Carnet de voyage

Rémi et Ségo à vélo dans les Andes

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Voyage de Rémi et Ségolène pendant onze mois en Amérique du Sud. Traversée du Sud au Nord en passant par les Andes.
Décembre 2018
330 jours
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13/12/2018,

Ca y est, nous sommes (presque) prêts pour le départ de demain matin à l'aéroport de Lyon à 7h ! On est motivés pour rejoindre Ushuaïa avec 2 escales (Madrid et Buenos Aires). On commencera par 3 nuits en auberge de jeunesse pour pouvoir remonter les vélos tranquillement et profiter des alentours.

Merci pour les petits cadeaux et les encouragements.

Voici quelques photos des préparatifs.

On emmène les mascottes que les 3 classes qui vont nous suivre nous ont donné !  Merci beaucoup. 
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Publié le 18 décembre 2018

Arrivée à l'aéroport d'Ushuaïa samedi à 9h (13h en France) avec tous nos baggages en état.

Nous avons profité du calme de ce petit aéroport pour monter nos vélos (3h de boulot) avant de se rendre à notre auberge de jeunesse où nous avons passé 3 jours de "repos".

A l'aéroport !  

Durant ces 3 jours, malgré le vent, le neige, la pluie et un peu de beau temps, nous avons profité d'Ushuaïa et de ses alentours. Visite de la ville, randonnée au "Cerro del Medio" et une journée au "Parque Nacional Tierra del Fuego".

Cerro del Medio, vue sur Ushuaïa 
Parque Nacional  Terra del Fuego  

Demain c'est le vrai départ à vélo --> Direction le Nord ! Les quelques échanges avec d'autres voyageurs et notre petite expérience du coin nous font penser que le vent va nous jouer des tours !

Le soleil se lève avant 5h pour se coucher après 22h, ça nous laissera le temps de bien rouler : )

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Publié le 23 décembre 2018

La photo devant le panneau "Ushuaïa, fin del mundo" qui marque nos premiers tours de roues : direction le Nord

Le début de l'aventure à vélo 

Les 2 premiers jours se feront avec le beau temps et sans vent (ou alors en notre faveur !). Nous avons de très beaux paysages, nous rencontrons rapidement des cyclistes (principalement dans l'autre sens) qui nous donnent des conseils ou nous font un peu peur sur les prochains jours à venir à cause du vent ...

Nous nous arrêtons la première nuit au bord du Lac Escondido, dans une cabane abandonnée pour cyclistes (en compagnie de Jack, un motard Thaïlandais). Nous passons ensuite la seconde nuit dans une boulangerie à Tolhuin (Panaderia la Union), où le propriétaire Emilio garde une chambre pour les voyageurs à vélo dans sa réserve.


Les paysages entre Ushuaïa et Tolhuin (Lago Escondido)
Le grand lac Fagnano à Tolhuin et la Casa de Amistad de la boulangerie   

Nous repartons ensuite pour Rio Grande en espérant faire le trajet en 2 jours avec un bivouac vers l'Océan. Après 45km et un peu de fatigue, un camion s'arrête et nous propose de nous emmener directement à Rio Grande ("mucho viento, no possible con bicycleta"). Nous commencions juste à être face au vent, nous avons donc accepté avec plaisir et montons dans le camion benne. Le cycliste Français rencontré sur la route (Alain), fait le trajet dans la benne du camion car il n'avait pas de place pour tout le monde à l'avant. L'arrivée à Rio Grande se fait donc plus rapidement que prévu avec 70Km en camion !

Depuis jeudi soir nous sommes à Rio Grande, ville où il n'y a pas grand chose à visiter. Nous prenons une journée de repos en compagnie d'Alain et décidons de partir le lendemain en direction de Porvenir.

Nous savions que c'est la partie la plus difficile à cause du vent qui arrive plein face. Après une dizaine de kilomètres entre 6 et 8 Km/h à plat en essayant de ne pas tomber avec les bourrasques de vent, nous décidons de faire du stop. Après 3h infructueuses (nous sommes le week-end avant Noël et il n'y a pas beaucoup de monde sur la route), nous apercevons d'autres cyclistes essayant également de faire du stop ! Nous décidons alors de faire demi-tour et nous revoilà à Rio Grande pour se reposer mentalement de cette journée difficile !

Nous prendrons finalement un bus demain matin pour aller directement à Puerto Natales afin d'éviter cette partie trop pénible (que beaucoup de monde semble éviter en faisant du stop).

Jack, un motard/voyageur Thaïlandais, les paysages en direction de Rio Grande et notre chauffeur jusqu'à Rio Grande.

Une fois à Puerto Natales, au programme : profiter du parc Torres del Paine au Chili.

Merci pour tous les commentaires, ils nous font plaisir et nous motivent !

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Publié le 2 janvier 2019

Après une nuit de repos à Puerto Natales, nous reprenons donc la route à vélo pour le Parc National Torres Del Paine au Chili. C'est l'occasion de faire notre baptême avec les chemins (routes) typiques de l'Amérique du Sud : les ripios, sortes de chemins en terre dure prenant la forme d'une tôle ondulée par le passage multiple des véhicules. Le vent étant toujours présent (de face, de côté), et la qualité des ripios bien variable, nous devons parfois lutter pour ne pas tomber des vélos.

Le beau temps est de la partie, et que ce soit pendant l'approche, dans le parc Torres Del Paine, ou en repartant, les paysages sont grandioses. Les lacs sont nombreux, bordés de montagnes et absents de traces de vie humaine autre que la route serpentant vers et depuis le parc. Nous avons la chance de faire un bivouac juste devant les montagnes Torres del Paine, avec une vue dégagée sur le massif (chose assez rare).

Les courbatures commencent à arriver, les chemins du Parc Torres Del Paine font beaucoup de montées-descentes assez difficiles pour les cyclistes (pentes bien plus raides que la norme Européenne). D'ailleurs nous n'en verront pas pendant nos 4 jours aux alentours du Parc.

Bivouac au lac Sophia, en route pour le parc national, le parc Torres del Paine, les guanacos (animaux typiques du Parc et de la r...

En sortant du Parc, nous passons à Cerro Castillo, tout petit village où nous repassons la frontière Argentine pour ensuite prendre la route vers El Calafate. Durant ce trajet, les paysages sont beaucoup plus plats, nous avons de longues lignes droites qui nous paraissent interminables ! Un voyageur canadien s'arrête pour nous proposer du chocolat. Nous avons enfin un peu le vent dans le dos, nous voyons la différence et faisons notre plus grosse journée de vélo : 78 km.

Nous décidons ensuite d'aller vers Esperanza plutôt que de monter directement vers El Calafate, pour 2 raisons : le ripio dans cette direction est en très mauvais état et le vent qui devait être de dos puis de côté se retrouve de côté puis de face et s'annonce terriblement fort.

Nous passons la nuit à Esperanza car le bus qui va à El Calafate n'a pas de place pour les vélos. Nous faisons 2h de stop le soir sans succès. Le lendemain, le vent est effectivement violent et plein face, nous essayons donc de nouveau le stop et après 15 minutes, un couple belge en camion s'arrête pour nous emmener à El Calafate (ils feront même un détour !). Nous sommes dans une région immense avec très peu de villages (villages qui ressemblent plus à une station service qui fait office de centre de la ville et entourée de quelques maisons), cela fait très désertique et il nous faut réfléchir à notre quantité de nourriture avant de rencontrer un autre village. Plus on montera vers le Nord de l'Argentine, moins ça sera désertique.

En direction d'Esperanza : plats et lignes droites

Nous voilà à El Calafate depuis le 31/12 où nous avons pu nous reposer (le vélo ça fait mal aux jambes !). Nous profitons de cette pause pour aller voir le glacier Perito Moreno : glacier qui avance de 2m par jour sur un front de 50m de haut et se brise dans le lac Argentino. L'avancée de la glace produit des sons impressionnants de glace se fissurant et de morceaux tombant dans l'eau.

Le Glacier Perito Moreno 

Nous prévoyons de repartir demain matin direction El Chalten et faire quelques randonnées là-bas.

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Départ de El Calafate, direction El Chalten. Nous profitons bien du vent de dos les 30 premiers kilomètres qui se font très facilement. Nous bifurquons par la suite vers le nord le long des lacs Argentino et Viedma. Nous nous retrouvons alors avec le vent de côté, puis de face. Nous décidons donc les 2nd et 3ème jours de partir très tôt le matin (5h !) pour profiter du faible vent (il se lève vers 9h). Ca marche, on avance pas trop mal sous une brise légère. Le 3ème jour, pour les 50 derniers kilomètres, plein ouest face au vent, nous sommes pris en stop par un couple de Brésiliens en 4x4 ! Arrivée donc 1 jour plus tôt que prévu à El Chalten, pas mécontents.

Trajet de El Calafate à El Chalten : le vent, la pampa, les repas variés (ou pas)

Nous passons ensuite 4 jours à El Chalten, le top de la randonnée en Argentine. Nous faisons le circuit classique qui permet d'aller voir en 3 jours les glaciers les plus proches : au pied de la Laguna Del Torre et du sommet le plus haut mythique du coin : le Fitz Roy.

El Chalten est un petit village de "montagne" sympathique et très joli (même si on dirait qu'aucune maison n'est terminée). C'est aussi un lieu très fréquenté par des randonneurs du monde entier. Il y a beaucoup d'escalade et d'alpinisme à faire dans le coin sur les innombrables glaciers et sommets environnants.

Glacier de la Laguna Torre, le condor des Andes, les lacs Hija et Madre, El Chalen au loin, le Fitz Roy avec son glacier au pied 

Nous repartons ensuite direction Villa O'Higgins pour passer du côté Chilien. C'est une petite aventure en soit qui nous prendra 3 jours :

  • 37km de vélo avec les derniers jours de vent pour aller jusqu'au Lago Desierto
  • 1 ferry de 1h pour traverser ce lac
  • 1 trek de 6km, sur un chemin étroit de randonneur, en montée pour atteindre la frontière Argentine-Chili. Pour passer cette étape nous adaptons le chargement des vélos (un sac chacun sur le dos avec tout ce qu'il y a de plus lourd pour alléger et aider à pousser les vélos, déplacement des sacoches sur le côté pour passer les passages étroits). On passera 3h à pousser nos vélos dans le raide et à traverser plusieurs fois des ruisseaux.
  • 1 descente de 15km sur un chemin 4x4 depuis la frontière jusqu'au Lac Villa O'Higgins. Nous y passons le poste frontière Chilien où nous sommes obligés de manger tout notre fromage d'un coup : impossible de passer des fruits, légumes et autres produits d'origine animale !
  • 1 ferry de 2h jusqu'à Villa O'Higgins. Pas mal de vagues sur le lac, le petit bateau avance à vive allure et ça secoue fort !

En arrivant à Villa O'Higgins, nous quittons enfin la pampa et son climat très venteux et assez sec. Nous nous engageons maintenant sur la célèbre Carretera Austral, plus vallonnée et arborée, sans vent, mais avec plus de risque de pluie. 1200km de chemin (ripio) en vue jusqu'à Puerto Montt.

Lac Desierto, traversée de ruisseaux,  frontière Argentine/Chili, Lac Villa O'Higgins 

Cette route lancée en 1980 par Pinochet a permis de désenclaver cette région jusqu'alors complètement isolée (la route a atteint Villa O'Higgins en 1999). Nous allons bien profiter de cette partie, nous a t'on dit magnifique de la Patagonie, en prenant notre temps et en suivant le proverbe chilien : "Quien se apura en la Patagonia, pierde el tiempo" (En Patagonie, qui se presse perd son temps).

PS : On pensait avoir publié l'étape il y a quelques jours à Villa O Higgins mais nous avons certainement perdu patience vu la lenteur du Wifi !

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Publié le 3 février 2019

On se repose 2 jours à Villa O'Higgins et en profitons pour se balader dans ce beau petit village.

 Vue sur Villa O'Higgins

On repart ensuite sur le début de la Carretera Austral en direction de Cochrane. Cette première portion est un ripio qui serpente entre les montagnes, parsemées de rivières et lacs.

Chaque jour on croise pas mal de cyclistes, avec lesquels on échange des informations.

La route est relativement en bon état, et comme toujours au Chili on alterne entre petites et moyennes montées/descentes bien raides. On arrive toutefois à faire tout sur le vélo (excepté une portion de 200m de montée tellement raide que c’est la seule zone qu’ils ont pavé).

On fait la route majoritairement sous le soleil. Les paysages alternent entre du sec sur les hauteurs et des forêts humides en contrebas. On se trouve de beaux endroits pour bivouaquer.

 Début de la Carretera Austral

On traverse un bras de l’océan de Rio Bravo à Puerto Yungay en ferry. Le cuisinier du bateau nous y donnera gentiment de bonnes tranches de boeufs pour agrémenter nos pâtes/riz/polenta et de l’eau potable (ça nous évite 1h de filtration).

Ferry et suite sur la Carretera Austral 

On fait un petit détour de 40km pour visiter le village côtier de Tortel. Village construit en pente au bord de l’océan sur un terrain humide. Il n’y a donc pas de rue mais uniquement de multiples passerelles en bois.

Caleta Tortel 
En route vers Cochrane 

On repart ensuite direction Cochrane, une petite ville paisible. On y passera 4 jours car nous commandons avec le gérant du camping un pièce pour notre réchaud qui s’est cassée et qui vient de Santiago à 2200km d’ici. On est donc bien reposés pour repartir en direction de Rio Tranquilo.

Repos à Cochrane 

3 jours pour arriver à Rio Tranquilo. Départ sous la pluie puis grand soleil en arrivant au Lago Général (nom Chilien, Lago Buenos Aires en Argentin). Le 2nd plus grand lac d'Amérique du sud qui traverse donc le Chili et l'Argentine. On passera une journée à parcourir ses berges sous un grand soleil.

Départ sous la pluie, Confluence des Rios Baker et Neff.  Le long du Lago Général !

Nous arrivons donc à Rio Tranquilo, où l'attraction locale est une ballade en bateau le long des Capillas de Marmol (cathédrales de marbre) : falaises de marbres creusées par les vagues du Lago Général. On rentre même en bateau à l'intérieur !

Capillas de mármol 

On fait ensuite la route jusqu'à Cerro Castillo. Le ripio est parfois en très mauvais état (mou, trous, cailloux, ondulations) et nous chutons chacun une fois 😀 (sans gravité : au ralenti en montée). Nous avons ensuite le bonheur de croiser les travaux d'"asphaltisation" de la Carretera qui avance vers le sud. Fin du ripio pour un petit temps, on avance bien mieux ! Nous randonnons ensuite un jour à Cerro Castillo pour aller voir le Cerro Castillo bien sûr, son glacier et son lac.

Les montées Chiliennes toujours excessives, les panneaux sont là pour le rappeler. Le goudron en vue ! Cerro Castillo et sa vue 

Puis jusqu'à Coyhaique, la plus grande ville de la Carretera Austral (50 000 habitants !). En partant de Cerro Castillo on passera notre premier vrai col avec 900m à monter en zigzag. On traverse des belles montagnes colorées en profitant de la grande descente qui suit. Puis tout d'un coup, on se retrouve dans une énorme vallée qui draine un vent terrible en place face : chute brutale du moral. Heureusement, on arrive vite vers Coyhaique et retrouvons les petites montagnes qui limitent le vent. On profite de la ville pour faire des achats et diversifier notre alimentation.

Le col, les montagnes avant le grand vent ! 

Bilan depuis le départ (18/12/18) au 02/02/19 (Coyhaique) :- Occupation : 28j de vélo sur 47j de voyage- Pédalé :1286 km- Moyenne : 45 km/jour pédalé- Casse : 1 crevaison, 2 retros cassés, 1 Opinel et 2 sangles perdues, 1 pompe de réchaud cassée- Moral : Au top, on mange comme jamais avec les efforts !

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On repart de Coyhaique sous le soleil. Les paysages changent et les vallées traversées ressemblent à nos moyennes montagnes et on commence à voir beaucoup de pâtures (il y a même des taôns assez agaçants un peu partout).

On pédale sous une sympathique chaleur qui nous permettra nos premières baignades et glaces très rafraichissantes.

En route de Coyhaique à Puyuhuapi 

On retrouve quelques portions de ripio de temps en temps, et arrivons toujours avec le beau temps à Puyuhuapi, petit village au bord d’un fjord. On s’y reposera 2 jours et en profiterons pour faire du canoë dans l’océan Pacifique, avec Bastian et Viviana, Chiliens du Nord en vacances !

Ce sont les vacances d'été en ce moment ici (de fin décembre à début mars) et on rencontre beaucoup de Chiliens en vacances sur la Carretera Austral et dans les campings (ils viennent surtout de Santiago la capitale). Aller dans le sud de leur pays sur la Carretera est pour certains un rêve ou projet de longue date.

Puyuhuapi. Les cuisinières à bois de la région.

On prend ensuite la direction de Villa Santa Lucia, village encore à moitié détruit par un glissement de terrain il y a un peu plus d'un an. La moitié de la ville est toujours ensevelie par de la terre et des débris. C'est assez marquant.

A Villa Santa Lucia, on quitte alors la Carretera Austral en prenant plein Est en direction de Futaleufú. Petit village vivant du tourisme aquatique (pêche et rafting dans la rivière Futaleufú). On s’y repose un jour, randonnons un peu à proximité et se baignons de nouveau dans la rivière sous un soleil de plomb !

En route pour Futaleufú, la vue au sommet de la randonnée et les maisons typiques de la région 

Le village est en effervescence : c’est la semaine de Futaleufú ! Une tradition dans les villages du coin car on a manqué de quelques jours celle de Puyuhuapi. L’idée ici : animations pour les habitants, plutôt sportives, où quasiment tout le village est réuni. Ils sont en compétition amicale entre les habitants du « Nord du village » contre ceux du « Sud du village ». Au programme, de ce qu’on a pu voir :

  • Course de vélo : On un voit des sportifs en habits de cyclistes, mais aussi des anciens, des enfants en draisinienne, des familles … un grand « foutoir » jovial.
  • Un concours de recherche d’objet. 5 minutes pour ramener sur la place centrale : des poêles à manches rouges, 5 alliances, des affaires de plage, des tongs noires, un agneau et un porcelet vivants, … Tout le monde est au taquet et ça court dans tous les sens !
  • Parcours du combattant avec pour chaque côté du village 4 participants : une femme, un homme, une fille et un garçon. Le parcours est assez marrant : courir avec des pneus, sauter sur des rondins de bois, courir avec une botte de paille et la jeter au dessus d’une planche, monter sur la planche en mode pompier, porter des seaux autour de la place, sauter sur des pneus, ramper sous un banc, couper un tronc à la scie, pousser une voiture sur 100m, et pour finir un peu d’escalade. Les gens sont à fond et nous aussi. On suit chaque participant autour de la place ! Ségolène filme chaque atelier !
  • Et pour finir : TUGAR TUGAR : UN CONCOURS DE DANSE !!! Qui débute par un show des anciens pour l’honneur, puis prennent places 30 paires de danseurs ! On a même failli être pris comme juges impartiaux pour cette épreuve mais on a pas bien compris ce que l’organisateur voulait de nous et s’est tourné vers d’autres touristes ... on doit vraiment s'améliorer en Espagnol !

Super ambiance, pas de buvette ni de nourriture, rien à gagner pour les participants, mais tout le monde s’amuse ! On ira se coucher à la fin du concours de danse qui se finira par une danse locale avec un foulard dont on ne comprend pas tout.

On repart de Futaleufú et passons 15km après la frontière Argentine et prenons la direction de El Bolson. On retrouve un ripio bien pourri et la pampa Argentine. On traverse ensuite le Parc National de los Alerces où on retrouve des lacs et l’ombre des arbres qui nous fond du bien sous cette chaleur. On se baigne plusieurs fois et bivouaquons sur les plages des lacs et rivières, parfois bondées.

On reprend un peu de pampa et de vent en sortant du Parc avant d’arriver vers El Bolson où les paysages redeviennent montagneux.

En route vers El Bolson 

On passe un jour à El Bolson. Une ville chaleureuse où se retrouvent pas mal de voyageurs à tendance "hippie". On se restaure comme il faut : glaces, restaurant local (avec les grosses quantités Argentine bien sur !), course dans un grand supermarché avec du choix.

El Bolson et sa fontaine centrale où il y a : des pédalos ! 

Direction ensuite San Carlos de Bariloche. Il pleut un peu, ça fait longtemps qu’on ne l'avait pas vue celle-là, mais on est content du rafraichissement. On prend notre temps et arrivons à Bariloche pour s'y reposer et prendre des cours d'espagnol durant 5 jours jusqu'à ce vendredi.

La ville est très touristique et se veut ressemblante à un "village Suisse" (nous on trouve pas ... hormis les prix). Ca reste une belle ville au pied de montagnes et bordée d'un joli lac. Il y a une station de ski en hiver, une multitude de maisons de fabrication et vente de chocolats (plutôt bons : notre tour quotidien en sortant de l'école d'espagnol consiste à aller visiter les magasins où il y a des dégustations en cours 😀), des magasins de montagne à tous les coins de rue et beaucoup de brasseries de bière artisanales !

On randonne sur les montagnes (refuge Frey, Cerro Campanario) et visitons une brasserie. On repartira ensuite samedi en direction de San Martin de los Andes, et ensuite ... on ne sait pas encore 😀

Les randonnées et vues alentours. La ville de San Carlos de Bariloche au loin depuis le Cerro Campaniero 

Merci à tous pour votre lecture et vos messages, on a été un peu longs pour vous donner des nouvelles mais c'est compliqué de trouver une connection internet correcte ici !

Hasta pronto !

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Départ de San Carlos de Bariloche, direction plein Nord vers San Martin de Los Andes par la "Route des 7 lacs".

On passera 4 jours entre éclaircies, nuages et pluie, à arpenter cette route assez touristique qui longe donc 7 lacs (d'où le nom 😀). On profitera de bons bivouacs sur le sable fin le long des lacs et rivières. On fait les fines bouches, mais en sortant de la Carretera Austral ce n'est pas aussi extraordinaire qu'on nous l'avait vendu ! Cela est sûrement dû à la mauvaise météo, et aux points de vues aménagés qui nous offrent une vue sur ... les arbres à 10m devant nous (indice : le lac est caché derrière).

La route des 7 lacs, le soir il fait froid ! 

On arrive à San Martin de Los Andes, joli petit village où une décision importante est prise : on va reprendre le bus !

En effet la suite du parcours jusqu'au nord de l'Argentine est moins intéressante (1500km de plat venté entouré de pampa), le côté Chilien quant à lui est constitué de grosses villes qui nous intéressent peu, et on se rend aussi compte que si l'on fait tout à vélo à cette allure, on en aura pour 2 mois de plus que prévu 😀

Les billets sont achetés et on nous assure que tout ira bien pour transporter les vélos. Demain direction San Miguel de Tucuman au nord de l'Argentine : 30h de bus, 2000km, et la fin de la Patagonie pour nous.

San Martin de Los Andes et le Carnaval (c'était 4 jours fériés en Argentine)

Le lendemain, pas de soucis pour le premier bus en direction de Neuquen. Les vélos sont chargés et on paie les chauffeurs pour ce "chargement supplémentaire". Ca fonctionne comme cela en Argentine : c'est au bon vouloir des chauffeurs qui fixent les conditions et le prix.

Après 6h de bus on arrive à Neuquen où on attend pendant 3h le prochain bus qui doit nous amener directement à San Miguel de Tucuman 1500km plus loin. On commence à douter qu'il va arriver (1h00 de retard) et puis finalement le voilà !

On avance tranquillement avec nos vélos, et hop ... on se fait directement refouler !! Pas de négociation possible, pas de place pour nos vélos dans ce bus. On nous propose de monter mais sans les vélos, le bus partira donc sans nous ... S'en suit une discussion sèche mais correcte avec le guichet de la compagnie, et on arrive finalement à se faire échanger les billets pour le prochain bus en partance le lendemain à la même heure. On nous conseille entre temps de faire envoyer les vélos en "encomienda", sorte de transport express Argentin. Il est 23h00, tout est fermé, on verra donc le lendemain.

On passera la nuit chez Lucas, un jeune argentin policier rencontré à la gare routière après notre déboire. On y dégustera du "moté", mélange de grains de blés cuits, de l'eau glacé, et du sucre (beaucoup de sucre).

Le lendemain, retour à la gare routière pour essayer de faire transiter les vélos jusqu'à Tucuman pendant qu'on sera dans le bus. Tout se passe assez facilement finalement, il y a des services de transport express entre toutes les gares routières de l'Argentine. On nous emballe nos vélos grossièrement dans des cartons "et voilà". On croise les doigts pour que ça arrive en l'état.

On attend une dizaine d'heure et prenons enfin le bus en direction de Tucuman. 24h de bus mais on est plutôt bien installés, on nous sert à manger et à boire, et ça passe donc assez vite.

On arrive à San Miguel de Tucuman sous des trombes d'eau et on se cherche un hôtel pas loin de la gare routière (les vélos doivent y arriver le lendemain). On aura le plus grand mal du monde à traverser les quelques rues qui nous séparent de notre hôtel : les égouts sont pleins ou inexistants et tout est transformé en torrents ou mares d'eaux.

Le lendemain, comme prévu (ou pas), nos vélos ne sont pas arrivés (ça rentrait pas dans le camion nous dit-on). On est samedi, le lendemain tout est fermé, il faudra donc attendre lundi. On profite donc de ces 2 jours pour visiter la ville de Tucuman mais franchement on a aucune photo à vous montrer, ce n'était pas vraiment joli et il faisait gris et pluvieux. Au hasard de nos déambulations on y découvrira le rythme de vie des argentins du nord : de 13h à 16h tout est fermé, on a l'impression de se déplacer dans une ville fantôme (les argentins sont tous à la sieste). En rentrant à l'hôtel à 18h par la même route, on retrouve tout ouvert et les rues bondés, incroyable.

Lundi, enfin, on récupère pour de bon nos vélos à la gare routière, les cartons sont en mauvais états mais rien de cassé. On remonte rapidement le tout et prenons directement la route vers le Sud pour rejoindre la Valle de Tafi, puis Cafayate plus à l'ouest.

Après 1h de vélo pour sortir de cette grande agglomération qu'est Tucuman, on se retrouve enfin plus au calme, sur des grandes lignes droites entourées de champs de cannes à sucre. On y croise des ronds-points tellement immenses qu'il y a des terrains de foot au milieu ! En prenant vers l'Ouest, on entame ensuite une montée de 2600m droit dans le pentu en direction de Tafi del Valle.

Le rond-point terrain de foot et le début de la montée 

Au fur et à mesure de notre grimpette, les paysages changent et vers 2000m d'altitude, les arbres disparaissent complètement et on se retrouve dans une immense vallée herbeuse. C'est le paradis des animaux de ferme ici : poules, chèvres, vaches, ânes et chevaux se promènent en toute liberté partout dans la vallée aussi bien sur les routes, dans les villes ou dans les montagnes. On passe par El Mollar et y dégusterons nos premiers fromages avec un peu de goût.

Nous bivouaquons au bord du lac et reprenons la route jusqu'au col à 3100m. On basculera rapidement de l'autre côté car le vent au sommet est assez violent et les nuages commencent à s'assombrir.

La vallée de Tafi, enfin de bons fromages et saucissons, et le sommet du col après Tafi del Valle avec un lama

En basculant de l'autre côté en direction de Cafayate, le paysage change de nouveau complètement : adieu la prairie, et bonjour au désert et ses nombreux cactus ! 30km de descente (1400m plus bas) et on se repose au camping à Amaicha del Valle. Toute la zone est protégée et constitue une reserve pour les indigènes (impossible de vendre/acheter ou échanger des terrains/habitations).

On remonte jusqu'à Cafayate avec ses nombreux vignobles. On dégustera un Torrontes : blanc liquoreux assez alcoolisé, typique de la région avec les Malbec.

La descente vers Amaicha del Valle et ses cactus. La vallée de Cafayate et ses vignobles

Après Cafayate on prend la direction de Salta par la superbe route traversant la Quebrada de Las Conchas avec ses belles formations géologiques calcaires rouges façonnées par les pluie et rivières. On y fera plein de belles rencontres (Argentins et Français en vacances, cyclistes, condor).

La superbe traversée de la Quebrada de Las Conchas (ou Quebrada de Cafayate) 

En s'approchant de Salta on sort des canyons calcaires et les paysages retrouvent un peu de verdure. On se repose 2 jours à Salta avant de reprendre la direction du Nord vers Purmamarca puis plein Ouest vers le Chili et San Pedro de Atacama.

De beaux petits villages avant Salta, puis la grande ville de Salta avec ses églises colorées 

Bilan chiffré :

92 jours de voyage - 2667 Km de vélo - 56 jours de vélo - Moyenne par jour pédalé : 48kmPerte : une gourdeCasses : 3 portes gourdes, la pompe à vélo, un matelas (dur dur pour dormir, on devrait en recevoir un nouveau dans quelques jours si tout va bien..).

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