Voilà ça y est, après 2 mois pile de voyage, et 4000 km, je quitte l'Europe, les portes de l'Asie vont bientôt s'entrouvrir...
Mars 2017
900 jours
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Publié le 24 octobre 2017

Voilà ça y est, après 2 mois pile de voyage, et 4000 km, je quitte l'Europe, les portes de l'Asie vont bientôt s'entrouvrir...

Et de neuf...9 pays en 2 mois, 9 monnaies, 9 cultures, 7 langues différentes. Whoua il faut suivre... 

Je quitte le douanier Bulgare, il prend son tel et je l'entends dire "franscousis". Hum hum, je dois être attendu de l'autre coté... La douane, coté Turc, comporte pas moins de 3 postes différents et à chaque fois, il faut présenter le passeport. On sent bien que c'est différent ici. Au 2ème poste, le douanier me scrute, fixe la photo de mon passeport puis me fixe et puis va chercher un autre douanier et tous les deux regardent la photo, puis me fixent. Il faut dire qu'entre la photo du passeport faite en janvier, cheveux courts et bien rasé, et ma tête actuelle, il n'y a pas photo. Mais bon, je passe la douane avec succès.

Petite famille roumaine avec qui j'ai passé la douane. Ils sont en route pour la Mongolie, trop chouette. 

Je parlais de ma sollitude avec ce monsieur qui me racontait que ça lui était arrivé il y a quelques années. Il était parti à moto en Mongolie et au bout de 3 mois, il n'en pouvait plus de cette sollitude.

Je suis tout de suite acceuilli par une forêt de grands arbres qui me rappellent ces arbres dans le Nord de la Thaïlande. Ca me fait du bien de les voir et j'ai l'impression qu'ils m'accueillent, me souhaitent la bienvenue et me disent "tout va bien".

Magnifique couleur ce scarabée ou coléoptère?

La route est très large, il y a 4 voies et quasiment pas de circulation. Par contre, ça descend mais ca monte aussi et le pourcentage de la pente a changé ; il est plus important.

Très chouette ces 1er km en Turquie. 

Et puis, l'univers a mis sur ma route aujourd'hui, parce que je me sentais seul, cette petite chienne qui m'a suivi pendant 2 bonnes heures. Elle étais trop mimi, on a déjeuné ensemble et puis j'essayais de la distancer dans les descentes. Ca marchait, mais elle me rattrappait dans les montées. Ca m'a fait de la peine de devoir lui dire de partir quand il commençait à y avoir un peu plus de circulation.

J'ai envisagé de trouver une petite remorque, mais ils roulent vraimment comme des tarés et il y a de gros chiens sur la route. 
Du calme, de larges routes, ça fait du bien.

Et puis, première ville traversée, c'est Kirklaleri. Je pensais trouver une chambre d'hôtel ici mais à 40 euros la nuit, c'est pas dans mon budget. Il est 17 h, je pensais m'arrêter, mais à 30 km, il y a Pinarhissar. C'est à 2 h de coups de pédale, allez go...

Les premières mosquées, les premiers appels à la prière qui me rappellent La Réunion, l'Égypte et la Thaïlande. ..

En très peu de temps, je passe par plusieurs bases militaires et les panneaux Traversée d'animaux ont été remplacés par Traversée de chars... Vu la taille des serpents sur le panneau de stop et ceux écrasés aux bords des routes, va bien falloir regarder ou mettre les pieds et la tente...

Samedi 13 mai :

Pas super bien dormi, le local où était rangé le velo ne fermait pas à clef et même si je l'ai accroché à un matelas, c'est pas assez secure. Depuis que je suis en Turquie, Internet ne fonctionne pas très bien. Avant de partir, j'ai consulté tous les petits messages réconfortant des amis, ça fait du bien, j'en avais les larmes aux yeux. Merci beaucoup...

La chambre à l'hôtel Konfor et les pompistes qui m'ont offert le kf et veulent une photo.
Ce matin, dès le départ, il  fait très chaud, Je sue à grosses gouttes. A 11h, il fait déjà 33 degrés, welcome i Turkish.

Je m'arrête manger un dôner dans cette petite ville de Vize et le cuisinier me conseille de visiter la mosquée en haut de la ville. C'est son fils qui m'emmène, j'ai droit à un petit tour de scoot.

Je commence à percevoir toute la gentillesse des Turcs. 
Il y a ce petit bonhomme qui pose pour un photographe, après avoir demandé si je pouvais le prendre en photo 

Et si c'était le vêtement traditionnel turc ? On m'explique que c'est pour la célébration de la circoncision de cet enfant. Mon pauvre petit bonhomme.

Que c'est beau des champs de blé qui dansent au vent... 

C'est bizarre, les panneaux militaires sont traduits en Français aussi. Il fait à présent 35 degrés, la route n'est plus aussi large, ils roulent vite et ils passent près, pffttt !!!

Au détour d'un petit village, il y a ce géant qui a 818 ans, respect Monsieur l'arbre et merci ... 
Arrivé à Kacpakli, je m'aperçois que j'ai pas pris la bonne direction alors, je coupe à travers la campagne. 

Ce qui me permet de quiter ce trafic épouvantable, d'être au calme et de traverser une belle petite forêt.

Et cela me permet de passer devant un emplacement où l'on peut camper. Il y a un petit restaurant, je demande si je peux planter ma tente ? On me dit que oui, on m'offre le thé, puis je m'allonge 15 mn sur un banc sous les arbres. Les premières grosses chaleurs m'ont épuisé. Une famille qui faisait un barbecue à coté de moi, vient m'apporter 2 sandwichs et un verre de jus de fruits. La gentillesse Turque n'est pas une légende, je sens vraiment que quelque chose a changé.

C'est un petit bonhomme de 11 ans qui va me tenir compagnie ce soir, il parle un peu anglais. 

Ses parents voyagent un peu, il a déjà une grande curiosité et cette ouverture d'esprit. Cette nuit, il y a eu un bel orage et ce que je ne savais pas, c'est que toute la nuit il y a eut des préparatifs : un peu de musique et au petit matin, plein de tables, une scène était montée. Partout, on allait fêter la fête des mères. J'ai croisé partout dans les parcs, de grands rassemblements, des pique-niques, de la musique en l'honneur de toutes ces mamans. Je n'ai pas pris le temps de m'arrêter car je souhaiterais être ce soir à Istanbul et l'entrée dans cette grande métropole est assez chaotique. Elle s'étend sur une centaine de km et selon les récits de cyclo-voyageurs, il y a quoi attraper de bonne suée. Certains préfèrent prendre le bus.

La route est superbe, le dénivelé est important, j'ai décollé à 7h30 car je n'ai pas de réservation à Istanbul. 

Et je n'ai pas envie d'errer la nuit dans les rues, à chercher un hôtel, alors je file. Je me retrouve sur une autoroute, mais il y a une large bande de securité où je peux circuler en toute tranquilité. La police passe, ne me dit rien, ce doit être autorisé.

Puis forcément, plus je me rapproche et plus ça devient compliqué . 

Je vais même arrêter de faire des photos tant l'attention est à son niveau maximum. C'est du grand n'importe quoi, je suis tendu de toutes parts. Ca défile de partout sur la route, sur les trottoirs. Ca marche sur la route, les bus stoppent devant toi, les gens descendent du bus sur la route. C'est une immense fourmilière en action. Prise de jets garantis, Hanoï à coté, passe pour un endroit calme. C'est marrant comme tout est relatif. Il est 18h30, j'arrive à l'hôtel, soulagé, heureux. Le personnel est adorable, l'hôtel vient d'ouvrir, c'est tout propre, ça sent le neuf. Après la douche, je vais grignoter un morceau, c'est un quartier populaire, où il y a plein de musiciens qui jouent près des tables. C'est enivrant, électrique. Welcome to Istanbul...

LUNDI 15 MAI :

Petit déjeuner, repos, déambulation dans les rues, j'en prends pleins les yeux. Istanbul est magique.

Amazing  

Puis, je me perds dans le grand bazar. C'est l'un des plus grands au monde, réparti sur 200000 m2.

C'est un plaisir d'y déambuler, de s'y perdre, qui plus est, quand il est tôt et qu'il n'y a pas beaucoup de monde 
Il y a ces petits endroits hors du temps, où l'on prépare du thé qui est livré partout. 

J'ai bien rigolé quand le téléphone a sonné et que le gars a dû décrocher à peu près tous les téléphones avant d'avoir le bon.

J'aime beaucoup ce monsieur qui se recueille seul au milieu de ce bel endroit.

Les cimetières sont magnifiques

Et puis retour après 2 ans à SULTANAHMET et ST SOPHIE.

Pendant le déjeuner au restaurant, je discute avec MARTEN, prof d'Allemand, d'origine Turque, il enseigne depuis 2 ans à ISTANBUL. Il est passionné de vélo, il fait du triathlon et il me propose spontanément de m'héberger. Comme il habite de l'autre coté du Bosphore sur la rive asiatique, je décline l'invitation pour aujourdhui, car je suis fatigué et il me faudrait rebouger tous mes bagages. Mais, j'accepte avec plaisir dans la semaine. MARTEN m'a payé le repas et m'a emmené dans un bike shop, car je dois remplacer la chaîne et la cassette du vélo après 5000km et en vu des prochains pays où ça va grimper et où l'assistance technique ne sera plus au rendez-vous. Nous avons donc pris le bateau pour aller sur la rive asiatique d'Istanbul.

D'un coté, l'Europe et de l'autre, l'Asie. Entre les deux, le Bosphore. 

Bon, manque de bol, le magasin était fermé. Mais je sais où il se situe maintenant. J'ai croisé 2 Français à vélo, ils embarquaient sur un bateau, on n'a pas eu le temps de discuter mais, j'ai leur emails. Ils partent dans 2 jours, je pense que ça va être trop juste pour moi, j'ai besoin de repos et de préparer la suite.

MARDI 17 MAI :

Ce matin, je suis allé avec ABDUL, un Afghan, à l'ambassade d'Iran demander des précisions, quant à l'obtention du visa. Et dès le sas d'entrée, on laisse appareil photo, tel portable et tablette. Le ton est donné, je ne m'attends pas à un acceuil chaleureux et pourtant l'homme qui me renseigne est plutôt aimable.

Des petits coins de verdure, des arbres.

Une autre lumière sur la mer de Marmara.

Ce soir 4 cyclo-voyageurs sont arrivés à l'hôtel : quelle belle nouvelle, je suis trop content. Le lendemain, j'intègre leur chambre car nous allons dans la même direction. Le vendredi soir, nous fêtons l'anniversaire de CHARLY et AMINDA, une Suédoise. Et nous sommes 8 cyclo-voyageurs à faire la fête à Istanbul. Merveilleux moment de célébration de ce que nous avons effectué à travers l'Europe. Nous partageons une histoire commune, notre langue est différente mais nous avons un point en commun, le voyage à vélo. Nous avons dansé, ça fait du bien...

Jours de fête nationale, ballade avec CHARLY et MARTEN.

Chambre de cyclo-voyageur

En ce jour de départ lundi 23 mai, nous avons occupé toute la salle du restaurant. 

L'équipe cyclo : MARTEN et WITALY (Allemagne), CHARLY (Angleterre) et DANIEL (Allemagne)

Le moment des au revoir, toujours difficile. Il se crée des liens forts entre voyageurs en très peu de temps.

AMINDA , jeune Colombienne, qui termine son tour du monde et qui parle parfaitement Français, un petit rayon de soleil.

Et FANY, une Française qui vient chercher du travail à Istanbul et qui a déjà effectué un tour du monde, très sympa FANY. Bonne route les filles....

Et vient le moment du départ et comme Istanbul est construite sur 6 collines et que c'est la reprise et on pousse les vélos. 

55 kg à pousser, dur, dur, après 1 semaine de repos. Il faut se réhabituer à la conduite. Je suis arrivé tellement stressé à Istanbul que durant cette semaine, j'ai fumé 4 paquets de cigarettes, je vais le payer cette semaine ...

Au bout de 10 mn, MARTEN, qui souffre de crampes depuis quelques jours, déclare forfait. Il retourne à l'hôtel et nous rejoindra en bus dans quelques jours. Puis, DANIEL prend une route plus au sud, dans l'intérieur des terres. Je pars donc avec WITALY et CHARLY longer la Mer Noire, en pensant qu'il y a moins de dénivelé. Erreur, grosse erreur !!!!

Il n'est pas possible de traverser le pont séparant l'Europe de l'Asie à vélo, alors c'est en bateau que nous entrons en Asie.

Bye bye l'Europe, hello l'Asie... 

D'un côté du pont l'Europe, de l'autre, l'Asie.

C'est super chouette d'être en groupe, mais dès les premiers coups de pédale, je me rends compte qu'ils vont trop vite pour moi, pas le temps de prendre des photos et puis ils ont 20 ans de moins que moi, ce n'est pas la même cadence. Il faut faire des choix, je fais celui d'être en groupe.

En arrivant sur la Mer Noire, en début de soirée, nous sommes acceuillis par des dauphins, trop chouette. Puis vient l'heure de poser le bivouac.

Puis c'est le spectacle éblouissant de mère nature, merci ..... 

MARDI 23 MAI :

Le GPS nous guide, mais nous fait prendre des chemins quasi impraticables. Ca va durer 10 km comme cela, mais que c'est beau...

J'ai l'impression d'être en Afrique.. 

Nos premiers buffles, j'adore leurs têtes

Et après être sorti de ce bourbier, moment de réconfort autour d'un petit dej hyper copieux. Mais à 30 lira, un peu excessif pour la Turquie et nos bourses (8 eu)

Déjeuner gargantuesque sous l'oeil attentif de Mr canard qui ne loupe pas une miette. 

Résultat, une petite sieste s'impose.

Petit passage à travers une carrière, ses camions et sa poussière, il y a comme un avant goût du Pamir. 
Petit coup de pouce à madame tortue que nous avons trouvée au milieu de la route, nous la mettons gentiment  à l'abri.

Et puis vient l'heure d'installer le bivouac.

Et puis cadeau. 

MERCREDI 24 MAI :

De jolies cases en bois 

Déjeuner dans cette petite ville d'Ağva

Magnifique campagne Turque. 
Et oui la R12 et la R9 sont encore très courantes, petit voyage dans le temps.

Ce soir, on pose le bivouac un peu après Buckakli.

JEUDI 25 MAI : Aujourd'hui anniversaire de ma petite maman❤

Aujourd'hui anniversaire de ma petite maman  ❤

Nous avons à peine roulé 2 h, qu'on nous interpelle pour boire un thé. Et vous venez d'où ? Et vous allez où ? Les gens sont surpris, il y a un Anglais, un Allemand et un Francais à rouler ensemble.

Vous l'avez compris, c'est dans une menuiserie que nous sommes. menuisier = marangoz. préparation du thé chaï.
Les maisons. 

La pause déjeuner à l'ombre d'un saule pleureur, chacun sa recette, voici le Charles sandwich.

Et le voisin d'à côté, Joe, vit 6 mois à Londres et 6 mois dans son village natal, il nous invite pour le thé.

Et nous proposait de nous héberger, mais il est encore tôt. On a voulu progresser un peu. La moyenne avec le dénivelé, est passé à 60 km. Joe nous apprendra qu'il y a 2 choses avec lesquelles, on ne plaisante pas en Turquie, c'est le drapeau et les femmes.

De longues ,longues routes qui montent, qui descendent sous un soleil de plomb. 

Une voiture stoppe au bord de la route, nous interpelle : "Vous venez d'où ?" "Vous allez où ?" Par chance, la femme qui accompagne le Monsieur parle Allemand et peut donc comuniquer avec Witaly. Lorsque l'on leur demande, s'il y a 1 camping dans le coin, ils nous disent de les suivre, c'est une grosse berline, nous fonçons pour ne pas être distancés. C'est dur en fin de journée et on nous ouvre les portes d'un appartement en nous disant que nous pouvons rester 1 semaine. C'est juste inimaginable, l'accueil, l'hospitalité et la gentillesse qui nous sont réservés en Turquie. Quelle belle leçon sur comment recevoir l'étranger....

 Merci à Mohamed et à sa femme

Ah, j'ai oublié de préciser : on nous laisse l'appart et on nous apporte le repas du soir. Nous sommes dans la station balnéaire de KARASU.

VENDREDI 26 MAI :

Nous allons partir tard ce matin, la fatigue mais nous n'allons pas rouler longtemps. La roue de CHARLY a trop de rayons manquants et nécessite d'être changée. On nous indique un petit magasin et nous rebrousssons chemin jusqu'à celui-ci où nous allons passer l'après-midi.

Que de monde dans la petite boutique, "Vous venez d'où ?" "Vous allez où ?" Bien sur, on nous offre thé et lamassu (genre de pizz...

J'en profite pour visiter Kocalli

Ce soir, c'est le début du ramadan, nous ne savons pas encore à quoi nous en tenir. Nous allons pédaler 15 km pour trouver un spot pour le bivouac. Bilan de la journée, 35 km.

Merci.... l'univers

SAMEDI 27 MAI :

Toujours aussi beau, toujours aussi difficile et fatiguant. 
Et 1 heure après le départ, cette fois c'est le pneu de Charly, qui donne des signes de fatigue et qu' il faut changer.

Toujours l'occasion de rencontrer des locaux.


Puis, nous allons passer une serie de longs tunnels, c'est terifiant le bruit que peut faire un camion ou une voiture dans un tunnel, alors on serre les fesses et on traine pas en route.

Le pays dans la ville de .........pour que WITALY puisse acheter son ticket de bus. Il n'a plus le temps, il faut qu'il se rende rapidement à Trabzon pour récupérer son visa Iranien.

Finalement épuisés, nous allons partager une chambre d'hôtel.

Avec 2 beaux géants devant.

Petite visite de la ville

Puis vient le moment...

Quel privilège tous les soirs de pouvoir assister à ce spectacle. 

DIMANCHE 28 MAI :

Après les au revoir à WITALY, nous partons CHARLY et moi, encore et encore à l'assaut de ces cols.

Nous avons droit à 15 mn de descente avec des pointes à 52 km, pour finalement arriver sur cette magnifique Mer Noire.

Whoa

Et c'est juste après cette petite ville que l'enfer a commencé, des dénivelés épouvantables, et sans cesse obligé de pousser le vélo et ses 55 kg, une chaleur importante. On se serait cru dans les favelas de Rio, la pauvreté en moins.

Je ne sais pas le poucentage de pente des routes, mais ce doit être du 15 %

Alors quand on sort de cet enfer et que l'on traverse une ville minière et des grosses usines bien moches, on savoure le fait que ce soit plat.

Et une derniere bonne côte à pousser le vélo, avant le bivouac.

et cadeau ... 

LUNDI 29 MAI :

J'ai acheté une bouteille d'eau qui était glacée. En la buvant, j'ai senti direct que j'avais pris un coup de froid à la gorge et mince!!

Nous avons encore eu la chance de voir des dauphins. 
Nous décidons de prendre plus à l'intérieur des terres, trop dur et trop long la côte. 

De plus, il y a un groupe de cyclo que l'on voudrait rejoindre.

La pluie est l'invité de l'après midi, c'est beau, nous traversons des gorges, des tunnels. 
Et quand nous arrivons dans ce petit village et que l'on demande au gendarme au bord de la route si l'on peut camper là ? 

Et qu'il nous indique un entrepôt, nous plantons le bivouac. Exténué, malade et que je demande ce que l'on fait dans cet entrepôt et que l'on me dit : c'est un abattoir. Trop épuisé pour bouger, tant pis. Ce soir, le ciel est couleur de l'endroit où nous sommes.

MARDI 30 MAI :

Il a bien plu cette nuit, ce petit auvant nous permet de prendre le petit dej au sec et de sécher les tentes. 

Bien malade, bien aflaibli par la route et une semaine que l'on pédale sans repos, allez va falloir s'accrocher aujourd'hui.

Et à nouveau des orages en fin de journée, au moment de planter le bivouac et bien la tente est trempée !  

MERCREDI 31 MAI :

Encore une fois, à la station service, le café nous est offert. 
J'achète de l... et on m'offre du pain. 
Drôle de nuage. 
Et à nouveau la pluie, nous avons passé la journée à nous habiller et nous déshabiller. 

Et encore un orage et de la pluie au moment de bivouaquer, alors nous investissons une grange abandonnée.

JEUDI 1 JUIN :

Ce matin, les premières rizières, c'est vraimment l'Asie 

Arrivés dans une petite ville, un journaliste nous interpelle et demande à faire une petite interview, c'est rigolo.

On travaille encore dur dans ces champs.
Magiques rizières ... 

2ème petit coup de pouce à une tortue qui traversait la route et puis, on lui a enlevé les 3 tiques qui s'accrochaient délibérément à elle.

Petit arret ravitaillement dans la petite ville de Duragan

Et comme très souvent en ce moment, c'est un petit attroupement qui par curiosité, vient discuter : "tu viens d'où ?" Et tu vas où ?, le seul souci, c'est que c'est un moment de pause pour nous et l'on souhaiterait se reposer, ce n'est plus possible actuellement ...

Ce soir nous pensions bivouaquer au bord du lac, voila ce qu'il en reste .... 

Alors, c'est de l'autre coté de la route que nous nous installons, à l'abri des regards. Il est 20 h, juste le temps de manger et nous tombons de fatigue, comme tous les soirs.

VENDREDI 02 JUIN :

Il fait déjà très chaud ce matin au départ. Ca y est, nous avons trouvé le lac. 
Petite fleur du matin et piège que l'on trouve, mais on ne saura pas à quoi il sert, peut-être pour attraper les serpents.
Ce matin, nous avons croisé SYLVIA et ROGER un couple d'Espagnol de Barcelone. Ils reviennent d'Inde qu'ils ont traversé. 

Ils ont traversé l'Inde du Sud au Nord, puis la Chine d'Est en Ouest en plein hiver, puis le Kazakhstan, la Géorgie et les voila en Turquie. Toujours de magnifiques moments d'échanges, de partage d'info, de bons plans et une bonne ocasion de faire une pause.

3 ème petite tortue, oui c'est un âne qui est attaché seul, sans eau alors que la chaleur est insupportable. 

Il a droit à un peu d'eau et un concombre. Et puis c'est un dépotoir, la comme cela!!

Le ravitaillement, toujours l'occasion d'avoir un attroupement autour de nous ... 

Epuisés, éreintés, nous sommes dans une ascension. Ne trouvant pas de terrains plats où planter le camp, c'est dans un entrepôt qu'on nous propose de mettre la tente. On ne va pas batailler, on mange et dodo, surtout que depuis une semaine, je me trimballe cette toux qui ne passe pas du fait d'une forte transpiration dans les montés et coup de froid dans les descentes. C'est comme cela toute la journée.

SAMEDI 03 JUIN :

Il fait chaud, le corps n'en peux plus, mais la perspective d'arriver ce soir à Sansun et d'y avoir un jour de repos me fait tenir.

Nous avons croisé deux cyclistes Anglaises en sens inverse, mais il y a un terre-plein central. 

Et nous ne nous entendons pas parler, alors on n'en saura pas plus .

Parcours du combattant pour traverser ces nationales dangereuses. On y voit femmes, enfants enjamber les glissières de sécurité 
Il y a de la couleur à Sansun.

.

L'hôtel, la chambre et l'état du short de CHARLY après 1 semaine sans douche.

Nous avons retrouvé AMINDA et VICTOR, dont nous avons fait la conaissance à Istanbul. 

Ils sont Suédois et vont également en Chine.

DIMANCHE 04 JUIN :

Journée de repos si on veut, lessive, écriture du blog avec internet qui fonctione très mal, comme souvent en Turquie, mais là c'est le pompon.

LUNDI 05 JUIN :

Nous décollons de Sansun à 14 h. La route est une nationale, c'est horrible : les camions, le bruit, la pollution, la poussière, les klaxons incessants, bref c'est un calvaire, qui plus est lorsqu'on est malade. Et à 17h30, nouvelle panne de vélo pour Charly. On va bivouaquer pas loin de la nationale, c'est bruyant mais pas trop le choix. Et demain, à 15 km, il y aura un magasin de vélo. On pourra réparer et le vélo peut rouler doucement jusqu'à TERME.

Tellement malade et écoeuré par la route que je n'ai plus envie de faire des photos. 
Encore un orage, allez demain ça ira mieux... 
L'équipe du bike shop est très sympathique et a fait du mieux qu'elle pouvait.

Il y a dans cette ville de Terme, une rue qui porte ton nom ma petite LISE.

Des maisons perchées sur les collines dans la végétation

Nous allons traverser un tunnel de 5 km de long, 5 km d'enfer, 17 mn à pédaler en serrant les fesses pour que les camions et les voitures te voient à temps. Le bruit est infernal, les klaxons incessants. Quant à la pollution et la poussière, n'en parlons pas !!!

Ce soir, nous nous arrêtons dans la jolie ville de ORDU où nous aurons le repas offert par ERIM, dans son restaurant. Un bon moment, surtout qu'il pleut et le wifi du restaurant me permet de pouvoir souhaiter un joyeux anniversaire à ma petite nièce LOU qui fête ses 6 ans aujourd'hui. Puis, nous allons pédaler 30 mn de nuit pour sortir de la ville et trouver un endroit où dormir.

MERCREDI 07 JUIN :

La patronne du restaurant situé à coté de la station essence nous a gentiment accueillis dans la cour de son restaurant. 

Nous avons dormi dans des canapés cette nuit. Vu l'heure tardive où nous nous sommes arrêtés, c'était pratique de ne pas avoir de tente à monter.

A BULANCAK, nous tombons sur cette très belle mosquée qui se termine à peine, elle est magnifique. 
Ce soir, j'ai planté la tente et me suis allongé et endormi direct, je me suis reveillé pour le cadeau de l'univers. 

JEUDI 08 JUIN :

Très mal dormi, en sueur toute la nuit, le duvet est trempé, des quintes de toux, au petit dej, je fais le plein d'oranges pour tenir la journée. Il fait déjà très chaud à 8 h.

Je suis au fond du trou ce matin. 

Le sourire des enfants.

Arrivé enfin à TRABZON. Cet hiver, quand je lisais les blog de cyclo-voyageurs, TRABZON me parraissait si loin et voilà j'y suis. Bon, pas en super forme, mais j'y suis.

A l'hôtel, ce sont les retrouvailles. MARTEN, que nous avons laissé à Istanbul est là, DANIEL notre chanteur à la guitare est là aussi, ainsi que notre petit couple de Suédois, AMINDA et VICTOR, c'est chouette.

VENDREDI 09 JUIN :

Petit déjeuner tous ensemble, puis départ d'AMINDA et VICTOR. CHARLY file réparer son velo (une nouvelle fois) et moi je file avec MARTEN et DANIEL au consulat IRANIEN. Alors à l'entrée, on me demande mon numero de ref number. J'en ai fait la demande à ISTANBUL auprès d'une agence Iranienne en ligne, coût 30 euros. Sans ce numero, tu ne peux pas entrer dans le consulat. Puis, on te donne 1 formulaire à remplir : photocopie du passeport, photocopie du tampon d'entrée turc, photocopie de l'attestation d'assurance, 2 photos d'identité, puis on te donne l'adresse d'une banque dans laquelle, tu vas aller verser 50 euros pour le visa et ne pas oublier le reçu qui prouve que tu as payé et tu retournes remettre tout ça avant que le consulat ne ferme. Et on te dit à partir de mardi. Et là, yes, les vacances peuvent commencer.

L'hôtel en rose à droite, et le depart des copains. 

DANIEL, MARTEN, AMINDA ET VICTOR s'élancent pour la Géorgie, bonne route les amis.

Place bien ombragée, bien agréable pendant les fortes chaleurs.

Quartier de l'hôtel, j'adore.

J'ai une petite fascination pour les balcons, les terrasse sur les toits et le linge qui sèche aux fenêtres.

Ce soir ELIF qui tient l'hôtel où nous sommes, nous emmène rompre le jeune au restaurant. C'est " l ifta". Il y a un imam qui chante, c'est très beau. On nous apporte l'assiette et nous allons attendre 25 mn à saliver devant elle, avant que le soleil se couche.

SAMEDI 10 JUIN :

Une belle rencontre avec MURPHY, cet Américain à la retraite, voyage 3 mois par an autour de notre jolie planète.

Et puis, c'est le départ de mon CHARLY, avec qui je viens de passer 3 semaines. 

Super gars CHARLY, jeune avocat Londonien, 25 ans, il fait un tour du monde. Il va gagner du temps, j'ai adoré sa détermination, son coté fonceur et sa bonne humeur. À bientot mon CHARLY, peut-être en Chine ou ailleurs. J'en ai quand même bavé à le suivre, 22 ans d'écart, ça fait une difference.

Fin de soirée et couleur magnifique sur TRABZON. 

En fin d'après-midi, ELIF m'a accompagné aux urgences voir un medecin pour ma gorge, parce que ça ne passe pas et je veux quitter TRABZON en forme. En 1 h, c'est plié je suis sous antibiotique, 70 liras la consultation et les medicaments, ce qui fait 17 euros.

Thomas cyclo-voyageur Allemand avec qui j'ai passé le week-end et Elif, notre adorable hôte.  

Je suis resté jusqu'au mardi matin, jour où je devais récupérer mon visa Iranien. Cela m'a permis de me reposer, de recharger les batteries, et d'étudier le futur itinéraire. J'ai décidé de passer directement en Iran. Enfin la frontière est à 400 km au moins, mais j'ai la possibilité de me connecter avec un Français, car là, je repars tous seul. Bon, j'ai vu que la route qui m'attend n'est pas facile.

MARDI 13 juin :

Visa Iranien en poche c'est reparti

La route s'effectue toujours le long de cette nationalle 2×2 voies, avec un flot de camions très important et ils ne trouvent rien de mieux que de klaxonner pour, soit prévenir, soit, t'encourager, c'est juste hyper stressant et insupportable. En plus, ça pu et il en est de même avec les voitures. Bref, on est loin de ce que j'ai pu vivre avec mes 3000km de marche dans la nature ou le debut de mon voyage sur l'Euro vélo 6, dans trafic routier. Je croise énormément de plantations de thé. Je dis aussi au revoir à la Mer Noire, car à Or, je dois couper direction Erzurum.

18 h : enfin pu trouver un endroit pour bivouaquer, c'est tellement escarpé, il y a la route et la montagne. 

MERCREDI 14 JUIN :

Ca y est, ça grimpe.

Alors qu'il faisait beau, l'orage arrive et dans ce dernier village, la route prend une déviation et ça devient un chemin caillouteux qui grimpe sévère, je ne peux plus pédaler, je pousse le vélo 25 mn, puis redescend au village et me renseigne. La route a été coupée pour éboulement, alors je repars et au bout de 45 mn de monté, la pluie redouble. Je n'ai pas assez d'eau et je me dis que je m'engage dans une grosse galère. J'hésite longuement mais je redescends au village. J'ai bien fait, il pleut très fort. Je m'abrite sous un abris près de la mosquée, il y a un attroupement d'hommes qui me disent de ne pas partir maintenant ; c'est pas secur. Il y a même un homme qui parle Français, je ne l'aurais jamais imaginé, tant je suis dans un endroit reculé et perdu. On me propose une chambre au dessus de la mosquée. Puis, il y a GOKMEN, qui m'invite chez lui à manger.

C'est vraiment gentil et réconfortant, d'autant qu'il fait le ramadan et me regarde manger. 

Sa maman prépare le pain pour l iftar de ce soir.

Alors je prends la décision, pas facile, de rebrousser chemin et de passer par la Géorgie et l'Azerbaïdjan pour gagner l'Iran...

Le fameux chemin !!!! 
Il pleut, heureusement c'est de la descente ... 

Ce que j'ai fait en 24 h à l'aller, je vais mettre 2 h à le faire au retour. J'arrive trempé à Or. Il est 18 h, je prends une chambre d'hôtel pour faire sécher les affaires.

L'hôtel et la chambre 

JEUDI 15 JUIN :

L'étape d'hier a laissé des traces, je suis courbaturé. Les 57 kg du vélo à pousser font travailler d'autres muscles.

Partout on cultive le thé çay
Cette fameuse 2×2 voie que je suis depuis Sansun, soit plus de 500 km. 
Et ces camions style Indien, bruyants et dégageant une fumée noire que nous respirons à plein poumon, sans oublier les klaxons 

Ce soir, je m'arrête à Hoppa. Je m'arrête, je ne sais pas pourquoi (peut-être la fatigue) dans l'hôtel avec la pire vue : cimenterie en face et pompe à essence en bas de l'hôtel.

Ca m'a fait du bien de voir des vagues, ça ma rappellé le petit coin de paradis où je vis. Le surf me manque, déjà 8 mois sans prendre de vague.

Puis c'est l'heure du spectacle.

VENDREDI 16 JUIN :

Dernière heure en Turquie, je suis à 20 km de la frontière Géorgienne. Et je suis vraiment très content de quitter ce pays que j'ai mis plus d'1 mois à traverser.