Carnet de voyage

Wwooftour2019

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Break professionnel de janvier à septembre 2019, pour voyager dans 4 pays ; Portugal, Espagne, Italie et Grèce. Slow travel, wwoofing pour apprendre un max, immersion dans les modes de vie locaux...
Janvier 2019
240 jours
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Publié le 14 octobre 2018

Chers famille, potes, amis, inconnus…

Lancement d’un nouveau blog pour une nouvelle aventure ; je fais une parenthèse professionnelle et pars en congé sans solde de janvier à septembre, pour voyager dans 4 pays d’Europe du Sud ; Portugal, Espagne, Italie et Grèce.

Je vous partage ici les grandes lignes de ce « voyage de wwoof » pour ceux qui veulent me rejoindre pour découvrir, ou probablement redécouvrir, ces pays si proches.

Quel mois = quel pays ?

Attention, ce sont vraiment des grandes lignes, ça peut largement évoluer. Avec vous aussi, si vous avez des contraintes

15 Janvier – début mars : Portugal. De l’Algarve au Nord, en passant par Lisbonne et Porto. Je serai pour les 3 premières semaines dans une ferme tout au Sud, à côté d’Aljezur.

Début mars – fin avril : Espagne. Région à choisir

Début mai – mi juin : Italie. Région à choisir

Mi-juin – mi-aout : Grèce. Région à choisir

Slow travel kezako ?

Je connais déjà 3 de ces pays par des week-ends par ci, par-là, des vacances d’été, des colos. Mais prendre 8 mois de congés c’est s’autoriser à prendre son temps, à aller au bout de chaque découverte. Selon moi, parce que chacun y met sa propre idée, le slow travel ce sera :

> voyager sans avion et donc renouer avec les trains-couchettes comme en Inde et les bus (ce qui risque de me coûter tout aussi cher, voire plus cher ! #absurditebonjour)

> Etre wwoofeuse, pour tout un tas de raisons, mais surtout apprendre un maximum de choses en agriculture biologique, permaculture ou autres alternatives à l’agro-business, en travaillant contre le gite et le couvert. (Si vous ne connaissez pas encore, c’est ici : https://www.routard.com/dossier-pratique-sur-le-voyage/cid136139-le-wwoofing.html)

> profiter de plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans chaque pays

> rencontrer les locaux, (ce qui implique de parler la langue, un vrai défi car mis à part de bonnes bases en espagnol, je ne parle ni portugais, ni italien et encore moins grec)

> participer à des projets alternatifs selon ce que le voyage et les rencontres me réserveront

A retrouver sur ce blog

J’essaierai de publier régulièrement (sans être tout le temps dans des endroits équipés d’internet) pour vous partager les paysages, l’accueil, les apprentissages et les surprises de chaque pays. Je pense que la préservation de la biodiversité, l’agriculture, la sécurité alimentaire, le climat et les conséquences sur les populations sont des sujets qui me touchent et donc forcément, au-delà des jolies photos, il y aura de ça là-dedans aussi.

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Publié le 8 décembre 2018

Et ce slow voyage a déjà bel et bien commencé ... par les préparatifs qui sont eux aussi plutôt slows. Enfin, en tout cas qui me demandent du temps et surtout ... de la réflexion. Dans l'article précédent, je parlais des éléments que je voulais mettre dans mon slow voyage, en oubliant de parler des achats liés à ce départ.

Coincée entre le Black Friday et Noël, je poursuis la "minimalisation vestimentaire" débuté sérieusement en 2018 : moins de vêtements, mais plus durables (comprendre : éthiques, et plus solides dans le temps, ou d'occasion), moins de gadgets et des achats mûrement réfléchis.

Donc mon objectif pour le Wwooftour est d'essayer de m'équiper d'occasion.

Parce que l'équipement le moins polluant est celui que l'on ne produit pas, qui existe déjà donc, et que l'on peut racheter à quelqu'un qui n'en a plus besoin !

Je dis bien j'essaie, car je sais que toutes mes tentatives de m'équiper d'occasion ne seront pas couronnées de succès, et auront peut-être même un gout de frustration : je pressens tous ces kilos de matériel et de vêtements qui prennent la poussière dans les placards si près de chez moi.

Et côté voyage, et Tour du Mondiste (TDM pour les initiés ... j'ai découvert ça il y a 10 jours) difficile de résister aux lumières clignotantes de la surconsommation. Dernière Gopro à la mode, sac ultra-léger, polaire dernier cri etc. Y'a du business !

Ce qui me permet au passage de lancer une idée - où sont les ressourceries d'équipement sportif ? Et pourquoi ne pas imaginer une ressourcerie spéciale "Tour du mondistes" ? Où sont les marques de sport "éthique" ?

Le monde alternatif que nous voulons est à rêver et construire, alors rêvons et construisons !

(Au passage, je cite extrêmement réjouissante initiative SupporTerre à Nantes qui se monte)

Sur des considérations beaucoup plus basiques : mon sac, mon objectif de 15kg de matos maximum et moi, voici un point d'étape :

Quelques bons sites pour des alternatives au neuf :

Vinted - dont le filtre par marque

videdressing - plus haut de gamme, mais on y trouve du Patagonia par exemple

Patagonia justement - pour ceux qui ne connaissent pas, un (désormais vieux) surfeur qui a quand même fait bouger les lignes avec sa boite. Aujourd'hui ils prônent des pièces hyper solides, la réparation, la revente et le non-achat ! Leur site d'occasion : wornwear

Un peu moins précis, mais toujours utile :

Trocathlon - très peu trouvé de vêtements, mais pour le matos sportif ça a l'air chouette

Le Bon Coin - rien trouvé so far en vestimentaire, mais ça marche très très bien pour tout le reste !

Enfin, ce qui a le plus marché pour moi :

Facebook - bonne pioche !

Votre entourage ... oui il faut en parler. Sans relâche, expliquer que l'on veut minimiser l'impact de son voyage, être très précis sur ce que l'on recherche et parfois, on a des pépites (Dans un autre paragraphe de ma préparation de voyage, c'est par le bouche à oreille que j'ai trouvé un lombric-sitter dans mon quartier!!)

Dernier point si vous aussi vous avez enfin compris que la consommation 1/ne rend pas heureux 2/défonce la nature (on va parler franchement ) un site très très inspirant : le Défi "Rien de Neuf" de l'association Zero Waste France : le pourquoi ? le comment ? le "oui mais c'est trop dur, je vais jamais y arriver" -- tout est expliqué !

Rendez-vous pour le contenu du sac dans un prochain article !

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Publié le 12 janvier 2019

Nous y voilà : le sac est bouclé, et pèse 13kg au lieu des 12kg espérés.

Il ne représente pas tellement un exploit de voyager léger pour 8 mois, car d’une part je ne suis pas en autonomie, et d’autre part j’ai laissé les vêtements d’été dans ma chambre d’ado et ce sont mes fidèles sponsors – alias mes parents – qui me les enverront quand les températures auront changé.

Alléger, alléger, alléger : ça a été mon obsession ces derniers jours. J’ai dépassé la barre des 20% de mon poids, mais il sera toujours temps de minimiser, d’ajuster ou de me rééquiper en cours de route.

Dans l’article précédent, je parlais de mon besoin d’aller vers des alternatives aux achats neufs. Ce n’est qu’en partie réussi- je le savais- mais j’ai trouvé quelques prêts, achats en ressourcerie et surtout j’ai replongé dans le stock familial très bien fourni. Ça sert d’avoir une famille qui randonne et baroude depuis longtemps.

La conclusion c’est quand même qu’il est beaucoup plus tentant, facile et parfois moins cher d’aller vers du neuf que vers de l’occasion. J’en profite pour en remettre une couche sur le Défi Rien de Neuf de l’association Zero Waste, pour se sentir moins seul quand on se demande par où commencer.

Voici donc ce que mon gros monstre de 80L contient :

Les affaires que j’avais déjà :

1 paire de baskets citadines Perus / des tongs / 1 paire de chaussures de randonnée

1 pantalon noir / 1 jean

3 T-shirts manches courtes / 2 chemises / 2 T-shirts manches longues

1 jupe noire

1 pull en cachemire / 1 veste

1 bonnet + 1 écharpe

Des sous-vêtements réduits au minimum

1 liseuse

1 chargeur de téléphone

1 appareil photo avec chargeur, 2ème objectif et zoom

1 disque dur externe

1 lampe frontale

Petit sac de 25L (emprunté)

1 gourde en inox isotherme

1 kit zero déchet avec couverts de voyage, gobelet et tote-bag

1 écharpe en coton

1 agenda – pour assouvir cette fâcheuse tendance à noter jour après jour ce que je fais

1 carnet de voyage reçu en cadeau

Des écouteurs

1 bombe lacrymo

Affaires trouvées dans le stock familial

1 batterie de secours pour téléphone (et liseuse)

2 serviettes en microfibre

1 oreiller gonflable – (réparé ! 😀)

2 T-shirts manches longues thermolactyl

Le petit sac de 25L

Affaires empruntées ou achetées d’occasion

1 pantalon de rando transformable en short

1 kway pour le wwoofing – acheté chez Emmaüs

Le Big fat sac de 80L

Affaires neuves

1 leggings

1 pantalon de travail renforcé aux genoux

2 paires de chaussettes avec 90% de laine

Et surtout, ma veste 3 en 1 : parka/doudoune. Très confortable et multi-fonctions

1 PC

1 duvet plume – très chaud et très léger

Trousse de toilette :

1 mini-flacon d’huile d’amande douce (multifonction : démaquillant, hydratant peau & lèvres, voire masque cheveux)

1 mini-flacon de savon spécial visage

Déodorant / savon / shampoing solide dans des mini-boites en plastique

1 rasoir / 1 pince à épiler

1 tube de crème solaire bio

1 gant de gommage / 1 brosse à cheveux pliable / 1 brosse à dent de voyage

1 cup menstruelle

1 tube de savon lessive à la main

1 pharmacie basique avec 10 comprimés dedans (rhume, cystite, allergies, compeed, 1 baume du tigre et 1 flacon d’huile essentielle de menthe poivrée - très efficace pour moi sur les migraines)

Trousse de toilette : Je l’ai conservée intacte – donc minuscule - en enlevant simplement le tube de rouge à lèvre, trop occasionnel pour que j’accepte de le porter. Je n’ai emporté aucun vernis, en revanche je n’ai pas pu sacrifier mon gout pour les bijoux et spécialement les boucles d’oreilles et je confesse qu’une bonne moitié de ma collection est du voyage !

Mon portefeuille et son peu de contenu – quelques billets, ma carte d’identité avec mon groupe sanguin scotché dessus, les numéros d’urgence de mes sponsors, une carte d’assurance voyage, la carte européenne d’assurance maladie et voilà !

Niveau photo, la plupart des voyageurs illustrent ce genre d’article avec une jolie photo où tout est étalé symétriquement sur le lit. La réalité ressemble plutôt à ceci, et puis tout est déjà empaqueté et j’ai une grosse paresse de tout ressortir !

Dimanche, départ en train couchette pour Lisbonne !

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Départ en train à Paris-Montparnasse sous une pluie battante, c’est tout juste si j’ai eu le temps de croiser quelques vieillards coiffés d’un béret au milieu de la population habituelle d’une gare à Hendaye, avant de m’engouffrer avec impatience dans le trenhotel Hendaye-Lisbonne.

Un de mes souhaits pour ce voyage est de polluer le moins possible et donc de voyager en train (et en même temps, avec un break de 8 mois, ce n’est pas comme si j’avais vraiment besoin de relier Paris à Lisbonne en 2h). Rajoutez à cela que les trains-couchettes me manquent depuis mon incroyable année en Inde, et me voici, perchée sur la couchette du haut, essayant de ne pas sourire non-stop, jonglant entre anglais-français-espagnol-portugais avec le contrôleur, observant le remplissage progressif des cabines au grès des arrêts et enfin dormant paisiblement, bercée par le ronron du train.

Info pratique : The Man in Seat 61est un site génial répertoriant tous les bons plans pour parcourir le monde en train. J’ai payé 38€ pour le train-couchette mais il faut rajouter 50€ pour le Paris-Hendaye, même en m’y prenant tôt.

J'aimerais dire qu'à l'arrivée à 7h20 heure locale (8h20 en France) sur un quai de la gare Santa Apolonia (ah ce nom !) j’étais pour mon premier jour de voyage en forme et très enthousiaste. Enfait ... j'ai déboulé à moitié groggy de sommeil sur les pavés glacés de Lisbonne, sans aucune idée de quartier à visiter et du trajet, et mes 3 mots de portugais se sont à moitié transformés en espagnol sitôt sortis de ma bouche, dommage pour ce premier tenancier de café !

Heureusement, vers 11h les doux rayons de soleil m'ont peu à peu réchauffée et même fait oublier l'hiver. Finalement, j'ai profité d'une journée 'Go as the flow' à suivre mes envies, les orangers, les azulejos et les pasteis de nata. Une exploration à découvrir en photo seulement car je passerai plus de temps à Lisbonne d’ici début février et j’en ferai probablement une autre étape de blog.

Lisbonne - 14 janvier 2019 

A 16h, départ pour l’Algarve dans un autobus. Ma brève expédition urbaine se termine avec un coucher de soleil magnifique. Wwoofing, nous voilà !

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Publié le 27 janvier 2019
Bordeira 

Voilà déjà quasiment 2 semaines que je suis en wwoofing à la pointe extrême sud-ouest du Portugal : la ferme Monte da Cunca est dans le village de Carrapateira, lui-même situé sur un très beau parcours de randonnée : la Rota Vincentina.

Dans cette invraisemblable communauté menée par un couple italo-autrichien, il y a bien sûr plusieurs jardin et animaux, mais surtout beaucoup plus que de l’agriculture : des appartements en location saisonnière, de la construction & rénovation, du surf, des projets d’éducation et de santé alternatifs, une accumulation d’objets stockés en attente de réparation et des panneaux photovoltaïques et solaires partout. Je ne savais pas à quoi m’attendre pour cette première expérience, mais difficile de s’attendre à Cunca.

Mieux que 10 ans de scoutisme : 10 jours ici ! Mots-clés : autonomie et vie en collectivité. Les bâtiments en paille et bambou sans chauffage sont surement parfaits l’été, mais l'hiver et le camping ne font pas forcément bon ménage... même au portugal. Les toilettes sèches sont éloignées du dortoir, les palissades en bois vermoulues ... bref, je découvre de nouvelles illustrations des mots "spartiate" et "rustique" ! 😀

Monte da Cunca, Carrapateira 

Les tâches

Je vais enfin pouvoir enlever ‘cinéma, yoga et course à pied’ du bas de mon CV pour remplacer par au choix : faire et entretenir du feu, manier le couteau, la brouette, l’échelle, les nœuds de cordage, la bèche, le pinceau, la fourche, semer, désherber, faire des buttes de culture en lasagne, arracher des poireaux, récupérer des œufs encore tièdes, cuisiner pour 15 personnes et finir la journée avec un joyeux mélange d’anglais mêlé de 10 accents différents.

La citadine que je suis a du se retrousser les manches plus d’une fois pour parvenir à ce qu’on me demandait, mais c’est bien sans regret et c'est pour ça que je suis là : apprendre à faire quelque chose de mes 10 doigts !

A Cunca, de nombreux animaux n’ont pas d’utilité si ce n’est nous tenir compagnie et apporter de la beauté ; chats, chiens, poules et canards, chevaux, cygnes et paons. Mention spéciale à l’oie qui me course plusieurs fois par jour en se prenant pour un chien de garde !

Ce que je préfère pour l’instant : cultiver le jardin et mon émerveillement en même temps : méditer en ayant les mains dans la terre, voir les semences s’éveiller (et les limaces avec). En ce moment au jardin ; poireaux, oignons, choux, choux fleurs. Peu de choses, on prépare donc pour le printemps avec la matière première disponible sur place : herbe du désherbage, fumier et fientes de poules.

Temps libre

La ferme est entre montagne et océan. Dès la première minute libre du premier jour, j’étais dans un canoë, en route pour la plage par un merveilleux lagon. Les fraîches températures d’hiver ne m’ont vraiment pas donné envie encore de me baigner, même si l’eau est moins froide qu’il n’y parait.

Les journées passent vite, mon corps s’habituant doucement à être actif tous les jours, adaptant son besoin de sommeil et de nourriture. En deux mots, les ressentis sont plus intenses : quand j’ai faim ... j’ai vraiment faim, idem pour le sommeil, je ne résiste guère à quelques bâillements. Le rythme est intense : à 16h, il y a toujours quelqu’un pour proposer d’aller au village, de faire du yoga, ou de diner à Aljezur.

Ce weekend ; virée trempée à Lagos, peu de choses à en dire ou à en montrer donc. Dimanche, 10 km de randonnée en solitaire sur la Rota Vincentina ; chemin de randonnée réputé qui passe par la ferme. Quelques heures volées à la vie en communauté, pour rejoindre Bodeira par les montagnes et vallées. Un paysage magnifique : chêne liège, argousier etc, et un troupeau de chèvres / vaches qui me réveille de ma sieste au soleil.

Rota Vincentina 
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65kg d’herbe désherbée, 10 buttes de culture en lasagne achevées et 1 paire de gants trouée plus tard (note pour plus tard : en prendre des plus solides) j’ai - déjà - fini ma première expérience de wwoofing au Portugal.

Dimanche dernier on est allés au « Flea Market », une brocante/marché à ciel ouvert dans un champ à côté du village Barao de Vila Sao (ou quelquechose dans le genre !) et comme de nombreuses manifestations rurales, on retrouve tous les voisins de Monte da Cunca + toute la population hippie de l’Algarve, qui vit généralement dans des vans ou camions.

Astrologie, artisanat, tatouages, massages, encens, attrapes-rêves, jam sessions et de très bons stands de plats et gâteaux végétariens et vegan. J’ai acheté à un vieux scandinave un opinel gravé, qui m’a déjà beaucoup servi depuis. Honnêtement c’était super, une petite tranche d’économie locale et de lien social, le tout sous le soleil, en musique et dans une bonne humeur contagieuse, et je pense que si je suis sortie de sans dreadlocks et anneau dans le nez, je suis maintenant dreadlocks-proof ! 😀

C’est marrant ce choc des cultures entre ces hippies nomades, qui vivent clairement leur utopie avec un minimum d’argent, et les riches et jeunes retraités qui viennent peupler et bétonner les villages. Deux façons de vivre sous le soleil portugais.

Si on enlève un gros rhume … aucun lien avec le fait que les toilettes sèches soient quasiment en plein air bien sûr, ni avec le dortoir non-chauffé en terre-battue, j’ai vécu une belle soirée internationale, initié avec Manon, co-wwoofeuse, ou l’on a partagé des plats de nos pays. (#piledecrèpes #facile #breizh) Quitte à ne pas avoir de wwoofeur portugais, et à ne pas apprendre de portugais, autant faire avec ce qu’on a sous la main.

Les moments de convivialité avec tous les wwoofers et les propriétaires ont été rares ici, il y a même eu quelques tensions, dues notamment – mais pas seulement - à un climat familial un peu perturbé. Il manque de la communication sur les tâches à faire, les priorités et les compétences que chacun peut apporter pour rendre ce lieu magnifique vraiment cohérent dans l’éco-responsabilité et plus accueillant pour les futurs wwoofers. Les rencontres avec quelques wwoofers m’ont permis d’avoir du « serrage de coudes » et l’on part même en roadtrip pour clôturer cet épisode sur une note positive.

Petite explication de la première photo : ce n'est pas un palmier mais bien un chou portugais, qui a tendance à se prendre pour un arbre. J'ai des graines pour ceux que ça intéresse !

Et bien sûr, le coin reste époustouflant, un refuge pour la biodiversité. C’est en expérimentant la vie à la campagne, au contact d’animaux et de plantes que je ne vois jamais que je réalise à quel point elle est utile, et apaisante, mais aussi menacée et à protéger. Et je suis bien déterminée à explorer le bénévolat-nature à mon retour à la vie sédentaire.

Si pour vous aussi, entendre un crapaud ou tenir un scarabée dans votre paume, ou observer des nids de cigognes a quelque chose de magique qui vous renvoie directement à l'émerveillement de vos 5 ans, je vous recommande de sauter le pas et d’aller faire un tour sur ces sites, qui sont des mines d’informations :

France Nature Environnement

Ligue pour la Protection des Oiseaux

Fondation pour la Nature et l’Homme

Prochain article : le roadtrip-Algarve-to-Lisboa-3 personnes-1 van !

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2eme étape du voyage : un roadtrip de 3 jours dans « Steep », le van terriblement confortable de Manon, co-wwoofeuse hollandaise en plein voyage en Europe, avec Christian, co-wwoofeur débarqué directement des USA quelques semaines plus tôt.

Déjà que l’expérience de wwoofing n’était pas particulièrement stressante niveau horaires, on est là un cran supérieur dans le slow-voyage : yoga, sieste, grimpette vers les falaises, bavardages avec d’autres hippies et surtout temps libre ...

Christian est cuistot. T.O.U.J.O.U.R.S embarquer un cuistot en voyage ! On a donc très bien mangé, bien bronzé, évité l’enfer de la saison touristique, pu contempler pour nous seuls l’Océan, les surfeurs qui attendent la vague dès 8h, la campagne de l’Algarve et les villages blancs … pour la couleur des murs et la couleurs de la majorité des têtes !

1ere nuit à Sagres, tout en bas du Portugal, avec ce sentiment d’avoir atteint le bout du bout du monde …

2ème nuit à Praia do Barranco Beach, après une session de yoga-sable très intense et un bain de mer revigorant, au milieu d’une dizaine de vans/camions aménagés et d’une tribu de nomades pieds-nus, accompagnés de quelques cochons (ne me demandez pas d'où venaient les cochons, je n'en ai aucune idée)

Copyright @manonhessel  (pour certaines) 

3ème nuit au bord du lac de Santa Clara, plus grand lac artificiel du Portugal, pourvoyeur d’électricité hydraulique.

Détour sympa et panoramique par Monchique, montagne avec une source d’eau minérale, pour remplir les réservoirs d’eau du van. Pour fêter l'arrivée au sommet mais aussi les bienfaits résultants d'un souci constant de bien s'hydrater, on a bu une bouteille de bière Sagres !

Copyright @manonhessel 

Maintenant qui dit roadtrip dit vie dans quelques m2 à trois : comment ça se passe ?

Le van de Manon a 4 couchages possibles, deux en haut avec le toit relevant et deux en bas sur la banquette arrière dépliée. Mis à part l’importance de se garer sur un endroit plat et pas trop exposé au vent, tout se passe bien. Certes il fait entre 5 et 10 degrés la nuit, brrrrrr, mais c’est surmontable avec du matos adapté : un sac de couchage "momie" de compet'.

Avec des sièges conducteurs et passagers rotatifs, une cuisine où tout est à portée de main, et plein de rangements style « bateau » en bois solides et bien pensés, cuisiner ou se relaxer à l’intérieur en prenant l’apéro est carrément faisable. J’ai trouvé ce van hyper-spacieux à vrai dire.

Pas de douche dans celui-ci, donc toilette de chat avec les réservoirs de 40L … et de fait vaisselle et éventuellement lessive dans la rivière (avec des produits biodégradables bien entendu). Pour l’énergie, une bouteille de gaz pour les 2 plaques de cuisson, deux solides batteries (1 avant et 1 arrière) qui se rechargent lors de la conduite, et un panneau solaire d’environ 1m2 … aucun souci pour recharger nos 3 smartphones et écouter de la musique avec une enceinte bluetooth.

Notre programme étant « No plan is the best plan » on n'a ucune idée des déroulés des journées, et c’est là que la magie du van intervient avec la possibilité de se garer quasiment où l’on souhaite. Il y a pas mal d’applis qui recensent les lieux de parking autorisés, super pratique.

Mots-clés de la vie dans ce van : extérieur, extérieur et ... extérieur, même si l’intérieur est spacieux pour 3. Quelques jours magnifiques, avec deux personnes tout aussi magnifiques qui ont marqué mon début de voyage, et y ont apporté énormément de positif.

Prochaine étape : retour à la civilisation, aux chaussures et peut-être même à la montre (horreur !) à Lisbonne et Porto !

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Publié le 23 février 2019

Une petite entorse au slow-voyage pour emmener Maurice visiter en une semaine-éclair Lisbonne et Porto. Maurice est le nom donné à mon sac à dos de 80L. Maurice a ses humeurs, ses pétages de coutures et quelques kilos en trop mais c'est un costaud, et comme c'est ma "maison" pendant 8 mois, on a plutôt intérêt à s'entendre lui et moi.

Me voilà avec ma chère Orphée, amie d’école, sur les pavés glissants de Lisbonne pour rejoindre l’auberge hyper-centrale qu’elle a réservée. (Travellers House … testée et approuvée. Plus d'infos ici)

Je ne vais pas réécrire ce que d’autres font très bien sur ces villes, ce n’est pas le but de mon blog simplement résumer les meilleurs moments /adresses qui ont fait de cette semaine une parenthèse géniale dans mon voyage et qui pourraient être utiles.

Lisboa Copyright Orphée (pour certaines)

1er jour : Evidemment Portugal dit « pasteis de Nata » on n’a pas fait la queue pour ceux de Belém, mais on a dégusté les nôtres à 10h du matin au Time Out market, chez Manteiga, avant de marcher jusqu’à LX Factory, une friche reconvertie en lieu artistique-culturel type Darwin à Bordeaux ou les Ecossolies à Nantes, dont la vue depuis le toit vaut le détour.

Puis le miradouro de Santa Lucia, avec une orange (cueillie dans la rue, elles sont comestibles et avec un peu de chance elle sera bonne) et une bière à l’heure du coucher du soleil.

2eme jour : Illustration parfaite du gros cadeau fait de soi à soi: une entrée au merveilleux spa du Palacio do Governador hôtel, situé à Belem. Histoire de s’habituer en douceur à une vie de travail physique à l’extérieur. Hammam, sauna, immense piscine, l’endroit pour nous seules … le tout pour un ticket d’entrée à 25€.

Le soir on s’inscrit au « Street art tour » proposé par l’auberge dans les quartiers historiques (et ô combien pentus) de l’Alfama et de Mouraria (nom issue de l’occupation des Maures) pour admirer quelques fresques chargées d’histoire.

Lisboa 

Dernier conseil pour Lisbonne : j’y ai mangé le meilleur gâteau au chocolat de ma vie ! Si si ! C’est chez Cruzes Credo, un petit restaurant juste derrière la cathédrale, et si le cuistot-indien-magicien qui y officiait ce soir-là y est encore, vous vous souviendrez longtemps du plaisir de ce gâteau. (Au passage, j'ai aussi évidemment donné dans la bacalhau ... sans grand succès. Trop salée, un peu cramée. Je préfère nettement les poissons frais, au premier rang desquels, la sardine ! Keep it simple)

Entre Lisbonne et Porto se trouve le village de pêcheurs devenu village de surfeurs de tous les records : Nazaré. Notre escapade n’aura pas été synonyme de grosses vagues, (à découvrir ici ceci dit pour de l'adrénaline derrière son écran) mais tout le reste y était : poisson frais et glace à l’italienne, plage de sable fin, funiculaire, falaise et vieux pêcheurs n'ayant jamais entendu parler du vertige.

Nazaré, Praia do Norte 

Porto, deuxième ville du Portugal, au Nord, a été un gros coup de cœur pour moi dès l’arrivée. Vibrante d’histoire, de beauté, de culture … je ne saurais l’expliquer, c’est comme la découverte de Nantes, ce sentiment que quelque chose se trame dans les rues, au milieu des places, derrière les murs, dans les esprits des habitants. L'énergie contagieuse d'une ville.

Jour 1 : Temps un peu maussade, les façades et églises d'azulejos bleus rattrapent le tout. Après être tombées nez à nez avec deux copines d’Orphée de passage à Porto pour le weekend, on se fait un bon dîner au restaurant A Grade, familial et sans chichi, arrosé de Porto Tawny. Olala qu'est-ce que c'est bon le Porto !

Jour 2 : Je m'étourdis de la vue depuis le pont Louis 1er, sous une lumière radieuse. L’horaire n’étant pas adapté pour une visite guidée des caves de Porto (pourtant elles ne manquent pas mais ce n’est peut-être pas encore la pleine saison touristique ... ou peut-être qu'on l'a déjà vraiment bien bien dégusté la veille au soir !) on passe l’après-midi en terrasse au Bacchus Vini avec une immense planche de fromages portugais (avec leur confiture de citrouille ... visiblement une tradition portuguese) et deux verres de vin blanc.

Porto 

Mon ressenti après cette semaine urbaine : ravie d'avoir passé du temps (mon seul luxe pendant ce voyage) avec une bonne amie, mais malgré tout, difficile de se réhabituer à la ville après la campagne. J'ai hâte d'y retourner, de retrouver le rythme slow de la nature. Prochaine étape : Mathilde fait du cheval à Golegã !

Porto 
Porto  
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Publié le 27 février 2019

Avec un peu de retard, un article sur une expérience courte mais intense dans un centre équestre portugais. Courte, car les 10 jours se sont transformés en quatre, vous lirez plus loin pourquoi. Intense, car mes proches savent que les chevaux ce n’est pas vraiment mon truc. Mais j’avais dans un coin de ma tête de faire quelque chose pour y remédier, alors autant profiter de la page blanche qu’est ce voyage pour me lancer un défi !

Golegã, capital do cavalo

Me voilà donc fraîchement débarquée du train depuis Porto à Golegã, Capital do cavalo = capitale du cheval. (Il semblerait que j’ai fait de fulgurants progrès en portugais). Petite ville de 5 000 habitants à environ 100 km de Lisboa dans les terres, qui ne vit que pour ses chevaux lusitanos, et pour la feria annuelle qui dure 1 semaine en novembre et rassemble des milliers de bipèdes et encore plus de quadrupèdes...

On y retrouve les maisons blanches à liserés et les orangers partout, les nids d’hirondelles. Rajoutez juste une place du village qui est en fait un manège à cheval, et des habitants qui sont passés du « chéri je sors promener le chien » à « chéri je sors promener le cheval ». Oui, ils promènent le cheval au bout d’une longe.

Pedro vient me chercher à la gare, un café et je découvre les écuries, le manège et les dépendances baignées de soleil. Il y a 14 lusitanos, 3 lévriers et une imitation de jack russel. Pedro est le gestionnaire du lieu et il y a 3 autres wwoofeuses, dont 2 cavalières expérimentées. J'avais cru comprendre qu’on logeait sur place, malheureusement c'est pour les clients qui viennent faire des stages dans le centre équestre, et nous sommes logés dans une minuscule maison dans le village à côté. Logistiquement compliqué, mais l’essentiel de la journée se passe de toute façon aux écuries, avec accès à la terrasse, à la piscine et aux jardins.

Voilà pour l’immersion.

Pour l’action : autant dire que les premiers hennissements, coups de pattes nerveux contre la ferrure ou brefs mouvements de panique ont été de parfaits testeurs de self-control. Rapidement, j’ai saisi que les chevaux étaient probablement plus effrayés que moi, et on m'a montré les quelques ‘trucs’ pour les calmer. Et immanquablement, trois heures après mon arrivée, j’étais sur un lusitano, trottant puis galopant ! Après une telle entrée en matière, et après avoir constaté que Uivo, le cheval-pour-les-débutants n'avait pas en tête de m’éjecter de son dos, les choses se sont améliorées : j’ai pu retrouver mon calme et même profiter du moment. Maxi-shoot d'adrénaline. Moi qui cherchait un défi, et qui n'avais plus approché un cheval à moins d'un mètre depuis le poney du centre aéré il y a 25 ans, je peux dire que j'y suis allée à fond.

Les jours suivants, étape par étape, je me suis entraînée à faire les choses qui me faisaient peur : approcher, caresser, sortir du box, brosser, nettoyer les sabots, harnacher, promener et faire courir avec une longe dans l’arène. Et évidemment monter à nouveau. Jour après jour, j’ai travaillé mon calme et mon énergie : je suis finalement parvenue à mettre Uivo au trot et à l’arrêter, avec la voix et les jambes.

Le travail de wwoofing aux écuries.

Les tâches étaient répétitives mais m’ont permis de bien connaitre les réactions des chevaux avant de monter : nettoyer les box chaque matin (ce qui implique de rester dans 6m2 avec un animal d’environ 500 kg … on m’aurait dit cela il y a quelques mois), nourrir à la paille et au grain matin et soir, et selon les jours, nettoyer plusieurs chevaux, les monter ou les faire courir dans l’arène pour les photographier/filmer pour la mise en vente.

Le fait d’avoir 2 autres wwoofeuses expérimentées a été un énorme atout : même face à un cheval cabré à quelques mètres d’elles, cherchant à jouer pour tromper son ennui, aucun signe de panique. Observer et imiter. Ne pas oublier qu’il s’agit d’un animal dont la seule issue en cas de danger est de courir, ou de ruer s’il est enfermé.

La chute ...

Au milieu de ces riches journées, les soucis financiers de Pedro que j’avais cernés dès l’arrivée se sont accumulés et l’ont mis au bord de la faillite. Rapidement, les chevaux ont été rendus à leurs propriétaires et tous les soucis que ça représentait ont compromis le séjour. Je pense que l'environnement équestre brasse énormément d’argent et que certains passionnés ne sont pas toujours assez businessmen.

J’ai donc appelé en catastrophe mon prochain lieu de chute, et j’y suis arrivée avec une semaine d’avance. Ce sera le prochain article, en cours de préparation. Malgré tout, cette parenthèse équine aura été vraiment géniale et m’aura rendue très fière de moi.

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Publié le 11 mars 2019

Le lieu où je suis arrivée en avance n’est pas une ferme (je suis passée par la plateforme Workaway et non pas Wwoof Portugal) mais une grande propriété tenue par 2 jeunes allemands depuis 1 an. L’objectif est d’en faire un lieu de retraites (yoga, méditation, développement personnel etc…). Pourquoi et comment ai-je atterri ici ? Pour l’aspect slow & écolo bien sûr et plus précisément l’objectif d’autosuffisance alimentaire en légumes en 2022. Donc, m’y voilà depuis 1 mois maintenant : on dirait que le rythme d’écriture des articles est lui aussi au diapason du voyage : slow !

Four Trees - the conscious farm 

C’est peu dire que je m’y sens bien : les bâtiments sont propres et super confortables (adieu dortoir non-chauffé avec 8 ronfleurs), la déco est minimaliste (adieu accumulation de vieux tracteurs et outils agricoles démantelés dans un coin), les repas délicieux et pris en commun, a priori il n'y a pas de risque de faillite immédiat (!!) les vues sur les collines et vallées sont à couper le souffle (je me le dis encore 3 fois par jour même après 1 mois) , il y a une piscine (à 14 degrés), une salle de gym équipée et du matériel de yoga tout neuf. Tout y est ! Et en même temps, je pense qu’il vaut mieux car … je suis dans le trou du Portugal ! J’ai changé de région, depuis l’Algarve dans le Sud, je suis maintenant dans l’Alentejo (j’y étais déjà pour les chevaux à Golegã) qui est réputé être le grenier du Portugal. Mais clairement c’est pas la foule. Densité moyenne de l’Alentejo : 24 habitants/km. Contre 112 habitants/km au Portugal et 90 en Algarve. Densité constatée sur le terrain: ayant rencontré environ 13 locaux en 1 mois, je dirais que le chiffre 24 est assez surfait.

Le travail quotidien – let’s make this garden great again

Pas d’heures de travail fixes ici mais un beau défi : relancer un jardin de 100m2 en repartant de ce qui était cultivé l’an passé et en incorporant plus d’éléments de permaculture. Première étape : comprendre le fonctionnement du sol. Pour cela, un bouquin m'a vraiment bien aidée : Teaming up with microbes de Jeff Lowenfels and Waynes Lewis. Disponible en français sous le titre "Collaborer avec les bactéries et autres micro-organismes. Guide du réseau alimentaire du sol à destination des jardiniers".

Un peu fastidieux et frustrant de lire - en prenant des notes - au lieu d’aller mettre les mains dans la terre. Mais c’est grâce à cette alternance entre théorie et pratique que je suis quasiment incollable sur le Food Web (réseau alimentaire vivant du sol), le cycle de l’azote, du carbone et de l’oxygène et les principes de base comme la différence entre bactéries, champignons, algues, et sol argileux, sableux ou limoneux. Tout un programme !

Et au passage, ça m’a permis de comprendre tout ce que j’avais fait de faux sur ma terrasse nantaise l’an passé ! Désolé aux tomates, poivrons, haricots et autres fraises que j’ai laissé en mode survie et qui ont quand même produit quelques trucs comestibles.

Les premières semaines ont été consacrées à deux gros projets parallèles :

> lancement d’un compost à chaud. C’est globalement une façon d’accélérer le traditionnel tas de compost au fond du jardin en utilisant intelligemment les matières azotées et carbonées, l’eau et l’ensoleillement. La méthode Berkeley prône une décomposition totale en 18 jours, si tout est bien paramétré. Ici dans les paramètres qui ont foiré il y a eu plusieurs jours de pluie, et l’absence d’un thermomètre permettant de prendre la température au cœur du compost, donc je vise plutôt 1 mois pour pouvoir l’utiliser. C’est déjà mieux que 6 mois à 1 an sans y toucher. (Au passage j’ai eu une pensée émue pour mes petits lombrics en pension chez un voisin à Nantes. Je reviens bientôt les petits …)

Compost à chaud - à retourner fréquemment ! 

> semis sous serre en pagaille. Alors là, le côté débrouille et organisation ont été les 2 mots clés. C’est-à-dire que 500 semis plus tard, je suis contente d’avoir fait des étiquettes avec la date de et la variété de chaque semis. C’est dingue quand même à quel point au départ un plant de chou-fleur ressemble à un plant de roquette, d’épinard ou à une capucine. Et une tomate à une aubergine ou à un oignon rouge.

Environ 500 semis sous serre !  

En plus de ces 2 projets enthousiasmants et exigeants ;

> La nature ne laisse jamais un sol vide. Jamais. Résultat : 100 m2 de pissenlits et autres végétaux qui ont poussé depuis l'automne, à désherber à la main. Un peu fastidieux, mais avec 2 bébés canards c’est plus marrant ! Oui donc les proprios ont acheté 2 bébés canards pour rejoindre la basse-cour mais en attendant qu’ils grossissent un peu ils restent dans le jardin. Je les ai baptisés Engrais1 et Engrais2 pour leur faire comprendre ce que l'on attend d'eux en ce moment … Je fais semblant d’en rire, mais ils sont trèèèès mignons.

Le jardin potager - 100m2 à désherber et préparer pour les semis 

Pour le reste de la préparation du sol, c’est le No-dig ("ne pas creuser") qui l’emporte. C’est-à-dire on laisse tout sur place pour nourrir le réseau alimentaire, on ne laboure surtout pas et on fait des micros-sillons ou trous là où on veut planter /semer.

Dans les jours à venir, on consolide les plans des parcelles de 6m x 1m, on nettoie le poulailler pour en récupérer les fientes, on réutilise la cendre dans le terreau pour les pieds de tomate et … on plante !! Et avec tout ça, il faudrait que je trouve la ferme suivante ... en Espagne ! La slow life - tudo bem comme diraient les locaux - et le plaisir de faire pousser un potager m'ont quelque peu ... ralentie !

Réflexions sur mon apprentissage & compétences acquises

Les proprios, bien que très intéressés par l’idée d’aller vers un jardin plus naturel & productif n’ont que peu de temps à y consacrer. Donc c’est autonomie, expérimentation, confiance, erreur, bienveillance et c’est le meilleur cadre pour apprendre. Il faudra plusieurs années avant que l’on atteigne l’idée de forêt comestible, mais grâce à moi le potager sera passé de monocultures à des plantes-compagnes, avec l’introduction de plein de nouveaux plants et aussi des fleurs comestibles pour renforcer le système et éviter les maladies, et une réflexion sur le design pour perdre le moins de temps possible en allant chercher de quoi cuisiner ! Un mois gagnant pour ce lieu – j’espère que les clients de cette saison goûteront à tous ces délicieux légumes – et pour moi qui ai plus appris en 1 mois ici qu'en plusieurs années en France !

Plusieurs fois mon cerveau s’est trouvé en ébullition, complètement bloqué par l’avalanche d’information disponible. Je rejoins assez l’opinion qui veut que la permaculture soit une notion très vaste, galvaudée et pas toujours suffisamment recherchée scientifiquement.

Evidemment, ce que j’ai pu faire comme projets ici ne représente que 0,05% de ce qu’il est possible de faire en permaculture, et j’ai seulement approché les notions telles que la gestion de l’eau, l’énergie, les fonctions respectives de chaque élément, l'efficacité dans le design et dans le travail humain à incorporer etc...

Mais dans le contexte de retour à la terre de pas mal de citadins qui débutent en agriculture et sans vouloir refaire le chapitre sur l’effondrement de la biodiversité (et donc de nos sociétés hein !), c’est un moment intéressant dans l’histoire pour que - même à la plus petite échelle - on arrête de labourer, de monocultiver et de tout défoncer à coup d'engrais chimiques ! Je grince des dents dès que j'aperçois un champs ou un jardin labouré maintenant. Quel cercle vicieux ! Et que de solutions possibles pour en sortir !

Pendant mon temps libre

Je suis la seule wwoofeuse, il y a souvent des amis et de la famille de passage et dans ce cas le temps libre se résume à refaire le monde autour d’un bon gâteau et d’un café/thé. Quand le besoin d’être seule se fait sentir, ce qui arrive quand même tous les 2/3 jours chez moi, je n’ai jamais fait autant de yoga, de méditation et de randonnée qu’ici. (En même temps ce n’est pas comme si j’allais filer au bar du village pour taper une belote avec les voisins) L’ambiance slow me va bien pour l’instant, car le travail de potager-permaculture est très gratifiant. J’ai aussi profité du repos mental qu’est cet endroit pour lire --> Bientôt un article de blog sur mes lectures.

Autour des bâtiments, il y a 20 hectares de terrain, qui sont le terrain de jeu de 3 chevaux, secourus par les proprios. On ne monte pas, les chevaux ne sont pas ferrés. Ils sont là pour la beauté du lieu et des yeux. J’ai hésité jusqu’au dernier moment à en parler ici mais je me suis fait mordre le bras droit par un cheval très énervé le premier matin de mon arrivée ! Aouch ! Ce n’est pas ce que je veux retenir de ce lieu et surtout, je ne veux pas revenir à mon état de peur-équine-pré-Golegã. Mon programme maintenant est donc de retourner les voir chaque jour. (J’évite quand même celui qui a pris mon bras pour une carotte, je ne suis pas sado non plus) Voilà pour mon bras droit. Pour mon bras gauche, j’ai subitement eu la délicieuse idée de mettre mon poing dans le compost jusqu’au coude pour tester la température (en l’absence d’un thermomètre à compost … si vous avez bien suivi plus haut.) au milieu de ravissantes chenilles processionnaires. Ma passion pour le compost me perdra. 3 jours d’urticaire (et de méditation !) Voilà mes deux bras baptisés. Hâte de voir ce que la suite du voyage réserve à mes deux jambes !

Tudo Bem - la slow life au portugal 
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Publié le 25 mars 2019

De livres et vous ... je ne pouvais quand même pas titrer "Des livres et moi" même si c'est le sujet !! Et puis je suis en quête permanente de nouveaux titres, alors oui, cet article vous concerne aussi !

Dès que j’ai du temps, idéalement un trajet en train, sinon juste un besoin de ralentir, je me fais du thé et je passe des heures à lire. Grande partageuse / emprunteuse de livres dans la « vraie vie » je me suis rabattue sur ma liseuse pour des considérations de poids de Maurice et j’ai été gâtée à Noël en chèques-cadeaux à transformer en moments de bonheur. Voici donc mes dernières lectures inspirantes. (Et de jolies photos ...)

Nicolas Bouvier – L’usage du monde

« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui même. On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

Grande lectrice de récits de voyageurs ou vagabonds (Coucou Sylvain Tesson, Alexandra David-Neel, Sonia & Alexandre Poussin, Jack Kerouac et tous les autres…) j’ai réussi à attendre 29 ans avant de découvrir Nicolas Bouvier ! Deux années de déambulation dans les 50’s entre l’Europe et le Khyber Pass, au rythme des saisons, des finances, des envies… ça c’est du slow-voyage, de l’expérience quotidienne, des hauts et des bas, de la beauté et des galères, des rencontres quotidiennes uniques et pleines d’incompréhension. Difficile de décrire le pouvoir d’ensorcellement de ce roman.

Cheryl Strayed - Wild

Vous avez peut-être vu le film où Reese Witherspoon interprète cette jeune femme qui décide de se lancer un défi pour sortir d’une phase particulièrement noire de sa vie : randonner pendant 3 mois en autonomie sur un chemin de randonnée Américain, le long du Pacifique. Sans avoir jamais randonné auparavant. Ce n’est en aucun cas de la grande littérature, mais c'est une belle histoire, et évidemment mon départ en vadrouille avec Maurice n'est pas pour rien dans l’intérêt pour ce récit (vu son passé, je suis quand même pas dans l'identification). Maintenant j’ai aussi envie d’aller randonner aux USA !

Henry David Thoreau - Walden ou la vie dans les bois

Je crois que tout le monde autour de moi en a entendu parler. D’une part parce que j’ai mis six bons mois à l'achever et d’autre part parce que bon nombre de chapitres écrits au milieu du XIXème résonnent fort aujourd’hui pour tout esprit un minimum critique/alternatif. Diplômé d’Harvard, Henry David Thoreau l’intellectuel a opté pour la sobriété heure, la contemplation détaillée de la nature, le retour à la terre, le minimalisme et même la tiny house ! J’ai maintenant envie de lire ses autres ouvrages et notamment celui sur la désobéissance civile.

Colin Beaven - No Impact Man

Achevé hier ! Une chouette lecture, très simplement écrite, sur un auteur new-yorkais qui décide de tester pendant 1 an un mode de vie avec zéro impact sur l’environnement : pas de transport en commun, nourriture locale, pas d’énergie fossile, pas d’achat neuf. Bon nombre de pratiques qui paraissaient loufoques il y a dix ans sont aujourd’hui acceptées, encouragées : lombricompost, courses en vrac, choix de ne plus prendre l’avion etc.. Le fait que le récit se fasse du point de vue d’un « non-écolo » me parait hyper important, surtout dans les premiers chapitres de prise de conscience de l’impact négatif de sa vie sur l’environnement : déballer ses poubelles d’une semaine et trouver 17 pailles en plastique : est-ce ça le progrès ? Le bonheur ?

Jeff Lowenfels, Wayne Lewis - Collaborer avec les bactéries et autres micro-organismes. Guide du réseau alimentaire du sol à destination des jardiniers

Qu'est ce que ce manuel de jardinage fait dans cet article ? Evidemment ça ne deviendra pas mon livre de chevet, mais ça m'a tellement aidée à débuter le jardin-potager dans ma dernière ferme que je me dois de le partager. Si vous voulez transformer et faciliter votre vie de jardinier, ou juste si vous êtes curieux de ce titre ô combien sexy, ce livre en vaut le détour. Divisé en 25 chapitres très simples, (bactéries, champignons, cycle du carbone etc...) qui détaillent le pourquoi du comment du réseau alimentaire du sol, j'y ai trouvé toutes les clés dont j’avais besoin pour comprendre ensuite le compost, l’état d’un sol ou les résultats d’un jardin. J'ai aussi pas mal potassé les blogs dédiés à la permaculture & agroécologie et je trouve ça dingue de ne pas tomber plus souvent sur ce titre. Pour info, une des versions françaises a été préfacée par Lydia & Claude Bourguignon !

Et vous, quels sont vos recommandations de livres pour rêver, s'instruire, se marrer, s'enfuir, philosopher, comprendre, partager ?

Avant de partir, et si vous avez envie d'acheter des livres, lisez cet article (3 min pas plus), qui résume à la perfection ce que je pense d'Amazon et propose des alternatives tout aussi simples à utiliser, et bien meilleures pour tout le monde : Article We Demain

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Publié le 29 mars 2019

Une première page de mon wwooftour se tourne : le départ du Portugal. Pour une expérience complètement saudade, veuillez écouter ‘Gaivota’ d’Amalia Rodriguez ici pendant la lecture de cet article. J’ai traversé le fleuve Guadiana le vendredi 22 mars en bus pour arriver à Séville. Physiquement j’y étais, mais je pense que mon esprit est resté au Portugal quelques jours. Saudade saudade.

De la première ferme rustique dans l’Algarve au dernier wwoofing plutôt luxe dans l’Alentejo, en passant par une ferme équine, Porto et plusieurs fois Lisbonne, ça a été dense ! Trajets en train, course poursuite avec les oies, matinées entières à désherber à quatre-pattes, baignades dans l’Océan, nuits dans un van à 5°C, d’innombrables pasteis, pintes de Sagres [ sagrech ], des verres de Porto, des chevaux lusitanos, des hirondelles avant le printemps, des bébés canards, un sacré bronzage, mon premier opinel, l’odeur de poisson, les papys portugais rabougris, les hippies …

Quelques dernières photos et anecdotes portugaises :

- J’ai vu des dizaines de cigognes, qui font leurs nids sur d’improbables pylônes électriques et que je suis toujours émerveillée d’observer.

- L’équivalent portugais de l’expression « C’est ma tasse de thé » c’est « Eso es mi praia » qui veut dire « c’est ma plage » … tellement cool !

- Ravie de mon passage chez Cortiço & Neto, une boutique à Lisbonne qui vend des Azulejos. Rien de foufou jusque-là mais contrairement aux azulejos fabriqués pour les touristes (ou pire, ceux volés sur les façades) ceux-ci sont juste parfaits pour moi : ils sont issus d’un stock d’une entreprise qui a cessé de produire dans les 60’s & 70’s. Donc pas de production pour mon achat. Et ils sont magnifiques. Je me dis que c’est de l’occasion-qui-n’a-jamais-servie. Ou du neuf mais d’il y a très très longtemps.

- J’ai terminé mon séjour proche d’Ourique, la capitale du cochon. J’y suis allée plusieurs fois pour des courses et j’ai donc eu la chance de me délecter de ce splendide logo constitué d’un cochon avec des oreilles en glands … amis des beaux-arts bonjour.

- Je souris à chaque fois que je vois des choux portugais, car ils étaient hauts comme des arbres dans ma première ferme et j’ai passé avec Manon des heures à tenter de les redresser. Globalement ils sont présents dans tous les potagers, et constituent la base du caldo verde, la soupe nationale

- J’ai profité de mon séjour portugais pour regarder à nouveau « La cage dorée » … une comédie attachante, qui joue sur absolument tous les clichés sur les portugais.

Etant donné que ma ferme n°1 était chez un couple italo-autrichien vide de portugais, qu’ensuite l’expérience équine avec le portugais de l’étape a duré 5 jours et qu’enfin j’ai wwoofé un mois chez deux allemands … on peut en conclure que j’ai vraiment réussi mon immersion portugaise 😀😀😀

Maintenant, direction l’Espagne, pour dérouiller mi español, continuer à rencontrer des locaux et apprendre sur des fermes. Mais avant cela, un séjour andalou & en famille dont vous entendrez parler. Et le prochain article sera peut-être consacré à Maurice … et à sa cure d’amaigrissement.

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Publié le 14 avril 2019

Tour d’horizon - en photos- d’une semaine en famille passée sous les orangers et nourris aux tapas.

Etape 1 : Cordoue et la mosquée

Clairement, la superposition des styles architecturaux maures et catholique a quelque chose d’impressionnant. On a eu le flair d’y rentrer à 10h pétantes … les premiers des 6 000 visiteurs quotidiens ! Si vous y passez, allez donc déguster les épinards aux pois chiches du restaurant Casa Mazal qui sont délicieux.

Etape 2 : Grenade et l’Alhambra

Là aussi, tout un monde de jardins, de détails sculptés. Pour échapper à la sensation suffocante d’être un mouton parmi des milliers d’autres, il y a toujours la Sierra Nevada au loin, pour le bol d’air frais.

Etape 3 : Les Alpujarras et la nature

Coup de cœur pour ce contrefort de la Sierra Nevada. Nous étions à Bubion, un village départ de randonnée, comme beaucoup d’autres. Les toits sont plats, héritage berbère, et le système d’irrigation dans la montagne ingénieux. Deux magnifiques randonnées, avec des paysages qui nous ont rappelé l’Ardèche, et donc les racines familiales.

Etape 5 : Séville et la Semana Santa en toile de fond

Retour à la grande ville. Si vous y êtes, je recommande La Casa de la Guitarra pour un spectacle de flamenco incroyable et émouvant, je crois que ce n’est pas un attrape-touristes.

Partout où l’on est passé, les festivités de la Semana Santa étaient en préparation. Les bigots d’ici ne rigolent pas. Les artistes qui font les affiches non plus. Petit florilège.

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Publié le 14 avril 2019

Contrairement à ce que le titre laisse penser, aucun vieux monsieur n’a été forcé à une monodiète : Maurice est le sac de 80L que j’ai emmené en voyage. Mais voilà, après 2 mois à le trimbaler, il fallait se rendre à l’évidence : Maurice pèse beaucoup trop lourd ! Et j'utilise au quotidien 60% de ce qu’il me sert à transporter. Détails des grands succès et petits échecs d’un nomadisme réussi.

Ce que j’ai enlevé

- Mon bonnet et mon écharpe, mes chaussettes avec 90% de laine, mon kway et des habits chaud d’hiver… attention teasing pour le prochain article ‘comment j’ai regretté ces suppressions dans ma prochaine ferme’

- Une trousse de toilette en plastique solide mais vraiment trop lourde -> remplacée par une pochette en tissu

- Quelques bijoux franchement je ne les porte jamais en wwoofing

- Mon blush pour les joues j’ai bien rigolé en le dénichant au fin fond de mon sac

- Un pantalon noir / une jupe noir J’ai décidé d’être l’ambassadrice du chic à la française avec des jeans

Ce que j’ai gardé :

- Evidemment tout le matériel PC / photo / batterie / liseuse / lampe frontale / disque dur externe …

- Mon pantalon de randonnée / mon pantalon de travail / mes jeans et autres habits de mi-saison

- Mon pull en cachemire

- Ma veste multi-fonction

- Mon duvet

Ce que j’ai rajouté grâce au relai parental

- Une paire de baskets

- Une crème solaire SPF 50, un vrai antimoustique … Ça s’achète aussi en Europe, mais difficile d’en trouver des certifiés bios au supermarché du village le plus proche

- Un immense flacon d’huile d’amande douce … clairement le produit de beauté que j’utilise le plus pour ne pas finir le wwooftour en étant l’incarnation vivante du mot « burinée »

- Des vêtements d’été

Ayant aussi usé jusqu’à la corde et bien au-delà mes leggings en 2 mois (multifonction : pyjama / tenue de yoga / tenue du dimanche) je pensais que ce serait compliqué de trouver une boutique de vêtements d’occasion au fin fond du Portugal et m’étais résolue à aller chez Calzedonia ou autre chaîne de fast-fashion. Jusqu’à ce que le destin mette sur ma route une friperie, un panier débordant de leggings Calzedonia à 4€ car ayant un micro-défaut de fabrication. Poursuivre le Défi 2019 Rien de Neufà mon humble niveau en voyage : check.

Finalement, si je devais lister les objets qui me sont indispensables - en dehors des vêtements – par ordre d’utilité quand je suis en période de wwoofing

- Evidemment mon téléphone et mon PC

- Ma gourde en inox

- Ma liseuse

- Mon carnet et un stylo

- Mon couteau opinel

Et ceux qui me sont le moins utiles :

- Ma trousse à pharmacie … et pourvu que ça dure !

- Ma bombe lacrymo … Idem

- Mon maillot de bain … La dernière fois qu’il a vu la lumière du jour c’était au Portugal, dans une piscine municipale de 20 m de long et rongée par la mousse. C’est vraiment l’accessoire « au cas où », mais j’aime tellement nager (ou barboter si l’on en revient à cette expérience portugaise) que je le garde.

Il y aura d’autres dégraissages et engraissages de Maurice. Mais quel bonheur de pouvoir ranger en 5 minutes ses affaires. De ne plus tout chercher partout. Cette rédaction d'article m'a fait réfléchir : 80L pour 8 mois de voyage c'est "voyager léger" ou pas ? D'un point de vue 'nomade' non, clairement. (Pensée émue pour tous les voyageurs qui réussissent avec moins de 30L). D'un point de vue sédentaire, vivre avec 80L pendant 8 mois ça me parait assez minimaliste oui.

Je vous recommande un documentaire (dispo sur Netflix de mémoire) ;The Minimalists.Certes ils ont fait de leur style de vie un juteux business, mais il y a toujours quelque chose à apprendre. Prévoir de le regarder à plusieurs pour ensuite débattre, se projeter et se motiver mutuellement sur les premiers pas 😀

Prochain article : Casas Benali, mon expérience de wwoofing espagnole !

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Depuis le 1er avril et le retour de mes parents en France, j’ai quitté l’Andalousie pour venir dans les montagnes de Valence, travailler sur un gigantesque projet d’agro-tourisme perché à 800 mètres d'altitude dans la Sierra de Enguera, massif montagneux avec un pic à 1000 m. Oliviers, thym & romarin, vieilles bâtisses, moutons et vie en communauté sont les mots-clés ici.

Casas Benali, mon expérience de wwoofing espagnole 

Un peu plus de détails sur le lieu

Casas Benali est un ancien hameau perdu très isolé en haut d’une montagne (le premier village est à 18 km), racheté en 2015 par un couple de hollandais qui tenaient précédemment un camping en Espagne. Avec un chef britannique, c’est le trio à la tête de ce projet d’agro-tourisme qui peut accueillir jusqu’à 40 personnes en gîtes, chambre d’hôte et camping.

Vu les tarifs, ils visent une clientèle plutôt luxe et je vous laisse découvrir les photos du lieu ici car elles sont bien meilleures que les miennes. Si vous avez l’impression de feuilleter un magazine de décoration branché, sachez que c’est vraiment comme ça en vrai ! Déco chic-rustique.

Avant que votre jalousomètre n’explose, veuillez noter que je ne vis pas sur place. Les wwoofers et le chef britannique vivent dans une vieille maison à 1km de là. Charmant aussi, mais plus rustico-chic cette fois !

Casa Cuarto - là où les wwoofeurs vivent ! 

Le travail

En arrivant, le projet était de relancer le jardin potager pour approvisionner la cuisine de Benali, mais aussi de terminer la taille des oliviers. J’ai choisi cette ferme pour continuer à découvrir la permaculture et étendre l’apprentissage à l’agroforesterie et à l’apiculture.

En réalité je n’ai pas pu faire 100% de ça. Les raisons s’entremêlent : l’absence de la personne en charge du jardin pendant 12 jours, un projet gigantesque et impossible à gérer par seulement 3 personnes, le besoin de se reposer pendant la saison basse avant que le tourisme ne redémarre et beaucoup de pluie.

Finalement, j’ai quand même passé des heures à observer l’immense jardin, en tentant de comprendre les fonctions de chaque élément : bassin d’irrigation, terrasses, arbres et arbustes, compost, buttes de culture etc…

Comme dans la ferme précédente, j’ai :

-fait un test du bocalpour la composition du sol pour savoir s’il s’agit plutôt d’un sol argileux, sableux, limoneux ou équilibré ? et donc savoir quels plantes pousseront mieux.

- lancé un compost à chaud qui a atteint 85°, l’occasion de se faire une tasse de thé avec une source d’énergie renouvelable.

- Lancé une pépinière de semis : tomates, courgettes, basilic, melons, courgettes, okra, concombres, persil, épinards-fraises etc…

- fait un plan des cultures, notamment pour garder une trace et l'utiliser les prochaines années

Permaculture un jour, permaculture tous les jours ! 

Une journée typique

Le travail des wwoofers étant assez encadré – 5h par jour le matin – on a beaucoup de temps libre. Une journée typique commence vers 7h, je me réveille et prend un thé, je retourne dans ma chambre (me recoucher au chaud sous la double-couette) faire un peu de yoga / étirement / méditation. Puis petit-déjeuner avec les wwoofers et départ pour Benali, à pied, en vélo/tandem ou en van. Observation du jardin, discussion avec le couple hollandais, Martine et Dani, puis chacun se met à une tâche : désherbage, peinture de clôture, nettoyage des garages et dépendances, réparation de matériel…

Avec l'arrivée de la saison touristique, le travail des wwoofers sera de plus en plus sur la partie hôtellerie-restauration : Cuisine / buanderie / ménage. Clairement ce n’est pas mon truc préféré, je suis assez soulagée d'être arrivée avant la saison haute et il n’y a pas grand-chose à en dire. Je suis au maximum au jardin.

La matinée passe vite, vers 14h30 retour à la maison, déjeuner ensemble. Soyons honnêtes, je me fais souvent un petit roupillon, de préférence dans le hamac ! L’après-midi, même si c’est libre, il y a toujours des tâches à faire : chercher du bois, nettoyer les tapis et aérer la maison, faire la vaisselle, vider les cendres de la cheminée, cueillir quelques herbes sauvages pour la cuisine, ramasser des amandes, vider les poubelles ou le seau à compost…

Quand tout ça est fait et que j’arrive à m’échapper de La Petite Maison dans la Prairie, je pars en randonnée avec les 2 chiens et les chats…qui se vexent et miaulent si quelqu’un ose partir en les laissant là, et qui ensuite traînent la patte tout le long ! 75% du sol ici étant couvert de thym ou de romarin, ça sent toujours extrêmement bon. C’est marrant, ce paysage qui ressemble à la Provence avec des pins partout et cet air de garrigue, mais on est à la montagne et il fait un froid de gueux le soir !

On dîne vers 20h puis on passe la soirée autour de l’immense cheminée à rêvasser et à refaire le monde avec une bouteille de vin rouge. Je partage ma chambre avec une wwoofeuse Allemande et je m’endors (avec ma bouillotte) après avoir vu les lumières de la ville briller au loin. Et rebelote le lendemain ! Sauf que ...

La tempête

La tempête de Pâques ! 

Sauf que … la tempête !!! A l’heure où j’écris – certainement très différente de l’heure de publication vu l’absence d’internet – cela fait 4 jours qu’il pleut : tout le week-end de Pâques enfait, qui lance la saison touristique ! Honnêtement, j’ai l’impression d’être dans un sous-marin. Les terrasses d’olivier ressemblent à des rizières, la pluie tombe à l’horizontale, on a découvert le plaisir des infiltrations d’eau dans la cuisine et le fait de ne pas voir à plus de 15 mètres à cause du brouillard. L’équipage ne tient bon qu’avec l’aide de gâteaux quotidiens, de la cheminée non-stop, de la présence d’une prof de yoga et d’un stock conséquent d’alcool et de cigarettes.

Le matin de Pâques, on a quand même eu droit à la tradition de l’agneau pascal … mais ça ressemblait plus à ça qu’à un gigot !

L'agneau de Pâques ! 

Reconnexion à la nature

Le slogan de Casas Benali est "Profitez du silence" et même s'il y a une borne wifi (sauf pendant la tempête où l'on a vraiment passé 4 jours très isolés) je me suis plutôt coupée de la vie virtuelle.. Sans compter la mort lente mais programmée de mon portable, qui est probablement le dernier au monde à m'offrir non pas de la 3G mais de la 2G, c'est donc habituel pour moi de passer plusieurs jours sans chercher le contact avec le monde extérieur.

A la place, je me suis mise au rythme de la nature, du soleil et de la montagne. Prendre le petit-déjeuner adossée à la maison, au soleil en contemplant la crête bleu des montagnes, avant d’aller travailler en plein air, est une bonne façon de commencer la journée !

Ensuite, j'ai beaucoup de moments de contemplation et d’émerveillement dans la journée : la vallée, les aigles, la mer méditerranée, le troupeau de mouton, les abeilles, les figuiers centenaires, les légumes qui ont été oubliés dans le jardin l’an dernier et qui poussent quand même. C'est (surement la phrase la plus hippie que j'ai pu écrire sur ce blog) ce qui donne un sens à mon voyage, ces choses toutes simples, ce ressenti de bonheur d'être dans la nature.

La faune & la flore en Espagne ! 

Prochaine étape : Valence, Barcelone et la traversée de la mer méditerranée en Ferry début mai, puis un roadtrip en Italie !

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Publié le 14 mai 2019

Après le grand soleil en Andalousie et la (rude) vie à la montagne valencienne, mon mois d’avril espagnol s’est achevé par 4 jours citadins et une traversée de la méditerranée en ferry pour atteindre le 3eme pays de mon wwooftour : l’Italie. Adios les tapas et les cervezas, le soleil et pas mal de pluie, retrouver le plaisir de parler espagnol, les oliviers, les herbes sauvages, adios à environ 600 moutons, et à un weekend de Pâques avec la famille de woofeurs.

Les dernières réflexions sur la Sierra d’Enguera ;

#trashchallenge 

ll était une fois dans la Sierra d’Enguera un berger, réputé pour ses compétences de berger, mais n’ayant jamais découvert l’existence d’une poubelle ! Lors d’une rando magnifique, on est tombés sur un dépotoir de boites de conserves, canettes, bouteilles vides et emballages plastiques à 10 min de Casa Cuarto. Il aura fallu 2 wwoofeuses motivées, 10 sacs poubelles de 50L et 3 après-midi pour réussir le #trashchallenge

Sachant qu’une cannette met jusqu’à 100 ans à disparaître, une bouteille plastique de 100 à 1000 ans, un sac plastique 400 ans et le verre 4000 ans.

Suzanna, ou comment récolter les herbes sauvages comestibles 

Heureusement, dans le même village que le berger naquit une sorcière, fascinée par les plantes et leurs propriétés. Suzanna est la femme de chambre/prof de yoga de Casas Benali, et nous a emmenés en balade botanique. Réaliser qu’on vit au milieu de plantes qui peuvent nous nourrir, nous redonner de l’énergie, nous calmer ou nous « nettoyer » est magique. Le lendemain, on a pu aller cueillir (une partie) de notre déjeuner dans les montagnes : asperges sauvages, roquette, pissenlits et romarin, rajouté à une base de lentilles, d’amandes et de pommes de terre = déjeuner locavore / déjeuner kilomètre 0 !

J’ai quitté la montagne fin avril, et décidé d’affronter la vie urbaine chez des locaux, par le biais du couchsurfing(communauté en ligne d’hébergement gratuit entre particuliers, dans une chambre d’amis ou sur le canapé. Littéralement, couchsurfing veut dire « surfer sur le canapé »)

Valence et Barcelone en couchsurfing 

Il y a autant de visions du couchsurfing que de couchsurfers, entre ceux qui veulent passer du temps ensemble et ceux qui te donnent juste des clés, et considèrent qu’ils encouragent ainsi les voyages peu chers. Pour moi, même si c’était rapide, je cherchais à parler espagnol et à vivre comme une habitante et non plus une touriste. A Valence Alejandro m’a prêté un vélo, et à Barcelone, Jordi & Natalia m’ont emmenée voir un coucher de soleil inoubliable. J’ai eu de la chance de tomber sur ces personnes qui ont érigé le partage en style de vie.

A Valence j’ai aussi retrouvé visage connu, celui de Jan, un wwoofer croisé au Portugal. Mini-coup de cœur pour Valence, pas trop stressante ou polluée. La rivière centrale a été asséchée pour devenir les jardins Turia, un serpent de végétation au milieu de la ville, parfait pour se relaxer pieds nus dans l’herbe quand on a trop mangé/marché. La boisson typique est l’Orxata, à base de tubercule de souchet ! Sachez que c’est ultra-sucrée et de mon point de vue ça ne casse pas 3 pattes à un canard, et qu’une autre blogueuse en a bien mieux parlé que moi ici.

Au lieu de visiter toutes les cathédrales, marchés ou monuments de Valence & Barcelone, j’ai pris mon temps pour slow-visiter : vivre chez des locaux passionnés par leur ville, cuisiner et refaire le monde avec eux, prendre le vélo pour aller sur la place centrale, choisir un banc confortable et regarder les locaux et les touristes.

Sourire en voyant passer des cortèges de mariage, sourire en voyant les enfants courir systématiquement après les pigeons, sourire en prenant un verre pendant la happy hour avec les salariés qui sortent du bureau. Et aller chez le coiffeur en espérant bien fort qu’il parle anglais pour ne pas ressortir avec une permanente de mamie ou une coupe mulet. (Tout s’est bien passé, et pour info je n’ai toujours pas de dreadlocks 😀)

L’Espagne à l'Italie ... par la méditerranée ! 

A Barcelone, après la finalisation de la procuration pour les élections européennes, j’embarque sur le ferry pour rejoindre Gênes en 20 heures (Midi à 9h le lendemain matin), curieuse de savoir qui, à part une baroudeuse française qui préfère éviter l’avion embarque sur un ferry en 2019. Réponse par ordre d’importance : au niveau piéton 80% de familles marocaines - le ferry partant de Tanger la veille -quelques routards avec chiens, vélos ou probablement phobiques de l’avion. Niveau motorisé : les motards, voyageurs en camping-car et van.

Je ne m’attendais pas à beaucoup de confort et heureusement. La station maritime de Barcelone n’étant pas baroudeuse-friendly, j’ai foncé droit sur l’embarcadère des croisières de luxe, où les salariés ont cru que je tentais ma chance et m'ont rembarrée dans les règles de l'art. (Maurice l'a mal pris. Moi ça va). Le bateau est un ANCIEN (le mot a son importance) bateau de croisière, rouillé et poussiéreux.

Vu les tarifs je n’avais pas pris de cabine, mais un « siège Pullman » qui s’est transformé en cocooning avec mon duvet dans une allée tranquille. Heureusement je dors bien quasiment n’importe où, confort ou pas. J’étais donc très heureuse ainsi, à me prendre pour Isabelle Autissier, l’odeur du thé à la menthe de mes voisins en plus. L’arrivée au petit matin, dans les lumières rosées des côtes italiennes et du port de Gênes, donne du sens à mon voyage. Mon seul regret ? Ne pas avoir pu tester la piscine et le jacuzzi du bateau … haha !

A propos du choix de prendre le bateau et non l’avion, j’ai découvert le nom de ce concept, merci les scandinaves : Flygskam. Un bon article ici, dans lequel je me retrouve en partie. Prendre l’avion en Europe non. Mais limiter le concept à la honte, ça ne fait pas avancer les choses. En revanche, vanter les mérites des alternatives : confortables, propres, conviviales, qui donnent réellement l’impression de quitter son pays, ça me parle plus.

Je suis curieuse d'avoir votre point de vue sur le Flygskam. Qu’en pensez-vous ?

Prochain article : le roadtrip entre Milan et Venise, avec 2 amis français !

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Publié le 28 mai 2019

Un magnifique roadtrip pour débuter l’Italie avec deux amis; Stéphane et Pierre, sans oublier Maurice mon bon vieux sac à dos solidement empaqueté, des kilos de pastas, des verres de vins et quelques cornets de gelatos pour digérer avec grâce et légèreté. Départ à la conquête de la Dolce Vita !

Giorno 1

Après l’arrivée en Italie par le port de Gênes, c’est à Milan que je retrouve 2 amis, Stéphane et Pierre. Comme le reste de la semaine, on alterne entre grand soleil et maxi-averse. Qu’importe, on aura vu le Duomo, bu les premiers d’une longue série de Spritz (plutôt Campari qu’Aperol pour ma part), mangé nos premières pizzas et admiré la bella figura des Milanais, qui s'apparentent dans la population à des parisiens assez chics.

Giorno 2

Journée à la pinacothèque de Milan, parce qu'il pleut. Une collection d’œuvres, notamment religieuses, qui étrangement (n’étant pas croyante) m’ont beaucoup touchée. Surtout, la direction veut ‘dépoussiérer’ son image, (=attirer les bobos qui sortent de leur brunch) en incluant à côté des traditionnelles étiquettes des commentaires de critiques d’art, qui permettent de découvrir une interprétation d'oeuvre, son contexte. On trouve aussi plusieurs salles « coulisses » : l'une présentant un atelier de restauration de tableau, l'autre expliquant les stocks d’œuvres du musée, et les raisons de leur non-exposition (souvent un intérêt historique mais pas esthétique ... des croûtes quoi !) Une visite recommandée donc.

La Pinacothèque de Milan 

Giorno 3

On file à Côme, on grimpe par le funiculaire et finito li farniente on randonne 17 (dix-sept !!) kilomètres avec des centaines de mètres de dénivelé. De la bonne grosse randonnée quoi ! Sur la crête, une double-vue époustouflante sur le lac de Côme. Moments d’émerveillement (notamment en découvrant des poèmes, accrochés à des arbres) et d’adrénaline. Mamamia ! Mamamia !

Randonnée au lac de Côme 

Giorno 4

Après une nuit dans un refuge tout mignon, on termine la randonnée avec …. 17 (dix-sept !!) kilomètres de dénivelé ! On aperçoit vaches, chèvres, randonneurs octogénaires, sangliers, biches et d’innombrables espèces d’arbres et de plantes que j'évertue à identifier avec l’appli Plantnet. Fin de la randonnée dans la ville de Bellagio, que la plupart des touristes atteignent en bus ou bateau. Nous ne sommes plus que des enveloppes corporelles, incapables de faire plus que commander glaces strataciella & cafés.

Le lendemain, dans des toilettes publiques, je m'extasie devant un panneau qui résume de façon extrêmement précise notre état physique. "Courbature" ne sera jamais un mot assez fort. Mais quelle randonnée inoubliable.

Giorno 5

Hop, une nouvelle journée pluvieuse. Je confesse avoir pris une triple ration de mozza et de burata à midi au restaurant pour survivre. Si vous êtes de passage, réservez une table à midi au restaurant La Bella Vita : des grandes & belles assiettes pleines de produits frais. Le soir, on part pour le lac de Garde.

Giorno 6

Baignade dans le lac de Garde, au milieu des yatchs étincellants. Puis sieste sur la presqu’île de Sirmione, en imaginant la vie des romains à l'époque. On part ensuite à Vérone (avec cette chanson à fond E.V.I.D.E.M.M.E.N.T. La base) et on y sirote un énième Spritz en bord de rivière, sous un soleil magnifique. Petit bonus : découvrir la ville avec des vélos prêtés par notre hôte du jour. Petit détail : les vélos n’ont pas de freins.

Presqu'ile de Sirmione sur lac de Garde + apéro à Vérone 

Giorno 7

Visite de Vérone : On passera vite sur le (faux) balcon de Juliette, pour aller manger des glaces sur les places ensoleillées en regardant les italiens vivre, les touristes se faire prendre en photo avec des gladiateurs, les graffitis de mots doux et les cadenas d’amoureux. Comme si le slow voyage n’était pas encore assez doux, assez savoureux, on part à Venise pour laisser notre voiture de location à l’aéroport et on saute dans un bateau. Pierre & Stéphane connaissaient déjà, pour ma part je découvre Venise par l’eau, sous l’or du soleil de 19h, et c’est tellement beau que j’en frissonne.

Vérone, la belle Vérone... 
Golden hour sur Venise et trajet lambda en vaporetto

Giorno 8

Soyons clairs ; je n’avais aucune attente sur Venise, c’est une ville qui ne m’attirait pas spécialement. Résultat bluffant : tout me parait sublissime : se perdre dans les ruelles, prendre non pas le métro mais le bateau, observer les gondoliers manœuvrer, lever les yeux sur les détails des palais, profiter d’y être pendant la Biennale d’art contemporain pour surprendre au détour d’un hôtel particulier une œuvre exposée dans le jardin, accrochée à une façade…

A l'opposée de mon slow-voyage, j'ai côtoyé à Venise des milliers de chinois, qui généralement passent quelques heures simplement dans chaque ville. Juste le temps de trouver le meilleur panorama pour faire un selfie qui épatera la famille au pays. On a creusé le sujet à midi au resto, et on est tombés sur cet article, très éclairant. Merci Slate. Prenez 4 minutes pour le lire, pour vous informer.

Venezia  

Giorno 9

Il est temps pour moi de retourner en mode wwoofing. Après un footing matinal (qui a dit overdose de féculents ?) sur la baie du Lido, des arrivedeci sur le quai de la gare (grazie mille les copains d'être venus me voir et en plus EN TRAIN) et 7h de trajet, j’arrive à Grossetto en Toscane. Il est temps de charger le module "italien" sur l'appli Duolinguo, de réveiller mes réflexes de vie à la campagne et de m'immerger dans une nouvelle routine.

Derniers moments à Venise 

Prochains articles : ma 5ème expérience en wwoofing, en Toscane / Le Zéro Déchet en voyage / Wwooftour & confessions

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Publié le 2 juin 2019

Un article très rapide pour partager quelques « trucs » zéro déchet en voyage et faire le point sur les tops & les flops vécus pour l’instant pendant le wwooftour en Europe. Avec comme à chaque article non voyage ou wwoofing, quelques jolies photos parce que (sinon c'est moche)... on devrait tous en voir chaque jour !

Mosaïque à l'Alhambra / Cyprès en Toscane 

Je ne vais pas écrire des tartines sur l’importance du zéro déchet, mais clairement le jetable appartient déjà au passé, en 2019 on parle prise de conscience, alternatives, nouveaux comportements voire carrément modes de vie ! Si vous commencez dans le zéro déchet, (et que vous ne savez pas encore qu'après viendra la simplification volontaire, le minimalisme, la slow-life, le slow-voyage, le nomadisme et paf ! Un long voyage en wwoofing !! Mouahaha) et que vous partez en voyage, voici quelques idées :

Par où on commence ?

On s’équipe, et c’est très facile, c’est tout pareil qu’un kit zéro déchet à la maison : un gobelet, un kit de couverts, des tote-bags et quelques sacs à vrac et surtout, surtout une gourde ! Je suis souvent surprise par des baroudeurs/ wwoofeurs – amoureux de la nature, alternatifs voire carrément antisystème et qui continuent à acheter des bouteilles plastiques dès qu'ils ont soif. C’est quand même la loi Pareto du Zéro Déchet : peut-être pas 80% mais disons 60% de nos déchets – surtout en voyage - sont grosso modo des bouteilles plastiques & canettes alu ou verres jetables. Acheter une belle gourde en inox, c’est 20% (ou 40% ... on s'en fiche !) d’effort pour 60 ou 80% de résultats de réduction de votre empreinte déchets !

Ensuite, on met en route son radar zéro-déchet, qui va surtout sonner au moment d’acheter à manger ou à boire : en voyage, par définition cette situation arrive 3 fois par jour minimum.

J’ai toujours pu utiliser mon kit pour emporter la nourriture & boisson. La phrase « No plastic » et le fait de montrer son alternative suffisent. Parfois, juste pour savourer un thé, il faut en l’espace de 20 secondes refuser poliment et fermement gobelet plastique & touillette & serviette papier et micro-sachet de sucre … mais ça s’apprend, comme tout. Certes, la première fois on n’est pas vraiment à l’aise, mais après quelques jours, on réalise qu’en face la personne n’approuve pas non plus cet étalage de plastique. En écrivant ça je reste consciente à 200% qu'en Europe, la prise de conscience a lieu en ce moment. Voyager dans un pays ou plastique jetable = progrès est nettement plus ardue.

Coucher de soleil dans la campagne italienne / Tenture dans les Alpujarras en EspagneA 

Petit détour par la case « développement personnel »

De prime abord, je suis toujours vraiment agacée & triste de voir du jetable en 2019. Et en même temps ce sentiment négatif est un voile sur mes journées autrement pleines de découvertes & de slow life & de sens. Alors j’essaie, avec mon kit zéro déchet plus beau sourire -celui où on voit presque toutes mes dents- de persévérer et de le transformer en positif. Je reste convaincue e que le.la commerçant.e aura un déclic, que les clients qui font la queue derrière moi seront intrigués, que peut-être même un jour on m’abordera pour me demander où j’ai acheté ces objets…

Ceci dit, flop pour le verre d’Ortaxa à Valence, que la vendeuse ambulante m’a forcée à prendre dans le gobelet jetable car elle était payée au nombre de gobelets, qui étaient comptés le soir. Gros bémol aussi pour les cocktails, qui arrivent souvent avec DEUX pailles. Là, pour avoir une longueur d’avance sur le barman/barmaid il faut une rapidité de lynx pour refuser à temps. Ce qui devient de moins en moins évident au fur et à mesure des cocktails (la partie rapidité du lynx) !

Pour les courses, ça ne sera jamais du quasi 100% vrac comme à Nantes, mais j’achète les fruits & légumes du supermarché ou du primeur dans mon tote-bag, en collant les étiquettes de poids dessus, et généralement ça ne fait même pas sourciller le/la caissièr.e ! C'est un bon exemple de micro-geste écolo sans passer des heures à chercher une boutique en vrac.

En ce moment j’ai fini mon shampoing solide, empaqueté dans un picollino tupperware en janvier, (Oui oui janvier. On dirait que j'ai réduit le nombre de shampoings et vous vous dites surement "ça y est, elle a craqué pour les dreadlocks !" Mais promis non ! Simplement les cosmétiques solides durent longtemps !! ) Il s’agit donc de mon prochain défi : dégoter un shampoing solide.

Petite anecdote aussi : dans quasi toutes les fermes où j’ai wwoofé, il y avait une caisse de vêtements laissés par les volontaires de passage. J’y ai largement contribué en laissant les vêtements qui ne me servaient pas et en y piochant. Une autre façon de contribuer au fameux Défi Rien de Neuf. Enfin, j'ai découvert et je suis les aventures d'un couple français qui va bien plus loin que moi sur le zéro déchet en voyage : Let's Snail is sustainably

Kit zéro déchet en voyage 

Clin d’œil à ma copine Johanna, créatrice de la boutique O Bocal à Nantes, dont le tote-bag fait aussi un voyage en Europe !

Et vous, quels gestes zéro déchet au quotidien & en voyage ?

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Publié le 11 juin 2019

5eme ferme de mon wwooftour, mais première en Italie, le Pianore est un lieu d’agro-tourisme (encore un) situé dans la vallée d’Amiata en Toscane, crée par une italienne il y a une trentaine d’années et désormais business familial géré avec 3 des 4 enfants. L’accueil de groupes est ce qui fait vivre tout le monde. Petit tour d’horizon de ma vie ici, depuis mon arrivée le 12 juin…

Le Pianore, c’est 64 hectares de nature intacte, au cœur de la Toscane. Le lieu est divisé entre un hameau pour les groupes, avec plusieurs bâtiments restaurés, une yourte et une sublime maison en paille, et 800m plus loin, la maison rénovée où vivent les parents Elena & Francesco, quelques salariés et moi. Les 3 enfants (25 à 30 ans) vivent dans leur propres maisons dans la vallée ou dans les villages accrochés aux sommets des montagnes.

La famille est Napolitaine, détail qui a son importance ! Les 3 aînés sont revenus travailler ici ; les 2 filles gèrent l’hospitalité & tourisme et le fils la partie agricole ; production de vin en biodynamie et d’huile d’olive pour la vente, et miel, fruits & légumes pour la famille & la partie tourisme.

J’avais déjà wwoofé dans les montagnes espagnoles dans un lieu d’agro-tourisme, je retrouve des points communs, mais il y a aussi des différences : ici il y a aussi des ouvriers agricoles – minimum 3 – (Et qui au passage sont les personnes les plus adorables de la Terre et qui m'ont accueillie avec tanto attention) et plusieurs salariés pour la partie tourisme : cuisine et ménage essentiellement. Bref, Le Pianore doit faire vivre une dizaine de personnes je dirais.

Sur mon ressenti de wwoofing, j’ai su dès les premiers jours que la famille hésitait à prendre des wwoofeurs cette année, consciente de l’énergie que ça demande pour intégrer quelqu'un de passage. Je ne croulais clairement pas sous les tâches, et j’ai eu parfois du mal à trouver ma place dans cette famille ultra-busy. La barrière de la langue m’a aussi frustrée parfois. En résumé, je comprends à 80% l’italien, j’ai appris assidûment pendant mon temps libre, mais quelle frustration pendant les repas, quand je n'arrivais pas à former une phrase suffisamment vite et que le sujet avait déjà dévié !(A la réflexion, c'est vraiment drôle, mais mes repas étaient très ... méditatifs !) Heureusement, seul le papa ne parlait aucun anglais. Autre hic : les 2 premières semaines, on a eu un temps hivernal avec de la pluie non-stop : parfois une pluie fine pendant 12 heures, parfois un énorme orage dans l’après-midi, annoncé par des hordes de mouches le matin. On a fait chauffer le poêle pour se réchauffer. Avec du recul, je me sens quand même chanceuse d’avoir pu wwoofer ici, dans un coin de nature absolument époustouflant, et dans une ferme qui fonctionne bien.

Innovation sur le blog, j’ai décidé de raconter Le Pianore en 13 séries de photos :

1. Les ânes

Episode #2 des morsures en voyage : Pingo l’âne. Bras gauche cette fois. Mes bras sont vraiment des carottes. (Je crois que je tiens un concept innovant de dressage sans bâton) En outre, les ânes, ici aussi présents juste pour la beauté, n’arrêtent pas de s’échapper, au point qu’à force de leur courir après quasi-chaque jour, la liberté leur a été rendue. Evidemment, après une journée autour de la maison et du potager, ils sont rentrés d’eux même au champ.

Anes 

2. La vigne fleurie en biodynamie

La vigne est cultivée en biodynamie, et n’a jamais reçu un seul produit chimique. Toutes les 2 rangées, une couverture végétale (lupin, trèfle, fèves ...) est semée, puis coupée et enfouie dans le sol, pour l’enrichir encore. C’est beau & c’est cohérent.

La vigne ! 

3. L’embouteillage de la cuvée 2017

Un de mes meilleurs souvenirs au Pianore: se réveiller aux aurores pour être ouvrière sur la chaîne d’embouteillage ! Bizarre, sachant que ça a consisté à plier des cartons et faire de la manutention de 7h30 à 15h avec une cadence infernale pour remplir 7000 bouteilles ! Mais une équipe motivée malgré l’orage, ça m’a donné un vrai sentiment d’esprit d’équipe & d’accomplissement. Non, on n'a pas dégusté le vin, il doit encore reposer 6 mois minimum. Mais disons qu'au Pianore, les dégustations de vin en fin de journée vont bon train.

Embouteillage  (Désolée pour la piètre qualité de la photo !)

4. La nature & la pluie

Impossible de parler de cette expérience de wwoofing sans mentionner la beauté de ce lieu - stupéfiante - mais aussi la nature capricieuse. On a eu BEAUCOUP de pluie. Le jardin était inondé, je ne pouvais pas y travailler (tout juste y allait-on pour récolter une salade, quelques céleris ou poireaux et des herbes aromatiques fraiches pour le déjeuner), les chemins de terre étaient ravagés, les fraises ont pourri au lieu de finir dans nos assiettes. Du coup, après cette quinzaine de mai catastrophique, ou j'ai failli me transformer en agricultrice-qui-râle-quand-il-pleut-puis-qui-râle-quand-il-fait-trop-sec, j'ai profité du réveil de la nature, et chaque journée, chaque ballade, chaque randonnée était différente, avec pléthore (je crois que j'ai jamais utilisé ce mot) de nouvelles fleurs et des abeilles qui ont ENFIN pu faire du miel.

Nature & pluie 

5. Le poêle dans la cuisine

La pièce centrale de la maison, tellement typique voire folklorique que les clients - lorsqu'ils participent à la ballade "agricole & vie de la famille" du Pianore, s'arrêtent pour la prendre en photo. De là sortaient les pastas quotidiennes et les litres de café (thé pour moi toujours !). A noter : le poêle GODIN #fiertéfrançaise

#passioncarrelage

6. Les cyprès

On est en Toscane, il y a des cyprès partout. Outre la classe d’une allée de cyprès, je me demandais comment mon système allergène allait réagir, puisqu’un test il y a 10 ans (Oui, oui, celui où l’allergologue te pose tranquillement des extraits rigolos – lapin, cheval, cannelle, patate – dans le dos, puis admire son œuvre en comparant ceux qui sont très rouges et ceux qui sont juste rouges, pendant que tu te mords les lèvres dans une lutte intense pour ne pas te gratter !) avait révélé une allergie. Résultat : pas de gros symptômes après 3 semaines. Les mystères du corps humain.

Cyprès, cyprès et  ... cyprès 

7. Les cochons

Parce qu’après le baby-sitting, j’ai testé le pig-sitting. Ça peut sembler étrange, mais apparemment les cochons ont besoin d’être familiarisés avec les humains. 15 petites bêtes donc, dont 12 petits de quelques semaines, plutôt heureux sous le chêne à gland. Bref, des futurs jambons & saucissons, élevés sans produit externes, et tués localement. Le seul cas où j'accepterai de manger de la viande. #flexitarienne

 Pig-sitting

8. Le jardin

La majeure partie de mon wwoofing s’est déroulée dans ce magnifique potager d’environ 600m2 avec des fleurs & légumes & herbes. 70% de travail de nettoyage et de paillage des buttes de permaculture & 30% de transplants du contenu de la serre : tomates, basilic, poivrons, piment, persil, courgettes…

A noter, LES deux tendances phares du potager en 2019 : les fèves, crues directement dans le jardin ou dans une salade, et la roquette, en salade, en pesto ou sur une pizza !

Le jardin / fèves / roquette 

9. Le macramé

Ça faisait des années que je voulais faire quelque chose en macramé. Le temps libre & les aprem’ pluvieuses au Pianore m’ont fait basculer dans la #passionmacramé. Je suis très contente du résultat, j'aime beaucoup ce style & ça me permet aussi de laisser de jolis cadeaux à ceux que j'ai rencontré & aimé pendant ce voyage.

#passionmacramé 

10. Les découvertes

Vous avez déjà vu une fleur de poireau ? Vous connaissez l’amarante ? Vous savez attraper (ou regarder un apiculteur faire) un essaim sauvage d'abeilles ? Moi, avant Le Pianore non. Autant j'ai été très heureuse de continuer à travailler dans un jardin potager, autant avec l’éternel aller-retour entre action et réflexion, j’avais besoin de plus, et surtout de ne pas me reposer sur mes acquis. D'où mon défi de découvrir quelque chose de nouveau chaque jour. (Défi que je vais tenter de tenir jusqu'à la fin de mon wwooftour ...minimum) Même les jours avec 5 heures de désherbage dans la gadoue (surtout ces jours-là d’ailleurs).

Apprendre une chose / jour  (oups, désolée pour la vidéo dans le mauvais sens !)

11. Le four à pizza

Tous les vendredis, les groupes avaient droit à une soirée pizza. La famille est Napolitaine et c’est quand même la base de leur alimentation & une grandissima source de fierté. J’ai fait plusieurs pizza parties, mi-invitée, mi-volontaire, mais toujours à croquer dans de la mozzarella fondante, avec l’odeur du feu de bois.

Pizza  party

12. La plateforme de yoga

Autre tâche de wwoofing : aider le fils à agrandir la plateforme de yoga prévue dans le hameau, car la plupart des groupes viennent en stage de yoga. Quelques heures de travail de bricolage au soleil, sous le signe de la précision et de la concentration pour moi - apprentie menuisière, pour un résultat zen & design. Plateforme testée avec une session de yoga improvisée à 18 h.

Plateforme de yoga 

13. La rivière Zancona

Elle passe dans la ferme le Pianore, je crois même qu'elle en délimite certains contours. Très fraîche, je m'y suis baignée (plus exactement, je me suis jetée dedans sans réfléchir. Bon, ça réveille !), je l'ai croisé plusieurs fois pieds nus pendant des randonnées, j'y ai fait traverser les ânes fugueurs, je l'ai entendue depuis ma chambre, gronder dans la vallée et surtout, je l'ai bue pendant tout mon séjour car c'est la source d'eau de tout le lieu. Inutile de dire qu'elle est pure & excellente (comprenez : elle n'a pas de gout de traitement. Je n'ai pas d'avis particulier sur le gout de telle ou telle eau. #pascommelevin)

Pour compléter cet article, et le rendre plus vivant & humain, je prépare un article surprise d’ici quelques jours (Comprendre = semaines.)

Je suis à nouveau en changement de fermes à l'heure où j'écris après quelques jours à Naples et j'ai aussi d'autres projets plein la tête alors : patience et slow-blogging !

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A l’heure où j’écris, il est 9h et au lieu d’être dans le jardin à transplanter, observer ou récolter, j’écoute la pluie sur le velux de ma chambre dans la ferme Le Pianore, Bref, on n’impose aucun rythme à la nature. Journée introspection donc, et le bon moment pour faire un pas de côté sur le pas de côté et partager mon ressenti à plus de la moitié de ce wwooftour. (Article écrit le 22 mai 2019) *English version below*

Je sollicite votre indulgence sur cet exercice de confidence et le manque de structure qui va suivre. Grazie mille.

Je suis globalement très heureuse d’être dans la nature, de travailler dehors, de découvrir d’autres modes de vie que le mien et de m’émerveiller des choses minuscules. J’ai toujours vécu en ville et toujours travaillé dans un bureau. J’en avais réellement marre d’attendre le weekend pour respirer.

Ensuite, quelque chose dont je parle peu mais dont je suis fière : avoir des grands-parents paysans. Comme une majorité de Français de cette génération me direz-vous. Qu’importe. Avant je n’y faisais pas vraiment attention, maintenant je réalise qu’ils ont eu un beau métier. Je ne suis pas naïve, ils en ont bavé, la terre exige beaucoup de travail et de sacrifices, il y a eu des années galères, certainement plusieurs à la suite. Mais quand même, ma fierté et mon admiration demeurent.

D’ailleurs ça les fait bien marrer que j’ai quitté un CDI pour aller à la campagne. Je doute que les concepts de néo-paysans ou retour à la terre aient franchi les pages des magazines bobos ou d’instagram pour atteindre leur salon / maison de retraite !

Se reconnecter à la nature & à sa propre nature. Trouver ses racines … et en arracher des centaines de kilos ! 😀

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne les faisons pas, c’est parce que nous ne les faisons pas qu’elles sont difficiles

C’est une phrase que j’adore et que je me suis répétée des dizaines de fois avant de partir. Car oui j’avais peur. Dans l’ordre, peur de douiller physiquement, de craquer et de souffrir de solitude. Et une bonne grosse peur de l’inconnu pour englober le tout. Mais le plus dur c’est toujours de prendre la décision. Ensuite, tout va bien.

Ce wwooftour me donne une énergie incroyable et des beaux souvenirs à vie. Je me sens plus forte. Physiquement bien sûr : bonjour les (petits) biscotos et je ne suis pas tombée malade une seule fois. Et mentalement aussi, même si c’est un sujet trop vaste (et intime !) pour que je l’aborde ici.

J’ai eu des jours "mous", mais pas de gros craquage. Les jours «mous » (je fais des gâteaux ou des crêpes dégoulinantes de miel) j’appelle mes amis & ma famille, j’écoute leurs vies et ça me requinque systématiquement. Je n’ai rien trouvé de mieux.

Ce slow-voyage est aussi le moment pour laisser partir certaines personnes & aspects de ma vie. Accepter le changement. Evidemment, des heures d’activités manuelles un peu stupides (exemple pris au hasard : désherber un potager) aident à méditer et à accepter des choses qui m’auraient rendue folle à Nantes.

Le côté positif à se simplifier la vie, matériellement mais aussi dans ses relations, c’est que ça laisse l’espace pour de nouvelles & belles personnes : des propriétaires de fermes, d’autres wwoofers, mais aussi des couchsurfers croisés seulement quelques jours. Tous m’ont donné le sourire et souvent chouchoutée.

Autre point important : le rapport au temps. Il se passe toujours 10 000 choses dans une journée de wwoofing. Tellement que j’expliquais récemment à une copine qu’heureusement que j’ai un agenda où je note chaque soir ce que j’ai fait. Sinon, impossible de me souvenir précisément. Il m’est arrivé de ne rien noter pendant 2/3 jours et d’être incapable de me souvenir de ces journées.

J’ai toujours le sentiment d’avoir vécu 3 journées à la fin d’une seule. Car c’est bien rempli, car les ânes se sont échappés, car on doit sauver un oiseau tombé du nid, car les voisins arrivent à l’improviste avec un panier de légumes et l’envie de parler, car il pleut, car quelqu’un propose une classe de yoga, car les panneaux solaires viennent de tomber en panne, car il fait trop chaud, car le coucher de soleil impose qu’on l’admire, car on part randonner, car on débouche une bouteille, car quelqu’un s’est fait mal et qu’il faut soigner, car on met la musique et on danse, car le travail a pris plus de temps que prévu. Bref, il n’y a aucun remède plus puissant contre la routine que wwoofer dans une ferme !

Là aussi, il m’a fallu quelques mois pour lâcher-prise sur ce que je pensais devoir faire dans une journée, et accepter que tout ne se passe pas comme planifié.

Accepter est donc le mot-clé de ce wwooftour.

Parmi les choses à accepter : le fait que je n’irai pas en Grèce. Deux raisons m’y poussent : la première c’est que je cherchais une ferme de fabrication de fromages et je n’en ai pas trouvée en Grèce. (A se demander où la feta est VRAIMENT produite !) Par contre il y en a des dizaines en Italie.

La seconde, c’est qu’en partant de Nantes j’avais grosso-modo 2 mois par pays, et dès le Portugal j’ai pris du retard sur ce planning que je m’étais fixée. Pour une bonne raison, puisque j’ai prolongé mon séjour dans des fermes où je me sentais bien. Mais à l’heure actuelle, je devrais déjà être en Grèce. Mon wwooftour se termine théoriquement mi-août, et je ne suis pas à l’aise avec l’idée de mettre un pied en Grèce pour cocher une case. Un gros mois ce n’est pas suffisant pour wwoofer & vadrouiller dans le pays selon moi. J’ai mis du temps à m’y faire, mais maintenant c’est acté ! La Grèce, ce sera tranquillement, une prochaine fois.

Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer

Alexandra David-Neel

Pour l’instant, j’ai rencontré des propriétaires de ferme très engagés, et d’autres qui ne savaient pas trop ce qu’ils faisaient ni pourquoi ils le faisaient. Mais ceux qui m’ont marquée sont bien sur ceux qui ralentissent, qui comprennent que la beauté et la gratitude sont dans les petites choses, ceux qui veulent mieux produire & nourrir et inspirer. Pas des beaux parleurs, mais des acteurs, qui se retroussent les manches et font leur part. Ces personnes méritent qu'on aille les rencontrer dans leurs fermes. Le wwoofing explose, et c’est tant mieux !

Je suis maintenant plus proche de la fin de mon voyage que du début, tout s’accélère en vue du retour et c’est parfois difficile de rester « slow » et de garder mon énergie pour ce qui fait sens pour moi : la sobriété heureuse, un respect sans borne pour la nature, l’autonomie et le partage, l’apprentissage par l’expérience, le développement personnel, le minimalisme et les découvertes quotidiennes.

Bien sûr, je pense au retour, avec des projets plein la tête. J’ai hâte de retrouver mes proches (et de faire une belle fête pour mes 30 ans), mais pour l’instant je profite encore de la Dolce Vita en Italie, avec bientôt des journées sous le signe du fromage !

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*English version*

It’s 9 am and instead of being in the garden observing, picking food or transplanting, I’m listening to the rain falling on the window in my room in The Pianore farm. You can’t rule nature. So it’s an introspection day, and a good time to step aside from my steping-aside-trip, and share with you my feelings after more than half of this wwooftour. (Post written on 22nd may)

I’m asking for your indulgence for this intimate-and-without-much-structure-blog post. Grazie mille

Overall, I’m truly very happy to be out in nature, to work outside, to discover different lifestyles from mine and to be amazed by the smallest things. I’ve always been in cities and worked in an office, and I was very sick of having to wait for the weekend to breathe.

Second, and this is something that I don’t talk about a lot: I’m so proud that my grandparents were all farmers. Like a majority of french people from that generation of course. But still. As a kid & a teen I didn’t really pay attention to this, but now I realize what a beautiful job they had. Of course, I’m not silly, they didn’t have a dream life, worked hard & made huge sacrifices. There were probably bad years. But still. My pride and admiration remain.

Actually they’re still having a good laugh thinking about me leaving a well-paid job to go to the countryside. I’m not sure ideas like “going back to nature” or “neo-rurals” have made it from Instagram & hype magazines to their living-room and elderly peoples’ home !

Reconnecting to nature & to your own nature. Find your roots … while weeding hundreds of kilos of them ! 😀

It’s not because things are difficult that we do not do them. It is because we do not do them that they are difficult

I like this life-sentence and I’ve said it to myself dozens of time before starting travelling. Because yes - I was scared. In order: scared of not being up to the physical work, scared of failing and feeling lonely. And to wrap it up, scared of the unknown. Making the decision and taking action is always the hardest step. Once you did it, everything is all right.

This wwooftour gives me pure energy & memories which I will treasure for life. I feel stronger. Physically: hello (small) muscles & I haven’t been sick once, and also mentally, although the topic is too wide & intimate for me to write about it here.

I’ve had bad days, but no major bad times. When I feel “down” (I bake cakes or make crepes with way too much honey) I call friends & family, I listen to their lives and it puts me back on track. I haven’t found a better trick.

This slow-travel is also the opportunity to come to terms with some people & parts of my life that I am now ready to let go. Accept the change. Of course, hours of a terribly stupid task (eg : weeding) make it easier to meditate and to accept these thing. Back in France, they would have driven me crazy.

The positive side of making space in your life – with stuff and with relationships – means there’s more space for new & beautiful people : farm owners, other volunteers, but also couchsurfers met only a couple of hours/days, all of whom have made me smile & truly cared for me.

One more thing : time. There’s always 10 000 things happening in a volunteer’s day. So many things in fact, that I was telling a friend that without a notebook where I keep track each night of what’s been going on, I would be unable to remember what I did. When I forget to write it down for 2/3 days, I have a difficult time recalling these days.

I always have the feeling that I have lived 3 days in one. Because it’s full, because the donkeys escaped and we have to chase them, because a bird feel from the nest, because neighbors stop by with veggies and gossip, because it’s raining, because someone is in for a yoga session, because the solar panels just broke down, because it’s too hot, because the beauty of the sunset means stop & admire, because we’re going hiking, because we’re opening a bottle, because someone got hurt and needs care, because someone puts music and we start dancing, because work took longer than expected. There isn’t more powerful antidote against routine than volunteering on a farm !

On this specific point, it took me a few months to adjust to this mindset, accepting that not everything would go as planned on a daily rhythm, and that I probably wouldn’t achieve everything I had planned.

Accepting looks like my trip’s key word !

The latest thing that I’ve had to accept: I won’t be going to Greece. Two main reasons for this : First, I was looking for a cheese-making farm and I haven’t found any in Greece (which btw makes me wonder where do they ACTUALLY make all that feta !?) but I have found dozens in Italy.

Second : I was more or less on a 2 months / country rhythm, and already in Portugal, I was behind my self-imposed schedule. Despite it being for a good reason - I stayed longer in places that I liked - I should already be in Greece right now. My wwooftour ending – theorically – mid-august, I hate the idea of going quickly to Greece just to tick off a box. One month isn’t in my sense enough to volunteer on a farm & discover the country. It took me time to wrap my mind around it, but now it’s settled! I’ll discover Greece with a future slow-travel.

Travelling without meeting anyone isn’t travelling, it’s moving around

Alexandra David-Neel

I’ve met some very committed farm owners, and others who didn’t really know what they were doing or why they were doing it. The ones I loved are those who slow down, those who understand that beauty & gratitude lie in the tiniest things, those who produce better to feed and inspire others. Not the talkers, but the actors, who take action and do their bit. These people are worth a volunteering experience on their farm. Volunteering in farms (WWOOFING) is growing bigger and it’s good news !

I’m now closer to the finish then then the beggining of my trip. Plans to go back home seem to speed up and it’s sometimes hard to keep it “slow” and focus my energy for what I really care about : simple & good living, endless respect for nature, making and sharing, learning by doing, self-growth, minimalism and my new mantra : one day/one thing learned.

Going back home is on my mind, and my head is stacked full with projects. I’m looking forward to seeing my friends & family (and to have a huuuuge 30th birthday party) but for now, I’m still enjoying Dolce Vita in Italy, and soon learning how to make cheese !

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Publié le 28 juin 2019

La encore, ce n’est pas une expérience de wwoofing, mais un city-trip, donc je ne vais pas m’étendre. Mais Naples étant Naples, c’est-à-dire quand même pas n’importe quelle ville touristique; je me dois d’écrire un peu sur ces 4 jours si spéciaux. Un article à l’image de la ville : speed et un peu désordonné.

Jour 1

Disons le tout de suite : sans Simone, mon hôte en couchsurfing, Naples n’aurait pas été si cool. Parce que lui-même est très cool et tout semble facile avec lui : 30 minutes après avoir posé mon gros Maurice chez lui je l’ai accompagné à son cours de yoga. Son appart au dernier étage à une micro-terrasse et il a eu le bon gout d’y mettre un hamac, dans lequel j’ai dormi à la belle étoile ! Et il m’a raconté tout ce qu’il aimait – ou pas – dans sa ville.

Jour 2

Le seul inconvénient du couchsurfing étant l’adaptation au style de vie de son hôte, j’étais dans les rues bruyantes & sales de Naples à 7h30, l’horaire ou d’habitude sur une ferme je bois un thé en regardant les poulettes dans le jardin.

Incroyable scoop : Naples est sale & bruyante ! Les feux tricolores sont optionnels, si tu ne t’imposes pas pour traverser, tu visites toute la ville depuis le trottoir droit (ou gauche). Autant dire que mon année vécue à Bombay s’est avérée utile. Les napolitains m’ont dit plusieurs fois « Naples est gouvernée par le chaos » … si tant est que quelque chose parvienne à gouverner Naples. (Ah si : la mafia !)

Autre point : la chaleur, accentuée par l’absence d’arbres & de parc, fait que je n’ai pas pu toucher à une pizza, des pâtes ou un plat à base de mozza pendant ces 4 jours. Vraiment pas faim. J’ai donc survécu grâce aux glaces. Mon top 3 : Yaourt, noisette, réglisse. Juste derrière stracciatella, amande et fraise. Avec le même problème à chaque fois : la manger avant qu’elle ne fonde. La vie est parfois si compliquée.

Jour 3

Le truc avec Simone, c’est qu’il n’avait jamais visité Pompeï ! A moi l’acolyte d’excursion, qui plus est capable de repousser les guides ou propriétaires de restos insistants avec un magnifique « Siamo italiano »

Comme tous ceux qui ont visité Pompeï, j’en suis restée très époustouflée. Et pour compléter la visite – trop rapide à mon gout – je me suis maté le très vintage « C’est pas sorcier » qui m’a fait sourire tout en m’apprenant des choses. Retour aux basiques. Voici le lien en cliquant ici

Le soir, pas le temps de dire « ouf » que j’étais en train de danser la tarentelle, une danse italienne fort sympa, qui se danse normalement avec des castagnettes, avec un verre de vin, dans une fête de quartier communo-anarchiste à l’ambiance réellement cool !

Jour 4

J’ai débuté en visitant le cimetière de Fontanella, dans lequel reposent les ossements de la moitié des habitants de Naples victimes d’une épidémie de peste - il me semble - en 1656. Puis, j’ai rejoint le centre historique touristique. Les attrape-touristes pullulent : chanteur à son balcon avec une guitare & un ampli, sculptures en pizzas et faux plats de pastas en plastique : sortez-moi de là !

Le bon côté, c’est que c’est concentré sur 2/3 rues, et qu’on peut très vite s’en extraire … pour retrouver la ville ultra-religieuse & ultra-pauvre, les églises, les gens tatoués qui parlent en dialecte, les cafés, les châteaux, les scooters un peu dingues. J’ai scotché des dizaines de fois sur le Vésuve au loin, sur la baie, sur les faire-parts de décès qui s'affichent en A3 ici, sur les prêtres, les nonnes et les scouts, et sur les tas de poubelles qui s’amoncellent.

Pour terminer le week-end plus tranquillement, je suis allée me baigner à Gaiola, une petite crique dans une réserve naturelle protégée. Déception ! Moi qui m’attendais à un coin paisible pour m’échapper de la ville, la partie principale était fermée, donc je me suis retrouvée coincée sur ma micro-serviette, sur la jetée en béton, entre des familles et des groupes d’ados fumeurs de pétards. Au top. Bref, un peu surfaite cette idée de Gaiola.

A noter : l'été des grands documentaires de société, par Arte, c’est 4 docu dont un sur Naples, le 27 août. Je n’ai vu que la bande-annonce, qui est alléchante. Au passage, je vous encourage à vous installer devant votre petit écran le 9 juillet, pour « Les enfants du secret » documentaire sur lequel ma journaliste de sœur a tourné, et qui pose tout un tas de questions.

Un dernier regard vers le Vésuve, si beau, et me voilà déjà dans le train pour la prochaine ferme !

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Tadaaaam : je vous promettais un article "surprise" pour compléter celui sur le wwoofing en Toscane au Pianore : le voici. Quelques questions posées à l'agriculteur avec lequel j'ai bossé ! Filippo Micillo est le fils d’Elena, qui a créé Le Pianore, lieu d’agro-tourisme à Monticello Amiata, en Toscane. Il a 31 ans, et gère la partie agricole du lieu. *english version below*

 Il a fini par quitter le cadre, en me laissant hilare devant mon selfie !

Filippo, comment tout cela a débuté pour toi ?

Quand mes parents sont arrivés ici, j’avais 2 ans. J’ai passé une partie de mon adolescence ici, passant tout mon temps libre dans la nature, ce qui m’allait très bien. Après avoir étudié le cirque, à l’âge de 13 ans je suis parti à Naples. Après mon lycée là-bas, j’ai étudié le design d’intérieur à Milan. J’ai travaillé un an dans un cabinet d’architectes mais je m’en suis lassé et je suis revenu ici.

A l’époque, je travaillais à mi-temps à la ferme, et à mi-temps dans un cabinet d’architectes dans un village local, Montalcino. Après un an, j’avais beaucoup appris, mais j’ai aussi eu une sorte de burn-out. Je ne m’entendais pas avec le salarié agricole de la ferme, et j’ai tout quitté pour voyager.

Tout en faisant le tour de l’Italie pendant 3 mois avec mon Vespa, j’envoyais des candidatures à des employeurs. J’ai été recruté par un très grand cabinet à Naples. J’y suis resté 3 ans, pendant lesquels j’ai progressé rapidement jusqu’à me retrouver à la tête du département R & D. C’était un très très bon job.

Mais j’ai à nouveau eu besoin de changement. Je n’étais pas lassé du travail, mais de l’ambiance et de mes collègues perpétuellement insatisfaits. Le jour où j’ai réalisé que je n’étais pas heureux en me levant pour travailler, j’ai donné mon préavis de départ. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire. Mais j’avais suffisamment d’argent pour voyager.

J’étais en Sicile, prêt à embarquer dans un bateau pour l’Afrique, quand ma mère m’a appelé à la rescousse car le salarié agricole de la ferme venait de partir. Je suis revenu au Pianore. J’ai travaillé en tant que salarié, je ne voulais pas être associé davantage. Je voulais pouvoir reprendre un job, voyager, garder ma liberté. Mais après une paire d’années, j’ai compris que c’est ici que je voulais vivre ma vie et concentrer mon énergie.

Quelles étaient les activités de la ferme à cette époque ?

J’ai beaucoup appris, sur les outils, la vigne etc… J’ai fait un énorme travail de nettoyage et d’organisation de la charge de travail. Par exemple, avant l’hiver tout doit être nettoyé, rangé etc.. J’ai aussi fait les plans de la maison en paille. A cette époque, j’utilisais ce que j’avais appris à l’université et dans mes emplois pour améliorer le fonctionnement de cette ferme.

J’ai compris la dynamique de ce métier : aucun jour ne se ressemble, mais il y a toujours des projets. Zéro routine ! Bien sûr, il y a les récoltes, les vendanges, mais cela ressemble à une « vague continuelle ». Ça dépend surtout de la météo. Notre prochaine « vague » sera de faire les foins et nettoyer la vigne.

Qu’est-ce que produit la ferme aujourd’hui ?

Au-delà de notre production, notre premier objectif est d’être en harmonie avec la nature, et à 100% auto-suffisants. On est déjà autonomes en énergie à 80% avec les panneaux solaires et le bois (On produit même plus d’électricité que notre conso) On est autonomes en eau, avec la rivière Zancona.

On produit environ 7 000 bouteilles de vin et 300 L d’huile d’olive (seuls 1/5 eme nos oliviers produisent. Pour les autres, il va falloir être patients) Le reste de la production est pour la famille et les hôtes de notre partie tourisme : miel, fruits et légumes, herbes aromatiques, produits transformés comme des confitures etc…

Pourquoi est-ce que tu travailles en biodynamie ?

Pour moi c’est une belle façon de travailler, surtout le sol. On ne pense pas assez aux racines, qui sont les bases de la vie d’une plante. J’aime aussi le côté « simple » et « vrai » de la biodynamie. Tu vois tout de suite que ça fonctionne, et non seulement tu le vois, mais tu le sens aussi. J’ai commencé il y a 4 ans, et je peux observer que le sol ici est très riche. Les voisins et les professionnels qui viennent sont impressionnés.

Avant nous ici, il y a eu une ferme de moutons pendant 50 ans, et avant cela il n’y avait rien. Nous, on a commencé à cultiver en bio. Donc cette terre est vraiment 100% naturelle et n’a jamais reçu de traitements chimiques. Le bon côté c’est qu’en voisinage, on n’a que la forêt et la rivière. Aucun voisin qui ferait de la m*****

Pourquoi es-tu passé de l’agriculture bio à la biodynamie ?

Je n’ai pas la certification biodynamique et je m’en fiche, elle est chère et je n’en ai pas besoin. On est certifiés bio, mais je me passerai sûrement un jour de cette étiquette aussi. Je n’ai jamais vu de plus belle biodiversité qu’ici : c’est rempli d’animaux et d’abeilles sauvages, et de plantes, dont certaines ne poussent qu’ici.

Pendant qu’on discute, on entend des dizaines d’oiseaux, et on est littéralement entourés par des centaines d’insectes, de plantes et de couleurs. Cette vallée est incroyablement riche en biodiversité.

Comment as-tu appris la biodynamie ?

J’ai suivi quelques cours, et j’ai tout de suite senti que je pouvais « parler » à la nature de cette façon. Je crois que nous sommes la nature. La nature où je vis est heureuse, et je suis aussi heureux quand je fais ces choses. Quand on a fait la « dynamisation » de 500K pendant une heure, à créer des tourbillons, à sentir l’eau se mélanger à la bouse de vache, puis pendant l’épandage, je me disais « Aaah, oui, moi aussi je veux de ce truc ! » Quand je fais ça, je sais que je fais quelque chose de bien. Ça me plait aussi beaucoup travailler avec la lune et les étoiles car elles ont une grande influence. C’est l’une des bases de la biodynamie. J’aime utiliser les produits de la biodynamie pour enrichir le sol, même si ici on a la chance d’avoir un sol déjà riche.

Mais, quand on fait de l’agriculture, on change le sol. L’agriculture est un dérangement pour la nature, c’est une activité humaine. Donc on doit trouver un équilibre entre la nature et nos besoins, sans détruire, en essayant de « danser » avec elle. SI je prends quelque chose du sol, je dois rendre quelque chose, et bien sûr pas des produits chimiques. Garde le sol en bonne santé. Comme ton corps ; tu n’as pas besoin de médicaments si ton corps est fort. Même chose pour les racines.

Un mot pour décrire Le Pianore ?

Un paradis !

Tu m’as aussi parlé du projet de géothermie qui se prépare dans la vallée d’Amiata…

On lutte contre un grand groupe énergétique ; ENEL. Ils veulent construire 18 centrales géothermiques dans la vallée, qui consommeraient beaucoup d’eau. La vapeur rejetterai aussi des métaux lourds dans l’air. Le projet a le soutien du gouvernement, mais on a des chances de gagner car la population ici est à majorité contre, avec le soutien de l’administration et des politiques locaux. Ça fait 3 ans déjà. On a pris un avocat et notre association organise beaucoup de manifestations, de marches et communique beaucoup.

Tout le monde peut aider. Déjà en prenant connaissance du projet, et bien sûr en venant au moment de la « bataille » finale, qui aura lieu avec les autorités ! La Vallée d’Amiata m’apparait comme l’une des dernières vallées protégées et secrètes au monde.

Autre chose à rajouter ?

On doit prendre soin de notre planète, pas pour l’effet de mode ou la tendance “verte écolo”. On doit essayer de vivre plus en contact avec la Terre, notre « mère ». On vient de la Terre, on ne peut pas la détruire, on doit s’en occuper. Ça n’a aucun sens de détruire celle qui nous donne la vie, et celle à laquelle on retournera à notre mort. On sera à nouveau de la terre. Il n’y a aucun sens à s’en détacher. On doit s’y reconnecter, et le rester. Toujours, et profondément.

Et aussi, ressentir de la gratitude. On a de la chance d’être sur cette planète magnifique. D’être ici au Pianore, mais aussi sur cette planète.

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Filippo Micillo is the son of Elena, founder of Le Pianore agri-turismo in Monticello Amiata, Tuscany, Italy. He’s 31 and in charge of the agricultural activities of the place.

How did it start for you ?

I moved here when I was 2. I spend part of my teenage years here, with a lot of freedom in nature, which was perfect at that time. I went to study at a circus academy, came back and at 13 I needed a new energy – and moved to Naples. After high school there, I studied interior design in Milano. I worked 1 year in an architect studio in Milano, then got sick and came back here.

Back then, I was working half- time in the farm, and half-time in an architecture studio in Montalcino. After one year, I had understood many things, but also had a sort of burn-out. I didn’t get along with the employee taking care of the farm and decided to quit everything to travel.

I travelled 3 months with my Vespa around Italy. I had also sent my designer portfolio to companies. A major corporation in Napoli hired me. I quickly made my way up, and within 3 years I was manager of R & D department. It was a very, very good job.

But then, I got sick again ! Not of my job but of people’s continuous “insatisfaction” and complaining. The day where I woke up and realized that I wasn’t happy to go working, I spoke with my boss and said “In 3 months I will leave.” I didn’t know at all what I was going to do. But I had some money and started to travel.

I was in Sicily, ready to go to Africa by boat. I had my tickets, when my mother called to say that the employee for the farm had left, and she needed my help. I came back, worked as a regular “employee”, and not as a business partner. I didn’t want to be in the business, to keep my freedom, and go back to my job or whatever.But after a couple of years, I really understood that Le Pianore is where I want to spend my life and my energy.

What was your work on the farm at that time ?

I was learning a lot, on the machines, the grapevine etc. I did a huge work of cleaning & organizing the workflow. Before the winter, everything must be clean: machines should be covered etc…

I also planned for the strawball house and build the first yurt. At that time I was using my knowledge & studies & work experience for the benefit of this farm.

I started understanding the dynamics of this job: a day is never the same as the other, but there are always projects. No routine ! Of course there’s olive-picking or grape-picking season, but in any case it’s a wave. It only depends on the weather. Now, our next project is cutting grass to make the straw & cleaning the grapevine.

Today, what does the farm produce ?

More then what we produce, our first goal is to be in balance with nature, and 100% self-sufficient. We’re already 80% self-sufficient for energy with solar panels and wood. We are self-sufficient in water, with the Zancona river. We actually produce more electricity than we need.

We produce wine, around 7 000 bottles and 300 liters of olive oil (only 1/5 of the trees on the farm are in production, the rest is growing and we have to be patient) All the rest is production for family & guests consumption: honey, vegetables and fruits, and jams or other natural products – herbs etc…

Why do you work in biodynamic?

For me it’s a good way to work especially on the soil. We don’t think enough about the roots, which are basis of life for a plant. I also like the fact that biodynamics is simple and real. You immediately feel that it’s working, and not only you feel it but you see it. I’ve started 4 years ago, and I can see that my soil is really rich, and neighbors & teachers are impressed.

Actually, before us, this place had been a sheep farm for fifty years, and before that nothing. Then we started cultivating organically. So, this land is 100% untouched and never ever had a chemical treatment. The beauty here is also that our neighbors are forest & river. We don’t have neighbors who would do shit.

Why did you go from organic to biodynamics ?

I’m not certified biodynamic and I don’t care, it’s expensive and I don’t need it. We are certified organic, but I will probably one day also leave this certification. I’ve never found better biodiversity then here. It’s full of wild animals, wild bees, thousands and thousands of plants, some of which grow only in this area.

Now while we’re talking, we can hear dozens of different birds, we are literally surrounded by hundreds of insects and plants and colors. This valley is incredibly rich.

How did you learn about biodynamics?

I did some courses and immediately felt that I could talk to nature in that way. I believe that we are nature. The nature where I live is happy and I’m also happy when I do this stuff. When we did dynamization of 500 K for one hour, making and breaking spirals, feeling the water mixed with the cow manure, and then spraying it, I was like “ Ahhh yeah, I also want to get this stuff !!” When I feel like this, I feel like I’m doing something good.

Also, I really like working a lot with the moon and stars because they have a big influence. It’s one of the basis of biodynamics. What I like is using biodynamic products to have a very fertilized soil, although here, we’re very lucky that the soil is already rich.

Yet, doing farming activities, I’m also changing the soil. Agriculture isn’t an expression of nature; it’s an expression of Humans. So what we can do is finding a balance between nature and our needs, without destroying, and trying to “dance” with nature. If I take something from the soil, I have to give something back, and obviously not chemicals.

Keep the soil healthy.It’s like your body, you don’t need to get medicine if you have a strong body. Same thing with the roots.

One word to describe Le Pianore?

A paradise

You also told me about the geothermia project going on in the Amiata valley, tell me more …

We’re fighting against a big power company, called ENEL. They want to build 18 geothermia centrals in the Amiata, which would take a lot of natural water. Also, the steam mean air-pollution with heavy metals. The project is supported by government, but we have high chances of winning because a majority of locals are against, together with the local administration & politics. It’s been going on for three years. We have a lawyer; do a lot of events & protest and communication.

Everyone can help, just by knowing about this project, and of course coming for the last big “fight” with authorities which is going to happen. Amiata is one of the last secret & preserved mountains in the world I think

Anything else that you want to add?

Not because of media or public green hype, but we really have to take care of our planet, and try to live more in contact with the Earth, our “mum”. We come from the Earth, we can’t destroy her, we have to take care of her. It’s insane to destroy and kill the one who gave us life and the one we will go back to when we die. We will be part of the Earth again. There’s no sense in being disconnected, we should be connected. Always and deeply.

And also, be grateful. We’re lucky to live on this beautiful planet. This place, but also the planet.

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Publié le 18 juillet 2019

Ca y est, c’est réellement l’été : la chaleur est écrasante et les moustiques sont là. La Boa est une école de permaculture, au milieu des vignes, fondée au début des années 2000 par Stefano. Pour ma 2eme (et relativement courte) expérience de wwoofing en Italie, je suis remontée au Nord dans la région de Venise, pour vivre et travailler avec ce professeur de permaculture et d’éco-construction.

Je savais en venant qu’il n’y aurait pas de stage pendant mon séjour à La Boa (plus d’infos ici), mais l’attrait du « prof de permaculture » était trop fort ! Niveau travail, en revanche, tout le terrain avait besoin d’être entretenu pour ne pas se transformer en jungle post-été. J’ai donc appris à manier la débroussailleuse & la tondeuse. Pas le travail le plus glamour qui soit, et physiquement épuisant avec cette chaleur, mais comme dit Stefano, "c’est ça être agriculteur !" (Enfin, c’est ça être agriculteur en bio & perma surtout. Les conventionnels se satisfont d’épandages réguliers de roundup !)

Après avoir géré une ferme céréalière, puis aidé des dizaines de fermes à passer au bio, il s’est formé à l’étranger et a été un des pionniers italiens de la permaculture, du design d’une forêt comestible et des constructions en paille. Quelques vidéos sympas (en italien) ici et ici.

D’ailleurs sa maison en paille est l’une des plus grandes d’Italie et est souvent érigée en exemple. Je ne me suis guère intéressée aux questions de construction en paille, mais l’avantage c’est l’utilisation de ressources locales, une construction financièrement accessible, une bonne isolation de la chaleur l’hiver…par contre l’été il fait chaud dedans.

En termes d’apprentissage, ça s’est surtout passé en discussions avec Stefano – 40 ans de travail agricole puis d’enseignement derrière lui : ce qu’on appelle communément un puit de science. Et de patience, si l’on considère mes 17 questions quotidiennes à base de « Quelle est la meilleure façon de désherber ? Comment conserver des graines ? Comment se débarrasser des limaces au jardin ? Est-ce que l’orvet que j’ai trouvé ce matin est utile ? Comment utiliser le fumier ? Comment réussir le design d’un jardin en permaculture ? Que faire des coquilles d’œufs ? Comment réussir un compost ? » Pire qu’un enfant de 5 ans !

En théorie, j’en sais des choses. Maintenant il va falloir mettre tout ça en pratique.

Quand je n’étais pas en train d’entretenir le terrain ou d’assommer mon hôte de questions, j’ai ramassé des dizaines de kilos d’abricots & cerises & prunes & mûres. J’ai appris à faire des fruits séchés et de la confiture (Le truc le plus facile au monde, comme on me dit souvent. Bon, vous avez déjà essayé d’en faire ? Car j’ai parfaitement loupé la première !).

La forêt comestible, « food forest » c’est surement le truc le plus tendance en permaculture, et en même temps, c’est vrai que le mot « abondance » est complètement approprié quand on n’a qu’à tendre le bras pour récolter sa dose de vitamines (et de sucre) quotidienne, et que tout est délicieux (Mamamia les mûres blanches !)

A travers le travail et le temps libre, j’ai aussi pas mal amélioré mes connaissances d’herbes utiles. plantain, aloé vera, bambou, roseau, vétiver. J’ai mangé toutes ces plantes sauf une. Laquelle ?

C’est assez surprenant de trouver dans ce coin reculé & rustique d’Italie, au milieu de vignes arrosées aux pesticides et de voisins finalement très rustiques, un lieu où on parle Slow Food, Transition Town à Totnes et Incroyables Comestibles à Todmorten en Angleterre. Vous connaissez surement ces 2 dernières initiatives ! Sinon … retournez voir DEMAIN LE FILM.

Le week-end, (j’ai mangé des gelatti) je me suis baladée dans la ville voisine de Portogruaro, mignonne et semblable à Venise, puis la plage de Caorle, immense station balnéaire envahie par les hollandais et sans grand intérêt si ce n’est les transats pour avoir un peu d’ombre sur le sable.

Au passage, dans la rubrique « revue de presse Italienne » si vous n’en avez pas entendu parler, quelques jours avant mon arrivée ici, un paquebot s’est craché dans un quai à Venise : http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/venise-spectaculaire-accident-un-paquebot-hors-de-controle-fonce-dans-un-bateau

Prochain article : wwoofer dans une ferme de fabrication de fromages 😀

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En tant que fan avec un grand F de fromages, j’ai passé 3 semaines dans une « petite » ferme laitière biologique dans la région de Parme en Italie, et cette expérience a dépassé toutes mes attentes … qui se résumaient à pouvoir manger du fromage chaque jour !

Marco est italien, et avec Cassie, anglaise, ils ont pas mal wwoofé, puis décidé de retaper cette petite ferme et d’y construire une laiterie en 2015.

Aujourd’hui, il y a 5 vaches laitières (D’une race autrichienne, elles font 700kg chacune, on est donc sur un gros modèle), 19 chèvres & 1 bouc, une cinquantaine de poules et des dizaines d’hectares de champs pour le pâturage.

Il y a également une grande plantation de framboises, mûres et cassis, car le système administratif italien comptabilise les journées travaillées pour être agriculteur en fonction du nombre de bêtes. Et c’est tout sauf réaliste car les chèvres ‘comptent’ beaucoup plus que les vaches, qui demandent en réalité plus de travail. Augmenter la taille du troupeau veut dire plus de travail et ils ont plutôt la volonté de rester à taille humaine, donc la seule issue possible était de planter, des choses faciles à entretenir. Je suis arrivée en plein boom de framboises. (Record perso 9kg récolté en une journée. Sans compter celle que j'ai mangé. Je suis pleine d'anti-oxydants. Et de sucre !)

Je suis ici avec Julia, une wwoofeuse qui est clairement devenue une amie, malgré ses seulement 18 printemps. Les rencontres que l’on fait en wwoofing sont rarement dues au hasard, car ce n’est pas non plus le kiff de 100% de la population d’aller aider dans une ferme, donc les potentialités de bien s’entendre sont élevées.

C’est ma première ferme d’animaux, et le travail ici est intense / rythmé / nouveau :

On débute à 6h45 par -un jet d’eau fraîche pour me rappeler que je ne suis plus au lit- puis il y a plusieurs routines possibles :

Routine vaches : une promenade bucolique de 15 minutes pour aller les chercher dans leur pré. (sachant que ce sont des flemmasses qui s’arrêtent tous les 10 mètres pour brouter ou déféquer) La traite se fait avec une machine, car chaque vache donne entre 7 et 15L, mais n’ayant qu’une machine, le processus – qui comprend aussi le nourrissage et le nettoyage – prend une heure.

Routine chèvres : Les chèvres sont dans la bergerie, on commence en changeant l’eau et en les nourrissant (sachant que ce sont des drama queen qui bêlent à te faire croire qu’elles n’ont rien gobé depuis 6 jours !) La traite des 19 chèvres se fait manuellement, ce qui peut paraître étrange mais une chèvre donnant en moyenne 2L de lait, à moins d’avoir un grand troupeau et plusieurs machines, ça ne vaut pas le coup d’installer et de désinstaller la même machine sur chacune.

Routine poules /tout le reste : changer l’eau des poules, les nourrir, changer l’eau de Smoky, l’adorable chien de la ferme et de Billygoat le bouc, nourrir le veau avec un biberon de lait de vache, le soir ramasser les œufs et préparer les récipients de grain pour le lendemain.

Evidemment, ces 3 routines sont à répéter à 17h30 … chaque jour !

Routine marché, les samedis & lundis : tous les produits de la ferme sont vendus sur 2 marchés locaux : Bedonia et Borgo Val di Taro. On voit le village de Bedonia dans la vallée depuis la ferme … plus local ne serait pas possible ! Même si ce n’est pas une tâche de wwoofer habituelle, j’ai bossé aux marchés … et j’ai adoré ça !

Ne parlant pas italien, j’ai pas VRAIMENT pu sortir mes plus belles expressions de « Martine vend les produits de la ferme » (ex : Et avec ceci ? Ca sera tout ? Et comment il va le Gilbert ?) mais c’est extrêmement motivant quand les habitués reviennent chaque semaine pour faire le plein d’œufs et de produits laitiers. Certains viennent aussi à la ferme acheter, et Marco – même débordé – les accueille toujours hyper bien, prend parfois le temps de leur montrer les animaux …

Routine laiterie : Rentrons dans le cœur du réacteur (on n’a pas encore parlé fromage) : 2 fois par semaine, on y passe la matinée. N’étant pas experte-fromagère, j’ai dû gravir les échelons petit à petit et j’ai commencé par … la plonge !

Dans cette ferme, on fabrique des tommes de vaches fraîches (primo sale) ou plus anciennes (cacciota), du fromage de chèvre frais (robiolo ou capra fresce) ou sec (stagionato), de la ricotta de lait de vache, du beurre et des yaourts à base de lait de vache ou chèvre. Finalement, rien de bien compliqué à fabriquer du fromage, mais la différence se fait dans les détails : la taille des cubes de fromage frais, les paramètres comme le temps de pose, la température… J’ai trouvé l’équivalent dans une laiterie de désherber : retourner les tommes tous les jours.

Parmi les autres tâches (entre 9h30 et 12h) on peut toujours aider à couper de l’herbe pour les chèvres, nettoyer le poulailler, travailler au jardin (hihi !) ou ramasser des framboises.

Mais si vous calculez, entre les deux traites quotidiennes, les jours de marché (avec un réveil à 5h30 au lieu de 6h30 – clairement à cette heure-là moi je ne distingue pas une vache d’une chèvre) on est déjà à plus que le temps habituellement travaillé par un wwoofeur sur une ferme. Marco nous a répété quotidiennement que l’on n’était pas des salariés, et que si le rythme était intense, on pouvait s’en tenir aux deux traites. Il est aussi hyper strict sur la journée off hebdomadaire : interdiction d’approcher une mamelle d’animal !

Ceci dit, j’ai accepté de beaucoup travailler sur cette ferme, car je voulais apprendre un maximum de choses, car je savais que ça ne durerait pas et parce que la bienveillance de Marco et la chance d’être avec Julia rendaient le travail dur mais agréable.

Pendant le temps libre, j’ai visité Parme (capitale du jambon, le gros kiff pour une flexitarienne) et passé la journée à boire des cafés en lisant la gazzetta di Parma et en matant les italiens, je suis allée nager, j’ai aussi plongé dans 2 énormes bibliothèques dont j’avais envie de lire 95% des livres … finalement j’ai réussi à en lire 4 ou 5 ! En 1 mois et vu notre rythme de travail, je trouve que c’est pas mal. Et plein de petits plaisirs de l’été, décuplés quand on travaille dur 6 jours / 7 : faire de la confiture, observer les lucioles, buller dans le hamac, boire du rosé bien frais, apprendre à faire un tiramisu, jouer avec Smoky le chien, se baigner dans la piscine creusée par un voisin dans le torrent, etc...

Les journées sont passées encore plus vite que sur les autres fermes, avec cette fois-ci l’impression de vivre 4 journées en une, car on travaille avant le petit-déjeuner.

J’ai énormément appris sur toutes les étapes du fromage : de l’herbe que l’on coupe jusqu’au fromage que l’on vend, en passant bien sûr par la traite. Il m’a fallu une dizaine de jours je pense pour être à l’aise avec la machine pour les vaches (certes c’est une machine, mais il faut l’allumer. J’ai bloqué 2 fois devant le bidon qui ne se remplissait pas, alors que j’avais oublié d’enclencher l’aspiration. Pour ma défense, il n’était pas encore 7h30) et 2 bonnes semaines pour que mes mains soient assez fortes pour traire une chèvre (là aussi, je remercie avant tous Fragola, ma préférée, qui m’a toujours soutenue, même dans les moments de doute comme ce soir où j’étais à deux mains sur un pis parce que je n’en pouvais plus !).

Je repars de cette ferme convaincue à 200% que rien ne bat un fromage acheté au marché à son producteur local. Même si on le paye plus cher que celui – insipide – de l’industrie, ce sont des heures de passion, de travail et de rêve que l’on finance.

Allez, pour le fun (et certainement pas pour mes talents de monteuse ... Par avance désolée ! Projet terminé en moins d'une heure, rien n'est calé !) une compilation de bouts de vidéos de la ferme.

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Ça y est, l’Italie c’est fini. Entre le roadtrip des grands lacs jusqu’à Venise, la Toscane, Naples, Venise bis repetita puis Parme, j’ai bien baroudé et découvert pendant ces trois mois. Voici un extrait des différences culturelles avec ce pays pourtant frontalier, mélangé avec mes propres anecdotes (et des photos pour la belleza)

Vue depuis le pont es soupirs à Venise ! 

Tanguy

Les italiens quittent leurs parents très tard, pour des raisons financières, culturelles etc… Parmi des dizaines d'exemples que j'ai en tête, Simone à Naples m’a expliqué que ses parents n’ont pas compris qu’il les quitte … à 30 ans. Clairement il est le seul parmi ses amis. Résultat, les italiens ont aussi leurs enfants plus tard. 31 ans en moyenne, les plus tardifs d’Europe !

Ciao ciao

En moyenne, pour terminer une conversation au téléphone, un italien dit 19 fois « Ciao » Vraiment.

Ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao, ciao … ça m'a quasiment donné des tocs.

Procuration de vote

J’étais dans une famille en Toscane pour les élections européennes et en leur expliquant que j’avais donné ma procuration à une amie à Nantes – en allant simplement au consulat français à Barcelone – je leur ai fourni leur fou-rire de l’année. En gros, si j’ai bien tout saisi, la procuration pour les votes n’existe tout simplement pas en Italie, et la SNCF italienne fait des tarifs moins chers pour que chacun puisse retourner dans la ville de son bureau de vote. [rectification post-rédaction : la procuration existe mais personne ne connait] C’est hallucinant ! J’étais sûre que c’était harmonisé en Europe. Cerise sur le gâteau : la famille napolitaine m’explique que procuration en Italie = corruption et bourrage d’urnes à coup sûr. Charmant ce climat d'honnêteté !

Parle avec tes mains

Les italiens parlent vraiment avec les mains. Ce geste (le premier dans cette vidéo) est mon préféré. En Toscane, les bras valsaient tellement à table qu’on était sur une moyenne de 2 verres renversés à chaque repas !

Avis de décès

Les avis de décès italiens sont affichés en format poster, ce qui est plus efficace que le faire-part riquiqui devant la caisse de la boulangerie. Et quelque part, afficher comme ça la mort est rassurant, on ne cache pas cette partie de nos vies, on n'en fait pas un tabou, quelque chose qui doit rester discret.

Gros jambon

De toutes les maisons italiennes (non-végétariennes) où je suis passée, je n’en ai pas trouvée une qui n’ait pas la machine à couper le jambon trônant fièrement quelque part. Oui, celle ci

Pasta un jour, pasta tous les jours

Les italiens mangent des pâtes … puis le reste du repas. C’est à dire que les pâtes sont juste l’entrée. Et qu’entre 13h et 17h ton corps réclame juste une maxi-sieste. En réalité, heureusement que je m'activais le reste du temps dans les fermes, car l'overdose de gluten n'était pas loin.

Alphabet italien

L’alphabet italien a seulement 21 lettres. Les italiens se contentent donc d'utiliser les : A, B, C, D, E, F, G, H, I, L, M, N O, P, Q, R, S, T, U, V et Z.

Vous ne trouverez pas les : J, K, W, X et Y. Bon, ils les utilisent maintenant, mais traditionnellement n'en ont pas besoin dans leur langue. Vraiment surprenant.

AirBnB & Italy

En février, j’avais postulé pour ce projet d’AirBnB « The italian sabbatical » pour faire revivre un petit village abandonné en vivant avec les locaux et en attirant les touristes de juin à août. Bon évidemment je n’ai pas été sélectionnée, sinon vous le sauriez (#attentionscoop) mais l’idée est innovante et même si c’est financé par AirBnB dont je doute par ailleurs de l’éthique, ils ont le mérite d’avoir attiré 270 000 candidatures.

En mot de fin, même sans AirBnB, j’ai vécu mon propre Italian Sabbatical avec tous ce que je voulais : la slowlife & le slow voyage à l'italienne (aka = la dolce vita), le jardin & la nature, les villages perdus, la beauté de la culture et de l’architecture, les pastas et les pizzas et les glaces, apprendre un maximum d’italien.