Par marieL
Itinérance vers les merveilles de la Vallée de Kathmandu, du Langtang/Gosaingkunda puis des plaines bordant les parcs nationaux de Chitwan et Bardia, où j'ai été reçue par une famille indo-népalaise
Du 25 septembre 2018 au 18 janvier 2019
116 jours
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Arrivée le 25.09 à la fin de la mousson, il fait chaud et moite en ville, 28 degrés environ, impression renforcée par le trafic routier qui est dense. Mi-janvier, avant mon retour, il fera froid et les rues se seront vidées des touristes, une fois les derniers touristes chinois de décembre repartis. KTM est à 1350 m.

Un large panel de véhicules, plus ou moins écologiques, pour se faufiler; remarquez l'ingéniosité du klaxon-bouteille du rickshaw

On est bien en Asie: Yeux bridés rieurs et sourire facile; écho des "Namaste" chaleureux, fébrilité dans les rues aux maisons hautes dont le bas est réservé à des échoppes les plus diverses, fils électriques en écheveaux, pousse-pousse et ... moins sympathique : pollution par de vieux diesels hoquetants.

Comme au Japon et dans les pays sujets à séismes, on m' enterre pas les fils électriques. Échafaudages en bambou , très fiable

C'est une Asie pauvre incontestablement : trottoirs défoncés, rues poussiéreuses non goudronnées avec nids de poule...petits marchands ambulants... mais une ville où la couleur saute aux yeux :

 Vous aurez deviné que jaune, jaune orangé et rouge sont la couleur des dieux

Les divinités reçoivent des offrandes quotidiennes et sont gâtées.

Pyramide colorée d'offrandes lors d'une fête dans le quartier de Durbar Square, en novembre - Les mini jarres sont remplies de cho...

On enduit les statues de cire et on appose un karma rouge et parfois jaune sur certaines parties

Temple en bas de la colline de Swayamdunath 

J'ai logé dans 3 lieux à KTM, l'auberge de jeunesse ci-dessus, en dortoir de filles, puis dans une pension de famille, Sunrise cottage en chambre, bénéficiant d'un beau jardin et d'une terrasse ensoleillée, enfin en janvier le plus confortable a été pour moi un hostel en dortoir mais avec une fenêtre orientée au soleil, car il faisait très humide.

Au 327, l'auberge de jeunesse Thamel hostel dans une impasse très calme. Le Cafe tsoum en bas pour le jardin  
La propriétaire adore les plantes, vous l'aurez compri

Les logements sont pléthoriques, surtout à Thamel, où les prix se négocient selon l'affluence. Le cœur de ville de Kathamdu est le quartier de Thamel, berceau des touristes venus pour un trek., mais aussi un lieu de vie effervescent pour les népalais :

Beaucoup vivent au-dessus de leur boutique, et restent tard le soir. Feu en janvier quand le froid est mordant, ou pour cuisiner !
 Thamel s'avère fabuleuse à arpenter la nuit autant que le jour : Ambiance fébrile, commerçante  et sympathique.  

Immersion dépaysante après 18h00, au crépuscule : seule touriste dans les ruelles entre la gare routière et Thamel street . Vie de quartier : cloches, lampions et bougies des temples à tous les coins de rue.

Marchés au sol pour des légumes frais. Des gens aimables et bien intentionnés, qui sacrifient à leur religion de façon sobre

On me conseille pour la santé m'acheter un masque anti-poussière et pollution. Je suis pas gênée mais en rentrant ça pique un peu les yeux et la langue...Certaines rues entières sont dédiées à des articles ; ici le quartier dédié aux saris traditionnels :

Halte dans une boutique de saris brodés de paillettes. Pose photo et échanges avec les 2 vendeuses de 20 ans 

A chaque intersection, je vérifie ma direction. On me répond toujours cordialement en souriant. Je croise de nombreux vendeurs de fruits avec leur étal ambulant. Quelques propositions discrètes de marijuana.

J2- Les quartiers Est, vers les temples et tombeaux bouddhistes de Swayambhunath.

Le plus petit des stupa. un STUPA est un dôme immaculé pourvu de 2 yeux qui abrite 9 niches les statues de Bouddha stupas du site 

Balade à pied, à la boussole et en demandant mon chemin, pour découvrir des vies de " village" au sein de la mégapole. Sous un pont, un vieil homme lave des sacs arrachés au cours d'eau nauséabond puis en fait soigneusement des tas qu'il va revendre j'imagine .

Départ le long de rues  bondées...puis plein ouest la vie devient  plus villageoise  avec de la verdure  et des jardins
Profusion, de temples :  à chaque coin de rue, un autel 

Ascension graduelle et agréable vers la colline boisée où domine le temple : vues sur Kathmandu et quelques collines qui limitent son extension .

L'altitude est de 1350 m, la densité de population de 16 240 ha/ km 2- pour 29 704 501 habitants en 2020 
Premiers drapeaux pour favoriser l'envol des prières par le vent. 

Les prières sont récitées sous forme de mantras, en répétant le mantra OM pani , accompagnées par le fait de tourner autour du moulin à prières dans le sens des aiguilles.

Salle avec faïences colorées et frise peinte au plafond - Le moulin  à prière géant fait  1,50 m de diamètre

A l'entrée principale de Swayambhunath , une taxe de 200 rp est à acquitter pour les étrangers en haut de l'escalier, hors chinois et indiens ! 2 autres itinéraires gratuits permettent une boucle !

Un long escalier bordé de vendeurs et artisans et statues colorées remonte vers la guérite 
Un singe lové dans les bras du Bouddha géant  - ils ont colonisé le site !

On est récompensé de la grimpette par le panorama :

Escalier plutôt sportif  ! 
Le stupa géant qui domine la colline de son immense dôme blanc... Les marchands du temple ne sont pas loin 
Kathmandu vue du sommet de Swayambunath : son extension est limitée par les collines soumises à érosion.  

Déposer des offrandes de riz ou billets. Se faire marquer au front du karma rouge. Prononcer des incantations. Lancer du riz. Sonner la cloche de la main gauche. Se signer : rituels immuables et brefs qui peuvent se passer d'un clergé. Peu de récitations du mantra , qui est néanmoins diffusé en boucle.

Un lieu de culte aussi ... 
Le foisonnement et diversité de la statuaire souligne que ce pays est à la croisée de cultures millénaires qui ont fusionné
Redescente à pied par la forêt, un sentier bordé de pierres à mantras, qui rejoint les rues pentues aux maisons  de 4 à 7 étages 
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J'étends mon aire d'investigation vers Patan, à 6 kms au sud de Ktm: en tricycle collectif nommé tiempo, 20 rp, comme le bus. La ville est économiquement sinistrée et le patrimoine part en lambeaux.

Tricycle collectif pour 10 personnes 
Le site a subi d' énormes destructions lors du séisme de 2015 et  tout est en travaux
Classé Patrimoine Unesco, le site est en rénovation  mais  les dégâts sont majeurs et des merveilles en péril ...

Une ville célèbre pour ses maisons aux balcons sculptés par les Newars ...

Un art consommé  du travail du bois , qui perdure de nos jours  dans de petits ateliers.

Autre merveille de l'art des NEWARS qui illustre un syncrétisme culturel mariant apport bouddhiste et hindous : la ville musée de BHAKTAPUR, à 10 km de KTM ... Très touristique , mais incontournable !

 Une architecture monumentale d'une grande sophistication - Bhaktapur est un passage obligé pour les amateur d'arts.

Les caractéristiques de ce style qui a atteint son apogée entre 1500 et 1800  : de la brique crue et du mortier de boue sur une structure en bois, des toits de plusieurs étages, des charpentes et portes sculptées de façon somptueuse et colorées, illustrant des scènes divines ou profane, parfois servant de support à l'instruction sexuelle des jeunes.

Les fenêtres sont  remarquablement ouvragées, ajourées en claustras. et en encorbellement
Le centre  est dynamisé par le tourisme  : on peut y déguster un yaourt local . Cour privée, avec temple à l'usage des habitants 

Kirtipur, comparativement à Bhaktapur, se trouve en déshérence car, étant pas classée Unesco, elle ne bénéficie pas de subsides pour sauver son patrimoine remarquable, visible entre les ruelles de la ville haute; on y va en bus depuis Thamel, en 45 minutes, et le touriste est rare ! Le plus compliqué est toujours de trouver le départ des bus aux gares routières de KTM.

Kirtipur, une  cité qui vaut le détour pour ceux qui s'intéressent à l'architecture des Newars
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On désigne par Vallée de Kathmandu une aire de 600 km2 autour de la ville, où se regroupent des monuments protégés au nom du Patrimoine de l'Unesco. Swayambhunath en fait partie, mais aussi deux autres sanctuaires : Pashupatinath et le sanctuaire bouddhiste de Bodhnath, regroupant des temple et un grand monastère élargi en 50 "gompas" (monastères), suite à l'exode des 10 000 tibétains ayant fui après l'invasion chinoise de 1950, .

Des centaines de pèlerins et touristes se pressent sur la place sacrée, pour tourner autour des 100 m du stupa ( 40 m de diamètre)

Ce stupa du 15 ° s, est un des plus grands du monde, une base de 3 terrasses avec un mandala géant, qui représente la terre et l'eau, la tour et la coupole symbolisant le feu, et le pinacle l'éther .

la pyramide se compose de 13 degrés qui représentent le chemin de l' éveil - sous le dôme de chaux et or, 108 niches de bouddha
De nuit, avec la féerie de couleur qui changent toutes les minutes, c'est sublime. 

Loger au monastère de Schechen, à 100 m du stupa, permet d'être au calme et de venir admirer deux soirs de suite cette merveille d'architecture bouddhiste. La "gompa" est divisée en monastère lui-même, en résidence pour moines, et en un centre d'accueil très confortable ( réserver à l'avance !)

Le monastère de Schechen, un havre de paix, à 6,5 km du centre de Kathmandu 

Il est complémentaire et plaisant de visiter la gompa de KOPAN, à 2 km de Bodnath :

Deuxième haut lieu religieux : le temple hindou de PASHUPATNATH, dédié à l'incarnation de Shiva, divinité nationale du Népal. C'est le plus sacré du pays et on y pratique les crémations funéraires.

 Plus on est riche, plus on est incinéré près du temple -
Les nombreux sanctuaires alentours servent d'abri aux sädhu, ascètes hindous  - La sophistication des sculptures est remarquable !
Arrivée hors des sentiers battus par le parc au-dessus du site
L’œillet d' Inde apparaît comme la fleur sacrée par excellence  . La vache un animal  largement représenté 

Pour ce qui est de Khatmandu, DURBAR SQUARE relève de l'Unesco - c'est le quartier historique de centre, mais les bâtiments majeurs dont disparus sous les décombres en 2015. Ils relevaient de l'architecture des Newars. Les chinois ont "offert" de les reconstruire !

De jour, la " visite " est désolante, vu les dégradations, mais de nuit c'est magique 
L'iconographie fait souvent référence à la mort ou au sexe : 
Lions et dragons peuplent cette mythologie teintée de pourpre 

Concernant l'architecture profane, les maisons de briques sont construites en hauteur. Des passages bas et étroits donnent sur des ruelles improbables qui desservent des places carrées avec temple privé, très protégées de la fièvre de la ville.

On passe de la rue  Jatha à  celle de Thamel  par des couloirs  sous les habitations. 
Le tremblement de terre de 2015 a sérieusement mis à mal le patrimoine 
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Un trek à la croisée des cultures Tamang, du côté des vallées encaissées du Langtang, et de la culture Sherpa côté Helambu. Du 6 au 13 décembre 2018, les températures sont restées négatives dans cette région refroidie par les vents du Tibet très proche ! J'ai de suite rejoint le balcon ensoleillé qui passe par Khangjim (2280 m) plutôt que la gorge sombre depuis Shyabrubesi, village assez sinistre à 1500 m.

L'accès reste long et pénible, 8h de bus sur 100 km KTM vers Syabrubesi (via Dunche, pour ceux qui vont directement à gosainkunda)

"Doudoutchéché - Tashidélé "; on est presque au Tibet ! J'ai eu le privilège d'être conviée à une cérémonie de levée de deuil : 49 jours après un décès, famille et amis se regroupent la nuit pour danser et chanter :

Les lamas prient, psalmodient et jouent du tambour dans la gompa - Dehors, on forme des cercles en chantant et dansant sans arrêt

Tout le village est là : femmes d'un côté du cercle, hommes de l'autre, tournant en rythme et chantant des Tsétsétsé ou des incantations, toute la nuit ! Les pas varient parfois; accélèrent. On nous distribue une Khata, écharpe découpée dans un drap, symbole de compassion et bienveillance, du thé chaud; une bouteille circule, avec de l'alcool de riz. Les moines en orange distribuent à chacun un sac avec gâteaux salés, une pomme, une brique de jus, une sorte de massepain délicieux sucré.

Poursuite de ma route vers Sherpagaon, joli village, en balcon au-dessus de la vallée très encaissée, puis Rimche, jonction avec la voie classique, qui suit le ruisseau, sous les frondaisons où il fait bien frais !

Après Rimche et Lama, on accélère, car  le soleil se fait rare, car on remonte le ruisseau encastré entre des reliefs escarpés !

2ème nuit à la lisière de la forêt (env.2900 m), puis, étant en forme, je passerai Langtang Village (3430 m) pour dormir directement à Kyangjing gompa, dernier village à 3830 m :

Le village de Langtang a été totalement soufflé par le glissement de terrain du 15-04-2015 - Il est reconstruit 300 m après 

Je suis rattrapée par un vent glacial à Khanjing Gompa village, accueillie par un yack bien menaçant... et déçue par les verrues d'immeubles qui ont été édifiées après le séisme, entre des accumulations de matériaux, déchets et gravats !

Sur fond de Lirung- 7246 m, Khyanjing hors saison - Je n'ai croisé que quelques trekkers et le lieu m'a paru aussi triste que laid

Compensation, deux fantastiques randonnées m'attendent depuis ce village : Le Kyanjin ri, avec deux sommets successifs à 4400 m - piton rocheux couvert de drapeaux avec vue sur les glaciers - et 4770m, séparés par un raidillon sur une crête ensoleillée qui tutoie les sommets :

  Langtang Lirung à 7227m. Yala glacier et le ladies pass 5609m, près du Yangsa tsenji  à 6567m. Je suis seule devant tout ça  !
Je domine toute la vallée, très lumineuse ce 9 décembre : + 1100 m à 1200 m estimés avec le cumulé et j'ai envie de marcher encore

45 min après Khanjing ri, à travers des pentes herbeuses mais sur une sente marquée, je suis encore seule au Phujung ri, puis sur 2 autres sommets - La redescente sera une variante (plutôt exposée à la fin) car je me laisse tenter par le sentier du côté du Tserko Ri, tellement majestueux en face (4984 ou 5000m?)

A gauche, le Tserko Ri, 5000 m - Je rejoins ici l'itinéraire de la montée de demain, la descente se faisant en boucle par derrière

Après les éboulis, le sol instable et l'entonnoir gelé, la traversée de rivière demande un peu d'acrobatie puis tout paraît facile jusqu'au village; je repars visiter le monastère, sous les dernières lueurs du jour.

A voir les immeubles, l'argent a afflué après le séisme, détourné ou mal réparti : Les moins bien "connectés" n'ont rien touché !
Je retrouve au lodge de la gompa - très confortable - un des 3 savoyards rencontrés à Tilitcho Lake puis au Khumbu - Petit monde !

Bien entraînée, je repars le lendemain pour + 1200 voire 1400 m avec les extras, vers le Tserko Ri. (env. 5000m ) - 8 h de marche : 3 de montée pour le sommet, puis 2h30 de crapahute sous le Yala, dont 45 min au moins de descente sur pierrier géant instable. 2h30 retour par les balcons au-dessus de la rivière.

Le froid mordant invite à marcher vite - il doit faire -15 ici; doudoune de mise, bientôt le collant. Le chien attend ses maîtres

Le sommet est admirable par ces drapeaux de prières gonflés sur 30 m de long, sous un ciel bleu intense. Panorama inoubliable de sommets immaculés, cachés depuis la vallée, aux pointes entre 6000 et 7000m .

Une araignée géante ?  Un couple m'invite à disposer de nouveaux khatas sur les filins qui agitent mille drapeaux
On sera 7 au sommet , et je rencontre Olliver, et Pramod, son aimable guide, avec lesquels je passerai 4 journées vers Gosainkunda

Les 2 groupes avec guide redescendent, je reste seule sur le large plateau qui me permet de voir le Shishapangma au loin : le petit dôme blanc (haut-gauche), et les vallées dérobées au pied de 7000.

En bas, le Tserko ri, plus débonnaire que le redoutable col du GANGA LA, qui se pratique sous tentes et avec guide expérimenté

Chemin du retour vers la vallée en contrebas :

Dernier coup d’œil sur cette vallée perdue, moins fréquentée que les Annapurna, plus sauvage et austère, surtout en décembre !

Après une nuit à Lama, j'hésite à poursuivre sur Gosaingkunda, mais Pramod retrouvé en route me convainc de monter avec Olliver et lui, car mon rythme le stimule - Je passe donc devant !

Au  Lama lodge, chez Lakpa, bon accueil : elle a perdu son gîte à Langtang et n'a pas été indemnisée - elle loue celui-ci à Lama
Il fait glacial le long du torrent, où le soleil ne perce qu'1 h par jour parfois - un singe tranquille, mais pas vu de panda roux

De Lama, 4h de descente et 1h30 de montée vers Thulo Syabru. 2210 m, un village tamang hérissé de constructions modernes (pour le pèlerinage d'août qui draine des milliers de personnes vers les lacs...). J'apprécie la belle forêt de bambous et rhododendrons .

 Passablement  d'escaliers  et des vallonnements pour éviter  des éboulements qui ont  emporté  quelques maisons au passage...

4h de marche vers Chyolangpati, 1er refuge de la crête, dans une belle forêt de conifères. 4 jeunes étudiantes de 19 et 21 ans arrivent équipées de baskets et mini-chaussettes. Il s'est mis à neiger ! Soirée chantée, repas chanterelles, coucher tard, à 21h, au lieu de 19h30... et "sorbet" au gingembre le matin !

  Chacun entonne un chant. La consonne finale appelle un autre chant... 2 h après, le répertoire n'est pas épuisé - Revigorant 

Cadeau du matin : réveil sous le dais blanc de la neige. Un paysage givré, piqué d'une froidure revigorante

50 min pour rejoindre le refuge de Laurebinia, à 3900 m, et 1 h pour une pause dans la cabane en fer.

 Le gîte, tenu par une famille avec un petit très dégourdi, est ouvert aux vents de la  la crête, . Thé  avec vue panoramique. 

Les nuages montent. Une brume blanche qui se déchire parfois pour laisser passer un soleil bienfaisant. Pas de vent heureusement. Un Sadhu méditant ?

 Le sanctuaire est dédié à Shiva, des milliers de pèlerins bouddhistes et hindouistes affluent et campent sous la lune d'août
A deux pas, entre les trouées de brume, une statue de Bouddha figée sous des drapeaux fanés : Irréel 
Pramod nous prépare un nescafé sucré excellent avant le passage du col de Lauribinia, 100 m plus haut , à 4610 m 
Le spectacle merveilleux continue au col : une conduite s'est percée, produisant des sculptures de glace improbables 
En décembre, il est aléatoire de trekker au Langtang, plus froid que le sud des Annapurna par ex, qui bénéficie d'un micro-climat

Du col, un balcon nous ouvre le passage vers une vallée suspendue baignée de ces lacs sacrés où sadhus d'Inde et du Népal viennent sa baigner et méditer durant 9 jours, à la pleine lune d'août.

Contrairement aux apparences, la marche est facile, le sentier excellent - certains lacs sont gelés, les plus grands sont libres

Miss Népal y a fait une promotion efficace en novembre 2018, ce qui explique la venue de jeunes filles !

Heureusement que la météo se maintient, et que la neige n'est que de surface, le col suivant étant à 4620 m au fond du vallon 
Au refuge, on retrouve nos filles, méritantes et bien fatiguées !  La baie vitrée permet de profiter du soleil  sporadique
Shiva aurait creusé ce lac de son trident après avoir bu du poisson, alors qu'il cherchait de l'eau froide pour étancher sa soif 

Grosse journée de 6h45 vers le second col à 4620 m, par un temps radieux, avec 10 cm de neige max

Départ en déjeunant a minima sur mes réserves car le gardien est désagréable; les fontaines coulent pour remplir la gourde

Le chemin a disparu sous la neige mais reste matérialisé par les rebords en pierres qui se devinent. Point haut venté et glacial, qui donne sur un immense vallon pierreux très abrupt en V, style Oisans !

Il fait glacial au col, mon appareil photo fait du flou !  Refuge de Phédi, pour un repas merveilleux de légumes -  nuit à Ghopte

Nuit dans un lodge perdu à 3h de marche d'une route, tenu à l'année par un jeune couple avec bébé

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La vue s'ouvre vers la vallée et Ktm où continueront Olliver et Pramod - Notre long trajet "alpin" depuis le col vers la crête

Je décide de ne pas continuer vers Helambu/Ktm mais de réduire à 2 nuits mon retour

Un beau cadre pour se quitter : je pars à gauche, eux à droite - un dernier momo, au chocolat pour fêter  cette belle aventure

Je retrouve la forêt des rhododendrons d'ici à Malamchighyiang, 2600 m :

On se sent en sécurité dans les paisibles forêts de rhodos - en mars, cela doit être superbe avec les fleurs. Personne en route

Je choisi un gîte confortable, avec douche, à Malamchighyiang, et repars me promener dans le village

Ce gros bourg  a souffert du séisme, et un gros collège construit par les suisse sort de terre, avec 2 internats filles et garçons

Joli trajet apprécié au début, puis ça se gâte à cause du manque de balisage et des éboulements

Descendre de la vallée de Timbu s'avère fort long, sans balisage - La forêt cède place aux terrasses cultivées sur un sol plus sec

4h45 de marche sur un parcours long parfois éboulé, 1000 m de descente, c'est plus éreintant qu'un 5000

Un jeune père de famille m'aide à trouver le chemin ; on arrive à un gigantesque chantier de captage d'eau pour Ktm

J'arrive affamée à la ville dortoir, demande à un papy de me préparer du riz car il n'y a aucun endroit pour manger; un vieux bus me mène en 2h vers Malamchighyian, où je paye cher un minable hôtel crasseux.

Le Népal c'est aussi des villes poussiéreuses  et défoncées où peut régner une certaine insécurité, un ciel plombé sans soleil

Le lendemain, nouveau bus éprouvant en 4h30 pour Bakhtapur, puis le dernier en 10 min pour Nagarkot

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Cette ville de 5000 habitants est le point haut de la vallée de KTM, d'où on peut observer la chaîne de l'Everest (même en période de mousson). Dans le bus, j'ai rencontré Léna, jeune étudiante suisse; nous avons pris une chambre confortable, avec toit terrasse - en négociant le prix basse saison !

Le grand confort de l'hôtel a été appréciable - le soir, on s'est fait taxer sur la route pour voir depuis le mirador l'Himalaya
Style local de maisons, richement décorées, sauf sur une face ! Par contraste, un village agricole plus modeste à 3 km du centre

Depuis cette villégiature très prisée des riches de Ktm pour échapper à l'étuve de la ville , nous avons randonné une journée vers les villages en contrebas, via un sentier plus ou moins balisé :

Une merveilleuse surprise : hameaux  disséminés entre des rizières en terrasses - Petit resto local , fréquenté par les collégiens
Après une bonne descente de 2 h et un pique-nique, remontée en boucle  très agréable et variée sur un sol  dur et raviné
La vie  n'est pas rose pour tous dans ce pays d' inégalités, mais dans cette région les enfants mangent à leur faim.
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A kathmandu, il est facile de manger varié car toutes les cuisines sont représentées dans les restaurants, et que les estaminets ouverts sur la rue ou les marchands ambulants proposent des plats simples bon marché, souvent des mets frits ou à base de farine/eau cuit au four en terre. Les noddles sont aussi bien appréciées, agrémentées de nombreux petits légumes.

Le plat traditionnel est incontestablement le dal bath, à gauche, assortiment de riz blanc, lentilles et épinards aux épices .
Les fritures sont courantes dans la rue, mais les népalais apprécient peu le sucre en vérité. 
Les népalais mangent sur le pouce le soir, grâce aux charrettes qui emplissent les rues  dès 18h00, la nuit tombée
Crêpes, beignets de viande ou de poisson, maïs grillé, momos : beignets fourrés à la viande ou légumes et cuits vapeur ...
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Pour profiter de la chaleur du sud et diversifier ma perception du mode de vie des népalais, j'ai effectué 2 séjours dans le TERAI, plaine subtropicale du sud qui forme une longue bande entre l'Inde et l'Himalaya, entre 60 et 300 m d'altitude. C'est l'autre pan du Népal montagnard, le "grenier à riz" du pays, la zone la plus peuplée. Outre l'intérêt de ses 2 parcs nationaux, j'ai apprécié la visite de la ville sacrée de LUMBINI, 3 jours de volontariat dans un écolodge, et surtout une expérience de vie dans une famille aisée de la région de Bardia, parmi de somptueux paysages, où j'ai pu observer l'architecture des villages de l'ethnie THARU.

1- Expérience de HELP-X dans un éco-centre  : voulant découvrir la vie des campagnards népalais, j'ai passé 3 jours à participer à des travaux des champs, dans un cadre charmant.

J'ai apprécié la présence de 2 allemandes et une lituanienne, mais les hôtes de ce help x où on paie pour bosser ont été décevants
Fête au village, pour l'inauguration du collège flambant neuf  - une campagne plutôt aisée; on y  circule beaucoup à vélo 

On a foulé de nos pieds nus le sol qui est inondé complètement fois par semaine , et désherbé des espaces de culture

2 - j'enchaîne par un séjour à CHITWAN NP (Unesco 1984) : forêts, marécages et prairies, un domaine protégé du tigre du Bengale, de l'ours lippu, du gavial, des éléphants et des rhinocéros- La ville d'entrée du parc est Sauraha, une bourgade trépidante dédiée au tourisme de masse. J'ai quitté l'écolodge avec une bonne gastro et je suis restée 6 jours à me reposer, sortant parfois à vélo, entre 2 siestes.

J'ai  cherché 1 h pour trouver un bungalow individuel bon marché au calme, au Tharus lodge... bonne adresse !
L'entrée du parc étant chère et les activités "surfaites" je n'y suis pas allée, les animaux étant visibles de l'extérieur, à vélo
En pédalant, c'était magique, pas de pollution ni embouteillage, des maisons tharu bien entretenues et ... le calme absolu

Pour moi Chitwan est "une usine à touristes" qui a perdu de son charme au fil des décennies; il faut fermer les yeux sur la maltraitance des éléphants domestiqués, mais un court séjour pour se reposer et se réchauffer après son trek est agréable néanmoins, surtout après 1 mois en haute altitude ! La température en novembre était idéale, fraîche la nuit, parfaite la journée ! Bien choisir sa période !

3 - Séjour à LUMBINI, à 300 km de KTM : une grosse journée de visite harassante, entre deux bus pour aller vers Bardia - Je me suis félicitée d'avoir loué un vélo, car le site est immense, étalé sur plusieurs kms. C'est un des 4 lieux saints du bouddhisme, lieu de naissance de Bouddha en 602 av JC .

Un lieu de pèlerinage religieux majeur, fréquentés par de nombreux indiens et touristes, grâce au label Unesco de 1997. 
Les communautés bouddhistes de divers pays collectent des fonds pour construire un pavillon représentatif de leur culture 
 Magnificence et ostentation : on est dans un monde à part, celui de la perfection.
Le Bouddha (Siddharta Gautama) et ses disciples - D'un pavillon  à l'autre, partout des massifs de fleurs entretenus

4 - J'enchaîne pour 6 jours à BAKWA, à 8 km du PARC NATIONAL DE BARDIA : l'ancienne réserve de chasse de la royauté couvre 1200 km2 de biodiversité, et l'éloignement de KTM a préservé l'authenticité des villages et de la culture Tharu. C'est là que réside son principal attrait, plus que le parc en soi !

C'est loin de KTM, 383 km - 16 à 20 h de bus , malgré la seule high way du pays, et vu l'état des routes défoncées autour de KTM

4 h de rando-guidée dans le parc pour 40 € : c'est la formule "économique" du safari pédestre avec guide - Le reste se fera à vélo hors du parc, même si j'y suis retournée seule, à la boussole, jusqu'au moment où j'ai vu une empreinte de tigre énorme, et me suis rangée à la prudence en ressortant de suite ! Des biches et cerfs, des sangliers et des signes, j'en ai vu à l'extérieur, et le tigre ... j'y tiens pas spécialement !

 En 4 h de marche et observation, j'ai vu des loutres, des rhinos plongés dans les herbes haut, entendu des singes. pas plus...

Y vivent le tigre du bengale, qui fait des incursions vers les villages parfois, comme les éléphants d'où les miradors dans les champs. Le rhinocéros indien semble dangereux s'il charge, et le dauphin du Ganges se trouve en compagnie de gavials dans les cours d'eau. Dommage que le safari en pirogue soit réservé à une élite très fortunée, mais les alentours du parc compensent cette déconvenue et j'ai passé 6 jours à m'émerveiller des paysages et des gens, qui vivent en harmonie avec une nature préservée !

Des miradors anti-charge d'éléphants en bordure du parc . Pas un seul papier ni ordure au sol, au point que ça semble artificiel !

Les villages de la minorité Tharu qui bordent le parc de Bardia ont conservé leur authenticité, et les arpenter à vélo, le mode de transport le plus commun ici, est relaxant : un dédale de sentiers et pistes sableuses vous emmènent à travers des forêts clairsemées ou des plaines cultivées de moutarde jaune ou de riz vers des habitations en terre et bois - parfois on croise un tuk tuk, tricycle à moteur qui sert de taxi bon marché.

Les femmes enduisent de boue leurs murs extérieurs, composant des frises avec les animaux de la forêt- Il manque le moustique !

Des habitats variés, mais de style homogène, grâce aux matériaux naturels, qui permettent de supporter la température accablante plus de mois de l'année.

Il y a presque toujours un lit cordé dehors,  et la propreté est de rigueur chez les Tharu, afin d honorer les dieux !
Des bandes de couleur parfois barrent la structure horizontalement 
Un étage, voire un balcon rehaussent l'habitation, décorée avec des frises dans les tons rouge, sur fond blanc et ocre 
Le pigeonnier est fréquent - L'enduit et la décoration reste le travail des femmes
La toiture devait être en chaume, mais cela devient plus rare  sur les bâtiments d habitation

Les gens des plus gros villages et les plus aisés préfèrent construire en béton, et avec les couleurs sont plus acidulées

 Deux maisons des environs de Bakwa/ Bardia 

J'ai pu observer, dans mes excursions quotidiennes à vélo, l'habileté de femmes qui savent tout faire de leurs mains, avec des fibres de jonc ci-dessous :

Une heure partagée, pour tisser un matelas avec ces deux femmes qui ne parlent pas un mot d'anglais mais savent photographier ! 
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Le bus m'a déposée à 10 km des infrastructures du parc de Bardia, à 1 h du matin, au milieu de nulle part, et un pharmacien qui attendait son frère de retour du Qatar m'a proposé de venir dans sa famille dormir, au village de BAKWA. Une belle rencontre s'en est suivie, et j'ai été adoptée par une grande famille de 7 ou 9 enfants adultes, dont 3 partagent une maison confortable.

La maison moderne, avec la pharmacie en bas, et celle en terre d'une sœur restauratrice - vue vers l'école depuis le toit-terrasse
La chambre qui m'a été préparée à 1h30, celle de la maîtresse de maison, indienne de naissance - un petit autel traditionnel à côt...
Mon bienfaiteur, jouant au billard local - sa pharmacie, au rez-de-chaussée de la maison - Un travail avec du temps libre pour soi
Une famille unie qui partage, des cousins partout- Les 2 belles-sœurs ont été remarquablement chaleureuses avec moi
Une maison cosy, une heureuse famille de la classe moyenne, où on vit ensemble, dans une grande harmonie -
J'étais invitée chez les uns, les autres pour boire un tchai au lait sucré, déguster des galettes

Suprême cadeau, on m'a prêté un vélo pour me déplacer

Maisons et fermes typique des tharu, dans une campagne extraordinairement préservée et entretenue- On circule à vélo ou mobylette

Certains villageois demandaient à être pris en photos quand ils me voyaient :

  La plupart des gens des villages ne parlent pas anglais mais le dialecte tharu, dérivé du hindi ou le népali

J'ai été pilotée par les ados de la famille :

Visite chez le grand-oncle , jusqu'au crépuscule , car ce n'est pas la saison du passage des éléphants dangereux !

Des dames âgées de la famille (?), en attendant mon bus de retour :

Peu de gens s'habillent en traditionnel, mais le sari est de mise pour les fêtes et les bijoux appréciés

En contrepartie de l'accueil, j'ai fait une visite aux écoliers et au collégiens, plusieurs enseignants composant cette famille !

La classe intermédiaire, avec mon hôte pour institutrice - Sa belle-soeur Angeli qui est la directrice et enseigne aux petits 
Pendant la récréation - Uniforme obligatoire, les filles en pantalon et cravate un jour sur deux 

Au collège, derrière la maison : j'ai été interviewée par le groupe dehors (difficile ça !) puis ai préparé un diaporama sur la France pour le groupe en haut à gauche.

Leur niveau d'anglais est très hétérogène, et dans les familles favorisées on le parle vraiment avec aisance . 

Une expérience éprouvante physiquement : le traditionnel pique-nique annuel des écoles ! 3h de trajet aller, pour 45 min de balade aller-retour à un barrage, cuisine à la marmite pour personnes, hé oui, sous le son tonitruant des baffles des autres groupes, lycées ou collèges ! Barrage de Laxmanjur, à la frontière indo-népalaise? On est repassé par Nepaljani en tout cas.

Une journée mémorable, qui valait le coup d être vécue au final; La cuisson du riz et poulet durant 4 h a retardé l'heure du repas

Rando près du barrage, et danse après le repas; la brume est normale, même en milieu de journée.

Une joyeuse ambiance - Personne dans le car ne s'attache, on chante, on crie et on mange des bonbons distribués par les maîtres !

Autre festivité très sociable, j'ai été "invitée" à participer à une campagne de don du sang avec la Croix Rouge - J'ai été une des rares dames que le médecin estimait en bonne santé pour participer, les autres ayant du diabète ou de l'hypertension d'après le médecin . Collation d’œufs, fruits et gâteaux après l'épreuve, et les villageois se sont quasiment tous retrouvés ici pour un temps très convivial !

Un bon moment de convivialité, organisé par le chef de famille qui anime une association de développement local