Carnet de voyage

Carnet de voyage

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L'envolée du scarabée dans de nouvelles contrées : Balkans, Turquie, Asie Centrale, Asie du Sud [...]. Bienvenue à toi, ami visiteur !
Juillet 2016
365 jours
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Publié le 30 juin 2016

"Personne ne peut fuir son cœur, c'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit." Paolo Coelho, L'alchimiste .

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Juin 2016

Une excuse pour tester une partie du matériel : super petit périple au départ du Puy en Velay sur le chemin de Compostelle GR65), pendant 5 jours.

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Hello ! Pas simple de trouver des cyber cafés à l’ère du wi-fi ! Me voila à Sofia en Bulgarie ou je profite d'un peu de temps pour envoyer des nouvelles.

Atterrissage le 4 juillet à Dubrovnik en Croatie. Dubrovnik est une belle ville (Unesco) mais bondée, d'autant plus avec la popularité de la série Games of Thrones qui y a été tournée. Je n'ai pas trop reconnu Port Real, j'ai du regarder sur internet pour faire le lien !

Je me suis rapidement dirigée vers la Bosnie, boudée des français mais très appréciée des russes et des anglais. Mostar, 3h de bus : on ressent encore dans ce pays les restes de la guerre, notamment dans cette ville célèbre pour son pont ottoman du XVIe, détruit en 1993 par les croates et reconstruit à l'identique. La ville garde les clivages de la guerre de part et d'autre du pont : à l'est, les bosniaques principalement musulmans. A l'ouest, une majorité de croates. La vieille ville offre son lot d'attrapes touristes et de restaurants. Avant l’arrivée des copines, qui me rejoignent ici pour 10 jours en Bosnie et Montenegro, je n'ai pas pu m’empêcher de fuir vers les montagnes : au plus proche, vers Rujiste, à 30 minutes. Station de ski l’hiver avec des Monts jusqu’à 2000m, je m’offre ma première balade et mon premier bivouac. Il n'y a personne, les plantes aromatiques sentent délicieusement bon, et les insectes grouillent : certaines sauterelles sont énormes ! Pas de rencontre avec un loup, un ours, un lynx ou un sanglier, qui sont présents en Bosnie. Je n'ai pas eu trop de mal a trouver des sentiers tracés dans la montagne, pourtant on m'avait déconseillé les balades en solo a l"office de tourisme (des mines subsistent dans certains coins). Quelques tracés de randonnées sont disponibles sur Google.

A partir de Mostar, c'est avec Béné et Elise que j'ai passé les 10 jours suivants. Au programme, tourisme en Bosnie puis Montenegro. Nous y sommes juste passées, mais la ville de Trebinje en Bosnie a été un coup de cœur. Pour les amoureux de montagne, et\ou de vélo, et les interessés par les édifices orthodoxes, il y a de quoi faire. En plus, la ville est très dynamique et l'auberge Polako, seul hostel, vraiment top.

Nous avons enchaîné sur le Montenegro ou le peu de temps disponible nous a poussées a privilégier la cote, longée du Nord au Sud. Allergiques aux zones touristiques, passez votre chemin ! J'ai apprécié la ville d'Ulcinje, moins bling bling, plus authentique, et aux airs d"Albanie - elle est très proche de la frontière ; et également la balade le long du lac Skadar, le plus grand des Balkans. Nous avons dormi la-bas, à Godinje, chez d"adorables petits vieux qui ne parlaient pas un mot d'anglais, mais qui nous ont chaleureusement accueilli à leur table. Au menu, soupe de poissons du lac, marinade de carpe et pommes de terres, le tout arrosé d'un très bon vin rouge de la cuvée de la maison. En dessert, un morceau de Gusle ; guitare a une corde que joue l'ancien. ça m'a fait penser au Morin Khuur mongol. Une belle rencontre.

J'ai poursuivi la route seule jusqu'en Serbie à Nis, puis j'ai pris un train interminable pour Sofia en Bulgarie - a garder en tête ; éviter le train en Serbie et lui préférer le bus !! Heureusement j'ai trouvé des compagnons de route australien, turc et serbe, pour passer les 9h.

J'aurai plutôt apprécié ces premiers 15 jours. Je commence à prendre un nouveau rythme, ou les considérations principales sont de trouver un endroit ou dormir, un moyen de se déplacer, d'ouvrir les yeux et déambuler, de lire. J’apprends à appréhender l’imprévu, pas simple quand on aime tout contrôler. Pour l'instant tout roule et même si les gens se moquent de mon accent anglais, je m'en sors. En tout cas c’était pas mal d'avoir les copines pour se mettre dans le bain.

Demain le dépaysement va se faire plus grand car je bouge cette nuit en bus vers Istanbul, avant de me rendre le 21 dans le sud de la Turquie pour 3 semaines de HELPX en permaculture. J'ai très hâte de découvrir ce pays, bien qu'il traverse ces jours ci pas mal de chamboulements... je verrai ce qu'il en est sur place.


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Publié le 21 juillet 2016

Byzance, Constantinople, Istanbul, ...ça fait rêver, non ? Chargée d'histoire, au croisement de l'orient et de l'occident, j'avais hâte de découvrir la ville dans ses plus belles réalisations et ses plus intéressants paradoxes. Eh bien, je n'ai pas été déçue. Bon, j'etais mega stressée en arrivant, vu le contexte politique associé à la constante menace terroriste. Je me baladais un peu aux aguets. Mais, la ville vit. Les transports en commun sont gratuits depuis le putsch, bonne nouvelle. On se fait scanner régulièrement et la Polis traîné un peu partout, mais en dehors de la place Taqsim occupée par les soutiens d'Erdogan, pas de traces de crise.

Je loge pour 3 jours dans le quartier Galata, au nord de Sultanahmet. Quartier très bobo, plein de boutiques de vêtements et de bijoux, ou de decoration, tenus par des hipster ou des hippies. Qui cohabitent avec les kebabs et les cafés, mélange sympa. Je me suis résolue à tester les kebap car c'est une nourriture pas chère. En fait, ils sont bien meilleurs qu'en France ! J'ai surtout visité Sultanahmet. Un grand coup de coeur pour la basilique Sainte Sophie, qui m'a... envahie. Ouaouh. Et le pont Galata avec ses pêcheurs. Et les marchands de tapis, de pâtisseries, le vent du Bosphore, la fille aux cheveux bleus près de la fille en tchador. La Mosquée Bleue m a moins touchée, déjà il y a une odeur de pieds (dans une moquette rouge moumoute) et puis...le coin des femmes, toujours relégué au fond; caché derrière un grillage, alors que les hommes sont sous la coupole centrale, au coeur du divin...

A part ça istanbul m'a vraiment envoûtée car c'est une ville pleine de couleurs, d'odeurs, de sons, les gens sont sympathiques, animés sans être lourds. Je trouve que la ville parvient bien à conjuguer tradition et modernité, ça lui donne une vraie richesse et une identité à part.

Je vais voir le sud de la Turquie à partir de demain en passant prealablement par la station balneaire de Fethiye. Enfin; de la nature ...

ste sophie / ste sophie / harem de palace topkapi / mosquee bleu / pont galata / place taqsim / pont galata / marche aux epices
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Le bus de nuit depuis Istanbul m'a menée à Fethiye, sur la côte sud du pays. L'intérêt premier d'un séjour là-bas est la plage, et l'endroit est relativement plébiscité par les russes et les anglais. Il y règne une chaleur humide, écrasante. Je reste une nuit à proximité de la mer et loge avec une turque d'une quarantaine d'années. Désabusée des hommes turcs et de leur mentalité, elle profite de quelques jours pour s'échapper d'Istanbul et peut être trouver l'amour avec un étranger... En Turquie, il est assez peu courant de ne pas être mariée au delà de 25 ans. J'aurai l'occasion de le découvrir un peu plus durant les 3 semaines suivantes a la campagne, mais une large partie de la Turquie est encore très ancrée dans les traditions et la pression sociale sur certains sujets -- mariage, enfants, homosexualité, ...-- est relativement forte.

Canal de Fethiye, non loin de la plage de Çalis

Arrivée à la ferme

Ali vient me chercher a Fethiye. Ce petit homme au visage rond, a entre 50 et 60 ans, et respire la bonhomie. Son humour un peu décalé, surtout à comprendre en anglais, demande un peu de concentration au début mais je me laisse vite prendre au jeu de ses jeux de mots, mêlant turc, anglais, français. Nous passons faire quelques courses à la demande de ses voisins -- pharmacie, market -- et nous voila en route vers Korubükü, un petit village vissé dans les collines et bordé de moyennes montagnes. La ferme est sur le point haut. Nous sommes accueillis par les chiens et la basse cour, et après une cinquantaine de mètres apparaît une maisonnette de plain pied, qui loge toute la petite équipe ! Je suis accueillie par trois autres volontaires, Illknur, une enseignante turque de 30 ans, Rike, une étudiante allemande en médecine de 22 ans, et Morris, un postier suédois. Baiza nous rejoindra ensuite, une prof de Yoga turque d'une trentaine d'années. Ali a sa chambre, les filles logent dans deux autres pièces, Morris dehors dans sa tente. Petite particularité, c'est une maison sans cloisons et sans portes : les séparations ne sont pas toute hauteur et des rideaux font offices de fermetures. On vit tous ensemble, principalement sur la terrasse qui accueille les repas et les temps de pause.

La ferme

Fonctionnement

Ali est la pour notre confort en échange de quelques heures de travail. Nous sommes nourris et logés contre 3 a 5 h de travail par jour, principalement aux heures les moins chaudes -- tôt le matin, et le soir. Mais c'est bien plus que je découvre en vivant la bas. Car nous sommes accueillis et nous vivons comme des amis, dans la bonne humeur et entraide. Ali se donne beaucoup de mal pour notre confort et nous emmène ou on veut la journée pour nos loisirs. Les soirées sont l’occasion de grands débats et de découvertes de la culture turque. Notre hôte nous offre ses questionnements et ses réflexions sur la société turque et nos sociétés occidentales, et nous avons souvent l'occasion de discuter des différentes pratiques. Par exemple, dans les campagnes, il est inenvisageable d'avoir un enfant sans être mariés. Etc etc...

Une prof de Yoga stanbouliote nous rejoint comme volontaire, nous avons le droit a quelques cours particuliers pendant les chaudes après midi. C'est hyper intense et j'en chie !! mais ça fait du bien de se détendre les muscles après le travail du matin.

Une vie en collectivité

Une ferme qui applique les principes de Permaculture

Il existe de nombreux ouvrages sur le sujet, je ne les ai pas tous lus et ne suis pas experte dans le domaine. Cependant j'ai pu comprendre quelques principes appliqués de permaculture au travers des travaux de la ferme, et j'ai saisi quelques principes de cette pratique d'agriculture naturelle. Très brièvement, c'est une approche fondée sur l'observation du fonctionnement de la nature, les écosystèmes naturels étant considérés durables, autonomes et résilients. L’idée est de créer un réseau de relations bénéfiques entre tous les composants d'un habitat en tirant partie des conclusions suivantes :

- Dans la nature tout est relié ;

- Les écosystèmes fonctionnent en boucle ;

- Chaque élément profite des autres et reçoit d'eux ;

- Les déchets de l'un sont la ressource de l'autre ;

- Tout est recyclé ;

- Le tout est plus que la somme des parties.

Alors que l'agriculture chimique élimine toute vie dans le sol et nourrit les plantes par les nutriments des produits de synthèse, entraînant les désordres écologiques et sanitaires que l'on perçoit aujourd’hui ; la permaculture vise à réintroduire une vie micro-organique riche dans le sol, qui permette a la plante de croître. L'association intelligente de différentes espèces entre elles permet une protection des cultures contre les parasites, et permet également d'utiliser tout l'espace disponible au sol. La couverture du sol préserve humidité et chaleur, favorisant la vie et la bonne santé des milieux. L'ajout d'azote et de carbone par le compostage améliore la croissance des plantes. Enfin, la création d un écosystème au niveau de la ferme est primordiale : le dessin pour enfant ci-dessous est simplifié mais permet de comprendre la démarche, qui peut se décliner à plein de niveaux.

Rien se se perd ..

Ali a pour projet de créer une forêt. Il a tout quitté il y a plusieurs années, un bon travail de cadre, sa femme, une vie aisée, pour réaliser son rêve. Forêt abritant plusieurs niveaux de végétation, des arbres à hautes tiges jusqu'aux aux herbes aromatiques, qui permette également de s'alimenter. Pour l'instant, il vit de la vente de sauge et de verveine à son ami producteur d'huiles essentielles et végétales, ainsi que de la vente d'olives. La propriété est un éden pour les amateurs de fruits et légumes : à cette saison, figuiers, pêchers, grenadiers, figuiers de barbarie, pommiers, vigne, cohabitent avec tomates, poivrons, piments, menthe poivrée ou thym. Ils servent essentiellement à notre consommation personnelle et sont partiellement vendus par Moustapha, le voisin. En plus de l'achat de quelques produits de base, les produits laitiers de la voisine et les œufs des poules complètent notre régime de roi.

Se nourrir est un acte essentiel, les aliments composent notre corps et nourrissent l’âme. Cultiver sa nourriture est un engagement fort pour la planète et un cadeau que l'on se fait. Elle permet une certaine reconnexion a nos besoins essentiels. Merci Ali pour cet accueil généreux dans ta ferme.

Enfant je savais donner ; j'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd’hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur a mes yeux, chaque arbre était objet de respect. Chiyesa – écrivain indien contemporain.

Notre corps est un temple sacré qui a besoin d'être aimé avec passion, douceur, tendresse. Si vous pouvez dire que vous aimez votre corps éperdument, alors vous pouvez être vrais quand vous dites ''aimez votre prochain comme vous-même''. Car aimer son corps c'est aimer la Terre. Détruire son corps c'est détruire la Terre. Rendre son corps beau c'est embellir la Terre. Don Marcellino, guérisseur amérindien.

verveine au séchage ; petit déjeuner turc ; figues jaunes ; jardin potager ; petit déjeuner ; idem ; huiles essentielles ; tisane ...

Je vous conseille de lire : Permaculture: Guérir la terre, nourrir les hommes. L'histoire de Charles Hervé-Gruyer et Perrine Hervé-Gruye en Normandie.

Après une journée à Antalya, sympathique station balnéaire, direction la Géorgie ou je suis bien arrivée à Tbilisi après quelques étapes, de nombreuses heures de bus et un peu de stop. J'ai été bien accueillie à l’auberge avec le vin local : le ton est donné ...

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La Géorgie est un petit pays du Caucase, à la croisée de l'Europe et de l'Asie. Montagnes, jolis édifices religieux, vin, sites antiques, le pays ne manque pas d'atouts pour les visiteurs, qui, par chance, ne sont pas trop nombreux. Pour l'instant mon pays préféré, que j'arpente 10 jours puis 5 jours en revenant d'Arménie.

Tbilisi

La capitale rappelle un passe de ville commerçante prospère sur la route de la soie, avec ses petites rues étroites, ses églises typiques, les traditionnelles maisons a balcons sculptés ou encore les caravansérails. Le pays ayant subi l'influence soviétique, c'est un savoureux mélange qui s'offre a moi, tant au niveau des bâtiments que de la langue russe, parlée par la plupart des gens. Les incontournables a Tbilisi selon moi : la cathédrale Sioni du VIeme siècle, la vue sur la ville depuis la forteresse, les bains de sulfure, le jardin botanique et ses cascades naturelles, les balades dans les quartiers non rénovés. Et ne pas louper le passage pres des églises pendant les messes, où on peut entendre les chants polyphoniques des femmes : ils m'ont transportée bien loin.

kracivii gorat

Autour de Tbilisi

Ici, le 4x4 n est pas superflu. en dehors des voies a grande vitesse, la plupart des routes de campagne sont des chemins. Je visite surtout les sites troglodytes, les églises anciennes, ainsi que le Caucase, principalement en marshroutka -- minibus. Je rencontre un turc puis un français qui m'accompagneront pour quelques excursions.

Zhinvali lake, Fortress Ananuri, Caucase x3, Mstkheta x2, Uplistikhe x4, Gori fortress

Trek dans le Caucase

Je passe un jour à Kazbegi, au pied du Mont Kazbek -- 5000 m --, Mont où fut - d’après le mythe - enchaîné Prométhée, condamné a s'y faire éternellement manger le foie. La vue est superbe.

Kazbegi : vue de l'hotel, maison du village, vue de nuit sur l église et le mont kazbek, église du village, vue au matin sur autr...

Je bouge ensuite en 4x4 vers le depart de la randonnée, à 1h de là par les chemins de terre. Je me suis préparée pour 3 jours de balade dans une vallée non accessible par les transports et peu arpentée : la vallée d'Arkhoti. Le premier jour, je ne croiserai que des militaires pour des contrôles papier, et j'aurai meme droit à un petit cafe -- frontière russe a 20 km. Ils se foutent un peu de moi car ils m'ont vue galérer pour traverser la 1ère rivière au loin, sans pantalon pour ne pas le mouiller, et j'ai manque la chute de peu avec le courant ! Je franchis ce meme jour le 1er col à 3300 m pour atteindre la fameuse vallée perdue. C'est très dur pour moi ce jour là, et j'essuie quelques averses en plus de la forte pente, mais le mental est présent et je suis super contente d'arriver en haut. Je traverserai la vallée le deuxième jour après une courte nuit en bivouac.

Premiere rencontre des le démarrage le lendemain, avec les fameux chiens de berger qui manquent de peu de me croquer.... trois gros molosses me poursuivent sur quelques dizaines de mètres, ou je trace en essayant de gueuler plus fort qu'eux et en jetant des pierres. Ca marche, ils s’éloignent ! J'en suis pour une belle peur. Je me suis déjà fait déchirer ma robe en Turquie avec des chiens de ferme, faut se méfier de ces molosses... c'est aussi ce jour là que je rencontre mes anges gardiens géorgiens, de fiers cavaliers qui usent du moyens le plus rapide d'arpenter la vallée. Ces belles personnes aux yeux clairs me suivront chacun un moment avant que je ne les croise et qu'ils engagent la conversation. La communication est difficile car ils ne parlent meme pas russe, témoignage de leur isolement. Ils me donnent quand meme des conseils sur la route à suivre et leur présence me rassure dans cette vallée magnifique, mais sauvage.

Le 3ème jour est un peu inattendu. Je commence par revoir un chien de berger, énorme, mais il semble perdu et ne m'accorde pas trop d'importance, ouf... Au passage du col à 3000 m pour sortir de la vallée perdue, surprise ! Des engins de chantier ont grignoté mon chemin de redescente...! En plus un orage éclate et je me tape une belle grêle. J'emprunte la route en ébauche, qui sonne la fin proche de l'isolement de la vallée d'Arkhoti. Apres une heure ou deux, un 4x4 du chantier passe devant moi et s’arrête. J'accepte de me faire mener au village le plus proche par 3 azéris et un géorgien. Finalement, il s’avère que 3 des gaillards descendent jusqu’à Tbilisi, a 200 km de la. Ils me ramèneront jusqu’à mon auberge, après une pause repas. J’expérimente mon mauvais russe mais ca le fait, on se comprend, ils sont adorables et le chauffeur s’arrête pour me cueillir des fleurs sur le chemin. Que des romantiques ! Les trois azéris travaillent 5 jours sur le chantier en haut de la montagne, et passent leur repos à Tbilisi. A la fin du chantier, ils retourneront dans leur famille en Azerbaijan. Une sympathique rencontre, inattendue.

Les tractopelles a 3000 m ... la blague !

Apres quelques nouvelles visites autour de Tbilisi, je prends un minibus pour une parenthèse arménienne de 10 jours avant un retour à la capitale géorgienne, puis un vol vers le Kazakhstan. Le trajet est difficile au nord de l’Arménie, la route est mauvaise -- on en sera pour une roue crevée. Cette region là est très marquée des traces de la domination soviétique, et on voit de nombreux bâtiments et industries abandonnées de l’époque. Me voici à Erevan, mais ce sera pour l'article suivant !

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Publié le 7 septembre 2016

Erevan

La capitale de l’Arménie est à 300 km seulement de la capitale Géorgienne. Le contraste est frappant entre les deux villes. Ici, tout est carré, tout est béton : l'empreinte soviétique est bien présente. De grands bâtiments en tuf rose d’Arménie entourent de grandes avenues. Ici, pas de vieux centre ville, mais des parcs hérissés de statues de métal. La ville est dominée par le biblique Mont Ararat, ou serait venue s’échouer l'arche de Noé. Légende ou pas, le Mont de 5100 m, visible derriere un manteau de brume, reste inaccessible car aujourd'hui situé sur les terres turques. Ca le rend d'autant plus mystérieux ...

cascade, vue sur Ararat, place de la république, cathédrale, mere Arménie, parc, opera, quartier.

A Erevan, j'ai adoré le musée d'histoire, qui montre mieux la richesse culturelle du pays que n'en fait ressortir la capitale. Ici, le cœur est à la modernité, pour ne pas dire à la sophistication extreme et au bling bling : grosses voitures, beaucoup de magasins et de pubs, et une mode à la Kim Kardashian : étonnant ! La ville est très animée le soir, pour les amateurs de vie nocturne il y a de quoi faire. Les amis de l'auberge me font découvrir quelques lieux.

vie nocturne . Ararat est donné comme nom aux banques, vin, cigarettes. ..

Autour de Erevan

Mieux vaut aimer le tourisme d'edifices religieux : l’Arménie, premier pays chrétien de l'histoire, n'a pas perdu sa ferveur -- comme en Géorgie -- et de nombreux monastères a l’architecture bien particulière habillent le pays. Garni et Guegart, un temple païen et un monastère, m'ont bien plus, et je m'y suis faite un ami arménien qui me guidera pour la journée.

Temple de Garni et le canyon avec Levon, Monastere de Guerart, Cafe arménien, Khor Virap et Ararat, Hovhanavank monastère.

Le sud du pays

Bouger dans la campagne est l'occasion de se mêler un peu plus a la vraie Arménie, accueillante, simple. Je bouge pour quelques jours autour de Goris et Sisian, ou je ressors principalement émerveillée du site de Karahunj -- Zorat Karer --, le Stonehenge arménien, ou je passerai une nuit. Je verrai pas mal de choses aux alentours, dont une ville troglodyte sympa autour de Goris, le monastère de Tatev accessible par le téléphérique le plus long du monde, ...

Goris x2, Tatev monastry, mon petit déjeuner, Noravank x, mon hotel, pétroglyphes, un ami, Sisian, retour en bus.
Khnzoresk village troglodyte -- prononciation niveau confirme ... RrrN zoresk
Karahunj -- Zorats Karer, un site mystique

Retour a Erevan

Le retour a Erevan marque une mauvaise et une bonne nouvelles : je tombe malade -- fruits, eau des fontaines, glaces étant de mise jusque la -- ce qui me bloque a l'auberge pour 3 jours. Mais je retrouve aussi avec plaisir mon ami Aldo, un français rencontré auparavant en Géorgie. Il fait un tour du monde a vélo, parti depuis 5 mois déjà. Il va me remonter le moral en cette période trouble de crève et de fatigue, merci copain et bon vent en Iran.

La graine était déjà la, mais Aldo me redonne bien envie de faire un bout de chemin en deux roues. J'attends de mûrir l’idée, mais ce serait juste top : écolo, physique, et indépendant. Un potentiel super mode de transport, à réfléchir !

Journee sportive avec Aldo

L'accueil arménien

L’Arménie a été le pays des rencontres. Chaque jour, j'ai pu experimenter l’extraordinaire simplicité et l'accueil des gens, surtout en campagne. Pas le temps d’être perdue ou de vouloir rentrer a pied d'un lieu, on peut être sure d’être abordée et aidée ou véhiculée. J'ai beaucoup aimé les échanges avec les enfants et les vieux.

Je mets quand meme un gros bémol sur le nombre impressionnant d'hommes seuls dans les campagnes, particulièrement lourds et insistants, mais bon, ca m'endurcit pour l'Inde ...

Retour en Géorgie avant depart au Kazakhstan

Bref, l’Arménie a été une belle découverte. Je suis maintenant très contente de revenir a Tbilisi, vraiment j'aime la Géorgie et les Géorgiens. Avant de partir au Kazakhstan demain, je visite un dernier monastère a la frontière azérie : david Gareja. Aldo ne me l'avait pas trop recommande -- c'est peu dire...-- eh bien, finalement, ca valait le coup ...

David Garedja, entre Gerogie et Azerbaijan

Désolée pour la longueur de l'article ...Mais j'ai finalement fait pas mal de trucs ... et a bientôt au Kazakhstan !

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Publié le 26 septembre 2016


Si vous associez le Kazakhstan au film américain Borat, je vous arrête tout de suite ! Il ne vaut d'ailleurs mieux pas trop en parler ici, sous peine d'incident diplomatique, car le film a été très mal reçu -- n’étant pas tourné au Kazakhstan ni avec des Kazakhs. 😀



Le Kazakhstan, c'est le 9eme plus grand pays du monde, peuplé de 17 millions d’habitants. Pays ou serait née la pomme originelle, dans les montagne du Tian Shian. Pays de steppes, de montagnes, de lacs et de canyons, ou paissent les chevaux et les vaches, et de villes de béton. Yolaine me rejoint pour deux semaines. Nous découvrons un pays inspirant dans cette immensité, un peuple kazakh aux yeux doux et au grand cœur, mais aussi la difficulté d'arpenter ce pays immense et peu touristique.

Almaty 

L'ancienne capitale, située près de la frontière Kirghize, présente -- comme Erevan -- assez peu d’attractivité pour nous, car moderne et construite sur le modèle soviétique. Les marchés valent quand même le détour : ce sont dans ces bazars immenses que l'ont ressent le mieux le passé de centre d’échanges commerciaux que constitue la ville, située sur la route de la Soie.

Almaty 

Sur la route de la Soie

On décide de visiter le sud-ouest du pays -- région du sud-Kazakhstan -- que l'on atteint en train de nuit. Taraz, Turkestan, Shymkent, ces villes de dimension plus modestes sont déjà plus vivables et abritent de beaux monuments.

Train de nuit, invitées pour le thé, aisha bibi mausolée, Turkestan 

On passe quelques jours dans une ferme, non loin de la frontière ouzbèke, dans le parc Aksou-Jabagly . C'est aussi l'occasion de goûter a la nourriture traditionnelle kazakhe et de tester les bains russes dans une cabane derrière la maison, espèce de sauna qui remplace la douche dans les campagnes. Comme toujours, c'est hors des villes que l'on découvre l’âme d'un pays, ses racines. Sauvage, libre, le Kazakhstan des campagnes ne vit plus dans les yourtes -- sauf quelques bergers en saison dans les montagnes -- mais garde l'amour des chevaux, partout en liberté dans la steppe, se nourrit largement de mouton, vit en intergénération, et pratique une religion principalement musulmane.

Cheval dans le parc d' aksou jabagly et rando au Canyon 

Retour autour d'Almaty

Pas forcement besoin de faire 800 km pour trouver des choses intéressantes à voir : les alentours d'Almaty présentent une nature diversifiée. On visitera le Canyon Charyn avec Yolaine, qui restera pour voir les lacs Kol Say tandis que je rentre à Almaty chercher mon VISA indien. Merci You c’était chouette.

Charyn Canyon et route vers Kegen 

La dernière semaine se passe en solo. Je me fais convier à une sortie entre guides touristiques pour faire du canoë, visiter une forteresse moyen-ageuse reconstituée pour tourner le film "the Nomad", et voir des pétroglyphes bouddhistes du XVIIeme siècle. J'apprendrai beaucoup cette journée, entourée des guides bien informées.

 Ili river, fortress, Tamgaly Tas petroglyhes

Au retour, j'embarque un bus de nuit et passe le week-end aux lacs Kol Sai et au lac Kaindy. Je serai presque la seule étrangère, l'occasion de me mêler au kazakhs et de faire encore une fois, de belles rencontres. Le trajet vers le lac est mémorable avec la version Kazakhe de "Gangnam style", entassés dans un 4x4 branlant. Je joins aussi une vidéo en dessous de Azamat qui joue très bien du Dombra, typique du pays.

Trajet en camion soviétique 

Ici, la préoccupation environnementale n'est pas vraiment centrale -- le cœur est plus dans le pétrole et le "développement'--, mais la faible densité de population et l'amour des kazakhs pour leur terre, rendent la nature particulièrement rayonnante et vivante. En lisant Barjavel pendant le trajet dans la steppe, je ne peux que me laisser porter par ses mots qui font échos à la perfection de l'oeuvre de la nature, qui s'offre à mes yeux. Nature wanderer, c'est décidément un refrain de ma vie...

Les fleurs qui poussent leur gentil visage vers le soleil, les aigles qui ébouriffent leurs plumes au lever du soleil, la goutte d'eau que les ruisseaux jettent aux brins d'herbe, les joues roses des montagnes au crépuscule, les nuages de souris étirant leur ventre teinté de rose, un scarabée maladroit trébuchant sur le gravier ... -- Barjavel, le voyageur imprudent --

Nourriture Kazakhe

Elle nécessite un chapitre car on s'est bien régalées... même si le mouton et la viande en général ne sont pas ma grande passion, il a bien fallu s'y mettre sous peine de vexer les gens. On a mangé du cheval, bu du lait de jument fermenté - Kumus, goûté au lait séché et roulé en boulettes sous les aisselles - Kourt... mmmm 😀.

L'Inde à venir 

Je pars en Inde du sud demain, j'atterris a Hyderabad et rien que la taille de la ville -- 6 millions d’habitants -- me fait un peu frémir. J'ai trouvé une ferme en dessous de Bombay, ou je vais pouvoir rester quelques temps. Teshar a étudié l'écoconstruction et l'agriculture biologique, j'ai hâte de découvrir sa ferme perdue dans la cambrousse. Je reste en Inde au moins un mois et demi. Adieu joli Kazakhstan, bonjour crazy India ...

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Publié le 10 novembre 2016
J"ai principalement arpenté le Karnataka...

Il est difficile de faire un petit mot après 6 semaines en Inde, tant le pays est grand et a été riche en rencontres et en découvertes.

Six semaines au Maharashtra, Karnataka et Tamil Nadu

Hyderabad

J'ai atterri à Hyderabad, dans le centre du pays, au Maharashtra. Ma première expérience a été très sensorielle : attaque de couleurs (vêtements, bâtiments, rickshaws...), explosion d'odeurs (épices, urine, déchets, encens), multitude de bruits (musique, klaxons, discussions animées), tout est accrocheur et ça me plaît. Je teste mon premier tour en rickshaw -- triporteur -- et me lance dans la mêlée. Les gens me regardent, mais souvent avec sympathie, et bien que je ne rencontre pas un seul blanc de mon séjour, je me sens bien. Les petites rues dans les quartiers musulmans me charment, et les gardiens d'un baobab vieux de 500 ans me laissent y grimper ...

Baobab, écoliers, quartier musulman, temple hindou, . 

Mumbai et Pune

Je prends un train de nuit pour me rendre à Mumbai. Je commence par un train en deuxième classe climatisé : le grand luxe. Je serai avec 5 hommes indiens dans la cabine, tout cela sans encombres et même avec la rencontre sympa de deux policiers de Bombay. A l’arrivée, j'ai le droit à une petite frayeur en me faisant rouler sur le pied par un taxi, le boulet ! Je m'en tire finalement avec un jour à boitiller et quelques hématomes. Je me voyais déjà en Inde avec des béquilles, la galère : chaque traversée de rue est déjà une prise de risque pour sa peau, même quand on peut courir ...

Il y a beaucoup de français à l'auberge. C'est une ville immense, l’occasion de tester les trains locaux, non sans m'y reprendre à deux fois : le temps de comprendre comment se passe l'achat des tickets et l'organisation sur les plateformes. Les trains sont bondés : à chaque arrivée d'une nouvelle navette, c'est la cohue pour s'engouffrer dans un wagon. Certains passent d'ailleurs le trajet en partie dehors, accrochés à l’extérieur de la porte, je trouve ça excellent. Par chance, les femmes bénéficient d'un wagon dédié, ce qui permet d’éviter les contacts rapprochés avec le sexe opposé. J'aime bien ces petites missions transports qui se reproduiront, aussi avec le bus.

Vous le verrez sur les photos, ici c'est la fin de la mousson, il fait donc bien gris.

De façon générale, on est quand même bien loin du Mumbai de slumdog millionnaire. Les indiens sont d'ailleurs assez critiques sur le film ; même s'il dépeint une certaine réalité. Mais, la misere est souvent cachée, et je ne me suis pas aventurée dans tous les bidonvilles.

Je n'ai pas particulièrement adoré cette ville, mais ce fut une découverte agréable. Je rejoins Puna, -petite- ville de 6M d'habitants, puis la ferme de Tushar pour une semaine d"échange avec Helpx.

Train de nuit, Temple, porte de Bombay, Mosquee, machine à laver à ciel ouvert 

Uddhar

Tushar a étudié l'eco-agriculture et l’éco-construction, et est charmeur de serpents à ses heures... Il vit dans un tout petit village du Maharashtra nommé Uddhar. C'est accompagnée de deux français très sympa, que je découvre sa vie et sa culture.

La ferme, dont le corps est une simple cabane de terre et de bois, entièrement ouverte sur l’extérieur, comporte une pièce de vie et un espace nuit ou l'on dort par terre, protégés par des moustiquaires. La terre de la région comporte les propriétés parfaites pour la construction -- bon % d'argile, et la plupart des maisons du coins l'utilisent, pour des bâtiments à un degré de finition variable.

Nous prenons les repas chaque jour dans le village, chez les parents de Tushar, à deux km de là, l'occasion de chevaucher la moto à l'indienne : à 4 et sans casque. Le père est prêtre hindou, tout comme les frères de Tushar. Tushar est marié depuis peu, sa femme vit au village avec les parents. Après les repas avec la famille, on participe aux soirées de Navaratri dans le village -- 9 jours de fête hindoue en octobre. Après quelques soirs, on se lance et on maîtrise les pas de danse et les claquements de bâton de bois, c'est une bonne occasion d’échanges de regards avec chacun des habitants.

On travaille assez peu, au rythme de la maison, principalement sur le projet d'agrandissement des toilettes sèches et sur la fabrication du compost. La saison des pluies n’étant pas terminée, le travail sur les plantations est en stand-by. L’expérience sera donc plus culturelle que professionnelle, mais c'est un super souvenir et je suis très contente d'avoir passé ce moment avec Gigi et Julien.

Je repasse par Pune au départ de Uddhar. Je suis accueillie par Anuja, une amie de Tushar qui va me faire visiter la ville sur son scooter - toujours Indian Style - et me faire partager un peu de son quotidien. Anuja a créé son entreprise, qui a pour objet d'aider les enfants de tous horizons à développer leur créativité, et leur confiance en eux. Cela passe par des interventions dans les écoles notamment. Pour découvrir ou soutenir son projet qui fait l'objet d'un crowd founding : https://www.impactguru.com/creative-confidence . Une chouette rencontre dont je me souviendrai. Merci de m'avoir fait découvrir la fameuse glace goyave saupoudrée de chili ...

Maison des parents, trajet, vers la ferme, la ferme, vie quotidienne, soirées de danse, a cascade, retour a Pune avec Anuja. 

Vijapura - capitale islamique du XVIeme siècle

Une jolie ville, très peu touristique...pour mon plus grand plaisir. Le bazar vaut le détour. Ce sera par contre, ma première expérience d’hôtel vraiment miteux, crado et avec la compagnie des cafards et puces.

Pour la parenthèse, l'Inde a quand même généralement une belle offre de logements, il faut juste être prêt à mettre le prix minimum. Sinon, on peut trouver des chambres pour presque rien, mais il ne faut pas s'attendre à des conditions sanitaires de fou : testé ! Dans certaines villes, on est bien logés pour moins de 5 euros, dans d'autres il vaut mieux mettre 10 à 15 euros si on veut du confort.

Bref, j'ai un peu oscillé, le plus souvent j'ai pris des dortoirs ou des hôtels de basse gamme, mais en essayant de ne pas tomber dans du trop dégueu... Après une semaine en Inde, on change un peu ses standards de ce qu'est l’hygiène -- aussi pour la nourriture -- et on ne s'en porte finalement pas plus mal 😀.

Badami - Capitale Chylukya du IIeme au VIIIeme siècle.

J'ai beaucoup aimé cette petite ville qui regorge de petites perles cachées un peu partout aux alentours - temples, belles pierre et jolies petites rues. Le petit plus : presque pas de touristes... Mais quand même des traces avec tous les enfants qui demandent des crayons.

Badami est aussi un site de grimpe. Il faut par contre apporter son matériel car je n'ai pas vu de structure qui proposait des sorties, dommage.

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Hampi - Ruines et ambiance touriste - hippie

Hampi est superbe, mais c'est l'incontournable pour tous les touristes du coin, du coup l'ensemble de la région est dédiée au tourisme. On a du mal parfois à se dire qu’on est toujours en Inde. L’atmosphère est hippie : logements dans des huttes sur le bord de la rivière, soirées fumettes et musique à volonté. Je loge au bazar central et ne parviendrai pas à faire le pas de la location de mobylette... Comme je n'ai jamais conduit de scooter en France, qu'ici on roule à gauche, et que les indiens sont des oufs du volant, je teste le truc avec un loueur mais je me dis que je préfère rester en vie ... un peu déçue mais je réessaierai !

Gokarna - Plage paradisiaque

Gokarna est une petite ville située au sud de Goa, très connue pour la plage Om-beach et son ambiance enflammée à partir de Décembre. J'ai pu trouver une chambre sympa sur la plage de Kudle, moins populaire que Om-beach mais à deux pas de celle-ci.

Plusieurs plages se suivent ; j'arrive à me baigner avec un maillot de bain -- youhou -- sur l'une d'entre elle qui est déserte. Pour le reste, ce sera habillée, pour limiter les regards et rester dans les mœurs indiennes.

Il est assez facile de trouver des coins tranquilles et la ville de Gokarna, centre de pèlerinage hindoue, est vraiment sympa. Je rencontre un voyageur indien à moto, avec qui je découvre la région, vraiment superbe. Tout est tres vert, plantations de bananiers et rizières se succèdent.

pêcheurs avant l'aube, logements, plage, moto, logement... 

Madikeri - au cœur des plantations de thé et de café

Je suis arrivée à Madikeri à la veille de festivités hindoues qui courraient sur 3 jours ... malheur ! tous les endroits sympa atteignables en transport étaient bondés. Et puis, je me suis retrouvée au centre des attractions assez vite -- ...de quoi m'enfuir assez rapidement de la cascade, du village bouddhiste de réfugiés tibétains, et des points de vue les plus populaires. Les indiens sont assez fans de selfies avec les étrangers.

Je trouve finalement quelques balades un peu plus intimes dans les plantations de thé et de café, ainsi que sur les monts de la région. Ce sera ma première attaque par les sangsues, qui traversent mes chaussures fermées, les coquines !

Bylakuppe, Madikeri 

Mysore - ville d'artisans

Kodaikanal - une ferme dans les montagnes

Ma dernière étape indienne sera dans le Tamil Nadu, état un peu plus conservateur - traditionnel que le Karnataka. Cet état garde des marques de la colonisation française et le christianisme y est assez présent. J'ai un peu honte d'avouer ma nationalité, mème si tout cela est loin maintenant.

Sur les conseils d'un indien de Mysore, je me rends dans une ferme perdue dans les montagnes, qui pratique la permaculture, et offre à la location différents logements tous éco-construits suivants différentes techniques. Amateurs de calme, de Yoga et de méditation, trouvent là-bas un véritable havre de paix, chose bien precieuse en ce pays !

Je rencontre Alex, un anglais qui s'est installé en Inde depuis une dizaine d’année et a construit sa maison rêvée, un dôme en structure bois -technique américaine - , dont les façades sont en pneus remplis et enduits de terre. Il parvient à une autonomie énergétique grâce à des panneaux thermiques et photovoltaïques. Ses eaux usées sont traitées par les plantes avant rejet. L’intérieur est entièrement en terre, cirée au sol : l’atmosphère est très chaleureuse, saine. Bien qu'à 1500 m d'altitude, Alex n'a pas eu besoin d'allumer le poêle d'appoint en 5 ans. Une belle réussite qui donne envie - la vue en prime !

La ferme : http://www.karunafarm.in/

Le site sur la technique de construction du dôme d'Alex: http://www.groundhouse.com/

La ferme, et en dernière ligne la ville de Kodaikanal. 

La nourriture

La nourriture indienne est très épicée, et ce, dès le petit déjeuner, il m'a fallu une bonne dizaine de jours pour m'y faire et apprécier. Beaucoup de plats sont végétariens, les hindous ne mangeant pas, ou très peu de viande. Il s'agit souvent de mélanges à base de légumes cuits, et de yaourt (curd), que l'on mélange à du riz ou que l'on saisit avec des galettes (chapati, roti, naan). La règle est de manger avec la main droite uniquement, la main gauche étant dédiée aux activités impures. On s'y fait vite mème si au début, je mettais pas mal de riz à cote de ma bouche. Ça m'a au moins oblige à prendre le temps pour manger !

On trouve aussi, souvent pour le petit déjeuner des masala dosa, larges crêpes de riz croustillantes fourrées aux pommes de terres. On peut aussi opter pour des Idli, petites boulettes de mie de riz, trempées dans les sauces épicées. Ou, du coté de Bombay, pour des vada pav, beignets de pommes de terre épicés, dans un petit sandwich brioché.

Pas mal de stands de rue font la qualité gustative de l'inde, avec beaucoup de délicieuses specialités frites, des snacks, et surtout des coconuts à boire, des jus de fruits frais, ou des lassis glacés à tomber par terre... tout ça pour moins d'un euro. Et près du littoral, de délicieux poissons frais ...

Ceci explique cela, je quitte l'Inde avec quelques kilos supplémentaires, bien loin de l'amaigrissement que l'on m'avait prédit 😀. Je n'ai mème pas été malade.

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C'est la fin...

Après six semaines en Inde, je me retrouve bien loin des clichés de l'indien harceleur, de l'Inde dangereuse et des morts dans les rues, que l"on m'avait contée. A part à Mysore, je n'ai pas été confrontée à des tentatives d'arnaques particulières. En étant couverte - jambes et épaule - comme les indiennes, j'ai été regardée, comme tous les occidentaux, mais vraiment rarement avec des yeux pervers. Les indiens aiment créer le contact, entre eux et avec les étrangers, ils sourient beaucoup. L'Inde du sud m'a montré le visage d'un pays animé et sympathique, ou l'on fait moins de chichis que chez nous. Ça donne un peu la nausée des fois, de voir les gens se moucher sans mouchoir, cracher, roter, mais bon, ce n'est qu'une différence culturelle, ils se laissent respirer ...

La misère est palpable et l’économie dynamique ne profite pas à tout le monde, ça m'a brutalement secouée aux détours de mes déambulations.

Mais l'Inde c'est bien ça, un pays brut que l'on doit prendre dans son entier, avec ses cotés hyper chiants et ses grandes satisfactions. Je reviendrai car je n'ai vu qu'une toute petite partie de ce grand pays ....

Et après ...

Je suis partie de Bangalore, vers Rangoon, en Birmanie, aujourd'hui. Le choc ... du retour dans un pays relax. Ça fait du bien. Je n'ai pas trouvé de volontariat ici malheureusement.

C'est la première fois que je me rends dans un pays avec autant de tensions internes. Le jeu sera d'essayer de faire vivre la petite économie, et non d'engraisser le gouvernement, en faisant les bons choix de dépenses. Plusieurs régions ont subi des conflits armés en octobre et je vais composer mon périple avec ça. Rangoon dégage une belle énergie, c'est une belle entrée dans ce nouveau pays.

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Publié le 30 novembre 2016

La Birmanie, maintenant Myanmar, est le pays où tous les hommes portent le longyi, cette jupe longue qui n'a pas encore été troquée pour nos pantalons. Les sourires sont tachés de rouge par le bétel que les birmans mâchent et crachent à longueur de journée, en guise de remontant. Leur peau est striée de Thanaka, cette pâte jaunâtre qui protège du soleil, rend la peau belle, et est l’incontournable atout sexy de la birmane.

Même à Yangoon, deuxième ville du pays, où j'atterris, la modernité perce mais les traditions sont bien ancrées. L'atmosphère est paisible, les birmans sont méga souriants. Le pays sort très doucement de décennies d'un régime totalitaire. Ici, la religion dominante est le bouddhisme et le pays est hérissé de nombreuses pagodes.

Yangoon - Rangon 

A Yangoon, se trouve le train le plus lent du monde, qui dessert de façon circulaire les alentours. Le tour prend 3h, vitesse moyenne : 10 km/h... L'occasion de se faire toute petite sur un des bancs d'un wagon et d'admirer la banlieue pittoresque, les vendeurs de nourriture et la vie des birmans. Des échanges de sourires et de quelques signes éclairent mes premiers jours. Il y a moins d'enfants ici qu'en Inde, et les gens se marient très tôt, comme Lin Lin, 18 ans, père d'un petit de 6 mois, qui partage la discussion vidéo avec ma sœur et ma nièce de 6 mois.

Marche de poisson et vie a Rangoon, vendeur de betel, livraison du journal, peintre acrobate,  ...

C'est aussi à Yangon que l'on peut visiter la plus belle pagode du pays, que j'arpente en retour d'un bus de nuit, de 4h à 7h du matin (duuur mais magique). J'observe les nonnes à l'habit rose et rouge, et les moines à la robe bordeaux ou safran.

Shwedagon pagoda au lever du soleil

Bagan

Haut lieu de pèlerinage pour les birmans, 1er lieu touristique du pays, les 2500 temples de Bagan s’étalent sur une plaine de 42 km2.

Un petit scooter électrique, loué pour 4 euros la journée, permet de visiter tranquillement (max 40 km/h), ce paysage surnaturel, qui dégage une atmosphère mystique, renforcée par les brumes duveteuses de l'aube et du crépuscule. C'est du haut des temples qu'on admire le mieux les 1ers et derniers rayons du soleil, à 6h du matin et du soir. Certains temples ont malheureusement été bien abîmés lors d'un tremblement de terre il y a quelques mois, un nombre important sont en restauration et non accessibles au public.

Superbe lever de soleil avec les montgolfières (pour ceux qui ont 300 euros en poche...) 
Lever et coucher encadrent la journée 

Inle lake 

Le plus grand lac du pays, Inle, est le terrain de jeu des pêcheurs dont la tradition est le maniement des pagaies avec le pied. La balade en bateau est un incontournable que je contournerai finalement, pour éviter l'autoroute des embarcations à moteur et les visites commerciales des ateliers d'artisans . Je prends quand même un bateau taxi au retour d'une balade à vélo, 25 km de remontée sur l'eau.

Un joli lac

Je trouve plusieurs voyageurs pour des balades à pied et en vélo, loin de l'effervescence et avec plein de jolies rencontres des habitants. C'est une région superbe.

Inle et ses alentours 

Mandalay

Le coeur economique du pays, Mandalay, n'etait pas au programme. Mais des conflits armes dans la région de Hsipaw, connue pour ses trekkings dans sa jolie nature, bloquent l’accès pour les touristes, tous les bus sont annulés. Pas beaucoup d'informations sur ces conflits, même les locaux sont assez peu bavards sur le contexte de la guerre civile. J'enfourche un vélo et arpente Mandalay, qui offre son lot de surprises, petites rues animées, habitants toujours aussi souriants et superbes couchers de soleil. Je rencontre un vieux moine qui m'invite à visiter son monastère dédié a la méditation.

Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais une grande gratitude m’étreint depuis quelques temps, pour les superbes moments passés ici, simples dans l'instant, les sourires et les saluts des gens, le soleil dans l'eau, l'odeur de l'encens, les chants qui fusent depuis les maisons en feuilles tressées.

Monastere en teck,  vues

Mawlamine, ancienne capitale brittannique

Ile de l'ogre

On peut accéder depuis Mawlamine à l’île de l'ogre. Loin d’héberger de dangereux cannibales, l’île abrite de nombreux ateliers d'artisans.

L'ile de l'ogre, fabrication de chapeaux en bambou, fabrication de pipes en bois. 

On peut notamment y voir le processus de transformation de latex, ici en élastiques vendus aux chinois.

Saignée des arbres, plaques de latex, chauffage puis séchage, coupe, conditionnement.

Mawlamine

J'ai la chance d'assister a la fête bouddhique de la full moon, couplée de plus avec la lune du siècle (merci Ben pour l'information). La lune est, en effet, particulièrement brillante.

Fêtes de la Full Moon  
Mawlamine, ses temples, taxi collectif, ...J'aime bien la photo avec les moines, on a bien rigolé de ma grande taille.

Hpa-an

Hpa-an est ma dernière étape avant la frontière Thailandaise que je passerai par la terre. Randonnée au Mont Swegabin, épuisante montée ou j'ai découvert que je pouvais transpirer et tremper les vêtements comme si je sortais de la douche...et oui, ici il fait chaud et humide ... mais la vue valait le coup .

Mont Zwegabin 

Temples et grottes abondent dans les alentours

superbe.

La nourriture

J'ai été un peu déçue par la nourriture, surtout dans le sud. Tres souvent dans les petits boui_boui, c'est très gras : légumes, riz, viande, tout est fait a l'huile et souvent y baigne. Du coup j'ai mange beaucoup de riz blanc avec omelette, simple et mangeable. Il y a quand même quelques trucs sympa, poissons frais, soupes Shan de nouilles...

J'ai par contre, subi une crise aiguë de manque de nourriture française, principalement de pâtisseries. J'ai fait le tour de la ville a Mandalay pour finalement dégoter un cheese cake pas mal ... mais c'est dur ... Normalement en Thailande la nourriture est meilleure et plus sain, j’espère ...

Il y a des trucs bons quand même.  

Bilan et suite 

Le mois en Myanmar a été très agréable et relaxant, j'en sors avec des étoiles dans les yeux. Je pense que les 6 semaines dans l' Inde tumultueuse ne sont pas pour rien dans cette sensation. J'ai pu relâcher l'attention/les tensions, car ici, tout est plus calme, plus propre, plus doux. Les gens sont extraordinaires.

Pour la suite, le programme est un peu flou car beaucoup d'options se présentent. Première étape : passage terrestre de la frontière thaï, et arrêt presque immédiat dans un village Karen, un peuple de Birmanie en rébellion contre le gouvernement depuis 60 ans. Il s'agit d'aider à la reconstruction de leur village : eco-construction en terre a réaliser, cultures en permaculture à créer, et cours d'anglais à donner. Les conditions de vie semblent simples, mais le besoin correspond à mes centres d’intérêt : humanitaire, activités manuelles associées à l’écologie. Davai ...

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Tout d'abord belle et heureuse année 2017. Son entrée signe 6 mois de voyage...déjà. J'ai choisi de réécrire cet article car il ne reflétait pas complètement la forte empreinte que m'a laissé mon séjour en état Karen. L'article n'est pas très gai, mais je me suis retrouvée plongée dans une région au passé et au présent douloureux.

Je suis restée près de deux mois dans la jungle birmane, dans une zone en cessez-le feu occupée par une des ethnies en conflit avec la junte birmane : les Karen.

Contexte

L’État Karen est techniquement en Birmanie, ou Myanmar.

La Birmanie, sous influence britannique jusqu’en 1948, est une mosaïque d'ethnies. Alors que 40 % de la population est issue de minorités (Shan, Mon, Karen, Rakhine, Rohingyas...), la junte militaire birmane dirige le pays d'une main de fer depuis 1962.

 Les Karen de Birmanie sont en rouge.

Le pays s'est ouvert depuis l'élection de Aung San Suu Kyi à la tête du pays, et certaines régions sont visitables par les touristes (principalement les régions historiquement birmanes).

La réalité, derriere le rideau, c'est que la junte poursuit sa logique d'extermination des groupes qui lui résistent. Les populations se battent contre l'appropriation de leurs terres et de leurs récoltes, l'interdiction de parler leur langue et de l'enseigner à l’école, ou de célébrer les fetes traditionnelles, mais aussi veulent que cessent les réquisitions d'hommes et d'enfants comme soldats ou esclaves porteurs.

L’armée birmane s'attaque de façon systématique et sans distinction d'age ou de genre, à toutes les minorités ethniques qui prennent les armes ou soutiennent les leurs. Avant leurs raids meurtriers, ils pratiquent la règle des 4 coupures ('4 cuts') sur les villages : coupure de vivres, d'information, de recrues, d'argent. Leurs méthodes sont comparées à celles des nazis. Le but de l'article n'est pas de faire un résumé des horreurs et des tortures qu'ils commettent, sur lesquelles j'ai beaucoup lu après mon séjour...Je donnerai une seule illustration de leur style : lier les pieds d'un homme à un tronc, et ses mains à un autre tronc proche, et s'en servir comme hamac jusqu’à ce que mort s'en suive.

Les seules options pour les populations menacées sont la fuite, toujours plus loin dans la jungle, jusqu’à devoir passer les frontières et devenir réfugié. Ou la prise des armes et la lutte pour garder sa culture, sa dignité et sa terre.

Séjour près du peuple Karen

Mu Aye Pu / Camp du KNDO, est situé à la frontière Thailande / Birmane. Pour l'atteindre, il faut longer la frontière 3h depuis Mae Sot, et traverser la rivière "Moei". Ce petit bout de terre est le symbole d'un rêve pour le peuple Karen : la liberté.

Depuis 60 ans, ce peuple combat les autorités et près de 250 000 réfugiés sont dispersés un peu partout dans le monde (dont 200 000 réfugiés à la frontière Thai). Sous l’entité politique de Karen National Union, il s'est constitué une solide armée et revendique un état fédéral : Kawthoolei en Karen. Depuis 2012, le gouvernement Karen est en situation de cessez le feu avec le gouvernement birman. Malgré tout, les birmans maintiennent des attaques surprises dans les différents villages et camps Karen : la vigilance est donc de mise du coté Karen.

Le site internet du KNU.

Le village ou je me rends

Le camp est enserré entre montagne et rivière. Il est le quartier général d'une des branches de l’armée Karen, le KNDO (Karen National Defense Organisation). Ici, vivent environ 300 villageois et soldats.

La zone a été prise par les birmans et laissée en 2008, pleine de mines.

Depuis, le camp et le village se reconstruisent peu à peu sur cette terre d’indépendance du peuple Karen, hors du contrôle birman.

 Village et notre dortoir

Que fais-je ici ?

Ici vit Sabine, un médecin allemand anciennement mariée à un Karen. Les aléas de la vie et de la guerre l'ont conduite à adopter 6 enfants en plus des 2 qu'elle a déjà eus avec son ex-compagnon. Ici vit aussi Vicky, une néerlandaise de mon age fiancée à un infirmier Karen. Les soldats Karen ont du succès : ).

Le projet est porté par elles, chapeauté par le général du KNDO Nerdah Bo Mya : reconstruire un village, en suivant des principes de durabilité et permettre un accueil des étrangers, en offrant des possibilités de tourisme alternatif, avec une sous-jacente communication sur la cause des ethnies de Birmanie. Les idées sont là, mais encore à leur premier battement d'ailes.

Les volontaires sont logés au camp.

Le boulot : 6h/jour dédiés principalement à la construction des premières maisons en briques de terre crue du village.

La technique est différente des constructions Karen habituelles : celles-ci sont traditionnellement en bambou, et/ou bois (le teck est très répandu partout dans la jungle environnante). Les techniques ancestrales, bien qu'à faible énergie de fabrication, posent des problèmes :

  • Difficulté d'approvisionnement, car il faut s'avancer haut dans les montagnes pour couper le bambou ou le bois ;
  • Question de la déforestation avec l'usage du bois, qui est aussi le combustible principal pour la cuisine et le chauffage ;
  • Le transport du bois est réalisé par les éléphants - pas de machines de ce coté de la rivière, pas de véhicules ni engins de levage;
  • Gros souci avec les termites et l’humidité en saison des pluies : en général les constructions en bambous ne durent que quelques saison.

La terre de la region est accessible au pas de la porte et comporte le pourcentage d'argile optimal pour construire. Seul bémol : on ne construit que pendant la saison sèche, qui vient de commencer.

En cours .... 

Vie quotidienne

Nous découvrons la vie quotidienne des Karen, simple. On s'habitue à la présence des soldats, des enfants, des vieux qui nous apprennent à parler Karen. Ici, tout enfant est un potentiel soldat, tout adulte est un soldat, tout vieux l'a été. Empreinte d'un peuple d'opprimés.

On boit l'eau de la source, on dort à même le sol en bois, se baigne dans la rivière.

 Missing it

On peut marcher dans la jungle à la rencontre des éléphants, qui sont malheureusement indispensables pour transporter le bois ... Mais qui sont bien mieux traités que les éléphants à touristes de Thaïlande...

 20 elephants dans la vallée 

On mange principalement du riz, des œufs et de la sauce poisson, cuits au feu, la seule nourriture facilement procurable. Les Karen mangent à peu près tout se qui peut se manger (rat, singe, serpents, chiens, chèvres ...), comme beaucoup de populations d'Asie du Sud-Est. J'ai goûté un serpent, mais il était concassé avec des épices donc je n'ai pas trop pu en sentir la saveur. Et du rat sauvage, assez fort mais pas mauvais quand bien cuisiné : ).

Il y a beaucoup d'insectes mais finalement on s'y fait. Serpents, scorpions, scolopendres ou grosses araignées, un checking s'impose avant de se coucher...

Un démineur volontaire anglais est arrive mi-décembre. Il a déjà déminé la zone qui constitue le cœur du village en 2012-2014. En dehors des sentiers arpentés, des mines subsistent. Il en a fait éclater une a deux pas de notre dortoir, nous causant une belle peur (dans la jungle près de la rivière, ou personne ne va). Encore du travail donc, pour rendre sécurisée une zone qui est l'une des plus densément minées au monde.

I love you beautiful and dusty children 

Noel

On a mangé du chocolat fondu dans des feuilles de bananier, du pain cuit au feu, de la citrouille et du poulet coco....

Thank you for these moments

Nouvel an Karen

Le camp fete le nouvel an Karen, le 29 Décembre. Il accueille tous les Karen de la région, mais aussi les exilés à l’étranger (USA, Canada, Australie....), qui se déplacent pour l'occasion. Chants, danse, boxe Karen, discours : cet affront à l'oppression, dans une zone "libre", est l'occasion de rappeler que les Karen sont toujours en lutte et en combat pour la liberté de leur peuple et la defense de leurs coutumes.

Cérémonie du nouvel an . Le general est sur la premiere photo - 1er plan.

J'ai aimé les rondeurs qui entourent le petit village qui tombe dans la rivière.

J'ai aimé ouvrir les yeux la nuit et voir les millions d’étoiles à travers le voile de la moustiquaire. Et la silhouette rassurante de la montagne.

J'ai aimé le contact avec ceux qui n'ont rien, que le cœur pour vivre.

Et puis ....

J'ai aimé et je suis restée presque toute ma durée de VISA. J’espère que l'article est compréhensible ...

Je suis partie à Mae Sot pour le nouvel an (frontière Thai/Birmanie), puis ai fait une formation massage Thai traditionnel a Chiang Mai.

Et après

Je suis repartie à Mu Aye Pu pour une courte période, juste parce que je n'en avais pas encore eu assez, et que les gens me manquent...

Je suis un peu lassée de consommer du voyage, j'aimerais voyager autrement avec plus de volontariats.

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Quelques photos de Janvier, retour a Mu Aye Pu

briques et boue, commemoration du general bo mya, grotte 

Je reviendrai. Mon second VISA se termine.

J'aimerais trouver un moyen d'aider ce peuple d'oubliés par la communauté internationale, qui lutte pour avoir simplement le droit de vivre sur ses terres. Le combat continue, les affrontement armés sont toujours d’actualité (conflit en état Kachin, une autre ethnie, et extermination des Rohingyas sont les réjouissances au menu de ces derniers mois avec les birmans).

http://karennews.org/

 Little daughter est un très bon livre sur le sujet 
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De Mae Sot au Laos, en passant par Bangkok

L’arrivée a Bangkok a été comme une claque après le calme de la vie de village, avec tous les gars tatoués, barbus, en marcel et en tongs, attendant la nuit pour se déchaîner sur Khaosan Road. Mais la ville ne m'a pas parue aussi déjantée qu'elle n'en n'a la réputation, finalement : ). J'ai bien aimé Chinatown, que je visite au nouvel an chinois avec des gens de l'auberge.

Balade a Chinatown et visite de temple 


Arrivée au Laos

Je me dirige après quelques jours vers le Laos en train et bus, connu comme plus calme, plus sauvage que son voisin thaïlandais. J'ai atterri, après un bref passage à la capitale, chez Olaf et Ineke, deux néerlandais amoureux de la nature installés au Laos depuis 4 ans. Une petite maison dans la jungle laotienne, un parc à papillons, près des plus belles cascades du pays (Kuang Si)... Un environnement plutôt sympa et vivant.

 Une a deux fois par semaine on mange dans un restau au village. J'adore le riz collant : )

Volontariat dans un parc à papillons 

La mission qui est confiée aux deux volontaires, accueillis en haute saison, est l'accueil et le guidage des visiteurs dans le parc. J'apprends beaucoup sur le développement et les espèces de papillons locales, c'est plutôt passionnant quand on a tout devant les yeux. Si vous voulez des infos n’hésitez pas à demander, là je passe les détails et affiche directement les images : ).

Quelques uns des papillons 
De la chenille  au chrysalis...(famille du Mormon) 

On loge dans des bungalows de bois à quelques centaines de mètres de là. Je reste deux semaines, c'est sympa mais assez pour moi, car c'est une activité assez sédentaire et je brûle de bouger plus. Et puis certains aspects sur les conditions du volontariat me déplaisent (temps de travail, etc...).

Bungalows et mon copain de salle de bain 

Le voisin organise un grand stage de massages (niveau avancé) et on a l'occasion de tester le sauna + baignade qui se trouve sur son terrain, plutôt cool. Sinon, on peut se baigner dans la rivière transparente et se balader aux alentours, je fais un petit trek vraiment ressourçant dans les montagnes pour mon jour de congé. Je me retrouve dans un tout petit village perdu dans la vallée, intéressant de voir les constructions locales et c'est super beau.

Free time 

Thon fait partie du staff du parc. Il enseigne chaque jour après le travail, les maths et le laotien à des petits du village, puis l'anglais aux plus agés. Il m'invite chez lui pour vivre un peu son quotidien. Le Laos est un pays particulièrement pauvre et le niveau d'education est très bas. Les enfants sont hyper motivés pour apprendre, ca fait plaisir (ca change de chez nous).

Ecole du village chez Thon, qui est aussi guide au parc a papillons...

Et après 

Retour a la capitale laotienne, après quelques jours a Luang Prabang dans le centre du Laos, pres du volontariat ou j’étais.

Je vais faire un VISA Thai et rejoindre un copain, Aldo, a Bangkok, pour faire un petit trip en vélo avec lui.

Pour la suite c'est en reflexion ...

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Le vélo permet de glisser comme le vent sur les plus petites routes de la carte.

Il donne au voyageur une experience sensible des reliefs du chemin, au goût authentique de l'inexploré, reflété dans l'exclamation phare des habitants :"Falang ! Falang !".

Pour qui veut explorer les plaisirs de la route avant la destination, la bicyclette est un bon moteur vers le bonheur ...

Démarrage à Bangkok 

J'ai rejoint Aldo et Mathieu à Bangkok, la capitale thaïlandaise. Les deux gars arrivaient depuis le nord, et m'ont aidée à trouver un vélo d'occasion. Mathieu est, au grand dam de tous, reparti sur Paris après quelques jours, et c'est avec Aldo que nous avons mis le cap sur notre première destination, à 100 km au nord-ouest : Kanchanaburi et le Pont sur la rivière Kwai. Le premier jour se passe bien, le terrain est plat, de quoi se faire les jambes tranquillement avec 70-90 km parcourus par jour. Quelques péripéties ponctuent quand meme le trajet : démarrage avec un gros orage, arrivée du train lorsqu'on traverse une voie, et pneu crevé ...

Les premiers jours 

Etape 1 : Kanchanaburi 

Kanchanaburi se révèle une première étape intéressante. Jolie bourgade non loin de la frontière birmane, peu touristique, elle a néanmoins un passé sombre. Lors de la seconde guerre mondiale, les japonais ont en effet mis a contribution les prisonniers anglais, américains, et les locaux, pour construire en un temps record une voie ferrée stratégique vers la Birmanie, baptisée par la suite 'voie ferrée de la mort'. Les conditions terribles de travail ont conduit à la mort de près de 100 000 travailleurs, et la région abrite un mémorial qui permet au visiteur d'arpenter une partie des voies. L'atmosphère est vraiment particulière.

Memorial du rail de la mort  

Visite de monastere et grotte

avec les moyens du bord pour visiter la grotte ....

Pas âme qui vive au monastère ... on se la joue aventuriers : ) 

Vers le sud

Les cinq jours suivants nous portent vers le sud, à travers un relief vallonné, vers la cote thaïlandaise. On enchaîne trois jours de bivouac et je souffre un peu de mon manque de condition physique, compressée entre la chaleur de milieu de journée (il fait dans les 35 maintenant), et le plomb des montées. Mais les bivouacs sont top.

La joie des bivouac s

Dans les collines de la frontière birmane, cultures d'ananas et d'aloe vera succèdent aux élevages porcins, et la faune qui nous entoure est particulièrement riche (principalement, les oiseaux). Après quelques jours, le vent se fait plus soutenu, le relief s'aplanit : on se rapproche de la Mer de Thaïlande. Jusque là, pas de traces de touristes, ce qui est plutôt cool.

Paysages et bivouac 

Etape 2 : Prachuap Khiri Khan

Nous atteignons finalement Prachuap Khiri Khan, sa mer turquoise, ses singes, ses gentils habitants, et son tourisme modéré.

 Singes mignons, les Langurs

Les cuisses sont douloureuses, le bronzage cycliste est au top, et quelques grammes de gras ont disparu : les joies du vélo : ).

Prachuap

Le VISA Thai d'Aldo se termine, il doit passer la frontière cambodgienne sous peu et prendre le train pour être dans les temps. Pour ma part, je choisis de rester quelques jours à Prachuap et de remonter à Bangkok par un autre chemin que celui pris à l'aller...Ca y est, seule avec un vélo, je prie pour ne pas avoir trop d'embrouilles mécaniques : ).

Etape 3 : Retour a Bangkok, seule

Sur la route . Nakhon Cave, les stations balnéaires et la campagne

La grotte de Nakhon est superbe. Un temple baigne de lumière, après une montée éreintante ... 

Autant je suis un peu déçue par les stations balnéaires, les premières que je vois depuis le début du voyage, cités de séjour des plus de 50 ans lisses et attrape-touristes (Hua Hin, Cha-Am) ...

Hua Hin, ses billards, ses vieux, ses hotesses ... 

...Autant le passage dans les campagnes et les petites villes me laisse rêveuse. Quelques dizaines de kilometres dans le souffle et le grondement des camions, sous un soleil de plomb, ont laissé place a des petites routes sous les cocotiers, avec plein de villageois souriants, le chant des oiseaux dans une oreille, la liberté, et la musique dans l'autre oreille. Les fruits frais se trouvent à tous les étals, je me regale d'ananas, bananes, mangues et pastèques.

Sur la route vers Bangkok 

Visite de Petchaburi

Non loin de Bangkok, la région de Ban Laem comporte des marais salants sur des kilomètres, le travail a l'air harassant...

Un peu plus au nord, la région d'Amphawa est connue pour ses marchés flottants et regorge de cultures de coco. Les dédales de petites routes sinueuses sont un plaisir pour le velotouriste.

March é sur les rails de Mae Klong, Marché flottant d'Aphawa 

La boucle est bouclée 

La fin du périple est un peu plus sportive, avec 15 km d'autoroute, un échangeur à passer, et 8 km dans Bangkok ...Le port du casque s’avère plus sûr, et la mission est finalement accomplie !

Bangkok - Chinatown 

Faire du velo en Thailande

En bilan, faire du vélo en Thaïlande est plutôt facile. Les Thaïlandais commencent à pratiquer le vélo de route et des pistes cyclables existent à certains endroits. Partout, les routes sont neuves et larges, même étonnamment dans certaines campagnes ...

Merci Aldo pour ces quelques semaines ensemble, c’était top de découvrir ce mode de voyage avec toi. Je me vois difficilement voyager autrement maintenant ... Bon voyage au Japon : )

Les routes 

La nourriture Thai

Des nouilles, du riz, miam miam, avec des viandes grillées, brochettes et wok. Des fruits frais ...

Pad thai , mangue au riz collant coco, poulet aux noix de cajou, poulet basilic, fruits, Tom yum, poulet au curry rouge.

Au programme

La saison estivale sud-asiatique arrive et ses grosses chaleurs aussi. Je prends mon vélo avec moi et m'envole a Melbourne, ou l'objectif est de trouver un boulot pour quelques mois. Je suis accueillie par Asli que j'ai rencontrée en volontariat !

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