Carnet de voyage

Compostelle bis

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En 2021, année jacquaire pour les initiés, je foulerai à nouveau le chemin de Saint Jacques, jusqu’à Santiago
Août 2021
90 jours
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Publié le 16 août 2021

Dans quelques jours, je « foulerai » à nouveau le chemin de Saint-Jacques.

Les affaires sont prêtes à être déposées dans le sac, me reste à y accrocher une coquille et Faire Encore quelques réglages. Nous serons deux à la Cathédrale de Genève …au départ … St-jacques et l’encensoir nous attendent.

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Publié le 17 août 2021

Ce matin le sac est prêt, tout y est …7,7 kg c’est un peu lourd faudra alléger.

Quelques kilomètres d’entraînement derrière déjà. Tellement hâte.

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Publié le 26 août 2021

Comment décrire ce sentiment qui m’habite à la veille de ce départ.

De l’euphorie et en même temps, oserai-je me réjouir, n’est ce pas égoïste.

Je me rends compte que j’ai de la chance de pouvoir, à nouveau prendre le chemin de Compostelle. Cette fois accompagnée, j’ai hâte de cette aventure à deux.

Comme je l’ai déjà lu, Compostelle nous donne des ailes, c’est cela. Et qu’attendons nous ??

Juste une paix intérieure, une légèreté et sérénité.

Ce soir, un repas en famille à la veille de ce départ. Le sac attend, prêt derrière la porte, dans quelques heures il prendra son envol, sur mon dos. Je m’inquiète du poids, sans l’eau 8kg, je sais que les premières heures seront difficiles, heureusement les premiers kilomètres seront en ville sans difficultés…

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Publié le 27 août 2021

25.5 km plus tard première étape

Explosées 😂😂

Adieu genève

Prêtes et premier tampon  
Premiers chemins  
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Notre première journée d’hier s’est bien passée. Nous avons marché 25.5 km, et c’est très fatiguées que nous sommes arrivées au gîte communal de Charly. Sans surprise le sac fait souffrir le dos. Il faut trouver « la bonne » installation, le bon serrage. Les kilos se font sentir.

Nous avons croisé une pèlerine que nous retrouvons au gîte. Ensemble nous découvrons que ce dernier n’offre que des rudiments rustiques de couchage.

Pelerine tu prendras ce que tu trouveras…

Une soupe en sachet à partager et quelques biscottes, feront office de repas. L’hygiène du gîte laisse plus qu’à désirer, bien que les panneaux nous rappelant les gestes barrières inhérents au Covid doivent être respectés. Le réveil est rude. Nous savons que nous n’aurons pas de p’tit déjeuner. Les premiers kilomètres devant nous amener à l a boulangerie, nous laissent sans voix lorsque nous apprenons qu’à 9h30 il n’y a plus rien à se mettre sous la dent. La malchance nous poursuit, L’auberge du ´bar à thym », un peu plus loin, est également fermée…

Les indications de notre guide ne sont que baratin. Arrivées à Chaumont après nos premières grimpettes et descentes, il fait beau et beau chaud, soif et faim …L’auberge de Chaumont nous offre un goûter digne de ce nom, faisant office de p’tit dej et dîner…

Plusieurs pèlerins/pèlerines ont croisé notre chemin, dès lors nous décidons de réserver notre couchage. Là aussi cela se complique, à Frangy tout est fermé ou déjà occupé. Nous dormirons sur COLLONGES.

Quelle aubaine, nôtre hôtesse se démène pour nous trouver un lit chez sa voisine, et nous souperons tous ensemble avec Marissa notre première pèlerine.

Ce repas et ce gîte nous feront oublier notre début d’hier. Repues nous nous coucherons dans un lit propre après un joli partage. La vie de pèlerines a commencé

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Publié le 29 août 2021

Après une très bonne nuit, nous quittons Marie-Christine le cœur rempli de bienveillance. Marissa la pèlerine nous retrouvera ce soir au gîte de Seyssel.

Une belle petite descente jusqu’à Frangy pour chauffer nos corps meurtris par les courbatures, le poids du sac nous rappelle … Que nous n’avons QUE le stricte nécessaire mais tellement lourd …les lanières semblent nous scier la peau.

A Frangy nous achetons quelques victuailles pour midi, et surtout pour lundi, car tout sera fermé. Encore quelques grammes en plus, c’est le prix à payer pour avoir de quoi grignoter.

Le soleil nous accompagne tout du long. Notre marche est magnifique. Parfois le silence vient s’installer, pour nous apaiser. Après quelques villages, nous arrivons sur les hauts de Seyssel et découvrons le Rhône. Un peu de chez nous qui vient jusqu’à nous, c’est rassurant. Tellement beau.

Nous passons par des coins que je reconnais, notamment la vielle grange qui m’abrita lors de la tempête de neige en avril 2019. Cette fois, ça sera pour une petite pause à l’ombre, bien utile.

Nous arrivons bien fatiguées par le soleil ayant brûlé nos peaux et les kilomètres. Un joli bungalow nous attend au bord du Fiers. Nous soupons tôt avec Marissa. Sûrement que nous dormirons très tôt. Les courbatures nous appellent au repos.

Le gîte de Marie-Christine avec Marissa l’Allemande  
Ça monte ça monte …avec le soleil  
La vieille grange  
C’est ça le camino …c’est pour ça qu’on marche  
Fin d’étape  
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Publié le 30 août 2021

Nous quittons les rives du Fiers pour retrouver celles du Rhône. Maryssa nous accompagnera quelques kilomètres jusqu’à croiser WAsler, le pèlerin tchèque qui marche depuis 49 jours.

Je repense à ce chemin parcouru en 2019, de nombreux détails me reviennent, cette fois la végétation est luxuriante. Les rives du Rhône ornées de fleurs de toutes parts, tellement différentes, les moustiques nous accompagnent aussi. Tout sera inscrit dans ma mémoire, avec le soleil, la couleur encore estivale, la chaleur. Nous croisons encore un autre pèlerin allemand.

Nous partagerons tous notre pic nique, au Pont de la Loi…😉sur l’aire de repos jouxtant le restaurant des routiers, là où j’avais mangé frigorifiée, cette fois en pleine chaleur de midi. Les contrastes sont intéressants.

Nous reprenons seules le cheminement jusqu’à Chanaz, toujours longeant les rives du Rhône, il fait très chaud. Chanaz nous accueille avec son air de vacances, de mini Venise, nous nous rafraîchissons à une terrasse, les pieds à l’air.

Ah j’oubliais le rituel pieds…. Il a repris: crème le matin, s’arrêter dès la moindre gêne, à midi sécher les pieds, changement de chaussettes , re crème, etc jusqu’au soir. Dès qu’on peut: s’arrêter et se masser les pieds. « Est ce que cela serait un mauvais présage de dire que pour l’instant nos pieds vont bien »…Bon c’est dit …

Nous quitterons Chanaz par de belles grimpettes « normal nous n’en n’avions pas eues encore» pour arriver chez MME BRUN. Un gîte Jacquaire (accueil sans prix annoncé, soit au bon vouloir du pèlerin).

Mon ami Jean-Pascal m’avait recommandé ce matin de m’y arrêter, par hasard c’est là que nous dormirons. Un petit bout de femme nous accueille « comme à la maison », l’odeur du dîner crépitant dans les casseroles. Elle nous fera la lessive en prime, que du bonheur. Un gâteau de Savoie, viendra clôturer notre souper. Un régal.

Tellement formidable que nous nous faisons un plaisir évident à lui faire la vaisselle, à nos six mains de pèlerins. Mme Brun nous regardant avec grand plaisir.

Un si beau moment de partage, de discussion. Nous passons encore quelques instants avec elle sur sa terrasse, trônant au milieu du hameau de Vetrier et de ses 42 habitants.

Nos jambes se font lourdes et les courbatures sont bien là, aujourd’hui 27.7 km sont derrière nous.

Le camino le long du Rhône  
Le Tchèque, Marissa, Loulou et  Peter  
CHANAZ et la  petite chapelle 
Chez MME Brun 
La vue depuis notre chambre  

Juste merci pour ces beaux moments. Tellement de reconnaissance et de gratitude pour avoir la chance de faire à nouveau ce chemin.

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Publié le 31 août 2021

33 km dans les jambes …très fatiguées

Ça sera les muscles endoloris que nous arrivons au gîte choisi malgré nous à cette distance car aucun avant.

Par manque de temps nous avons pris la variante du camino, soit disant plus facile depuis Yenne, seulement 4h au lieu de 5h25 jusqu’au col de Tournier à 820m. Il en restera encore 1h30. Faut dire que nous sommes parties de loin, avons croisé un randonneur venant de Vendée, lequel nous a expliqué être parti de Gibraltar pour se rendre à Chypre…sans s’en rendre compte le temps a filé, avant d’arriver à Yenne nous avions déjà fait de belles grimpettes et tout autant de descentes au milieu des vignobles. Pour ne pas se retrouver « de nuit » nous avons opté pour la variante ne surplombant pas le Rhône. Il faut être raisonnable parfois. La balade dans les pâturages a été magnifique. La marche toujours au soleil nous fatigue les muscles et le dos souffre du sac et de l’eau que nous remplissons, au total 4 litres par jour, qui n’auront pas suffit aujourd’hui.

Par souci de courtoisie, nous appelons notre hôtesse afin de l’avertir de notre retard, il nous reste 1h50 de marche nous faisant arriver à passer 19h. Elle propose de passer nous chercher à l’église du bled 4km avant chez elle. Nous ne refuserons pas, la dernière descente à été terrible pour nos cuisses et genoux. Nous n’aurions pas pu finir sans eau.

Le gîte est superbe et le souper bienvenu.

Demain une petite étape…oufff

Bon petit dej  avant de partir  
Les vignobles avant Romagnieux 
La Chapelle de Romagnieux le marcheur vendeen 
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Hier une magnifique journée, tout comme aujourd’hui. Le ciel bleu nous accompagne.

Nous avons eu la chance de trouver un sandwich en descendant de chez Annie, à ST GENIS SUR GUEIRS, même d’y boire un café. Il est temps désormais d’apprécier tout ce qu’on trouve, quand on le trouve.

L’arrivée chez Flo et Alain a été comme nous l’avait dit Annie: un accueil jacquaire magnifique, des gens très accueillants. Le souper fut …gargantuesque, de magnifiques légumes colorés et un couscous avec des goûts d’y reviens y. Alain nous a fait partager nos expériences et nos provenances. Quant aux leurs : l’accueil jacquaire et veloman servant à financer leur projet d’aide à des enfants malgaches, le pays de florentine, à se rendre à l’école. De belles histoires, de belles personnes.

Nous partons ce matin, confiantes, Alain a précisé que nous trouverions de quoi nous ravitailler dans les deux prochains villages et que l’étape serait …allez : une bonne étape.

Que dire finalement, comme dit Alain : ne voyons que le positif : un ciel bleu de carte postale, un soleil magnifique, et à retenir qu’une seule chose : la bienveillance d’une habitante du village « LE pin » qui, nous voyant sans victuailles, avec notre fond de sac de fruits secs est revenue nous voir avec trois boules de pain, fraîchement décongelées et réchauffées et une tablette de chocolat. Un ange sur notre chemin. Pourtant il était bien noté dans le guide que ces deux villages nous offriraient de quoi manger, c’était sans compter le jour de la rentrée scolaire et le jour de fermeture de la boulangerie.

Sous la chaleur nous continuons, croisons deux pèlerines, l’une de Chambéry, l’autre de Delemont, l’accent bien de chez nous qui marche depuis chez elle, partie le 5.8…

Les kilomètres se font sentir surtout le ventre légé. Même les bancs se font rares, ça sera une journée compliquée pour nos pieds qui souffrent des torsions dans la caillasse et des kilomètres de bitume brûlant. Il nous reste une belle descente avant d’arriver au GRAND LEMPS, nous la préférons à la variante, sinon il faut ajouter un kilomètre. Nous arrivons à l’accueil jacquaire chez LINE. Une bien belle maison au bout d’un chemin, je m’en réjouis je sais que nous serons bien, j’y suis passée en 2019.

Nous retrouvons nos deux pèlerines. Après une bonne soupe chaude et un bon repas, nous dormirons bien

Demain, je me réjouis de retrouver Richard et Maryvone, mes amis très chers rencontrés au Puy, avec lesquels nous avons foulé le camino jusqu’aux Pyrénées.

C’était une bonne étape.

Petite pause  
Chez Alain et Flo  
En repartant ce matin  
Valancogne 
La mega descente dans la caillasse  
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Publié le 3 septembre 2021

Nous quittons Paul et Line de l’accueil jacquaire, avec de bons souvenirs bien reposées. Nous passons revoir, pour ma part, la fresque de « La FEE Verte » avec Adeline la pèlerine de Delemont’´, un clin d’œil à ses origines.

Sachant que nous n’aurons qu’une petite étape jusqu’à Gillonay, nous prenons le temps de passer à la pharmacie, à la boulangerie et même s’octroyer un petit café sur une terrasse, profitons tant que cela nous est « offert ».

Il a plu durant la nuit, mais la lourdeur de la chaleur nous gagne vite. L’atmosphère est pesante. Nous croisons à nouveau Adeline et Fabienne, les pèlerines de la veille. Nous savons que jusqu’à la croisée des chemins entre la voie de Genève et celle du Gillonay seuls quelques kilomètres nous séparent. Arrivées à la stèle de la croisée des chemins, nous quittons Fabienne avec la certitude de nous revoir, nous avons les quatre le même but: Santiago. Désormais le chemin nous emmènent en direction de Richard et Maryvone.

Après une descente, un long bout droit interminable la route doit nous conduire, sous un soleil de plomb à Brezins. Nous longeons de nombreux champs de maïs en alternance, de gauche à droite. Aucune ombre, seule celle de nos misères échangées par je ne sais quel « esprit de Compostelle » qui nous pousse à la confidence.

Voilà que nous croisons un arbre meurtri par les aléas de la colère du temps, balafré de deux entrailles prêtes à recevoir et conserver à tout jamais nos tourments. La chaleur est présente et l’orage menace méchamment, se rapproche, nous frôle, pour finalement que nous effleurer emportant nos peines dans ses tourbillons.

Encore quelques kilomètres, quasi 20 au total, quand mes amis arrivent.

De grandes retrouvailles et une petite pause nous attend à Romans sur ISERE. Une semaine déjà que nous marchons. Nous repartirons dimanche.

Au départ du Grand Lemps 
Voilà …voilà  
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Publié le 5 septembre 2021

Se ressourcer auprès d’amis très chers, un pur bonheur. C’est avec une grande joie que j’ai retrouvé mes amis du camino français rencontrés en 2019. Que de souvenirs, que d’émotions et d’anecdotes.

C’est bien reposées et nourries de bonnes choses que nous retrouvons le chemin. Sans bien sûr oublier une petite larme aux coins des yeux lors de la séparation, avec la promesse de se revoir.

La reprise de la marche se fait tranquille et silencieuse, sous le soleil. Il est quasi 15h. Nous ne marcherons que quelque 9km lorsque nous arrivons à l’accueil pèlerins suivant. Une jolie place, nous déclinons l’offre piscine. Nous papoterons avec notre hôtesse un moment, puis nous couchons tôt, demain il fera chaud nous aimerions partir avec la fraîcheur matinale.

Merci les amis pour cette pause  
Prêtes pour repartir  i
C’est plat  
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Publié le 7 septembre 2021

Hier et aujourd’hui nous avons eu très chaud. Les paysages sont magnifiques et tellement différents qu’à mon premier passage. Je ne reconnais pas tout, mais j’ai quelques restes en mémoire. Tout est nouveau tout de même et se laisse découvrir avec bonheur. Les senteurs estivales, les odeurs d’herbe sèche, de bruyères, parfois même de chèvrefeuille sur la fin. Les couleurs d’automne arrivent gentiment. Les châtaignes sont nombreuses sur le chemin.

Nous avons rencontré de belles personnes aux accueils jacquaires, tellement chaleureuses et bienveillantes qu’il est parfois de difficile de partir tôt le matin. Nous comprenons que pour ces personnes nous sommes un lien important. Ils partagent leur quotidien simplement.

Ce matin nous quittons nos hôtes tardivement, passons à la boulangerie pour notre sandwich et remontant sur le chemin de crête, reprendre le chemin de Compostelle. Le vent chaud du sud nous accompagne, juste pas assez pour nous rafraîchir. Après quelques hâtes pour nos pieds nous arrivons à Assieu où nous trouvons un restaurant offrant un plat du jour. Sachant que ce soir nous dormirons au gîte communal nous prenons le temps de manger correctement. La pause est longue. La chaleur écrasante, nous peinons à repartir car le soleil et le vent sont étouffants. Il nous reste 13km, quand nous repartons et qu’il est déjà 15h. J’ai hâte de revoir le Rhône une dernière fois. Pour y arriver le guide indique que les passages le long de la nationale sont dangereux. En effet, nous devons longer a deux reprises ces routes à grand trafic. Bien que nous soyons derrières des barrières de sécurité dur quelques mètres, les camions nous frôlent en nous étourdissant. C’est complètement stressant sachant que nous aurons un deuxième passage identique. De plus le franchissement de la barrière de sécurité, à ras la nationale, est épique: trop haute pour mes jambes et avec le sac, la manœuvre est hilarante, il faut rester vigilantes.

A passé 19h, Nous arrivons au gîte communal de Chavanay, éreintées par la chaleur et nos 32 kilomètres. Le gîte est très correct, son responsable sympathique.

Nous sommes contentes d’avoir gardé nos sandwichs pour ce soir. Nous partageons la causette avec deux employés travaillant dans la centrale électrique voisine, ça nous change des pèlerins. Selon eux encore deux jours de beau et après la pluie, nous verrons bien.

Les lavoirs que j’affectionne particulièrement  
La ferme des Bruyères où je m’étais arrêtée, malheureusement fermée  
Chez les Varrene  
La bruyère sauvage  
Petite pause  
L’automne arrive  
Passage du Rhône  à Chavannay 
Parfois loin - parfois prêt  
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Publié le 8 septembre 2021

Aujourd’hui notre journée a été accompagnée par les nombreux pommiers de la région. Ceux ci sont bien chargés en fruits, de variétés diverses.

Les couleurs sont magnifiques. Les raisins sont bien présents aussi sur le haut des crêtes que nous foulons. Les travailleurs s’activent à la récolte.

Le vent chaud du sud à été omniprésent la plus grande partie de la journée, estompant quelque peu la chaleur, néanmoins en nous tournant la tête.

L’étape a été jalonnée de descentes et de montées impressionnantes, encore une étape fatigante pour nos jambes. Nous avons énormément bu à nouveau, les 4 litres y passent aisément. A cours d’eau, nous avons sonné chez l’habitant. Une petite dame bien accueillante a volontiers accepté de nous secourir, en nous rappelant que la prochaine montée serait monumentale. Nous confirmons …très très longue et interminable.

Nous dormirons à Bourg Argenthal où un bon souper nous a repues. Les pic nique de midi sont ma foi très très légers.

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Jusqu’à Montfaucon, en passant par les SETOUX

Nous partons de chez Yvette la pèlerine. Sa maison est au bord de la route du Puy. La nuit fut chaotique même avec les boules quies, le bruit des véhicules frôlant les murs était angoissant.

Bien qu’Yvette ait fait le chemin, elle est d’un premier abord austère, à se demander ce qu’on fait là. Elle parle avec Sylvie la pèlerine chambérienne et semble rassurée.

Elle a cuisiné du poulet aux girolles qu’elle a fraîchement ramassées. Semble que dans la forêt que nous traverserons il y en aient

Nous quitterons sa maison pour aller au marché prendre notre pic nique. Puis entamerons la marche après un petit café terrasse, pour une fois. Le ciel est couvert. Un jour sans soleil s’annonce, ma peau sera épargnée aujourd’hui.

Nous démarrons par une montée, qui durera nos 4h de marche. Nous entrons dans la forêt du Taillard. Ses grands sapins nous entourent et nous accompagnent toute la journée, ça monte gentiment parfois dans la caillasse mais pas trop…tant mieux pour nos chevilles.

La pluie nous a surprises peu avant midi, mais nous avons pu nous abriter dans une ancienne gare aux allures de bibliothèque, où Sylvie nous rejoint.

Nos pèlerines sur le dos nous repartons de rouge vêtue, en mode sauna tout de même, le textile étant partiellement respirant je trouve (on a toujours l’impression d’être autant mouillées dehors que dedans..)

Nous croisons plusieurs petits abris, nous rendant la montée agréable finalement. Les senteurs des sapins me régale. Nous cherchons en vain les girolles. Seuls quelques cèpes de bordeaux croiseront l’œil avisé de loulou, qui sont un grand mystère pour ma part.

A la sortie d’un chemin nous croisons une habitante des Stoux, sac à la main rempli de bolets divers. Nous entamons la

causette jusqu’à L’Auberge des SETOUX où nous pouvons nous désaltérer,. Je n’ai plus d’eau depuis quelques kilomètres.

Je suis contente de revoir cet endroit, l’auberge où j’avais passé une soirée d’étape mémorable.

Les souvenirs me montent en tête. Il avait gelé en sortant du souper, et nous glissions avec nos tongs sur l’asphalte pour nous rendre au gîte, qui est désormais en rénovation. Cette montée nous a emmenées à 1080m quand même.

Il nous reste 2km pour arriver au gîte communal, repris temporairement par Monique la paysanne aux mille activités. Elle nous donne 3 brins d’explications. Pour une fois nous sommes les premières au gîte. Il est 16h30.

Les pèlerins arrivent, nous serons six. Le couple d’autrichien (LUDWIG et Ingrid) SYLVIE et Adeline.

Nous mangeons le repas préparé par Monique, et l’échange pèlerins autour de la table est fort agréable. Ce soir : Pas de wifi, pas de réseau, nous partageons nos expériences, nous rigolons de ce que nous avons déjà vécu. Un beau moment d’échange.

Après le petit Déjeuner, nous partons tous les uns après les autres du gîte. Nous nous croiserons peut-être à nouveau PUY.

La pèlerine dur le dos dès le matin. Nous savons que nous ne trouverons rien à manger…à nouveau. Nous nous sommes faits des tartines avec le reste de pain. Finalement de retour à La Chapelle dès SETOUX, nous croisons le camion livreur de pain: une aubaine.

L’étape sera courte :quasi 25 km, avec un arrêt éclair à cause de la pluie et un arrêt au soleil. Les pieds en éventail juste avant Montfaucon.

Pour conclure l’étape, Nous nous sommes « élevées » (comme dit le guide) dans la forêt à plusieurs reprises. Le parcours a été jalonné de magnifiques arbres, senteurs, et de nombreux champignons, dont les fameuses minis girolles 🤩Les paysages d’Auvergne, sont à notre porte. Déjà deux semaines que nous marchons, bientôt le Puy. Un grand passage, je me réjouis de revoir cet endroit mythique cher aux pèlerins.

En partant de chez yvette 
L’ancienne gare aux allures de bibliothèque 
Arrivées aux SETOUX …par la rue de Geneve 🙈
La Chapelle des SETOUX  
Notre gîte  
L’équipe du soir au petit déjeuner  
Atelier pédicure sous la pluie 
Les girolles en bordure de camino  
De belles bruyères  
Mais où est le banc des pèlerins ? 
Après s’être « élevées » dans la forêt voici enfin le panorama sur le début des Monts d’Auvergne  
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Publié le 11 septembre 2021

Nous nous rapprochons du PUY, et par je ne sais quelle magie nos pas ralentissent. Juste comme tu le dis Nicole : respirer l’air du chemin, des forêts de sapins, devient l’essentiel. Ne pas se presser, prendre la mesure du temps qui nous est donnée.

Chaque jour est un cadeau.

Le soleil est revenu. Même hier malgré la pluie nous avons tout bien regardé, tout mémorisé, lorsque nous étions à la recherche des champignons, le temps est comme suspendu pour ne rien louper. Juste la quête du moment présent.

Je prends conscience de la chance que nous avons d’entreprendre ce périple.

Nous croisons les autrichiens et ralentissons notre rythme pour ne pas se laisser gagner par le leur. Même dans les montées nous ralentissons afin de ne pas s’essouffler, finalement c’est paisiblement que nous arrivons au gîte du Fougal de Saint-Jeures. En arrivant en bas de la côte, juste avant le village, je me suis souvenue exactement de l’endroit et même de l’établissement. Ça sera le même qu’il y a deux ans, seule la végétation a changé, et la météo bien sûr.

Un groupe de 7 pèlerines françaises qui font de petites portions sont arrivées, j’ai entendu Adeline également arriver, nous serons 12 pèlerins, avec les autrichiens, ce soir.

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Publié le 12 septembre 2021

Nous avons fractionné nos deux dernières étapes pour ne pas refaire plus de 30km, car les guides sont optimistes dans le comptage kilométrique.

Aujourd’hui, le départ se fait avec la fraîcheur de l’altitude mais ensoleillé. Nous avons réservé nos sandwiches à la boulangerie du prochain village afin d’être sûres de pouvoir manger. Sur notre chemin peu avant le village d’Araules, une montgolfière nous a fièrement toisées de sa majestueuse couronne orange. Elle a fait mine d’atterrir, puis s’est élevée à nouveau, nous offrant un grandiose spectacle.

Arrivées à Araules, Adeline nous a rejoint pour nous accompagner tout au long de notre journée, comblée par les paysages sur les Monts d’Auverne ensoleillés et ornés de bleu azur. Nous avons pris une pause à 1100m, les pieds dans l’herbe fraîche.

Après avoir croisé plusieurs fois également les Autrichiens, nous avons fini l’étape avec ces derniers et arrosé notre journée D’une bière, bien méritée au bar de Saint Julien en Chapteuil. Nous savons la chance que nous avons de le trouver ouvert, et en profitons pour nous offrir une pizza. L’accueil jacquaire du soir n’offrant pas le souper.

Une magnifique journée de termine sur un magnifique coucher de soleil.

Quels cadeaux, nous sommes vraiment gâtées.

Demain le Puy en Velay, à quelques kilomètres, l’émotion me gagne déjà.

Bonne tablée au Fougal / ST JEURES  
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Publié le 13 septembre 2021

Le Puy nous y voilà. Tout un symbole pour les pèlerins. Tellement fière de retrouver cet endroit.

Juste en profiter.

Nous ferons une pause, pour repartir mercredi matin.

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Publié le 14 septembre 2021

Hier, notre marche de saint Julien en Chapteuil jusqu’au Puy a été jalonnée de multiples belles choses comme depuis notre départ.

J ‘ai fait ce tronçon trois fois, et il est tellement différent à chaque fois.

Passer devant l’orgue basaltique, rocher monumental sculpté par la lave, le vent et le temps. La descente dans la vallée, juste avant de remonter au mont joie, qui n’a l’allure de mont que le mot, mais nous offre une vue, lorsque la météo est clémente comme hier, sur LE PUY. Revoir le Puy.

Longer la Loire pendant des kilomètres, mais ne l’apercevoir que par brides, tout en sachant que nous marchons dans le bon sens. Arriver aux pieds des rochers de la ville, la vierge rouge et le mont Aighuile.

Arriver aux pieds des marches de la cathédrale…enfin après nous être élevées dans la ville haute à la force de nos bâtons cliquetant sur le bitume, la chaleur nous faisant transpirer de nos dernières forces.

Découvrir ces marches, d’un nombre certain, nous retourner et découvrir à nouveau la voie qui s’ouvre à nous : Santiago tout là-bas. J’en tremble d’émotion.

Maurice qui arrive au pied de la rue ornée de drapeaux multicolores. Une fête se prépare. Les retrouvailles.

La fatigue est là. Nous descendons les ruelles jusqu’à la place centrale, les pavés irréguliers et nos jambes tremblotant de fatigue, soyons prudentes jusqu’au bout, nous nous offrons un spritz pour fêter notre étape. Fêter LE PUY.

Étonnement nous ne voyons pas de pèlerins, ni sur la place ni dans les rues.

Nous allons nous asseoir à côté de « la pèlerine » en mal de beauté, toujours assise au pied de l’enseigne Mariannaud. Elle révèle tellement notre « état » actuel.

Aujourd’hui nous avons quelques petits réglages d’intendance à organiser : lessive, trouver nos nouveaux guides pour la suite, aller aux renseignements de l’accueil pèlerins , et bien sûr repos une journée.

Compostelle et ses deux « ailles » attendra demain.

L’église de ST JULIEN EN CHAPTEUIL  
L’orgue basaltique 
Les champs de colchiques annonçant l fin de l’été  
Ça se précise  au mont joie 
La Loire  
Ça y est  
Les ruelles du PUY  
Bon … un peu fatiguées  
Entre pèlerines … 
Pour demain  
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Publié le 15 septembre 2021

Toutes les bonnes choses ont une fin. Notre pause au Puy a été revigorante, tant par le soleil, les bons petits plats et Maurice qui nous a fait part de sa présence. Le chœur légé nous nous quittons sachant qu’il reviendra vite.

Mais Avant de reprendre le camino, nous passerons à la messe des pèlerins. Le curé, un orateur particulier dans sa démarche de dédramatiser les situations cocasses pouvant se présenter aux pèlerins, nous a bien fait rigoler de bon matin.

L’émotion a été vive lorsque La sœur a chanté les divers cantiques. Cette fois je n’ai ni déposé de petite attention, ni récupéré

D’attention d’autrui. Ma petite attention » sera de me rendre à St-jacques et d’être moi, tel le cailloux rencontré aujourd’hui portant l’inscription « deviens ce que tu es ».

Nous avons démarré notre marche en mode pèlerine rouge, et l’avons vite abandonnée, le soleil revenu pour laisser place à l’orage et ses grondements incessants jusqu’à notre arrivée au gîte. C’est complètement Trempées que nous y sommes arrivées. Je suis inquiète pour mes chaussures mais heureusement il se trouve que le gîte est muni d’une chaufferie à chaussures…oufff.

Aller à l messe des pèlerins  
En ressortir par le ventre de la cathédrale  
Quitter le Puy 
Le soleil soleil le vent sur le plateau  
Arrivées à ST-Privât d’allier  
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Publié le 16 septembre 2021

Avant d’arriver à SAugues, il faut passer l descente de St-privat d’allier, qui je me souvenais l’était pas piquée des vers. Avec la pluie d’hier, je ne cache pas que J’étais un peu inquiète. Enfin un peu comme tous les pèlerins du gîte.

Finalement les chaussures bien sèches, nous sommes reparties avec le brouillard, et la promesse du beau temps, émise par l patronne du gîte.

A Rochegude, il a été difficile d’apercevoir le rocher et la chapelle, sans y prêter trop d’attention nous continuons notre chemin et nous nous retrouvons dans la fameuse descente. Tout doucement et dans pluie, nous sommes fières d’arriver en bas.

Nous passerons le Pont Eiffel qui surplombe l’Allier pour entamer une longue montée jusqu’à 1049m. Nous trouvons un coin au soleil pour pic-niquer. Il nous reste encore quelques kilomètres avant d’arriver aux Totems de Saugues. Et l’orage menace au loin, même si la petite dame rencontrée en chemin a promis, elle aussi que nous n’aurions pas de pluie, nous pressons le pas jusqu’à la ville.

Nous avons passé entre les gouttes et sommes bien fatiguées par l’accélération de notre marche.

J’aurai aimé boire une bière sur la terrasse où il y a deux ans, Tom et Martin, m’avaient rejointe. Mais par je ne sais par quelle intelligence, tous les restos du coin ont Le même jour de fermeture hebdomadaire.

Au repas, nous avons tous la même inquiétude : trouver nos hébergements. Cela se complique de jour ou jour et même de semaine en semaine, beaucoup de pèlerins ne vont que jusqu’à Conques. Nous avons bon espoir que cela soit dès lors plus facile.

Départ du gîte ce matin  
Travail de la nuit  
Rochegude 
L’automne arrive  
La fin de la descente  
Monistrol D’allier  
Le ciel magnifique  
SAUGUES  
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Publié le 17 septembre 2021

trois semaines que nous marchons 🤩

Parties de Saugues de bon matin, car le gîte nous le demande avant 8:30h, nous finirons notre petit déjeuner sur la terrasse du centre avec un bon petit café. Nous passons chercher des sandwiches et encore au magasin des marcheurs, me procurer un faux col bien utile.

Nous devons encore passer deux appels pour nos hébergements, l’inquiétude est là, tous les pèlerins ne parlent que des gîtes qui sont complets. Cela stresse tout le monde même si nous ne le voulons pas, nous sommes obligées de réserver …une semaine à l’avance. Ce n’est os l’esprit du camino, néanmoins pour marcher sereinement nous avons nos couchages jusqu’à Cahors ou nous avons eu nos places à l’abbaye.

Le chemin d’aujourd’hui nous a fait le bonheur d’être sous un soleil partiel, les nuages jouant à cache cache, sans pluie.

Je m’étonne toujours car nous transpirons énormément, même après trois semaines. Nous buvons beaucoup, heureusement les points d’eau sont fréquents.

Nous croisons de nombreux pèlerins, en groupe, bruyants. Nous ralentissons notre pas pour ne pas être « dérangées ». Adeline marchera seule à nouveau, elle veut prendre son temps, elle a été forcée de partir précipitamment du gîte, l’heure c’est l’heure. Les consignes sont rigides.

La montée au Sauvage passera par la petite « bergerie » où il y a deux ans je m’étais arrêtée. Le coin est toujours aussi agréable et sympathique. Nous dégustons une belle assiette de fromages locaux. Nous arrivons assez tôt au gîte, et profiterons encore du soleil sur la terrasse.

J’entends qu’une pèlerine demande où placer son âne. Je me Réjouis de les voir: mon prochain camino sera celui de Stevenson » avec et en compagnie des ânesses de Flo. Ce qui est certain, c’est que nous serons plus accueillantes que les deux « pèlerines » accompagnant l’âne Eliot, pauvre bête.

Nous nous couchons en dortoirs de 6…

Tentative de sauvetage d’un cheval … une branche s’est emmêlée dans sa queue 🙈
On a hésité .., finalement on attendra Fisteria  
Au Sauvage  
ELIOT  

Demain …Aumont-Aubrac

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Publié le 18 septembre 2021

Bien que nous ayons quitté le domaine du Sauvage avec la fraîcheur automnale, le reste de la journée a été baignée par le soleil. Nous avons marché quasi 30km, soit disant petite étape facile, on est arrivées bien bien fatiguées à Aumont-AUbrac. Quelques kilomètres avant d’arriver, une habitante nous a dit de presser le pas car l’orage menaçait.

D’habitude les habitants du coin sont fiables, mais pour cette fois, on a cavalé tout l’après midi sans s’arrêter, pour rien.

J’essaie de me soigner et de vaincre ma peur de l’orage, c’est tellement difficile car celle-ci m’empare je dois vraiment me conditionner.

Ce soir, nous avons mangé avec Inge et LUDWIG les pèlerins autrichiens tellement sYmpathiques, que nous avons revus à notre arrivée dans le village. Nous étions tous comme des gamins de se retrouver à nouveau. L’esprit des pèlerins : une grande famille.

En fin de repas, La pluie a finalement déversé tout ce qu’elle avait retenu jusque là, nous trempant sur le chemin du retour à notre gîte. Que va nous réserver demain ? Nous savons bien que jusque là nous avons été chanceuses.

Au départ du sauvage  
Tentant mais pas le bon chemin  
Un donativo bien apprécié  
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Publié le 19 septembre 2021

Froid …très froid dès tôt le matin, nous irons jusqu’à 1200m avec le froid le vent ..et la pluie.

Le début de l’Aubrac aura été sec puis la pluie la pluie …jusqu’à Nasbinals.

Même sous le vent et la pluie, les paysages de l’Aubrac sont …magnifiques, lunaires et irréels.

Faut avouer que nous sommes arrivées trempées et frigorifiées au gîte qui se trouvait, par bonheur, au début du village.

Ce soir, Nous nous réjouissons de manger la spécialité du coin : l’aligot.

Départ ce matin au sec  
Avant la pluie  
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Publié le 20 septembre 2021

Nous partons de Nasbinals très tôt, à 8h nous entamons notre marche car il faut quitter le gîte.

Nasbinals à l’aube  

Nous entamerons notre dernière traversée des pâturages d’Aubrac, nous faisant nous élever à 1300m. Nous marcherons d’un pas rapide, dans les sillons des pèlerins, pour vaincre le froid de l’altitude, du vent et la fine pluie qui nous a rejoins.

L’Aubrac est tellement beau.

C’est dans le silence et la solitude …que nous n’entendons que l’essentiel.  

Chacun sera gagné par le silence et une certaine solitude due à l’immensité du territoire. Des pâturages à perte de vue, ornés de vaches de ci-de-là. C’est tellement beau, nous sommes gagnées par l’essentiel de ce que nous parcourons et avons la chance de voir.

Je suis tellement contente de revoir l’Aubrac. Je prendrai bien la carte de fidélité, pour revenir 😉, avec le soleil.

Nous prendrons un café bien chaud avant de repartir pour Saint-Chély-D’aubrac. Nous avons de belles descentes dans les cailloux. Puis arrivons tôt à notre gîte où nous pouvons nous reposer en début d’après-midi.

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Publié le 22 septembre 2021

Aujourd’hui grande étape de 29.5 km au lieu de 19.5 🙈 parties de saint Côme d’olt, en passant par Espalion, pour enfin arriver à Estaing.

Nous arrivons très fatiguées et un peu agacées par le kilométrage mensonger des guides. 10 km de plus dans les jambes ça change tout surtout quand on ne l’a pas choisi… mais bon c’est fait ! Même les deux françaises arrivées avant nous sont très énervées par ces changements involontaires.

Retenons le positif, le trajet a été un peu valloné tout de même, comme La veille avant d’arriver à St-Come d’Olt. Nous avons aussi croisé de nombreux pèlerins, qui semble-t-il, devraient stopper Leur périple à Conques. Nous nous réjouissons d’avance de leur départ, ce qui nous laisserait plus de liberté dans l’accessibilité des gîtes. Nous avons rencontré Martine, la pèlerine de Payerne, qui ne sait pas encore très bien où elle va.

En arrivant à Espalion, sous le soleil cette fois, je revois le banc sur lequel j’ai retrouvé Richard et Maryvone, mes chers amis pèlerins. Une émotion certaine de revoir cet endroit où a débuté une si belle amitié. Reprendre la marche le long du Lot, qui nous emmènera 19 km plus loin jusqu’à Estaing, alors que par la route 10km sont affichés, nous laisse perplexe.

Notre accueillante nous stresse encore un peu, en nous appelant pour nous demander où nous en sommes, alors que nous sommes au panneau annonçant la ville. Dure journée de pèlerines. Heureusement le soleil a illuminé nos paysages et pour la peine, nous nous offrons un bon repas aux « Armes d’Estaing »

Ce soir, une certaine fierté nous envahit nous comptons 680km sous nos pieds, sous nos orteils, sous tous les muscles de nos corps, parfois bien tiraillés, sous le poids de nos sacs qu’on aimerait alléger mais ne portant que l’essentiel, déjà tellement de belles choses dans nos souvenirs de pèlerines.

Nous parlons des Pyrénées…que nous voulons traverser autour du 19 octobre. Nous nous sommes même acheté un bonnet, les matins sont parfois frais et en prévisions de l’altitude. Bientôt Conques.

En partant de saint Chely 
Saint chely de loin  
La brume et L’automne tt bientôt
Le Marché des fruits 
Re-brume 
Le donativo où nous buvons volontiers un petit café  
Saint Côme d’olt  
L’automne arrive  
Espalion  
Direction Estaing  
Les pieds souffrent  
ESTAING 
Récompenses  
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Publié le 25 septembre 2021

4 semaines que nous sommes parties et nous voilà à Conques. Le soleil nous a accompagné encore aujourd’hui.

Hier nous avions quitté le donativo du Soulié, où nous avons passé une soirée de partage avec les pèlerins.

Luc, mon ami pèlerin aveyronnais rencontré sur le Camino Del Norte, et avec lequel nous sommes arrivés à Santiago, nous a rejoint pour marcher quelques kilomètres ensemble.

Hier nous avons aussi revus les pèlerins autrichiens. Christophe et Patricia ont « passés » par là également et avons partagé une chouette soirée.

Après la nuit dans le dortoir de l’abbaye de Conques, nous allons repartir. Je suis surprise en posant la ville sur la carte: nous sommes quasi au milieu de la France …si vaste. Cela faut 4 semaines que notre périple a commencé.

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Publié le 25 septembre 2021

Nous quittons l’Abbaye de Conques avec un

Dernier coup d’œil aux vitraux de Soulage. Le noir et blanc rend la sobriété de l’endroit autant intérieur qu’extérieur, d’un sérieux solennel. Nous empruntons les ruelles de Conques, vidées des touristes et pèlerins. Seuls quelques uns sont déjà en marche en direction de La Chapelle St-foxé. Nous savons qu’une rude montée nous attend après la rude descente dur les pavés historiques de la ville. Des les premiers pas de la montée nous entendons sonner la cloche de la petite chapelle. Les premiers pèlerins y sont déjà.

A notre tour de sonner la cloche, avec fierté, trempées de sueur 20minutes après notre départ. Je laisse quelques mots sur le livre d’or pour Adeline, que nous savons à une ou deux étapes derrière nous. La montée est encore rude sur plusieurs mètres. Nous arrivons sur le plateau, définitivement trempées, je rêve déjà d’une douche, celle d’hier soir à l’Abbaye à été très succincte vu les lieux rustiques du bâtiment.

Toute la journée nous croiserons une dizaine de pèlerins ayant quitté Conques comme nous. Nous ressemblons à un troupeau de pèlerins, marchant en ligne l’un derrière l’autre. Finalement de nombreux pèlerins ont pris le chemin ce matin, alors que certains partis du Puy l’ont quitté. Beaucoup sont interpellés par le fait que nous marchons depuis Gèneve et depuis 4 semaines maintenant.

Les paysages du plateau avec la vue dégagée sont magnifiques. Nous prenons notre pause dans une « aire » de pèlerins aménagée par un paysan du coin. Avons la chance d’y boire un café, toujours avec le même groupe. Nous sommes très nombreux, le chemin ressemble plus à une « grande randonnée » qu’à un chemin de pèlerinage.

En chemin nous croisons de nombreuses voitures de chasseurs avec leurs chiens surexcités, à attendre dans leur cage la libération pour la traque. Nous croisons les chasseurs postés dans les champs, munis de leurs fusils, nous faisons du bruit avec nos bâtons afin qu’ils soient avertis de notre présence … avec l’arrière pensée de détourner leur attention, nous n’avons guère envie de vivre l’abattage du gibier en direct.

Nous redescendons à Decazeville , ancienne ville minière, avant 16h et pouvons profiter d’un repos agréable. Nous pouvons laver nos affaires. Une machine et sèche linge sont à notre disposition… un luxe, un grand grand bonheur !!! C’est fou comme de petites choses, comme avoir des habits propres et qui sentent bon sont incroyables à nos yeux.

Nous devons encore réserver nos prochains gîtes, sur conseils de notre hospitalier, au vu du nombre de pèlerins. Grâce à mon ami Luc nous trouvons les deux prochains hébergements plus facilement. Les suivants sont réservés jusqu’à Cahors aussi.

Nous entamons notre souper avec une belle tablée de 12 pèlerins, demain petit déjeuner à 715h 🙈

En postant les photos je me rends compte de la chance que nous avons eue, un ciel bleu, bleu, bleu … magnifique journée encore. Je me rappelle ne pas avoir eu la même chance il y a deux ans. La pluie avait été annoncée pour aujourd’hui, finalement nous aurons été épargnées.

Départ de Conques  
La montée a laChapelle heureusement  il ne pleut pas 
Le Plateau et Decazeville
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Publié le 27 septembre 2021

Aujourd’hui cela fait un mois que nous marchons… et nous « avons traîné notre flemme » on ne sait pas trop pourquoi…peut être les kilomètres pèsent sur nos jambes et sur nos muscles. Il a fait chaud et un peu lourd, l’atmosphère du temps incertain aussi est parfois gênante.

L’etape chez Thierry de L’accueil pèlerin de saint Félix a été formidable. Une belle soirée avec un bon souper. Deux autres pèlerins étaient présents. Nous avons débuté notre journée ensemble et nous nous sommes revus dans la journée. Nous

Avons traversé Figeac après y avoir bu un café Et trouvé notre pic nique. C’est lundi, nous savons désormais que tout est fermé le lundi, c’est toujours un peu compliqué. Le

Pèlerin lucernois nous nous a indiqué où trouver la boulangerie et avons continué notre route. Nous nous reposerons au gîte de la Transhumance46, à Beduer, là même où je m’étais arrêtée avec mes amis de Romans. Ils y sont repassé il y a quelques semaines, nous nous suivons désormais.

Les 24,4 km de la journée se sont bien faits sentir. Heureusement que nous avons opté pour la solution de faire 2 étapes de 66 km en trois jours et non en deux.

Nos pas ont croisés deux orvets, le terrain est bien humide et ils s’y plaisent, mais je ne suis pas trop rassurée.

Un mois, un mois et 808km …effectifs vraiment et pas ceux des guides.

Demain le chemin de Compostelle laisse plusieurs options aux pèlerins: la voie du Célé et Rocamadour, ou poursuivre le chemin traditionnel. Ça sera notre choix.

Départ depuis St-Felix, de chez Thierry 
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Figeac-Cajarc / Cajarc-Limogne en Quercy

Google dit : c’est principalement plat … mon œil!!! Des grimpettes et des descentes et des cailloux, qui nous transpercent les semelles !!!

Cela nous demande une concentration certaine, chaque pas est étudié pour ne pas glisser, sous ces pierres blanches du causse. Vernies par le temps. Depuis deux jours les paysages ont changés tout comme les maisons. Beaucoup de cailloux de calcaire blanc, les murets et les maisons sont le travail de durs labeurs, alignés à la précision d’architecte, c’est grandiose.

Hier nous avons atteint Cajarc, la ville de Coluche mais aussi de Françoise Sagan… nous avons mangé dans le restaurant recommandé par Luc. Un gastro … des joues de bœuf confites: un régal. N’ayant plus de place dans gîte, nous avons dormi au Communal, en plein centre face à la Tour Eiffel, sûrement une boutade à la Coluche ». Ce matin nous avons longé le Lot, dans la brume humide des bords de l’eau. Puis avons rejoins les hauteurs. Nous attendions avec impatience -« la pause café ». Petit lieu sympa offert par un résident orné d’un rideau de coquilles colorées. Nous avons revu quelques pèlerins rencontrés les jours précédents. Arrivées à Limogne-en-quercy avec les pieds bien fatigués pas ces cailloux du causse, nous nous posons sur une terrasse où nous croisons le pèlerin lucernois. Notre gîte est à deux minutes, contentes d’être arrivées tôt.

Nous avons été gagnées par la pluie, qui a fait des apparitions de « mousson du causse » et avons finalement ressorti nos pèlerines. Cela faisait depuis l’Aubrac, que nous ne les avions pas « lavées ». Notre gîte a un air de maison « catalogue ». Il porte bien son nom : « La maison en chemin », tout mignon, tout cosy, tout tranquille.

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Publié le 2 octobre 2021

Après quelques jours passés à traverser le causse du Quercy de Limogne, nos pas ont foulé les cailloux blancs de cette région aride, meublée de murets et de buissons de genévriers et autres. Les chevilles et la plante des pieds, fatigués par cette marche incertaine, nous a conduit jusqu’à Cahors. Depuis les hauteurs environnantes de la ville, nous avons crié de joie et de fierté en découvrant cette grande ville, où nous savons que nous nous reposerons deux jours, entourées de l’amour des nôtres.

La fierté d’avoir atteint cette belle étape, quasi à mi-chemin, les étoiles plein les yeux. Nous surplombons le pont Valentré. Comme c’est beau. Le soleil nous accompagne depuis le matin. D’ailleurs depuis plusieurs jours, même si les matinées commencent à être fraîches.

Nous avons rencontré durant ces derniers jours de « nouveaux » pèlerins, mais nous avions hâte de retrouver Inge et Ludwig, les autrichiens, avec lesquels l’amitié a été une évidence. Bien sûr Adeline aussi, de Delemont, nous suit de près et l’attendons vivement.

Arrivées à Cahors nous avons passé l’accueil pèlerins et chez Caminoloc « LE »Magasin des pèlerins où nous avons été reçues par Mahdi. Après quelques conseils et un café, nous repartons avec nos nouvelles semelles et 2-3 bricoles. Nous montons le boulevard Gambetta, et attendons que nos maris arrivent et rejoignons l’hôtel.

Nous donnons rendez vous aux autrichiens pour l’apéro, les retrouvailles sont sincères et chaleureuses. Ce matin ils nous quittent après le petit déjeuner, avec une Certaine tristesse d’interrompre leur « camino » , nous avons également un « petit pincement ». Ils nous laisse un souvenir tellement touchant. De tellement belles personnes.

Nous faisons un petit tour de ville, après la visite au diablotin accroché au Pont Valentré. Nous y croisons le pèlerin lucernois qui lui aussi termine son chemin à cet endroit.

Il fait beau, nos sacs respirent avant d’être à nouveau remplis d’affaires impeccables.

Le camino attendra demain, nos pieds, nos muscles, ont besoin de repos. Les émotions sont aussi mises à rudes épreuves.


Octobre rose avec une pensée particulière  
La rosée du matin nous laisse découvrir le travail acharné des araignées…elles sont prêtes pour les DÉCOS de NOEL 
Le camino et au bout … 
Bleu le ciel … 
Les œuvres en chemin  
Les artistes du chemin  
Les Cazelles  
Cahors nous voilà 
Apéro Time 
Brochette verticale  
Soleil levant sur Cahors  
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Publié le 3 octobre 2021

Quitter Cahors après un week-end de pause en excellente compagnie, n’est simple pour personne. Retenons que le positif, de belles retrouvailles à tous niveaux.

Nous repartons en sachant que « la côte » pour surplomber le pont Valentré serait impressionnante. Elle n’a été que de courte durée et effectivement bien pentue! mais c'est fait. Arrivées en haut de la côte, nous nous sommes vêtues de rouge, le rouge pèlerine pour ne plus le quitter. Nous savions que la journée serait humide. Nous ne pouvons pas nous plaindre jusqu’à Maintenant la pluie ne nous a pas trop gênées. Les cailloux blancs du Quercy sont à nouveaux glissants. C’est prudentes que nous continuons. La pluie commence à nous glacer les mains.

A Labastide, nous retrouvons Adeline. Nous venons de voir un panneau nous indiquant un bar-restaurant. En espérant qu’il soit ouvert, nous nous y rendons, bien trempées. En attendant l’ouverture de notre gîte, nous y passons du temps avec notre compatriote à papoter. Adeline nous accompagne jusqu’à notre gîte et continue, nous nous promettons de nous retrouver le 5.10 pour fêter ses deux mois de marche.

Retrouvailles avec Adeline 
Une belle soirée  
Cahors depuis le haut de la côte  
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Publié le 5 octobre 2021

Hier, en quittant le gîte de Rémy à Trigodina, où nous avons passé « malgré tout » une bonne soirée : Rémy nous a chanté sa chanson de Compostelle …juste magnifique. (Rémy rothan sur YouTube Compostelle); la marche a été compliquée pour ma chère amie. 8km longs et compliqués avec un genou en souffrance. Sur les hauts du Quercy, sans âme qui vive difficile de faire autrement. Quand soudain, nous croisons la Malle Postale à Lascabanes. Béa la conductrice a gentiment accepté de nous prendre les deux afin d’emmener la « blessée » jusqu’à Montcuq. C’est ça le « chemin » des gens merveilleux juste quand il faut !

Le médecin est formel, si nous voulons aller jusqu’à Santiago un repos forcé de quelques jours est impératif.

Nous sommes sous le choc mais le positif est qu’il est possible de mieux. Alors écoutons et soyons raisonnables. Nous décidons que Mercedes utiliserait « la Malle postale » pendant que je marcherai, afin d’avancer.

Ce matin c’est avec un pincement que je pars « seule », sans vraiment l’être le suédois quitte le gîte en même temps que moi. Nous ferons le chemin ensemble jusqu’à Lauzerte. Avec une pluie battante et glaçante. La pèlerine est vite submergée par les flots.

La balade n’est pas la même certes, mais la pluie est si forte qu’elle fait vite oublier le changement de binôme. Les montées sont glissantes et collantes, la glaise nous colle aux chaussures. Les 16 kilomètres seront aussi De longues traversées dans le Quercy blanc et trempé. Nous croisons en route une « pause café » chez l’habitant bienvenue. Toutefois nous reprenons le chemin rapidement car nous n’avons fait que la moitié et j’ai déjà froid.

Après plusieurs kilomètres en marchant en mode automatique, à la sortie d’un bois et après avoir emprunté des marches en béton, lissées par la pluie et la boue, je reconnais Lauzerte en haut d’une Coline. Qui pourrait ressembler de loin à Romont, même le temps est identique : pluie, brouillard, froid, en quelques heures nous avons passé direct à la fin de l’automne. D’ailleurs même les gens du village nous disent que c’est l’hiver. Touristes et habitants ont déserté le village, lequel est bien déprimant avec ses arcades vidées et ses rues désertiques.

Nous mangeons au seul resto du coin ouvert, tentant de me réchauffer. A son terme nous allons faire 3 pas dans le village attendant que l’heure passe, le gîte ne peut nous accueillir avant 17h. L’attente est longue dans un village complètement déserté, seuls les « étudiants » arpentent les rues pour se rendre au collège, et quelques badauds à la banque. Quelle tristesse. Avec l’apparition du soleil, j’étends mes affaires trempées sur les barrières du village, en mode « gitans ». Nous contactons notre hospitalière pour savoir si nous pouvons avancer notre venue. Elle propose finalement de venir nous chercher.

Nous arrivons dans une grande ferme, avec les animaux de la basse-cour au complet. Un agréable moment avec de belles personnes. Demain Moissac.

Hier en quittant Trigodina 
Rémy et  .. sa chanson  .. un peu la notre 
Une belle luminosité ce matin  
Un peu seul …comme la pèlerine  
François à la pause du Sorbier 
La saison change  
Résumé d’une journée de pluie  
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Publié le 6 octobre 2021

Marie de la ferme de Parry, propose à Mercedes de l’emmener à Moissac. Vu la journée d’hier, seule avec les âmes en peine de Lauzerte, je ne me vois pas laisser Loulou « en perdition dans une ville inconnue à errer. Ça sera une journée repos pour moi aussi. Nous irons à deux jusqu’à Moissac. Nous déposons nos sacs au gîte suivant. Et Marie nous dépose en ville.

Le soleil est revenu et nous faisons quelques pas tranquillement.

Nous passons sous les parapluies roses suspendus, de la mouvance « octobre rose. l’émotion est vive, bien évidemment. Un an quasi que ma sœur de Coeur s’en est allée…un an, le vague à l’âme est là, mo »rose.

Nous passons au cloître, revoir cet endroit magnifique et prenant, laisse perplexe.

Je croise Adeline en sortant d’un magasin. Nous « déjeunons » ensemble et fêtons ses deux mois de marche.

Réveil à la ferme de Parry 
Vue matinale sur Moissac  
Octobre rose
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Publié le 8 octobre 2021

Avec deux jours de retour…sans le Wifi c’est parfois difficile …

En arrivant à Moissac, nous avons déposé nos sacs au gîte de La Petite Lumière, sur les hauts de la ville. Nous avons retrouvé Adeline, et finalement nous dormons toutes au même endroit chez Anne.

Au premier abord, la Petite Lumière est un gîte quelconque avec une belle vue.

Nous avons passé une bonne partie de l’après midi à trouver LE médecin qui ferait l’infiltration pour le genou de Mercedes. Au fil des téléphones négatifs, nous perdons espoir et le moral s’assombrit. nous ne voyons pas de solution. Finalement Edith qui doit nous accueillir à Eauze propose de contacter le centre médical de sa région. Un médecin d’AUCH, accepte et donne rendez vous pour vendredi à Mercedes. A savoir que cela n’est pas du tout sur « notre » chemin. Il faudra prendre deux trains à Mercedes pour s’y rendre, se reposer à l’hôtel encore deux jours et nous retrouver avec Edith, lundi. Je continuerai le camino en attendant.

« Une lumière » d’espoir nous a alors traversé, nous voyons enfin le positif dans cette galère. Le moral revient.

Le souper arrive, nous le prenons avec Anne et sa compagne, Adline et Josephine la jeune Belge de 18 ans que nous avons déjà croisé quelques fois.

Au souper Anne nous raconte comment elle a acquis sa maison, protégée par la vierge blanche dominant la ville. Une belle histoire qui n'existe que dans les livres, une belle histoire qui est arrivée sûrement grâce à LA VIERGE » qu’on y croit ou non, la ´petite lumiere » ne pouvait porter que ce nom.

Je me suis couchée avec une petite lumière dans ma tête.

Le lendemain le réveil est magnifique, nous allons voir le levé de soleil la lumière de cette journée ne nous laissera pas indifférentes. Bien sûr …Nous avons toutes été « parler » à la Vierge blanche.

Nous repartons Adline et moi, non sans peine de « cette petite lumière » sans être indifférentes à l’énergie qui nous a traversées. C’est compliqué, pour moi de quitter Mercedes une seconde fois, dans cette incertitude, avec l’espoir que LA Vierge Blanche écoutera nos vœux de nous mener jusqu’à Santiago.

Mercedes reste sous la lumière de l’endroit tandis que nous redescendons, jusque dans les rues de Moissac, sous le choc. Tentant d’être fières, tentant de surmonter notre mal-être. Nous croisons en chemin deux « petits messieurs » tellement bienveillants que nous nous disons que tout peut arriver.

Nous récupérons les bords du canal, avec beaucoup de peine, les balises nous semblaient invisibles, nous décidons de prendre la facilité : le chemin de halage, tout droit, notre peine doit être estompée par la simplicité de la marche. Nous rejoignons Auvillar, un bien joli village typique de la région. Mercedes est bien arrivée à son hôtel. Le reste n’importe peu.

La maison de la petite lumière  
Le pont Napoleon
Le Chemin de halage 
Auvilar 
Notre gîte insolite d’Auvilar 
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Publié le 8 octobre 2021

Soyons honnêtes, toute la journée nous avons marché en pensant à Mercedes, et cette foutue infiltration. Toute la journée nous avons marché en attendant le moment où elle nous informerait que cela c’était bien passé et que NOUS pourrions continuer.

Le téléphone a retenti à 15h …oufff tout s’est bien passé. Maintenant reste à trouver comment se rassembler, nous verrons tout ça demain.

Nous sommes arrivées à 18:15h au gîte, vite douchées, Parler de vive voix à Mercedes, se rassurer et pouvoir souper sereinement.

Nous avons eu le téléphone de la « Petite lumière » nous demandant comment cela c’était passé pour Mercedes. Décidément ce camino nous montre, chaque jour, la bienveillance de nos accueillants, c’est tellement touchant de se savoir « suivies ». Un pur bonheur.

Nous sommes à quelques kilomètres de Lectoure. Je m’étais promis que si je repassais par LECTOURE, je m’offrirais un passage Aux Thermes. Il nous a même été conseillé de nous offrir un massage. Anne m’a demandé de m’offrir de la douceur.

(bon maintenant je peux l’écrire…je ne suis pas fière de dire que l’Aubrac m’a fait tomber et que je me suis blessée au poignet gauche: merci les dragonnes des bâtons qu’il ne faudrait jamais enfiler! C’est ma foi trop tard, en plus en tombant mes lunettes m’ont ouvert l’arcade. Anne m’a fait un massage du poignet en me disant que les ligaments avaient été « un peu écrasés par les bâtons et que je ne m’étais pas loupée ») Je vais l’écouter. Avec Adline nous partons tôt demain matin, nous avons rendez vous avec le bien-être.

Demain LECTOURE

Départ d’Auvilar 
Les SIG du coin au boulot  
Le bonheur du matin : un café  
La beauté des paysages tels des kilomètres de tissus étendus  
La fin des tournesols en misère  
La lumière de l’automne  …magnifique 
Chez Nat …un signe  

Nous avons fait 22km

Ce soir au repas sur que certains n’ont pas lu ce texte …

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Publié le 9 octobre 2021

Nat notre accueillante de CASTET Arouyu nous demande en partant ce matin si nous ne voulons pas « visiter l’église ». Il est 8h, c’est un peu tôt …mais finalement nous n’avons pas le courage de le lui refuser. Nous l’accompagnons et après un selfi qu’elle nous demande, nous comprenons qu’elle ouvre tous les matins le monument. Nous ne ferons qu’un bref passage dans le lieu saint. Nat est ravie. C’est le principal, elle a été d’un accueil chaleureux et nous sommes ravies de lui avoir fait plaisir.

Nous avons dès lors rendez vous avec le bien être. Certains diront que ce n’est pas « l’esprit pèlerin » que de s’offrir un massage et les thermes. Mais « et merde » comme a dit NAT notre accueillante hier soir au grossier personnage que nous avons dû supporter au souper.

Adline marche depuis deux mois et moi je le mérite aussi, je me le suis promis, et il faut être dans la souplesse avec soi-même.

Le soleil levant nous a à nouveau offert un magnifique spectacle. Nous avons à nouveau croisé de nombreux chasseurs vêtus d’orange prêts, aux aguets du moindre déplacement de gibier. Inquiètes au vu du nombre, nous leur avons demandé si nous ne risquions rien …semble que non. C’est toutefois peu rassurées que nous avons avalé les kilomètres suivants.

Nous avons été baignées par le parcours de deux Montgolfières. Peu avant Lectoure, sur le bas de la ville, le brouillard est revenu. Il faut frais. Nous accélérons le pas. Il nous reste 30min pour arriver dans les temps à notre rendez vous. Nous arrivons en haut de la ville telles les participants de Pekin Express, il sonne 11h et nous sommes devant la porte, fières d’avoir réussi notre épreuve. 11km en deux heures et demi, avec une pause et avoir fait plaisir à NAT. Ça ne sera pas tous les jours que nous marcherons si vite!

Nous arrivons à l’institut. ADLINE prend la première place. Je veux pour ma part aller à l’office du tourisme pour connaître les horaires des bus pour retrouver Mercedes a EAUZE.

Ce n’est pas gagné, il me semble que toute la semaine tout aura été compliqué, même trouver un horaire de bus qui peut nous correspondre. Même le raccourci (pour gagner 10km pour rejoindre Condom) que je voulais prendre sur conseil de NAT, semble impossible car non balisé.

Je retourne à l’institut dépitée ne voyant à nouveau aucune solution simple.

Je prends place sur la table de massage, Muriel me dit d’inspirer profondément plusieurs fois. Le moment est pour moi, une heure de pure détente, de relaxation intense. Retrouver la simplicité du camino : juste le moment présent, sans souci, sans contrainte, juste maintenant.

En sortant je suis sur un nuage, ressourcée. Nous allons manger avec Adline et je me dis qu’Isabelle l’accueillante du Gîte de l’Etoile Occitane nous trouvera une solution.

Radio Camino a fait son chemin: elle est au courant de la situation et m’organise mon trajet en taxi depuis notre gîte de demain soir. C’est finalement tellement simple avec les bonnes personnes au bon moment.

Mon Pékin express de la semaine se termine avec une séance aux thermes de Lectoure. Josephine la jeune pèlerine belge nous demande si elle peut nous accompagner : quelle évidence. 3 pèlerines aux thermes de Lectoure, un vrai bonheur.

Je me réjouis de lundi, retrouver Mercedes, tout est organisé, lundi 11h à EAUZE.

Ne garder que le positif

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Publié le 12 octobre 2021

Je retrouve Mercedes à Eauze et Nous faisons une halte chez l’amie Edith, a Tudelle. Nous nous posons et Mercedes doit malheureusement se rendre à l’évidence : après plus de 900km elle prend la sage décision de mettre sa santé en priorité, et de rentrer. Le genou n’en fait qu’à sa tête… et dit stop !

Regardons la belle aventure parcourue ensemble. Le Camino sera toujours là et attendra la guérison.

Nous passons un bon et beau moment de transition chez Edith. Un bel endroit, avec le soleil d’automne. Et un bon repas de chez nous : saucisson, gratin dauphinois.

Bien sûr que ce matin, la séparation est à nouveau difficile … très difficile. Mais franchement quand j’ai vu comment tu t’es levée à l’aube, ce serait de l’inconscience que de ne pas écouter ton corps.

Je suis sûre que tu as bien été accueillie par tes proches à l’aéroport et que tu vas être dorlotée. Tu vas me manquer Mercedes on a bien rigolé ensemble et qu’elle aventure …

Même si cela n’a pas été facile tous les jours faut bien l’admettre…😉Soigne toi bien et je vous attends pour les 100 derniers kilomètres.

J’ai repris le chemin, avec la gentille Adline et ensemble nous avons rejoins Eauze à pieds cette fois. La journée a été belle, même si un peu morose. Le chemin nous ouvre ses portes extérieures comme intérieures.

Un peu du Jura sur le chemin 
Avec Edith  
Départ de Tudelle  
Bla-bla-car … pas très rassurant  
Repasser à Lamothe  
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Publié le 14 octobre 2021

Hier j’ai rejoins, avec Adline, la petite ville de Nogaro. Je crois en mode automatique.

J’ai été contente de repasser la ligne de Greenwich sous le soleil. Bien évidemment tout est différent sous cette météo clémente.

Le Soir au gîte communal, pas de souper, et nous retrouvons deux autres pèlerins au restaurant du coin. Ça nous change de sortir en ville le soir. Le Retour est frais. Il fait nuit et nous n’avons plus l’habitude de nous balader le soir.

Ce matin nous retrouvons « le couple d’anglais » qui a à nouveau campé. Deborah nous explique que le chemin « c’est son truc » mais pas trop celui de son mari « Pete ». Mais il l’accompagne, 7 semaines de séparation sont trop longues, il fait avec. Elle est admirative quand elle entend notre parcours avec Adline. Moi je les admire, ils ont des sacs énormes et chaque nuit, dorment sous tente.

Nous quittons le gîte ce matin, sans hâte bien que nous ayons 27km à parcourir. Le Soleil est là, mais il fait frais, les pare-brises sont gelés et J’ai sorti mes gants.

Nous passons devant les arènes de la ville.

La Journée a été magnifique. Nous avons croisés à plusieurs reprises les pèlerins de l veille.

Juste avant d’arriver au gîte nous voyons un magnifique faisan et un lièvre. La nature nous offre de beaux cadeaux.

De loin nous avons vu les Pyrénées…la Frontière approche.

Les arènes de nogaro  
Le café donativo  
Les Pyrénées…de très loin  
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Hier seule …avec de belles lumières dès le matin.

Adline avait des choses administratives à régler.

Seule avec mes pensées, seule avec mon ombre et juste l’ombre de moi-même.

J’ai parlé à mes pieds, à mes jambes.

Les champs des landes m’ont plongée dans la méditation, intime et profonde, des champs à perte de vue. Maïs en cours de ramassage, l’envol des oiseaux, 2-3 faisans passant picorer m’ont réveillée.

J’ai croisé le groupe de pèlerins allemands, j’ai tracé ne voulant pas leur parler.

Le ciel m’a fait des confidences et en haut d’une petite côte, j’ai reconnu l’endroit. Le gîte communal n’est plus bien loin.

Arrivée tôt, j’ai profité de laver mes affaires. J’ai revu des pèlerins connus et d’autres jamais vus.

L’hébergement se complique à nouveau, les gîtes ferment à tour de rôle …on verra bien.

935km d’effectués. A mi distance

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Publié le 17 octobre 2021

Hier, la solitude et aujourd’hui accompagnées de Marc le franco-suisse qui voyage avec son âne Fally et son chien Oly, un chien truffier. J’adore les beagles, mais là mon cœur balance. Un chien tellement agréable, tout doux tout mignon. Et l’âne …que du bonheur. Comme dit Marc : un lien de communication avec les autres.

Il nous a touchées avec l’attention qu’il porte à ses animaux. Toute la journée nous nous sommes croisés et dépassés et pour finir, nous l’avons accompagné à son gîte, juste avant le nôtre.

Nous dormons à la Haun Lacoste, à Louvigny, en nous approchant je pense reconnaître où il a deux ans nous nous étions arrêtés avec Maryvone et Richard. C’est bien là. Le « patou » « chien des Pyrénées gardien de troupeau, nous accueille. Je me souvenais que l’hospitalier m’avait assurée qu’il était gentil, nous entrons dans la propriété confiantes. Les six allemands sont arrivés peu avant nous.

La journée a été belle, encore sous un magnifique soleil, qu’elle chance nous avons, même si les matinées sont fraîches.

Depuis deux jours nous voyons beaucoup de panneaux et bornes indiquant les kilomètres restants jusqu’à Santiago.

nous sommes très proche de la frontière.

Je me réjouis de passer en Espagne, et entreprendre LE CAMINO FRANCES. C’est étrange jusque là nous étions « sur la VOIE du PUY ».

Je me couche et je vois sur les tringles à rideaux, les punaises des champs qui gambadent…y en partout partout partout… je ne les aime pas du tout 😂 j’ai trop froid, elles resteront là, sûrement jusqu’à demain mais pourvu qu’elles n’aillent pas dans mes habits …

Ce matin  …
15!pèlerins au gîte communal de Miramont Sensac  
Les Landes  
Adline qui parle à Fally  
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Publié le 19 octobre 2021

Depuis 2 jours nous marchons, Adline et moi avec un fond de Pyrénées. Les matins ont été frais et celui du jour, estival, comme tout au long de la journée.

Depuis deux jours également, L’ambiance dans les gîtes est particulière. Les pèlerins sont des vacanciers qui font une « course » contre la montre à celui qui ira le plus vite et le plus loin, au bout de sa semaine de coupure. L’esprit n’est pas le même, nous ressentons leur stress, d’aller le plus loin comme une compétition.Nous nous sentons en décalage.

Nous flottons dans notre bien être : d’être juste au bon endroit au bon moment.

Les Pyrénées nous offrent un spectacle : plus proches et plus belles de jours en jours. Même si le prix à payer sera d’avoir la pluie dans quelques jours. Nous avons tellement de beau temps, je n’en reviens pas. L’été indien nous accompagne. Les couleurs de l’automne sont au rendez vous.

Nous cheminons en nous rapprochons chaque jour, un peu plus des sommets:

L’Espagne est juste derrière.

2 ou 3 jours et Saint-JEAN-Pied de port sera à mes pieds. Adline passera par le Camino Del norte. Je le sais depuis le premier jour où je l’ai rencontrée, le désir de voir l’océan …je connais ça. Ses yeux émerveillés lorsqu’elle a vu le petit lac en sortant de la dernière ville l’a confortée dans son choix. Je lui ai toujours dit « n’écoute personne et fais selon ton désir ». L’important c’est d’aller à Santiago.

Reste à savoir où et comment « transiter » quelques jours et nous serons toutes les deux en Espagne chacune de son côté. Mais une belle amitié est née, entre nous trois, Mercedes, chaque jour nous pensons à toi, les fleurs de la Pampa sont encore bien présentes tout au long du chemin.

La chaleur estivale des alentours de Navarrenx a chauffé de sueur nos corps, et bronzé nos peaux à nouveau.

J’attends Adline sur une terrasse, elle est à l’office du tourisme pour prendre des renseignements pour son camino. Elle sait maintenant qu’elle passera par la variante de Saint-Palais, là où il y a deux ans j’ai hésité.

Nous savons que la séparation sera difficile. Mais ça va aller …comme dit Adline

Ce soir nous dormons au gîte « du cri de la Giraffe » Celui de L’Alchimiste (conseillé par Luc) est fermé pour deux jours. Nous avons croisé « ses missives bienveillantes» en partant de l’abbaye de Sauvelade.

Je dois dire qu’à part le gîte de Charly, en sortant de Genève, qui était insalubre, nous n’avons jamais été déçues. Une expérience nouvelle chaque soir. Des hospitaliers rempli de bienveillance, nous offrant un réconfort dès notre arrivée.

Pyrénées première fois
Le Gîte de la boulangerie à Arthez le Béarn 

Avec Luis le pèlerin portugais qui a parcouru de nombreux chemins notamment en 🇨🇭

Grande émotion face aux Pyrénées  

Réaliser tous les kilomètres parcourus …jusque là! De la suisse 🇨🇭 à ici

Encore une belle journée nous attend  
Les missives de l’alchimiste 
Pyrénées bis  
Petite pause en fraîcheur bien méritée  
Arrivée à Navarrenx  
Du haut des remparts  
Mais t’es où ?? 
Étapes des prochains jours ..,l’Espagne si proche 
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Parfois certaines personnes nous soûlent le soir au souper, et le matin au petit dej. Nous quittons notre gîte de Navarrenx avec des : il faut, vous devez, ce n’est pas comme ça, vous faites une petite étape, et le packaging…etc…

Sans avoir même fait un pas nous étions fatiguées, la tête remplie de théories, n’arrivant même Plus réfléchir à ce que nous devions acheter pour notre pic nique. Nous nous offrons un café « tranquille et serein » au seul estaminet ouvert de la jolie bourgade, après être passées par le marché. Nous voyons des gens portant et d’autre non le masque, nous sommes tellement décalées que nous ne savons pas s’il est indispensable.

Nous partons tardivement de Navarrenx, et profitons de chaque instant ensemble, demain Adline partira sur St-Palais : la bifurcation pour le Norte.

Nous nous arrêtons à chaque endroit de pause à pèlerins, la chaleur est pesante dès le matin. Nous arrivons à une conserverie où des boissons fraîches sont proposées aux pèlerins, ainsi que des conserves de pâtés divers. Nous profitons pour manger notre sandwich.

Le patron de la conserverie arrive et entame la conversation, le sujet démarre sur les devises françaises : liberté fraternité égalité et il s’emballe sur la différence des pèlerins et il nous sort LA PHRASE du jour : il n’y a pas de prime à l’arrivée… mais c’est tellement ça !!! Que nous nous promettons de la sortir à la prochaine opportunité.

C’était la phrase qu’il nous fallait.

Nous repartons en emboîtant le pas à un australien qui nous dit être parti le 25.9 de Genève et il est là…

Avec beaucoup de bienveillance et de gentillesse, il explique avoir de « longues jambes » et marcher du lever au coucher du soleil… environ 50km par jour…la phrase du jour trotte dans ma tête…inutile, il est déjà loin

Nous arrivons au gîte « Bellevue » en ayant vu et longé les Pyrénées, baignées par la chaleur étonnante de ces derniers jours.

Le coucher de soleil nous offre un beau moment et nous profitons de souper dehors.

Les remparts de Navarrenx  
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Publié le 21 octobre 2021

Les pieds en plein Pays basque verdoyant et tacheté de laine de moutons divers. C’est ainsi qu’aura été notre dernière journée de marche en binôme de suissesses. Nos pas légers et silencieux ont parcourus les kilomètres jusqu’à la stèle de Gibraltar : la croisée des trois chemins, des trois voies : VEZELAY, TOURS et du PUY. Adline m’accompagne et partira sur Saint-Palais, direction IRUN et le norte.

Nous avons marché comme suspendues au temps espérant que le moment serait le plus tard possible, où nous devrions nous quitter. Nous avons croisé les mêmes pèlerins que ces derniers jours, discuté quelques mots, sans se le dire nous voulions sûrement être seules les deux jusqu’à La Croix.

Ce moment est arrivé en haut d’une grimpette, et voilà qu’il s’est mis à pleuvoir, la pluie était annoncée pour 15h, c’est quasi l’heure. Nous demandons au pèlerin présent de nous prendre en photo devant le symbole de notre séparation, l’émotion monte en même temps que la pluie nous inonde, sûrement pour dissimuler nos émotions.

Nous devons y aller, il pleut et l’humeur n’est pas festive. Nous nous serrons avec la force de l’amitié profonde, reconnaissantes l’une envers l’autre. Adline monte vers Saint Palais. Je croise un chien qui n’essayera pas de me toiser tant mon pas est décidé.

J’entame la montée vers la petite chapelle. La montée est difficile dans les cailloux gras et glissants, je pleure de cette nouvelle séparation.

La Chapelle m’accueille avec une vue magnifique.

Mon camino commence ici

Un fronton  
La Croix de Gibraltar  
La montée à La Chapelle OLYIBI

Au gîte de Marie à Harambeltz

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Publié le 23 octobre 2021

Après la croisée des chemins, me voilà arrivée hier à Saint-Jean-pied-de-Port…à la porte de Roncevaux : l’Espagne.

…avec la pluie 😂

La traversée des prairies et collines basques sous la rosée matinale et une forte pluie, l’arrivée à la porte SAINT-Jacques aura trempé la pèlerine…

Le sentiment étrange d’un déjà vu… les rues de la petite ville sont quasi désertes. Le passage à l’accueil pèlerins pour tamponner ma credenciale et prendre quelques renseignements « pour me rassurer ».

J’ai comme une angoisse, qui me prends aux tripes: demain l’Espagne : Reset

Hugo le pèlerin rencontré la veille a la même angoisse, qu’on ne peut expliquer. Ça me rassure

Ça va aller …n’est-ce pas Adline 😉

J’ai acheté quelques cartes postales, me manque un stylo. Au gîte j’en prends un dans un pot au « hasard » ….vraiment ….en entamant mon écriture je vois le logo publicitaire : ZERMATT hôtel Beau site, rien de mieux pour écrire quelques mots qui s’envoleront vers la 🇨🇭 …rien n’est hasard

Je vais profiter de quelques heures de repos avant d’entamer les 5 premiers kilomètres de montée sur Roncevaux.

Demain je passe en Espagne

Reset : camino Frances

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Publié le 25 octobre 2021

Hier le sentiment était partagé, j’y vais J’y vais pas … un projet à deux qui tombe en « lambeaux » sans aucun reproche, les questions sont là. Saint jean pied de port m’a tendu la main avec un soleil magnifique, même si j’ai traîné avant de parcourir les 5 premiers kilomètres, j’étais ravie de ce tronçon magnifique. J’y ai croisé deux pèlerins en montée qui allaient dormir sous tente au col, et un qui redescendait après avoir fini son camino.

Au gîte un pèlerin est arrivé, sur la fin de son parcours jusqu’à Pampelune, qui est à deux étapes. L’ambiance dans l’établissement était plus orienté vacances que pèlerins. Les vacances de la Toussaint ont commencé.

Ce matin, nous n’avons pu prendre que tardivement notre petit déjeuner, et avons entamé la montée à 845h. Juste après le levé de soleil…grandiose.La montée a été rude, la fraîcheur piquait les joues, en cours de route j’ai mis mon bonnet et mes gants, le vent s’est levé en altitude. Enlève la veste remis la veste …Nous devons monter à 1400m, partie à 190m 🙈

Je pense que ça restera jusque là MA plus belle journée! Autant par les paysages que par le fait qu’en arrivant au col, j’ai eu la surprise de retrouver Fabienne la pèlerine de Grenoble, rencontrée le 2.9!!! Un truc de fou…elle a parlé à Hugo, en arrivant à saint jean pied de port, qui l’a convaincue de monter au col car j’y étais… elle savait qu’il avait de mes nouvelles. J’ai bien cru la reconnaître lorsqu’elle a passé devant moi à la pause, sa démarche particulière m’a convaincue que c’était bien elle… de tellement belles retrouvailles mêmes si éphémères.

Nous avons fini le parcours ensemble, par le chemin traditionnel jusqu’à l’abbaye de Roncevaux (qui n’est pas recommandé par temps de pluie) le chemin a été juste magique. Arrivées en bas nous avons bu une bière, Fabienne guettait le pèlerin Hugo avec lequel elle repartait en taxi partagé sur Saint jean Pied de port. Je n’aurai jamais cru la revoir, et elle toute la journée elle savait que J’étais devant elle…merci radio camino…

Arrivée en Espagne le cœur léger, mes craintes de cette mythique montée dépassées, avec le soleil et un air de vacances, aux terrasses peuplées …d’espagnols.

La nuit a été fraîche, très très fraîche, à l’abbaye et compliquée en dortoir. L’établissement nous réveil à l’aube, par une diffusion de musique ecclésiastique, pour ne finalement partir qu’au lever de soleil. 3 degrés sont annoncés, mais les prairies sont ornées de gel. Plusieurs pèlerins cheminent devant et derrière. L’Espagne est entamée.

J’arrive au terme de ma première étape après une descente jonchée d’alignements de cailloux, impossible à longer, chaque pas est réfléchi, je vais très doucement. J’arrive à Zubirri, minuscule village. Je croise un pèlerin français qui m’encourage à m’enregistrer à la première auberge, le gîte municipal est fermé, comme d’autres auberges, alors qu’à l’accueil de l’Abbaye de Roncevaux il nous avait été assuré qu’il y aurait de la place.

Il est 15h, je vais manger au bar une assiette de tranche panée, salade, c’est l’horaire espagnol. Demain Pampelune.

Lever de soleil Sur SAINT-Jean Pied de port. 
La montée jusqu’au col 
Descente des brebis 
C’était LE JOUR pour traverser 🤩
Ciel magnifique  
La fontaine de Roland  
Au col avec Fabienne  
L’Espagne et juste avant de redescendre du col  
Bientôt Roncevaux  
Soleil mais frais  
Dortoir de l’abbaye  
Roncevaux au réveil  
Le balisage espagnol  
ZUBIRI  
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J’ai Passé de la cité de Pamplune aux paysages de film en une matinée de brouillard givrant, en passant par la montée au Pardon…

Cela fait deux matins, enfin trois…que je, que nous sommes, réveillés à l’aube pour je ne sais quelle raison. LA Méthode espagnole des auberges à pèlerins, pour que les lieux soient vidés à 8h. De plus, Ce n’est pas comme si nous allions travailler et qu’il nous faut être pomponnés, levés 30min avant le départ est bien suffisant à mon goût, surtout que ceux qui réveillent tout le dortoir à 6h, traînent jusqu’au dernier moment, pour encore glander dans les rues avoisinantes au gîte, vu qu’il fait nuit noire.

Néanmoins cela fait deux matins que je pars avec la nuit, aujourd’hui dans les rues de Pampelune la marche est guidée par l’éclairage public. La sortie de la ville me prend plus D’une heure. Je suis en alternance deux pèlerins avec leur chien rencontrés il y a quelques jours. Le brouillard se densifie dans la montée, pour nous rendre à Alto Del pardon : sculpture représentant une caravane de pèlerins au col (770m). A quelques mètres du col, le brouillard laisse entrevoir sa mer, et donne un magnifique spectacle. Une fois arrivée à la caravane de pèlerins, l’émotion est vive, tellement c’est beau, …la montée au pardon, qui n’en n’a que le nom. Sûrement qu’avec le symbole, l’émotion de tous est tangible.

Pardon de quoi ?? Peut être de ne pas se faire assez confiance …à méditer. L’endroit est sublime : mer de brouillard d’un côté et de l’autre : nous basculons dans un paysage presque désertique. Nous avons repassé de l’hiver à l’été.

Le reste du parcours jusqu’à Puente la Reina s’est fait en mode descente dans la caillasse, le ciel bleu m’a accompagnée telle une carte postale. Les toits des différentes églises rappelant des décors de films.

Sortir de Pampelune 
Le brouillard glaçant et givrant 
Les pauvres  sauvons les 
Moi j’adore  
La récompense  
No comment  
Facile à suivre  
Arrivée à Punte de la Reina 

A mon arrivée à l’étape, me suis offert une nuit seule dans une « hostel ». Une chambre pour moi!!! en plus ça fait deux mois aujourd’hui que le périple a commencé, j’aurai bien bu un kir mais seule c’est pas pareil. Il fait beau je vais aller faire un tour

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Publié le 29 octobre 2021

Demain, ça fera une semaine que je suis en Espagne. Le programme « reset » est bien entamé.

Après quelques jours en « auberges de pèlerins » à 8euros la nuit, avec toutes les spécialités que cela comporte, j’ai opté pour un saut de puce en bus, larguant ainsi les prétendus pèlerins et leurs jalousies déplacées, qui ne vous adressent plus la parole lorsqu’ils sont en mode pause en bord du camino… étrange!

En voyant passer le bus, à Punte la Reina, j’ai choisi de ne plus les voir. Un pèlerin espagnol faisant le voyage m’a vivement conseillé d’aller directement à Logrono, le village de Viana n’en méritant pas le détour. J’ai ainsi retrouvé la solitude bienveillante et utile à mon bien être.

Deux étapes plus loin : Logrono est vraiment une grande grande ville, quasi déserte la journée, vivant par les fêtards nocturnes occupants les tables extérieures des nombreux bistrots par des tapas et spécialités locales. Mon auberge était en plein centre, j’y ai goûté : quelle vie… le Covid est bien loin, même si le masque reste « obligatoire » dans les espaces restreints.

Mon étape d’aujourd’hui comptait 28km avec la recommandation d’emporter de l’eau … la pluie se sera invitée…

J’ai quitté à 7h30 ma pension, la marche en ville au petit matin est facile, d’autant qu’il m’a fallu plus d’une heure pour arriver dans le calme, traversant un parc Rempli de marcheurs et coureurs matinaux, puis j’ai rejoints les vignes du Rioja, surplombant de grands plateaux.

Toute la journée, j’ai Suivi de loin Nico, le Suisse d’Aarau rencontré à Saint-jean et un lucernois, entrevoyant la couleur de leurs vêtements de pluie, aux cimes des plants de vignes. Quelques grappes de raisins, d’un goût amer, sont encore accrochées à leurs plants. La multitude des couleurs automnales est magnifique.

Finalement je n’aurai fait qu’une petite pause de 30min au café du petit village de Navarette. La pluie et la fraîcheur n’aidant pas à s’arrêter pour s’occuper de ses pieds.

Je suis à Najare. 29 km dans les jambes (parfois, c’est soit 12, soit 29 km les villages sont parsemés) Demain un grand week-end est annoncé avec la Toussaint lundi. Mon hospitalière, m’a conseillé et s’est Proposée de me réserver une nuit pour demain. Je n’y avais pas pensé.

Cuisson des poivrons  
Logrono quasi déserte la journée  
Pas encore de pèlerine … 
De loin, de près, impressionnant  
La terre rouge et les couleurs d’automne  
Najare 
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Publié le 30 octobre 2021

Regarder ses pieds pour ne pas tomber, lever le nez pour ne pas louper le balisage, marcher marcher dans le brouillard…

Pas de pluie annoncée, alors partir et profiter car les prochains jours s’annoncent pluvieux et froids. Pas de pluie en effet, mais le brouillard insistant transperce et humidifie tout. La marche rapide. Je suis contente de mon bonnet. Les paysages dans les vignes ont peine à se laisser découvrir, tout comme les longueurs de chemins bien droits. Ne laissant presque rien apparaître, seule l’imagination prend son envol, tout comme les pensées, sur fond de bâtons cliquetants,

Les pourquoi, les comment, tournent en boucle, je regarde mes pieds rougis par la terre ocre et collante, le brouillard est dans ma tête également.

La caravane de pèlerins a un air rassurant face au brouillard, nous nous suivons en alternance, l’un devant puis l’autre, juste un échange de « Buen camino ». Puis au bout d’une montée et d’un long bout droit, une image apparaît au loin comme un mirage, une ville se dessine avec une luminosité de plage éphémère, je rêve je suis en pleine terre…non je ne verrai pas l’océan, c’est le camino frances.

Les abords de ville sont pauvres et sinistres, il me faut encore 30bonnes minutes avant d’arriver au centre. Je repère l’abbaye hospitalière de sœurs cisterciennes où je dormirai. Après une bonne douche, je vais manger et faire un petit tour de ville, qui s’avère être rapide.

Bien fleuri dans le premier village  
Pause pour pèlerins  
Halloween  
La spécialité locale  
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Publié le 2 novembre 2021

Après un week-end « compliqué » par le fait de jours fériés, nous avons appris qu’il serait difficile d’obtenir des gîtes, car tout était complet. Le soir dans l’Albergue des amis de Saint-Jacques suisses de Belorado, nous avons tous «balisé » car du coup l’étape suivante allait être longue et sans aucune assurance de couchage, tout comme le ravitaillement, férié équivaut à tout tout fermé. Même dans l’Albergue le souper en donativo a été annulé.

Un moment de stress, après 12km dans un froid glacial et la pluie menaçante. Finalement à quatre pèlerins, nous avons partagé un taxi et sommes allés à l’étape suivante, pas question de faire 40km de plus à pieds, n’y de dormir dehors comme certains pèlerins d’ailleurs blessés l’ont évoqué. Les journées commencent à être très fraîches et venteuses depuis plusieurs jours, et nous sommes à 900m. Avec la certitude d’avoir fait le bon choix, nous nous sommes offert un bon repas chaud, car depuis quelques jours c’est tortillas et pain.

Je repars ce matin, avec Sylvie une pèlerine française rencontrée peu avant Saint-Jean Pied de port. J’étais contente de la trouver hier en chemin et de parler à nouveau français, idem pour elle. Nous avons évoqué les anecdotes du camino, vu que nous avons rencontré quasi les mêmes personnes depuis deux semaines.

Nous avons quitté Burgos, et son immense cathédrale, en sachant que la journée serait fraîche et entamé « la mesetta » de longs chemins droits et quasi désertiques qui je dois bien l’avouer m’angoissent. Il faut prévoir à manger et à boire, mais quand tout est fermé, c’est stressant. Nous avons finalement trouvé un sandwich et quelques fruits, de plus A midi, nous avons eu la chance de pouvoir nous réchauffer dans un café…un vrai petit bonheur. Les fériés sont terminés.

Depuis quelques jours les paysages sont magnifiques, de grandes étendues, de belles couleurs. Le ciel nous offre de beaux spectacles, alternant entre les gris d’un côté et les bleus de l’autre. Jusqu’à Léon ça sera « mesetta » durant 7 jours. Soit : méditation au programme.

La météo nous turlupine tous également…on verra bien

Nous avons croisé la borne ce matin : 501 kmPour Santiago!!! nous avons fait 21km et arrivons avec Sylvie dans notre première étape de la mesetta à Hornillos Del Camino.

Soleil mais froid 
Avant Belorado 
De belles peintures murales sur les murs de Belorado 
Malika et Arturo, Vincent, Nico et Ulrike 
Burgos a 900m dans un froid glacial 
Nos sacs au resto 
Ça fait qq chose … 
Invitation au voyage  
C’est parti …200km de mesetta  
La pluie arrive  
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Publié le 3 novembre 2021

Ce matin un petit 2,5 degrés nous attendait à la sortie de l’albergue. Après la pluie d’hier soir, nous sommes tous contents de voir qu’il ne pleut pas. Le ciel est bleu, mais ça pique ça pique … le pas rapide nous entraîne hors du petit village de Hornillas de camino, qui n’est en fait qu’une ruelle ornée de petites maisons basses typiques. Aucun commerce, seules les deux auberges de pèlerins sont ouvertes et un bar en sortie de bled.

Le vent nous prend la tête dès les premiers mètres. Malgré le bonnet et la capuche, il faut marcher vite pour ne pas se laisser refroidir. Nous savons que nous n’aurons « rien » avant les 10 premiers kilomètres.

Marie, la pèlerine allemande faisant le chemin du retour a assuré qu’il y aurait un petit café au pied de l’église du village suivant. Nous sommes contentes de nous y arrêter et d’y manger une tortillas et un café. Nous y croisons plusieurs pèlerins. Finalement nous sommes beaucoup depuis quelques jours.

Il nous reste 9,5km pour clôturer l’étape jusqu’à Castrojeriz. De longs chemins droits, au milieu de nul part, puis au bord d’une route. Des étendues de cultures à perte de vues, en hibernation.

Le vent s’est moyennement calmé, nos 19,5km sont derrière nous, la tête complètement étourdie par le vent s’engouffrant dans nos capuches.

Je suis reconnaissante: Il a fait beau, beau beau, pourvu que ça dure. A l’auberge nous retrouvons le jeune américain Max de 20ans, rencontré la veille et un pèlerin français. Nous sommes tous fatigués par les kilomètres effectués dans le froid hivernal.

En partant ce matin 
Le couvent-hôpital ayant accueilli des pèlerins  
Castrojeriz 
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Publié le 3 novembre 2021

Prendre le temps Pour soi, pour se retrouver pour apprécier les petites choses de la vie.

Avoir la chance de pouvoir prendre du temps et aller sur le chemin, faire un camino …de vie, une recherche personnelle.

Prendre chaque jour son sac, le remplir de petites choses indispensables pour cheminer tranquillement, sereinement, mais trouver le bon équilibre entre l’essentiel, l’indispensable et le superflu. Le bon équilibre et ne pas dépasser le poids du supportable durant 8 heures par jour, parfois plus. Ne pas devoir souffrir de ce poids.

Prendre le temps de s’octroyer le Plaisir de marcher, de contempler de s’extasier, par les jolies fleurs, les couleurs des champs, les couleurs des arbres, du passage des saisons, regarder le bal des nuages dans le ciel, d’écouter les oiseaux et d’essayer de les découvrir …et…regarder derrière soi, le chemin parcouru,

J’aime plus que tout, me retourner après une bonne heure de marcher et regarder derrière moi… savourer ce passage dans le temps, regarder les traces par terre, imaginer les pèlerins qui ont passés avant moi et ceux qui viendront.

Chaque matin et chaque soir, je vois mon corps qui se transforme, qui s’affine, qui se muscle, qui souffre par le Temps Passé sur le camino. Les marques du sac, les genoux parfois gonflés, les pieds endoloris lorsque je retire mes chaussures, mes chaussettes. Le Temps que je leur offre à les crémer, matin midi et soir, pour les remercier de m’emmener chaque jour plus loin, chaque jour plus près du but.

C’est sûrement un exploit de pouvoir marcher tous ces kilomètres, mais il ne serait pas possible sans le temps que je m’offre, sans le temps que nous nous offrons chaque pèlerin pour réaliser ce rêve.

Nous devrions tous pouvoir prendre « ce temps » pour être-là, savoir que nous sommes juste là au bon moment au bon endroit, sans vouloir être ailleurs.

La liberté que nous offre le temps, quel cadeau.

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Publié le 4 novembre 2021

Il faisait un petit moins un ce matin en quittant notre auberge. Mais un ciel bleu divin. Froid sec, mais en marchant d’un bon pas nous avons vite été réchauffés. Nous sommes plusieurs pèlerins à nous suivre depuis l’auberge, quasiment les mêmes depuis quelques jours.Nous arrivons au pied de notre montée qui nous élèvera à plus de 900m avec des vues magnifiques sur la mesetta. Faut bien admettre que c’est superbe.

Toujours prendre le temps d’apprécier ce que la nature nous offre. Arrivés au point culminant, nous sommes tous là…admiratifs. La descente annoncée de 18% s’annonce périlleuse, heureusement bétonnée.

Elle se laisse apprécier lentement. Une famille de pèlerin nous rejoins, les plus jeunes en courant. Nous nous croiserons tous, toute la journée, pour arriver tous dans la même albergue. Nous retrouvons le français d’hier, allons faire quelques courses et mangeons ensemble au coin d’une table. L’albergue est pleine, la nuit sera intéressante: le partage, la communauté, la tolérance.

Ce matin  
arrivée en bas, de l’hiver à l’été  
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Encore une nuit compliquée en auberge. Au lever moins 1 degré. Nous avons dormi au Rez de chaussée d’un monastère, quasi sans chauffage, tous tout habillés, sans prendre de douche tellement il faisait froid. Nous étions une vingtaine de pèlerins d’origines différentes, à profiter du chauffage de la cuisine, une soirée sympathique et de franches rigolades, même si nous savions que nous aurons tous froid cette nuit.

J’avoue, ça été ma pire nuit en auberge, après celle passée à l’abbaye de Roncevaux. Réveil ce matin par le responsable à 650h, avec allumage de la lumière, même si nous avions jusqu’à 8h pour déguerpir…un rappel de « Mategnin » …la préparation fut rapide, mon réveil sonna 730h alors que nous étions en mode zombie déjà à arpenter les ruelles de Carrion de l’os Condes à la recherche d’un café ouvert.

Franchement, il faut une bonne dose de motivation pour avoir envie de continuer, heureusement que nous sommes trois francophones à bien rigoler de ces moments épiques.

Nous savions que nous n’aurions, à nouveau rien » avant 17km, pas un café, et pas de repos possible… partir en ayant à nouveau passé telle nuit a été une épreuve. Gelés par la nuit, et gelés par le froid glacial du matin…

Le soleil nous a néanmoins emmenés dans ces rayons matinaux, nous ouvrant la route sur 26km de désert, la mesetta…des kilomètres, sûrement des hectares de cultures au repos, laissant nos pensées vagabonder dans le silence, nous heurter, nous questionner, voire nous forcer à nous retrancher dans nos misères personnelles, en passant du pourquoi au comment et à Quand. Nous avons eu la chance que le soleil soit présent, même si le vent nous a surpris vers 12h. Encore 3 jours de méditation, la mesetta doit se poursuivre

jusqu’à Léon.

Nous avons longé de loin la chaîne de montagnes Cantabrique dont les sommets enneigés m’ont rappelés qu’Adline se trouvait de l’autre côté, sur le Norte. Hier soir, une pèlerine hollandaise est arrivée du norte car elle ne voulait plus être sous la pluie, j’espère que tu vas bien Adline…

Les lits de l’albergue hier soir  
Les sommets enneigés au loin  
Tous les matins nous avons notre borne qui nous rappelle que nous avançons  
Soudain  
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Publié le 7 novembre 2021

A cet endroit précis, géographiquement la moitié de l’itinéraire entre Roncevaux et Saint-Jacques-de-Compostelle a été parcourue. Soit la moitié du Camino Frances qui a débuté en Espagne.

Bien sûr pour ma part, c’est beaucoup plus.. mais à cet endroit, il me reste 360 km À parcourir jusqu’à Compostelle.

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Publié le 9 novembre 2021

Nous partons tous tôt ce matin, de l’auberge GAIA 18km et nous serons à Léon.

Comme tous les autres pèlerins je ferai une pause, surtout pour avoir un matin sans réveil de zombie…

Hier l’étape a été compliquée 26km de néant, de rien, de cultures, de chemin interminables tout droit …comme c’est écrit dans le guide « une épreuve pour pèlerin »

Juste le temps de compter Les pas entre chaque arbre ☺️
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Publié le 11 novembre 2021

Après la pause à Léon, qui fut agréable: tant pour les jambes, les pieds que le moral. Avec les deux français, nous avons profité de visiter la ville et pris quelques tapas sur les terrasses. N’oublions pas la raison de notre séjour, retournons au camino!

Nous repartons tôt ce matin avec la reprise de l’épreuve à Pèlerins…26km longeant une nationale truffée de camions roulants à grande vitesse.

Ce camino frances est une véritable épreuve. Sûrement que Les lignes droites de l’ennui donnent un caractère spécial à ce périple tant physique que spirituel. Se laisser distraire par ses pas et ses pensées …il est noté dans le guide que les 150km avant Léon sont ingrats tellement le décor est monotone sans supplément d’âme, ceux d’aujourd’hui ont été mortels d’ennui.

Après 5 heures au bord de la nationale, notre esprit est saoulé par la fureur des camions nous passant à quelques mètres, si bien que je n’ai même pas vu la borne annonçant 294km … 10km plus tard je n’ai pas loupé celle des 280…

Je ne sais décrire le sentiment qui m’habite alors que je suis passée en dessous des 300km, Santiago si proche maintenant …

Arrivés au terme de l’étape, nous sommes récompensés par l’accueil d’un pont du 13eme siècle à Hospital de Obrigo. Nous prenons le temps de l’admirer avec JC depuis un banc au soleil. Nous attendons Sylvie qui s’est arrêtée quelques kilomètres avant.

Notre auberge de ce soir a un air de vacances, bleu et blanc, toutefois sans repas sans petit déjeuner, l’hébergement continue à être compliqué. Le positif : Nous avons un lit, nous avons eu une magnifique journée ensoleillée. Nous avons joué aux oignons: enlevant nos couches les unes après les autres. Demain nous devrions entamer un autre décor, un peu de montée qui nous préparera à nous élever tout d’abord à 1300m, puis à 1500 m dans quelques jours. J’angoisse un peu… mais un jour après l’autre

Arrivée à Léon Plaza Mayor 
Touche spéciale « Oriane » 
Au camino  
Avec Sylvie et JC  
Passer en dessous des 300km 🤩
Hospitali de Obrigo  
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Publié le 12 novembre 2021

Ce matin nous reprenons notre routine : des kilomètres au bord de routes, camions et voitures à toute vitesse. Pas de petit déjeuner avant 11,9km, Après avoir humé les effluves diverses, partis avec un petit moins 1 au lever de soleil, nous arrivons enfin à une terrasse de café. Après une tortilla et un café, il nous reste 4km jusqu’à la prochaine ville.

Les rectilignes passées, nous espérons trouver à ASTORGA de quoi nous raviver le moral. Nous passons devant le palais/musée de Gaudi…fermé, comme tout le reste, bien sûr c’est l’heure de la sieste😂😂😂 encore 5km et arrivons à la fin de notre étape. L’hospitalier d’hier nous a réservé une place à l’auberge municipale de Murias de Rechivaldo. Seul gîte ouvert. En arrivant dans le village, désert comme tous les autres, je crains le pire en voyant les locaux…rustiques et rudimentaires au bord de route, 8 lits dans une grande pièce, deux douches, l’entrée faisant office de coin repas, et de stockage de chaussures. Pas de table, pas de micro onde… il nous est proposé un paquet de lentilles à …5 euros… que nous déclinerons, et le bar du coin ne fait pas à manger. Heureusement nous avions emmené du pain, fromage et tortilla et divers bons becs.

A 20h nous sommes tous déjà couchés, il n’y a rien à faire, juste laisser passer le temps.

Comme hier, le soleil nous aura accompagné toute la journée. Un vrai bonheur.

En sortant de notre gîte ce matin  
Ce matin moins 1 … 
ASTORGA au loin  
Palais de palais de gaudi  
Au moins un lit  
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Publié le 13 novembre 2021

En vraie pèlerine, je ne devrai pas dire cela… pèlerine un jour tu prendras ce que tu trouves, ce que le chemin te donne…l’ennui au bord des routes a mis à mal la tolérance, et le moral, si bien que ce matin au réveil nous étions tous (les 8 pèlerins) tendus lorsque l’hospitalier nous a allumé la lumière à 7h15 sans prononcer un mot, pour nous « virer »à 8h!!! Ça lui coûte quoi de nous accepter 30min de plus pour que nous puissions profiter de l’ouverture du bar pour prendre le petit déjeuner ??? Surtout que la tortillas de la veille prise au coin du banc de l’entrée et notre nuit n’ont pas été de qualité supérieure…

Allez savoir… par quasi moins 2 nous entamons les kilomètres jusqu’au premier café. Nous découvrons que de nombreux pèlerins sont à nouveau sur le camino, c’est l’ambiance week-end. Le soleil est de retour avec la chaleur, à midi nous sommes en t-shirt. Nous décidons finalement d’aller jusqu’à Foncebadon, quelques kilomètres avant « Cruz de Ferro ». Le chemin nous fait le bonheur de nous offrir des arbres, de la végétation …le camino est de retour, quel plaisir.

Nous avons été tellement de jours en « réunion avec nous-mêmes » que nous apprécions même la montée jusqu’à 1300m, la vue arrivée à notre gîte, qui est un vrai gîte, est superbe. Avec un superbe coucher de soleil.

Demain Cruz de Ferro à 1500m puis redescendre à 500m

Moins 2…tt est gelé  
De belles portes …fermées  
T-shirt mi-novembre  
Bleu-bleu avec des montagnes  
Nous nous sommes élevés à 1300m  
Au camino  
Menu pèlerin 🤩 les jours ne se ressemblent pas 
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Publié le 14 novembre 2021

Aujourd’hui c’est une étape mythique du camino frances qui est derrière. Passer à « la Cruz de Ferro » point culminant du camino à 1504m, tout un symbole …y passer en déposant le caillou choisi avec soin, représentant le poids de son âme, le poids de nos lourdeurs de vie, le « boulet » propre à chacun, le boulet qui nous empêche d’aller de l’avant.

La Croix en elle-même située au bord de route n’est finalement pas si exceptionnelle, mais quel symbole. Voir toutes ces pierres, toutes ces petites reliques personnelles, formant un monticule, sûre qu’on ne se sent pas seule à cet endroit. J’ai attendu de trouver le petit endroit qui accueillerait ma petite pierre « de Mategnin », je l’ai regardée une dernière fois, et je suis redescendue de l’autre côté, laisser partir le passé, s’en détacher pour enfin s’alléger…

Reprendre le camino qui aujourd’hui nous a offert de beaux paysages vallonés, escarpés et arides. De belles descentes, pour terminer avec 1000m de dénivelé, ça faisait bien longtemps que les muscles n’avaient pas autant travaillé, que les genoux et les chevilles n’avaient pas autant supporté la caillasse. C’est bien fatigués par le soleil, la montée et la stupéfiante descente que l’étape se termine.

Il est vrai que ST-Jacques se rapproche, j’avoue j’ai hâte. Mais profitons d’ici là, de chaque jour sur ce camino. La réunion avec soi-même n’est pas terminée. Chaque matin j’ai plaisir à reprendre mon sac, reprendre la marche, respirer l’air du camino…et accueillir tout ce qu’il m’offre.

Réveil  
Ça se rapproche