J’y suis, ça fait 6 mois et 10000 km que je pédale en direction du Pamir, cette route mythique pour tous les cyclo-voyageurs du monde, pour tous les aventuriers, les amoureux de nature pure.
Mars 2017
2 semaines
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Publié le 27 octobre 2017

SAMEDI 16 SEPTEMBRE :

Et bien voilà, j’y suis, ça fait 6 mois et 10000 km que je pédale en direction de l’Est, en direction du Pamir, cette route mythique pour tous les cyclo-voyageurs du monde, pour tous les aventuriers, les amoureux de nature pure. Des mois et des mois à lire des blogs, bien au chaud dans ma chambre, avec tout le confort de notre monde occidental et ça y est, le rêve devient réalité et la difficulté est bien celle que j’avais lu dans les blogs.

Il nous faut respecter les paliers et ne pas monter plus de 500 m par jour, pour éviter le mal des montagnes qui peut se révéler fatal. Ce matin, il fait bien froid à 3200 m.

Alors on ne traîne pas au petit dej surtout qu'une dure journée nous attend.

Je n’ai plus de ravitaillemt, que du riz nature. Quelle erreur de ma part!! et ce n’est pas beaucoup mieux du coté d’Antoine.

jolie petite plage où ce matin nous nous sommes allégés de quelques grammes. 
De jolies pierres bien polies et très foncées

Pause déjeuner avec riz nature qui a le goût de la poche d’eau plastique, c’est pas super.

Ces petites plantes qui poussent sans eau et à haute altitude, respect... 

Et on reprend la route, je ne me sens pas bien, comme si je couvais quelque chose. Le vent est violent et glacé mais il faut avancer.

La route est difficile, mais c’est tellement beau. On a l’impression qu'on touche les nuages.

vent glacial, piste tôle ondulée, pas de doute on est bien sur la Pamir.

Nous passons un énième poste de contrôle et quand on demande si l’on peut planter la tente à proximité, on nous indique une cabane où l’on peut loger. Il y a 3 personnes qui y résident ; ils réparent les routes, moyennant 2,50 euros, ils nous hébergent et nous font un repas un plouv (pâtes, pommes de terre et poulet). Vu le manque de nourriture, ça fait un bien fou. Pas d’électricité, c’est une lampe à pétrole qui éclaire un peu la pièce. Un petit poêle, nourri à la bouse de vache, fait qu'il fait très très chaud dans la pièce, après le froid et le vent que nous avons subis, c’est un vrai sauna dans la pièce. Je mange et je m’allonge épuisé, impossible de parler, je suis vidé et malade. Heureusement, Antoine fait la conversation. A 9 h, extinction des feux, nous dormons côté à côté. Il fait trop chaud et quand la température descend, ça frappe aux carreaux : un camion en panne avec une dizaine de personnes. Femmes, enfants, viennent trouver refuge au sein de la cabane. On réalimente le poêle, la temperature remonte à nouveau, c’est le sauna. Un parle fort, je suis completement au fond du trou, malade et demain on fait une passe à 4300 m. C’est un cauchemar, vers 11h, je trouve enfin le sommeil.

DIMANCHE 17 SEPTEMBRE :

la cabane, nos hôtes... 

Et c’est parti pour la passe, on pousse beaucoup les vélos.

Une dernière fois nous apercevons au loin l’Afghanistan, bye bye... 
Victoire mon ami, première passe à 4300 m d’altitude, maintenant on va redescendre. 

Puis c’est parti pour 1 bonne heure de descente infernale, dans un paysage incroyable. La piste est défoncée, il nous faut redoubler de prudence. Nous rencontrons un couple de Belges en 4×4, qui nous offre fromage, pain et lait concentré, de quoi manger. Merci beaucoup.

Nous prenons la pause déjeuner au milieu de roches invraisemblables.

Magique ce monde minéral 

Et toujours ces belles petites plantes.

Merci mère nature. 

Et puis, nous poursuivons notre descente, moins pentue et nous allons bientôt récupérer la M41 et enfin une route asphaltée.

Et la vallée s’ouvre en grand. Et enfin nous retrouvons la M41 et l’asphalte. Antoine se roule de bonheur sur la route.

Il nous reste une vingtaine de km pour arriver à Alishour, petit village perdu au milieu de nulle part à 3700 m d’altitude.

Et enfin, au loin, se profile Alishour..

Perdu au milieu d’un haut plateau. 
Les 5 derniers km nous avons fait la connaissance de Sten, un Allemand qui nous rejoint

Je suis bouleversé par ce vilage au milieu de nulle part. Comme je ne suis pas bien, nous décidons tous les 3, de passer la nuit dans une homestay.

La homestay trouvée, j’ai tout juste le temps de décharger les saccoches et je me précipite aux toilettes, enfin plutôt aux latterines et c’est reparti pour une bonne diarrhée. Haaaaa!!

Le ciel et le vent glacial donnent un air polaire à Alishour. 

Ha les toilettes. Bon, il faut sortir au milieu de la nuit, ça risque de ne pas être commode, surtout qu'il y a de gros chiens.

J’ai déjà tout repeint. 

Nous sommes reçus chez Shukrona qui est prof d’Anglais, son mari Max et leur fille Ranima, des gens adorables.

LUNDI 18 SEPTEMBRE :

La nuit a eté bonne, pas de lever nocturne pour se vider.

Petit dej tadjik.

Puis c’est l’heure des courses, du plein d’eau et de la ballade dans Alishour.

Je suis émerveillé par ce que je vois.

Ravitaillement effectué, je vais un peu mieux et l’on va essayer de rallier Murghab, à 106 km de la, avec une passe à 4100 m d’altitude.

Bon allez je troque mon vélo, heu 2 mn. Spécialité Tadjik l’évier extérieur, j’adore.
La route est magique. 
Magique 
Première rencontre avec cet animal mythique le hack.

Et toujours cette plante incroyable.

La route est plate, nous sommes à 3800 m c’est du bonheur.
On croise de nombreux cyclo-voyageurs et c’est toujours un beau moment où l’on partage les bons plans. 

Apres le déjeuner où j’ai eu la chance de voir ma première marmotte, nous filons en descente vers Murghab. Personne sur la route, toujours cette sensation de sollitude à travers des paysages grandioses.

Puis à nouveau ça s’ouvre sur une grande vallée aux couleurs incroyables.

Quel spectacle Encore et encore, merci mère nature. 

Et enfin après 106 km, arrivée à Murghab. Le check point est un peu mouvementé, il y a un chauffeur de camion qui se dispute avec un militaire. Il y a un petit attroupement de militaires et ça parle très fort. Je retrouve ensuite Antoine et Sten à l’hôtel et c’est le moment d’une bonne douche chaude, mais sans beaucoup de pression. Mais après 1 semaine, c’est du pur bonheur. L’hôtel est un ancien hôtel soviétique, pas d’internet, sniff. L’électricité ne fonctionne que le soir avec un groupe électrogène, mais il y a de la bière.



MARDI 19 SEPTEMBRE :

Encore une incroyable ville au milieu de nulle part et haut perchée, je suis fasciné.

Un autre lieu insolite, le marché....

J’adore 
C’est souvent  les enfants qui sont de corvée d’eau. 

J’ai vraiment le coup de coeur pour ce majestueux animal qu'est le yack.

C’est toujours un moment spécial, le départ de cyclo-voyageurs.

Cet Allemand à droite a seulement 73 ans c’est incroyable, BONNE route les amis et peut-être à bientôt quelque part par là ... 

Atelier mécanique, ranger les sacs, les lessives, faire les courses et des discussions passionnantes autour des anecdotes des cyclo-voyageurs, et puis un bon apéro et nous sommes prêts à reprendre la route demain.

MERCREDI 20 SEPTEMBRE :

Bonne route à toi Sten, profite bien de la Chine veinard 

On se rencontre, on partage ces moments riches et intenses mais brefs, puis les routes se séparent. C’est la vie du cyclo-voyageur. Sten, un super gars, parle Russe, car étant né en Allemagne de l’Est. On a pu avoir plein d’infos avec les locaux.

Et à peine parti, je me sens de nouveau pas bien, pas l’envie et le plaisir de pédaler. Mais c’est pas vrai !!!

Après le dejeuner où j’ai du faire une sieste, le temps se couvre et un vent glacial se lève.

Nous plantons les tentes en face de la frontière Chinoise. Il fait froid, nous mangeons et dodo. L’attitude est de 3873 m.

JEUDI 21 SEPTEMBRE :

Moins 2 degrés ce matin, ça pique, on ne traîne pas au petit dej et pour plier bagages. 

C’est le grand jour aujourd’hui, la passe la plus haute du Pamir est au programme, avec 4655 m ; whoua quel défi. Et puis ça ne va toujours pas mieux. Pas le choix, il faut avancer coûte que coûte....

Je suis obligé de pousser Téo sur les 2 derniers kilomètres. 

Et enfin le Graal, 4655m, incroyable, quelle joie. C’est incroyable ce que nous venons de faire. Nous sommes 155 m plus bas que le toit de l’Euroe, le Mont Blanc.

Bravo mon pote Antoine, merci Téo de m’avoir emmener jusqu’ici. 

La mauvaise surprise, c’est que sur la descente, la route n’est de nouveau plus asphaltée. Elle est complètement défoncée. Dans l’état où je suis, c’est un calvaire et le vent de ce coté de la vallée s’est renforcé et est glacé. Nous descendons 1 bonne heure et je dis à Antoine qu'il nous faut poser le camp. Je monte la tente et range les saccoches à l'intérieur, difficilement et me mets dans mon duvet. Je suis au plus mal. Si pendant la journée, j’avais des séries de crampes aux intestins par vagues de deux, là, c’est dès que je me retourne que ça me tord les intestins. Je suis incapable de manger ou de demander à Antoine s’il peut me cuire des noddles. J’ai une petite angoisse en me disant si mon état empire dans la nuit et que c’est plus grave que la gerdia, je fais quoi au milieu de nulle part, avec peut-être 5 véhicules par jour ???? Impuissance totale, il n’y a plus qu'à attendre que la nuit se passe.

VENDREDI 22 SEPTEMBRE :

Ouf j’ai passé la nuit, c’est pas encore cela, mais ça va un peu mieux, il a fait très froid cette nuit nous sommes encore à 4200 m, allez courage....

Il a un petit peu neigé cette nuit et il fait moins 2 degrés. 

Nous longeons toujours cette zone de no men land entre le Tadjikistan et la Chine.

Ho un petit trou. 

Et puis au loin se profile le lac Kara-kul à 3900 m d’altitude, c’est un lac salé.

Et nous arrivons dans le village, du même nom que le lac.

Encore une fois bouleversé par ce que je vois et ressens, pourquoi les humains se posent-ils dans des endroits aussi isolés 

Avec une vie aussi rude à 3900 m, c’est incroyable. La réponse est que, comme ils ont des bêtes, ils sont près des pâturages l’été.

Selon légende le lac aurait eté créé par une météorite.

Comme je ne suis pas bien, nous décidons de passer la nuit dans une homestay, ça me permettra de récupérer un peu. Antoine campe dans le jardin.


Le soleil se couche sur Karakul. 

SAMEDI 23 SEPTEMBRE :

Ha ça va un petit peu mieux ce matin, je me suis quand même levé au milieu de la nuit pour me vider. Mais depuis hier, je prends des antibiotiques. Antoine pour sa part a eu la bonne idée de coller sa tente près du groupe électrogène qui part chance, s’est arrêté à 22h lorsqu’il a arrêté son kindle et puis, il dort avec des boules quies.

Petits bouts 

Au revoir Karakul, vous m’avez encore profondement touché.

 Ha c’est incroyablement beau, c’est divin, merci mère nature pour ce spectacle, merci la vie.

Que de chefs d’œuvre sur la route.

Voici un patchwork de tout ce que l’on peut trouver incrusté dans la route.

Au revoir Karakul 

Et puis ca monte un peu.

Encores quelques rochers en forme de vagues.

Et puis nous avons droit a une bonne demi heure de descente folle à travers une vallée magique, des couleurs de montagne, coté Chinois, invraisemblables.

Nous sommes époustouflés

Pause déjeuner, où nous nous délectons d’un saucisson que m’a donné un Autrichien, c’est son frère qui l’a fait.

Le monde végétal et minéral à cet endroit est particulièrement beau.

Merveille de la nature. 

Et puis on the road again, Antoine qui n'a plus de cigarette, veut passer la frontière Kirghize avant la nuit. Mais le vent s’est levé violemment et il est de face. Et on a une passe à grimper pour accéder à la frontiere à 4300 m.

La frontière est plutôt glauque. J’ai du pousser le vélo, j’étais une fois de plus épuisé. Je suis allé dans le mauvais bureau me faire tamponer le passeport, j’ai réveillé des douaniers qui m’ont fait compter mes dollars devant eux, puis en vérifiant ma saccoche guidon, un douanier saisit mon opinel et veut me l’échanger contre son couteau pourri. Il négocie, au bout d’un moment, j’en ai marre, je saisi mon opinel et m’en vais. Je fais tamponner mon passeport. Le souci, c’est qu’après la frontiere Tadjik, il y a un no Man land de 20 km avec la Frontière Kirghiz et j’aimerai mettre le plus de distance entre ce douanier et moi on ne sait jamais. Encore 10 mn à pousser le vélo et ça descend sur une route totalement défoncée, c’est beau mais le temps de faire des photos, la nuit va tomber. Je suis épuisé et j’ai froid aux mains.

No man land.

Il est 18 h, la nuit tombe, je vais dormir dans aucun pays cette nuit. Je plante le bivouac, je mange et dodo. Ce soir Antoine a traversé la frontière, on se retrouvera demain

DIMANCHE 24 SEPTEMBRE :

Je me leve tôt, pas bien dormi. A 7h, je décolle et 4 km plus loin, j’atteinds le poste frontière Kirghis. Fin d’un mois absolument incroyable au Tadjikistan, merci fabuleux Pamir.