Carnet de voyage

la poule au dos d'âne

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Partir un jour, découvrir toujours!
Août 2019
365 semaines
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Il y avait de la terre sous nos godasses. Nous aurions pu dire: "Au commencement il y avait un oeuf. Ou une poule.". L'histoire aurait été inimitable, intéressante, mais un peu plus longue.

Au commencement il y avait de la terre sous nos godasses. Notre esprit scientifique nous amène à quelques déductions:

1/ Nous parcourons les chemins de nos pays. Et bien que, ma foi, nous connaissons tous les chemins de nos pays, il en reste toujours à parcourir.

2/ La météo permet un fin dépôt de terre sur la semelle donc la météo n'est pas aride. Nous ne sommes pas en Namibie à l'heure de Sherlock Holmes sur France 3.

3/ Nous devons nettoyer nos souliers avant de passer le prochain contrôle douanier aérien. Non pas parce que les chaussures terreuses ont une plus value monétaire à déclarer, mais car sans semelles propres, pas de passage, sans passage pas de permis, sans permis (pas d'palais) pas de laisser passer, et sans laisser passer on n'est pas laissés passer. Et franchement, voilà. (toute référence est purement fortuite).

Ah, mais c'est donc d'un voyage que nous vous parlons? Eh oui, et ne vous inquiétez pas, dorénavant, après le point suivant, il n'y aura plus tellement de digression, nous irons droit au but. POINT.

Sur les chemins de mon pays .

Nous partons en voyage, prendre le large, voir d'autres paysages. Avec un Permis Vacances Travail Néo-Zélandais pour commencer. Qu'on se le dise voici les non-raisons du choix de la destination:

1/ Nous partons en Nouvelle-Zélande comme tous les jeunes (ou moins jeunes). Non ce n'est pas la classe, non nous n'avons pas choisi ce pays pour rencontrer des Français, et d'ailleurs on est d'accord aussi pour en rencontrer quelques uns à l'occasion.

2/ Nous partons travailler à l'étranger. Non, car dans Permis Vacances Travail il y a le mot VACANCES, et ça fait plaisir. Alors pour l'instant nous n'avons pas le projet de "travailler facilement même si la vie est chère, tu verras c'est pas comme l'Australie".

3/ Nous fuyons un quotidien morne et sale. Nous avons la chance d'avoir un travail qui nous plait encore à la fin de cette période Strasbourgeoise. Nous pensons qu'il n'y pas besoin d'aller chercher bien loin pour que la vie se refasse une beauté: la destination à 19167 kilomètres et des brouettes ne nous sert pas à changer de vie (pas pourrie).

Quand nous saurons pourquoi nous partons, nous vous en informerons. Pour l'instant nous savons que nous partons et nous vous en informons, poil au menton.

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Le temps s’égraine comme les perles calcaires des buissons inondés dans les rivières pétrifiantes. Chaque petite brindille s’enrobe d’une épaisseur de calcaire pendant quelque temps, puis quand vient le moment, chaque nouvelle construction peut s’en aller à son tour dans le cours d’eau.

Notre préparation au voyage a eu le même processus.

Nous avons enrobé la brindille administrative France, celle Nouvelle-Zélande, puis nous nous sommes penchés sur la brindille communication, puis sur celle des nouvelles technologies. Et chaque enrobage successif nous a pris, c’est vrai, beaucoup de temps et d’énergie, beaucoup de concentration. Au risque peut-être même de ne plus s’inquiéter de ce qui se passe autour de nous, en tout cas de paraître préoccupé par notre sort, et uniquement par notre sort. Or ce que nous avons souvent souhaité à ce moment c’est parvenir à sortir la tête de l’eau. Ne plus être la fourmi travailleuse mais devenir l’abeille butineuse hors des sentiers battus. Celle qui a décidé qu’il est bon de se faire un petit plaisir de temps en temps.

Il ne faut pas voir ici une plainte, car nous sommes contents de ce que nous avons construit. Il faut y voir l’élaboration d’un bon miel, avec parfois des envies d’autres fleurs.

Voici en quelques images l’élaboration d’un bon miel.

Avant rangement. 
Après rangement. 

Raphaël: Sac à dos: 12kg, Sac ventral: 7kg.

Elisa: Sac à dos: 15kg, Sac ventral 6kg.

And the winner is: Raphaël et Elisa prêt à concourir avec un poids total de 152kg tout mouillés.

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Publié le 11 août 2019

A Dubaï, la démesure de ce pays est révélée dès l’atterrissage. Sitôt les roues de l’avion posées sur la terre ferme nous voyons à travers la télé et les caméras propres à l’avion une alignée d’avions aux couleurs d’Emirates.


Nous prenons le bus pour rejoindre la correspondance et Raphaël me désigne un airbus 380 en disant « regardes c’est le notre, un A380. » Puis il enchaine « Ha, un autre, et un autre, oh encore un… J’ai arrêté de les compter. » Les couloirs sont grands, tout le personnel est souriant, et surtout tout est très bien indiqué (normal puisque comme à IKEA tu es obligé de faire tous les magasins pour aller d’un point A à un point B). Il est nécessaire de donner au client le plus de temps possible pour acheter. Nous avons préféré nous assoupir sur des transats, le sac sous notre ventre, en attendant le bus (ha non l’airbus) suivant.


Lors de nos 15h de vol nous avons pu élaborer la théorie suivante : les sièges du milieu et des rangées de devant sont souvent celles attribuées à des familles de 4, 4 enfants bruyants, qui alternent siestes et surtout jeux, écrans contre lesquels ils frappent en criant comme des petits chats. Les places contre les toilettes permettent de n’avoir personne qui bouscule le siège par l’arrière.

Entre les deux vous pourrez avoir la chance de tomber sur des rangées avec des sièges vides qui vous permettent de vous allonger, ou sur des enfants non parqués dans les sièges des premières rangées, ou sur deux personnes qui se rencontrent pour la première fois, ont un coup de foudre et se racontent toute leur vie dans TOUS les détails. Vous aurez compris que nous étions proches des enfants-chats et des full coup de foudre. Si bien que quelques heures avant l’atterrissage je suis allée migrer vers le fond et me suis allongée sur deux sièges, rendant quelque peu mal à l’aise le monsieur d’à côté qui a cru que j’allais carrément mettre ma tête sur ses genoux.

Résumé de nos 26 h de vol: La salade de quinoa est meilleure dans le vol Dubaï-Auckland que dans le vol Lyon-Dubaï.

Raphaël, le bienheureux. 
Dubaï, la dé mesure. 
Dubaï, la démesure. 
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Publié le 11 août 2019

Nous avons passé les douanes en ayant signalé la présence d’un équipement de randonnée. Un petit monsieur moustachu nous fait avancer. « Vous avez signalé du matériel, c’est pour les chaussures que vous portez ? » (comment vous le savez ? On sent si fort des pieds ?). « Oui, on les a nettoyées. » « Tournez-vous et montrez moi » « Comme les chevaux? (avec le sourire) » « Oui mais sans le bruit ». Je me tourne et fais le bruit, il rit, nous passons.


Il y a une douche gratuite à l’aéroport, et qu’est ce que ça fait du bien ! Le temps de se régénérer, de voir le hors forfait à cause de l’incompétence des services Free et nous voilà parti vers le centre ville d’Auckland. Tout le monde veut nous aider, on doit avoir des têtes de dépravés.


Sky Tower. 

Le centre ville n’a aucun intérêt. C’est une grande avenue avec des banques, des pancartes, des mendiants, des magasins de souvenir et de téléphonie et des bus qui circulent. Nous essayons d’aller au port, trouvons un terre plein au soleil et mangeons un petit sandwich. La course du soleil est très rapide ce qui nous fait nous décaler sur le terre plein toutes les 5 minutes. Cela fait beaucoup rire un barbu de 60ans qui « travaille » dans le bâtiment ou la voirie, et profite lui aussi des faibles rayons de soleil. Il nous indique son chien avec sa petite choupette qui attend sagement dans le camion de service.

Devant nous un taxi stationne. Le propriétaire est un homme de trente ans, mat de peau, ray ban sur front, qui porte un jogging trop petit pour lui (difficile de trouver sa taille à mon avis). Le taxi stationne sur la seule place qui ne gène pas à la circulation et ne bougera pas de toute la scène. Un autre taxi arrive, mais ne peut pas se garer. Il patiente donc sur une sorte de double file quand soudain un troisième taxi arrive. Le taxi en double file démarre et remonte la rue, fait demi-tour 50m plus loin et vient « pousser » le taxi qui vient de prendre sa place. Le taxi qui vient de se garer en double file démarre et fait de même. C’est ce que l’on a appelé la ronde des taxis. il y a eu jusqu’à 3 taxis qui se sont embarqués dans cette ronde infernale. Quand l’un ou l’autre partait, un autre taxi le remplaçait.

Une fois lassé de ce petit spectacle nous avons visité le centre d’information puis nous sommes assoupis au soleil et à l’abri du vent sur un quai du port. Nous dormions si profondément que le vigile qui nous a réveillé paraissait très inquiet du temps que nous mettions à répondre à ces questions. La nuit était déjà tombée, nous avons rejoint laborieusement notre airbnb et nous sommes écroulés dans le lit propre (salle de bain sale).

Les marins d'Auckland. 
Le port d'Auckland et le pont en arrière plan. 
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Le lendemain matin nous avions fixé rendez-vous à deux vendeurs de van, il faisait heureusement plutôt soleil, et cela nous a rassuré car la pluie est tombée toute la nuit sur le toit de tôle, amplifiant le son du déluge.Rendez-vous le matin à un bout de la ville, l’après midi à l’autre bout… vive le bus, les arrêts de bus aux numéros aléatoires (4083 puis 7145), et l’absence de nom des arrêts. Mais nous nous en sommes sortis.

Bilan de ces recherches sur deux jours (le second jour étant similaire au premier) :

Van 1 : Intérieur comme un appartement, l’aménagement a du coûter bonbon comme diraient certains. Le kilométrage est très élevé (proche des 300 000 km), et le prix nous paraît excessif (9500€)

Van 2 : Intérieur fonctionnel, plus petit, sans fioritures, mécanique impeccable, 270 000 km. 4600€.

Van 3 : Rendez-vous avec la copine du copain du gars qui est rentré en république tcheque. C’est déjà un peu compliqué, non ? Nous nous sommes déplacés jusqu’à chez la copine. Le van annonce après les années 2000 mais il a l’intérieur d’une voiture des années 90’. Nous l’essayons et la boite manuelle craque à fond en 3ème, les freins ne freinent pas etc… Bref, pas supers convaincus.

Van 4 : Arrivé en retard nous rencontrons deux français sympas qui nous font visiter un van noir, tuné, aménagé parfaitement à l’intérieur (avec des petites serviettes pour ne pas mouiller le sol, ni le siège, ni… Et là c’est le déluge et nous sommes bien obligés de nous réfugier dans le van, avec nos gore-tex mouillés, nos chaussures crottées etc…) Ce serait un van parfait pour passer inaperçu, mais nous souhaitons un kayak (qui ne passera pas inaperçu de toute façon). Le prix nous paraît trop élevé, même avec la qualité de l’aménagement.

Van 5 : Rendez-vous le lendemain matin avec une belge, l’intérieur du van est très bien aménagé, mais la vendeuse ne paraît pas très au courant des bricoles qu’elle a : l’aération ne fonctionne pas, le kayak jamais utilisé, la douche chaude au gaz non plus. Elle fait quand même visiter et conduire Raphaël, mais les freins ne fonctionnent pas bien, et surtout deux grosses taches d’huile sont présentes sur le stationnement. Ça n’est pas de bonne augure tout ça.

Van 6 : après moult rebondissement de carte de bus nous rejoignons enfin des français sur la parking d’un KFC. C’est sûr qu’ils sont alsaciens, vu leur accent, et on rigole bien d’avoir pu les reconnaître si facilement. Le van est très propre, le kilométrage à 130 000km, mécaniquement très bien, l’aménagement n’est pas top, mais il est self contained quand même. Le prix paraît correct. Nous prenons le passeport de la vendeuse et nous nous laissons jusqu’au soir pour donner notre réponse.

Van 7 : Nous nous rendons au domicile d’un californien, qui nous accueille pieds nus sous la pluie et nous montre son van aménagé aux petits oignons par ses soins. Il a repeint l’intérieur, cousu les rideaux occultant, construit un lit a latte etc... L’intérieur est digne des appartements témoins des années 2020. Mais que dire de l’extérieur sinon qu’il y a de la rouille, masquée par endroit, que le kayak est en bois super lourd, que le moteur est crade et que lorsque je descends la fenêtre, celle-ci ne se referme plus, sous une pluie battante. Le californien installé à l’arrière ressort, ouvre la portière et bidouille le bouton jusqu’à ce que ça marche. Le rétroviseur est rafistolé au scotch. Nous regardons les factures et le vendeur nous tend le dernier contrôle technique, en regardant de plus près, il est de 2017, beaucoup trop vieux, et de nombreuses choses ont été changées. Je lui dit « Mais si celui là n’est pas celui que tu as fait passer, où est l’autre ? Ha ben je ne sais pas, ha ben voilà c’est peut être ça… » Raphaël tire une tête de 6 pieds de long, et nous nous en allons sous la pluie, laissant au visiteur suivant un van pourri.

Van 8 : devait être visité le lendemain, mais le prix, pour le même km que le van 6 était bien plus élevé, et sans kayak.

Nous avons donc un van vendu par des alsaciens a l’autre bout du globe, avec un kayak, il nous manque une assurance et c’est parti mon kikiwi. HIHI.

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Le lave vaisselle fait tadidadoumta tadidadoumta et la bouilloire fini de bouillir, il est temps de reprendre la plume. Vous aurez plus de détails sur la provenance de ces douces sonorités un peu plus tard…


Après avoir trouvé un van il est temps de réfléchir à ce que l’on va mettre dedans. Bien que l’aménagement soit déjà certifié self contained il ne nous plait pas. Self contained veut dire que le véhicule est autonome pour une durée de 3 jours minimum : il contient du gaz et un feu, des réservoirs de 25 litres, l’un pour l’eau potable et l’autre pour les eaux usées, des toilettes chimiques que jamais personne n’utilise et une poubelle.

L’aménagement de Kikiwi c’est une banquette contre les sièges avant, une table avec un très grand pied, et une autre banquette vers l’arrière. La cuisine est à l’arrière. Les rangements sous les banquettes sont de petites housses rouges, et il y a une horrible moquette à poil rouge pour « protéger » le sol.

Nous décidons de faire le tour des salvatory army pour dénicher des meubles, des astuces et réaménager le van à notre gout.

Raphaël qui a remarqué le toit cabossé du van et qui voudrait enlever le risque d’un effondrement majeur prospecte pour investir dans des barres de toit pour supporter le kayak.

Nous voilà donc tous les deux, main dans la main, à arpenter les « armées du salut », et les « croix rouges » et les vendeurs de matériel de toit, dans tous les coins magnifiques d’Auckland. Nous avons l’impression de retourner à l’étape précédente de vente de notre mobilier strasbourgeois. Il est bon aussi d’avoir des idées, et nous attendons avec impatience de récupérer le van pour pouvoir l’avoir sous les yeux.

Nous nous octroyons une pause méritée dans nos réflexions en dormant une matinée entière puis en allant découvrir le mont Eden. C’est l’un des quartiers les plus prisés de Auckland.

Ca vous chatouille? 

Nous découvrons à pied des tags, des arrières cours, et prenons notre temps. Vers 16h, nous n’avons toujours pas mangé et nous avisons un café « méditerranéen ». Le fish and chips nous paraît plutôt local, mais le menu vient de changer pour celui du diner, avec des spécialités espagnoles… un comble pour nous qui avons pu manger tant de fois des tapas et autres espagnolades… Nous sommes tout désappointés et la serveuse s’efforce de trouver comment associer deux plats pour faire une sorte de fish and chips… Elle y parvient tant bien que mal et nous sommes contents d’éviter la pluie qui s’abat d’un coup sur la terrasse du café. Nous sommes ralentis et chaque décision est très lentement mise à exécution.

Ceci n'est pas une légende. 

La nuit est presque tombée quand nous sortons du café, et nous décidons quand même de « gravir » le Mont Eden. On sent dans les cuisses que les derniers jours n’ont pas été très sportifs. C’est assez impressionnant de se faufiler entre les grosses villas cossues puis dans les chemins boueux non éclairés pour atteindre le cratère béant du mont. On ne voit presque pas le fond tellement la luminosité des éclairages de la ville font de l’ombre à l’affaissement. La vue sur Auckland est magnifique et nous testons l’appareil photo de nuit. Enfin je tiens le sac en frissonnant pendant que Raphaël fait les réglages. Le vent souffle fort mais l’air n’est pas trop froid. Nous rentrons à pied, mangeons une soupe en essayant de laver chaque ustensile avant de l’utiliser, de peur d’attraper tout plein de trucs bizarres. Idem pour la salle de bain, nous y entrons sur la pointe des pieds et essayons de toucher le moins de surface possible.

On the top of the sky, tower toi même 
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Publié le 29 août 2019

Pour bien aménager un van il vous faut :

Un van,

Du bois ou des meubles,

Et des outils

Après quelques recherches il nous paraît évident que nous allons avoir besoin de bons outils pour compléter tous ceux déjà inclus dans l’achat du van. Pour cela nous pensons à travailler dans un garage qui retape et aménage des vans et qui est justement à la recherche de français pour faire affaire.

Je les joins par Facebook et la personne au bout de Facebook me propose de venir rencontrer le gérant. La procédure est pas simple, je dois appeler puis s’il n’y a pas de réponse (le gérant est trop occupé) je dois rappeler deux heures plus tard, puis fixer un rendez-vous dans la journée, puis me déplacer jusqu’au garage qui est à l’autre bout de la ville... finalement je négocie pour qu’on aille rencontrer à son garage à 14h. Nous prenons encore une fois le bus et nous nous enfonçons progressivement dans une zone industrielle saturée de garages qui font un peu peur à voir... celui où nous nous rendons n’est que très très légèrement plus engageant. Quand nous arrivons le gérant nous saute dessus pour savoir s’il peut nous vendre un van, et semble déçu que nous en aillons déjà un. Il n’est pas informé de notre venue mais je commence à négocier. Ha, le logement normalement proposé pour les gens qui travaillent là n’est pas disponible, ha le job ne consiste pas en l’aménagement de van mais en vente sur les « car fair » sorte de foire au van le week-end, ha les outils ne semblent pas disponibles, excepté une heure par jour et encore... Pour essayer le week end suivant, nous discutons pour savoir comment il souhaite faire : nous venons prendre la voiture à vendre le vendredi soir, nous l’amenons ensuite au car fair le samedi matin, nous la vendons et nous gagnons 200$ et nous repartons au garage, idem le dimanche...

Quelques minutes après avoir quitté le garage en acquiesçant nous changeons finalement d’idée en suivant notre intuition.

Sur le groupe Entraide aménagement je demande de l’aide et des outils et dans les cinq minutes qui suivent un belge me propose de me prêter les outils nécessaires... il suffisait de demander...

Après quelques rebondissements de rendez-vous pour la vente et la découverte d’un couple de français déjà connu et d’une boulangerie française dans les mêmes 50m à la ronde, nous allons récupérer les outils. Alors que nous rentrons, la scie sauteuse sur l’épaule, comme les 2 nains qui rentrent du boulot, nous voilà nez à nez avec une chinoise dans la maison, ainsi que 3 indiens. Cette dame semble surprise et nous demande : « Mais vous êtes qui ? » « Nous vivons ici et vous ? vous êtes qui ? » « L’agent immobilier, je viens faire visiter les prochains locataires. Mais vous n’avez rien à faire ici… » « Ben, nous louons. » « C’est interdit et je pourrais tous vous emmener en justice ». La porte de notre chambre était grande ouverte, la lumière allumée, et les visiteurs pouvaient profiter d’un superbe point de vue sur notre bazar organisé.

En effet nous venions d’acheter un matelas à l’armée du salut, puis d’en enlever la mousse inférieure pour diminuer l’épaisseur, puis de tout entasser dans le 3m2 de notre chambre.

J’insiste pour que les indiens sortent de la maison et qu’elle m’explique, et notre hôte reste planqué dans la cuisine pendant tout ce temps.

Quand elle part enfin en promettant de ne plus faire de visite avant notre départ je demande à Steven (notre hôte chinois) si l’on doit envisager autre chose. Il nous répond « non non ça va » …

Le lendemain c’est parti pour deux jours de bricolage intenses, si intenses que nous oublions de manger le midi et que nous avalons goulûment nos pâtes à la sauce tomate à la tombée de la nuit. Mais soudain, c’est le drame, la voiture ne veut plus démarrer. La batterie est à plat et nous sommes sauvés par le voisin de l’appartement n°1.

Au 3ème jour nous allons dans un restaurant Thai Kiss Kiss (c’est son nom) pour l’anniversaire de Raphaël. C’est un restaurant rétro des années 80 à la déco aux néons. C’est sympa et alors qu’arrive devant nous un dessert de riz au lait et mangue, le happy birthday résonne à travers le transistor.

Kiss Kiss from Auckland 
Spéciale dédicace 

Le lendemain et les 4 jours suivants c’est la même procédure. Nous travaillons dans la toute petite cour fermée devant chez Steven… Un après midi nous voyons arriver une autre dame chinoise, toute bien maquillée. Elle nous demande qui l’on est... Pour ne pas causer de troubles à notre hôte je dis que nous sommes des amis. Mais elle ne me croit pas et nous demande de ne pas mentir. Elle est l’agent de la propriété et va emmener Steven devant la justice parce qu’il lui a menti et qu’il a sous-loué. L’autre sous locataire est là et lui dit que nous louons tous. Puis quand Steven revient il nous affirme simplement que nous n’avons pas le droit d’être plus de 4 personnes dans cette maison, mais qu’il ne le savait pas, et que maintenant qu’il le sait il n’y aura pas de problème. Je le préviens qu’elle va probablement l’emmener en justice mais ça ne l’inquiète pas du tout. Le lendemain, alors que nous travaillons encore un peu dans la petite cour il nous dit simplement que ce n’est pas autorisé et que nous devons arrêter immédiatement. Il me montre un texto que la dame avait envoyé le matin précédent. Je lui demande pourquoi il ne me l’a pas dit plutôt, il me répond qu’il l’a dit à Raphaël, mais Raphaël dit toujours « yes ».

Par exemple, lorsque l’assurance, que nous sommes allés chercher dans une zone industrielle misérable nous demande « Avez-vous subit des dommages matériels, eu des accidents, causé des troubles ces six derniers mois avec une voiture ? » Raphaël répond: "YES"!!

Donc je dis gentiment à Steven qu’il aurait pu nous le dire plus tôt et que nous allons finir ce que nous sommes en train de faire ! En plus, après tout ça c’est le match des All Black...

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Publié le 29 août 2019

Le match des All Blacks. OOUAH. Le stade, à 20 minutes à pied se remplit doucement quand les dames « Black Ferns » finissent leur match. Elles gagnent et la cérémonie de remise de l’énooorme coupe ne dure pourtant que quelques minutes. Ensuite les néo-zélandais s’installent avec des fast-food et des bières et du café. Toute la famille est là, et les joueurs viennent s’échauffer sur le terrain, en se faisant de gros câlins entre eux. L’atmosphère s’échauffe également. Un groupe de danse et des chanteurs viennent reprendre quelques classiques de Queen.

Petits câlins entre copains 

Les Australiens, juste en face de nous acclament leurs joueurs, les néo-zelandais aussi. Nous sommes parfaitement placés. A l’abri de la pluie qui se met à tomber vraiment drue, et tout à fait bien positionnés pour voir les éventuels points marqués. Les néo zélandais chantent l’hymne néo-zélandais en cœur : le son de 48000 voix réunies chantant le même air est très impressionnant. Quelques supporters enthousiastes clament « All Blacks, All Blacks ».

Soudain grand silence et le Haka commence. Le cri du meneur est amplifié (Raphaël pense que c’est seulement le son de sa voix sans micro) et l’ensemble est impressionnant, même si les joueurs nous tournent un peu le dos.

All Blacks... 

Puis c’est le match et chacun et chacune est complètement concentré sur le jeu. Puis au bout de quinze minutes, alors que les néo-zélandais ont déjà marqué deux fois, les gens retournent peu à peu à leurs mauvaises habitudes. Les deux femmes devant nous sont concentrées sur des vidéos de recettes de pâtes asiatiques, puis de découpe d’ananas. Des enfants sont focalisés sur le portable de leur parents… Des parents sont focalisés sur leurs enfants… Non mais rendez vous compte que vous êtes en train de vivre un moment spécial !! Nous avions lu que les néo-zélandais préféraient parfois voir les matchs entre amis devant la télé plutôt que d’aller au stade. Mais, quand même, les All Blacks. Puis quand le jeu devient plus intense les gens se lèvent, et crient en cœur pour encourager le mouvement. Il y a de quoi car les joueurs des All Blacks sont pleins de force, ils doivent remporter ce match après s’être fait battre à pleine couture au match aller la semaine précédente.

D’ailleurs, anecdote pour les lecteurs les plus courageux : Le dimanche précédent alors que nous étions en pleine négociation avec le garagiste pour vendre des vans aménagés, je lui dis qu’il nous faudra être libre le samedi soir suivant pour le match des All Blacks et il me répond que c’était hier et que les All Blacks ont perdu. QUOI ? d’un coup de battre mon cœur s’est arrêté. Je ne savais plus quoi dire. J’étais complètement paralysée. Nous n’avions pas internet pour vérifier, et nous commençons à demander à tous les travailleurs négriers s’ils ont quelques précieuses informations à ce sujet. L’un d’eux regarde enfin sur internet et confirme, c’était hier. Brusquement Raphaël se souvient que les billets imprimés sont dans le sac, et nous les sortons à toute vitesse. C’est bien le 17 Aout, c’est bien à Auckland, c’est bien à l’Eden Park, et c’est probablement le match retour. La frayeur et la déception anticipée étaient telles que j’avais les mains crispées, le cœur qui battait la chamade. Bref j’ai presque pleuré de soulagement…

Retour au match : Les points grimpent vite pour les All Blacks, qui remportent 32 à 0. Pour nous qui ne connaissons pas vraiment les règles du jeu ce score nous impressionne, et les percées également. Quand les Australiens montent sur le terrain ils sont parfois hués par les néo-zélandais, ce que nous ne trouvons pas très fair-play, mais sinon l’ambiance est vraiment excellente.

A la fin, dès le match remporté tout le monde s’en va rapidement, comme si prendre la première navette de bus pour rentrer chez soi est pri-mor-dial. Nous décidons de rester, au moins pour le moment de remise de la coupe, puis les joueurs font un tour de terrain et passent beaucoup de temps vers nos gradins. Assez de temps pour que nous descendions et les voilà vers les enfants et les plus grands, signant les casquettes, faisant quelques selfies. Vous pouvez apprécier le fait que les selfies ne sont pas vraiment les photos que nous prenons le plus souvent, mais je trouve le rendu intéressant, avec ces côtés plus flous… Une sorte d’art incontrôlé (donc pas de l’art diront certains). Raphaël fait un concours de barbe…

Legend... Wait for it.. Ary ! 
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Publié le 29 août 2019

Après une troisième panne de batterie que nous attribuons aux portes laissées ouvertes pour travailler dans le van nous sommes sur le départ mais il y a un problème : Avec tout le bazar dans le van nous ne pouvons pas y dormir, pas du tout ! Nous allons donc demander de l’aide aux Belges qui nous laissent leur garage, leurs outils et en quelques heures très stressantes nous finissons le lit. Nous vendons également la mousse qui ne nous sert pas, et nous régalons de ravioles aux épinards qu’ils nous ont préparé. Nous dormons dans le van et le lendemain nous profitons encore du temps et de l’espace pour terminer avant la tombée de la nuit les derniers aménagements. Là, à nouveau panne de batterie, ça commence à bien faire. Nous parvenons à tout faire avant d’engloutir deux énormes et délicieux hamburgers et d’aller dormir sur un parking où ce n’est pas autorisé. Le lendemain le temps est doux et il n’y pas d’amende sur le pare-brise. Nous allons visiter l’université des sciences sociales attenante au parking et nous disons qu’on est au bon endroit : des sans domiciles qui ont besoin encore d’aide de la société.


Eloignons-nous d’Auckland pour voir.

Piha Beach sous la pluie, à la tombée de la nuit, magnifique dans son inhospitalité.

Nous cherchons assidument un parking où il autorisé de dormir, et en trouvons un plus éloigné. En espérant que la ressource de l’or noir nous suffise pour le trajet nous allons nous planter vers l’office du tourisme du coin à côté d’un van d’allemand et ne faisons pas long feu.

Le lendemain c’est une visite dans la cathédrale des Kauris. Ce sont des arbres gigantesques et massifs, qui ont repris du poil de la bête après avoir été malmené pendant les gros travaux de la Scenic Road dans les années 40. Ces gros travaux avaient pour but d’employer des travailleurs dans une période de grande crise en 1937. Mais ces investissements ont causé de gros dommages à la forêt native.

L'éventail 
Je s'appelle Groot    ----    Oiseau joueur 
On ne peut plus les encadrer.

Puis nous avons randonné sur la côte pas très loin de Piha Beach, entre Mercer trail et les chutes d'eau de Karekare. Randonnée de 3h faite en 2h20, qui fait du bien aux cuisses et aux mollets et qui nous rappelle le temps qui passe 😀

Question existentielle: Est-ce qu'ils chauffent toutes les pièces? 
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Publié le 8 septembre 2019

Après un petit coup de soleil sur le nez au retour de la « grande » randonnée, nous nous pique niquons à l’abri des rafales de vent côtières. C’est le défilé des vans aménagés loués, le plus commun d’entre eux est le plus voyant, d’un verre cru et violet. Il est temps de remonter par la petite route jusqu’à notre helpx, où nous attend vers 17h notre hôte Joanna.

La route est belle et verte, les photos n’ont pas été retouchées. Les collines et les collinettes s’inclinent et se déclinent à l’infini. La lumière descend doucement sur la côte ouest tandis que nous sillonnons en sinisant vers le nord. Quelques arrêts pour apprécier la douceur des rais de lumière et les routes si faciles à conduire!

Le temps passe et notre temps d’arrivée s’allonge, nous prévenons Joanna de notre retard.

Nous traversons des plaines plates comme la Bresse, tondues rases par les moutons et leurs nouveaux petits tremblant sur leur nouvelles pattes!

Nous traversons les grandes rivières et quelques estuaires, longeant de tout petit village avec quelques rares cafés bar qui se remplissent aux alentours de l’heure de l’apéro.

Nous traversons Dargaville, qui deviendra, vous le verrez la ville que nous avons la plus arpentée en Nouvelle Zélande. Et puis nous nous enfonçons sur une piste vers Kauri Trounson Park et quelques maisons éparpillées le long de la route non goudronnée.

Nous sommes accueillis par un teckel à la cataracte avancée et avec suspicion d’un syndrôme parkinsonien. Joanna est une belle cinquantenaire aux cheveux ondulés. Elle est plus grande que nous, super dynamique et ne paraît pas son âge-du-tout ! Je l’imaginais vraiment différemment mais quel plaisir de la rencontrer. Ce soir, à la tombée de la nuit (18h sur la côte ouest) c’est pizza party. Chacun se fait sa pizza et c’est le soir de toutes les folies, on se laisse tenter par... une pizza 1/2 saumon 1/2 pepperoni. Et pour Raphaël 1/2 champignon 1/2 .... ananas bacon! Car Joanna super enthousiaste nous dit qu’elle va s’en faire une, et que en plus d’être étrange c’est bon. Je lui assure que nous allons être bannis par nos amis italiens. L’atmosphère est détendue, elle tente d’allumer le feu dans le poêle mais il fume plutôt qu’il brûle et la fumée nous fait rire et tousser en même temps. Cet endroit est si perdu que les ramoneurs ne veulent pas se déplacer pour ça... on rit, on parle si facilement, c’est vraiment agréable.

Ça sent mauvais derrière le frigo, et après quelques recherches voilà le premier job que je m’attribue : ramasser à la petite cuillère (littéralement) une sourie liquéfiée dans le moteur du frigo. Premier exploit :)

Eddy le papy chien. 

Tout le monde est bien fatigué et à 20h30 c’est coucouche panier les enfants!

Le lendemain au programme : lever 8h, yoga avec Joanna, petit déjeuner et smoothie aux épinards et aux kiwis, toast et œufs sur le plat, café et thé à tire le arrigot (je ne sais pas comment ça s’écrit, si quelqu’un veut bien me renseigner...) et enfin, après tout ça au travail.

On devait commencer la tâche à 9h mais c’est plutôt à 10h. On prend le temps de faire le tour de la propriété avec une voiturette de golf et ça balance pas mal pour aller voir: un pont passant au dessus de la rivière, un espace pour une tente zen avec possibilité d’hébergement et petits toilettes et cuisine, un épicéa tombé du bon côté, un container indépendant avec une baignoire avec vue sur la forêt...

De retour à la maison on doit choisir ce que l’on veut faire, et comme on est des frenchies on commence par les french doors. Ce sont des portes fenêtres (on ne savait pas que c’était une spécialité française) dont il faut enlever les joints puis les refaire. Le plus dur sera de les emmener d’un seul tenant à l’intérieur de la maison car il s’est mis à pleuvoir. Pour ramollir le joint nous avons utilisé un décolle papier peint, et ça marche super bien ! Joanna est prête à répondre à toutes nos questions et après une toute petite heure de travail il est déjà temps d’arrêter nous dit-elle... vraiment ?

Le repas s’éternise tellement les discussions sont intéressantes.

Voici une liste des points faibles de notre séjour :

- Jour 1 : rien

- Jour 2 : la batterie est à plat, on va à Dargaville chez un garagiste super sympa. Il pense que la batterie ne se recharge pas et nettoie les crosses de la batterie.

- Jour 3 : tout va bien

- Jour 4 : la batterie est à plat, il faut attendre le lendemain pour commander l’alternateur.

- Jour 5 : la batterie est toujours à plat, impossible de la relancer, même avec les pinces et la Subaru de Joanna. Nous attendons que le chargeur fasse son travail. L’alternateur changé nous croisons les doigts pour que tout aille bien.

- Jour 5 bis : faire des rideaux pour le van c’était une bonne idée mais c’est très loooong et redondant.

- Jour 6 : impossible de partir car la batterie est encore à plat. Un diagnostic doit être fait, mais nous devons attendre une semaine encore. C’est impossible, nous voulons aller vers le nord…

- Jour 7 : ca démarre et puis voilà.


Voici les points forts de notre séjour :

Nous avons pu finir les joints de la porte fenêtre, nettoyer le jardin et désherber, passer la tondeuse et comble de l’accomplissement, nous avons pu nettoyer et ranger tout un garage qui ne faisait pas bien à voir pour les hôtes. Joanna semblait avoir attendu ce moment depuis si longtemps que nous étions ravis de l’avoir fait avec elle.

Nous sommes allés avec Joanna dans la forêt derrière chez elle pour l’accompagner pour changer un filtre de l’eau capté à la source. C’était une expédition d’exploration au milieu des kauris, des racines glissantes, de la pente boueuse, des pierres ruisselantes et de l’eau glacée. Malheureusement les deux embouts du nouveau filtre ne correspondaient pas au tuyau, il a fallu donc rentrer bredouille, ici on dit brecouille (ref), mais l’expédition en elle même valait le coup(ouille), avec Joanna l’exploratrice en anorak des rangers, Elisa l’handy man dodane et Raphaël des bois, reporter des gadouilles.

Nous avons pu également faire cette magnifique vidéo:

Nous avons pu coudre les rideaux de notre beau van avec des tissus presque gratuits et très classes, bien plus propres et chics que les précédents.

Nous avons pu visiter les environs, et pas seulement des garages ! Lors d’un retour de Dargaville nous sommes allés aux heures où le soleil donne ses plus beaux rayons vers the Kai Iwi Lakes. Ce sont trois lacs proches de la côte avec des eaux turquoises magnifiques. Le vent était fort et des petites vagues se formaient. Vous pourrez avoir plus d’idée sur la qualité de la lumière en visionnant la belle vidéo créée par Raphaël pour faire la promotion de Kauri Coast Estate, les logements de Joanna.

Kai Wi Lakes 

Nous avons vu les plus grands arbres de la forêt, les maitres ici, les Kauris. Ces arbres forcissent autant par le tronc que par la hauteur, et pour pouvoir grandir encore et encore ils forment à la partie la plus proche de leurs branches des séparations entre la branche et le tronc. De cette manière, une fois le tronc grandi, les Kauris laissent tomber leurs branches inférieures sans laisser aucune cicatrice sur leur tronc. Et les troncs sont si lisses qu’aucune herbe ne peut s’accrocher dessus. Partout sur les branches, par contre, il y a des fougères qui poussent à 10m de hauteur et sont comme des moustaches qui ruissellent. Vous voyez un All Blacks, multipliez par 20 et trouvez un Kauri si grand et si impressionnant qu’il n’y a rien à dire, rien à penser et juste à retenir son souffle. Nous n’avons pas vu le seigneur de la forêt dans un premier temps, mais seulement ses comparses. Pourtant nous avons été impressionnés, scotchés même. Trois jours plus tard nous avons vu Tane Mahuta et c’était comme si une montagne s’élevait devant nous.

Tane Mahuta en trois 

Nous sommes allés deux fois dans le « Trounson Park », réputés pour être l’un des parcs où l’on peut voir des kiwis la nuit. Le premier soir nous avons entendu des kiwis se répondre les uns les autres mais la pluie qui tombait couvrait les grattements. Le deuxième soir, nous avions révisés notre stratégie d’action et nous avancions tout doucement, en réalisant des pauses régulières, l’oreille à l’affut du moindre scroutch scroutch, du scratch scratch des feuilles et des kwwwwiiiiii kwwwiiiii insolites de leurs cris. Quelques minutes après notre entrée dans le parc, et après avoir dépassé quelques autres visiteurs désemparés nous avons été surpris par un animal qui s’est enfuit dans le bois. Et soudain des bruits étranges s’élèvent, espèces de meuglement ou de hi-han hi han assez flippants. Nous pensons d’abord que des gens ont appuyés sur la bande sonore disponible en bord de sentier, puis, comme le bruit s’amplifie je pense que ce sont des ânes, puis des cerfs puis des vaches… En rentrant Joanna nous dit que ce sont les buffles élevés dans les fermes voisines qui parfois discutent toute la nuit de cette manière. Quand tu es tranquille dans ton salon ça va, mais quand tu as seulement une petite lampe rouge sur le front, aucune notion de l’espace dans lequel tu évolues car tu suis « bêtement » le chemin qui fait une boucle (d’ailleurs tu ne sais plus trop si tu as déjà fait cette partie de la boucle ou pas), là dans cette grande perdition du temps et de l’espace ces cris obscures font froid dans le dos.

Après avoir entendu ces grandes lamentations nous nous arrêtons car nous percevons un grattement sur notre droite. Nous allumons la lampe rouge de Joanna sans laquelle nous n’aurions pas pu voir… un kiwi, bien plus gros que ce que nous imaginions, au moins aussi gros qu’une poule, à quelques mètres de nous, qui gratte et picore tout ce qui lui passe sous le nez, sans nous prêter la moindre attention. Il nous fait l’honneur d’un défilé et nous l’observons sous toutes ces coutures, de profil de face et de dos avant qu’il ne s’enfonce un peu plus dans les fourrés. Puis il revient et disparaît enfin. Nous nous sommes un peu décallé pour le voir, sommes presque tombés dans le fossé, avons fait couiner nos chaussures, mais rien de tout cela ne l’a effrayé. Il n’a peut-être pas de très bonnes oreilles. Nous sommes tout excités d’avoir vu cet énergumène au si grand nez (bec). Et un peu plus loin, voici que nous en observons un deuxième. Nous le voyons également pendant assez longtemps. Et au moment où nous nous éloignons un cri résonne au loin, et notre ami le kiwi y répond, plus grave que son correspondant et surtout très fort et très près. Nous sommes tout heureux d’avoir pu en voir deux, et pour couronner cette belle découverte nous admirons la voie lactée et ses milliers d’étoiles.

Au détour d’un arbre, et là, au bord d’un chemin se sont dressés devant nous un millier de points bleus fluorescents, les glow worms, des lucioles bleutées visibles dans la nuit la plus sombre. C’est un moment magique quand, en éteignant la frontale, vos yeux s’habituent à la nuit et que des milliers de taches apparaissent sur une dizaine de mètre de part et d’autre de vous et surtout au moins jusqu’à 3 mètre au dessus de vous. Un mur de lucioles bleues.

Nous avons pu manger beaucoup et bien pendant tous ces jours car Joanna a apprécié nous cuisiner de très bons plats et de bons desserts. Nous avons discuté de sujets de conversation qui dépassent ceux de la pluie et du beau temps ou du nombre de frères et sœurs dans les familles respectives. Nous avons discuté avec Joanna de voyages, de l’amour, de la vie et de la mort, de la fin de vie, de la douleur, des coutumes, de la richesse et des peines, de la folie et des drogues. Je ne peux pas dire bref car c’était long et enrichissant. Bien plus qu’un helpx, autant qu’une amie.

Joanna et les nains (du jardin) 
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Publié le 17 septembre 2019

Dernier soubresaut de complication électrique notre départ est décalé d’une nuit, que nous passons avec plaisir avec Joanna.

En route pour le nord, vers les montagnes ondulantes et les côtes pleines de surprises. Nous commençons dans les grandes forêts de Kauri.

Nous allons profiter d’une petite cascade pour nous exercer aux photos d’eau à Waihotemarana. Les temps indiqués pour les randonnées sont définitivement trop longs par rapport à notre rythme. Comme pour chaque randonnée il faut frotter ses chaussures à l’entrée du parc, sur un grattoir roulant géant, puis marcher un pied après l’autre sur un grillage qui pulvérise du détergent. L’opération doit être recommencée à la sortie de la promenade. Nous sommes les seuls comme d’habitude.

Nous nous offrons une excursion vers les boucles d’une rivière qui se jette dans la mer. Au bout de la voie sans issue deux grosses voitures de fermier sont garées, portières ouvertes et coffre ouvert laissant libre accès aux rangées de bières. Quatre barbus à l’âge incertain en tiennent déjà en main à l’heure de la pause café. Ils discutent loin de tout, dans un cadre reculé, mais je n’aurais pas l’occasion d’en savoir plus sur eux car nous ne faisons que demi tour. Ils n’ont pas l’air de travailler mais nous non plus, me direz-vous. La plage est inaccessible pas marée haute mais l’estuaire est magnifique, l’occasion parfait de survoler avec le drone et de faire une gratouille au magnifique cheval du coin. (Waimamaku beach)

Ben quoi? 
Pour les équinophiles 
Il y a pire comme vue dans la vie! 

La faim arrivant nous mangeons à l’abri du vent dans la voiture, en admirant le repose gobelet rempli d’une conserve de corned-beef et les voisins dans leur camion qui profitent eux aussi de leur pause repas qui s’éternise devant la dune de la région. Comment ne pas s’émerveiller de cette vue?

Malgré les commentaires menaçants des vols de voitures et autres dégradations nous osons faire la petite marche avec vue sur la dune. Les policiers sont au parking quand nous partons, peut-être que les rumeurs sont vraies. La ballade vaut vraiment le coup.

Nous avançons à Opononi pour changer de perspective.

Puis nous prenons une belle route non goudronnée qui surplombe la côte, les maisons Maories en bois et un peu toutes penchées pour atteindre un sentier. Les commentaires des précédents visiteurs sur l’application des touristes étaient défavorables « pouh, ne vaut pas le détour, pas aussi bien que…, l’eau était froide et il faisait moche etc… » Peu enclins à donner le pouvoir à ses grognons blazés nous avons découvert les Koutu Boulders, rien que le nom est déjà joli. Et la vue…

First Name: Raphaël, nickname: Koutu Koutu 

Manquant de nous faire tamponner par deux voitures dans un délai de 10 min nous décidons de garder la route principale. Elle est appelée highway mais c’est comme une route nationale, avec des virages, des vitesses recommandées dans les virages (celui qui est indiqué à 35 tu le prends avec le pied ancré au frein), et surtout des voitures qui te collent aux fesses. Même si tu fais un effort pour ne pas rouler comme un escargot il y aura toujours quelqu’un derrière toi pour faire semblant de te doubler, en toute circonstances, même dans les virages. Mais nous sommes habitués suite à notre « route-voyage/ road-trip » en Roumanie et nous nous décalons immédiatement sur les bas côtés en cas de poursuite par une « voiture qui ramasse -pick up », quitte à mettre une roue dans le fossé parfois.

Vers l’heure dorée /golden hour nous arrivons vers un estuaire et visitons l’extérieur de la maison Clendon, James et Jane, lui nouveau riche et nouveau pauvre ayant vécu durant les années de querelles et de traités avec les maoris, elle veuve avec 8 enfants avec des projets intéressants plein la tête.

Au pied de la maison un couple de touriste nous fait de la peine: ils viennent de racler une branche d’arbre avec le toit de leur maison sur roue/camping car et ramassent à la balayette les miettes de la peinture sur la route. La scène est surréaliste car nous nous interrogeons sur l’intérêt de la collecte des miettes de maison sur roue comparativement aux dégâts.

Nous ne pourrons rien faire pour eux et nous prenons le bateau traversant /ferry pour traverser l’estuaire. Il est tellement ensablé que le bateau doit faire un détour et effectue une sorte de boucle. Cela nous permet d’admirer autant le clocher du village bordant le fleuve, les dessins sur les mur/tags et les maisons colorées de Rawene, les marécages/mangroves impénétrables et moustiquement connu(e)s et les occupants des voitures sur le pont du bateau.

Ce sont les mouettes qui font la loi ici. 

De l’autre côté, alors que le ciel s’obscurcit notre estomac nous rappelle que les gens d’ici doivent aussi boire et manger, mais où ? Nous arrivons dans un petit village et passé la bibliothèque /library où je glane un livre gratuit en anglais nous cherchons le plus vieux pont de nouvelle Zélande. Il est indiqué sur les photos, sur un panneau le long de la route mais plutôt difficile à dénicher. Vers le parking je propose à Raphaël de faire une partie de bowling, mais il me dit que ce ne sont pas les mêmes règles et pas le même jeu. Intriguée je pousse le petit portillon et m’approche d’une véranda ou trois personnes boivent un coup en admirant le gazon qui pousse. « On ne peut pas jouer en ce moment, l’herbe doit être rase, verte et coupée au millimètre. Nous sommes en train de le refaire pour cet été. » « On lance d’abord un petit boulet, il s’appelle Jack, puis on tire chacun une boule oh deux, tout dépend si l’on joue à 2,3 ou 4. » Je demande si c’est la pétanque et ils me répondent en cœur: « ah mais oui mais ici on n’a pas le droit de lancer par le haut, on fait rouler » moi je ris intérieurement en imaginant ces trois personnes me dire en français-avé l’assent du sudeuh « eh tu tires ou tu pointes, putaing cong ». Ils ajoutent : « On joue en été et puis surtout on fait un barbecue, et on boit, aussi. » je leur dit: « comme aujourd’hui, ou il y a une boisson spéciale? En France on boit du pastis. » « ha non ici on boit, mais pas du vin hein, personne ne boit du vin. On boit des bières ou encore plus, des trucs comme ça. » Elle me tend sa bouteille et je déchiffre whisky -coca. Il est 15h, mais vivement l’été a ce que je vois.

Raphaël en profite pour leur demander où se trouve le plus vieux pont de Nouvelle-Zelande et ils rigolent bien en nous indiquant derrière le terrain de bowling, un pont minuscule caché. L’auto-dérision semble aussi facile que la picole.

C'est pas comme ça qu'on va pouvoir manger 😀

Tiens en parlant de ça, nos estomacs nous indiquent qu’à 17h30 il est temps de chercher un petit quelque chose à se mettre sous la dent. Passé un boui-boui qui sent très fort l’huile brûlée nous nous aventurons dans un bar. La patronne ne peut nous servir qu’un bol de frites et après quelques hésitations nous choisissons deux pintes pression du coin et un grand bol de frite qu’ils appellent « soft fries ». Trois hommes et une femme sont accoudés au bar, la musique est sympa. Comme décoration les tapis usés aux couleurs des brasseries couvrent les tables, un poêle à bois chauffe un peu la salle et un tableau Veleda annonce que demain c’est une fête spéciale pour la fête des pères, et chacun peut venir, en amenant une assiette pour le barbecue! Dire qu’on va louper ça... il y a déjà bien assez à observer : un mec tout dégingandé s’approche et se présente, nous serre la main. On trinque et s’ensuit une conversation mâchée (est ce l’accent alcoolisé ou celui du coin ?), et je tente de répondre à ces questions. Les premières sont simples : qui sommes nous, y d’où venons nous. Il apprécie que nous venions dans les « vrais endroits, la où les gens vivent et se rencontrent » car pour lui cela montre que nous sommes des gens bien. Ils nous demandent ce que je pense des néo-zélandais mais répondre est difficile, non pas à cause des généralités mais parce que nous sommes encore ignorants. Je lui réponds : sympas, comme toi! Et lui raconte comment, lors d’un de nos multiples arrêts de bord de route, un monsieur a presque fait demi tour pour interpeler Raphaël : hey alright bro? Yes! Take care, bro, safe trip ! Et il réaccelère. Le gars du bar me confirme « ha oui c’est comme ça qu’on est, on est une petite communauté, on n’est pas nombreux, on se retrouve, tout le monde se connaît et on va pas vous manger hein! » On trinque. Les frites sont bonnes. Jay est un quadragénaire imposant que tout le monde salue à son entrée dans le pub. Raphaël, lui, va lui proposer de faire une partie de billard. C’est amusant de jouer contre quelqu’un dont on ne connaît pas le niveau... va-t-on subir une défaite écrasante? La partie est bonne. Raphaël gagne et il est temps de faire continuer la route jusqu’au prochain parking gratuit.

Jay et Raphaël en pleine partie. 

Pour prolonger la visite :

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Publié le 24 septembre 2019

Le réveil au chant du coq à 6h30. Puis deuxième réveil avec le claquement de portière de la voiture d’à côté d’où la voisine sort en trombe et se met à courser le coq pour le faire taire. Quelques minutes plus tard il chante encore alors nous nous décidons à faire notre yoga au milieu de la rosée d’une clairière. A l’heure du petit déjeuner les filles d’à côté préparent des rails de flocon d’avoine pour le coq, c’est la coke du coq haha. Il sniffe a toute vitesse et c’est vraiment drôle. La pluie tombe quand nous reprenons la route.

Le coq caquette à Kataïa 

Soleil sur Kataia, dernière ville avant le nord, annonce le panneau. Provision d’eau, et marché typique. C’est le mélange à l’américaine: un groupe de musique qui joue du vieux rock, un type qui vend son pickup, un autre avec une grosse barbe et des bottes qui vend du bois de chauffage. Remarque, je dis que ce gars là porte des bottes mais tout le monde porte des bottes, avec un short, parfois même avec une jupe. Et ce ne sont pas des bottes de ville, non, ce sont bien les bottes en plastique, que les gens balancent négligemment à l’entrée des magasins pour se promener dans les rayons en chaussettes en laine trouées.

J’en étais au marché. A côté du vendeur de bois se tient un vendeur de potion magique, un elfe qui vend de la topette fermentée bonne pour tout (il me détaille les particularités de chaque élixir) puis quand je goûte je ne peux raisonnablement pas en acheter car c’est trop mauvais! Raphaël fait sa tête de dégoûté, c’est très drôle. Nous achetons à côté une « steack pie » qui s’avère être une sorte de mini tourte à la viande en gelée. Ça a beaucoup de goût mais la texture est particulière. Pour donner la somme exacte au vendeur nous lui retournons un dollars sous forme de 10 pièces de 10 cent scotchées ensembles. Il se marre, mais c’est sa voisine la vendeuse de fruits et légumes qui a fait ça. Il est allé vivre un peu à Nice et essaie de se rappeler quelques mots. Son voyage devait être il y a fort longtemps !

Nous découvrons 4 variétés différentes d’avocat, qu’ils font pousser dans la région. Nous achetons aussi deux gros vrais pains avec une croute et pas « pain de mie » ainsi qu’un pesto de tomate qui s’avère être une vraie tuerie sur les pâtes avec du basilic frais (qui a depuis dépérit).

C’est très agréable ce joyeux bordel, ça nous rappelle un peu les marchés roumains où rien n’est rangé.

Nous pique niquons a Awanui à côté d’un cycliste aventurier ( un suisse avec un long véhicule avec panneau solaire qui pédale pour la bonne cause). Malheureusement pour lui, en s’arrêtant vers une aire de jeu pour enfant il n’avait pas pensé être assailli par des mioches de 10 ans qui se battent pour prendre sa place sur la selle du vélo couché. Le cycliste se tient debout désemparé à côté de son vélo, ne sachant plus comment se débarrasser des enfants devenus encombrants. On lui fait un peu la causette et un gamin nous interrompt: « hé t’as quoi comme téléphone ? T’as le mien ou sûrement un moins cher que le mien. » Le cycliste, qui n’en revient pas, lui dit: « ha mais moi j’en ai vraiment rien à faire. » Il jette un coup d’œil aux parents pour avoir un peu d’aide mais ceux ci sont beaucoup plus absorbés par leur téléphone.

Un petit café dans une boutique du plus ancien kauri jamais découvert: 45 000 ans environ qu’il existe, mais 1000 ans de vie: le vieillard ne fait pas son âge.

Nous suivons la route touristique sans touriste jusqu’à la fameuse plage où l’on peut rouler avec son van (90miles beach). Pour nous ça n’a vraiment pas d’intérêt de rouler si vite (pour éviter de s’enliser) fenêtres fermées (pour éviter de manger du sable). Sur cette grande étendue de 60 km de long, nous, on rêve de faire du char à voile, ou de la planche sur les minces pellicules d’eau. Les reflets sont magnifiques et les étendues démesurées. Le soleil cogne sérieusement. Des jeunes semblent passer leur dimanche ici, les 4x4 sont amassés, les glacières remplies de bières sont sorties, les gars discutent debout d’un côté, les filles sont assises dans les voitures d’un autre côté. Un quad fait des dérapages et vient se garer vers eux.

Quelques centaines de mètre plus loin d’autres montures font un tour: les chevaux sont d’abord montés à cru puis scellés. Avec l’évaporation du film d’eau sur la plage et la réverbération du soleil la luminosité est brumeuse et vive à la fois.

A vous de choisir! 

Nous reprenons la route vers le Nord, la où le soleil brille, car oui c’est vrai que dans l’hémisphère sud on est bien exposé (une maison, un coin sieste, un arbre) quand on regarde vers le nord. C’est tellement perturbant au début que j’ai même du mal a ne pas écrire sud dans la phrase précédente. Je pense que c’est ce qui me perturbe le plus pour l’instant.

Ici on ne dit pas Albatros, mais Albatruck... 

Nous allons donc au Nord et en route nous faisons une toilette dans un petit parking non fléché, au soleil. Il fait bon mais il est temps de rejoindre le cap Reinga avant le coucher de soleil. Nous ne manquons pas de rajouter une coupe à nos trophées du concours « les plus grands loupeurs de coucher de soleil ». Oui on aime les couchers de soleil, et pour se rassurer on se dit souvent que ce n’est pas le coucher qui est le plus beau mais les couleurs que les rayons laissent dans les nuages après la chute de l’astre.


Le cap Reinga, bien que très aménagé, a un aspect très sauvage: les vagues frappent la côte dans un désordre assourdissant. Les rouleaux issus de la rencontre entre la mer Tasman et l’océan pacifique sont des montagnes d’eau que l’on ne voudrait pas surfer. Le soleil se couche dès que nous y arrivons et nous admirons les lueurs du soir, les vagues déferler sur la côte inhospitalière. Je dois encore vérifier dans les bouquins touristiques mais il me semble que le cap Reinga "le lieu du grand saut de départ des esprits" est l’endroit où l'esprit des morts retourne dans l'au-delà. On peut dire sans mauvais jeux de mots dans l'eau-delà.

A la nuit tombée nous rejoignons bien sagement le plus proche des campings du DOC (département of conservation) et profitons d’un éclairage d’une tente sous un bel arbre pour nous essayer à la photographie de la Voie lactée. Les vagues couvrent les voix des russes qui campent près de nous. Petit yoga et gros petit-déjeuner le lendemain sur la plage. Il fait beau et le camping est sympa, même avec une population plus dense que ce que nous n’avons jamais rencontré avant.

Raphaël, Raphaël, ne vois-tu rien venir? Quelle direction pour la suite? 
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Publié le 25 septembre 2019

Nous retournons au cap Reinga pour y faire une randonnée vers la plage qui s’étend à ces pieds. La descente au bord des falaises nous donne une nouvelle fois l’occasion de contempler les vagues. Cette fois elles laissent en s’en allant de longs filaments blancs bientôt rattrapés par la nouvelle vague.

Arrivés à la plage nous voulons éviter la marée en prenant les sentiers plus escarpés sur le bord de la falaise. Ils se perdent tous dans les buissons coupants ou dans les ruisseaux où nos godillots s’enfoncent. Ce n’est qu’à la force de nos bras que nous nous en sortons et atteignons enfin la plage. (OUF) Les vagues lèchent de plus en plus la côte. Nous rebroussons chemin en crapahutant prestement au plus près des progrès de la marée. Nous arrivons les pieds secs au point de départ et retournons à la voiture pour poursuivre plus au sud cette fois. Ce sera toujours plus au Sud maintenant.

Cap Reinga 

Te paki est une dune immense sur laquelle on peut surfer. Avant de l’affronter nous n’avons pas résisté à un pique-nique rapide et à une sieste, sans doute fatigués par le vent du cap nord. Les loueurs de planches de sable, pour dévaler à plat ventre la dune, nous semblent des "attrapes-touristes". Nous décidons de monter les deux premières dunes où des aventuriers casse-cou se jettent la tête la première vers la base de la dune. Au sommet de la dune le vent soulève le sable et il rentre dans les yeux, dans les oreilles, dans le cou. La vue est magnifique et il y a même une oasis. Nous apprendrons plus tard qu’il y a deux lacs cachés un peu plus loin. Un bus s’est enlisé dans la rivière en bas des dunes, et les clients attendent la planche de surf des sables à la main. Nous redescendons en skiant dans la sableuse et enlevons le maximum.

Te Paki Dunes 

Tentés par le nom et par la légende du prochain lieu nous roulons sur une longue route non goudronnée (c’est superflu le goudron ici), et nous rendons à Spirit Bay. Nous nous laissons tenter par une douche froide mais abritée du vent pour ôter tout le sable puis allons arpenter cette magnifique langue de sable qui s’étend jusqu’à ce qu’on ne puisse plus voir. Il y a un peu de vent mais les éléments sont assez cléments pour se promener un long moment et faire voler le drone. Sur le chemin du retour nous avons le plaisir de voir une grande famille d’orques longer la côte. Sept individus sortent le nez, ou bien le bec, ou bien le museau de l’eau et replongent aussi sec (enfin mouillé plutôt). C’est très beau et aucune photo ne rendra compte du moment. Ici une photo au début, et ensuite j’ai pris des photos dans ma tête.

Spirits Bay 

Tout ragaillardis par cette belle « rencontre » nous nous rendons aux derniers rayons de soleil vers une plage de sable rose. La couleur de ce sable vient des milliers de coraux roses concassés pour poudrer délicieusement la plage d’un doux tapis rosé. La poésie du lieu nous donne envie de cuisiner avec vue sur cette étendue. Les pêcheurs reviennent presque à temps de leur pêche à pied pour une bonne platée de pâte à la sauce tomate. Mais chut, on ne doit pas être ici normalement... bien sûr la buée de l’eau de cuisine nous trahit.

Henderson Bay 


Nous terminons les pâtes en vitesse et allons dans le camping tout proche, bien moins accueillant avec les millions de sandflies qui s’agglutinent lors du paiement. Pour les camping il en existe plusieurs sortes: les gratuits, parfois très nombreux ou parfois très rares, les DOC (département Of Conservation) qui coûtent 15$/pers. Ils sont très sommaires mais merveilleusement bien placés et pour payer on doit mettre de la monnaie dans une " honesty box ". Il y a aussi les gros campings. Il y a des sandflies partout mais je crois qu’elles sont plus assoiffées dans les camping du DOC car elles attendent au coin de l’honesty box qu’une main malheureusement leur donne, non pas de la monnaie, mais du sang frais.

La nuit fut tranquille dans le camping du DOC désert.

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Publié le 1er octobre 2019

Plongé dans les nuances de blanc l’esprit se vide et le temps n’a plus la même mesure. Non ce ne sont pas les paroles d’un vieil inuit à la peau tannée par le soleil et le vent mais nos pensées le matin devant cette plage immaculée et balayée par les nuages qui glissent rapidement. Au petit déjeuner fait suite le déjeuner car la vue est hypnotisante. Pourtant d’autres visiteurs l’apprécient autrement: deux gros bus débarquent sur la plage une dizaine d’individus. Ils sortent l’air égaré et désorienté, avancent de quelques pas en vacillant, luttent un peu contre le vent pour dégainer leurs portables et comme rappelés par une sonnette invisible ils rejoignent leur place bien au chaud et à l’abri. Ils cochent peut être dans leur tête une liste bien préparée des choses à voir en Nouvelle Zélande. C’est vraiment une autre manière de voir le voyage.

Nous nous détachons progressivement de l’attraction du paysage et roulons plus au sud pour rejoindre la bibliothèque et recharger notre technologie. C’est la seule bibliothèque autant au nord et nous ne sommes pas les seuls à profiter d’internet et de l’électricité. L’après midi passe vite et nous cherchons où dormir auprès d’une dame au I-site. À quelle histoire: elle est aussi excitée qu’une puce et nous explique avec un début de kalaschnikov ce que l’on peut faire dans les environs et où nous pouvons dormir.

Quand nous partons à la fermeture de la librairie, nous la voyons accélérer au moins à 40km/h dans le parking, le pied sur l’accélérateur et le buste entièrement penché vers l’avant comme si elle voulait gagner une course de rallye. Nous formulons deux hypothèses diagnostiques: une maniaco-dépressive OU une femme contente de quitter son boulot.

Nous rejoignons un spot de bord de plage mais le vent souffle fort et la pluie tape sur les carreaux. Craignant les ornières emplies d’eau et les passages trop profonds nous préférons un parking vers le lac Coca. A la lueur des éclairs nous ne voyons pas la couleur marron étain normalement observable. La nuit est ponctuée de grandes secousses du vent, nous prions aussi pour que la pluie horizontale ne trempe pas tout le tableau de bord.

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Publié le 1er octobre 2019
Tout va très bien, madame la marquise. 

Le lendemain les éclaircies ne sont pas près d’arriver. Nous faisons quand même une expédition « bord de mer », douche intégrale habillée et test de notre équipement imperméable. L’épreuve n’est pas concluante et nous nous réfugions trempés dans un café battu par le vent. Deux cheeseburgers sont bienvenus. Nous observons jusqu’à la fermeture les habitudes des locaux. Ils se garent à un mètre de la porte d’entrée avec leur gros 4x4 et leur pick up. Nous avons même cru une fois que le mec allait carrément se garer sur la terrasse du café. Certains ont des bottes qu’ils enlèvent, d’autres se précipitent sur le présentoir et choisissent la plupart du temps une espèce de tourte à la viande ou au fromage. Ces « pies » ont la taille des petites quiche que l’on achète à la boulangerie, mais la consistance est beaucoup plus molle, et quand j’en mange j’ai l’impression de n’avoir mangé qu’un apéro. Eux, c’est leur seul repas. Certains prennent un café, latté, et repartent aussitôt dans leur véhicule pour rejoindre un parking avec une belle vue et engloutir leur repas. Pour nous réchauffer/ sécher nous nous calons dans un coin dans deux fauteuils décrépis mais chauds avec nos cafés.

Comme le ciel se dégage nous continuons la route et sur la plage suivante, à la faveur du soleil et du vent nous séchons nos ailes et nos pattes en courant sur le sable. Les promeneurs de chien saisissent la fenêtre météo idéale et nous rejoignent en souriant. Il y a des vagues et les mouettes sont heureuses. Des voyageurs s’arrêtent pour manger une glace en bord de route (bon faut quand même pas exagérer hein).C’est le moment idéal pour aller voir la côte depuis un point de vue un peu plus loin.

Comme il semble que nous avons manqué beaucoup de belles choses vers notre précédent camping nous décidons d’y retourner et de dormir cette fois vers la plage après avoir repéré la place bien protégée du vent, la plus plane possible, non inondable... Je vous laisse imaginer tous les salamalecs que nous faisons, et la satisfaction quand tous les critères sont réunis :)

Le lendemain double satisfaction quand la nuit a été calme, que le soleil resplendi, le yoga est fini et nous déjeunons un enooooorme petit déjeuner, comme toujours depuis le début du voyage.

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Publié le 1er octobre 2019

Le kayak frétillait dans la soute, nous l’avons gonflé au petit matin et testé sur le lac, le fameux lac Coca, qui rend effectivement tout orteils trempés marron. Incertains nous avons fait un petit tour du lac et beaucoup pagayé contre le vent et l’averse au retour. La fluidité des rames et du kayak qui fend l’eau prend tout son sens quand les oiseaux du lac nagent près de nous, décollent à grand renfort de plumes ou atterrissent en parfaite maîtrise autour du kayak. Poussés par le vent, nous nous approchons le plus doucement possible d’un arbre portant vingt oiseaux blancs et noirs. Certains s’envolent à notre approche et d’autres s’en moquent, ils étirent leurs ailes pour les sécher. L’envergure est impressionnante.

Nous longeons des arbres prenant racine directement dans l’eau marron et penchant du côté du lac.

Une fois sortie de l’eau nous avons le temps de sécher et de ranger le bateau avec grande maniaquerie en chantant « les maniaques sont nos amis il faut les aimer aussi » avant la grosse averse et nous sommes très contents de ne pas l’avoir reçu sur le coin du nez.

Suite de la journée: ascension du Mont Puheke. C’est un volcan tout au bout de la péninsule dont les laves se sont déversées dans la mer. Il culmine à 130 metres. Wow c’est pas haut, mais depuis la mer c’est impressionnant. Nous grimpons en voiture jusqu’au parking et le vent qui vient de l’océan est tellement fort que nous craignons pour les petits « protège-vitres » de notre van. Nous faisons en sorte d’avoir les oreilles dans le sens du vent mais quand enfin nous démarrons la ballade, un rideau d’eau s’approche à toute vitesse. Nous avons juste le temps de nous précipiter dans la voiture avant de subir une attaque horizontale de grosses gouttes sur le pare-brise. Le temps de manger deux trois chips et c’est parti pour la montée éclair. Au dessus on tient debout incliné, le vent nous offrant un appui assez régulier. Plus bas, sur les plaines marécageuses, les ombres des nuages changent les couleurs à toute vitesse. Nous peinons à nous entendre et la saturation de tout nos sens rend ce moment magique et épuisant à la fois. Nous descendons explorer une crique secrète magnifique.

Que faire ensuite? Manger sur une table ventée avec Barbie décoiffée et un chien qui lorgnait nos carottes. Ensuite nous découvrons le meilleur spot abrité du monde.

Suite de la journée: décidés à voir toutes les belles ressources de cette péninsule nous nous dirigeons à contre vent vers les baies jumelles. Notre guide très très confidentiel nous vante la beauté de ces deux plages sœurs visibles depuis les branches d’un vieil arbre tortueux.

Ce que nous dirons d’abord c’est qu’il nous l’a bien vanté mais qu’il était surtout bien venté. Les rafales sont impressionnantes et il est déjà difficile de tenir sur ces pieds, que dire de tenir sur les branches de l’arbre! Ces branches se balancent irrégulièrement, les feuilles bruissent et s’ajoutent au son des vagues qui s’abattent sur la grève.

Pas très contents du mauvais temps, ceux là. 

Le moment n’est pas à la baignade mais nous trouvons tout crottés et avisons une douche. Le hic c’est que le jet de l’eau de la douche extérieur part à l’horizontale, pulvérisée par le vent! Nous préférons une petite toilette à l’abri mais il aurait été encore plus judicieux de se mettre à poil et dos au vent car il se met à pleuvoir, à l’horizontale. Les murs des toilettes se mettent à vibrer, la tôle du plafond est ajourée et des grosses gouttes tombent. On craint bientôt de recevoir une branche sur le van et profitons d’une accalmie pour nous précipiter dedans et rouler plus loin dans les terres pour être un peu plus protégés. Nous trouvons refuge pour la nuit dans un parking gratuit dans une baie abritée.


Le soir, nous prenons rendez-vous pour le lendemain dans un « charmant helpx avec une dame qui fait un dessert à chaque dîner ce qui mérite d’être souligné. Sue est prof d’anglais ce qui peut aussi vous aider dans votre amélioration de la langue. » d’après les commentaires de nos prédécesseurs.

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Publié le 1er octobre 2019

Réveil tôt pour profiter du début de la matinée et faire une petite grimpette en chemin nous donnant une vue à 360 degrés sur les environs. Saint Paul mérite bien un rocher à son nom avec une vue de cette qualité (sans doute, car il faut que je révise mes classiques bibliques). En tout cas nous avalons la montée et avons le temps de faire 1440 degrés sur nous même avant de dévaler dans l’autre sens.

A 10h10, quart d’heure lyonnais oblige, nous nous présentons devant la maison de Murray and Sue. Murray nous accueille. Nous dormirons dans un petit studio indépendant ( qui servait autrefois à faire des glaces et qui possède donc toutes les recommandations d’hygiène pour bien se laver les mains le matin, après le pipi, et avoir une morning routine à l’hygiène parfaite...) haha nous rions bien en énumérant les étapes chaque matin avant d’aller travailler.

Bon c’est pas l’tout, on chausse nos bottes trop grandes pour moi et trop petites pour Raphaël, les gants de jardin qui puent le champignon acide, un grattoir et en route pour 3h de désherbage de mauvaises herbes au pied des plants de myrtilles. Mais attention, en Nouvelle-Zelande on ne rigole pas avec les myrtilles. Un kiwi qui se respecte adooore les myrtilles et une myrtille qui se respecte est grooosse comme une cerise, tache bien violet et est naturellement portée par un arbuste au moins aussi grand qu’un groseillier, l’acidité en moins (haha).

Le boulot n’est pas vraiment réjouissant mais les sandwichs à la betterave et autres ingrédients bizarres le sont (olives fromage beurre tomate salade épinards betterave jambon thon et tout et tout). L’après midi nous travaillons aussi et ensuite nous profitons de la fin d’après midi pour sentir l’œuf pourri. Je m’explique : à environ quarante minutes de route de nos hôtes il y a des hot pools, pas des hôtes poules: une résurgence d’eau chaude noire comme du kérosène et qui sent le souffre. Il pleut, il fait nuit et le vent souffle toujours aussi fort. C’est la combinaison parfaite pour aller se baigner dans une eau chaude. Le maori qui nous accueille nous déconseille d’aller dans les bassins les plus chauds car les eaux y sont beaucoup plus chaudes que d’habitude. Souvenez-vous de vos cours de sciences de la vie et de la terre... l’eau froide et l’eau chaude ne se mélangent pas si facilement. La plupart du temps elles créent une boucle verticale et l’eau chaude remonte tandis que l’eau froide descend. C’est ainsi que l’apport important d’eau froide par la pluie ces derniers jours entraîne une remontée des eaux chaudes souffreuses. Nous avons beaucoup de plaisir à nous baigner avec des locaux, et presque que des locaux... la pluie tombe un peu mais les eaux entre 37 et 46 degrés nous font réconfortent (j’allais dire nous réchauffent le cœur). Le gérant n’en revient pas quand nous lui annonçons que nous nous sommes baignés à 46*C.

Puis nous rentrons à toute vitesse vers nos hôtes (quart d’heure lyonnais encore) et le temps de faire le bénédicité et on s’en met plein le gosier. Sue est une cuisinière au thermomix, l’appareil à faire la cuisine tout seul, elle a même cuisiné un gâteau avec. La légende était donc vraie.

Les arcs en ciel sont courants dans la région. La cascade s'appelle Rainbow Falls... Mais pas si rainbow que ça cette fois.

Le deuxième jour nous nous levons tôt pour apporter la voiture au garage et découvrir ce qui draine la batterie. Nous travaillons beaucoup avant la pause midi et j’en ai vraiment marre. Enfin, à 17h nous pouvons récupérer la voiture et avec l’arc en ciel sur la route nous espérons une bonne nouvelle... arrivés au garage le monsieur à l’accueil me dit: Qu’est ce qu’elle a votre voiture? Je lui réponds : Ben c’est à vous de me le dire, je ne suis pas garagiste! :) Il me tend un papier où il est écrit : quelque chose draine la batterie, la batterie est bonne, l’alternateur est neuf. Trouver ce qui draine la batterie est impossible.

Bon.

Nous ne sommes pas bien avancés.

Nous décidons d’acheter une sorte de petit robinet à batterie et désormais à chaque longue pause nous la déconnecterons. L’après midi c’est envolée avec des histoires pareilles.

La plus vieille maison en pierre de NZ, vers le bassin qui accueilli les premiers échanges commerciaux maoris-européens.  

Le soir Sue me renseigne sur son travail comme professeur d’anglais à la prison. Elle m’explique que pour elle son travail c’est d’abord de donner confiance à l’autre dans ce qu’il sait faire. Pour commencer elle leur dit: "que savez vous dire en anglais?". Souvent le type en face lui répond : rien, et elle leur dit « ben si vous voyez « nothing » c’est déjà un mot, voici comment cela s’écrit... ». Raphaël voit traîner une feuille sur le plan de travail de la cuisine. Il y a 40 mots écrits dessus, chacun est entouré de rouge, d’orange ou de vert. C’est son petit fils qui s’entraîne et apprend progressivement à lire les mots les plus courants en anglais.

Nous partageons une bouteille de vin avec Murray pendant qu’il nous détaille où toute sa famille habite. Parmi ses quatre frères et sœurs trois habitent en Australie, parmi les 5 frères et sœur de Sue, 2 habitent en Australie. Et 3 de leurs enfants sont en Australie. Moi qui ai fait une blague sur leurs « concurrents australiens » un peu plus tôt en parlant de l’agriculture, j’étais vraiment à côté de la plaque. J’essaie d’en savoir un peu plus sur les raisons qui ont poussé leurs proches à partir je n’obtiens pas de réponses très évidentes. Il semblerait que l’offre de travail soit plus intéressante la bas, mais Sue m’assure qu’ils ne sont se sont jamais vraiment posé la question. Et même si l’Australie est toute proche ils ne s’y rendent que très rarement.

Le lendemain nous arrêtons le travail assez tôt car les heures supplémentaires des jours précédents ont été comptabilisées. C’est notre dernier jour (seulement 3) de travail mais je suis bien contente d’arrêter. Nous avons utilisé nos petits sièges en plastique pour ne pas nous casser le dos, et nous enfilions un sur pantalon pour pouvoir nous agenouiller directement dans la terre mais, malgré tous les arrangements, ce travail n’est pas très amusant. L’avantage c’est déjà que l’on voit par où on passe. On voit l’avant/après, même si nous n’avançons pas forcément très vite. Nous partageons un sandwich à tout et n’importe quoi le midi en compagnie de Murray. Cette fois il nous raconte comment il en est venu à épouser Sue. Murray m’avait déjà raconté que Sue et lui habitaient tous les deux dans leur jeunesse dans la région de Dargaville (voyez comme ce patelin revient), et que leurs villages étaient séparés par une colline. Je lui ai donc demandé si c’est a une fête du village qu’il l’avait rencontrée.

« Non, dans un pub. Sue connaissait déjà mon frère, mais pas moi. A ce moment là elle cherchait à parler à tout ceux qui était allé à l’étranger car elle allait y aller bientôt.

NDLR:depuis une île on dit oversea, ce qui veut dire en gros de l’autre côté de la mer. Je trouve ce terme tellement évident que ça me fait marrer chaque fois que je l’entends.

Alors comme je revenais tout juste d’Europe, mes amis lui ont dit: tiens, lui il va te renseigner. On a bu une bière et discuté. Un mois plus tard on s’est revu et je lui ai proposé qu’on sorte ensemble (ndlr: c’est une vraie question que l’on posait à la personne, comme nous le faisons en France quand nous avons 11ans). Et deux semaines plus tard elle est partie en Angleterre. Et on s’est écrit, pendant deux ans et demi.

-Devinez la tête que j’ai fait moi...

Ensuite quand elle est revenue on a fait un peu de temps ensemble, puis on a fait une pause puis on s’est remis ensemble et on s’est marié. Trois ans et demis après s’être rencontré. »

Et bien cette histoire valait le coup d’être contée et écoutée. Je n’ai pas d’admiration ou d’horreur. J’aime entendre les gens raconter leur vie.

J’ai fini mon thé avec un nuage de lait, comme Murray se l’était servi. Nous avons fait une embrassade (les dames) et serré la main (les messieurs), pris une photo de nous en pied pour leur souvenir. Et nous sommes partis explorer un autre beau coin de la région.

Nous n’avons pas partagé tant de moments ensemble et l’aide ressemblait bien plus à du travail qu’à un coup de main. Ceci dit nous avons apprécié leur gentillesse et leur accueil, le lit et la bonne cuisine le soir. Trois jours c’est bien.

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Publié le 11 octobre 2019

Mahinepua Peninsula nous voilà! Ohlalalala comme disent les français. Nous marchons sur cette langue de terre déjà située au bout d’une avancée dans la mer. Le soleil est resplendissant et depuis certains points de vue nous pouvons voir aussi bien à gauche l’eau agitée par le vent et à droite les criques secrètes à peine bercées par les vaguelettes apaisées. Alors que nous profitons de cette vue nous apercevons à nos pieds deux orques qui nagent jusqu’à la plage où nous étions quelques instant plus tôt. Nous sommes impressionnés par la taille des deux animaux, qui font la même longueur que l’entrée de la grotte devant laquelle ils passent. La grotte nous paraissait grande... nous ne souhaitons pas nous baigner avec eux, et encore faudrait-il que ça arrive...

La ballade est facile et les nuages viennent changer les couleurs de l’eau, les reflets des îles. Le temps semble prendre son temps. Nous apprécions la montée jusqu’au bout du bout du bout de la péninsule.

Quand nous revenons sur nos pas nous ne voyons pas les orques mais deux spécimens à deux jambes et deux bras, tenant maladroitement une glacière et une canne à pêche qui longent la côte caillouteuse et apparemment inaccessible en essayant de ne pas trop se mouiller les pieds. Nous voyons souvent ces pêcheurs sur des terres inaccessibles en contre bas de nos ballades. Ils se « coincent » dans des criques sans sable et lancent leurs lignes pendant des heures et des heures. Vu du dessus c’est impressionnant car nous ne savons pas comment ils vont s’en sortir. Ils s’en sortent toujours, foi de marin!

Nous sommes un peu retardés le lendemain par la pluie et le nettoyage du van. Dans cet espace restreint il est nécessaire que nous sachions tous les deux où se trouve chaque chose, et que chaque chose trouve sa place (et la retrouve surtout). Notre aménagement nous permet d’accéder à tout pour cuisiner, s’habiller et technologiser lorsque le lit est en position banquette. Nous avons peu d’affaires et toutes rentrent dans la commode sous le lit ou dans le meuble cuisine. Une fois rangé nous nettoyons un peu le nylo, non le noli, non le lino (demandez à Raphaël il vous expliquera :) ). Nous trouvons que notre agencement est fonctionnel. Et depuis qu’il n’y a plus de coffre de toit qui déforme la carrosserie Raphaël est heureux que le kayak tienne dans la soute sous le lit. Nous laissons le helpx derrière nous et prenons les petites routes pour la côte est, au sud de Kerikeri. Pour pique niquer a l’ombre, car le soleil tape fort, nous profitons des tables de pique nique vers une petite cascade. Les commentaires: « Seuls les poulets au parking ont un quelconque intérêt. La cascade n’est pas la plus belle du pays. Ne vaut pas le détour. » et bien, nous voilà préparés. Effectivement les coqs sont amusants car ils se répondent sans cesse et leur cris s’approchent dangereusement quand ils comprennent que nous sommes en train de manger l’un des leurs. Mais soudain un gamin perché à l’arrière d’un pick up de dix fois sa taille, se mets à leur balancer sur le bec des miettes de pains plus grosses que leur crête. C’est la fin du silence, les jeux sont ouverts, c’est un combat de coq. Le gamin oublie en riant qu’il vient de s’arracher la moitié du genou, et que son père lui a dit : « t’es grand mon gars, ne pleure pas, t’es un homme ou pas? » tout en l’accrochant sur le capot du pick up. Yuuuh. Viril.

La cascade a l’air moche, allons voir cette mocheté. Si les minutes sont comptées et si tu comptes faire le plus beau selfie de ta vie alors ne viens pas ici. Mais si tu oublies le couple qui se tortille dans tous les sens pour trouver la meilleure pause, que tu écoutes un peu le grondement de l’eau et regardes à fleur de l’eau, là tu as un arc en ciel qui apparaît dans les éclaboussures de la chute. C’est beau, c’est magnifique. Il n’est pas question de se dire si ça vaut le détour ou pas, c’est surtout comment tu l’envisages qui compte. Et cette rivière, cette cascade, si proche du chant du coq, à quelques pas de la route, te donnes un arc en ciel si tu prends le temps de regarder. Oublions les autres qui font des selfies.

Nous arrivons à Paihia, ville balnéaire archi-courue de la bay of island. Nous sommes étonnés de voir des bus de touristes sur le bord de la route, de voir des gros appareils photos portant des touristes en K-way identiques. La ville ne nous semble pas avoir d’intérêt. Au bout d’une route sans issue c’est la mer. Le pont de ce ferry est presque invisible. Nous manquons de rouler directement dans l’eau. Le ferry prend dix minutes pour nous emmener à Russel, plus petite ville balnéaire, sans bus et sans autre boutique qu’un café.

Le prochain point est historique: nous nous rendons au dessus de Russell vers la « bataille de drapeaux ». Ce n’est pas le terme répertorié par la cour suprême du guide vert, mais c’est le nom que je lui ai donné pour m’en souvenir, car il y a tant de souvenirs. Quand les européens sont arrivés, majoritairement des anglais, les maories (venus eux même quelques centaines d’années auparavant) ont du leur faire un peu de place. Je suis étonnée de ne pas pouvoir en savoir plus sur les conditions de cette colonisation en doublette. On m’a raconté plusieurs récits à ce sujet, mais ils se contredisent tous. Globalement cette époque est présentée comme une époque de découverte de la terre (de la mer et des astres) par les européens, notamment Cooks, et une histoire beaucoup plus dirigée vers les esprits, les contes ou les légendes par leurs prédécesseurs les maoris. D’un côté les explications portent sur les qualités mystiques des terres d’un autre l’histoire est plutôt portée sur l’utilisation de la terre comme une ressource. C’est intéressant de voir comment les guides, les centres d’information et les revues feuilletées dans les cafés, les librairies racontent l’histoire de leur pays. Je n’ai aucun moyen de connaître l’avis, le récit d’un maori sur son histoire car tout ce qui paraît est rédigé ou dit par des kiwis blancs. La seule fois où une histoire à été comptée c’était par une fresque sur le mur de la faculté à Auckland. Mais je ne désespère pas de trouver quelqu’un avec qui aborder ce sujet. Je n’espère pas trop trouver ce genre de chose dans les « shows » Maori ou les « villages reconstitués », mais j’irais faire un tour là bas si j’y suis.

En haut du point culminant a eu lieu la « guerre des drapeaux ». Après avoir signé l’accord (a l’amiable?) entre tribus Maori et Anglais, chacun est allé se coucher. Le lendemain on levait le drapeau anglais sur la butte et certains maoris se posèrent des questions sur l’entubage ou non qu’ils auraient subit, les vices cachés etc... je ne suis pas historienne et je vous prierai de lire les bouquins plutôt que mon charabia. Après s’être posé des questions ils décidèrent que le drapeau britannique n’était pas à sa place, il l’abaissèrent et le remplacèrent par celui de « l’unification des tribus » le tout premier drapeau néo-zélandais. Un drapeau blanc coupé en 4 par deux barres rouges. Dans le carré en haut à gauche des étoiles. Ils le hissent un matin, et quelques heures plus tard c’est le drapeau britannique qui est hissé. L’histoire se répète une seconde fois. Pour empêcher la troisième fois les britanniques protègent leur drapeau et une bataille s’ensuit, ratiboisant plutôt les maoris que les anglais. Ensuite, tout le monde doit arborer le drapeau néo-zélandais que l’on connaît. Seuls les résistants indépendantistes néo-zélandais plantent dans leurs jardins un drapeau aux couleurs des anciennes tribus. Nous n’en avons vu que deux dans nos pérégrinations.

Au sommet il y a aussi un cadran solaire énorme dont l’aiguille (l’ombre) tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Je vous laisse réfléchir au pourquoi du comment.

Double aiguille - Nous sommes là.

Nous optons ensuite pour la découverte d’une péninsule (encore ?) appelée Tapeka point. Le départ du sentier est entre quelques maisons à quelques milliers de dollars, et nous n’arrivons pas à croire que ce soit possible. Ici on marche presque dans le jardin des villas alors qu’en France on circulerait entre deux haies de tuilas haute comme des buildings. C’était abrupte mais au sommet nous apprécions les troncs d’arbres pourtant solides qui s’inclinent au rythme du vent. Presque à la pointe nous sommes hypnotisés par les vagues qui se rencontrent presque, mais pas tout à fait, dans un rétrécissement de l’isthme final. Presque presque.

Le presque presque. 

Sur la côte nous apprécions Eliot bay et d’autres plages au sable blanc bordée de gros rochers déchirés. Nous avançons lentement entre tous les arrêts photos et admiration du paysage.

Eliot Bay 
Les Eliots 
Qu'est ce qu'on pourrait encore découvrir par la lorgnette (à placer au scrabble) 

C’est l’heure de la recherche d’un camping et des grandes questions existentielles : peut-on, veut-on, doit-on faire la rando de deux jours au cap Brett. Veut-on payer 60$/personne pour randonner vers le bout du monde ? Nous décidons que cela ne nous plaît pas de payer autant pour marcher et nous optons pour un camping avoisinant qui offre douche chaude à volonté, cuisine commune et surtout gérant super sympa qui va nous donner pleins de conseils pour faire du kayak dans le coin.

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Le soleil tarde à se lever et puis après le petit déjeuner et une petite parlotte avec nos voisins qui ont loué un van c’est parti pour la grande motivation: aller vers la plage ou l’on souhaite faire du kayak, le gonfler, le porter sur la tête par dessus l’isthme (désolé mais c’est pour améliorer notre vocabulaire français et que ça rentre bien dans nos têtes comme ça au scrabble on s’ra moins bêtes yo!), le mettre à l’eau et pagayer.

C’est notre première sortie en mer mais c’est okey bay, donc tout est ok babe. On suit la côte jusqu’à la sortie de la baie et là, comme la mer monte on se dit que c’est le bon moment de faire le tour de l’île... alors on prend quelques vagues assez hautes en face, puis de côté en contournant. Raphaël dit "oulah ça secoue", je réponds, "pagaïes à droite sinon on va s’écraser contre les rochers". Raphaël m’explique comment prendre les vagues avec une embarcation tout en sous entendant qu’il va bientôt vomir. Enfin nous réussissons à nous mettre dans le bon sens et nous laissons pousser par les vagues vers une plage isolée. Après une courte pause nous retournons à la plage principale, rinçons tout (nous, le kayak, les affaires) à l’eau de pluie qui tombe sur nous au bon moment. Séance de maniaquerie à nouveau pour sécher et ranger tout.

En route pour une autre péninsule, une fois n'est pas coutule, heu, coutume.

Vers l'infini et l'au delààààà. (plouf) 
Whangaruru North Head 

Le soir tombe et nous avons quelques choix à penser. Nous n’avons que 20 euros en poche, oui des €, pas des dolllaaaaards. Donc : soit on retourne au camping et on négocie pour ne pas payer (mais ça m’étonnerait, quoi que l’ambiance est un peu hippie), soit on paie de notre corps grâce à un travail intéressant le lendemain (nettoyer la bouse de vache par exemple), soit on paie avec nos 20 euros. On tente et ce n’est que le lendemain qu’on paie…par carte (et oui, nous n’avions pas envisagé que des hippies puissent avoir un si beau boitier de carte bleue. ROOOh les mauvaises langues).

Ce camping valait son prix. Nous avons profité d’une bonne douche chaude à volonté, d’une cuisine six fois plus grande que celle que nous avions à Strasbourg et d’une conversation intéressante avec le gérant. Il s’assied vers nous et nous parle justement de l’histoire de son pays quand je lui dis que nous nous intéressons plus à ce que les gens vivent ou pensent que à voir absolument tous les trucs les plus touristiques. Il est allé quelques semaines auparavant visiter un musée qui retrace les étapes du traité que signèrent les tribus maories et les britanniques. Bien qu’il soit du coin, il nous indique qu’il n’avait ni prit le temps ni porté un intérêt à cette histoire et nous assure que la visite de ce musée à quelque peu changé son regard sur l’époque de l’arrivée de ces ancêtres à lui, les européens, et des conditions d’accord.

Il nous raconte qu'à l'arrivée les blancs ont voulu acheter les terres des Maories pour les cultiver. Les "blancs" demandaient: "Où sont les limites de ton terrain?" et l'occupant de la terre Maori lui répondait en montrant le bout de la colline après lequel on ne peut plus voir "d'ici à ici." L'acheteur lui disait: "Mais non, toi tu n'occupes que cette petite partie là, autour de ton terrain, le reste tu le laisses comme ça, tu ne l'utilises pas. Donc ça n'est plus chez toi." La conception de propriété n'était sans doute pas la même, et a surement générée des tensions importantes lors de ces ventes. Se dessine maintenant deux conceptions, mais qu'il faudrait vérifier auprès des habitants: les européens utilisent la terre comme valeur marchande et considèrent donc la terre comme une propriété définie avec un potentiel d'exploitation des ressources, tandis que les Maoris appartiennent à la terre et n'ont donc pas le monopole exclusif de son exploitation. D'après d'autres lectures (de récits européens racontant leur découverte de la culture Maoris), "les Maoris n'auraient jamais exploité la terre découverte à sa juste valeur", c’est à dire qu’ils n’ont pas utilisé le bois ni l’or. Mais certaines ressources importantes pour leur culture, comme les plumes de certains oiseaux pour les parures, la viande de certains animaux qui ont désormais disparus ont aussi été exploité. Disons que les centres d’intérêt ne sont pas les mêmes.


Le voyage pour moi c’est aussi l’occasion d’essayer de comprendre mieux comment les gens interprètent leur vie. Je ne souhaite pas mener ici de grands discours sur la colonisation, car je n’ai pas les ressources nécessaires pour le faire. Je souhaite juste partager et me souvenir de ce que j’ai pensé à propos de l’histoire du pays que je traverse.

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Il pleut. Nous longeons la côte jusqu’à une baie et nous arrêtons vers deux vans bien trempés dont les habitants nous confirment que tous les endroits où il n’y pas de panneau « no camping » il est autorisé d’y passer la nuit. Dans cette région uniquement.

Avant - Après 

Nous guettons l’éclaircie et grimpons sur les rochers au nord de la plage. Le temps de revenir et de nous précipiter dans la voiture et la pluie, la grêle et tous les éléments se déchaînent. Pauvres français que l’on a laissés sur les rochers, ils reviennent trempés jusqu’à l’os. Jusqu’à présent nous évitons toutes les grosses pluies en regardant s’il vient « un gros nuage noir ou un p’tit grain » et en scrutant le sens du mouvement des nuages. Parfois c’est vrai que c’est juste juste et que l’on coure vite pour s’abriter. Nous admirons le coucher de soleil avec l’accalmie et discutons du voyage avec nos voisins de van. Ils finissent leur voyage en nouvelle Zélande et nous rassurent, «les vans, il y a toujours quelque chose qui ne va pas.»

Jouer à saute mouettons 

Le lendemain comme il fait beau nous profitons du soleil pour petit déjeuner longuement et faire quelques petits aménagements : cacher l’arrière de la cuisine par un rideau confectionné quelques semaines avant mais jamais posé, fixer la table amovible pour qu’elle ne nous tombe pas sur les pieds chaque fois qu’on ouvre le coffre.

Soir - Matin 

Ensuite, direction Matapouri sur la côte de Tutukaka (si si c’est le vrai nom! Mais c’est tout l’inverse!) pour y manger un énorme fish and chips (un chacun, mais c’est vraiment beaucoup trop car les portions sont énormes!!), puis faire un tour et profiter des points de vue sur whale beach (mais nous n’avons pas vu de baleine).

Sympa la coupe! 

Nous dînons de cacahuètes à la bière, et partageons un verre de vin avec une américaine qui nous en offre gentiment. Mais horreur. Elle boit dans un verre en plastique (nous nous sommes achetés des vrais verres en verre au Salvation Army) ET elle mange du chocolat avec. Non mais ho. L’intention est tout de même appréciée à sa juste valeur.

Au lendemain nous sommes partagés. La côte se prête à faire du kayak mais nous avons aussi la possibilité d’aller voir le phare seulement accessible à marrée basse. A moins qu’on aime comme les pêcheurs aventureux, marcher en équilibre sur les rochers alors que l’océan nous lèche les pieds...

Nous découvrons ce bout de terre et le phare sous un beau soleil, nous amusons à passer de crique en crique, de bord en bord. Nous évitons quelques mouettes en faisant voler le drone puis retournons nous préparer un petit sandwich à emporter sur le kayak.

On va faire du kayak? Mais bien sur qu'on va faire du kayak.

Au magasin de surf la vendeuse nous dit que le vent est off shore mais seulement à dix noeud. Ce qui veut dire que le vent pousse de la terre vers le large mais seulement à 10 noeuds (je ne sais pas si c’est beaucoup ou pas en km/h). Dans l’ensemble elle nous dit que les conditions sont bonnes si l’on ne sort pas du Harbour. Il y a bien un peu de vent quand nous gonflons le kayak mais c’est très raisonnable. Nous voilà en route pour les nombreuses plages du harbour, légèrement poussés par le vent et les vagues. Pour déjeuner nous nous arrêtons sur une plage un peu abritée mais dès que nous sortons le cornet de beef, voici que les sandflies, ces horribles moucherons piquant nous attaquent. Il n’y a pas d’autres solutions que marcher en mangeant, et ne jamais s’arrêter. Nous avons reçus ce conseil de nos voisins de van tout mouillés ,et ça marche plutôt pas mal!

Après cette pause peu reposante nous reprenons le bateau et décidons de traverser l’embouchure pour aller voir à marée haute vers le phare les jolies criques dans lesquelles nous avons joué un peu plus tôt. Le vent et les vagues nous poussent vers le large et c’est à nouveau le temps des « Vas-y pagaies! Attends un peu plus à gauche. Ohlala, encore un peu! Allez allez courage! » car il faut remonter à contre courant jusqu’à notre plage de départ. Un gros bateau de réparation nous évite de peu, enfin c’est ce que nous nous disons pour avoir encore plus de piquant! Et à l’arrivée sur la plage, le vent qui s’est levé sèche notre embarcation tandis que nous nous buvons une petite binouze tranquillou pépère.

BONUS A LA FIN 😉

Alors que le jour décroît dangereusement nous cherchons un géant vieillard seul dans la forêt des jeunots. Tane Moana est inconnu du public et si proche qu’on peut toucher son écorce, voir la sève jaune qui coule dans ses veines, évaluer toutes les années qu’il a pu traverser, tous les animaux et les hommes qu’il a vu défiler... ce Kauri si retiré ou si perdu nous émeut. Nous avons l’impression de trouver un trésor bien caché.

Tout perdus dans nos admirations nous rejoignons au couché de soleil un estuaire sableux tranquille. Le parking-camping est juste devant une allée de maisons. Celles-ci, pour conserver la vue sur cet endroit tranquille, ont construit leur habitat en terrasse. Le rez-de-chaussée servant à garer voitures et bateaux. Le coin est propice à la contemplation.

Pas mal comme vue pour ma prochaine maison secondaire 

Le lendemain c’est le défilé des voitures à quelques mètres de notre voiture. L’école accueille les petits enfants qui respectent le passage piéton, je dirais même plus, mon cher Dupond, ils régulent le trafic en ouvrant et fermant les barrières oranges sur la route. Loin d’une exploitation des enfants, ceux ci ont plaisir à faire la loi, et prennent leur rôle très au sérieux.

Le défilés des parents est rigolo bien qu’il ne change pas trop du défilé à l’école bcbg en face de l’IFMK (oui je sais, les sigles me manquaient). Les gris 4x4 arrivent à toute vitesse vers l’école, et à environ 50m à l’approche de l’école ils freinent brusquement. Ils se garent et claquent les portières, saluent de la main les responsables du passage piéton et s’en vont.

Les enfants prennent beaucoup de place ici. Les adultes sont tournés vers eux aux repas ou au pub, et il est très fréquent que les adultes interpellent des parents pour leur demander quel âge a l’enfant, son nom et qu’ils en discutent ensuite comme s’ils se connaissaient alors qu’ils sont de parfaits étranger. Lorsque les gens promènent leur chien (qui tient aussi une place important), il n’est pas rare qu’en se croisant ils parlent du chien de l’autre puis sans transition de leurs enfants. Et s’ils se connaissent un peu alors c’est tout l’historique qui est déroulé : tel fils à marié une telle, telle fille à terminé ses études de quelque chose, et ça continue comme ça réciproquement pendant une bonne petite demie heure parfois.

Les enfants prennent beaucoup de place mais pas quand les gens se quittent. Ils s’adressent un signe de la main en disant « bye » et s’en vont sans se retourner. Je crois que je ne suis pas capable de dire au revoir de cette manière...

Au revoir. A très bientôt, et un gros câlin bien serré.

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Publié le 15 octobre 2019

Après un café latte et une tourte (mais la dernière fois, je l’jure) et un muffin aux grosses myrtilles qui sent l’eau nous filons vers Whangarei.

Cette petite ville un peu en retrait de la mer est bien connue pour sa cascade. Qui est impressionnante. Et si l’on prend le temps de continuer un peu plus bas le long de la rivière on arrive à un parc au cœur de la ville où des kauris ont été conservés. On peut se balader dans la canopé (et vous depuis votre canapé) en regardant les palmiers du dessus. Magnifique. Nous dépassons le long de la ballade des enfants en sortie qui marchent pieds nus dans les flaques et dans la boue. Arrivés la où tout le monde nettoie ses chaussures pour éviter la propagation de maladie pour les kauris, eux se frottent sur les gros rouleaux et s’aspergent les pieds. Les mamans en legging qui tortillent des fesses pas très sveltes marchent rapidement en poussant la poussette. Elles parlent fort et s’exclament quand les gamins se font des câlins-étrangleurs: Oh it’s so cute! Oh honey, do you see?

Whangarei waterfall 
La canopé. 

Nous filons ensuite à Abbey Cave. Une grotte, ou plutôt trois, très peu connues, qui peuvent s’explorer sans équipement a part une frontale. Nous laissons la voiture dans un virage avec du verre cassé un peu partout autour des roues en priant pour qu’on ne nous vole pas. Les caves sont cachées dans une petite forêt, cachées par les racines envahissantes des arbres centenaires. Nous trouvons facilement l’entrée abrupte et peu engageante de la première grotte. Descendre et se trouver progressivement dans l’obscurité, à l’abri du son des oiseaux et entourés du son de la rivière qui s’écoule nous donne une sensation entre l’excitation et l’appréhension. Un peu de courage et deux lampes frontales nous aident à nous enfoncer un peu plus dans l’antre sinueuse. La roche façonnée par le courant offre maintenant des courbes douces, des couleurs jaunes et oranges laissées par la sédimentation et sa constitution initiale. Nous observons des drapés, des stalagmites et tites. Dans une courbe favorable nous éteignons nos lampes et se révèlent à nous des astres bleutés. Les vers luisants forment une galaxie. L’eau s’écoule à nos pieds et à nouveau c’est un mélange d’admiration pour cet instant et de besoin de savoir où se trouvent nos pieds et l’autre auprès de nous.

La galaxie de vers. 

Plus loin nous ne pouvons plus marcher hors de l’eau, et nous préférons rester les pieds au sec et rebrousser chemin. Nous avons vu déjà beaucoup de chose et la grotte suivante est annoncée comme intéressante. Nous voilà à la recherche de l’entrée, en suivant les indications cachées. En se perdant un peu nous découvrons un monde terrestre complètement différent. De géants reliefs karstiques (pull up mamita) se dressent au milieu de la forêt tropicale. Lianes, mousses, fougères masquent les courbures complexes de ces grandes roches. Je ne suis pas allée en Thaïlande mais les roches me font penser aux îles zébrées des cartes postales. C’est comme si elles étaient venues se téléporter au milieu d’une combe. Il n’y a pas de cris d’animaux, juste nous zigzaguant entre les reliefs et caressant la roche. Nous perdons la notion du temps.

Les rayons du soleil filtrés par les arbres ajoutent des ombres et des éclairages qui amplifient l’ambiance mystérieuse.

Nous arrivons vers l’entrée de la grotte et allumons les lampes mais ne restons pas longtemps car l’eau est haute. Dans la troisième grotte nous sommes surpris. Après une entrée simple le cours d’eau devient un petite cascade qui résonne et s’amplifie dans la grotte. Nous la suivons en sautant de part et d’autre pour éviter de se mouiller les pieds. Bientôt il est possible de passer par d’autres chemins au dessus de la rivière. Il y a d’autres cheminées, d’autres tunnels et quand nous montons dans l’un d’eux des trous larges comme nous nous permettent de voir à la lueur de la frontale l’eau qui coure deux mètres plus bas. Ouah. Terrifiant, excitant, et euphorique à la fois. Les vers luisants sont bien présents. Nous apprécions le bruit de l’eau.

Une fois sorti des entrailles de la terre nous reprenons nos esprits aux derniers rayons sur les roches et les prairies verdoyantes.

Nous roulons lentement vers un camping gratuit entre mer et petite route et le soleil se couche sur la raffinerie (la seule de Nouvelle-Zélande) qui est sur l’autre rive en face de nous. Des pêcheurs en kayak laissent leur embarcation dans les fourrés et rentrent chez eux au village voisin.

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Publié le 18 octobre 2019

Aux premières lueurs nous déjeunons au soleil et puis direction une randonnée surplombant Océan beach, longue plage prisée des surfeurs et possédant surtout un point culminant attrayant.

La randonnée n’est pas difficile et nous décidons d’explorer peach cove, petite plage cachée en contrebas des falaises et difficilement accessible. Une volée de marches sépare la crête du sable... enfin une volée de 805 marches que nous avons comptées en remontant.

Peach Cove qui n’est pas à son avantage 

Mais la petite crique accompagnée d’une petite cabane et l’étendue bleue infinie nous laissent rêveurs. Le vent se met à pousser quand nous atteignons le sommet, en haut tout en haut d’une falaise abrupte. Au sommet, des arbustes maltraités par le vent nous protègent des rafales le temps d’apprécier la vue et de manger un sandwich à la boîte de thon. La couleur de l’eau change entre la rive turquoise et les fonds, et surtout en fonction des nuages qui filent à toute vitesse au dessus de notre tête.

Au pied du sommet les vestiges d’un observatoire militaire nous donnent à réfléchir comme les journées devaient être longues à scruter par un système de miroir les eaux argentés en gardant son attention sur le moindre navire se présentant. Cela devait être harassant. C’est le temps de la descente par des volées et des volées de marches puis jusqu’à la plage par la croupe herbeuse et molle.

Comme dirait les alsaciens « ils veulent la pluie » mais on tente le tout pour le tout et on entame une autre petite rando. Ha cette fois pas de chance, nous démarrons 3 min trop tôt et nous nous prenons la radée du siècle (comprendre une forte pluie en diagonale) mais heureusement le vent suit bientôt et nous séchons vite. Nous découvrons un bunker de la seconde guerre mondiale très bien conservé, ainsi qu’un autre observatoire où les gardes ont reproduit en fresque au dessus des fenêtres l’exact emplacement des monts devant eux ainsi qu’une estimation des distances.

Portrait au bunker 

Nous marchons jusqu’à un point de vue sur smuggler bay (la baie des contrebandiers) quand soudain retentît une sirène. Quatre fois. Nous ne savons pas si ce sont les sirènes annonçant le tsunami ou un feu ou simplement l’appel des pompiers. Raphaël me dit: mais et notre voiture? Puis nous réalisons que nous serions les mieux placés du coin en cas de tsunami, en haut d’une avancée, aux premières loges et à l’abri. Enfin, ne plaisantons pas avec ça. Une fois la sirène arrêtée, et seulement quand elle s’arrête nous descendons vers la baie.

Nous bénéficions d’un magnifique double arc en ciel dans les rayons descendant de coucher de soleil. Trois pêcheurs semblent sur la plage depuis très longtemps. Ils ont au bout de leur fil, non pas un poisson mais un cerf volant. Au bout d’un fil de pêche qui se débine indéfiniment il s’éloigne des côtes. Il est loin, très très loin, et le fil de pêche l’attache encore. Nous ne saurons jamais s’il s’est libéré.

Nous admirons les derniers rayons du soleil depuis la colline douce. Nous étions bien hier sur cette plage pour y camper, nous retournons nous y réfugier, à l’abri des vents maintenant très importants.

Les pêcheurs en kayak vont chercher leur butin mais ne sont pas satisfaits de leur prise. Ils chargent les kayaks sur leur véhicule avant que nous ayons fini de petit déjeuner. Lentement mais sûrement nous conduisons vers une autre cave bien connue pour sa galaxie... de vers luisants. Cette fois nous ne sommes pas les seuls et des « marcheurs » en petites baskets blanches se dirigent vers la grotte. Nous décidons d’y aller en bas de maillot de bain, polaire et pieds nus et en sandales pour pouvoir marcher dans l’eau. L’entrée de la grotte est beaucoup plus accessible. Nous voyons les vers luisants mais des couples essaient de se prendre en selfies avec les vers ce qui est tout simplement impossible, produit beaucoup de lumière et gâche l’atmosphère. Nous les fuyons en nous enfonçant plus profondément dans les entrailles. La rivière prend plus de profondeur et l’eau est trouble. Et puis surprise, des troncs se sont accumulés et bloquent le passage. Mais comment sont-ils arrivés jusqu’ici. Et cette araignée, de quoi vit elle exactement? Raaahhh nous croyons qu’elle nous coure dessus. Nous enjambons les troncs et arrivons dans une salle avec de multiples piliers. Mais l’eau est plus profonde, presque jusqu’à la taille et les petits bouts de bois flottants dans les eaux troubles nous effleurent. Nous avons peur que ce soient des anguilles, qui vivent, paraît-il, dans les grottes. Brrr, nous contemplons la vue et rebroussons chemin par un autre circuit. Une fois arrivés dans la seconde salle nous sommes scotchés par la voie lactée de centaines de vers luisants. Pas un bruit, personne, et nous nous arrêtons.

Quelle impression quand on sort. Le temps est très couvert et même carrément pluvieux. La glacière laissée dehors se remplit d’eau gentiment tandis que nous nous réchauffons en mangeant une bonne platée de pates à la sauce tomate. Sous la pluie qui ne cesse pas nous continuons plus au sud vers le village de Waipu. Rien à part une taverne. Nous allons boire une bière dans ce temple de la bière écossaise croisée à une pizzéria familiale. Une bière noire et une IPA, bientôt suivi de ribs énormes englouties en quelques minutes. Un feu dans la cheminée et les têtes de cerf accrochées aux murs à carreaux nous transportent cent ans en arrière.

C’est bien repus et la peau du ventre bien tendue que nous cherchons un camping. Mais il y en a peu dans le coin et en cherchant dans les recoins c’est finalement au parking de la randonnée suivante que nous nous assoupissons.

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Publié le 18 octobre 2019

Depuis Mangawhai head nous grimpons sur les falaises en calculant qu’au bout la marée sera assez basse pour nous laisser passer. Mais ça c’est sans compter le rythme effréné que nous adoptons maintenant spontanément. Arrivés en bas des falaises la marée n’est pas encore assez basse. Nous patientons en escaladant les rochers puis décidons de tenter le passage sous l’arche en quittant nos chaussures. Rien de mouillé, il ne nous reste plus qu’à revenir en foulant des milliards de coquillages. Roses, blancs noirs et jaunes, ils colorent le sol de manière irrégulière, en formant des vagues d’espèce différentes selon les marées. Je n’avais jamais vu autant de coquillages au même endroit. Certains sont parfaitement intactes, et il est bien tentant d’en ramasser mais... ça va sentir la marée et puis c’est interdit. Il y a des orgues basaltiques le long de la plage.


Tout réchauffés par le soleil de midi nous nous jetons à l’eau, enfin, pour goûter cette belle bleue. Elle est bien fraîche, quel plaisir. Cela nous donne une excuse pour prendre une douche et manger en plein caniard un sandwich à la sauce tomate (qu’il fallait bien finir).

Nous prenons la route pour Clevedon « banlieue chic d’Auckland où Jérémy et Rae vous accueillerons super bien. Ils sont amateurs de vin et aiment les français parce qu’ils nous trouvent facile à vivre ». C’est ce qu’on va voir avec ce prochain helpx.

Normalement nous aurions dû les rejoindre 4 jours plus tôt, mais avec toutes ces beautés à découvrir dans la baie des îles (Bay of Islands) où nous venons de passer les derniers jours, nous avons préféré reporter.

Nous parcourons les 140km vers Auckland avec un café dans le porte gobelet, et nous rendons compte que le mode de vie américain a des avantages. Et des inconvénients avec les bouchons à 16h... deux modes temporels différents sont présents ici. Il y a les travailleurs du tertiaire ou les commerçants, et tous les espaces publiques qui travaillent de 9h à 16h et il y a les grandes enseignes qui ouvrent de 7h à 21h,22h, ou minuit parfois. Les écoliers, les collégiens et les lycéens finissent à 15h environ. Ce qui fait du beau monde à partir de cette heure dans les voitures, sur les parkings, dans les magasins et les supermarchés. A partir de 15h, pas moyen de faire une sieste.

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Publié le 22 octobre 2019

Clevedon. Quand on me dit banlieue je pense à la banlieue de Paris, et bien que je n’ai ni côtoyé celle chic ou celle choc, je ne m’attendais pas à une campagne éloignée de 30km de Auckland avec des maisons séparées les unes des autres par 2kms de terrain.

Nous arrivons devant une grande propriété avec 3 moutons, 1 cheval, un petit pont et un champ. Et la propriété... Mamamia. 5 chambres, 2 salles de bains, une cuisine immense, un salon-lounge salle à manger. Une véranda. Deux garages. Et... un studio à côté.

Rae nous accueille, les cheveux longs, la quarantaine, en jean avec une chemise grise. Elle se présente et parle un peu vite. D’un coup elle nous dit: « vous comprenez ce que je veux dire. Oui je sais que vous comprenez, je l’ai vu direct. Bon ok, parfait! ». Cette grande maison c’est la maison de Jérémy. Rae a aussi sa propre maison à quelques kilomètres de là, mais nous la visiterons demain.

Dix minutes plus tard elle est en train de couper des légumes d’un geste énergique sur le plan de travail en énumérant tout ce dont elle devra nous parler sans en parler vraiment. Elle se perd un peu dans toutes les informations qui se croisent dans sa tête. Je comprends qu’ils vont partir en vacances pendant une semaine mais qu’ils accueilleront des airbnb quand même et que notre aide consistera en la préparation des logements pour les futurs loueurs. Elle reprend son souffle, accueille Jérémy avec ces trois filles (Phoebe 13ans, .... 11 ans et Xanthe 9ans). On fait les présentations et les enfants filent tapoter sur leur technologies, chacune sur sur les énormes canapés du salon. Une fois la sauce bolognaise maison cuite les enfants mangent seuls dans la cuisine (un des fils de Rae les a rejoint), et nous allons vers le studio, visiter, boire du vin et fumer un p’tit joint cachés de leurs enfants. D’après Jérémy et Rae nous sommes les premiers français qui ne fument pas. En riant je lui dis que moi je ne fume jamais, et que vu ma tête je donne plutôt dans autre chose. L’atmosphère est détendue et pendant que J fait l’étalage de tout le matériel qu’il possède ( une platine, une collection de vinyl) R se lance dans des explications sur les manières de faire le lit, et insiste pour qu’on laisse libre cours à notre imagination parce que nous français on a une manière particulière de le faire. La musique est super forte et ils ajoutent en plus la télé sur vidéo projecteur. Le studio a tout d’un appartement autonome, dans un ancien garage reconverti. Ils ont gardé la porte coulissante comme décoration et c’est assez réussi. Dans la salle de bain il y a Alexia, une boîte intelligente à qui il faut demander gentiment d’allumer ou éteindre la lumière. Même gentiment elle ne comprend pas notre accent. Tout est électronisé et Jérémy m’explique qu’à terme il souhaite pouvoir responsabiliser les gens en leur montrant leur consommation ( en eau et électricité ) grâce à des capteurs... Bon, c’est un peu spécial comme airbnb à mon avis mais pourquoi pas.

Enfin, clou du spectacle, ils ont un Hot Tub. C’est une sorte de gros tonneau en bois avec de l’eau chaude qui fait des bulles, devant une vue magnifique sur le coucher de soleil... à tester. ( même si question consommation d’électricité je ne saurais pas chiffrer).

Nous mangeons les pâtes à la bolognaise et en fin de repas Rae écrit une courte liste de choses à faire le lendemain avant qu’ils ne laissent la maison pour nous tout seuls. Et à nous le hot tub sous les étoiles avec les lumières de la ville au loin. Magique.

La liste de choses à faire est courte : le studio est nettoyé quand on apprend qu’on doit aider Rae dans sa maison à elle. Mais une maison ce n’est pas aussi grand, là c’est un hôtel pratiquement. Elle veut qu’on nettoie tous les sols, qu’on aspire les poils de son chien sur les coussins, qu’on nettoie le frigo, qu’on fasse la poussière... à 14h je lui dit qu’on en a marre et elle nous achète à la station service du coin deux mini sandwichs et deux bananes. Je lui demande de m’expliquer un peu plus ce qu’on devra faire le lendemain parce que j’aimerais bien qu’il reste des choses à faire pour le couple qui arrive ce soir. Ha oui, parce qu’on va être deux couples français en helpx... Vers 15h30 elle nous dit que c’est bon et franchement je suis contente d’arrêter. Nous accueillons Christian et Clémence, deux français expatriés au Québec depuis 6 ans, et débarqués depuis trois semaines en nouvelle Zélande. Nous partageons avec eux un café et un jus d’orange et Rae nous rejoint plus tard.

Les plans ont changé. Rae et Jérémy ne mangeront pas avec nous, Rae nous donne une énorme liste de travail pour le lendemain dans sa maison mais à 4 personnes ça va très vite. Comme je m’en doutais on a vraiment fait le plus gros du travail la veille et je suis un peu blasée. L’après midi passe vite et on se rend à une belle cascade illuminée des rayons du soleil déclinant. Nous faisons des repérages pour le lendemain matin.

Apéro avec Jérémy, Rae, Christian et Clemence. La musique est forte mais Rae arrive à se concentrer pour nous expliquer tout ce qu’on devra faire dans les prochains jours. Il n’y a rien de compliqué, il faut faire des lessives et faire les lits et le ménage. Le seul point faible de cette organisation c’est le linge. Il n’y a qu’une parure par chambre et le sèche linge est aussi lent qu’un escargot pétrifié au soleil. Le timing est donc tendu. Rae compte sur moi pour manager tout ça quand elle sera partie car j’étais la première arrivée donc « in charge ». Ça va je ne prends pas la grosse tête mais tout aurait été plus simple en terme de communication si nous avions eu tous les quatre frenchies des instructions identiques, équitables. Et puis évidement pour nous ce n’est pas facile d’avoir à négocier avec un couple qui se plaint de la qualité des poêles, du travail à fournir ou de la propreté de la maison. C’est vrai que notre nettoyage de printemps faisait du bien par la où il passait, et c’est vrai aussi qu’une des spécialités des néo-zélandais aux grands frigos c’est d’avoir des sauces, des tonnes de sauces, deux étages de sauces, dont les dates de péremption atteignent parfois, c’est vrai, des sommets d’ancienneté.

Mais on avait tellement de chance avec le lit king size, le bain chaud, la vue et le peu de travail à fournir que leurs réflexions nous couraient un peu sur le champignon.

Rae nous raconte qu’elle n’accueille que des gens qui ont passé 25 ans parce que la dernière expérience avec deux jeunes filles était horrible. Les deux filles s’étaient donné rendez-vous dans la maison pour faire connaissance avant de partir en road trip en van. Rae s’est absentée et à son retour la « sorcière » comme il l’appelle, hurlait en s’agitant « je vais l’emmener au fond du champs, je vais la descendre, je vais la brûler. Qu’elle aille en enfer » Rae et Jérémy nous raconte ça avec tellement de mimiques que je suis morte de rire. La pauvre fille à la destinée incertaine parlait bien moins bien anglais et n’arrivait pas à se faire comprendre suffisamment. Rae a viré la sorcière car elle lui parlait mal et s’est débarrassée assez vite de l’autre. Depuis ils n’ont que des « vieux » et normalement jamais deux couples en même temps. Bon, tout devrait bien se passer quand même.

Rae part dans tous les sens dans ces explications, les lunettes au bout du nez. Jeremy fait des blagues et quand tout a été dit, Raphaël dit pour plaisanter : Excuses moi Rae, peux tu répéter, je n’ai pas bien compris. On rit, on se ressert un verre de vin.

Hunua Falls 

Le lendemain matin c’est session vidéo vers la cascade et on ne travaille que très peu.

Nous allons visiter les environs pour voir s’il y a quelque chose de plus intéressant vers Auckland que cette ville que nous avons pas apprécié la première fois. Nos hôtes nous conseillent Maraetai et nous voilà parti pour une petite ballade vers Maraetai au Duder Régional Park.

Ben, voyons! 

Le paysage et le temps sont tellement cléments que nous restons 3 heures sans voir les minutes passer. La marée est descendante, nous marchons par la plage où des oiseaux se crient dessus puis grimpons sur les hauteurs de la péninsule pour y admirer les agneaux tout nouveaux, les couleurs bleues turquoises des eaux à nos pieds, et une vache. Plusieurs vaches meme. Mais celle d’ci sort du lot car pendant que Raphaël range quelque chose dans le sac dans mon dos je lui dis: « dépêche elle vient vite. » « non mais ça va... aaaah » pas le temps de finir qu’elle nous charge et nous évite à quelques centimètres. J’avais vu qu’elle n’était pas curieuse mais déterminée. Nous avons réalisé par la suite que son petit était plus bas dans le pré et qu’elle voulait le protéger. Cela fait vraiment un drôle d’effet!

Cette semaine là c’est vraiment la semaine de l’attaque des bêtes. Alors que nous nous délassions dans le hot tub le chat vient pour se faire caresser. Même avec les mains mouillées il redemande des caresses. Je sors du bain, et comme je me penche pour enfiler mes chaussures il se jette à ma tête, les deux pattes sur mes oreilles et les crocs dans le cuir chevelu. Je suis surprise puis je crie. Le lendemain, en faisant le yoga le chat n’est pas loin, et tandis que je fais dos du chat, dos de vache, il remet ça ! Je me lève et lui souffle dessus, réveillant malencontreusement le couple de français. Morale de cette histoire: quand on est dos d'âne, ne pas essayer d’être dos du chat ou dos de vache.

Le lendemain c’est une grosse journée car tous les airbnb se remplissent dans les deux maisons. Le studio a été loué à une jeune femme qui vend des « produits bons pour tout, les canabinoïdes sont bons pour soigner autant les dépressions que les douleurs d’arthroses. Même les douleurs suite à une opération? oh oui oui, cela permet la régénération des cellules. Seulement 3 gouttes par jour, c’est cool ». Ils se sont bien amusés avec le belge qui l’accompagnait et ont laissé les lieux dans un état déplorable, avec en cadeau la notice d’un vibromasseur et une petite fiole... hahaha nous rions bien jaune en nettoyant derrière eux.

Après le travail nous traînons au soleil pour quelques heures avant d’aller en ville dans l’appartement au dessus du travail de Jérémy. Ce logement va nous accueillir tous les quatre dans un quartier animé et chic de Auckland. Voilà une autre manière de découvrir cette ville que dans un airbnb tout pourri. Et on en profite.

Le soir nous testons un bar à cocktail en tête à tête. Je crois que nous avons trouvé mieux que le bar caché de Strasbourg avec ses cocktails de la prohibition.

Des musiciens jouent dans un coin et la lumière tamisée uniquement dispensés par des lampadaires au dessus des tables donnent un sentiment de chaleur et d’intimité. Un serveur très jeune en chemise blanche et pantalon à bretelle nous demande ce que l’on aime... selon nos réponses il nous prépare deux cocktails chacun. Nous dégustons, nous apprécions et cela nous fait du bien d’entendre ou de penser uniquement des choses positives . Notre ami le serveur nous propose de continuer mais nous lui indiquons que nous n’avons qu’une somme d’argent précise. Après calcul nous en concluons que ce sont les deux seuls cocktails que nous pourrons nous offrir. Il repart au bar et revient avec trois shots, qu’il boit avec nous. La ville est belle et la lune mi ronde est immense. Depuis la terrasse du logement nous avons une vue imprenable sur la Sky tower, la lune et des palmiers.

Nous avons très peu de travail et avec le grand soleil nous profitons de tout le reste de la journée pour déambuler dans les rues de ce quartier, qui sur tout une large rue bordée de magasins les commerçants placent leurs étalages. C’est samedi et beaucoup de personnes font la même chose que nous. En descendant jusque-là Marina nous chinons (je chine) dans un marché de seconde main trois vestes classes (ben quoi j’aime les vestes), un short et un haut pour 10€. La vendeuse est espagnol et n’en revient pas que tout m’aille (mais moi ça ne m’arrange pas car il faut ensuite faire des choix). Bière et Fish and chips à la marina avec les locaux. Ça fait du bien ce soleil et cette découverte de la ville. Les familles font la promenade sur les quais, les ados font du skate dans le skatepark au pied des silos tagué. Tout Auckland aisé est là.

Ponsonby 
Quartier de la Marina 
Art expiré 

Le soir c’est match France-Argentine, de rugby bien sûr. Nous profitons d’un happy hour pizza et partageons une bière avec Clémence et Christian. Ils sont plus détendus aujourd’hui. Nous enchaînons tous les deux avec un autre bar tandis qu’ils vont se coucher. Le match de la France est tendu, et la dame à coté de nous nous sort un discours haineux sur les français qui lui ont volés son fils et qui doivent aller se faire voir etc... elle ne tourne pas rond. Nous l’avons déjà vu dans le bar avec les pizzas (qu’elle avait remplacé par un whisky) et elle a le même contenu dans le même contenant dans le bar suivant. Les all blacks gagnent contre les sud-africains et les supporters sud africains se font charrier.

Le lendemain nous décidons de partir dans le Coromandel et partageons avec l’ english très distingué qui vient récupérer les clés des astuces et bons plans pour la suite du voyage ainsi qu’une belle leçon sur comment faire un bon latte. Dans la boîte de Jérémy au rez de chaussé ils ont une machine à café de pro, mais nos expressos ne valaient rien du tout.

Nous sommes intéressés par son regard d’Anglais sur la Nouvelle Zélande. Il vit à Auckland depuis dix ans et nous assure que la Nouvelle Zélande c’est bien pour un moment puis que c’est trop tranquille. Qu’il y a tellement peu de personnes qui restent sur du long terme que tous ceux qui restent se connaissent. Comme dans une petite ville, même à Auckland. Il trouve aussi que la manière de travailler est tranquille. Surtout dans les nouvelles technologies où les bureaux rendent attractifs les conditions de travail pour que les employés restent dans la boîte. Je pense pour moi même qu’on devrait en faire un peu de même pour nous... il ne s’agit pas simplement de mettre des sofas et des coussins chatoyants, c’est aussi des temps de pause ensemble où sont discutés des points de travail puis des points d’ambiance de travail puis des points hors travail... ne pas tout mélanger mais beaucoup plus partager. Lui, Kevin, apprécie de revenir en Angleterre et son pays lui manque. Nous devons y aller mais j’aurais bien continué à discuter avec lui des festivals autour d’un latté d’apprenti par exemple!

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Nous voici en route pour le Coromandel.

Deux sons de cloche différents résonnent à propos de ce bout de terre proche d’Auckland.

1. C’est un coin magnifique qui offre les deux cotes de la Nouvelle Zélande sur la même bande de terre. A l’ouest les côtes déchiquetées et les plages en galet, à l’Est les belles plages de sable blanc, les eaux turquoises et les vagues douces.

2. C’est beaucoup trop sur-coté (des deux côtés de la côte hé) car les habitants d’Auckland s’y rendent le week-end, inondent les plages avec leur maillot de bain, bloquent les rives avec leur bateau. Heureusement nous arrivons un dimanche en fin d’après midi, le soleil descend sur la côte ouest, les gros 4x4 tirant les bateaux sont dans le sens inverse et les eaux se teintent d’argent.


Nous mangeons tardivement en essayant d’éviter un coup de soleil et passons la nuit à Thames.

Les gardiens de Thames 

Il n’y a rien à visiter de particulier, la route le long de la côte est magnifique. Elle nous mène jusqu’à Coromandel (la ville, du même nom que la péninsule) et nous rencontrons Ray. Ray nous accueille d’un « he vous deux, je parie que vous êtes des étrangers. » Oui, en effet, la polaire bleue ou violette, le pantalon de rando et le sac nous trahissent. « Et vous êtes français. » Bien là c’est déjà bien. « Oui je sais, moi quand j’étais jeune j’ai marché trois mois de la France jusqu’au Sud de l’Espagne. C’était beau, c’était dur, mais vous savez, voyagez, marchez, car vous aurez ainsi des milliers de souvenirs en tête pour les moments où ça ne va pas bien, où vous n’avez pas le moral. Mais, qu’est ce qui vous amène ici ? Vous savez qu’il y a plein de belles choses à découvrir, plein de beaux endroits. » Il devait avoir quelques actions chez certains organismes d’activité car il insiste beaucoup pour que nous allions à une attraction d’inventeur fou qui font des machines qui « vont littéralement vous faire mou-rir-de-rire –LOL. Et puis il y aussi un train qui vous emmène dans les mines, c’est cher c’est vrai mais vous devriez y aller.» Quand je lui dit qu’on pense plutôt prendre les routes non goudronnées pour explorer tout au bout du bout cette presque-île, pour ne voir personne, même s’ils annoncent de la pluie. il me raconte « Moi j’étais anglais avant, et un jour que je vadrouillais dans les environs, il y a plus de trente ans, j’ai crevé un pneu, là haut (il indique la colline de la main), et je n’ai pas pu changer la roue, sur ces routes cabossées, parce que la roue de secours était crevée aussi. Bon, alors bien sût grâce à un tracteur qui m’a tiré d’affaire je ne suis pas resté très longtemps coincé, mais vous voyez, je suis resté pour faire réparer mes pneus, et puis finalement je suis resté trente ans. Mais vous, voulez-vous vraiment avoir la poussière dans les yeux des véhicules qui vous doublent sur la route pour le bout ? Moi, si j’étais vous, j’irais aux inventions folles et surprenantes et au train des mines. » Pas moyen de me convaincre, je ne veux pas aller là bas, mais j’apprécie ses efforts. D’un coup il nous dit : « Vous êtes profs, n’est ce pas ? » On peut dire comme ça. « Ici on a vraiment besoin de professeur. Le pays manque de professeur et de personne pour s’occuper des enfants, et puis de menuisier, charpentier. Vous devriez postuler pour ça. » Je lui explique qu’on est d’abord là pour les vacances, pas forcément pour travailler pour l’instant… Mais il veut vraiment qu’on travaille et insiste. Il explique aussi à Raphaël comment creuser la plage pour se faire un bain d’eau chaude sans se bruler les fesses.

Finalement nous le quittons en riant sans en savoir beaucoup plus mais en ayant un bon souvenir du centre d’information de Coromandel. Nous buvons un café pour recharger les batteries. Des dames en legging et haut sportifs qui viennent certainement de faire la gym boivent un latté en s’exclamant. Elles sont comme des jeunes filles qui ne se seraient pas retrouvées depuis longtemps et se racontent tous les potins, certaines fois en baissant le ton pour que les autres (c’est à dire nous, simples touristes) ne puissions pas entendre l’épopée de leur voisine ou de leur belle fille. Nous enregistrons les rires.

Nous allons voir le point de vue en haut de la colline qui surplombe la ville, arpentons à toute allure les plages découpées des alentours, ainsi qu’un géant Kauri, et continuons sur la côte. A Colville, le café est fermé et le dernier petit marché de la route pour le bout du monde ferme ses portes.

A marée basse désolation et solitude sont au rendez-vous. 

Nous passons la soirée au bord d’une plage aux milles galets, aux milles reflets du coucher de soleil. Cacahuète et vin rouge (et pas coquillages et crustacés).

A la votre! 
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Publié le 6 novembre 2019

La pluie est là aux premières heures et un pécheur mécontent m’insulte quand il me voit disparaître derrière un buisson. Nous décidons de continuer sur la route chaotique même s’il n’y a pas de soleil.

D'abord nous franchissons une barrière car la toute petite reculée qui s'y trouve zigzague en vert acide. Nous remontons jusqu'au pré qui la domine.

Ce temps brumeux rend la route, les virages, et le vide en contrebas encore plus impressionnant. Nous longeons pendant un long moment des arbres dont les branches tombent puis se régénèrent dans la terre et forment de nouveaux arbres à partir de ces branches. Ce processus est impressionnant si on y pense un peu plus attentivement. Tomber pour mieux repousser. Subir les aléas du temps et trouver un renouveau dans la terre dont on est parti. Je médite sous la pluie.

Nous arrivons dans un camping au bord de plage qui doit être rempli lors de la haute saison… Visiter par cette météo est aussi intéressante car on peut se représenter les avantages d’un beau soleil et des rayons chauds et les inconvénients d’un temps clément sur la fréquentation augmentée des lieux touristiques. Nous apprécions la route sinueuse et avec des passages à gué qui nous mène sur la crête. Nous marchons sur cette crête et le vent est si fort qu’on peut s’appuyer dessus pour se laisser ensuite tomber sur l’épais matelas d’herbes vertes fluorescentes. La pluie et les effluves marines nous balancent jusqu’au bout du bout. C’est magnifique de marcher et de ressentir tous ces éléments autour de nous.

Les éléments contrastés 
sous l'oeil indifférent des vaches. 
Port Jackson 

Nous roulons jusqu’au bout, à la dernière plage de la dernière avancée, je me transforme en sirène et puis les éléments nous poussent à rentrer. Nous ne voulons pas rester cette nuit seuls dans ce camping du bout du monde car la pluie rempli de plus en plus les caniveaux et il nous sera peut-être compliqué de revenir. Nous repartons.

Affamés nous allons dans un café manger deux énormes burgers avec de la viande maison (élevés à moins de 100m dans la ferme des parents de la patronne.) Hum! Même s’il y a des tranches de betterave dans le hamburger tous les ingrédients sont délicieux. Nous apprécions quelques cafés latté en « travaillant » un moment sur l’ordinateur.

Deux français nous rejoignent pour partager une prise électrique et boire un café. Ils vont en camping un jour sur deux pour prendre une douche et ce soir ils sont à quelques kilomètres du camping sauvage où nous étions le matin. Nous les avertissons dés passages à gué pour aller au bout de la route. Pour voir s’il y a du meilleur temps sur la côte est nous empruntons une route cabossée et trouvons un parking à l’abri du vent pour passer la nuit.

A la mode Kiwi. 
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Publié le 3 décembre 2019

Ha le soleil le matin, il permet de faire du yoga plus ou moins au sec, de prendre un petit déjeuner gargantuesque. Nos voisins se réveillent et construisent un étendage de toute leur garde robe et vont se balader. Mais quelques minutes plus tard chez nous c’est le branle bas de combat, nous rangeons à toute vitesse toutes nos affaires car un énorme nuage noir s’approche dangereusement du campement. Nous avons seulement le temps de tout rapatrier, de fermer la porte et voilà que la grêle se met à tomber, puis la pluie. Bienvenue le printemps! Les pauvres voisins reviennent rincés et celui qui commençait un peu plus loin à sortir sa table de pique nique et l’avait rangé à toute vitesse s’approche la clope au bec. C’est un italien qui dit que sur l’autre côté hier soir c’était la tempête et qu’ils ont retrouvé sur la route un pingouin mort rejeté par la mer. Celui qui est trempé jusqu’à l’os est un français, qui n’a plus rien de sec à se mettre sur le dos, mais il nous rétorque : c’est un peu le jeu non? Oui... si on veut.

Nous observons longtemps les nuages qui progressent pour aller enfin explorer la belle plage et ses rochers sculptés par les marées. Il y a des passages ou l’on peut se faufiler à condition de ne pas être trop épais. Nous regardons si nous avons le temps d’aller jusqu’au point de vue mais les nuages et la pluie ne nous laissent pas le temps. Nous courons avec un habitant et son chien pour nous réfugier dans nos voitures. L’étendage de nos voisins est encore mouillé.

Tu me vois, tu ne me vois  plus
Tu me vois, tu me vois un peu 
Une maison non maori, un "portail" maori. 

Un peu tard nous roulons jusqu’à Cooks Beach mais les places sont toutes prises dans le premier camping. Alors pas de problème, nous allons nous garer à l’autre place et là, surprise, les deux français d’avant hier sont déjà garés. Retrouver quelqu’un par hasard sur la route c’est très spécial, car les routes se croisent peu en général chez les voyageurs en van quand ils ne suivent pas le même GR ou la même randonnée. Nous sommes soulagés d’avoir la dernière place libre et ravis de partager un apéro avec nos nouveaux voisins copains, Sarah et Coriolan. Une petite soupe et puis dodo car demain on se lève tôt.

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Nous mettons le réveil et au lever du soleil nous voilà en route sans déjeuner vers Cathédrale Cove. Nous payons la première attraction touristique (ou plutôt son parking) pour pouvoir l’atteindre plus vite. Nous croisons un photographe qui a eu la motivation d’y aller à l’aube et sommes ensuite les seuls sur cette plage exceptionnelle. C’est très décrit dans les guides touristiques et archi couru, et ça le vaut. Deux plages sont séparées par une grotte traversante, avec chacune un rocher-île érodé par le vent. Et les roches blanches sont striées horizontalement par des roches grises plus solides, et portent à leur sommet une touffe d’herbe ou d’arbre. Après avoir marché et profiter de la vue nous décidons de nous baigner dans ces eaux claires avant l’arrivée des touristes. Elle est bonne. Nous nageons jusqu’à une grotte seulement accessible par la mer et qui possède sa propre plage abritée du vent. Nous foulons le sable en y formant des dessins incompréhensibles: ces œuvres là sont secrètes et éphémères et cela donne encore plus de saveur au moment. Je vais nager plus loin mais la garde rapprochée des mouettes me dissuade. Elles me frôlent en faisant comme si elles allaient me fondre dessus. Après une dernière exploration des roches nous nous rinçons à l’eau douce de la cascade sur la plage. C’est si agréable, que demander de plus? Il fait froid maintenant et malgré les rayons plus prononcés du soleil il est temps de se réchauffer en marchant vite.

détails de beauté 

Nous enchaînons directement avec d’autres petites criques moins explorées tandis que l’afflux touristique commence.

Vite la marée est basse, c’est le moment chronométré pour aller creuser un trou sur la plage avec une quinzaine d’autres personnes pour y trouver... pas de l'or mais de l’eau chaude. Nous nous mettons en maillot de bain sous nos gore tex et armés d’une pelle pas chère c’est parti pour la recherche. D’autres avant nous ont déjà trouvé la source la plus chaude et il suffit donc de creuser pour avoir un peu plus d’eau dans la gouille. Mais, crac, à la deuxième pelletée la pelle se désolidarise du manche et Raphaël n’est pas content de son achat. Heureusement nos nouveaux copains sont déjà là à creuser une méga pool (pas une mégalopole) et nous prêtent la pelle qu’ils ont eux même emprunté à leurs voisins.

L’eau est tellement chaude que nous ne pouvons pas mettre un orteil dedans sans en faire une saucisse cuite à la perfection. Pour rafraîchir le bain nous avons besoin d’aller chercher de l’eau de mer froide un peu plus loin de la rive et la ramener dans la bassine du van. Une dizaine de litres d’eau froide sont quand même nécessaires. Enfin on peut se tremper sans se cuire les fesses. Double rougeurs en vue avec le soleil qui tape et l’eau qui chauffe. Nous avons emmené pour le déjeuner un fond de bouteille de rouge, un pot de cacahuètes (la nouvelle addiction), et... deux œufs, que nous avons prévu de faire à la coque. Nous avons même pensé à la petite cuillère et au sel et poivre. Les conditions météorologiques beaucoup trop optimales ne nous permettent pas de rester aussi longtemps que prévu et après une petite demie heure de repos à grignoter les cacahuètes et regardant les gens creuser et pigousser, les vagues qui mangent progressivement la plage, les coups de soleils qui menacent et le gros nuage noir nous amènent à rentrer. Mais que faire des œufs. Il ne faut pas gâcher alors... nous les gobons sous les yeux gourmands d’une mouette. Une mouette gourmande d’un œuf ? Mais où va le monde, je vous l’demande!

Toutes ces émotions, ça creuse! Le temps de faire un petit complément non protéiné après les œufs gobés, et une sieste dans le freecamp super bien placé. Nous voilà parti pour explorer la baie où Cook a pu observer le passage de Mercure devant le soleil, puis Venus la même année. Une chance car cela ne se produit que tous les 400ans.

Nous allons faire la petite ballade vers les Shakespeariennes Falaises et Lonely Bay. Le soleil transforme les nuages en coton rosés. Les falaises blanches sont tellement belles que nous prévoyons de retourner le lendemain. Nous contemplons calmement les courbes et les creux formés par le temps et la mer. Les arbres semblent s’être faufilés dans de petites grottes et je suis sure qu’il serait intéressant d’aller les explorer à marée plus basse. J’ai enlevé mon pantalon et gardé ma goretex dans une ligne de mode plutôt décalée, version haut pluvieux et bas soleil, pour pouvoir explorer les pierres plates au pied de la falaise. Magnifique défilé. Nous retournons au parking tranquille à Cooks bay et en imprimant nos pas dans le sable mouillé de la marée qui descend nous parions sur le nombre de van qui se seront ajouté à nous. Ça n’a pas beaucoup d’intérêt de parier quand on parie la même chose: 4 vans en plus du notre. Ouais, gagné.

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Nous continuons l’exploration de la falaise à marée basse. Le soleil est incertain mais il laisse quelques rayons pour admirer la roche blanche, les étoiles de mer, les crabes et les algues en cheveux noirs et blancs. Nous nous faufilons dans toutes les grottes, toutes les cheminées de pierre pour continuer plus loin. Nous nous abritons sous la roche pour laisser passer une douche de pluie.

Une fois rassasié de tant de beauté (comment peut-on l’être) nous nous dirigeons plus au sud sur la côte, à Tairua. Tiens le parking à une douche. Tiens le parking est sur la plage. Tiens le vent souffle tellement fort que la température n’est probablement qu’à quelques degré au dessus de zéro. Nous mangeons bien à l’abri dans notre petit van en regardant le défilé des stationnements et le maillot de bain des voisins qui ont du sécher dès les premières minutes grâce au vent. Et puis après une petite sieste, hop Raphaël dit: « aller on va se baigner et puis on prendra une douche ». Oulah elle est froide. Il y a quelques petites vagues que nous faisons semblant de surfer. La douche froide à l’abri du vent est un plaisir. Le temps de tout remballer et tada, une énorme pluie s’abat sur nous et le maillot de bain du voisin (la boucle est bouclée). Nous rencontrons après l’averse un petit homme courbé dans son centre d’information, qui nous indique qu’il y a quelques années il nous aurait bien accompagné pour grimper Pinnacles (vous verrez plus loin), en 6h environ. Une fois cet excellent informateur quitté nous nous donnons le petit challenge de grimper en haut d’une mine (Broken Hills) pour avoir un point de vue AVANT la nuit. Le van roule entre les collines verdoyantes qui s’assombrissent.

Le parking et le début du chemin ne sont pas très engageants, mais après quelques dénivelés positifs nous voici à nous faufiler sur les pas des mineurs dans des sentiers creusés à coup de pioche il y a 100ans. La montée est raide mais vaut bien l’effort car en haut c’est un tunnel de 150 metres de long qui nous accueille. Watch your head! Fais gaffe à ta tête ! Alors on repense à Jean Philippe et on enfile une casquette, et une lampe frontale pour traverser. Le plafond n’est pas bien haut, et surtout bien en eau... ça ruisselle et certaines portions semblent instables. Nous disons bonjour aux sauterelles nocturnes et aux araignées aux grosses pattes et atteignons juste avant la fin du jour le sommet. Challenge réussi. En descendant nous manquons la bifurcation, ce qui nous fait faire quelques mètres de dénivelé supplémentaires et allumer les frontales pour progresser dans le bush humide et boueux.

Broken Hills 

Nous sommes contents d’avoir pu voir tout ça et conduisons jusqu’à Thames par une route chaotique et y passons la nuit dans un parking en face des maisons 202 à 208 de la rue, en ayant vérifié trois fois si nous sommes à la bonne adresse.

Inspirez, Shakespeare prend bien évidemment un e... expirez.