Par mounie
De Chobe à l'Okavango, voyage en self-drive au Botswana.
Août 2019
13 jours
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Un an que nous avons effectué toutes les réservations grâce à une agence locale. Il faut s'y prendre en avance et garder patience pour espérer voyager en self-drive et dormir dans les parcs du Botswana car les places de camping sont peu nombreuses. Mais le jour J est enfin là et nous arrivons en début d'après-midi à Kasane. Briefing de deux heures à l'aéroport puis nous sommes désormais en possession de celle qui sera notre maison sur roues pendant deux semaines. Quelques courses en ville et direction notre guest-house pour ce soir à Kazungula.

Vues depuis l'avion 
Le petit bolide 

Après une bonne nuit de repos c'est parti pour nos premiers jours de self-drive dans le parc Chobe! Grâce à la rivière les animaux sont nombreux, notamment les troupeaux d'éléphants et nous rencontrons de nombreuses espèces : girafes, hippos, koudous, zèbres, impalas, cobes à croissant, mangoustes...sans compter les oiseaux (rolliers, marabouts, aigrettes). Sillonner ce parc est un véritable plaisir et pour l'instant la conduite du véhicule se fait aisément.

La faune variée du parc Chobe 
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Première soirée au camp d'Ihaha. Notre emplacement est le dernier, avec une vue très dégagée sur la rivière, c'est génial. Le camp est très calme d'autant plus que les emplacements avant le nôtre sont vides et le resteront cette nuit. On monte la tente de toit pour la première fois, super, c'est très facile. Petit plat cuisiné rapidement ainsi que la salade pour le lendemain. Enfin un moment de repos en contemplant le coucher de soleil. Puis il faut songer à manger tant qu'il reste un peu de luminosité et finalement la journée a été longue donc nous nous couchons très tôt une fois l'obscurité tombée. Et c'est là que les bruits commencent...On jurerait que quelque chose gratte sur la toile de tente...mais pas question d'entrouvrir pour regarder. On laisse vite son imagination déborder dans ces cas-là...Mais nous finirons par conclure que c'est le vent (en riant un peu jaune tout de même 😀) avant de nous endormir. Notre sommeil sera bercé par le doux bruit des hippopotames et autres sons qui entraînent un réveil en sursaut. Pourtant au bout de quelques heures on se sent vraiment en sécurité dans cette tente. Même les bruits des lions au loin certaines nuits ne nous perturberont plus.


Petit déjeuner rapide et c'est reparti sur les pistes. Ce jour-là nous aurons la chance de côtoyer des éléphants de près, de déjeuner à l'aire de pique-nique en surveillant les alentours mais surtout de voir nos premiers lions! Et il faudra en profiter parce que malheureusement le Botswana ne sera pas généreux en félins et prédateurs avec nous 😦

Quelques rencontres matinales 

Si les herbivores s'agitent un peu ce n'est pas le cas de nos lions qui auront à peine bougé quand nous repasserons l'après-midi. Leur principale motivation semble de se mettre à l'ombre pour finir la sieste.

Dans l'après-midi nous rencontrerons aussi l'antilope rouanne mais elle est peu motivée pour se laisser prendre en photo. Heureusement les impalas et les éléphant sont plus coopératifs. Quant aux hippopotames rien ne les dérange. Tout cela sous l’œil impassible du vautour.

Deuxième nuit au camping, nous sommes beaucoup plus sereins. C'est déjà la routine! Même si au moment de faire la vaisselle le matin je me sens étrangement observée. Il suffit de lever la tête pour se rendre compte que des vervets curieux me regardent, espérant certainement que je laisse de la nourriture. Mais non, rien pour la faune sauvage! Dernière matinée et nous sortons du parc.

Nous avons tout de même la chance de croiser un puku
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Nous pouvons facilement faire des courses à Kasane, il y a plusieurs supermarchés et ils sont bien fournis. L'après-midi nous avons rendez-vous pour une croisière sur la rivière. Les bateaux sont nombreux et certains sont immenses mais nous avons opté pour un petit modèle de bateau à moteur. Nous sommes six à bord avec notre pilote et guide. C'est un point de vue nouveau pour aborder les animaux. Notre guide nous donne beaucoup d'informations sur les animaux (comme l'histoire de deux gros buffles mâles désormais retraités et qui vivent en marge du troupeau ou le récit de l'île entre le Botswana et la Namibie, désormais territoire botswanais. La navigation dure jusqu'au coucher su soleil, moment où chaque guide cherche le meilleur point de vue pour permettre les photographies.

C'est vraiment un très bon moment, qui secoue un peu moins que la voiture et permet à tout le monde de contempler la variété de la faune de ce superbe parc.

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Après une nuit en guest-house, c'est parti pour une longue journée de route, environ six heures, avant de rejoindre la ville de Maun (en n'oubliant pas de faire le plein à Nata). Le bord des routes permet encore de réaliser un safari car les éléphants, phacochères ou autruches sont souvent visibles. Mais ils sont ensuite remplacés par les chèvres, vaches ou ânes aux abords des villes et villages. Les vaches de Maun sont d'ailleurs très disciplinées et attendent le feu vert pour traverser!

A Maun nous aurions dû dormir dans un hôtel avec vue sur la rivière...Malheureusement la sécheresse fait rage et il n'y a plus que de très petites flaques dans lesquelles des vaches viennent se désaltérer. C'est le même constat de sécheresse que nous ferons en arrivant dans le parc de Moremi. Le célèbre Delta de l'Okavango tant attendu!

Durant notre traversée pour rejoindre notre camp de Thrid Bridge nous faisons d'abord peu de rencontres. Le sud du parc très sec n'est pas propice à la vie sauvage en ce moment.

Sur la route de Third Bridge 

Pas de problème lors de l'arrive à Third Bridge, le pont est presque inutile finalement puisqu'il n'y a pas d'eau à traverses. Les emplacements un peu plus resserrés ici qu'à Ihaha et cette fois-ci nous avons des voisins. d'ailleurs pourquoi sifflent-ils et font-ils du bruit pendant que Petit Chéri prend les singes en photo? Oh mince! Une mère éléphant et son petit approchent et s'apprêtent à traverser le camping vers notre emplacmeent. Heureusement ce sont des géants très paisibles et il suffit de leur céder le passage.

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Nous disposons de deux jours pleins pour explorer Moremi. Il est prévu que nous passions une nuit au camp de Xakanaka et la suivante à Khwaï. Effectivement les animaux sont plus nombreux dans ce secteur même si malgré nos recherches les félins continuer à nous éviter. Et ce n'est pas faute de se lever à l'aube ou de lire les tableaux avec les vues à l'arrivée dans les campings. Nous apprendrons même qu'un lion a été vu par nos voisins lors de notre nuit à Khwaï mais nous étions déjà couchés (forcément à force nous lever avant le soleil pour partir en safari le plus tôt possible le soir on ne tient pas longtemps!) Pourtant à ce moment nous ne dormions surement pas car des babouins avaient colonisé le camping et décidé de faire le plus de grabuge possible avec les différents objets trouvés dans ce qui semblait être d'anciens sanitaires ou local d'entretien. Le mâle dominant s'était tranquillement installé sur le toit et faisait clairement régner sa loi.

Nous étions plus tranquilles la veille à Xakanaka (camp vers lequel un léopard a été observé ce jour-là mais nous avons seulement vu un grosse trace de patte de félin dans la terre vers notre emplacement). En revanche, même s'il n'y avait plus d'eau pour se doucher ou laver la vaisselle, nous avons beaucoup apprécié ce lieu avec notre tente tournée vers l'eau de l'Okavango et les hautes herbes.

Les red Lechwe, de très belles antilopes 

Nous avons beaucoup aimé passer de longs moments d'observation aux points d'eau. Hippo pools est un bon endroit pour manger le midi même s'il y a un peu de monde aux plateformes d'observation. Un gros coup de cœur pour Paradise pools où nous avons pu rester assister au lever de soleil en petit-déjeunant tranquillement dans notre voiture, complètement seuls. C'est aussi en partant aux aurores que nous avons rencontré un hippopotame en plein sprint qui nous a coupé la route pour rejoindre l'eau (il était tellement déterminé qu'il n'a peut-être même pas vu la voiture arriver sur la route). Qui aurait cru qu'il pourrait aller si vite avec des pattes aussi petites pour une telle corpulence 😀)

Variété de la faune, aperçu des campements et zone de pique-nique 
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La traversée entre Khwaï et le sud du parc est assez monotone. Pour moi Moremi était un peu le clou du voyage et nous quittons le parc à regret. Nous aurions bien aimé y passer une nuit de plus et avoir encore une chance de pouvoir croiser des prédateurs. D'autant plus que nous avions prévu un activité en bateau dans le delta le lendemain mais la sécheresse rendant l'activité impossible nous devrons nous contenter d'un tour en voiture dans Maun et aux alentours et de courses en centre ville. Ce sera au moins l'occasion de trier les photos à l'hôtel.

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Dire que j'avais peur de la traversée de la rivière pour accéder au parc! Normalement l'accès au parc se fait grâce à un bac mais nous avions lu qu'il n'y en aurait pas car la largeur de la rivière ne le justifiait pas. Effectivement nous ne risquions pas de nous embourber dans ce mince filet d'eau. Mais si tout est si sec ici y aura-t-il des zèbres et des gnous plus loin? Il est vrai que le lit de la rivière est loin d'être verdoyant mais les troupeaux sont tout de même au rendez-vous et les herbivores sont nombreux autour de nous. Des vautours se repaissent d'une carcasse au loin et les zèbres dévalent les pentes pour se précipiter vers la rivière pendant que les éléphants s'aspergent de boue et de terre. Ce parc est peu fréquenté et nous pouvons profiter pleinement du spectacle offert par Makgadigadi. Ce parc est très différent des précédents, plus désertique il est fréquenté par une autre faune. Outre les immenses troupeaux nous verrons notamment plus d'adorables steenboks, d'autruches, de chacals et de rapaces.

Il suffit de remonter du lit de la rivière et de rouler un peu pour arriver au camping. Il est plus difficile d'orienter la voiture pour avoir de l'intimité compte-tenu de l'emplacement et de la disposition de celui-ci. Comme tous les soirs c'est le même rituel : dépliage de la tente de toit, cuisine pour le soir et préparation des salades pour le lendemain. Nous terminerons la soirée au bord du feu avec la lampe frontale. Quand soudain...un sursaut, mais d'où viennent tous ces yeux autour de nous? Ce n'est qu'un troupeau d'impalas qui passe à proximité et qui surprendra ensuite nos voisins d'après les cris entendus.

Le lendemain matin nous redescendons rapidement vers l'eau mais tout est très calme. Nous dérangerons surtout un couple de chacal en plein accouplement.

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Notre tour vers la rivière reste rapide le matin car nous souhaitons profiter d'un peu de temps en cette journée qui nous amène vers notre dernière étape : Nxai pan et Baine's Baobab. Nous nous y acheminons en surveillant la jauge d'essence. En effet, contrairement à ce qui était prévu notre voiture ne dispose que d'un réservoir d'essence au lieu de deux et les jerricanes fuient (notre voiture a été noire au lieu de blanche une partie du voyage à cause de cela!). Nous devons donc être très vigilants envers les kilomètres parcourus si nous voulons arriver à Nata pour faire le plein de lendemain.

Nous décidons tout de même de faire le détour jusqu'aux baobabs, ce serait trop dommage de les rater mais en contrepartie nous nous poserons au point d'eau vers South Camp l'après-midi et n'en bougerons pas.

Sur la route des géants 

Sur le trajet du retour nous connaîtrons malheureusement notre premier ensablement. Par chance une voiture passe pendant que nous commençons à creuser. Les chauffeurs prennent le volant mais ne parviennent pas mieux à sortir la voiture de là. Il faudra donc l'attacher à la leur pour nous tirer rapidement de ce mauvais pas.

Direction le point d'eau où le spectacle est incessant. Les animaux se succèdent notamment les éléphants qui sont parfois bien pressés .

Quand soudain je vois un peu de poussière tout au loin. Je prends le jumelles pour distinguer les formes qui se rapprochent...Oui! Trois lionnes sont en train d'approcher! Après toutes ces journées à espérer en voir, les félins nous gratifient enfin d'une apparition, le dernier soir peu avant le coucher du soleil.

De nouveaux éléphants ne sont pas ravis de cette présence et pousseront les lionnes à reculer mais ces dernières resteront, en se mettant un peu plus en retrait. Elles semblent décidées à faire une petite sieste ici. Les autres animaux continuent leur vie autour, les chacals se coursent, un discret otocyon apparait et les zèbres approchent puis stoppent leur progression en découvrant les trois matous. Une fois encore le coucher de soleil est à la hauteur des soirs précédents. Nous quittons les lieux le plus tard possible, heureusement le campement est tout proche.

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Dernière matinée dans un parc. Nous petit-déjeunons dans notre voiture, face au point d'eau afin d'assister au défilé matinal des animaux. Chaque race semble avoir réservé son créneau : l'heure des chacals, le moment des pintades, l'arrivée des springboks ou autres impalas, le tour des autruches puis des zèbres... Une nouvelle journée commence.

Il faut malheureusement bien partir, en croisant les doigts jusqu'au bout pour avoir assez de carburant afin de joindre la prochaine station service. On se détend en arrivant à Nata. C'est bon mais nous n'aurions pas pu faire beaucoup de kilomètres supplémentaires. La route se poursuit avec une petit pause déjeuner en bonne compagnie.

De retour dans notre guest-house du début du voyage pour notre dernière nuit. La restitution de la voiture se passe rapidement le lendemain sur le parking de l'aéroport et c'est bientôt le départ. Bilan : nous repartirons avec une voiture toute équipée, c'est très pratique une fois que l'on est bien organisé. Dormir dans les parcs du Botswana est vraiment une superbe expérience puisqu'ils ne sont pas clôturés contrairement à ceux que nous avions connus en Namibie ou Afrique su Sud. Nous avons eu peu de chance sur l'observation des prédateurs, nous en aurions vu davantage en faisant des excursions avec guide et chauffeur mais ce n'est pas la solution qui nous convient, nous préférons avancer à notre rythme. Concernant les pistes pas de problème majeur en cette saison sèche mais dans le sable il faut rester attentif 😀 Nous avons passé peu de temps en ville mais nous avons apprécié ces étapes et toujours trouvé tout le nécessaire. Alors c'est avec enthousiasme que nous accepterions de revenir!