2 janvier 2018 : petit roadtrip en famille autour des gorges de l'Ardèche pour bien commencer l'année. Nature, reptiles, géologie, culture, histoire : une belle palette en seulement 3 jours.
Janvier 2018
3 jours
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J1
matin

Avant d'arriver à notre étape, nous quittons l'autoroute du soleil une sortie plus tôt pour un petit détour à Donzère. Situées le long de l'autoroute, entre Montélimar sud et Pierrelatte, 5 éoliennes y sont accessibles (mais ne se visitent pas). Avec leurs mâts de 50 mètres de haut et leurs rotors de 43 mètres de diamètre, elles permettent d’alimenter l’équivalent de la totalité des foyers de la ville de Donzère ( 5500 habitants). Ce ne sont pas les plus hautes, mais c'est déjà bien spectaculaire. Je trouve que ce n'est vraiment pas bruyant, mais aujourd'hui le vent est modéré et ce sont des petits gabarits. Les plus grandes ont un mât de 160 mètres ! La puissance d'une éolienne est proportionnelle à sa hauteur.


30 minutes plus tard, nous débarquons à La Ferme aux Crocodiles.

Dans une serre immense de 8000 m², maintenue à 26°C, 600 animaux cohabitent, dont 400 crocodiliens, mais également d'autres reptiles comme des tortues géantes, des varans, des serpents, anacondas, des iguanes, des poissons et autres oiseaux exotiques.

Classée jardin botanique, la serre est aussi célèbre pour ses 600 plantes tropicales, dont des bananiers, papayers, des nénuphars géants, des baobabs, etc.

La fosse centrale est assez impressionnante avec des dizaines de crocodiles réunis sur la plage.

Pour sensibiliser les visiteurs de façon ludique et pédagogique, plusieurs animations quotidiennes ont lieu afin de découvrir le monde fascinant des reptiles. Des panneaux explicatifs et des panneaux questions/réponses jalonnent également le parcours. Les crocodiles vivent immergés dans des cours d'eau stagnante où ils passent leurs journées à guetter leurs proies. Ils peuvent rester 50 minutes sous l'eau, soit assez de temps pour préparer des embuscades. L'espérance de vie d'un crocodile peut atteindre 100 ans.

La Ferme n’est pas qu’un zoo, mais aussi un centre de recherches dédié à l’étude, la conservation, la reproduction et la protection des espèces rares, comme l’exceptionnel gavial du Gange, un crocodilien à qui le long nez pointu ne permet de manger que des poissons.

Le Gavial du Gange 

La sortie se fait inévitablement par la case boutique. Les petites peluches crocos nous ont bien fait rigoler avec leur air si triste. Mais nous n'avons pas succombé aux sirènes du "pitiez, sauvez nous !"

J1
après-midi

L'Aven d'Orgnac figure parmi les plus grandes grottes du monde. Son réseau de cavités calcaires n'est pas très étendu (à peine 5 km) mais le volume des salles est exceptionnel. Son histoire remonte à plus de 100 millions d'années. Le temps a modelé de fabuleuses formations cristallines de la plus grande diversité que l'on retrouve dans des salles gigantesques.

Découverte en 1935, la grotte a très vite été aménagée pour accueillir le public. Les visiteurs peuvent accéder à 3 salles.

La visite guidée commence par une première descente de 250 marches. Nous arrivons dans la 1ère salle.

La salle Robert de Joly (- 50 mètres), en l'honneur de son découvreur. Les concrétions sont ici d'une profusion et d'une diversité remarquable entre gigantisme et extrême finesse. Les étonnantes formes de la caverne transportent dans un monde imaginaire d’où jaillissent Tour de Pise, forêts de piles d’assiettes, palmiers géants dont les pétales sont nés de l'éclatement des gouttes d'eau et l'emblématique Pomme de pin culminant à plus de 11 mètres sous un plafond de 30 mètres de hauteur !

La pomme de Pin

La salle du Chaos (- 100 mètres). Au gré des mises en lumière, la visite dévoile le patient travail de l’eau qui a sculpté la roche calcaire et façonné un chef d’œuvre grandiose aux teintes pourpres, ocres et brunes. De délicates draperies tombent le long des parois sous l'effet du lent ruissellement des gouttes d'eau. Constituées de calcite, elles sont naturellement blanches, parfois translucides, d'une finesse ne dépassant pas quelques millimètres....

La salle Rouge (-121 mètres). Nous entrons dans la galerie originelle creusée par la rivière souterraine qui s'écoulait ici, il y a environ 6 millions d'années. Les traces de corrosion sur les parois témoignent de l'histoire ancienne de la grotte rythmée par plusieurs périodes de remplissage jusqu'à son assèchement. Des piliers colossaux se sont ensuite formés, plantant le décor du spectacle son et lumière final, assez sympathique.

Pour finir, deux ascenseurs nous ramènent en quelques secondes à la lumière du jour. Heureusement, on ne se voyait pas remonter 44 étages !

Prévoir de se couvrir un peu, il fait 11°C dans la grotte.


La Cité de la Préhistoire est située juste à côté. Sa visite est comprise dans le ticket d'entrée de la Grotte. Ce musée nous fait partager le quotidien de nos ancêtres depuis le Paléolithique moyen jusqu'au premier âge du Fer. Une excursion de 350 000 ans à la découverte des Pré-néandertaliens, de l'Homme de Néandertal jusqu’à l’Homme moderne, Homo sapiens, au travers des modes de vie de chasseurs-cueilleurs, en passant par l’agriculture, l’élevage puis la métallurgie.

J2
matin
J2
matin

La grotte Chauvet a été découverte à Vallon-Pont-d’Arc par 3 spéléologues amateurs en 1994.

Cette découverte a bouleversé le regard porté sur l’art pariétal préhistorique. Avec des peintures datées à - 36 000 ans, la cavité d’Ardèche est la plus ancienne « galerie d’art » au monde.

Au temps de la préhistoire, l’entrée de la grotte mesurait 8m de haut et 15m de large. Si les dessins de la cavité ont été si bien conservés, c’est grâce à l’effondrement de la falaise supérieure il y a 22 000 ans obstruant définitivement son accès. Sans la découverte d’un trou souffleur au cœur de la falaise, la grotte et ses trésors n’auraient sans doute jamais été découverts.

Vue depuis la Caverne 

La découverte de la grotte Chauvet-Pont d’Arc a été un événement planétaire. En France et dans le monde, Lascaux située en Dordogne était la grotte de référence. Or les dessins de Lascaux datent de 18 000 ans, ceux de Chauvet ont 36 000 ans ! Au-delà de son ancienneté, la grotte ornée ardéchoise se distingue des autres cavités par la beauté des dessins ou gravures, la remarquable maîtrise technique des artistes et son incroyable bestiaire.

Pour des raisons évidentes de conservation, la grotte ne pouvait être ouverte au public. En tant que Patrimoine mondial de l’Humanité, une copie était indispensable.

Depuis 2015, la plus grande réplique de grotte ornée au monde, la Caverne du Pont d’Arc, nous permet de découvrir ce premier chef d’œuvre de l’humanité.

Pendant une heure de visite guidée, nous suivons une passerelle ponctuée de stations d’observation. Des centaines d’animaux apparaissent. Peint à l’ocre rouge, gravé au silex, tracé au doigt ou au fusain, le bestiaire prend vie tant les techniques de l’estompe et de la perspective sont maîtrisées.

photos issues du site internet de la Caverne Pont d'Arc 

Le bestiaire de la grotte avec 14 espèces différentes représentées, dont une majorité d’animaux dangereux (ours des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths, félins…) est inédit avec certaines représentations uniques dans l’art pariétal paléolithique (panthère, hibou, partie inférieure du corps féminin). On trouve par exemple la plus grande concentration au monde de félins (80) ou de rhinocéros (72). Les chevaux et autres animaux sont saisis sur le vif, courant, chassant ou s’affrontant.

photos issues du site internet de la Caverne Pont d'Arc  

La visite se termine par la grande fresque des lions, panneau monumental de douze mètres de long d’où surgissent 92 animaux en mouvement.

 photos issues du site internet de la Caverne Pont d'Arc 

Il est interdit de photographier dans la caverne, mais les photos des dessins sont sur le site internet http://www.cavernedupontdarc.fr (reprises ici). Cette visite est à recommander. Les dessins sont fabuleux et très émouvants.


Sur le même site, nous allons ensuite découvrir La Galerie de l'Aurignacien. Des bornes tactiles et des animaux naturalisés (rhinocéros laineux, mammouths, mégacéros et autres bisons des steppes) nous invitent à découvrir l’environnement, la faune et la flore connus des hommes et des femmes qui vivaient sur le territoire de la Caverne il y a 36 000 ans.

Je suis impressionnée par le mégacéros. Ce cerf géant du paléolithique se caractérise par des ramures gigantesques qui atteignent 3 mètres d'envergure.

Ce petit musée est très bien conçu et très agréable à visiter, mis à part le petit film d'introduction qui n'a pas beaucoup d’intérêt.

J2
après-midi
J2
après-midi
Vallon-Pont-d’Arc

Les Gorges de l'Ardèche

Programme de l'après-midi : la route panoramique des Gorges, une trentaine de kilomètres entre Vallon Pont d’Arc et Saint Martin d’Ardèche, avec de nombreuses haltes aux différents points de vue et une petite randonnée pour voir un dolmen.

Le Pont d'Arc

Curiosité géologique, le Pont d’Arc est la porte d’entrée des Gorges de l’Ardèche. Une arche naturelle grandiose, haute de 54 mètres, large de 60 mètres, datée d’au moins 500 000 ans. L’eau a creusé inlassablement dans le calcaire, jusqu’ à s’infiltrer progressivement et créer cette ouverture gigantesque.

L'été, des centaines de canoës envahissent les lieux pour se lancer dans la descente très prisée des gorges de l’Ardèche.

Mauvaise surprise ensuite, la route des Gorges est fermée pour travaux... Il nous faut donc faire un grand détour pour la rattraper un peu plus loin. Nous faisons demi-tour, repassons devant La Caverne Pont d'Arc, revenons à Saint-Remèze où nous avons dormi cette nuit, et bifurquons ensuite sur une petite route latérale.


Dolmen du Chanet

Vu le temps perdu, nous ne ferrons pas la randonnée complète en boucle, mais juste un aller-retour jusqu'au dolmen.

Le sud de l'Ardèche et le nord du Gard concentrent le plus grand nombre de dolmens en Europe, avec plus d'un millier de monuments. Les dolmens sont des tombeaux qui furent construits, pour la plupart, avec de grandes dalles de calcaire ("mégalithes"). Sépultures collectives, ils ont pu recevoir jusqu'à une centaine de corps qui furent déposés successivement au cours du temps, entre - 3000 et - 2000 ans.

Le dolmen en lui même n'a rien d'extraordinaire, mais il est au bord d'une falaise qui plonge dans les gorges. Nous montons sur le dolmen et en profitons pour faire une belle série de photos de famille.

Les belvédères

Nous reprenons la route des Gorges que nous remontons dans un premier temps, avant de redescendre, afin de ne pas perdre trop de points de vue. Nous nous arrêtons à chaque belvédère qui se présente pour contempler le paysage.

Mais les jours sont courts en cette période de l'année et c'est une course contre le soleil qui s'engage. Il fait déjà bien sombre lorsque nous arrivons au célèbre méandre en fer à cheval. La nuit tombe alors, ce sera les 2 derniers belvédères.

J3
matin

Le Pont du Gard est un pont-aqueduc construit par les Romains il y a 2000 ans. Avec ses 49 mètres de hauteur, il est le pont-aqueduc romain le plus haut du monde. Composé de 3 rangées d’arches superposées (réalisation rarissime pour l’époque), il est en excellent état de conservation. Il est le seul exemple de pont antique à 3 étages encore debout aujourd'hui. Près d'un millier d'hommes ont travaillé sur ce chantier colossal achevé en seulement 5 ans.

Construit vers 50 après JC, l’aqueduc auquel le Pont du Gard appartient, alimenta pendant 5 siècles la ville de Nîmes en eau sous pression, en grande quantité. La cité romaine connaît au 1er siècle un tel développement qu'elle décide de se doter d'un aqueduc, comme à Rome. Cette réalisation donne à la ville (qui compte alors 20.000 habitants) un prestige nouveau : fontaines, thermes, eau courante dans les riches demeures et les latrines, salubrité des rues. Grâce à une pente moyenne de 25 cm par kilomètre, parmi les plus faibles jamais réalisées à cette époque, l'aqueduc acheminait par gravité l'eau courante depuis une source située à 50 kilomètres de Nîmes.

Un bel olivier

La canalisation de l’aqueduc est recouverte d’une voûte protégée par un enduit de mortier de chaux. 90 % du parcours est souterrain (tunnels) et 19 éléments aériens constituent les 10% restants de l'aqueduc.

Nous optons pour une visite guidée qui nous permet de traverser le pont depuis la canalisation du 3° étage. Petite déception, les explications du guide ne sont pas très approfondies. On a quelques explications sur le dépôt de calcaire qui se faisait à l'intérieur de la canalisation. Régulièrement, des esclaves venaient gratter ces dépôts. Quand l'aqueduc a cessé d'être entretenu, le calcaire s'est à nouveau déposé et calcifié. Nous visualisons ces dépôts rocheux qui font bien 20 cm d'épaisseur. A raison d'1 mm par an, la canalisation est restée 200 ans sans entretien avant que cesse de couler l'eau...

Nous nous baladons autour du pont pour avoir différents points de vue.

Avec une largeur d'un peu plus d'1 mètre au dernier étage, le pont-aqueduc ne permet pas vraiment la circulation. En 1743, un pont routier lui a été accolé, dans le même style architectural.

Nous allons ensuite visiter le musée, lieu très intéressant qui nous plonge dans l'histoire romaine et nous explique les techniques de construction de l’aqueduc.

tuyauteries en plomb
Les latrines
Bassin de distribution

Notre virée se termine. Ados et parents ont apprécié toutes ces différentes activités qui nous ont appris beaucoup de choses intéressantes.

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