Un des treks les plus courus. C'est sûr, vous ne serez pas seuls mais les paysages traversés sont tellement grandioses que ça vaut bien quelques concessions.
Juillet 2015
4 jours
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Le trek du Landmannalaugar est très populaire et chaque été un certain nombre de touristes et de locaux le parcourt. Il mène le randonneur depuis les terres multicolores du Landmannalaugar jusqu'aux splendides glaciers de Thorsmörk.

55 km de marche, en autonomie totale, avec nuits sous tente.

Nous sommes à Reykjavik, de retour depuis hier soir de notre virée au Groenland. Première mission du matin, acheter une recharge de gaz pour pouvoir se faire la popote pendant le trek. Un magasin de sport au centre ville fera l'affaire. Puis nous allons laisser nos valises en consigne à l'aéroport domestique. Ensuite, direction le terminal de bus BSI afin d'acheter les tickets pour le Landmannalaugar. Bus ciblé : celui de 12h30. Mais là, on me dit que le prochain bus est à 16h. Je dis que non, il y a le bus Trex à 12h30. Le guichetier me dit que ce n'est pas ici, qu'il faut aller se renseigner au centre d'information à côté. J'y vais donc pensant acheter là mes tickets. Mais non ! En fait le bus TREX de 12h30 ne passe pas par là ! On me renvoie à l'Office du Tourisme en ville. J'ai épluché des dizaines de guides et de sites internet et aucun ne mentionne que le bux Trex ne passe pas par le BSI. C'est quand même surprenant ! On va donc au pas de course au centre ville. Les kilomètres s’enchaînent, c'est le trek avant l'heure !

Une fois arrivé à l'accueil de l'Office du Tourisme, je demande les tickets pour le bus. La jeune femme ne comprend pas et nous dit que ce n'est pas ici. Elle nous renvoie vers une collègue, qui nous dit pareil. On est déconcertés ! Puis une femme plus âgée arrive et nous indique qu'en fait il faut attendre le bus à l'arrêt situé dans la rue derrière et qu'on paiera dans le bus. Donc rien à voir avec eux. Et bien ! Que de rebondissements !

2 compagnies de bus font le trajet Reykjavik-Landmannalaugar :

- Bus Reykjavik excursion : départ depuis le terminal de bus BSI à 8h et 16h

- Bus TREX : départ au centre ville, derrière l'Office du Tourisme, à 7h30 et 12h30

Consignes à bagages à Reykjavik :

- Le terminal de bus BSI : bien commode si on prend le bus ici MAIS la durée maximale de stockage est de 3 jours.

- L'aéroport intérieur de Reykjavik : la durée de stockage maximale est de 30 jours.

A 12h30, le bus arrive comme convenu. Nous voilà partis pour 4h/4h30 de route jusqu'au camping du Landmannalaugar. Il pleut. L'herbe est d'un vert intense et les lupins sont partout.

Nous quittons la route goudronnée pour une piste de terre. Le décor se transforme et laisse entrevoir la beauté du site. Le bus 4x4 traverse à plusieurs reprises des rivières. Le paysage est désormais magnifique avec des collines enneigées, des rivières, des lacs. Le soleil choisit ce moment pour faire sa réapparition. C'est grandiose. Nous arrivons enfin au camping du LANDMANNALAUGAR.

Dans ce parc naturel, le bivouac est interdit. Nous dormirons donc dans les campings imposés, payants.

Après avoir acquitté notre droit de camper, nous cherchons la meilleure place pour installer notre tente parmi les autres. C'est tout un art : pas trop pentu, pas trop dans le vent, pas collé aux autres, dans l'herbe boueuse ou les cailloux ? Nous choisissons les cailloux, la moins pire des solutions ! Nous déballons la tente et prenons soin de bien mettre TOUTES les sardines. Même si pour le moment le vent est faible, ça peut vite devenir tempétueux. Mais dans la caillasse, il faut taper fort pour enfoncer les sardines. Et nous en cassons ainsi une immédiatement (au final, ça sera la seule, ouf !).

Bon, quand on dit qu'il y a du monde, ce n'est pas non plus la Côte d'Azur ! 

Ensuite nous allons faire une balade tranquille sur le Sudurnamur, une colline surplombant le camping. Depuis la crête, on est subjugués par la vue qui s'offre à nous. Des couleurs dignes d'un tableau de maître : des collines multicolores striées de neige, la rivière cherchant sa route, une immense coulée de lave noire figée et à ses pieds le camping sur un tapis de verdure.

Après le repas, nous nous octroyons un petit moment de détente dans les sources chaudes.

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21 km, Dénivelé + 830 mètres, - 910 mètres

Nous nous levons de bonne heure, plions la tente et nos affaires, puis prenons notre petit déjeuner, des céréales avec du lait déshydraté. Il n'y a plus qu'à rajouter l'eau chaude.. Un régal !

Qui dit trek en autonomie dit pas mal de choses à emporter en un minimum de poids et de volume. Il faut caser la tente, les tapis de sol, les duvets, le réchaud, l'appareil photo et les batteries, des habits de pluie, des habits chauds, une petite trousse de secours et les réserves de nourriture. Avant de partir, j'ai ainsi réparti tous nos repas déshydratés dans des sachets de congélations avec zip. Il faut du léger et du pratique : le midi, on ne sort pas le réchaud, ce sera systématiquement taboulé : juste de l'eau froide (que l'on dose avec un gobelet en silicone pliable) à ajouter dans le sachet. Le matin et le soir, on fait chauffer de l'eau, et hop, dans mes sachets, on attend 10 minutes, et s'est prêt. Il n'y a que la cuillère à rincer, pas de vaisselle !

Nos sacs à dos pèsent environ 12 et 15 kg, sans l'eau. On aurait pu faire mieux, mais bon, c'est pas si mal. On n'a pas non plus du matériel ultra-light de pro.

Nous nous mettons en route à 8h. Il fait beau, il n'y a pas de vent. Les conditions idéales pour commencer le trek.

1° partie : Landmannalaugar - Hrafntinnusker : 10 km, D +680m, -275m.

Nous commençons par monter sur Le laugahraun, la coulée de lave qui arrive au pied du camping et qui donne naissance aux sources chaudes du Landmannalaugar. Nous traversons ensuite une coulée d'obsidienne incroyable. L'obsidienne est du verre volcanique naturel qui se forme lorsque la lave se solidifie si rapidement que les minéraux n'ont pas le temps de cristalliser. Les pierres sont énormes. Nous qui aimons les roches volcaniques, nous bavons d'envie d'en prendre, mais c'est un peu trop lourd pour le trek !

Les paysages sont MAGNIFIQUES !!! Chaque virage est un émerveillement de sorte que, les premiers kilomètres, nous nous arrêtons sans arrêt pour photographier.

Les collines ont de très jolies teintes mais elles sont encore très enneigées. Habituellement, à la mi-juillet, c'est nettement moins blanc, mais cette année, il a énormément neigé... Nous rencontrerons donc de grandes portions encore totalement sous la neige. Dommage pour les couleurs ! Nous croisons beaucoup de monde, surtout des groupes.


Le Brennisteinsalda 

Nous traversons des fumerolles avant de commencer l'ascension. Une des particularités du Landmannalaugar est l’omniprésence de ryolithes et de roches colorées.

La neige est de plus en plus présente mais certaines portions sont encore bien dégagées nous laissant entrevoir des marres fumantes entourées d'herbe fluorescente. Le froid et le chaud se côtoient, c'est fascinant. A mesure que nous nous éloignons du camping, il y a de moins en moins de monde.

On se retrouve désormais exclusivement dans la neige. C'est difficile de marcher ainsi sur des kilomètres. Et là, apparaît soudain au milieu de nul part une coulée d'obsidienne, hors neige ! La tentation est trop forte, on n'a pas pu résister... On s'est pris quelques pierres dans le sac à dos, tant pis pour le poids !

Nous arrivons au refuge de Hrafntinnusker à 13 heures. Il souffle un vent glacial. Tout est sous la neige. On devait en principe s'arrêter à ce refuge, marcher dans les environs l'après-midi et camper ici la nuit, mais vu le vent, le froid et la neige, on n'a absolument pas envie de dormir là ! Nous décidons donc de manger vite fait notre taboulé et d’enchaîner sur la 2° étape (2ème jour du trek en principe).

Le camping perdu dans la neige, pas envie de dormir là !

2° étape Hrafntinnusker - Alftavatn : 11 km, D + 144m, - 634m

Nous partons du refuge pour 11 kilomètres de marche. La couche de neige est très épaisse. Nous sautons par dessus des crevasses. Ce n'est pas bien rassurant !

Le mauvais temps s'invite alors : de gros nuages gris se forment, le froid et le vent s'intensifient ... Marcher dans la neige dans ces conditions est de plus en plus désagréable.

Après une longue traversée dans la neige et l'ascension de collines, nous redescendons en passant par des ponts de neige. Certains passages sont bien glissants et je me ramasse d'ailleurs une belle gamelle !

La pluie nous accompagne désormais. On descend dans un creux pour passer un petit ruisseau fumant. On marche dans la bouillasse ... la fatigue commence à se faire sentir. Il nous faut ensuite remonter l'autre colline en face.

Arrivés au sommet, on aperçoit tout au fond le lac Alftavatn, notre destination. Bon, c'est encore loin mais au moins on voit notre point de chute.

Le lac Alftavatn tout au fond 

La dernière descente est bien galère tellement ça glisse sous la pluie avec le gros sac à dos. Ensuite il n'y a plus qu'à tracer dans la plaine. Nous traversons un torrent grâce à un pont de neige. Bien contente qu'il soit là celui là, je n'aurais pas aimé le traverser à gué.

On arrive enfin au camping. On est bien fatigués, trempés et un vent glacial souffle fort. Il faut encore installer la tente dans ces conditions. Heureusement on est entraînés. On fait vite fait bien fait malgré le double toit qui claque au vent et qu'on a du mal à saisir. La chambre intérieure est forcément mouillée vue qu'elle se monte en premier, mais rien de catastrophique. On se met à l'abri et on quitte nos affaires mouillées. Puis j'étends une cordelette pour y suspendre nos habits. On se met au chaud dans nos duvets. Le vent se renforce, la tente est ballottée mais tient bon. Une fois réchauffés, on se prépare à manger sous la tente.

A 22 heures, nous nous couchons, bien contents de pouvoir enfin se reposer. Et là, des espagnols débarquent, collent leur tente à la notre, et parlent à tue tête pendant plus de 2 heures !!! Je les entends malgré mes boules Quies, c'est insupportable !!! De plus, le vent s'engouffre à travers le tente et avec l'humidité, je suis transie de froid. J'ai tous mes habits secs sur moi et je grelotte.

A 1 heure du matin, j'arrive enfin à me réchauffer et m'endors. Je me réveille à 4 heures, j'ai trop chaud ! Le vent s'est arrêté de souffler et un soleil généreux nous inonde. Je me découvre et me recouche. Nous nous levons vers 7 heures.

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18 km - Dénivelé + 370m - 390m

Quel plaisir de se lever avec un soleil radieux ! Nous découvrons le joli lac Alfavatn et prenons notre petit déjeuner dans ce somptueux décor. Nous quittons le camping à 8h45, la météo est parfaite.

Peu de temps après, notre premier passage de gué se présente. Nous quittons nos chaussures de randonnées pour enfiler des chaussures d'eau. Il est vivement recommandé de ne pas traverser les rivières caillouteuses pieds nus. Un guide avec son groupe est à l'oeuvre. Nous observons par où ils passent afin de les copier ! L'eau est froide sans être glaciale. C'est plutôt amusant ! Lorsque nous remettons nos chaussures, une très agréable sensation de chaleur s'empare de nos pieds ! Nous nous dépêchons de repartir afin de distancer le groupe.

Nous marchons désormais dans une plaine herbeuse. Le triangle parfait de la petite montagne Stórasúla se dessine. Au loin, les glaciers Eyjafjallajökull et Tindfjallajökull apparaissent.

Le chemin se continue sur des coulées de lave. Un pont de bois nous permet de passer au-dessus d'un torrent. Heureusement, je n'aurais pas aimé le traverser à pied celui là. Malgré le courant, les véhicules s'y engagent sans problème.

Un 2ème passage de gué se présente alors. Il y a un peu plus d'eau et de courant que le précédent. Nous relevons bien nos pantalons et nous engageons avec nos chaussures d'eau. Les bâtons sont une aide précieuse pour garder l'équilibre et tâter le terrain devant nos pieds. Nous avons de l'eau jusqu'au dessus des genoux. C'est un peu plus impressionnant mais tout se passe bien. Ensuite, le paysage change totalement. Nous nous retrouvons désormais dans un désert de cendres.

Nous longeons le Mont Hattafell, montagne verte posée au milieu du désert noir de l'Emstrur.

Le ciel se couvre et tout devient sombre. On commence à avoir mal aux épaules et aux hanches à cause du poids des sacs à dos, et aux pieds qui ne sont pas habitués à supporter autant. Enfin, contre toute attente, le refuge de Botnar apparaît derrière une colline.

Le camping est en pente avec des espaces plus ou moins plats. Nous descendons tout en bas pour trouver un emplacement pas trop pentu et un peu à l'écart.

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16,5 km (+2 km) - Dénivelé + 440 m, -730 m

Levé à 5h et départ à 7h. Nous partons tôt afin de pouvoir prendre le bus de 14h30 à Thorsmörk. Etre matinal a un avantage : nous sommes quasi seuls sur le trajet ! Il fait beau, le sac à dos commence à être un peu plus léger (7 repas en moins). Mais comme les épaules et les hanches sont sensibles, remettre le sac sur le dos est douloureux. Cependant, après s'être mis en route, le corps s'adapte et les douleurs s'estompent.

Des panneaux donnent des consignes de sécurité à suivre en cas d'éruption du Katla, situé sous le glacier Myrdalsjökull. Nous sommes dans les 40 km à risque autour du volcan.

Après avoir traversé un petit ruisseau en sautant sur les cailloux, nous descendons une pente bien raide dans les cendres et la caillasse qui nous amène aux gorges de la Fremri Emstruá, une puissante rivière glacière. Au loin, nous pouvons contempler l'Entujökull, une des langues glaciaires du Myrdalsjökull. Un pont permet de traverser le torrent sans prendre trop de risques, mais avant de l'emprunter il faut descendre quelques mètres abruptes à l'aide d'une corde mouillée fixée à un gros caillou. Le sol détrempé est une vraie savonnette.

Nous remontons sur un plateau et traversons une vaste plaine. Toujours personne d'autre à l'horizon, c'est bien agréable ! Des paysages variés défilent sous nos yeux. Nous sommes sans arrêt en admiration devant ces vastes espaces.

Nous nous rapprochons des glaciers et passons à côté d'une formation surprenante, l' Einhyrningur, une montagne qui signifie licorne, mais qui ressemble plutôt à un rhinocéros.

La végétation refait son apparition, signe que nous arrivons bientôt à Thorsmörk, qui possède l'unique forêt d'Islande.

Dernier passage de gué. Trop facile : de l'eau jusqu'à mi-mollet uniquement ! Lors du trek, nous avons eu beaucoup de chance. Les rivières étaient plutôt basses.

Nous traversons une forêt de bouleaux envahie de lupins. Nous sommes cernés de glaciers. C'est grandiose.

Les paysages sont magnifiques. Beaucoup d'islandais viennent ici se mettre au vert le week-end. Il y a de nombreuses balades. Par contre, pour accéder au site, il faut être équipé d'une voiture 4x4 surélevée ou prendre les bus spéciaux.

A Thorsmörk, il y a plusieurs campings. J'avais lu que les bus partaient du camping Husadalur. Nous suivons donc les panneaux fléchés. Il y a des banderoles de partout bloquant certains passages car aujourd'hui c'est l'ultra marathon Landmannalaugar - Thorsmörk. Les meilleurs mettent moins de 4 heures pour parcourir les 55 km (ce que nous avons fait en 3 jours) ! Une fois au camping, je vais au centre d'information pour demander où sont les bus. Un gars me dit alors - où du moins, c'est ce que je comprends- qu'ici nous sommes au camping Assa... Nous faisons alors demi-tour. Mais je vois des panneaux indiquant Assa...on n'est donc pas à Assa ! Je demande à un encadrant du marathon à quel camping nous sommes. Il me confirme qu'ici c'est bien Husadalur ! Retour au centre d'information. Je tombe sur une personne différente qui me dit que le bus TREX de 14h30 ne se prend pas ici mais au camping Landevedur. En fait, c'est comme à Reykjavik. Les bus de cette compagnie ne se prennent pas au même endroit que les autres. Et aucun guide, ni site internet, ne l'indiquaient ! Nous voilà donc repartis au pas de course, à monter et descendre des escaliers en bois. On se rajoute ainsi plus de 2 km. Nous arrivons tout essoufflé mais à temps pour prendre le bus ! Quelle fin de trek !

En résumé

  • 55 km de Landmannalaugar à Thorsmörk
  • ou 80 km de Landmannalaugar à Skogar : après Thorsmörk, le trek peut se continuer sur 1 ou 2 jours, 25 km de plus, D+ 900m, D-1100m.
  • En autonomie totale : il faut prévoir toutes ses réserves de nourriture. L'eau en revanche est accessible de partout : dans les torrents dévalant des glaciers ou dans les refuges. Ne pas chercher à faire le plein des gourdes, le sac à dos est déjà bien assez lourd comme ça !
  • On dort soit sous sa tente dans les campings obligatoires, soit dans les refuges. Dans ce cas, il faut penser à réserver ses nuitées bien à l'avance. Le bivouac est interdit.
  • Le trek en soit n'est pas difficile, ce sont les conditions météos qui peuvent parfois le rendre extrême.
  • La fréquentation : on n'est pas seuls, c'est sûr, mais ce n'est pas si catastrophique. Et en partant tôt le matin, on est franchement tranquille.
  • Les paysages traversés sont très diversifiés et nous donnent un condensé d'Islande exceptionnel.

Si je devais le refaire, je partirais de Skogar.. Dans ce sens sud-nord, il y a 600 mètres de dénivelé en plus mais sur 80 km, c'est négligeable. On finit ainsi par le plus beau, et les sources chaudes pour se détendre ! De plus, si on a le temps, on peut rester quelques jours ensuite à Landmannalaugar pour rayonner en étoile dans ces paysages extraordinaires.

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