Une fois n'est pas coutume et indépendamment de ma volonté, c'est par la voie des airs que je foule le sol du premier pays de la liste des "stan".
Mars 2017
7 jours
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Publié le 27 octobre 2017

Une fois n'est pas coutume et indépendamment de ma volonté, c'est par la voie des airs que je foule le sol du premier pays de la liste des "stan". Après 25 h de voyage ou plutôt 17 h d'escale à Almaty, le passage aux douanes se fait rapidement alors que j'avais lu sur des blogs qu'on épluche tes photos, on regarde sur ton ordi. Il n'en a rien eté. Bon deuxième étape, remonter Téo, en espérant qu'il n'y a pas eu de casse ou de perte de matériel. La aussi, c'est parfait, c'est donc sous l'oeil attentif de chauffeurs de taxi que je remonte Téo et refais mes saccoches et direction l'hôtel qui est seulement à 4 km de la. Je circule à travers de larges avenues, comme c'est dimanche il y a très peu de circulation, je retrouve de grands arbres, les femmes sont très jolies, les cheveux à l'air, on retrouve les formes, il y a des sourires, ça fait du bien. L'hôtel est mignon comme tout, je retrouve les standards européens, comme c'est bon de s'assoir sur des toilettes après plus de 2 mois de toilettes à la Turque et de ne pas avoir à jeter son papier toilette à la poubelle.

De grands arbres, d'énormes bâtiments en marbre blanc, tout est propre très aseptisé 

Vous n'imaginez pas le bonheur que c'est de fouler pieds nus une pelouse et s'allonger dans l'herbe grasse après 2 mois de paysages arides, de sable, de cailloux et de forte chaleur.

Du pur bonheur, magique, c'est le paradis, merci la vie, merci infiniment... 
Touchante cette statue 
Partout de l'eau qui apporte la fraîcheur, qui apporte la vie.... 

Bref, c'est un sentiment de liberté qui flotte à Tachkent après plus d'un mois en Iran, mais pas à 100 %. L'Ouzbékistan est une dictature, pas de photo de bâtiment officiel, de pont, de barrages, pas de critique du président ou du drapeau. On m'a fait effacer des photos, c'était seulement les rayons du soleil à travers des arbres mais comme c'était près d'un bâtiment officiel... Il n'était même pas sur la photo, de quoi te rendre parano après, quand tu sors ton appareil. Puis, je suis allé boire une bonne bière parce celle prise à l'escale à Almaty ma coûté 8 dollars, elle n'est pas bien passée. Manger un bon hamburger et savourer de regarder de très jolies filles, les Ouzbeks sont magnifiques. Ca y est les yeux sont bridés, l'Ouzbékistan est un carrefour de cultures, le métissage est magnifique...

LUNDI 14 AOUT:

Il y a à hôtel, toute une famille du Kazakhstan, Elena la jeune fille, parle Anglais et me propose d'aller en montagne près d'un lac se baigner, j'ai plein de chose à faire mais j'accepte l'occasion d'en savoir plus sur cette culture et de partager un moment avec cette famille, il nous faut une heure de taxi pour atteindre le lac de cheval.

Trop mignon quand les enfants parlent en Kazakh. 

Nous sommes rentrés à 21 h et cela m'a fait bizarre après 1 mois passé en Iran où je n'ai rien pu payer. Là, la mère de famille a tenu les comptes sur un morceau de papier et tout m'a été facturé. Bon, c'est normal mais le contraste a eté net. De plus, ça m'a couté 40 euros, c'est mon budget pour 3 jours. Si j'avais su, serais pas venu.... donc à peine rentré, il faut que je prépare mes saccoches, je voulais mettre à jour le blog, je n'aurais pas le temps. De plus, internet est très lent et je voulais me coucher tôt, c'est loupé, il est plus de minuit, je ne vais pas récupérer.

MARDI 15 AOUT :

Je prend mon le visa pour le Tadjikistan, je vais passer la matinée à trouver de l'argent. Il y a des distributeurs dans les grands hôtels mais ils sont vides, faut attendre 12 h, quelle galère. Je change mes dollars dans un hôtel et la réceptionniste de l'hôtel où je suis me dit que j'ai comis une erreur, c'est plus intéressant au marché noir, j'aurais eu le double, haaaaa. Je fais les courses au supermarché, je n'ai rien dans le panier et 30 euros vlan. Décidément, l'Ouzbékistan me coûte cher, va falloir être vigilant. Il est 13 h, je décide de rester pour visiter un peu plus Tachkent.

50 dollars en soums représente un bon petit paquet de billets.
Une des nombreuses madrassas de la ville, une madrassas est une école coranique, c'est un joli lieu, calme et apaisant. 

En prenant le métro, je fais la connaissance d'un groupe de Français en voyage organisé et je vais visiter la madrassas avec eux et leur guide, ça me permet de pratiquer un peu la langue de Molière,et d'avoir droit à plein de questions sur mon drôle de voyage...

Le marché de Tachkent

MERCREDI 16 AOUT :

Enfin c'est à nouveau le départ après 2 semaines d'arrêt, je suis content d'enfourcher de nouveau Téo.

La route est plate, bordée d'arbres, de champs de coton, de canaux d'irrigation et de multiples cultures et toujours ces vendeurs de melon et pastèques si généreux. Je rencontre ce ciclyste Kazak d'un certain âge qui va à Samarcande, le dialogue n'est pas possible, dommage j'aurais aimé en savoir plus. Ce couple m'a offert un bol de lait.

 On travaille toujours très dur dans les champs.
ASAT m'a offert de l'essence pour mon réchaud et le thé.

Puis vient le moment de trouver le lieu de bivouac. Je suis content, ça fait longtemps que je n'ai pas bivouaqué tout seul, je trouve un champs de maïs et dans un creux, j'installe la tente.

Et puis cadeau de l unnivers... 

JEUDI 17 AOUT :

Il est 6h30 lorsque je me mets en selle, Samarkand est à 200 km, peut-être que c'est jouable, go, and the road again...

Champs de coton, et impressionnant caneaux d'irrigation qui ont en partie asséché la mer d'Anal, merci qui ? merci Staline 😢

Et encore de nombreuses sollicitations, on m'offre du melon, du café ...

Je retrouve ces magnifiques oiseaux bleus, que nous avions croisés au Vietnam avec Isa .

Les paysages défilent ainsi que les km...

Pause déjeuner, de délicieux samousa cuits au feu de bois, de nombreuses sollicitations pour des selfis, je ne sais combien depuis le début du voyage, mais c'est impressionant.

On the road again et là, çà grimpe.

De nombreux bergers à travers la steppe Ouzbek. 

Et puis ça descend sur Samarkand, avec vent dans le dos, ça fuse. Il est 18 h, j'arrive à Samarkand exténué, après ces 200 km mais heureux, pas facile de trouver l'hôtel, les petites rues sont un vrai labyrinthe et la route est défoncée.

Le dortoir est à la cave et la décoration est assez spéciale. 

VENDREDI 18 AOUT :

Le petit dej est copieux

Et plus tard dans la journée, j'ai trouvé ma cantine où il ya de délicieux hot dog, façon Ouzbek.

Et puis visite du REGISTAN absolument grandiose.

Comme partout en Ouzbékistan, une armada de femmes qui nettoie.

De grandes allées, de grands arbres, pas de voiture, c'est juste la chaleur qui est arasante.

Puis visite de la madrassas, donc une école coranique, encore un endroit divin.

Un petit tour au marché où l'activité bat son plein, n'est-ce pas monsieur...

Et je rencontre ce couple de Russe qui voyage en auto stop et qui m'apprend que la frontière par laquelle je voulais passer au Tadjikistan est fermée depuis de nombreuses années. Aie, elle n'était pas loin de Samarkand, maintenant j'ai le choix entre repartir sur Tachkent ou descendre plus au sud et bifurquer à l'est. Un moment j'ai envisagé de repartir sur Tachkent, mais j'ai eu des nouvelles d'Aminda et Victor, ce couple de Suédois rencontrés à Istambul et qui m'a dit que la route du sud était très jolie. Il ne m'en faut pas plus, je filerai par le Sud.

Puis ballade dans les rues de Samarkand, c'est un vrai labyrinthe, moi qui aime bien me perdre, je suis servi.

Futur cyclo voyageur en herbe. 

Et la nuit tombe sur Samarkand...

Et la magie opère.. 

SAMEDI 19 AOUT :

Et au cours de ma petite ballade, j'entends de la musique Ouzbek traditionnelle, c'est tres joli et tellement différent de ce que je connais, des hommes sont à l'entrée, je demande si je peux entrer et on m'invite à table à manger et boire de la vodka. C'est une cérémonie avant le mariage.

En sortant de cet endroit, je tombe sur un camping car, je n'en ai pas vu depuis des mois. Il est immatriculé en Allemagne, à l'intérieur Claudia et Stephen qui vont jusqu'en Nouvelle-Guinée mais laisserons le camping car, après la pamir higway, au Kirgistan. Ils m'invitent à boire le café, ils sont passionnants, et n'en sont pas à leur premier voyage, ils me donnent plein de bons plans pour le Népal.

Et puis en visitant une boutique de vêtements traditionnels magnifiques, le propriaitaire qui a voyagé en France pour représenter les vêtements traditionnels Ouzbek me fait essayer la tenue.

Ces vêtements faits entièrement à la main sont exceptionnels. 
J'adore ces voitures ... 

DIMANCHE 20 AOUT :

On the road Again, direction le Sud et la frontiere Tadjik à plus de 400 km.

Le col grimpe à 1500 m mais la vue en vaut la peine. 

J'ai 20 bonnes minutes de descente mais malheureusement la route est completement défoncée et je suis obligé de freiner constamment sinon c'est la chute ou la casse de Teo.

Encore un arrêt pour selfis, on me propose de charger le vélo dans la voiture et de venir dîner avec eux, mais ils sont déjà fortement alcoolisés, je suis épuisé. C'est le genre de soirée qui n'en finit pas et je ne souhaite pas prendre de transport, sauf cas de force majeure, comme pour le Turkmenistan.

Il est temps de trouver un spot pour la nuit...

Je trouve ce petit plan qui appartient à Kourban qui a 71 ans, il m'apporte du pain du thé et du raisin, nous partageons  

Un moment dans le noir à essayer de se comprendre.

LUNDI 21 AOUT :

La route défile, c'est plat, des maisons eparpillées, et des bergers vivent sous des toiles au milieu de rien.

Et puis c'est l'heure du déjeuner avec un shorpa, soupe locale, accompagnée de chai.

Et c'est réparti, il fait très chaud et ça devient de plus en plus valoné. J'ai fait une erreur, je pensais avoir assez d'argent avec ma grosse liasse de billets à Tachkent, mais je m'aperçois que je vais être trop juste, alors je fais attention aux dépenses, sachant que l'eau est très importante, vu la chaleur. Je me rationne sur la nourriture vu l'impossibilité de retirer de l'argent ou de changer des dollars.

Toilettes assez surprenante, un trou très profond mais trouvé au bon moment...

Et puis vient le temps du bivouac, le paysage est fantastique, je vais me poser ici et dormir à la belle étoile...

Juste avant de me coucher, un jeune berger est passé. Je n'aime pas être repéré, on ne sait jamais. Mais bon, en plus il me parle de bêtes et comme on se comprend pas, j'espère qu'il ne parle pas d'ours. La nuit face au milliard d'étoiles a été incroyable, une quinzaine d'étoiles filantes, mais aussi un bruit suspect de temps en temps...

MARDI 22 AOUT :

Réveil à 5h30, j'ai trouvé le coupable de ce bruit étrange cette nuit, une taupe qui faisait sa galerie. Mon petit berger revient, il s'appelle Timour, il a 15 ans. Et c'est réparti dans un paysage qui devient de plus en plus incroyable.

Salut Timour, quel dommage de ne pouvoir communiquer avec toi, je te souhaite tant de jolies choses... 

Alors que je ne suis qu'à 1500 m d'altitude, j'ai l'impression de pédaler sur le toit du monde, je suis extrêmement touché par la beauté du paysage et de ses villages complètement perdus et perchés.

 C'est la 1ère fois depuis 5 mois que je suis autant bouleversé par le paysage, c'est magique. 

Petit vendeur et vendeuse de pommes .

La route est par endroit complètement defoncée, c'est fatiguant, ça bouge dans tous les sens  

Mais c'est tellement fascinant autour de moi

Je ne connaissais pas le concept de la maison citerne. 

Et encore de délicieux melons offerts, toujours autant de gentillesse. Ce petit ange est chargé de bouses de vaches qui servent à faire la cuisine, il n'y a pas de bois.

Ca monte, ça descend  Et j'ai droit à une longue et belle descente. 

Et la sortie d'un village, en face arrive Keung qui vient de Hong Kong et va au Portugal, l'extrémité occidentale de l'Europe. Keung a la même marque de vélo que moi.

C'est toujours des moments intenses de rencontrer un cyclo-voyageur partageant la même aventure que soi. 

Bonne route à route Keung si tu passes à Paris, arrête toi chez Nico, mon frangin....

Et puis je suis invité par Zouredine, un vendeur de fruits sur le bord de la route à partager leur repas.

Zouredine veut voir mes photos, il me pose plein de questions, il est fasciné par les photos d'Europe. En repartant il veut essayer mon vélo, c'est toujours un peu délicat, la conduite n'est pas evidente quand on est pas habitué au poids, mais j'accepte. Il part, il va un peu trop loin à mon goût, j'ai un gros moment de doute : un camion passe près de lui, klaxonne et il chute sur le coté de la route. À 1 m, il y a un ravin de 3 m, le vélo stoppe juste à temps. Ca va, il n'a rien et Teo non plus, les saccoches l'ont protegé mais je réalise à quel point cela aurait pu être fatal, vigilance pour les prochaines demandes...

Toilettes perdues au milieu de nulle part. 
Je ne sais plus sur quelle planète je me trouve ?????? 

C'est un mélange de paysage lunaire, parfois, je me sens aux Etats-unis, parfois en Mongolie. Je fête à ce moment mes 9000 km, merci Téo de me permettre de vivre ces moments intenses, merci de me permettre de réaliser mon rêve, merci la vie...

Après la ville de Boysun, ça descend vent dans le dos.

Tous les enfants croisés me saluent d'un hello, ou me sifflent ou poussent un long cri et ils continuent tant que je n'ai pas répondu d'un coucou de la main, parfois délicat tant la route est défoncée, c'est gentil mais à la fin de la journée je n'en peux plus. Plus les adultes, plus les conducteurs de voitures, de camions, telle est la dure vie du cyclo-voyageur....

Odeur de charogne, allez on recycle, c'est comme dans mes si jolies Pyrénées 

Et de nouveau bouleversé par les paysages, j'ai pédalé sur la lune...

Plus de mot pour décrire, il n'y a rien à dire, juste contempler 
Et être plein de gratitude pour ce si joli monde, si jolie planète.. 
Et toujours en descente... 

Énième invitation à partager un bon melon, merci très cher peuple Ouzbek, encore de belles leçons de générosité, surtout lorsque l'on a pas grand chose.

Et c'est vraiment quand on a que l'essentiel qu'on a la notion du partage...

Et puis vient l'heure de trouver un bivouac, j'ai droit à un chien particulièrement agressif, il en bave, même en descendant du velo et marchant à côté, il me suit. Je mets toujours le vélo entre le chien et moi et lui change de coté à chaque fois, il veut vraimment en découdre, mon petit boîtier ultrason repoussant les chiens agressif est au fond de ma saccoche, il lâchera finalement prise. Mais vigilance, Aminda qui est passé là quelques jours plus tôt s'est fait mordre et a dû aller à l'hôpital, finir en taxi et prendre quelques jours de repos.


Je m'arrête près d'un monsieur et lui demande si je peux planter ma tente dans son terrain , il accepte et je vais vivre un moment de grâce au sein de sa famille, transporté dans un autre monde, dans un autre siècle....

Abdiralik est marié à Rosigul, ils ont deux filles Ranisher et Sevara. 

Ranisher est marié et a 2 enfants Oumida, le petit bebé et Shorpa, jolie petite famille.

Pas de fenêtre dans la maison, les hivers sont très rudes. Les 2 filles travaillent énormément aux tâches quotidiennes, le Guen ramasse le coton. Mais la vie y est par ailleurs très paisible, une belle énergie se répand autour de cette famille, quelle belle soirée, quel bon repas partagé, quelle journée intense en émotions, merci la vie ....

MERCREDI 23 AOUT :

J'ai dormi dehors sur la paillasse, avec Abdiralik, je me suis fais dévorer par des moustiques et j'ai mis beaucoup de temps à m'endormir tellement la journée fut riche et intense.

Le jour se lève sur l'Ouzbekistan 

Et Ranisher et Sevara s'activent à allumer le feu pour le petit déjeuner, traire la vache, préparer le thé et s'occuper des enfants...

Craquante cette petite Shodia

Merci à toi Abdiralik et ton adorable famille de m'avoir permi de partager ce moment, vous m'avez profondement touché, quelle richesse cette humanité, quelle diversité, vive la différence, je repars et vous êtes à tout jamais dans mon coeur...

On the road again et direction la frontière Tadjik à 50 km...

C'est très vallonné et la route est en très mauvais état. 

Puis je retrouve la plaine fertile en champs de coton et multiples cultures.

Le coton, 2ème producteur mondial

Et 3 km avant la frontière, 2ème crevaison, je change la chambre à air sous les yeux attentifs de quelques enfants, et repart. Après 10 mn, mon pneu se dégonfle, j'ai donc quelque part percé la chambre à air, j'ai pourtant bien vérifié.

Le passage de la frontière me stresse, déclaration des devises, on peut verifier mes enregistrements de nuité. Je suis en règle, on ne sait jamais : des gens se sont fait expulséet dans leur pays d'origine alors qu'ils etaient en règle ou ont du payer une amende de 1200 dollars. On épluche ma tablette et mon tel portable, on épluche mes photos, c'est assez frustrant. Il me faudra 1 h pour traverser la frontière, beaucoup plus rapide de passer au Tadjikistan et welcome mister to Tadjikistan, je suis heureux....