Carnet de voyage

Rémi et Ségo à vélo dans les Andes

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Voyage de Rémi et Ségolène pendant onze mois en Amérique du Sud. Traversée du Sud au Nord en passant par les Andes.
Décembre 2018
330 jours
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13/12/2018,

Ca y est, nous sommes (presque) prêts pour le départ de demain matin à l'aéroport de Lyon à 7h ! On est motivés pour rejoindre Ushuaïa avec 2 escales (Madrid et Buenos Aires). On commencera par 3 nuits en auberge de jeunesse pour pouvoir remonter les vélos tranquillement et profiter des alentours.

Merci pour les petits cadeaux et les encouragements.

Voici quelques photos des préparatifs.

On emmène les mascottes que les 3 classes qui vont nous suivre nous ont donné !  Merci beaucoup. 
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Publié le 18 décembre 2018

Arrivée à l'aéroport d'Ushuaïa samedi à 9h (13h en France) avec tous nos baggages en état.

Nous avons profité du calme de ce petit aéroport pour monter nos vélos (3h de boulot) avant de se rendre à notre auberge de jeunesse où nous avons passé 3 jours de "repos".

A l'aéroport !  

Durant ces 3 jours, malgré le vent, le neige, la pluie et un peu de beau temps, nous avons profité d'Ushuaïa et de ses alentours. Visite de la ville, randonnée au "Cerro del Medio" et une journée au "Parque Nacional Tierra del Fuego".

Cerro del Medio, vue sur Ushuaïa 
Parque Nacional  Terra del Fuego  

Demain c'est le vrai départ à vélo --> Direction le Nord ! Les quelques échanges avec d'autres voyageurs et notre petite expérience du coin nous font penser que le vent va nous jouer des tours !

Le soleil se lève avant 5h pour se coucher après 22h, ça nous laissera le temps de bien rouler : )

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Publié le 23 décembre 2018

La photo devant le panneau "Ushuaïa, fin del mundo" qui marque nos premiers tours de roues : direction le Nord

Le début de l'aventure à vélo 

Les 2 premiers jours se feront avec le beau temps et sans vent (ou alors en notre faveur !). Nous avons de très beaux paysages, nous rencontrons rapidement des cyclistes (principalement dans l'autre sens) qui nous donnent des conseils ou nous font un peu peur sur les prochains jours à venir à cause du vent ...

Nous nous arrêtons la première nuit au bord du Lac Escondido, dans une cabane abandonnée pour cyclistes (en compagnie de Jack, un motard Thaïlandais). Nous passons ensuite la seconde nuit dans une boulangerie à Tolhuin (Panaderia la Union), où le propriétaire Emilio garde une chambre pour les voyageurs à vélo dans sa réserve.


Les paysages entre Ushuaïa et Tolhuin (Lago Escondido)
Le grand lac Fagnano à Tolhuin et la Casa de Amistad de la boulangerie   

Nous repartons ensuite pour Rio Grande en espérant faire le trajet en 2 jours avec un bivouac vers l'Océan. Après 45km et un peu de fatigue, un camion s'arrête et nous propose de nous emmener directement à Rio Grande ("mucho viento, no possible con bicycleta"). Nous commencions juste à être face au vent, nous avons donc accepté avec plaisir et montons dans le camion benne. Le cycliste Français rencontré sur la route (Alain), fait le trajet dans la benne du camion car il n'avait pas de place pour tout le monde à l'avant. L'arrivée à Rio Grande se fait donc plus rapidement que prévu avec 70Km en camion !

Depuis jeudi soir nous sommes à Rio Grande, ville où il n'y a pas grand chose à visiter. Nous prenons une journée de repos en compagnie d'Alain et décidons de partir le lendemain en direction de Porvenir.

Nous savions que c'est la partie la plus difficile à cause du vent qui arrive plein face. Après une dizaine de kilomètres entre 6 et 8 Km/h à plat en essayant de ne pas tomber avec les bourrasques de vent, nous décidons de faire du stop. Après 3h infructueuses (nous sommes le week-end avant Noël et il n'y a pas beaucoup de monde sur la route), nous apercevons d'autres cyclistes essayant également de faire du stop ! Nous décidons alors de faire demi-tour et nous revoilà à Rio Grande pour se reposer mentalement de cette journée difficile !

Nous prendrons finalement un bus demain matin pour aller directement à Puerto Natales afin d'éviter cette partie trop pénible (que beaucoup de monde semble éviter en faisant du stop).

Jack, un motard/voyageur Thaïlandais, les paysages en direction de Rio Grande et notre chauffeur jusqu'à Rio Grande.

Une fois à Puerto Natales, au programme : profiter du parc Torres del Paine au Chili.

Merci pour tous les commentaires, ils nous font plaisir et nous motivent !

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Publié le 2 janvier 2019

Après une nuit de repos à Puerto Natales, nous reprenons donc la route à vélo pour le Parc National Torres Del Paine au Chili. C'est l'occasion de faire notre baptême avec les chemins (routes) typiques de l'Amérique du Sud : les ripios, sortes de chemins en terre dure prenant la forme d'une tôle ondulée par le passage multiple des véhicules. Le vent étant toujours présent (de face, de côté), et la qualité des ripios bien variable, nous devons parfois lutter pour ne pas tomber des vélos.

Le beau temps est de la partie, et que ce soit pendant l'approche, dans le parc Torres Del Paine, ou en repartant, les paysages sont grandioses. Les lacs sont nombreux, bordés de montagnes et absents de traces de vie humaine autre que la route serpentant vers et depuis le parc. Nous avons la chance de faire un bivouac juste devant les montagnes Torres del Paine, avec une vue dégagée sur le massif (chose assez rare).

Les courbatures commencent à arriver, les chemins du Parc Torres Del Paine font beaucoup de montées-descentes assez difficiles pour les cyclistes (pentes bien plus raides que la norme Européenne). D'ailleurs nous n'en verront pas pendant nos 4 jours aux alentours du Parc.

Bivouac au lac Sophia, en route pour le parc national, le parc Torres del Paine, les guanacos (animaux typiques du Parc et de la r...

En sortant du Parc, nous passons à Cerro Castillo, tout petit village où nous repassons la frontière Argentine pour ensuite prendre la route vers El Calafate. Durant ce trajet, les paysages sont beaucoup plus plats, nous avons de longues lignes droites qui nous paraissent interminables ! Un voyageur canadien s'arrête pour nous proposer du chocolat. Nous avons enfin un peu le vent dans le dos, nous voyons la différence et faisons notre plus grosse journée de vélo : 78 km.

Nous décidons ensuite d'aller vers Esperanza plutôt que de monter directement vers El Calafate, pour 2 raisons : le ripio dans cette direction est en très mauvais état et le vent qui devait être de dos puis de côté se retrouve de côté puis de face et s'annonce terriblement fort.

Nous passons la nuit à Esperanza car le bus qui va à El Calafate n'a pas de place pour les vélos. Nous faisons 2h de stop le soir sans succès. Le lendemain, le vent est effectivement violent et plein face, nous essayons donc de nouveau le stop et après 15 minutes, un couple belge en camion s'arrête pour nous emmener à El Calafate (ils feront même un détour !). Nous sommes dans une région immense avec très peu de villages (villages qui ressemblent plus à une station service qui fait office de centre de la ville et entourée de quelques maisons), cela fait très désertique et il nous faut réfléchir à notre quantité de nourriture avant de rencontrer un autre village. Plus on montera vers le Nord de l'Argentine, moins ça sera désertique.

En direction d'Esperanza : plats et lignes droites

Nous voilà à El Calafate depuis le 31/12 où nous avons pu nous reposer (le vélo ça fait mal aux jambes !). Nous profitons de cette pause pour aller voir le glacier Perito Moreno : glacier qui avance de 2m par jour sur un front de 50m de haut et se brise dans le lac Argentino. L'avancée de la glace produit des sons impressionnants de glace se fissurant et de morceaux tombant dans l'eau.

Le Glacier Perito Moreno 

Nous prévoyons de repartir demain matin direction El Chalten et faire quelques randonnées là-bas.

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Départ de El Calafate, direction El Chalten. Nous profitons bien du vent de dos les 30 premiers kilomètres qui se font très facilement. Nous bifurquons par la suite vers le nord le long des lacs Argentino et Viedma. Nous nous retrouvons alors avec le vent de côté, puis de face. Nous décidons donc les 2nd et 3ème jours de partir très tôt le matin (5h !) pour profiter du faible vent (il se lève vers 9h). Ca marche, on avance pas trop mal sous une brise légère. Le 3ème jour, pour les 50 derniers kilomètres, plein ouest face au vent, nous sommes pris en stop par un couple de Brésiliens en 4x4 ! Arrivée donc 1 jour plus tôt que prévu à El Chalten, pas mécontents.

Trajet de El Calafate à El Chalten : le vent, la pampa, les repas variés (ou pas)

Nous passons ensuite 4 jours à El Chalten, le top de la randonnée en Argentine. Nous faisons le circuit classique qui permet d'aller voir en 3 jours les glaciers les plus proches : au pied de la Laguna Del Torre et du sommet le plus haut mythique du coin : le Fitz Roy.

El Chalten est un petit village de "montagne" sympathique et très joli (même si on dirait qu'aucune maison n'est terminée). C'est aussi un lieu très fréquenté par des randonneurs du monde entier. Il y a beaucoup d'escalade et d'alpinisme à faire dans le coin sur les innombrables glaciers et sommets environnants.

Glacier de la Laguna Torre, le condor des Andes, les lacs Hija et Madre, El Chalen au loin, le Fitz Roy avec son glacier au pied 

Nous repartons ensuite direction Villa O'Higgins pour passer du côté Chilien. C'est une petite aventure en soit qui nous prendra 3 jours :

  • 37km de vélo avec les derniers jours de vent pour aller jusqu'au Lago Desierto
  • 1 ferry de 1h pour traverser ce lac
  • 1 trek de 6km, sur un chemin étroit de randonneur, en montée pour atteindre la frontière Argentine-Chili. Pour passer cette étape nous adaptons le chargement des vélos (un sac chacun sur le dos avec tout ce qu'il y a de plus lourd pour alléger et aider à pousser les vélos, déplacement des sacoches sur le côté pour passer les passages étroits). On passera 3h à pousser nos vélos dans le raide et à traverser plusieurs fois des ruisseaux.
  • 1 descente de 15km sur un chemin 4x4 depuis la frontière jusqu'au Lac Villa O'Higgins. Nous y passons le poste frontière Chilien où nous sommes obligés de manger tout notre fromage d'un coup : impossible de passer des fruits, légumes et autres produits d'origine animale !
  • 1 ferry de 2h jusqu'à Villa O'Higgins. Pas mal de vagues sur le lac, le petit bateau avance à vive allure et ça secoue fort !

En arrivant à Villa O'Higgins, nous quittons enfin la pampa et son climat très venteux et assez sec. Nous nous engageons maintenant sur la célèbre Carretera Austral, plus vallonnée et arborée, sans vent, mais avec plus de risque de pluie. 1200km de chemin (ripio) en vue jusqu'à Puerto Montt.

Lac Desierto, traversée de ruisseaux,  frontière Argentine/Chili, Lac Villa O'Higgins 

Cette route lancée en 1980 par Pinochet a permis de désenclaver cette région jusqu'alors complètement isolée (la route a atteint Villa O'Higgins en 1999). Nous allons bien profiter de cette partie, nous a t'on dit magnifique de la Patagonie, en prenant notre temps et en suivant le proverbe chilien : "Quien se apura en la Patagonia, pierde el tiempo" (En Patagonie, qui se presse perd son temps).

PS : On pensait avoir publié l'étape il y a quelques jours à Villa O Higgins mais nous avons certainement perdu patience vu la lenteur du Wifi !

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Publié le 3 février 2019

On se repose 2 jours à Villa O'Higgins et en profitons pour se balader dans ce beau petit village.

 Vue sur Villa O'Higgins

On repart ensuite sur le début de la Carretera Austral en direction de Cochrane. Cette première portion est un ripio qui serpente entre les montagnes, parsemées de rivières et lacs.

Chaque jour on croise pas mal de cyclistes, avec lesquels on échange des informations.

La route est relativement en bon état, et comme toujours au Chili on alterne entre petites et moyennes montées/descentes bien raides. On arrive toutefois à faire tout sur le vélo (excepté une portion de 200m de montée tellement raide que c’est la seule zone qu’ils ont pavé).

On fait la route majoritairement sous le soleil. Les paysages alternent entre du sec sur les hauteurs et des forêts humides en contrebas. On se trouve de beaux endroits pour bivouaquer.

 Début de la Carretera Austral

On traverse un bras de l’océan de Rio Bravo à Puerto Yungay en ferry. Le cuisinier du bateau nous y donnera gentiment de bonnes tranches de boeufs pour agrémenter nos pâtes/riz/polenta et de l’eau potable (ça nous évite 1h de filtration).

Ferry et suite sur la Carretera Austral 

On fait un petit détour de 40km pour visiter le village côtier de Tortel. Village construit en pente au bord de l’océan sur un terrain humide. Il n’y a donc pas de rue mais uniquement de multiples passerelles en bois.

Caleta Tortel 
En route vers Cochrane 

On repart ensuite direction Cochrane, une petite ville paisible. On y passera 4 jours car nous commandons avec le gérant du camping un pièce pour notre réchaud qui s’est cassée et qui vient de Santiago à 2200km d’ici. On est donc bien reposés pour repartir en direction de Rio Tranquilo.

Repos à Cochrane 

3 jours pour arriver à Rio Tranquilo. Départ sous la pluie puis grand soleil en arrivant au Lago Général (nom Chilien, Lago Buenos Aires en Argentin). Le 2nd plus grand lac d'Amérique du sud qui traverse donc le Chili et l'Argentine. On passera une journée à parcourir ses berges sous un grand soleil.

Départ sous la pluie, Confluence des Rios Baker et Neff.  Le long du Lago Général !

Nous arrivons donc à Rio Tranquilo, où l'attraction locale est une ballade en bateau le long des Capillas de Marmol (cathédrales de marbre) : falaises de marbres creusées par les vagues du Lago Général. On rentre même en bateau à l'intérieur !

Capillas de mármol 

On fait ensuite la route jusqu'à Cerro Castillo. Le ripio est parfois en très mauvais état (mou, trous, cailloux, ondulations) et nous chutons chacun une fois 😀 (sans gravité : au ralenti en montée). Nous avons ensuite le bonheur de croiser les travaux d'"asphaltisation" de la Carretera qui avance vers le sud. Fin du ripio pour un petit temps, on avance bien mieux ! Nous randonnons ensuite un jour à Cerro Castillo pour aller voir le Cerro Castillo bien sûr, son glacier et son lac.

Les montées Chiliennes toujours excessives, les panneaux sont là pour le rappeler. Le goudron en vue ! Cerro Castillo et sa vue 

Puis jusqu'à Coyhaique, la plus grande ville de la Carretera Austral (50 000 habitants !). En partant de Cerro Castillo on passera notre premier vrai col avec 900m à monter en zigzag. On traverse des belles montagnes colorées en profitant de la grande descente qui suit. Puis tout d'un coup, on se retrouve dans une énorme vallée qui draine un vent terrible en place face : chute brutale du moral. Heureusement, on arrive vite vers Coyhaique et retrouvons les petites montagnes qui limitent le vent. On profite de la ville pour faire des achats et diversifier notre alimentation.

Le col, les montagnes avant le grand vent ! 

Bilan depuis le départ (18/12/18) au 02/02/19 (Coyhaique) :- Occupation : 28j de vélo sur 47j de voyage- Pédalé :1286 km- Moyenne : 45 km/jour pédalé- Casse : 1 crevaison, 2 retros cassés, 1 Opinel et 2 sangles perdues, 1 pompe de réchaud cassée- Moral : Au top, on mange comme jamais avec les efforts !

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On repart de Coyhaique sous le soleil. Les paysages changent et les vallées traversées ressemblent à nos moyennes montagnes et on commence à voir beaucoup de pâtures (il y a même des taôns assez agaçants un peu partout).

On pédale sous une sympathique chaleur qui nous permettra nos premières baignades et glaces très rafraichissantes.

En route de Coyhaique à Puyuhuapi 

On retrouve quelques portions de ripio de temps en temps, et arrivons toujours avec le beau temps à Puyuhuapi, petit village au bord d’un fjord. On s’y reposera 2 jours et en profiterons pour faire du canoë dans l’océan Pacifique, avec Bastian et Viviana, Chiliens du Nord en vacances !

Ce sont les vacances d'été en ce moment ici (de fin décembre à début mars) et on rencontre beaucoup de Chiliens en vacances sur la Carretera Austral et dans les campings (ils viennent surtout de Santiago la capitale). Aller dans le sud de leur pays sur la Carretera est pour certains un rêve ou projet de longue date.

Puyuhuapi. Les cuisinières à bois de la région.

On prend ensuite la direction de Villa Santa Lucia, village encore à moitié détruit par un glissement de terrain il y a un peu plus d'un an. La moitié de la ville est toujours ensevelie par de la terre et des débris. C'est assez marquant.

A Villa Santa Lucia, on quitte alors la Carretera Austral en prenant plein Est en direction de Futaleufú. Petit village vivant du tourisme aquatique (pêche et rafting dans la rivière Futaleufú). On s’y repose un jour, randonnons un peu à proximité et se baignons de nouveau dans la rivière sous un soleil de plomb !

En route pour Futaleufú, la vue au sommet de la randonnée et les maisons typiques de la région 

Le village est en effervescence : c’est la semaine de Futaleufú ! Une tradition dans les villages du coin car on a manqué de quelques jours celle de Puyuhuapi. L’idée ici : animations pour les habitants, plutôt sportives, où quasiment tout le village est réuni. Ils sont en compétition amicale entre les habitants du « Nord du village » contre ceux du « Sud du village ». Au programme, de ce qu’on a pu voir :

  • Course de vélo : On un voit des sportifs en habits de cyclistes, mais aussi des anciens, des enfants en draisinienne, des familles … un grand « foutoir » jovial.
  • Un concours de recherche d’objet. 5 minutes pour ramener sur la place centrale : des poêles à manches rouges, 5 alliances, des affaires de plage, des tongs noires, un agneau et un porcelet vivants, … Tout le monde est au taquet et ça court dans tous les sens !
  • Parcours du combattant avec pour chaque côté du village 4 participants : une femme, un homme, une fille et un garçon. Le parcours est assez marrant : courir avec des pneus, sauter sur des rondins de bois, courir avec une botte de paille et la jeter au dessus d’une planche, monter sur la planche en mode pompier, porter des seaux autour de la place, sauter sur des pneus, ramper sous un banc, couper un tronc à la scie, pousser une voiture sur 100m, et pour finir un peu d’escalade. Les gens sont à fond et nous aussi. On suit chaque participant autour de la place ! Ségolène filme chaque atelier !
  • Et pour finir : TUGAR TUGAR : UN CONCOURS DE DANSE !!! Qui débute par un show des anciens pour l’honneur, puis prennent places 30 paires de danseurs ! On a même failli être pris comme juges impartiaux pour cette épreuve mais on a pas bien compris ce que l’organisateur voulait de nous et s’est tourné vers d’autres touristes ... on doit vraiment s'améliorer en Espagnol !

Super ambiance, pas de buvette ni de nourriture, rien à gagner pour les participants, mais tout le monde s’amuse ! On ira se coucher à la fin du concours de danse qui se finira par une danse locale avec un foulard dont on ne comprend pas tout.

On repart de Futaleufú et passons 15km après la frontière Argentine et prenons la direction de El Bolson. On retrouve un ripio bien pourri et la pampa Argentine. On traverse ensuite le Parc National de los Alerces où on retrouve des lacs et l’ombre des arbres qui nous fond du bien sous cette chaleur. On se baigne plusieurs fois et bivouaquons sur les plages des lacs et rivières, parfois bondées.

On reprend un peu de pampa et de vent en sortant du Parc avant d’arriver vers El Bolson où les paysages redeviennent montagneux.

En route vers El Bolson 

On passe un jour à El Bolson. Une ville chaleureuse où se retrouvent pas mal de voyageurs à tendance "hippie". On se restaure comme il faut : glaces, restaurant local (avec les grosses quantités Argentine bien sur !), course dans un grand supermarché avec du choix.

El Bolson et sa fontaine centrale où il y a : des pédalos ! 

Direction ensuite San Carlos de Bariloche. Il pleut un peu, ça fait longtemps qu’on ne l'avait pas vue celle-là, mais on est content du rafraichissement. On prend notre temps et arrivons à Bariloche pour s'y reposer et prendre des cours d'espagnol durant 5 jours jusqu'à ce vendredi.

La ville est très touristique et se veut ressemblante à un "village Suisse" (nous on trouve pas ... hormis les prix). Ca reste une belle ville au pied de montagnes et bordée d'un joli lac. Il y a une station de ski en hiver, une multitude de maisons de fabrication et vente de chocolats (plutôt bons : notre tour quotidien en sortant de l'école d'espagnol consiste à aller visiter les magasins où il y a des dégustations en cours 😀), des magasins de montagne à tous les coins de rue et beaucoup de brasseries de bière artisanales !

On randonne sur les montagnes (refuge Frey, Cerro Campanario) et visitons une brasserie. On repartira ensuite samedi en direction de San Martin de los Andes, et ensuite ... on ne sait pas encore 😀

Les randonnées et vues alentours. La ville de San Carlos de Bariloche au loin depuis le Cerro Campaniero 

Merci à tous pour votre lecture et vos messages, on a été un peu longs pour vous donner des nouvelles mais c'est compliqué de trouver une connection internet correcte ici !

Hasta pronto !

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Départ de San Carlos de Bariloche, direction plein Nord vers San Martin de Los Andes par la "Route des 7 lacs".

On passera 4 jours entre éclaircies, nuages et pluie, à arpenter cette route assez touristique qui longe donc 7 lacs (d'où le nom 😀). On profitera de bons bivouacs sur le sable fin le long des lacs et rivières. On fait les fines bouches, mais en sortant de la Carretera Austral ce n'est pas aussi extraordinaire qu'on nous l'avait vendu ! Cela est sûrement dû à la mauvaise météo, et aux points de vues aménagés qui nous offrent une vue sur ... les arbres à 10m devant nous (indice : le lac est caché derrière).

La route des 7 lacs, le soir il fait froid ! 

On arrive à San Martin de Los Andes, joli petit village où une décision importante est prise : on va reprendre le bus !

En effet la suite du parcours jusqu'au nord de l'Argentine est moins intéressante (1500km de plat venté entouré de pampa), le côté Chilien quant à lui est constitué de grosses villes qui nous intéressent peu, et on se rend aussi compte que si l'on fait tout à vélo à cette allure, on en aura pour 2 mois de plus que prévu 😀

Les billets sont achetés et on nous assure que tout ira bien pour transporter les vélos. Demain direction San Miguel de Tucuman au nord de l'Argentine : 30h de bus, 2000km, et la fin de la Patagonie pour nous.

San Martin de Los Andes et le Carnaval (c'était 4 jours fériés en Argentine)

Le lendemain, pas de soucis pour le premier bus en direction de Neuquen. Les vélos sont chargés et on paie les chauffeurs pour ce "chargement supplémentaire". Ca fonctionne comme cela en Argentine : c'est au bon vouloir des chauffeurs qui fixent les conditions et le prix.

Après 6h de bus on arrive à Neuquen où on attend pendant 3h le prochain bus qui doit nous amener directement à San Miguel de Tucuman 1500km plus loin. On commence à douter qu'il va arriver (1h00 de retard) et puis finalement le voilà !

On avance tranquillement avec nos vélos, et hop ... on se fait directement refouler !! Pas de négociation possible, pas de place pour nos vélos dans ce bus. On nous propose de monter mais sans les vélos, le bus partira donc sans nous ... S'en suit une discussion sèche mais correcte avec le guichet de la compagnie, et on arrive finalement à se faire échanger les billets pour le prochain bus en partance le lendemain à la même heure. On nous conseille entre temps de faire envoyer les vélos en "encomienda", sorte de transport express Argentin. Il est 23h00, tout est fermé, on verra donc le lendemain.

On passera la nuit chez Lucas, un jeune argentin policier rencontré à la gare routière après notre déboire. On y dégustera du "moté", mélange de grains de blés cuits, de l'eau glacé, et du sucre (beaucoup de sucre).

Le lendemain, retour à la gare routière pour essayer de faire transiter les vélos jusqu'à Tucuman pendant qu'on sera dans le bus. Tout se passe assez facilement finalement, il y a des services de transport express entre toutes les gares routières de l'Argentine. On nous emballe nos vélos grossièrement dans des cartons "et voilà". On croise les doigts pour que ça arrive en l'état.

On attend une dizaine d'heure et prenons enfin le bus en direction de Tucuman. 24h de bus mais on est plutôt bien installés, on nous sert à manger et à boire, et ça passe donc assez vite.

On arrive à San Miguel de Tucuman sous des trombes d'eau et on se cherche un hôtel pas loin de la gare routière (les vélos doivent y arriver le lendemain). On aura le plus grand mal du monde à traverser les quelques rues qui nous séparent de notre hôtel : les égouts sont pleins ou inexistants et tout est transformé en torrents ou mares d'eaux.

Le lendemain, comme prévu (ou pas), nos vélos ne sont pas arrivés (ça rentrait pas dans le camion nous dit-on). On est samedi, le lendemain tout est fermé, il faudra donc attendre lundi. On profite donc de ces 2 jours pour visiter la ville de Tucuman mais franchement on a aucune photo à vous montrer, ce n'était pas vraiment joli et il faisait gris et pluvieux. Au hasard de nos déambulations on y découvrira le rythme de vie des argentins du nord : de 13h à 16h tout est fermé, on a l'impression de se déplacer dans une ville fantôme (les argentins sont tous à la sieste). En rentrant à l'hôtel à 18h par la même route, on retrouve tout ouvert et les rues bondés, incroyable.

Lundi, enfin, on récupère pour de bon nos vélos à la gare routière, les cartons sont en mauvais états mais rien de cassé. On remonte rapidement le tout et prenons directement la route vers le Sud pour rejoindre la Valle de Tafi, puis Cafayate plus à l'ouest.

Après 1h de vélo pour sortir de cette grande agglomération qu'est Tucuman, on se retrouve enfin plus au calme, sur des grandes lignes droites entourées de champs de cannes à sucre. On y croise des ronds-points tellement immenses qu'il y a des terrains de foot au milieu ! En prenant vers l'Ouest, on entame ensuite une montée de 2600m droit dans le pentu en direction de Tafi del Valle.

Le rond-point terrain de foot et le début de la montée 

Au fur et à mesure de notre grimpette, les paysages changent et vers 2000m d'altitude, les arbres disparaissent complètement et on se retrouve dans une immense vallée herbeuse. C'est le paradis des animaux de ferme ici : poules, chèvres, vaches, ânes et chevaux se promènent en toute liberté partout dans la vallée aussi bien sur les routes, dans les villes ou dans les montagnes. On passe par El Mollar et y dégusterons nos premiers fromages avec un peu de goût.

Nous bivouaquons au bord du lac et reprenons la route jusqu'au col à 3100m. On basculera rapidement de l'autre côté car le vent au sommet est assez violent et les nuages commencent à s'assombrir.

La vallée de Tafi, enfin de bons fromages et saucissons, et le sommet du col après Tafi del Valle avec un lama

En basculant de l'autre côté en direction de Cafayate, le paysage change de nouveau complètement : adieu la prairie, et bonjour au désert et ses nombreux cactus ! 30km de descente (1400m plus bas) et on se repose au camping à Amaicha del Valle. Toute la zone est protégée et constitue une reserve pour les indigènes (impossible de vendre/acheter ou échanger des terrains/habitations).

On remonte jusqu'à Cafayate avec ses nombreux vignobles. On dégustera un Torrontes : blanc liquoreux assez alcoolisé, typique de la région avec les Malbec.

La descente vers Amaicha del Valle et ses cactus. La vallée de Cafayate et ses vignobles

Après Cafayate on prend la direction de Salta par la superbe route traversant la Quebrada de Las Conchas avec ses belles formations géologiques calcaires rouges façonnées par les pluie et rivières. On y fera plein de belles rencontres (Argentins et Français en vacances, cyclistes, condor).

La superbe traversée de la Quebrada de Las Conchas (ou Quebrada de Cafayate) 

En s'approchant de Salta on sort des canyons calcaires et les paysages retrouvent un peu de verdure. On se repose 2 jours à Salta avant de reprendre la direction du Nord vers Purmamarca puis plein Ouest vers le Chili et San Pedro de Atacama.

De beaux petits villages avant Salta, puis la grande ville de Salta avec ses églises colorées 

Bilan chiffré :

92 jours de voyage - 2667 Km de vélo - 56 jours de vélo - Moyenne par jour pédalé : 48kmPerte : une gourdeCasses : 3 portes gourdes, la pompe à vélo, un matelas (dur dur pour dormir, on devrait en recevoir un nouveau dans quelques jours si tout va bien..).

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Publié le 3 avril 2019

DE SALTA À PURMAMARCA

Après 2 jours de repos, on repart sous la pluie en direction de Purmamarca.

On s’extirpe de Salta en profitant des quelques pistes cyclables que l’on trouve, on emprunte ensuite une petite route peu fréquentée pour traverser les montagnes boisées au nord de Salta (la route est parfois si peu large qu’on se croirait sur une piste cyclable). La bruine ne s’arrêtant pas, on s’installe dans un camping municipal immense, mais vide et rien que pour nous.

On passera ensuite rapidement par San Salvador de Jujuy sans vraiment s’arrêter (on passera juste récupérer un nouveau matelas gonflable qu’on a fait livrer à la gare routière) et continuons notre route vers le Nord. On gagne de l’altitude progressivement et bifurquons ensuite plein Ouest au niveau de Purmamarca.

La route au nord de Salta sous la bruine. Puis direction Purmamarca 

Purmamarca est un joli petit village entouré de collines calcaires « aux 7 couleurs » assez magnifiques. On en fera le tour à pied et nous aurons du mal à quitter ces lieux pour aller nous coucher.

Purmamarca, la colline aux 7 couleurs et le joli petit village 

DE PURMAMARCA A SAN PEDRO DE ATACAMA

A partir de Purmamarca, on prend plein Ouest avec pour objectif de traverser les Andes (par le Paso de Jama) pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili.

Cette traversée Est-Ouest des Andes par le Paso de Jama est la seule goudronnée dans le Nord Argentin/Chilien, mais aussi celle qui atteint les plus hautes altitudes. Elle traverse des grandes vallées plates orientées Nord-Sud situées entre 3500 et 4300m d’altitude, séparées par des cols de 3800 à 4800m d'altitude. Cette traversée se réalise en 8 jours à vélo répartis en 3 étapes où il faut être autonome en vivres et en eau : - 3 jours de Purmamarca à Susques - 2 jours de Susques à Jama (frontière) - 3 jours de Jama à San Pedro de Atacama-> 411Km au total

#1 DE PURMAMARCA A SUSQUES

On démarre donc de Purmamarca à 2360m en direction du col de Lipan à 4170m. Même si ça monte d’abord progressivement, les vélos sont lourds avec la quantité de nourriture et d'eau transporté et on ne quitte pas le plus petit débattement que nous offre les vélos. Ségolène essaie sporadiquement d’appuyer sur son sélecteur de vitesse pour monter de pignon, mais non, on est déjà au plus petit possible !

La pente s’accentue ensuite, et même si on n’est pas là pour « acheter du terrain », on s’arrête souvent pour « prendre des photos » ... ou plutôt pour souffler un peu. Il fait grand soleil et la chaleur est au rendez-vous, Rémi a pris chaud dès le début et le mal de crâne commence à pointer son nez avec l’altitude et l’effort. Après 2 siestes en cours de montée et plusieurs pauses, on fini par décider de s’arrêter bivouaquer à 3700m vers 16h. On finira le col le lendemain matin après avoir récupéré un peu de forces. 4170m, photo au sommet : on ne redescendra pas en-dessous des 3500m sur les 6 jours suivants.

Sortie de Purmamarca et la montée du Col de Lipàn 

La descente de l’autre côté est splendide avec en vue les Grandes Salines. On s’y restaurera sur des tables et chaises en sel, les maisonnettes sont également toutes en sel ! Petits tours de roues sur le Salar, et on repart.

La descente du Col de Lipàn et les Salinas Grandes 

Dès la sortie du Salar, la route n’est plus beaucoup fréquentée et on croise plus que quelques camions transportant des voitures venues du Chili, quelques bus, et des voyageurs à moto. On traverse notre première grande vallée plane haute en altitude et ventée appelée ici "La Puna". C'est un milieu désertique, parsemé de broussailles et de Salars. On y croise rapidement ses principaux habitants : ânes et lamas (décorés de chouchous colorés indiquants leurs âges), et des vigognes, sortes de lamas sauvages en plus petits, blancs et jaunes.

Un petit col à 3800m pour sortir de la vallée et redescendre sur la suivante jusqu’au village de Susques, situé le long d’une rivière quasi asséchée. On y refait le plein de nourriture et d’eau (au goût salé), et dormons derrière la station service avec grand luxe : douche, wifi et eau pour la vaisselle.

Vigones et lamas avec des chouchous dans les oreilles dans la région de la Puna. Le village désertique de Susques au loin

#2 DE SUSQUES A JAMA

On traverse la vallée de Susques, remontons un col à 4100m et redescendons de l’autre côté dans une autre grande vallée recouverte d'un salar immense. On fera un grand détour en U pour l'éviter. On sort de cette vallée par un petit col, s'en suit alors quelques kilomètres de plat venté où nous voyons nos premiers flamands roses. Nous arrivons en fin de journée au village de Jama à 4120m, qui n'a lieu d'être que grâce à présence de la frontière Argentine/Chili.

On dort à l’hôtel de la station service, et allons faire des courses pour les 3 jours suivants, avec pour subtilité cette fois-ci que nous allons entrer au Chili et qu’il nous est interdit de passer avec légumes, fruits, fromages et viandes non cuisinées. Nos repas prochains seront donc composés de crackers, pâtés fameux, sardines en boite ... au top !

La Puna entre Susques et Jama. Les vigognes qui nous regardent passer. Salars et cerf volant

#3 DE JAMA A SAN PEDRO DE ATACAMA

Réveil matinal car à partir d'ici le vent se lève à 12h et après le vélo c'est mission impossible ... Passage de frontière en 45min (pour une fois les douanes Chilienne et Argentine sont dans le même bâtiment), petite montée jusqu’à 4400m puis redescente à 4200m où nous bivouaquons à côté de jolies lagunes salées. Le vent commence à bien se lever et nous trouvons le seul endroit un peu abrité (ce qui n’empêchera pas la tente de quasi s’envoler dans la nuit … mission remise en place de toutes les sardines à la frontale).

Ca a gelé dans la nuit (les gourdes sont devenus glaçons), et le réveil très matinal prévu pour éviter le vent se transforme en réveil normal : on attendra la chaleur des premiers rayons du soleil pour se mettre en route.

Montée de 600m en vue, rien de bien compliqué a priori, sauf que nous montons jusqu’à 4800m ! Le début est un long plat montant qui se passe plutôt bien (et lentement), la fin sera beaucoup plus compliquée avec des pentes dignes de l’Alpes d’Huez mais à 4600m d’altitude … Heureusement nous croisons pleins de motards qui nous encouragent, des voitures qui ralentissent pour nous applaudir, et notre nouveau sauveur depuis la veille que l’on recroisera dans la fin de la montée : un guide Chilien parlant français qui accompagne des touristes dans un camionnette et nous donne pour la seconde fois les restes du repas de ses clients : baguette française, fromage, bananes et beurre : on est remotivés ! Enfin bon ... on aura quand même bien du mal à finir les 200 derniers mètres, le souffle bien court et les jambes lourdes. Rémi abandonne et pousse son vélo pour changer d'effort, Ségolène crie en imitant sa soeur pour se donner du courage ... c’est n’importe quoi :D !

Arrivés au sommet on s'allonge par terre de fatigue : 4814m, le record pour le moment. Photo souvenir même si il n'y a aucune vue (ça ressemble à un plateau désertique entouré de vagues collines émoussées ... rien à voir avec les montagnes telles qu'on les connait dans les Alpes et les Pyrénées et on n'a pas l'impression d'être haut en altitude).

Laguna Negra à côté de notre bivouac, la montée à 4800m avec un petit renard qui réclame de la nourriture 

On redescend ensuite bivouaquer vers 4600m, et cette fois-ci on se fait un beau mur de protection contre le vent avec des pierres en masse ! On est à côté d’une petite lagune fréquentée par des flamands roses et des vigognes !

Nouvelle nuit gelée (mais on a pas du tout froid, nos duvets sont bien chauds comme il faut !). On remonte deux petits cols à 4700 puis 4800m, non sans effort et agacement lié à la fatigue accumulée et la présence du vent dès 10h du matin. On passe ensuite devant la route que l'on prendra plus tard pour aller en Bolivie au pied du volcan Licancabur culminant à 5920m, mais pour le moment on continu vers l'Ouest en direction de San Pedro de Atacama.

La suite on l'attendait depuis un moment, enfin une vraie descente : 40km sans virages, nous faisant descendre de 4800 à 2400m d'altitude ! Quasiment une heure de descente sans toucher aux pédales. Les freins chauffent ... mais pas autant que ceux des camions qu'on redouble tant ils font preuve de prudence. Et à raison : il y a des voies de secours pour les poids lourds quasiment tous les kilomètres et à la vue de leurs états, elles doivent servir souvent ...

Descente et bivouac à 4600m. Les derniers cols à 4700 et 4800. Vue sur le volcan Licancabur. 

On reste trois jours à San Pedro de Atacama : repos, visite de la vallée de la lune (vallée désertique où était exploitée le sel autrefois, elle tire son nom de sa ressemblance avec la surface de la lune), et préparation des huit prochains jours où nous allons traverser la sud de la Bolivie.

Vallée de la Luna. La nourriture pour les 8 jours à venir en Bolivie
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DIRECTION BOLIVIE : LE SUD LIPEZ

Depuis San Pedro de Atacama, pour rejoindre la frontière Bolivienne, il nous faut remonter au pied du volcan Licancabur 2400m plus haut. Pour des raisons logistiques et physiques on prendra un mini-bus pour nous déposer là-haut (pas question de faire cette montée sous la chaleur, et surtout avec en poids les 10j de vivres et 4j d'eau prévus pour la suite du trajet).

1h de route, des passages de postes frontière Chilien puis Bolivien rapides et nous voilà de nouveau sur nos vélos. On est prêts, motivés, et acclimatés à l'altitude ... on peut entamer notre étape du voyage qui sera sûrement la plus dure : la traversée du Sud Lipez à vélo.

Devant nous s'ouvre donc le Sud Lipez, petite province située tout au sud-ouest de la Bolivie. Altiplano désertique parcouru uniquement par des guides et touristes en 4x4 (et quelques fous en vélo), avec ses pistes sableuses, son climat d'altitude et ses paysages magnifiques.

La douane Bolivienne perdue dans le désert du Sud Lipez
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ALTIPLANO DESERTIQUE

Le Sud Lipez est situé sur un altiplano (bassin situé à plus de 4000m d'altitude) appelé "Puna Salada" : milieu désertique parsemé de lagunes salés.

On traverse de vastes étendues plus ou moins planes, sableuses ou caillouteuses, entourées de nombreux volcans culminants à plus de 5000m.

Altiplano désertique parsemé de lagunes 

Le climat en ce mois d'avril est plutôt sec, mais nous aurons tout de même le droit les 4 premiers jours à de la neige le soir et la nuit.

Avec l'altitude, la température ne monte pas très haut le jour et descend sous les 0°C la nuit. On remerciera grandement nos duvets de qualité, notamment pour la 4ème nuit où nous avons bivouaqué à 4950m d'altitude aux geysers de Sol de Mañana.

 Il neige facilement à cette altitude. Heureusement les rayons du soleil de la journée la fait vite fondre
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LES 4x4 TOURISTIQUES

Le Sud Lipez c'est le Paris-Dakar en continu ! Même si c'est le désert, on peut dire que l'on ne se sent pas seuls : les uniques véhicules qui le traversent sont des 4x4 touristiques Boliviens, mais qu'est ce qu'ils sont nombreux !

En plus il faut croire que depuis que le Paris-Dakar est passé par la Bolivie, chaque chauffeur/guide Bolivien est un fan en puissance de Stéphane Peterhansel (ou Carlos Sainz pour rester hispanophone) : vas-y que ça fait les foufous avec leurs 4x4 sur les pistes.

Le problème c'est qu'ils n'ont pas Jean-Paul Cottret comme co-pilote/navigateur, et mêmes si tous les véhicules font le même trajet, chacun choisi une piste différente. Il y a bien une piste principale mais ça ne convient pas à tout le monde (malgré les panneaux indiquant de ne pas en sortir). On se retrouve donc avec des centaines de traces de 4x4 qui vont dans tous les sens.

C'est donc la première fois du voyage que l'on doit sortir le GPS pour s'orienter.

Poussières des 4X4 et les différentes pistes  !

Bon ça fonce pas mal mais c'est pas les voitures du Paris-Dakar non plus. L'état apparent de certaines semble laisser à désirer et on en croisera quelque-unes à l'arrêt en panne avec les touristes sur le carreau pour quelques heures ou pour la nuit.

On croisera quand même quelques chauffeurs sympas qui ralentissent en nous dépassant ou qui nous donneront un peu à manger et à boire.

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LES PISTES HORRIBLES

La difficulté de la traversée du Sud Lipez : c'est l'état des pistes. Si nous vous avions dit que les ripios (pistes) chiliens/argentins sont durs à rouler, oubliez, nous les regrettons au vu et à l'égard de ce que nous avons traversé dans le Sud Lipez. Pour les voitures c'est 4x4 obligatoire, et on ne verra quasi aucune moto et encore moins de touristes sans guides.

En général (sauf exception) la piste principale est défoncée. Soit ça tabasse avec de la grosse tôle ondulée ou des pierres, soit ça glisse et on s'enfonce avec du sable plus ou moins épais, soit c'est un mixte sympa des deux.

Heureusement nous avons nos copains pilotes de courses 4x4 qui créent de multiples routes secondaires. Nous passons donc notre temps à changer de pistes, suivant l'état de chacunes, pour trouver la plus lisse et la plus compactée possible.

On réduit la pression de nos pneus pour avoir plus d'adhérence et ayant tout le poids de nos sacoches sur l'arrière ça aide pas mal, mais la roue avant délestée part rapidement en dérive et les chutes sont nombreuses.

Au final on s'en sort pas mal et nous aurons eu à pousser nos vélos que sur environ 10% du parcours.

Des pistes de qualité. Un fat bike ou un vrai VTT est plus adapté par ici que nos vélos de voyage mixtes
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LA TRAVERSEE DU SUD LIPEZ : UN CHALLENGE MENTAL

Même si cette traversée est physiquement difficile de part l'état des pistes, l'altitude, le dénivelé non négligeable et le vent, c'est le mental qui nous fera défaut en premier.

Pour Rémi c'est le vent de face qui le rendra fou. Notamment dans la montée nous menant aux fumerolles de Sol de Mañana à 4950m d'altitude : 6h30 de vélo pour parcourir 22km et 600m de dénivelé, record de lenteur à battre ... L'altitude, le poids du vélo avec tout le stock de nourriture et LE VENT EN PLUS ! Pas possible ! Il poussera son vélo sur une bonne partie, Ségolène viendra même l'aider à pousser :D

Pour Ségolène se sera l'état des pistes : ça la rendra malade de devoir toujours changer de piste et parfois être dans l'obligation de pousser son vélo.

Pour nous deux ça n'aura pas toujours été facile de prendre plaisir et de profiter au mieux des paysages quand on doit rester concentré constamment pour éviter de se vautrer la roue avant prise dans le sable.

Heureusement nous aurons notre moment pur bonheur à la Laguna Chalviri : des bains thermaux à 35°C. 30min préconisé, nous y resterons 2h.

Des moments difficiles et d'autres de pur bonheur (bains thermaux 😀) 
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LES PAYSAGES MAGNIFIQUES

Le Sud Lipez c'est tout de même des paysages magnifiques :

  • Les Lagunas Blanca, Verde et Chalviri avec ses eaux thermales
Lagunas Blanca, Verde, Chalviri 
  • Les fumerolles de Sol de Manana
Sol de Manana 
  • La Laguna Colorada avec ses eaux rougeâtres et ses flamands roses par milliers, où nous nous reposerons un jour
Laguna Colorada 
  • L'arbol de Piedra : formation géologique façonnée par le vent
Arbol de Piedra 
  • Les Lagunas Ramaditas, Honda, Negra, Hediondida et Canapa.
Les 5 lagunes de la fin de la route du Sud Lipez 
  • Au final on est contents de l'avoir fait, d'avoir traversé cette région magnifique, mais pas sûrs que l'on y reviendrait en vélo si c'était à refaire ... peut-être en 4x4 :D !
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VILLE DE UYUNI

En sortant du désert du Sud Lipez, on ne pourra pas prendre la route normale de cette traversée et aller directement vers l'immense Salar d'Uyuni : suite à de gros épisodes pluvieux les mois passés, il est anormalement encore sous eau en cette période de l'année.

On prendra donc vers l'Est et irons directement vers la ville d'Uyuni en passant par la vallée de Las Rocas. Vallée parsemée de formations géologiques identiques à l'Arbol de Piedra : façonnées par le vent

Vallée de Las Rocas en sortant du Sud Lipez 

Dans le mini village d'Alota où nous avons dormi une nuit, nous rencontrons une sympathique famille Suisse allemande en camping-car qui nous proposerons de nous emmener directement à Uyuni (140km !). On ne peut pas refuser après cette traversée intensive et fatigante. On est contents d'aller vite et on profite d'être dans cet immense camping-car !

On se repose ensuite à Uyuni. Petite ville au bord du Salar, avec ses nombreux marchés et vendeurs dans les rues. Le "repos" sera finalement de plus longue durée après une intoxication alimentaire (oeufs ...) pour Rémi !

La ville d'Uyuni 

Ségolène en profite pour aller visiter la seule "attraction" de la ville : le cimetière des trains ... pas très emballant comme sortie 😀

Cimetière des trains d'Uyuni (dédicace de Ségolène à Jack Raffin)

Prochaine étape : aller bivouaquer une nuit sur la partie Est du Salar d'Uyuni (a priori seule partie un peu hors d'eau), puis direction Potosi et Sucre toujours en Bolivie.

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Publié le 8 mai 2019

SALAR D'UYUNI

N'ayant pu entrer dans le Salar d'Uyuni par le côté sud, nous décidons d'y aller en aller/retour depuis Uyuni pour y poser la tente une nuit. Un peu de vélo sur le plat pendant 25km, et nous voilà à l'entrée Est de ce fameux Salar : une étendue blanche salée à perte de vue.

On traverse les 100 premiers mètres toujours un peu sous l'eau en essayant tant bien que mal de ne pas saler toute la transmission de nos vélos, puis on continu sur 10km tout droit en direction du monument du Dakar passé par là. On prend ensuite vers le Nord pour se trouver un coin de sel isolé où bivouaquer.

On plante la tente à l'aide de vis (impossible d'utiliser les sardines ici), on s'amuse avec le cerf-volant, puis comme par magie le vent se calme à la nuit tombante. On voit les derniers 4x4 rentrer au loin et on profite d'un magnifique couché de soleil, sans personne en vue à 360° !

Bivouac au Salar d'Uyuni 
On s'amuse avec la perspective dans cet espace sans repères - Les sculptures de sel proches du monument du Dakar
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D'UYUNI A POTOSI

D'Uyuni, direction plein Est vers la ville minière de Potosi. Ça monte ... ça descend ... c'est magnifique ! On traverse des successions de vallées parsemées de champs de quinoa, de sources thermales, de villages miniers et de lamas par centaines.

Trois jours de vélo bonheur : route parfaite (bande cyclable, peu de circulation), du soleil et des bivouacs superbement trouvés.

La route de Uyuni à Potosi 

Arrivés au pied de la ville de Potosi, il nous faudra encore une heure pour monter jusqu'en son centre. On traversera un véritable dédale de petites rues toutes plus raides les unes que les autres, qui serpentent entre des milliers de maisons en briques pour la plupart non finies.

Potosi est une ville minière située à 4000m d'altitude, qui s'étend sur les pentes de la légendaire montagne "Cerro Rico". C'est dans cette montagne que se situait la plus grande mine d'argent du monde qui a fait la fortune et la puissance des Espagnols durant la colonisation. Aujourd'hui les ressources de la mines se sont épuisées, mais elle reste exploitée artisanalement par environ 15000 mineurs, essentiellement pour l'étain.

Le Cerro Rico vu depuis le centre de la ville

Le centre de la ville est sympathique et parsemé d'églises et bâtiments coloniaux, avec notamment la maison de la monnaie où l'argent était frappé. Vestiges de cette époque coloniale où les populations locales mais aussi africaines amenées par bateaux, ont été esclavagisées dans les mines.

Centre ville de Potosi avec ses innombrables colectivos (bus locaux où il est possible de monter et descendre où bon vous semble)

On visite, on se cultive, et on se régale des très bons Saltenas (empanadas boliviens) et de jus de fruits du marché central : chirimoyas, mangues, grenades, ananas ... ça fait du bien tous ces fruits !

Ça doit être l'époque des fanfares dans la ville, car chaque jour on en voit une ou plusieurs. C'est souvent les écoles avec leurs orchestres, parfois en l'honneur des mineurs. On demandera à quelques locaux mais personne ne sera nous dire pourquoi toutes ces fanfares ...

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DE POTOSI A SUCRE

On relie ensuite Potosi à Sucre en 3 jours de vélo. Un peu plus de circulation sur cette portion et les nombreux bouts de verre sur la route nous obligent à réparer 7 crevaisons (nous n'avions crevé qu'une seule fois durant tout le voyage jusque là ...). On perfectionne notre technique de démontage/pose de rustine/remontage, des vrais mécaniciens vélos.

La route est vallonée mais plutôt descendante : Sucre se trouve à seulement 2400m. Les paysages changent : à cette altitude on retrouve plus de terres cultivées et avec des cultures plus variées, ça ressemblerait presque à la France de moyenne montagne.

En arrivant vers Sucre on rejoint une course de vélo sur route ouverte. On se retrouve avec les derniers participants et on s'amuse à essayer de les suivre : peine perdue que ce soit dans la descente où nous les rejoignons et encore moins dans la montée qui suit. C'est toutefois sympathique de se retrouver avec autant de cyclistes. On finira tranquillement à notre rythme dans la montée amenant au centre de la ville (décidément toutes les villes Boliviennes sont à flanc de vallée !)

Route de Potosi à Sucre 

La ville de Sucre est la capitale constitutionnelle de la Bolivie (La Paz est quant à elle la capitale administrative). Sucre est également la capitale historique de la Bolivie car c'est dans la Casa de la Libertad qu'a été signé l'indépendance de la Bolivie.

Un peu d'histoire :

Appelée La Plata (l'Argent) durant la colonisation, Sucre était alors un lieu important de l'autorité Espagnole sur son empire colonial allant du nord Argentin/Chilien jusqu'au Pérou. A partir de 1809 la ville de Sucre devient l'épicentre du soulèvement des populations locales contre l'empire colonial Espagnol. Aidé par les populations du Nord Argentin mais également par les troupes de Simon Bolivar, ce soulèvement amène en 1825 à l'indépendance de la Bolivie qui prend alors le nom de ce dernier (le pays était avant appelé "Haut-Pérou").

Avec le déclin de Potosi (sa principale ressource), le gouvernement est par la suite transféré de Sucre à La Paz.

La ville de Sucre 

Ville étudiante, Sucre est agréable à parcourir. On profite encore une fois pleinement du marché central avec ses fruits par milliers et la zone de restauration locale à l'étage où on peut manger pour moins de 2€ un repas complet.

D'ailleurs il est temps de vous dire qu'il n'y a pas de supermarché en Bolivie, pour trouver quelque chose il faut flâner dans les centaines de petites échoppes du marché ou parmis les vendeurs ambulants dans les rues. En général les vendeurs se regroupent par thème : fruits, légumes, viande (pas de chaine du frais ici), gâteaux, vêtements, DVD, jouets, électronique, etc. Pas facile de trouver tout ce que l'on veut quand on connait pas 😀

Sucre et ses nombreux vendeurs ambulants, le marché central et la viande qui ne donne pas trop envie :/
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LA PAZ

De Sucre on prendra ensuite un bus jusqu'à La Paz pour éviter une portion moins intéressante en vélo. Après un voyage de nuit mouvementé (conduire sportive du chauffeur, panne et changement de bus à 3h du matin), on arrive dans cette ville immense qu'est La Paz.

Construite dans une vallée encaissée, La Paz est tout en hauteur. En bas on retrouve le centre-ville, et sur chaque flancs de la vallée, des maisons en briques rouges à perte de vue. Pour se déplacer, outre les sempiternels colectivos Boliviens tuning, on retrouve à La Paz de petit bus Dodge anciens typiques, mais surtout plusieurs lignes de téléphériques (comme à la montagne) qui relient le centre et les quartiers en hauteur.

La ville grouille jours et nuits : marchés à toutes heures, vendeurs ambulants à chaque coins de rues et circulation chaotique.

On profitera d'une visite guidée de la ville pour en apprendre beaucoup sur la culture bolivienne :

- Les cholitas : ces femmes en habit traditionnel avec leurs grandes robes bouffantes, leurs chapeaux ronds et de longs cheveux tressés. Tradition vestimentaire qui se transmets uniquement de mère en fille dans les campagnes. Les cholitas (ou cholas, terme aujourd'hui interdit) furent autrefois discriminées et misent au banc de la société. Grâce aux lois du président actuel, premier président d'origine indigène, elles ont pu retrouver une vie normales et elles représentent maintenant la majorité des vendeuses dans les marchés et les rues de la ville.

- La prison en plein centre-ville, autogérée par les détenus où femmes et enfants peuvent venir vivre.

- L'attachement des Boliviens à la Pachamama (La Terre Mère) à laquelle ils font des offrandes. Que ce soit une statuette en forme de voiture ou un foetus de lama, le tradition est de bruler l'offrande pour avoir les bonnes grâces de la Pachamama.

- La culture et la consommation de la coca. Arbuste cultivé pour ses feuilles, mâchés pour lutter contre le mal d'altitude, la fatigue, les maux de ventre. Véritable institution Bolivienne on en trouve vraiment partout. Pour l'anecdote il avait été interdit durant la colonisation, puis ré-autorisé lorsque les Espagnols se sont aperçus que le rendement des esclaves avait chuté. Côté Amazonie la feuille de coca est bien évidemment transformée à coup de produits chimiques en cocaïne. Marché difficile à contrôler dans ces régions immenses boisées et quand la culture de la feuille, produit de base, est autorisée.

- Gastronomie locale : on fera une visite culinaire guidée très intéressante dont notre estomac se souviendra : 6 plats, un dessert et 4 boissons dans 5 lieux différents en 3 heures ! La gastronomie Bolivienne est basée sur la pomme de terre dont ils ont de multiples variétés, le maïs qu'ils mangent frit, et la viande de porc (le lama c'est donc surtout pour les touristes).

La Paz avec ses bus Dodges - Défilé de Cholitas et d'hommes en costumes - Vue sur la ville

On visitera également la Plaza Murillo, place principale de La Paz et centre politique du Pays avec le siège du gouvernement (bâtiment rose d'époque et l'immeuble derrière). Comme particularités intéressantes on peut y voir également :

- Le mémorial du président Villarroel au pouvoir de 1943 à 1946 et qui a aboli l'esclavage. Dans la foulée de cette décision, l'opposition (les riches exploitants des mines et leurs intérêts) déclencheront une émeute. Malgré sa démission il sera tabassé, jeté du balcon et pendu à un lampadaire sur la place.

- Des traces d'impacts de balles sur un bâtiment en face du siège du gouvernement : suite à un augmentation des taxes en 2003, des émeutes ont éclaté entre l'Armée Bolivienne fidèle au gouvernement et la population conjointe avec la police. Echange de tirs entre l'armée sur le toit du gouvernement et la police sur le bâtiment en face !

- Une horloge qui tourne à l'envers pour symboliser l'émancipation du monde occidental et le sens de rotation d'un cadran solaire dans l'hémisphère sud.

La place centrale de La Paz : centre politique du Pays (bâtiment rose). Le bâtiment où la Police s'est confrontée à l'Armée (vert)...

Le président actuel Evo Morales, adulé dans les campagnes car d'origine indigène, semble moins apprécié en ville depuis ces dernières années. A noter que malgré l'interdiction de faire plus de deux mandats d'affilés, il en est à son 3ème et bribe sont 4ème en 2019 grâce à un subtil coup politique : la Bolivie à changé de nom et s'appelle depuis 2009 l'Etat Plurinational de Bolivie. C'est donc un autre pays et il peut enchainer les mandats, un génie (dictateur?)😦

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Huyana Potosi : 6088m

On profitera de notre séjour à La Paz pour aller dire bonjour à notre premier sommet à plus de 6000m : le Huyana Potosi, 6088m, situé à 30km de La Paz.

Notre guide pour cette aventure sera Ivan, un jeune guide de haute montagne Bolivien super sympa. On décide de le faire en 2 jours (contre 3 habituellement) n'ayant pas besoin d'acclimatation à l'altitude (on pédale depuis 3 semaines à plus de 4000m) et ayant un minimum d'expérience sur glacier.

1er jour

Après avoir récupéré le matériel nécessaire : gants, manteaux, pantalons, chaussures d'alpinisme, crampons, piolet, baudrier, sacs de 80L ... on se met en route vers une nouvelle aventure.

1h30 de route de piste et nous voilà au camp de base à 4700m, on avale un petit déjeuné (encore un oeuf sur le plat qui rendra malade Rémi ...). S'en suit une petite randonnée de 430m de dénivelé pour atteindre le Campo Alto à 5130m. C'est court mais raide et le sac avec tout ce matériel pèse une tonne. En 1h30 avec quelques pauses on arrive au camp.

Il est 12h, le programme à suivre : se reposer jusqu'à 17h pour manger et ensuite aller dormir.

Le 1er jour de marche jusqu'au refuge à 5130m, le sommet au fond depuis le Campo Alto

2nd jour

00h00 : Réveil. Une petite heure pour déjeuner et s'équiper avec tout le matériel.

01h00 : On est prêts, on sort du refuge. Il ne fait pas froid curieusement et il n'y a pas de vent. Il a neigé dans la nuit, une petite couche de poudreuse recouvre tous les alentours.

On se met en route. Objectif : atteindre le sommet à 6088m avant 7h30, pour pouvoir redescendre avant que le soleil ne réchauffe les ponts de neige au-dessus des crevasses et éviter les risques d'avalanche. Plus de 6h00 pour monter 900m de dénivelé entièrement sur glacier, seulement 3km de distance...

Après un peu de rochers enneigés (des cordes permettent de se stabiliser) nous arrivons au pied du glacier. On met les crampons, on sort le piolet, on s'encorde à Ivan qui prend la tête, suivi de Ségolène désignée sans concertation comme moins expérimentée, et enfin Rémi qui ferme la marche.

Ivan est super sympa et nous donne pleins de conseils, par contre il n'arrivera pas à retenir le nom de Ségolène et l'appellera "señorita" pendant toute la course.

Corde tendue, piolet à la main, Ivan impose un rythme volontairement lent. On a le temps si l'on peut dire, rien ne sert d'arriver en haut avant le levé du soleil.

On atteint rapidement un premier raidillon avec notre première et unique crevasse à franchir. La neige tombée durant la nuit rend l'effort plus difficile mais au moins on ne marche pas sur de la glace et c'est moins technique.

On rattrape au fur et à mesure les cordées parties devant nous, on ne les reverra pas toutes au sommet ... On enchaine les petites pauses, Ivan nous conseil de bien boire et manger, mais lui ne boira pas une goutte de toute l'ascension/descente (il ne sera également jamais essoufflé :/ )

6h00 le soleil commence se lever, on voit La Paz au loin.

La Paz (ou plutôt El Alto la ville sur les hauteurs de La Paz) depuis la montée au Huyna Potosi. Levé de soleil 

On est au pied du sommet avec encore 100m à monter. C'est la partie la plus raide et on se retrouve première cordée, à faire la trace dans la poudreuse à 6000m d'altitude. Ivan, ce sacré foufou décide alors d'accélérer le pas on ne sait pourquoi (l'euphorie ? non il est déjà monté plus de 200 fois). Il nous a cru trop fort et on se retrouve rapidement en détresse respiratoire, pour la première fois c'est nous qui demandons deux petites pauses de 30 secondes ("Qué pasa Rémi ?" "Una pausita Ivan"). Rémi tire son corps sur les 30 derniers mètres plus à l'aide du piolet que de ses jambes.

6h30 on est au sommet ! 6088m ! Le temps de reprendre son souffle, on enchaine les photos avec Ivan avant que les autres cordées arrivent.

Au sommet du Huyana Potosi à 6088m.  

C'est magnifique : le levé de soleil, la vue sur l'altiplano, la cordillère, La Paz, le lac Titicaca ! Normalement on ne reste pas plus de 10 minutes en haut, mais Ivan va avoir une petite surprise nous permettant de profiter plus longtemps du sommet : une autre cordée fait tomber son piolet dans le vide ... Ivan le foufou plante une tige métallique dans le sol, se fait assurer par une autre guide et descend en rappel pour essayer de le récupérer. Succès on le voit remonter après 10 minutes son piolet à la main😀

1h30 seulement pour redescendre au Campo Alto, une soupe avalée, 1h00 de plus et nous revoilà au camp de base pour prendre notre bus.

Retour à La Paz pour se reposer !

La suite : le lac Titicaca et l'entrée au Pérou.

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Publié le 4 juin 2019

De la Paz à la frontière Péruvienne : la rive Bolivienne du lac Titicaca

Pour sortir de La Paz on choisira l’option : téléphériques ! On préfère trimballer les vélos et les sacoches de portiques en escaliers plutôt que d’affronter la circulation chaotique de cette capitale.

Une heure et deux téléphériques plus tard, nous voilà à la sortie de la ville, sur une grande route quasiment vide. Direction la côte nord du lac Titicaca et la frontière Péruvienne.

Les téléphériques de La Paz, high-tech, qui tranchent avec le reste de la périphérie urbaine en briques

Depuis La Paz ce sera nos quatre derniers jours en Bolivie. On roule tranquillement jusqu’au Lac Titicaca, il n’y a pas beaucoup de circulation. Cette partie de la Bolivie est moins touristique, les petites villes laissent progressivement place à de nombreux petits villages et on est souvent accueilli à coup de « Hola gringos ». Ségolène subira enfin sa 1ère intoxication alimentaire : une bouteille de cidre qui devait être dans le magasin depuis un nombre d'années important 😀

On se retrouve rapidement au bord du lac Titicaca situé à 4000m d'altitude. Le long de la rive, chaque petit bout de parcelle est cultivé : pommes de terre essentiellement, maïs et céréales. Tout est fait à la main ici : récolte, transport, etc. Par contre difficile de trouver des aliments variés dans les magasins par ici, le régime culinaire Bolivien du coin c’est poulet frit et frites mal cuites.

On arrive tranquillement à Puerto Acosta, point de sortie de la Bolivie. Le garde frontière est bien en retard (il arrivera tout doucement en jogging basket, il ne devait pas s’attendre à voir du monde aujourd’hui).

Route depuis La Paz jusqu'à la côte nord du Lac Titicaca et la frontière avec le Pérou
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De Puerto Acosta à Capachica : la rive Péruvienne du lac Titicaca

De Puerto Acosta la route se transforme en piste. On grimpe tranquillement jusqu'au dernier village bolivien où on passe la frontière réelle : nous voilà au Pérou, 4ème pays de notre aventure.

On longera de nouveau le lac jusqu’à Huancané. Les locaux sont très accueillants par ici et nous échangeons plus facilement qu’avec leurs voisins Boliviens. Leurs compagnons canidés sont moins accueillants par contre : on se fait courser plusieurs fois par des chiens errants. Nous testons la technique jets de cailloux assez efficace. Ségolène tente de les gagner à la course avec pas mal de succès également quand ça descend (je demande à voir en montée).

On fait un petit détour en descendant vers la péninsule de Capachica. Les paysages sont magnifiques et nous nous arrêtons sur la plage de Chiffron pour nous reposer un peu.

La rive Péruvienne du Lac Titicaca.  Fanfares à 8h du matin .

On profitera de cette journée repos pour aller visiter l'ile Amantani, encore préservée du tourisme de masse.

Les deux sommets (Pachamama et Pachatata) sont quadrillés de murs en pierres, les femmes en habits traditionnels y montent pour s'occuper des moutons tout en filant la laine avec leur "toupie", les hommes se baladent tranquillement.

Vue à 360° sur le lac Titicaca, on aperçoit même les montagnes de La Paz et le Huyana Potosi au loin. Pas de voitures, cadre paisible, on resterait bien ici plusieurs jours ...

Ile Amantani 
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De Capachica à Cusco

On reprend la route sous le soleil en direction de Cusco. On croise de plus en plus de véhicules atypiques locaux : des motos taxis à 3 roues. Le tuning est de rigueur pour la plupart d'entre eux.

Les transports locaux 

On passe par la ville de Juliaca élue ville la plus moche du Pérou par les locaux. On y sera accueillis à la Casa de Ciclista de Giovanni où nous passons une bonne soirée à discuter du Pérou.

On aura le malheur/bonheur de trouver un vrai supermarché ... on en avait pas croisé depuis bien longtemps ! Craquage complet dans les rayons : on repart avec deux sacs de course pleins à craquer ... ça rentrera à peine dans les sacoches, mais que c'est bon de varier son alimentation (en fait non, c'est plutôt on fait le plein de sucreries, saucisson, fromage 😀).

Au Pérou, il y a autant de déchets sur les routes qu'en Bolivie même si on croise beaucoup de panneaux pour la préservation de la nature. Aussi, les cours d'eau semblent faire office de lavage auto par ici.

La route autour de Juliaca 

Particularité du coin : en sortant de Juliaca on passera devant plus de 30 stations services (on a compté) sur 20km, dont certaines en construction. Etrange ...

La route s'élève ensuite progressivement jusqu'au col Abra de Raya, c'est paisible par ici. On profite des produits locaux : fromage "chcrouic chcrouic" (c'est le bruit qu'il fait dans la bouche, la texture est un peu caoutchouteuse) et yaourts liquides. On fera bien attention à les choisir pasteurisés car un point agriculture "récolte du lait" s'impose : pas de grosse ou même moyenne ferme ici, chaque famille possède une à quelques vaches. La traite se réalise à la main chaque matin dans un seau. Ensuite les seaux sont posés le long de la route et vaguement protégés du soleil dans l'attente du camion ou même de la moto qui passe ramasser le lait dans la journée.

Petite photo avec une dame et son alpaga au sommet 😉 et on descend camper un peu plus loin dans des thermes d'eau chaude d'Agua Caliente. Trempette le soir ... et re-trempette le matin, difficile de repartir après ça !

Les produits locaux et la collecte du lait. La route paisible après Juliaca jusqu'aux thermes d'Agua Calientes 

La suite de la route est plutôt descendante le long d'une belle vallée cultivée. Ici c'est la région de l'élevage du cuy : le nom Quechua du cochon d'inde ("cuy cuy" il fait le cochon d'inde, origine véridique). Le cuy al horno (cochon d'inde au four) est le plat typique de fête Péruvien. Il est servi entier avec riz ou pomme de terre ... on ne goutera pas.

La route jusqu'à Cusco, séchage de maïs 
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Cusco : Capitale de l'empire Inca

La ville de Cusco est vivante et agréable à parcourir. Les fanfares et parades s'enchainent même en pleine semaine. On rassasiera nos ventres plusieurs fois au restaurant de crêpes Français pour le moins délicieux, mais aussi au marché local avec de bons jus et des ceviches (tartares).

Cusco 

La grande ville Inca de Cusco a été détruite en grande partie par les Espagnols en 1534 où ils érigeront plusieurs cathédrales. Ils conserveront cependant une grande partie des murs Incas d'origine et la plupart des bâtiments du centre historique sont construits selon le même schéma : rez-de-chaussée en murs incas, étage en style Espagnol.

Ces murs Incas sont très impressionnants et font l'attractivité de la ville : les pierres sont taillées pour s'emboiter parfaitement et sont empilées sans liants entre elles. Il y a généralement deux "couches" de pierres séparées par des granulats.

Murs Incas originels de Cusco et la fameuse pierre à 12 angles taillée pour s'emboiter avec ses voisines.

La vallée sacrée Inca

La vallée sacrée Inca est la vallée d'Urubamba située au nord de Cusco. Lieu d'agriculture et de défense de l'Empire dont Cusco était la capitale. Nous visiterons les sites suivants :

Pisac : Successions de ruines Incas sur un flanc de montagne. Plusieurs anciens petits villages avec maisons, aqueducs encore fonctionnels, temples, terrasses agricoles. Le tout en pierres taillées comme à Cusco. Il y a même un petit "tunnel" qui relie deux villages qui fera le bonheur de Rémi ...

Pisac 

Ollantaytambo : Ancienne forteresse Inca, également construite à flanc de montagne. Maisons et temples construits dans un style moins propre que Pisac mais avec des pierres de tailles imposantes !

Ollantaytambo 

Moray : Site constitué de 3 "amphithéâtres" constitués de terrasses agricoles circulaires. Le site aurait servi de centre de recherche agricole aux Incas en simulant plusieurs micro-climats (altitudes, sols et températures différentes suivant les terrasses), afin de tester les cultures et rendements.

Moray et ses terrasses agricoles 

Chinchero : Ancienne ville Inca avec les restes d'un palace sur lequel trône une église coloniale espagnole.

Chinchero : les reste du place et les terrasses agricoles

Maras : Située sur le plateau au-dessus de la vallée sacrée, Maras est une successions de bassins construit à flanc de falaise et servant à l'exploitation du sel par évaporation d'une eau de source salée. Les quelques 3600 bassins sont tous reliés gravitairement à la source principale par de petites rigoles creusées dans la falaise.

Salines de Maras 
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Direction Machu Picchu

L'incontournable du Pérou c'est le Machu Picchu. Nous aurons cependant longtemps hésité à remplacer sa visite par celle de son petit frère le Choquequirao, beaucoup moins touristique et aux tarifs encore raisonnables.

Finalement nous trouvons une option intéressante et raisonnable économiquement pour rendre visite aux ruines du Machu Picchu : - Un mixte de transports en communs qui nous laisseront des souvenirs impérissables ;- Le joli trek autour de la montagne sacrée du Salkantay pendant cinq jours ;- Une marche rébarbative le long des rails du train, unique moyen d'accès au pied du Machu Picchu ;- Et enfin l'ascension à pied du Machu Picchu.


Trek du Salkantay

On part donc pour un trek de 5 jours, qui doit nous amener du village de Mollepata jusqu'à Hidroelectrica, un des deux points de départ du train circulant dans la vallée encaissée au pied du Machu Picchu. Ce trek passe au pied du glacier du Salkantay, sommet de 6200m, le plus haut de la région.

On décide de le faire en autonomie, à savoir sans guides et sans porteurs. Le chemin est facile à suivre, et il y a des points de ravitaillement après le second jour.

Réveil à 4h du matin, on doit prendre un colectivo (mini-bus local) pour rejoindre Mollepata à 3h de route et nous avons une grosse journée en vue : 20km, 1500m de dénivelé. Dommage, la porte de l'hôtel est fermée avec un énorme cadenas ... Après débat à qui incombe la faute 😀 on retourne se coucher !

On arrive au mini-bus à 8h, qui partira finalement à 9h15 (pas de service public n'y d'horaires ici, les mini-bus sont gérés par des indépendants, et ils partent à l'heure qu'ils veulent, souvent quand c'est plein, pas avant). Le chauffeur est un sacré artiste : il fait semblant de partir 5 fois, nous fait monter, allume le moteur, redescend, klaxonne pour appeler d'éventuels clients, éteint le moteur, etc. Même les locaux Péruviens commencent à s'énerver 😀. Sur le trajet de 3h, l'artiste aura klaxonné environ 500 fois (on a presque compté) ... coutume locale.

Arrivé à Mollepata à 12h, comme nous sommes bien en retard sur le planning, nous prenons un "taxi" (notez les guillemets) jusqu'au prochain point de bivouac à Soraypampa. Encore un artiste : la voiture est délabrée et il nous soutient que le trajet dure 3h pour 35km (alors qu'il y a 22km et que nous mettrons 1h). Ségolène "négocie" le prix comme une chef même si nous n'avons pas trop le choix, personne d'autre dans les environs ... le village est désert.

On arrive donc à Soraypampa, on est couvert de poussière (Ségolène est blanche des cheveux et des cils) car l'artiste n°2 à roulé fenêtres ouvertes à tambour battant sur une piste poussiéreuse (on double des 4x4 dans la montée avec notre poubelle roulante ...).

Soraypampa est le point de départ du trek pour toutes les agences touristiques : Vue sur le Salkantay, campings et dômes dans tous les coins, nombreux touristes avec leurs guides et les ânes/chevaux qui portent les affaires. Nous sentons que ça ne sera vraiment pas difficile de suivre le chemin ...

Comme nous avons le temps (et que nous sommes pas trop fatigués !), on monte à la lagune située 400m plus haut. On se pose dans un grand camping sous une cabane et nous glanons quelques informations sur le trek (et de l'eau potable) à un guide Péruvien.

Jour 1 du Trek : Soraypampa avec sa lagune, ses multiples campings et la vue sur le Salkantay au loin 

Le lendemain départ au levé de soleil, 800m de montée jusqu'au pied du superbe glacier du Salkantay. On double tous les groupes de touristes levés plus tôt que nous apparemment.

S'en suit une descente interminable de 2000m de dénivelé ... ce sera à notre tour de se faire doubler par une centaine d'ânes et chevaux portant les affaires des touristes, avec des Péruviens courant littéralement derrières les bêtes. On les retrouvera plus loin en train de préparer la nourriture pour les randonneurs : toque sur la tête, habit de cuisinier, découpe de petit légumes ... ça rigole pas ! Pour nous ce sera pain/fromage/saucisson 😀

On pousse un peu plus loin que l'objectif des tours opérateurs pour dormir au calme et allons jusqu'au village de Collpapampa.

Jour 2 du Trek : Montée jusqu'au pied du Salkantay et descente jusqu'à Collpapampa 

Le 3ème jour on continu à descendre jusqu'à 2000m d'altitude. Nous n'étions pas descendus aussi bas depuis longtemps et nous retrouvons une chaleur écrasante et humide. Les moustiques sont de la fête : on se fait dévorer (PS : 4 jours après ça nous gratte encore).

20km de marche à flanc de montagne. La vallée est très encaissée et les glissements de terrains sont nombreux. On traverse des plantations de fruits de la passion : comme c'est trop bon !!!

Encore une fois un pousse au plus loin possible pour dormir au calme sans les masses de touristes. Nous retrouvons nos trois compères (un Californien, un Barcelonais et un Irlandais) qui randonnent comme nous en autonomie avec les gros sacs (nous nous suivons depuis le début et jusqu'au Machu Picchu). Nous passons une superbe après-midi dans le camping d'une petite famille exploitant des champs de café. Pour 5 soles par personne (1,5€) nous avons droit à un diner, un petit-déjeuner et du café à volonté ! On aidera à la ramasse du café et nous pourrons voir le processus complet de fabrication jusqu'à boire notre propre réalisation : délicieux !

Jour 3 du Trek : Descente au travers des plantations de fruits de la passion et café

Le 4ème jour on remonte un peu jusqu'aux ruines de Lactapapa, d'ici on surplombe le Machu Picchu : objectif en vue. On redescend rapidement jusqu'à Hidroelectrica où nous retrouvons le train circulant dans la vallée au pied du Machu Picchu.

Deux options pour rejoindre les ruines : payer 30€/pers/trajet pour faire 9km en train OU marcher le long des rails. Comme 90% des gens (et même de nombreux tours opérateurs) nous choisissons la seconde option. Le train nous doublera plusieurs fois : il est à chaque fois quasi-vide. Des génies les Péruviens.

Il n'y a pas vraiment de chemin, des panneaux interdisent de marcher le long des rails même si c'est l'unique accès au Machu Picchu, et parfois c'est même limite dangereux quand il faut traverser des cours d'eau en marchant en équilibre sur les traverses du chemin de fer : bienvenue au Pérou.

Jour 4 du trek : Dernier col avant l'arrivée au pied du Machu Picchu et marche le long des rails

Jour 5 : On monte au Machu Picchu à pied dans la nuit, nous avons la chance d'avoir eu les billets pour l'ouverture à 6h du matin. La chaleur est déjà écrasante et nous arrivons en sueur. En haut c'est déjà la cohue : des centaines de touristes sont déjà là, ils ont payé le bus pour monter les 400m de dénivelé : 15€ les 10 min de bus par personne et par trajet (et ouais ! C'est l'équivalent de 11 nuits en camping le long du trek Salkantay).

Finalement nous y sommes ... et c'est magnifique. Les ruines, mais aussi les montagnes environnantes. Etant parmi le premier groupe à entrer nous pouvons profiter des ruines et d'une vue dégagée sans le flot de visiteurs. Nous passons 3h à arpenter les restes de maisons, temples et terrasses agricoles. Tout est bien conservé/rénové. Il nous aura juste manqué quelques explications : aucuns panneaux, il faut prendre un guide si on veut des détails.

En couplant le trek du Salkantay avec le Machu Picchu, ça vaut vraiment le coup !

Jour 5 : Le Machu Picchu 

Le retour à Cusco ce sera marche en sens inverse sur les 9km le long des rails, suivi d'un trajet en mini-bus épique de 6h sur une route de montagne. 5000m de dénivelé avec un chauffeur qui fait crisser les pneus à chaque virage. Nous étions fatigués de la journée marathon, mais nous n'arriverons pas à dormir 😀

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Prochaine étape : encore en réflexion. Direction le nord, en vélo ou en bus 😀

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Publié le 24 juin 2019

Nous vous partageons notre premier montage vidéo sur l'Argentine et le Chili : disponible ici

On va essayer de trouver le temps de faire celui de la Bolivie également 😀 Bonne semaine à tous, bises !

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Publié le 4 juillet 2019

Après s'être enfilés plusieurs ceviches (tartares de poissons) et jus de fruits frais au marché de Cusco, il est temps pour nous de reprendre la route : objectif Huaraz et les plus hauts sommets du Pérou !

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Opération BUS

On décide d'éviter les montagnes au nord de Cusco, avec ses routes hyper-fréquentées et parcourues par de nombreux de colectivos roulants comme des fous. On monte donc de nouveau dans un bus direction Lima (passage obligé).

Du bus ... est quelle aventure encore une fois : - Pas d'étiquetage des bagages ici : la dame de la compagnie écrit directement au feutre indélébile noir sur les affaires (j'imagine le touriste avec son sac Louis Vitton ... PS : La marque est toujours intacte après 4 semaines).- On reste ensuite bloqués deux heures par des manifestations : toutes les routes sortant de la ville de Cusco sont bloquées par des manifestants avec des pierres et tout ce qui passe par la main. Le bus finira par passer en force.- La voisine dans le bus qui crie à tout bout de champ et crache par terre. Celle de devant qui met sa musique à fond pour en faire profiter tout le monde (et ça ne dérange que nous apparemment). - Le même chauffeur qui va conduire pendant 24h avec seulement deux pauses (bonjour la sécurité).- L'arrivée à Lima ... l'apothéose : le chauffeur ne voit pas un piéton traversant la chaussée, le renverse et lui roule sur les deux jambes ... Arrêt du bus, sang, panique, attroupement, policiers, pompiers ! On finira à vélo et le pauvre vieux monsieur renversé sûrement sans ses deux jambes ... Ambiance Pérou ...

La suite sera heureusement plus tranquille : on prend un autre bus jusqu'à La Oroya dans les montagnes au-dessus de Lima, où nous reprenons notre voyage à vélo. On commence vraiment à croire qu'au Pérou c'est plus dangereux de voyager en transports en commun qu'à vélo !

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L'altiplano Péruvien

En partant de La Oroya (ville minière la plus polluée du Pérou, yeah !) on monte rapidement sur un petit bout d'altiplano Péruvien. On y retrouve des paysages connus : grandes plaines herbeuses jaunes, vigognes et peu de dénivelé. Les locaux sont très sympas, les échanges verbaux nombreux et nous avons même un invité surprise qui nous rejoint alors qu'on déjeune au bord de la route et nous offre des pommes de terre. On lui échangera contre une portion de pâtes/fromage.

On y croisera également enfin nos premiers élevages d'alpagas, avec lesquels sont fabriqués tous les produits touristiques typiques en laine (même ceux de Bolivie ou Chili viennent du Pérou). Ils sont mignons ces alpagas ... sauf quand ils sont rasés de partout sauf de la tête 😀

Altiplano Péruvien et les Alpagas 

On commence à voir les montagnes enneigées au loin, on passe devant l'énorme mine de Cerro de Pasco puis on s'engage sur une petite route en ripio. Ça monte progressivement et on ne croise quasiment personne à part quelques 4x4 et camions des travailleurs des mines, présentes de partout dans cette région. On est biens !

Un après-midi on voit le ciel s'assombrir progressivement. Dans un petit village les locaux nous soutiennent qu'il ne va pas pleuvoir ("no va a llover, no") ... bien. Une heure plus tard, sur le chemin, on croise des travailleurs qui rangent le matériel tout en catastrophe et partent en "moto/camionnette 3 roues" fissa fissa. "LA TORMENTA LA TORMENTA" nous disent-ils. On se retourne, et effectivement derrière nous ça sent le sapin à plein nez : ça fonce vers nous, c'est bien noir, ça va nous tomber dessus. On accélère la cadence et on plante la tente dès qu'on peut en bord de route, derrière un panneau béton, alors que la grêle commence déjà à tomber. Il est 15h, ça durera jusqu'à la nuit tombée. Heureusement le gros de l'orage éclatera plus loin, mais toute la plaine autour de nous sera quand même blanchie de grêlons.

Cerro de Pasco et la suite de l'altiplano blanchie par le grêle au petit matin. 

Le lendemain ça monte progressivement jusqu'à 4700m sur un ripio parfois peu roulant. On se rapproche d'une grosse mine et nous plantons la tente sur un bout de montagne isolé. On entendra ponctuellement au loin les explosifs et le balai des camions jour et nuit. Nous ne sommes pas encore dans le parc naturel et chaque portion de montagne est ici bien exploitée voir quasiment progressivement rasée 😀

On descendra ensuite jusqu'au village de Oyon : 30km de paysages magnifiques (montagnes enneigées, lagunes, ...) ravagés par les mines. On est entourés de pelleteuses et camions, les tuyaux courent partout sur la montagne et les lagunes sont vidangées.

Avant d'entamer une nouvelle grosse ascension, on se repose à Oyon. Petit hôtel sympa ... sauf qu'ils appliquent un concept ma foi intéressant : hôtel + bar au rez-de-chaussé. Musique locale à fond jusqu'à 3h du matin, le repos sera partiel.

Comme dans tous les villages Péruviens de la montagne, il y a de nombreux restaurants à Oyon. Et comme partout ce sont TOUS des "pollerias" qui font des menus uniques : soupe, poulet, riz/frite. A part les soupes, c'est rarement bon. Miracle, à Oyon on trouvera une alternative : à la paroisse de l'Eglise ! Le curé et quelques paroissiens font des pizzas plutôt bonnes. On y reviendra deux. fois 😀

En route route jusqu'à Oyon le long des mines à ciel ouvert. Les paysages restent magnifiques ! 

Au départ d'Oyon Ségolène fait une petite cascade et s'ouvre le coude dans une descente en ripio : première fois qu'on utilise le matériel médical après 6 mois.

On entame ensuite de nouveau une longue montée en ripio, mais cette fois bien raide : on avance à 3km/h. La route est quasi-déserte et on croise uniquement quelques convois de semi-remorques de la mine d'or située au sommet de la montagne. C'est reposant de se retrouver presque seuls par ici !

On s'arrêtera avant la fin de la montée juste quand la route devient une successions de lacets interminables. On trouve refuge en plantant la tente à côté de la maison en tôle d'une famille de Péruviens vivants là, complètement perdus dans la montagne. Il y a les deux adultes (un frère et sa soeur), les deux enfants de la soeur, et deux enfants d'un mineur travaillant sur la mine en haut de la montagne.

On déballe notre matériel devant tous ces yeux ébahis et à chaque nouvel objet "Que eso es ? (c'est quoi ça ?) toutes les quelques secondes. J'occupe les quatre enfants en sortant le cerf-volant ("LA COMETA LA COMETA") pendant que Ségolène monte la tente et range les affaires. La cometa n'aura jamais subi autant de crash 😀.

Et voilà que ça rentre dans la tente, ça monte sur les vélos, ça touche à tout ... ils sont bien contents de voir du nouveau matériel et de parler avec nous ! La mère et le frère aussi, qui nous regardent à quelques mètres. La plus petite est trop mignonne, la plus grande de 11 ans est très autonome (elle suit sa mère partout dans chaque tâche, elle fait toute la vaisselle), les deux garçons du milieu sont chahuteurs. Quand à nous, on est re-baptisés par la mère en tant que : Gringo et Gringa, nos nouveaux prénoms.

On dine avec les quatre enfants autour de nous, les quatre chiens à un mètre, les deux chats de l'autre côté et la mère et le frère à 5m. On partage du fromage et on leur demande quel est leur plat préféré : poulet/riz.

La montée vers la mine de la Raura et la famille Péruvienne 

Le réveil sera matinal : 6h30. Les enfants sont déjà levés et passent leur tête par l'ouverture de la tente et nous interpellent. Même la mère vient passer la tête pour voir l'intérieur de la tente pendant que l'on est encore allongés. Petit-déjeuner avec toute la clique autour de nous de nouveau. Gringo et Gringa sont l'attraction. On en profite pour discuter avec la mère et elle nous demande si on est mariés (cette question revient souvent au Pérou). Ségolène apprendra que la mère s'est mariée à 15 ans et qu'à 29 ans on est déjà super vieille ici ...

On fini par s'échapper car c'est samedi, les enfants n'ont pas école et ils aimeraient bien qu'on reste toute la journée. Le problème c'est qu'on a pas un stock de nourriture illimité ... alors zouu sur la route.

En guise de second petit-déjeuner, on s'enfile donc ces derniers 700m d'ascension, en lacets, sur un ripio un peu difficile. La vue est superbe au sommet, on est entourés de lagunes et de glaciers. La mine d'or n'est pas énorme et le paysage n'est pas dénaturé. On re-descend rapidement pour bivouaquer le long de la lagune Lauricocha.

Petite panique à la nuit tombée : un feu se propage à notre droite sur le flanc de montagne où nous bivouaquons. On est pas très loins, on commence à sentir la fumée et les flammes sont impressionnantes en pleine nuit. On commence à tout remballer en vitesse, pas motivés de reprendre le vélo en pleine nuit sans avoir où nous allons pouvoir replanter la tente. Quand on a presque fini, on voit que le feu commence à s'éteindre tout seul et on comprend que ce sont les locaux qui font flamber la montagne pour créer des pâturages. Ils ont allumé un dernier feu avant de rentrer chez eux les fripouilles !

La montée vers le col et la mine d'or Raura. Puis la descente vers la lagune Lauricocha 

Sur la route en direction de La Union, on passera une heure à discuter avec des locaux très sympas qui voulaient absolument nous inviter à gouter le cuy (cochon d'inde) : non merci 😀. Les Péruviens dans cette région apprécient grandement leurs montagnes et nous le demande tout le temps. Ça ressemble au massif central avec ses moyennes montagnes et ses vallées vertes (l'altitude en plus), et nous aussi on apprécie.

Petite pause d'une journée obligée à Banos : 3ème intoxication alimentaire pour Rémi, champion ! Le jour suivant on reprend la route et on croise un Barcelonais à vélo, la cinquantaine, qui est parti depuis plusieurs mois du Canada. Lui aussi, il en a gros de la nourriture locale : il mange presque que des sucreries et ne veut plus entendre parler du poulet/riz/soupe😀. Il nous prévient : la suite n'est pas plus belle, la nourriture de l'Equateur et la Colombie ne sera pas extraordinaire 😦

On discute, et discute longtemps, on arrive donc plus tard que prévu à La Union et Ségolène, fatiguée, nous refait une petite glissade sur le ripio, cette fois sans effusion de sang.

En route vers La Union. Encore quelques petites mines. 
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Parque Nacional Huascaran

De La Union on retrouve l'asphalte pour une montée d'abord progressive le long d'une rivière, puis avec de beaux lacets jusqu'à un nouveau col vers les 4700m. Au col on bifurque à droite et nous entrons dans le Parque Nacional Huascaran. On cheminera tranquillement sur une petite piste en ripio à flanc de montagne, entourés de glaciers et avec la vue au loin sur les sommets proches de Huaraz. On ne rencontrera presque personne de la journée.

Après le glacier Pastoruri et un bivouac glacial, on descend vers la route qui nous amène rapidement à Huaraz.

Sud du Parque Nacional Huascaran et la vue sur les sommets de Huaraz 
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Huaraz

Après 14 jours de vélo dans les montagnes et les villages Péruviens depuis La Oroya, on profite bien de Huaraz avec ses supermarchés plus fournis, une auberge confortable avec de l'eau vraiment chaude, et une vue imprenable sur les sommets alentours.

On refait aussi le plein de bons mets culinaires (mets différents surtout) : burgers, pizzas, indien. On re-tente un restaurant typique Péruvien en se disant qu'à Huaraz ça sera peut-être meilleur, mais c'est un échec cuisant. Ségolène insiste et on fini par trouver le graal : le restaurant Taita ! On y dégustera enfin de bons plats Péruviens : chow chow (haricots citronnés avec du cochon frit, maïs croquants, légumes), encore un peu de ceviche, et des pichets d'1L de jus de fruit de la passion succulents. AMEN.

On se fera également des petits plaisirs dans la cuisine de l'auberge avec une fondue "savoyarde" maison (on a trouvé du fromage correcte ici), ainsi qu'une cinquantaine de crêpes qui nous feront également office de casse-croûte pour le trek Santa Cruz.

Huaraz : place principale, le marché et les vendeurs de rue, des machines à écrire, le chow chow et la vue de l'auberge 
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Trek Santa Cruz

Après un peu de repos et le ventre bien plein, on emballe nos trente crêpes restantes et le reste de la nourriture prévue pour s'engager sur le trek Santa Cruz. Au programme : 5 jours de trekking au milieu des lagunes et sommets à 6000m au Nord de Huaraz.

D'abord un petit trajet en bus qui nous fait passer devant le Huascaran (6768m) qui donne son nom au parc et qui est le plus haut sommet du Pérou. Ensuite on s'engage sur un allez-retour à pied de 3 heures pour aller voir la laguna 69, avec sa couleur bleue turquoise ("attention interdit de se baigner sinon les toxines de la sueur vont faire changer la couleur de l'eau" nous annonce un guide ... de toute façon c'est gelé 😀). La Lagune est située au pied du glacier du Chacraraju (6108m).

Trek vers la laguna 69 

On prend ensuite un taxi (qu'on paiera trop cher au gout de Ségolène qui a vu sa tentative de négociation gâchée par Rémi) pour rejoindre le départ du trek Santa Cruz à Vaqueria (après 2 heures de route en lacets bien abimés à bord d'une Toyota de toute jeunesse, ou pas).

On bivouac chez Julia, une américano-péruvienne un peu déjantée, qui vient juste d'ouvrir un "camping/auberge/restaurant". Elle aime bien parler et ne s'arrête pas, elle veut nous amener à la fête au village à côté, on l'aide à chercher son chat perdu, à égrainer les maïs, à cuisiner, à promener ses chiens, à faire connaitre son camping sur les réseaux sociaux ... C'est n'importe quoi 😀. Le lendemain, juste après notre petit-déjeuner elle nous offre une soupe, puis le thé, puis etc. Bref, on a passé une superbe soirée et le lendemain matin on s'échappera qu'à partir de midi pour entamer notre trek un peu en retard.

On monte progressivement le long d'une rivière. Il y a beaucoup moins de monde que sur le trek Salkantay à Cusco, et on croise plus de monde en autonomie comme nous (on croise moins de guides, moins de mules). Le chemin est facile à suivre et on bivouac sous le premier glacier juste avant le col Punta Union à 4750m.

Le lendemain grosse déprime pour Ségolène : les nuages sont de la partie et les sommets joueront à cache-cache jusqu'à la fin du trek ! La suite ce sera trois jours d'une longue descente dans une vallée entourée de lagunes, glaciers et sommets. Au programme au milieu des nuages : 9 sommets de 5500 à 6200m avec leur glaciers immenses qui se touchent presque tous.

Trek Santa Cruz

On cachera les gros sacs dans les arbres pour faire un petit allez-retour et monter à la lagune Arhuaycocha, qui nous offre une belle vue sur quelqu'uns de ces sommets, et notamment l'Artesonraju (6025m) que vous connaissez tous : c'est la montagne sur le logo de la Paramount Picture (production de films).

L'Artesonraju emblème de la Paramount, la Laguna Arhuaycocha et le chemin de descente jusqu'à la fin du trek à Cashapampa

On se repose actuellement à Huaraz avant de reprendre la route en vélo jusqu'à Trujillo sur la côte Péruvienne puis en direction de l'Equateur !

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Publié le 12 juillet 2019

Voici notre second montage vidéo sur la Bolivie. Encore merci à tous pour vos messages 😀

La vidéo ICI

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Publié le 25 juillet 2019

De Huaraz jusqu'à la cote Péruvienne

Rémi aura tout tenté pour rester à Huaraz à ne rien faire. Le "encore une journée de plus" n'aura marché qu'une seule fois avec Ségolène 😀 On reprend donc la route !

Heureusement le profil attendu est largement descendant : on part des montagnes de Huaraz à 3000m pour descendre jusqu'à l'océan Pacifique à 0m.

On descend le long d'une belle vallée cultivée avec d'énormes serres de fraises. On passe par les villages de Caraz puis Yungay avec une belle vue sur la chaine de montagne et notamment le plus haut sommet du Pérou le Huascaran (6768m). La moitié de la ville de Yungay a été rasée en 1970 par un éboulement de glace et roches descendant du glacier du Huascaran suite à une énorme tremblement de terre.

Le Huascaran dans la magnifique cordillère blanche. Les champs de fraises. 

La route bifurque ensuite plein ouest en direction de l'océan par une des plus belles routes du Pérou. Cette route serpente dans le très encaissé Cañón del Pato formé par le Rio Santa. 40km de descente, 35 tunnels, des paysages magnifiques et une circulation réduite : le bonheur du cycliste !

Les tunnels ne sont pas éclairés, et les plus longs se font donc presque à l'aveugle avec seulement notre petite lumière frontale. Faute d'avoir un klaxon comme les voitures, une prière est de mise à l'entrée de ces tunnels qui ne comportent qu'une voie 😀

La route est entretenue mais la sécurité est relative : beaucoup de portions avec des parties effondrées ou des restes d'éboulis, pas de glissières, pas de filets. Eviter de venir en période de pluie !

Cañón del Pato. Bivouac avec un superbe muret de protection contre le vent 

Tout au long du canyon on croise de nombreux restes d'anciennes mines excavées manuellement, et les villages fantômes qui vont avec.

A la sortie du canyon la vallée s'élargie progressivement, la pente s'adoucie puis devient nulle. Nous voilà sur le plat et le vent assez fort depuis le début devient, sans la gravité pour nous aider, assez gênant. On pousse quand même jusqu'à la ville de Santa proche de la cote : 107km parcourus dans la journée, notre record.

On arrive juste à temps dans l'hôtel pour voir la défaite au foot des Péruviens contre le Brésil en finale de la Copa America.

Fin de la vallée avant l'arrivée à Santa. Champs et piments qui sèchent. 
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De Santa à Trujillo : la cote pacifique Péruvienne

Nous voilà sur la cote pacifique Péruvienne, nous sommes en juillet et c'est donc la saison sèche. Sur la cote le climat se traduit par :

  • Du brouillard du levé du soleil jusqu'à environ 15h
  • Puis avec un peu de chance une percée du soleil jusqu'à la nuit.
  • Une chaleur importante. C'est bien pour les gambettes de Ségolène qui retrouvent l'air libre depuis bien longtemps, mais c'est moins attrayant pour faire du vélo.

Au programme depuis Santa : direction plein nord par l'autoroute Panaméricaine, pour rejoindre la ville de Trujillo et ses sites historiques pré-incas. Deux jours de vélo sur du presque-plat où nous retiendrons :

  • Portion de route peu circulée avec une grande bande d'arrêt d'urgence : on se sent plus en sécurité ici que sur certaines petites routes Péruviennes avec "les fous du volant".
  • Une montée de 350m de dénivelé qui aura séché Ségolène sous cette chaleur écrasante.
  • Des dunes (et des déchets) à perte de vue quand le brouillard veut bien se lever.
  • Pas encore de vue sur le Pacifique : trop loin pour être vu.
  • Un vendeur ambulant cocasse qui se place en haut d'une montée devant deux ENORMES panneaux (2x3m minimum) où il est justement écrit : "pas de vente ambulante". Les policiers passeront devant sans rien dire, limite si il ne lui achètent pas une glace. Un peu du même acabit que la voiture qu'on avait vu remonter toute une file en sens inverse pour se retrouver nez à nez avec une voiture de police, et qui la laissera juste se remettre sur la bonne voie, MAIS BIEN SUR 😀
La panaméricaine le long du Pacifique: brouillard et dunes de sable. Le Pacifique au loin (non je déconne on le voit pas)

On s'arrête dormir dans la ville de Chao sur la route. Ségolène éclate une blatte qui était dans les draps du lit et on s'endort presque rassurés. Puis on repart pour une 2nd journée d'autoroute et de sable jusqu'à Trujillo.

La première journée à Trujillo sera marquée par beaucoup de nourriture ingurgitée (record battu), la visite du joli centre coloré de la ville et un échec au SPA de l'hôtel avec la moitié des salles fermées ou en réparation.

En face de notre chambre d'hôtel des travailleurs détruisent un pan de mur d'une ancienne maison. Ils n'ont pas d'engin mais dieu que c'est lent : à chaque fois qu'on regarde ils sont en pause 😀 La surprise du chef ce sera pour la nuit : l'entreprise fait passer le tracto-pelle et la camion pour charger les gravats entre 23h et 1h du matin ... merci c'est cool. Le matin tôt, on découvre avec plaisir que le voisin a un coq dans la contre-allée à notre autre fenêtre 😀

Centre de Trujillo et la place principale 

On visitera les jours suivant les ruines en adobe de la civilisation Chimue (1100-1470) avec les temples de la lune et du soleil, et l'immense ancienne ville de Chan Chan.

Temple de la Lune et du Soleil, Cité de Chan Chan 

On prend ensuite un colectivo pour aller enfin voir de près cet océan Pacifique (depuis le temps), au village de Huanchaco un peu au nord, paradis des surfeurs. Le brouillard se lève tardivement mais ça fait du bien de se poser, écouter les vagues et regarder les surfeurs (les vagues au large sont impressionnantes).

Huanchaco, paradis des surfeurs sur la cote Pacifique Péruvienne 
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De Trujillo à Loja : entrée en Equateur

De Trujillo on prend un bus pour éviter de continuer à remonter en vélo le long de cette cote désertique brumeuse. Direction donc directement l'Equateur un peu plus haut.

On quittera le Pérou sur une bonne note : enfin un voyage en bus sans incident/accident, et un stop par la ville Péruvienne de Piura avec un centre joli et un bon restaurant Chifa (alléluia du riz et du poulet biens préparés et assaisonnés).

On reprend ensuite le bus jusqu'à Loja, de l'autre côté de la frontière dans les montagnes Equatoriennes. Hormis un enfant qui vomira sur les chaussures de Ségolène le trajet se passe bien également 😀

Sur les conseils (ou plutôt la flemme) de Rémi, on décide de faire une pause d'une journée à Loja, première ville Equatorienne pour nous, afin de nous "reposer" de ces deux journées de bus. Bien nous en aura pris car la ville mérite d'être visitée : de belles places, de belles Eglises, un château, et la découverte de l'Equateur qui on le sent, va bien nous plaire.

C'est la LIBERATION ! Après la Bolivie et surtout le Pérou, enfin des voitures qui ne klaxonnent plus à chaque coin de rue, enfin des taxis qui ne klaxonnent plus chaque passant pour savoir s'il veut monter. On retrouve le plaisir simple de se balader dans une ville sans en prendre plein les oreilles. On tente même un almuerzo (menu du midi) dans un petit restaurant local (chose qu'on a fini par limiter au Pérou), Rémi est hésitant mais finalement on aura bien mangé !

Entrée en Equateur et arrivée dans la ville de Loja 
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De Loja à Cuenca

On reprend donc le vélo motivés, contents de rouler dans un nouveau pays. On roule de nouveau sur la Panaméricaine en direction de Cuenca un peu plus au Nord. Par contre rien à voir avec la Panaméricaine de la cote péruvienne, ici nous roulons sur une 2x1 voie avec une bande "cyclable" tout du long.

Cinq jours de vélos agréables dans les montagnes verdoyantes du Sud Equatorien, pour seulement 220km mais de vraies montagnes russes : 5000m de dénivelé. Les villages traversés sont agréables, le trafic est calme et les hôtels de bonne qualité.

La météo Equatorienne nous joue des tours avec beaucoup de nuages et pas mal de bruine, mais on apprécie les paysages quand ils se montrent et on croise de nouveau quelques cyclovoyageurs en sens inverse en direction du Sud, avec qui nous discutons.

Route de Loja à Cuenca. Beaucoup de fours à briques sur la route

Arrivés à Cuenca on se pose quelques jours pour refaire le plein des batteries et du ventre (oui on parle beaucoup de nourriture).

La ville est agréable avec ses nombreuses Eglises et bâtiments coloniaux. On profite d'un Free Walking Tour pour la visiter de long en large. C'est ici que sont fabriqués les véritables panamas (les chapeaux en fibre blanc), qui ne sont donc pas originaires du Panama (le pays).

Cuenca et son marché avec ses nombreuses étales et coins restauration

On tentera de visiter le Parc Naturel Las Cajas, situé dans les montagnes à l'Ouest de la ville, mais le temps aura raison rapidement de nous et nous ferons demi-tour quelques minutes après avoir commencé un trek dans une boue innommable, avec un vent fort et sous une bruine incessante (surtout que Rémi avait oublié son manteau ... champion).

Parc naturel Las Cajas ... l'entrée tout du moins 😀

La suite du programme : continuer la montée vers le Nord de l'Equateur, rouler proches des volcans du centre et ramasser des fleurs pendant deux semaines (on vous racontera, surprise).

Profitez bien de la canicule et des vacances en France. Bises à tous.

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Publié le 12 août 2019

Alors que Rémi se remet d'une enième intoxication alimentaire, Ségolène a eu le temps de vous préparer le montage vidéo du Pérou. Ça se passe : ICI

Un petit bonus de grand air pour ceux d'entre-vous qui sont déjà rentrés de vacances 😀

Bises à tous.

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De Cuenca à San Juan

De Cuenca on reprend la route, encore et toujours direction le Nord.

On roule de nouveau sur les belles montagnes russes/équatoriennes, bien verdoyantes, avec une moyenne journalière de 1000m D+. On reste sur la Panaméricaine qui est ici peu circulante avec la belle bande latérale qui nous permet de rouler sereinement.

La sierra (montagne) Equatorienne entre Cuenca et Riobamba 

On emprunte quelques petits chemins pour faire un détour et aller visiter le plus grand site Inca de l'Equateur : Ingapirca.

Ce n'est pas aussi immense que les sites Incas du Pérou mais la visite est très intéressante (il y a même des panneaux explicatifs, chose impensable au Pérou 😀). Au programme on retrouve le mode de construction de nos chers amis incas : des pierres parfaitement taillées et emboitées, des champs en terrasses, et un système de mini-aqueducs.

Site Inca de Ingapirca 

En continuant vers le Nord sur la Panaméricaine, on passera par de nombreux jolis petits villages : El Tambo, Chunchi, San Pedro de Alausi ... Les habitants sont accueillants et on s'y sent bien (même si la mode locale est particulière : on croisera dans les rues, en pleines journées, de nombreuses dames en habit intégral pyjama pilou pilou à motifs 😉).

Avec des montées bien raides et l'accumulation de dénivelé, les jambes commencent à fatiguer. On adopte donc rapidement un rythme tranquille : départs vers 10h et pauses à chaque occasion qui se présente : discussions avec les locaux, dégustation de pain et jus de fruits, contemplation de la vue sur la vallée.

Petite pause dans une boulangerie d'extérieur avec vue sur la vallée : pain chaud et excellents jus de fruits. Et cafés gratuits !

Le vent s'invite à la fête et les deux derniers jours pour rejoindre San Juan seront longs et sportifs. Toujours de beaux paysages verts, quelques champs de quinoa et la plus vieille église d'Equateur. En arrivant vers San Juan on commence enfin à apercevoir le Chimborazo culminant à 6268m, le plus haut sommet de l'Equateur.

Une petite erreur d'estimation de distance par Rémi, et c'est le drame : Ségolène fait une fracture du mental pour finir les 6 derniers kilomètres nous menant à San Juan 😀

La verdure et la plus vielle église de l'Equateur, au pied du Chimborazo visible au loin.
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San Juan et le Chimborazo

De San Juan on projette de faire le tour du Chimborazo par l'Ouest et de redescendre vers Ambato. Avant d'entamer la grosse montée qui nous mènera jusqu'à l'entrée du Parc National du Chimborazo, on prend un journée de repos dans un beau camping à la ferme : lait cru frais, légumes du jardin et repos complet.

Le lendemain, montée bien raide de 1200m, mais pour une fois le vent nous sera bien favorable et on arrive au sommet tranquillement (moins pour Rémi qui se traine les 6L d'eau de stock pour lendemain). Durant la montée, la verdure laisse rapidement la place à ce paysage typique andin de plus de 4000m : ces grandes herbes jaunes fouettées par le vent.

Le camping à San Juan puis la montée jusqu'à l'entrée du Chimborazo 

A cette altitude, on retrouve également des bêtes connues : les vigognes. Elles sont ici moins timides qu'en Bolivie et n'hésitent pas à s'approcher de notre bivouac pour grignoter les fleurs et arbustes. On aurait presque envie de s'approcher pour toucher leur pelage qui à l'air si doux :O

On pose la tente dans un bâtiment du Parc National proposé par le gardien, on y sera très bien avec ce vent violent !

PS : Entre les vigognes et les belles couleurs du couché de soleil, Ségolène fera environ 500 photos ce soir là !

Bivouac en compagnie des vigognes au pied du Chimborazo 
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Du Chimborazo à Banos

Un dernier regard vers le Chimborazo et nous voilà partis pour 2000m de descente jusqu'à Ambato.

La première partie se fait avec un vent de face qui nous oblige à bien pédaler malgré la pente descendante. On emprunte ensuite une petite route magnifique dans un fond de vallée où nous sommes protégés du vent. Petite route sinueuse tout en descente : on s'éclate !

On fera une pause de deux heures dans des thermes d'eau chaude sur la route ... nous aurons du mal à décoller pour reprendre le vélo ensuite, même en sachant que c'est descendant. C'est un lieu très "typique" et on est les seuls gringos dans les parages. On y fera connaissance de Laura, Denis et leur fille, équatoriens de Guaranda qui nous inviterons à passer une journée chez eux le lendemain (ils auraient même voulu qu'on reste plusieurs jours).

Descente jusqu'à Ambato 

De Ambato, après un aller/retour en bus chez nos amis Equatoriens de Guaranda, on reprend le vélo vers l'Est, direction la ville de Banos aux portes de l'Amazonie.

La route est très circulante (Banos est une destination très prisée des locaux et touristes), mais heureusement c'est encore complètement en descente (sauf 100m de remontée qui sècheront Ségolène 😉).

A Banos on se baladera en vélo pour aller voir les nombreuses cascades présentent dans cette zone humide, et surtout on profitera à fond des nombreux bains thermaux !

Banos et ses nombreuses cascades en direction de l'Amazonie. 

N'ayant jamais été aussi proches de la forêt amazonienne (la selva), on se décide enfin à sauter le pas et à rejoindre un groupe pour une journée guidée dans la forêt. Ça sera la journée la plus "touristique" de notre voyage mais on ne regrette vraiment pas.

Tout notre petit groupe est trimballé en minibus jusqu'à la ville de Puyo puis jusqu'à un petit village d'une communauté indigène. Ce n'est pas l'Amazonie profonde mais on ressent déjà un grand changement dans la faune, la flore et le climat chaud et humide.

On arrive au village pour une séance maquillage typique réalisée par les enfants, des danses locales et un apprentissage de la sarbacane (ça part bien la fléchette avec ce machin là !).

On enchaine par une petite descente en canoë de la rivière, une montée jusqu'à un point de vue où on se rend bien compte de l'immensité de cette forêt amazonienne , et une ballade dedans jusqu'à une belle cascade (baignade !).

On finira par deux stops culinaires avant de rentrer à Banos : la visite d'une ferme de cacao, puis un restaurant de mets locaux avec notamment le fameux ver du cocotier (les gros vers blancs à déguster crus ou cuits).

Opération forêt amazonienne 
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Patutan : Rémi et Ségolène les horticulteurs d'oeillets

Après être restés plusieurs jours supplémentaires à Banos pour une énième maladie de Rémi (sûrement cette fois-ci due à l'eau des thermes), on prend un bus pour remonter à Ambato puis Latacunga un peu plus au Nord.

La suite du programme ce sera deux semaines en "WorkAway" à Patutan, proche de Latacunga, dans la ferme Anthonella. Nous y vivrons avec la famille de Geovanni et Gladys, les propriétaires, et leurs trois enfants : Julianna, Anthonella et Alejandro.

On y travaille du lundi au vendredi, 5 heures par jours en échange du gite et du couvert. La famille gère une dizaine d'employés pour l'exploitation d'oeillets et l'export vers la Russie et les Pays-Bas. On alterne entre :

  • Le travail à la serre : Où il faut couper les bourgeons et tiges qui poussent sur les côtés pour ne laisser que la tige principale et la fleur sommitale, vérifier la rectitude des fleurs, les ramasser, en faire des bouquets de 25 fleurs, etc. Un sacré nombre de manipulations pour chaque fleur, on comprend les prix en Europe.
  • Et le travail au dépôt : Où il faut laver les fleurs de la ferme (et de toutes les fermes environnantes qui livrent ici) avant de les emballer, compter les fleurs par bouquets et empaqueter.

Ségolène travaillera moins car elle subira avec retardement les mêmes problèmes de santé que Rémi à Banos, avec un malaise en prime 😀

Les deux semaines à la ferme de fleurs Anthonella à Patutan proche de Latacunga

Rapidement, en excellents travailleurs que l'on est, et surtout en tant que Français, on sera rapidement promus au grade de : chefs cuisiniers de la famille et des employés !

Le salaire ne bouge pas (on en avait pas) mais on aura le droit de mieux manger (yeah !). Exit le travail fastidieux à la ferme à couper des bourgeons pendant 5h de suite sans pause, notre seule mission sera dorénavant de nourrir 12 personnes en leur faisant découvrir des plats typiques de France (et d'à côté).

On donne notre liste de courses la veille, et le matin on sort les grands plats pour cuisiner pour tous ces ventres affamés. On les régale et ils nous aiment pour ça (sauf les enfants qui n'aiment que les plats sucrés et se font du riz/poulet pour le reste) : quiche lorraine, salade lyonnaise, crêpes, crumble aux pommes, gratin dauphinois, soupe à l'oignon, hachis parmentier, éclairs au chocolat, ratatouille, pâtes carbonara, meringues.

Les chefs cuisiniers et le grand départ après deux semaines 

On aura vraiment apprécié ces deux semaines chez Geovanni et Gladys, à partager leur quotidien et surtout leur faire découvrir notre gastronomie. Au moment de partir ils auraient bien aimé que l'on reste plus longtemps comme cuisiniers attirés 😀

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Laguna Quilotoa et le Cotopaxi

On fait un petit tour en bus jusqu'à la Laguna Quilotoa, un magnifique lac situé dans la caldera d'un volcan à 3800m, un peu à l'Ouest de Latacunga, et quelques marchés locaux sur le retour avec le toujours fameux Cuy au feu de bois comme au Pérou.

Les marchés locaux et la Laguna Quilotoa

On grimpe ensuite en vélo jusqu'à 4000m d'altitude au pied du Cotopaxi (5897m), le second plus haut sommet d'Equateur et un des multiples stratovolcans d'Equateur toujours en activités (dernière éruption pour le Cotopaxi en 2016).

La route est bien aménagée et nous arrivons tranquillement au sommet. On bivouac derrière les quelques arbres présents pour se protéger du vent avec une magnifique vue sur le volcan. Au couché de soleil les nuages nous font le plaisir de s'en aller pour nous laisser une magnifique vue sur le sommet.

Montée et bivouac au pied du Cotopaxi 

Le lendemain on est bien motivés pour les 1500m de descente jusqu'à Quito la capitale.

On fait un petit tour à la lagune d'à côté et on prend les dernières photos du Cotopaxi. Malgré le vent violent, on a du mal quitter cet endroit magnifique ... c'est notre dernier haut sommet du voyage, et nous ne reverrons plus de tels paysages, qui nous rappellent la Bolivie et le Nord Argentin/Chilien 😦

Au revoir la Puna et les hauts sommets 

Pour aller vers Quito on savait la route mauvaise, mais en descente on s'était dit que ça serait passable. En fait c'était HORRIBLE. La pire descente du voyage : ils ont réalisé une sorte de route pavée avec les cailloux trouvés dans le coin, impossible de dépasser les 10km/h de moyenne avec nos vélos de voyage et les sacoches, ça secoue comme jamais, et Ségolène s'amochera le second coude sur une chute (opération Rémi l'infirmier n°2).

On arrive finalement au pied de Quito assez tard, et il nous reste 22km de ville en montée sur une 3x3 voies hyper circulante ... Non merci, on décide donc vite de prendre un taxi camionnette pour rejoindre le centre-ville. On trouve une jolie petite auberge avec terrasse sur les hauteurs de Quito. REPOS !

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Quito

La ville de Quito est agréable, vallonée et entourée de montagnes. Le vieux centre est assez calme et parsemé d'églises et bâtiments coloniaux.

On se ballade dans les parcs pour regarder des matchs d'ecuavolley (volley à 3 typique d'Equateur), dans les marchés et à la recherche de bons restaurants. On prendra de la hauteur en empruntant le TeleferiQo qui nous amène au pied de volcans avec une belle vue sur l'ensemble de la ville.

Quito
Vue sur la ville de Quito 
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Publié le 7 septembre 2019

En attendant Chloé (soeur de Ségolène) qui doit nous rejoindre dans quelques jours à Cali, on a profité de notre temps libre pour vous préparer le montage vidéo de notre périple en Equateur.

La vidéo ici 😀

Bonne rentrée à tous