Carnet de voyage

Ouzbekistan

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2
Un mois au pays de la route de la soie (Samarcande, Boukhara, Khiva)
Du 10 septembre au 9 octobre 2017
30 jours
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12
sept

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Ce carnet de voyage est extrait de myatlas.com/patrickT/asie-centrale écrit en "live". Vous pouvez lire ce carnet pour connaître les commentaires (et mes réponses) reçues pendant le voyage. N'hésitez pas à me poser des questions via des commentaires, j'essaierai d'y répondre.

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L’Ouzbékistan a une superficie de 447 000 Km2, juste un peu plus petit que la France. Il y a des montagnes à l’est, vers la frontière du Kirghizistan et du Tadjikistan, mais la plus grande partie du pays est une plaine désertique.

Il y a 29 millions d’habitants. 75% sont des ouzbèks.

Les ouzbèks se sont sédentarisés dans les oasis, ce ne sont pas des nomades, les ouzbeks n’ont jamais vécu dans des yourtes.

L’économie est basée sur l’agriculture irriguée, principalement le coton. L’Ouzbékistan est le 6ème producteur mondial de coton. Le pays exporte également de l’or et de l’uranium.

Contrairement aux autres pays d’Asie centrale, la langue ouzbek s’écrit en caractère latin depuis l’indépendance. C’est plus facile pour lire les enseignes et les noms des rues.

Il faut un visa pour voyager en Ouzbékistan. J’ai obtenu un visa de 30 jours à Paris avant de partir, et je resterai les 30 jours.

J’ai passé du temps à faire un programme cohérent pour le Kirghizistan et le Kazakhstan, par contre le programme de l’Ouzbékistan est évidant. Il y a 4 villes incontournables : Tachkent, Samarkand, Boukhara et Khiva. Je reste 5 nuits dans chaque ville, avec les trajets et le retour à Tachkent pour prendre l’avion, il ne reste pas beaucoup de dispo sur un programme de 30 jours.

Le passage de la frontière est un des pires que je connaisse, il y a une longue queue pour rentrer en Ouzbékistan, mais elle n’est pas organisée, tout le monde essaie de passer le premier. D’après ce que j’ai compris les femmes sont prioritaires et elles font respecter leur priorité même quand il n’y a pas de place pour passer, mais à ce rythme je n’avance pas, j’ai été obligé de donner des coups de coudes pour passer. J’avais tellement envie d’en finir que je n’ai pas rempli la déclaration des devises. J’ai été à l’ambassade pour demander conseil, j’ai été reçu par une secrétaire qui m’a dit que ce n’était pas grave.

Il y a eu une révolution monétaire le 5 septembre, la monnaie de l’Ouzbékistan, le soum, est devenue convertible. Ca devrait faire disparaitre le marché noir qui était deux fois plus avantageux que le taux officiel. Plus besoin de changer dans la rue, c'est plus sûr et plus facile. J’ai changé, à la banque, 1 euro pour 9500 soums. On devrait aussi avoir ce taux en retirant aux DAB.

Il y a aussi des nouveaux billets de 50 000 soums (les billets de 100 000 sont annoncés), fini l’époque où il n’y avait que des billets de 1000 et ou on se retrouvait avec un sac de billets contre 50 euros.

Il y a une heure de décalage avec le Kazakhstan, donc plus que 3 heures avec la France.

Il fait un peu moins chaud, maximum 30 degrés. Aucune prévision de pluie.

L'anglais semble beaucoup plus parlé que dans les autres pays d'Asie Centrale.

14
sept

Tachkent existait déjà avant d’être occupée par les russes en 1865. Mais ensuite ça a été la ville favorite des russes puis des soviétiques en Asie centrale. C’est devenu, et c’est toujours, avec environ 2,5 millions d’habitants la plus grande ville d’Asie centrale et la capitale de l’Ouzbékistan.

Mais le 25 avril 1966 un tremblement de terre a rasé le centre-ville, on y trouve donc très peu de batiments anciens. La ville a été redessinée et reconstruite ensuite avec de larges avenues en privilégiant la voiture sur les piétons. Et elle est de nouveaux reconstruites, mais petit à petit cette fois, depuis l’indépendance, pour la « moderniser », mais d’un point de vue qui manque de cohérence, en remplaçant juste les batiments des années 70 par des batiments d’aujourd’hui.

Comme je l’avais déjà dit à Abu Dhabi, les avenues trop larges découpent la ville en miniquartier et empêche de créer une atmosphère d’ensemble. Lorsqu’on marche, mais peu de monde marche, le long de ses avenues, on n’a pas toujours l’impression d’être au centre-ville.

Le vrai centre de la ville est la place Amir Timur, sa statue est au milieu de la place. Amir Timur, c’est Tamerlan, destructeur sanguinaire de l’Arménie à l’Iran, c’est ici un héros national. Derrière, l’hotel Ouzbékistan, typique des grands hotels de l’URSS.

Quelques réalisations récentes qui montrent l’image de la « nouvelle ville », d’abord un grand batiment tout blanc, le Dom Forum, qui donne sur la place Amir Timur. Le seul problème, c’est qu’il est toujours fermé et que personne ne sait à quoi il sert.

Ensuite, un jeu d’eau devant le nouveau sénat. Le sénat, il est à gauche, on ne le voit pas sur la photo, il se dit qu’on n’a pas le droit de prendre les batiments officiels, je n’ai pas pris le risque. Le monument de la Mère affligée, qui pleure, devant une flamme éternelle, les 400 000 soldats ouzbeks morts pendant la seconde guerre mondiale.

Au bazar Tchorsou, animé et coloré, on ressent plus une ambiance d’Asie centrale. La viande ; le riz, je suis toujours étonné qu’il y ait tant de sorte de riz ; les épices ; les bonbons ; le pain qui sort du four ; les légumes ; les oignons, il y en a des tonnes, et là je suis parti.

Au nord de la ville il y a un quartier qui n’a pas été touché par le tremblement de terre, et dans ce quartier, une place qui est le centre religieux de pays, entourée de beaux batiments. La mosquée Hazroti Imam (1ère photo) est récente mais construite dans le style traditionnel ; la Madrasa Barak Khan (2ème photo) n’abrite plus d’étudiants, mais des boutiques d’artisans. Le batiment le plus sacré est la bibliothèque Moyie Mubarek (3ème photo), à l’intérieur, le coran d’Othman, un des plus vieux corans existants. C’est interdit d’en prendre une photo, mais il y a une copie au musée.

Il y a de nombreux musées à Tachkent, je ne les ai pas tous vu mais j’aurai une nouvelle journée à Tachkent juste avant de rentrer. Parmi ces musées deux très grands : le musée des Beaux-Arts, en haut, le tableau, il date de 1937, c’est la mer d’Aral.

En bas le musée d’histoire, ancien musée Lénine. Il retrace toute l’histoire de l’Ouzbékistan de l’âge de pierre (2ème photo) à aujourd’hui. La dernière photo, c’est un mur peint du 6ème siècle.

Un autre musée : le musée du chemin de fer, avec de belles locomotives soviétiques.


Mais à Tachkent on peut faire des poses quand on ne visite pas, il y a de nombreux restaurants et cafés.




Renseignement pratique : Hotel ART. peut-être un peu loin des restos et du métro (15 minutes), sinon, très bon hotel pour ce prix dans une ville où ils sont réputés chers. Petit déjeuner très copieux. 28€.

16
sept

Une petite étape dans la région du parc d’Ugam-Tchatkal, c’est-à-dire Tchimgan et le lac de Tchorvok ou je n’ai passé qu’une nuit. Je n’ai pas franchi la limite du parc national, je suis resté autour.

Une occasion pour vous expliquer le principe des enregistrements. Pour le tourisme, l’Ouzbékistan n’est pas tout à fait sortie de l’ère de l’URSS. On ne peut dormir que dans des hotels habilités à recevoir des étrangers et ces hotels procèdent à l’enregistrement de leurs clients étrangers auprès de la police. Ils nous remettent un justificatif d’enregistrement que la police peut vérifier lors d’un contrôle, ou à la sortie du pays. Il semble que l’on doive être enregistré que si on reste au moins 3 nuits dans la même ville, mais la règle est floue.

Je pensais trouver un hotel à Tchimgan, une station de ski, mais apparemment il n’y en a pas (en fait, en cherchant il y en a peut-être). J’ai donc pris un taxi jusqu’au lac de Tchorvok, un peu plus bas. J’ai d’abord essayé l’hotel Tchorvok Oromgohi, connu aussi sous le nom de Pyramide. Bien qu’il soit dans tous les guides, et pas bon marché à 36€, ils me disent qu’ils n’acceptent pas les étrangers.

Ils m’envoient sur l’hotel « Avenue Park », à quelques kilomètres, les chambres les moins chères sont à 47€, mais il est complet. La réception téléphone à l’hotel « Charos », ils ont des chambres, mais à 68€ je trouve que c’est trop cher.

Un membre de l’hotel me propose de dormir dans une datcha. C’est des villas que louent les particuliers. Si la région n’est pas touristique pour les étrangers, elle l’est pour les ouzbeks de Tachkent, qui louent donc des villas. Tout le monde n’est pas d’accord à la réception de l’hotel, puisque dans ce cas, je ne serai pas enregistré. Mais si la règle des 3 jours s’applique, j’ai le droit, et j’accepte, de toute façon, à part retourner à Tachkent, je n’ai pas le choix.

C’est comme ça, qu’alors que je ne cherchais qu’une chambre, je me suis retrouvé avec une maison pour moi tout seul, avec piscine, jardin et vue sur le lac. A oui, le prix c’est 36€. Et pour l’enregistrement, on verra quand j’aurai un contrôle, je dirai que j’ai bivouaqué dans la montagne.

Le lac de Tchorvok, vu du jardin de ma maison et depuis la plage.

Le lendemain, je suis retourné à Tchimgan, la station de ski. C’est orienté pour les touristes ouzbèks, ils peuvent faire un tour en quad ou à cheval. Par contre rien pour les touristes étrangers, pas de guides, ni d’itinéraire de randonnées. J’ai quand même fait un tour sur le télésiège, la deuxième photo, c'est au sommet.

21
sept

Je vous ai déjà parlé de Tamerlan (qu’on appelle Amir Timur ici), il a vécu de 1336 à 1405. Il a construit un empire et fit régné la terreur de Moscou à Delhi. Mais il voulait aussi avoir la capitale la plus belle du monde et cette ville c’était Samarcande. Il a fondé une dynastie qui s’appelle les timourides et qui a duré un siècle après lui.

Avant de vous monter les monuments timourides, je vais vous parlez de la ville qui est d’une conception curieuse. Depuis l’indépendance le nouveau pouvoir a voulu séparer la ville « touristique », où il y a les monuments, de la vielle ville, où vivent les ouzbeks. Toutes les maisons qui se trouvaient près des monuments ont été rasée pour laisser place à des parcs, des perspectives, des grandes rues sans voitures qui mettent en valeur les monuments. Je ne critique pas, on a fait pareil en France, la muraille du Mans par exemple. Ca fait un peu musée en plein air, mais c’est très agréable à visiter, ça donne ce type de rue devant la mosquée Bibi Khanoum :

Cette ville touristique est entourée de murs ou de beaux batiments modernes. On passe une porte (celle qui est ouverte, à droite sur la première photo), et on change de monde (c'est l'autre coté de la même porte sur la deuxième photo) !

On est dans la vielle ville, avec des petites rues, de vieilles maisons, de toutes petites échoppes. Des jeunes jouent au ping-pong à l’ombre d’un minaret. Il y a même un vendeur de melon sur un charrette. Je suis sûr qu’il y a beaucoup de groupes de touristes qui ne savent même pas que cette autre ville existe de l’autre coté du mur.

Bon, retour dans la ville touristique pour les principaux monuments :

Gour Emir

Le Gour Emir c’est le mausolée de Tamerlan, construit par Tamerlan lui-même pour son petit-fils en 1403, il repose à ses cotés. Le dôme fait 32 m de haut. La dalle funéraire de Tamerlan est la noire. Elle n’est que symbolique, la vrai sépulture est dans la crypte inaccessible.

Mosquée Bibi Khanum

La mosquée Bibi Khanum devait être au début du 15ème siècle une des plus grandes et la plus belle mosquée du monde. Même si elle a souffert du temps, elle reste grandiose. Elle est construite sur le même plan que les grandes mosquées que j’ai vues en Iran. Une entrée monumentale qui donne dans une grande cour, la cour est ici un parc, mais ça ne devait pas être le cas à l’époque. En face de l’entrée, la grande salle de prière. Sur les cotés, deux autres salles de prière.

La première photo c’est le portail d’entrée de 35 m de haut. La deuxième est à l’intérieur de la cour, on voit un lutrin en marbre sur lequel on posait le Coran, derrière, l’entrée de la grande salle de prière. La troisième photo est prise de l’extérieur, on peut mieux voir le dôme de la grande salle de prière. La quatrième est une vue d’une des « petites » salles de prière, vue de l’intérieur de la cour.

Nécropole Shah-i-Zinda

La nécropole de Shah-i-Zinda est une ruelle, le long d’une colline, entourée de mausolées de proches de Tamerlan. Il doit y en avoir une vingtaine, souvent recouverts de belles mosaïques à base de bleu, et surmontés de bulbes. Au sommet (la dernière photo), derrière le grillage en bois, le tombeau de Qassim-ibn Abbas, le premier missionnaire musulman arrivé à Samarcande.

Le Registan

Le Registan est un des ensembles architecturaux les plus importants du monde musulman. Sur la même petite place on trouve sur trois cotés, trois madrasa exceptionnelles. Le sud est laissé libre, ce qui permet de laisser rentrer le soleil. La majesté du site est difficile à rendre en photo, même en « panoramique » on n’a pas assez de recul.

Madrasa est le nom donné aux universités dans le monde musulman du moyen-âge, on n’y enseignait pas que le coran, mais aussi la littérature, la philosophie, les mathématiques et l’astronomie.

Chacune des madrasa serait un incontournable, je vous les présente une par une : à l’ouest, la madrasa d’Oulough Begh est la seule qui date des timourides. A l’intérieur on trouvait les cellules des étudiants sur deux étages. Elles sont magnifiquement décorées, mais des boutiques de souvenirs ont remplacées les étudiants.

Au nord, la madrasa Tilla Kari date du 17ème siècle. La seule qui a des cellules qui donnent sur l’extérieur. Sa cour est un beau parc. Elle abritait la grande mosquée, avec le dôme bleu, et l’intérieur de la salle de prière couvert de dorures.

A l’est la madrasa Chir Dor, aussi du 17ème. Au fronton les très beaux tigres qui portent le soleil fait plus penser à la symbolique zoroastrienne de musulmane.

Autres monuments

Il y a beaucoup d’autres monuments, plus secondaires à Samarcande, en voici quelques-uns : le mausolée du prophète Daniel. Sa tombe mesure 18 mètres parce qu’il continue de grandir après sa mort. Et là, si vous avez suivi mes blogs depuis le début, vous devez dire : « mais, le mausolée du prophète Daniel on l’a déjà vu ! ». Effectivement, il y en a deux et j’ai vu l’autre au cours de mes voyages en Asie de l’ouest et du centre.

La première photo en dessous, c’est le reste du sextant géant d’Oulough Begh. Il lui permit en 1440 de déterminer la position exacte de plus de 1000 étoiles avant qu’on invente les télescopes.

A coté, pour mieux comprendre la photo du sextant, une maquette en coupe du batiment qui le contenait. Il ne reste que la partie qui était en dessous du niveau du sol, le batiment a disparu. Le sextant entier faisait 90 degrés.

La deuxième photo, c’est le lieu le plus calme de Samarcande, presqu’aucun touriste ne vient jusqu’ici, le mausolée et la mosquée Add-i-Darun.


Le plat national c’est l’och, plus connu sous son nom russe de plov. A base de riz frit, de mouton et de légumes inconnus. Bien qu’ici il le serve sans oignon, je ne suis pas fan.



Renseignement pratique : Hotel Jahongir. Très agréable maison traditionnelle avec une cour centrale où on prend le petit déjeuner sous une vigne. Très bien placé à 10 minutes à pied du Registan. 23€. Réservation indispensable.

24
sept

Shakhrisabz est une petite ville, mais c'est la ville natale de Tamerlan. Il y a construit quelques monuments pour lui donner un peu de prestige.

Comme à Samarcande, les monuments touristiques sont maintenant dans un grand parc d’un kilomètre et demi de long, entouré de batiments modernes qui cache le vielle ville. C’est encore plus déroutant parce qu’il y a très peu de monde dans ce parc, que quelques bus électriques. Très peu de touristes dorment ici, la plupart ne font qu’une excursion depuis Samarcande. En plus, dans la vielle ville, ou j’ai mon hotel, les rues ne sont même pas goudronnées, le contraste est d’autant plus important. Les photos, c’est : 1) la rue de la vielle ville vers mon hotel. 2) la porte entre le parc historique et la vielle ville. 3) le parc historique avec un petit bus électrique.

J’ai passé une bonne journée à me promener dans le parc historique. Les monuments sont moins restaurés qu’à Samarcande, et si on laisse passer les groupes, on se retrouve tout seul, ce qui donne un charme particulier à la visite.,

Encore une fois, je ne vous montre que les principaux monuments. Tout au nord, Ak-Saraï était l’immense palais de Tamerlan. Il n’a que peu survécu au temps et n’a pas été reconstruit lors de sa restauration. Il reste une belle porte monumentale sans voute mais avec encore des carreaux de faillance.

La statue de Tamerlan paraît aussi grande que la porte, mais c’est un effet d’optique.

Le mausolée de Djahangir, le fils de Tamerlan qui devait lui succéder mais qui est mort avant lui.

L’ensemble Dorout Tilovat qui est constitué d’une mosquée et de deux mausolées. Le grand dôme bleu, c’est la mosquée, les deux petits, c’est les mausolées.

Renseignement pratique : Hotel Dulon, en fait des chambres chez l’habitant, les enfants jouent dans la cour. Très bon accueil. Bien aménagé pour recevoir les touristes. Dans la vielle ville, à 5 minutes du parc historique. Sortir par la porte en face de l’ancien bazar (celle de la photo au début), et ensuite il faut demander, c’est impossible de trouver tout seul, c’est au fond d’une impasse. 13€ avec petit déjeuner. Douche et toilette à l’extérieur. Contrairement à ce qui se dit à Samarcande, ça vaut le cout de dormir à Shakhrisabz.

28
sept

Comment ne pas aimer cette ville ! Ici les monuments ne sont pas dans un parc mais à l’intérieur de la ville vivante. Même si de nombreuses maisons ont été reconstruites, c’est dans le style traditionnel.

Boukhara a souvent été la ville la plus importante de la région, à part du 13ème siècle et de sa destruction par Gengis Khan jusqu’à la chute des timourides (fin 15ème), et depuis que les soviétiques se sont installés à Tachkent. La période couverte par l’architecture y est donc beaucoup plus large qu’à Samarcande même si les monuments ne sont pas aussi imposants.

Et maintenant, une présentation par quartier.

Liab-i-Khaouz

Liab-i-Khaouz est le centre de la ville. Autour d’un bassin qui apporte la fraicheur, de belles madrasa. Mais aussi des cafés, des restaurants et des boutiques, c’est l’endroit le plus animé de la ville, pas uniquement par les touristes.


Et un selfie devant un derviche sage et fou !





Les bazars couverts

Les bazars, qui ne sont plus qu’en parti couverts, sont maintenant dédiés à l’artisanat et aux touristes, une occasion de voir ce qu’on trouve comme souvenirs qui sont vendus « moins cher que gratuit ».

L’ensemble Kalon

L’ensemble Kalon est le plus grand ensemble monumental de Boukhara. Je ne sais toujours pas comment photographier une place, surtout qu’ici il faut se positionner au nord. Le minaret de 48 mètres est un des plus vieux monuments de Boukhara, il date de 1127, il n’a pas été détruit par Gengis Khan. La madrasa Mir-i-Arab est toujours en activité, elle n’est pas ouverte aux touristes. Les deux dernières photos sont prises à l’intérieur de la mosquée Kalon. C’était un entrepôt pendant l’URSS, elle a été parfaitement restaurée.

L’ancien quartier juif

Juste au sud de Liab-i-Khaouz, un labyrinthe de ruelles, ou j’ai mon hotel, constituait le quartier juif. Il y avait une très ancienne communauté de plusieurs milliers de juifs, mais ils ont presque tous migrés aux USA ou en Israël à l’indépendance. Il reste deux synagogues actives. C’est un plaisir d’essayer de se perdre dans ces ruelles.

L’Ark et l’ouest de Boukhara

L’Ark était la forteresse de l’émir, utilisée jusqu’en 1920 quand la ville fût prise par les bolcheviques.

A l’ouest de la forteresse s’étend un grand parc ou on trouve deux beaux monuments. La mosquée Bolo-Khaouz, avec un petit minaret séparé, un bassin et un porche d’entrée soutenue par de très fins piliers en bois.

Et le mausolée de Samani, il date du début du 10ème siècle. C’est un des plus anciens mausolées musulmans au monde. On ne connaissait pas encore les briques colorées à l’époque, sa décoration est produite uniquement grâce à des assemblages différents des briques.

Autres quartiers

A l’est un seul monument, Tchar Minar, bien que ce soit juste l’entrée d’une madrasa aujourd’hui disparue, il est assez photogénique et est souvent représenté pour symboliser la ville.

Au sud la maison de Faïzoullah Khodjaïev a été bien restaurée (elle avait été transformée en école). C’était le président de l’éphémère république populaire de Boukhara, il fut éliminé dans les purges staliniennes des années 30.

Et une photo devant la madrasa Gaoukoushan, mais ça pourrait être n’importe lequel des 256 monuments historiques répertoriés, le plus souvent en attente de restauration.

Contrairement à Samarcande on trouve de nombreux bons restaurants à proximité des sites historiques. Il y a une brasserie Carlsberg en Ouzbékistan.




Renseignement pratique : Hotel Samani Bukhara, ne peut pas être mieux placé à 2 minutes de Liab-i-Haouz. Dans les petites rues de la vielle ville. Maison traditionnelle. Wifi inutilisable tellement elle est faible. Tout confort. Bon petit déjeuner. 20€


3
oct

Après Samarcande et Boukhara, Khiva complète le groupe des trois merveilles d’Ouzbékistan.

Après avoir traversé une région semi-désertique en venant de Boukhara, on est surpris par la verdure de la région du delta de l’Amou Daria. Cultivé depuis l’antiquité, Khiva en a été la capitale de cette région indépendante (ou presque) du 16ème siècle à 1924 et son intégration dans l’URSS. La vieille ville actuelle, entourée de muraille, date de la fin du 18ème siècle. Elle a été entièrement restaurée par les soviétiques. Les remparts sont percés de quatre portes monumentales aux quatre points cardinaux.

Le tour des remparts ne fait que deux kilomètres, mais à l’intérieur on trouve du nombreux palais, minarets, madrasa, mausolées et mosquées. Et les maisons ordinaires, si elles ne sont pas toujours très vielles, s’intègrent parfaitement.

Le Kalta Minor, devait être le minaret le plus élevé du monde, mais il est resté inachevé à 29 mètres. En voyant sa base, on imagine la hauteur incroyable qu’il aurait eu s’il avait été terminé.

J’étais déjà monté en haut d’un minaret au début de mon voyage au Kirghizistan. Le beau minaret multicolore de la madrasa Islom-Hodja est beaucoup plus haut, environ 50 mètres, mais l’escalier est toujours aussi sombre et raide. Ca m’étonnerai que je recommence.

La mosquée du vendredi a aussi un beau minaret, mais l’intérieur est surprenant, il n’y a pas de cours, c’est une forêt de piliers en bois, tous différents. Un spécialiste, qui était justement là, a même trouvé une croix arménienne.

Les décorations en faïence à base de bleu et de blanc sont la caractéristique de nombreux monuments de Khiva. Dans l'ordre : La salle d’audience et le harem du palais Tosh-Hovli, l’intérieur du mausolée de Pakhlavan Makhmoud.

C’est la même décoration pour la mosquée d’été du palais Koukhna Ark. La porte d’entrée de ce palais donnait sur la grande place ou avait lieu les exécutions.

La ville est très touristique la journée, avec les groupes, mais c’est un peu comme à Venise, il suffit de s’écarter de quelques mètres du circuit classique, et on se retrouve tout seul. Beaucoup de touristes ne restent qu’une journée, c’est trop peu. La ville est petite, mais il y a beaucoup à voir et il faut prendre son temps. Je suis resté 5 nuits mais j’aime rester une journée de plus quand j'ai déjà tout visité.

Le froid arrive, il ne fait que quelques degrés la nuit est pas plus de 20 la journée. Ca sent la fin du voyage.

Renseignements pratiques : On achète un billet qui donne droit d’accéder à presque tous les sites (7€ avec le droit de photographier), il est normalement valable 2 jours, mais j’ai eu sans problème une prolongation gratuite pour 2 jours de plus.

Hotel : Guest House Orzu, dans la vielle ville bien sûr, rien à dire, tout confort, bon accueil, bon petit-déjeuner, Wifi pourri. 23€.

5
oct


Au nord du Khorezm, à la limite du désert se dressent un réseau d’une cinquantaine de citadelles. Certaines sont complétement en ruine, et le désert a été cultivé par les soviétiques, mais d’autre sont encore très impressionnantes. Les plus vielles datent du 4ème siècle av JC, certaines étaient encore utilisées au 14ème siècle. J’en ai visité 7, je vous en montre 4.

Ayaz-Kala

La forteresse d’Ayaz-Kala est la plus impressionnante. En fait il y a 3 forteresses sur le même site, à des hauteurs différentes. Une première, très grande, c’est la plus haute, on voit l’extérieur sur la grande photo ci-dessous et l’intérieur sur les deux photos suivantes.

La deuxième citadelle, à un niveau intermédiaire, c’est la photo d’introduction au-dessus. La troisième est au niveau du sol, elle est vue depuis la deuxième ci-dessous. Et le chameau … il passait par là.

Toprak Kala

Une des plus vielles citadelles à visiter, elle date du 1er siècle av JC. C’est surtout un site archéologique. Dommage qu’il n’y ait pas d’explication. On a trouvé des fresques, elles sont à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Djambaz Kala

Une autre très grande citadelle dans le désert. Des yeux sortent du sable pour m’observer.

Guldursun Kala

Entourée de cultures, on peut marcher sur la muraille.

Et demain 16 heures d’un train de nuit pour retourner à Tachkent.

Renseignements pratiques

Transports : il faut bien sûr un taxi privé. Je suis passé par l’office de tourisme de Khiva, pour louer un taxi pour 2 jours à 43€.

Hotels : j’ai passé une nuit au camp de yourtes au pied de la citadelle d’Ayaz-Kala. Ce n’est pas comme au Kirghizistan, les ouzbèques ne sont pas des nomades, les yourtes ne sont montées que pour les touristes. Ce n’est pas le même prix non plus, 34€ avec le diner et le petit-déjeuner. Mais c’est très bien quand même, le paysage le soir et le matin vaut d’y passer la nuit. Pour une fois, une grande photo d’hotel.

Hotel à Urgench : Fayz. Hotel moderne, 34€ avec le petit déjeuner, Wifi correcte. Urgench est la grande ville de la région, c’est ici qu’on trouve l’aéroport et la gare de trains.

8
oct

Le train

16 heures de train d’Urgench à Tachkent. Comme au Kazakhstan, les trains de nuit sont les anciens trains soviétiques. Même organisation des 3 classes : le troisième, comme un dortoir, sans compartiment, je ne l’ai jamais prise. La seconde (qui s’appelle Kupe) avec des compartiments pour 4, deux couchettes en bas et deux couchettes en haut. Et la première, qu’on appelle « luxe » ici, avec des compartiments de 2. La photo, c’est un compartiment « luxe », on m’a proposé un surclassement pour 10€, j’ai pris la photo, mais je suis resté en seconde. La première, c’est bien si on est deux, si on est seul, je trouve que la seconde est mieux. Il y a toujours le wagon restaurant, mais la cuisine est moins bonne qu’au Kazakhstan.

Quelques photos du voyage : 1) mon train dans le Khorezm ; 2) la traversé de l’Amou Daria, le fleuve qui n’arrive plus à la mer, au fait, un fleuve qui n’arrive plus à la mer, c’est un fleuve ou une rivière ? 3) et ensuite le désert … et après il a fait nuit.

Pour ceux qui sont allergique aux bus (je ne vise personne), on peut visiter presque tout l’Ouzbékistan en train. Il y a une ligne rapide Tachkent/Samarcande/Boukhara et d’autres lignes moins rapides. Khiva est à 30 km de la gare d’Urgench. Shahrisabz est à 2h des gares de Samarcande ou Karchi. Pour aller de Boukhara à Urgench j’ai pris un taxi collectif, c’est plus rapide, mais on peut faire le trajet en train en changeant à Navoï.

Dernier jour à Tachkent

Je trouve un très beau jardin japonais, près de la tour de télévision, il y a même des oiseaux en liberté, c’est des vrais.

Par contre, on peut monter à la tour de télévision, mais on n’a pas le droit de prendre des photos, je n’y suis donc pas monté. C’est la première fois que je vois une plateforme d’observation où les photos sont interdites.

Quelques mots sur l’Ouzbékistan

Les trois villes de Samarcande, Boukhara et Khiva valent chacune le voyage. Des ensembles architecturaux aussi spectaculaires, c’est très rare en dehors de l’Europe. Même si on n’est pas passionné de vieilles pierres, ça me paraît impossible de rester insensible à ces villes. Je ne peux donc que recommander un voyage en Ouzbékistan.

Aucune difficulté pour voyager en Ouzbékistan, c’est de loin le pays d’Asie centrale ou on parle le plus anglais. Pas de difficulté pour trouver transports, restaurants (même si ce n’est pas toujours excellant) ou hotels (sauf quand l’hotel n’accepte pas les étrangers), si on veut un hotel précis, c’est quand même mieux de réserver.

Comme partout en Asie centrale on est bien accueilli.

C’est un pays sûr, vu le nombre de policiers, on ne risque pas grand-chose. Par exemple, pour rentrer dans le métro de Tachkent, il y a 2 contrôles de police avant d’accéder aux quais. Les légendaires policiers corrompus qui soutiraient de l’argent aux touristes semblent s’être transformés en aimables aides aux touristes, suite à une mise au pas du gouvernement.

Je suis arrivé juste après la convertibilité du soum, la monnaie locale, ce qui équivaut à une énorme dévaluation. A part les hotels qui sont indexés sur le dollar, on vit pour presque rien. Par exemple je mange rarement pour plus de 5€. Au total je devrais être à 36€/jour. Mais ce n’est pas sûr que les prix restent longtemps aussi bas.

Il y a une différence entre l’image que veut se donner le pays, avec ces parcs touristiques, trop propres comme à Samarcande et le pays réel qui manque d’infrastructures. Les routes sont souvent remplies de nids de poule, les rues sont mal éclairées. Ca surprend par rapport au Kirghizistan par exemple, qui est pourtant plus pauvre.

Une différence surprenante aussi par rapport aux autres pays de la région : l’appel à la prière est interdit.

Ce qui est pénible : les « enregistrements », il faut garder tous les petits coupons que donnent les hotels. Les hotels vérifient eux-mêmes, plus ou moins, les précédents enregistrements, je mettrai à jour cet article pour dire comment ça s’est passé à la sortie du pays.

Ce que je n’aime pas : les vendeurs de souvenirs sont partout, même dans les monuments, difficile de faire une photo sans une échoppe. Je suis d’accord qu’ils vendent leurs souvenirs dans la rue, mais il faudrait préserver les monuments. Ceci dit, ils (elles plutôt, c’est souvent des vendeuses) sont toujours sympathiques, jamais agressifs comme dans certains pays.

Mais tout ça ne m’empêche pas de recommander le voyage en Ouzbékistan. J’ai visité tranquillement en un mois, mais ce n’est pas très grand, on peut très bien faire un beau voyage en 2 semaines.

Contrôles de sortie à l’aéroport :

Comme pour le métro, il y a deux controles de police avant de rentrer dans le batiment de l’aérogare. On enregistre les bagages avant le contrôle de douane, j’aurais donc pu mettre mon argent dans mon sac, mais il ne faut pas que le sac se perde.

Au contrôle de douane, le douanier m’a demandé ma déclaration de devises, que je n’avais pas faite en rentrant par la route du Kazakhstan. J’avais rempli la déclaration de sortie avec le montant exacte des euros qui me restait. Le douanier m’a dit que je ne pouvais pas sortir les euros puisque je n’avais pas de déclaration d’entrée. Il m’a amené dans une petite salle, a fouillé mes poches et le sac que je prends dans la cabine. Il a compté mon argent, qui correspondait à ma déclaration de sortie. Je pensais qu’il allait me demander de payer une « amande », mais non, il m’a laissé passer avec mon argent en me disant que la prochaine fois il faudrait remplir la déclaration d’entrée, c’est sûr que la prochaine fois je n’oublierai pas ! Plus tard j’ai recompté mes billets, au cas où il en aurait fait disparaître quelques-uns tel un pickpocket, mais non, le compte était bon.

Au contrôle de police, le policier m’a demandé mes enregistrements d’hotels, mais quand le lui ai montré le tas de papier, il ne les a même pas regardés. Moi qui les avait soigneusement rangés dans le désordre, je suis déçu.

C'est fini, je rentre à Paris, via Moscou.