Carnet de voyage

Polynésie en vert

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Dernière étape postée il y a 68 jours
Juin 2019
365 jours
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Publié le 29 mai 2019

Aperçu des étapes que j ai prévu (resa des vols obligatoire ) pour découvrir les îles vertes de la Polynésie.

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Publié le 21 juin 2019

Arrivée de nuit en Polynésie , un groupe de musique locale nous tient compagnie pendant les formalités douanières qui seront beaucoup plus rapides que celle du transit à Los Angeles.

Le taxi réservé à l avance pour m amener au rbnb n est pas là. .. pas de collier de fleurs pour moi. Je me retrouve seule à minuit passé devant u n aéroport fermé.

La baterie de mon tel est vide et confiante je n'ai pas l adresse complète de mes hôtes. C est un loueur de voitures qui sera mon sauveur en me donnant accès à une prise de courant et son code wifi.

Laurence réveillée en pleine nuit vient me chercher.

Au ptit déj je rencontre les autres habitants du lieu et sympathisé très vite avec eux.

Il fait beau direction le marché local , la banque et un vendeur de cartes tel.

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Publié le 21 juin 2019
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Publié le 21 juin 2019

Il pleut. Les sorties randos seront pour plus tard. Mes nouvelles amies Christine et Virginie m invitent à partager leur "road trip" de la journée.

Au programme un tour au marché pour quelques emplettes indispensables du genre couronnes de fleurs...puis direction la petite Normandie et le belvédère depuis lequel les guides touristiques annoncent une vue imprenable. Nous avons vu les vaches mais pas la vue ...

Ensuite un saut par une plage de sable noir pour ramasser quelques rares coquillages . Puis délicieux déj de poissons crus dans un restaurant avec des nappes à carreaux rouges et blancs assortis à mes espadrilles. 😅.

Il faut reprendre la route direction le jardin botanique. De taille petite mais très chouette et surtout assez grand pour se faire doucher par les trombes d eau venues du ciel.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à un Marae. Ambiance paisible.

Merci les filles. 😍
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Publié le 21 juin 2019

Cette nuit déluge de pluie mais la sortie 4*4 est quand même confirmée . Direction la vallée de Papenoo pour traverser l ile de part en part. Elle est appelée aussi la vallée aux 1000 cascades.

9h15 on vient me chercher à demeure. Le 4*4 est plein, j ai une place dans l abitacle à côté du chauffeur : Augustin Pito. Un polynésien pur souche. Durant tout le trajet il me racontera sa vie et parlera affectueusement à sa voiture pour l encourager dans les montées, la féliciter après un passage difficile. ..

Encore une bonne journée. Le soir je retrouve pour le dîner Jeff et Kevin brestois mécanos en mission à Papetee depuis presque 2 mois qui espèrent un retour en métropole sans cesse repoussé.



Augustin notre chauffeur est aussi photographe
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Publié le 23 juin 2019

Décidément la pluie sera ma compagne pour toute cette semaine passée à Papetee. Les sorties programmées sont annulées les unes après les autres. Je ne ferai pas de rando cette semaine (snif). En revanche la journée sur un catamaran le "Dalila"pour aller sur l'ile aux oiseaux de Tetiaora est reportée de dimanche à samedi, la météo devant être plus propice.

Ce samedi après une sympathique soirée organisée par Laurence et Luc chez eux en compagnie "des garçons", le réveil est mis pour 4h30. Embarquement sur le catamaran 5H30 et comme je n'ai pas de véhicule, je déambule dans Papetee aux aurores. Les tahitiens sont des lèves tôt je ne suis donc pas seule.

Le capitaine Fred et Loaïna nous accueillent avec un petit déjeuner "maison" : gâteaux et confitures….

En guise de beau temps nous auront de la pluie sous toutes ses formes : bruine, crachin, déluge et comme la bâche qui recouvre le carré extérieur où nous sommes installés n'est plus étanche nous faisons corps (mouillé) avec les éléments.

Les 3 heures de traversée aller puis retour passeront très vite car encore une fois je rencontre des gens adorables. Mathieu et Nathalia, un couple suisse-polonais. Ils ont quitté travail et vendu leur maison, meubles, vêtements pour un voyage entre Australie, Nouvelle-Zélande et Polynésie. Mathias qui n'a jamais navigué rêve d'une vie sur un voilier. Cette journée est un test mal de mer pour le couple. Il ne sera pas totalement concluant, surtout pour Nathalia.

Le débarquement sur l'île se fait en zodiac. Il faut passer la barrière de corail et ses vagues avant d'atteindre l'île paradis (celle des révoltés du Bounty) des oiseaux sauvages . Fred debout sur le zodiac, tel Ben-Hur sur son char dompte les éléments et nous transborde 2 par 2.

Le tour de l'île se fait sur la plage ou dans l'eau lorsque nous longeons les colonies d'oiseaux afin de ne pas les déranger. Sur ma tenue de plongé j'ai rajouté un coupe vent pour me protéger de la pluie. L'eau est chaude mais je n'aurais pas le courage de m'y baigner.

Loaïna nous régale d'histoires sur la faune et la population autochtone qui a habité l'ile quelques années vers 1930, pour exploiter le copra (produit de la noix de coco). Nous apercevons un petit requin pointe noire , des poissons multicolores nagent autour de nos jambes et de très nombreux concombres de mer. Il parait que seuls les habitants des australes les mangent.

Un succulent déjeuner de poisson cru et cuit préparé par Loaïna nous attend sur le bateau.

Pendant la navigation de retour vers Papetee, Fred nous raconte sa vie de skipper à travers les océans et sa "retraite" active en Polynésie qui lui permet de réaliser le rêve de toute une vie.

Le mauvais temps est toujours de la partie, un éclaircie se forme en fin d'après midi. A défaut du levé du soleil, je peux admirer son coucher sur la mer argentée et m'installer à la proue du navire, sentir la chaleur de l'eau remonter sous mes pieds dans la fraicheur du soir.

Couché de soleil sur mer argentée , derrière moi Fred le capitaine du bateau
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Publié le 25 juin 2019

La semaine est vite passée malgré les aléas météo et les sorties rando absentes.

Ce dimanche, après des démarches à la gare maritime et à l'office du tourisme j'avais réussit à programmer une rando avec un guide nature sur l'ile de Moorea . Il ne fallait pas se réjouir trop vite, le dernier point météo fait après ma journée catamaran sous les embruns polynésiens est mauvais. Une nouvelle fois mon projet rando est annulé.

Décidément je suis le chat noir des sorties plein air. Si vous avez un évènement en plein air à programmer appelez moi pour l'organiser, il aura toutes les chances de tomber à l'eau (ah ah ah).

Dépitée j'annonce cela " aux garçons" Jeff et Kevin pour qui je prépare ce soir un repas à la hauteur de mes compétences culinaires. Je veux les remercier de leur amitié, au menu : salade de légumes du marché au basilic, riz au gingembre et salade de fruits frais au basilic et gingembre. L'estomac en alerte et se réjouissant d'avance du festin annoncé (sur ce coup j'ai de la chance car ils n'ont pas encore gouté mes plats), ils m'invitent à leur tenir compagnie dimanche au faré Réa Réa (là où nous logeons tous) pour un barbeuc avec leurs amis Maraïl et Stéphane.

11h alors que je profite de la piscine, Maraïl arrive chargée de sacs de victuailles (langoustes, crevettes, noix de st jacques, ..). En guise de barbeuc, c'est un festin de roi qui s'annonce. J'ai pris la recette du risotto de st jacques et crevettes ainsi que celle des langoustes au barbeuc avec une sauce aux tomates et carapaces de crevettes, je la donnerait à Théo car entre mes mains les aliments se rebellent. Bref on ne peut pas avoir toutes les qualités, j' ai la main verte mais pas la main cuisinière.

Nous avons passé la journée à cuisiner, à manger, boire seulement de l'eau pour moi et danser.

Un message, pour ma fille Laura : sache ma belle que ma nullité aux blind test musicaux est maintenant sortie du cocon familial.

Ce matin j'ai fait ma valise pour m'envoler vers Raiatéa et de nouvelles aventures, le cœur gros. Mes amis je vous aime vous me manquez déjà. RDV est pris, en octobre je retourne chez Luc et Laurence et j'irais voir ma chère Maraï.

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Publié le 26 juin 2019

Mardi 24 juin, après une saut de puce de 35 minutes en avion miniature (68 places), me voici arrivée à Raiatea. Claude mon hôte est bien à l'arrivée, il a la soixantaine bien entamée avec un perpétuel sourire aux lèvres. Nous embarquons mes bagages et moi dans son Pick up déglingué direction le PK 7.2 . Pour les non initiés en Polynésie les adresses s'expriment en point kilométrique (PK) il y en a 50 sur Raiatea.

Après quelques minutes de route et de piste nous voilà déjà arrivés à sa "cabane" en bambou. C'est là que je vais loger et travailler pour une quinzaine de jours.

Ici c'est le royaume des chats, des chats particuliers puisqu'ils sont végétariens. Ils adorent manger les avocats et autres fruits ainsi que nos restes de nourriture. Le végétarisme n'est pas de rigueur puisque mon hôte Claude est un grand carnivore, c'est d'ailleurs pour satisfaire son amour de la viande que j'ai ramené en fraude dans mes bagages un jésus bien emballé, depuis la France.

Ici, pas de portes ni de fenêtres nous vivons en pleine nature, la douche est dehors devant la cabane et en se lavant nous avons une vue magnifique sur le lagon. Ce matin en prenant le petit déjeuner: toc toc toc dans les parois en bambou fait le Gecko qui casse son œuf en venant au monde. Le reste du temps c'est le chant des oiseaux qui accompagne notre journée sauf quand Claude travaille à la scierie. Là c'est le chant des machines à bois qui perce nos tympans.

Je dis nous, car je suis en compagnie de Marine et Raphael, un couple de jeunes woofeurs plus ou moins installés définitivement ici. Tous les soirs ils m'emmènent voir des chanteurs et des danseurs qui se produisent actuellement dans les villages voisins pour le Heiva. N'ayant toujours pas totalement absorbé le décalage horaire, j'ai du mal à garder les yeux ouverts durant les spectacles qui pourtant se déroulent à une heure plus que raisonnable : entre 19H et 21H. Hier nous avons "veillé" jusqu'à 21H30 (waou). Les polynésiens se lèvent extrêmement tôt et vont travailler tôt, aussi les soirées sont en rapport.

J ai juste oublié de préciser quelque chose. Dans ce paradis il faut travailler. Avec la chaleur c est dur dur. Il faut juste garder la foi de 7h30 à midi après c est vraiment le paradis.

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Publié le 3 juillet 2019

Au paradis le temps passe très vite. La matinée est occupée au jardin, après déjeuner, sieste ou moment calme puis rando, baignade dans le lagon ou lecture. Le soir venu direction le Heiva. Nous avons ainsi admiré des danseurs en groupe ou en solo, des groupes musicaux. Cette semaine le Heiva est consacré à l'artisanat : tressage de paniers traditionnels, chapeaux… Ce soir ce sera concours de colliers de fleurs et couronnes de fleurs.

Contrairement aux prestations de danse, les concours d'artisanat attirent peu de monde et nous avons largement le temps de discuter avec les tahitiennes et tahitiens qui font montre de leurs talents et tenter de reproduire leur art. Mes jeunes amis Woofeurs se débrouillent fort bien, pour ma part la patience ne fait pas partie de mes nombreuses qualités aussi j'ai vite abandonné le projet de tresse en feuilles de cocotier. Raphael m'a offert une tresse de cheveux et une tahitienne qui ne voulait sans doute pas que je reparte les mains vide, un panier.

Chaque village a sa soirée de Heiva, en général c'est gratuit et l'occasion de vendre des boissons et de la nourriture faite maison dans des baraques temporaires mais colorées de motifs tahitiens. Ici c'est la patrie du billard et en fin de soirée nous faisons une petite partie. La pétanque est également très populaire, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de faire état de mes talents en la matière.

Hier je suis enfin montée sur le catamaran de Claude qu'il a conçu et construit lui même. Bateau sur lequel il a passé 6 ans avec femme et enfants pour faire le tour du monde avant de s'arrêter définitivement à Raiatéa. C'est un catamaran fait pour la course nommé Crin blanc (tous derrière et lui devant). A bord tout est dépouillé, optimisé pour la vitesse. Aucun confort comme j'ai pu le connaitre sur Caliméra le bateau de Jean mon beau père. La douche se prend uniquement sur le pont, c'est super quand il faite beau mais j'imagine que lors du tour du monde la chaleur et le beau temps n'ont pas été toujours de mise pour Claude et sa famille.

Comme d'habitude le temps était maussade et pour moi point de plongée au milieu des coraux et des poissons mais plutôt une après midi à se faire rincer en essayant d'amarrer le bateau à son corps mort, le tout dans la bonne humeur avec des amis voileux.

Ce Week end point de travail, mais succession de visites des amis de Claude qui viennent discuter, profiter d'internet, faire une machine de linge sale ou passer la journée à table autour d'une bonnes bouteilles à se raconter des blagues et des histoires de voileux.

Je pensais rester un mois et demi dans ce coin de paradis, mais il y a eu incompréhension et mon séjour se limitera à 15 jours (snif) . j'ai déjà un point de chute pour les 15 jours suivants. Je vais faire le jardinage pour la voisine de Claude, Marie-Hélène, chirurgienne fraichement retraitée qui vit dans une somptueuse maison avec son mari juste au dessus de chez Claude . Je ne perdrai ainsi pas contact avec mes amis de la cabane au Paradis.

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Au final qu'ai je retenu de cette quinzaine de jours passés chez Claude à jardiner le matin, buller l'après midi et vivre un peu, beaucoup, passionnément la nuit ? (pour info il fait nuit à partir de 18 h)

En matière de jardinage d'abord : Les ananas ne sont pas mes amis, leurs feuilles drues sont pleines de petites épines qui griffent les bras et les jambes de la jardinière venue les désherber ou leur apporter du compost.

Pour mes amies du jardin partagé qui comprendront, j'ai rencontré ici un ennemi aussi coriace que le liseron : le védélia ou "gazon tahitien". Tu l'arraches consciencieusement, un coup de pluie et de soleil et le revoilà qui repart à l'assault des plantes tout juste dégagées de son emprise.

Un découverte, j 'adore "jardiner" perchée au cœur des arbres pour à qui je dois faire une taille d'hiver, ainsi j'ai la vue d'un coté sur le lagon et de l'autre sur le mont Téméhani.

Sinon pour ceux qui veulent des détails sur mes activités de jardinage, j'ai essentiellement désherbé, paillé, ratissé, semé, rempoté…. et lasuré des planches à la scierie les matins trop pluvieux.

Ramasser les fruits de la passion, avocats ou mangues tout justes tombés des arbres parce qu'ils sont mûrs et les déguster dans l'heure qui suit leur donne une saveur incomparable à ceux que nous récoltons sur les étals des supermarchés français.

Sinon j'ai appris à "buller" l'après midi. Ne rien faire et ne rien avoir envie de faire si ce n'est rester tranquillement assise sur la terrasse de la cabane pour admirer le paysage, lire quelques pages d'un livre et retourner à ma contemplation. On y prend goût surtout dans un environnement pareil. Pour une fois je me suis laissée porter par les idées d'activité de mes co-woofeurs. La initiative que j'ai prise lors de ces après-midi pluvieuses : faire des gâteaux en prenant tout mon temps et sans lâcher du regard le bleu de la mer avec les vagues se brisant sur la barrière de corail.

Vivre un peu la nuit ou les Week-end au gré des sorties concoctées par Raphael, Marine, Charlotte et même Claude, ça aussi j'ai apprécié. Nous avons essentiellement fait des sorties liées au Heiva: spectacles de danse, de chant , tressage de paniers, de colliers et couronnes de fleurs, concours du plus beau légume…Plonger depuis un ponton donnant sur les coraux entourés de poissons multicolores ou après avoir accosté un motu. Faire le tour de l'ile en voiture un dimanche pluvieux alors qu'un tour un moto était programmé et surtout j ai appris à jouer à la belotte et fait des parties endiablées avec les habitants de la cabane.

Ce soir j'ai quitté la cabane pour laisser ma place à une nouvelle woofeuse. J'habite pour les 15 jours prochains dans une immense maison juste au-dessus, j'ai une grande chambre avec ma salle de bain personnelle ouverte sur la nature et un rythme de travail qui sera allégé. Demain, pour la 1ere journée , ce sont surtout les préparatifs d'un anniversaire qui vont nous occuper et je dois faire un gâteau ….

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Déjà une semaine passée avec mes nouveaux hôtes Marie-Hélène et Christian, "jeunes" retraités qui me traitent comme un membre de leur famille.

Le matin après un petit déjeuner tranquille passé à deviser avec MH face au lagon et avoir accueilli Arnold et son fils, 2 tahitiens qui repeignent la maison, à 8h je vais travailler dans leur jardin paysager.

Le lundi et le jeudi Estelle, vient faire le ménage et ranger un peu le capharnaüm laissé par MH "tête en l'air". Marie-Hélène à mille projets en tête, commence une tâche l'abandonne puis passe à autre chose. Elle est mon opposé (organisée et cartésienne). Sa volubilité verbale et son rire tonitruant sont un régal et rendent sa compagnie adorable. Elle m'entraîne avec elle dans ses activités. J'ai ainsi passé une matinée à choisir les tissus des coussins de ses canapés dans les 2 uniques magasins de textiles de l'île, fait un cours de Pilate, résisté à ses demandes insistantes d'aller au yoga avec elle pendant mes supposées heures de travail, été invitée à passer une journée sur le catamaran de ses amis….et peut être faire une croisière de quelques jours jusqu'à Bora-Bora si elle trouve le temps de se poser un peu pour réserver un bateau avec skipper sur les derniers jours de mon séjour sur cette île, début août.

Les après midi, je trouve encore le temps d'aller plonger dans le lagon pour admirer poissons et coraux, randonner en solitaire, faire du canoé avec un guide nature sur la rivière Féroa qui s'enfonce dans l'ile et demain matin, au lieu de travailler, faire une sortie VTT électrique de 42Km dans la montagne avec accompagnateur.

ma nouvelle demeure et vue sur le lagon  au ptit dej

Bref, les journées sont bien remplies, plus trop envie de faire la sieste. Par contre ici les soirées sont calmes et un peu mornes en l'absence de Heiva et de parties de cartes.

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Publié le 28 juillet 2019

Raiatéa, cette ile paradisiaque emplie de gens charmants, polynésiens comme "popas" est colonisée par des gallinacés dont la gente masculine (les coqs) est férue de chant à tout heure du jour comme de la nuit. Ces animaux étant sauvages, les poules ont le bon goût de pondre en catimini, aussi nous pauvres humains ne sommes nous même pas dédommagés en œufs frais des multiples réveils nocturnes occasionnés par ces bestioles à plumes.

Depuis mon arrivée sur l'île, mes hôtes comme les personnes rencontrées lors de mes multiples activités ont une obsession : se débarrasser de ces volatiles par trop volubiles. S'en suit de nombreuses conversations sur les nuisances sonores, la vélocité de ces bestioles qui ne se laissent pas attraper facilement, l'ébauche de projets de pièges variés pour s'en débarrasser et enfin l'art de cuisiner le coq au vin.

Bref, il fallait que je fasse quelque chose. Super Pétunia est entrée en action. J'ai commandé du grillage à Marie-Hélène, récupéré quelques tasseaux de bois qu'Arnold s'est fait un plaisir de couper aux dimensions indiquées et assemblé le tout avec une agrafeuse spéciale bricolage.

Résultat une cage de 50*70 cm que j'ai installé à proximité de la maison, selon une technique de piégeage(Cf. photo) préconisée par Claude. En guise d'appât du riz et des tomates avariées.

Bon j'avoue, j'ai eu quelques déboires avec la cage qui ne voulait pas tenir en équilibre sur sa béquille. Mais pour une fois je me suis armée de patience, ai consolidé maintes fois mon œuvre et hourra, 24h mêmes pas écoulées, le piège à fonctionné. Ce n'est pas une poule ou un coq qui ont été piégés par leur gourmandise, mais un couple. J'ai ameuté la population locale (mes hôtes et nos voisins du dessous) pour qu'ils admirent mes prises, ma cage…. trop fière de moi.

Raphaël qui avait tenté la méthode "j'essaye de les attraper en courant après" (ça ne marche pas avec des volatiles sauvages capables de voler) est venu armé d'un gourdin et d'une machette pour les tuer. Selon les explications données par Claude et d'autres personnes bien avisées, tuer une poule ou un coq est chose aisée. Au choix : leur tordre le cou, donner un coup derrière la tête ou la leur trancher avec la machette .

En fait, sans expérience nous avons eu un peu de mal et les pauvres bêtes ont eu le temps de se voir mourir. Promis la prochaine fois on sera plus expéditifs. Je pense que ma fille ainée, Juliette pour ne pas la nommer, va me maudire, voir me renier pour avoir participé à l'assassinat de ces pauvres animaux qui n'ont fait de mal à personne. Sache ma chère qu'ils sont ici considérés comme aussi nuisibles que les cafards dans tes placards.

Cette nuit nous avons merveilleusement dormi, le second coq qui vit sur le terrain ayant pris la poudre d'escampette.

méthode du gourdin pour la poule, machette pour le coq

Reste maintenant à les cuisiner .

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Le Week-end dernier nous étions une douzaine lors de la journée yoga-bien être qui s'est déroulée chez Marie-Hélène. Plume, notre prof de yoga était assistée de son ami David pour la partie repas et plantes bienfaitrices.

La veille du jour où j'ai failli être une salade de concombre, nous étions tous les 4 dans la cuisine pour préparer les agapes de cette journée mémorable. Au menu, il y avait un roulé aux Fafas (épinards locaux) de la crème de jeunes pousses germées, des galettes de graines, de la salade de papaye verte et mangue, des smoothies au lait de soja et en dessert du Poé... Les appareils ménagers de Marie-Hélène s'étant mis en grève de façon impromptue, j'ai passé une bonne partie de l'après midi à éplucher et râper manuellement tous ces fruits et légumes en y laissant une partie de mes doigts.

Le dimanche matin , les participantes et l'unique mec (Yves) en plus de David sont arrivés sous une pluie battante qui rythmera toute la journée en alternance avec le son des "bols chantants" et les "gong". une petite aparté : après mes 1ers posts sur "la pluie à Papetee", cette dernière est toujours présente malgré la saison (sèche) mais je m'y suis habituée et j'oublie d'y faire référence.

Bien sûr, Plume désigne les binômes de la journée et m'associe à Yves, la soixantaine ancien médecin belge à la retraite, vivant actuellement sur un voilier...Nous aurons toute la journée pour faire connaissance sous l'égide des ateliers préparés par Plume. Que personne ne se mette à divaguer mentalement sur cette rencontre purement amicale, le cher homme étant un tantinet précieux, vraiment trop précieux pour moi.

L'après-midi fut le moment le plus drôle de la journée, le matin étant plus centré sur le travail de nos émotions et l'identification de nos rêves afin de comprendre la loi de l'attraction : rien de ce qui nous arrive dans la vie n'est le fruit du hasard, ce sont nos pensées qui génèrent les situations bonnes ou mauvaises de notre quotidien.

Revenons donc à cet après-midi faite de soins du visage aux ingrédients naturels (yaourt, miel, sucre, huile, son...et concombre), massages et fou rires des participants (salutaires après une matinée riche en émotions).

                        David et Plume                                                                             Yves et le mass...

Le problème du masque au concombre, c'est que David Jardinier permaculteur les avait tranchés à grosses mailles, parfait pour ????une salade de concombre faite par un enfant de 5 ans, mais surement pas pour un masque apaisant. Les tranches, tellement lourdes ne sont jamais restées en place sur nos visages, générant chatouilles et franches rigolades bien loin du moment calme et relaxant prévu pour cet atelier. La maladresse de mon binôme à beaucoup fait rire l'assemblée et les massages qui devaient suivre les soins du visage ont été tout aussi hilarants .

Bref une bonne journée pour occuper un dimanche de pluie battante .

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Après mon séjour chez Marie-Hélène, retour à la "Cabane au paradis" pour prolonger mon expérience de woofeuse. Adieu le jardinage en intensif, bonjour la scierie.

Claude fait des farés traditionnels en bois à partir de grumes de pins coupées dans les forêts de Raïatea. En ce moment les commandes affluent , aussi toutes les bonnes volontés sont bienvenues à l'atelier. Comme il faut bien commencer par les tâches les plus simples, je passe donc une grande partie de mes matinées de woofeuse à poncer des tuiles de bois, qui serviront de toiture des farés en chantier. Il faut 3.800 tuiles pour chaque faré ! Les amis voileux de passage viennent parfois aider en échange d'un apéro, d'une connexion internet , du plein d'eau ou du lavage de leur linge.

D'abord, poncer ce n'est pas si simple que cela. La ponceuse est lourde pour moi qui suis surtout habituée a taper sur un clavier d'ordi à longueur de journée. Ensuite, la ponceuse que l'on m'a attribué à une fâcheuse tendance à déraper sur mes doigts malgré un gant de protection à la main droite (je suis gauchère) . Aussi les entailles sont de mise et la mer très salée où je vais plonger presque tous les après midi fait son œuvre de creusement…

Bon, ce n'est pas grave je vais juste gagner quelques cicatrices sur les mains, en revanche coté musculature je vais être au top à gauche. Un peu comme les tennismans qui ont un bras plus musclé que l'autre. A défaut de la pratiquer, j 'apprends aussi pas mal de vocabulaire mécanique, les outils (banc de sciage, tracteur, plaques de cuisson, four…) ayant ici la fâcheuse tendance à tomber régulièrement en panne.

Sinon la production du jardin donne à plein, nous vendons le surplus des tomates, haricots, aubergines et salades boostés grâce au paillage déposé par mes soins lors de ma 1ère campagne de jardinage à la cabane. On a même des ananas qui pointent leur nez alors que ce n'est absolument pas la saison. Je crois que je les ai trop bichonnés au prix de nombreuses égratignures sur les bras et les jambes.

Les Week-end c'est voile, moto ou musique avec les amis , bref peu de temps de répit. Néanmoins, lorsque j'ai la flemme d'aller nager les après-midi, je cuisine encore et toujours. En ce moment c'est confiture de bananes, caramboles et mangues, avec une touche de gingembre et curcuma fraichement cueillis au jardin. Des voisins bien intentionnés (pour m'aider à reprendre du poids, malmené par toutes ces activités physiques) nous ont offerts plusieurs régimes de bananes qui arrivent à maturité en même temps. J'ai aussi pu faire l'apprentissage de l'ouverture des noix de coco à la machette (ici on appelle cela un "couteau") au milieu des chats végétariens alléchés par l'odeur de ce fruit délicieux. Heureusement je n'ai tué personne et les 6 chats affamés de fruits et légumes (ils viennent même manger les haricots verts que je suis en train de faire cuire !) sont toujours là.

Catherine la chanteuse du groupe, Guy le batteur, Pierrot et bien sûr Raphael (Bernard  et Claude sont cachés). Au fond les groupi...
Travail à l'atelier  : Daniel, Claude et Françoise et moi
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Publié le 4 septembre 2019

Après Tahiti (184 000 habitants) et Papetee capitale de la Polynésie, Raiatéa (12 000 habitants) et Uturoa 2éme plus grande ville de l’archipel, me voici aux Marquises sur l’ile de Hiva Oa (2 100 habitants) à Atuona, plus grosse « ville » de lîle mais pour moi une minuscule bourgade aux habitudes surprenantes .

D’abord j’ai fait l’indicible erreur d’arriver un dimanche après une courte nuit de « sommeil » passée sur un banc de l’aéroport à Papetee pour cause de vol ultra matinal. Je débarque donc dans cette minuscule ville complètement déserte. Aucun habitant en vue et les rares magasins de la rue principale sont fermés. J’ai pris possession de mon bungalow communal réservé depuis la France (spartiate et lugubre on dirait ma chambre de cité U à Lyon, j’y ai déprimé pendant 1 an et pris 10Kgs). Quelle différence avec ma cabane au Paradis ! Quelques mètres carrés au confort réduit avec vue imprenable sur le bungalow des voisins.

En semaine la ville n’est guère plus animée, les habitants vaquent à leurs occupations de façon matinale comme partout en Polynésie et le soir à 18H ils sont tous à la messe dans une des multiples églises (catholique, protestant, mormon…) de la bourgade.

Bon le moral un peu dans les chaussettes, je fonce à « l’office du tourisme », pour obtenir des adresses, des bons plans en complément de celles présentes dans mon guide touristique. J’ai eu de la chance car ce lundi matin l’Aranui (bateau plein de touristes grisonnants faisant le tour des iles) vient d’accoster et l’office du tourisme est ouvert (depuis malgré des horaires élargis affichés sur la porte, celle-ci est restée close). La jeune femme présente, pourtant charmante n’avait aucun renseignement supplémentaire à me donner et surtout aucune information actualisée. Ces informations nécessaires à ma vie de touriste hyper active, je les ai glanées heureusement au fil de mes rencontres…

Mais mes « déboires » continuent puisque les personnes qui font profession du tourisme local sont pour la plupart à un salon hyper important à Papetee, ou alors manifestent une envie peu débordante de travailler.

A oui j’allais oublier, pour couronner le tout je n’ai pas de connexion internet dans ma location et le wifi payant ne fonctionne pas sur mon téléphone. Sans internet je me trouve fort démunie, comme encore plus coupée du monde et dire que la semaine prochaine je pars en bateau à Fatu Hiva (630 habitants), une île encore plus reculée du monde et plus déserte que celle où je réside en ce moment. Dire qu’au départ je l’avais choisie pour être en communion avec le nature et les traditions ancestrales des Marquisiens. J’espère que cela ne sera pas la communion avec le vide total.

Bref au final à Hiva Oa, j’ai visité un musée Gauguin empli de copies de ses tableaux, exécutées et offertes par des peintres locaux…un espace Brel assez succinct, un cimetière où sont entreposées ces 2 illustres personnes, une rando pédestre repoussée à plus tard par ce que le patron avait mieux à faire, une rando équestre, une sortie plongée en attente du bon vouloir du chef qui préfère s’adonner à ses répétitions de danse en vue du festival des Marquises qui aura lieu à Ua Pou en décembre.

Heureusement j’ai sympathisé avec mes charmants voisins de bungalow et nous faisons des sorties /visites de l’ile en VTT électrique (ouf j’ai pu en louer un).

Bon le tableau n’est pas si noir, puisque j’ai rencontré des artisans passionnés par leur art et ayant envie de le partager, un jardinier maraicher bio adorable et tatoué, des marquisiens souriants et serviables pour peu que l’on fasse l’effort de les aborder avec le sourire malgré leur physique quelque peu patibulaire et donc peu engageant.

Post fait dans le noir à la lumière de ma frontale, devant la poste d'Atuona, je viens de réussir à connecter mon ordinateur à internet !!!

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Je voulais finir mon séjour à Hiva Oa en beauté par une journée de plongée avec raies, tortues et poissons multicolores ainsi que la découverte d’une petite île (Tahuata) qui possède de jolies plages de sable blanc, ce qui est très rare aux Marquises. Résultat j’ai attendu presque une heure la personne qui devait m’emmener au bateau de plongée, prestataire qui n’a pas d’ailleurs daigné répondre à mes appels téléphoniques ni à mes SMS ….D’où mon ptit coup de déprime pour un lapin alors que la quinzaine sur Hiva Oa s’était presque parfaitement déroulée, c’est-à-dire à un rythme Marquisien.


Le rythme Marquisien c’est :

Se réveiller avant l’aube vers 4h au chant des coqs du village, dont la rumeur s’amplifie avec le levé du jour. Si ce n’est pas les coqs qui me réveillent, c’est l’un des nombreux travailleurs embauchés par la mairie pour rénover tout le quartier en vue de la visite « d’huiles » attendus la semaine prochaine. Puis se lever pour acheter du pain frais vers 5h 30, y aller à pied alors que tout le village se rend à la « boulangerie » en Pick-up et me fait des signes de bonjour amusés en voyant me voyant levée si tôt et non véhiculée. Ensuite vers 6H prendre un bon petit déjeuner sur ma « terrasse » face au mont Témetiu (1 200 m). Nourrir les gallinacés qui habitent sur mon coin de pelouse et s’attendrir devant leur familiarité alors qu’ils m’ont réveillé à une heure pas catholique.

Sur cette ile, les marquisiens sont amoureux de leur voiture (Pick-up obligatoire). Elle doit être énorme parfois au prix d’un habitat sommaire construit en tôles branlantes. Le moindre déplacement se fait en voiture. Ainsi, le marché du dimanche matin ne ressemble nullement aux nôtres. Il s’agit d’un alignement de Pick-up dans lesquels chacun présente sa marchandise. Ici à part le poisson jute pêché point de produits « frais », uniquement des plats préparés bien gras et sucrés. La vente de légumes se fait directement au Faapu (potager) ou au cul du Pick-up lorsque l’envie leur en prend, c’est-à-dire n’importe quel jour de la semaine mais surtout pas le dimanche matin jour officiel de marché. Ces légumes frais sont d’ailleurs très chers, je comprends que les marquisiens préfèrent acheter au marché des donuts par sacs entiers, brioches pains à un prix dérisoire…

Sur cette île, il faut accepter d’adapter son programme touristique en fonction d’imprévus. Par exemple ma prochaine destination aux Marquises c’est Fatu Hiva. Une île uniquement accessible en bateau, avec une rotation bi-hebdomadaire. Pour ceux que cela intéresse le bateau part le mardi à 2h du matin !!! et le vendredi à 6h. Dès mon arrivée, je me suis rendue au bureau des réservations, sur recommandation d’un artisan et pas sur conseil de l’office du tourisme, qui n’en donne pas... On m’annonce alors que le bateau de 45 places est complet à l’aller et au retour de prévus pour mon séjour sur l’île. Pas de chance la délégation d’huiles locales pour lesquelles on rénove le village d’Atuona à grands frais depuis 15 jours, a décidé de séjourner à Fatu Hiva pile sur les dates réservées pour ma chambre d’hôte dès le mois de janvier … Si j’ai pu avancer ma date d’arrivée sur l’île, par contre le retour est conditionné par mon avion en partance pour une autre destination (Ua Pou) et non modifiable. Et bien je renterais en « Bonitier ». Il s’agit de petits bateaux de pêche dans lesquels les pêcheurs acceptent, moyennant une somme non modique de prendre à leur bord des touristes en perdition. Apparemment cela risque d’être sportif, donc encore une « aventure » à raconter. Heureusement je ne suis pas malade en mer.

vélo, rando par tous les temps mais avec le sourire

Sinon je garderai de cette île le souvenir d’une nature exubérante au sud et assez sèche au nord. Des animaux « sauvages » rencontrés issus de nos basse-cours ayant repris leur liberté depuis des décennies. Des poules et des coqs à foison, qui ont l’art de débouler devant le vélo alors que je suis lancée à pleine vitesse dans une descente aux virages serrés. Des chèvres qui se prennent pour des bouquetins et qui dévalent les pentes empierrées à une vitesse incroyable. Des chevaux placides et des cochons curieux voire affectueux.

Noel le sculpteur                                                                                                Paco ouvrant le c

Je garderai également le souvenir de toutes les personnes « rencontrées » : Suzanne et Edwin Fii qui m’ont accueilli chez eux une journée entière pour me montrer leur art (flutes nasales pour elle et gravure sur os pour lui), celui de Paco l’ancien légionnaire à la retraite, conteur d’histoires de nature et d’aventures qui m’a fait randonner à pied avec le coupe-coupe et à cheval sur les chemins à peine tracés de l’île. Christiane obèse et bavarde et son mari Félix petit et maigre dont j’ai pu arpenter leur immense potager bio et qui m’ont offert quelques graines et du temps. Jonathan, guide français né sur l’île dont il est passionné et qui me doit 100 francs car j’ai trouvé le « tiki souriant » (grâce à des amis) caché dans la forêt et soi-disant introuvable. Noel le sculpteur qui a choisi de faire ce métier pour travailler le moins possible et vit heureux dans sa masure sous le cimetière où sont enterrés jacques Brel et Gaugin (emplacement stratégique puisque tous les touristes s’y rendent et passent donc devant son atelier). Et bien toutes les autres personne ayant accepté de me voir débarquer chez eux avec bienveillance afin que je puisse soulager ma curiosité, ma soif de contacts et de bavardages.

Demain c’est vendredi et je pars à l’aube pour Fatu Hiva.

Rando à cheval avec Paco                                                                                                      Suza
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Publié le 16 septembre 2019

Vendredi à l'aube, embarquement pour 4 heures de mer calme direction l'île de Fatu Hiva située à 75 Km au sud de Hiva Oa où j'ai passé les quinze premiers jours de mon périple aux Marquises.

J'ai été accueillie chaleureusement par mes hôtes Lionel et Bernadette Cantois, couple franco-marquisien qui vit sur l'ile depuis plus de 40 ans. Bernadette m'a remis mon 1er collier de fleurs fraiches à la descente du bateau (Fleurs de tiaré, Ylang-ylang et menthe fraiche). Il embaume maintenant la chambre que j'occupe dans leur maison située à la lisière de la forêt en bordure d'une belle rivière, dans laquelle je me baigne quotidiennement .

Embarquement pour Fatu Hiva

Dire que la semaine dernière j'appréhendais mon séjour d'une semaine sur cette île de 630 habitants, composée de 2 villages de taille similaire. Omoa, où je réside et Hanavavè, appelé aussi la baie de vierges (ancienne baie des verges en raison de pitons rocheux suggestifs à son entrée). J'avais peur de m'ennuier dans le village où à part une église, une école , une boulangerie qui fait le pain 3 fois par semaine et un commerce de "tout" il n'y a "rien" d'autre . En raison de l'absence d'aéroport et avec une liaison maritime irrégulière, l'île est peu fréquentée par les touristes. j'étais d'ailleurs la seule touriste sur le bateau empli de collégiens et lycéens pensionnaires à Hiva Oa qui rentraient pour les vacances scolaires dans leurs familles (l'école reprend ici mi aout aussi c'est maintenant les vacances de la "toussaint").

A peine installée, je décide de me promener dans le village désert (une longue rue arborée de 1,5Km qui va du quai à la forêt) pour estimer mes chances de survie dans cet environnement dépourvu de toute structure touristique. J'ai rapidement rencontré 2 charmants jeunes hommes qui m'ont invité à monter sur leur bateau pour les accompagner à Hanavavé chercher leurs cousines et me permettre ainsi de découvrir l'île depuis la mer ainsi que la fameuse baie des vierges.

mon nouveau chez moi  en bord de rivière
Balade vers Hanavavé

A ma descente du bateau c'est Didier, le pêcheur, sculpteur…(tous les habitants de l'île font plusieurs métiers) qui m'interpelle et m'invite à aller visiter son atelier de sculpture en haut de la colline. Là haut je rencontrerai l'homme au visage tatoué au nom imprononçable (Nahuiotiu) et au cœur d'or. Il fabrique des Youkoulélé ce qui lui permet de "passer le temps" et je l'apprendrait plus tard fait également de la musique avec un boys- band de gueules cassées.

Je laisse mes nouveaux amis et en chemin demande à une passante (il n'y en avait pas d'autre) où pourrai -je acheter des bananes séchées, une spécialité des Marquises, un régal pour les becs sucrés et de l'or pour les végétariens. C'est ainsi que je vais rencontrer Henriette, une adorable mamie qui m'a comté l'art et la manière de réaliser cette gourmandise à partir d'une multitude de variétés de bananes, chacune ayant des caractéristiques propres. J'ai également pu visiter son Faapu et suis repartie les bras chargés de paquets de bananes achetés et offerts ainsi que de légumes, de fruits et la promesse de se revoir cette semaine lors de la mise en bouteille du monoï qu'elle fabrique (plusieurs mois de macération au soleil de l'huile de coco et des fleurs).

Henriette et ses bananes en cours de séchage au soleil

Cela fait maintenant 3 jours que je suis arrivée à Fatu Hiva et chaque journée est riche de rencontres avec les habitants ravis que je les sollicite pour me montrer et raconter leur vie quotidienne, leur parcours. En échange je leur explique pourquoi je suis là, seule sur cette île au bout du monde à leur poser mille questions sur leurs habitudes de vie, si lointaines de mon quotidien Lyonnais fait de bouchons, stress et Cie. Beaucoup compatissent et n'imaginent pas comment il est possible de supporter une vie de travail dans un bureau fermé derrière un ordinateur, d'ailleurs nombre d'entre eux après un séjour à la capitale, Papetee, sont revenus sur leur île afin de retrouver la vraie vie en contact avec la nature si généreuse ici. Ce ne sont cependant pas des "sauvages", tous ont internet et un téléphone portable.

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La semaine passée à Fatu Hiva aura été riche de rencontres émouvantes avec les habitants du village de Omoa. Je vais essayer de vous faire un portrait (dans l'ordre chrono) de ceux qui ont le plus marqué ce séjour.

J'ai d'abord rencontré Louis au détour d'une randonnée en forêt, ce fan de foot père de nombreux enfants leur a donné comme prénoms celui de ses équipes favorites. Ainsi il m'a présenté son jeune fils "Arsenal" et une de ses filles "Chelsie". N'étant pas moi même fan de foot j'espère que l'orthographe est bonne. A par le foot, Louis aime passionnément sa plantation de vanille sur tuteur naturel "faux caféier". Il m'a montré comment "marier" une fleur, amender le sol, attacher les lianes….Louis c'est aussi "Ughi les bon tuyaux" qui m'a donner une liste impressionnante de personnes à visiter pour satisfaire ma soif de rencontres avec les gens du village qui perpétuent les traditions ancestrales.

Louis marie une vanille

J'ai ensuite passé une matinée dans la forêt (ici aussi tout le monde dit la brousse) avec Gildas et Raphaël 2 amis inséparables, qui partaient confectionner un piège à cochon en bois de "Bourao" (Hibiscus géant). Le principe est le même que mon piège à coqs, mais d'une taille et d'un poids sans commune mesure. Ils m'ont conté les joies de leur vie et les moins bons moments qu'ils considèrent comme une fatalité à laquelle on attache peu d'importance. Ce qui compte c'est l'instant présent et la satisfaction de passer un agréable moment ensemble.

Raphael et Gildas

C'est au tour de Marjolaine renommée dans tout le village pour ses poissons séchés au soleil et fumés à la bourre de coco. Cela leur donne un gout délicieux alors que ce fumage est réalisé à l'origine, uniquement pour éloigner les mouches.

Marjolaine et son poisson

Il y a encore Yvonne qui tape à longueur de journée le "tapas" dont le bruit sec et mat retenti aux alentours. Cette femme plantureuse ayant dépassé la soixantaine va me consacrer une partie de son après-midi pour m'expliquer son travail et surtout me parler d'elle. Elle a eu une vie assez tragique, puisque lors d'un voyage en France pour voir ses enfants, elle à perdu son époux après plusieurs mois de coma puis de soins intensifs. Cette vie est éclairée depuis peu par l'amour d'un homme beaucoup plus jeune, ce qui la rend heureuse mais la laisse totalement incrédule.

Yvonne installée confortablement pour "taper" et ne pas être piquée par les moustiques

Durant le Week-end j'ai été invitée à un "bœuf" entre amis. Ils étaient 7 copains aux gueules cassées à jouer de la musique polynésienne sur des guitares ou Youkoulélé en chantant et buvant moult bières locales et piquette servie au bol. J'ai également découvert un instrument de musique intéressant, il s'agit d'un bouteille de bière avec 2 cuillères à l'intérieur. Il faut secouer la bouteille et attraper les cuillères afin qu'elles s'entrechoquent en rythme. Même cet instrument simplissime résistera à ma tentative d'en jouer qui ne restera pas dans les annales locales.

Les copain d'abord

C'est aussi une matinée en forêt avec Marie ornithologue et Roberto le président de la société ornithologique de Polynésie "manu" (oiseau en polynésien) qui œuvre pour la protection des oiseaux sauvages de Tahiti et ses îles. Nous avons observé le monarque, oiseau endémique de Fatu hiva dont il ne reste plus que 25 spécimens en raison de l'introduction de prédateurs par l'homme (rats et chats). Maria était intarissable sur les meurs quelques peu volages des 5 couples qui subsistent. RDV est pris avec Roberto pour que je participe à la prochaine action de sauvegarde qui aura lieu sur mon île Raïatea.

Maria, Roberto , moi et un Monarque

Ou encore, une balade à cheval organisée par Piu un des musiciens du WE, célibataire d'un abord timide, mais adorable. Il m'a organisé un après midi tranquille autour de sa jument "dimanche" dont je ne me souviens plus du vrai nom en marquisien, alors que je pensais l'accompagner à son travail dans la cocoteraie. Piu m'a fait partager les moments de complicité qu'il a avec sa jument, dont le bain quotidien dans la rivière aux chevrettes. Ce n'est pas pour lui seulement un animal "instrument" de travail mais un vrai compagnon auquel il porte une grande affection, même si c'est tout en retenue pour ce timide qui se révélera très loquace en tète à tête.

Piu et sa jument "Dimanche"

Il manque plein de moments que je n'ai pas pu immortaliser avec mon appareil, dont la mémorable pèche à la chevrette (crevette d'eau douce) avec Hervé le fils de Lionel et Bernadette, mes Hôtes. Une heure passée à la nuit tombée, dans l'eau fraiche de la rivière voisine, frontale au front et harpon au bras. La récolte a été bonne avec un ratio de 10/100 : 10 pour moi et 100 pour Hervé. Le lendemain, Bernadette excellente cuisinière nous à régalé avec les chevrettes au lait de coco et j'étais hyper fière d'avoir participé à leur capture.

Aujourd'hui c 'est mon dernier jour sur l'île, le programme de la journée est bien rempli (rando avec Lionel et spectacle de danse) et pourtant mon cœur se serre à l'idée de partir. En fin d'après-midi j'ai fait un dernier tour au village pour remercier Yvonne, Henriette, Piu, l'homme au visage tatoué…. et je suis rentrée les bras chargés de cadeaux et de fleurs. Ce soir tout le village sera au spectacle de danse, je crois que je vais verser des larmes, pourtant j'ai déjà annoncé à tous que je reviendrai bientôt.

J'ai promis de mettre le collier demain pour la traversée- Adorables Lionel et Bernadette
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Publié le 30 septembre 2019

Pas facile d’accéder à cette île qui dispose pourtant d’un aéroport, mais dont la réputation de la piste d’atterrissage est telle (courte et ventée) qu’elle rebute plus d’un touriste voire d’un marquisien qui préfèrent arriver en bateau. C’est donc en Twin-otter, petit avion d’une douzaine de places, avec au moins 4 heures de retard et donc d’attente dans « l’aéroport » d’Hiva Oa (les aérodromes français ont souvent une taille supérieure) que j’ai posé un pied sur cette île dont les guides touristiques ne vantent pas la caractéristique qui m’a sauté aux yeux. Cette île est un repère de Rérés (hommes-femmes) toutes plus charmantes les unes que les autres et qui m’ont fait passer un séjour délicieux sur cette île confetti.


Le Twin-otter

J’ai été accueillie par Dany qui tient une » pension de famille » sur une plage de galets et de vagues accessible uniquement en 4x4. Magnifique plage sur laquelle paissent tranquillement vaches et chevaux. Depuis mon bungalow, je peux admirer sans sortir de mon lit, le lever de soleil sur l’océan Pacifique. Le soir à la tombée du jour, si Dany ne m’emmène pas me « distraire » au village, je vais admirer le coucher de soleil au-dessus des montagnes en « pain de sucre » et remplir mes poumons d’iode vivifiante. Cette semaine je suis la seule touriste à la pension et Dany a été aux petits soins pour moi. Il a tout mis en œuvre pour me trouver des activités selon mes goûts afin de remplir mes journées.

Dany est précieux(se) et assez peureux. Sa hantise, ce sont les « vaches volantes ». Il a barricadé sa pension derrière une barrière faite de bric et de broc afin que les vaches du voisin ne viennent pas brouter sa pelouse et faire leurs besoins auprès des farés dans lesquels il loge ses invités.

Dany cuisine divinement les produits locaux mais mange de façon beaucoup moins raffinée… et a un appétit d’ogre ce qui contraste quelque peu avec le mien. Au fil des jours j’ai réussi à lui faire diminuer le nombre de plats qu’il me sert car j’ai horreur de gâcher la nourriture et ici point de chats affamés pour terminer les plats auxquels j’ai à peine touché.

Dès le jour de mon arrivée, Dany m’a fait faire le tour du village et présentée à toutes ses connaissances. C’est-à-dire, le postier, l’adjointe au maire, le libraire et tous les commerçants… Maintenant lorsque je me promène à Hakahau à la recherche d’une connexion internet, chacun me hèle par mon prénom. Ici pour tous je suis Anne la pensionnaire de Dany. Aussi, il m’a été difficile de résister à tant d’amabilité et j’ai fait des achats chez presque chaque commerçant (collier de perles, robe marquisienne sur mesure...). Heureusement le village est très petit.


Ma "copine" du restaurant du village et Dany

Grâce à Dany j’ai fait la connaissance d’labelle qui a créé avec son mari une entreprise de collecte et de transformation du Noni. Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de cet arbre que chaque Polynésien a dans son jardin. Il a de grandes feuilles vertes luisantes et produit un fruit vert en forme de pomme de pin au goût d’abord amer. En murissant le fruit devient jaune et lorsqu’il est à point blanc. Il prend alors une odeur et une saveur de roquefort dont la DLC serait dépassée. Selon les Polynésiens, ce fruit serait paré de milles vertus bénéfiques pour la santé. Isabelle m’a fait gouter la 1ère extraction du jus de ses Nonis obtenue après 3 mois de macération en fut. Le liquide obtenu à une belle couleur ambrée mais une odeur et un goût toujours aussi prononcé de roquefort. Ce « nectar » laisse en plus dans la bouche un arrière-goût de vin mal vieilli. Dany quant à lui, prépare son jus de Noni macéré au soleil pendant une semaine et me le sert frais au petit déjeuner. Je me suis habituée à cette boisson vivifiante et je vais surement en préparer pour ma consommation personnelle dès mon retour à Raiatéa. J’espère faire des adeptes à la cabane.

Isabelle et des Nonis

Cet après-midi, sur la terrasse de mon faré je teste le Noni en masque de beauté. Le fruit a été choisi avec soin par Dany. J’ai enduit mon visage de pulpe odorante et attend le miracle annoncé (une peau de bébé) en rédigeant cet article. Point déjà positif je ne suis pas embêtée par les moustiques.


Outre mes visites au village, j’ai traversé l’ile à pied avec Vaille, un Réré qui travaille pour Dany. La rando devait se faire avec Brie, mais celle-ci est tombée malade, la raison donnée par son employeur Dany est surprenante pour moi qui vient du monde feutré de la banque : Brie est malade parce qu’elle s’est fait défoncer le minou !

Qu’à cela ne tienne, je pars avec Vaille qui est chaussée de tongues. Avec mes chaussures de rando j’aurais du mal à suivre son allure sur les cailloux glissants. Mémorable, journée de » rando fou rires » avec Vaille qui pousse des cris aigus chaque fois qu’elle aperçoit un point de vue ou lorsqu’elle me raconte une anecdote sur la vie de Dany. A force de ricaner, nous nous sommes perdues et la pluie fait son apparition. Finalement le chemin du restaurant où nous attend Dany depuis fort longtemps est retrouvé. Vaille trouveras aussi le moyen de se mettre sur son 31 avant l’arrivée au restaurant (robe, ceinture et maquillage). Pour ma part c’est crottée de boue et en sueur que je vais déjeuner chez Ti Piero à l’accueil chaleureux et tonitruant et la cuisine succulente.


Vaille en tenue de randonnée et au resto, vaille en tenue chic

Lors de cette rando nous avons fait un détour pour rendre visite à Manfred le chocolatier. Manfred est un allemand marié à une marquisienne, installé depuis une éternité sur son bout de montagne dans la vallée de Hakahetau. Ce séducteur écologiste de 66 ans, à tout mis en œuvre pour répondre à mes questions sur la production de cacaoyers, par contre rien n’a filtré sur sa recette du chocolat qu’il confectionne avec art. Il m’a fait goûter nombre de carrés délicieux et bouchées chocolatées à partager avec la personne de son cœur pour s’en assurer une flamme amoureuse partagée. Je suis repartie de chez Manfred avec 2,5Kgs de tablettes et bouchées diverses conquise par le chocolatier, la saveur de ses produits et l’envie de faire partager ces douceurs avec les personnes que j’aime.


Manfred et moi avec mon seau rempli de chocolats

J’ai terminé la semaine par une promenade à cheval avec Chanel et une rando sportive avec Julio.

Juste quelques mots sur ma mémorable promenade à cheval. J’ai hérité d’un étalon qui n’avait que deux envies : se rouler dans le sable et conquérir les juments rencontrées en chemin ou braver les autres équidés de sexe masculin. Entre ces phases d’excitation soudaine il avait un pas d’une lenteur accablante. J’ai donc dû m’éjecter de ma monture à plusieurs reprises pour ne pas finir écrasée sous le poids de la bête ou recevoir un coup de sabot. La dernière fois c’était dans l’océan, vous voyez ces superbes images de chevaux qui marchent dans l’eau sur une plage de sable blanc déserte. Et bien la notre de plage était infestée de moustiques (des nonos) et mon étalon a bien failli me noyer en voulant se débarrasser des insectes piqueurs . Bref j’ai fini la promenade trempée en demandant à mon guide d’éviter désormais le sable.


Rando pain de sucre et équitation
mon faré chez Dany

C'est déjà la fin de mon séjour à Oa Pou. Bye bye Dany et bonjour Nuku Hiva pour ma dernière semaine de vacances aux Marquises.

Coucher de soleil sur la plage
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J’ai quitté Oa Pou en Twin-otter, les larmes aux yeux d’avoir laissé derrière moi la charmante compagnie de Dany.

Aussi quelle a été ma déconvenue lorsque Coco mon taxi à Nuku Hiva m’a laissé chez Raïna, une pension réservée sur RbnB. Changement de décor. J’avais certes choisi pour ma dernière semaine aux Marquises de vivre chez l’habitant, mais compte tenu du prix payé je ne m’attendais absolument pas à ce niveau de délabrement. Placards moisis, douche et wc communs peu recommandables et pour couronner le tout, Raïna au demeurant charmante, vit entourée de ses nombreux chiens et chats, les lieux dégagent donc une forte odeur d’animal humide. Beurk .

C’en était trop, impossible pour moi de passer une semaine ici. J’ai donc rappelé Coco le taxi qui m’avait confié pendant le trajet qu’il venait d’ouvrir une pension. J’ai refait ma valise et déménagé.

A part cette déconvenue, due aux photos trompeuses de Rbnb, cette semaine à Nuku Hiva s’est merveilleusement bien passée. Elle a été faite de rencontres avec des sculpteurs locaux renommés pour leur art, Edgar puis Damien ou pour leur mode de vie à la cool Damas et Augustin. Tous, malgré leurs prénoms sont d’authentiques marquisiens.

Les sculpteurs Damien, Damas et Augustin, Edgar

Il y a eu également, une matinée équestre avec Antoine et Lola, éleveurs de bœufs et chevaux qui de temps en temps viennent Taiohae promener les touristes. Ma monture était équipée « local », c’est-à-dire avec une selle en bois sur laquelle avait été jeté une couverture pour le confort de mon postérieur, des mords en corde et un relève queue en tuyau d’arrosage. Antoine et Lola sont réputés dans le village pour leur bonne humeur communicative naturelle. Bonne humeur également aidée par « dame nature ». Avec eux, j’ai passé des heures inoubliables en forêt parmi les arbres et les vestiges et j’ai pu rencontrer les habitants de la prison de Nuku Hiva….

Antoine et Lola

Dans cette prison, les 5 prisonniers ne sont enfermés que la nuit. La journée ils s’affairent à l’arrière du bâtiment, dans le potager ou à l’atelier à ciel ouvert. Pendant qu’Antoine donnait des soins à un poulain blessé, j’ai pu discuter tranquillement eux sur la manière de fabriquer des étuis à couteau en peau de bœuf.


Les prisonniers de Nuku Hiva

J’ai aussi visité l’île de Nuku Hiva en 4X4 pour les sites éloignés, en bateau pour ceux inaccessibles et surtout et encore en chaussures de rando. L’ile est très arrosée (un petit ou gros coup de pluie quotidien)dispose de « zones climatiques différentes. La végétation est tropicale près de l’océan avec des plages de sable blanc ou noir. Sur le plateau de Tovii on change de décor pour la montagne brumeuse peuplée de chevaux, vaches et cochons en liberté qui vivent tranquillement au milieu des prairies ou des pins. A «Terre déserte » la terre rouge et une végétation rase s’entremêlent.

Rando coup de cœur pour la vallée des rois (Hakahui) en compagnie de Maria et Maé couple de marquisiens qui nous ont accompagné tout au long de la journée pour une balade et un déjeuner dans cette magnifique vallée. Nous avons été reçu chez eux comme des membres de leur famille. Le retour en bateau de fin de journée a été illuminé par le ballet des raies Mantas. Des dizaines de danseuses noires et blanches ont offert leur spectacle autour de l’embarcation.

Enfin un mot sur Coco et Félicité qui m’ont gentiment reçu chez eux au débotté. Comme beaucoup de marquisiens, c’est une famille très croyante. j’ai eu droit à la prière avant chaque repas. Je les ai choqués en faisant le signe de croix de la main gauche (je suis gauchère) et en oubliant souvent d’attendre la bénédiction du chef de famille avant de commencer à manger (après une journée de rando j’ai les crocs). Pour me faire « pardonner » je suis allée à la messe à la cathédrale avec eux dimanche matin juste avant mon départ.


Coco et moi à l'aéroport

Après 5 semaines de fabuleux voyage aux Marquises c’est le grand jour, je rentre à Raiatéa retrouver ma cabane au paradis et ses occupants. Commencer une nouvelle vie remplie de projets autour du potager à agrandir, du verger à créer, des amis et du bateau pour découvrir les centaines d'îles de la Polynésie.