Nestor et Biquette parte pour 20 jours à la découverte de la Birmanie
Du 23 novembre au 12 décembre 2017
20 jours
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Nous voilà partis pour un tour de 20 jours en Birmanie. Vols Emirates Lyon – Dubai et Dubai – Yangon avec 2h50 d’escale le tout sans histoire. Arrivée à Yangon à 16h50 (11h20 heure française) où le véhicule de notre hôtel nous attend. Il fait 31°C le temps est gris. Un peu chaud vu que nous avons gratté les pare-brise l’avant-veille de notre départ mais bon la clim est efficace (trop ?) dans la voiture. Nous retrouvons la conduite de l’Asie du sud-est à savoir avertisseur sonore et intox : on commence à connaitre. On ne voit pas grand-chose car la nuit tombe vite. Juste le temps de voir que les japonais trustent le marché des véhicules et particulièrement Toyota.

Arrivés à l’hôtel qui est modeste (1 étoile) et même un peu spartiate mais les propriétaires sont charmants et nous avons droit à la boisson de bienvenue dès notre arrivée.

Après l’installation nous partons pour le dîner (pas de restaurant à l’hôtel sauf le petit déjeuner !). On s’y retrouve facilement : les rues sont à angle droit et les rues s’appellent par des numéros (nous sommes à côté de la 16 ème rue) et le propriétaire conseille la 19 ème rue.

Nous longeons une grande artère (4 voies à sens unique). Il y a beaucoup de gens installés sur les trottoirs pour vendre essentiellement des fruits et légumes. Quelques échoppes également. La 19 ème rue est essentiellement composée de petits restaurant avec des tables dehors dans la rue. Nous hésitons un peu et nous choisissons finalement un restau dont nous avons pu voir la carte. A côté de nous des occidentaux parlant anglais. Nous commençons à papoter avec Biquette et mon voisin dit : « ah voilà des français ! ». Nous engageons la conversation. Il est québécois et a vécu 6 ans à …. Voiron ! Il travaillait chez Péchiney et connait bien Saint Jean de Maurienne. Depuis peu il est en retraite et est revenu au Québec. Bon il est gentil mais il a dû abuser des mojitos car il pose plusieurs fois les mêmes questions ! Enfin le monde est petit. Au passage nous lui disons que nous pensons aller là-bas en juin et il confirme que c’est une très bonne période surtout après le 15 juin (nombreux festivals de musique gratuits !). Nous rentrons et allons nous coucher. Il est 14h30 pour les organismes mais la fatigue du voyage va surement faire l’affaire pour récupérer du décalage horaire.


Bises à tous


Nestor et Biquette


PS : le texte d'aujourd'hui vendredi est commencé mais loin d'être fini. Or nous prenons un taxi puis un bus de nuit pour notre prochaine étape et cela dans 10 mn ! Donc demain sans aucun doute 2 journées

Pour ceux qui ne l'ont pas eu le détail de notre périple en pièce jointe

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« Tout à fait Nestor ! ». Nous passons une excellente nuit légèrement climatisée et nous sommes à 8h prêts pour le petit déjeuner.

Nous savons depuis hier soir que le petit déjeuner de l’hôtel sera typique birman et nous avons demandé « pas épicé ». Mais les consignes ne sont pas arrivées jusqu’à la cuisine ! A la première bouchée nous nous regardons avec Biquette et même pour elle c’est immangeable ! Nous nous jetons sur les bananes en espérant soulager nos papilles détruites. Le propriétaire arrive et je lui dis que c’est vraiment trop épicé ! Il nous propose la version sans piment qui nous convient parfaitement.

Nous partons avec notre logeuse à la découverte du marché. C’est offert gracieusement ; elle explique qu’elle y va tous les jours pour les besoins de l’hôtel et qu’elle est ravie de faire découvrir à ses hôtes les trésors des marchés. Rapidement elle ne parle qu’avec Biquette et ça parle dur fruits et légumes.

J'ai beaucoup de mal avec la chaleur et il n’est que 9h ! ça promet ! Nous déambulons dans les rues du marché avec beaucoup de jolis fruits et légumes. Notre hôtesse nous explique que c’est la fin de la saison des pluies et que les fruits et légumes sont magnifiques en ce moment. Nous achetons un pomélo (dit chinois chez nous) pour notre repas de midi. Nous continuons la grande avenue en direction de notre premier « stupa » la Sule pagoda. Au passage, sur le chemin qui conduit à la pagode, Biquette tombe en arrêt devant une machine à coudre portative (de la taille d’une agrafeuse). Un autochtone parlant anglais est en train de l’essayer et nous explique son fonctionnement. Ça semble bien fonctionner et pour 1€50 nous en faisons l’acquisition ! Il y a de subtiles distinctions entre stupa, pagode et temple. En principe le stupa est un édifice plein contenant une relique de Bouddha en son centre et à laquelle on ne peut donc pas accéder. Les temples sont des édifices souvent en forme de cloche également mais à l’intérieur desquels on peut accéder et qui contiennent parfois des reliques de Bouddha. Les pagodes sont des ensembles plus grands composés de stupas et de temples. Enfin ça c’est ce que j’ai compris ! Donc la pagode Sule se compose d’un stupa en son centre et de petites constructions annexes à la périphérie. Elle est couverte d’or. Ce sont les pèlerins qui, à l’origine posaient des feuilles d’or sur les stupas. Celle-ci brille comme un sou neuf : elle a été redorée en 2016. Le site sert entre autres de rond-point aux véhicules ! heureusement il y a des passerelles pour y accéder. Lors de la colonisation britannique c’est l’endroit que choisirent les anglais comme point 0 de toutes les routes de Birmanie. Nous quittons nos chaussures comme sur tout site bouddhiste et nous nous faisons entreprendre par un pseudo guide à l’anglais approximatif. Il y a de petits points d’eau tout autour du monument central chacun représente un jour de la semaine. Le guide nous demande notre date de naissance et en conclut à l’aide de son petit guide que Biquette est née un samedi et moi, comme Barack Obama, qui est né un 8 août, ce que je savais, suis né un vendredi. Il nous emmène à la fontaine qui nous concerne et nous devons arroser la tête de la statue de Bouddha de 5 verres d’eau et la statue de l’animal au-dessous de 3 verres d’eau. Bref c’est santé bonheur argent et tout et tout pour plusieurs siècles ! ça valait le coup !

Ensuite nous entrons dans le petit parc adjacent, non sans avoir galéré pour traverser le rond-point. La technique la plus sure consiste à suivre un autochtone et à prier !

En fait je n’ai plus chaud ! je pense que le coup de chaud du début est davantage dû aux bouchées épicées du petit déjeuner qu’à la chaleur de l’atmosphère.

Nous prenons ensuite une avenue qui nous conduit à une tour de 20 étages d’où l’on a un joli point de vue sur une partie de la ville. Nous prenons en chemin une pâtisserie dans un établissement appelé Parisien (on ne pouvait guère faire autrement !). On prend un rafraîchissement car le sommet n’est qu’un bar restaurant où l’on ne peut entrer que pour faire des photos.

On reprend notre itinéraire jusqu’au lac Machin Chose et nous entamons le tour de ce lac. Il y a une passerelle très large (~10m) qui le borde sur son côté sud. Il fait chaud mais il y a un peu d’air qui rend la température très supportable. Biquette sent des manifestations d’hypoglycémie et nous nous arrêtons sur un endroit couvert de la passerelle sous lequel dorment ou se reposent des autochtones. Nous sommes l’attraction de ceux qui ne dorment pas. Mais leurs regards sont amicaux et c’est très sympa ! Au nord, une partie du bord du lac est payant : c’est la partie qui permet d’accéder à un restaurant sur l’eau en forme d’immense jonque défendue par deux dragons. Joli mais on y mange mal selon le routard !

Suite du tour du lac et nous tombons sur le jardin botanique. Biquette entre en transes ! Des orchidées ! Et en plus elles nous narguent en poussant posées sur des murets, racines pendantes sans eau ni terre ! Alors que chez nous …. et patati et patata. Enfin on constate quand même que les jeunes pousses sont arrosées par un goutte à goutte !

Puis nous partons vers le point d’orgue de la journée : la pagode Shwedagon. C’est un haut lieu du bouddhisme birman et du bouddhisme tout court ! Elle a plus de 2500 ans. La légende raconte que deux frères donnèrent à Bouddha des galettes de miel après une de ses périodes de jeûne et de méditation. Celui-ci leur donna huit de ses cheveux en remerciement. C’est cette relique qui se trouve dans le stupa central de la pagode de Shwedagon. Les historiens modernes pensent qu’elle a été construite vers le 6ème siècle donc pas du tout contemporaine de Bouddha.

Ce stupa fait presque 100 m de haut ; il a été redoré en 2015. Les moines ont reçu des dons en feuilles d’or : plus de 16000 feuilles d’une valeur unitaire de 650$ ! C’est une grande esplanade carrelée autour du stupa central. Quatre entrées classiques selon les quatre points cardinaux. De très nombreuses constructions tout autour de l’esplanade : temples, colonnes, …… Il y a aussi deux « Bodhi trees » : arbre supposé avoir été plantés par bouturage de l’arbre sous lequel Bouddha a atteint le nirvana.

Difficile à décrire, le mieux est de regarder les photos ! Néanmoins l’atmosphère est très particulière : d’habitude on « sent » le caractère sacré des lieux qui impose une certaine retenue. Là c’est une atmosphère « bon enfant » qui domine, une sorte de joie d’être là. On n’a jamais ressenti ça dans les lieux sacrés du Bouddhisme, d’où une visite très sympa.

Nous attendons la meilleure lumière de coucher du soleil. Le temps s’est un peu couvert. Il faut donc se placer au bon moment quand le soleil perce entre les nuages. Puis c’est la lumière électrique qui vient à notre secours pour les dernières photos.

Nous retournons à l’hôtel en taxi. Les applications iPhone de Biquette disent que l’on a fait 15 km à pied ce qui me semble correcte.

Après un petit dîner rapide : Biquette tente les brochettes de …… on ne sait pas trop ; j’en reste à du classique riz frit et œuf au plat à l’américaine "over easy" (cuit des deux côtés).

Nous prenons un taxi pour aller à la station de bus : notre bus de nuit VIP part à 22h. il faut plus d’une heure pour aller à cette station très éloignée de Yangon. On arrive sur une esplanade à deux entrées où sont rassemblés des centaines de bus. Notre chauffeur de taxi parlemente pour trouver le bon bus et heureusement car il n’y aucune indication autre que celles données en birman.

Nous attendons l’heure de départ dans une salle d’attente VIP climatisée. Puis c’est l’embarquement. Le bus est très confortable : sièges très larges et inclinables, climatisé bien sûr, bouteille d’eau, sac poubelle et couverture à chaque place. Le seul souci c’est que nous n’arrivons à dormir ni l’un ni l’autre. Au moment où nous pourrions sombrer le bus s’arrête et tout le monde doit descendre du bus pour un arrêt de 30 mn. Nous pestons un peu mais on n’a pas le choix. La seule chose que nos récupérons de cette escale c’est …… des piqûres de moustiques ! Pas vu un seul moustique à Yangon bien qu’ils soient réputés « gros comme le poing (uniquement pour les fans du film culte « les anges gardiens »).

Nous ne dormons pas plus dans la deuxième partie du voyage et nous arrivons à destination à 4h du matin). Nous sommes les seuls touristes du bus et à notre descente c’est l’ovation ! tous les chauffeurs de taxi et moto nous acclament et je fais des checks à la main ! Nous négocions le trajet jusqu’à l’hôtel avec deux jeunes. Comme je sais que l’hôtel est à 5 minutes je choisis deux motos au lieu d’un taxi. Tête de Biquette ! Chaque conducteur prend notre gros sac entre les jambes et nous montons sur les selles doubles et roule ma poule. Ils conduisent prudemment et Biquette dira plus tard « ça a été moins pire que je pensais ! ». Arrivés à l’hôtel on nous donne une chambre provisoire et nous nous écroulons de sommeil.

Ah j’oubliais ! Pourquoi Yangon et pas Rangoun ou Rangoon ? En fait le nom Yangon qui veut dire « la fin des combats » (je n’ai pas trouvé de quels combats il s’agit) date du 18ème siècle et désigne la ville issue des premières constructions qui se sont bâties pour accueillir les pèlerins venant à la pagode Shwenagon. Lors de la colonisation du pays, les anglais ont renommé la ville Rangoon qui a repris son nom d’origine lors de leur départ.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Samedi 25 novembre 2017

Quelques oublis sur hier :

  • Lors de notre marche le soir pour aller dîner un gecko atterrit sur mon épaule. La surprise passée je le prends délicatement et je le pose près d’un buisson.
  • On se demande longtemps ce qu’il y a à Yangon de différent des autres grandes villes du sud est asiatique. En fait il y en a une de taille : il n’y a aucun vélo dans les rues, les vélos étant interdit pour des raisons de sécurité ! Nos hôtes nous disent que quand ils vont dans d’autres villes de Birmanie ils ne conduisent pas car ils ont trop peu de renverser quelqu’un à vélo !

Nous avons mis le réveil à 9h mais d’un commun accord rapide on décide de continuer à dormir. On se réveille spontanément à 10h et on espère attraper le petit déjeuner mais non ça ferme à 9h30. On retourne à la chambre et petit déjeunons avec des bricoles apportées de France (merci Biquette) et on bataille un peu pour se connecter au wifi. Enfin ça finit par s’arranger et on peut envoyer le message et les photos.

Vers midi on change de chambre pour la version définitive plus spacieuse et donnant sur la grande piscine.

On décolle à 12h30 en direction du centre-ville dans un triporteur équipé pour le transport de passager qui s’appelle moto-taxi ici (tuk-tuk ailleurs en Asie : ils connaissent quand même cette appellation). Le temps est magnifique, plus chaud qu’à Yangon. Notre chauffeur nous dépose au marché central.

Une autre chose bizarre : les véhicules ont la conduite à droite (ancienne colonie anglaise oblige) mais la circulation se fait à droite comme chez nous ! Très bizarre !

Nous visitons le marché qui est assez neuf car il a brûlé récemment et a été reconstruit dans une halle en dur. Rien de particulier. Il est peut-être un peu tard pour voir l’agitation habituelle. Nous visitons une mosquée dont la construction est d’influence hindoue et nous passons devant une autre. On croise pas mal de musulmans. Notre hôtesse nous a dit hier que la cohabitation se passe très bien à Yangon. S’ensuit un discours un peu formaté sur les Rohingas. Pour tout dire il doit y avoir un problème particulier dans le nord-ouest du pays dont j’ignore l’origine.

Nous poursuivons sur un chemin de terre assez désert en direction de l’embarcadère où nous prendrons un bateau à moteur pour aller dans une petite île appelée l’« île au shampoing ». Pas du tout un salon de coiffure où se faire laver la tête mais il y a quand même une raison logique (voir ci-dessous). L’île est petite : 200 m de diamètre mais tout l’espace est occupé par un monastère.

Les souverains de la région lorsqu’ils étaient intronisés, suivaient le rituel de lavage de la chevelure. L’eau d’un puits de la petite île étant particulièrement claire et pure, le rituel se faisait toujours sur cette île.

Le bateau qui nous y conduit est une longue barque à moteur. Comme les bateaux du nord de la Thaïlande l’hélice est au bout d’une longue perche de 5 à 6 mètres que le conducteur peut sortir de l’eau et changer de place à sa guise. Très facile pour manœuvrer. Nous sommes que tous les deux dans le bateau.

L’île est toute proche. C’est un endroit très arboré et du coup assez frais. Malgré la petite surface il y a quand même 70 stupas dont certaines sont de taille modeste il est vrai. Il n’y a personne. Nous rencontrons un ou deux moines et une nonne (bonzesse ?), davantage de chiens et de chats faméliques. Une belle lumière à travers les arbres. Nous mangeons les fruits que nous avons achetés au marché. Bref une halte appréciable dans ce lieu tranquille.

Nous repartons avec le même bateau et nous prenons une petite camionnette dont l’arrière est équipé de ridelles comme les tuk-tuk mais seulement deux fauteuils de jardin en plastique qui nous donne l’impression d’être le roi et la reine d’Angleterre ! Nous voulons aller voir une statue de Bouddha réalisée en bambou mais notre chauffeur, charmant au demeurant, n’a pas bien compris et nous amène à la plus belle pagode du coin. En fait on voulait faire un circuit dans un lieu qui s’appelle la colline des pagodes. On commence donc tout de suite par la dernière et on verra demain si on a le temps d’aller voir le reste. Quelques dizaines de marche pour arriver sur l’esplanade.

On en prend tout de suite plein les yeux. Le grand stupa et les autres monuments se détachent sur un ciel parfaitement bleu : c’est sublime ! Le routard dit que c’est la plus belle pagode d’Asie ! Peut être pas, mais c’est vrai que c’est superbe. L’esplanade est sur un promontoire qui permet de voir le paysage à perte de vue. C’est vraiment comme Shwedagon à Yangon et surtout il n’y a personne. Nous faisons le tour en admirant tous les points de vue. Il ne nous reste qu’à attendre le coucher du soleil. Biquette ronchonne un peu qu’il va falloir attendre 1h (sous-entendu sans rien faire ! vous imaginez la torture !) Mais nous ne sommes pas les seuls et finalement elle accepte de patienter même si le mot ne fait pas vraiment partie de son vocabulaire.

Au fur et à mesure que le soleil descend la lumière devient très belle et des candidats au coucher de soleil arrivent. Ça mitraille à tout va ! Biquette ronchonne car elle ne trouve pas les réglages photo à faire pour prendre les couchers de soleil ….. mais ça c’est un grand classique.

Quand on redescend il fait nuit. On galère un peu pour trouver un taxi mais nous arrivons à l’hôtel à 6 heures. On part à la grande et belle piscine mais on fait demi-tour assez vite car la musique style boite de nuit nous agresse un peu !

Ce soir on mange au restau de l’hôtel et on va enfin passer une nuit normale !

Grosses bises à tous


Nestor et Biquette

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Dimanche 26 novembre 2017

Quelques précisions :

  • Suite à une question de notre lectrice préférée (Chloé fille de Nestor !), la fameuse crème sur le visage des femmes et des enfants (et quelquefois même des hommes mais plus rarement) est du Tanaka qui provient d’un arbre. On peut l’acheter sous forme de bûchettes à râper et à diluer dans l’eau ou l’acheter tout prêt. Outre son effet anti coup de soleil il a aussi de nombreuses vertus : rafraîchissant, lutte contre l’acné, antiride et antimycosique ! l’industrie cosmétique en incorpore à certains produits de beauté.
  • Pour la conduite. Jusqu’en 1974 on roulait à gauche en Birmanie comme dans de nombreuses anciennes colonies anglaises. Ensuite un général en charge du problème a décidé que l’on conduirait à droite (sur les conseils de son astrologue selon la rumeur). Devant la difficulté et les nombreux accidents causés par la difficulté de dépasser, le gouvernement décida fin 2015 que le volant devait être à gauche. Les birmans avaient 90 jours pour changer de véhicule. Evidemment très peu de gens avait les moyens de changer de véhicule dans un délai aussi court. Donc aujourd’hui on trouve toutes les configurations possibles et les véhicules d’occasion avec volant à droite ne se vende pas !

Aujourd’hui après le petit déjeuner à l’hôtel nous partons en voiture climatisée avec chauffeur à 1/2h de route de la ville sur un site où se trouve le(s) Bouddha(s) couché(s) les plus grands du monde ! Rien que ça !

Un moine, décédé en 2015, a eu en rêve une illumination lui disant de construire un glorieux monument dédié à Bouddha. La construction de cette statue (Bouddha couché) commença en 1992. Des chiffres astronomiques : 200 m de long 40 m de haut, des yeux de 6 m de large. La structure en béton comporte huit étages et 190 pièces.

On entre pour la visite. A l’entrée on peut faire des donations qui servent à l’entretien de la statue et à la construction du suivant qui fait face à l’actuel et qui devrait faire 300 m ! Nous participons en achetant quelques tuiles en céramiques, la partie visible est faite de ces tuiles, de différentes couleurs (noir pour les cheveux, blanc pour les parties du corps visible, bordeaux pour le vêtement, …). Les pièces de l’intérieur sont ornées de statues en plâtre, mises en scènes de prière mais aussi de vie de tous les jours, scènes de guerres, …… C’est très coloré, parfois un peu kitsch mais on s’y fait. A part ces décorations, les murs, planchers et plafonds sont bruts de décoffrage et il faut faire attention car le sol est très inégal. On peut aussi passer à l’extérieur pour voir le paysage et où on se situe par rapport à l’extérieur de la statue. Parfois la chaleur est étouffante et les passages vers l’extérieur sont les bienvenus.

Nous ressortons par un système de passerelles qui conduisent au monastère qui est à l’entrée du site. On peut voir au passage la construction de la seconde statue qui est en cours : on voit bien la structure et la tête a pris forme. Le corps momifié du moine à l’origine de tout ça repose dans la salle principale du monastère dans un cercueil de verre.

Nous allons voir cette statue depuis l’autre côté en faisant les 200 m qui nous mènent à ses pieds. Le point de vue est différent mais ne permet pas de voir la tête.

En ressortant du site on s’arrête pour une photo de l’entrée : la route qui mène au site est longée par une série de statue de bonze de 4 m de haut dont chacune a un visage différent des autres. Avec celles qui entourent le site il y en a plus de 500 !

Nous allons ensuite dans un monastère dédié plus particulièrement à la méditation. Il est construit dans une forêt et donc très ombragé. On monte à pied entre les bâtiments où logent les moines jusqu’à arriver aux salles de méditation. Celle du bas est dédié aux novices car il y fait frais. Elle est également équipée de moustiquaires individuelles pour que les moines puissent méditer sans être importunés par les insectes entre autres. Certaines de ces moustiquaires ressemblent un peu à des cloches à fromage ! Il y peu de méditants car nous sommes pile à l’heure du repas de midi. On peut quand même en voir quelques-uns sous cloche !

Les constructions vont du bungalow (individuel ?) sur pilotis au petit immeuble à un étage divisé en chambre. Il y fait très frais et la balade est très sympa et rafraîchissante. Nous rentrons à l’hôtel après avoir demandé à notre chauffeur de nous trouver des sarongs à acheter. Il nous conduit dans un centre commercial flambant neuf (la Part-Dieu en crèverait de jalousie !) où nous trouvons notre bonheur dans le « carrefour market » du centre.

Retour à l’hôtel pour le déjeuner et profiter un peu de la piscine en attendant de retourner à la colline des pagodes pour voir la statue en bambou (si on la trouve !).

Pour le déjeuner nous commandons une assiette de frites et une de choux fleur. Je vous laisse deviner qui prend quoi ! Ou plutôt je devrais dire qui ne prend pas de quoi !

Vers 16h on affrète un tuk-tuk pour aller voir cette fameuse statue de Bouddha en bambou. Je pensais à un Bouddha debout c’est un Bouddha assis dans la position classique la plus représentée en Birmanie. Pour la matière on dirait du rotin. En revanche les proportions, le visage, l’expression ne sont pas typiques du style birman. Et pour cause, l’artiste qui l’a fait en 2005 est de l’ethnie des Shans. Assez sympa dans une grande salle couverte où plusieurs fidèles prient et des ados prennent des photos.

Un escalier mène à la pagode dite Seindon, celle que l’on a cherché hier et que l’on croyait ne pas avoir trouvée. En fait ce sont bien les bâtiments délabrés que l’on a vus hier mais cette fois un des bâtiments est ouvert. De plus, un groupe avec un guide parlant français est juste devant nous. Nous profitons des explications. Il y a de nombreux livres sacrés anciens écrits sur du bambou dont les feuilles étroites sont repliées comme un éventail. Beaucoup de bois sculpté et un petit autel avec des reliques. Maintenant qu’on a vu l’intérieur et bien qu’il mérite largement d’être rafraîchi on comprend mieux les 3 étoiles attribuées par le Routard. Le bâtiment d’à-côté lui est toujours fermé.

Nous poursuivons vers des bâtiments que l’on a aperçus depuis la route en contre bas. Ceux là ne se visitent plus et ne semblent pas utilisés sauf par les nombreux chats qu’on voit à travers les fenêtres ajourées. Nous prenons un escalier et nous arrivons sur une petite esplanade ou il y a un petit temple carré mais fermé. L’esplanade est entourée d’une balustrade en béton chaque poteau étant surmonté d’une statue de personnage coloré. On a une belle vue sur les bâtiments du temple précédent. Très sympa !

On doit rebrousser chemin, les passages sont envahis par la végétation qui les rend inaccessibles. Là encore ça mériterait d’être restauré, sachant que les bâtiments ont bien tenu.

On avait donné rendez-vous à notre tuk-tuk pour 17h30 (vu le mal qu’on a eu à trouver un véhicule hier soir dans le même coin). Il n’est que 17h. On décide de retourner à la très belle pagode d’hier soir. On prend un autre chemin et on trouve un temple avec un Bouddha couché bien plus modeste que celui de ce matin et en haut d’un escalier on tombe sur …… Ganesh ! Deux statues nous invitent à pénétrer sur l’esplanade. Très rare ici !

La pagode est toujours très belle dans le couchant mais le coucher de soleil est gâché par des nuages sur l’horizon. Les photos seront moins belles que celles d’hier.

On redescend mais le tuk-tuk n’est pas là. On cherche et on finit par prendre deux motos comme à notre arrivée. Je ne laisse pas Biquette respirer et elle grimpe contrainte et forcée sur sa moto. On arrive à bon port et on sent qu’elle n’a pas été vraiment rassurée bien que la conduite ait été irréprochable.

Demain nous quittons Moulmein qui nous a bien plus. Nous prenons le bateau à 8h et nous arriverons à Hpa-an vers 12h30.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Journée de transition aujourd’hui. Nous commençons notre remontée vers le nord du pays. Nous quittons aussi provisoirement l’état Môn pour l’état Karens. C’est un état où trois tribus sont en conflit avec le gouvernement. Il ne faut donc pas s’aventurer trop loin. Mais il y a des accords entre le gouvernement et les représentants locaux de la ville de Hpa-an très touristique, tout le monde ayant intérêt à ce que les touristes se sentent tranquilles.

Lever ­6h45 (!). Petit déjeuner classique puis nous attendons que les gens du bateau viennent nous chercher. Le bateau est une longue barque semblable à toutes celles que l’on voit ici (comme celle que nous avons pris pour l’île au Shampoing pour ceux et celles qui suivent). En version plus longue puisque 14 sièges sont disponibles. Nous serons en fait que 9 dont 7 francophones.

La rivière est marron clair avec quelques vaguelettes au départ mais ça se calme rapidement. Nous longeons le marché que nous avons vu hier et passons sous le pont métallique tout en longeant l’île au Shampoing. La rivière est très large à cet endroit (plusieurs km). Le spectacle consiste en la berge d’un côté et des îles plates de végétation ou de sable. Rapidement on voit des plantations et des gens qui travaillent dans les champs. Nous avons lu que c’est un endroit très agricole avec culture des fruits et légumes. On voit en particulier de très nombreuses bananeraies. Les gens répondent à nos signes de la main, ils sont très enthousiastes à notre venue …… pourvu que ça dure !

Il y a aussi de nombreuses barques de gens qui pêchent. A la ligne mais surtout au filet. Impossible de savoir si ça mord ou pas. Des bateaux plus gros pompent quelque chose : du sable ou des gravats je pense et bien sûr rejettent l’eau pompée. On en voit aussi au bord pour lesquels on suppose que le produit est déversé sur la terre mais aussi au large : ils doivent alors déverser dans les cales du bateau.

A environ mi-parcours nous avons un arrêt pour visiter un monastère. Quelques superlatifs du routard bien mérités pour ce lieu très calme et nous sommes les seuls visiteurs et encore certains du bateau sont restés au bord de l’eau. Le monastère est bien à 2 km que nous faisons en tuk-tuk. Le traditionnel stupa doré central et des temples autour. Un bâtiment en béton peint en blanc sert à l’intronisation des bonzes. Les autres sont en bois peint en rouge avec motifs dorés. L’intérieur comporte des bas-reliefs représentant la vie du Bouddha quand il était un jeune prince et pas encore Bouddha. Les scènes sont sculptées dans des troncs d’arbre entiers et les personnages peints avec des couleurs vives. Il y en a des dizaines. Le travail pour faire ça a dû être considérable.

Nous revenons au bateau pour le même tuk-tuk. Le prix énoncé était pas personne (j’ai fait la faute de ne pas faire préciser, ça sera donc 1€20 au lieu de 60 centimes !).

La rivière rétrécit, enfin du moins le bras que nous prenons. On voit d’autant mieux les gens qui travaillent sur les berges. On voit même deux bœufs ! Rare !

La rivière est calme mais le bord extérieur des méandres montre bien le phénomène d’érosion. Il y a de ce côté un abrupt de 4 à 6 m et certains bananiers par exemple sont tombés dans l’eau. D’autres s’accrochent désespérément aux quelques racines qui sont encore dans la terre. Ceux là feront le plongeon à la prochaine crue !

A la fin, nous commençons à voir les fameuses formations karstiques qui font le charme de la région de Hpa-an. C’est le même phénomène que celui de la baie d’Halong au Vietnam (ceux qui nous suivent depuis longtemps se rappellent peut-être !). C’est bien les mêmes formes. Mais c’est moins spectaculaire que dans la baie d’Halong (ou que les montagnes flottantes de Pandora dans le film Avatar !) peut-être parce que ces formations rocheuses sortent de terre et pas de l’eau. A Halong l’eau de mer a certainement érodé la base des roches et les parois plonges plus verticalement qu’ici. Mais c’est beau quand même !

Arrivé à Hpa-an je garde les sacs pendant que Biquette va photographier la pagode, pas très bien notée, mais seule attraction de la ville d’Hpa-an. Nous trouvons un tuk-tuk pour aller à l’hôtel, encore un hôtel classe avec piscine, mais toutefois moins classe que celui de Moulmein bien que plus cher. On va aller dans des endroits de plus en plus touristiques donc les prix vont grimper.

Notre chauffeur est très sympa et nous propose de nous véhiculer demain pour la journée que nous allons passer aux environs de Hpa-an à visiter des sites qui sont tous à 20 ou 30 km de la ville. Rendez-vous est pris pour 8h demain matin.

Ensuite nous devons nous occuper de la façon dont nous allons aller à Bago après-demain. Je pensais affréter un taxi mais les prix sont plus chers que prévu (tout augmente au fur et à mesure que la Birmanie s’ouvre au tourisme !). En fait ce ne serait pas compliqué s’il n’y avait ce fameux Rocher d’Or à visiter sur le chemin. Enfin on trouvera bien.

Ensuite nous allons à la piscine, dommage qu’un groupe électrogène fasse un raffut du diable mais à part ça nous avons la piscine pour nous tout seuls.

Voilà fin de journée farniente

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Les plus sagaces d’entre vous ont du remarquer qu’il y a des photos de coucher de soleil alors que je n’ai pas parlé de coucher de soleil dans le message. Il faut savoir que le message est antérieur à un épisode épique que je vais vous narrer en introduction de celui-ci.

Hier après avoir tout fait, nous allons à la piscine. Grande piscine, pour nous tout seuls, et même plus chaude qu’hier donc parfaite. Mais après ¾ h sans bouger Biquette se sent des fourmis dans les pattes et me dit « je pars voir aux environs de l’hôtel ! ». Oui oui dis-je bien que je connaisse la chose et que ça ne présage de rien de bon. Effectivement, quelques minutes après elle revient est dit « j’ai vu une construction en face de l’hôtel, j’irai bien voir » sous-entendu « avec toi ». Adieu farniente pensais-je et nous voilà partis on fait au moins 1 km sur la route qui longe l’hôtel : c’est la grande route qui sort de Hpa-an (que Biquette s’évertue à appeler Paname) en direction de Yangon ou du sud, donc tout le trafic sortant, à 17h ! je vous laisse imaginer. De plus ils sont en train d’élargir la route donc on marche sur des bandes d’agrandissement dans sable et gravier et quand c’est un peu juste les véhicules passent par ces bandes. Là aussi ça doit vous interpeller. En arrivant au carrefour suivant, nous devons prendre à gauche pour aller en direction des constructions vues par Biquette.

De l’autre côté : miracle un coucher de soleil sur les formations karstiques rouge flamboyant. Un véritable « coup de fesse » pour Biquette. Nous faisons encore 2 km pour aller voir ces constructions, aucune indication autre qu’en birman. Bon il y a des moines donc ça doit être un monastère. C’est très kitsch et très moche genre glace pistache, framboise vanille et malabar !!! Mais le coucher de soleil est parfait. Nous revenons donc et mitraillons à tout va. 200 m avant l’hôtel, je me mets à transpirer à grosses gouttes et en rentrant dans la chambre je m’écroule sur le lit. Une petite voix me crie « hypoglycémie ? » Je mesure et effectivement c’est ça donc je me re-sucre et quand ça va mieux je réessaie de mesurer ma glycémie et le lecteur tombe en panne. Bon je ferai sans !

Je passe une nuit cauchemardesque avec frissons et coups de chaud. J’ai peut-être bien pris un coup de chaud en plus ! Enfin au matin tout va bien tout est passé.

Aujourd’hui nous affrétons un tuk-tuk pour visiter les environs de Hpa-an. Tous les sites à voir sont répartis entre 20 km et 30 km du centre-ville. Il y a des grottes, dues aux formations karstiques, des temples et des paysages.

Notre chauffeur est sympa parle très bien anglais mais avec un accent difficile à comprendre.

Nous devons aller changer de l’argent mais les banques n’ouvrent qu’à 9h30. Nous allons donc au marché où Biquette s’achète un pantalon du coin. Puis notre chauffeur nous emmène dans une pagode assez sympa. Nous apprenons qu’il a 70 ans (il ne les fait pas) et qu’il s’occupait de l’étude des sols dans une entreprise de bâtiment. Il a beaucoup travaillé à Singapour. En attendant l’ouverture il nous emmène chez ses sœurs qui tiennent une pharmacie traditionnelle. Il nous donne deux trucs pour la digestion, c’est Biquette qui me fait honte en crachant et disant « pouah qu’est-ce que c’est mauvais » (ça a un arrière-gout de réglisse). Finalement nous arrivons à changer de l’argent et nous allons en direction du premier site.

Notre guide nous arrête dans un petit truc de bord de route et nous sert un vin de palme ? (ça existe ça ?) c’est blanchâtre et alcoolisé donc après avoir trempé les lèvres je décline. Biquette trouve ça pas mauvais.

Départ vers un village qui pratique la culture traditionnelle de riz. On verra beaucoup de rizières aujourd’hui. Ici les terrains sont plats mais ils organisent quand même leurs parcelles avec des espaces de différents niveaux, ce qui leur permet de décaler les récoltes en cours d’années et d’avoir du riz tout le temps. C’est un village où l'on ne peut pas aller en voiture car le pont ne permet que le passage des vélos et motos. Les travaux pour agrandir le pont sont en cours.

Nous voyons une école, une machine à écosser le riz (qui n’est pas en fonctionnement mais notre guide nous l’explique). Nous voyons des biquettes, des petits cochons. Le village a des maisons très espacées les unes des autres et ça ne fait pas vraiment village. Quelques beaux paysages de rizières avec ses différentes nuances de vert selon le degré de maturation. On ne s’en lasse pas !

Retour au tuk tuk et départ vers notre première grotte. La grotte n’est pas très profonde. Quelques statues de Bouddha à l’entrée puis un boyau qui fait 50 cm de diamètre qui, quand on arrive enfin à le traverser conduit à un petit espace avec un petit autel rempli de ….. pouilleries (allez c’est dit). Biquette se gausse parce que Nestor avec ses grandes pattes (dont une folle), son matériel photo, son grand âge et que sais-je encore, a du mal à passer ! Enfin tout rentre dans l’ordre.

Nous poursuivons la route qui passe devant le monastère et nous arrivons dans un cul de sac où il y a une piscine naturelle avec des petites échoppes pour manger. L’eau de la piscine est vraiment limpide. Un autre petit bassin dans la roche, communiquant avec le bassin principal est rempli de petits poissons noirs. Notre guide nous explique que l’eau de ce bassin communique avec les rizières et que, de ce fait, elle est filtrée par le sable en permanence.

Nous prenons un jus de fruit frais à l’ananas : un délice ! notre guide prend un RedBull !!!

Cap, ensuite sur la seconde grotte, la plus réputée appelée Saddan (non pas de « m » !) cave. La route pour y aller est terrible. C’est d’abord vaguement goudronné ou plutôt bétonné mais il y a des trous pas possibles puis ça devient carrément une piste en terre rouge défoncée peut-être par la saison des pluies. Pas facile de se tenir dans la cabine arrière du tuk-tuk. On se croirait dans un sèche-linge ! Enfin nous finissons par arriver.

La première salle de la grotte est superbe avec ses statues dont un magnifique Bouddha couché. Et de la végétation d’un vert incroyable (étonnant dans une grotte). Notre guide nous dit qu’il nous attendra à la sortie. Il parle vaguement de bateau mais je comprends que l’on peut faire du bateau si on veut à la sortie.

Bref nous partons avec notre lampe de poche. La grotte est immense mais n’est pas du tout mise en valeur. Il y a un chemin en béton au milieu, large de 4 m au début et 1 m à la fin, et il y a des poteaux tous les 20 m avec une ampoule minimum. Aucun éclairage des concrétions et avec notre petite lampe de poche c’est bien mince pour se faire une idée. Cela dit il n’y a pas une grande concentration de stalactites et stalagmites et autres formes bizarres mais quand même, il faut qu’ils progressent là-dessus. C’est interminable, difficile de se faire une idée de la distance parcourue mais on n’en voit pas la fin. On sort enfin et arrivons sur une petite esplanade où il est sûr que notre guide n’a pas pu venir avec un tuk-tuk. Deux asiatiques nous demandent quelque chose que je ne comprends pas (je comprendrai plus tard !). Je crois qu’ils me demandent de les prendre en photo comme lui tient un appareil mais pas du tout ! Nous voyons derrière une rizière une autre entrée de grotte, nous demandons à un autochtone si la sortie est là-bas il dit oui (mais on s’apercevra qu’il a dit oui pour faire plaisir) Même style de grotte que la précédente en plus petite et moins longue. Nous arrivons à un cul de sac. On a beau chercher où passer il ne semble pas y avoir de chemin au-delà d’une petite esplanade avec quatre statues de Bouddha. Si le chemin continuait on verrait de la lumière mais rien !

Perplexes nous rebroussons chemin et nous allons voir les personnes qui s’occupent des bateaux. Il semblerait qu’il faut prendre le bateau pour aller à la sortie. Nous avons essayé de téléphoner à notre guide mais nous n’y sommes pas arrivés.

La balade en bateau est sympa. On passe tout juste sous un plafond de grotte à quelques cm au-dessus de nos têtes et nous débouchons sur un chenal au milieu des rizières. C’est bien ça : il fallait prendre le bateau pour sortir. (les deux asiatiques voulaient finalement partager un bateau) !!

Bon l’état d’esprit intérieur de Nestor se dégrade à vue d’œil. On a « perdu » une heure. Il a chaud, il a soif. Qu’est-ce que c’est que ces superlatifs du Routard pour une grotte aussi m…dique ? bref la tension intérieure monte.

On retrouve notre guide à l’endroit où s’arrêtent les bateaux. Notre guide est en train de faire des colliers de fleurs pour les filles ……. et pour moi !

Nous reprenons le tuk-tuk et la séance de sèche-linge recommence. Le guide nous donne une bouteille d’eau qui doit être à 30°C. C’est la qu’une chanson d’Antoine me revient « Mais qu’est-ce que je fous ici ? » Bref pas à prendre avec des pincettes le Nestor.

La route s’arrange un peu et nous faisons un arrêt photos à un endroit appelé le jardin des mangues. On ne peut pas entrer mais on voit par-dessus la clôture un grand nombre de petites statues de Bouddha. Bizarre mais on n’a pas d’explication.

Ensuite un endroit appelé jardins de Lumbini où il y a 1100 statues de Bouddha quasiment identiques. Notre guide nous conseille de prendre des photos depuis l’entrée sans payer le droit d’entrée qui n’apporte rien. Le gardien nous propose gentiment de nous avancer au-delà de l’entrée pour prendre nos photos (sympa).

Nous allons manger dans un endroit qui s’appelle Waterfall Village (village de la cascade). En fait de cascade il s’agit de bassins naturels qui servent de piscine et en fait de village il s’agit de quelques échoppes qui servent à manger.

Notre guide nous amène dans une et que vois-je dans le frigo de boisson de l’échoppe ? du coca zéro bien glacé. Je vais me servir et j’en prends carrément 2 ! Après un coca glacé englouti les idées noires de Nestor disparaissent comme par enchantement.

Nous voyons ensuite un lieu sacré constitué d’un piton karstique plus étroit à sa base qu’en haut, coiffé d’un stupa doré qui étincelle dans le soleil. Puis la grotte que nous avons préférée. Notre guide nous donne des explications que nous ne comprenons pas forcément mais au-dessus des nombreuses statues de Bouddha assis ou couché il y a des milliers de petites plaquettes de plâtre qui raconte les épisodes de la vie de Bouddha.

L’avant dernière est sur le même modèle que les premières à savoir un chemin longeant les concrétions souterraines, mais son gros avantage c’est elle est bien plus petite et qu’elle débouche sur de très belles concrétions illuminées par le soleil est donc donnant un très beau spectacle.

Nous terminons par quelque chose de pas banal : la Bats cave (grotte des chauve-souris). A une certaine heure du crépuscule toutes les chauves-souris sortent en même temps. Nous sommes une dizaine à attendre le moment fatidique. Et d’un seul coup ça démarre : elles sortent d’un petit trou de la grotte et il y en a des milliers en quelques instants. Le truc c’est que ça dure ! Je filme 4 mn montre en main et je m’arrête alors que j’ai mal au bras de tenir l’appareil ! Nous restons encore deux ou trois minutes et ça continue sans baisser de rythme.

Nous partons alors que ce n’est pas encore terminé. Notre guide nous dit que ça peut durer 20 mn. Je serais curieux que quelqu’un arrive à dénombrer ces animaux. Quand on part on voit dans le ciel de véritables essaims de chauves-souris et il y en a vraiment partout dans le ciel ! Vraiment bluffant !

Nous sommes prêts de l’hôtel où nous rentrons pour 18h non sans que Biquette ait demandé un arrêt pour SON coucher de soleil !

Très bonne journée finalement !

Demain direction Bago d’où nous quitterons le sud-est pour des régions plus touristiques


Grosses Bises à tous


Nestor et Biquette

7

Journée de transition aujourd’hui. Nous allons rejoindre Bago qui est sur la route très touristique entre Yangon et le lac Inle au nord. Nous prenons un taxi, car nous voudrions visiter un des lieux les plus sacrés de la Birmanie Kyaik Hti Yo appelé le rocher d’Or.

Biquette voudrait retourner au marché pour racheter un pantalon sarong comme elle a pris hier. Nous demandons à notre chauffeur qui acquiesce et part dans la bonne direction mais il nous arrête dans un endroit que l’on ne reconnait pas. On se dit que ce doit être une autre entrée et on se retrouve dans ce qui pourrait être un magasin de grossiste et en plus dans son sous-sol qui bien sur est un cul de sac ! Les gens nous regardent d’un regard amusé. Comme nous avons poliment croisé tout le monde avec le Mingalaba (bonjour !) traditionnel nous sommes bien vus ! Une jeune femme nous fait signe de la suivre et elle revient vers la rue où nous a posé notre chauffeur. En fait c’est une sorte de centre commercial. Il est vrai que marché, supermarché ça se ressemble. Nous faisons une nouvelle tentative en parlant fruits, légumes et tissus. Il nous arrête devant un magasin de vêtements … On renonce au grand dam de Biquette ! Peut-être trouverons nous sur d’autres marchés.

Le temps est couvert et le paysage un peu monotone et sans grand intérêt après avoir dépassé les roches karstiques. Nous sombrons donc dans une somnolence qui nous permet de finir la nuit.

Notre guide nous réveille en prononçant le nom birman du rocher d’Or. Il s’arrête et fait monter un copain qui ne dit pas bonjour ! On pense qu’il veut occuper le temps où il va nous attendre pendant notre visite. Nous sommes dans un village qui est le point de départ de la visite. Il s’agit de rejoindre l’esplanade où se trouve ce rocher. Une seule solution prendre un camion aménagé spécifiquement pour ce service. C’est le seul véhicule habilité à prendre la route qui monte au rocher. Il y en a quelques dizaines. Le principe est simple : on monte et dès que le camion est plein il part et le suivant se remplit. La benne du camion est équipée de 7 rangées de banc à 6 places. Il faut 6 adultes par rangée ; les enfants ne comptent pas ! Donc quelle que soit la corpulence des gens il en faut 6 par rangée (ah qu’est-ce qu’on est serré au fond de cette boîte ……).

Le Routard parle de route étroite et dangereuse : il n’en est rien ! la route est large et en très bon état. La seule chose c’est qu’il y a de la pente : je suis sûr qu’à certains endroits on dépasse les 20%. Les lacets en particulier sont très pentus par rapport à ce que l’on fait chez nous. Le camion est équipé de freins de sécurité électrique et il connaît son affaire. D’ailleurs personne ne semble avoir peur et franchement il n’y a pas de quoi (le Routard parle de gens qui prient !!!!).

45 mn de trajet et nous arrivons à une esplanade de débarquement. S’en suit une route bordée d’échoppes pour se restaurer ou qui vendent des Bouddhasseries (pas sûr que ça existe mais vous m’avez compris !). C’est assez long d’arriver jusqu’au rocher mais ce n’est pas désagréable. Très peu d’occidentaux et du coup pas vraiment l’impression d’être dans un site touristique. Il y a surement des asiatiques en vacances mais pas facile de distinguer les autochtones des autres.

Je n’ai pas trouvé l’histoire de ce rocher mais c’est un lieu de pèlerinage très prisé des birmans. C’est un rocher en forme de tête (parait-il !) qui est posé en équilibre sur un autre rocher. Au sommet a été posé un pagodon qui contiendrait un cheveu de Bouddha. C’est le pouvoir magique de ce cheveu qui tiendrait le rocher en équilibre. A vue d’œil je peux vous confirmer que la verticale passant par le centre de gravité du rocher passe bien par son polygone de sustentation (si si !). Ce rocher est doré parce que les pèlerins achètent des feuilles d’or et les collent sur le rocher.

C’est joli ! Dommage qu’il ne fasse pas beau ! cette couleur dorée serait sans doute bien plus belle sur fond bleu ! Enfin ! Sinon c’est vrai que ça n’a rien de spectaculaire mais bon c’est un lieu symbolique.

La descente du site se fait de la même façon. Cette fois le camion dispose d’un frein à air comprimé (ça existe ?) qui lui est bien utile vu la pente. Ce n’est pas la même route pour descendre et celle-ci semble encore plus pentue. Cette route passe exactement sous le télécabine en cours de construction. Les cabines sont déjà sur le câble. Je crois distinguer Poma sur les cabines. Aurions-nous gagné ce projet ?

Nous repartons dans notre taxi et nous grignotons dans la voiture. Impossible de trouver de Coca light ou zéro mais tant pis. Nous repartons pour une petite sieste jusqu’à l’arrivée. Notre chauffeur a l’air gentil mais n’est pas très bavard. Barrière de la langue sans doute. On s’installe dans notre chambre après les formalités d’entrée.

Il y a un coffre électrique derrière la porte de la chambre. Comme dans beaucoup d’hôtel la clé est équipée d’une carte (format carte de crédit) à mettre dans un appareil qui établi le courant. Le gars qui nous a apporté nos sacs prend alors un parapluie posé derrière la porte et bricole un truc dans le coffret électrique pour que le climatiseur, qui a disjoncté au moment de l’introduction de la carte, reparte ! (no comment).

Nous ne sommes pas arrivés depuis plus de 3 mn 35 sec que Biquette dit « j’irai bien faire un tour ! ». Comme elle me menace d’y aller toute seule je cède. Ça nous permet de valider le plan qu’on nous a donné à la réception pour nos visites de demain. Notre hôtel est très excentré donc c’est plutôt la campagne. Tous les gens nous font des signes, on a vraiment l’impression qu’ils sont heureux de nous voir. Le Mingalaba et les sarongs que nous portons y sont sûrement pour quelque chose.

Nous rentrons à la nuit avec encore un coucher de soleil flamboyant. La clim re-disjoncte à l’allumage. Je prends le parapluie je regarde dans le coffret et je vois un gros composant marqué Air conditionner avec un voyant à l’orange avec un bouton rouge. J’enfonce le bouton rouge, la lumière devient verte et la clim repart (heureusement que j’ai fait EDF !).

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette


PS : les photos sont prêtes mais de gros problèmes internet ici. Donc possible que vous ne receviez pas les e-mails des photos et que nous n'émettions pas demain car demain soir bus de nuit jusqu'au lac Inle

8

Une bonne nuit bien longue sans réveil, super !

Préparation tranquille et nous partons au petit déjeuner. A peine passé le seuil de la porte de la chambre que Biquette avec son air d’adjudant-chef dit « on n’avait pas dit que l’on prendrait le PC pour essayer d’envoyer les photos » traduisons « JE n’avais pas dit que TU prendrais le PC pour … ». « Oui chef ! bien chef ! à vos ordres chef ! ». La matinée commence bien !

Petit déjeuner à l’occidental : œufs, pancake, pain grillé, …. Dommage les œufs et les pancakes sont froids mais bon on ne va pas chipoter !

Puis prise en main de la moto. Aie il y a des vitesses ! jamais conduit ce genre d’engin Nestor ! Je fais un tour dans la cour de l’hôtel, je cale trois fois mais bon j’ai à peu près pigé le système (je vois d’ici mes potes motards étranglés de rire mais bon faut bien commencer un jour). J’ai potassé le plan de la ville que nous a passé l’hôtel plus complet que celui du Routard mais aussi plus petit : les noms des lieux sont très difficiles à lire mais les lieux sont bien repérés.

Pas le temps de vraiment prendre en main l’engin : on est tout de suite sur la grande route et il faut tout de suite tourner à gauche ! La technique piétons de Yangon s’applique aussi à la moto. Je choisis un jeune motard je me mets à sa droite et je ne regarde que lui et je fais pareil ! ça marche !

Il nous faut remonter la route principale de la ville. Il est 9h30 c’est-à-dire que la circulation est à son maximum. Un tuk-tuk devant moi oblique d’un seul coup à droite, je pile à 2 cm de son pare chocs ! frayeur. Aucune indication utile mais le soleil est bien visible donc nous c’est nord-est. Rapidement on voit le dôme doré de notre première visite : ça aide. J'arrête la moto juste devant l’entrée du site de la pagode. Le terrain est inégal, je n’ose pas pencher trop la moto pour la faire tenir sur sa béquille. Un autochtone me vient en aide avec un sourire complice. « merci m’sieur Tché zou ba ».

On est à un endroit qui a subi pas mal de tremblement de terre et de guerres de territoire : deux phénomènes qui ont malmené les monuments de la région. Cette grande pagode ne fait pas exception. Elle est plus grande que celle de Yangon et affiche 114 m. Bel édifice doré assez classique avec son esplanade blanche. Toujours aussi peu de touristes et toujours aussi peu de monde. Une particularité toutefois ici : un morceau de pagode ancienne est brique rouge est venu s’encastrer dans l’esplanade lors d’un tremblement de terre. Il a été conservé en l’état lors de la reconstruction : on a seulement construit un petit pagodon au-dessus !

Site suivant un monastère dans le prolongement de la pagode, donc à pied. Site un peu vieillot et pas du tout touristique mais sympa avec ses deux statues d’éléphants blancs qui accueillent le visiteur. Un bâtiment avec des statues mais fermé que nous photographions à travers les grilles. Mais un moine venu de nulle part vient nous ouvrir et nous prient de rentrer.

Nous allons voir la salle d’intronisation et de prière, très bien décorée et sculptée dans le bois. Il y a là le moine qui débite ses prières dans un micro et que l’on entend depuis la pagode c’est-à-dire depuis au moins 1 h. Pourrais-je trouver comment débrancher le micro sans qu’il s’en aperçoive ?

Direction vers l’est pour une nouvelle pagode sans grand intérêt mais bâtie sur une colline ce qui permet de voir la très belle première pagode et un panorama sur l’ensemble de la ville. Autre curiosité : un birman corpulent maquillé comme les acteurs des pièces japonaise s’égosille dans un micro pour chanter, cette fois, des chansons modernes. Il chante faux, son micro fait du larsen à tout va et son orchestre d’instruments traditionnels fait ce qu’il peut ! A consommer avec modération.

S’ensuit le palais impérial. Enfin ce qu’on en a retrouvé. On connaissait son existence par les textes, mais c’est par hasard qu’un ingénieur dans les années 50 a mis à jour les ruines du palais et en particulier l’ensemble de ses murs. On a reconstruit à l’identique le corps du bâtiment mais l’intérieur est vide. Je ne sais pas si c’est parce qu’on ne sait pas comment était fait l’intérieur ou si c’est faute de budget. Là on tombe en même temps que 2 cars de touristes asiatiques (chinois je dirais). C’est la course aux photos ! Pas facile de se frayer un chemin ! Heureusement peu de choses à photographier à l’intérieur. Les restes des poutres originales du temple sont exposées. Même à l’extérieur pas simple de faire des photos sans touristes. Mais bon c’est bon enfant !

On repart, alors cette fois vraiment à la boussole vers la « snake pagoda ». Rien de particulier à y voir mis à part un python plus que centenaire. La légende dit que ce serpent est la réincarnation d’une jeune femme. Il est surveillé en permanence par deux moines. Nous avons un peu de mal à trouver mais avec mon sens de l’orientation de « GPS à pattes » et les indications de quelques riverains on arrive à la pagode. Rien à voir à part le serpent.

Comme Biquette ne veut pas s’approcher (« j’ai peur ») je rampe avec mon ultra grand angle jusqu’à 2 cm de la bête pour qu’on le voit sur la photo. Il est enroulé et ne bouge pas. Son corps luisant a quelques billets posés dessus par les pèlerins. Il ne bouge pas mais à son âge ! Il parait que l’été il va dans le bassin d’à-côté pour se rafraîchir mais là on est en saison froide. Le gardien nous dit qu’il a 129 ans. On s’arrête à l’ombre après avoir acheté deux tranches de très bonne pastèque.

Nous avons fini ce secteur nord-est de la visite. Nous revenons sur la grand route en sens inverse et, à un carrefour, on voit un petit centre commercial. On arrête la moto et on monte en terrasse dans un restaurant Thaï situé à dernier étage qui offre de l’air et un très beau panorama sur la ville, en particulier le coin qu’on a déjà visité.

Je mange du riz frit (mon seul plat depuis le début) et Biquette une salade avec du rôti froid. Elle a beau demandé « pas épicé » quand ça arrive elle est pas déçue du voyage ! Je demande du Coca zéro ……… et ils en ont ! Il n’est pas super bon car périmé de deux mois mais je fais pas le difficile (jamais d’ailleurs !).

Après ce repos et cette petite restauration, nous passons à la visite de la partie ouest. On enchaîne pagode, temple, Bouddhas couchés et monastère sans rien de particuliers. Il fait bon, les routes dans ce coin sont désertes donc la conduite est plus facile. On a un peu plus de mal avec les deux derniers car le Routard s’est trompé dans ses explications en inversant deux monuments. A la sortie d’une des pagodes, une jeune fille veut me vendre des cartes postales, je dis que c’est trop cher (par principe car 20 cartes 2€50 !) ; Elle me demande d’où je suis et se met à me parler en français. Pas beaucoup de vocabulaire mais une prononciation parfaite. Non elle n’est jamais allée en France mais elle adore ce pays et apprend le français toute seule. Rencontre sympa !

Nous arrivons à l’hôtel à 16h15 et nous allons au bar prendre un jus de fruits bien mérité.

Départ pour la station de bus à 17h45 pour 12h de bus. En espérant que l’on dorme mieux que la dernière fois.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

9

Aaaah ce voyage ! C’est déjà ce qui m’a donné le plus de mal lors de la préparation. Il m’était impossible de trouver, sur les sites birmans qui proposent des prestations de voyages, un bus dit « VIP » qui fasse Bago – Lac inle.

En désespoir de cause j’ai demandé à l’hôtel par e-mail avant de partir. Si si monsieur il y a bien un bus VIP entre Bago et le Lac Inle : départ 6h30 le soir arrivée 6h du matin. Dès que nous sommes arrivés avant-hier j’ai questionné le personnel de la réception. En fait il y a deux bus VIP, un qui part de l’autoroute Yangon – Lac Inle au niveau de Bago à 9h30 mais il y a 35 km à faire en taxi pour rejoindre sa route ce qui coûte cher. Sinon il y a le bus de Bago qui part à 6h30 et qui arrive à peu près en même temps.

Bon va pour le bus de Bago. Nous arrivons au terminal des bus de Bago, proche de notre hôtel. Rien à voir avec celui de Yangon : petites échoppes pas d’éclairage, glauque. Notre chauffeur de tuk-tuk amène nos sacs dans une des échoppes tourisme, il y a déjà deux touristes occidentaux. Nous payons. Un très joli bus arrive et le « patron » dit au couple « c’est votre bus ». Nous apportons nos sacs et là un jeune prend mon sac et le met dans un tuk-tuk.

Je fais signe que non et qu’il va dans le grand bus. Le « patron » me prend à part et m’amène à une carte au mur qui montre les routes. En fait on va rejoindre en tuk-tuk le trajet de l’unique bus passant pas loin de Bago pour aller au lac Inle (celui qui part de Yangon). En montant dans le tuk-tuk j’ironise en disant « c’est ça que vous appelez un VIP bus » le « patron » éclate de rire.

Ça ne voulait pas être drôle mais grinçant ! Loupé ! mon anglais ne doit pas être assez bon ! Donc nous voilà à faire un trajet de ¾ h de tuk-tuk, de nuit avec 2 autres occidentales et 8 autochtones avinés plus tous les bagages.

On est vraiment les uns sur les autres. Je suis trop grand pour voir comment le chauffeur conduit mais au moins je ne vois pas ce qu’il fait.

On arrive à 19 h dans une sorte d’aire d’autoroute à la birmane pas éclairée avec quelques bus. On nous invite à nous installer dans un des « restaurants ». On nous dit que notre bus partira à 21h30.

Les gens sont charmants, comme toujours, mais là personne ne parle anglais. Il y a des menus mais uniquement en birman ; Biquette va parlementer dans les cuisines et revient avec des œufs au plat et du riz blanc ! au moins on ne mourra pas de faim !

Le temps passe lentement ? Biquette inspecte tous les bus qui arrivent et repartent inquiète de ne pouvoir partir.

Moi je suis sûr que la bus de Yangon va arriver !

Et un peu avant 21 h un des jeunes qui s’occupent de faire monter les voyageurs arrivent, avec un autre, et ils prennent nos sacs et les portent en direction d’un bus. Les bagages ne vont pas en soute mais dans le bus où il y a déjà des montagnes de sacs, de colis, de paquets, …… et même des sacs de riz.

On nous déniche deux places assises avec sièges basculant presque. On nous distribue une boisson énergisante, un biscuit, une bouteille d’eau un sac poubelle. Enfin un truc qui ressemble à un bus VIP.

Le voyage se passe bien. Pas d’arrêt jusqu’à 5 h 30. Je dors un peu et je crois que Biquette aussi. A 5 h 30 un des jeunes vient nous réveiller : c’est à nous de descendre. On nous explique qu’on n’est pas arrivé mais qu’un tuk-tuk gratuit va nous emmener jusqu’au terminal de bus et pour une somme modique il peut nous emmener à l’hôtel.

Il fait un froid de canard ! Si si ! C’est-à-dire ici au lieu de 25°C au petit matin il fait 14°C et il y a du brouillard. Il faut attendre car je pense que le chauffeur veut remplir son tuk-tuk.

Il finit par partir avec seulement nous et nous faisons 35 mn de tuk-tuk entièrement ouvert (c’est-à-dire comme à moto) : on est transis de froid. Après la fin interminable de ce voyage VIP nous avons une chambre d’hôtel et nous décidons de dormir un peu.

Réveil réchauffés et reposés ! Nous allons prendre le petit déjeuner au 6 ème étage de l’hôtel en terrasse. Il y a encore un peu de brume mais le soleil commence à percer et chasse ces nuages rapidement. Le petit déjeuner est copieux et bien fourni.

Nous partons ensuite pour organiser les deux journées d’ici et le départ vers Kalaw le 3 décembre en train.

L’hôtel nous dit ne pas pouvoir réserver de train et les premières agences que l’on voit propose des billets pour avion et bateau mais pas train.

D’après l’hôtel il faut aller à la gare qui est dans le village voisin ce qui va nous faire perdre pas mal de temps.

Jusqu’à ce que Biquette trouve l’Agence qui va bien.

Le type qui s’en occupe, a les dents rouges comme tous les mâcheurs de bétel, mais il parle très bien anglais et nous apprend plein de choses :

  • Oui il va nous prendre nos billets de train et quelqu’un viendra gratuitement à l’hôtel pour nous conduire à la gare dimanche à 7h,
  • Parmi les deux lacs que je voulais voir, l’un deux ne peut se visiter en ce moment car il n’y a pas assez d’eau,
  • Oui il peut nous louer un bateau pour le lendemain pour un tour complet du lac Inle.

Voilà qui est rondement mené.

Nous partons pour les quelques centres d’intérêt du village de Nyaug Shwe (le village le plus proche du lac Inle où nous logeons). Le type de l’agence nous a dit que l’on pouvait aller au monastère à voir ici à pied en 20 mn (il ne force pas à la consommation au moins). En fait nous mettons 40 mn. Quelques touristes pour voir ce monastère construit en bois au début du XXème siècle. Il a la particularité d’avoir des ouvertures ovales.

Un bonze enturbanné est dans une de ces ouvertures pour permettre d’agrémenter les photos. Dans la salle de prière un tout petit chat nous accueille avec de petits miaulements aigus : une jeune femme (touriste) le caresse. Elle s’est agenouillée et le petit mimi monte sur les plis de sa longue robe et s’installe pour la journée.

Elle le caresse et il doit ronronner de bonheur. La salle est en bois travaillé et sculpté. Bon c’est dans son jus comme on dit mais c’est plutôt joli.

Le soleil a fait partir tous les nuages de brume et il fait très beau. Petite visite du déambulatoire dans le stupa d’à-côté. Il y a des centaines de niches où l’on a mis des petites statues de Bouddha et le nom du, de la, ou des donateur(s)(trice(s)). Vivement l’écriture inclusives !

On va boire un coup et on se dit qu’on va prendre un taxi pour rentrer. On fait signe à un qui fait demi-tour pour nous conduire. Il est un peu plus de midi et nous choisissons le premier restaurant recommandé par le Routard. Je prends mon éternel riz frit et Biquette s’essaie au poisson.

Le tout est excellent et en plus ils ont du Coca zéro.

On continue notre visite par une pagode seule mentionnée par le Routard. Nous sommes accueillis par des personnes s’occupant de la pagode. Ils veulent à tout prix nous vendre des Bouddhasseries. Et nous nous laissons faire. Ils nous expliquent quelque chose que nous ne comprenons pas. L’un deux nous emmène près d’une petite statue de Bouddha. Dans ce qu’il nous a donné il y a un petit carré de papier rouge.

C’est en fait une feuille d’or. Il nous montre comment frotter la tête de la statue et y transférer notre feuille d’or. Je ne sais pas si on gagne quelque chose mais on pourra dire « on l’a fait ».

On finit notre tour par l’embarcadère où l’on ira demain et on rentre à l’hôtel nous sans avoir vu une pagode transformée en scierie et dépôt de bois. Ce n’est pas la première fois qu’on voit ça : ces lieux de cultes abandonnés que les artisans s’approprient pour y mettre leur atelier.

Petite sieste pour compléter cette nuit un peu courte.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

10

Hier soir nous sommes allés voir un spectacle de marionnettes birmanes. Vraiment très sympa. Un seul marionnettiste et donc une seule marionnette présentée mais dans de courtes séquences dont le thème nous est annoncé à l’avance. A la fin le marionnettiste vient nous voir et nous dit qu’il est crevé ! ça ne nous étonne pas vraiment.

Après ça, nous allons manger dans un restaurant à côté du théâtre de marionnettes qui fait des …… pizzas au feu de bois. Je vous laisse deviner ce que mange Nestor ! Biquette prend une soupe nouille poulet (bah !).

Aujourd’hui : c’est l’anniv à Chloé ! C’est l’anniv à Aurore ! C’est aussi l’anniv de la bataille d’Austerlitz !

Quelle journée !

Pour nous ici c’est la journée de visite du Lac Inle ou Inlay, en particulier pour les dentistes (pas facile celle-là !). L’agence vient nous chercher à 8 h après un bon petit-déjeuner (sauf les fruits ! pas murs ! bizarre !).

On pensait faire un peu de tuk-tuk mais l’embarquement se fait dans un petit chenal à 150 m de l’hôtel. C’est une de ces barques longues et étroites. Le pilote ne parle pas anglais mais est très prévenant et se montrera très futé en allant sur les sites dans un ordre différent des autres ce qui nous permettra des visites presque seuls.

Il manœuvre à la rame dans l’étroit chenal et il emploie tout de suite la technique d’utilisation du pied pour manier la rame. Voilà une version non « touriste » de la chose. Arrivé dans le chenal principal il met le moteur et route et c’est parti !

Nous sommes dans des fauteuils en bois, l’un derrière l’autre et seuls dans une barque de 15 m. Il fait frais et il y a encore un peu de brume. D’ailleurs des couvertures sont posées sur nos sièges. Biquette s’en équipe.

On commence à voir des maisons sur pilotis. Il y a pas mal d’autres barques mais, à cette heure matinale (8 h) ce sont surtout des barques d’autochtones. L’eau est sombre. Le chenal est assez long et il nous faut pas loin de 30 mn pour accéder au lac.

A peine arrivés, les « artistes » du maniement de la rame avec le pied et du lancer de nasse ou de filet s’approchent de nous et prennent la pose.

Nous mitraillons et donnons le petit billet de circonstance.

Je l’ai déjà dit je crois, mais la raison d’utilisation de la rame au pied est double : permettre d’avoir les deux mains libres pour manier les filets et se tenir debout pour voir le fond du l'eau.

En effet l’eau est très sombre mais la profondeur du lac ne dépasse jamais 5 ou 6 m. Cette position permet de bien voir le fond. Après le chenal le lac parait immense et il l’est (plus de 20 km de long sur 6 km de large) !

Il y a beaucoup de petites mouettes. Elles suivent les bateaux (on comprendra au retour que les autochtones leur lancent des choses à manger qu’elles attrapent au vol !). De petites plantes aquatiques (a priori des jacinthes d’eau) forment des bosquets sur le lac pour le plus grand bonheur des oiseaux qui y trouvent refuge.

On commence par les « jardins flottants de Kela ». C’est un petit village sur pilotis d’agriculteurs qui cultive des légumes sur des parcelles de terre flottantes séparées par des canaux. Les cultures sont très étendues. Je reconnais des tomates et certaines feuilles me semblent familières sans que je puisse dire de quoi il s’agit. Les cultivateurs se déplacent sur ces canaux avec des barques plus petites et plus sommaires et s’affairent comme ils le feraient sur la terre ferme.

Il n’y a personne d’autre que nous dans ce secteur et c’est vraiment très paisible. Super moment !

Nous quittons les champs pour prendre un chenal qui en 20 mn nous amène à un village qui s’appelle In Dein. Rien de particulier à première vue si ce n’est un passage couvert menant à la pagode du village.

Celle-ci est immense, plus de 500 m, et s’avère plutôt être un endroit plein de boutiques à touristes. Pour le moment nous sommes quasiment les seuls.

Après quelques dizaines de mètres nous voyons d’un côté du passage, derrière les boutiques, des stupas et temples en ruine dans la forêt !

Ce n’est plus In Dein c’est In Deinia Jones ! Incroyable une bonne vingtaine d’édifices envahit par la végétation, toujours debout mais dans des états variables mais magnifiques dans la lumière du soleil. Après avoir tout mitraillés nous quittons à regret le coin pour revenir dans le passage.

Certains étals sont encore en train de s’installer. Merci à notre pilote de nous avoir conduit là tout de suite.

Puis, juste avant la fin du passage, de l’autre côté une nouvelle « forêt » de stupas et de temples, toujours anciens et dans des états de conservation divers. Là quelques ouvriers travaillent avec les moyens du bord à redonner l'équilibre à certains monuments.

On visite ce site sous toutes les coutures. Ici la végétation a été dégagée et plus on avance en direction de la pagode du village et plus les temples et stupas sont modernes, jusqu’à des constructions très contemporaines.

C’est un peu moins excitant que la partie « Indiana Jones » mais c’est quand même superbe !

Après cet épisode inoubliable, nous reprenons le chenal en sens inverse, notre pilote nous fait accoster dans une maison artisanale.

En fait, je ne me rappelle plus trop dans quel ordre on a « fait » ces maisons, mais les habitants du lac (tribu Hinta) ont longtemps vécu quasiment en autarcie et ont développé quasiment toutes les techniques utiles à leur vie de tous les jours.

Ce sont devenu des ateliers avec boutiques pour vendre aux touristes mais les techniques utilisées sont toujours les techniques ancestrales.

On verra tour à tour entre le matin et l’après-midi les orfèvres de l’or et de l’argent, les tisserands qui fabriquent de la soie avec la fibre des tiges de lotus, les menuisiers, ébénistes qui fabriquent tout depuis les barques (au passage une barque en teck vaut 2800 $) jusqu’aux objets usuels du quotidien, les femmes qui confectionnent les cigares (elle font à peu près un cigare en une minute), les forgerons qui fabriquent couteaux, serpes, faux avec une forge rudimentaire à soufflet … ce sont les principaux.

Nous sommes très intéressés par voir le travail des artisans mais nous ne sommes pas de bons clients : nous n’avons rien acheté !

Arrivés à l’heure de midi, notre pilote nous arrête dans un restaurant. Sur pilotis, bien sûr, nous sommes dans une petite « cellule » pour manger tout seuls et à l’air libre.

Quel dommage que les barques soient à moteur à explosion : ça fait un raffut du diable ! J’imagine la même chose avec des barques à moteur électrique, dans le silence de l’atmosphère du lieu. Ça serait vraiment parfait. Et, de plus, il n’y a pas que le bruit comme nuisance liée à ces engins : leur prolifération, entre autres avec le tourisme, entraîne une pollution des eaux du lac.

Mais ce n’est pas la seule cause : la déforestation, la gestion des déchets participent également à cette crise. Une lueur d’espoir toutefois, des panneaux indiquant que la zone est exempte de produits chimiques sont posés un peu de partout y compris sur le lac.

Nous mangeons comme d’habitude poulet à l’ananas pour la nana et riz frit, pommes frites pour moi.

En ce qui me concerne pour être frit c’est frit. On aurait même oublié d’égoutter que ça ne m’étonnerait pas ! Pour tout dire je laisse des frites (celles qui sont mortes noyées dans le bain de friture). J’éponge les autres avec les petites serviettes en papier ! Même le riz est bien imbibé.

Pour tout dire Nestor aura un début de digestion pour le moins difficile en début d’après-midi. Outre les ateliers cités plus haut nous nous arrêtons à un temple et un monastère. Je ne sais pas si c’est parce que c’est samedi mais les deux sont bondés sans que l’on puisse voir que ce sont des touristes.

La pagode est une ancienne pagode du XII ème siècle mais qui a été modernisée dans un style disons discutable. Le résultat pour tout dire n’est pas très beau pour ne pas dire franchement laid.

Mais c’est traditionnellement un des lieux les plus fréquentés de la région. On voit des hommes (surtout ou que ?) déposer des feuilles d’or sur deux statues qui sont au centre de la pagode. Il est très difficile de voir car ils sont très nombreux. Le Routard dit qu’à l’origine c’était des statues de Bouddha mais que depuis le temps que l’on y met des feuilles d’or elles ressemblent plus à de grosses cacahuètes dorées ! Je confirme !

Pas grand-chose à dire sur le monastère. Il y en avait un qui était surnommé « le monastère des chats sauteurs » tout simplement parce que les moines s’« amusaient » à faire sauter des chats dans des cerceaux. J’espère bien que ce n’est pas celui-là. De toute façon cette pratique barbare n’est plus d’actualité.

Nous repassons dans les jardins flottants avec toujours le même bonheur.

Je crois que le pilote a compris que nous avions bien aimé et il nous propose ce tour gratuit.

Ensuite nous prenons le chemin du retour non sans passer devant des artistes de la rame à pied et des nasses et filets. Mais là certains sont vraiment en train de les utiliser « pour de vrai ».

Arrivée à l’hôtel à 16 h après cette belle journée bien remplie.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Je me réveille dans la nuit avec mal à la gorge ! Je regarde mon téléphone : 5 h 10 ! Comme le réveil doit sonner à 6h je décide de ne pas me rendormir.

Je ne me lève pas pour pas réveiller Biquette avant l’heure pourtant je rêve d’une pastille.

Le temps ne passe pas, je dois finir par me rendormir. Enfin le réveil sonne.

Je prends mon téléphone : en fait j’ai regardé l’heure à 3 h 10 ! Donc pastille et coaltar profond !

Petit déjeuner à l’ouverture 6 h 30. A ma grande surprise de nombreux clients sont là à cette heure. Le buffet est bien rempli contrairement à quand on vient à 9 h !

Puis trajet en tuk-tuk. On s’est habillé en conséquence.

Encore qu’il ne fasse pas trop froid : pas de brume et dès que le soleil se lève on sent sa chaleur.

Arrivés à la gare notre chauffeur nous demande nos passeports et nous invite à le suivre au guichet des premières classes ! Il nous donne les billets et nous salue. L’heure du train est aléatoire : généralement entre 8 h 30 et 9 h 30 (on saura bientôt pourquoi).

Deux autres occidentaux sont là., un couple dont la femme dit à son compagnon : « tu as vu le bel appareil photo ? ». Il s’agit de mon objectif Canon 11-24 à la lentille frontale impressionnante.

Je réponds « oui et surtout très lourd à la fin de la journée ! ». Ils sont de Grenoble et comme nous passent trois semaines en Birmanie. Nous engageons la conversation et nous allons voyager en face d’eux dans le train ! Nous échangeons sur les lieux visités en Birmanie et sur les pays que nous avons vus et ceux que nous aimerions voir.

Le train finit par arriver. Notre chauffeur est parti depuis longtemps mais le leur est resté. Il faut dire qu’ils sont passés par une agence pour l’ensemble de leur voyage.

Il nous dit de ne pas encore monter dans le train. S’ensuit une manœuvre du train assez complexe mais logique. Il laisse un wagon de marchandise sur la voie principale et avance comme s’il partait puis il recule et un aiguillage, manuel bien sûr, le dirige vers une voie où il y a 3 autres wagons.

Visiblement il récupère ces 3 wagons. Mais, de plus, cette voie est équipée de fosses qui permettent aux techniciens de vérifier tous les essieux, les freins et autres. Quelques coups de marteau plus tard le train repart vers l’avant et refait marche arrière pour récupérer le wagon de marchandises qu’il avait laissé sur la voie tout à l’heure.

Voilà le train est complet et notre wagon était celui qui était garé sur l’autre voie.

Nous voilà partis. Avec ma nuit agitée je ne suis pas bien réveillé et autant vous dire que je ne vois pas grand-chose du début du voyage.

Je me souviens quand même que le train va très lentement : je dirais 15-20 km/h. Il faut dire que ça monte Nyaungshwe point de départ est à 885m d’altitude et Kalaw à 1300 m.

Vous verrez sur les photos, et bien que correct, le train n’est pas de toute première jeunesse.

Au début on ne voit pas grand-chose d’autre qu’une végétation type forêt tropicale : parfois même le train touche les feuilles et les branches des arbres. Puis on passe un cap où le train est à flanc de montagne et on a une très belle vue sur le plateau du lac (lac que l’on ne voit pas) et toutes ses cultures.

Puis on accède à un plateau plus haut et plus vallonné. On traverse de nombreux villages et les cultures sont toujours nombreuses et exubérantes.

Un des côtés de notre wagon est transformé en tripot clandestin. Le chef de train et son adjoint, un militaire en uniforme avec plein de barrettes, et un « caïd » à lunettes de soleil ont disposé 4 petits cartons par terre et ont mis un tapis et jouent des parties d’un jeu qui ressemble au rami.

Notre grenobloise veut les photographier et reçoit un « No photos » énergiques. D’autres suivront et auront la même réponse.

Je suppose que ça ne doit pas être très bien vu de jouer aux cartes pendant les heures de service ! De plus ils jouent de l’argent ! D’après ce que je vois ce sont de petites sommes mais bon ! Arrivés à une gare ils se précipitent pour tout ranger sans finir la partie en cours et tout disparaît en 10 secondes. Mécanique bien rodée !

Comme vous pouvez l’imaginer pas de wagon-bar 😊 - Dans les gares des gens vendent de quoi se ravitailler, leur production de légumes et même des plats cuisinés. Une sirène prévient de l’imminence du départ mais on attend que chacun soit remonté avec de redémarrer le train.

Arrivée à 12 h 30 et peut-être parce que c’est dimanche ou alors la fête de la pleine lune !!, pas de tuk-tuk pour nous conduire à l’hôtel.

Nous partons à pied et après quelques dizaines de mètre nous arrivons à la traditionnelle « clock tower » (tour de l’horloge) qui témoigne du passé anglais de cette ville, lieu de villégiature des colons anglais qui fuyaient les grandes chaleurs pour se rafraîchir ici.

Tout de suite une voiture s’arrête et nous prend pour nous amener à l’hôtel. Il nous demande si nous allons faire un trek en montagne nous répondons que nous allons au village d’à-côté et nous faisons affaire pour qu’il nous y conduise en voiture demain.

Installation dans un très beau petit hôtel formés de plusieurs petits bâtiments et bungalows un peu sur les hauteurs de la ville dans une forêt de pins avec partout du gazon tondu ras : on dirait un green de golf. Récupération du plan de la ville et nous voilà partis à pied en exploration.

Peu de chose à voir à Kalaw (prononcer Kalo voire Kelo voire Klo !) selon le Routard. Nous tombons sur un monastère moderne dans lequel nous faisons quelques photos.

Puis nous dénichons une pâtisserie recommandée par le Routard et nous allons faire notre petite dînette dans la pagode de la ville, un des seuls monuments à y voir.

Bien bonnes les pâtisseries.

La pagode elle, est construite sur l’emplacement d’un monument du XII ème siècle dont il ne reste plus rien. Le stupa central est recouvert de centaines de tout petits miroirs qui nous en mettent plein la vue (au sens propre !) sous le soleil toujours éclatant. Nous voulions voir le marché mais il est fermé en ce dimanche de pleine lune : ce sera pour demain matin.

Nous décidons de rentrer à l’hôtel pour se reposer de cette journée chargée et nous passons par un autre chemin qui nous permet de voir une école bouddhique, une église baptiste et qui permet à Biquette de repasser à la pâtisserie prendre un cappuccino glacé. Le chemin est plus long mais bien agréable par les hauteurs de la ville et en particulier, on repère un restaurant pour ce soir.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

12

Encore une nuit d’enfer pour Nestor et par contre coup pour Biquette : je n’ai plus mal à la gorge (c’est déjà ça !) mais toute la nuit mon nez bouché m’empêche de respirer et bien que bouché mon nez coule.

Ça dure comme ça jusqu’à 5 h du mat et je trouve par miracle une position où je peux respirer et où mon nez ne coule plus.

Après quelques heures de relatif sommeil nous allons petit déjeuner.

Nous pensions que la carte des desserts était le programme du jour, en fait on a droit qu’à une des lignes !

Nous décidons de partager une crêpe et un bol de fruits. Surprise il y a deux grosses crêpes avec une banane en rondelles et le bol de fruits et davantage un saladier avec du yaourt.

De plus tranches de cake, fruits frais bref de vrais coq en pâtes en sortant.

On décide d’aller voir le marché, à pied, et nous déambulons dans les allées. C’est un jour de marché spécial où toutes les ethnies de la région viennent présenter leurs produits. Les femmes ont des costumes et de chapeaux traditionnels. Très chouette.

Nous reprenons le chemin de l’hôtel pour être à notre rendez-vous de 10h direction Pindaya et la grotte aux 8000 Bouddhas.

Notre chauffeur est le même que la veille. Au passage en ville il s’arrête pour faire monter un ami à lui qui parle très bien anglais. Notre chauffeur a un anglais rudimentaire et il a dû avoir peur d’être obligé de faire la conversation.

Une grosse heure de route et nous voilà à pied d’œuvre pour la visite de la grotte. Je ne dis rien de spécial sur le voyage car les paysages rencontrés sont à peu de chose près les mêmes que ceux de notre voyage en train d’hier.

Pour visiter la grotte il faut monter un long escalier. J’essaie de parler de l’ascenseur, j’obtiens un regard glacé pour seule réponse.

Dès l’entrée de la grotte on est surpris par le spectacle.

L’impression que ça me fait tout de suite c’est de rentrer dans une quincaillerie à l’ancienne dans laquelle les piles de choses sont plus ou moins bien rangées et où il faut se faufiler pour espérer trouver quelque chose. Le BHV de l’hôtel de ville à Paris était encore comme ça dans les années 70.

Là, c’est pareil, dans la première salle il faut se faufiler dans des passages étroits ménagés entre les rangées et rayonnages de statues de Bouddha. Elles font de 20 cm à 6 m de hauteur : c’est très impressionnant ! D’ailleurs cette première salle de la grotte s’appelle le labyrinthe ! C’est tout dire !

Mais finalement malgré les ½ tours on se repère assez facilement. Il y a un grand stupa central qui donne un bon point de repère. Là encore il est assez difficile de rendre l’effet par des mots. J’espère que Biquette vous permettra de bien voir ça avec les photos.

Dans cette grotte il y a aussi des formations géologiques qu’on oublierait presque. En particulier une stalactite noire qui a fait la jonction avec sa stalagmite sœur et sur laquelle coule de l’eau.

Pour les croyants cette eau est magique et les pèlerins ramasse de l’eau le long de cette stalactite et se la mette dans les cheveux où sur le visage.

Deux statues de couleur noire suintent à l’occasion, c’est aussi un signe de chance. La suite est moins dense et il y a plus de place pour les formations géologique. C’est un long chemin carrelé et de temps à autre un petit autel avec une statue de Bouddha.

Quelques curiosités : un boyau qu’il faut prendre à plat ventre mais nous ne nous y risquons plus, un cercle magique de 2 m de diamètre dans lequel il faut se mettre puis tourner sur soi-même 3 fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, puis faire un vœu qui a toutes les chances d’être exaucé !

Nous ressortons non sans avoir fait un nouveau tour du labyrinthe : c’est trop sympa !

Notre prochain arrêt est la visite d'une fabrique artisanale d’ombrelles (spécialité de Pindaya). Enfin fabrique c’est beaucoup dire, c’est une entreprise familiale. Ils nous font la démonstration.

Tout commence avec de la barbe issue des tiges de palmier. Il faut la malaxer avec de l’eau puis la mettre dans un tamis qui a la taille de la feuille de papier que l’on veut.

On homogénéise le mélange et on y met des pétales de fleur si on veut des décorations. On enlève l’eau délicatement en penchant le canevas et il faut laisser sécher au moins deux heures. Il nous montre une version séchée et détache la feuille. Ça fait bien ce papier fibreux que l’on voit partout ici.

Une femme nous présente la construction d’ombrelle avec ce papier. Ça a l’air simple bien sûr mais ça ne l’est surement pas !

On achète quelques babioles pour remercier de la démonstration.

Ensuite nous allons manger dans un restaurant Green Tea chaîne renommée ici. On salive déjà sur la salade fraîche d’avocats à la vinaigrette et …… il n’y en a plus ! ça se termine par une pâte bolognaise car plus de carbonara et un sandwich avec une assiette de frites froides.

Première expérience pas très bonne avec Green Tea. Peut être sommes nous arrivés un peu tard.

Un petit tour au grand marché mais les étals ont commencé à fermer. Bon on a déjà vu celui de Kalaw ce matin.

Retour à l’hôtel vers 15 h 30. Un peu de repos, message, sélection des photos puis un petit casse croûte vers 18 h pour partir en taxi à 19 h 30 afin de rejoindre la station de bus pour notre bus VIP (espérons !) de Kalaw à Bagan (arrivée prévue 3 h du matin ! normalement on devrait avoir une chambre pour finir notre nuit).

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Décidément les bus de nuit c’est pas pour nous !

Nous arrivons à la « porte » pour notre bus, en fait une échoppe 4 m 2 sur la rue principale de la ville.

En voyant notre billet il appelle tout le monde et ça discute tant que ça peut.

Puis il y en a un qui semble comprendre de quoi il s’agit et le responsable me dit « le bus n’est pas à 20 h 30 mais à 21 h 30 ». Du coup pas loin de 2h à attendre ! Il ferait un temps chaud et agréable. Mais le froid est glacial pour ici. On a passé la journée à 26°C et là il doit faire 12°C !

Le temps passe lentement. On regarde le ballet des voyageurs qui montent dans les bus avec les chargements. On se demande comment ça peut marcher mais visiblement ça marche. 21 h 30, 21 h 45 toujours rien ! ça caille de plus en plus, on est bientôt les seuls à attendre. Nous finissons dans la guérite du jojo où il fait un peu moins froid!

Bref de fil en aiguille le bus arrive à 23 h 10 !

Nous rentrons enfin dans ce bus où la température est bien meilleure que dehors ! Un « hôtesse » nous accueille et nous donne des couvertures. Je sombre dans le sommeil et je crois que Biquette aussi. A 2 h du matin petite halte de 10 mn mais cette fois nous ne sommes pas obligés de sortir du bus. Finalement arrivée à 5 h au lieu de 3 h mais on a un peu dormi et on compte bien finir notre nuit à l’hôtel.

Négociation pour le transport jusqu’à l’hôtel, les taxis sont tenaces et les prix sont 2 à 3 fois plus chers que dans les autres villes du pays : mais ça on le savait ! Arrivés à l’hôtel quelques difficultés pour nous permettre de prendre notre chambre. Il faudra payer 20 US$ de plus !

Nous dormons instantanément et nous nous réveillons à 9 h 30 frais et dispos.

Nous réservons par l’hôtel notre billet de bateau (nous ferons vendredi Bagan – Mandalay par le fleuve) et nous partons louer un scooter, l’hôtel ayant loué tous les siens. Nous faisons affaire auprès d’un petit jeune qui doit avoir deux ou trois scooters. Ce sont des scooters électriques et donc pas de problème de vitesse à passer : enfin une machine moderne.

Nous partons avec le Routard et nos plans de la ville et nous avons une liste de site à voir prioritairement. Au début c’est un peu laborieux pour s’orienter mais après la première pagode, Nestor, le GPS à pattes, rentre en action.

Cette première pagode est la plus importante de la ville. Encore un haut lieu du Bouddhisme birman. Il se dégage la même sérénité que dans les grandes pagodes que l’on a déjà vues. Mais, détail intéressant, on voit également des tours et autres stupas en brique rouge, c’est-à-dire ancienne et qui ont perdu leur revêtement !

Il faut comprendre que Bagan à l’origine n’est pas une ville : c’est un royaume. Aujourd’hui il y a trois zones : Old Bagan la vieille ville fortifiée mais qui est très peu habitée et où l’on trouve les constructions les plus anciennes, New Bagan ville nouvelle qui s’est construite sous l’essor du tourisme et dans laquelle il y a très peu de monuments et un village appelé Nyaung Oo qui existait indépendamment de Bagan, mais qui s’est transformé pour faire face à la demande touristique.

C’est là que nous logeons. Deux grandes avenues parallèles séparent Old Bagan de Nyaung Oo. C’est de chaque côté et entre ces deux avenues que nous allons visiter certains sites. Il est, bien sûr, impossible en trois jours de vouloir tout voir : il y a plus de 2200 sites recensés. Les guides et les blogs des routards donnent les meilleurs choix à faire pour ne rien rater d’essentiel. C’est à partir de ces lectures que j’ai sélectionné une vingtaine de sites.

Mais au cours ne nos déplacements et en lisant les plans à la volée, nous pensons prendre le bon chemin pour une pagode mais c’est une autre qui s’offre à nous. Ou bien, nous voyons de la route quelque chose d’intéressant et là on décide à l’unanimité : on passe, on fait des photos de la route ou on prend le chemin.

J’ai quand même un peu de difficulté avec le scooter (décidément !). Le routard dit d’ailleurs que ce n’est pas facile à manier si on est deux dessus.

J’ai un peu de mal à lancer la machine qui tangue souvent avant d’avoir trouvé sa stabilité, enfin un peu trop à mon goût !

Et ce qui devait arriver arriva : dans un chemin de terre un endroit avec du sable profond, je me dis pour passer il faut que j’accélère, trop tard ! la roue avant se dérobe, le scooter se couche dans le sable, Nestor sur le scooter et Biquette sur Nestor !

Plus de peur que de mal je m’en tire avec un pied et un coude entamé et Biquette a pris un coup sur la cheville. De très bonne humeur, elle décide de ne plus monter sur le scooter quand il y a du sable ! Na !

On poursuit nos visites. Il fait bon, il y a pour ainsi dire personne. Pas de circulation sur ces deux grandes avenues que nous empruntons souvent. C’est vraiment super sympa. J’améliore ma technique pour le scooter et bon an mal an on ne s’en sort pas mal.

Sur chaque site important il y a des petits stands de marchands de babioles. Biquette est aux anges et du coup les marchands aussi ! Je négocie les marchandages à distance depuis le scooter. On tourne autour des bâtiments pour trouver la bonne lumière et on mitraille à tout va.

A 14 h nous trouvons un petit restau aux abords d’un des sites les plus important de Bagan : Ananda temple. Ils ont du Coca zéro. Je prends mon traditionnel riz frit Biquette du poulet à l’ananas et un jus de mangue. On est tout seul, il n’y a pas de bruit, c’est parfait.

Encore quelques temples et nous arrivons à l’heure où il est important de gagner un endroit surélevé par voir le coucher du soleil.


Une pagode est renommée pour ça, bien que les places soient chères, mais la patronne du restau nous a prévenu que cette pagode est fermée pour raison de sécurité. En effet Bagan est une plaine, donc il n’y a pas de colline qui pourraient faire l’affaire.

A une époque il était permis de monter sur n’importe quel stupa. Puis, après de nombreux accidents, seules certaines ont été autorisées et, du coup, des « embouteillages » photographiques sur ces sites. La patronne du restau nous a donné une liste de sites alternatifs.

Quand nous arrivons à 16 h 30 il y a déjà pas mal de monde. Mais nous pouvons arriver au sommet et nous choisir une place stratégique.

C’est là que la magie de Bagan opère.

Ce n’est pas tellement la partie coucher de soleil. Le fait d’être en hauteur permet de vraiment prendre conscience de la grandeur de ce site : c’est une forêt dans une plaine et de cette forêt émerge un nombre incroyable de constructions plus ou moins anciennes.

Et d’un seul coup d’œil on en aperçoit des centaines. Magique ! une champignonnière de stupas, de pagodes et de temples !

Biquette mitraille, je n’ai pas les armes pour le coucher du soleil. Presque encore plus magique quand le soleil s’est caché la brume commence à monter de certains endroits et là ce sont les monuments qui semblent sortir de nulle part. Biquette voudrait faire le lever se soleil sur Bagan. Je freine des quatre fers en disant que la brume on vient de la voir. La réponse implacable « oui mais le matin il y a des montgolfières ! ». Dur à combattre, le matin ce doit être effectivement : tout émergeant de la brume et essaims de montgolfière.

Nous rentrons à l’hôtel et Biquette veut aller à la piscine. Sauf qu’elle n’avait pas prévu que l’eau serait à 21°c ou 22°C (c’est mon estimation). J’arrive à rentrer mais tout juste et je n’y reste pas longtemps. Elle renonce.

Demain même style de journée je pense pour voir le reste de la liste des sites à voir.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette


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Ce matin Biquette met le réveil à 6 h pour « voir » le lever de soleil depuis la terrasse . Je n’entends ni le réveil, ni Biquette ! Heureusement que j’avais prévu les étapes Bagan et Mandalay pour finir les vacances cool !

Elle revient à 7 h 30. En fait la terrasse de l’hôtel n’ouvre qu’à 9 heures donc elle est « partie se promener ». Et maintenant elle a faim. J’arrive à tenir jusqu’à 9 h mais là il faut vraiment y aller.

Petit déjeuner à l’hôtel. Très bien avec des œufs faits à la demande ce qui évite qu’ils soient froids : bon point.

La journée consiste en la suite de la revue des stupas, temples et pagodes. Nous retournons chercher un site que nous avons déjà cherché hier sans le trouver. Evidemment on s’arrête dès que quelque chose nous tape dans l’œil. Une nouvelle mission est de trouver les pagodes où on peut monter sur les stupas en prévision des levers et couchers de soleil futurs.

Pour ce qui concerne la beauté des monuments il y a un paradoxe. Ceux que nous préférons sont les plus anciens en briques rouge qui, de plus, se marie très bien avec le vert de la forêt. En fait c’est un peu comme si on s’extasiait devant des maisons de chez nous qui n’auraient pas de revêtements sur les murs en moellons. Les briques rouges servent de structure à tous les monuments anciens : terre et mur de briques pour donner la forme. Puis les murs et les ornements étaient recouverts d’un enduit blanc avec des motifs. J’ignore si cet enduit était peint mais je suppose que oui. C’est un peu comme notre ébahissement devant les magnifiques pierres blanches de nos cathédrales : ils étaient pratiquement toujours peints de différentes couleurs vives. Les monuments d’ici qui ont conservé leurs enduits sont le plus souvent gris plus ou moins foncé avec des coulées noires des pluies ayant récupéré la pollution. A l’œil il faut dire que c’est moins beau que le rouge brique.

Nous finissons par trouver le temple que l’on cherchait hier. En plus il y a un escalier pour monter un étage. On le note pour le soir et le coucher de soleil. Celui-ci a conservé ses enduits presque partout mais ce n’est vraiment pas terrible. Peut-être qu’ils auront un jour des subventions pour arranger tout ça ! Nous repérons, pas trop loin, une autre construction de type pyramidale où on voit des gens qui sont montés. Après la visite du premier nous allons voir cette pyramide qui s’avère une option à conserver en tête.

Nous en finissons ainsi avec cette partie du site et prenons la direction de New Bagan le quartier nouveau. En chemin de jolies constructions méritent que l’on s’arrête et au cours de la visite un ouvrier parmi le groupe qui répare avec les moyens du bord me fait signe que l’on peut monter sur le bâtiment. Finalement il me conduit et me montre un tout petit escalier qui part de l’intérieur. J’appelle Biquette et nous partons à l’aventure dans cet escalier étroit. C’est tout noir, j’y vais à tâtons et bientôt l’escalier tourne à angle droit et je vois la lumière. Arrivé en haut de l’escalier on est bien au 1er étage et il est facile de grimper sur ce monument fait de couches de briques en escalier avec quelques replats de 20 cm. Bonne recrue pour nos sites « soleil ».

Nous arrivons à New Bagan et il est l’heure de manger. Un premier restau nous dit « pas de coca zéro » c’est rédhibitoire ! le deuxième est le bon. Je ne vous dis pas qui prend « riz frit » et qui prend « salade d’avocats » le tout accompagné de jus de mangue et jus de banane et en dessert yaourt et yaourt aux fruits. Excellent !

Aujourd’hui nous avons louer un scooter électrique à l’hôtel. Beaucoup plus facile à conduire qu’hier. Pas de jeu dans la direction à l’accélération. Même Biquette constate une amélioration certaine et accepte les portions de chemin sableux.

Nous continuons un peu au sud de New Bagan et l’heure du coucher du soleil approche. Nous retournons sur le temple repéré le matin et les réglages photo commencent. Seule Biquette a le matos pour ce genre de scène. Je cherche les meilleurs endroits et donne éventuellement quelques réglages complémentaires. Très belles photos bien que ce soit un coucher au milieu de quelques nuages.

Nous prenons le chemin de retour vers l’hôtel avec la nuit qui tombe et d’un seul coup plus de moteur ! Enfin la manette des gaz (qui sert à coupler le moteur électrique) ne fait plus rien ! Pourtant l’indicateur dit que la batterie est pleine. Coup de fil à l’hôtel : « ils arrivent ». On doit être à 3 ou 4 km de l’hôtel. Ils arrivent à deux, constatent la bizarrerie et nous laisse prendre un de leurs deux scooters. Nous rentrons sans encombre à l’hôtel.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Lever 6h ! et Nestor prem’s ! si si !

Nous descendons pour louer un scooter : ceux de l’hôtel sont déjà loués ! Un taxi nous demande un prix exorbitant. Je tente la négo ! impossible ! On fait quelques mètres dehors et un autochtone nous propose pour un prix plus raisonnable ! C’est parti ! nous avons perdu quelques minutes fatidiques pour les ciels que l’on voit du taxi mais ce n’est pas essentiel. Il y a déjà beaucoup de monde lorsque l’on arrive sur le site mais nous trouvons une bonne place. On commence les réglages pour avoir une bonne exposition. Peu de brume ce matin. Soudain on voit au loin de grosses boules se former à l’horizon : ce sont les montgolfières qui sont prêtes à décoller. Mais elles attendent de voir le soleil à l’horizon. Et c’est parti, la première est lâchée. On voit sa couleur changer quand son gaz est chauffé par la flamme : un bel orangé qui répond à celui du soleil. Je crois qu’une des photos a capté ça ! Puis il y en a 10 – 15 qui s’élancent derrière et c’est magique de voir tous ces ballons dans le ciel en ombre chinoise dans le contre-jour du soleil. On ne s’en lasse pas. Retour à l’hôtel vers 7h et on enchaîne sur le petit déjeuner aux œufs chauds ! Puis on va se reposer un peu. Biquette ne connaissant pas ce mot, c’est surtout Nestor qui pratique. A 10 h on repart direction le marché « tu comprends faut bien ramener des trucs ». Je tente qu’« ici c’est le pays de Siddhârta Gautama qui a passé sa vie à prôner le détachement des biens et des choses matérielles et que c’est grâce à ça qu’il est le seul à avoir atteint le Nirvana … et qu’il est devenu Bouddha ». Elle me regarde comme si je plaisantais ! Bref cette cause est perdue d’avance !

On trouve un scooter à la journée pour moins cher que l’hôtel. Et c’est parti direction le marché, bien indiqué sur le plan. On fait trop de distance sans voir le fameux marché. On s’arrête pour demander. Encore faut il trouver quelqu’un qui nous comprenne ! Bref apparemment ce n’est pas du tout où l’on cherche. Mais tout le monde se met en 4 pour nous expliquer et on finit par trouver.

Marché comme on en a l’habitude maintenant : partie fruits et légumes, puis vêtements, bricolage, …… et ici en plus souvenirs ! Biquette se laisse happée, puis je dois marchander. On s’en amuse un peu mais on finit par trouver un accord gagnant gagnant qui satisfait tout le monde.

A la fin de la négo, je donne ma casquette St Peterburg toute crade de transpiration à la jeune fille du stand qui semble être tombée en arrêt (!!). Nous partons donc à la recherche d’une nouvelle casquette que nous trouvons pour moins de 2$ - casquette bordeaux sans logo qui est beaucoup plus confortable !!

On rentre à l’hôtel poser les achats et on décide de partir à la recherche DU site magique qui permettra de prendre les meilleures photos au coucher du soleil. On finit par trouver notre bonheur. On ira là cet après-midi.

On décide ensuite de retourner dans un temple que j’avais déjà vu en 4 ème vitesse mais sans Biquette qui était habillée trop court ! De plus il y a là un petit restau pour le frichti de midi qui nous avais bien plus la dernière fois.

Nous visitons le site (temple d’Ananda). C’est, à coup sûr, celui qui donne la meilleure idée de ce que devaient être toutes les constructions à l’origine. Les murs sont blancs et seuls les sommets des stupas sont dorés. Je suppose que les grandes parties blanches des murs devaient être décorées de peintures mais j’ignore si c’est bien le cas. Evidemment, le seul qui doit être presque comme à l’origine, dénote dans l’ensemble en briques rouges ou en stuc gris noir !

Bon repas comme la dernière fois : moi toujours pareil et Biquette du poisson cuit dans des feuilles de bananier avec du riz et nous prenons aussi jus d’ananas pour Biquette et milk-shake banane pour moi.

Il est 3 h quand on repart non sans passer par la boutique que nous a indiqué la patronne (qui ressemble beaucoup à Mélanie Doutey !) et où l’on constate que les prix (affichés, ce qui est rare !) sont inférieurs à ceux négociés au marché !!!!

On repart pour la visite de quelques sites dont le temple le plus imposant de Bagan (un peu mastoc tout de même). Puis retour à la pagode repérée le matin. C’est plein de monde mais chacun trouve sa place. Nous sommes avec de jeunes français et nous échangeons sur les meilleures techniques de prises de vue des couchers de soleil. Une routine bien établie en ce qui nous concerne.

Retour à l’hôtel vers 18 h. Petit coup de fil à Jérôme (frère de Nestor) qui s’est fait poser une prothèse de hanche hier et à qui on souhaite une bonne rééducation !

Demain lever 4 h 15 !!! si si ! pas sûr que Nestor soit prem’s pour prendre un taxi à 4 h 45 pour un bateau qui part à 5 h 30 direction Mandalay notre dernière étape.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Eh bien à 4 h 30 il n’y a pas foule dans les rues même ici : un vrai désert. Notre taxi a dormi dans sa voiture devant notre hôtel. Il nous fait faire les 10 mn nécessaires pour atteindre les rives du fleuve. Pas de quais, juste une rive de sable en pente douce et deux planches qui permettent d’accéder au bateau.

C’est un « gros » bateau. Le pont supérieur est à l’air libre, une moitié bâchée pour le soleil. Il y à environ 50 fauteuils en bambou très confortables. Le pont inférieur est quant à lui équipé de sièges cuir profilés avec dossier rabattable : il doit y en avoir une trentaine.

Le bateau part à 5 h 30 comme prévu. Il fait encore nuit et je décide d’aller finir ma nuit dans un des sièges du bas. Biquette attend en haut le lever de soleil.

J’émerge vers 10 h sans avoir rien vu et je regarde les photos faites par Biquette.


Encore de biens jolies couleurs ! Le spectacle ressemble à notre voyage de 4 h entre Moulmein et Hpa-an en début de séjour. Mais le fleuve est beaucoup plus large et le bateau étant beaucoup plus gros il navigue au milieu du fleuve et on est très loin des berges.

Donc on ne voit pas bien ce qui se passe et d’une manière générale on ne verra pas grand-chose tout le long du voyage.

On en profite pour lire, trier les photos et se reposer.

A l’arrivée à Mandalay on se rapproche de la rive et là on voit beaucoup de bateaux comme le nôtre pendant une bonne dizaine de km. Même débarquement que l’embarquement sur le sable de la rive puis marchandage traditionnel pour se faire conduire à l’hôtel.

L’hôtel est en bord de fleuve avec toit terrasse faisant restaurant. Les prix sont en $ et pour vous donner une idée coca 2$ et pizza 10$ ! On mangera ailleurs ! Sinon piscine, salle de gym enfin c’est pas mal !

On part en prospection pour essayer de trouver des restaus.

Mais rien dans un rayon de 1 km comme l’avait dit Gogol !

C’est un quartier populaire où il n’y a pas de touristes. On marche 2 ou 3 km : on passe par le quartier des mécanos qui réparent des voitures et des camions au bord de la rue.

Puis ce sera celui de la téléphonie mobile. On repère un ou deux restaus. On choisit un restau buffet où l’on peut manger ce que l’on veut. On demande seulement ce qui n’est pas épicé. Et on finit par trouver notre bonheur. Biquette est ravie, moi je considère que je me suis alimenté ! Demain est un autre jour !

Nous rentrons à l’hôtel par le même chemin et nous arrivons à 19h.

Demain la météo annonce de la pluie ! On va attendre de voir pour planifier la journée.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Comme prévu par la météo : il fait mauvais et même il pleut légèrement !

L’étape de Mandalay se justifie surtout par les anciennes capitales qui l’entourent, la ville elle-même n’offrant pas un grand intérêt. Vu le temps qui ne devrait pas s’arranger de la journée, nous choisissons une de ces capitales : Mingun.

Nous optons pour l’option bateau et nous affrétons pour nous tout seuls un bateau pour 15 qui nous amènera en une petite heure, nous attendra pendant la visite et nous ramènera un peu plus vite car le retour se fait dans le sens du courant du fleuve. Il fait toujours gris et une petite pluie fine tombe par intermittence.

Il fait presque froid ! Inutile de dire que l’activité sur le fleuve et sur ses rives est réduite.

Nous arrivons avec l’accostage standard le bateau s’échoue en douceur dans le sable. Je pense que ce doit être des bateaux à fond plat.

Les centres d’intérêt de cette capitale sont tous le long d’une route d’un petit kilomètre avec des boutiques à touristes et quelques artistes peintres.

Une première pagode qui devait être impressionnante il y a encore quelques années car le débarcadère se trouvait au pied de son escalier monumentale gardé par deux grandes statues de lion.

Manque de chance cet endroit s’est ensablé et on accoste quelques centaines de mètres en aval et du coup la pagode est moins impressionnante (à tel point qu’on en oublie de se déchausser !).

Un peu plus loin le truc le plus étonnant de tout le voyage. Un roi avait décidé de construire le plus grand stupa du monde (il devait faire 153 m).

Quand la construction est arrivée au tiers, environ 50 m, les travaux ont été brusquement arrêtés. La raison exacte serait que l’architecte aurait dit au roi qu’il faudrait 80 ans pour terminer le stupa ou que les caisses de l’état auraient été vides …… Toujours est-il qu’il ne reste que cet énorme parallélépipède de 80 m de côté et 50 m de haut en briques rouge mais surtout qui a subi plusieurs tremblements de terre. Il s’est creusé dans ce gros blocs des fissures gigantesques.

On se demande vraiment comment il tient encore debout. Nul doute qu’au prochain séisme tout va s’effondrer.

En face il y a les restes des deux statues de lion qui devaient marquer l’entrée du site. De derrière on dirait plutôt des éléphants et devant, comme il ne reste rien, ce ne sont que des murs de briques !!!

Beaucoup de boutiques aussi autour de ces deux ruines ainsi qu’un tout petit chiot qui me suis quand je m’écarte pour prendre une photo et qui me suis également quand je reviens. Le pauvre a le poil tout abîmé par je ne sais quelle maladie !!!

Un peu plus loin toujours un des éléments qui devaient contribuer à la beauté du site finale : une cloche de 4 m de haut et de 5 m de diamètre, la plus grande au monde que l’on puisse faire sonner après celle du Kremlin à Moscou qui elle est fêlée !!!

La visite se termine par une autre pagode demandée par un autre roi très malheureux à la suite du décès de son épouse bien-aimée. C’est assez émouvant : entièrement blanc avec 7 étages et des fioritures à la fois fouillées et sobres !!!

Bref ce n’est pas le Taj Mahal mais le sentiment en y pensant est un peu le même.

Nous reprenons la route en regardant d’un peu plus près les étalages des boutiques. Rien de bien folichon et à des prix à négocier. Les gens du coin utilisent leurs bœufs pour promener les touristes depuis le débarcadère. Ils traînent une petite carriole en bambou pompeusement appelée « Mingun Taxi ». Super !

Nous reprenons le bateau. Il pleut toujours (au moins la pluie nous a épargné pendant la visite).

Nous décidons d’aller manger mais on nous dit que le restau est fermé parce qu’il a brûlé ! Parfois ce sont des ruses pour amener les clients ailleurs, mais là, on passe devant, et l’endroit est bel et bien clos par une palissade de chantier !

Nous hésitons sur la conduite à tenir et nous décidons d’aller à pied au centre de Mandalay. C’est-à-dire que nous sommes partis pour 6 à 8 km à pied. C’est assez intéressant car nous partons des bords du fleuve sur lesquels sont construits de petites cabanes pour les gens les plus modestes de la ville et au fur et à mesure on passe des quartiers de moins en moins pauvres.

L’attitude des gens change évidemment : sur le fleuve ils sont habitués aux touristes, certains doivent même en vivre partiellement. Notre bateau par exemple nous a été « indiqué » par une jeune fille qui doit faire la « rabatteuse » pour le propriétaire du bateau et doit toucher une petite commission.

Après la route qui longe le fleuve nous sommes les « bêtes curieuses » mais sans animosité aucune. Nos « Mingalaba » (bonjour) déclenchent de grand sourire et la même réponse. Puis petit à petit les choses changent, les quartiers ont de plus en plus de boutiques de plus en plus modernes et le centre-ville lui possède des tours et des centres commerciaux !!!

Petite restauration dans la cafeteria du Carrefour du coin (la chaîne s’appelle Océan). Nous prenons un taxi pour rentrer.

Ce soir nous allons manger dans le deuxième restau que nous avions repéré hier. Nous réussissons l’exploit de manger tous les deux pour 2€ à deux !!! Bon, vite servi, sympathique et Chelsea contre West-Ham à la télé en prime.

Demain, les 3 autres capitales anciennes.

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Journée bien remplie aujourd'hui. On a loué une voiture pour la journée. L'objectif est de visiter les trois autres capitales anciennes autour de Mandalay.

Il fait toujours gris mais il ne pleut pas. C'est déjà ça.

Nous commençons par un atelier où l'on fabrique des feuilles d'or. A l'ancienne ! C'est-à-dire que l'on place des petits morceaux d'or entre des feuilles de bambou. On fait une sorte de mille feuilles en alternant or et bambou et on frappe l'ensemble avec une masse de 3 kg. Ça aplatit l'or. On défait le mille feuilles. On découpe les feuilles en morceaux et on recommence. Jusqu'à ce que les feuilles atteignent un millième de millimètres d'épaisseur. Avec 24 g d'or on fait 2200 feuilles. Vous pouvez nous croire : le jeune qui tape avec la masse n'a pas besoin d'aller à la salle de sport !

Nous allons ensuite visiter la principale pagode de Mandalay. Le stupa central est en réparation, entouré d'un échafaudage et de bâches. Donc pas trop grave de ne pas avoir de ciel bleu !

A l'intérieur beaucoup de fidèles en particulier des hommes qui sont les seuls à pouvoir aller coller des feuilles d'or sur la statue. Les femmes doivent rester à distance !

On voit une salle où sont exposées des statues en bronze. Ces statues sont les statues qui gardaient le temple d'Angkor au Cambodge. Ce sont les seules statues en bronze que l'on connaisse venant d' Angkor ! Elles se sont baladées au gré des victoires des guerres entre Birman et Khmer au cours des années.

Des objets précieux du Bouddhisme aussi.

Bizarre cette ferveur des fidèles : il me semble que Bouddha disait "je ne suis pas un dieu ! Ce que j'ai fait tout le monde peut le faire". Enfin je vais me documenter pour connaître la vie de cet homme. Sa parole aurait été complètement détournée comme celle de Jésus que je ne serais pas trop étonné !

Nous quittons cette pagode pour un monastère qui est d'ailleurs plutôt une école

Nous assistons au rituel précédent le repas des moines. Des fidèles sélectionnés distribuent aux moines qui défilent devant eux une grosse platée de riz blanc et divers bricoles à côté. Voilà un régime qui ne conviendrait pas à tout le monde ! Ils vont s'asseoir au réfectoire et mangent en silence. Ils ne mangeront plus rien jusqu'au lendemain.

Nous passons de l'autre côté du fleuve pour aller à Sagaing qui se trouve sur des collines. Nous passons sur un des deux grands ponts qui sont presque côte à côte. L'un d'eux est ferroviaire, de construction britannique, mais avec deux voies pour les voitures qui devaient être insuffisantes pour le trafic. Le deuxième est de construction birmane avec du matériel chinois. Beaux ouvrages ! Nous traversons à pied pour profiter du paysage.

Ensuite un institut international du Bouddhisme et deux pagodes. La dernière offre un superbe panorama sur le fleuve et la ville. Dans cette dernière un groupe de jeunes filles nous accoste pour nous parler en anglais. Comme nous disons que nous sommes français, elles continuent en français. Bien que l'on ne comprenne pas tout, elles sont très enthousiastes et c'est très sympa. Un peu après leur professeur, que nous n'avons pas vu, s'approche et nous dit qu'il fait ça pour les mettre en situation. Avant de partir on fait des photos ensemble avec leurs téléphones et avec nos appareils. Situation que nous avions déjà vécue ailleurs mais ici on ne s'y attendait pas !

Ensuite il est l'heure de manger. Notre chauffeur nous amène dans un restaurant pour touriste. Je prends mon traditionnel riz frit et Biquette une salade au poulet. Je flambe côté boisson avec un coca zéro et un jus de banane qui me tient lieu de dessert.

Nous allons à la troisième capitale, deuxième du jour, qui s'appelle Inwa ou Ava. Les vestiges de celle ci sont situés sur une île ! Donc on prend le bac. Puis les sites à voir sont assez éloignés les uns des autres donc on doit prendre une carriole à cheval.

Nous voilà partis dans notre carriole comme tous les autres. Les chevaux semblent en bonne santé et sont très vifs (trop ?) le nôtre est mené par son cocher avec la bride et à la voix. Pas de fouet (heureusement)! Une partie des routes est en terre et comme il a plu, Nestor à scooter dans le sable à côté c'est de la rigolade ! La carriole brinquebale ! On est secoués mais la carriole ne semble pas devoir se renverser ! Et puis quelques parties bitumées reposent nos vertèbres !

Nous visitons un monastère entièrement en teck. Très sombre car traité au brai de pétrole (je ne sais pas ce que c'est mais c'est écrit tel que dans le Routard !). Superbe construction. Ensuite nous voyons une tour de guet miraculeusement sauvée de différents tremblements de terre et de guerres divers.

Puis un site de pagodes dont il ne reste que les structures en briques et qui nous rappelle Bagan.

Ensuite un très beau temple commandité par une reine et qui ressemble un peu au très beau temple d'ananas à Bagan. Malheureusement beaucoup moins bien entretenu.

Tout cela entrecoupé de séances de carriole dans les champs. Beaucoup de bananiers et d'ailleurs notre cocher achète un régime et nous en offre encore et encore !

Retour par le bac à la voiture pour la dernière capitale Amarapura. Un très joli monastère en teck peint en rouge ! Et le fameux point d'U Bein qui donne des photos magnifiques au coucher du soleil. On a un peu de chance car le soleil perce pendant quelques instants mais le coucher est encore loin. Quelques photos loin des clichés que vous pourrez trouver sur le net en tapant le nom.

Nous rentrons ensuite à l'hôtel après cette journée bien remplie

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette

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Dernier jour à Mandalay et le temps ne s’annonce pas meilleur que les jours précédents : la dominante est toujours grise !

Nous sortons de l’hôtel et un taxi se propose à un tarif exorbitant ! je refuse et nous prenons à pied notre route favorite, celle du long du fleuve. Nous trouvons un autre taxi qui lui demande un prix raisonnable moins de la moitié du prix du précédent !

Notre première étape est le marché de Jade. Selon le routard c’est le plus grand marché de jade d’Asie. Avant cela sans que nous ne lui ayons rien demandé il nous propose un arrêt dans un monastère que j’avais repéré mais nous avions décidé de faire l’impasse. C’est un modèle de monastère avec la structure en brique / stuc et l’étage et la charpente en bois comme celui que l’on a vu hier. C’est toujours aussi sympa de voir le travail du bois des artistes. Petit tour du bâtiment principal, photos et nous repartons.

Le marché de jade est très impressionnant. Mais contrairement à ce que l’on pensait ça ressemble plus à une salle de marché qu’à des ateliers d’artisan. C’est le jade mais façon trading !

Y a une animation pas possible. Certes, des gens viennent proposer des objets en jade et les pros les scrutent avec une lampe de poche qui permet de détecter par transparence les défauts des objets.

Nous trouvons quand même quelques vitrines qui montrent des objets de toutes sortes : évidemment tous en jade. C’est quand même un peu la déception pour Biquette et du coup on écourte notre tour du marché. Nous sommes les seuls touristes, les autres sont des grossistes ou des vendeurs.

Seul point amusant le nombre de scooters et motos garés devant l’entrée du marché. Il parait que plus de 30 000 personnes travaillent ici.

Nous négocions avec le chauffeur une visite des sites du nord de Mandalay. Il a d’ailleurs dans son taxi des feuilles plastifiées présentant tous les sites.

On tombe d’accord et il prend la direction des opérations.

Je ne vais pas vous détailler toutes les pagodes et temples : je ne sais pas si c’est à cause du temps gris mais nous commençons à saturer et à trouver tout pareil !

On visite quand même la maison d’un des rois de Mandalay. Elle est en dehors de l’enceinte du palais que l’on visitera tout à l’heure. C’est la demeure d’un roi mort prématurément.

Son fils l’a fait déplacer pour ne pas l’avoir trop près de lui car il lui rappelait trop de mauvais souvenirs !

On voit deux pagodes dont le but est de présenter la parole de Bouddha et les commentaires associés (le canon bouddhique).

La première présente chacune des 729 stèles dans un petit stupa blanc. L’alignement de ces stupas est impressionnant. Il a été estimé que pour lire tous ces textes à raison de 8 h par jour il faudrait 450 jours pour tous lire. Pour les amateurs un ouvrage en 38 volumes a été édité !

Dans la suivante on a la version longue en 1774 stèles et stupas blancs mais plus petits !

Nous en arrivons au palais royal. Il est dans une enceinte fortifiée carrée de 1,5 km de côté. Tout l’espace est occupé par l’armée sauf le centre où se trouve le palais royal. Check-point militaire pour rentrer mais ensuite liberté totale pour visiter. Ça fait un peu cité interdite (de Pékin) du pauvre mais c’est quand même assez joli. Il y a une tour à l’intérieur de l’espace sur laquelle on peut monter en gravissant les 121 marches et, d’en haut, on a une très belle vue sur les différents bâtiments du palais.

Nous traversons les salles à l’intérieur desquelles il y a très peu d’objets. Ça fait un peu coquille vide. Mais toujours ces constructions tout en teck qui sont impressionnantes.

Il est l’heure du repas.

Nous indiquons à notre chauffeur où nous voulons aller. C’est le petit restau local d’avant-hier soir où on avait vu Chelsea West-Ham à la télé. Ça nous avait bien plus. La quantité des choses servies d’office : pains farcis et petits triangles frits, est doublée et nous décrétons donc que ça nous suffira.

Nous avons le malheur de prononcer le mot « thé » parce qu’il y a une grande théière d’office sur toutes les tables. Ils nous emmènent des tasses et nous servent du thé classique mais reviennent un peu plus tard avec cette horrible mixture thé lait concentré très sucré que l’on a vraiment du mal à boire ! le moins pire est de le « couper » avec du thé normal !

Retour à l’hôtel puis un autre taxi pour l’aéroport. Nous prenons un vol pour Rangoon. Demain dernière journée en Birmanie (notre vol retour est en fin de soirée).

Grosses bises à tous

Nestor et Biquette.

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Quand Nestor pense à une journée cool pour terminer les vacances en roue libre, c’est compter sans Biquette !

Elle devait aller au marché avec la propriétaire de l’hôtel comme on avait fait le premier jour mais Nestor aussi devait absolument venir. Du coup lever 8 h 30 pour être au petit déjeuner à 9 h. Cette fois j’échappe au petit déjeuner typique birman et je prends des œufs et des toasts. Biquette, elle, la joue exotique.

Départ au marché à 10 h. Biquette veut ramener des avocats, des arachides et les nouveaux fruits qu’on a mangés ce matin. Ça ressemble à des pommes mais ce serait des prunes ! Enfin c’est bon c‘est l’essentiel.

Puis retour à l’hôtel …… euh pkoi déjà ? je sais plus ! enfin on repart dans notre rue fétiche à la recherche de la machine à coudre portative car on a eu des demandes suite à la description de l’engin lors des premiers messages. On retrouve le gars qui vend ça au même endroit que la dernière fois. Et, un peu plus loin, on en trouve un autre dont les modèles ont l’air différents. Pour le prix on en reprend deux !

On prend ensuite un taxi après un petit marchandage bon enfant et on se retrouve très au nord de Rangoon près du grand lac, pas loin de la maison d’Ang San Suu Kyi (pour le dernier mot on dit « tchi » pas « ki » !). Nous allons au centre commercial le plus gros de Rangoon pour acheter quelque chose de bien précis mais que je ne peux pas dévoiler !

La machine marketing mondiale est passée sur la Birmanie qui fête Noël ! Si si ! il y a le sapin (faux bien qu’on ait vu des pins dans le pays) les rennes en peluche et je ne résiste pas à prendre une photo de Biquette avec les rennes et le sapin. Pendant tout le temps où on sera dans le centre commercial on entendra « jingle bells » (Vive le vent) en boucle et uniquement ça !

On mange là-bas. Il me faut du salé avant le sucré je prends un burger KFC : pas terrible ! On finit tous les deux par un yaourt glacé où on se sert et où on paie au poids. Nestor a plus grands yeux que grand ventre et rajoute plein de trucs sur son yaourt qui sont à peine mangeables ! Ils ont des progrès à faire dans ce domaine (on est loin de ce que l’on a mangé à Athènes par exemple !).

Ensuite on part en exploration pour trouver la maison d’Ang San Suu Kyi. Je n’ai pas le guide mais je crois me rappeler le 54 avenue de l’université. Effectivement ça pourrait être ça : il y a un garde, le portail est blindé et le mur d’enceinte est recouvert de barbelé. Je crois qu’elle vit toujours ici. Elle est maintenant ministre des Affaires Etrangères car elle ne peut être ni première ministre ni présidente car elle est mariée à un étranger (anglais). J’essaie un peu de parler avec le (très) jeune policier qui est dans sa guitoune. Il est très souriant mais ne semble pas comprendre l’anglais. Il me confirme (enfin je crois) qu’elle habite bien dans cette maison.

Nous prenons ensuite un taxi pour aller voir une pagode encore plus au nord que là où nous sommes.

Encore un marchandage sympa ! Le chauffeur s’avère être un bon chanteur et chante sur le CD qui passe dans la voiture. Biquette filme par deux fois les vocalises de notre Caruso ! Pas mal !

La pagode est en travaux donc son stupa central est aussi emmitouflé dans des sacs de toile donc l’effet n’est pas super mais cette fois le ciel est bien bleu. L’intérieur est sympa avec le principe des petits miroirs largement utilisé.

Pour moi la journée s’arrêtait là : il est 15 h on serait arrivé vers 16 h idéal pour se rafraîchir et pour buller un peu avant le départ. C’est compter sans Biquette qui nous déniche sur le plan une autre pagode encore plus au nord. Je dis « chiche mais tu t’occupes de la trouver ! ». Elle relève le défi. Elle ne s’en sort pas si mal. Elle demande son chemin à un policier. Je donne quand même mon avis quand il y a un doute. Après une heure en plein soleil et en plein cagnard (il doit faire 34°C à l’ombre), on arrive au bord d’une voie ferrée. On fait le point ensemble : si on marche au nord sur la route on arrivera à la pagode, si on marche le long de la voie ferrée à 200 m il y a une gare où on trouvera surement le train circulaire de Rangoon (sorte de voie ferrée périphérique) et on pourra se rapprocher de l’hôtel. On arrive bien à une gare de campagne. On voir le plan du train circulaire et on se trouve à 8 stations de Rangoon central. Un employé me demande s’il peut m’aider dans un anglais parfait. Il m’explique qu’il y a un train dans 20 mn sur la voie d’en-face. Je lui demande 2 tickets : il revient avec le papier et me demande 200 kyats (on dit « tchatte » !) soit 15 centimes de dollar pour deux (ça ne fait pas cher le billet de RER !).

Le train arrive (en avance). Je fais signe à l’employé, il me confirme par geste que c’est le bon train. Le voyage dure 30 à 40 mn et Biquette ayant pris soin de photographier l’itinéraire à la gare on n’a pas de mal à suivre. Le train va très lentement et ça nous laisse la possibilité de voir les environs avec déjà des cultures bien que nous ne soyons pas très loin du centre de Rangoon. Très sympa encore une fois !

Arrivés à la gare (on était déjà passé à pied lors de notre premier séjour). Biquette propose d’aller manger les pamplemousses que l’on a acheté au petit par qui est à coté de la pagode Sule (notre première pagode !). Elle continue à faire le chemin. Je lui rappelle pourquoi on va dans ce sens avec la position du soleil et de ce qu’on voit sur la carte. Elle semble percuter ! On marche un petit km et on arrive au bord de la Yangon river (le fleuve Yangon). On est allé trop loin ! on aurait dû tourner avant. Nestor, qui ne s’était rendu compte de rien reprend le commandement. On est tout proche et cette petite erreur nous permet de voir des immeubles que l’on avait décidé de ne pas aller voir le premier jour. On traverse le marché de l’électronique avec plein de stands avec des téléphones portables et/ou des accessoires. Mais aussi des lunettes de soleil et même des espadrilles !

On s’arrête dans le parc pour manger nos pomélos. Il y a beaucoup de monde : les gens sont installés par petits groupes ou en couple. Il fait relativement frais, le parc est à l’ombre : c’est un très bon moment !

On photographie le coucher de soleil sur la pagode Sule et on prend le chemin du retour vers l’hôtel où on arrive vers 17 h 30.

On s’installe dans la salle commune de l’hôtel qui fait très auberge de jeunesse mais aussi hôtel familial. Les propriétaires et leurs enfants sont dans cette salle commune et tout le monde discute. C’est vraiment un hôtel que nous ne manquerons pas de recommander.

Voilà dans quelques heures nous partirons pour l’aéroport en taxi et ainsi s’achève le superbe voyage de Nestor et Biquette en Birmanie.

Grosses bises à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures

Nestor et Biquette