Une boucle de 15 jours dans ce joli pays où Nestor est déjà allé au début des années 80
Du 15 au 28 avril 2016
2 semaines
Partager ce carnet de voyage
1

Ce soir départ pour de nouvelles aventures : deux semaines de vacances (!) à Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka)

Ci-joint la carte avec le parcours et les dates prévues

Nous aurons la même voiture avec le même chauffeur pendant les 15 jours.

Tout d'abord de Colombo, la capitale, cap au sud pour voir les belles plages et les villages de bord de mer jusqu'au Parc de Yala pour 2 safaris (rien de comparable à l’Afrique du sud mais ça nous fera un avant goût pour le jour où nous irons là-bas !)

Puis cap au nord et d'abord dans les montagnes et les plantations de thé (hé oui le fameux thé de Ceylan !)

Ensuite les sites historiques et religieux des souverains de l'île, puis une journée de snorkeling à Nilaveli sur la côte est.

Enfin retour à Colombo en 3 jours en s'arrêtant sur les deux derniers sites historiques.

Prochain message sur place !

Bises à tous

Nestor & Biquette

PS : il y a 3h30 de décalage positif entre la France et le Sri Lanka (12h en France = 15h30 au Sri Lanka)

2

D'habitude tout se passe bien ! Après tant d'années à voyager notre routine rituelle rassurante permet généralement que tout baigne. Est-ce mon subconscient qui a décidé de mettre un peu de sable dans les rouages ? Va savoir !

Ça commence à l'aéroport de Lyon. Je dis à Biquette : « j’ai la confuse impression d’avoir oublié quelque chose ». Elle commence une check-list habituelle et prononce le mot « insuline ». Je dois me rendre à l’évidence : j’ai oublié mon insuline. Vous vous doutez que ce n’est pas comme le paracétamol : je vais pas trouver le bon modèle facilement ! J’essaie de rappeler Rémy qui nous a si obligeamment conduits à Saint-Ex mais pas de réponse. Une seule solution faire l’aller-retour Rillieux - aéroport au plus vite ! Je prends un taxi et j’essaie d’appeler Christine et Stéphane qui ont nos clés car ils s’occupent des aquariums pendant notre absence et que nous, nous n’avons plus de clé. Pas de réponse ! Je me dis que s’ils sont allés voir les Visiteurs 3 ou autre, c’est mal barré ! Mais joie ! Ils sont là. Ils me regardent incrédules, j’explique ma bévue. Ils me passent les clés et je cours chercher le précieux liquide avant de leur rendre les clés et de remonter dans le taxi.

Heureusement, nous avions de la marge et il y a très peu de circulation. Je rejoins Biquette dans la queue et nous arrivons sans problème à la salle d’embarquement en temps et en heure. Ouf !

Vol sans histoire jusqu’à Dubaï pendant lequel je l’aperçois que j’ai oublié ……… les guides ! (routard et un autre). Bon j’ai un itinéraire détaillé sous Excel mais nous aimons bien lire les explications lors des visites. Nous en serons quittes pour essayer de trouver un guide à Colombo car malgré de nombreux Lonely Planet dans l’aéroport de Dubaï, il n’y a pas celui du Sri Lanka Comment se fait-il que Nestor soit si distrait ? Mystère ! L’âge peut être !

Petite escale à Dubaï, juste le temps de trouver la bonne porte et nous sommes déjà dans l’avion suivant. Nous voyageons sur Emirates. Les avions (2 Boeing 777) sont tout neufs et très bien organisés. Les repas sont excellents et le personnel très serviable. Nous arrivons à dormir tous les deux : pour moi ce n’est pas une surprise mais pour Biquette c’est plus rare.

Les formalités sont très rapides à l’aéroport de Colombo. Marchandage habituel avec un taxi. Il a un peu de mal à trouver mais avec les coordonnées téléphoniques tout s’arrange. Il rechigne un peu à accepter les 10$ convenus et « grands seigneurs » nous décidons de donner 15$ après avoir discuté avec la réceptionniste de l’hôtel qui dit que c’est le prix ! (c’est presque vrai, j’avais regardé les prix indiqués sur le site web de l’aéroport de Colombo). Enfin ici aussi c’est marchandage à tous les étages.

Il fait 35° ! Le choc thermique est difficile. Nous décidons de nous reposer un peu à la piscine de l’hôtel. L’eau est à température ambiante donc plus de 30° mais ça fait du bien quand même de se tremper.

Nous partons vers 17h pour visiter les environs. Nous sommes à Negombo environ 30km au nord de Colombo. Nous avons choisi cet endroit car il est plus proche de l’aéroport que Colombo. Nous y reviendrons pour la dernière nuit avant le retour.

Le personnel de l’hôtel est très sympa et souriant. Apprenant notre mésaventure avec le guide, ils nous en dénichent un qui semble ancien et nous le passe. En y regardant de plus prêt il date de fin 2015 plus récent que notre routard oublié ! Ça fera l’affaire !

Nous partons après avoir pris un plan à l’hôtel et nous nous dirigeons vers la plage. Elle est noire de monde ! Il y a peut-être un événement particulier. Nous nous insérons avec joie dans cette cohue. Il y a presque autant de gens dans l’eau que dehors. Il y a beaucoup de femmes musulmanes en voile intégral noir. Mais tout ce monde cohabite sans problème et les musulmanes ne sont pas les dernières à nous sourire et à nous poser des questions ! Comme quoi tout doit être possible.

Il y a pas mal de vent, ce qui ravit les possesseurs de bateaux à voile et qui donne un mouvement gracieux au voile intégrale des femmes. Beaucoup d’enfants qui font voler des cerfs-volants et d’autres qui jouent au cricket (ancienne colonie anglaise oblige) ou au ballon. Au fur et à mesure que nous progressons vers le nord, loin du point de départ, le nombre de personnes diminue. Le soleil décline et nous attendons le coucher du soleil pour les traditionnelles photos.

Nous reprenons ensuite la route parallèle au bord de mer que nous avions prise au début et nous retirons de l’argent local. Nous voilà parés avec euros, US dollars et roupies. Nous cherchons un restau et trouvons notre bonheur. Biquette prend un poisson et je prends …… des spaghetti carbonara.

Biquette réprouve et dit que je devrais manger local. Elle se gausse quand ma carbonara arrive et qu’elle est truffée de poivrons, d’olives et d’oignons !!! Je me lance dans un tri des plus délicat mais je ne peux rien contre la tonne de poivre que le cuisinier a cru bon de laisser tomber dans le plat. Le service est très long mais nous ne sommes pas pressés.

Un « sweet lassie » (sorte de yaourt) pour Biquette et un milk shake banane pour moi et nous voilà sur le chemin de retour vers l’hôtel. Evidemment c’est là qu’il se met à pleuvoir ! Une bonne grosse pluie tropicale. C’est sympa si ce n’est pour les appareils photos que nous protégeons de mieux que nous pouvons.

Arrivés à l’hôtel la pluie redouble d’intensité ! Ouf on a évité le pire !

Je bataille un peu avec la tablette : pas de souris et pas de clavier. Mais à force de persévérance tout rentre dans l’ordre. Biquette s’est endormie pendant ma page d’écriture. Va-t-elle avoir la force de « faire » les photos ?????

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

3

Nuit calme et réparatrice. Heureusement qu’il y la clim : la température ne descend pas au-dessous de 28°. Réveil à 6h45. Biquette va faire ses exercices de gym …… sans moi.

Petit déjeuner à l’extérieur à côté de la piscine. Copieux : toasts, fruits frais, jus de fruits frais, œufs et saucisses, crêpes, pain maison ….. et on nous demande sans cesse si on en veut encore !

Ranuka, notre guide chauffeur arrive pile à 8h. C’est un cingalais d’une cinquantaine d’année très souriant. Le personnel de l’hôtel charge nos sacs et c’est parti.

Nous sommes dans une belle Toyota récente climatisée et très confortable. On se rend rapidement compte qu’il conduit tranquillement et prudemment. La conduite est un mélange bizarre de conduite à l’asiatique : nombreux coups de klaxon et passages en force, et de conduite britannique : on s’arrête pour laisser passer les piétons aux passages protégés.

Entre Negombo et Colombo la route est une deux fois deux voies à chaussées séparées, très bien signalée (bandes blanches sur les côtés et séparation de voies). Quasiment que des véhicules japonais. Des touk-touk (genre Le Triporteur) aux couleurs vives mais pas de fioritures et pas de véhicules à traction animale. Vitesse limitée à 70km/h. On roule à gauche (ancienne colonie britannique oblige) mais on compte en km.

Nous commençons nos visites au nord-est de Colombo par un grand temple bouddhiste où aurait parlé Bouddha lors d’une de ces trois venues dans l’île. Il y a beaucoup de fidèles qui offrent fleurs et d’encens. Un grand stupa (on dit aussi dagoba) en forme de demi sphère (comme toutes !) a été construit sur le lieu où a parlé Bouddha. A côté une construction parallélépipédique en pierre orange foncé dans laquelle plusieurs salles présentent des peintures naïves de la vie de Bouddha et des statues du grand homme couché, assis, …. Quelques statues de bodhisattva qui parfois ressemblent à des danseuses !

Il fait déjà chaud et il n’est que 10h ! Nous rentrons à la voiture pour profiter de la fraîcheur de la clim et du confort de la Toyota calmement conduite par Ranuka. Nous arrivons à Colombo (que je ne reconnais pas du tout) et nous bataillons un peu pour nous faire comprendre de Ranuka pour voir les endroits que nous souhaitons : un temple hindou et une moquée. On aura fait le tour des principales religions de l’île (très majoritairement bouddhiste : 70%).

Nous filons ensuite vers le sud par la route de la côte mais nous voyons peu la mer car la route est à quelques centaines de mètres du rivage. Malgré la chaleur la végétation est incroyablement verte et luxuriante.

Nous arrivons sur un autre site bouddhiste avec, au bord d’un fleuve, un stupa presque aussi grand que celui de ce matin. Celui de ce matin était plein celui-ci est creux et abrite une immense salle de prière. Tous les gens s’installent sur le pourtour, le centre est occupé par des statues de Bouddha.

Il fait très chaud, c’est assez problématique car sur les lieux sacrés nous devons nous déchausser et pour marcher sur les pierres exposées au soleil il faut faire très vite pour ne pas se brûler. Il y a beaucoup de monde mais peu de touristes. Nous faisons sensation avec notre matos photo. Mais il suffit d’esquisser un sourire et les visages s’éclairent franchement avec bienveillance.

Ensuite nous allons manger. Il n’y a plus rien à la carte que 3 sortes de pâtes (tête de Biquette !) et la seule boisson à part l’eau, est du jus d’orange ! Nous partageons une assiette de pâtes et nous prenons deux jus d’orange (excellents à tel point que nous en reprenons) .

Nous sommes au bord de la mer sur une terrasse couverte mais l’air du large nous refroidit très bien et c’est très agréable par rapport aux temples qui sont à l’abri du vent. Le service est d’une lenteur affligeante mais nous ne sommes pas pressés et nous finissons par en voir la fin.

Nous allons ensuite voir la première mosquée qui a été construite sur l’île par les premiers marchands musulmans. A peine arrivés nous sommes entrepris par deux hommes qui se mettent en quatre pour nous faire tout visiter. Malgré le côté super amical nul doute qu’il faudra passer à la caisse à la fin. La mosquée ne ressemble pas à une mosquée. C’est une construction blanche sur un promontoire en bord de mer. Le tsunami de 2004 a fait des ravages mais n’est pas monté jusqu’à l’emplacement du bâtiment. En revanche les constructions du bord de mer ont entièrement été détruites ainsi qu’un petit port de pêche où des bateaux qui étaient au large ont été portés jusque dans le port. Des roches coralliennes ont également été apportées par le tsunami : impressionnant !

Evidemment à la sortie ils nous tiennent la porte mais sans nous laisser passer et en tendant la main. Je me retourne vers Biquette qui a déjà donné ……… 40 US $ ! « Tu comprends il m’a dit que c’était pour les orphelins de l’école proche de la mosquée !..... ». No comment ! Je lui dis de donner 20 au mien (comment faire autrement !). J’aurais sans doute donné 100 roupies (60 centimes) ou à la limite 1 US $. Mais il est vrai que Nestor est très économe. Enfin il y a une infime chance que cet argent aille aux pauvres même si je n’y crois pas trop !

Cet événement arrive aux oreilles d’un troisième larron qui a flairé la pompe à fric. Pas moyen de s’en débarrasser mais je tiens bon et c’est Ranuka une fois que nous sommes remonté en voiture qui doit se fâcher pour le faire partir. Il nous recommande une seule attitude (dire no thanks ! non merci).

Un dernier temple bouddhiste, enfin plus exactement une immense statue de Bouddha en position du lotus. Elle doit bien mesurer 15m de haut et elle est très bien peinte. Une petite glace pour se récompenser d’être monté jusqu’à la statue et nous partons vers notre maison d’hôte.

Ranuka a du mal à trouver il faut dire que ce genre d’établissement pousse comme des champignons et ne sont pas vraiment indiquées. Au vu de la journée de demain il nous donne rendez-vous à 7h30.

Nous prenons une douche et faisons un petit somme réparateur. Nous sommes plutôt fatigués même si nous n’avons pas beaucoup marché mais il faut dire que la chaleur et le décalage horaire doivent jouer. Nous partons à pied sous l’orage pour le dîner. Nous devions manger au bord de l’eau mais les 2 restaurants du coin sont fermés. Il faut dire que ce vendredi est férié et que le gouvernement a décrété le lundi chômé. Donc grand weekend de congés pour les autochtones.

Demain nous continuons vers le sud par la route côtière

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

4

Avant-propos : sans doute pas d’émission demain. Nous dormons sous la tente au milieu de la réserve de Yala et je doute que l’on ait accès à internet.


Excellente nuit d’une traite !

Petit déjeuner à 7h avec une énorme assiette de fruits, des toasts, une couple d’œufs. De quoi se remplir la panse pour supporter une matinée chargée.

Il est prévu d’aller voir une turtle (tortue) hatchery (couvoir). Le Sri Lanka est impliqué depuis de nombreuses années dans la conservation des 5 espèces qui existent sur l’île. L’idée de ces nombreuses nurseries est de veiller les plages la nuit pour voir les tortues qui viennent déposer leurs œufs. Si on laisse les œufs dans le sable, les nombreux prédateurs (dont l’homme) les détruisent en trop grand nombre pour que les espèces aient une chance de survivre. Ces organismes prélèvent tout ou partie des œufs pour les laisser incuber à l’abri, puis conservent les bébés jusqu’à l’âge où il devient possible de les relâcher en mer. De nombreuses tortues « abîmées » leur sont également confiées. Elles sont alors soignées et remise à l’eau dès que possible. Certaines sont baguées avec des émetteurs ce qui permet de les suivre électroniquement pour mieux comprendre les phénomènes de migration.

La première où l’on s’arrête est fermée ! Et Ranuka, après s’être renseigné, dit qu’elles sont quasiment toutes fermées ! Le fameux weekend de 4 jours est le weekend …… du nouvel an ! Pas étonnant que tant de choses soient fermées. C’est un weekend que les sri lankais passent en famille et de nombreux commerces ferment.

Nous allons faire ensuite une balade en bateau (une option de mon parcours). C’est très agréable avec l’air provoqué par le déplacement. C’est une rivière sur laquelle se trouve un très grand lac. La végétation n’est pas croyable : on aperçoit des manguiers et des oranges sauvages croulant sous les fruits ! Pas étonnant que les jus d’oranges soient bons ! Quelques haltes obligées sur le lac. La première pour aller dans une ferme qui produit de la cannelle. Et une découverte pour Nestor une ! La cannelle est tirée d’un arbre. L’écorce est la première couche du bois est réservée aux mauvais producteurs de cannelle : Thaïlande, Inde, ….. Au Sri Lanka, on travaille sur les troisième et quatrième couches en ayant au préalable fait sortir la sève en frottant le bois avec une baguette en bronze. La troisième couche est séparée en deux demi-cylindres et la quatrième est émiettée dans ces deux demi-cylindres qui sont refermés et mis à sécher. Puis on les travaille pour faire de la poudre, de l’huile, des parfums, des savons, ….. De nombreuses propriétés médicinales sont attribuées à la cannelle : entre autres anti-cholestérol, anti-diabète, maux de crânes. Mais aussi anti-moustiques, ……

Nous repartons avec un petit sac de produits divers. Nous passons ensuite nous faire nettoyer les pieds par les poissons. Des petits bassins flottant sont installés au bord du lac dans lesquels on peut se tremper les pieds. Je tente l’expérience. Le problème c’est que ce ne sont pas des petits poissons comme nous avons pu voir en Thaïlande ou Laos. Ici ce sont des poissons genre poissons rouges de bonne taille et qui s’en donne à bouche joie. C’est un mélange de douleur et de chatouillis à chaque bouchée ! Ils sont surexcités ! Pourtant j’ai des pieds plus que normaux. Je dois faire une sale tête car Biquette renonce ! Je ne tiens pas très longtemps car ça devient désagréable. Mais bon, j’ai l’impression d’avoir des pieds tout neufs.

S’ensuit quelques passages tracés dans la mangrove. Notre capitaine nous montre un varan couché sur une branche. Dur à voir sans aide. De nombreux oiseaux.

Puis nous accostons pour visiter un temple. Un bonze nous montre des ouvrages anciens écrits sur des bambous et nous demande de signer le livre d’or. Chacun fait une donation de 1000 à 2000 roupettes (soient à peu près 6 à 12€). Nous faisons de même. Le bonze nous convoque l’un après l’autre pour nous mettre au poignet un bracelet de coton confectionné par ses soins en psalmodiant des formules magiques. Il nous assure qu’à partir de maintenant nous allons être en bonne santé. Mon mal de gorge ne passerait il pas ? (Bouddha ou Lisopaïne ?)

Je demande ensuite à Ranuka d’aller dans un temple qu’il ne connait pas. Je tente de lui expliquer la route en disant à 6km « inland » de l’endroit où on est. Inland veut dire l’intérieur des terres en anglais. Il acquiesce mais je vois bien qu’il n’a pas compris : il suit la côte ! Peut-être un autre chemin ! Il s’arrête pour demander et nous faisons demi-tour pour prendre une petite route.

Nous arrivons enfin à un petit temple derrière lequel se trouve un long bâtiment qui abrite rien moins que la plus longue statue de Bouddha couché de toute l’Asie ! On ne sait pas combien il mesure car il serait désobligeant de mesurer Bouddha ! De toute façon Bouddha est grand !

Ranuka nous conduit dans un endroit non prévu dont il ne nous a pas parlé (j’aime pas trop ça mais bon). Il s’agit d’une mine qui extrait des pierres de lune. Il se met à tomber des cordes et nous allons jusqu’à la mine avec un guide et de nombreux parapluies prêtés. Le puits de mine fait 10 m de profondeur sur une section 3x3. On voit au fond une bougie (méthode traditionnelle pour s’assurer qu’il y a encore de l’oxygène). Les mineurs creusent ensuite horizontalement vers la mer et remonte une bouillasse mélange d’eau de sable et de cailloux. Après un lavage style orpailleur, le mineur trie les pierres et reconnait en un clin d’œil les pierres de lune (blanche ou bleue …. Très pâle le bleu).

Evidemment il y a une boutique de bijoux et Biquette ne peut résister même si son choix reste bien modeste. Je suis chargé de la négo et j’obtiens à peu près moitié prix ce qui est le minimum pour une négo rapide.

Nous allons ensuite vers la ville de Galle (on prononce gôl et pas galé comme je le pensais). C’est une ville fortifiée. Ranuka nous arrête devant un restaurant très « old british » on se croirait dans le club house d’un golf de Saint Andrews. Mais c’est complet ! Nous le quittons à regret et poursuivons la route à pied. Il fait une grosse chaleur. Ce matin il y avait des averses qui refroidissaient l’atmosphère mais là le beau temps est revenu et ça tape. Nous trouvons un « Heritage Café » à la carte très occidentale. Nous choisissons un sandwich style burger frites pour Biquette et une omelette frites pour moi. Je conclus par un banana split ……. Ce n’est pas courant de voir ça à la carte et il vaut mieux tenir que courir.

Nous faisons une petite balade sur les remparts : le panorama est joli et il y a le traditionnel ancien phare blanc et sur la plage de nombreux autochtones se baignent. Les femmes voilées aussi ! A la sortie de l’eau je me demande si le voile ne fait pas exactement l’inverse de ce pourquoi il est fait : ça ressemble plus à un concours de T-shirts mouillés ! Enfin !

Nous rejoignons la route du bord de mer et trouvons enfin un turtle hatchery ouvert. De grands bacs en béton dans lesquelles nagent des tortues âgées de 1 jour à 7 ans. Certaines sont prêtes à partir et les plus vieilles sont en convalescence avant le grand retour à l’eau.

Un peu plus loin nous voyons une grande statue de Bouddha érigée en 2006 avec l’aide des japonais, commémorative des dégâts occasionnés par le Tsunami.

Nous arrivons dans un hôtel qui donne directement sur la plage. La mer est assez déchaînée mais il y a une digue d’enrochement qui délimite un chenal où l’on peut se baigner. Le coucher de soleil est superbe.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

5

Commençons par mes déboires avec la cuisine italienne martyrisée par les cuisiniers Sri Lankais. C’était hier soir. Nous mangeons à l’hôtel, Biquette prend des macaronis au pesto et moi des spaghettis bolognaise (je précise : pas de poivrons, pas d’épices, pas de poivre, rien de rien d’autre qu’une bolognaise).

Les plats arrivent je prends une bouchée et 99,9% de mes papilles gustatives sont détruites pour plusieurs mois. La ringue me prend ! J’appelle le serveur et je lui explique ma façon de penser. Je veux, que dis-je, j’exige des pâtes cuites à l’eau avec du fromage râpé !!! Il faudra 10 mn me dit-on (j’attends au moins 1/2h !). Je picore quelques macaronis dans l’assiette de Biquette pour essayer d’éteindre le feu. Finalement les pâtes arrivent et ont un goût prononcé d’ail. Bouhhhhhhhh !

Enfin je mange quand même. Un peu plus tard un sri lankais parlant très bien le français vient s’excuser en disant que la cuisine a fait une erreur ! Sans blague !

Nous arrivons à 7h au petit déjeuner mais nous avons du mal comprendre : 7h c’est l’heure à laquelle les gens de l’hôtel commencent à préparer le buffet du petit déjeuner. Nous patientons jusqu’à 7h30 pour commencer à manger : c’est l’heure à laquelle nous devions partir !

Nous avons rendez-vous à midi avec une personne du camping de la réserve naturelle de Yala où nous devons passer l’après-midi et le lendemain matin. Au programme deux safaris : un à 15h aujourd’hui et un demain à 5h30 (si si !).

Ranuka se stresse de ne pas arriver à l’heure. On rate quelques trucs que l’on avait prévus mais rien de grave. On voit quand même la plus grande statue de Bouddha assis en lotus du Sri Lanka. Toujours beaucoup d’autochtones, weekend du nouvel an oblige. Le site est rempli de fleurs et d’offrandes diverses. Très sympa !

Nous arrivons en vue du lieu de rendez-vous à 10h30 ! Ranuka nous emmène voir les « bat trees » (arbre à chauve-souris). Il y en a des guirlandes sur trois ou quatre grands arbres. Elles sont dodues et piaillent tant que ça peut. Certaines se battent ! Nous essayons de les prendre en photo …… pas simple !

Finalement les gens du camping viennent nous prendre à 11h. Nous laissons les grands sacs et n’emportons que de quoi dormir une nuit sous la tente. Nous ne sommes que tous les deux dans une jeep (enfin je dirais plutôt un pick-up dont la partie utilitaire a été équipée d’une nacelle de 6 fauteuils organisés en trois rangs de 2. Une vitre à l’avant et une porte à l’arrière, les deux côtés sont ouverts.

Nous arrivons dans un camp ou il y a 8 tentes pour 2 personnes. C’est de la tente style armée : 2m50 de haut 4 de large et 6 de long avec salle de douche attenante avec un vrai WC. Un espace couvert commun pour manger. On est très bien accueillis et cela d’autant plus que nous sommes les seuls clients ! Il fait chaud mais l’espace commun est bien ventilé. On nous annonce que tout est compris : on peut avoir des alcools, de la bière, des sodas ……. On répond que nous ne boirons que de l’eau voire des jus de fruits ! (car pas de sodas light, bien sûr). Biquette va au WC dans notre tente et revient livide : il y a un serpent dans la salle de douche de notre tente. Le patron s’insurge ce n’est pas possible c’est un lézard. Biquette soutient mordicus que c’est un serpent et je sais que depuis qu’elle a côtoyé, même de loin, les reptiles qu’avait Florian, qu’elle fait bien la différence !

Tout le personnel part à la recherche de l’intrus. On finit par le trouver et on s’excuse platement. On joue les durs en disant qu’on a l’habitude et que c’est rien on montera la garde chacun son tour pour dormir !

Déjeuner avec le traditionnel riz frit au poulet : seule valeur sure sans épices ! Un excellent yaourt maison au miel en dessert. Puis vers 14h30 départ pour le safari dans le parc. 1/2h pour arriver à l’entrée. Notre chauffeur (le même que celui du rendez-vous de ce matin s’occupe de tout). On ne sera pas les seuls : plusieurs dizaines de pickup attendent les billets pour rentrer. Dès le guichet de contrôle passé on se croirait en Afrique (enfin du moins c’est l’idée que l’on s’en fait). Une végétation aride de buissons un peu desséchés avec de grands arbres bien verts mais par petits bouquets. Des pistes rouge orangées plus ou moins défoncées selon les endroits.

Une mangouste traverse la piste mais nous la manquons. Les pickups se suivent mais à chaque embranchement ils se séparent au bon vouloir des chauffeurs. Ça commence doucement par des petits oiseaux (fort jolis d’ailleurs avec des couleurs vives bleu, vert, rouge) mais assez difficiles à photographier car peureux et virevoltants. Il y a aussi des paons de différentes races dont les mêmes que les nôtres, des pélicans, des marabouts, et différents échassiers style héron (héron petit patapon) ibis, et d’autres dont nous ne connaissons pas les noms. Il y a énormément de points d’eau de différentes tailles et c’est là que l’on a le plus de chances de trouver les animaux qui viennent s’abreuver. A l’arrivée sur un point d’eau je vois les deux pattes arrière et la queue d’un éléphant de grande taille mais il part derrières des arbres. Nous tournons et retournons dans ce dédale de pistes et petit à petit notre collection s’enrichit : des biches (qui nous regardent avec dédain !), des phacochères, des buffles de grande taille. Puis le premier éléphant. Une éléphante plus exactement qui va sans doute bientôt mettre bas vu ses flancs rebondis. Elle n’est pas effrayée par les pickups. Nous partons au moment où elle gratte le sol avec ses pattes avant ce qui veut dire qu'elle va charger ! Au point d’eau suivant deux crocodiles de belle taille immobiles au bord de l’eau ainsi qu’un pélican qui s’envole (ce qui donne une photo au look un brin préhistorique) un échassier noir et blanc aux pattes rouge vif, un toucan au loin. Puis dans d’autres points d’eau ou sur terre différents cervidés inconnus pour nous, un varan, une tortue, des zébus (longs !) un énorme lapin avec une oreille fendues puis une mangouste peu farouche qui s’approche de notre véhicule.

D’autres crocodiles, deux jeunes éléphants adultes qui se nourrissent dans des buissons (difficiles à photographier), un aigle de grande taille perché dans un arbre.

La nuit tombe, on n’a pas vu passer le temps ! Nous sortons du parc et nous apercevons un grand éléphant mâle avec de grandes défenses d’un blanc claquant. Dur à prendre plus de lumière et il est caché par les arbres et les buissons.

Nous arrivons au campement à 19h. Le temps d’une douche avec eau chaude (le luxe vous dis-je). Il manque juste l’électricité !

Après le bon repas : une spécialité sri lankaise genre crique (pomme de terre, fromage), une soupe, poulet et porc au barbecue avec des légumes cuits et en dessert des bananes sauce chocolat …. Un vrai délice !

Coucher tôt car demain lever 5h10 !!!

Lundi 18 avril 2016

La nuit fut émaillée pour ce qui me concerne par un réveil en sursaut et j’aperçois en ombre chinoise une silhouette que je crois être celle de quelqu’un en train de découper la toile de tente ! Pas cool. Je reste dans le lit en regardant comment les choses vont évoluer, prêt à bondir ! La silhouette est immobile : bizarre pour quelqu’un qui ferait de la découpe et qui voudrait s’introduire dans la tente. Je bouge légèrement pour changer de point de vue et je m’aperçois qu’il s’agit d’un jeu d’ombre de différentes branches qui avait dessiné cette forme vraiment inquiétante pour un réveil en sursaut.

Bref la courte nuit se passe bien et à 5h30 nous voilà repartis sur notre pickup. Il fait encore sombre mais le soleil qui se lève donne des couleurs irréelles au ciel somptueux !

Il y a autant de pickups qu’hier et nous repartons pour la même noria. Le grand absent de notre bestiaire d’hier est le léopard. Cet animal est l’emblème du Sri Lanka mais n’est pas facile à voir.

Ce matin tous les pickups le cherchent et le traquent. Les chauffeurs se concertent lorsqu’ils se croisent, ils se téléphonent pour le cas où l’un deux aurait aperçu le roi ….. Mais non. Nous tournerons plus de 4h sans voir la queue d’un.

Rien de bien nouveau lors de ce safari mais quelques scènes sympas : des troupeaux de buffles en file indienne allant au point d’eau avec des bébés qui ont du mal à suivre, une mangouste mâle exhibant son zizi, des échassiers mangeant des poissons attrapés dans le point d’eau, un éléphant dans le point d’eau, des buffles complètement immergés goûtant les joies de la baignade, ……..

Bref cette expérience nous donne encore plus envie de faire un safari au sud de l’Afrique !

Adieux au personnel du camp et retrouvailles avec Ranuka et la douce fraîcheur de la Toyota. Direction les montagnes où la température devrait être plus supportable.

Nous quittons la côte pour passer à la partie « montagnes et plantations de thé » de notre voyage.

Au passage nous visitons un site étonnant : des sculptures dans une falaise rocheuse de divinité d’une variante du bouddhisme appelée Mahayana très en vogue au Sri Lanka au 10ème siècle mais complètement tombée en désuétude.

Nous arrivons à Ella vers 16h30. Nous faisons un petit arrêt aux cascades de la ville et de nombreux autochtones s’adonnent aux joies de la fraîcheur de l’eau de la cascade. Et à l’arrivée dans le village nous prenons le thé avec Ranuka à la terrasse d’un hôtel qui montre un point de vue époustouflant sur les montagnes alentour. Nous sommes à 1000m d’altitude la température est très agréable après les 35° de la côte.

On pourrait être dans les alpes si on n’y regarde pas de trop près : les montagnes sont couvertes de pins. Evidemment si on y regarde de plus près il y a des palmiers et des bananiers !

Une mangouste se promène sur la terrasse qui est engazonnée. C’est un animal très apprécié dans les jardins car détruisant certains nuisibles, un peu comme le font les chats !

La (vraie) douche fait un bien fou. A l’heure de partir manger il se met à pleuvoir !

Demain balade dans la montagne et les plantations de thé

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

6

Il pleut tellement hier soir que l’on ne va pas manger : un paquet de Pringles et deux paquets de biscuits font l’affaire. On comprend pourquoi l’île est si verte quand on voit ce déluge !

Ce matin nous décidons de passer la matinée en balade car la pluie est annoncée pour cet après-midi.

Nous allons faire un circuit dans les plantations de thé. Ranuka nous conduit jusqu’au départ du sentier qui nous permet de grimper jusqu’à Little Adam’s Peak. Un sentier, presque une route chemine dans les premières plantations. Au départ c’est presque plat. Un montreur de bestioles sort son cobra d’une boite en paille. La bête se met dans sa position si caractéristique. Biquette prend ses distances. Nous ne cautionnons pas ce genre de pratique donc pas de photo et nous passons notre chemin.

Les buissons de thé sont d’un vert sombre intense et les jeunes pousses d’un vert plus clair. L’arbuste fait à peu près 1m20 de haut ce qui facilite la cueillette. Nous voyons nos premiers cueilleurs …… enfin c’est surtout des cueilleuses « supervisées » par un chef qui ne cueille pas mais donne ses directives. Là nous prenons des photos et donnons de la menue monnaie pour la peine. A la fin de la balade ça grimpe raide par une centaine de marches d’escalier. Il fait beau mais la température est clémente et la grimpette est facile. Du sommet le spectacle est superbe. On aperçoit toutes les montagnes alentour en particulier celles que l’on voyait hier de la terrasse. Des plantations et au-dessus des forêts de pins. Tout un dégradé de vert : très joli ! Au moment de la descente des français arrivent au sommet : ils discutent des différentes réserves et s’interrogent sur Yala où nous sommes allés. Nous faisons part de notre expérience de la veille et ils nous questionnent sur ce que nous avons vu.

Nous redescendons par le même chemin en demandant comment aller jusqu’à la fabrique du thé qui est notre prochaine étape. Nous passons dans les plantations et nous voyons même une piste d’atterrissage d’hélicoptères juste à côté d’un hôtel de luxe. Tiens c’est vrai pourquoi n’a-t-on pas affrété un hélico pour notre tour de l’île ?

Nous arrivons à la fabrique spécialisée dans le thé vert mais apparemment on ne visite pas, du moins aujourd’hui. C’est encore la fête à Ella ! Le weekend de 4 jours va se transformer en semaine de vacances ! Tous les gens que l’on croise répondent à nos bonjours avec de grands sourires : c’est vraiment très sympa comme ambiance. En descendant vers la voie ferrée un jeune couple nous invite sur la terrasse de sa maison en construction pour profiter de la vue sur le pont du chemin de fer, étape suivante de notre balade : « free of charge » disent-ils c’est-à-dire « c’est gratuit » ! La vue est belle sur ce pont à neuf arches qui doit dater de la période britannique de l’île. Comme ils font des jus de fruits frais nous en profitons pour nous désaltérer : ananas pour Biquette et banane pour moi. Ils nous indiquent ensuite le petit chemin qui descend en pente raide vers la voie ferrée. La pluie d’hier soir a rendu glissant ce chemin en terre et il nous faut faire attention pour ne pas choir.

Arrivés à la voie ferrée nous la longeons pour aller jusqu’à la gare d’Ella. Un train doit passer quelques minutes plus tard. Il fait un peu plus chaud ici : le soleil tape sur le ballast et les rails sont souvent dans des endroits encaissés. On entend le train de loin. Comme il y a beaucoup de gens sur les voies il signale sa présence presque continuellement. Nous nous installons pour photographier et filmer. Je suis à 1 m des voitures et je mitraille. Je ne vois pas le clown installé sur un marchepied et qui se penche pour me prendre le bras. Le choc est rude ! Heureusement que le train ne va pas vite !

Nous arrivons à la gare, le train est déjà reparti. A la sortie, il y a la fête sur l’esplanade devant la gare. Des haut-parleurs genre porte-voix diffusent la parole d’un animateur que nous ne comprenons évidemment pas (ça sera d’ailleurs le cas toute la journée car il y a de ces haut-parleurs dans toute la ville !). Des jeux de vogue sont organisés. Nous arrivons au moment où il faut, avec les yeux bandés, faire tomber des cruches remplies d’eau accrochées à un portique. On bande les yeux du candidat, on lui fait faire plusieurs tours sur lui-même avant de le lâcher. La foule le dirige de la voix et lui indique quand il faut taper avec sa perche. Le « notre » réussit sous les applaudissements de la foule.

Nous descendons vers notre hôtel avec deux petits arrêts : un pour les timbres-poste des sacro saintes cartes postales et un pour changer de l’argent.

Passage à l’hôtel pour quelques minutes de repos. Puis nous descendons vers le restaurant que nous a indiqué le patron de l’hôtel. La brume est en train de monter et passe dans les rues du village : on dirait de la fumée. Je demande à voir le menu qui n’est pas affiché, je demande si tous les plats sont disponibles : bien sur monsieur ! Nous nous installons le plus loin possible des haut-parleurs. Je commande une pizza et Biquette une salade de mangue ……. Désolé plus de salade de mangue ! Ça plus le fait que Biquette ne trouve rien d’autre et le fait qu’un Coca light coûte deux fois le prix d’un Coca normal : nous partons vers le resto d’à-côté ! Nous y mangeons des sortes de crêpes : 1 salée et 1 sucrée (banane pour Biquette et banane chocolat pour moi : excellent). Pendant le repas la pluie se met à tomber.

Ranuka nous conduit chez un ami à lui pour une séance de spa. Après avoir un peu rechigné je me laisse embarquer dans l’aventure. Après une séance de sauna bien chaud avec parterre de graines, fruits, écorces de toute sorte à travers lesquelles passe la chaleur. Nous suons ce qui est le but recherché !

Ensuite nous sommes installés dans une salle avec deux tables de massage. Biquette a sa masseuse et moi mon masseur. Ils sont tous les deux petits et très minces mais il ne faut pas s’y fier : leurs doigts sont redoutables. Tantôt des pinces, tantôt des crochets qui s’enfoncent dans nos pauvres muscles sans ménagement. Malgré ça c’est très agréable. Je perds la notion du temps.

Ça devait durer une heure ça durera pratiquement 2. Peut-être l’effet Ranuka, on est encore chez un de ses « grands amis ». Quand il nous ramène à l’hôtel il pleut toujours. Nous faisons une petite sieste pour soulager nos corps endoloris mais relaxés.

Demain nous prenons le train à 6h40 pour 2h de voyage à travers les plantations jusqu’au village le plus haut du Sri Lanka : Nuwara Eliya pour les connaisseurs 1800m d’altitude, les petites laines seront sans doute de sortie.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette


PS : Biquette qui n’a pas voulu m’écouter et n’a pas mis de crème solaire « parce qu’il ne fait pas chaud » a chopé un très joli coup de soleil (voir photo)

7

Lever 5h45 ! Juste le temps d’une petite douche. Nous sortons de la chambre à 6h01, le petit déjeuner est déjà servi. Copieux et bon comme hier. Nous descendons à pied la rampe d’accès à l’hôtel parce que Ranuka ne veut pas monter avec sa voiture, ce qui fait bien rire notre logeur. Mais en descente avec des sacs à roulette pas de problème.

Arrivée en gare, recommandations détaillés de Ranuka des fois que nous ne sachions pas prendre un train. Lui va faire la route en voiture et nous récupérer à la gare la plus proche de Nuwara Eliya.

Peu de monde dans le train. Il a fallu traverser les voies à pied sans passage prévu mais vu le nombre de trains et leur vitesse, le risque est faible.

2h40 de voyage à travers les paysages de montagnes du Sri Lanka. On commence par une vallée suffisamment large pour qu’il y ait des cultures. Du riz mais aussi toutes sortes de légumes. Lorsque la vallée se resserre il y a parfois des cultures en terrasse. Les verts sont intenses et multiples. Puis au fur et à mesure que le train monte (on va passer de 1000m à 1800m !) les collines sont recouvertes de plantations de thé comme celles que nous avons traversées à pied hier matin. Ici il y a parfois quelques arbres qui ont été laissés au milieu des arbustes à thé. Principalement des eucalyptus.

Puis on traverse des forets très denses quand les pentes de la montagne sont abruptes. Ce sont principalement des pins et d’immenses eucalyptus. Parfois quelques acacias. Pour les autres voir Georges avec les photos !

A quelques dizaines de minutes de l’arrivée il y a de plus en plus de villages avec des maisons qui ont un grand jardin avec des plantations de légumes. Les gens dans les champs ou devant leur maison répondent à nos signes. Nous retrouvons Ranuka en gare de Nanu Oya comme prévu.

Nous allons visiter ensuite un jardin botanique qui fut créé à la fin du 19ème siècle pour essayer de faire pousser le cinchona, un arbuste qui permet la fabrication de la quinine. L’expérience fut concluante et le jardin fut ensuite enrichi de nombreuses espèces. Le tout donne un jardin très agréable. Il y a beaucoup de monde mais pas de touristes. Ce sont encore les fêtes du nouvel an qui se prolongent. Les gens sont souriants et sympathiques. Ça nous fait une belle balade d’une bonne heure. A la sortie un marchand ambulant vend des glaces. Biquette n’en veut pas mais je prends un cône vanille pour la somme exorbitante de 54 cents. C’est une des premières fois que l’on prend quelque chose au prix normal (d’ailleurs indiqué sur un panneau ce qui est rare). D’habitude pas de prix marqué et le touriste paie entre 2 et 10 fois le prix des autochtones.

Nous visitons sur le chemin un temple hindou plus particulièrement dédié à Hanuman, le dieu singe, que certains connaissent peut être car c’est le nom d’une entreprise de logiciels française et aussi le nom d’un jeu vidéo. C’est très coloré mais aussi très en travaux.

Nous arrivons ensuite à Nuwara Eliya. J’essaie vaguement de reconnaître avec les souvenirs que j’ai de mon passage ici en 1980. A part le parc Victoria et le golf qui se trouvent de chaque côté de l’avenue principale le reste est méconnaissable. C’était un petit village genre village de montagne des alpes, c’est devenu une grande bourgade avec des magasins d’électronique, d’électroménager, …. En plus c’est la foire et la vogue comme hier à Ella et des haut-parleurs font un raffut du diable. Dures conditions pour un pèlerinage ! Seule la poste a un petit air familier. Nous en profitons pour faire valider les timbres que l’on a achetés à Ella. Oui un seul timbre pour la France et c’est 25 roupies soit 15 cents (le prix d’une carte postale d’ailleurs). Étonnamment bas par rapport aux autres pays d’Asie que nous connaissons.

Nous allons ensuite visiter la plus grande fabrique de thé du Sri Lanka. On en voit le nom affiché dans les plantations sur 30 ou 40 km. On apprend plein de choses sur le processus de fabrication du thé. Sur 1000 employés il y en a 800 qui s’occupent de la cueillette. Ensuite séchage puis fermentation (sauf pour le thé vert). Ensuite broyage puis séparation en plusieurs qualités. Le nom commun à tous est Orange Pekoe : Orange venant du nom d’une famille royale hollandaise les Oranje Nassau et Pekoe est un mot chinois qui signifie « duvet fin ».

Si la feuille de thé est laissée entière on obtient les thés dits OP (Orange Pekoe)

Si la feuille est broyée on obtient les thés dits BOP (Broken Orange Pekoe)

Les autres appellations sont des variantes de ces deux-là en particulier avec l’ajout de parfums.

Nous avons droit à une dégustation gratuite de BOP et nous en achetons une cargaison en pensant à tous les amis qui aiment le thé.

Nous filons ensuite vers notre hôtel ou nous arrivons vers 14h. Après installation, nous prenons un repas buffet au restaurant de l’hôtel. Petite sieste puis balade en direction de Ramboda Falls une cascade qui fait la renommée du village dans lequel nous sommes.

Ce n’est pas long mais ça grimpe sec. Ce sont presque uniquement des marches d’escalier inégales en hauteur donc assez ardues à monter. Merci les squats et les fentes avant du cours de gym !

Nous admirons le paysage du sommet : une cascade de 80 à 100m de haut qui tombe à la verticale. Nous en profitons pour réviser le cours photos sur les filés que l’on peut faire avec l’eau qui coule.

Nous redescendons et nous arrivons à l’hôtel juste avant que le déluge ne recommence à tomber.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

8

Très bon repas et servi très rapidement hier soir.

Départ 7h car la journée sera longue. Nous continuons de descendre vers Kandy la plus importante ville religieuse de l’île. Ranuka est de plus en plus prudent. Notre moyenne en descente doit frôler les 20km/h. Ah ça c’est sur on n’a pas peur !

Le premier temple que nous cherchons n’est pas facile à trouver. La route est belle mais étroite. Ranuka doit demander le chemin de nombreuses fois. Enfin nous arrivons à ce temple. C’est un petit temple dont la caractéristique est de comporter de nombreux piliers et une charpente finement sculptés. De nombreux fidèles sont en train de prier et/ou de donner des offrandes à Bouddha. C’est moins calme que d’habitude mais c’est plus vivant et plus réel que de visiter des temples vides. Les gens ne sont pas incommodés par notre présence. On a un peu de mal à passer inaperçu, surtout moi avec mon harnachement photo. Mais avec un peu de bons sens nous arrivons d’instinct à nous placer dans des endroits discrets. Il est 9h30 et il fait déjà chaud !

Le deuxième temple est plus impressionnant. Il est construit sur un rocher, comporte une dagoba et plusieurs bâtiments. Des salles avec des statues de Bouddha et toujours beaucoup de fidèles.

Il a aussi une particularité intéressante c’est qu’à l’entrée il y a un marchand d’objets sculptés que Biquette a repéré à l’arrivée. Evidemment au retour pas moyen d’y couper. Elle repère très vite un paon et un pêcheur sur pilotis comme nous n’avons pas réussi à en voir lors de notre passage sur la côte Sud-Est. Je suis l’heureux gagnant d’une séance de marchandage et nous repartons avec les deux objets convoités et Biquette aux anges.

Le troisième temple ne paie pas de mine mais nous arrivons juste au moment d’une célébration. Le gars de l’entrée nous dit que nous n’avons que quelques minutes pour voir la principale salle du site avant la cérémonie. Nous rentrons en même temps que les fidèles. Le gars de l’entrée vient me chercher pour que je sorte mais ne repère pas Biquette nous ressortons de la salle et il ferme la grille en fer de la sortie ! Nous voilà avec une Biquette prise en otage par une procession Bouddhiste ! Le bonze chante sa mélopée dans un micro et les fidèles reprennent en chœur. Je vais visiter les autres salles et Biquette arrive à s’échapper : la grille n’était que tirée et facile à ouvrir.

Nous partons ensuite vers le fameux jardin botanique de Kandy, très connu dans le monde entier. Nous faisons le tour des endroits principaux. Nous voyons en particulier des bambous géants qui feraient passer les nôtres pour des allumettes ! Toujours beaucoup d’autochtones, renseignement pris, c’est encore jour de fête ! Nous avons toujours le même succès et de nombreux contacts avec la population présente.


En tant que paparazzo qui emporte un objectif de presque 2 kg pour photographier des gens à l’insu de leur plein gré, je suis assez frustré. J’avais des souvenirs de femmes en saris dont je pensais pouvoir faire de beaux clichés. En fait les saris ont été remplacés par des robes ou des jupes et chemisiers quand ce ne sont pas des jeans !

Le seule ressemblance sur laquelle je me console vient des femmes musulmanes et de leurs tenues qui, quand elles ne sont pas entièrement noires, peuvent être du plus bel effet.

Vers midi la chaleur nous fait nous arrêter à la cafétéria du site, un endroit très british, où nous prenons un petit repas à l’européenne : sandwich jambon fromage pour Biquette et omelette fromage pour moi, le tout avec d’excellentes frites. Je conclus par un banana split !

Après le repas je conduis Biquette au pavillon des orchidées. Je l’abandonne car il y fait très chaud. Elle revient enchantée et me demande de venir la prendre en photo au milieu de ses préférées. Je lui demande si elle n’est pas dégoûtée quand elle voit ça par rapport aux trucs rabougris que l’on a chez nous, elle me dit : « ben non au contraire ! » …… ça promet !

Nous retrouvons Ranuka à la sortie des jardins. Je tombe sur un européen possesseur d’un « grand blanc » (entendez par là un objectif de la série professionnelle Canon). Il me demande ce que je pense de mon système de transport (gilet avec attache rapide pour chaque appareil). Je lui en vante les mérites. Il possède, lui, un 500mm qui doit bien faire ses 3 kilos ! C’est un fan de photo d’oiseaux et il dit que suivre en vol une de ces bestioles avec son appareil à bout de bras est un vrai calvaire ! Je lui parle d’un système fait par le même fabriquant que mon gilet. Bref ça tape la discuss sur le matos. Mais Ranuka arrive et je dois le quitter.

Nous convenons d’un endroit où il nous dépose au centre de Kandy, en fait au bord du lac côté sud. J’explique à Biquette ce que l’on va faire et nous partons le long de ce grand lac du centre de la ville de Kandy. Il est bordé d’une sorte de mur blanc ouvragé très caractéristique. Nous allons de l’autre côté où se trouve le monument le plus célèbre de la ville (et un des plus célèbre du Sri Lanka) : le temple de la Dent. Ce temple abrite (rait) une relique qui n’est autre qu’une dent du grand homme. De plus Bouddha est venu à Kandy ce qui en fait un lieu très important du Bouddhisme.

Nous nous insérons dans le flot continu de fidèle pour la visite de ce temple. Très grand bâtiment avec au centre un plus petit dans lequel doit être conservée la fameuse dent. Nous photographions les lieux sous l’œil amusé des fidèles. Toujours cette même ambiance bon enfant que l’on trouve depuis le début de nos visites. A l’extérieur un grand bâtiment aux côtés ouverts ou se déroule une cérémonie. Nous arrivons juste à la fin de la première mi-temps ce qui nous permet d’entrer pour quelques clichés.

Le « jeu » reprend juste quand nous avons fini et après être passés par l’endroit où les fidèles déposent de l’encens nous sortons de l’enceinte du temple. Juste après il y a d’autres temples plus petits où les fidèles sont en moins grand nombre. Il y a le temple de Pattini (non ! non ! pas Platini !). Biquette y trouve une procession qui commence et la suit avec grand intérêt (a-t-elle été endoctrinée lors de sa prise en otage ?). Un bonze est suivi par une cinquantaine de fidèles qui portent au-dessus de leurs têtes une étoffe orange qui doit bien faire 20m de long. Elle les suit avec enthousiasme même lorsqu’ils montent un escalier pour aller vers un autre temple. Je lui indique que je m’assois prêt de la sortie. Pas sûr qu’elle ait percuté ! Elle réapparaît assez rapidement : ils sont allés donner à manger à Bouddha !!!

Nous quittons ces lieux religieux pour un café-restaurant dont le décor date de la colonisation et nous prenons un jus de fruits frais bien mérité.

Nous allons ensuite à notre hôtel que Ranuka a bien du mal à trouver. J’ai choisi un hôtel sur les hauteurs de la ville et il faut dire que les indications sont rares.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

9

Nos hôtes sont charmants et nous font à dîner. Nous mangeons avec un couple de jeunes : lui est hollandais, elle suisse et ils travaillent tous les deux à Berlin. Ils sont là pour trois semaines et arrivent de Kandy par le train. Ils improvisent au fur et à mesure. Le repas est excellent, les plats ou sauces épicées sont identifiés et je peux facilement éviter les incendies.

Excellent petit déjeuner et départ à 7h30. Nous partons plein nord pour rejoindre ce que l’on appelle le « triangle culturel » dont les sommets sont trois grandes capitales anciennes : Polonnaruwa, Anuradhapura, Sigiriya. En route nous avons trois visites de sites et un arrêt « épices » la route empruntée s’appelle « route des épices ».

Il fait beau et chaud et ça ne fait que commencer d’après les prévisions. Il faut dire que nous sommes revenus à une altitude de 100m.

Le premier site à voir n’est pas très impressionnant mais sa place dans l’histoire du Bouddhisme de l’île est très importante. Le Bouddhisme est arrivé dans l’île au 5ème siècle avant notre ère et s’est transmis par voie orale jusqu’en 80 avant notre ère. Le souverain de l’île de l’époque fut pris de panique que l’enseignement du grand homme ne soit perdu si quelques hommes clés venaient à mourir. Il fit construire un monastère et recruta 500 moines pour faire le travail de transcrire la parole bouddhique sur des livres de feuilles de palmier. Ce travail colossal terminé, les livres furent stockés dans ce monastère qui devint bibliothèque. Cette bibliothèque vécut paisiblement pendant 2000 ans jusqu’à ce que l’armée britannique en 1848 ne détruise le monastère et 80% de la bibliothèque. Messieurs les anglais tirez les premiers !

Dans la bibliothèque une sorte de conservateur nous montre la technique d’écriture sur un morceau de feuille de palmier. Il grave les lettres avec un stylet puis passe une encre naturelle qui pénètre dans les sillons creusés par le stylet. Il suffit de nettoyer avec une poudre ad hoc et il ne reste de l’encre que dans les sillons. Moyennant une petite donation il nous donne le bout de papier où il est écrit « Welcome to Sri Lanka Catherine & Philippe » avec la date. Il n’est pas devin nous avions rempli le registre avant sa démonstration.

Nous visitons le temple formé de mini grottes dans des grands pans de rocher. Quelques statues de Bouddhas couchés ou en position du Lotus. Rien d’extraordinaire. Dans la montagne une grande statue de Bouddha dorée.

Arrêt suivant dans un lieu spécialisé en épices. Je pense déléguer à Biquette en pensant épices pour la cuisine, il s’agit en fait d’épices médicinales. Une discipline appelé Ayurvedic (non non pas are you Veidig ?). Un guide français nous fait la démonstration d’une quarantaine d’essence dont la vanille, le chocolat, la cardamone, le jasmin …. Il nous fait sentir toutes les huiles et baumes qui en découlent. Il fait frais dans cette forêt et la balade est très sympa. Ça finit par un massage du cou fait pas deux étudiants en médecine Ayurvedic qui s’exercent sur les clients pendant leurs vacances. Nous visitons la fabrique où se préparent tous les produits. C’est très artisanal. Nous passons par la boutique et prenons quelques produits pour les essayer à notre retour.

Notre halte suivante est annulée : le temple en question et fermé pour cause de restauration. La dernière visite est celle des temples de Dambulla construits dans la roche. Nous avions vu quelque chose du même genre à Datong en Chine. Ce sont des grottes dans lesquelles sont installées différentes statues de Bouddha et de ses disciples. Ici les entrées des grottes sont toutes reliées par un chemin couvert en arcade à l’abri du soleil et assez rafraîchissant.

Avant d’en arriver aux grottes il faut grimper un escalier qui nous fait monter de 160m d’altitude. Avec la chaleur nous prenons un rythme de sénateur. Mais petit à petit nous arrivons aux grottes. Sur la route il y a pas mal de petits singes et l’un d’eux, plus téméraire que les autres s’élance et s’accroche à mon sac à dos. Biquette fait courageusement la police. La bestiole est arrivée à ouvrir la fermeture éclair et à manger un morceau d’une des bananes qu’il y avait dans la poche correspondante. Malin comme un singe ? Nous nous empressons de manger la deuxième avant qu’elle ne subisse le même sort.

A la descente Biquette tombe en arrêt devant des boites à secret (que nous avions déjà vues avant Kandy). Je me mélange un peu les pinceaux dans la négo et nous payons ces deux boîtes bien trop chères ….. pour le pays.

Ranuka nous amène dans un restaurant où une eau glaciale et un buffet assez appétissant nous fait beaucoup de bien. Nous y retrouvons deux françaises qui s’emm…… dans un groupe de belges (flamands !). C’est la troisième fois que nous les voyons depuis Ella ! Pas si surprenant que ça car tout le monde fait à peu près le même tour de l’île et que les chauffeurs emmènent tous les touristes dans les mêmes endroits : les restaus et boutiques qui leur donnent le meilleur bakchich !

Ranuka nous propose un safari éléphant mais il fait trop chaud et surtout le traitement de ces bêtes n’est pas exempt de tout reproche dans l’île. Nous allons dans notre pension où nous arrivons à 15h30 ravis de trouver une chambre climatisée. Après une petite sieste réparatrice nous allons nous balader dans les environs mais il n’y a pas grand-chose à voir : c’est un endroit dans la campagne avec des pistes orangées et de nombreuses pensions du même type. La température est plus supportable que ce midi mais le tonnerre gronde. Je ne pense pas que nous aurons la pluie : nous avons quitté les montagnes.

Demain journée chargée avec deux sites majeurs Sigiriya et Polonnaruwa.

Grosse bises à tous

Nestor & Biquette

10

Lever 6h45 on ne peut petit déjeuner qu’à partir de 7h. Bon petit dej avec viennoiseries maison : notre hôte est cuisinier et a travaillé plusieurs années aux Maldives, il connait son affaire.

Nous partons à 7h15 et arrivons sur le site de Sigiriya un peu avant 8h. Il faut partir tôt pour deux raisons : la chaleur, il faut grimper 200m de dénivelé heureusement dans l’ombre à cette heure, il faut arriver avant le gros du flot des touristes car l’étroitesse de certains passages provoque des embouteillages.

Ce site encore appelé Rocher du lion est un promontoire de forme oblongue qui ressemble à une énorme molaire et qui dépasse bizarrement des plaines et collines environnantes. C’est ici qu’un des souverains de l’île a décidé au 5ème siècle de se construire un palais. Beaucoup de constructions ont disparu. Sans doute que des pans de rochers se sont également effondrés. Il reste des fondations et surtout les fameuses fresques représentant des jeunes femmes à la poitrine généreuse et nue qu’on a d’abord prise pour les épouses du souverain mais que les spécialistes pensent aujourd’hui être plutôt des apsaras (divinités bouddhiques). Après tant d’années elles se retrouvent sur une des parois verticales du rocher à 50m du sol et il a fallu construire des escaliers et des passerelles pour y accéder. Avec certains de nos fidèles lecteurs, j’y suis venu en 1980 et les passerelles étaient beaucoup plus folkloriques qu’aujourd’hui. Il y a encore des vestiges de ces anciennes passerelles de la mort !

Ça grimpe mais nous sommes à l’ombre et il y a du vent. Ça nous fait seulement réviser les fentes avant et les montées sur plint de la gym. Les fresques sont toujours là et toujours aussi belles. Il y en a une vingtaine que l’on peut voir, quelques autres cachées mais on pense qu’à l’origine il y en avait sur une surface de 140m de long sur 40m de large soit environ 500 !

On ne peut pas prendre de photos ! Je suppose que c’est à cause des flashes qui abîment les couleurs. Ils ne pourraient interdire que les flashes mais comme la majorité des gens ne savent pas débrayer le flash de leur appareil, la seule vraie solution est d’interdire de photographier. Pour voir ces charmantes jeunes filles Google fresques de Sigiriya !

Nous montons ensuite sur l’esplanade qui se trouve sur l’un des côtés du rocher. C’est l’esplanade qui permet de prendre l’escalier qui monte au sommet du rocher. Il n’y a que le début de l’escalier avec de chaque côté des griffes de pattes de lion qui permettent de penser qu’il y avait une représentation de cette animal à l’entrée du palais. Il y a partout des panneaux indiquant de ne pas faire de bruit car ça excite les frelons, nombreux sur le site, et ils peuvent se mettre à attaquer. C’était déjà le cas en 1980.

Sigiriya est la déformation d’une expression signifiant « Rocher du lion ». Lion se dit « singa » d’où le nom Singa-lese (peuple du lion) ou Singa-pour (la ville du lion avec pour ou pur qui veut dire ville comme dans Jaïpur Udaïpur en Inde par exemple).

Cette parenthèse culturelle était close, je reviens à mon escalier pour aller au sommet du rocher où se trouvent les vestiges du palais. Après quelques marches on a installé de solides passerelles permettant de grimper les 50 derniers mètres de dénivelé. En 1980 il me semble me rappeler que les passerelles de fortune qu’il y avait là étaient interdites les jours de grand vent. Je pense que nous n’avions pas pu monter pour cette raison. Cette fois nous arrivons en haut et trouvons la vaste zone plate du sommet du rocher où l’on ne voit que les murs des fondations de l’ancien palais qui devait être en bois. La vue sur la campagne environnante est splendide. Il y a peu de zones d’ombre mais il fait bon grâce au vent assez soutenu.

Nous redescendons les escaliers et passerelles. Biquette, qui a le vertige, n’est pas rassurée. Je passe devant et lui dit de marcher juste derrière moi et finalement ça se passe bien. La descente à partir de l’esplanade inférieure (où débute l’escalier) se fait par un chemin distinct de la montée. On s’aperçoit que l’on a bien fait d’arriver tôt car dans le sens montée les bouchons commencent à se faire !

Il y a plusieurs colonies de singes sur le parcours descente dont des macaques à face noire différents de ceux que nous avons déjà vus. On mitraille et on fait attention à nos sacs remplis de bananes par exemple ! Après cette belle visite nous avons une heure de voiture pour aller voir l’autre site. Cette petite heure dans la fraîcheur délicate de la climatisation est très salutaire.

Polonnaruwa : deuxième capitale ancienne la plus importante de l’île après Anuradhapura qui elle a perduré un millénaire !

Le site est immense. Nous avons pris un guide, ami de Ranuka, et nous visiterons les principaux monuments en faisant les parcours entre eux avec la voiture ce qui permet de nous refroidir un peu. Il fait 40° ici et heureusement il y a un peu d’air. Pour commencer sa capitale, le souverain de l’époque a commencé par faire construire un barrage de plus de 12km ce qui donne un bassin rempli d’eau très impressionnant et qui permet de passer la saison sèche (de mai à octobre sans eau) avec cette énorme réserve avec de nombreux canaux d’irrigation toujours en service aujourd’hui.

Toutes proportions gardées, ça fait un peu penser à Angkor au Cambodge. Mais ici les bâtiments sont moins bien conservés car utilisant beaucoup plus le bois qui a disparu. Il y a également eu beaucoup moins de fouilles ici qu’à Angkor.

Nous commençons par les ruines d’une bibliothèque gérées par des moines et qui rédigeaient les livres religieux. Ensuite le palais royal avec les bains du palais alimentés par des canaux venant de la réserve d’eau et la salle du conseil.

Ensuite une esplanade quasiment carrée où chaque souverain a fait construire un temple soit pour conserver une relique de Bouddha, soit une statue du grand homme, soit un bâtiment pour le prier, ….. chaque souverain voulant faire mieux que son prédécesseur comme toujours !

Ensuite quelques temples hindous dédiés à Vishnu, Ganesh, Shiva, …. Car à l’époque, les souverains, bouddhistes, se mariaient avec des princesses de l’Inde donc hindoues ce qui permettait une cohabitation pacifique des états et des religions.

Viennent ensuite des stupas, l’une d’elle entièrement en brique qui fait 50m de haut. Le commentaire du guide m’interpelle (à gâteau) je lui demande si j’ai bien compris que ce stupa serait construit entièrement en brique ? La réponse est oui ! C’est une demi-sphère pleine construite avec des briques. Les estimations font état de 93 millions de briques !!! A son époque c’était la troisième plus grande construction au monde après les deux plus grandes pyramides de Gizeh.

Nous arrivons au point d’orgue de Polonnaruwa. Les quatre statues de Bouddha creusées dans un seul bloc de rocher. De gauche à droite on a : le Bouddha en position du Lotus favorisant la méditation. Puis une position assise légèrement différente qui symbolise l’illumination puis le Bouddha debout qui représente les derniers instants de sa vie terrestre et enfin le Bouddha couché qui montre qu’il a atteint le nirvana (à savoir qu’il est sorti du cycle infernal des réincarnations). Ce sont vraiment de très belles sculptures sachant, en plus, que les artisans n’avaient pas le droit à l’erreur.

Nous terminons par deux sites mineurs : un temple dit des images en cours de restauration, avec de très belles peintures à l’intérieur, une statue de Bouddha debout bien endommagée et ……. une chouette ! que notre guide nous montre et que le gardien allume avec sa lampe (la photo sera peut-être réussie) et une piscine en forme de lotus pour les moines ! Il y en a cinq d’après les écrits c’est dire s’il y a encore des choses à découvrir ici.

Nous finissons par un petit tour au musée où nous trouvons ce que j’espérais : des maquettes reconstituant les principaux monuments que nous avons vus en versions complètes tels que les spécialistes les représentent. Biquette chipe une photo avec son iPhone mais c’est interdit !

On a quand même eu un peu chaud aujourd’hui et la route de retour avec la clim nous fait du bien. Un incident bizarre Ranuka s’arrête vers un policier et lui apporte ses papiers. On se demande pourquoi et on se dit que ça peut pas être une infraction vu la façon dont il conduit. Quand il revient il nous explique que quelqu’un qui a la même voiture que lui et de la même couleur a fait des c……. la police a demandé à tous les possesseurs de ce type de véhicule de se présenter à un représentant des forces de l’ordre !

Nous arrivons à la pension à 16h et nous qui pensions buller dans une chambre bien fraîche : panne d’électricité depuis 9h ce matin ! Nous sommes abattus ! Nous cherchons un brin d’air dehors mais pas de vent. Finalement la fée électricité a pitié de nous et à 17h15 le courant revient.

Demain départ 9h (enfin une heure décente !) et nous allons sur la côte est pour buller sur la plage jusqu’à mardi et peut être faire du snorkeling (masque et tuba) si la mer le permet et peut être là où nous étions allés en 1980 (Nilaveli, pigeon island pour les lecteurs qui en ont peut-être le souvenir).

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

11

Réveil tardif puisque le départ est fixé à 9h. Petit déjeuner copieux. La journée consiste à faire les 100km qui nous séparent de la côté est de l’île pour aller nous reposer dans un hôtel donnant directement sur la mer.

La route est large, belle, déserte mais Ranuka ne roule qu’à 60km/h ! Cela dit ça nous va très bien.

Nous nous arrêtons à Trincomalee la grande ville du coin pour une petite balade dans le quartier commercial. C’est assez ancien et bon nombre de commerces sont fermés : c’est dimanche et il est tôt (11h). Nous allons ensuite dans l’enceinte du fort Frederik construit au 17ème siècle par les portugais mais passé de mains en mains entre portugais, hollandais, anglais et français jusqu’en 1850 où les anglais l’ont conservé jusqu’à l’indépendance . Il est toujours en activité mais on peut y entrer librement. Au bout de la route se trouve un temple Hindou flambant neuf dédié à Shiva (qui possède la connaissance universelle). Nous achetons des offrandes car Biquette veut donner un coup de pouce spirituel à ses collègues qui, dès demain, doivent faire des exposés aux grands pontes de Mylan qui viennent à Lyon (vous pensez bien qu’elle suit en détail la vie de Mylan depuis le début du séjour …… comme toujours disait Brel !).

C’est sympa pas trop bondé. Le plus dur est de marcher pieds nus sur le bitume ou les rochers brûlants.

Au retour Ranuka nous explique que cet endroit abritait un temple Bouddhiste mais que lors de la guerre civile récente les hindouistes ont jeté à la mer la statue de Bouddha et ont construit ce temple à la place. Enfin, tout cela est terminé maintenant.

Nous essayons de retirer de l’argent mais plusieurs distributeurs refusent obstinément les transactions avec ma carte ou celle de Biquette. On n’a plus de roupettes mais pas mal d’euros et de dollars US on devrait y arriver !

Notre hôtel est directement sur la plage. Des bungalows en dur couverts de bois précieux et climatisés. C’est plutôt pas mal. Pas de piscine en revanche ce seront donc des bains de mer (qui doit être à 28° ou même plus). La mer est agitée, nous renonçons donc à notre sortie de demain pour faire du masque tuba. Ce sera la vraie bulle : balades sur la plage, clim au moment les plus chauds et lecture en bord de mer lorsque la température est descendue.

La carte a l’air sympa : les repas devraient bien se passer.

Court message donc aujourd’hui et encore plus court demain

Grosse bises à tous

Nestor & Biquette

12

Petite journée détente aujourd'hui

Lever pour le petit déjeuner à 9h

Puis balade sur la plage avant que le soleil ne devienne trop chaud.

Notre plage est orientée sud nord. Nous partons vers le nord, Biquette ayant déjà fait une incursion au sud. La plage est déserte. Nous faisons environ 2000 à 2500m. Nous rencontrons deux autochtones que nous saluons. Nous voyons surtout des crabes que nous dérangeons dans leur recherche de nourriture. La mer est calme, le vent ne s'est pas encore levé. La conséquence est qu'il fait chaud. Nous rencontrons deux concentrations de bateaux qui correspondent à quelques maisons de pêcheurs. Ce sont de grandes barques parfois avec moteur. Il y a aussi quelques pirogues à balanciers. De nombreux filets sèchent sur le sable. Nous arrivons à un bras de mer qui rentre à l'intérieur des terres, à moins que ce soit une rivière qui se jette dans la mer : difficile à dire.

Nous rebroussons chemin et rentrons dans la douceur de l’air climatisé du bungalow. Puis nous allons bouquiner sur des transats au bord de l’eau.

Après le repas je me vote une sieste pendant que Biquette retourne lire au bord de l’eau. A 17h nous allons faire une balade pour le coucher du soleil. Cette fois côté sud et nous rentrons pour commander notre repas.

La vraie journée farniente donc. Nous convenons que ce serait pas mal d’intégrer une journée comme ça à nos voyages de 2 semaines. Je le note pour les suivants.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

13

Le réveil sonne à 5h45. Biquette se lève pour aller voir et photographier le lever de soleil. Suite à une erreur de choix culinaire j’ai mal dormi ; je me rendors.

Petit déjeuner à 7h30 et départ à 8h. Biquette a payé avec sa carte bancaire, il ne semble donc pas y avoir de problème.

Aujourd’hui nous allons à Mihintale et surtout Anuradhapura la ville sainte du Bouddhisme au Sri Lanka. Deux petites heures de voiture et nous voilà sur les lieux.

Pour bien comprendre ce que nous voyons il faut revoir les grandes lignes du Bouddhisme. Né au 6ème ou 5ème siècle avant notre ère le prince Siddhârta se tourne vers l’ascétisme et la méditation à l’âge de 29 ans. Il comprend que l’on peut quitter le cycle infernal des réincarnations par la méditation et l’illumination et atteindre ainsi le nirvana. Il commence à expliquer son expérience qui va se répandre en Asie à sa grande surprise. Quelques siècles plus tard le Bouddhisme est roi en Inde en particulier à l’époque de l’empereur Ashoka qui envoie son fils (ou frère) Mahinda au Sri Lanka pour prêcher la bonne parole en 237 avant notre ère. Il rencontre sur la colline de Mihintale le roi Tissa qui est immédiatement enthousiaste et décide de se convertir au Bouddhisme et convertir tous ses sujets.

Il fonde le premier monastère d’Anuradhapura à cette période et engage 3000 moines. Ses successeurs continueront dans la même voie. Il y aura jusqu’à 10000 moines à Anuradhapura.

Nous visitons aujourd’hui les restes des 3 grands monastères : le premier du 3ème siècle avant JC, le deuxième du 2ème siècle avant JC et le troisième du 3ème siècle de notre ère.

Nous parcourons les principaux monuments ou ruines de monument de ces trois ensembles monastiques. Ce sont principalement des restes de bâtiments où vivent les nombreux moines, mais aussi des édifices religieux comme les dagobas qui renferment des reliques de Bouddha.

Il y a aussi un arbre le Bodi tree (arbre de Bouddha). Encore un peu d’histoire : l’arbre sous lequel Siddhârta (Bouddha) a médité se trouvait au sud du Népal actuel. Cet arbre n’existe plus. Mais des boutures en ont été faites et envoyées un peu partout dans le monde Bouddhiste. Une de ces boutures est présente à Anuradhapura et se trouve à l’emplacement du premier complexe monastique. Une branche seulement de la bouture originelle est encore debout, étayée par des supports dorés. Elle est inspectée chaque année pour déterminer son état phytosanitaire qui est transmis au gouvernement du Sri Lanka pour définir les actions éventuelles à entreprendre.

Il fait très chaud et les séquences en voiture climatisée nous font du bien. Il n’y a pas beaucoup de monde mais on voit quand même quelques moines et des fidèles. Les stupas d’Anuradhapura sont gigantesques et ont été récemment restaurées sur financement de l’UNESCO. Comme toutes les capitales anciennes du Sri Lanka, Anuradhapura est alimentée en eau par de gigantesques réservoirs créés par les architectes de l’époque. La visite est à la fois intéressante et émouvante : ce sont vraiment des lieux chargés d’histoire.

Nous passons 4h sur le site accompagnés d’un guide dont l’anglais est très approximatif. Il mélange les mots anglais avec les noms sri lankais et, en plus, son enthousiasme le fait bégayer ! Mais comme j’avais lu une bonne partie de l’histoire avant, j’arrive à peu près à m’y retrouver et à donner quelques indications à Biquette.

Après ça nous allons déjeuner dans un des restau recommandé par Ranuka, qui s’avère s’appeler Ananda et être simplement un chauffeur de Ranuka qui est son patron.

Ensuite direction l’hôtel où nous arrivons vers 16h30. Il fait un début d’orage qui nous dissuade de repartir pour voir Mihintale le lieu où tout a commencé pour le Bouddhisme au Sri Lanka.

Il y a une grande piscine dans laquelle nous restons une bonne heure pour nous détendre.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

14

Nous allons maintenant repartir en deux jours vers l’aéroport de Negombo. C’est-à-dire 2 jours tranquilles au niveau des visites et qui se termineront par hôtel avec piscine histoire de se relaxer un peu avant le retour.

Aujourd’hui départ à 8h30. Nous allons vers une ville qui fut une capitale éphémère : Yapahuwa. Elle fut construite par un souverain qui fuyait les invasions des Tamil du sud de l’Inde et qui est parti d’Anuradhapura pour sauver la dent de Bouddha, relique importante s’il en est.

Mais nous commençons par deux statues de Bouddha debout dont on sait peu de choses. La première Aukana est la plus belle, directement sculptée dans un bloc de rocher auquel elle est toujours attachée. Les traits sont fins la posture altière et l’impression de puissance et de sérénité est bien là.

La deuxième est le Bouddha de Sasseruwa. Un endroit particulièrement difficile à trouver. Ranuka, qui d’ailleurs n’est pas Ranuka mais Ananda ou Ani, bataille pas mal en demandant à plusieurs personnes qui donnent des indications contradictoires. On finit par y arriver. Il y a effectivement des similitudes entre les deux statues mais celle-ci est plus grossière et donne l’impression de n’être pas finie. Il n’y a personne sur le site. Ce sont ces sites de l’île qui comportent d’énormes blocs de pierres et dans lesquels les premiers hommes ont vécu dans des sortes de grottes naturelles peu profondes. Notre guide indique d’ailleurs des temples que nous trouvons mais qui sont fermés avec personne pour nous ouvrir.

Il y a bon nombre de théories pour expliquer la présence de ces deux statues à quelques km de distance. Celle de Sasseruwa, le plus grossière, aurait commencé à se fissurer lors de la construction et aurait été abandonnée au profit de la construction de l’autre.

Une autre théorie dit que les deux statues auraient été faites en même temps par un maître sculpteur et son élève et que l’élève aurait jeté l’éponge devant la qualité du travail de son maître.

La dernière suggère que ces deux statues auraient été construites à 3 ou 4 siècle d’intervalle !

Bref c’est le flou artistique quant à l’explication de ces deux oeuvres. Enfin nous on s’en fiche on trouve ça très beau et c’est l’essentiel.

Ensuite nous passons à l’hôtel avant d’aller à Yapahawa. C’est un hôtel dans un grand parc avec une grille fermée et un gardien qui ouvre. Biquette décrète que c’est une maison coloniale. Y a de ça : une grande bâtisse blanche au look du 19ème siècle, une décoration travaillée dans le style colonial, un parc très bien entretenu avec de petits bâtiments annexes où se trouve des chambres, un personnel nombreux avec des femmes habillées à l’ancienne (ça y est j’ai retrouvé mes saris !). Tout ça avec une très grande piscine au milieu à côté du bâtiment principal. Bref un bien bel endroit.

Petite trempette après l’installation. Une eau à plus de 30° mais quand même ça rafraîchit.

Ensuite nous partons vers cette capitale. Il ne reste de cette ville éphémère que peu de chose : un escalier monumental et très raide (comme ceux des pyramides mayas) dont la dernière partie est ornée de superbes sculptures qui font penser que le souverain voulait réellement s’installer durablement ici. En haut une esplanade qui ne comporte plus que des fondations de mur (on pense que c’est là que se trouvait la fameuse relique, un bâtiment inconnu dont il ne subsiste que les fondations en bas de l’escalier et un mur d’enceinte presque complet.

C’est aussi un endroit qui nous plait bien. En prime de nombreux singes habitent les lieux. Il y a beaucoup de petits qui se chamaillent et se coursent en montant aux arbres. A la sortie l’employé qui nous a vendu les billets nous propose de voir un temple caverne (c’est-à-dire construit sous un surplomb de rocher) et nous découvrons peintures et sculpture de la période ancienne : celles qui sont sous la roche et de la période moderne dans le petit bâtiment qui a été construit dans le prolongement.

Nous rentrons à l’hôtel pour profiter de la piscine et passer à la partie détente de la journée.

Grosses bises à tous

Nestor & Biquette

15

Ce matin le parc de l’hôtel est le théâtre de personnes en costume de mariés. Non pas pour un mariage réel mais pour une séance photo sur le mariage. Nous demandons la permission de prendre quelques clichés. Accordée ! Avec le sourire !

Départ 8h30 direction Padeniya pour la visite d’un temple, mais nous somnolons et nous dépassons le village du temple. Bast ! Ce n’était pas un must. Nous nous concentrons sur un site qui m’intrigue. Il s’agit d’une cité construite par le même roi que celui qui a créé le site de Polonnaruwa. Il aurait construit cette citée de Yapahuwa que l’on va visiter comme une sorte de test préalable à la construction de Polonnaruwa. J’ai une page de description dans le guide anglophone emprunté à notre premier hôtel pour essayer de m’y retrouver. Je cherche tout d’abord la citadelle et le palais royal, centre de la cité. Ani nous dépose devant un monastère moderne avec pas grand-chose en vue. Après avoir visité le monastère, sympa au demeurant, nous cherchons vers où aller. Biquette voit une dagoba au loin et nous allons vers cet édifice, Il y a bien 500 à 600 m à parcourir sous le soleil déjà chaud. Nous le dépassons pour aller vers des arbres qui semblent abriter des murs.

En s’approchant il y a effectivement une enceinte rectangulaire qui ressemble à l’un des monastères décrits dans mon guide. J’enjambe les barbelés avec quelques risques pour mes roupies personnelles. Biquette ne peut pas suivre Je lui dis de passer par le chemin, il doit y avoir une entrée sur la façade est, comme c’est souvent le cas. Il y a une sorte de challenge à découvrir les parties de ce site avec très peu d’indications. Je commence à me prendre pour Indiana Jones, en regardant la position du soleil et en m’apercevant que je vais vers le nord.

Je découvre un deuxième enceinte, sur celle-ci il y a un panneau indiquant « monastère du 12ème siècle ». Je jubile : mon guide indique qu’il y a trois monastères au sud de la citadelle. Donc si je continue vers le nord je devrais trouver un troisième monastère et la citadelle. Les distances étant longues et Biquette plus en vue, je rebrousse chemin on fera la suite en voiture. Nous revenons vers le monastère moderne où mon guide dit qu’il y a la construction la plus bizarre de tout le Sri Lanka. Nous contournons le monastère et nous trouvons quelque chose d’effectivement étrange devant nous.

Une esplanade circulaire plane 1 mètre en contrebas matérialisée par un mur de 30 mètres de diamètre environ. Cet espace est engazonné aujourd’hui. Au centre un mur circulaire de quelques mètres qui délimite un édifice comme une tour. Rien de pareil ailleurs au Sri Lanka. On se croirait d’avantage dans les expériences de culture en terrasse au Pérou.

Les explications données sont assez farfelues pour certaines. La plus plausible est que l’édifice au centre était utilisé par le souverain pour recevoir l’allégeance de ses sujets et que l’espace circulaire autour représenterait l’univers.

Nous retournons à la voiture et je demande à Ani de suivre la route que nous avons faite à pied et de continuer vers le nord. Nous tombons sur …… la citadelle. Le troisième monastère se situe entre le monastère moderne et le premier que nous avons trouvé. Le seul vestige étant la dagoba aperçue par Biquette. Mission accomplie Indiana …. et son équipe !

Nous roulons ensuite une heure pour retrouver l’hôtel où nous étions la première nuit du séjour. Ils nous reconnaissent ! Retrouvailles émues ! Puis adieux déchirants avec Ani. C’est vrai que nous l’avons beaucoup apprécié.

Après installation nous allons au bord de la piscine. Au bout d’un moment je laisse Biquette et remonte dans la chambre car j’ai trop chaud. On convient que vers 17h après les grosses chaleurs nous iront nous balader dans le centre de Negombo.

Il est vrai qu’il y a quelque chose que nous n’avons pas encore fait c’est ……. du touk-touk !

Que serait un voyage en Asie sans au moins un trajet dans ce véhicule si caractéristique. Nous partons à pied et comme d’habitude il ne faut pas longtemps pour qu’un véhicule s’arrête à notre hauteur. Petite négociation, j’avais pris soin de demander le prix pratiqué, et nous partons. Classique voyage en slalomant entre les voitures, les vélos, les piétons et les autres touks-touks. Il est bien notre chauffeur, ni trop timbré ni inconscient, juste assez pour avoir le frisson sans avoir l’impression qu’on va se tuer comme parfois.

Nous arrivons au fort de Negombo et visitons une église chrétienne, sans doute pas catholique vu le dépouillement intérieur ! On signe le registre, on fait une offrande. On va ensuite au marché au poisson qui est presque désert à cette heure. Mais on voit encore quelques personnes qui vendent et d’autres qui rangent leur matériel. Depuis un petit moment, de gros nuages noirs s’accumulent au-dessus de nous. Le ciel est superbe mais finit par nous tomber sur la tête. Nous voyons une sculpture de la vierge Marie, abritée sous un toit en béton et nous nous précipitons ainsi que deux autochtones et un chien. Voilà la religion qui sert à quelque chose pour une fois.

Il tombe de grosses gouttes et ça dure un bon quart d’heure. Quelques trucs sympas à voir comme ces corbeaux qui viennent littéralement se baigner dans une grosse flaque d’eau qui s’est formée. Nul doute que ça les refroidit !

Puis nous repartons à pied vers le quartier commercial où nous prenons quelques clichés. La lumière est superbe après l’orage.

Retour en touk-touk. Repas italien et retour à l’hôtel.

Demain départ 7h45 pour l’aéroport, vol à 10h et arrivée à Lyon prévue à 19h30.

Ainsi s’achève cette aventure au Sri Lanka

Au revoir à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures de Nestor & Biquette