Carnet de voyage

Libéria

Une vision du nouveau Libéria, pour faire oublier les années de guerres et de maladies.
Du 29 octobre au 8 novembre 2018
11 jours
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26
oct

Le Libéria a une superficie de 111 000 km2, 5 fois plus petit que la France, il y a un peu plus de 4 millions d’habitants.

L’histoire du Libéria est très particulière en Afrique. Le pays a été créé par des esclaves noirs libérés des USA revenus sur le continent de leurs ancêtres. Les premiers sont arrivés en 1821 et ont proclamé la république en 1847. Bien qu’ils étaient noirs, ils sont arrivés en colonisateurs, les autochtones n’avaient pas droit à la nationalité libérienne.

Le pays conserve ce statut de néo-colonie pendant tout le début du 20ème siècle. Les autochtones n’obtiennent le droit de vote qu’en 1963, soit après les anciennes colonies françaises et anglaises.

En 1980 un coup d’état amène au pouvoir un autochtone et un régime militaire. En 1989 éclate la guerre civile. L’intérieur du pays est tenu par des seigneurs de la guerre, dont Charles Taylor.

En 1997, le Nigéria parvient à imposer des élections qui sont gagnées par Charles Taylor. La guerre continue sous sa présidence jusqu’à qu’il soit poussé à l’exil par les USA en 2003.

Depuis la paix est revenue. En 2017 George Weah est élu président.

L’économie du Libéria se relève lentement de la guerre civile. C’est un producteur de diamant. C’est un des pays les plus pauvre du monde, son PNB par habitant est 22 fois plus faible que celui du Gabon. Le pays est en grande majorité chrétien. La langue officielle est l'anglais. La monnaie est le dollar libérien.

Je n’ai pas eu de problème pour avoir mon visa, il suffit d’une réservation d’hotel (pas pour toute la durée du séjour), et d’un billet d’avion, un retour de Conakry en Guinée a été accepté.

Il y a une heure de décalage avec l’heure d’hiver française (il est 11h au Libéria quand il est 12h en France).

Le Libéria est plus connu pour sa guerre civile que pour son attrait touristique. Et c’est vrai qu’il ne semble pas y avoir vraiment d’attractions touristiques. J’ai un peu fait un programme au hasard. Je vais rester quelques jours dans la capitale Monrovia. J’irai ensuite à Robertsport, où il y a un peu de tourisme parce que c’est un spot de surf. Je retourne à Monrovia avant de prendre la direction de l’intérieur du pays. Arrêt à Gbarga où il y a des chutes d’eau, et direction la frontière de Guinée que je compte traverser le 9 novembre.

Je prends l’avion Royal Air Maroc dimanche à 16:30. Changement d’avion à Casablanca. Arrivée à Monrovia le 29 à 2:25, mais j’ai dit à l’hotel que j’ai réservé de venir me chercher à l’aéroport.


29
oct

Passage expéditif des controles d’entrée au Libéria, j’ai l’impression que la policière n’a même pas vérifié si j’avais un visa. Je n’aime pas vraiment arriver en pleine nuit, mais c’est les horaires de Royal Air Maroc, arrivée à 2h30. Après avoir récupéré les bagages on se retrouve directement dehors, il n’y a pas de hall de sortie pour patienter en attendant le soleil. Heureusement que j’avais demandé à mon hotel de m’envoyer un taxi, et il était bien là avec mon nom écrit sur un carton. 50 USD, mais l’aéroport est très loin de la ville, il semble qu’il y ait 60 km.

En plus que ce n’est pas sécurisant d’arriver dans une ville qu’on ne connait pas en pleine nuit, c’est aussi fatiguant. Bien que j’avais réservé ma chambre qu’à partir de 12h, j’ai pu en en avoir une en arrivant, je ne sais pas s’il faudra que je paie une nuit de plus.

Je n’ai pas eu le temps de changer à l’aéroport, j’ai donc commencé la matinée par chercher un distributeur, pour m’apercevoir qu’ils ne donnent que des dollars américains, mais j’en ai déjà. J’ai changé 100 USD dans une maison de change contre des dollars libériens. En fait ce n’est pas très utile, tous les prix sont écrits en dollars américains et j’ai l’impression qu’on peut toujours payer en dollars américains.

Ensuite je me suis occupé de trouver une puce de téléphone locale, depuis le Gabon je ne peux plus m’en passer. Et c’est déjà bien pour une première journée, le reste du temps c’était repos, je suis resté autour de l’hotel, de toute façon il fait trop mauvais pour visiter.

Je choisis la meilleure saison pour mes voyages, donc la saison sèche pour le Libéria, mais depuis que je suis arrivé, il pleut…il n’y a plus de saisons ma petite dame ! Mon hotel est au bord d’une grande avenue avec beaucoup de circulation, ce n’est pas le meilleur paysage urbain qu’on puisse imaginer, mais c’est Monrovia.

De l’avenue et de mon hotel on ne voit pas la mer, elle est pourtant tout près. J’ai trouvé un restaurant avec vue sur la mer, bien sûr, avec la pluie, c’est un peu sombre.

Hotel Bella Casa

96 €, avec taxes et petit déjeuner. Il semble bien placé au centre de la ville et il fourni un justificatif pour le visa. Je prends des hotels corrects dans ce genre de ville et quand c’est demandé pour le visa.

1
nov

J’en suis à 4 mois et demi de voyage en Afrique en 10 mois, c’est sans doute pour ça que je me sens beaucoup plus à l’aise que quand je suis arrivé en Guinée Equatoriale en décembre dernier. Je me promène tranquillement dans les rues de Monrovia, je prends même des photos, je suis presque chez moi alors que je ne suis jamais venu ici.

Le beau temps et la chaleur (environ 30 degrés) sont rapidement revenus.

Donc me voilà dans la capitale du Libéria, un libériens sur 3 y vit, soit plus d’un million d’habitants. La ville est au bord de la mer, à l’origine c’est une ile, mais on ne voit pratiquement jamais la mer, il n’y a pas de belles rues le long des plages.

Le centre-ville concentre beaucoup de petits commerces, c’est très animé la journée, avec de la circulation se transformant parfois en bouchon. Je suppose que c’est vide la nuit, mais mon hotel n’est pas dans ce quartier. Les trottoirs sont corrects, il n’y a pas beaucoup de trous, on peut marcher facilement. Il n’y a aucune animosité de la population, j’ai l’impression de passer presque inaperçu bien que je sois le seul blanc dans la rue. Les expats restent dans leur voiture et bien sur il n’y a pas de touriste.

Plus prés de mon hotel que le centre, le quartier de Sinkor ne présente pas d’intérêt architectural, mais on y trouve plus de bars et de restaurants. Et même une petite pâtisserie, il n’y a pas ici les grandes pâtisseries avec terrasse que j’aimais bien dans les pays francophones.

Quelques batiments à voir quand même. Ici il y a un musée national (1ère photo), un immense temple maçonnique, mais qui ne se visite pas. Et la dernière photo c’est l’hotel Ducor, il domine la ville et était un des plus beaux hotels d’Afrique de l’ouest avant la guerre, mais maintenant il est en ruine.

Un monument « même les guerres ont des limites » et la voiture présidentielle de Charles Taylor, le chef de guerre qui a gagné les élections organisées au milieu de la guerre. Les libériens disaient « il a tué papa, il a tué maman, je vote pour lui pour qu’il ne me tue pas ». Il a été condamné par le tribunal international pour crime au Sierra Leone, il n’y a pas eu de procès pour les crimes au Libéria, il est actuellement dans une prison de Grande Bretagne.

Si on veut trouver une belle plage il faut faire presque une heure de route en direction de l’aéroport, c’est Silver Beach. Mais la plage est trop dangereuse pour se baigner, il y a de forts courants, et comme elle tombe à pic on ne peut même pas se tremper les pieds sous peine d’être aspiré vers le fond.

J’ai été me reposer dans les grands hotels : un café à la cafétéria du Manba Point Hotel et un cocktail à la terrasse du Royal Grand Hotel.

4
nov

Il ne faut qu’un peu plus de deux heures de taxi-brousse pour aller de Monrovia à Robertsport. Enfin, sans compter les bouchons pour aller à la gare des taxis et quand on n’est pas bloqué par la police. Il paraît que le chauffeur n’avait pas payé une amande, on est resté bloqué une heure à un contrôle et on est reparti sans que je sache quelle solution a été trouvée. Pour rappel, les taxis-brousse, ici comme dans beaucoup de pays d’Afrique, c’est une voiture ordinaire, si c’est un break c’est mieux pour les bagages, avec 4 passagers derrière et 2 devant.

Robersport est une petite ville tranquille entre la lagune et l’océan. Principale station balnéaire du pays, bien que j’y ai été le weekend, je n’ai vu que 6 blancs, et j’étais le seul client de mon hotel.

Coté lagune

Coté océan : il y a de grosses vagues réputées des surfeurs, mais j'ai pu trouver un endroit plus calme pour me baigner. Ensuite on peut se reposer au bar de plage à l'ombre d'un fromager.

Avant la guerre il y avait sur les hauteurs de la ville une importante communauté d’américano-libériens, les descendants des esclaves noirs américains venus s’installer au Libéria. Il y avait même un grand musée culturel. Ce quartier a été abandonné pendant la guerre, je ne sais pas ce que sont devenus les américano-libériens et le musée est une gigantesque ruine.

Hotel Kwepunha


Plutôt une grande maison qu’un vrai hotel, orienté vers les surfeurs, mais accepte les touristes ordinaires comme moi, heureusement puisque je suis le seul client. 44€ avec les repas, SdB en dehors de la chambre. Electricité le soir. Au Libéria, en dehors de Monrovia, il n’y a pas de réseau électrique, il faut utiliser des générateurs privés.


J’ai trouvé un panneau que je ne connaissais pas.

7
nov

Le plus difficile pour aller de Monrovia à Gbarnga et d’atteindre la gare des voitures (Red Light Motor Park). Il y a d’énormes bouchons aux portes de la ville, heureusement c’est surtout pour rentrer dans la ville. Il m’a fallu quand même près d’une heure de l’hotel au Motor Park. J’ai pris les deux places de devant pour être plus confortable. La route est excellente, il ne faut que 2h30 de trajet.

Gbarnga est un gros bourg commerçant, un peu à l’écart de la route principale. Je me répète mais je regrette le manque d’endroit pour faire une pose devant un verre, je n’ai trouvé que la cafétéria de la station Total.

La principale attraction dans les environs de Gbarnga, c’est les chutes de Kpatawee. J’ai loué un taxi pour y aller. Bonne au début, la piste devient très difficile, mais après une heure de voiture et 10 minutes de marche on arrive aux chutes.

Belles chutes, à l’entrée de la forêt.


L’occasion d’un selfie.




Passion Hotel

Plusieurs prix, de 24 à 75€, j’ai pris la moins chère, mais très correcte pour moi. SdB, petit déjeuner inclus. Ventilateur, mais électricité à partir de 17h30. En arrivant de Monrovia depuis la route principale, à gauche juste avant le centre-ville.

8
nov

Bon, que dire, le principal intérêt d’un voyage au Libéria, c’est de connaître le Libéria, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Comme je l’ai dit dans l’introduction, j’ai été dans deux villes en dehors de Monrovia (Robersport et Gbarna), c’est celles qui me paraissaient les plus intéressantes et les plus accessibles, mais j’aurai pu en choisir d’autres. L’intérêt touristique n’est pas énorme, c’est difficile de recommander un voyage au Libéria, j’avais même trouvé plus d’intérêt en Sierra Leone que je classais pourtant dans les derniers pays en Afrique.

Au moins dans les lieux que j’ai visités, ce n’est pas difficile de voyager au Libéria, il y a des hotels et des transports, pas de problème pour le visa ou lors des check-points. Pas de non plus de problème de sécurité bien que je sois resté dans mes hotels la nuit.

Le pays est réputé pauvre, mais on ne voit pas de grande pauvreté, très peu de mendiants par exemple.

Si on veut voir le pays plus en profondeur, ça semble plus compliqué. Par exemple le Parc National de Sapo semble intéressant, mais pour le moment il faut monter une expédition pour y aller.

Dans la tradition, comme dernière photo, la bière locale, Club Bière.

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