Il fait très très chaud, j'ai rencontré en passant la frontiere Franck, un motard Allemand qui file vers la Mongolie.
Mars 2017
7 jours
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Publié le 27 octobre 2017
Et voilà 12ème pays 

Il fait très très chaud, j'ai rencontré en passant la frontiere Franck, un motard Allemand qui file vers la Mongolie. Il est grand, costaud, il est beau et a une énorme moto. La différence entre lui et moi, ma monture et la sienne est assez marrante.

Le style Azerbaïdjanais :

La brique est claire, le toit en tôle et il y a de grands préaux pour ne pas être au soleil. On aime bien les grands portails. 
Souvenir de l'ancien bloc soviétique. 
En arrivant dans la petite ville de Qazax, je croise ce couple d'Iranien ELHAM et HOSSEIN  qui vient de Kashan.

ELHAM me dit qu'elle fait du vélo tous les jours, c'est chouette, nous partageons un genre de bière sans alcool, eux vont a Batoumi en Géorgie. Comme il y a un hôtel, je m'y arrête, la chaleur a eté accablante, une bonne douche me fera du bien, l'hôtel et la chambre. En faisant mes courses au supermarché, je vais être suivi tout le temps par un jeune vendeur, ça fait bizarre comme sentiment. Et puis t'a envie de lui dire, c'est bon lâche moi, je vais rien te voler mais ne parlant pas l'Anglais, c'est peine perdue. Enfin, ça laisse un goût amer!

VENDREDI 30 JUIN :

Chaleur accablante dès 8 h du matin, ça promet. Les premières grosses chaleurs, c'est comme les premiers grands froids, on se dit c'est impossible, je ne vais pas tenir et pourtant il faut...

Les paysages défilent, le thermomètre grimpe, il fait 43 degrés sur la byciclette à 12 h. 

Les fruits sont les meilleurs alliés, avec ces températures. C'est d'ailleurs les choses que je peux manger car l'appétit est coupé.

Et toujours cette gentillesse, j'achète quelques fruits et on m'offre tomates et concombre.

Les mosquées sont plutôt discrètes, il n'y a pas d'appel à la prière, c'est dommage, j'adore ces chants. Et puis comme d'habitude dans les pays de l'ancien bloc communiste, au milieu de nulle part, des stèles.

Partout, ces vieilles Lada que l'on répare et répare et répare.
Et la longue route sufoquante, écrasante de chaleur, je sue, je goutte en permanence. 

15 mn après l'achat d'une bouteille d'eau fraîche, elle est chaude.

Et puis j'arrive dans les faubourgs de Ganga, il y a une guesthouse, je vais y passer la nuit. 

La guesthouse est un dortoir pour voyageurs. A la différence de l'hôtel, on n'est pas seul dans sa chambre, il y a des voyageurs (normalement), et il y a une cuisine, on peut se faire son repas et c'est pas cher. Ce soir en me baladant dans les rues, je sens les regards posés sur moi et je me demande, qu'est ce qu'ils ont à me regarder ? J'ai laissé pousser la barbe pour me fondre dans la foule et faire un peu plus local, mais rien n'y fait. Et puis, j'ai compris, je me ballade en short et je suis le seul adulte dans cette tenue, malgré ces températures écrasantes dans les pays musulmans, on ne porte pas le short. Je pédalerai dorénavant en short et porterai le pantalon à l'arrêt. Puis à un moment dans la ville, une petite fille vient me mendier de l'argent, je lui en donne et puis une deuxième petite fille de peut-être 4 ans vient m'en réclamer et je veux lui faire comprendre de partager avec l'autre fille, mais elle s'accroche à mes pieds et moi imbécile que je suis, je ne lui en donne pas, c'est un petit bout, je m'en suis voulu, quel égoïsme alors que tant de gens m'offre des choses tout au long de la route, quand est-ce que cet égoïsme va me lâcher!!!

Il est 23 h, extinction des feux pour moi, la chaleur fatigue, 2 Azerbaïdjanais s'installent dans la chambre et se mettent à me parler ," tu viens d'où " et "tu vas où " A bicyclette ? ". Bey les gars, j'ai envie de dormir...!

A 3 h du matin, la sonnerie de tel en guise de réveil et l'un des gars se met à prier. Ah oui ok...

La guest house, la chambre et ce tapis est un petit clin d'œil à mon départ de la tour Eiffel...

SAMEDI 01 JUILLET :

Oua ça y est, on est en juillet que ça file, que ça défile, comme la route...

Toujours cette longue route, toujours ces 43 degrés, mais de quoi te plains-tu ? La route est plate.
A Defois, il y a de l'eau ...
Et toujours cette gentilesse sur le bord de la route, viens voire un thé, tiens prend ce melon, tiens prend ces fruits, merci... 

Ce soir, je bivouaque, ça faisait longtemps. Il fait toujours aussi chaud et je commence à avoir des plaies sur les fesses à cause d'une transpiration trop importante. En plus de cela, il y a énormément de moustiques, je me fais dévorer. J'ai du en rentrer avec moi dans la tente, j'ai très mal dormi, le résultat d'un cocktail chaleur+moustique.

DIMANCHE 02 JUILLET :

Je n'ai pas fait 1 km, que j'ai ma première invitation pour le thé (le chai).

Et la longue route s'étale devant moi toujours sous une chaleur écrasante, premier chameau whoua pas de doute on y est...

Traversée de village le long de la route avec ses maisons traditionnelles, ses préaux et ses grand portails en fer.

Et toujours de nombreuses sollicitations pour un thé, on m'offre des fruits que je ne peux pas toujours accepter, trop lourds dans les saccoches. Dès que je m'arrête, j'ai droit à un attroupement de personnes. On inspecte Téo sous toutes ses coutures.

Le bagdamon est un jeux extrêmement populaire depuis la Turquie. 
Rencontre avec Youcif un jeune Iranien qui voyage à velo en direction d'Istanbul, il faisait la sieste sous un abris de bus. 

Et la route s'étire toujours avec ses 43 degrés et mes plaies aux fesses de plus en plus douloureuses.

Et puis, lors de l'achat de bouteilles d'eau, on m'invite à boire un coup, mais on sort la vodka. Il me reste 17 km a effectuer, je ne bois pas d'alcool normalement en pédalant, mais je me dis, ça va peut-être me donner un coup de fouet, grosse erreur de ma part, ça ma cassé oui, ces 2 petits verres de vodka. C'est bizarre pour un pays musulman d'avoir et de consommer de l'alcool, souvenir de Russie.

N'importe quoi, vodka, bicyclette, 43 degrés et vent de face! 

Enfin arrivé à Sirvan, je me pose dans un hôtel, style Soviétique, très grand et vide.

La vue depuis la chambre c'est un peu Beyrouth. On s'embête pas avec des tuyaux qui gênent, on coupe la porte, no problem.

Quand je demande au réceptionniste où il y a un magasin, il m'y emmène et me suis partout dans le magasin, c'est gentil mais c'est assez désagréable. J'ai encore passé une mauvaise nuit, la clim dégageait une odeur nauséabonde, j'ai donc ouvert la fenêtre et malgré la moustiquaire à la fenêtre, je me suis fais dévorer.

LUNDI 03 JUILLET :

J'ai commis l'erreur de ne pas retirer de dollars à Tiblissi, les cartes bleues ne fonctionnant pas en Iran, il faut avoir des dollars pour tout le séjour. J'ai vu qu'en Azerbaïdjan au distributeur, il y avait des dollars ce que je ne savais pas, c'est que les distributeurs ne sont pas tous approvisionnés et donc quand j'ai voulu en retirer, me rapprochant de la frontiere Iranienne, j'ai eu la mauvaise surprise de m'apercevoir de ce soucis. Je vais donc à la banque ce matin, il faut attendre 10 h, puis on m'accompagne à un distributeur. Que c'est désagréable quand quelqu'un est derrière ton dos et que tu retires de grosses sommes d'argent pour le pays. Je n'ai pus avoir que 600 dollars, ça va être chaud. Je laisse un peu de place, quand je fais la queue au distributeur pour ne pas coller les gens devant moi et vas-y les personnes te passent devant, regardent par dessus l'épaule de la personne qui retire de l'argent, c'est vraiment un autre monde. Les gens donnent leur carte bleue à la personne qui retire de l'argent. Elle leur donne son code ne sachant probablement pas lire, incroyable. Pendant que j'attends l'ouverture de la banque, j'ai droit à mon premier contrôle de police. Les policiers, pas un bonjour, restent dans leur véhicule, me font signe de m'approcher, me demandent "passeport", je leur tend et il font 5 m en voiture, probablement pour se mettre à l'ombre mais j'ai eu une crainte qu'ils partent avec mon passeport. Ils ont longuement vérifié les tampons. L'Azerbajian est en guerre contre l'Arménie et si tu as eté dans le haut Karabakh, tu ne peux pas rentrer en Azerbaïdjan. On sent vraimment qu'il y a une haine envers les Arméniens, accusés d'avoir tué des enfants. Depuis la Serbie, tous les pays traversés, sont en guerre ou ont été en guerre ces 20 dernières années. Je me rends compte à quel point c'est bien l'Europe.

Il est 11h je m'élance et devinez quoi ? Il fait 40 degrés. 

D'énormes champs de pétrole tout le long de la route. À peine je sors mon appareil photo, qu'un vigile me dit "no photo", j'ai eu de la chance, il ne ma pas fait effacer les photos.

Et puis la route devient une piste défoncée, me faisant mal aux fesses, la poussière, les klaxons des voitures, rendent la journée très désagréable. En plus de cela, le comportement de certaines personnes m'inspire pas la bienveillance. Je ne comprends pas ce qu'ils me disent mais le ton a changé, allez on serre les fesses et on avance!

Quand à nouveau, je retrouve le bitume défoncé par la chaleur, les mini bus me kloxonent et me fond signe de rouler sur le chemin à coté. C'est impossible pour moi, j'ai trop de poids dans les sacoches, je vais défoncer le velo. J'ai failli me prendre une bouteille d'eau jetée à travers une fenêtre d'un mini bus. Bref, c'est pas la joie, mais il y a tout de même certaines personnes bienveillantes qui m'offrent tomate et concombre. Je vais rester focalisé sur celles-la, et mettre pleinement en pratique ce que j'ai appris avec la méditation : l'équanimité, c'est à dire de ne pas réagir aux choses, aux évènements, aux situations, car c'est la façon dont nous réagissons qui implique une conséquence derrière. Et anisha qui veut dire tout passe ... le mauvais moment est comme un gros nuage qui passe dans le ciel. À l'approche de Bilasuvar, là où je compte passer la nuit, lorsque j'achète une bouteille d'eau, il y a un gars visiblement un peu derangé, qui retient mon vélo et me demande de l'argent, il est très vite attrapé par l'oreille par un villageois et le dégage du velo. Plus loin, une voiture s'arrête et le monsieur veut faire des photos avec ses enfants puis me fait comprendre qu'il souhaite que je donne de l'argent à ses enfants. C'est donc cela, en tant que Français, je dois représenter "l'argent". Bilasuvar n'a rien de très accueillant, la nuit tombe. Et lorsque je demande à un groupe de messieurs, où est l'hôtel ils me disent "no hotel". Un monsieur me dit de le suivre en voiture et je refais le chemin inverse pour revenir à l'entrée de la ville et m'emmène dans ce qui ressemble à un hôtel mais c'est plutôt un centre sportif. Il est vide, mais je suis content, j'ai une chambre. Au passage, un enfant m'a lancé une prune, non vraimment pas sympa la journée, je suis épuisé et vais très vite m'endormir.

Merci à ce monsieur bienveillant de m'avoir amené dans cet endroit. 

MARDI 04 JUILLET :

Il est 07h30 quand je m'élance, il fait déjà très chaud, mes fesses sont douloureuses mais au bout de cette journée, je devrais être à la frontiere Iranienne.

A 10 h du matin, une moto lourdement chargée me dépasse lentement, c'est Franck, le motard Allemand. Quelle joie de le retrouver, on partage boisson et thé à la station service et décidons de nous retrouver au même hôtel ce soir, à Astara à la frontiere Iranienne.

Pause dejeuner et énième invitation à boire le thé 

Les maisons ont changé, elles sont colorées et toujours ces petites échoppes. À Lankara j'ai réussi à retirer 400 dollars de plus, ce qui fait 1000 dollars, c'est déjà ça de pris mais j'ai déjà au moins 300 dollars de visas.

Et voici la mer Caspienne, ça fait du bien après tous ces jours de plaine désertique de voir la mer.

Retrouvaille avec Franck à l'hôtel. Il m'invite à dîner. C'est vraiment un chic type, j'ai l'impression de le connaître depuis longtemps, une belle âme. Franck a grandi en RDA et parle donc le russe, c'est un énorme avantage dans ces pays et tous les pays d'Asie centrale.

MERCREDI 05 JUILLET :

On se prend une journée off. Au programme plage, baignade, coup de soleil et derniers verres de bières avant l'Iran.

Lors de la baignade nous avons sympathisé avec VOUKAR qui parle Anglais. 

VOUKAR est policier à BAKOU la capitale et l'on va apprendre plein de choses sur ce pays, c'est toujours des moments privilégiés. Il a eté envoyé pour le travail en Afghanistan et en Pologne aussi c'est rigolo. Il nous a bien confirmé que les Azerbaïdjanais sont sympas, mais comme dans tous les pays, il faut faire très attention à une infime minorité. Le soir, nous sommes invités avec sa famille à un pique nique sur la plage, c'est chouette. Les hommes mangent assis à table et les femmes par terre, on ne nous laisse pas participer au débarrassage, c'est le boulot des femmes.

J'aurais aimé pouvoir photographier le sourire des gens car à partir d'un certain âge, ils ont tous des dents en or, c'est magnifique.

Ainsi s'achève mon séjour en Azerbaïdjan, sur une note positive après ces deux jours de mise à rude épreuve. IRAN me voilà...