Carnet de voyage

La Réunion : l'île aux trésors

23 étapes
3 commentaires
7
Cette petite île recèle des trésors naturels incroyables : volcan actif, cascades, falaises et cirques vertigineux, forêt primaire, plages et lagons. Un petit coin de France à découvrir absolument !
26 juillet au 16 août 2017
22 jours
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J1

6 heures du matin, nous voilà enfin sur le sol réunionnais après 11 heures de vol depuis Lyon. Nous avons quitté la canicule pour venir nous mettre au frais, à 9000 km, sur l'île de La Réunion. Dans l’hémisphère sud, c'est l'hiver, 24°C sur la côte et bien moins dans les hauteurs. Le décalage horaire est de + 2 heures.

Nous récupérons notre voiture de location et filons au sud de l’île, à La Ravine des Cabris, à côté de Saint- Pierre, point de chute pour ces 3 semaines de vacances en famille.

Notre avion à l'arrivée
Notre avion à l'arrivée
1er paysage de La Réunion sur la voie rapide
1er paysage de La Réunion sur la voie rapide

Le quartier est un dédale de ruelles insondables. Après avoir tourné en rond un moment, nous trouvons enfin notre location. Une petite maison dans un quartier résidentiel. Le propriétaire nous fait la visite guidée. Petit jardinet et jacuzzi agrémentent les lieux. C'est très sympa.

Les filles ont leur propre studio au dessus. Je n'avais pas réservé cette maison, le propriétaire s'est trompé avec son autre petite maison d'en face. Grand standing finalement, mais chut !!!

notre ruelle, en terre
notre ruelle, en terre
L'appart des ados
L'appart des ados

Après une petite sieste de 20 minutes, nous voilà repartis pour faire les courses. Nous trouvons un Leclerc à proximité. Les produits sont plus chers qu’en métropole, + 30% bien souvent. Sauf les fruits et légumes sur les marchés et l’essence : le diesel est à 0.98€/ litre, prix unique dans toutes les stations de l’île, avec en prime des employés qui vous servent. Voir le nombre des litres augmenter plus vite que celui du prix nous fait bizarre !

Après le repas et une autre petite sieste express, direction

LE PITON DE LA FOURNAISE

Depuis le 14 juillet 2017, le volcan est entré en éruption. Une fissure de 450 m de long s’est ouverte sur son flanc sud, laissant échapper 7 fontaines de lave d’une hauteur maximale de 30 mètres sur 200 mètres de long. Un cône volcanique s’est édifié d'où s'échappent deux bras de coulées. Cela fait maintenant 12 jours que "le volcan l’a pété", comme on dit en créole, et l’intensité a déjà bien faibli. Il n'est plus qu'à 50% de son activité initiale. Il ne faut donc pas perdre de temps si nous voulons le voir en action.

Nous partons vers 15h30 pour 1h30 de trajet. Après 1 heure de route nous sommes cernés par un brouillard dense et malgré les kilomètres avalés, il persiste...On décide tout de même de continuer, sans aucune certitude. Et juste avant la plaine des sables, nous sortons du nuage et retrouvons un ciel dégagé. Incroyable !

Nous nous garons sur le parking Foc Foc où des gendarmes s’assurent que nous avons bien des vêtements chauds et une lampe.

Et c’est parti pour 7 km de marche jusqu’ au point de vue au Piton de Bert. Très vite, le sommet de La Fournaise s'offre à nous avec ses anciennes coulées de lave. Le chemin est très facile, c’est un sentier de terre. La nuit tombe, nous mettons la frontale sur la tête. Beaucoup de monde est présent, mais ce n'est rien parait-il par rapport au début de l’éruption. Toutes ces loupiotes forment un serpent de lumière dans la nuit.

Bien avant d'arriver, des projections orangées visibles au loin offrent une avant-première. Nous sommes déjà tout excités ! Arrivés au Piton de Bert, nous sortons les pieds photos et nous posons un long moment. Le vent est frais, il faut être bien couvert. Même sous les tropiques, à 2274 mètres d’altitude, il fait froid, environ 6°C ! Le spectacle de la lave éjectée en permanence de ce cône en formation nous fait à tous autant d’effet. Grandiose, magnifique, splendide, extraordinaire ! La nature dans toute sa puissance.

La fournaise en pause longue
La Fournaise sous les étoiles 

Nous repartons pour les 7 km retour, un peu refroidis par la pause. C’est la nuit noire, pas de lune pour éclairer. Nous apercevons la multitude d’étoiles et la Voie Lactée comme jamais. Un autre spectacle de la nature incroyable. Avec la fatigue nous n'avons pas pensé à faire une photo du ciel en pause longue. Le retour fut dur. 2 heures de marche, dans la nuit, sans paysage à admirer, après la nuit blanche dans l'avion, c’est long. Nous apercevons le parking comme une délivrance. Mais nous sommes heureux d'être venus avant que le volcan ne s’éteigne ! Au total, nous avons marché 14 km et 385 mètres de dénivelé.

J2

La Réunion est une île de formation relativement récente, et les massifs coralliens y sont de fait peu développés. Sur 200 km de côtes, les lagons, protégés par une barrière de corail, couvrent seulement 25 km de littoral, à l'ouest de l’île. Ils dépassent rarement les 200 mètres de large et leur faible profondeur (généralement moins de 2 mètres d’eau), offrent pour le snorkeling d’excellentes possibilités d’observation et des conditions de sécurité optimales pour les débutants. En hiver, l'eau est à 23°C et le vent est parfois important.

La baignade à La Réunion n'est autorisée que dans les lagons, les bassins aménagés et les plages équipées de filets anti-requins. Dans ces zones, aucun risque d'attaque de requins.

Le lagon de l’Ermitage est le plus étendu (7 km), le plus large et le mieux préservé. Ses eaux cristallines et parsemées de coraux en font le premier site de snorkeling sur l’île. Nous en ferons notre camp de base snorkeling !

Après une matinée de repos, direction cette immense plage de sable blanc. Le lieu est très fréquenté mais la plage est tellement grande qu'on n'est pas entassés les uns sur les autres. Une rangée de filaos entre la plage et le parking permet également au gens de se reposer ou de pique-niquer à l’ombre sans encombrer la plage.

Au loin, le houle est importante mais le lagon est tranquille, les vagues sont cassées par la barrière de corail. On a pied partout, impossible de se noyer ! Et sous l’eau , à 5 mètres du rivage commence un autre spectacle : les coraux et les poissons. Les coraux sont partout mais pas d'une beauté renversante, ce sont souvent les mêmes. Les poissons sont très abondants et pas farouches. Les Grégoires Noirs nous foncent carrément dessus pour défendre leur territoire. Nous n’insistons pas, et allons plus loin. Les concombres de mer sont aussi très nombreux. Il est recommandé de porter des chaussures et de faire attention à ne pas abîmer les coraux.

Les Grégoires Noirs, un peu agressifs
Baliste Picasso
Idole des Maures
Concombre de mer
Poisson Papillon Cocher
Demoiselles à trois bandes noires

Nous quittons la plage en fin d'après-midi et faisons une petite halte goûter plus au sud, sur la plage de Saline-les-Bains.

Et le soir, après le repas, petit moment détente dans le jacuzzi...

J3
matin

On en rêvait depuis longtemps… La réservation s'est faite quelques jours avant par mail auprès de Roby Soriano. RDV nous a été donné sur le parking de la coulée 2001 à 8h30. Nous nous levons tôt et partons à 7h15 en évaluant le temps de trajet à 1h15. Mais le fléchage routier n’est pas toujours bien fait (les panneaux ne sont mis que pour un sens de circulation, et pas le nôtre !). Nous nous trompons plusieurs fois dans la traversée des villes. Evidemment, on a droit aux tracteurs, aux bus, aux touristes tranquilles…Et pour agrémenter le tout, notre cadette prend la nausée avec les virages et finit par vomir son petit déjeuner. J’envoie un SMS à Roby pour l'avertir. Nous arrivons 20 minutes après l'heure ! Mais malgré ce retard, l'accueil est très convivial, et on nous annonce qu'il n'y a pas de soucis pour faire la visite. OUF !!!. Un premier groupe a déjà commencé. Nous partons avec un autre couple retardataire. Finalement nous ne sommes que 6, bien moins nombreux que l'autre groupe, avec un guide super sympa, Matthieu, qui nous explique très bien le volcanisme à la Réunion.

Équipés de casque, de lampe frontale et de genouillères, nous rejoignons à pied l’entrée du tunnel par une petite marche sur la coulée de lave 2004 qui recouvre une partie de la coulée 2001. Les 2 années de naissance de mes filles !

Un tunnel de lave est formé par une coulée de lave fluide qui s'est refroidie en surface en formant une croûte solide mais dont le cœur est resté liquide, permettant à la lave de continuer à s'écouler. Lorsque la coulée cesse d'être alimentée par la lave en fusion, elle se vide et laisse une cavité en forme de galerie.

6,5 km de galeries en réseau ont été découverts sur cette coulée 2004. On observe des banquettes, parfois des planchers suspendus, qui correspondent aux traces des variations de niveau de l'écoulement.

Les plafonds des tunnels de lave sont souvent ornés de stalactites de basalte figées, qui se sont formées lorsqu'une lave encore pâteuse s'est égouttée.

Nous explorons pendant 3 heures l’intérieur du tunnel, c’est vraiment à vivre. Nous découvrons les racines des plantes de la surface qui pendouillent dessous, les traînées laissées par la coulée, les stalactites de laves aux formes très variée, la vitrification de la lave en refroidissant qui lui donne son aspect nacré ou chocolaté, les drapés, les formes plus farfelues : le lion, le requin, le dodo, les crottes, les coiffes...

le drapé
mini tunnel formé par un tronc d'arbre pris dans la lave
le requin
le lion

Et puis la cascade de lave, que notre fille escaladera pour son plus grand bonheur !

Le guide prendra régulièrement notre appareil pour faire des photos de famille hyper sympas. Toute la visite est agrémentée d’explications très intéressantes, bordées d’humour.


Petite pause briefing avec un groupe qui s'est perdu...en attendant que leur guide revienne ! Conseil des guides : si vous vous perdez, ne bougez plus, ils sauront vous retrouver !


La sortie du tunnel se fait par une lucarne qu’il faut escalader. Nous retrouvons la surface de la coulée avec ses si jolis plissements en lave cordée.

La lave cordée de la coulée 2004 
J3
après-midi
J3
après-midi

Nous mangeons à Piton Sainte Rose, dans un petit resto de bord de route. Le rougail saucisse, plat emblématique de La Réunion est commandé par notre testeur en chef. Nous, les filles, restons plus basiques avec frites/ crudités. Le rougail s’est avéré excellent, nous nous promettons donc d'en manger une prochaine fois !

Merle Maurice, vu depuis notre table

Visite ensuite de l'église Notre Dame des Laves qui fut épargnée miraculeusement par des coulées de lave lors de l’éruption du Piton de la Fournaise en 1977. L'édifice religieux a alors été rebaptisé ! A l'intérieur, des panneaux relatent en détail cet événement.

L'Anse des Cascades

Sur la route du retour, nous faisons une petite halte à l'Anse des Cascades, petite baie naturelle surplombée par une végétation luxuriante, de nombreuses petites cascades en filet et d’immenses palmiers au tronc orangé.

Nous croisons, comme partout sur l'île, de nombreux chiens errants. Ici, il n'y a pas le même rapport aux animaux de compagnie qu'en métropole. Les animaux sont livrés à eux-mêmes et étant non stérilisés, ils prolifèrent. On en voit énormément sur les routes, il faut être très vigilant en voiture. Ce qui nous aura posé le plus de problème, ce sont leurs aboiements parfois incessants pendant des heures, de jour comme de nuit, dans notre quartier de résidence. Sinon, il ne sont pas spécialement agressifs.

La route des laves

Nous empruntons à nouveau la route des laves. Cette fameuse route qui passe au pied de la Fournaise, le long de l'Océan, dans la zone appelée le Grand Brûlé, un paysage unique façonné par les coulées volcaniques dévalant régulièrement ce versant du volcan. Seules les plus grandes éruptions provoquent un écoulement de la lave jusqu'à l'Océan, recouvrant ainsi l'unique route qui fait le tour de l'île et obligeant à sa reconstruction.

A chaque coulée traversée, des balises en basalte indiquent le millésime : coulée de lave 2001, 2004, 2007, 1986...

coulée de lave 2002
coulée de lave 2002
coulée de lave 2007
coulée de lave 2004

La pointe du Tremblet

Dernière halte de la journée, la Pointe du Tremblet, en bas des coulées de lave de 2007. Les langues de basaltes viennent défier les vagues de l'océan.

J4
matin

Le marché forain de Saint-pierre a lieu tous les samedis matins sur le front de mer. Il propose un grand choix de fruits et légumes, de volailles vivantes... ou grillées, de produits locaux, de l'artisanat, des vêtements. Vous pourrez rentrés "à la case" avec des produits frais mais aussi avec des produits tous préparés du type samoussas, piments farcis, gâteaux locaux et autres viennoiseries.

Nous achetons des petites bananes, des avocats, bien plus gros que chez nous, des fruits de la passion, des nèfles du Japon (Bibasses), des cœurs de bœufs, des courgettes, des chouchous, tomates, oignons… Malheureusement, comme c'est l'hiver, beaucoup de fruits ne sont pas présents en cette saison (mangues, letchis,..). L’ambiance est sympa, les vendeurs sont agréables. La vendeuse de poulets grillés propose même de nous prendre en photo devant sa rôtissoire ! En revanche, nous sommes étonnés de ne pas trouver de poissons. En fait, la pêche locale n'est pas très développée. L'île est plus tournée vers les terres que vers la mer.

Les chouchous, appelés christophines dans d'autres pays, sont des sortes de courgettes à la saveur plus sucrée. Nous les avons préparés en gratin et nous sommes tous régalés. Les fruits de la passion n'ont pas fait l'unanimité. Leur goût acidulé a déplu à nos ados. Quand à la papaye, si la première bouchée n'est pas désagréable, on s'en lasse vite car sa chair est très fade.

Les chouchous, le fruit de la passion et la papaye

Nous en profitons pour aller faire un tour sur la très jolie plage jouxtant le marché. Le vent souffle extrêmement fort et le sable vient nous bombarder de ces milliers de grains, nous obligeant à rester retranchés !

Plage de Saint-Pierre 
J4
après-midi

Cette très belle cascade est visible depuis la route allant de Langevin à Grand Galet. Sa beauté et son accès si facile attirent beaucoup de monde. Le plus difficile est de trouver une place le long de la route sinueuse pour se garer. L'eau jaillit en de multiples points de la falaise et non du sommet. L’ensemble est du plus bel effet ! Mais une tyrolienne installée en travers de la cascade gâche un peu le paysage.

Un peu plus bas, sur la même route nous nous arrêtons à une autre cascade, vue sur la carte, que nous prenons pour la cascade du Trou Noir. Mais en fait nous découvrirons plus tard qu' il s'agit du bassin Jar 2, assailli par les baigneurs. La cascade que nous cherchions est en fait bien cachée de la route et sera du coup l'occasion d'une autre balade.

La route jouxte la très jolie rivière Langevin aux eaux pures. De nombreux réunionnais pique-niquent ou pêchent le long du cours d'eau. Le cadre est vraiment très reposant.

Le sentier de Terre Rouge

Cette balade permet de découvrir une partie de la côte sud sauvage entre Langevin et Vincendo. Mais c'est surtout l'occasion de rencontrer une particularité géologique rare à la Réunion : des terres rouges, jaunes et ocres. Ici, la rencontre du magma en fusion avec les eaux souterraines créa des éruptions explosives d'une rare violence. Les résidus explosifs ainsi accumulés ont formé une falaise aux couleurs extraordinairement jaunes orangées… d’où son nom de « Cap Jaune ».

Le chemin débute le long d'une bananeraie puis d'une plantation de palmistes aux troncs couverts d'épines impressionnantes. Nous apercevons rapidement, cachées derrière des arbres, les superbes falaises. La descente à la minuscule anse qui abrite les falaises ocres est vertigineuse. Elle se fait sur un sentier étroit et glissant, des cordes sont installées pour les passages les plus raides. C'est du bas qu'on aura la meilleure vue et le détour de 10 minutes vaut vraiment la peine.

La crique est tellement petite et la falaise tellement haute, qu'on manque de recul pour la photo. Nous remontons sur le sentier qui nous amène, après une dernière vue sur cette anse, sur d'anciennes coulées recouvertes de gazon.

Le lieu est charmant mais nous ne pourrons pas en profiter plus. Nous voyons littéralement un rideau s'avancer vers nous...Le spectacle aurait pu être sympa s'il ne nous amenait pas la pluie et la grisaille ! Nous n'avons pas pris les impers, nous retournons à la voiture au pas de course.

Cap Méchant

Malgré la météo défavorable, nous terminons la journée au Cap Méchant, situé seulement à quelques kilomètres. Les coulées de lave successives ont formé une falaise noire charbon. La houle, quasi constante dans le sud sauvage, vient battre la falaise, contribuant ainsi a l'inéluctable érosion de l'île.

Une accalmie bienvenue nous permet de découvrir le site, sous la grisaille mais au sec. Nous pourrions rester des heures à contempler les vagues se fracasser contre la roche.

Plus haut, nous découvrons le gazon "bord de mer" ou herbe pique-fesse, graminée indigène de l'île qui s'ancre sur le basalte battu par les vents. Ce tapis de verdure s'étale grâce à l'humidité ambiante. Assez rare, il est surtout présent à La Réunion, sur les falaises de cette région.

J5
après-midi
Vue sur Merapy en allant au Sentier de Terre Rouge

Après avoir savouré un délicieux poulet curry, préparé le midi par notre aînée qui adore cuisiner, nous décidons de retourner sur le sentier de Terre Rouge pour terminer la promenade d'hier. Mais plus nous nous rapprochons, plus les nuages deviennent épais et la pluie s'invite à nouveau.

Ce qui est appréciable à La Réunion, c'est qu'avec 400 microclimats répertoriés sur l'île, quand il fait mauvais d'un côté, il suffit d'aller de l'autre !

Nous faisons donc demi-tour et remontons la côte ouest jusqu'à ce que nous trouvions un temps correct ! Nous nous arrêtons ainsi à L'Etang-Salé pour un autre sentier littoral.

Nous commençons la balade dans un immense champ de cairns, très original et très esthétique, avec des formes et des couleurs inattendues.

Les cairns nous accompagnent un bon moment puis nous retrouvons une côte déchiquetée par les coulées de basalte.

Fascinés par le spectacle des vagues se fracassant, nous ne faisons pas attention à une vague plus grosse qui, propulsée en l'air par la roche, retombe sur nous en une bonne douche ! Aujourd'hui les vagues ne sont pas très fortes et ça se termine en un bon éclat de rires mais il y a régulièrement des accidents mortels de personnes emportées lors de la forte houle. La prudence est donc de mise.

Nous arrivons au lieu dit "Le Gouffre" où un couloir dans le basalte permet à l'eau de mer de s'engouffrer très en amont de la coulée. Selon la force des vagues, le mouvement de l'eau est plus ou moins violent.

Le soleil décline, nous repartons par le même chemin.

Nous nous posons un moment dans le champ de cairns. Les filles s'amusent à l'étoffer. 7 nouveaux monticules voient ainsi le jour.

Et pour finir la journée, jacuzzi entre filles pour se détendre.

J6

Aujourd'hui, randonnée aquatique pour remonter une rivière au fond de sa ravine : distance 10 km, dénivelé 500 mètres. Le soleil est au rendez-vous, du moins pour le moment !

La randonnée débute au Dassy du Bras-de-Pontho. Pas de parking, les voitures se garent le long de la route. Nous commençons par 300 mètres de dénivelé en descente, il faut aller tout au fond de la ravine jusqu'au Pont de la Liane. Et dire que beaucoup font ici leur jogging matinal ! Le chemin est facile et agréable mais on ne peut pas s'empêcher de penser qu'il faudra remonter tout cela après ! Dans nos montagnes de métropole, les randonnées commencent par la montée et finissent par la descente. La gestion de la fatigue est ainsi plus commode.

Une fois en bas, nous ne prenons pas le pont mais rejoignons la berge afin de remonter la rivière dans son lit.

Très vite nous devons quitter nos tennis pour enfiler les chaussures d'eau. La marche se fera désormais souvent les pieds dans l'eau.

La remontée est très plaisante, la pente relativement douce. De part et d'autre, de petites grottes et des orgues basaltiques plus ou moins bien formées balisent le paysage. L'eau est fraîche et le courant jamais très fort. Nous arrivons alors à une grande arche naturelle, la plus connue de La Réunion car c'est la seule répertoriée sur une carte alors qu'elle est loin d'être la plus belle !

Après l'arche, il n'y a plus personne. La rivière est à nous ! Les falaises se font désormais de plus en plus hautes et le ciel commence à se couvrir.

Au détour d'un virage nous découvrons une énorme caverne avec une multitude d'orgues ordonnées aux pieds des falaises. C'est spendide !

Nous pique-niquons ici sur une petite plage de sable noir et repartons rapidement car les nuages sont de plus en plus menaçants.

Malheureusement, une pluie dense s'installe. Nous enfilons les impers. Mais étant en plein milieu d'un canyon, nous avons préféré rebrousser chemin car le niveau de l'eau peut monter très vite lors d'une pluie tropicale, et ça devient dangereux. Dommage, car le clou du spectacle, avec d'énormes orgues basaltiques, se trouvait juste un peu plus loin...

La remontée se fera au final sans problème, plus vite que prévue.

Partir le plus tôt possible afin d’échapper aux nuages de l'après-midi.

Garder ses tennis aux pieds, même dans l'eau. Vue la distance à parcourir, les chaussures d'eau n'ont pas une semelle assez épaisse pour amortir les cailloux et nous avons eu mal sous les pieds quelques jours...

Le soir, on s'essaie aux bananes flambées au rhum, faites maison. Un régal !

J7
matin

Les prévisions météos sont épouvantables pour aujourd'hui : pluies diluviennes et alerte à la houle, des vagues de 5 mètres sont annoncées et le littoral est interdit à certains endroits.

A ce sujet, l'île possède tous les records mondiaux de pluie pour les périodes comprises entre 12 heures et quinze jours à l'exception du record sur 48 heures glissantes. Mais il existe une dissymétrie entre l'Est et l'Ouest de La Réunion. A l'Ouest, les précipitations sont peu abondantes. En revanche, plus on se décale vers l'Est, plus les cumuls de pluie augmentent, jusqu'à atteindre des valeurs dépassant 10 mètres par an, ce qui est tout à fait exceptionnel.

Aujourd'hui, ce sera donc activité en intérieur. Nous nous rendons à Bourg-Murat où se trouve la Cité du Volcan. 1 heure de route, sous une pluie battante, avec l'eau qui ruisselle sur les routes en pente, c'est assez impressionnant. Qu'est ce que ça doit être à la saison des pluies !

Le musée propose une initiation à l’étude des phénomènes volcaniques. Une large partie de l'exposition aide à découvrir la formation de l'île.

Comment s'est formée l'île volcanique de La Réunion ?

L'île de La Réunion est toute entière fille de l'activité volcanique. Elle a été « conçue » au fond de l'Océan Indien il y a 5 millions d'années, lorsqu'un point chaud a favorisé la remontée du magma de l'intérieur de la terre jusqu'au plancher océanique fracturé. L'activité volcanique sous-marine a peu à peu conduit à des entassements énormes de coulées de laves. Il y a 3 millions d'années, l'île est née réellement, lorsque l'empilement des laves a atteint la surface de l'océan. Elle s'est agrandie et a monté en altitude avec l'activité volcanique poursuivie à l'air libre par ce qui deviendra le « Piton des Neiges ». Les ruines de cet ancien volcan, suite à l’effondrement de sa caldeira, culminent aujourd'hui à 3070 m d'altitude.

Il y a 1 million d'années, un deuxième volcan est né dans le flanc sud-est du Piton des Neiges et constitue aujourd'hui le Piton de la Fournaise, à 2632 m d'altitude. Les deux volcans ont longtemps été actifs simultanément, jusqu'à ce que le Piton des Neiges s'endorme il y a 12 000 ans après d'ultimes éruptions violentes, à caractère explosif. Le Piton de la Fournaise quant à lui poursuit le façonnage de l'île par ses éruptions ; il est même considéré comme un des volcans les plus actifs de la planète. Aujourd'hui, l'île émergée n'est finalement qu'une petite tête hors de l'eau : elle représente à peine1/32e de la masse du volcan posée sur le plancher océanique. Mesuré depuis ce point, le volcan de La Réunion serait ainsi le plus grand du monde, soit 7000m de hauteur (4000m sous l’Océan + 3000m au dessus).


En termes de paysage, l'histoire géologique nous livre deux grands ensembles :

- le paysage neuf et sans cesse renouvelé du Piton de la Fournaise, où le minéral domine largement; ses éruptions fréquentes et considérées comme relativement peu dangereuses car non explosives attirent à chaque fois de nombreux visiteurs ;

- et le paysage plus ancien du Massif du Piton des Neiges qui s'est effondré en trois grands cirques : Cilaos, Salazie et Mafate, conquis par le végétal, creusés par l’érosion et dominés par des parois à fortes pentes.


Nous découvrons une petite collection de différents type de lave ainsi que la légende de l'âme du volcan, Grand mère Kalla, terrible sorcière qui terrorise les enfants pas sages !

Des écrans diffusent aussi les images de l'éruption du 14 juillet 2017.

Au final, ce musée n'est pas inintéressant. Les explications et vidéos sur la formation et les éruptions de l'île sont très bien faites. Mais sur les autres thèmes, et notamment leur cinéma 4D et panoramique, on a été un peu déçus. Ça ne va pas très loin dans les explications.

Nous sortons par la traditionnelle boutique. Les T-shirts à l'effigie du volcan sont partout, avec la traditionnelle phrase créole : le volcan l'a pété !

Le souffleur de Saint-Pierre

En fin d'après-midi, nous nous rendons à St-Pierre pour admirer la forte houle et les vagues s'écraser sur les rochers. Nous découvrons alors un souffleur. Le souffleur est un phénomène géologique lié à la présence d' une grotte sous-marine terminée par une petite ouverture. Lorsque l'eau s'engouffre dedans, l'air présent dans la grotte est alors mis sous pression, il s'échappe par l'ouverture finale, emportant avec lui une multitude de gouttes d'eau. Il se produit alors un fort jet d'eau, comme un geyser, associé à un son bien caractéristique de souffle. C'est amusant !

J8
après-midi

Il était prévu matinée tranquille et départ à 13 heures pour à nouveau aller voir le volcan en éruption. Mais constatation à midi : ma fille et moi avons encore mal aux pieds de notre balade dans le lit de la rivière, on annonce une forte baisse de l’activité du volcan, il n'est plus qu’à 16%, ce n’est pas très motivant de marcher 14 km pour ne plus voir grand-chose, et pour finir, la météo n'est pas terrible, alors qu'hier il était annoncé grand beau temps.

Nous renonçons donc à notre programme et partons après manger aux Makes pour la vue panoramique sur les cirques. Malheureusement, le belvédère est dans le brouillard le plus complet. Il est vrai qu'il est recommandé d'y aller tôt le matin pour éviter les nuages. On comprend pourquoi ! On espérait tout de même une petite ouverture ponctuelle...mais non !

Nous redescendons un peu pour faire une petite balade en forêt . Nous optons pour un sentier pédagogique, dans un sous bois très sombre. Il y a de très beaux arbres comme des affouches de 150 ans et 25 mètres de haut, des fougères arborescentes, des goyaviers,... C'est dense ! Petite déception concernant les animaux : aucun insecte, aucun animal, si ce n’est des tisserands au tout début du sentier avec de beaux nids tombés par terre. Les campagnes de démoustication ont laissé des traces.

Affouche de 150 ans
Fougères arborescentes

Au retour, nous passons au milieu des champs de cannes à sucre et des cultures de clémentines.

J9

Découverte du cirque de Salazie, le plus éloigné pour nous, dont l'ouverture est située au Nord-Est de La Réunion. 2h30 de route pour traverser les plaines du centre de l'île, remonter la côte Est, et pénétrer dans le cirque.

La route des plaines offre de superbes paysages, mais elle est très sinueuse et très longue aussi. Elle permet une très jolie vue sur le Piton des Neiges, point culminant de l'île.

Vue sur la plaine et le Piton des Neiges au fond
Le Piton des Neiges 3070 mètres
Arrivée sur St-Benoit

La route qui mène vers Salazie serpente entre les montagnes vertigineuses d'où jaillissent d'innombrables sources et cascades. L’abondance de l’eau favorise la luxuriance de la végétation et permet quelques cultures typiques des lieux : bananes, bibasses, pêches, cresson... et le chouchou, l’emblème du cirque.

Culture de chouchous
chouchou
L'entrée du cirque et les cultures de chouchous 

Le Tour du Piton Maillot

Passé Salazie, nous nous arrêtons à La Mare à Vieille Place pour une randonnée en boucle : le Tour du Piton Maillot, 7 km, 630 mètres de dénivelé.

Nous commençons par la traversée du village. Les chauffe-eau solaires ornent tous les toits des maisons. Par contre, ils sont orienté au nord... En effet, dans l'hémisphère sud, le soleil se lève à l'Est, fait sa course au Nord avant de se coucher à l'Ouest. Sur l'île, un tiers des logements en sont équipé. La Réunion a le taux d'équipement solaire le plus élevé d'Europe après Chypre.

Chauffe-eau solaire

Commence alors la montée sur un chemin caillouteux jusqu'au sommet du piton. 300 mètres de dénivelé bien pentus, au milieu d'une végétation dense et de très nombreuses néphiles, des araignées de la taille d'une main, impressionnantes mais inoffensives, qui attendent patiemment au milieu de leur toile la capture d’une proie.

Arrivés au sommet, nous avons une vue panoramique à 360° sur les falaises, les autres pitons vertigineux, les villages et la cascade du voile de la Mariée au loin. Nous sommes partis sous le soleil, mais passé 11 heures, les nuages épaississent le ciel très rapidement.. Cela n'altère pas la vue pour autant.

Le voile de la Mariée

Nous pique-niquons au sommet puis amorçons la descente sur un sentier assez raide, mais sympa, qui nous fait plonger tout au fond de la ravine, 600 mètres de dénivelé plus bas, le long de la rivière Mât.

Le chemin se faufile ensuite dans une clairière avec une fontaine pétrifiante. Euh... chercher l'erreur ! Sur une île purement volcanique, d'ou vient ce dépôt de calcaire ???

Fontaine pétrifiante

Puis un peu plus bas, des bouquets de bambous à la taille impressionnante viennent clore la descente.

Il nous faut maintenant remonter la ravine. Ti pas, Ti pas, n'arriver !

Petite déception pour notre fille qui souhaitait tant voir des caméléons. On a eu beau chercher, le seul qu'on ait trouvé était écrasé et fossilisé sur la route. Comme quoi, il y en a bien quand même !

Hell-Bourg

Après la randonnée, petit passage dans les ruelles de ce village réputé pour avoir préservé son authenticité avec ses cases créoles bien conservées de couleurs vives et son cadre grandiose.

Le Voile de la Mariée

Les précipitations abondantes qui arrosent la région alimentent de multiples cascades dévalant les remparts environnants en de vertigineuses chutes. Le Voile de la Mariée domine le cirque de Salazie. La cascade est bien visible de la route qui va à Hell Bourg. Le débit n'est pas très fourni, saison sèche oblige, mais cet enchaînement de cascades doit être magnifique en saison humide.


Le Voile de la Mariée et une autre chute vertigineuse en sortant du cirque 

Nous choisissons de repartir par le Nord de l'île et de redescendre ensuite par l'Ouest pour retourner à Saint-Pierre. Beaucoup plus de kilomètres à rouler, mais en empruntant la voie rapide, nous avons gagné 1 heure par rapport à ce matin. Mais la route des plaines est sympa à faire une fois !

A Saint-André, un très joli temple tamoul attire notre attention, mais les grilles sont fermées.

J10

Un grand classique ce matin, pour voir le cirque de Mafate : la randonnée de Cap Noir et Roche Verre Bouteille, 3 km, 530 mètres de dénivelé, depuis le village de Dos d’Âne. Nous commençons par rejoindre Roche Vert Bouteille. La montée est assez raide avec de hautes marches. Derrière nous, la vue est dégagée jusqu'à l'océan.

Nous arrivons sur une ligne de crête et découvrons une vue spectaculaire sur le cirque, en surplombant de près de 1000 mètres la Rivière des Galets.

Le cirque de Mafate est synonyme d'isolement et d'inaccessibilité. Pour y entrer il n'existe que deux possibilités : l’hélicoptère ou la marche à pied. En effet, son relief tourmenté et chaotique empêche toute route de pénétrer dans ce sanctuaire naturel. Son caractère sauvage lui a valu d’être le refuge de nombreux esclaves en fuite.

Nous redescendons de la crête et apercevons au loin la dent de la Roche Verre Bouteille, un bloc pointu d'où dépassent des centaines de roches incrustées.

Roche Verre Bouteille

La descente jusqu'à Cap Noir est ponctuée de quelques échelles qui permettent de franchir sans difficulté les passages rocheux. On continue de profiter du paysage sur le chemin qui longe la ravine.

Le belvédère du Cap Noir permet d’avoir l’une des vues les plus célèbres de l’île de la Réunion, bien que nous ayons préféré la vue depuis la ligne de crête. Un kiosque avec une table permet de pique-niquer. Mais l'endroit est étriqué et les casse-crouteurs se retrouvent vite les uns sur les autres.

Dernière vue  sur le cirque de Mafate 

Il est 13 heures et les estomacs de nos ados réclament du ravitaillement de toute urgence ! En redescendant vers le bord de mer, nous cherchons un petit resto créole pour manger le rougail saucisse. Nous trouvons Chez Jacquie à La Rivière aux Galets. On prend place et là, on nous explique que c'est buffet asiatique le vendredi ! Allez, va pour les nems, noodles, salades, riz et autres plats non identifiés...un régal !

Le Tour des Roches

Le ventre repu, nous repartons vers la plage de l'Ermitage pour y faire un peu de snorkeling. Nous faisons un petit détour par le Tour des Roches, une route touristique de 6 km, qui longe l'étang St-Paul. On se retrouve hors du temps, entre marais et ravines, sources fraîches et moulin à eau, dans des paysages verdoyants de cocotiers,bambous, bananiers, manguiers, papyrus,...

Plage de l'Ermitage

En arrivant à la plage nous constatons qu’il y a trop de vent pour se baigner : il fait froid et les vagues empêchent de faire du snorkeling sereinement.

Du coup nous repartons, en prenant la route du littoral, afin de faire des pauses photos.

Plage de l'Etang-Salé

En fin d'après-midi, nous nous posons à l'Etang-Salé, sur son immense plage de sable noir, mélange de basalte et de corail. Nous y admirons notre premier coucher de soleil derrière les nuages. JP s'essaiera à des photos du ciel et des étoiles mais la lune est trop lumineuse et empêche une bonne visibilité de la Voie Lactée. Pas de bons clichés ce soir...

J11
après-midi

Nous nous rendons à nouveau dans le sud de l'île, au Tremblet. Le trajet est déjà un délice pour les yeux, entre le littoral qui se décline en noir, vert et bleu, les champs de canne à sucre et la forêt de pins de Cook.

Dès l'ouverture à 13h30, nous entrons dans la petite vanilleraie l'Escale Bleue. Personne d'autre à l'horizon. Un drôle de p'tit gars, Aimé, nous accueille et nous demande si c'est pour le boutique...euh, non, c'est pour visiter. Mais vous avez réservé ? ...euh, non, fallait réserver ? J'ai pas lu ça dans les guides.

Ah, ba j'vous fais la visite , pas de soucis ! Mais j'suis tout seul, faudra juste que j'aille à la boutique si quelqu'un arrive. Trop gentil le p'tit gars, merci merci ! On a donc eu droit à une visite guidée rien que pour nous !

Le vanillier est une orchidée issue du Mexique. Au début du 19° siècle, la Réunion tente la culture de la vanille, en vain : les fleurs ne donnent pas les fameuses gousses de vanille. En fait, dans son pays d'origine, la fécondation est assurée par une petite abeille, lorsqu'elle pénètre dans la fleur. Mais cet insecte n'existe pas à la Réunion !

Sans intervention extérieure, la pollinisation de la vanille n'est pas possible. En effet, il existe une fine languette qui empêche tout contact entre les étamines (organe reproducteur mâle) et le pistil (organe reproducteur femelle) donc toute fécondation. En 1841, un jeune esclave met au point une méthode artificielle de pollinisation de la vanille : avec une aiguille, il dévie la languette et appuie légèrement sur la fleur pour amener le pollen de l'étamine au contact du pistil. La pollinisation est réussie.

Pour cultiver la vanille, il faut donc que chaque fleur soit pollinisée manuellement !

Le vanillier est une liane qui peut atteindre quinze mètres de longueur et qui s'accroche par des racines adventives de 2 millimètres de diamètre aux arbres et différents supports. Le fruit est une gousse de couleur verte allongée qui jaunit et brunit à maturité, période à laquelle elle est cueillie.

Après ramassage, les producteurs traditionnels ébouillantent les gousses, les laissent étuver puis sécher avant de les mettre en malle pendant 8 mois. Pour une utilisation en cuisine, il faudra alors inciser la gousse dans sa longueur afin de racler l'intérieur pour récupérer les graines.

La vanilleraie l'Escale Bleue a mis au point un processus complètement différent de la vanille traditionnelle. Au lieu de subir une déshydratation, elle est conservée afin de garder toutes ses saveurs. Il n’y a aucun produit chimique utilisé lors de la transformation du produit. Tout est 100% naturel et surtout, tout se mange, les graines et les enveloppes !

Depuis 2011, ce procédé inédit est breveté. Il demande plus de deux années de travail continu et beaucoup de manipulations rigoureuses afin d’obtenir une vanille de très haute qualité. Pendant ce long travail, les gousses de la vanille développent des saveurs épicées et des senteurs de caramel. Bénéficiant de l’appellation protégée, la vanille bleue peut facilement se démarquer de ses concurrents et séduit désormais les grands chefs étoilés.

Nous avons donc voulu tester nous aussi et acheté quelques gousses et autres produits.

Route des Laves

Vue sa proximité, nous retournons sur la route des laves afin de chercher quelques beaux spécimens de pierres volcaniques. Le prélèvement est autorisé, tant que le spécimen ne dépasse pas 1 kg pièce. Mais attention, cette autorisation ne s'applique pas aux coraux. Il est strictement interdit de ramener le moindre morceau, même ramassé mort sur la plage.

Coulée 2007

Bien que désormais figée, on imagine bien le mouvement de la lave dans ses derniers instants. Du Stone-Art fascinant, avec Dame Nature incroyable qui reprend ses droits quelles que soient les conditions.

Les coulées 2001 et 2004 sont particulièrement esthétiques avec leurs nombreuses laves cordées notamment. La coulée 2007 est toujours interdite d'accès car de par son épaisseur impressionnante, elle n'a pas encore fini de refroidir. Elle est nettement moins jolie car ce n'est qu'une accumulation de lave en grattons avec des blocs rugueux et très coupants. En revanche, marcher dessus est très étonnant : au son, on a l'impression de marcher sur de la porcelaine cassée !

Balade littorale au Puits Arabe

Nous finissons la journée par une petite promenade au Puits Arabe. Ces balades littorales sont toujours un régal pour les yeux. Marcher sur les coulées de lave procure une certaine émotion. La terre est vivante, nous marchons sur un sol qui n’a que quelques années. Cette coulée date de 1986.

En plus des traditionnelles laves cordées, nous observons différentes formations géologiques : des orgues basaltiques datant de 1776, des fissures, des coulées figées, des tunnels de lave...

Orgues basaltiques de 1776



Et en dessert ce soir, de la pâte de fruit à la vanille venant de l'Escale Bleue... un pur délice olfactif et gustatif !

J12

Journée consacrée à la découverte du cirque de Cilaos.

La fenêtre des Makes

Départ à 7 heures pour nous rendre à nouveau à la fenêtre des Makes. Lors de notre passage en début d'après-midi il y a 4 jours, nous étions dans le brouillard. Nous avons donc suivi les recommandations de tous les guides : partir tôt !

Lorsque nous arrivons, la vue est parfaitement dégagée, pas un nuage nous empêche d'embrasser d'un seul regard cette caldeira...Non, pas un nuage, mais un soleil grandiose...situé pile en face ! Mais bon sang, quelle est la bonne heure pour contempler ce magnifique cirque ?

On arrive quand même à distinguer la ville de Cilaos et des îlets, ces petits plateaux au sommet de ravines permettant l'implantation de villages.

L'îlet à Cordes
L'îlet à Cordes à gauche et Cilaos au centre 

Cilaos

Cilaos est le plus peuplé des trois cirques. Son relief tourmenté par l’érosion est dominé par le massif du Piton des Neiges.

Les remparts verticaux le délimitant, enserrent un monde étonnant où les habitants ont choisi de vivre sur de petits plateaux. Cilaos est accessible en voiture au terme d'une route magnifique mais extrêmement sinueuse avec ses 400 virages, ses hauts remparts, ses corniches. Ce village créole de haute montagne est doté d'un charme incomparable, d'un air pur et frais, d'une église blanche et bleue, d'un établissement thermal (le seul de l'île) et de cinq îlets aux alentours.

La Roche merveilleuse

Un peu en dehors de la ville, un énorme rocher équipé d'un escalier donne l'occasion d'un superbe panorama sur Cilaos et les remparts qui l'entourent. Nous repèrons la fenêtre des Makes où nous étions ce matin (en haut à droite sur la photo), dans les nuages !

Nous continuons la route en direction de l'Ilet-à-Cordes au milieu d'un paysage spectaculaire.

Cascade de captage de Fleurs Jaunes

Pour voir cette petite cascade, il faut se garer à l'aire de pique-nique du départ du canyoning de Fleurs Jaunes et remonter un sentier sur moins de 100 mètres. Le lieu se remarque tout d'abord par des tuyaux noirs inesthétiques sur les parois. Puis la cascade appairait, magnifique dans son minuscule cirque. Haute et fine, elle tombe dans un beau bassin où l'on peut se baigner.

Îlet-à-Cordes

L'accès se fait par une route étroite aux virages parfois féroces ! Le village tire son nom du fait qu'il fallait le rejoindre en utilisant des cordes jetées depuis le village. De part son inaccessibilité, de nombreux esclaves en fuite trouvèrent ici une terre de refuge. Depuis seulement 1975, une route relie cet îlet à la civilisation. C'est aujourd'hui le paradis de la lentille et du vin.

Culture de lentilles et vue depuis l’Îlet-à-Cordes 

Le cirque fait 10 km de diamètre. Nous avons parcouru 50 km depuis l'entrée du cirque jusqu'au terminus, ici à l’Îlet-à-Cordes. Pas de route de sortie, pour repartir, il nous faut faire demi-tour. Mais les paysages sont tellement incroyables que même pas peur de reprendre ces virages de dingue !


Sortis du cirque, en arrivant à Bois d'Olive, nous longeons cet étonnante falaise de pouzzolane, sculptée par les précipitations.




Et pour clore la journée, notre aînée nous cuisinera une excellentissime tarte aux pommes à la vanille bleue.

Dommage que la photo ne puisse retranscrire l'odeur alléchante et la saveur divine de ce met.

J13

Randonnée pour découvrir la face nord du Piton de la Fournaise, 10 km, 780 mètres de dénivelé.

Retour à La Fournaise, comme le 1er jour, mais sans le brouillard cette fois ! Nous traversons des paysages dignes de la Normandie avec ses vaches et d'Auvergne avec ses petits cônes volcaniques, avant de faire une halte au Nez de bœuf, un belvédère offrant une vue panoramique sur la rivière des Remparts où les falaises peuvent atteindre 1000 mètres.

Le paysage se modifie au fil des kilomètres. Le végétal devient de moins en moins présent et tire sa révérence à la plaine des Sables, une vaste étendue minérale aux reflets mordorés et rougeâtres.

Après quelques lacets pour descendre du rempart, la route laisse place à un chemin délabré. De loin, on voyait les voitures ralentir et rouler au pas. Dès les premiers mètres, on comprend pourquoi. Laissez les fenêtres fermées, on va manger de la poussière...Le chemin est truffé de nids-de-poule, bosses et aspérités en tout genre. Pas besoin de 4x4, mais il faut rouler au pas et éviter soigneusement tous ces obstacles. On se surprend à rigoler en voyant les passagers de devant être secoué comme des pantins dans leur voiture. Ceux de derrière doivent aussi bien se marrer en nous voyant !

Nous retrouvons le bitume après la traversée de la plaine et arrivons peu de temps après au parking et terminus de la route : le Pas de Bellecombe, 2311 mètres d'altitude. Première vue sur le volcan et son enclos. Nous partons côté nord en longeant le rempart.

L'escalier qui permet la descente dans l'enclos du volcan est fermé à cause de l'éruption en cours. Interdiction absolue de se rendre dans cette zone. Nous continuons donc et arrivons au Piton de Partage où la vue sur La Fournaise, l'enclos et ses remparts est absolument magnifique.


En s'approchant du bord du rempart, on découvre à une centaine de mètres en contrebas la caldeira qui porte le nom d'Enclos Fouqué, en forme fer à cheval, de 9 km de largeur et 13 km de longueur et qui s'étend jusqu'au littoral de l'Océan Indien. D'abord assez plate dans sa partie haute, elle devient très pentue dans sa partie médiane, ce sont les Grandes Pentes et laisse place ensuite au Grand Brûlé de moindre déclivité, se prolongeant doucement jusqu'au rivage tout en étant traversé par la route des laves. Sur chacun de ses cotés, la caldeira est délimitée par des remparts de cent à quatre cents mètres de hauteur.

L'Enclos Fouqué est hérissé de nombreux cônes d'éjection, le plus important d'entre eux étant celui du Formica Léo (2202 m). Ce cratère d'une vingtaine de mètres de hauteur s'est formé lors de l'éruption de 1753. Très photogénique, de couleur brune orangée, il doit son nom à sa ressemblance avec les petits monticules excavés réalisés par les fourmilions.

Le Formica Léo 

Le Piton de la Fournaise a la forme d'un vaste dôme de 3 km de diamètre. C'est l'un des volcans les plus actifs du globe. De type hawaïen, ce n'est pas un volcan dangereux pour la population. Ses éruptions, prévisibles en raison de la survenue préalable de déformations et de micro-séismes, mesurés et surveillés, ont lieu la plupart du temps dans l'Enclos Fouqué et beaucoup plus rarement en dehors de l'Enclos. La chambre magmatique située à 1 km sous terre se remplit à intervalles assez réguliers. Lorsqu'elle est pleine, la surface du sol se fissure laissant jaillir la lave qui s'écoule alors le long des pentes, à une vitesse plus ou moins élevée en fonction de l'importance de la déclivité.

La randonnée se poursuit au milieu d'une végétation grise et verte du plus bel effet. La face nord de la Fournaise nous livre ses cicatrices : coulées de lave figées, pitons, cratères, fissures,... La vue de loin est déjà saisissante, alors pouvoir marcher sur ces anciennes traces d'éruption doit être incroyable. Il faudra revenir quand l'enclos sera ouvert au public !

Le nez coupé de Sainte Rose pointe le bout de son nez justement, mais il n'est pas le seul. Les nuages aussi font leur apparition au loin. Nous accélérons le pas.

Mais deux d'entre nous commencent à fatiguer. On se sépare donc en 2 groupes. Les premiers s’arrêtent pour manger et repartirons à leur rythme tandis que les 2 autres continuent sur un rythme soutenu. Une course contre les nuages s'engage !

Malheureusement à ce jeu là, nous sommes souvent perdants ! Arrivés au sommet, le vue sur l'Océan et le Grand Brulé est totalement bouchée. On a tout juste le temps d'apercevoir les Grandes Pentes avant que les nuages ne colonisent l'enclos Fouqué. Nous pique-niquons là, avec un rideau blanc en toile de fond.

Les Grandes Pentes
Les Grandes Pentes et l'Enclos Fouqué qui se remplit de nuages 

Retour par le même chemin. Il n'est pourtant pas tard, mais les nuages ont rempli tout l'enclos et restent accrochés aux remparts. Nous nous retrouvons un peu plus loin et finissons la marche ensemble.

Nous patientons ensuite sur la parking jusque la nuit tombée, espérant une percée de ciel étoilé entre les nuages. Espoir vite anéanti par un brouillard épais qui s'installe. Les photos du ciel ne seront pas pour ce soir...

J14
après-midi

Les sorties baleines se font depuis St-Gilles-les-bains. Il est indispensable de réserver à l'avance. Le délai d'attente avec Sealife a été d'1 semaine pour nous.

Un zodiac comprenant 12 personnes nous emmène au large à la recherche des cétacés. Le pilote conseille aux personnes souffrant du dos de se mettre à l'arrière. Notre ainée se cale donc sur la banquette tandis que nous prenons place à l'avant sur des chaises-boudins.

Nous avons tous les yeux rivés sur l'Océan, scrutant la moindre éclaboussure, la moindre ombre suspecte dans les vagues ou les jets soufflés par les baleines. Ça y est, elles sont là ! Nous sommes tout émoustillés.

L'évent de la baleine est visible sur la photo de droite. 

Pendant l’hiver austral, de juin à septembre, il est possible d’observer les baleines à bosse à l'île de La Réunion . Arrivées tout droit de l’Antarctique, elles profitent de meilleures conditions climatiques pour la venue au monde de leurs baleineaux qui n’auraient aucune chance de survivre dans l’extrême grand froid. Cependant, ces mammifères et leurs nouveau-nés sont particulièrement vulnérables durant cette période et un soin tout particulier doit être apporté à leur sérénité.

En 2010, une charte d’approche des baleines a été établie pour développer le « whale watching » dans un cadre durable et respectueux. Elle a été signée par les entreprises du nautisme, les associations et les professionnels de la mer et du littoral. A 500 mètres le bateau réduit sa vitesse, à 100 mètres, il ne s’approche pas plus, l'observation se fait de loin. Si la baleine choisit de s’approcher, tant mieux, mais elle n’est pas acculée. Le déplacement se fait en parallèle de sa route, et si au bout d'un certain temps le bateau est toujours derrière elle, c'est qu'elle fuit, il faut renoncer.

Notre zodiac respecte parfaitement ces consignes. Les photos prisent au zoom donnent l'illusion qu'on est juste à côté mais les distances sont tenues. D'ailleurs, cela ne gâche en rien la magie d'une telle rencontre et nous préférons savoir que les baleines ne sont pas harcelées à longueur de journée.


Seule petite déception de cette sortie, le pilote qui n'a pas été très loquace et ne nous a donné aucune information sur les baleines ou cette fameuse charte alors qu'il y adhère !

Le retour au port se fait sous un ciel menaçant. Nous n'avons pas vu passer le temps. Inutile de préciser que toute la famille a adoré !

J15
après-midi

Nous commençons par une halte au temple Tamoul Nassaringua-Perournal que nous avions repéré depuis la route. Le site est ouvert, mais on ne peut pas rentrer dans les temples. Des visites guidées sont organisées 1 fois par semaine, avec une liste de consignes impressionnantes pour y pénétrer. Ces temples hindous sont toujours très colorés avec pleins de petits personnages.

En nous rendant au centre ville par le bord de mer, nous voyons de nombreux kitesurfeurs profiter du vent sur le lagon. Nouvelle halte pour profiter du spectacle. Les surfeurs font des aller retour entre le rivage et la barrière de corail et s'essaient à des sauts. Les Paille-en-queue, oiseaux emblématiques de La Réunion, profitent aussi du vent.

Direction ensuite l’Office de Tourisme pour obtenir un plan de la ville et demander ce qu’il y a d’intéressant à voir à St Pierre. L’hôtesse nous emmène à l'écart pour qu'on s’assoit dans des fauteuils et nous explique un circuit à réaliser. L’accueil est vraiment très chaleureux. Limite, elle nous offrait le café que ça ne nous aurait pas surpris ! Au passage, je lui demande où trouver des caméléons, elle nous donne quelques pistes.

Nous passons devant l’hôtel de ville, un bâtiment massif âgé de 250 ans, et son jardin, très joli avec sa végétation variée,

la maison Orré, résidence du préfet des Terres Australes et Antartiques Françaises depuis sa restauration en 2007, la façade date de 1940, puis la maison Adam de Villiers, doyenne des maisons de St Pierre, construite vers 1780, inspirée des modèles européens.

La maison Orré et la maison Adam de Villiers 

Dans la rue, apparaît à nouveau, peint sur un mur, ce célèbre petit bonhomme jaune sans visage : le Gouzou, que nous avions déjà remarqué ailleurs sur l'île. La Réunion comporte, cachés ou très visibles, des centaines de Gouzous peints à des endroits qu'on a parfois du mal à distinguer. Ils sont l'œuvre d'un habile peintre tagueur nommé Jace, ayant pour mascotte ce petit personnage stylisé.

Le Gouzou de St-Pierre, de St-Louis, et...d'une route vers Langevin 


La devanture de certains magasins est aussi très originale. Peter se repose...




Deux rues plus loin se trouve la pagode Guan Di, qui se visite en temps normal, mais est fermée pour cause de travaux.

A deux pas, la mosquée Attâyab-Ul-Massâdid, en français la plus belle des mosquées, étire fièrement son minaret vers le ciel. La visite est libre, il faut juste enlever ses chaussures et ne pas avoir les cuisses à l’air. La salle de prière de 625m2 est la plus grande de l’ile. Elle peut contenir 1200 personnes. Mais là, nous sommes seuls dans les lieux. Très jolie découverte pour nous qui n’avions jamais visité de mosquée.

Nous prenons ensuite la rue des bons enfants, artère principale et animée de la ville, pour nous rendre au marché couvert ou « bazar de St Pierre » dont tous les guides parlent. Nous l’imaginions beaucoup plus grand. En fait, il s’agit d’un bâtiment ouvert sous une charpente métallique rayonnante de 36 mètres de diamètre. Pas de fruits et légumes ici, juste des produits artisanaux, pas trop chers. Les filles y ont trouvé leur bonheur pour ramener un petit souvenir.

Rue des bons enfants
Le marché couvert

Nous terminons sur la plage et retournons tranquillement à la voiture.

Partout se côtoient différents centres religieux, différentes couleurs de peau. On voit bien que cette île est pluriculturelle. Alors :

Comment s'est fait le peuplement de l'île ?

La Réunion était à l’origine une île déserte de tout peuplement humain. C’est une spécificité de cette île de l’océan Indien par rapport à la Martinique et à la Guadeloupe, qui étaient à l’origine peuplées par des Amérindiens karibs.

La date de découverte de l’île n’est pas connue avec précision. Les premiers a l'avoir répertorié sont les navigateurs arabes en 1502. En 1638, la France prend possession de cette île inhabitée, placée sur la route des Indes Orientales. En 1646, une douzaine de mutins y sont exilés de Madagascar. L’île est nommée l’Ile Bourbon, en l’honneur des rois de France. L’occupation définitive débute en 1663, avec l’arrivée de deux Français et dix Malgaches.

Au 18°siècle, le développement agricole, notamment le café, rend nécessaire une importation massive de main-d’œuvre. Les colons importent des esclaves, de Madagascar et d’Afrique. Certains esclaves, en général des Malgaches, épris de liberté s’enfuient dans les bois et surtout dans les cirques de l’île. Ils sont appelés « marrons ». Afin que ce mouvement reste limité, le Conseil Supérieur de Bourbon ordonne la mise à mort des fugitifs qui refusent de se rendre. Des expéditions punitives sont menées contre les fuyards. Après une brève prise de possession anglaise (1810 -1814), c’est une île à l’économie désastreuse qui est récupérée. La pénurie de sucre que connaît alors la France, incite les colons à cultiver la canne à sucre. On convertit les caféières de Bourbon en champs de canne et de nouvelles terres sont défrichées.

En 1848, l’esclavage est aboli dans l’île. Bourbon reprend alors le nom de Réunion (qui lui avait été attribué en 1794, après la Révolution). Le besoin de main-d’œuvre bon marché pour la monoculture de la canne, pousse les propriétaires à importer des travailleurs indiens, réputés dociles. Au 19°siècle, certains asiatiques immigrent spontanément à La Réunion comme les Chinois et les Indiens musulmans, venus ouvrir des commerces.

Au final, ce melting-pot offre une diversité ethnique sans pareil. Descendants de colons blancs, d'esclaves africains ou malgaches, de travailleurs indiens, de chinois, de musulmans d'Inde : l'île est une terre d'immigration offrant le visage métissé d'une société d'origine multi-ethnique et pluriculturelle qui réussit le pari de faire cohabiter sereinement communautés et religions. La Réunion porte bien son nom ! Elle est un parfait exemple de vivre-ensemble. Tout le monde vit en harmonie, aucun racisme n’est ressenti, tout le monde est sur un pied d‘égalité.

C’est probablement pour cela qu’on se sent si bien ici. Les réunionnais sont extrêmement chaleureux, serviables et gentils. Ils vous abordent facilement pour parler de leur si belle île.

• • •

Il est 17h20, le soleil décline et comme nous aimerions voir le soleil se coucher à l'horizon , nous allons nous poser sur la plage de Grande Anse, à 20 km. Nous découvrons une très jolie plage, avec de puissantes vagues. La baignade y est interdite, pour cause de requin essentiellement. Un petit bassin est aménagé au fond pour faire trempette en sécurité.

Malheureusement, la plage est mal orientée, et nous ne verrons pas le soleil plonger dans l’Océan.

J16
après-midi

Anciennement connu sous le nom de « Ferme Corail », ce musée consacré aujourd’hui aux tortues marines, était autrefois destiné à l’élevage des tortues vertes, à la promotion de l’artisanat d’écailles de tortues et à l’approvisionnement des restaurateurs et des industriels. La Ferme Corail a cessé son activité commerciale après l’interdiction du commerce des tortues marines.

Kelonia, est aujourd'hui un centre de sensibilisation à la conservation et à la protection des tortues marines et de leurs habitats. Il est réparti autour de bassins alimentés en eau de mer, d'espaces extérieurs et de locaux pédagogiques et scientifiques.

Kélonia participe également aux programmes de recherche scientifique de protection des tortues marines à la Réunion et dans l'Océan Indien. C' est aussi un centre de soin qui accueille les tortues blessées ou malades pour les relâcher en mer une fois guéries. Tout le travail réalisé a permis le retour des tortues sur certaines plages de la Réunion où elles reviennent pondre.

Le centre possède également d'autres tortues comme les colossales éléphantines, le plus grandes tortues terrestres au monde. D'autres petits reptiles profitent du soleil dans les arbres, comme ce petit agame que l'on retrouve dans tous les jardins.

Un agame

Ce petit centre a beaucoup plu à nos ados. Il est vrai que les tortues, comme les cétacés, ont d'emblée un capital sympathie inaltérable.

Passage ensuite à notre camp de base snorkeling. Un vent frais souffle sur le rivage et génère un courant marin un peu plus puissant que les autres fois. Il faut lutter sans arrêt contre, ce qui est vite fatiguant. Le spectacle sous l'eau demeure toujours aussi sympathique.

Le soleil décline et incruste sa dorure sur les filaos de la plage. Mais au moment du grand plongeon dans l'Océan, les nuages tirent le rideau. Peu importe, ces minutes égrenées tous ensemble, à contempler l'horizon, nous procure une grande quiétude.


La soirée se termine dans un petit resto créole, l'Arc en Ciel, à deux rues de la plage de l'ermitage. On y mange enfin notre rougail saucisse : saucisse avec sauce à la tomate, riz, lentilles, épices à part. C'est simple, mais très bon ! Et à 7€ l'assiette, il n'y a rien à redire.


Nous retournons ensuite sur la plage pour tenter des photos de la Voie Lactée, mais les lumières de la ville parasitent le ciel. Échec total...

J17

Départ à 6h00 pour 1h30 de route. Les nombreux virages remuent le rien que notre cadette a dans l'estomac, et malgré nos efforts à rouler au pas, elle n’échappe pas à son destin de vomir juste avant d'arriver. Virages du matin...chagrin. On la laisse se remettre un peu, puis nous montons au belvédère aménagé au dessus des parkings. Nos pas s'impriment dans le givre.

Le Piton Maïdo du haut de ses 2190 mètres d’altitude permet une vision panoramique absolument exceptionnelle sur le majestueux cirque de Mafate et sur la côte ouest. 1000 mètres plus bas, le cirque de Mafate et ses ilets habités se découvrent à perte de vue, dominés par des pitons et remparts tortueux, limites des cirques de Cilaos et de Salazie.

Direction ensuite le sentier du Grand Bord qui longe au plus près le rempart de Mafate en direction du Grand Bénare. Après un cheminement facile sur de la lave solidifiée, une petite montée amène à une vierge qui veille sur le cirque. Bon, pour la vierge, ils auraient pu faire un effort... elle est vraiment affreuse, mais c'est surement du provisoire pour combler le vide laissé par la dernière qui était cassée.

1er dilemme... La cadette est toujours barbouillée, l’aînée reprend mal au dos. Elles ne se sentent pas de faire une randonnée. Moi, j'ai très envie de continuer, le lieu est tellement incroyable. Elles suggèrent de m'attendre à la voiture et de se reposer. JP, en petite forme aussi, se propose de rester avec elles. J’hésite... Ça m'ennuie de les laisser mais je n'aurai probablement jamais l'occasion de revenir. Aussi je me décide à poursuivre, seule. J'accélère le pas, d'autant plus que je vois au loin la mer de nuage commencer à se déverser dans le cirque.

Tout le long du rempart, on rencontre de longues et profondes failles qui marquent le futur rempart lorsque tout sera écroulé. Les pancartes viennent rappeler constamment le danger de les enjamber. Plusieurs emplacements sans failles permettent de profiter des panoramas sur le cirque.

Le chemin est très caillouteux. Les panoramas sont variés et toujours splendides quand la végétation ne bouche pas la vue. L’angle de vue sur Mafate évolue avec la progression. Une portion un peu plus raide comportant des lacets courts et serrés passe parfois assez près du précipice, toujours dans les cailloux. Comme le sol n'est jamais plat, faire attention de ne pas admirer le paysage quand le sentier passe trop près du bord ou s'arrêter pour le faire !

Arrivée au Grand Bord, les nuages se forment sur les parois des remparts et sont projetés en altitude, nous enveloppant de brouillard. Une faille impressionnante se démarque juste à côté du chemin.

2° dilemme...Est-ce que je continue tout droit jusqu'au Grand Bénare ou est-ce que je bifurque vers la Glacière ? Équation à 3 facteurs. Sachant que je ne suis pas sûre d'avoir un ciel dégagé au sommet, que le temps de rando va être fortement rallongé et que les filles et JP m'attendent dans la voiture...je décide de repartir par la Glacière pour faire une boucle.

Je retrouve le soleil et une longue descente sur un sentier parfois étroit et toujours parsemé de cailloux de lave.

Dans les années 1830, des puits ont été creusés par l’homme afin d'y retenir les eaux des pluies d’été. L'hiver, le froid est si intense dans cette région du Grand Bénare que l’eau de ces puits se transforme en glace, d’où le nom de La Glacière. Ce lieu devint le berceau du commerce de la glace à la Réunion. La glace était taillée par les esclaves en pains durs de quelques kilos, qu’ils transportaient emballés dans de la laine, portant ces fardeaux le long des sentiers périlleux des hauts, jusque dans les bas…

Prise dans mes pensées, je n'ai pas fait attention au chemin de traverse qui, par un petit détour de 10 minutes, permettait d'aller voir ces puits. J'en ai quand même repéré un au bord du sentier.

Le retour au parking ne présente aucune difficulté, il suffit de suivre une large piste refaite à neuf. Les nuages me rattraperons, comme souvent en fin de randonnée.

J'arrive à 14 heures au parking du Maïdo, totalement dans le brouillard. Je retrouve le reste de la troupe 4 heures après les avoirs quittés. Merci de m'avoir attendu !

Au total, du Maïdo au Pic de la Glacière par le sentier des Remparts = 12 km, 650 m de dénivelé.

En fin d'après-midi, JP et notre aînée se rendent à L'Entre-Deux pour essayer d'y voir des caméléons. La recherche fut malheureusement infructueuse. Le défit est donc lancer d'arriver à en observer avant notre départ !

Pour préparer les randonnées je me suis servie essentiellement :

- du site internet randopitons.re, extrêment bien conçu. Les randos, régulièrement mises à jour, y sont expliquées en détail, également comment s'y rendre, le tracé, des photos ainsi que les commentaires de randonneurs.

- du livre : La Réunion 152 randonnées, acheté sur place. 1 page =1 rando, avec une photo bien représentative. Bref mais concis, il permet de repérer rapidement les infos essentielles à la randonnée.


ATTENTION : dans les 2 cas, les dénivelés donnés ne sont que le différence du point le plus haut avec le plus bas et ne représentent donc pas forcement le dénivelé cumulé positif. Les dénivelés que j'indique dans les randos représentent le cumul positif grâce à la montre GPS premier prix Décathlon ! (pour 80 €, elle indique en temps réel le temps et les km, et après la rando, le dénivelé et le tracé sur l'ordi).

J18

Pendant que je m'attelle à préparer les futures sorties, père et fille se rendent au marché forain de St-Pierre. Ils ramèneront notamment pour tester :

- des samoussas, beignets originaire du nord de l'Inde, de forme triangulaire, composés d'une fine pâte de blé enrobant une farce faite de légumes et /ou de viande, de piment et d'épices. On en goûte au saumon, au poulet et au fromage. On aime !

- 1 litre de jus de cannes à sucre et 1 litre cannes/ananas. Le jus est préparé sur place en direct. Verdict : on aime aussi, mais le pur jus est vraiment très (trop) sucré, nous avons ainsi tous préféré le mélange cannes /ananas, qui est même délicieux. Mais à 10 € le litre, c'est une expérience qu'on ne renouvellera pas tous les jours !

Jus de canne et samoussas 

En début d'après-midi, nous allons vers Langevin pour terminer les loupés de cette zone. Côté météo, il va falloir se résigner, ce coin est décidément abonné au mauvais temps !


A la Réunion, impossible de passer à côté de la bière la plus consommée sur l’île. Partout, devantures des bars et panneaux publicitaires affichent les couleurs festives symbolisant cette bière officiellement appelée Bourbon, mais surnommée Dodo par tous les Réunionnais. Son slogan : « La Dodo lé la ! » qui signifie « la Dodo est ici ! » en créole.


La cascade Trou Noir

Sur la même route que la cascade de Grand Galet mais bien plus bas, nous nous garons avant la 2° passerelle, que nous traversons à pied avant de rejoindre tout de suite à droite un chemin qui remonte la rivière. La pluie se met à tomber, mais nous sommes maintenant prévoyants et avons nos impers sur le dos. Après 300 mètres de plat, nous apercevons à travers le feuillage un bout de la cascade. La descente s'avère extrêmement glissante sur les rochers mouillés.

Nous découvrons un bassin à l'eau bleue limpide, alimenté par plusieurs petites cascades, serti dans un écrin de verdure. Nous sommes seuls à profiter de ce lieu si paisible.

Le sentier de Terre Rouge

Ultime tentative de terminer cette balade. Nous longeons à nouveau la superbe falaise ocre sans nous y arrêter et retrouvons le sentier qui chemine sur les falaises de basalte. Le contraste entre le noir de la roche et le vert de la végétation est saisissant.

Les filles sont toute émoustillées de trouver des grains d'olivine de belle taille au bord du chemin et se mettent à racler le sol pour en prélever le plus possible. L'olivine est le premier minéral à cristalliser lorsque le magma refroidi, à environ 1000°C. De couleur verdâtre, il se forme souvent au niveau des parois de la chambre magmatique, là où c'est plus froid...où tout du moins un peu moins chaud !

Petit rappel de géologie : le magma, c'est ce qui est encore dans le volcan (dans les fissures ou la chambre magmatique), la lave c'est la magma qui est sorti et a dégazé.

grains d'olivine

Au bout du chemin, on se retrouve dans une espèce de camping, à l’ambiance festive des samedis soirs. Le retour se fait par le même sentier.

Au final, la balade est agréable, comme toutes les balades du littoral mais rien d’extraordinaire. Il était noté sur la fiche randopitons qu’on voyait souvent des baleines et des dauphins, des grands perroquets verts chasser dans les vagues, un souffleur, une arche…Bref, j’avais l’eau à la bouche mais je n’ai rien vu de tout cela ! Cependant la falaise ocre en début de parcours vaut le détour.

J19

Nous partons pour une randonnée hors sentier dans la Plaine des Sables, ce plateau désertique perché à 2260 mètres d'altitude, juste avant d'arriver au Piton de La Fournaise. A son emplacement se trouvait autrefois un volcan, disparu il y a 65 000 ans lors d'un immense effondrement de plus de 300 mètres. De nouveaux pitons apparurent ensuite dont les laves comblèrent progressivement la caldeira. Il y a 1000 ans, les dernières éruptions explosives du Piton Chisny recouvrirent la plaine d'énormes quantités de lapillis (petites pierres volcaniques) lui donnant son aspect désertique. Les fumerolles qui s'en suivirent oxydèrent la roche lui donnant ses couleurs rougeâtres à mordorées.

Nous nous garons au parking Foc Foc, au milieu du brouillard et du crachin...pas l'idéal pour une randonnée à vue. Et comme virage du matin rime avec notre fille vomit, si si, elle y a encore eu droit. La grande continue également d’avoir mal au dos. Nous enfilons pantalons et vestes K-way et nous partons TRÈS tranquillement, à approximativement 1 km/ heure, pour mettre en marche la petite troupe bien mal en point. Mais bon, pas de grandes prétentions pour aujourd’hui, nous visons juste une balade sympa dans la plaine.

On longe quelques minutes la fameuse route défoncée par les nids-de-poule avant de bifurquer vers le Piton Chisny pour rejoindre la plaine des Sables. Le brouillard se déchire suffisamment pour profiter du paysage.

Nous marchons sur les étendues de lapillis rouges et les restes de coulées figées. Des bombes volcaniques tapissent ça et là le pied du Piton. Dans cet univers entièrement minéral, quelques plantes parviennent miraculeusement à se développer. On pourrait se croire sur Mars.

Au loin, vers les remparts, de vives colorations au sol attirent notre regard. Nous y mettons le cap. En chemin, nous cherchons comme toujours de belles pierres à ramasser et nous trouvons de petites pierres d'olivine. La quête de roches motive l’avancée des troupes !

Ce petit coin où nous arrivons est très surprenant. Des lapillis verts, jaunes, oranges et rouges nous font un tapis d'honneur. Malgré les coups de vent et les précipitations, les couleurs ne se sont jamais mélangées.

Le Piton Chesny, responsable de ce beau revêtement minéral, domine les lieux. Nous choisissons de casse croûter ici, sur une coulée de lave rouge.

Nous retournons au pied du Chesny. Les filles, qui ont une petite forme, préfèrent retourner à la voiture. JP et moi continuons un peu de l'autre côté de la route. Nous traversons d'abord les Gendarmes, zone où de gros morceaux du flanc nord du Piton Chesny ont glissé, vestiges de sa dernière éruption, puis une coulée de lave noire avec ses petites cavernes et sa végétation grise et verte.

Les Gendarmes
Les gendarmes de part et d'autre de la route

Cap droit devant sur le Demi-Piton. Pas de chemin, nous empruntons la ligne de crête. Les petits buissons se densifient mais ne dépassent pas le mètre. Très vite on prend de la hauteur, permettant de contempler une dernière foie le Piton Chesny et la plaine des Sables, cernée par les Remparts. Le parcours est original. A droite, la falaise; à gauche, des plaques de lave comme posées sur le flanc du piton. En se retournant un peu plus loin, on a l'impression de voir un vaisseau spatial scratché en biais dans le sable. On comprends alors le terme Demi-Piton, avec sa forme en croissant.

La pluie refait son apparition et nous offre un magnifique arc-en-ciel que nous sommes probablement les seuls à voir, vue notre position. Et nos enfants sont à ses pieds, sur le parking. Comme quoi le dicton est vrai : il y a un trésor au pied de l'arc-en-ciel ! Nous redescendons en faisant attention de ne pas glisser dans les lapillis.

Face à nous désormais, le piton Hauy, où un petit cratère se trouve dans la dépression sommitale. Mais après avoir contourné une partie du piton et hésité sur l’orientation à prendre , avec la pluie et les enfants dans la voiture, nous décidons de rebrousser chemin après une dernière vue sur le Fond de la Rivière de l'Est. Des bombes volcaniques à la taille impressionnante parsèment notre trace. Après un petit goûter dans la voiture, nous quittons la plaine des Sables.

Fond de la Rivière de l'Est

Nous remontons sur la plaine des Remparts et faisons une halte au cratère Commerson. Au milieu d'un paysage de dômes auvergnats, nous découvrons un cratère d'explosion immense et inattendu : 235 mètres de profondeur pour 200 mètres de diamètre. C'est très impressionnant ! Un petit belvédère au bord du précipice permet de contempler ce trou béant en toute sécurité.

Situé à seulement 160 mètres de la route, ce site vaut vraiment le coup d'oeil.

Nous restons ensuite un moment sur la parking du cratère pour attendre la nuit. JP veut profiter de l'altitude pour faire des photos de la Voie Lactée. Nous patientons et le laissons réaliser ses clichés. Au final, elles seront toutes ratées car de la buée s’est déposée sur l’objectif !!! Ahhh...

Ce nouvel échec nous motive pour notre 2° défit : faire des photos un minimum correctes de cette p....., euh pardon magnifique Voie Lactée.

J20

Avant dernier jour à La Réunion. Le défit caméléon n'a toujours pas été acté...Père et fille repartent explorer Entre-deux et Pierrefond dans la matinée. Mais toujours sans succès.

Après manger, nous allons faire du snorkeling à la plage de l'Ermitage. Sur le trajet, nous faisons une halte dans la forêt d’Étang-Salé pour chercher une dernière fois des caméléons. Cette forêt littorale a été créée par la main de l’homme pour bloquer et maintenir les dunes de sable. Elle est composée entre autres de filaos, de bois noirs, de tamarins d'Inde, d’eucalyptus et de flamboyants. De larges chemins permettent des balades à pied, à VTT et à cheval.

Après 30 minutes à détailler chaque branche de chaque arbre, nous découvrons enfin un endormi. La joie est à son comble ! Le caméléon de la Réunion est appelé Endormi à cause de sa lenteur de déplacement. Long de 25 à 50 cm, c’est un animal paisible, inoffensif et curieux. Sa coloration est en général en relation avec son biotope (mimétisme). La femelle a des teintes assez ternes, alors que le mâle a des couleurs nettement plus vives. De petites crêtes ornent son dos et sa tête.

En cherchant encore un peu nous en trouvons un deuxième. Mission remplie, notre fille est ravie !

En arrivant à la plage, on s'offre une énorme glace à l'italienne. Pourtant il ne fait pas bien chaud et le soleil n'est pas au rendez-vous. On profite une dernière fois du lagon. Notre petit appareil photo étanche ne fonctionne plus...On se console en se disant qu'heureusement ça n'arrive qu'en fin de séjour.

Le ciel finit par se dégager un peu. Et juste avant le coucher du soleil, la bande de nuages posée sur l'Océan se dissipe enfin, nous laissant admirer pour la première fois le grand plongeon de notre étoile.

Cette journée semble nous porter chance. Il ne reste plus que le défit de la Voie Lactée à réaliser. Très motivé, JP consulte la météo de la nuit : pas de nuages annoncés ! Il prépare bien tout son matériel et après dîner, il se met en route pour le Maïdo. En altitude, les lumières citadines ne parasiteront pas le ciel. Il arrive dans un brouillard à couper au couteau. Confiant, il patiente... 1 heure...2 heures... 3 heures...A 2 heures du matin, il renonce. Quelle malédiction !

J21
soirée

Dernière journée du séjour. Rien n'est au programme, si ce n'est : se reposer le matin , puis nettoyer la maison et la voiture de location et préparer nos valises.

L'état des lieux de la maison se résumera à Bhaa, j'vous fais confiance. Tenez j'vous rends votre chèque de caution. Ah, OK, merci !

Une course à St-Pierre sera l'occasion d'une dernière photo de l'océan, prise depuis le parking du supermarché.


Et puis, le soir, JP va tenter une dernière fois de prendre en photo le ciel. Ultime tentative ! La voûte céleste est tellement magnifique sur cette île que ce serait dommage de ne pas l'immortaliser.

Pas trop loin, car il faut se lever tôt demain. Un peu en hauteur quand même. Il choisit sur la carte un petit coin vers les Makes. Les éléments sont avec lui : pas trop de nuages, pas trop lune, pas trop de maisons...

Les clichés en pause longue s’enchaînent. Enfin, in extremis, la Voie Lactée se dévoile. Les photos ne sont pas d'une netteté parfaite mais suffisante pour capturer la belle traînée laiteuse qui enjambe le ciel sur toute sa largeur.

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Nous nous envolerons le lendemain matin, après avoir rendu notre voiture de location. Et vous savez quoi...l'état des lieux de la voiture se résumera à Bhaa, j'vous fais confiance. Tenez j'vous rends votre chèque de caution. Ah, OK, merci ! Peut-être une tradition créole !


Au total, sur cette petite île de 50 x 70 km, nous avons parcouru plus de 2800 km en 3 semaines ! La Réunion a tellement de trésors à offrir qu'on ne peut tous les contempler en un voyage.

La diversité incroyable de ses paysages ainsi que la gentillesse de ses habitants nous ont séduits au plus au point.