Carnet de voyage

Iran

Dernière étape postée il y a 1331 jours
Et voilà le 13ème pays et pas le moindre pour moi : l'IRAN est mythique, avec tout ce que l'on a pu entendre sur ce pays, je suis heureux de pouvoir enfin le découvrir...
Mars 2017
4 semaines
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Publié le 27 octobre 2017

Et voilà le 13ème pays et pas le moindre pour moi : l'IRAN est mythique, avec tout ce que l'on a pu entendre sur ce pays, je suis heureux de pouvoir enfin le découvrir...

Quand on se quitte ce matin avec Franck, j'ai un petit pincement au coeur, mais bon, c'est le voyage et ce qui fait prendre conscience de profiter pleinement du moment présent à chaque instant... J'adore cette photo, Franck, grand, musclé, beau gosse avec sa grosse moto et moi tout gringalet et mon petit vélo. Ah, ces Allemands...

Le fastidieux passage de frontière réalisé, on the road again..

Après le fastidieux passage de la frontière, puis l'échange des Dollars en Rial, plus intéressant dans la rue que dans les banques, je me vois offrir des bananes chez le petit commerçant et c'est parti. Et je suis très surpris de voir que les paysages sont verts, des rizières des montagnes et la mer Caspienne. Je rencontre 2 Hollandais qui voyagent en golf, ils vont jusqu'en Malaisie où ils vont vendre leur voiture, puis vont en Indonésie. Ils vont passer par le Pakistan, courageux.

Sur la route, je fais la connaissance de JENN et ALEX. Elle est Croatio-Américaine et lui Espagnol. Ils sont partis tous à pied de Bangkok, il y a un peu plus d'un an. Incroyable. Je retrouve Franck aussi, qui a mis 1h30 pour passer la frontiere. Ce soir, AMIN un jeune iranien de 17 ans qui fait parti du réseau warmshower, me dit qu'il ne peut pas m'héberger parce qu'il a de la famille chez lui, mais va m'indiquer un camping où planter ma tente. Il me propose de venir à son cours d'Anglais, car le prof parle Français. Je suis fatigué, ça me fera une pause, nous nous arrêtons chez lui boire le thé.

JEEN, FRANCK, et  un trublion venu poser. Les petits neveux d'AMIN. Et une feuille en forme de main. 

AMIN me demande s'il peut essayer mon vélo, c'est la première fois que je prête Téo.

Et me voici donc dans la salle de classe, assis à la place du professeur au centre de toutes les attentions. 

Je n'ai pas l'habitude de cet exercice, mais c'était assez drôle. Dans la classe, il y a SANAZ, SINA, NILOOFAR, SARY, MEGDAD et FARID le professeur. J'ai passé un super moment.

AMIN me raconte que sa chérie, c'est la jolie SANAZ mais leur amour est caché. Personne ne droit rien savoir pour que le papa de SANAZ ne l'apprenne pas. Que c'est dur. Courage AMIN et SANAZ.

Puis AMIN m'emmène au camping sur les bords de la mer Caspienne.

C'est chouette de camper avec les Iraniens. On vient me saluer, me souhaiter la bienvenue, on m'offre le petit déjeuner, le thé. 

Le camping me sera même offert. AMIN reçoit un coup de fil, c'est un copain à lui, qui l'informe qu'il est avec un Français qui est à 30 km derrière moi, je lui parle au téléphone et ho surprise c'est FLORENT que je devais rejoindre en Turquie à ERZURUM, mais la route étant coupée et le chemin trop difficile, j'avais rebroussé chemin. Rendez-vous est pris, on se rejoint demain, chouette.

VENDREDI 07 JUILLET :

Je me réveille à 4h30 du matin pour faire un petit pipi et quel spectacle : lever de soleil sur la mer Caspienne... whoua, merci la vie pour ce joli cadeau...

Divin.. 
Je me remets en selle à travers les rizières et les petits villages. 

J'ai de la chance le ciel est couvert, il fait 30 degrés, mais c'est agréable.

Toujours ces cadeaux, de délicieuses figues. 

Voici la zamyad, voiture à tout faire, et toutes de cette couleur bleue.

Les maisons stylées Iranien, je trouve cela fascinant pays après pays de voir comment le style change. 
Rencontré ces 2 couples de marcheurs Iraniens, assez  rare pour le souligner. 

Ce couple m'a offert du pain, des tomates. Ce papa et son fils se sont arretés pour discuter, incroyable IRAN.

Et je vais m'arrêter dans la ville de TALESH pour attendre FLORENT. Je voulais me poser dans un café, mais c'est vendredi, ce qui correspond à notre dimanche. Tout est fermé, moi qui voulait une confection internet, c'est loupé, je trouve finalement un endroit pour me poser et boire du thé (offert bien sur)

Et voici FLORENT premier Français avec qui je vais pédaler. 

FLORENT voyage autour de la planète depuis 4 ans. Il en est à 52000 km. Respect Monsieur. C'est une mine d'information pour moi. Malheureusement, il ne va pas passer par Téhéran, il va sauter le Turkmenistan et l'Ouzbékistan et prendre l'avion pour aller directement au Tadjikistan, nous allons pédaler 24 heures ensemble. FLORENT est prof de math et de tennis. Et il a devellopé un site internet de math, cours et correction, qui lui rapporte par la pub 1500 euros de revenus mensuel, bravo.

Notre hôtel à TALESH et la chambre que nous partageons. 

SAMEDI 08 JUILLET :

Quel plaisir de pédaler avec un compagnon et qui plus premier Français, après 4 mois de voyage.

Et de petites villes.

Et de jolis insectes. 

Et ce soir, quand nous arrivons à RASTH, FLORENT avait fait une demande de warmshower mais la personne acceuille déjà d'autres cyclo, alors il nous envoyé chez une amie à lui, elle rentre à 21 h du travail. Nous allons manger en attendant, un délicieux sandwich Turc et nous rencontrons 2 jeunes filles, elles nous suivent en voiture jusqu'à l'appartement MITRA et sa maman. Et nous nous retrouvons tous dans l'appartement et une des jeunes filles nous joue d'un instrument traditionnel iranien : le San foot

Nous avons droit ensuite à un bon dinner. MITRA est prof d'Anglais, mais elle a 2 travails pour réunir suffisamment d'argent et partir étudier en nouvelle Zélande. MITRA a soif de liberté. Elle bosse 12 h par jour pour réaliser son rêve, six jours sur sept.

MITRA et sa maman IRAN Merci beaucoup mesdames pour ce joli moment. 

DIMANCHE 09 JUILLET :

Voilà, à peine rencontré, et déjà on se quitte. Tel est le voyage, mais j'espère bien que l'on se retrouvera sur la route. Bon vent à toi FLORENT.

Les longues files interminables de taxi, j'ai l'impression qu'ils sont tous taxi en IRAN.
Le paysage change petit à petit, et ça grimpe mais gentiment. 
Dans toutes les villes et villages il n'y a que des garages. 

Et puis le vent se met à souffler violemment, je n'avais encore jamais vu cela depuis le départ. Je suis en côte et le vélo avance tout seul lors des plus fortes rafales, incroyable.

Le paysage a littéralement changé, c'est magnifique. 

Quand j'arrive à LUSHAN ce soir, je vois un hôtel qui me dit qu'il est complet, le deuxième c'est un vieux monsieur, je ne comprends pas ce qu'il me dit mais il a pas l'air très motivé pour m'accueillir et le lieu n'est pas très acceuillant. C'est alors que le bar à chicha d'en bas, propose de m'accueillir. TARI le propriétaire, me dit tu vas dormir chez moi. Il m'offre le thé, la chicha, le repas, de bonnes brochettes. Les clients (ses amis ) se mêlent à la conversation, tentent de m'apprendre le backgamon, peine perdue et nous arrivons à communiquer grâce à Google translate.

TARI, sa gentillesse, son acceuil et ses bonnes brochettes. 

Nous dormons tous les deux par terre dans le salon, sa femme et ses filles sont parties dormir chez la belle maman. Délicieuse soirée.

LUNDI 10 JUILLET :

Après un bon petit déjeuner et tous les remerciements envers TARI puisque tout m'a généreusement été offert, c'est parti pour une étape qui va grimper.

Coup de chance, il fait encore gris ce matin, je n'ai jamais autant apprécié la grisaille.

La route est magnifique ça monte mais en douceur et il y a beaucoup de camions. Mais j'ai toujours droit à autant de klaxons. 
Ha, les nuages ont fini par disparaître et c'est plus la même. 

Quand je m'arrête, les gens me font comprendre " tu pédales avec ce soleil?" Et là, je réalise que je suis peut-être parti un peu vite et que faire l'Iran en plein mois de juillet va être compliqué, je comprends aussi pourquoi je ne vois pas beaucoup de cyclo-voyageurs.

Ce soir j'arrive à QUAZVIN, mais les hôtels sont chers. Dans un hôtel, on passe de 50 dollars la nuit à 20 dollars, mais il m'ont pris pour un américain ? En discutant avec un commerçant, il m'indique une guest house, super c'est ce qu'il me fallait.

La guest house et la chambre. 

QUAZVIN est une ville très conservatrice, beaucoup de femmes sont voilées en noir, des pieds à la tête, je n'avais pas ressenti ça aussi prononcé depuis mon entrée en Iran. La ville accueille un très beau bazar.

Il y a dans la guest house, ROB un Australien, avec qui je vais dîner. ROB s'octroie tous les ans, 15 jours de vacances en solo. Il laisse femme et enfants et revient d'autant plus heureux de retrouver sa petite famille.

MARDI 11 JUILLET :

ON THE ROAD AGAIN. Je pense m'arrêter aujourd'hui à une 50 de km de Téhéran, ça fera une centaine de km.

Il y a aussi des centrales nucléaires en Iran.

Je ne vous ai pas parlé des déchets en IRAN, mais malheureusement le plastique est omniprésent, partout dans tous les champs, dans les villes, les villages, la nature. C'est bien triste tout ça. Il y a à Seignosse, une ville près d'où j'habite, la famille zéro déchet. C'est à dire que ces gens n'achètent rien qui contienne un emballage plastique. Ils font leurs courses avec des bocaux et achètent en vrac et les cadeaux des enfants sont achetés d'occasion, donc sans emballage ou loué en ludothèque. Ce sont des gens qui ont beaucoup voyagé et travaillé dans l'humanitaire. Je comprends mieux leur démarche à présent.

Et oui notre bonne vieille R5 roule encore en IRAN. 

Et puis arrivé à KARAJ, là où je pensais m'arrêter, il est 14h30. J'ai eu le vent dans le dos, légèrement en descente. Je me dis, ok let go pour Téhéran. Il me reste 50 km, c'est jouable.

La circulation est infernale, je n'ai plus d'eau, une voiture s'arrête sur le bas coté et on me tend une bouteille d'eau glacée

On m'offre des bonbons, des gâteaux, une bouteille de fanta. Incroyables ces Iraniens. Et je fais la connaissance de OMID, qui va sur Téhéran demander un visa pour aller en moto en Italie, génial.

Il est 18h je suis à TEHERAN, la circulation est inimaginable. 

Ca roule dans tous les sens, ça grille les feux, ça fait des queues de poisson, le bruit, la pollution, je n'ai jamais rien vu de tel. Hyper, hyper vigilance au guidon, je ne vais pas batailler pour l'hôtel ce soir, je vais payer 20 dollars, mais mission accomplie, je suis à Teheran après une dure étape de 150 km.

MERCREDI 12 JUILLET :

Pas le temps de faire la grasse matinée, le programme est chargé, je file à l'ambassade de France demander des lettres de recommandation pour pouvoir demander les visas : Turkmenistan, Ouzbekistan, Tadjiskitan et Chinois. Le comble, j'ai emporté avec moi tel, tablettes, gopro et appareil photo. Je ne voulais pas laisser tout ça à l'hôtel. À l'ambassade, on me dit que je ne peux pas entrer avec tout ça. "Mais vous n'avez pas de consigne ?" Obligé de laisser tout ça, chez le petit fleuriste du coin. La dame qui me reçoit, charmante d'ailleurs, me dit que les lettres seront prêtes dimanche. Je lui demande gentiment si je ne peux pas en avoir au moins une pour le lendemain, elle m'en fera deux. Ca fait du bien de rentrer dans une ambassade, c'est un petit bout de France loin de chez soi, même voir des gendarmes m'a fait plaisir et puis parler en Francais également. Bon, la journée n'est pas finie, je file à l'hôtel, je charge les saccoches et direction le Mashas hôtel à 8 dollars la nuit, déjà plus raisonnable. Circulation de fou, je ne comprends pas comment ils font pour vivre dans cet enfer. Comme quoi l'être humain s'habitue à tous. Ouf, me voila installé à l'hôtel. Dans mon dortoir, il y a SYLVAIN un jeune Français, qui voyage en auto stop et a déjà fait Grenoble - Istanbul, il y a 2 ans. Il ne savait pas que les cartes bleues ne fonctionnaient pas en Iran. Il a passé 4 jours sans un sous, on l'a hébergé, nourri, donné de l'argent et l'ambassade lui a donné 30 euros.

SYLVAIN s'envolait ce soir pour New Delhi, bonne route à toi.... 

Quand on rentre dans la cuisine voir les plats, le cuisinier a la clope au bec et une longue cendre tombe dans les concombres qu'il était en train d'éplucher. Sinon les plats étaient délicieux.

JEUDI 13 JUILLET :

Je file récupérer les lettres de recommandation à l'ambassade de France, puis je pars 15 km au nord de la ville en vélo faire la demande de visa Ouzbékistan. On me dit que je pourrai le récupérer dans 1 semaine et demi, après quoi je pourrai faire la demande du précieux visa du Turkmenistan qui est très difficile à obtenir. Le pays étant très fermé, il n'y a que la moitié des demandes qui sont acceptées, et enfin je peux souffler. Je redescends à l'hôtel dans une circulation infernale. C'est l'anarchie totale. Je serre les fesses tout le temps, la pollution, le bruit, c'est l'enfer. Puis, je commence à écrire le blog, j'en ai pour 2 jours de boulot et de repos, j'ai même pas envie de sortir tant c'est l'enfer dehors.

Voilà pour avoir une petite idée sans le bruit et la pollution de l'anarchie de Téhéran. 

Il y a 15 millions d'habitants à Teheran et le nombre de taxi est incensé. Le taxi s'arrête n'importe où, fait des queues de poisson. C'est hallucinant, mais c'est pareil pour les motos et les voitures particulières et tout le monde klaxonne. J'ai vu bon nombre de personnes avec plâtre et béquille, signe que les accidents sont nombreux.

Le métro de Teheran :

Bon il n'est jamais vidé comme cela. 

Aux heures de pointe, c'est l'enfer, il faut jouer des coudes, les femmes ont une demi rame réservée pour elles. Il n'y a que les femmes accompagnées qui peuvent monter dans les compartiments hommes, mais vu la promiscuité, c'est bien mieux qu'elles soient à part. Il y a dans le métro, des affiches de propagandes anti américaine. J'ai vu un avion American lancer des bombes sur des enfants, pas faux!!!!

Les mosquées sont magnifiques. 

Pour avoir une petite idée de la ville, j'aime bien prendre de la hauteur, il y a une belle montagne au nord de la ville. Il y a des télécabines, malheureusement, elles ne marchent pas, mais voila Teheran, avec de la hauteur.

Ok je comprends mieux !!! 

Quand il fait plus de 40 degrés, rien de tel qu'un petit tour dans le grand bazar. Dans tous les pays et villes musulmans, on dit que c'est le plus grand bazar, mais là effectivement, il est immense. Il y a plein de livreurs, avec des chariots très chargés qui circulent à l'intérieur rendant la promenade stressante. Tu as peur qu'ils te roulent dessus ,ils conduisent comme des fous sur la route !

Il y a malheureusement des enfants qui poussent ces lourds chariots. 

Tout comme il y a des enfants et des ados qui font les poubelles pour ramasser du plastiques, des cartons ou des bouteilles métalliques. C'est vraiment injuste...

Arrivé au bout du bazar, je tombe dans une rue où il y a des groupes de personnes assises par terre sur le trottoir, complètement défoncées, à ce qui semblerait être de l'opium. Et oui l'Afghanistan est frontalier et n'est pas loin. Il y a beaucoup d'Afghans en Iran. Ce qui est troublant, c'est que l'alcool est interdit dans ce pays. L'opium aussi et c'est plutôt durement pénalisé, mais les gens fument sans se cacher et la police n'est pas très loin. J'apprendrai par la suite que c'est une chose courante en Iran.

A l'hôtel mashhad, c'est un défilé de voyageurs de toute nationalité, mais beaucoup de Chinois et de Français.

La délicieuse WEN SI qui vient de Chine et qui voyage seule, une petite femme d'affaires.. 

Et puis, il y a ANDY et TIM deux cyclo-voyageurs Allemands. ANDY (avec les dreds) a un parcours assez singulier, il a vecu en Inde et a partagé le quotidien des gens de la rue, dormant aussi dans la rue. Il a traversé en hiver, la Finlande et la Suède à vélo, avec des températures de moins 30 degrés. Eu europe, quand il voyage, il fait les poubelles des supermarchés et c'est inimaginable ce que l'on peut y trouver. ANDY est une belle âme, plein de douceur, de gentillesse. C'est du bonheur de discuter avec eux, j'apprends tellement de choses. Dommage, ils vont sur Isfahan, moi aussi d'ailleurs, mais comme je dois revenir à Teheran pour les visas, une fois n'est pas coutume, je laisse Teo à l'hôtel et je vais prendre le bus. TIM et ANDY vont descendre au sud où les températures sont écrasantes.

MARDI 18 JUILLET :

Je me décide enfin à quitter cette ville, j'ai pris un billet de bus hier pour Isfahan et j'ai demandé a plusieurs reprises : "c'est bien un départ à 7 du matin ? oui oui no problem" Je me suis levé à 5 h du mat, histoire de ne pas courir et à 7 h, devinez quoi ? Pas de bus et l'on me dit départ à 10h30. Bref, je retourne à l'hôtel, c'est l'heure de pointe dans le métro, faut jouer des coudes, je vais laisser passer 3 métros avant de pouvoir en prendre un !

La gare routière est aussi bruyante, chacun hurle une destination, les bus vont et viennent, le terminal est immense, on dirait l'aérogare 1 de Charles de Gaulle. Le train n'étant pas très développé en Iran, les voyages se font en bus (et l'essence n'étant pas chère). Bref, 11h, c'est le depart, la route est grandiose, traversée de desert avec des montagnes arides, ça prend les tripes, c'est magnifique. Malheureusement en bus, les photos ne rendent pas et c'est comme en vélo, on ne peut pas s'arrêter tous les 200 mètres.

ISFAHAN :

La grande mosquée ou la mosquée du vendredi un lieu divin. 

Une belle énergie se répand à travers ce lieu, les familles viennent pique-niquer à la tombée de la nuit. J'ai même vu une femme à vélo, on vient me parler de partout, surtout les personnes qui veulent parler Français. Les sollicitations sont nombreuses, une très très jolie Iraniene vient me parler, elle est magnifique. D'ailleurs, à ce sujet, les Iraniennes sont très belles, les hommes aussi.

HOSSEIN et sa petite soeur NAZANIN avec qui je visite la mosquée, adorables tous les deux. 

Et la nuit tombe... il est temps de trouver un hôtel, je devais avoir un warmshower mais je n'ai pas reçu son adresse. A l'hôtel, je retrouve un groupe de jeunes Français, un couple de Français qui a tourné un documentaire sur l'Arménie et Pascal, un Parisien, prof d'Anglais. Tout ce petit monde, je l'ai rencontré à l'hôtel, à Teheran.

L'hôtel amirkabir, on aime bien les vélos à ISFAHAN, ça tombe bien moi aussi. 

MERCREDI19 JUILLET :

Ca fait du bien ces grands arbres, merci pour l'ombre messieurs les géants, merci pour l'air et la belle énergie que vous nous apportez. C'est une oasis de verdure qui tombe à pic. Il fait très très chaud, peut-être une quarantaine de degré et c'est une chaleur sèche. Quand on marche en Iran, on zigzague sans cesse, pour trouver le moindre coin d'ombre.

Et tout le monde vient s'y rafraîchir, oh une petite fleur.

Après le petit dej avec Pascal (une pipelette mais sympa et grand voyageur), je vais arpenter la ville de long en large.

La rivière est à sec. Vous remarquerez que tout le monde "marche à l'ombre"

Puis je prends de la hauteur pour avoir une vue d'ensemble, il y a un téléphérique qui une fois de plus ne fonctionne pas.

Puis je vais voir une énorme mosquée, que je voyais de la montagne, mais elle en construction.

Elle va être énorme, puis je me fais payer le café par ces 2 petits jeunes.

Et puis, retour par le joli pont où il y a quelqu'un qui chante sous les arcades, des chants traditionnels iraniens. C'est vraiment très joli et le chanteur me raconte l'histoire et la magie de ce pont. Le soir, c'est un lieu de rendez-vous très prisé des habitants de Isfahan, on y chante...

Et puis ce soir je vais dîner avec Pascal et un couple de normands, ils sont prof aussi. C'est une soirée autour de l'éducation, ma foi très intéressante.

JEUDI 20 JUILLET :

A 10h, j'ai un bus pour SHIRAZ, je suis installé dans le bus à la porte que l'on ma indiquée et au moment du contrôle des billets, on me dit que ce n'est pas le bon bus. Décidément, c'est pas super au point leur système, un peu plus et c'était le retour à Teheran.

Le spectacle est grandiose sur la route, de temps en temps il y a des minis tornades, c'est intéressant de matérialiser le vent. 

Dans le bus, je fais la connaissance de JOSEPH, un Indien mais chrétien, il est plutôt marant, ça promet pour l'Inde. Nous allons descendre dans le même hôtel et passer 24 h ensemble. Ca me permet d'apprendre des choses sur son pays. JOSEPH est manager dans une banque et il voyage énormément, laissant femme et enfant à COCHIN.

L'hôtel paradis, la chambre et JOSEPH.

Et puis direction la mosquée SHAH CHERAG.

L'extérieur est magnifique mais l'intérieur est hallucinant. 
Jamais rien vu de tel, il y a de jolies prières, beaucoup de monde, c'est un jour spécial. 

Le guide nous explique que les miroirs sont arrivés cassés d'Italie, c'est comme cela qu'ils ont eu l'idée d'en faire des mosaïques, l'effet est saisissant.

VENDREDI 21 JUILLET :

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de mon petit papa, happy birthday mon papa❤

Puis toujours en compagnie de JOSEPH, nous reprenons la visite de la ville.

Et retour à SHAH CHERAGH de jour.

Extérieur 

Et intérieur

C'est remarquable ce travail.  

Puis nous allons visiter la mosquée NASIR-OL-MOLK.

Et faisons la connaissance d'une petite famille

Après le déjeuner, une sieste s'impose, il fait tellement chaud. Et c'est dans un des nombreux parcs de la ville à l'ombre de grands arbres, les pieds nus dans l'herbe (ça fait tellement longtemps que ça ne m'était pas arrivé) que nous siestons, accompagnés des chants traditionnels d'un iranien, divin.

Pascal m'a fait goûter ces petites boules à ISFAHAN, je me devais de les faires goûter à Joseph. C'est fait à base de lait de brebis très salé, c'est très spécial, mais apparament bon pour les articulations, tu en manges une, mais pas deux.

Ah, ils ont aussi leur tour de Pise à SHIRAZ.

Il est 18h, l'heure de reprendre le bus pour Teheran, une fois de plus le numéro de plateforme ne correspond pas. Je retrouve le chauffeur du bus avec qui j'ai fait Teheran -Isfahan, une superbe moustache, chemise pilote de ligne et les lunettes de soleil qui vont avec. Mais il roule comme un pilote de formule 1 et c'est parti pour 13 h de bus, arrivée prévue à 7h à Teheran.

J'aime beaucoup les façades des écoles en Iran :

Ha oui c'est un style la peau de bête sur la selle. 

Encore 4 jours à Teheran, j'ai récupéré mon visa pour l'Ouzbékistan. Maintenant, je peux déposer mon visa pour le Turkmenistan, le jour où j'y vais, on me dit que la personne qui s'en occupe est absente "revenez demain". Ok c'est chose faite en ce lundi 24 juillet, mais maintenant il faut que je prolonge mon visa Iranien car je vais dépasser les 30 jours. Il faudra que je le fasse à MASHHAD. J'en peux plus de ces tracasseries administratives, bon j'en ai profité pour mettre le blog à jour (quel boulot) et puis je suis allé chez le coifleur, j'en avais bien besoin. C'est rigolo, il a fallu que j'insiste pour payer, j'ai eu droit à une part de pizza et du dur, boisson locale très prisée à base de lait de brebis très salé. C'est très spécial, je ne suis pas fan.

Avant et après. C'était pas du luxe, je me sens rajeuni et plus léger. 
Derniere soirée avec les amis cyclo-voyageurs, tous Allemands. 

Alors il y a JOERG, THOMAS que j'avais rencontré à Trabzon en Turquie et sa compagne.

Alors il y a RIAZ qui vient du Pakistan, on s'est appelés Mr Pakistan et Mr France. Il n'a pas arrêté de me dire Pakistan "no problem". Heu, je vais attendre encore un peu RIAZ avant d'aller visiter ton joli pays. TAIKI vient d'Okinawa au Japon. Il voyage autour du monde depuis 6 mois et c'est pas facile au Japon de tout quitter car la seule chose importante est le travail. Il a quitté son emploi chez Toyota 10 h par jour, 6 jours sur 7, pour vivre son rêve. Bravo, super petit gars, je lui conseille de faire St Jacques de Compostelle, car il va en Espagne, histoire de changer son esprit encore plus profondément. Et puis il y a HAMID le propriaitaire de l'hôtel, très sympa même si des fois, un peu embêtant. HAMID travaille 7 jours sur 7 ,H 24 , haaaaa ce foutu travail!!!!!!


L'hôtel mashhad et la chambre. 

Ha oui l'hôtel est situé dans un quartier pour auto, il n'y a que cela à des km2 à la ronde, c'est impressionant. Les Iraniens sont fous de voiture (comme partout sur la planète finalement) et donc ils viennent tous se faire installer tapis de sol, housse de siege ,etc.....

Voilà nous sommes le mercredi 26 JUILLET, alors je me souhaite un joyeux anniversaire, puisque je n'aurais pas de contact avec les miens aujourd'hui. Levé à 4h30 du mat pour quitter Teheran avant que le trafic devienne trop important. Départ à 6h. Thomas se lève également, on prend le petit dej ensemble et il m'aide à descendre tous les bagages. Salut Thomas. A une prochaine j'espère sur la Pamir highway...

Ouf, j'ai quitté Teheran sans trop de difficultés grâce à l'heure matinale. C'est un peu dur de reprendre le vélo surtout après 15 jours d'arrêt. La route est superbe et la chaleur grimpe, grimpe.

Les couleurs de la roche sont incroyables, quel spectacle. 

Il est 17 h, j'arrive à GARMSAR, je suis fatigué. Il y a un hôtel et comme je dois racheter une pile pour le compteur vélo, je stoppe.

Dans la rue, je fais la connaissance de CAMI, il veut absolument m'offrir des gâteaux, puis arrivé à l'hôtel avec mes gâteaux, je me dis "mince, j'ai complètement oublié de lui dire que c'était mon anniversaire. " J'aurais bien partagé ces gâteaux avec lui, mais en fait j'étais tellement fatigué, ça m'a échappé.

CAMI ET son frère, et je souffle une bougie, seul dans ma chambre, sans même internet pour pouvoir communiquer.  

JEUDI 27 JUILLET :

L'hôtel de GARMSAR. 
On m'arrête pour me remplir la gourde d'eau glacée. 

Parti tôt à la fraîche, je roule 1 h et je m'arrête acheter de l'eau à une station service quand je me fais inviter à petit déjeuner avec 4 cyclistes Iraniens.

Voici  YAGHOOB, JHAVAD, YOUCEF ET HABAS. 

Ils sont partis de QOM et vont à MASHHAD, comme moi. Ils font un pèlerinage, il y a, à MASHHAD, une des plus grandes mosquées. C'est un haut lieu de pèlerinage, c'est la mosquée IMAN REZA.

Finalement et naturellement, nous pédalons ensemble. Au début, je n'y crois pas de trop car JHAVAD et HABAS ont respectivement 66 et 64 ans, mais comme je suis chargé nous avons la même vitesse. J'ai l'impression que ce sont mes anges gardiens qui les ont mis sur ma route. Je suis ravitaillé en eau glacée à volonté, il fait très très chaud aujourd'hui et les endroits pour acheter de l'eau sont plutôt rares. De plus, il y a un vent de face assez fort et la voiture conduite par YOUCEF roule devant nous coupant un peu l'effet dévastateur du vent de face.

Pause déjeuner et sieste au moment le plus chaud de la journée. 

Cet après-midi, la température sur le vélo est monté à 54 degrés. Ok, c'est en plein soleil, mais quand même, je n'avais pas encore eu ça depuis le départ. C'est un four, il faut boire tout le temps, les lèvres sont gercées. C'est même angoissant par moment, il n'y a pas d'arbre, ni de zone d'ombre, l'esprit se met à divaguer, je me sens complètement grogui. Quelle chance d'avoir rencontré cette bande de joyeux lurons, parce qu'en plus, ils sont très drôles. Même si on ne parle pas la même langue, on rigole beaucoup. YAGHOOB parle 10 mots d'Anglais (on va pas aller bien loin). Mais, comme l'être humain sourit avec le même langage partout sur la planète, c'est chouette.

Au moment du déjeuner, ils font leurs prières, pendant que je dors à coté, c'est intéressant de voir le déroulement.

Chaleur accablante mais paysage fantastique, le désert c'est magique. 

Puis quand la température descend à 40 degrés, il fait bon. C'est vraimment paradoxal.

Ce soir nous nous arrêtons à SEMNAN et nous allons dormir dans une école, dans une salle de classe sur des tapis. 

Ca me rapelle la Pologne où les universités, l'été, sont ouvertes comme lieux d'hébergement. La différence, c'est que l'on dort dans des lits.

Dîner, douche et prière pour mes amis.

VENDREDI 28 JUILLET :

4h30, ils se réveillent pour la prière. Moi, je continue à dormir. Ils ont dormi tout habillé, moi c'était impossible tant il faisait chaud.

Et à 7 h, on the road again...

En Iran, on dort partout, sur les trottoirs, sur les pelouses de parcs, etc... 

Encore de fortes températures, encore un vent violent de face.

Toujours de belles personnes qui s'arrêtent pour t'offrir une citronnade glacée et t'encourager.
Pause déjeuner et sieste bien appréciée à l'ombre . 

La chaleur et le vent de face me fatiguent énormément.

Ce soir nous allons nous arrêter dans la ville de DAMGHAN.

L'école, la chambre, et notre équipe aux fourneaux, merci mister JHAVAD et mister HABAS pour ces bons petits plats.

Je ne peux rien rien faire, même pas la vaiselle. Je ne peux même pas participer aux frais, incroyable.

SAMEDI 29 JUILLET :

Nous croisons une autre bande de joyeux lurons qui vont à Mashhad aussi. 

Ha j'ai oublié de préciser que les Iraniens raffolent des selfies, je ne sais pas combien de selfi j'ai pu faire en Iran, mais c'est impressionnant.

Il y a des milliers de libellules qui volent c'est magnifique, elles ont les ailes de couleur sable.

Pause déjeuner dans une jolie mosquée et bonne sieste.

Toujours cette grosse chaleur, mais surtout ce fort vent de face.

Des fois des arbres, quel bonheur de les voir. 
Toutes les stations services ont leur mosquée. 
Comment font ces arbres isolés en plein milieu du désert pour survivre, quelle force ces géants. 

Et puis vient le moment divin...

Ce soir nous nous arrêtons à MAYAMEY, hum hum Miami.

L'école, la chambre ce soir nous avons droit à un lit et allons dîner au bouis-bouis du coin.

Les Iraniens sont de pipellettes et parlent facilement les uns aux autres. Il est tard, je suis épuisé, ça parle avec un tel, avec un autre et ça téléphone. Bon bref, encore couchés tard, c'est pas evident pour récupérer.

DIMANCHE 30 JUILLET :

Il y a de très vieilles habitations perdues dans le désert, vestige des temps anciens . 
Ouai, ça fait bizarre de te dire que tu peux croiser ce genre d'animal.
Ces longues lignes droites peuvent s'avérer délicates pour les chauffeurs, peut-être s'est-il endormi, ou peut-être le téléphone. 
Mes premiers chameaux en Iran 

Encore un vestige, je verrais tellement ce lieu reprendre vie.

Aujourd'hui j'ai fêté mes 8000km, yes.

Nous allons nous arrêter à DAVARZAN et dormir à la mosquée.

Les mosquées sont des lieux de vie, les gens peuvent y dormir, planter la tente dans la cour ou dormir sur des tapis, c'est chouette. Moi, ça me permet de mieux comprendre cette religion qui est souvent associée aux extrémistes et je vous confirme que c'est vraiment une religion de paix.

LUNDI 31 JUILLET :

L'heure du petit dej.

Tu as vu la taille du melon... 
Au loin une des nombreuses tornades. La police est la même dans le désert. 

Puis nous avons, une fois n'est pas coutume, arrêté tôt, car l'étape n'a fait que 75 km dans la ville de SABZEVAR. Et nous allons dormir au sein de cette magnifique mosquée.

Je vais enfin pouvoir me connecter à internet et me retrouver un peu seul, car mes amis sont très gentils mais parfois un peu envahissants : mister Stéphane par ci, mister Stéphane par là. Des fois, tu as juste envie de calme après ces dures journées, car le vent et la chaleur sont toujours présents.

Je trouve un petit café sympa, on m'offre 2 cafés, une pâtisserie au chocolat, du thé. On est vraiment aux petits soins avec moi. L'endroit est rempli de bonne énergie et de belle musique, car en Iran, la musique n'est pas tellement présente. J'entends même un morceau de Céline Dion. Bref, un chouette moment. JAVAD le propriétaire, m'a offert un cendrier, bien trop lourd pour mes saccoches. Sur les marchés, du café, des phrases en Français.

Quand je rentre à la mosquée, il est plus de 22H et mes amis se sont inquietés, YOUCEF m'a cherché partout dans la ville.

Cette nuit, nous allons dormir à la belle étoile, comme de nombreuses familles sur le parvis de la mosquée.

MARDI 01 AOUT :

Ça y est, nous sommes au mois d'août. Ça défile à une allure, presque 5 mois que je suis sur la route.

et une tornade de plus.

Nous déjeunons dans cette mosquée.

Dans l'après-midi, je me sens épuisé. Je suis à 2 doigts de m'endormir sur le vélo. Alors, quand je vois des arbres, je décide d'aller dormir un peu. Je suis reveillé par 2 types du croissant de lune, l'équivalent de notre Croix Rouge, qui me prennent la tension et le taux de sucre. Mes amis se sont inquiétés, je voulais juste dormir.

Je ne suis pas le seul d'ailleurs à être épuisé. 

Voilà encore un exemple du too much, parfois des iraniens, c'est un peu envahissant des fois.

Alors ensuite, ils ne veulent pas que je prenne la route comme cela. HABAS et YOUCEF vont chercher à manger, la ville est à 15 km, ils vont mettre plus de 2 h pour revenir avec une pastèque. Nous, on a attendu en plein vent, avec des nuages de poussières et au final on arrivera en ville à 22h. Le temps de dîner et l'on va dormir sur le trottoir. Il est minuit, je sais que je n'aurai pas le temps de récupérer pour demain.

MERCREDI 02 AOUT :

Et effectivement, à 5 h du mat, je suis encore fatigué et pas de bonne humeur. Allez on s'accroche jusqu'au bout de la route. Aujourd'hui,nous serons à MASHHAD.

Le vent a encore redoublé d'intensité et bien sur, il est toujours de face. Nous redémarrons donc de NEYSHABUR.

Et ça y est au bout de 8496 km, c'est la première crevaison. On s'arrête dans une mosquée pour le déjeuner et un jeune Iranien qui pédalait depuis 2 h avec moi s'occupe de tout. On a décidé de changer le pneu qui montrait des signes de fatigue. Il y a beaucoup de pèlerins dans la mosquée puisque nous nous approchons de MASHHAD et bien sur, j'ai eu droit à un attroupement autour du vélo. Loin d'être facile de faire les choses quand tout le monde t'observe, mais bon c'est le jeu : tu es le Français venu de si loin à bicyclette.

Allez 20 km et ce sera le repos bien mérité.

Arrivé à l'entrée de la ville, c'est la prosternation pour mes amis qui ont accompli leur pèlerinage à vélo. 

Bravo surtout à HABAS et JHAVAD, à 64 et 66 ans. J'avoue que ça a été éprouvant et difficile. Merci à mes amis de m'avoir permis de partager leur quotidien, de m'avoir appris leur culture et leur façon de vivre et de m'avoir permis d'en savoir plus sur leur religion. Merci pour tout, vous m'avez touché....

L'arrivée sur MASHHAD a été folklorique, tous les 800 mètres, on s'arrêtait pour faire des photos, des collègues de travail étaient venus saluer la team. J'ai cru que je n'allais jamais pouvoir arriver à un hôtel.

On m'emmène à un hôtel et on me dit que c'est gratuit pour moi et que je peux y rester le temps que je le souhaite. C'est completement fou. Merci les amis.

JEUDI 03 JUILLET :

Pas le temps de flaner et de me reposer, il faut que j'aille au poste de police pour prolonger mon visa Iranien qui arrive à terme dimanche. Je me suis trompé dans l'adresse, j'ai été à l'autre bout de la ville pour rien. Métro, bus et retour au centre ville, à chaque fois que je prends le bus, on ne me fait pas payer, du délire. Quand j'arrive au bon endroit, il est 12 h et ça ferme pour le week-end. Haaaaa!!. Depuis ce matin j'essaye de joindre l'ambassade du Turkménistan à TEHERAN pour savoir si mon visa est accepté, en vain, ça ne décroche pas et eux ne ré-ouvrivrons que samedi. Décidément, il y a des jours où c'est compliqué.

Bien sympa ce policier qui m'a accompagné et renseigné sur le lieux ou je dois effectuer mes démarches. 

Il souhaite partir avec sa femme continuer ses étude aux Etats-Unis où sa soeur vit. Et puis en marchant dans les rues, je m'arrête devant un atelier de tourneur sur bois, dans une cave. 3 personnes sur le trottoir m'interpellent pour boire un thé.

Il y a BEHROOZ parmi eux, qui est producteur de films et qui vit moitié à Paris et moitié à Thessalonique, en Grèce. Il parle Anglais, la discussion est très sympa, je vais ensuite voir HAMID travailler dans son miniscule atelier, ça sent bon le bois et les copeaux.

Il y a de droles de petits habitants dans l'atelier d'HAMID.

Et puis ensuite je suis invité à partager un repas confectionné par BEHROOZ.

Accompagné de lait de chèvre fermenté, le vin blanc Iranien.

Le repas est délicieux et les discussions passionantes. J'apprends qu'il y a beaucoup d'alcool en Iran, on y divorce beaucoup, le salaire moyen est de 200 dollars et il y a des endroits où l'on peut danser. Je repars le ventre plein et ravi d'avoir partager ce délicieux moment.

VENDREDI 04 AOUT:

Journée consacrée à l'écriture écriture blog, la lessive. SEYED que j'avais rencontré sur la route entre Teheran et Mashhad, qui faisait la même route avec une quinzaine de cyclistes me propose de venir chez lui, j'accepte avec grand plaisir. Il passera me chercher demain.

SAMEDI 05 AOUT :

Poste de police de Mashhad pour prolonger le visa et rebelote pas d'appareil photo à l'intérieur. Je devrais le savoir maintenant et pas de sac à dos même s'il est vide, il me faut trouver un magasin acceptant de me garder tout ça. Puis c'est la queue, une longue queue, il y a énormément d'Afghans, donc me voilà en train de fait la queue ne sachant pas si c'est la bonne file. Personne ne parle Anglais et on te passe devant. On me donne un numéro pour passer à un guichet différent mais c'est en Farsi, lors de l'appel au guichet je ne comprendrai pas mon numéro. C'est la cohue, c'est l'enfer. Je passe enfin devant le policier qui accorde les visas, il ne parle pas Anglais bien sur et il me dit non. Là, je suis dépité, comment lui expliquer que mon visa se termine demain et qu'il me faut absolument une prolongation pour pouvoir regagner Teheran et prendre un billet d'avion ? Par chance, la personne derrière moi, un jeune Afghan parle anglais, il fait la traduction et me dit "pas possible". Je suis prêt a lacher l'affaire quand, je ne sais pour qu'elle raison, le policier dit : ok 10 days. Whoua, mais ce n'est pas fini, je vais de guichet en guichet, mais cette fois accompagné de RAMIN, c'est beaucoup plus simple. Le comble on me demande de remplir en 3 exemplaires et en Farsi la demande, RAMIN étant étant avec moi, je ne vais pas batailler pour leur expliquer que je ne parle pas et n'écris le Farsi. Il faut sortir de l'enceinte et aller payer 10 dollars dans une banque et revenir avec le reçu, bref vous l'aurez compris, c'est le parcours du combattant et on me dit de revenir dans 2 jours mais demain je dois allez faire mon visa Turkmene, enfin si je l'obtiens, je n'arrive pas à joindre l'ambassade à Téhéran. La encore, RAMIN joue des coudes et arrive à ce que je l'obtienne le lendemain. Je me suis rendu compte, lors de cette matinée passée au poste de police, de ce que pouvait vivre des millions d'étranger, pour le renouvellement de leurs papiers " FOUTUES FRONTIERES" !!!!!!!! nous habitons une seule et même planète...

RAMIN m'invite à manger une glace, nous en profitons pour faire plus ample connaissance. Etudiant en tourisme, il parle 5 langues. Whoua. Il est marrié, sa femme fait études à Chicago pendant 4 ans. Il es né à Mashhad mais souhaite revenir en Afghanistan dès que possible. Délicieux moment partagé avec RAMIN, il me raccompagne à l'hôtel en voiture et nous écoutons toute sorte de musiques : Iranienne ,Afghane etc...

Merci infiniment RAMIN. 

En fin d'après-midi, je me rends à la mosquée IMAN REZA ou de milliers de fidèles se rendent, c'est l'anniversaire de la mort de l'IMAN REZA. C'est impressionnant, le lieu est gigantesque, deuxième plus grande mosquée au monde, à l'intérieur je ne croise pas un seul touriste.

C'est vraimment très impressionnant, des milliers de personnes mais pas de cohue, une belle énergie s'y dégage. 

C'est peut-être pas un lieu approprié pour un touriste, mais pas une seule fois je n'ai eu de regards ou de paroles malveillantes.

DIMANCHE 06 AOUT :

Je file au consulat du Turkménistan, en esperant qu'ils puissent appeler pour me donner une reponse quant à mon visa. Le consulat est fermé le dimanche, le lundi c'est reservé aux agences de tourisme. Ce sera pour mardi, mais c'est le jour où je dois entrer au Turkménistan si j'obtiens le visa et je sais qu'il sont très stricts quant aux dates et que je ne pourrai pas changer celle-ci. Je lache l'affaire, tant pis, même s'il faut revenir sur Teheran, même s'il me faut prendre un avion pour sauter ce pays et même si je voulais tout effectuer à vélo. Ces administrations ont eu raison de moi. Au poste de police pour récupérer mon passeport, un peu dans l'angoisse de ce qu'on pourrait demander cette fois-ci, surtout que je n'ai plus d'interprète, je vais attendre une heure mais je récupère mon passeport et 10 jours supplémentaire de visa.

Dans l'après-midi, SEYED vient me récupérer à mn hôtel. Nous chargeons Téo dans sa voiture, une premiere pour mon velo qui va faire de la voiture et allons chez SEYED. J'y fais la connaissance de sa femme MAHDIED et de son adorable fille de 4 ans SARAH.

SEYED m'emmène à la piscine. Ça fait du bien, il me prodiguera même un massage, le dernier en date fût à Istanbul et ça me fait un bien fou. Haman, jacouzi dans une eau bouillante et puis saut dans une eau froide, ça requinque immédiatement. Il y a à la piscine un coin réservé pour la prière. L'appel rettendit alors que nous sommes dans le bassin. Ah oui, bien sur la piscine est reservé aux hommes, les femmes ont leurs piscines.

Cette petite famille est adorable je m'y sens comme à la maison. La petite SARAH très débrouillarde et autonome du haut de ses 4 ans m'appelle Amou, ce qui veut dire tonton en Farsi, c'est trop mignon dans la bouche de cette petite fille. J'étais content et pensais retrouver un peu de féminité dans ce pays où les femmes portent en permanence le hijab mais il n'en est rien, MAHIED porte en permanence l'hijab. C'est vraiment dur pour moi de voir cette perte de féminité car c'est bien de cela qu' il s'agit. Bon il n'y a eu qu'à accepter. Je vais partager plus de 3 jours au sein de cette famille et vivre des moments délicieux et apprendre plus sur ce pays et cette culture.

Les repas et petit dej concoctés par MAHYED sont copieux et délicieux. 

Je partage des moments simples avec SEYED mais des moments très agréables, je ne peux rien payer, c'est complètement fou.

Parti en ballade en haut d'une colline pour voir Mashhad by night, les temperatures y sont enfin agréable, car il fait très très chaud le jour. Les familles pisue-niquent dans le parc. Il y règne une belle atmosphère, ça prie, ça fume la chicha, c'est très convivial. En haut de la colline, il y a des tombes de soldats où les gens se recueillent . En rentrant, on écoute de la musique dans sa voiture, musique Française s'il vous plait, mais pas que : j'ai droit à Lara Fabian, à Celine Dion et Cristina and the queen, la musique est à fond et SEYED fait plusieurs fois le tour du paté de maison pour écouter une autre chanson, c'est super sympa mais je suis épuisé, il es 00 h, les Iraniens veillent tard. C'est là qu'ils pratiquent leur activité sportive notamment. Il fait moins chaud, mais ils se lèvent tôt, aussi en fait ils dorment peu.

Magnifique pleine lune ce soir, accompagné d'une éclipse partielle.