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La Team MyAtlas

Carnet de voyage

Un bout d'Europe à moto

6 étapes
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 avec 
2 participants
Le permis moto en poche depuis un mois à peine, j'enfourche ma bécane pour un premier voyage à deux roues! Rouler, découvrir de nouveaux horizons, profiter des paysages et camper sous les étoiles!
Juillet 2016
10 jours
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Une seule chose est certaine et planifiée ; notre date de départ. Pour le reste, l’aventure nous servira de guide comme elle a toujours su très bien le faire ! Pourtant, ce voyage ne s’annonce pas comme les autres, car ayant toujours chaussé mes bottines et porté mon sac à dos, cette fois-ci c’est ma nouvelle deux-roues qui s’en chargera ! Hé oui, après tout juste un mois de permis de conduire, je me lance dans un périple qui s’annonce plus que magnifique. Mon amoureux et moi avons dix jours de congés, dix jours pour parcourir un maximum de belles routes et se dépayser au possible !

Nos proches, amis et famille sont un peu inquiets car notre projet dépasse une fois de plus les limites du raisonnable. Dans un sens ils n’ont pas tort, la route et ses dangers sont de nouveaux défis que je vais devoir maîtriser. Etre passagère c’est bien mais pilote c’est encore mieux ! Heureusement pour les rassurer il y a Greg, ma moitié. En termes de bécanes il est vraiment calé et aucune pane ne lui fait peur ! Lui le mécano motard et moi la voyageuse inconditionnelle, nous formons une équipe de choc prête à parcourir le monde sur nos motos.

Au programme pas de plans ni d’objectifs précis. Pas d’itinéraire préétabli ni de logement réservé. Juste la route pour façonner notre voyage. Les préparatifs quant à eux ont été pensés au mieux selon nos moyens. Deux valises rigides chacun pour transporter le stricte nécessaire ; notre matériel de camping, quelques vêtements, un peu de nourriture pour les premiers kilomètres ainsi notre dernier achat et non pas des moindres ; un réchaud à l’essence ! Ce petit accessoire nous permettra d’éviter les pannes de gaz rencontrées avec nos anciens réchauds.

Les motos minutieusement révisées, les premiers coups de gaz sont donnés aux aurores sous un soleil rare. Nous quittons rapidement la Belgique via les nationales. Greg a le plaisir de piloter une KTM 990 Adventure et de mon côté c’est une BMW F650GS que j’ai sous la selle, disons que c’est une bonne petite moto pour mes débuts ! Sans oubliez notre ami John et sa Kawazaki KLE 500 qui roulera à nos côtés lors des trois premiers jours.

Tension des chaînes après quelques dizaines de kilomètres.
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Nous démarrons l’aventure en nous dirigeant vers le sud-Ouest de l’Allemagne où de superbes routes sinueuses finissent par nous emmener au cœur de la Forêt Noire. Ce sont mes premiers vrais virages ! Les sensations sont plutôt bonnes mais je n’arrive pas encore à bien anticiper mes trajectoires. Une fois trop rapide, l’autre trop lente, je comprends très vite que tout est dans le choix de mes rapports. Par chance, cette région ne manque pas d’itinéraires pour mettre tout ça en pratique ! Cette journée nous permet d’admirer les beautés qu’offre cette forêt unique aux arbres gigantesques.

En début de soirée, nous nous installons aux bords du lac de Schluchhsee pour y passer la nuit. Sympathique endroit au calme et plongeon rafraichissant. Nos compteurs indiquent déjà 546 kilomètres, des centaines de virages, des vues magnifiques, une réelle évolution dans ma conduite et la satisfaction d’une bonne journée de roulage se lit sur le visage de chacun de nous.

Nous nous levons sous un soleil de plomb. Nous avons tellement envie de rouler que nous reportons le petit déjeuner pour à plus tard. Nous paquetons notre matériel et enfourchons rapidement nos bécanes sans oublier leur entretien quotidien ; une vérification de nos niveaux et un graissage de chaîne s’impose !

Malgré une superbe matinée et un pique-nique en pleine nature très agréable, la pluie nous rattrape dès le début de l’après-midi. Ces quelques gouttes suffisent à nous rincer mais il en faudra d’avantage pour nous arrêter. Le second jour de roulage nous fait donc découvrir les plaisirs des routes Suisses bien entretenues et ses paysages vallonnés.

Le soleil déjà loin et sous une bruine incessante, nous nous aventurons sur un léger sommet où nous croisons quelques troupeaux de vaches en liberté. Nous quittons ce qui semble être encore habité pour enfin trouver de quoi nous abriter pour la nuit. Un petit chalet, malheureusement fermé, nous offre tout de même sa petite terrasse en bois munie d’un toit. Nous montons les tentes sous la pluie mais apprécions la soirée passée au sec bercés par le bruit que font les cloches des vaches non loin de nous.

Chanceux, le rangement du matin se fait sans une goutte de pluie ! Et comme si cela était devenu une habitude, nous enfourchons nos motos le ventre vide pour aller profiter d’un petit déjeuner local. Beignets Suisses et café bien chaud nous attendent une dizaine de kilomètres plus loin. Et puisqu’il en était prévu ainsi, Johnny nous quitte après une petite matinée de roulage pour remonter vers la Belgique faute de devoir reprendre le boulot dès le lendemain. Nous aurions aimé continuer la route à trois et avons d’ailleurs déjà quelques autres projets de voyage en tête avec notre ami Johnny !

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La route à deux c’est différent. Quand nous étions trois, je roulais au milieu des deux mecs, comme protégée. Maintenant, étant donné le GPS est monté sur la moto de Greg, je le suis mais plus aucun motard ne roule dans mon rétroviseur… Je me fais cependant très vite à l’aventure à deux. Greg me fait passer devant quand les routes ne prennent pas de bifurcations. Je sens que je prends de plus en plus de plaisir à rouler et bien plus d’assurance. Et heureusement ! Car je vais en avoir besoin pour la suite !

A peine avons-nous quitté notre triplette que la pluie nous trempe à nouveau. C’est donc mouillés jusqu’aux os que nous roulons vers l’Italie. La traversée des Alpes, aussi magnifique soit-elle, fut très rapidement engloutie. Arrivés à Andermatt, à quelques kilomètres de la frontière, le GPS nous indique que nous allons prendre un ferry ! Etonnés, nous n’y prêtons pas attention. Sans doute un bug informatique… Mais une fois engagés sur le col, des panneaux nous montrent que nous allons effectivement bien passer par une sorte de péage sans nous en dire d’avantage. Notre étonnement est tel qu’une petite dame nous propose d’embarquer sur un train pour traverser la montagne et nous retrouver à deux pas de l’Italie. Un raccourcis sur 13 petits kilomètres de tunnel qui fait mal au portefeuille mais qui nous évite de passer une journée de plus sous cette pluie torrentielle ! Sentiment de soulagement et rires amusés par cette surprenante péripétie. A notre arrivé de l’autre côté, le soleil ne nous y attendait pas mais une petite accalmie nous permet de sécher un peu et de reprendre de l’énergie. Les montagnes deviennent de plus en plus hautes et de plus en plus froides sur leurs sommets. De la neige au sol nous accueille d’ailleurs à notre arrivée en Italie. Malgré nos vêtements « imperméables », la pluie est passée à travers à force d’insister… Il fait 7 degrés, le sol est glissant et sous un vent piquant, un camion me colle aux fesses. La peur me met la rage au ventre !

Traversée sous la montagne 

Selon les prévisions météo, le soleil est à la côte. Nous continuons donc notre route sans nous arrêter. La pluie ne cesse de tomber. Des torrents traversent les chaussées. La visibilité est tellement mauvaise que nous nous voyons obligés de mettre nos 4 feux en permanence. Malgré tout, je garde le moral et reste zen sur mes deux roues. La patience est impérative dans ce genre de situation. Nous atteignons un lac à une centaine de kilomètres de la côte. La pluie s’est enfin arrêtée. Les nuages font maintenant place à un ciel partiellement bleu. Nous nous y arrêtons prendre un verre bien mérité !

Dans la périphérie de Milan les bâtiments sont gris et délabrés et la nature polluée. L’air est chaud et l’ambiance humide. Nous sommes d’ailleurs passés de 7 à 27 degrés en quelques heures ! Après avoir longuement tourné, nous plantons finalement la tente entre deux champs de maïs. Une attaque de moustiques nous oblige à nous réfugier en vitesse dans la tente où nous nous endormons rapidement, bien au chaud.

Le lendemain, ce sont ces mêmes moustiques qui nous obligent à replier tout en vitesse. La bonne nouvelle étant que nos affaires sont enfin sèches et que le soleil est au rendez-vous ! Des matins comme celui-là, ça donne la pèche ! Notre objectif du jour : voir la mer pour terminer la journée.

Notre rituel maintenant bien installé, nous dégotons un petit bar rustique mais fort sympathique dans une ruelle où nous goûtons un café bien serré, typique des italiens.

Avant de redémarrer, notre GPS nous fait des caprices. Il ne veut tout simplement plus s’allumer ! Nous avons des cartes, mais cela risque d’être galère… Greg démonte les caches qui protègent les câbles du GPS pour s’apercevoir qu’une cosse s’est cassée. Par chance, nous nous trouvons juste en face d’un garage où son propriétaire nous offre gracieusement deux nouvelles cosses. Les réparations faites, le GPS redémarre et nous pouvons continuer notre route.

Nous quittons petit à petit la périphérie de Milan mais ses innombrables ronds-points eux, ne semblent pas vouloir nous lâcher ! Cinq cent mètre, un rond-point, trois-cent mètres, un autre, etc… et entre eux, des camions, des centaines de camions ! Nous finissons par nous perdre l’un l’autre à force de dépasser et de tourner. Nous ne laissons pas la situation nous agacer plus longtemps et décidons de prendre l’autoroute, payante, certes mais plus sécurisante. A nous la côte !

Une fois sur l’autoroute, je ne suis pas du tout à mon aise. Le vent souffle en rafales et celles-ci me poussent beaucoup trop près des camions. Après une vingtaine de kilomètres, Greg fini par s’arrêter, voyant que ça n’allait pas pour moi. Il m’explique calmement que je dois être plus détendue sur ma moto et prendre de l’aisance avec mon guidon. Je suis trop tendue et de ce fait je prends la direction du vent. Une fois mes émotions apaisées, je remonte sur ma moto en pensant aux conseils que vient de me donner mon amoureux. Et comme par magie, en acceptant les poussées du vent dans ma moto sans me crisper, j’arrive à garder ma trajectoire. Je peux enfin profiter de la route !

Nous terminons la journée, comme prévu, sur la plage. Le vent est toujours aussi déchainé mais cela ne nous empêche pas de nous baigner.

Camping sauvage à l'abri du vent 
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Nous quittons cette station balnéaire de Jesolo bien trop touristique pour rejoindre le petit village portuaire de Caorle où nous profitons d’un restaurant bien mérité. Nous sommes exténués de notre longue journée de roulage mais prolongeons tout de même la soirée en nous baladant dans ce joli village. Ce soir, l’orage n’est que passager, nous passons donc la nuit entre deux canaux, près d’une vieille pompe à eau.

Cinquième jour et déjà nous voilà à la moitié de notre périple. Déjà tant de choses vécues et tant d’autres à venir puisque nous décidons de rejoindre la Croatie !

Nous démarrons sous une matinée ensoleillée avec un vent toujours présent mais très agréable cette fois. Nous traversons de jolis villages et longeons des grands vignobles. Nous empruntons la route qui borde la mer nous offrant une vue magnifique sur le large. Pour atteindre la Croatie, il nous faut d’abord passer un bref instant par la Slovénie. Des collines sinueuses garnies de grandes forêts nous accueillent dans le pays du KUNA, leur monnaie locale. La Croatie est un pays très peu cher où logement et nourriture devraient être abordables. Nous optons donc pour un camping cette nuit afin d’être relax après notre petite soirée. Par surprise, ce dernier nous coûte fort cher pour un service qui ne s’avère pas à la hauteur. La première vraie douche du séjour fait du bien mais nous nous accordons à dire qu’elle ne vaut pas les rivières froides ni les baignades en mer !

Le ciel étant plutôt gris, nous nous offrons une courte grâce matinée pour ce réveil en camping. Nous pensions que ce nuage menaçant allait passer. Mais nous étions trop confiants sur ce coup-là! A vrai dire, la météo prévoit quelques jours maussades sur toute la côté croate. Pas de bol ! Nous qui pensions rester deux jours au soleil sur les plages, nous voilà contraints de reprendre la route pour aller chercher le soleil ailleurs. Avec un ciel gris et une fine bruine, nous préférons rouler que de regarder une plage sans vie.

Notre passage en Croatie aura donc été de très courte durée mais il n’y a pas de regrets, nous y sommes arrivés ! Et nous comptons bien y revenir plus tard pour parcourir le pays dans son entièreté !

 Hôtel aux million d'étoiles, ça n'a pas de prix ! 

Nous prenons donc la direction de la Slovénie où nous sommes de nouveau accueillis par la pluie. Mais celle-ci ne nous fait pas peur. Super-équipés, nous roulons tranquillement pour profiter des superbes paysages vallonnés. Lors de notre pause midi, un vieil homme est venu discuter avec nous de la pluie mais aussi du beau temps qui allait arriver ! Et comme selon Greg, il faut toujours écouter les vieillards, nous gardons confiance. La journée avance et les goûtes s’amenuisent pour enfin laisser place à de beaux rayons de soleil et de chaleur.

Nous passons la journée à prendre des routes à gauche et à droite, un peu au hasard dans le but de rejoindre des chemins trail. Nos motos étant équipées de pneus tous-terrains, nous prenons beaucoup de plaisir à emprunter des sentiers en tous genres. Contrairement à chez nous, ici, aucun chemin n’est interdit de passage. Et pour notre plus grand plaisir, il n’y a pas un chat sur les routes. Les seules personnes que nous rencontrons sont les fermiers sur leur propriété qui nous font de grands signes et de larges sourires lors de notre passage.

Le pays est vert et calme. Vallonné et boisé. Il nous donne très envie de nous y attarder mais nos jours sont malheureusement comptés. Nous n’avons que dix jours de voyage au programme.

Nous traversons la Slovénie du Sud vers le Nord et nous arrêtons pour dormir une nuit dans le centre du pays. Au sommet d’une bute, une large plaine à l’orée d’un bois nous permet de dormir à l’abri du vent et nous offre une vue plongeante sur la vallée, ses champs, ses routes en montagnes russes et ses forêts extrêmement denses. Textuellement, nous appelons ça un camping à un millier d’étoiles !

Nous profitons encore de notre septième jour pour faire quelques trails dans les campagnes Slovènes avant de nous diriger vers le village de Bled, tout au Nord. Village qui nous avait été conseillé mais qui, au final, est plutôt à éviter vu le nombre de touristes qui s’y agglutinent.

Session trail en Slovénie 
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En passant la frontière vers l’Autriche, nous devons une fois de plus remettre nos imperméables. Le temps n’est pas stable mais il n’est pas exécrable non plus. Nous évitons d’ailleurs un nuage noir de pluie en rejoignant l’Autriche par le bas. Un détour non négligeable pour profiter d’une route sèche !

Depuis deux-trois jours, on ne compte plus les virages ni les montagnes, les collines grimpées et les sommets descendus. De plus, étant donné que le beau temps n’est pas vraiment au rendez-vous, il n’y a absolument personne sur les routes. Nous pouvons donc profiter pleinement de ces superbes chemins.

Avant la tombée de la nuit et notre quotidienne recherche d’endroit idyllique pour planter notre tente, nous avons pris l’habitude de passer dans un petit magasin pour aller acheter notre souper et au possible faire le plein avant de nous enfoncer dans les campagnes. Ce soir, alors que le village ne nous propose pas une foule de magasins, nous optons par dépit pour une pompe à essence et son petit shop. Le plein des motos fait, nous entrons pour faire nos emplettes et payer. Notre étonnement est tel que nous découvrons à l’intérieur de ce shop, quelques villageois en train de taper la carte accoudés à un bar de fortune. La bière semble couler à flot et les gros rires gras de ces vieux amis résonnent dans la grande pièce enfumée par leurs cigares. En effet, le rayon nourriture est très maigre mais trouvons tout de même notre bonheur ! Nous nous servons également dans le frigo, deux bières tomberont à pic ce soir. Mais à peine avons-nous payé que l’homme qui semble être le patron de ce lieu nous décapsule les bouteilles en nous disant dans un anglais très moyen « the road will wait, take one with us ! ». Surpris mais pas mécontents, nous acceptons l’invitation et buvons nos bières entre les journaux et les étagères où trainent un tas de vieilles ampoules, courroies, chambres à air et autres pièces de rechange. Ce qui est certain, c’est que dans son foutoir notre hôte saurait nous dégoter n’importe quelle pièce !

Nous quittons nos nouveaux amis sans tarder car la nuit tombe et il nous faut trouver un endroit pour dormir. Les sommets des montagnes sont tellement venteux et froids que nous optons pour une nuit au bord de l’eau, dans une forêt de pins. Le tout est d’avoir l’œil pour installer la tente afin qu’elle ne prenne pas le vent toute la nuit et que nous puissions passer une petite soirée tranquille à l’abri des bourrasques. Un petit fromage fondu à la gamelle, quelques tranches de pain et une chope bien fraiche feront de notre repas un instant de luxe !

Le matin, alors qu’il ne fait que quelques petits degrés dehors, nous nous jetons à l’eau pour nous réveiller ! Nous qualifierons cette baignade d’atrocement bonne car même si elle nous fait greloter et pousser des cris de « ouououououuou c’est froid ! bahhhhh ça gêle ! »,la douche nous semble revigorante et bénéfique.

Promenons nous dans les bois ! 

Direction le Nord de l’Autriche mais bien vite, la pluie nous arrête ! Nous nous réfugions dans un abri de bus où je fini par craquer car il pleut, qu’il fait froid, que nos vacances se terminent et que nous n’avons pas encore vu le soleil pour dire ! Rouler sous la pluie et les nuages bas c’est très fatigant et usant. Je perds patience et au vu de cet énorme nuage noir qui nous attend plus loin, je n’ai aucune envie de remonter sur ma moto vers cette direction !

Greg garde son calme et fini par trouver une solution. Grâce à nos téléphones et le peu de connexion dont nous disposons, nous parvenons à situer ce maudit nuage de pluie. Nous rebrousserons donc chemin pour contourner le pays pas le Sud afin de rejoindre la Suisse et ensuite la France. Mon amoureux est trop fort ! Nous quittons enfin la pluie pour retrouver le soleil, et mon sourire. Nous roulons plein Ouest sur les routes qui traversent les alpes autrichiennes. Étant donné que nous avons fait un petit détour pour éviter la pluie, il nous faudra faire une bonne journée de roulage aujourd’hui.

Après deux bonnes heures de recherche, nous trouvons enfin un endroit parfait pour dormir. Car même si la région regorge de nature et d’espaces verts, il est parfois difficile de trouver un endroit calme et reculé car ici, tout est propriété privé. De plus, les champs sont tellement pentus qu’il nous serait physiquement impossible d’y planter la tente. Ce soir-là, nous ne savons pas si nous sommes Autriche ou en Italie car nous avons recoupé la frontière à plusieurs reprises déjà. Nous nous installerons donc à l’orée d’un champ, en espérant ne pas déranger son propriétaire. La vue sur les montagnes est splendide et le calme absolu malgré la proximité de la route. Mais une fois la nuit tombée, plus personne n’empruntait ce chemin.

Notre 9ème réveille-matin est celui d’un fermier sur son tracteur. Nous nous levons en vitesse pensant gêner le passage. Mais ce-dernier nous fait de grands signes et un sourire amical nous faisant comprendre que nous pouvions rester tranquilles et qu’il avait mieux à faire que de nous faire décamper. Notre présence semble l’amuser et nous avons droit à un grand sourire à chacun de ses passages devant notre tente.

Arrêt près d'une immense scierie au pied des montagnes 
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Nous passons notre dernière vraie journée de voyage à traverser les Alpes Autrichiennes ; verdoyantes, sauvages, ouvertes et paisibles. Attention aux vaches et chevaux qui traversent la route sans prévenir! Etant donné que ce sont des endroits de passage lors des saisons de ski, les routes sont larges et bien entretenues. L’occasion pour nous de profiter d’un peu de vitesse le long des cols!

Nous profitons du soleil pour nous arrêter sur les belles terrasses le long de la route. Car à partir de demain, ça sera objectif retour et grosses journées de roulage.

Petit déj et itinéraire du jour

Comme tous les jours, nous démarrons notre 10ème journée de voyage par un arrêt petit-déjeuner. Ici il s’agit d’une pompe à essence dans une station balnéaire. Pain au chocolat et café feront notre bonheur ! Nous ne nous pressons pas ce matin car nous n’avons pas dutout envie de quitter l’Autriche et ses belles montagnes. Nous étions d’ailleurs en train de nous servir un second café lorsqu’un type arrivé en moto avec sa femme derrière lui nous accoste en nous demandant si nous savions à combien de kilomètres se trouvait le Liechtenstein ? Nous n’en avions aucune idée mais cela lui importait peu. Un prétexte pour nous aborder et taper la discut’ ! Je comprends très vite, à entendre son accent, qu’il n’est pas du coin et qu’il est anglais d’origine. Mais je ne cerne pas d’où il provient. « I come from Texas » dit-il alors ! Nous discutons un instant à propos de leur voyage, de leur moto mais aussi de leur pays. Ce sont tous les deux des fans d’Harley Davidson. Ils ont déjà fait un paquet de routes au Texas et alentours. Ils nous disent que c’est magique et que nous devons le faire absolument! Traverser l’Amérique en chopper ça nous fait tout simplement rêver… et nous le feront un jour !

Une fois sur nos motos, nous entamons la route du retour. Les montagnes et leurs interminables virages vont nous manquer. Le soleil arrivé un peu tard il est vrai, nous a tout de même fait beaucoup de bien. Les moments passés sur ma moto sont inoubliables, j’ai énormément progressé ! J’ai pris de l’assurance et une certaine confiance en moi. Je ne maitrise pas encore ma GS à 100% mais je suis en bonne voie. La pluie, les routes glissantes, le brouillard, le soleil éblouissant, les chemins boueux, les balades off road, nous rentrons chargés d’expériences nouvelles!

Le retour se fait sans encombre. Nous ferons un break au lac de Gerardmer. Après une grosse journée de roulage, la baignade nous fait énormément de bien.

Quelques chiffres pour résumer notre voyage ; 10 jours, 4000 km, des centaines de beaux paysages, des milliers de virages et des millions d’étoiles qui ont rendu nos soirées douces et agréables.

Un premier road trip pour ma part et sans nul doute pas le dernier ! Parcourir le monde sur ma moto, une liberté qui n’a pas de prix. Accompagnée de mon amoureux pour former une équipe sans pareil, c’est le pied !