Carnet de voyage

Kazakhstan

A la découverte du pays des steppes, des nuits en trains, des restes de la mer d’Aral, de la nouvelle Astana jusqu’à l’ancienne Turkestan.
Du 12 août au 10 septembre 2017
30 jours
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13
août

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Ce carnet de voyage est extrait de myatlas.com/patrickT/asie-centrale écrit en "live". Vous pouvez lire ce carnet pour connaître les commentaires (et mes réponses) reçues pendant le voyage. N'hésitez pas à me poser des questions via des commentaires, j'essaierai d'y répondre.

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Je suis arrivé hier au Kazakhstan.

Renseignement pratique. Passage de la frontière :

Il y a des marchroutkas directes de Bichkek à Almaty. Pour passer la frontière il ne faut rien laisser dans le minibus, c’est interdit, et si on laisse un sac on a peu de chance de le retrouver. On passe la frontière à pied et on retrouve le minibus de l’autre coté (j’avais noté le numéro d’immatriculation parce qu’ils sont tous pareils). Aucun problème pour rentrer au Kazakhstan, depuis le 1er janvier 2017 on peut rester 30 jours dans le pays sans visa. La police nous donne une fiche qui, attention, doit être tamponnée deux fois. Si on n’a plus la fiche (au Kirghizstan, j’ai vu des néo-zélandais qui l’avait jetée) ou si elle n’a pas ces deux tampons, on aura des problèmes pour sortir du pays. Il y a un bureau de change juste après la frontière pour changer ses soms kirghiz et tenges kazakhs.

Je compte rester juste 30 jours et faire un grand tour des steppes dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Je reste 5 nuits à Almaty, ensuite 22h de train pour Astana ou je reste aussi 5 nuits en visitant d’Expo internationale. J’ai déjà réservé mes hotels et trains jusque-là. Je compte voir deux sites naturels autour (c’est-à-dire dans les 250 km) d’Astana. Trains (réservés) jusqu’à Aralsk qui étaient un port sur la mer d’Aral. Et descente vers l’Ouzbékistan en suivant le cours du fleuve Syr-Daria.

Le Kazakhstan est le 9ème plus grand pays du monde avec 2,7 millions Km2, presque 5 fois la France. C’est le plus grand pays ou je n’ai pas été. Il y a des montagnes aux frontières sud et est, mais l’essentiel du pays est une immense steppe sans barrière vers la Sibérie russe au nord.

17 millions d’habitants peuplent le pays, ce qui est très peu pour un pays de cette taille. La majorité sont des kazakhs, mais il y a 25% de russes.

Il y a deux langues officielles, le kazakh et le russe.

Les principales ressources du pays viennent du sous-sol. C’est un exportateur de pétrole, mais il y a aussi du gaz et de l’uranium.

16
août
16
août

Almaty n’est plus la capitale politique du Kazakhstan depuis 1997. Mais c’est toujours la plus grande ville (1,5 million d’habitants), et la capitale économique et culturelle.

Le temps est parfait, moins chaud qu’à Bichkek, maximum 27 degrés.

La première impression qu’on a quand on arrive à Almaty, surtout en venant du Kirghizistan, c’est qu’on est revenu en Europe.

Grande avenue, bordée de larges et beaux trottoirs. Batiments qu’on s’attend plus à voir à Saint Pétersbourg ou à Moscou qu’en Asie centrale. Même si une partie de la population à des traits de kazakh, presque tout le monde est habillé à l’occidentale.

Il y a même un métro, récent, dont les stations sont aussi belles que celles de Moscou, et des vélib’ ! Vraiment, on est en Europe !

Sinon, pour les visites, il y a des lieux de cultes : une grande mosquée, pas si grande ; de belles églises orthodoxes et un marché, qui s’appelle « marché vert », et où effectivement, il y a trop de vert.

Du vert, il y en a également beaucoup dans les rues, il y a des arbres partout.

Au Parc Panfilov, on donne à manger aux pigeons à coté de l'église Zenkov en restauration.

Et aussi quelques musées. Dans l’ordre : 1) Musée national, le plus grand musée, mais présentation veillotte avec des explications en russe et kazakh, la salle des trésors en or (en supplément) vaut la visite. 2) Musée des instruments de musiques traditionnels, présentation moderne avec la musique correspondante en fond sonore. 3) Musée d’Almaty, nouveau musée, petit mais très bien, présentation très moderne avec de l’audiovisuel, si on doit en voir qu’un, c’est celui-là, rue Kabanbay Batyr, près de Nauryzbay Batyr. 4) Musée des Beaux-Arts, immense, même trop grand, des tapis mais surtout des peintures, un audioguide permet de se concentrer sur quelques œuvres.

Mais Almaty, c'est surtout s'asseoir dans les très nombreux cafés ou restaurants de toutes cuisines, avec de grandes terrasses. Dans l’ordre : petit déjeuner, gouter, gateau à la station supérieure du téléphérique Kok Yobe. Et le soir, j'ai pas pris mon appareil photo.


Renseignement pratique :

Hotel D’Ramy. Très bien placé, on peut tout visiter à pied, au pire il y a la station de métro Almaly à 15 minutes. Nombreux restos dans un rayon de 5 minutes. L’entrée est un peu bizarre parce que l’hotel n’occupe que le 2ème étage. Mais une fois qu’on est à l’étage, c’est parfait. Très attentionné. J’ai trouvé sur Booking.com, 31€, sdb à l’extérieur de la chambre, pas de petit déjeuner.

18
août

Comme demandé, un petit reportage sur le train Almaty – Astana. Aujourd’hui, pas de belles photos et on va voir souvent ma tête par ce que je n’ai rien trouvé d’autre pour monter le contexte.

Départ gare d’Almaty 2, celle qui est plus près de centre et plus ancienne (et avec des colonnes).

J’ai pris mon billet sur Internet, très bon site en anglais : tickets.kz/en/gd ,on peut réserver 45 jours à l’avance. J’ai donc imprimé mon billet, bien repéré le numéro du train (15), le numéro du wagon (11) et le numéro de la place (16).

Sur le panneau d’affichage le quai de mon train (le 15 donc) n’est pas affiché mais comme il n’y a qu’un train qui part toutes les 2 heures, ce n’est pas trop difficile, il suffit de regarder ou il y a du monde.

Une loco passe et mon train arrive, au passage je repère le buffet. C’est toujours les vieux wagons de l’URSS, ils ont juste été repeints et le logo a été changé. En fait il y a un train rapide, le seul du Kazakhstan, c’est un Talgo espagnol, il ne met que 13h. Mais il arrive à Astana à 6h du matin et je n’ai pas vu l’intérêt d’arriver à 6h et d’attendre toute la matinée que me chambre soit dispo. J’ai donc pris le train ordinaire.

Mon wagon est un wagon de 2ème classe. Il y a très peu de 1ère (il n’y en a pas dans ce train). Dans les wagons de 3ème classe il n’y a pas de séparation par compartiment. Dans chaque compartiment il y a 4 couchettes. J’ai choisi une couchette en haut, quand je voyageais en train de nuit en Europe, je prenais toujours les couchettes de haut, mais ici c’est une erreur. Le train ne roule pas que la nuit, mais les passagers restent presque tout le temps allongés, donc si on a la couchette du haut on ne peut pas s’asseoir. On a droit à un matelas, un oreiller avec sa taie et deux draps. Et il y a aussi une couverture s’il fait froid. Il y a un employé par wagon, pour contrôler les billets, donner les draps, faire le ménage, s’occuper du samovar, qu’il y a aussi dans chaque wagon.

On peut regarder le paysage à travers les fenêtres, mais elles sont trop sales pour prendre de bonnes photos. On traverse la steppe, paysage pas très impressionnant et un peu monotone. Il n’y a ni village, ni yourte, ça parait désert, que quelques troupeaux de temps en temps.

J’aime bien les passages entre les wagons, où on voit la voie dessous ; ça me rappelle les trains que je prenais en France quand j’étais gamin. Et j’arrive au buffet, ils servent de vrais plats chauds.

L’horaire est affiché dans le couloir, ça permet de savoir où on est, mais surtout le temps d’arrêt à chaque gare. Comme ça je peux sortir me dégourdir les jambes en étant sûr que le train ne reparte pas sans moi.

Rencontre avec un ninja et arrivée à la gare d’Astana après 22h45 de trajet.

A Astana, même pas besoin de trouver un taxi pour l'hotel, un co-passager de mon compartiment me propose sa voiture.


21
août
21
août

Astana est la nouvelle capitale du Kazakhstan depuis 1997. La ville existait avant mais n’était qu’une petite ville au milieu de la steppe, de cette époque il reste un quartier typique des villes de l’URSS au nord de la ville. Larges avenues bordées d’arbres et de batiments construits rapidement sans imagination, sauf quelques immeubles officiels ou culturels (comme le théâtre vert). C’est dans ce quartier qu’il y a la gare et mon hotel.

Mais l’intérêt de la ville d’Astana est dans la nouvelle ville. La ville est loin d’être finie, c’est prévu pour 2030, mais je crois que ce sera beaucoup plus tard. Il y a beaucoup plus à voir que ce qui est marqué dans les guides. Ils ne sont pas à jour puisqu’il y a constamment de nouveaux batiments qui se terminent. Et c'est aussi beaucoup plus animé que ce qu'ils disent.

Le long d’un axe de 5 kilomètres environ on trouve tours et monuments spectaculaires. Je vous parle que des principaux.

Le premier monument, le plus à l’ouest, c’est Khan Shatyr, une yourte géante avec une pointe à 150 mètres du sol. Recouverte d’un matériau translucide qui résiste aux grosses chaleurs et aux terribles froids d’hiver. A l’intérieur c’est un mélange de centre commercial et de parc d’attraction, il y a même une plage au dernier étage. J’ai fait le tour en monorail.


Le monument de Bayterek est le plus connu d’Astana. Non, ce n’est pas une coupe du monde géante de 97 mètres, mais la représentation d’une légende kazakhe d’un oiseau qui pond un œuf d’or inaccessible aux humains.

Au sommet on peut mettre sa main dans l’empreinte de celle du président kazakh Nazarbaev.





Vue sur toute la perspective, bien que le revêtement jaune rende les photos difficiles.

Ici aussi il y a une fontaine chantante, et en plus elle est en couleur.

Le palais présidentiel, qui coupe le perspective. On peut le prendre en photo mais qui bien sûr il ne se visite pas.

Derrière le palais présidentiel, après avoir traversé la rivière, les monuments continuent. Le Palais de la paix et de la réconciliation a été construit pour accueillir tous les 3 ans un congrès des leaders des religions du monde. La deuxième photo, c’est le sommet de la pyramide.

Mosquée Khazret Sultan, inaugurée en 2012, c’est la plus grande du pays.

Le musée national a ouvert en 2013, c’est le plus grand musée d’Asie Centrale. Très bien présenté, de l’archéologie jusqu’au Kazakhstan indépendant. Ne pas manquer les salles de l’or, qui demandent un billet supplémentaire. Très bon audioguide en anglais qui décrit tout le musée.

Il y aura une autre étape pour l'Expo Astana 2017.

Renseignements pratiques :

Transports : attention, il y a une nouvelle gare loin à l’est. Elle va prendre de plus en plus d’importance.

Les lieux à visiter sont beaucoup plus loin les uns des autres qu’à Almaty. Il faut utiliser les bus. Les bus 12 et 21 qui passent devant mon hotel et vont à la nouvelle ville sont très pratiques. 0,2€, on paie dans le bus.

Hotel : Skif, Zhenis ave. 51/1, entre la gare et la rivière, dans le vielle ville. 25€, mais j’ai eu un prix sur Hotel.com. SdB dans la chambre, petit déjeuner copieux inclus.

Les livres-guides disent de prendre un hotel dans la vielle ville parce que la nouvelle n’est pas animée et qu’il n’y a pas de restos. C’est faux. L’intérêt touristique est dans la nouvelle ville, ça m’aurait évité beaucoup de temps en bus si j’avais eu mon hotel dans la nouvelle ville.

Deuxième hotel : Mukammal, à coté du Skif. 31€. Quand je suis revenu, le Skif était plus cher j’ai donc été au Mukammal, plus professionnel, mais Wifi faible.

24
août

La petite ville de Bourabaï, au centre du parc national du même nom, est à 250 km au nord d’Astana. Et à autant de kilomètres de la frontière russe. Je ne suis pas très loin de Omsk où je m’étais arrêté il y a quelques années quand j’avais pris le transsibérien. Si vous n’avez pas bien regardé les cartes, vous allez être surpris, mais je suis à la même latitude que le nord des Pays-Bas.

On n’est plus dans les steppes, c’est une région de forêts et de lacs. Pour les kazakhs c’est surtout une station balnéaire, et l’occasion de se rafraîchir quand il fait trop chaud à Astana. En hiver le froid sibérien gèle la région. Je ne vous l’ai pas déjà dit, mais vous voyez le ciel de mes photos, il fait très beau depuis que je suis au Kazakhstan, ici 30 degrés.

Pas de grandes marches, juste des promenades le long du lac. Des chemins bien balisés traversent la forêt et suivent le lac. On y rencontre beaucoup d’écureuils qui se laissent volontiers prendre en photo.

Le but est d’atteindre une baie qui pour les kazakhs est un lagon.

Au milieu du lagon, un rocher en forme de sphinx, assailli par les barques et les pédalos.

Renseignements pratiques :

Transport : De la gare de bus d’Astana, j’ai pris un bus pour Shtchutchinsk (il y a beaucoup moins de lettres en russe), il y a 9 bus par jour. Puis un bus local pour Bourabaï, un toutes les 40 minutes. Comptez 5 heures en tout (je vous ai dit que c'est un grand pays). Au retour j'ai pris un taxi collectif depuis Shtchutchinsk, j'ai mis 2 heures de moins qu'à l'aller.

Hotel : A l’intérieur c’est l’hotel Jumbaktas, à l’extérieur, voir le nom sur la photo. J’ai vu un hotel cher et complet (c’est la haute saison), donc je n’ai pas cherché plus loin quand j’ai trouvé de la place dans celui-là. 32€, très bien. Petit déjeuner inclus.

27
août

Je suis de nouveau dans les steppes mais il y a toujours des lacs, la réserve est un lieu de nidification, ou juste de passage, des oiseaux migrateurs. Tout est plat, en plus il n’y a pas de nuage, sur la photo on distingue à peine le lac dans le fond.

L’oiseau emblématique de la réserve est le flamant. C'est les flamants qui vivent le plus au nord. Mais difficile à approcher. Je laisse la voiture pour marcher tout doucement vers eux, mais au bout d’un moment, ils s’envolent. Ca tombe bien parce que s'ils sont blancs au sol, ils deviennent roses quand ils volent. Lorsque je m’éloigne de la voiture je n’entends que les oiseaux, tout est d’une grande tranquillité.

Il y a beaucoup d’autres oiseaux, un aigle, deux oies et d’autres dont je ne connais pas le nom.

La réserve se visite depuis la ville de Korgaljyn, à 130 km au sud-ouest d’Astana. Les rues sont tellement larges et il y a tellement d’espace entre chaque maison que c’est difficile de prendre une photo qui ne paraisse pas vide. Et il n’y a presque personne à pied.

Renseignements pratiques :

Transport : Minibus depuis la gare de bus d’Astana les premiers à 10h, 11h50, 13h. A 10h45, celui de 11h50 était déjà plein, je n’ai eu que celui de 13h. 130 km et 2h de trajet.

Visite de la réserve : Ma guesthouse a trouvé un chauffeur qui fait aussi le guide pour aller jusqu’au lac Tenguiz, 38€.

Hotel : J’ai retrouvé une guesthouse, comme au Kirghizistan, il n’y a pas d’hotel à Korgaljyn. C’est celle qui est indiquée dans le Lonely, la propriètaire est Bibinur Alimjanov, il n’y a rien de marqué, c’est presqu’en face du musée. 25€ avec petit déjeuner et diner, SdB dans la chambre. Très bien. La photo c’est où est ma chambre, mais il y a plusieurs batiments.

29
août


Je n’avais jamais visité d’Expo, j’étais rétissant, je ne sais pas pourquoi. Mais ça m’a beaucoup plu.

J’ai appris qu’il y avait deux catégories d’expositions. Les plus importantes sont les expositions universelles qui ont lieu tous les 5 ans, en 2015 c’était Milan, en 2020 ce sera à Dubaï, Paris est candidate pour 2025. Et au niveau en dessous il y a les expositions internationales, c’était le cas de Lisbonne par exemple, et c’est le cas d’Astana. Ces expositions ont lieu à intervalles irréguliers.

Les principales différences entre les deux types d’expo : les expositions universelles durent 6 mois ; elles ont un thème vague, ce qui permet d’y aborder beaucoup de sujets ; chaque pays construit son pavillon (Dubaï en prévoit 180). Les expositions internationales durent 3 mois, elles ont un thème précis (pour Astana c’est l’énergie du futur) et surtout chaque pays fabrique son pavillon à l’intérieur d’un batiment construit par le pays organisateur.

Au milieu de l’Expo 2017, il y a une sphère de 80 mètres de diamètre, c’est le pavillon du Kazakhstan. Les autres pavillons rayonnent autour sur 3 arcs de cercle.

Quelques photos du batiment de l’intérieur : 1) les ascenseurs, vu du haut, 2) tout en haut il y a un passage sur une vitre, 3) la vitre vue d’en haut, 4) vu du bas, on voit le passage sur la vitre.

Chaque étage de la sphère est consacré à une des énergies du futur comme vous pouvez voir sur le schéma. Ça fait un peu palais de la découverte, mais c’est assez bien fait, c’est varié, il y a des spectacles et de petits jeux. Je suis resté presque 4 heures dans la sphère.

Et deux exemples des expositions, des foulards qui flottent dans le vent et des explications de la biomasse.

Sur le premier cercle autour de la sphère il y a surtout des pavillons remplis de restos.





Sur le deuxième cercle il y a deux pavillons avec des expositions spectacles, agréables à regarder, par contre je n’ai pas vraiment tout compris sinon qu’il vaut mieux utiliser les énergies nouvelles. Il y a aussi un pavillon qui s’appelle « Best practice » consacré à des projets innovants, pas forcément spectaculaire, mais intéressant comme ce filtre à eau qui fonctionne avec le vent ou ce cyclo-pousse électrique avec des panneaux solaires.

Et le troisième cercle c’est les pavillons des pays. Comme ce n’est pas une exposition universelle beaucoup de pays ne sont pas représentés. Il y a quand même 50 pays qui ont un pavillon et 60 autres qui ont un stand dans un pavillon régional (Afrique, Pacifique …).

Normalement les pays doivent respecter le thème, mais en fait ils font ce qu’ils veulent. Ceux qui n’ont qu’un stand, résument souvent leur exposition à une boutique d’artisanat, c’est nul, mais ça plait aux kazakhs. Certains s’orientent plus vers le tourisme, ce qui est agréable à visiter, par exemple, la Géorgie met en avant son vin, le lien avec l’énergie est lointain.

Les pavillons sont inégaux, les plus décevants étant les pays du Golfe. Si le Qatar a la façade devant laquelle les kazakhes se font le plus photographier, il n’y a pas grand-chose à l’intérieur. Le meilleur que j’ai vu, c’est la Malaisie qui arrive à présenter ses richesses naturelles en les liant à des projets innovants (biomasse, micro-barrage,…), donc qui respecte le thème sans être rébarbatif. Il y a même les lumières des lucioles.

Même si les expositions ne sont pas toujours extraordinaires, j’aime bien visiter tous ses pavillons, j’ai l’impression de faire un rapide tour du monde. C’est intéressant de voir comment chaque pays se montre. Je ne connais pas le Turkménistan, mais la présentation veillotte des sites industriels donne tout de suite l’ambiance du pays. En Russie le principal sujet est le brise-glace nucléaire qui, en 2018, va ouvrir une voie navigable toute l’année dans l’arctique, au nord de la Russie. Aux USA on se prend en photo devant « Hollywood ».

Le pavillon qui a la plus belle entrée est celui de la Jordanie, ça donne envie d’aller dans ce pays. Monaco fait une présentation des nouveaux terrains qui vont être gagnés sur la mer, mais termine par une boutique de souvenir. La Suisse nous livre une recette de cuisine accompagnée de bonnes pratiques (manger local, ne pas gaspiller …).

Le pavillon de la France est réalisé par des grandes entreprises (Total, Saint-Gobain (le vrai selfie)…) ou des agences nationales ou régionales (Syctom, Ademe). C’est intéressant mais ça fait un peu communication institutionnelle, c’est le pavillon le plus austère que j’ai vu et ça ne passionne pas vraiment les kazakhs. Je ne connaissais pas le projet international de fusion nucléaire ITER, près d’Aix, on en parle aussi beaucoup au pavillon de la Chine, mais grâce à un dessin animé, et c’est le pavillon de la Chine qui a la plus longue file d’attente.

31
août

Deuxième long voyage en train qui fait prendre conscience de la grandeur du pays. Départ à 20h05 d’Astana, arrivée à 10h58 à Aralsk, deux jours plus tard. Le train n’est pas direct, il faut changer à Kandyagash. Le train au départ d’Astana :

Je vous ai déjà présenté un train, cette fois ci je ne vous parle que des différences.

Le voyage dans le premier train, jusqu'à Kandyagash dure presque 25h. Le wagon à l’air plus neuf que la dernière fois. Je n’ai pas fait l’erreur du premier voyage, j’ai pris une couchette en bas, donc je peux m’asseoir toute la journée quand je ne dors pas. D’ailleurs j’ai replié la couchette, je mis les sièges de la position jour, ce que ne font pratiquement jamais les kazakhs.

Il y a un vrai wagon restaurant, pas juste un buffet. Et j’ai eu un plat de viande et purée excellent, il y a aussi une vraie cuisine. Ce n’est pas juste des plats réchauffés comme à la SNCF. La déco est mieux aussi avec les fleurs artificielles.



On nous donne une trousse de toilette.




Les vitres sont plus transparentes. On est toujours dans la steppe, mais parfois elle est cultivée. On s’arrête à de petites gares.

Comme la première fois, je peux descendre du train quand les arrêts sont assez long. 2 fois il s’arrête 35 minutes pour que la machine change de coté du train et qu’il reparte dans l’autre sens. Il y a même des boutiques improvisées sur le quai.

On arrive à Kandyagash à 20h55, ma correspondance arrive à 1h05, 4h10 à attendre dans cette petite gare. Les horaires sont respectés.

Pour le deuxième train, j’ai pris une première classe. Il n’y a que deux couchettes par compartiment.

Au réveil, le paysage a changé. C’est beaucoup plus sec, il y a des dunes de sable et des chameaux, des vrais avec deux bosses.

Et pour le petit déjeuner un autre beau wagon restaurant

A 11h j’ai fini mes 39h de voyage, je suis à la gare d’Aralsk.

2
sept

La mer d’Aral est la plus grande catastrophe écologique de l’humanité. La mer s’est retirée et n’est jamais revenue, comme une éternelle marée basse.

La mer d’Aral est alimentée par deux grands fleuves qui descendent des glaciers du Tadjikistan et du Kirghizistan. Le Syr-Daria, au nord, qui traverse le Kazakhstan. L’Amou-Daria au sud, à travers le Turkménistan et l’Ouzbékistan. L’URSS a utilisé ses fleuves pour développer la culture irriguée, surtout du coton. Les fleuves n’arrivant plus jusqu’à la mer, elle s’est évaporée.

Aralsk, où je me suis arrêté, était le plus grand port, il y avait de nombreux bateaux de pêche et une industrie du poisson. C’est aussi ici qu’arrivait les bateaux chargés du coton qui étaient envoyé en train vers la Russie.

La ville qui a perdu la moitié de ces habitants est très calme, écrasée par une chaleur de près de 40 degrés.

Maintenant le port est presque vide.

De vieux bateaux rouillent dans le musée face au port sans mer.

L’Ouzbékistan ne fait aucun effort pour sauver la partie principale de la mer au sud, préférant sans doute y chercher du pétrole plus facilement dans une mer asséchée. Au nord, le Kazakhstan essaie de rétablir une petite mer d’Aral. Pour cela un barrage a été construit, pour garder au nord l’eau provenant du Syr-Daria.

Je suis parti à la recherche de cette mer. Existe-t-elle toujours ? Il paraît qu’on peut la voir depuis le village de Jalanash, à 50km d’Aralsk. Je trouve un taxi qui m’y amène à travers une steppe desséchée. Mais au bout de la rue assoupie de l’ancien village de pêcheur, je trouve des chameaux sur la plage, mais derrière eux, pas d’eau.

Mon chauffeur me dit qu’on continue sur une piste de sable, au fond de l’ancienne mer. Comme il ne parle pas un mot d’anglais, je ne comprends pas vraiment où il veut aller. On arrive au reste d’une épave ensablée, les grands bateaux abandonnés dont on voit les photos sur les vieux guides datés de 2017, n’existent plus, ils ont été découpés pour la ferraille.

On continue, mon chauffeur dit « Moré », Mer en russe, je comprends qu’il veut aller à la mer. Je vois un immense reflet, la mer ? En s’approchant on est toujours dans la steppe, ce n’était qu’un mirage. Mon chauffeur continue, il y a de nombreuse piste, je ne sais pas s’il sait où il va, ou s’il veut atteindre une mer qui n’existe pas pour accomplir sa mission.

Ca fait plus d’une heure qu’on a quitté le village et qu’on roule sur l’ancien fond de la mer. Je n’y crois plus trop. Mais des roseaux ! la piste les traverse, et de l’autre coté, c’est la mer d’Aral, elle existe toujours !

Je pense qu’en cette fin d’été, elle a plutôt tendance à se retirer. Le sol est plissé et spongieux, je touche l’eau, c’est plus une soupe qu’une eau limpide, je n’ai pas trop envie de me baigner. Mais j’ai touché la mer d’Aral.

Renseignements pratiques

Le Lonely indique une ONG, Aral Tenizi, qui organise des tours. Mais elle était toujours fermée. J’ai trouvé un véhicule 4x4 pour aller à la mer à la gare de bus (63€). Personne ne parle anglais.

Hotel : L’hotel soviétique Aral est fermé, d’après les commentaires, il semble que c’est le mieux qui pouvait lui arriver. Il y a une guesthouse juste derrière (en sortant de l’hotel Aral, tourner 3 fois à droite pour y arriver). Aucune indication à l’entrée, pas de nom. 13€ avec la clim et un petit déjeuner minimum. Propre, accueil sobre. Personne ne parle anglais.


5
sept

Petit voyage de 12 heures (une nuit) en train depuis Aralsk et me voilà à Turkestan.

Turkestan est la principale ville historique de Kazakhstan. En ville on y trouve les plus beaux monuments du pays et dans les alentours les ruines les plus significatives.

Turkestan était une étape importante sur la route de la soie. Les monuments datent de la Dynastie timouride (XIV, XVe siècle) qu’on retrouvera en Ouzbékistan.

Le monument qui vaut à lui seul le déplacement et qui est inscrit au patrimoine de l’UNESCO est le mausolée d’Ahmed Yasawi. Yasawi était un poète et philosophe soufi. Le soufisme a été important dans l’islamisation du sud de l’Asie centrale en prêchant un islam mystique, plus à même à concurrencer le chamanisme. Yasawi a vécu au XIIe siècle, mais son mausolée a été construit à partir de 1397 sur ordre de Tamerlan.

Le portail inachevé est le plus grand d’Asie Centrale avec 38 mètres de hauteur. Il y a toujours des pèlerins qui viennent prier ici, et on n’a pas le droit de prendre des photos à l’intérieur. Mais l’intérieur est sobre, à part sa taille, presque tout blanc, le tombeau est en marbre vert.

Il y a d’autres monuments, moins importants, je ne vous les présente pas tous, juste le beau mausolée de la bégun Rabigha-Sultan et la mosquée semi-souterraine, c’est là que Yasawi c’est retiré à 63 ans. Et une photo des remparts aussi.


Une bière, ça faisait longtemps, pour alléger cette présentation historique.





Renseignement pratique : Hotel Eden, très bien placé à 15 minutes à pied du mausolée, tout confort, restaurant en dessous, 18€ avec un petit déjeuner copieux.





Sauran

Les ruines de Sauran se trouvent à environ 60km de Turkestan, près de l’autoroute, en direction de Kyzylorda. C’était au XIVe siècle la capitale des Mongols de la Horde blanche. La ville était encore très active au XVIe siècle, c’est bizarre qu’elle soit si vite tombée en ruine.

Je ne connais pas la taille précise, mais le périmètre de la ville délimité par une muraille encore bien visible m’a paru immense.

Après la porte d'entrée dans la ville, une rue, bien pavée, conduit au centre où des archéologues/maçons étaient en train de reconstruire un batiments. Vu le nombre de briques encore à placer, le puzzle n’était pas fini.

Renseignement pratique : le taxi AR depuis Turkestan m’a coté 15€

Otyrar-Tobe

Au XIIIe siècle Otyrar était une ville d’un pays qui s’appelait Khorezm, principale puissance de la région à l’époque. Cette ville est importante historiquement parce que son gouverneur a pillé une caravane qu’avait envoyé le mongole Gengis Khan pour faire du commerce, ce qui lui a donné un prétexte pour envahir l’Asie centrale et l’Iran. C’est également ici qu’est mort Tamerlan en 1405 alors qu’il partait à la conquête de la Chine.

La ville est maintenant recouverte d’une butte de terre livrée aux archéologues. On y voit divers batiments, les termes, une porte un peu trop neuve, et d’autres que faute d’explication je n’ai pas pu identifier.

Renseignement pratique : le taxi AR depuis Turkestan m’a coté 20€, avec la visite du mausolée d'Aristan-Bab.

7
sept

La réserve d’Aksou-Jabagly est à la limite de la steppe et de la montagne, près des frontières de l’Ouzbékistan et du Kirghizistan. Ce n’est pas très haut, l’entrée de la réserve doit être à 1200 m, le plus haut sommet à 4239 m.

On n’a pas le droit de visiter cette réserve tout seul, il faut être accompagné d’un ranger, je ne sais pas pourquoi, peut-être à cause des risques d’incendies, c’est très sec.

J’avais prévu de ne faire qu’une marche, mais le matin on me dit qu’il y a deux autres touristes qui font le tour en jeep, qu’il n’y a pas d’autre ranger pour moi, et donc que je dois prendre la jeep. Je vais pouvoir aller plus loin, mais j’aurais préfèré marcher. Je prends la jeep, je n’ai pas le choix, mais je ne paie pas la voiture, je paie comme si j’avais fait une marche.

On peut quand même faire une petite marche d’une heure trente depuis le terminus de la piste. J’ai dû monter jusqu’à environ 2000 mètres.

Dès qu’il y a de l’eau, il y a un peu de verdure, mais il n’y a pas beaucoup d’eau, le plus souvent l’herbe est jaunie à cette époque de l’année.

Il paraît qu’il y a des ours et des léopards des neiges, mais moi, je n’ai réussi qu’à photographier des insectes.

Renseignements pratiques :

Transport : à 12h15 il y avait un minibus pour Jabagly à la gare de bus de Chymkent Ayna (attention, ce n’est pas la gare principale), il est parti à 12h30, il est possible que j’ai eu beaucoup de chance.

Hotel : La guesthouse Ruslan, dans le village de Jabagly, a une annexe juste à coté de la réserve. Très bien, très bon accueil. SdB commune pour les 2 chambres. 26€ avec le petit-déjeuner et le diner.



Le prix pour rentrer dans la réserve, avec un ranger obligatoire est de 13€/jour.

9
sept

Chymkent est la troisième ville du Kazakhstan, mais n’est pas considéré comme étant une ville touristique, son principal intérêt est d’être proche de la capitale de l’Ouzbékistan.

On peut même dire qu’il n’y a rien de vraiment spécifique à visiter, juste se promener dans les rues, sur les places et dans les nombreux parcs.


Il y a un peu moins de restaurants et de cafés qu’à Almaty, mais suffisant pour faire de nombreuses poses.



Renseignement pratique : Hotel Dostyk, un ancien hotel Intourist. Pour ceux qui n’ont pas voyagé en URSS, les hotels Intourist étaient les seuls autorisés à recevoir des étrangers. Mais, au moins l’intérieur, a été rénové, et c’est surement beaucoup moins cher qu’à l’époque. 23€, avec un petit déjeuner buffet.


Saïram

Saïram est à moins de 20 km de Chymkent (5€ en taxi). C’était une étape de la route de la soie. On y trouve des monuments plus anciens qu’à Chymkent. Rien de très spectaculaire, mais si on est à Chymkent, autant y aller. Un très vieux minaret du 10ème siècle. Et des mausolées, le mausolée du 13ème siècle de Karashash-Ana (la mère de Yasawi, celui qui a le grand mausolée à Turkestan). Un deuxième mausolée, comme il n’y avait personne, j’ai pu prendre une photo à l’intérieur. A noter que bien que les musulmans soient sunnites ici, on retrouve des mausolées et les pèlerins qui vont avec, comme en Iran.

Et maintenant, un petit bilan de mon voyage au Kazakhstan qui s’achève.

Quand j’ai décidé d’aller au Kazakhstan et d’y rester un mois, et je n’avais pas le choix puisque c’était le plus grand pays que je ne connaissais pas, je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire pendant un mois. J’avais l’idée que c’était un grand pays vide. Mais en étudiant de plus près le pays, j’ai pu me faire un programme de 30 jours, j’aurais même pu rester un peu plus, en allant dans l’est par exemple, si on pouvait rester plus longtemps sans visa. Et ces 30 jours ont été effectivement bien remplis.

On ne peut pas dire qu’il y ait des sites exceptionnels, mais Almaty, Astana, la réserve de Korgaljin et Turkestan sont immanquables dans le cadre d’une visite de ce pays.

Et je suis sûr qu’il y a beaucoup plus à voir, mais je n’ai aucun moyen de la savoir, je suis forcément limité aux guides-livres indigents qui décrivent ce pays.

Les voyages en train sont un des attraits du pays, et si on a de la chance comme moi, on tombe sur un train avec des wagons kazakhs, plus confortables que les anciens trains russes. Les rares touristes que j’ai vus avais moins de temps que moi et raccourcissaient les trajets par des vols intérieurs.

Plus cher que le Kirghizistan, le Kazakhstan reste un pays bon marché, je suis autour de 45€ par jour.

L’ambiance est détendue. Ca m’a semblé sûr, comme au Kirghizistan il faut éviter les personnes qui sont déjà à la bière au petit déjeuner. On peut faire des photos comme on veut, même du palais présidentiel d’Astana.

Pour terminer une photo prise à la guesthouse de Korgaljin, quand les kazakhs commencent la musique, ça devient sérieux, les canetes sont d’un litre et la bouteille de coca, ce n’est pas du coca. Heureusement, je n’étais pas seul, il y avait 4 autres touristes.

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