Je l'attendais depuis un moment, j'avais un peu d'appréhension. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce pays, ne peut laisser indifférent, tant il est contrasté ...
Mars 2017
900 jours
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Publié le 24 octobre 2017

Je l'attendais depuis un moment, j'avais un peu d'appréhension. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce pays, ne peut laisser indifférent, tant il est contrasté ...

C'est à travers la petite ville de Dobreta Turnu Severin que je fais mes premiers tours de roue. 

Et tout de suite, je ressens quelque chose d'électrique : plus de signalisation de l'Euro velo 6, je suis la route. Les voitures et les camions roulent vite, très vite. Après toute la matinée, coté Serbe, avec peu de circulation, c'est radical. Pas possible de changer mes Dinars Serbes, j'ai 50 euros.

Toujours aussi magique ce fleuve, d'un côté comme de l'autre...

Premier petit village, jolie église, jolies maisons bien colorées.

Puis vint le moment du bivouac. J'ai pas envie d'être seul ce soir, je vais demander aux bergers, si je peux bivouaquer près d'eux.

Sont magnifiques ces moutons et ces petits agneaux... 

Il y a Dimitri qui va avoir 40 ans et Alexander. 1ère soirée avec des personnes qui ne parlent pas la même langue que moi. J'utilise un petit livret avec pleins de photos, ça nous permet de parler et d'arriver à nous comprendre un peu. On m'offre du lait tout chaud de brebis, puis un gros morceau de fromage, un grand verre de vin. La fatigue, l'alcool et le stress font que ce soir, je vais fumer 2 cigarettes. Ca me fait le même effet que mon arrivée au Caire, il y a 2 ans. J'ai passé une très belle soirée, avec en prime dans le village voisin, un anniversaire. Il y a eu de la musique Roumaine une bonne partie de la nuit. C'était chouette.

Samedi 29 avril : à travers la campagne Roumaine..

Le vent souffle fort et à présent il est de face ou de côté, avec toutes mes saccoches, j'ai une prise au vent genre grande voile.

La campagne est magnifique. J'ai l'impression d'avoir fait un voyage dans le temps, parce que l'on y vit à certains endroits, comme au siècle dernier. Les jeunes étant partis en ville, il ne reste bien souvent que des personnes agées dans les villages, beaucoup de mamies vêtues de noir.

Et puis, alors que je roule, une voiture s'arrête à ma hauteur. Le conducteur me demande de quel pays je viens. Lorsque je lui réponds que je suis Français, il me dit vivre à Nantes et m'invite à boire le café dans le prochain village où il a sa maison. On me sert le café, puis le repas et je partage un bon moment avec IULIAN et sa femme CONSTANTA , ça me permet d'en apprendre plus sur le pays et la culture.

Ce sont des moments magiques de réconfort lorsque l'on voyage seul, ces petites attention. Ici c'est moi le rom en Roumanie. 

Et dans mon pays, alors que je suis un nantis, je ne sais pas tendre la main aux nécessiteux !!!!!

Je repars avec de la chaleur dans le coeur.

J'adore les maisons, elles ne sont plus entretenues, mais elles devaient être très belles. Les maisons neuves sont inspirées par les différents pays où les nombreux Roumains vont travailler, près de 4 millions je crois. Les maisons sont très grosses, modernes, il n'y a plus cette authenticité.

Le souci, encore et encore, c'est le plastique qui est partout présent dans cette si belle nature. Quelle tristesse.

Ce soir, je ne me sens pas suffisamment sécure, pour bivouaquer. Pas trop de forêt, alors quand j'arrive à Kalafat, je vais au petit hôtel du coin, 17 euros la nuit, je vais pas chipoter, je prends la chambre.

L'hôtel, la chambre et la salle de bain, une bonne douche après 3 jours  
KALAFAT, ses rues ombragées, ses habitantes, son puit. Partout en Roumanie, il y a des puits. Et puis son cimetière.

Dimanche 30 avril après la pluie, 10h30, on the road again

Le contraste entre ce ciel gris et menaçant et le jaune intense du colza, mêlé à sa merveilleuse odeur. Quel bonheur. 
Petite compil de parasols naturels qui verdissent avec les beaux jours et en dessous, les papys et mamies qui te saluent.

Je n'ai pas osé les prendre en photo, mais je pense que cela pourrait faire l'objet d'un très beau livre. Et là dans les regards, les sourires, j'ai pu lire toute la gentillesse et la bienveillance de ce peuple Roumain. J'ai lu sur une infime minorité, une très grande dureté et là, ce n'était pas de la bienveillance. Dans tous les villages traversés, il a fallu que je réponde aux salutations de la main, je me suis un peu pris pour une star. Et fait nouveau, les enfants accourent en me voyant arriver, pour faire un check avec la main. Bon, avec les 35 kg de bagages et l'état des chauffards, c'est un peu chaud. Une fois, j'ai un gamin qui m'a attrapé, j'ai juste failli chuter. J'ai pas compris. Une autre, j'ai vu l'ado mettre sa main devant la bouche avant de checker. Ah ba, j'avais un mollar au creux de la main après. Non, ce qui est le plus dur, ce sont les enfants de Gypsie que tu croises, certains sont tout crasseux et ils demandent de l'argent ou à manger. Je n'étais pas habitué à cela, je n'ai même pas su offrir les mars que j'avais dans ma saccoche. Au nom de quoi, je ne sais pas !!!!

Une petite compilation de puits, il y en a partout. 

Et puis, en traversant un village, devant une maison, la musique est à fond, on m'interpelle, je m'arrête et on m'offre à boire. Valentine fête l'anniversaire de son fils et comme il a vécu en Angleterre, il parle Anglais.

La Roumanie est le pays où j'ai vu le plus de cygognes. Dans beaucoup de villages, il y a des nids et dans les nids, il y a des moineaux qui font le nid. Tout ce beau monde cohabite et palabre ensemble.

Et puis partout ces bébés. 

Et puis, je vois arriver en face de moi, un cyclo-voyageur, mon premier depuis très longtemps, mon premier en Roumanie.

Voici KARLIS  qui est Lithuanien, il arrive de Bulgarie.

C'est toujours un beau moment, la rencontre avec un autre cyclo-voyageur et encore plus pour moi, en ce moment, en Roumanie, où c'est un peu difficile. Plus de piste pour vélos, plus de signalisation pour l'Euro vélo 6, et des voitures qui roulent à fond, comme des bolides. J'ai une sensation d'être au Far West. Et puis, ces gypsies qui t'interpellent... Une fois on m'a demandé de l'argent et j'ai bien cru que j'allais me faire voler mes gourdes. Il était un peu trop tôt pour bivouaquer, mais je serais bien resté un moment avec KARLIS. Ce jeune m'a touché, il bivouaque en Roumanie et voyage avec du matériel très simple. Son velo n'est pas prévu pour les longs voyages. Bravo KARLIS. Je lui donne les petits tuyaux accumulés sur la route, le site internet de warmshower. Il remonte vers le Danemark où il va bosser cet été. Bonne route KARLIS.

Ce soir, je vais aller à l'hôtel, besoin de me sentir en sécurité. J'aurais pu demander aux villageois si je pouvais planter la tente dans un jardin, mais je l'ai pas fait.

L'hôtel, la chambre du cyclo-voyageur qui fait sécher sa tente et le petit dej. 

Lundi 1er MAI :

J'ai à peine roulé 20 mn que 2 frères m'interpellent : " tu viens d'où" et" tu vas où ?". Alors, on m'invite à boire le kf. Et l'omelette, le fromage me sont servis et c'est un joli moment de partage qui me fait, une fois de plus, chaud au coeur. Et j'en ai bien besoin en ce moment, en Roumanie. Les 2 frères sont passionnés de vélo dans les montagnes Roumaines .

Intéressante friche industrielle à l'entrée de Corabia où je ne traîne pas, juste pour ravitailler. 

J'ai une bonne centaine de km à effectuer aujourd'hui, car j'ai un warmshower ce soir. Les personnes ne seront pas là, mais elles m'ouvrent un logement, trop sympa, donc je file à LISA.

Et je traverse une jolie petite ville, avec de grands arbres partout, une douceur de vivre que je n'avais pas ressentie depuis longtemps. C'est TURNU MAGURELE.

Les paysages sont magnifiques, ainsi que les villages traversés. Les gens me saluent mais, pas le temps de m'arrêter, la nuit va tomber. Je voudrais être arrivé, j'ai eu pas mal de vent. Je suis fatigué.

J'ai trouvé la maison, on vient m'ouvrir et le dialogue se fait en espagnol, la maison est en chantier. 

Mais il y a l'electricité, l'eau froide, les toilettes et une plaque de cuisson au gaz : trop chouette.

MARDI 2 MAI :

Il y dans le village de LISA, ce magnifique géant de plus de 100 ans, respect Monsieur... 

Et puis ce matin, je croise ce couple d'Anglais, partis de Bucarest, et qui rentre en Angleterre. Et 2mn après, je rencontre EMILU, qui roule pour la journée dans le même sens. Il prendra le train à GIURGIU, je vais passer une chouette journée en sa compagnie. Et 10 mn plus tard, décidément il y a foule aujourd'hui, nous croisons PALUS, un Hollandais. Parti de Thaïlande, mais faute d'avoir obtenu ses visas pour l'Asie centrale, a du prendre certaines fois l'avion. Il arrive d'Istanbul et son velo est assez rigolo, j'ai cru que c'était un livreur de DHL, avant de réaliser que c était juste improbable ici. Il est juste sponsorisé par DHL.

Il y a foule ce matin : le couple d'Anglais, EMILU et puis PALUS avec son drôle de vélo.

C'est l'heure des au revoir. J'ai passé une belle journée en compagnie d'Emiliu, je n'ai pas vu le temps passer. Il m'a invité à déjeuner, merci EMILIU et bonne continuation...

On se dit au revoir à GIURGIU et j'ai decidé de passer maintenant en Bulgarie. Alors, je retraverse ce merveilleux DANUBE qui m'a tant emerveillé et lui dit à bientôt. Je retrouverai ses molécules dans la Black Sea.

Il faut traverser des files ininterrompues de camions. Au revoir et merci merveilleux fleuve....

450 km effectué à travers ce pays. Je retiendrai la gentillesse des Roumains, la beauté de cette campagne, ces villages où ne subsistent que des personnes âgées, car les jeunes ont dû partir chercher du travail là où il y en avait, cette musique Roumaine, enivrante, électrique, la beautée des femmes gitanes, les tonnes de plastique partout dans les champs, toutes ces cygognes, tous ces cheveaux encore durs à la tâche. Et ces chauffards sur les routes, roulant à toute vitesse. J'y retournerai un jour mais, différemment.