Carnet de voyage

Oman

Treks sublimes dans des canyons de roches brutes ou au milieu d’oasis rafraichissantes. Hospitalité d’un peuple pacifique et serein. Oman, ou l’Arabie éternelle et heureuse.
19 mars au 13 avril 2017
25 jours
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20
mars

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Ce carnet de voyage est extrait de https://www.myatlas.com/patrickT/pays-golfe-persique écrit en "live". Vous pouvez lire ce carnet pour connaître les commentaires (et mes réponses) reçues pendant le voyage. N'hésitez pas à me poser des questions via des commentaires, j'essaierai d'y répondre.

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Je suis depuis hier à Oman mais aujourd’hui, vous avez le droit juste la présentation de mon voyage à Oman.

Le sultanat Oman est, de loin, le plus grand pays des 5 que je visite dans ce voyage, 309 000 km2, mais que 4 millions d’habitants dont le sultan qui est le chef de l’état. Contrairement au nom de mon carnet de voyage, Oman n’a pratiquement pas de cote sur le golfe persique, ces cotes sont sur le golfe d’Oman et sur la mer d’Arabie. Ces principales ressources sont le pétrole et le gaz.

Il y a deux régions isolées que je ne vais pas visiter, au nord, la péninsule de Masandam, qui est séparée du reste du pays par les EAU. Et au sud-ouest, contre le Yémen, le Dhofar, qui est séparé du reste du pays par 1000 km de désert.

Je vous donne une deuxième carte qui recouvre uniquement les régions du nord-est que je vais visiter. En marron, c’est les montagnes infranchissables, le plus haut sommet est à 3009 mètres. Et en rouge c’est mon projet de trajet.

Il y a très peu de transports en commun, les bus ne permettent que d’aller dans les villes moyennes, j’ai donc louer une voiture pour presque tout mon voyage.

Mais c’est à pied que j’ai traversé la frontière entre les EAU et Oman. La frontière est dans le désert, il doit y avoir un petit kilomètre entre les deux postes frontières. J’adore passer les frontières à pied. En marchant je me rappelais quelques passages mythiques, comme la frontière entre l’Autriche et la Tchécoslovaquie à l’époque du rideau de fer, il y avait un très long pont entouré de barbelés. Au poste tchécoslovaque, tout le monde savait qu’un marcheur arrivait bien avant que j’y sois.

Pour sortir des EAU, il faut payer une taxe, uniquement avec une carte de crédit.

Au poste d’Oman ça a était un peu long. J’avais l’impression qu’ils ne contenaient pas le visa que j’avais fait en France : Question des policiers après qu’ils eurent déjà examiner de longues minutes mon visa : « Combien de temps aller vous rester à Oman ? », moi : « 26 jours », la police : « il vous faut un visa d’un mois », moi : « mon visa est d’un mois ». Finalement ils ont tamponné mon passeport et m’ont donné un bonbon, c’est la première fois qu’on me donne un bonbon à un frontière.

23
mars

Mascate fait plus d’un million d’habitants et pourtant on a souvent l’impression d’être dans une petite ville. La ville est cernée, découpée par la montagne. Par exemple, sur cette photo entre le vieux quartier de Mutrah et le cœur historique de Mascate (Old Muscat), la ville disparait, elle n’a plus sa place entre la mer et la montagne. Mais si, on est au milieu de la capitale !

Old Muscat

C’est le quartier qui a donné son nom à toute la ville. Au fond d’une crique protégée par plusieurs forts, entourée d'un mur, accessible que par quelques portes qui peuvent toujours être hermétiquement fermées, c’est en fait la ville royale. On y trouve le palais du sultan (la dernière photo) , des musées mais pratiquement pas de commerces.

A noter un musée franco-omanais dans l’ancienne maison du consul de France. La liste des consuls montre que certains ont eu la vie dure : « assassiné par un coup de chaleur », « rapatrié, devenu fou pendant son séjour ».




Mutrah

Le quartier de Mutrah est plus animé. Toujours entouré des montagnes, c’est le vieux quartier commerçant avec le port de pêche et le souk. Il est très agréable de se promener le long de sa corniche. A quelques mètres de la mer on trouve de vielles ruelles que je n’avais pas l’habitude de voir dans les autres pays.

Au 19ème siècle la capitale d’Oman était Zanzibar. On retrouve le même type de maisons le long du port de Mutrah que le long du port de Zanzibar.

Trek de Mutrah

Il y a même un petit trek (2h) au-dessus de Old Muscat et Mutrah. En quelques minutes de marche on quitte la ville et on se retrouve en pleine montagne. On traverse même un village abandonné. Sur la deuxième photo, près du village abandonné, on voit le chemin , en oblique, au milieu de la montagne (le haut à droite), j’ai fait cette partie en descendant. Ensuite on retourne à la ville en suivant un wadi (3ème photo). Un wadi c’est une rivière dans une gorge qui ne coule que quand il pleut.

La ville moderne

La ville moderne s’étend sur 20km le long de la mer, jusqu’à l’aéroport. Je ne vous mets pas de photo de la ville elle-même qui n’a pas d’intérêt. Juste une photo de la plage. Les plages sont publiques à Oman.

Le batiment le plus intéressant de la ville moderne est la grande mosquée, inaugurée en 2001. On peut la visiter le matin. Il paraît que le lustre est la plus grand du monde.

Renseignement pratique :

Trek : il s’agit du trek C38. Bien marqué à part au départ de Mutrah. Il vaut mieux le faire en partant de Riyam, le départ est au fond du parking derrière le parc.

Hotel : Mutrah, 61€ avec petit déjeuner. Correct. A 25 minutes à pied du port de Mutrah. Pas d’arrêt de bus à proximité.

25
mars

La région de Rustaq (voir la carte du 20/03) est une plaine au nord et juste au pied des montagnes du Djebel Sham. Facile d’accès depuis la route qui longe la mer. Les villes entourent d’énormes forts, les wadis entaillent la montagne.

Les forts sont majestueux, rien à voir avec ceux des autres pays. Ils datent du 17ème ou 18ème siècle. C’est de véritable labyrinthe. Dans l’ordre des photos : Nakhal, Rustaq et Al-Hazm. Remarquez les nuages, on ne voit pas le haut des montagnes.

Mon fort préféré est Al-Hazm, on se plonge à l’époque du fort grâce à un audioguide en français, du bruitage et des mannequins, comme l’école ou le prisonnier jeté au fond d’un trou. Il y a même de vrais passages secrets.

Et au sud des villes, les wadis (rivières alimentées que quand il pleut) permettent de rentrer dans les montages. Le Wadi Bani Auf permet même de traverser la montagne si on a un 4x4, mais comme ce n’est pas mon cas, je m’arrête là. Je retrouverais cette piste beaucoup plus haut dans une prochaine étape, en contournant la montagne.

Par contre la route du wadi Mistal est goudronné jusqu’au pied de la montagne. J’ai pu ensuite marcher jusqu’au village de Wukan (celui de la photo). Là c’est un chemin qui permet de traverser la montagne, niveau 2-3, avec des « exposed passages », mais je ne fais pas (ou plus) d’exposed passages, donc là aussi, je n’irai pas plus loin que le village.

Renseignement pratique : Hotel Al-Shomokh. Une vraie arnaque, 100€ avec petit déjeuner, Mais rien ne fonctionne, j’ai même dû changer de chambre parce que de l’eau coulait de la clim sur le lit. Moitié moins cher, ce serait déjà cher. Mais c’est le seul hotel de la région. Le seul que je n’avais pas réservé, en espérant en trouver un autre. Je n’ai pas trouvé celui qui certain guide mette au début du Wadi Bani Auf. L’hotel Al-Shomokh est assez difficile à trouver, à 3km au nord de Rustaq il y a un grand rond-point avec une route vers Al-Hazam et une route vers Ibri, l’hotel est sur une colline, sur la route d’Ibri, 500m après le rond-point, à gauche en venant du rond-point.

27
mars

J’ai contourné la montagne depuis la dernière étape, je suis donc sur la face sud, moins raide et plus facile d’accès.

Le plateau de Sayq est de l’autre coté de la montagne par rapport au village de Wekan de l’étape précédente. On est à 2000 mètres d’altitude. Belles vues vers le sud depuis le bord du plateau.

De vieux villages sont accrochés aux bords du plateau. Un trek facile permet de marcher de villages en villages (il y en a 4). Le trek s’appelle Trek « Al Jabal al Akhdar », ce qui veut dire trek de la montagne verte.

Montagne verte, parce que ces villages pratiquent la culture en terrasses. Comme on est à 2000 mètres, il faut moins chaud et on peut faire pousser des arbres fruitiers. Des falajs (canaux d’irrigation) alimentent les terrasses. Malheureusement, avec le réchauffement climatique, il pleut de moins en moins et la montagne est de moins en moins verte.

Les vieux villages valent également la visite pour eux-mêmes.

Un peu plus loin on trouve un village abandonné au fond d’un wadi. Ca fait de belles photos mais c’est triste de voir de nombreux villages abandonnés à Oman. Les maisons en terre s’effondrent petit à petit si elles ne sont pas entretenues.

Renseignements pratiques

Trek « Al Jabal al Akhdar ». Référencé W18b. La route pour monter sur le plateau part de Birkat Al-Manz et n’est autorisé qu’aux 4x4, il y a un contrôle de police au départ de la route. Si on n’a pas de 4x4, comme moi, pas besoin d’en chercher, c’est eux qui nous trouve. 87€ la journée pour un 4x4 avec chauffeur. La partie la plus spectaculaire du trek va d’Al Aqur à Shirayjah en 1h15. C’est moins intéressant d’aller jusqu’à Sayq (45 minutes de plus). Le trek est bien marqué jusqu’à Shirayjah, moins après, mais le chemin est évident. Le village abandonné est à Wadi Bani Habib à 6km de Sayq, j’y ai été en voiture, bien qu’il devrait y avoir un sentier non marqué. Il y a 5 hotels, mais comme je ne pouvais pas monter avec ma voiture, je n’ai pas dormi sur place, j’ai fait l’aller-retour dans la journée depuis Nizwa.

29
mars

Sharaf al Alamayn n’est pas un village, c’est juste le col, à 2000 mètres, de la route du Wadi Bani Awf, c’est la piste qu’on a vu de l’autre coté de la montagne, il y a 2 étapes. De ce coté la route est goudronnée jusqu’au col et on peut y monter avec une deux roues motrices.


Par contre le goudron s’arrête au col et la route pour 4x4 plonge de l’autre coté, comme semble l’indiquer le panneau.




Un trek qui porte le numéro W10h part du col. Le principe, au moins au début de trek, est de longer l’arrête de la montagne vers l’ouest.

Après avoir passé une antenne de télécommunication, les directions sont indiquées par des marques de couleurs, ou des cairns, ou toutes autres marques non naturelles. Il y en a suffisamment pour ne pas se perdre si on reste concentré sur la recherche de ces marques.

Si non, de chemin il n’y en a pas vraiment, on est sur la roche. Et pour demander sa direction, les seuls autres touristes que j’ai vus n’étaient pas bavards. On est aussi survolé par des rapaces, mais je n’ai pas réussi à les prendre en photo. On n’entend que le bruit du vent et de ses pas.

Et de magnifiques plongées au nord, sur le Wadi Bani Awf et les villages de Balad Sayt et Hat, 1000 mètres en dessous.



L’occasion du selfie du jour.




Le bout du trek est au milieu de nulle part, c’est juste un panneau ou il y eu peut-être un jour un plan. Mais je suis quand même content d’y arriver. En fait le bout du trek est un carrefour, on peut continuer avec le trek W9 pour rejoindre Misfat en 4h, ou le W8 pour descendre dans le wadi que je viens de survoler, ce dernier étant indiqué comme « très exposé, pour les randonneurs au pieds surs uniquement ». La troisième solution est de revenir sur ces pas, ce que j’ai fait puisque j’ai laissé la voiture à l’hotel. 5h de marche au total. Niveau 1 selon les catégories d’Oman, je dirai 1++

Le lendemain, je décide de descendre au fond du wadi, pas directement comme semble vouloir le faire le touriste au-dessus, mais en suivant la route, à pied jusqu’au village de Hat (la 3ème photo ci-dessous), c’est plus sûr, mais il y a quand même 1000 mètres de dénivelé, 2h pour descendre, 3h pour monter.

Je me fais inviter à prendre le café (avec des fruits dont des dates) à Hat par un omanais que j’ai rencontré en marchant. Mais sur une natte dans la cours de sa maison. A Oman, comme dans les pays de la région, on n’invite pas à l’intérieur de la maison.

Renseignement pratique : Il y a deux hotel à Sharaf al Alamayn, dont celui ou j’ai été : Shorfet Al Alamin. Très bien, 75 € avec petit déjeuner. Il y a un restaurant, bien sûr, puisqu’il n’y a pas d’autre habitation autour. L’autre hotel est 3 km avant le col.




1
avr

Aujourd’hui, retour en plaine entre deux séjours en montagnes. Il faut beaucoup plus chaud, 36 degrès.

Nizwa

Nizwa est la grande ville de la région avec 120 000 habitants. A part deux hotels en montagne, je visite toute cette région, qui touristiquement parlant est la plus riche d’Oman, en étant basé à Nizwa. Je vais y passer 7 nuits. C’est facile avec la voiture. A ce propos, c’est bien l’unique solution que d’avoir son véhicule, ça couterait beaucoup plus cher d’utiliser les taxis. On trouve tout à Nizwa, il y a même un nouveau centre commercial avec un Carrefour.

Mais le centre-ville agréable a conservé une architecture très traditionnelle avec murs de couleur terre.

On y trouve un fort avec une originale grande tour ronde. Une mosquée ouverte le matin aux non-musulmans sans guide, ce qui est très rare.

Et un souk coloré. Il y a même une petit souk des armes.

L’événement à Nizwa, tous les vendredi matin, c’est le marché aux bestiaux. Je suis à 7h au marché aux bestiaux, d’après les guides c’est l’heure du début, mais la séance bat déjà son plein. Il y a une sorte de manège (dans le sens manège d’équitation), les vendeurs font tourner leurs animaux, les acheteurs sont assis ou debout au milieu et à l’extérieur du cercle. A 7h c’est les chèvres et les moutons qui tournent, il y a énormément de monde et de bruit.

Parfois le vendeur s’arrête auprès de l’acheteur pour négocier le prix après examen de l’animal.

On peut facilement faire des photos des animaux ou des omanais, qui ne s’occupent pas des touristes. Il y a très peu de femmes, mais certaines portent le vêtement traditionnelle avec une sorte de masque.

A 8h30 c’est au tour des bovins de tourner, ils sont moins dociles et plus impressionnants mais il y a moins de monde.

Renseignements pratiques : Hotel : Majan Guest House, 70€ avec petit déjeuner. C’est bien sans plus, pour le prix. A qualité égale les hotels sont plus cher à Oman qu’aux EAU. Au bord de la voie rapide rentrant dans Nizwa et venant de Mascate (à droite dans le sens Mascate-Nizwa), à 5 km de Nizwa, à 2 km du rondpoint Firq. A pied, on doit se contenter du resto de l’hotel ou d’un fast-food à coté pour manger.

Bahla

Bahla est à 35 km de Nizwa et possède deux des plus importants monuments d’Oman.

Le fort de Bahla est immense, c’est le plus grand d’Oman. Les parties les plus anciennes sont du 15ème siècle. Il a fallu 24 ans pour le restaurer. Malheureusement, sans aucune explication ni aménagement intérieur, autre que la présence des chauves-souris la visite de ce labyrinthe est un peu brut.

Bien que le château de Jabrin soit très beau, bien aménagé et qu’ici j’ai droit à un audioguide en français, je ne vous en montre pas de photos, vous avez déjà vu de nombreux forts ou châteaux. Mais, avoir été accueilli par des musiciens et des chateurs, on trouve à l’intérieur une sorte de musée vivant des vieux métiers, très photogénique.

3
avr

Le Djebel Shams est la plus haute montagne d’Oman à 3000 mètres. On appelle aussi cette région le Grand Canyon d’Arabie, vous allez comprendre pourquoi avec les photos. Une route permet d’accéder à un plateau à 1900 mètres. Cette route a 7 km non goudronnés mais ma petite voiture les a facilement montés. Il y a deux hotels sur ce plateau, j’y ai donc dormi et j’ai beaucoup marché.

Trek W4 (début)

Le trek W4 est celui qui monte à un des sommets (à 2997m) en partant du plateau. Donc 1100 mètres de dénivelé. Il est estimé en 11h A/R, mais comme je vais beaucoup moins vite que l’estimation, je pense que j’en aurai eu pour 15h. Donc impossible en une journée, je vais me contenter d’en parcourir le début. Départ près de l’autre hotel. Il faut toujours suivre les marques officielles rouge/blanc/jaune (je vais en rêver de ces marques), mais tous autres objets suspects peuvent être accepter comme panneaux de direction… avec méfiance.

Au début, j’ai l’impression que le chemin ne prend pas d’altitude, il faut redescendre pour traverser des wadis, à sec bien sûr. Le chemin est toujours invisible, que des pierres, impossible de marcher vite.

Mais on arrive au bord du canyon, on suit l’arrête et là ça monte dur.

Au bout de 3h15 de marche j’arrive face à une descente, c’est là où je décide d’arrêter, si je descends, il faudra remonter. Repos, selfie, et retour par le même chemin. Dans le caillasse et la chaleur qui s’installe, je mets presque le même temps pour descendre que pour monter. Je retrouve la voiture après 6h30 de marche.


Trek W6

Un des plus beaux treks d’Oman, on suit un chemin suspendu dans le canyon entre à gauche les parois abruptes de la falaise, et à droite le vide jusqu’au fond du wadi. Quand on voit la falaise de loin, c’est même difficile d’imaginer qu’il peut y avoir un chemin.

Avec le zoom on le voit mieux.


Bon, en rouge pour ceux qui ne l’ont toujours pas vu.





En fait quand on est dessus, c’est moins impressionnant que de loin, il ne fait jamais moins d’un mètre de large, enfin presque, et on n’est pas juste au bord de l’à pic, donc aucun risque, mais des vues à couper le souffle.

Première surprise au bout du chemin, après 2 heures de marche, il y a un village abandonné. Il y a même des terrasses pour des cultures. Il a fallu les construire ces terrasses ! Mais pourquoi habiter ici ?

On a la réponse avec la deuxième surprise si on monte au-dessus du village. Il y a un petit lac coinsé contre la falaise qui permettait au village d’avoir de l’eau en permanence. C’est vraiment magique de trouver ce lac dans ce milieu minéral. De quoi prendre un bain revigorant au milieu des grenouilles avant de repartir dans l’autre sens.

C’est un des treks les plus populaires, j’ai rencontré 20 touristes pendant mes 5 heures de marche.


Renseignement pratique : Hotel : Jebel Shams Resort, tentes arabes, 87 € avec petit déjeuner et diner. Ressemble à un petit village. Bien sauf le wifi pratiquement inutilisable.

5
avr

Encore deux sites que j’ai visités depuis Nizwa, le village de Misfah et les tombes d’Al Ayn. Il y a beaucoup d’étapes en ce moment, peut-être qu’il y en a trop et que vous n’avez pas le temps de suivre, mais la région est très dense.

Misfah

Le village de Misfah est perché à l’entrée d’un canyon, à 1000 mètres, au-dessus de sa palmeraie. Maisons rustiques, en pierre, terre et bois. Ruelles resserrées pour garder la chaleur les nuits d’hiver et ne pas la laisser rentrer en été. Après avoir servi pour les douches publiques, le falaj irrigue les plantations. Sur les photos de la palmeraie il ne manque que le gazouillis permanent des oiseaux et l’agréable fraicheur alors qu’il fait 35 degrés en plein soleil.

Al Ayn

Avec la montagne en arrière-plan et la palmeraie bien verte du petit village en dessous, encore un paysage majestueux pour le site archéologique d’Al Ayn. On aperçoit de loin les 21 tombes alignées sur une arrête rocheuses. Ces tombes datent du troisième millénaire av JC. La région qu’on appelait Magan était le centre d’extraction du cuivre qui était exporté vers la Mésopotamie en passant par Bahreïn. Quel dommage que dans tous les pays de ce voyage, les sites archéologiques ne soient jamais mis en valeur. Ici, aucun panneau n’indique la direction du site. On peut s’estimer heureux qu’il ne soit pas grillagé et interdit d’accès.


Encore un selfie, mais ce n’est pas pour ma tronche, c’est pour avoir une idée de la taille des tombes.

7
avr

J’ai enfin changé de région, je suis dans l’est du pays, près de Mintarib sur la carte.

Et aujourd’hui, un peu d’eau pour une fois. Le Wadi Bani Khalid est un des rares wadis à avoir de l’eau en permanense. On quitte la route Mascate-Sur pour prendre une route en cul-de-sac qui s’enfonce vers la montagne, après avoir traversé des déserts de roches on est surpris de voir de gros villages avec une grande palmeraie.

En continuant jusqu’au bout de la route on arrive à des sortes de piscines naturelles.

La gorge se resserre autour du petit court d’eau. C’est vendredi, il y a beaucoup de monde, certains se baignent.

Deux sentiers permettent de suivre le wadi, un au niveau de l’eau qui petit à petit disparait, le sentier se terminant par une grotte. L’autre sentier escalade la gorge et permet en deux ou trois jours de traverser la montagne et de rejoindre la mer (référence E35), mais plus de trace d’eau. Je n’ai marché que les premiers mètres.

Renseignement pratique : Hotel Oriental Nights Rest House, 66 € sans petit déjeuner. Un des moins cher dans le secteur. L’intérieur et les chambres sont bien. A 50 mètres de la route de Sur, juste au carrefour pour Wadi Bani Khalid (donc à 30 km). Entouré d’un jardin qui donne un peu de fraicheur. Travaux en cours (piscine …).

9
avr

Me voilà revenu dans les dunes de sable, mais cette fois j’avais réservé un campement.

Wahiba Sands, c’est une étendue de 150 km de long et 90 de large, recouverte de dunes de sables. Les grandes dunes sont toutes dans le même sens, ce qui permet à des sortes de vallées de pénétrer à l’intérieur. Il y a de nombreux campements/hotels dans ces vallées et beaucoup de campements de bédouins avec leurs animaux. C'est des dunes relativement peuplées.

Si on monte sur les dunes on retrouve des immensités de sable.

Beaucoup de vent en fin d’après-midi et il faut se lever tôt pour être en haut des dunes avant le soleil.

J’ai choisi le campement le plus rustique, mais j’ai quand même eu droit à une chambre en dure, il y a aussi des tentes au même prix. Pas très loin du goudron (13km), mais ça revient au même. Le camp est sur une hauteur, on est entouré de belles dunes. C’est le Wahiba Bedun Rustic Camp. 87 € avec petit déjeuner et diner. Transfert depuis Mintarib gratuit. Je le répète, les hotels sont chers à Oman. Contrairement à ce qu’indique certains guides, la famille de bédoins n’habite plus ici, mais en ville. Le patron (un bédoin) vient le soir raconter des histoires de bédoin. La journée il n’y a que des bengalis, très aimables et qui sont contents de partager des souvenirs du Bangladesh. On peut les accompagner pour aller nourrir les animaux.

12
avr

Sur

Malgré ses 120 000 habitants, Sur, la plus grande ville de l’est, semble assoupie. L’impact du tourisme n’a pas encore touché cette ville. La plupart des maisons sont blanches. La corniche suit la plage, occupée par des bateaux, des terrains de foot, des voitures et des chiens, elle ne donne pas envie de se baigner.

Historiquement Sur était la capitale de la construction des boutres. Il y a beaucoup moins de commandes aujourd’hui, mais c’est toujours le meilleur endroit pour construire ces bateaux en bois selon les techniques traditionnelles. Un grand bateau était en construction, commandé par le Qatar, il ne parcourra pas les océans, mais servira de restaurant à Doha. Les ouvriers sur le chantier, comme beaucoup de travailleurs étrangers à Oman, viennent tous du Kerala.

Juste en face de Sur, reliée par un pont que depuis 2010, la ville d’Ayjah. Elle est restée longtemps à l’écart parce que ces habitants pratiquent le sunnisme wahhabite alors que la majorité d’Oman est ibadite.

Renseignement pratique : Hotel Al Sqlawi. Sur la voie rapide, juste avant le château Sunaysilah en venant du centre. 33€, sans petit déjeuner. Très bien. Enfin un hotel à Oman avec un prix correct.

Wadi Shab

Le Wadi Shab, à environ 50 km de Sur est une gorge creusée par une rivière qui ne coule vraiment que quand il pleut. A son embouchure, près de la mer, il y a de l’eau en permanence. Un petit bateau nous amène au départ du chemin. Le chemin longe plus ou moins le fond de la gorge. L’eau disparait, et réapparait, on ne sait pas pourquoi. Parfois le chemin est sur le falaj.

Après une marche très agréable d’une heure dans ce superbe paysage on arrive à un cul-de-sac. Le fond du wadi est rempli d’eau, pas moyen de continuer en marchant, il faut nager pour aller plus loin (ce que je n’ai pas fait). Il parait même qu’au bout on doit nager dans une grotte qui débouche sur une ouverture à l’air libre avec une cascade, mais ça je crois que c’est une légende. (Allez lire le premier commentaire pour savoir si c'est une légende ou pas).

Wadi Tiwi

L’embouchure du Wadi Tiwi n’est qu’à 4 km de celle du Wadi Shab, mais il est complètement différent. De l’eau coule en permanence, donc on peut cultiver, donc c’est peuplé. Il y a neuf villages dans le Wadi Tiwi, je me suis contenté d’en parcourir trois à pied. Il y a une route, mais très raide elle n’est praticable qu’en 4x4. Belle marche, souvent le long des falaj et dans les palmeraies. A noter que même ici à la campagne, c’est les indiens qui bossent. Il y a trop de monde pour se baigner.

Pour se baigner j’ai trouvé une plage presque déserte (3,5 km au sud de Fins, piste facile).

Il y a des oiseaux à Oman, mais jusqu’à présent ils étaient trop vifs pour que je les prenne en photo.

14
avr

Et voilà, j’ai rendu la voiture et repris l’avion pour Paris, le voyage dans les pays du golfe persique est terminé. En prime, deux photos sur le chemin du retour entre Sur et Mascate Le site de Qalhat, une ville visitée par Marco Polo, mais détruite par un tremblement de terre. Le trou d’eau de Dibab.

Un petit bilan de mon voyage à Oman.

Oman devrait être une des grandes destinations touristiques. Paysages sublimes, montagnes de 3000 mètres, canyons avec parfois de l’eau, déserts de sables, treks, et je n’ai pas été beaucoup sur les plages. Nombreux sites culturels, comme les forts ou le marché aux bestiaux. Belle capitale à taille humaine. On est très bien reçu… même si c’est souvent par des indiens. Un gros inconvénient quand même, le prix des hotels. En fait il n’y a que les hotels et les taxis qui sont chers. Pour les taxis, il suffit de louer une voiture pour s’en passer, difficile de se passer des hotels, sauf si on a le courage de camper. Les entrées des sites ou la nourriture ne sont pas chers, on mange très bien pour 8€. Point important, la sécurité, c’est parmi les pays les plus sûrs du monde, on n’a l’impression qu’on ne risque rien, qu’il n’y a pas de vol. On peut laisser son sac, par terre, sans surveillance, pendant d’on prend tranquillement un café en terrasse sans se le faire voler. Sur les routes, il faut rester vigilant, les omanais ne respectent pas toujours le code de la route. Mais rassurez-vous, ce n’est pas l’Inde ou l’Indonésie. Pour résumer, une destination que je recommande vivement, si vous avez les moyens.