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La Team MyAtlas

Carnet de voyage

Soudan

14 étapes
10 commentaires
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Très bon accueil, sites archéologiques exceptionnels entre le Nil et le désert : voyage facile d’un mois au Soudan, à contre-courant des idées reçues.
Du 19 mars au 19 avril 2018
31 jours
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12
mars

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Ce carnet de voyage est extrait de myatlas.com/patrickT/afrique écrit en "live". Vous pouvez lire ce carnet pour connaître les commentaires (et mes réponses) reçues pendant le voyage. N'hésitez pas à me poser des questions via des commentaires, j'essaierai d'y répondre.

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Je pars dans une semaine, lundi prochain, direction le Soudan pour un mois de voyage.

Le Soudan était le plus grand pays d’Afrique avant la sécession du Soudan du Sud. Maintenant c’est le troisième, mais ça reste un grand pays, plus de 3 fois la France.

Il y a 35 millions d’habitants, mais pas répartis uniformément, il y a beaucoup de désert et près de 5 millions pour l’agglomération de la capitale Khartoum.

Le pays est traversé par le Nil. Khartoum est à la confluence du Nil blanc qui vient d’Ouganda et du Nil Bleu qui vient d’Ethiopie.

Il y a deux langues officielles, l’arabes et l’anglais, mais il existe de nombreuses autres langues maternelles. La population est à 97% musulmane.

La principale exportation est le pétrole bien qu’on ne puisse pas parler d’un grand pays producteur, le Soudan a par exemple une production inférieure à la petite Guinée équatoriale. La majorité des soudanais travaille dans l’agriculture. L’économie du pays est pénalisée par l’embargo américain et se tourne vers l’Asie, notamment la Chine.

Il y a une guerre civile larvée dans les régions des minorités ethniques du Darfour et des Monts Nuba, mais ce n’est pas où je vais. Les régions du nord-ouest et du nord où je vais sont parmi les plus sûres d’Afrique.

Il faut bien sûr un visa pour aller au Soudan. Je suis passé par Visa Action, comme d’habitude. Comme justificatif il faut un billet d’avion aller/retour et une réservation d’hotel. Je l’ai obtenu grâce à l’hotel Acropole à Khartoum, qui est bien connu et qui m’a envoyé une lettre d’invitation pour la totalité de mon voyage bien que je ne reste pas tout le temps à Khartoum.

Donc j’arrive à Khartoum, je reste 5 nuits (réservées). Puis bus pour Kassala (3 nuits réservées) et pour Port-Soudan, où je reste aussi 3 nuits.

Il y a une nouvelle route qui permet d’aller de Port-Soudan à Atbara, au bord du Nil. Avant il y avait juste une piste le long du Nil et un train qui reliait Khartoum au lac Nasser d’où on prenait un bateau pour Assouan en Egypte. Maintenant une route permet d’aller de Khartoum au lac Nasser en coupant les méandres du Nil, il n’y a plus de service de voyageur sur le train. C’est cette route que je vais emprunter pour descendre le Nil de sites archéologiques en sites archéologiques.

Et retour sur Khartoum en gardant le plus importants des sites archéologiques, Méroé, pour la fin. Retour à Paris le 19 avril.

Je pars avec Qatar Airways, départ le 19 à 21h45, deux heures d’escale à Doha le matin du 20. Pour aller de Doha à Khartoum le vol que j’avais acheté durait 2h, mais maintenant avec le blocus du Qatar par l’Arabie Saoudite et les EAU, il faut les contourner et le vol dure 6h. Je n’arrive qu’à 14h, le 20 à Khartoum. Normalement l’hotel vient me chercher à l’aéroport. Il n’y a qu’une heure de décalage avec la France.

Comme en Iran, à cause de l’embargo américain, les cartes de crédit ne sont pas utilisables, il faut emporter des espèces pour tout le voyage, sauf 10 nuits d’hotel que j’ai déjà payées depuis la France.


21
mars

C’est reparti ! j’ai encore voyagé avec Qatar Airways. Je commence à connaitre l’aéroport de Doha avec son grand ours en peluche, c’est la troisième fois que j’y passe depuis 2016. Très bon rapport qualité/prix sur cette compagnie. A cause du blocus de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, on a dû contourner ces pays par Oman et le Somaliland. On est passé au-dessus des montagnes d’Oman où j’étais l’année dernière. Juste avant l’atterrissage, survol de l’impressionnant Nil blanc.

L’hotel m’avait dit qu’il m’envoyait quelqu’un pour m’attendre à l’aéroport, mais c’est toujours aléatoire, à Bichkek par exemple, je l’attendrais toujours si je n’avais pas cherché moi-même un taxi. Mais à Khartoum, à peine rentrer dans le hall, avant même les contrôles de police, je vois un soudanais avec une pancarte où est inscrit mon nom. Il me demande mon passeport et me dit de m’assoir. C’est lui qui va faire la queue pour faire tamponner mon passeport et expliquer ce que je viens faire au Soudan, le policier ne vérifie même pas que la photo du passeport correspond à ma tête. Ensuite je le suis aux différents controles, on double sans remords toutes les files d’attente et en quelques minutes je suis admis au Soudan. Une véritable arrivée VIP !

Au Soudan il faut se faire enregistrer à la police des villes où on réside (comme en Ouzbékistan), mais à Khartoum mon hotel s’en ait chargé, il faut juste prévoir des photos d’identité. Jusqu’à une date très récente il fallait un permis pour voyager et prendre des photos au Soudan (comme en Guinée Equatoriale) mais, d’après mon hotel, on n’a plus besoin de ce permis. Je n’ai plus qu’à espérer que tous les policiers connaissent le nouveau règlement. Mon hotel me donnera une copie du décret présidentiel à monter à ceux qui ne le connaissent pas.

La monnaie du pays, la livre soudanaise a été dévaluée, depuis le début de l’année sa valeur a été divisée par 5. A part ce qu’on doit payer en euros, comme les hotels où les tours organisés, je ne devrais pas dépenser grand-chose, par exemple, le repas au resto de l’hotel coute 5 euros, l’entrée au musée national 0,30 euros. Je ne devrais pas dépenser tous les euros que j’ai apportés.

Mon hotel n’est pas extraordinaire pour le prix, mais très accueillant. Il ne faut pas que je me plaigne puisque c’est grâce à eux que j’ai eu mon visa.

Il fait très chaud, il vaut mieux venir en hiver mais je ne peux pas être partout en hiver. Il fait 40 degrés en début d’après-midi. A l’ombre ça va, mais il n’y a pas partout de l’ombre, il faudra que je sorte tôt le matin et que je n’oublie pas mon chapeau !

Comme première impression, je trouve la ville calme. Beaucoup de voitures, du sable sur les trottoirs, c’est l’Afrique mais c’est calme quand même. Aucune agressivité, j’ai l’impression de passer inaperçu dans la rue. Mon hotel est dans le centre-ville mais il n’y a pas beaucoup de restaurants dans ce quartier, heureusement il y en a un dans l’hotel.

Maintenant je peux commencer la visite de la ville, je vous en parlerez dans ma prochaine étape.

24
mars

Khartoum est une des grandes agglomérations d’Afrique, les chiffres vont de 5 à 8 millions d’habitants, on ne sait pas très bien.

La ville de Khartoum

Administrativement la ville de Khartoum c’est juste le centre de l’agglomération, c’est où j’ai mon hotel. J’ai pris la photo le vendredi, c’est pour ça qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans la rue. Architecture typique des grandes villes d’Afrique. Il y a plus de monde dans le centre commercial. Plus intéressante, l’île de Tuti, c’est la campagne en pleine ville.

Le Nil

Sans le Nil, Khartoum n’existerait pas, ce ne serait qu’une étendue désertique. C’est à Khartoum que ce trouve la confluence du Nil Blanc et du Nil Bleu. A cette période de l’année le niveau du fleuve est au plus bas et le Nil blanc a plus de débit que le Nil Bleu, en été c’est l’inverse.

Il n’y a pas de beaux quais avec des belvédères et des chemins pour suivre le Nil, les berges du fleuve sont encore naturelles, en terre. J’ai quand même pu prendre quelques photos.

J’ai l’impression que le Nil bleu (à droite) est un peu plus foncé que le Nil Blanc (à gauche), mais ce n’est pas très net.

J’ai fait un tour en bateau pour aller juste au niveau de la rencontre des deux Nil. Ici on voit bien la différence de couleur, les deux fleuves ne se mélange pas tout de suite, toujours le blanc à gauche et le bleu à droite. Et j’ai aussi été prendre une boisson sans alcool en haut de l’hotel Corinthia, belle vue d’un bras du Nil Bleu.

Omdurman

Quand on franchit le Nil Blanc, la ville change de nom, on arrive à Omdurman qui est plus peuplée que Khartoum et est donc la plus grande ville du pays. C’est plus désordonné que Khartoum et il y a quelques attractions touristiques :

La tombe du Mahdi, qui avait chassé provisoirement les anglais à la fin du 19ème s. Quand j’ai été en Iran je croyais que ces mausolées étaient une caractéristique des chiites, mais c’est très répandu dans le monde musulman.

A la limite du désert, un grand marché de dromadaires.

Le soufisme est très important au Soudan. Tous les vendredis, en fin d’après-midi, a lieu une cérémonie près de la tombe d’un saint. On ressent la ferveur religieuse dans ces musiques et danses très impressionnantes. Les visiteurs et les photographes sont bien acceptés. (ci-dessous, c'est une vidéo, mettre le son).

Le musée national

Le musée national de Khartoum est un des grands musées de la civilisation Egypto-nubienne. La présentation est un peu vieillotte mais il ne faut pas le manquer.

Dans le parc du musée on trouve 3 temples protégés dans des hangars. Ils faisaient parti du groupe des forteresses de la deuxième cataracte et ont été déplacés à Khartoum juste avant d’être noyés par les eaux du barrage d’Assouan. Si ces trois temples ont été sauvé tout le reste des forteresses est définitivement perdu sous les eaux du Nil. Ces forteresses sont purement de civilisation égyptienne, elles marquaient la frontière de l’Egypte au moyen empire (19ème siècle av JC). Dans l’ordre des photos, les temples de Buhen, Semna et Kumma.

Nombreux autres objets dans et autour du batiment principal, dont des statues de l’époque de Méroé (8ème siècle av JC)

La cathédrale de Faras était un des chefs d’œuvre du début de la chrétienté, elle est maintenant aussi sous les eaux du barrage d’Assouan. Les fresques ont pu être sauvées et réparties entre les musées de Varsovie et de Khartoum.

Hotel Acropole, 62€. Très accueillant, nombreux services proposés par l’hotel dont la lettre d’invitation pour le visa. Petit déjeuner inclus, restaurant dans l’hotel. Tour de la ville gratuit le vendredi. Change. Un peu cher pour le Soudan.

27
mars

J’avais encore réservé le bus grâce à l’hotel Acropole, heureusement, ça m’a semblé pas facile pour aller jusqu’au bus. Il faut aller chercher le billet dans une agence en face de la gare de bus, ensuite il faut acheter un jeton pour rentrer dans la gare de bus, aller dans le bureau d’un officiel, sans doute parce que je suis étranger, qui a vérifié mon passeport et tamponné mon billet. Il m’a demandé mon permis de voyage, je lui ai montrer la copie du décret indiquant que les touristes ne sont plus soumis au permis de voyage. Je ne sais pas ce qu’il y a écrit, c’est en arabe, mais ça lui a suffi, il me l’a rendu en disant « Good ». Et enfin j’ai pu rentrer dans le bus.

Bus très correct, places numérotées, la clim juste ce qu’il faut, pas trop froide, une vidéo par trop forte et même sans le son pour le film chinois sous-titré en arabe (un karaté, si ça vaut la peine de préciser). Seul défaut, on ne voit pas la route à cause du pare-soleil au-dessus du chauffeur. Donc je ne sais pas s’il roule bien. 8h30 pour 700 km. Juste un arrêt rapide à mi-chemin, je n’ai pris qu’un café.

Kassala est beaucoup plus traditionnelle que Khartoum. En dehors des grands axes les rues sont en terre. La majorité des hommes sont en tenue traditionnelle blanche. Comme il fait chaud, beaucoup restent assis ou couchés sur le trottoir, à l’ombre. Quelques femmes portent l’abaya noire, alors que d’autres ont des couleurs très vives. Il y a beaucoup de mendiants. La population est soit très aimable, soit indifférente, jamais agressive mais comme il parait qu’ils n’aiment pas les photos je n’ai pas essayé de les photographier de près. Je n’ai vu aucun autre européen dans cette ville.

La journée est rythmée par les 5 appels à la prière, les coupures d’électricité et le vent. Quand le vent souffle, souvent la nuit et le matin, l’air se charge de sable et la visibilité est réduite.

Quand il n’y a pas de vent on peut voir les monts Taka, curieuses montagnes qui surgissent au milieu d’un plateau totalement plat.

Petite promenade vers les monts Taka, mais en fait avec la chaleur, j’ai craqué, j’ai terminé en taxi. Au pied de la montagne j’ai trouvé la mosquée/mausolée Khatmiyah, qui abrite la tombe d’un soufi d’un autre ordre que ceux que j’ai vu à Khartoum. La plupart des pèlerins étaient couchés à l’ombre, j’étais un des seuls au soleil.

Un peu plus loin dans la vallée, à Totil, on monte au milieu de cafés très colorés. Les soudanais y viennent boire l’eau d’une source augmentant la fertilité, mais je n’en ai pas bu. D’en haut, de belles vues sur le village.

Je me suis contenté du café traditionnel, avec des popcorns, moins traditionnels.


Hotel Almak Nimir, accueillant, propre, chambre avec clim, Sdb et wc, 10€ payable en livre soudanaise. Pas de petit déjeuner. Wifi dans le hall. Au sud-ouest du souk, c’est-à-dire après le pont et avant d’arriver au souk en venant de la gare de bus.

30
mars

Encore 8h du bus pour aller de Kassala à Port-Soudan. Comme les trajets sont longs et que les bus n’ont pas droit de rouler la nuit, ils partent tôt le matin (comme en Ethiopie). A Kassala le départ était prévu à 5h30. J’avais réservé un taxi à 5h pour aller à la gare de bus. Aux aurores la gare de bus, qui est en fait juste un terrain vague, est remplis de bus est de passagers en partance, à 8h tout sera vide. La photo, c’est mon bus lors de l’arrêt à mi-parcours, un beau bus, non ?

Port-Soudan est le seul grand port sur la cote soudanaise de la mer Rouge, il y a paraît-il 500 000 habitants, mais j’ai l’impression que c’est plus grand que Kassala. La ville a été fondée par les anglais, ça fait beaucoup plus moderne que Kassala. Avec uniquement 34 degrés et une brise marine il fait presque frais. C'est plein de rickshaws copies conformes de ceux d'Inde, il est possible qu’ils soient fabriqués en Inde.

L’attraction de Port-Soudan est sa corniche le long du port. Les photos sont prises en pleine journée, il n’y a encore personne, mais beaucoup de soudanais y déambulent en début de soirée. Port-Soudan est sans doute le lieu du pays qui voit le plus de touristes, mais ce sont des plongeurs qui viennent pour voir des spots de plongée parmi les meilleurs au monde, ils vont directement de l’avion au bateau sans visiter la ville. Tous ces bateaux qu’on voit dans le port sont pour les plongeurs et le soir il y en a beaucoup plus. Par contre moi je ne plonge pas, en plus on ne vient pas ici pour un baptême, c'est réserver au plongeur expérimentés.

Maintenant je me suis mis à prendre mon thé assis sur le trottoir comme les soudanais.


Hotel Bohein. Un peu décrépis. Bien placé sauf que c'est trop près de la mosquée (pour la 1ère prière). Chambre avec Sdb, wc, clim, 14€, cafards et souris gratuits. Petit déjeuner non inclus mais disponible au resto de l’hotel. Petit jardin à l’ombre.



Suakin

Quand on arrive à Suakin, le ciel bleu jusqu’à aujourd’hui est devenu jaune et nuageux. On hésite entre un spectacle de tremblement de terre où de bombardement.

Non, en fait Suakin est l’ancien port, la ville a été abandonnée au début du 20ème siècle, après la création de Port-Soudan, 60 km plus au nord. Les maisons étaient construites avec des briques en coraux. Sans entretient, le corail mort c’est effrité et les maisons se sont effondrées. C’est d’ici que depuis des siècles partaient pour la péninsule arabique les pèlerins musulmans et les esclaves non-musulmans. C’est une petite île de 500 mètres de diamètre reliée à la terre par une digue.

Aujourd’hui, c’est un musée, plus personne n’y habite, juste des aigles et des chats qui ont l’air possédés par les démons qui hantent les lieux.

Il y a un projet de restauration par le Turquie, mais il y a du boulot. Aujourd’hui les deux mosquées ont été restaurées. L’extérieur du fort paraît aussi terminé, à l’intérieur il devrait y avoir un musée, un hotel et une cafétéria, mais je ne sais pas quand ça ouvrira.

31
mars

Encore un départ tôt le matin pour Atbara, même de plus en plus tôt, départ prévu à 5h ! J’ai réservé un rickshaw à 4h30 pour aller à la gare de bus, il faut 15 minutes de trajet. Je sors de l’hotel à 4h20, il fait nuit bien sûr, on entend l’appel de la première prière, mais je ne sais pas comment on peut distinguer un fil noir et un fil blanc dans la nuit. La rue est déserte, pas de rickshaw à l’horizon. 4h29, la rue est toujours déserte et je ne sais pas comment trouver un transport pour la gare de bus … 4h30, mon rickshaw arrive pile à l’heure ! Finalement le bus est parti à 5h40, et il fait jour à 5h40.

Au fait, depuis que vous êtes passé à l’heure d’été, on est à la même heure, pourtant je suis beaucoup plus à l’est.

6h de trajet pour arriver à Atbara, ça fait 22h30 de bus depuis Khartoum, quand je vous disais que le Soudan est un grand pays. Maintenant je vais avoir des trajets plus courts.

Atbara n’est pas touristique, d’ailleurs je n’y ai vu aucun autre européen, mais 6 heures de bus ça me suffit, je m’y suis donc arrêté pour la nuit.

C’est une ville de 150 000 habitants, un gros carrefour des routes vers le nord, Khartoum et Port-Soudan.

C’est à Atbara que le Nil reçoit son dernier affluant, c’est donc ici qu’il a le plus important débit, en allant vers le nord une partie de son eau va partir en irrigation où évaporation.

On trouve un peu partout des jarres avec de l’eau fraiche en libre-service, bien sûr je n’en bois pas. Par contre je peux boire un thé au bord du Nil.

Je ne sais pas ce que je vais trouver comme Internet plus au nord, c'est que des petites villes, donc ne vous inquiétez pas si je reste quelques jours sans mettre à jour mon carnet.


Hotel Adel : le meilleur hotel de la ville, moderne, propre, accueillant, très bon Wifi, petit déjeuner : café et biscuits. 16€. C’est un nouvel hotel, tous les taxis ne le connaissent pas, à 500 mètres au sud de la gare de trains.

3
avr

Karima est l’ancienne Napata, capitale de ceux qu’on a appelé les Pharaons Noirs, c’était la 25ème dynastie égyptienne au 7ème et 6ème siècles av. JC, ils dominaient toute l’Egypte jusqu’au Liban. C’est un des sommets d’une visite au Soudan, mais avant de vous montrer les sites archéologiques quelques mots sur la ville d’aujourd’hui.

Un soir, je suis tranquillement en train de manger du poulet grillé sur les tables en plastique qu’ils installent au bord de la rue. Et malgré le monde tout est calme, pas la circulation et les klaxons de l’Asie, pas de cris, pas de mendiants où d’enfants venant me soutirer quelques monnaies, juste un chat qui regarde avec envie mon poulet. Même les rickshaws, pétaradant ailleurs semblent en sourdine ici. Le soir avec la fraicheur, tout le monde sort, mais ça reste calme, ici c’est une petite ville, mais c’est partout pareil, ce qui caractérise le Soudan, c’est la tranquillité. Un soudanais fait griller ses poulets, une soudanaise fait chauffer le thé, les petits groupes discutent sans élever la voix, comme si tout le monde était à sa place. Les photos sont dans la journée, mais c’est le soir qu’il y a du monde.

Djebel Barkal

L’emplacement de Napata est dû à la montagne sacrée, le Djebel Barkal. Plateau qui s’élève à 100 mètres au-dessus de la vallée avec son éperon rocheux qui symbolise le Cobra royal égyptien et domine le Nil.

Il y a une controverse mais moi j’ai l’impression qu’il a été taillé par l’homme pour peut-être essayer de sculpter des statues comme à Abou-Simbel mais en 10 fois plus grand. On peut monter sur la montagne, le chemin est à gauche, sur la photo ci-dessous. Et pour descendre on glisse sur le sable. En haut c’est presque plat.

Aux pieds de la montagne, le temple du dieu Amon, pour les égyptiens c’est Amon qui avait créé la montagne. On comprend mieux son plan d’en haut.

Juste en dessous de l’éperon rocheux le temple de Mout, l’épouse d’Amon. On pénètre dans une pièce avec des bas-reliefs peints. Photo prise à la frontale, bien-sûr les flashs sont interdits et l’éclairage prévu ne fonctionnait pas. Ca fait encore plus explorateur !

Un peu plus loin, quelques pyramides d'une nécropole royale.

Kurru

Kurru, à 17 km de Karima a servi de nécropole royale depuis le 9ème siècle av JC, bien avant les pharaons noirs. Il y a de très nombreuses tombes, mais la plupart sont des trous murés après les fouilles. Aujourd’hui on peut visiter 2 tombes, celle qui est sous la pyramide et la tombe du pharaon Tanwetamani, qui est peinte.

Nuri

A Nuri, de l’autre coté du Nil par rapport à Karima, on est accueilli par une quinzaine de pyramides, les plus grandes du Soudan. La plus haute fait environ 50 mètres, et comme il y avait d’autres touristes, on peut voir la proportion sur une des photos. Mais le site est très grand, je n’ai pas vraiment été gêné par les touristes. La plus ancienne est celle de Taharqa, le plus connu des pharaons noirs, mais le site a ensuite été repris par les souverains du royaume de Kuch, au 3ème siècle av JC .

Ghazali

Malgré sa proximité avec La Mecque, la Soudan n’a été islamisé qu’au 14ème siècle, avant c’était une terre chrétienne, monophysite, comme les coptes. Ghazali était un monastère, isolé dans le désert, à 20 km du Nil.


Repos après les visites dans la chaleur.




Au Djebel Barkal, il n’y a que la tombe de Mout qui est payante (10$). Il faut aussi un ticket à 10$ pour Kurru et Nuri, à acheter au Djebel Barkal. Si on n’a pas de billet de 10 dollars on peut donner un billet de 10 €. A Ghazali, on donne ce qu’on veut au gardien, il n’y a pas de ticket.


Hotel Al-Nasser : On va qualifier l’hotel de rustique où de basique. Il y a quand même un ventilateur dans les chambres, elles ne sont pas trop chaudes. Douches et toilettes à l’extérieur. Accueillant. Les toiles d’araignées ne semblent pas récentes mais c'est le meilleur anti-moustique. 3,5 euros. Si c’est trop cher on peut prendre juste un lit dans la cour. C’est le meilleur hotel de la ville à part l’hotel italien de luxe près du site archéologique.

6
avr

Je continue ma descente du Nil. Dongola est une petite ville de 20 000 habitants assoupie au bord du Nil. Il y a maintenant un pont, les bateaux rouillent tranquillement. Pas beaucoup de choix dans les restaurants et au petit déjeuner seulement un café et des « petits beurres ». Pas grand-chose dans la ville même, mais c’est un bon centre pour rayonner autour.

Kawa

Les égyptiens firent construire un temple à Amon à Kawa (de l’autre coté du Nil par rapport à Dongola). Le site a été fouillé au 20ème siècle, une grande partie de ce qui a été trouvé est dans les musées d’Europe. Maintenant le sable a à nouveau recouvert le site. En fait c’est surtout une occasion d’une balade de 5km le long du Nil, avec des « aires de repos » aménagées, et un jeu de piste pour trouver le site. J’avais les coordonnées GPS, mais pas tout à fait exactes. Le site est de l’autre coté du désert, il faut de bons yeux, et surtout y croire pour traverser ce petit désert et passer la porte d’entrée du site.

Old Dongola

Old Dongola, à plus de 100 km de Dongola, est le site le plus difficile d’accès, je m’y suis arrêté lors d’une longue journée en suivant le Nil entre Karima et Dongola (départ 8h, arrivée 19h). Il n’y a pas d’hotel dans les villages proches.

Pour atteindre le site il faut traverser le Nil sur un vieux bac.

Old Dongola est le plus important site chrétien du Soudan. Les batiments datent du 6ème au 14ème siècle. Le site est très étendu. Il faut un peu d’imagination pour voir les églises avec leurs colonnes, la citadelle et le palais du trône royal qui domine l’ensemble. En plus des ruines l’emplacement est superbe, dans de désert au-dessus du Nil.

La route le long du Nil est maintenant entièrement goudronnée. Depuis Karima, traverser le Nil pour Merowe, puis minibus pour Debba, un autre minibus en direction de Dongola qui m’a laissé au carrefour de Old Dongola. Taxi collectif jusqu’au Nil, traversé du Nil (on peut attendre longtemps) et 2km à pied sous la chaleur jusqu’au site. Retour identique jusqu’au carrefour où il faut attendre un minibus pour Dongola (attente qui peut encore être longue). Le mieux serait de la faire en 2 jours et d’être équipé pour camper près du site.

Kerma

Kerma est un gros village à 50 km au nord de Dongola, héritier de la deuxième civilisation la plus ancienne d’Afrique (après l’Egypte), le royaume de Kerma, où de Koush. Il domina la Nubie pendant 1000 ans, du 25ème siècle au 15ème siècle av JC. Il nous a laissé les monuments des plus énigmatiques du Soudan, et peut être même d’Afrique : deux deffufas, c’est le nom donné à ces structures, de loin on pourrait croire à des rochers, mais c’est bien des constructions humaines faites de petites briques. Les archéologues ne sont pas d’accord sur leurs fonctions (tombes, temples …), en fait ils n’en savent rien. Bien sûr seul sur le site, j’ai eu la même impression que face à la ziggourat d’Iran, le privilège de partager ce lieu avec les bâtisseurs d’il y a plusieurs millénaires.

Pour une fois le site n’est pas dans le désert mais dans la palmeraie, ça facilite la marche d’approche. Il est entouré de fondations d’autres batiments qu’on voit mieux en montant (par des escaliers modernes) sur le deffufa. Maintenant il est occupé par des oiseaux qui attendent que je passe pour rejoindre leurs nids.

Attention, il n’y a pas beaucoup de transports le vendredi.

Un peu de vie après toutes ses ruines : un petit oiseau près du Nil.


Hotel Qasr Diyafa. Pour le prix, c’est difficile de critiquer, 8€, pas de petit déjeuner, Wifi dans le hall, un peu loin du centre, pour trouver les restos la nuit.



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8
avr

Je suis encore plus au nord, en direction de l’Egypte.

On est maintenant au 14ème siècle av JC. Le royaume de Kerma a été vaincu par les égyptiens qui dominent toute la Nubie. On est avant l’époque des pharaons noirs de Napata. C’est le Nouvel Empire en Egypte, les égyptiens construisent des temples en Nubie à l’image des grands monuments de Thèbes qui sont de la même époque.

Le temple de Soleb est le mieux conservé du Soudan. Comme on l’a vu au musée de Khartoum, 3 temples qui étaient plus au nord ont été déplacés au musée pour éviter qu’ils ne soient noyés sous les eaux du barrage d’Assouan, ils sont de la même époque.

Il faut traverser le Nil sur une barque à moteur pour aller visiter le temple, après une courte marche il apparaît derrière la palmeraie. Majestueux, bien que bien sûr il est moins bien conservé que les temples d’Egypte, mais je suis seul à le visiter, et ça change tout. En fait j’avais un guide, mais pas pour visiter le temple, pour conduire le bateau.

J’ai visité le temple tôt, à 7h, la température est très bonne le matin. L’après-midi il faut se reposer de 13h à 16h.

Normalement l’entrée est de 10$, mais il n’y avait personne pour faire payer.

Wawa

J’ai visité le temple de Soleb depuis le village de Wawa, sur l’autre rive du Nil (la rive est). Quand le bus m’a arrêté, j’ai eu l’impression qu’il avait voulu se débarrasser de moi et m’avait laissé en plein désert. Je me suis dirigé vers un groupe de maisons, mais il n’y avait personne. En tournant autour des maisons j’ai quand même pu interpeller un homme, ce groupe de maison était bien le village de Wawa, et il a été chercher le propriétaire de la guesthouse où j’ai pu passer la nuit.

C’est un village typique nubien, avec de belles maisons bien peintes.

J’ai même pu photographier un groupe d’enfants

Belle guesthouse d’Abbu Rabbo. Maison traditionnelle, très propre. Très bon accueil. Douches et toilettes à l’extérieur. Ventilateur. 14€ avec la traversée de fleuve aller-retour pour aller au temple.

Contrairement à ce qui est écrit dans le Lonely, c’est à coté du village et pas à 4km. 1ère photo, vu de la route, 2ème : l’entrée, 3ème l’intérieur. Il y a une unique boutique/restaurant de l’autre coté de la route. A la boutique pas grand-chose d’autre que des boissons et les éternels biscuits. Au restaurant plat unique le soir : du foul.

Le foul est le plat national du Soudan, c’est des fèves cuites avec beaucoup l’huile, c’est bon quand il n’y a pas d’oignon, surtout quand on n’a rien mangé de consistant depuis plusieurs jours.

9
avr

Je suis arrivé au plus au nord de mon voyage. Pour les petites et moyennes distances on voyage en minibus, pas tous aussi modernes que celui-là mais ils ont remplacé les pickups d'il y a quelques années. Comme il n’y a pas de risque de pluie, je peux mettre mon sac sur le toit.



Abri est un gros bourg, animé le matin et après le couché du soleil. L’après-midi, à l’heure de la photo, c’est repos pour tout le monde. Abri n’a pas le charme de Wawa, mais c’est au bord du Nil, c’est rare, d’habitude les villages sont en retrait, pour éviter les inondations et pour laisser le bord du Nil aux cultures. Mais ici on est sans doute suffisamment surélevé par rapport au fleuve. J’ai même une chambre avec vue sur le Nil.

Pour revenir sur ma dernière discussion à Karima sur la tranquillité du pays. Dans la guesthouse il y avait un néo-zélandais qui arrivait du Cap (celui d’Afrique du sud) en vélo (oui, en voyage on rencontre des gens bizarres). On a mangé ensemble le soir, sur des tables dans la rue, et on était d’accord sur l’attitude exceptionnelle des soudanais qui ne s’occupaient pas de nous. Il y a quelques touristes puisqu’il y a une guesthouse, mais pas énormément non plus. Et les soudanais nous considéraient comme n’importe quels autres soudanais, où plutôt comme n’importe quels autres humains. Les soudanais ont un immense respect pour l’étranger. Si on ne demande rien, il nous salut uniquement et nous laisse tranquille, par contre si on demande quelque chose ils feront tout pour nous aider. Ca changeait le néo-zélandais de l’Ethiopie où on lui envoyait des pierres tous les jours.

Guesthouse de Magzoub : encore une belle maison traditionnelle avec les chambres qui donnent sur une grande cour. Propre. Accueillant. Toilettes et douches à l’extérieur bien sûr. Wifi !! et donc juste au-dessus du Nil. 17€. Un peu cher pour le Soudan, je n’ai pas essayé de négocier parce qu’il n’y a pas vraiment d’autre choix. Photo de l'entrée et de la cour.


J'ai enfin trouver où on mangeait bien !




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Ile de Saï

L’ile de Saï, à 10km d’Abri, est la plus grande ile du Nil.

Comme c’est une ile, il faut commencer par traverser le fleuve. Le bac m’a paru bien surchargé et pas très droit, de toute façon il était dans l’autre sens, moi j’ai pris le petit bateau.

Sur l’ile on trouve quelques sites. Un monastère avec les 4 piliers de son église. Au bord du Nil, un fort ottoman, construit sur un site pharaonique, il est fouillé par des archéologues français, mais ils ne sont là qu’en hiver, à la fraiche. Les passionnés de puzzles peuvent les aider à reconstituer les vases.

Mais ces sites sont surtout un prétexte pour se promener dans la campagne de l’ile, à pied, pas sur un âne.

Je reprends la route du sud, j’ai 3 jours pour aller à Meroé.

13
avr

3 jours et comme prévu je suis à Méroé. Voyage en bus. Comme vous pouvez le constater sur la photo on ne voit pas beaucoup l’extérieur. Il y a des rideaux aux fenêtres pour protéger de la chaleur. C’est assez confortable, je reste sans problème plusieurs heures dans le bus. Il y a des arrêts toutes les 3 heures environs, mais court, si les soudanais ont le temps de manger, moi je ne prends qu’un café.

Si l’ancienne ville de Méroé, dont il ne reste pas grand-chose, était au bord du Nil, le site des pyramides est une nécropole et se trouve dans le désert, à plusieurs kilomètres du Nil.

On change encore d’époque, les pharaons noirs sont chassés d’Egypte au 6ème siècle av JC mais après avoir végétée quelques siècles la Nubie renait de ses cendres un peu plus au sud à Méroé. Un royaume y florit du 3ème siècle av JC au 4ème siècle après JC. Alors que l’Egypte subit de multiples invasions, on a l’impression que la tradition égyptienne est conservée à Méroé, les rois continuent à se faire enterrer sous des pyramides. Il y a d’ailleurs plus de pyramides au Soudan qu’en Egypte.

Si les sites archéologiques soudanais sont intéressants par aux mêmes, ils sont souvent mis en valeur par leurs environnements. Ici on a l’impression que les pyramides sortent des dunes.

Les chapelles devant les pyramides sont symboliques, ce ne sont pas des portes d’entrée dans les pyramides qui sont pleines. J’ai visité Méroé le matin quand le soleil éclaire directement l’intérieur des chapelles et qu’il ne fait pas encore trop chaud, et le soir au coucher du soleil. A chaque heure les couleurs changent pour arriver presque au rouge. Bon, ensuite c’est le noir et j’avais 3km à pied dans le désert pour retourner à mon hotel, merci mon GPS.

Raidane’s Place : La photo est belle mais ce n’est qu’une façade, je veux dire qu’il n’y a pas de cour derrière, il n’y a qu’une rangée de chambres. 80€ avec le petit déjeuner (que j’ai pris à 11h après avoir été aux pyramides) et le diner. Tout confort. Electricité que le soir jusqu’à 23h, ça veut dire que le reste du temps il fait chaud dans les chambres. En plein désert, trop loin du site si on est à pied, à 3km des pyramides, 4km de la route, en allant à l’est vers le désert. 700m derrière l’hotel de luxe italien. Un peu cher pour le Soudan, mais c’est vrai qu’ils n’ont ouvert l’hotel que pour moi. Dormir ici, à l’hotel italien ou camper sont les seuls moyens d’être sur le site tôt le matin où au coucher du soleil.

14
avr

Deux sites de l’époque de Méroé à une trentaine de kilomètres du Nil et de la route goudronnée. Ce n’est plus tout à fait le désert, il y a des épineux, on croise des chèvres, des chameaux et quelques nomades qui vivent autour des puits.

Il faut un véhicule pour les visiter. J’ai pris un taxi à Shendi (33€) grâce à l’hotel El Kawther. C’est des pistes avec beaucoup de sable sans aucune indication. Je n’avais qu’une deux roues motrices, mais le chauffeur savait rouler dans le sable. Il connaissait la piste pour Naqa, mais pas celle de Musawwarat, mais on a trouvé quand même.

Avant de regarder les photos des sites il faut bien se rendre compte qu’on est pas dans le même état d’esprit que quand on voit des sites comme ceux là dans une ville, on y arrive après une heure de piste de sable sans avoir vu le moindre village, on est vraiment « au milieu de nulle part ».

Naqa

A l’époque les temples n’étaient pas isolés, il y avait tout une ville, le climat était sans doute moins sec. Il y a 3 batiments principaux à Naqa.

Le temple d’Amon, il faisait 100 mètres de long.

Le Kiosque romain, que jamais un romain n’a vu, mais qui a ce nom moderne parce qu’il y a des emprunts à l’architecture romaine.

Le temple d’Apademak, ou temple des lions. Apademak est un dieu local qui a été ajouté au panthéon égyptien. C’est le dieu à tête de lion. Je suppose qu’il devait encore y avoir des lions dans la région à l’époque. C’est le temple qui a les plus beaux bas-reliefs du Soudan. On remarque à l’entrée la reine, qui a la même taille que le roi, contrairement à l’Egypte, et aussi beaucoup plus de formes que les reines égyptiennes. Sur un autre bas-relief on note ses ongles longs. La dernière photo c’est Apademak.

Musawwarat

En partant de Naqa le chauffeur ne voulait pas aller à Musawwarat, il disait que ce n’était pas prévu, qu’il ne connait pas la piste (ce qui est vrai) et qu’il n’a pas assez d’essence (si c’est vrai on est mal barré), mais c’est pas avec lui que j’avais négocié, il ne parle pas anglais, mais avec l’hotel et j’avais écrit le programme. En voyant ma tête de déçu, le gardien de Naqa, qui parle anglais, intervient en ma faveur et lui indique la route, bien que je ne vois pas trop comment on peut indiquer une piste dans ce dédale de traces. Et le chauffeur est convaincu, on a 16km à faire d’après mon GPS. Dans ce terrain, le GPS ne donne qu’un cap, mais ce n’est pas comme dans le désert, on ne peut pas aller tout droit, il faut suivre des traces, et il y a de petites montagnes à contourner. Et finalement on avance bien, le nombre de kilomètres restant diminuent régulièrement, on trouve des passages entre les montagnes, et à 3km du but je vois les ruines au lointain. Ah, j’oubliais, il a fallu reprendre de l’essence dés qu’on a rejoint le goudron, donc ce n’était pas juste un prétexte son histoire d’essence.

Le site de Musawwarat est de la même époque que celui de Naqa, mais plus mystérieux. Le principal complexe architectural est la grande enceinte, un carré de 200 mètres de coté entouré de mur, mais on ne sait pas quel était sa fonction et il ne semble pas avoir été terminé. A l’intérieur se trouve les restes de trois temples et même des statues d’éléphants.

Un peu plus loin un autre temple d’Apademak, reconstitué par des archéologues allemands, même le plafond a été reconstitué avec des matériaux périssables comme à l’origine. De nombreux bas-reliefs, par exemple un bébé lion porté par un roi.

Shendi

C’est la ville qui sert de base pour visiter Naqa et Musawwarat. La ville elle-même n’a pas d’autre intérêt que d’être un gros bourg de marché typique de la vallée du Nil. On a l’impression d’être très loin de Khartoum. Bien que la ville soit au bord du Nil on ne le voit pratiquement pas, sauf de la fenêtre de ma chambre.


Hotel El Kawther : Accueil inexistant. Affiche un prix en dollar pour les étrangers (25€). Tout confort, correct, peut servir des repas. Pas de Wifi. Il ne semble pas y avoir d’autres hotels.

18
avr

Dans la présentation de mon voyage, je vous avais dit qu’il n’y avait plus de trains de voyageurs au Soudan. Et bien j’en ai trouvé un, et un train moderne ! Les guides sur le Soudan, comme les guides de n’importe quels pays, ne sont pas à jour et ils n’en parlaient pas, pourtant le train date de 2014. C’est un train chinois, il va d’Atbara à Khartoum en 6h30. Il pourrait aller plus vite, mais il faudrait refaire la voie. Il y a un train le matin et un train le soir dans chaque sens.

Comme j’avais un jour d’avance sur mon programme, je suis revenu en arrière jusqu’à Atbara pour prendre le train sur toute la ligne. J’aime bien les trains, vous devez le savoir depuis le Kazakhstan.

Le train est très utilisé et toujours complet. Les tickets sont vendus la veille à 16h. La photo c’est la file d’attente des hommes, pas très bien en file. Il y a une autre file d’attente pour les femmes qui me paraît pire. Pour éviter la bousculade il vaut mieux venir avant et sympathiser avec un employé qui vend les tickets. C’est ce que j’ai fait et j’ai eu mon ticket avant tout le monde !!

Très beau train, ça paraît quand même irréel dans la paysage soudanais. 3 photos au départ d’Atbara et une photo de l’autre train quand on le croise à Shendi (il n’y a qu’une voie).

L’intérieur aussi est confortable. Il y a une vente ambulante qui passe, on peut acheter thé/café/biscuits. On a aussi le temps de descendre acheter à manger à l’arrêt de Shendi.

Et voilà, je suis revenu à Khartoum, la ville n’a pas changé, il fait toujours aussi chaud.

Un début de mon bilan habituel avec quelques conseils pour voyager au Soudan :

Quand :

Je ne peux pas conseiller de partir aux mêmes mois que moi (mars/avril) à cause de la chaleur, la bonne période est courte et va de fin novembre à février, mais ça reste toujours à plus de 30°. D’un autre coté je me suis bien habitué à la chaleur et au nord d’Atbara, c’est plus supportable, j’ai même mis un pull le matin à Abri … avant 7h. Il faut vivre au rythme de la chaleur, se lever tôt, j’étais souvent debout à 5h30 (il fait jour) et se reposer l’après-midi. La nuit la chaleur est souvent supportable, éventuellement avec la clim où le ventilo, il n’y a qu’à Méroé que j’ai eu du mal à dormir quand ils ont arrêté le générateur à 23h. Pas une goutte d’eau, enfin si, à Suakin, mais vraiment une goutte. Il faut aussi éviter le mois du Ramadan, ce qui revient au même en ce moment.

Budget :

La vie est très peu chère en ce moment, pendant mon voyage on avait 36 livres soudanaises pour 1 € au marché officiel. Mais en combinant les effets inverses de l’inflation et de la dévaluation ça peut changer très vite, il y a quelques années le Soudan était réputé cher.

On a deux types d’achats, ceux où on paie le même prix que les soudanais et ça ne coute presque rien, par exemple 2,10 euros pour le train. Ou les prix indexés sur le dollar, et là on se retrouve sur des prix européens, 10$ pour la plupart des grands sites par exemple, mais aussi certains hotels où les tours organisés.

Si le prix affiché pour les sites est de 10$, j’ai souvent pu payer 200 Livres soudanaises (6€) en disant que je n’avais pas de dollars, de toute façon il y a rarement un ticket.

Finalement, plombé par mon hotel à Khartoum, j’arrive à 40€ par jour.

Contrairement à ce qu’on vous dira à Khartoum, c’est difficile de changer en dehors de Khartoum. Je n’ai pas trouvé une banque qui changeait les euros. J’ai changé à mes hotels de Khartoum et Karima. Sinon il faut chercher dans le souk un commerçant qui veut bien changer à un cours proche du cours officiel.

Hotel :

A part à Khartoum, et à part les deux hotels italiens (à Méroé et Karima), j’ai toujours été dans les meilleurs hotels de chaque ville, et j’ai payé entre 3,5€ à Karima et 80€ à Méroé. On peut dire qu’il n’y a pas beaucoup de choix, mais un hotel dans chaque ville ça suffit non ? Il manque juste un hotel près de Old Dongola. Dans la gamme en dessous des hotels où j’ai été, il y a ce qu’on appelle des locandas, mais c’est des dortoirs.

Nourriture :

La aussi, pas beaucoup de choix dans la vallée du Nil, mais parfois on a des bonnes surprises. On arrive quand même à trouver un poulet grillé, un poisson plein d’arêtes, une omelette... Et si vous aimez le foul vous allez être heureux. Pas de petit-déjeuner, je l’ai déjà dit.

Transport :

Bus, minibus, 1 train, c’est très facile de se déplacer. Au départ des grandes villes j’ai réservé la veille parce qu’on me l’a conseillé, mais je ne suis pas sûr que se soit obligatoire, il y a tellement de bus au petit matin dans les gares de bus. Dans les petites villes je demandais au rickshaw de m’amener au bus qui allait dans la direction souhaitée et il a toujours trouvé un bus où minibus prêt à partir. Mais toujours le matin, l’après-midi c’est plus difficile.

Pour ceux où celles qui n’aiment pas le bus, je ne suis renseigné à l’hotel Acropole, la location d’un 4x4 avec chauffeur c’est 200€ par jour, on doit pouvoir trouver moins cher, mais pas moins de 100€.

Sécurité :

Je ne parle que de la partie du Soudan que je connais. Pour moi c’est la région la plus sure de toute l’Afrique que je connais, et comme je ne vois pas quelle région que je ne connais pas pourrait être plus sure, c’est la région la plus sure de toute l’Afrique. J’y reviendrai dans le bilan de la prochaine étape.

Police :

Il y a des check-points sur les routes où on m'a parfois demandé de voir mon passeport, mais pas plus qu’au Cameroun, ça n’a jamais posé problème. Il y a aussi des policiers qui gardent les sites archéologiques (en plus des gardiens civils) qui demandent les papiers. On a dû me demander 3 fois le permis de voyage qui n’existe plus, mais avec la copie du décret qui le supprime que m’a donné l’hotel Acropole, c’est passé, j’en mettrai le scan sur ma prochaine étape. Il faut absolument se faire enregistrer dans les 3 jours d’entrée dans le pays, c’est l’hotel Acropole qui s’en ai chargé pour moi, la police colle une étiquète dans le passeport et c’est vérifié aux check-points. A Karima, et uniquement à Karima, l’hotel m’a demandé de me faire enregistrer à la police, ça a pris 5 minutes. Parfois ils veulent une copie du passeport et du visa, j’ai fait une dizaine de copies à Khartoum et j’en avais toujours une sur moi, prête à donner, ça fait gagner du temps. Particularité unique au Soudan : les policiers sont en civil, au début ça surprend qu’un civil demande le passeport, au premier check-point je croyais qu’il contrôlait les tickets de bus.

Tourisme de masse :

J’ai quand même dû voir une cinquantaine de touristes, dont 3 groupes de 10, deux groupes italiens et un groupe allemand. Parmi les touristes je compte les expats qui visitent le WE. Et les 5 touristes qui traversent l’Afrique du Cap au Caire (où l’inverse), 2 en transport en commun, 2 en moto et 1 en vélo. Je n’ai pas vu un français.

Tout à l’heure à 16h10 je reprends l’avion pour la France, changement en pleine nuit à Doha, arrivée à Paris à 7h40, je vous ramène la chaleur.

21
avr

Je suis content d’avoir été au Soudan, ça fait longtemps que je voulais aller dans ce pays, même quand c’était le plus grand pays d’Afrique. J’avais même déjà étudié le Soudan quand j’ai été en Ethiopie, pour revenir par le Soudan et l’Egypte, mais ça prenait trop de temps. Et ensuite comme il fallait un mois de visite et que le Soudan a mauvaise réputation, j’ai hésité à y aller.

Dans la précédente étape j’ai dit que la région du Soudan était la plus sure d’Afrique. Il y a très peu de petites délinquances dans les grandes villes et elle est nulle dans les villages du nord. Pas de terrorisme. Je n’en ai pas vu, mais il faut bien sûr éviter les manifestations politiques s’il y en a, il y en a eu en janvier.

Je voudrais pousser un coup de gueule contre le site du ministère des affaires étrangères françaises «conseils aux voyageurs» qui classe cette région en orange, « à éviter sauf raison professionnelle ». Si le nord du Soudan est en orange, les voyages en France doivent être interdits ! En fait c’est un site politique qui donne un jugement en fonction des amitiés du gouvernement français. Le Soudan est en orange parce que le gouvernement soudanais n’est pas ami du gouvernement français, contrairement au Maroc qui est en vert, par exemple. Il y a objectivement plus de risque au Maroc qu’au Soudan. Ce que demande les voyageurs, c’est que le site donne un avis objectif, sinon il n’est pas fiable, et on ne peut pas le croire.

Bien sûr il y a des problèmes au Soudan, le président à un mandat d’arrêt du tribunal international de La Haye pour génocide au Darfour. Ca ne le gêne pas trop pour voyager en Afrique et dans les pays Arabes. Il y a des problèmes économiques, lors de la sécession du Soudan du Sud, le Soudan a perdu une bonne partie des puits de pétrole. Le patron de la guesthouse d’Abri travaillait dans le pétrole, mais il a été licencié après l’indépendance du Soudan du Sud, c’est ce qui l’a décidé de monter sa guesthouse à Abri.

Maintenant il y a un énorme problème d’approvisionnement en essence dans le nord, on voit des files de voitures de plusieurs centaines de mètres à chaque pompe à essence. A Karima j’avais réservé un taxi pour visiter les sites archéologiques, mais j’ai vu arriver le chauffeur à pied, il n’avait plus d’essence !

Sur mon étape de Kassala j’avais dit qu’il y avait beaucoup de mendiants, c’est la seule ville où j’ai vu autant de mendiants. Il y a peut-être un problème particulier à Kassala, ou alors c’était des érythréens puisqu’on était à coté de la frontière. Dans le reste du pays, ce n’est pas très riche mais on ne sent pas une grande pauvreté. En France on parle souvent des demandeurs d’asile soudanais, je pense qu’on simplifie la question, la plupart sont des sud-soudanais ou viennent du Darfour.

Les soudanais me disent que leur pays est mal (bad), mais je ne sais pas ce que ça veut dire, si c’est mal économiquement, politiquement ou si c’est juste moins bien que l’Europe. Je réponds que ce n’est pas vrai, que le Soudan est bien, et ils sont contents. Ils ne parlent pas assez bien anglais pour avoir de grandes discussions, de toute façon je n’ai pas envie de parler politique, comme je l’ai dit à mon étape précédente, les policiers sont en civil.

Quand même le pays progresse, par rapport à ce qui était écrit dans les guides, il y a le nouveau train, il y a de nouvelles routes, les bus et minibus sont plus modernes, les hotels sont plus confortables. Les gros projets d’infrastructures sont souvent réalisés par les chinois, les chinois peuvent remercier l’embargo américain.

Il y a un peu de pollution atmosphérique à Khartoum, mais rien à voir avec les grandes villes asiatiques. Il y a par contre des déchets de plastique partout. Le long des routes, même dans le désert, il y a des sacs en plastique qui volent, rien ne les arrête. Au moindre achat on donne un sac en plastique. Sur mes photos j’essaie d’être positif, sinon ça sert à rien de voyager, certains voyageurs photographient les tas de déchets, pas moi.

Comme je l’ai déjà dit, ce qui caractérise l’ambiance du pays, c’est la tranquillité, un peu comme Oman, s’il faut faire des comparaisons. Mais avec les problèmes économiques et politiques je ne sais pas combien de temps ça va durer. J’aurai pu dire la même chose de la Syrie d’avant la guerre.

J’ai adoré mon voyage au Soudan, ceux qui traverse l’Afrique disent souvent que c’est le pays qu’ils ont préféré. Allez au Soudan maintenant, peut être qu’un jour ce sera vraiment un pays à éviter.



Comme promis je vous mets une copie du décret indiquant que les touristes n’ont plus besoin de permis pour voyager et photographier. Si vous allez au Soudan, imprimez le avant de partir. J’espère que c’est bien ce que ça veut dire, si un lecteur qui arrive à le lire peut me confirmer ?