Carnet de voyage

The Great Canadian Road Trip

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De Montréal à Vancouver en Van, et probablement bien plus loin :D
Août 2019
100 jours
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Publié le 18 août 2019

Il était une fois, au plat pays de la poutine, des belles filles et du sirop d’érable, un jeune matelot prêt à braver les flots. Un matin, il s’était convaincu de retourner en son pays natal de la fondue, des montagnes et du cholocat. Hélas, sa carte de crédit ne voulut point honorer sa transaction pour son billet d’avion. Tant pis, se dit le jeune matelot, si les airs ne m’ouvre pas leur ailes, c’est peut être un signe qu’il n’est pas encore temps de rentrer à quai.

Quelques jours passèrent, où le matelot avait comme besogne de s’occuper du Navire. C’était un fameux trois mats, tout équipé, pouvant contenir des gallons d’eau et des reserves de nourriture pour parcourir des milliers de kilomètres. Prenant sa besogne à coeur, le matelot décida de s’installer vivre dans le navire. Il jeta l’encre dans la cité comptoir de Verdun, où il prit le temps de relaxer et de surfer. Eh oui, car au pays des cariboux et des fèves aux lards, il est possible de surfer dans la rivière enchantée. Le jeune matelot apprécia si bien son séjour dans le navire qu’il décida de se lancer à l’eau: il racheta le navire à la princesse pour la somme de milles piastres d’or. Son voyage débute ici, et nul ne sait où il se terminera…

Les préparatifs

Comme disait Tournesol “toujours plus à l’ouest”. C’est décidé, le jeune matelot partira en direction des montagnes Rocheuses. Pour son pélerinage, il planifie de traverser le plat pays pour finalement y atteindre les montagnes promises. Il profite de son séjour dans la cité comptoir pour y faire ses préparatifs. Il s’offre une boussole dernier cris, une trousse de soin et une casserole. Qu’y a-t-il d’autre à préparer? Pas grand chose étant donné que le navire est tout équipé.

Pour une meilleure flottabilité, le matelot décide de n’emmener avec lui que le minimum nécessaire, il fait le tri et finit par donner deux gros sacs d’habits à des oeuvres de charités. Vous ne pensiez pas qu’il possédait autant d’habits ? Lui non plus. C’est fous le nombre de biens matériels qu’on accumule au file des années.

Les adieux

Vendredi 9 Aout

Pour célébrer son départ, le matelot organise une grande fête dans son parc préféré. Il y invite ses amis pour boire et manger, jouer de la musique et rigoler. À un moment donné, l’orage éclate et des pluies diluviennes s’abbattent sur la fête. Pas question d’y mettre fin, le matelot sort une toile et tout le monde s’abrite en dessous. On chante des chansons en attendant que la pluie cesse. La pluie se calme, une partie du groupe est partie mais les plus braves sont restés. Il fait froid et on est mouillés, on s’en va donc se réchauffer à chateau Frieder. La soirée se poursuit en chansons jusqu’au petites heures.

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Publié le 18 août 2019

Le jeune matelot se réveille dans la chambre jonchée d’amis qui dorment de tout bords tout cotés. Après ces quelques heures de sommeil, on se réveille et se donne des calins d’adieux. Le jeune matelot s’en va rejoindre son navire le coeur gros. Il commence la journée par une petite sieste avant de démarrer son périple.

Il traverse de merveilleux paysages, forêts et lacs. Le jeune matelot s’arrête dans la sympathique bourgade de Arnprior pour y passer la nuit. Il y rencontre d’autres voyageurs natifs de Neuchatel. Le monde est petit !

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Dimanche 11 Aout

Le deuxième jour il s’enfonce dans la forêt pour rejoindre le rassemblement. La forêt est vaste mais le chemin est indiqué par des arc-en-ciel peint sur des pierres aux intersections. Il arrive finalement au campement principal marqué par un drapeau coloré indiquant Welcome Home – Bienvenue chez vous.


Le rassemblement est un événement gratuit financé par des dons. Le jeune matelot fait donc dons de quelques sacs de vivres. Le campement est habité par environ 300 personnes de tout ages, jeunes, vieux et enfants. La cuisine principale fournit deux repas végétaliens par jours, suivit par des annonces et le chapeau magique (pour y faire des dons en argent). Les repas commencent en cercle de chansons où on se tient par la main autour du feu sacré. La nourriture est servie par des volontaires. Pour des raisons d’hygiène, seul les serveurs touchent les plats. Les mains sont désinfectés par une solution au vinaigre et citron. Une pompe entrainée par un vélo suivit d’un système de trois filtres assure l’aprovisionnement en eau potable pour le camp. Il y d’autres espaces communs plus petit servant de la nourriture et du thé. Il y aussi un jardin d’enfant pour donne un peu de répit aux parents.

Le site est magnifique, le camp est à la lisière de la foret, à cheval sur une plage bordant un lac. Sur le lac se trouve l’ile de l’amazonite, une petite ile ronde où on y trouve de petites pierres vertes. Tout est basé sur le partage et le volontariat, certaines personnes organisent des ateliers de yoga, de peinture, de massage, de danse... J’ai ainsi pu m’essayer à la danse balladi et à l’acro yoga (yoga à deux). Certaines personnes disent que c’est l’endroit au monde où on a le plus de liberté. Il n’y aucune obligations, ni même l’obligation de s’habiller.

Mes journées commencent par des étirement sur la plage, suivi d’une natation dans le lac pour se rafraichir. je vais ensuite aider à la cuisine ou motiver les cuisiniers avec de la musique. C’est très intéressant d’être en cuisine et de faire l’assaisonnement d’une marmite de 40 livres. S’ensuit le repas où je prends plaisir à fair le service avec Samuel. Les soirées se terminent en chansons et danses autour du feu. J’aime beaucoup le petit espace de thé Chai animé par Yoanne, un jardinier nomade. Les nuits sont fraiche alors je passe la soirée avec ma grosse couverture en laine sur les épaules. L’avantage c’est que je finit par m’endormir n’importe où était donné que j’ai ma couverture avec moi. J’ai ainsi passé plusieurs nuits à l’espace de thé Chai et d’autres nuits sur la plage.

Les rassemblements Rainbow sont habituellement basé sur la pleine lune où se tient une longue soirée. Pour l’événement, tout le monde s’active en cuisine, on fait un gros repas. J’ai souvenir de cette magnifique scène médievale où je suis en train de couper des patates en cuisine avec d’autres gens, motivés par une violoniste et d’autre musiciens jouant du folklore québécois. Des hommes partis bucher du bois pour le grand feu reviennent en transportant des tronc d’arbres par groupe de six. La soirée commence après le repas du soir. On commence par crier nos intentions pour la soirée à l’unisson. Tout le monde sort son tambour ou jembé, on jette des troncs d’arbres dans le feux pour le faire grossir. Les percussionistes se tiennent à l’extérieur du cercle et les danseurs se placent à l’intérieur. Le feu est un brasier ardent, les danseurs sont en feu, certains fumant leur transpiration. Je me joint au groupe, j’enlève mon chandail. Les percussions sont entrainantes, je tourne sur moi même pour me faire rotir de l’autre coté. Lorque je suis bien chaud, je cours vers le lac pour me refraichir. Je fais la planche, j’observe les étoiles, le ciel est beau. Je retourne me faire sécher par la chaleur du feu. Je finis la soirée au salon de thé Chai où je m’y endors.


Le lendemain de pleine lune est une matinée de silence pour méditer pour la paix dans le monde. Je m’installe donc sur le plage. Le silence prends fin lorsque la parade des enfants fait le tour du camp. Puis la journée continue comme à son habitude.


Après plusieurs jours à me dire que je partirai le lendemain, je prends le baton de parole à la fin du repas. J’annonce que je m’en vais dans l’ouest en van et que j’invite les personnes intéressées à venir me parler. Je fais donc la connaissance de Rebecca qui habite à Vancouver et qui fera le voyage avec moi.

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Publié le 19 août 2019

Rebecca vient de Témiscaming, le village à la sortie de la forêt. Nous passons donc la première nuit chez sa mère. Je recontre ses deux parents, qui vivent séparément. On passe d’abord chez son père, qui se met sous le van et me dit de graisser le sélecteur de vitesse. Il est très intéressé par ma maison sur roue, on le dirait même prêt à me l’acheter. On passe ensuite chez sa mère, Yvette, qui nous donne une montagne de nourriture. Pour nous, elle cueille des carottes dans son jardins. Elle est toute contente de parler français avec moi. Témiscaming est à la frontière entre le Québec et l’Ontario et la plupart des gens délaisse la langue française après l’école obligatoire. On en profite pour se laver dans une vraie douche et faire une lessive.


Lorsque j’ai demandé à Rebecca si elle était prête à partager les coûts liés à l’essence, elle m’a répondu qu’elle possède actuellement neuf dollars dans sa poche et qu’elle est prête à jouer de la guitare pour remplir l’essence. Je me dis que si je voyage tout seul, je vais payer la totalité de toute façon. Je lui répond donc que je suis partant pour jouer de la guitare à la station service avec elle.


Le lendemain on passe la matinée chez sa mère avec son copain Tim. Lui et moi on joue un peu de guitare sur la terrasse pendant que Rebecca minimise les affaire qu’elle prend dans le van. Puis c’est le moment des adieux. Tim joue "don’t leave me baby" et Yvette, comme toutes les mères de ce monde, laisse couler une larme.

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Publié le 19 août 2019

On roule jusqu’à Sudbury. Le paysage en chemin est joli, mais je ne vais rien vous cacher, Sudbury ressemble à un alignement de centre d’achats avec gros stationnements. Vu que Rebecca voyage à trèèès petit budget, on fait le tour des poubelles des centres d’achat.


Oui oui, en excusivité pour vous, je décide de ne rien filtrer dans mon carnet de voyage. Au passage, non, je n’ai pas pris de drogue au rassemblement Rainbow, bien que les gens s’echangaient des champignons magiques comme des petits pains. La couleur bleue électrique du brevage magique (que je n’ai pas touché) nécessite tout de même d’être mentionnée.


Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos poubelles. On déniche du fromage, des patates et de la confiture, certe, passés de date mais beaux et encore emballés. Cette abondance de nourriture commestible dans les poubelles me fait réaliser que notre système est basé sur la surconsommation. Lorsqu’on sait que d’autres populations à travers le monde souffrent de malnutrition, ça à de quoi remettre notre système sociétal en question.


On décide de passer la nuit sur le stationnement du Walmart. Walmart, qui est un excellent exemple d’abondance, est connu pour tolérer les caravannes sur son stationnement pendant la nuit, l’idée étant que les gens qui dorment vont ensuite dépenser leurs sous dans le centre d’achat.


Le lendemain, on va faire un changement d’huile car le van en a besoin. Les employés du garage sont tous indiens et pakistanais. Ils sont simpathique et nous offrent du café. Je joue un peu de guitare et déjeune dans le van pendant qu’ils font la vidange.


Rebecca me dit qu’un ami à elle sera à Sudbury dans l’après-midi. En l’attendant je lui propose d’essayer de remplir l’essence avec sa guitare. Je suis à vrai dire très curieux de savoir combien d’argent on peut ramasser en jouant de la musique. On se place donc au coin d’une station service, chacun avec notre guitare. On commence à jouer de la musique qu’on a pratiqué la veille, sous l’oeil intrigué du pompiste, lui encore indien. On ramasse en tout un gros dix dollars après une heure de musique. C’est intéressant mais ça ne vaut pas le salaire d’ingénieur. Je suis néanmoins sûr qu’on pourrais ramasser plus avec un peu de pratique.


L’ami de Rebecca propose de lui acheter un billet d’avion pour Vancouver. Elle accepte volontier étant donné qu’elle paie un loyer là-bas. Elle se dit que le plus tôt rentré, le plus tôt elle pourra recommencer à travailler. Je la laisse donc à Sudbury avec toutes ses valises. Notre temps passé ensemble fut bref mais c’était très intéressant de partager un autre mode de vie. Adieux Rebecca, on se reverra en Colombie-Britanique.

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Publié le 19 août 2019

J’approche de Sault-Sainte-Marie. En reliant les villes de cette manière, une étrange impression de faire partie du jeu “les Aventuriers du Rail” me traverse l’esprit. Pas question de repasser une nuit sur un stationnement de Walmart, je fais donc un petit détour sur l’ile Saint Joseph pour y passer la nuit. Juste avant de traverser le pont, une magnifique petite île me sourit. Je bifurque à droite et empoigne mon savon bobo-écolo-biodégradable. C’est l’heure d’une petite douche dans la rivière avant que les nuages noires ne se transforment en tempête.

Je passe la nuit dans la marina de l’ile St Joseph. C’est très venteux, je ferme donc les fenêtres. Après une bonne nuit de sommeil, je fais une petite séance de yoga sur le ponton de la marina. Après ce réveil de bonne heure, direction Sault-Sainte-Marie et la frontière avec le Michigan!

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Publié le 22 août 2019

Lundi 19 Aout

Après avoir passé la frontière sans encombre, je traverse une partie du Michigan. C’est plat… très plat. Je chante pour passer le temps. Je fais une épicerie en chemin puis je continue vers l’ouest. Je m’arrête à un point de vue sur Grand Island et le lac Supérieur, avant de me chercher un endroit pour passer la nuit dans une bourgade dénomée Christmas. Je fais plusieurs camping qui sont hors de mon budget (i.e. plus que 0$) ou alors complet. Je profite d’une plage d’un camping que je visite pour y faire saucette. L’eau est clair et fraiche. C’est un plaisir de se dégourdir les muscles après avoir passé plusieurs heures vissé sur le siège à conduire. J’opte finalement pour dormir sur le stationnement d’un casino. Oui car au pays du bacon et de la douzaine d’oeufs à un dollar, il est possible de trouver des casino de les endroits les plus reculés. Les casinos tolèrent les caravannes sur leurs parking pour que les joueurs puissent dépenser leurs sous jusqu’au petit matin sans avoir à ce soucier de l’endroit où dormir, sachant leur lit à quelques pas. Tant mieux pour moi, je profite de la situation pour avoir une place gratuite pour la nuit.

Au petit matin, je vais faire une petite course à pied au bord de la plage agrémenté de quelques étirements. En revenant à ma maison sur roue, j’ai la joie de découvrir que je suis stationné en face d’un pommier. En cherchant bien je finis par en décrocher une rouge pour la route.

J’aime conduire au petit matin, c’est là que je croise le plus d’animaux. J’ai ainsi pu admirer des cerfs, un renard qui avait attrapé une proie et qui m’a dévisagé comme un enfant surpris les babines pleines de chocolat, et des échassiers comme des hérons mais portant un petit masque rouge. Toujours par deux ceux-ci.

Après une heure de conduite, je fais le plein d’essence. Je réalise que j’ai la monture idéal pour parcourir le pays de l’oncle Sam. L’essence me revient au prix imbattable 0.93 CAD/Litres (0.70 CHF/Litres). Le territoire est vaste et les transports en commun inexistant. Les rues sont larges pour y accomoder des maneuvres dignes d’un éléphant s’adonnant à de la gymnastique et le pays contient bon nombre de camping gratuits, lorsqu’on sait où les trouver.

Cette station d’essence se trouve dans une ville plutôt jolie. A vrai dire, une des rares jolies villes depuis que je suis sur la route. Je décroche le vélo et je fais un petit tour. Marquette, ancienne cité minière, possède des pistes cyclables dont je suis très reconnaissant de pouvoir emprunter. Les batiments s’entremèlent entre pierres rouges, pierres blanches et briques. Je passe devant le batiment du Mining Journal, puis je pédale jusqu’à la digue, et finalement sur la digue. Je longue ensuite les plages puis je me perds dans les quatiers résidentielles pour rejoindre le centre ville où ma maison m’attend sagement.

Je reprends ensuite la route en direction du Wisconsin, mais après un gros vingt minutes de conduite, je pique du nez. Je m’arrête donc pour faire une sieste dans le lit douillet qui équipe ma monture. À mon réveil une dame me donne la dernière crème glacée de son paquet. “Prends la, elle est en train de fondre et nous n’avons pas de frigo”. Merci madame, vous tombez à pic. La vie n’est elle pas pleine de surprises ?

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Publié le 22 août 2019

Trois heures de route après la crème glacée, soit environ une vingtaine de biscuits au beurre d’arachide et deux chapitres du livre audio The Call of the Wild (pauvre Buck!), les panneaux publicitaires affichent une heure de moins que ma radio. Joie, le vecteur temporelle s’est mis en marche au moment où mes panneaux solaires ont accumulé 2 virgule 21 Gigawatts, je remonte donc le temps... Oui, bref, c’est une journée de 25 heures pour moi, et il y en aura d’autres. J’arrive à la cascade de la rivière à patate qui m’offre un camping gratuit. Je n’invente rien ici, je ne fais que traduire “potato river falls”. Cette belle cascade sera ma douche pour ce soir.

Le lendemain, réveil matinal encore une fois. Je décide de prendre le volant avant de manger, le petit déjeuner sera une occasion pour faire une pause de conduite. Je m’arrête après deux heures de route à un centre d’information pour visiteurs. Je fais quelques étirements et je cuisine mon bacon. Je passe ensuite un peu de temps dans le centre d’information. Je discute avec le type qui y travail, la soixantaine, barbe blanche peu entretenue. Il me dit que c’était son anniversaire hier. Bon anniversaire sympathique Monsieur. Je le questionne sur Minneapolis, il me répond qu’il a grandi là-bas et que c’est une belle ville pour y faire du vélo le long du fleuve Mississippi. Il me laisse aussi feuilleter un guide des parcs americains. J’apprends qu’il y a un canyon au Dakota du sud ainsi que des grottes, j’irai y faire un tour. Il finit en me donnant une carte avec un iténéraire tracé à la main le long de la rivière Sainte-Croix. Chouette, une carte ! Je jette mon téléphone au fond de mon sac, je n’en ai plus besoin pour aujourd’hui.

Je longe donc la rivière Sainte-Croix. Je me dégourdis les jambes au parc des Glacier Potholes (nid-de-poules en français). Le nom vient des glaciers qui ont creusé la roche en se retirant. Je continue ensuite jusqu’à la simpathique bourgade de Stillwater pour y faire une halte.

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Publié le 26 août 2019

Je roule en direction de Minneapolis et je finis par me stationner sur un grand centre commercial dans l’optique d’y passer la nuit. Il est encore tôt alors je décide d’explorer la ville en vélo. Après une petite heure de bicyclette, je me rends compte que la ville est plus grande que prévue. J’arrive seulement à Saint-Paul qui est la soeur jumelle de Minneapolis. Il me faudrait une autre heure pour atteindre Minneapolis. Je n’ai pas l’énergie de pédaler trois heures de plus (en comptant le retour) et la piste cyclable n’est pas tant agréable, flanquée entre l’autoroute et le chemin de fer. Je retourne donc à ma maison en serpentant des quartiers résidentielles.

Après un bref repas dans le van, je regarde le plan. Je suis à 7h de route de Pierre, ma prochaine destination. Je décide de m’avancer un peu dans cette direction. Je conduis encore une heure et demi jusqu’à atteindre un Walmart. À mon arrivée il fait complement nuit, je laisse la priorité à un lapin qui fait des bonds sur la route. Je jette un oeil au ciel étoilé qui est magnifique loin de la pollution lumineuse. J’ai conduit en tout sept heures aujourd’hui et demain sera une autre grosse journée derrière le volant.

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Jeudi 22 Aout

En choisissant la route 14, la plus direct pour atteindre Pierre, le chef lieux du Dakota du sud, je m’enfonçais dans les prairies. L’avantage de la route 14 c’est qu’il n’y a personne, ormis quelques camions. Le désavantage ? Well, il n’y personne. Pas d’aire de repos, pas même un arbre pour fournir de l’ombre pour une petite sieste. Je finis quand même par faire une pause sur un stationnement sans ombre pour entrecouper les six heures du trajet.

Je finis par atteindre Pierre, épuisé et en sueur. C’est une jolie ville bordant la rivière Missouri, je stationne le van sur l’ile Laframboise. Je fais ensuite quelques pas en centre ville pour me change les idée. J’ai besoin d’une douche, je m’essaie à la piscine municipale mais elle est déjà fermée. Pour palier au manque de motivation pour me faire à manger, je m’offre le luxe d’une bouffe Mexicaine. En attendant d’être servi, je feuillette des magasines touristiques. À ma grande surprise, il y a pleins de belles choses à découvir au Dakota du sud, la plupart dans la direction où je m’en vais, joie !

Le lendemain, réveil matinal, je fais une petite gymnastique au bord de la rivière Missouri, puis je m’en vais en direction de Badlands. Deux heures de route plus loins, j’entre dans le parc national, j’achète le pass pour un an étant donné que je prévoie faire plusieurs autres parc nationaux. Le premier virage est époustoufflant, les Badlands sont des colonnes de roches colorés du rouge au blanc. Je prends une collation devant ce paysage surréaliste. Je continue ensuite dans le parc, je passe des montées, des point-de-vues et des cols. Je fais ensuite quelques pas dans ce sol aride et je m’assoie au sommet d’une petite colonne. Je remarque d’abord les quelques arbustes verts qui survivent à ce climat sec. Je remarques ensuite des petits oiseaux ainsi qu’un rongeur qui renifflent le sable. Leur mode de vie reste un mystère pour moi, mais je suis content d’avoir vue de la vie dans ce désert.

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Vendredi 23 Aout

Après les Badlands, je prends la direction de Rapid city. À la vue des milles annonces publicitaire pour des attrape-touristes, je me dis que je vais y passer bien rapidement. Je finis par prendre l’autoroute de contournement pour éviter ça. L’entrée dans les Black Hills, montagneuses et pleines d’arbres verts fait contrast avec les prairies. C’est beau et les routes sont sinueuses. J’ai besoin d’une douche encore plus qu’hier. Je demande donc à centre d’information un lac pour me baigner. Je rejoins le lac Lakota au plus vite. Une fois encore, ma salle de bain est magnifique, iréel et intouchée. Je me refraichis avec soulagement. En partant je ramasse le peu de déchets qui trainent pour remercier l’endroit de m’avoir ouvert ses bras.

Le soir je rejoins un estpace de campement pour grimpeurs. C’est un plaisir de voir du monde, je vais pouvoir être social ce soir. Je m’essaie d’abord avec deux étudiants, mais ils en sont pas très bavards. Je rejoins ensuite deux grimpeurs venus de l’Iowa avec des bras trois fois les miens. Ils ont l’air simpathiques. Edward et Joe me proposent d’aller escalader avec eux le lendemain. On verra bien ce que ça donne, mais j’ai l’impression que ce sont des pros et que je vais suer.

Je profite de la soirée pour aller au mont Rushmore en vélo qui est à quelques miles seulement. Eh oui car le stationnement coûte 10$ pour les voitures, profitons donc du vélo. Un sentiment de liberté m’envahit à serpenter ainsi la montgne à vive allure, dans la fraicheur de la soirée. Une fois au mémorial, c’est une scène patriotique qui s’offre à moi. Les visages des quatres présidents sont illuminés dans la nuit. Une bande sonore raconte les exploits de George Washington. S’ensuit l’hymne national avec une pliage de drapeau sous les applaudissements de la petite foule.

Réveil aux aurores pour une petite collation avant d’aller grimper. Le site de grimpe est composé d’une multitude de colonnes de rocs, telles des tentacules sorties de terre. On passe la matinée à grimper toutes sortes de faces. À ma grande surprise, leur niveau est à peu près similaire au mien. On fais donc les mêmes routes. Ils m’apprennent des bonnes pratiques, des noeuds etc. Ils continuent à grimper dans l’après-midi, moi j’opte pour une sieste et une baignade au bord d’un petit lac. Je retourne aussi au mémorial pour remplir ma bouteille d’eau. À mon retour j’ai le plaisir de croiser un bouc blanc.

Le soir après le souper, mes deux amis me proposent d’aller faire une session d’escalade de nuit. Je prends ma lampre frontale et je les rejoins. L’escalade de nuit est assez différente car la zone de visibilité est restreinte par la lampe frontale. Il est aussi parfois difficile d’éclairer ses pieds. C’est une expérience très intéressante et pleine d'adrénaline.

Avant d’aller nous coucher, nous passons un moment à observer les étoiles. Edward qui a étudié en musique il y a une trentaine d'année, joue un air de flute qui sonne magiquement sous le ciel étoilé.


Le lendemain, réveil matinal encore une fois. Nous allons grimper les plus hauts rocs du site, culminant à une trentaine de mètres. Vers onze heure, Joe et Edwards reprennent la route, pour eux c’est la fin de leur weekend et ils leur restent 9h de route avant de rentrer chez eux. Je me joins donc à un autre groupe plus jeune. R.J., Alissa et Courtney. Ils m’aprennent à faire de la décalade en solo. Cette maneuvre est utilisée lorsque le dernier grimpeur nettoie la route, il enlève tous les mousquetons en descendant. En fin d'après-midi, je les remercie pour leur companie et je prends la route en direction du Wyonming.

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Publié le 26 août 2019

Dimanche 25 Aout

Après trois heures de route, j’atteins Devils Tower, un bloc de 300 mètres de haut sorti falliquement des plaines. Autrefois appelé le tipi des ours par les Amérindiens, c’est un lieu sacré. Je décide d’y aller à vélo pour éviter de payer l’éventuel stationnement. L’entrée est payante même pour les vélos, mais le ranger me dit que c’est un jour gratuit aujourd’hui. La route contourne la tour, ce qui me permet de la voir sous tout ses angles. Je remarque un chemin en terre plus direct, utilisé par les randonneurs. Le silence de mon vélo me permet de passer devant plusieurs cerfs sans les effrayer. Je monte la côte lentement sous leur regards intrigués.

La tour semble sortie du sol comme par magie noire laissant au passage un monstrueux amas de blocs de pierres. Le tout est composée de colonnes rectilignes verticales accentuant le sentiment de hauteur.

J’entreprends de faire le tour du sentier à pieds mais après une vingtaine de minutes le vent se lève et l’orage menace. Je décide donc de rebrousser chemin et d’enfourcher ma bicyclette. Pour gagner du temp je m’embarque sur le chemin en terre fait pour les randonneurs. Grossière erreur, car mon vélo de route n’apprécie guère les roches qui ressortent du chemin. Je dois descendre du vélo à plusieurs reprises, faisant la course contre la noirceur et l’orage. Le diable en personne fait gronder sa colère et des éclairs violacés éclatent au loin. Je continue ma descente effrenée sous la pluie avec les éclairs qui se rapprochent. J’atteins péniblement la route asphaltée, puis je me dirige en quatrième vitesse vers ma maison. Lorsque je l’atteins finalement, c’est une pluie diluvienne innondant le stationnement qui m’acceuil.

Un fois au sec, je me cherche un endroit pour la nuit. Je décide de me stationner dans la bourgade nommée Sundance. Je me cuisine un repas chaud puis je me mets dans les draps pour finalement me rendre compte que le toit du van prends l’eau et que la moitié du lit est trempée. Pas grave, je n’utiliserai que la moitié du lit ce soir.

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Lundi 26 Aout

Yellowstone est à environ six heures de route, mais je n’ai pas le goût de conduire autant aujourd’hui. Je vise donc un point à mi-chemin sur la carte. Voyons donc… Bighorn National Forest est environ à mi chemin et il a des emplacements de camping gratuits. Je fais un arrêt à Gillette pour y faire ma lessive et profiter du WiFi. Puis je prends la direction de l’ouest, comme toujours. Je questionne le bien fondé de mon voyage. Que suis-je venu chercher ici ? Sur ces routes toutes plates ? Soudain à l’horizon apparait les montagnes Rocheuses. Hourra ! La montée qui s’ensuit est phénoménale. La température du moteur s’élève avec l’altitude. Les virages offrent une vue dans la plaine sur plusieurs centaines de kilomètres. Je passe un col, puis je conduis encore une heure dans la montagne, mes doutes ayant laissé place à l’admiration de la montagne.

Je m’arrête pour la nuit sur un emplacement de camping à 2500m d’altitude. La nuit va être froide. Je sors la couverture en laine de l’armée russe que nous avions acheté dans un magasin militaire à Montréal. Nous avions hesité entre ce modèle et le modèle de l’armée suisse, qui était moins chère mais moins épais. J’avais choisi le modèle russe en me disant que j’allais par une froide nuit me remercier d’avoir choisi le plus chaud.

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Publié le 2 septembre 2019

Mardi 27 Aout

Après la descente de la montagne, la traversée d'un village de 93 habitants nommé Shell et quelques lignes droites, j'atteins Cody, la ville fondée par Buffalo Bill. Je visite donc le musée dédié en son honneur. Il est écrit sur l'entrée qu'il faut déposer ses armes à feu au comptoir... C'est la que je réalise que je suis au far west.

Le musée comprend une énorme collection d'armes à feu, une section dédiée aux Amérindiens, une section sur la faune locale, une autre sur l'art western, un jardin avec des rapaces blessés et bien sur une section sur les Wild West Shows.

Étant dans le far west, j'en profite pour aller voir un Rodéo. Plusieurs sports sont à l'affiche, rodéo sur un cheval, rodéo sur un taureau, course à cheval, capture de vache au lasso et capture de vache en équipe, le tout très impressionnant.

Pendant la pause, un clown invite les enfants à entrer dans l'arène. Deux vachettes avec des foulards autour de leur queu sont lachés et les enfants se ruent après pour recevoir une récompense. Ça aussi c'est wild!


Le soir, je me trouve un coin confortable dans la montagne, j'observe les étoiles un moment sous la couverture russe. Je songe à passer la nuit dehors mais je finis par aller me coucher dans le van.

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Publié le 2 septembre 2019

Mercredi 28 Aout

Ah enfin, autre chose que de la route! Je passe en tout quatre jours à Yellowstone. Le parc est énorme et se fait bien en voiture. Les Bisons et les rennes (elks) créent des embouteillages sur la route. Pas de stresse, je me stationne sur le bas coté et j'observe les bisons en me cuisinant des pâtes. Je fais ensuite une randonnée au dessus du canyon de Yellowstone avec vue sur les cascades.

En soirée je rencontre un couple, Richard et Sophie, qui fuit le Brexit. Le lendemain je fais une longue randonée avec eux. La plaine est déserte hormis quelques ossements de rennes.

Yellowstone est connu pour ses activités volcanique, on y trouve des bassins fumants et de l'eau en ébullition un peu partout dans le parc. J'assiste à l'éruption du Gyser Old Faithful avant d'aller m'enfoncer dans la forêt pour une nuit à la belle étoile en solitaire.

La nuit en forêt n'est pas de tout repos, sachant les bêtes sauvages qui habitent le parc: ours noirs et grizzly, loups, bisons et j'en passe. J'oberve donc les étoiles à l'affut des moindres bruits.

Au matin je visite le Grand prismatic. Je me suis levé tôt pour pouvoir l'admirer sans une horde de touristes. Mais arrivé au point de vue il n’y a que de la brume à l’horizon. Je me cuisine donc des oeufs avant d’y retourner vers 10h.

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Samedi 31 Aout

Je descends vers le parc National du Grand Teton. Le soir je campe au bord d’une rivière où il est possible d’y plonger depuis la falaise d’environ 5 mètres. Je rejoins un groupe de jeunes de la région qui soupent au bord de la rivière. Ils me disent qu’il était possible de rejoindre le sommet du Middle Teton en randonnée.

Le lendemain, réveil de bon heure pour l’ascension du Middle Teton. Les locaux m’ont dit qu’il y a de la neige par endroit. Je met donc une grosse veste dans mon sac. Un litre d’eau, des barres de céréales, un restant de riz et des sardines en boite. La randonnée pour atteindre le sommet fait environ 20km aller retour, mais compte un dénivelé de 2000m ! La deuxième moitié est faite de roches empilée due aux éboulements, ce n’est pas vraiment un chemin et de fait la progression dans ce terrain accidenté se fait lentement. La progression se fait de plus en plus lentement avec l’altitude et la pente de plus en plus raide. À court d’eau proche du sommet, un groupe de jeunes remplit ma bouteille avec la leur. De mon départ à 9h, j’atteins le sommet à 14h30. La vue est époustoufflante. Du haut de ses 3902m, le Middle Teton est le troisième plus haut sommet de la région après le Grand Teton et le Mont Owen. La descente se fait par endroit sur les fesses dans la neige qui persiste. C’est une première pour moi de faire de la luge en été.

Le soir, je campe au départ des randonnées et je rencontre Emilia et Alex qui viennent de Boston. On partage nos victuailles et on admire les étoiles.

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Publié le 8 septembre 2019


Lundi 2 Septembre

Pour éviter de retraverser le parc de Yellowstone, je passe par l’Idaho. Je monte le col Teton où le van chauffe dangereusement. S’ensuit des plaines et des collines avec vue sur l’utre versant du Grand Teton. Je dors finalement sur un site de campement partagé avec l’enclos des vaches.

J'ai traversé l'Idaho en vitesse. J'ai par la suite rencontré quelqu'un qui m'a dit que l'Idaho est vraiment beau, mais que les gens n'en parlent pas pour garder ce coin de pays pour eux. J'essaierai donc d'y retourner.


Vu que je n'ai pas grand chose à dire sur l'Idaho et que nous sommes la fin du mois, je vous propose un petit topo de mes dépenses. Si celà vous intéresse bien sûr, personne ne vous retient de passer au chapitre suivant.

Vous remarquerez que sur les 1150$ CAD du mois d'aout (à partir du 6 aout), plus de la moitié sont brûlé en essence. Oui je suis d'accord avec vous, c'est dégeulasse, d'autant plus que je suis tout seul dans le véhicule. Les loisirs comprennent l'entrée au USA et l'entrée pour les parcs nationaux, le musée Buffalo Bill et le Rodéo. L'épicerie c'est la bouffe, les douzaines d'oeufs à 1$, et la viande à 4$ le kilo. Ça aussi c'est dégeulasse, j'ai décider d'acheter des oeufs de poules élevées en plein-air, environ trois fois plus cher. Les extras comprennent les crèmes glacées à 4$ et les cookies et chocolats chauds qui me permettent de m'installer dans des cafés pour plusieurs heures afin de rédiger le blog et d'autres projets. La section autre englobe principalement des outils pour le van et le vélo, des produits pour la trousse de soin et le p***** de spray à ours à 45$! Que j'ai décider d'acheter, car j'allais regretter d'être aussi radin le jour où je me retrouverai nez à nez avec un ours. Pour avoir les dépenses totales, ajouter à cela 60$ d'assurance santé, 40$ pour le forfait téléphonique et un autre 60$ pour l'assurance du van... je pense que c'est à peu près tout.

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Publié le 8 septembre 2019

Mardi 3 Septembre

Ce prononce “Mezzoula”. Jolie petite ville hippie qui me fait penser à certains quartiers de Montréal. La rivière qui traverse la ville fait une vague qui peut être surfée. Malheureusement, le niveau d’eau de la rivière est assez bas en ce moment alors je me suis contenté de me rafraichir dans l’eau. Je vais dans un café bobo pour travailler un peu sur le blog. Un vieux monsieur un peu trop amicale me tient la jambe. Il me dit qu’il était pompier pour les parcs nationaux, puis garde forestier. “Ranger” en anglais, juste ce mot me fait rêver. Mais il n’aimait pas ça car il ne s’entendait pas avec sa hiérarchie, me dit-il. Bref, nous taillons le bout de gras pendant une bonne heure et mon blog n’avance pas beaucoup. Il me dit que demain soir aura lieu un concert gratuit au bord de la rivière. Je décide donc de rester une journée de plus.

Le lendemain je retourne à la rivière et quelqu’un est en train de surfer. Je vais donc lui parler. C’est un touriste qui à loué une planche de surf, mais il n’arrive pas à surfer la vague qui est trop petite. Il me propose d’essayer avec sa planche de location. J’accepte volontier. Fiasco total, la planche touche le fond de la rivière et en perd un aileron. C’était simpa d’essayer, mais vivement d’arriver à l’océan pour faire du vrai surf!

Le soir je vais faire un tour au concert gratuit. Un groupe joue de la musique country. C’est pas mal mais il n’y a que des vieux. À défaut de vouloir intéragir avec les gens présent, je décide de marcher le long de la rivière, ma guitare à la main. Une voix m’appelle “joue nous un morceau de musique”. C’est une fille d’un groupe d’enfants assis en cercle. L’animatrice me dit qu’ils sont un groupe de l’église méthodique et que je n’ai pas à répondre à la demande de la petite fille. Je lui réponds que je jouerais un morceau avec plaisir. Je joue donc un peu de guitare entouré de ce cerlce d’enfants, pendant que l’animatrice fait un débriefing de la journée. Un autre groupe m’attire, composé d’une multitude de gens de mon age faisant des grillades. Je me joins donc à eux. Une demoiselle me dit que c’est un groupe étudiant qui fête la rentrée scolaire et que je suis bienvenue de me servir un burger. Ainsi soit-il, je ne lui fait pas répéter deux fois! Je finis la soirée en socialisant avec le groupe d’étudiants.

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Jeudi 5 Septembre

Je conduis quatre petites heures pour atteindre le parc national de Glacier toujours dans le Montana. Une piste cyclable coupe une partie du parc. Je détache donc le vélo et je me balade du centre d’information au village au bord du lac en passant par des ponts sur la rivière turquoise. Je fais ensuite saucette dans le lac. Je suis le seul fou à me baigner dans ce lac plutôt rafraichissant.

Je m’arrête pour une crème glacée et je questionne un couple dans la cinquantaine sur leur parfum préféré. Le monsieur me répond d’essayer la “Huckleberry” qui est une sorte de mirtille endémique au Montana. Au prix de la crème glacée, je demande à la crémière un échantillon de ce fruit inconnu. Plutôt bon, ce fruit est subtilement marié avec un gout crémeux. Je déguste donc ma crème glacée en regardant le soleil descendre au dessus des montagnes. Ayant complété la lecture des nouvelles de Maupassant, je me cherche un nouveau livre dans la boutique souvenir. Un couple qui vient de Virginie me recommande l’histoire de Lewis et Clark. C’est l’histoire véritable des deux aventuriers qui ont exploré l’Ouest américain sous l’ordre de Thomas Jefferson, le but était de rejoindre le Pacifique par voie maritime. Ils me racontent que les animaux chassés dans le roman sont aujourd’hui exposés dans la demeure de Thomas Jefferson en Virginie. Il ne m’en faut pas plus pour me convaincre, je le prends.

En fin d'après-midi, dans l’amphithéatre extérieur, une Ranger donne un exposé sur la formation des montagnes environnantes. Les glaciers en transportant des sédiments, ont creusé les vallées en forme de “U” par frottement de ses sédiments avec le sol rocheux. Elle nous explique aussi que l’eau coulant du parc des glacier se jette dans l’océan Pacifique, l’océan Atlantique, et la baie d’Hudson au Nord.

Le soir, je vais camper en dehors du parc où je recontre un groupe de quatre Slovaques, dont trois demoiselles plutot charmantes. Un français et un américain du Colorado nous rejoignent autour du feu. Nous discutons et échangons des victuailles jusqu’à tard dans la nuit.

Le lendemain, la météo s’annonce plutôt mauvaise. Je comptais monter un sommet qui m’aurait pris la journée mais je décide de monter au col de Logan en van pour y faire une petite randonnée. La vue en montant au col est spectaculaire alors je décide de m'arrêter dans un virage pour y casser la croûte.

La petite randonnée au col de Logan me même au lac caché, qui tient son nom du fait qu'on ne le voit pas depuis le col j'imagine. Malgré la petite pluie, la visibilité reste bonne, ce qui me permet d'apprécier le paysage et les quelques rongeurs qui se balladent dans la montagne.

Après la petite randonnée sous la pluie je décide de rentrer à la maison. Eh oui, car après ces six milles kilomètres, je ne suis qu’à une heure de la frontière Canadienne! Le monde est petit... ou c'est plutôt le Canada qui est grand.

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Vendredi 6 Septembre

Après avoir traversé la frontière Canadienne, je monte au Nord vers Calgary. Ça ressemble à une grosse ville étendue avec des autoroutes de contournements à n’en plus finir. Je décide donc de ne pas m’aventurer dans cette jungle urbaine et prends la direction de l’ouest vers les montagnes rocheuses qui avaient disparu de l’horizon depuis la frontière. Leur réapparition en soirée est spectaculaire. J’ai l’impression de m’avancer droit dans la gueule de ces monstruosités dormantes, bleutées par l’ombre de leurs imposantes dimensions.

Je passe une semaine dans les parcs nationnaux de l’ouest Canadien. Les deux plus gros sont Banff et Jasper en Alberta et les deux plus petit sont Kootenay et Yoho en Colombie-Britanique. Au menu, randonée, vélo, baignade très froide, lacs bleutés, lacs turquoises, lac émeraudes, lacs gris, cascades, glaciers, forêt, et j’en passe. Le ciel se couvre à partir du deuxième jour, accompagné de petites pluies fines. Tant qu’à être mouillé, je suis tenté de prendre la route pour aller surfer dans l’océan. Mais je me dit que je ferais bien de passer un peu plus de temps dans ces parcs étant donné que je me suis donné tout ce mal pour les atteindre. Je choisis des randonée avec des cascades et des lacs plutôt que des points de vue étant donné la brume. La pluie fine ne me dérange moins que je pensais lors de mes randonées.

Voici quelques photos des plus beaux endroits:

Two Jack, Banff NP

Lake Minnewanka, Banff NP

Glacier Stanley, Kootenay NP

Wapta Falls, Yoho NP

Takakkaw Falls, Yoho NP

Natural Bridge, Yoho NP. Autrefois une cascade, le temps et l'eau ont creusé un passage sous la roche formant un pont naturel.

Lake Peyto, Banff NP

Arrivé dans le parc national de Yoho, je me rends au batiment d’information. La demoiselle au comptoir me dit qu’une place vient de se libérer au camping du lac O’Hara et que je devrais sauter sur l’occasion pour y aller car les gens réservent leurs emplacements six mois à l’avance. Le site du lac O’Hara est interdit aux véhicules et aux vélos. On peut y acceder en bus mais le nombre de personnes est contingenté pour préserver la nature du site. Je fais donc partie des chanceux qui peuvent y fouler le pied. En descendant du bus je comprends pourquoi les gens se battent pour y aller. C’est littéralement le pays des merveilles. Malgré la météo couverte, les plantes et la mousse sont d’un vert contrasté et électrique. Des champignons écarlatent fleurissent dans la mousse. Du haut de la falaise, le point de vue est magnifique avec le lac O’Hara bleuté aligné aux cotés d’un lac vert. Les contrastes sont surréalistes et impressionnants malgré le manque de soleil.

Le lendemain au soir, je fais un stop par le lac Louise, l’endroit le plus populaire du parc de Banff. C’est encore une fois un lac très contrasté. J’apprends que la Canadian Pacific, après avoir construit une voie ferrée au travers du continent, a utlisé le lac Louise comme carte de visite pour y faire venir les touristes et ainsi rembourser une partie des coûts du chemin de fer. Lorsqu’Hollywood manquait de temps où d’argent, ils venaient tourner leurs scènes “Suisses” au Lac Louise.

Il est interdit de camper dans les parcs nationaux en dehors des emplacements de camping payants. D’habitude je sortais du parc, mais le parc de Jasper est tellement grand que ça me couterait plus chère en essence de sortir du parc que de payer pour un carré de gazon désigné, flanqué entre l’autoroute et le chemin de fer. Le parc de Jasper possède une superficie égal à la Suisse Romande, soit le quart du territoire Helvétique !

Lever de soleil sur Athabasca Glacier, Banff NP

Malheureusement les changements climatiques ne l'ont pas épargné. En 1908, le glacier se rendait jusqu'à la borne!

Valley of the five lakes, Jasper NP

Maligne Canyon, Jasper NP

La vallée de l'Athabasca, vue depuis le Mont Signal, Jasper NP. Vous pouvez apercevoir la ville de Jasper au milieu de la vallée.

Montagnes surplombant le Medicine Lake, Jasper NP

Après une semaine de randonée, je me lave avec la douche portable qui est une pochette chauffant au soleil. Je me sent d’une propreté inégalé après cette douche rafraichissante, oui car il n’y a pas de soleil pour chauffer la pochette. Je passe ensuite la soirée au village de Jasper pour pianoter sur mon ordinateur. Je télécharge une compilation des Beatles et de Dire Straits car j’ai déjà fait huit fois le tour de Paco de Lucia, Eric Clapton et des Gipsy Kings. Rock On ! Je reprends le volant en direction du camping avec de la bonne musique. Le soleil pointe même le bout de sont nez, créant un arc-en-ciel, et un male Wapiti avec des bois démesurés me salue du bord de la route! Je me sens propre, je me sens bien, que la vie est belle!

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Publié le 17 septembre 2019


Vendredi 13 Septembre

J’ai contacté un ami de Montréal, Paras, qui a déménagé à Vancouver il y a un an et qui y vit avec son frère. Il me dit que sa mère est de passage et que je suis le bienvenu. Je roule donc toute la journée pour rejoindre Vancouver sachant la bonne nourriture que sa mère a preparé. J’arrive finalement à 17h, un peu avant qu’il ne rentre du travail. C’est donc son frère, Parag, qui m’accueille.

Je passe finalement toute la fin de semaine avec eux. Cuisiner et partager les repas avec sa famille me fait du bien après tout ce temps passé en solitaire.

Le samedi, nous partons en voiture avec la copine de Parag pour visiter quelques parcs. Depuis la voiture, j’observe la ville au loin. Nous roulons a toute allure dans cette jungle urbaine, parmis ce flot de véhicules. Je me rends compte que cela fait plus d’un mois que je n’ai pas mis les pieds dans une grande ville et un sentiment de contemplation et d’insécurité m’habite. Je me rends compte que je n’ai plus mes repères dans ville de cette dimension, alors que la forêt et la montagne me semblent bien plus accueillant.

Nous faisons une premenade sur un pont suspendu, sous la pluie. Vancouver, c’est couvert. Il pleut un peu tout le temps et rare sont les fois où on peut apercevoir le soleil.

Après la ballade il se met à pleuvoir à grosses gouttes, nous décidons donc de faire une activité à l’intérieur et nous optons pour une serre à oiseaux. Arrivé devant la volière il ne pleut plus. Nous passons une petite demi-heure à l’intérieur parmis les plantes colorés et les oiseaux exotiques qui sifflent mélodieusement. En sortant il pleut à nouveau.

Nous mangons ensuite dans une pizzeria au feu de bois puis nous finissons la soirée dans une glacerie qui possède 238 parfums à son compteur !!! J’en goûte pour ma part une petite quinzaine avant de me décider pour une glace au chocolat-brownie.

Dimanche, Paras et moi allons faire un tour sur une des plages de Vancouver. Nous discutons de nos voyages et de notre vie. Après toutes ces rencontres ephémères des gens avec qui j’ai discuté en chemin, sachant que je ne les reverrais probablement pas, parler avec quelqu’un de connu a quelque chose de réconfortant. Nous passons l’après-midi à discuter et le soleil pointe même le bout de son nez.

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Publié le 21 septembre 2019

Lundi 16 Septembre

Dimanche soir en faisant un passage dans le van, je me rends compte que mon papier toilette à été saccagé par une petite souris. Je peux même observer des traces de machoire sur mon paquet de pâtes. La guerre est déclarée! Lundi matin je me procure donc une trape à souris. Je me dirige ensuite en direction du ferry pour rejoindre l’ile de Vancouver. Je vous invite à regarder une carte pour réaliser que l’ile de Vancouver est bien plus grande que la ville elle-même et que la ville n’est pas sur l’ile.


Arrivé sur l’ile, j’ai une petite heure de route à faire pour aller à Victoria. Je prends un auto-stopeur en chemin. C’est un local qui était en visite chez un ami. Il me parle de Victoria et des villes que nous traversons. Il me dit que Duncan est habité majoritairement par des autochtones et que leur culture y est bien représenté, ce qui est très rare pour une ville en amérique du nord.

Arrivé à ma destination je dépose mon auto-stopeur et je passe chez Rebecca. Oui, nous parlons bien ici de la Rebecca des chapitres 3, 4 et 5, car elle habite à Victoria. Elle vit dans une petite maison avec sept collocs. Leur appartement est joliment décoré et est rempli d’instruments de musique. Je cuisine avec Rebecca un chaudron de Chili végétarien que nous partageons avec ses collocs. J’aime beaucoup l’atmosphère qui règne dans cette maison et l’énergie de ses habitants. Malheurement la plupart travaillent le lendemain et, de fait, je ne vais pas avoir l’occasion de rester avec eux. Je me trouve donc une ruelle tranquile pour stationner mon van. Bonne nuit la petite souris, si j’entends un claquement au milieu de la nuit je saurais que je t’ai eu.


Le lendemain je passe un petit moment dans un café bobo à Victoria. Il pleut et je n’ai pas tant envie d’explorer la ville. Je prends donc la direction du Nord pour rejoindre Tofino, le village des surfers. En chemin je m’arrête par Duncan et je fais le tour des totems de la ville. Les totems représentent des fables où leurs acteurs y sont empilés. Par exemple, la fable de l’oiseau de foudre (thunderbird) et de la baleine tueuse va comme suit: “Le peuple Quw’utsun’ demanda l’aide de l’oiseau de foudre. La baleine tueuse mangeait tous les saumons dans la baie de Cowichan si bien que les saumons ne remontaient plus la rivière. L’oiseau de foudre aida les hommes en emportant la baleine au sommet du mon Tzouhalem pour la manger. Ainsi, les saumons reprirent leur course dans la rivière”. Le totem présente donc un aigle au dessus d’une baleine au dessus d’un saumon.

Les 250 km qui me séparent de Tofino sont plus long que prévu. Ayant passé le plus long de la journée assis, je décide de faire une petite randonnée à la tombée de la nuit. J’opte pour le sentier des vieux cèdres qui fait un demi kilomètre de long. Ça n’empêche pas la nuit de tomber durant ma promenade. C’est encore une fois une forêt enchantée, avec des cèdres centenaires, des fougères et des érables couverts de mousse. Je m’arrête au pied d’un érable poilu pour l’observer. Sa couverture de mousse dans la pénombre lui confère un air magique. Il pourrait se mettre à me parler que ça ne m’étonnerait pas tant. Je remarque un chemin assez large pour une voiture qui mène à au cèdre géant. Le chemin est parsemé de flaques d’eau faisant la longueur de mon van. Je sonde donc le chemin en le traversant à pieds. L’infiltration de l’eau dans mes chaussures de sport n’est pas si désagréable, et la température clémante ne me donne pas froid malgré mes pieds mouillés. À mon grand étonnement, les flaques ne sont pas si profondes. Leur fonds tapissés des cailloux permettra au van de ne pas s’enliser. Je décide donc de traverser ce chemin pour me stationner devant le cèdre géant, ainsi j’aurai le plaisir, le lendemain, de me réveiller au milieu de la forêt enchantée.

Pendant la nuit un claquement me reveille, han je t’ai eu petite canaille! J’allume la lumière et je regarde avec dégoût la souris qui me semble bien grosse prise la tête dans le piège. Qu’est ce qui est le plus dégeu ? Aller se recoucher avec ce cadavre à côté de moi ou alors se réveiller et manipuler cette chose pour la mettre à la poubelle. J’opte pour la deuxième option. J’utilise un sac plastique pour faire attention de ne jamais la toucher et je la dépose dans un pot de yogourt vide que je ferme à double tour. C’est une bonne chose de réglé et j’espère ne pas en rencontrer d’autres.


Le lendemain, je reprends le sentier de la veille dans la forêt enchantée et je retourne voir le vieil érable, qui à mon regrêt ne s’est pas déplacé pendant la nuit… ou alors il s’est simplement remis à sa place au petit matin :p En face de moi, la rivière illuminée par le soleil attire mon attention. J’ai le plaisir d’observer un aigle royal dans la cime d’un sapin. Je l’admire jusqu’à son envol, avant de prendre le chemin en direction de Tofino.

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Publié le 21 septembre 2019

Mercredi 18 Septembre

Je passe trois jours à Tofino pour y faire du surf. C’est encore un parc national, donc je suis obligé de payer pour un emplacement de camping. J’en choisi un à l’écart du village, avec sauna et jacuzzi, le gros luxe! Le type à la réception me fait remarquer que le camping est parsemé de mûres et il me conseil de les cueillir avant que les ours ne le fassent. L’eau est à 12 degrés alors je loue une combinaison et des bottes. Le premier jour, je me rends à Long beach, les vagues sont trop grosses si bien que je n’arriver pas à aller au large là où les vagues se forment. La mousse me ranène sans cesse vers le bord. Je surf donc dans la mousse ce qui n’est pas aussi excitant que de surfer les vagues. Je fais aussi un tour dans le centre d'info toursite où des os de baleine sont exposés. Le soir, dans le jacuzzi, je discute avec Ariane une Québécoise qui est dans la marine à Victoria. Elle me parle d’une sentier près de Tofino qui mène à une épave d’avion. Ça c’est une aventure qui me plait !


Le lendemain, j’opte pour une plage protégée par des iles, les vagues y sont donc plus petites. J’apprends à connaitre ma planche et je surf enfin sur des vagues. J’entrecoupe mes sessions de surf du matin et de l’après midi par la randonnée menant à l’épave d’avion. Le sentier commence au bord de la route principale, après le 15e poteau électrique, un petit avion est dessiné sur le poteau. J’ai l’impression d’être dans la jungle d’un film de rambo plutôt que d’être au Canada. Les arbres sont couverts de mousse, des fougères jonchent le sol et le sentier est innondé par les pluies des jours précédant. J’atteins finalement l’épave. C’est un avion de l’armée canadienne qui s’est écrasé en 1945 dû à une avarie moteur. Il est étonnament bien conservé malgré les graffittis qui le recouvrent.

Le troisième jour, les vagues se sont calmés, je retourne donc à Long beach, mais même là, il faut attendre un bon moment avant qu’une belle vague se présente. Les conditions pour le surf n’étant plus aussi bonnes et la météo annonçant de la pluie pour les prochains jours, je décide de rendre la combinaison que j’ai louée et de quitter Tofino au soir. Je profite de l’après midi pour visiter en vélo, Ucluelet, le village au sud et y faire une randonnée. Le sentier offre des points de vues sur la côte bordée de petites iles. J’ai la joie d’observer un deuxième aigle royal (en moins de trois jours) ! Le sentier est parsemé de Huckleberry que je déguste tout le long de ma marche. Oui apparemment ça ne pousser pas qu’au Montana.

Je retourne au camping pour un sauna et jacuzzi avant de reprendre la route. J’en profite aussi pour faire le plein de mûres. Je remarque que les mûres que j’ai cueilli deux jours auparavant ont déjà pris un goût alcolisé. Je décide donc de faire une confiture avec les deux pots de mûres que je viens de remplir.