool, j’ai bien dû dormir 4 heures. Ça va être top.

Le matin, en attendant que tout le monde soit prêt, petite balade dans la ville pour ressentir l’âme africaine.

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Coup de chance, à 7 heure du matin, il y a des gamines qui chantent dans la rue pour aller à l’église, sympa le réveil, ça dépayse !!

Départ en bus déglingué pour l’entrée du parc, 2h de route. A l’entrée du parc, 50 mecs qui soit, essayent de se faire engager comme porteur, soit de nous vendre t-shirt, chapeau ou autre babiole. Un ranger est là avec une kachnikov pour les empêcher de rentrer. Nous, touristes, on a tous les droits même de prendre en photo ces pauvres gars qui cherchent du boulot. Puis, on nous présente Abraham, notre guide local qui baragouine l’anglais et qui est le chef de nos 25 porteurs. Oui, 25 porteurs !! Ils portent la bouffe, les tentes, leurs affaires, nos sacs… Nous, touristes, on ne porte que notre petit sac à dos pour la journée. No comment. On part pour 4-5 heures de marche pendant que les porteurs se répartissent les charges avant de les faire peser par un ranger. Ils ne doivent pas, en principe, porter plus de 25 kg….Chaque paquet est pesé mais bon, il y en a qui porte plus de 30 kg.

On marche à une vitesse d’escargot pour s’habituer à l’altitude, point de départ 1800 mètres. Sachant qu’il y a en moyenne 80% de réussite d’atteinte du sommet. J’évalue mes collègues de marche pour déterminer qui peuvent être les looser, peut-être moi… Après 5 heures de marche, on arrive au camp Machame. Les porteurs qui sont partis après nous sont déjà arrivés, les tentes sont montées et le thé est chaud et nous attend dans la tente mess !! Le délire. On a rien à faire jusqu’au dîner à 19h00 et donc avec 3 collègues on tape la belote contrée! Ça va devenir notre occupation principale après la marche. En termes de paysage, pour l’instant, on a traversé une forêt-jungle avec des fougères et des lianes.

Repas impressionnant : Le cuistot nous a mijoté de la bouffe pour 20, l’objectif est qu’il reste à manger et que les porteurs en profitent. Manque de pot, il y a un morfale avec nous qui bouffe tout.

20h30, on va se coucher, oh j’ai bien dû dormir 4 heures. Ça promet pour la suite….

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A 7h00, on est réveillé par Abraham qui lance un ‘allah akbah’ alors qu’il est luthérien. C’est ça le mélange des genres…

Nous voilà repartis pour une journée de 4-5 heures de marche pour monter à 3840m pour atteindre le camp Shira. J’ai oublié de parler de la météo, je suis parti en dehors de la saison des pluies, de tout temps qui aurait pu être médiocre. Et bien, ça serait dommage d’avoir un coup de pot : J’ai eu la grêle, la neige, la pluie et des coups de soleil sur les mains… No comment

Le guide a dit qu’en 3 ans de Kili, il n’aura jamais eu un temps aussi naze. No comment…

Il y a d’autres groupes qui font l’ascension en même temps que nous. Il y a un groupe de 5 allemands avec plus de 30 porteurs. Au fait, notre 11ème larron vient d’arriver, il a fait les 2 étapes en 1 fois, il a 62 ans et connaît tout sur tout (sauf les changements dans un aéroport)…

Après le dîner, une bonne nuit de repos de 5 heures et plus ça va plus je vais arriver en morceau le jour de l’ascension. De plus à 3800 mètres, on commence à sentir l’altitude et mon mal de crâne est toujours présent. Serait-ce moi qui vais faire partie des 20% d’échec ?

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C’est le jour de l’acclimatation. On part de 3840m pour monter à 4600m et on redescend sur le camp Barranco à 3950m, soit une ballade 6 heures. Ici, fini la végétation, c’est de la pierraille avec des sortes de mi-arbre mi-cactus. Pour l’instant tout le monde tient le coup mais quatre ont eu la turista. Je croise les doigts. Pour l’instant, pas de boulet qui se détache ! Les choses difficiles vont commencer.

Petite anecdote, tempête la nuit. Je compte mes heures de sommeil…

Nos porteurs continuent à démonter les tentes, ranger toutes les affaires, nous dépasser en cours de chemin puis à remonter les tentes pour que nous humbles trekkeurs de l’ère moderne puissions récupérer de nos durs efforts de la journée… C’est quand même très impressionnant de les voir porter sur leur tête 20-30 kg.

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‘allah akbah’… ça y’est on se lève, la neige est tombée….

Le but est de monter au camp Barafu (qui veut dire ‘glace’, tout un programme) à 4600m. Grimper une grande paroi rocheuse, pour nous ça va être pas trop dur mais pour le porteur, ça va être plutôt galère, et on arrive vers 14h00 au camp. On part à 8h30.


Tout le monde tient le choc, certains ont besoin de temps en temps de s’écarter du chemin pour un besoin urgent. Une chance, à cette altitude, il n’y a pas de moustiques.

Arrivée au camp sous la pluie, on a dû faire plus vite que prévu car les porteurs n’ont pas monté toutes les tentes et fument une clope tranquillement. Scandale, notre guide Abraham s’énerve et prend un bâton pour faire semblant de les frapper. Nous, on ne doit surtout pas s’en mêler, ça ne nous regarde pas, mais personnellement, je m’en tape que la tente soit montée, je peux la monter tout seul, mais bon, je suis le client, le descendant des esclavagistes, je dois être servi…

Après la pluie et la grêle (oui, un peu de grêle ne peut faire de mal), nous avons enfin quelques rayons de soleil avec une belle vue sur le Mawezi. Oui, en fait le Kilimanjaro n’est pas une montagne mais une chaîne de montagne, et le mont que l’on appelle le Kilimanjaro est en fait le Uhuru

Planning de l’ascension : On doit se reposer sous la tente jusqu’à 17H00, puis on dîne et on essaye de se recoucher pour dormir jusqu’à 23h30 pour partir faire l’ascension finale. Bien, évidemment, je n’ai quasiment pas fermé l’œil de la nuit, de même pour mes collègues. Alors en attendant on tape le carton. On est devenu les rois de la belote contrée !!

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Ça y est, c’est le grand départ. Minuit, tout le monde s’équipe (4 couches de vêtements : T-shirt technique, polaire n°1, polaire n°2 et veste Gore Tex) et on part avec le guide et 3 assistants qui sont là au cas où certains d’entre nous veulent faire demi tour. Les porteurs roupillent dans la tente mess, ils vont enfin se reposer un peu.

Objectif : 6 heures pour faire atteindre le sommet à 5895m pour le lever du soleil. Nous voilà parti avec les lampes frontales, des barres énergétiques plein les poches et bien évidemment l’indispensable appareil photo du parfait touriste.

J’ai jamais marché aussi lentement mais c’est obligatoire si on veut y arriver. On a aussi un caisson oxygène mais apparemment, on ne pourra pas l’utiliser car le terrain est trop en pente… Nous, on galère pendant que le guide chante et danse en marchant. T’as envie de le frapper mais t’as pas la force. Au bout de 4h tout le monde est dans le coma, à cause du froid, de la fatigue, de l’altitude. Il y en a un qui vide ses tripes. Celui qui marche devant moi est en train de s’endormir, il faut parfois que je le retienne pour ne pas qu’il tombe en arrière. Dés qu’on fait des pauses de quelques minutes on s’endort à moitié.

On s’est pris un peu de neige mais coup de chance, il n’y a pas de vent sinon on en aurait vraiment bavé !

On nous a dit que si on arrivait à Stella Point, le plus dur serait fait et on était sûr d’arriver jusqu’au sommet, donc motivation pour Stella Point. On marche dans le clair-obscur sans savoir si on est encore loin de se fameux Stella Point. Dernière grande montée et enfin on arrive sur un replat où on voit l’intérieur du cratère (et oui, le kili est un volcan). A ce moment les guides nous félicitent, eux ça fait 100 à 200 fois qu’ils montent. Tout le monde est content, le plus dur est fait et en plus les guides sortent de leur sac des thermos de thé et des biscuits. Je m’attends à des remarques de votre part sur le côté luxe… C’est vrai qu’atteindre le somment n’est plus un problème mais c’est une longue marche sur le cratère, dans la neige, et ça n’en finit plus. Ok j’ai signé pour en chier, c’est normal que j’en bave !

Finalement à 6h du matin, on arrive au sommet. On est en avance pour le lever du soleil, on est crevé mais content et tout le monde y est arrivé. Que se passe t-il ? Premier trek où il n’y a pas de boulet ! La poisse aurait enfin tourné. On voulait se faire prendre en photo au sommet en train de jouer aux cartes et envoyer la photo au Guiness Book, mais bon, pas suffisamment motivé pour la photo. On attend quelques minutes le lever du soleil et on se fait vite fait-bien fait, prendre en photo et on se casse pour redescendre. Quelques photos sur le glacier avant que celui-ci disparaisse complètement dans 20 ans.

Et oui, j’ai oublié de préciser qu’il y a 2 heures de descente pour revenir au camp Barafu et on se retape encore 3 heures pour redescendre à une altitude de 3200 mètres afin de ne plus avoir d’effet de l’altitude.

Sur les derniers 200m de la descente, histoire d’être complément dingue, avec un des autres on part en footing, c’est vrai, on n’avait marché que 15 heures depuis le veille

Ça sera la seule nuit où j’aurais vraiment dormi, complètement crevé.

Ricardo version Indiana Jones…

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Dernière descente de 3 heures pour rejoindre la sortie par la voie Mweka.

On a le droit au chant ‘Jambo Bwana’ de la part de nos porteurs pour nous féliciter alors que ça devrait être plutôt le contraire vu ce qu’ils ont porté pour nous !!!

Et c’est de ce camp qu’on a, pour la première fois, une belle vue sur le Kilimandjaro.

On se retrouve à l’hôtel pour enfin une bonne douche et suite à ma demande, on va manger local. Robert voulait un resto indien. Faut vraiment être naze, venir en Tanzanie et manger Indien, pourquoi pas une bonne pizza !!!

Le resto, si on peut appeler ça un resto : dans une grande cours, 3, 4 tables en bois à l’ombre, on s’installe et on déguste du poulet, des bananes cuites, des épinards, des haricots verts, du poisson et de l’ugali, une sorte de pâte blanche à base farine de maïs qui est le repas quotidien des tanzaniens. C’était très bon et personne, contrairement à ce que certains craignaient, n’a été malade.

Après-midi libre dans Moshi pour faire le touriste et ramener des souvenirs et le soir on essaye la boite de nuit locale. Et là, houlala, être un blanc attire toutes les filles qui viennent nous brancher, et ça chauffe sévère. Mais non, on est naïf, ce n’est pas pour notre argent. Certains vont rentrer seul, d’autres vont laisser quelques dollars pour ne pas rentrer seul.

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Le retour est prévu le soir, il nous reste une journée à passer à Moshi. J’ai demandé à ce qu’on nous organise un safari dans un petit parc à coté. On nous fournit un chauffeur-guide-animalier. Super, à chacune de nos questions sur les animaux ou sur le parc, sa réponse : ’Il faut voir le livre sur le parc’. Ok laisse tomber, on va essayer de voir quelques animaux, merci pour l’aide.

D’accord, c’est l’euphorie quand on voit la première girafe, on fait des photos après on n’y fait plus gaffe. Je ne dois pas être fait pour passer 5 heures dans une bagnole pour voir passer des bestioles. On est resté 20 minutes pour voir à 200m les naseaux d’un hippopotame qui sortaient de l’eau. Top !!

Le soir, retour par Dar el Salam, Amsterdam puis Paris. Je passerai sur les divers retards qui ne me touchent même plus. L’habitude… Et puis on a tapé le carton mais il était temps qu’on arrête, car là c’est nous qui avons pris la raclée.

Retour sur Paris recouvert de neige, choc terrible….

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