Une cité de navigateurs sur le fleuve de paille

Belle semaine passée à Lisbonne, ville marquée par l'histoire.
Octobre 2013
7 jours
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Pour la première fois, en octobre 2013, nous décidons de visiter une ville Portugaise. Cela nous semble être la saison idéale pour nous qui n'aimons pas trop la chaleur, mais qui ne souhaitons pas entrer trop tôt dans l'hiver. La probabilité est grande que Lisbonne nous offre quelques belles heures de soleil.

Notre appartement situé dans une rue en pente (très en pente mais comme beaucoup à Lisbonne...), se trouve à deux pas de l'école polytechnique, dans le quartier de Sao Bento. La décoration est un peu blanche... mais c'est fonctionnel et très propre. Dans l'appartement de l'autre côté de la rue, un vieux monsieur s'amuse à faire des grimaces par la fenêtre à notre fils de 3 ans, ce qui l'amuse beaucoup.

C'est donc de cette petite rue en pente que nous partons explorer le quartier à la recherche d'un peu de nourriture.

Le quartier possède quelques belles demeures colorées avec de magnifiques portes de bois. Pour un premier contact avec la vie lisboète, nous sommes charmés.

Les vitrines des magasins du quartier nous montrent des costumes traditionnels dont les portugais semblent encore très fiers. Pour ce qui est de trouver notre nourriture du soir : pas de souci. Nous avons une toute petite épicerie en bas de chez nous qui vend des plats traditionnels. N'y connaissant rien, je demande conseil au vendeur qui se fait un plaisir de m'orienter. Nous partons avec une sorte de plat de poisson avec des pommes de terre en paillettes : délicieux.

Nous n'irons pas plus loin que la palais de Sao Bento qui donne son nom au quartier. C'est aujourd'hui l'assemblée nationale, mais il fut édifié au XVIème siècle par Balthazar Alvares et fut ensuite un monastère bénédictin jusqu'à l'incendie de 1834. Outre le fait d'être aujourd'hui l'assemblée nationale, c'est aussi la résidence du premier ministre. Le quartier est agrémenté d'agréables terrasses de restaurants et de petits bistros mais nous retournons diner chez nous et préparons notre première excursion du lendemain.

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Nous nous dirigeons lors de cette première matinée vers le quartier historique de Belem. Nous passons tout d'abord par le quartier d'Estrela avec sa magnifique basilique : la Basilica de Estrela. Nous réservons cette visite pour plus tard. Nous redescendons ensuite en direction du fleuve.

Nous ne sommes ni à San Francisco, ni à Rio, mais face au pont du 25 avril avec en arrière plan le Christo Rei, bras tendus vers Lisbonne. Les portugais avaient fait voeu d'édifier un Christ s'ils échappaient à la seconde guerre mondiale. Quant au pont, il commémore la révolution des oeillets et la chute de Salazar. Ironie du sort puisqu'à son inauguration, il s'appelait Ponte Salazar ! Nous avons fait une longue marche pour parvenir jusqu'ici et nous profitons d'une terrasse sous les rayons du soleil qui commence à percer les nuages.

Sur le port se dresse le Padrao Dos Descobrimentos. L'actuel monument s'élève à la place de celui, éphémère, construit sous Salazar, en l'honneur des grandes découvertes. Celui que nous observons a été édifié pour le 500ème anniversaire d'Henri le Navigateur : ce souverain Portugais qui a tant fait pour développer les explorations sous l'égide de sa couronne. Le nom de Padraos fait allusion aux piliers de pierre surmontés des armes du Portugal avec lesquels les navigateurs marquaient les territoires découverts. A la tête de ce monument se tient Henri le Navigateur qui tient dans ses mains une caravelle. Derrière lui, on voit Dom Manuel Ier qui porte une sphère amillaire. Il est suivi de Vasco de Gama, qui a ouvert la route des Indes, de Pedro Alvares Cabral, découvreur du Brésil, de Magelan : premier navigateur à avoir fait le tour du monde, puis de Bartolomeu Dias : premier à avoir doublé le Cap de Bonne Espérance. Viennent ensuite un poète : Luis de Camoes puis le peintre Nuno Goncalves. La nation portugaise chérit ses fils les plus intrépides partis à la recherche des épices et des soieries de l'orient lointain.

La vue depuis la plate-forme sommitale du monument sur l'ensemble du quartier de Belem est tout simplement à couper le souffle.

Un peu plus loin, nous arrivons à la tour de Belem, construite par le roi Manuel Ier au bord du Tage pour garder l'entrée du port de Lisbonne. C'est du haut de cette tour que les souverains regardaient partir les navires des explorateurs.

L'architecture du bâtiment marque indéniablement une influence mauresque et l'on imagine parfaitement Henri le Navigateur voir ses émissaires partir à la découverte de nouveaux pays ou tentant de joindre les Indes pour rapporter les épices qui ont fait la richesse des pays Européens tournés vers la mer.

Ce sont tous les explorateurs que l'on célèbre dans ce quartier de Lisbonne, à l'image de ce mémorial à la mémoire de Cabral et Coutinho qui ont tenté plusieurs fois la traversée de l'Atlantique sur hydravion avant leur succès de 1922.

En revenant sur nos pas, nous découvrons le centre culturel de Belem, avec ses agréables terrasses où de petits bassins offrent un peu de fraîcheur. Derrière, se situe le musée Berardo.

Ici, l'architecture est résolument moderne, tout comme les oeuvres d'art exposées dans le musée. Sur le perron de ce dernier, des artistes ont réalisé un sapin de Noël avec des bouteilles de vin. Cela paraît dépaysant vu le soleil rayonnant, mais il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas si loin que cela des fêtes de Noël...

En poursuivant toujours un peu plus loin, nous visitons une enfilade de jardins : le jardim da praça do imperio, le jardim de Belem et le jardim Afonso de Albuquerque. Les plantations sont belles et apportent aussi un peu d'ombre. Elles font face à une imposant édifice à l'architecture très travaillée.

Nous voici devant la majestueuse façade du monastère des hiéronymites. Ce monastère de l'ordre de Saint Jérôme témoigne de la richesse que les Portugais ont tiré de leurs découvertes maritimes. C'est aussi un exemple typique de l'architecture Manuelin.

C'est sur l'emplacement d'un ermitage dédié à la Vierge de Béthléem (Bélem), fondé par Henri le Navigateur, que le roi Manuel Ier entreprit de bâtir ce monastère. Accueillir au Portugal l'ordre de hiéronymites, ordre espagnol dont la vocation est d'entretenir le culte funéraire de la famille royale de Castille, correspondait à un geste politique envers la monarchie voisine avec laquelle Manuel Ier souhaitait s'allier au travers de son mariage avec la fille de cette dynastie.

L'intérieur de la nef de l'église Santa Maria marque par le raffinement et la virtuosité de sa voûte. C'est ici que sont enterrés Vasco de Gama et Camoens. L'église contient aussi une nécropole royale où reposent Henri Ier, Manuel Ier, Marie D'Aragon, Jean III et Catherine de Castille, ainsi que de nombreux autres souverains.

Le cloître et ses dentelles de pierre est quant à lui une pure merveille !

Ce cloître possède une richesse sculpturale impressionnante. Il est composé de deux étages. La partie inférieure a été conçue par Diogo Boitaca. Cet étage est percé de larges arcades dont les remplages prennent appui sur de fines colonnettes dont la décoration s'inspire du gothique finissant et de la Renaissance.

La salle capitulaire du cloître abrite le tombeau de l'écrivain Alexandre Herculano.

Un autre homme de lettres illustre : Fernando Pessoa repose dans un des couloirs du cloître.

L'ancien réfectoire des moines est quant à lui décoré de très beaux azulejos.

La visite permet aussi de découvrir la salle capitulaire avant d'accéder au second étage du cloître.

L'étage supérieur a été construit par Joao de Castilho. On lui prête un caractère moins exubérant. Pourtant, là aussi les décors finement ciselés ne manquent pas et la vue sur le reste du bâtiment est époustouflante.

Ce monastère des Hiéronymites est un magnifique édifice classé à l'UNESCO dont il ne faut pas manquer la visite.

Retour ensuite aux jardins où la fin de l'après-midi incite à la flânerie.

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L'étape suivante nous mène au jardin de Estrela, situé juste devant la basilique du même nom. Le parc a été créé en pleine époque romantique et c'est l'un des endroits les plus paisibles de Lisbonne avec ses plantes exotiques, ses animaux en liberté (oies, canards...), sa pièce d'eau, ses fontaines et sa buvette ombragée au bord du plan d'eau.

Le jardin donne juste en face de l'édifice religieux, il serait dommage de ne pas y aller jeter un oeil, d'autant que sa crèche perpétuelle est réputée.

Cette basilique (la plus ancienne de l'ordre du carmel à Lisbonne) a été commandée par la reine Marie Ière, en l'honneur de la naissance de son fils. Commencée en 1779, elle fut terminée en 1790. La crèche est l'oeuvre de Joaquim Machado de Castro. Elle contient plus de 500 personnages et est constituée de liège et de terre cuite. Les différences de taille des personnages permet de ménager les effets de distance. Cette crèche est située derrière l'autel et il faut débourser 2 euros pour pouvoir la voir. De même, l'accès à la terrasse est payant. Pour le coup, il y a suffisamment de miradouro gratuits à Lisbonne desquels on peut avoir un superbe vue sur la ville sans avoir à payer cet accès.

Nos pas nous mènent ensuite vers le quartier de Lappa qui est certainement l'un des quartiers les plus riches de la ville. La noblesse et la haute bourgeoisie y ont pris demeure.

Le palacio Real das Necessidades avec son immanquable façade rose, fut un monastère avant de devenir une résidence royale. Il abrite aujourd'hui le ministère des affaires étrangères.

Nous nous arrêtons un peu plus loin pour déjeuner dans un petit café du quartier. L'avantage à Lisbonne, c'est que l'on peut déjeuner à trois pour pas cher (environ 15 euros pour plats de résistance et desserts.)

Ce quartier avec ses façades colorées a vraiment beaucoup de charme.

Avec ses rues en pente et ses vieux tramways, c'est l'endroit idéal pour prendre en photo les vues typiques de Lisbonne que l'on a tous en tête.

Les drapeaux qui flottent aux façades des luxueux édifices montrent aussi que les ambassades se sont installées dans ce quartier cossu, où elles côtoient quelques grands hôtels.

Malgré la fatigue de la journée, nous décidons de rentrer à pied, ce qui à Lisbonne n'est pas une mince affaire. Les rues montent et descendent sans cesse et fatiguent les pieds des marcheurs. Nous reprenons donc la direction du jardin de Estrela.

La buvette est l'endroit idéal pour prendre une petite collation avant de rentrer.

Sur le chemin du retour, nous faisons un détour pour aller voir la Casa de Pessoa qui fut son ancienne demeure et qui a aujourd'hui été transformée en musée. Nous passons également dans le quartier du Rato où l'on peut voir quelques unes des 127 arches de l'ancien aqueduc qui alimentait Lisbonne en eau.

C'est sous les rayons du soleil déclinant que nous rejoignons notre quartier.

En cette fin de journée, les espaces verts du jardim do Principe Real s'animent. Les retraités prennent possession des tables pour entamer une partie de carte ou d'échecs et les petits bars-restaurants accueillent la clientèle de début de soirée.

Le soir se couche sur Lisbonne. Il est temps pour nous de rentrer au bercail.

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Le lendemain, après le petit déjeuner, nous repartons en direction du centre ville. Nous passons devant des boutiques un peu improbables. Je ne veux pas parler de cette pâtisserie qui expose ses pasteis de natal, mais de ce magasin de chandelles...

Nous arrivons Praça Luis de Camoes. Cette jolie place est dominée par la statue de Luis de Camoes, l'un des plus grands poètes portugais. Le piédestal est entouré de statues de quelques uns des plus grands chroniqueurs portugais du XVIème siècle auxquels on doit quelques unes des plus belles pages de la littérature. D'élégants immeubles de style Pombalin entourent cette place.

A quelques mètres de là, en descendant la rua Garrette, nous croisons un Pessoa de bronze, attablé à la terrasse du café A Brasileira dont il fut l'un des fidèles clients. Qui n'a pas rêvé un jour de dire : "j'ai pris un café à Lisbonne, en compagnie de Pessoa ? "

Ce quartier avec ses petites rues piétonnes est très agréable. De petits métiers comme ce cireur de chaussures y survivent.

Le souvenir du grand poète semble avoir laissé des traces partout dans la ville...

A quelques enjambées, nous commençons à apercevoir la passerelle qui mène de l'escalator Santa Justa et au miradouro du même nom.

Installés dans de vieilles voitures, au beau milieu des rues piétonnes, quelques disquaires vendent des albums de fado.

Encore quelques pas et nous voici au pied de l'escalator qui permet de grimper les 45 mètres de dénivelé entre le bairro alto et la baixa pombalina. Cet ascenseur construit entre 1900 et 1902 était autrefois actionné par une machine à vapeur. Il a été électrifié en 1907.

De la haut, la vue sur la ville est imprenable. On domine toute la ville basse, mais on aperçoit également au loin sur les hauteurs le château Saint Georges et le couvent Sao Vincente de Fora, la cathédrale de Lisbonne avec ses deux tours massives et le fleuve : le Tage que les portugais appellent le fleuve de paille et l'on comprend pourquoi quand on voit le soleil darder ses rayons sur sa surface au travers de la couche de nuages.

La ville de Lisbonne est une ville de "miradouro". Ici où là, des espaces dégagés en hauteur vous permettent d'avoir une vue plongeante sur un quartier de la ville.

Puisque nous avons monté de quelques mètres, nous en profitons pour aller faire quelques pas dans la ville haute et nous nous retrouvons sur le largo do carmo, paisible place dominée par le couvent des carmes, détruit par un tremblement de terre en 1755.

Après avoir déjeuné dans un agréable café, nous redescendons vers la ville basse. En bordure de la praça Rossio, sur laquelle nous avions vue depuis l'escalador, se trouvent de jolies boutiques vendant des produits traditionnels portugais. Les rues transverses offrent également une belle perspective sur le château, perché sur sa colline.

Cette place avec ses jolis pavés noirs et blancs organisés en vague est en fait la place Don Pédro IV. C'était un haut lieu de la ville au Moyen age, théâtre de nombreuses célébrations, mais aussi de révoltes populaires. C'est aujourd'hui un lieu très fréquenté par les Lisboètes.

Juste à côté, une statue équestre de Dom Joao Ier se dresse sur la praça de Figueira où se trouve une très vieille pâtisserie de Lisbonne.

Le quartier commerçant ne manque pas d'atouts pour attirer les touristes.

Les spécialités alcoolisées comme le porto tiennent bonne place en vitrine. De jolies rues piétonnes partent de la place et animent le quartier.

La gare est également un très beau bâtiment avec ses portes en forme de fer à cheval. Son architecture ressemble plus à celle d'un temple ou d'un palais qu'à celle d'une gare. Peut-être est-ce un avant goût des palais de Sintra, où la ligne de train conduit ?

Le bâtiment vaut en tout cas le coup d'oeil.

S'ouvre ensuite à nous une nouvelle grande place au centre de laquelle trône un obélisque. Il s'agit de la praça dos restauradores. Cette dernière commémore de par son nom la restauration de la royauté portugaise après une main mise sur le pays durant 60 ans par la couronne de Castille entre 1580 et 1640.

La circulation automobile y est soutenue, mais l'architecture de cette place est loin d'être inintéressante. On peut y admirer le palacio foz, ex demeure du marquis du même nom, l'Eden : bâtiment référence pour le style art déco et des bâtiments de style pombalin. Dans une des rues perpendiculaires à la place sur son côté Ouest, on peut emprunter le pittoresque funiculaire qui conduit au belvédère Sao Pedro de Alcantara.

Ce dernier offre également une très belle vue sur la ville.

Ce belvédère est sans doute le plus touristique de Lisbonne. Il ne manque pas de charme avec ses jardins ombragés et ses deux kiosques où l'on peut prendre une verre en toute quiétude avant de redescendre vers l'effervescence de la ville.

Et voici justement le funiculaire dont je vous parlais...

Sur la place face au musée Sao Roque, une statue de Cauteleiro a été érigée. Cet homme était un vendeur de tickets de loterie. La statue date de 1987, date du 204ème anniversaire de la loterie nationale.

Nous redescendons ensuite vers la ville basse en prenant les petites ruelles colorées et animées.

Nous revenons sur nos pas, place Don Pédro IV.

Le café Nicola a installé sa terrasse sur la place. C'était autrefois un haut lieu de la vie littéraire, lieu de rendez-vous des poètes et des écrivains depuis son ouverture en 1929. Il est toujours réputé pour son décor art nouveau, mais il attire aujourd'hui beaucoup plus les touristes.

Nous empruntons ensuite une petite rue piétonne : la Rua Augusta qui correspond au coeur commercial et touristique de Lisbonne.

Nous passons sous une superbe arche pour accéder à un autre haut lieu de la vie Lisboète :

La superbe praça do Comercio...

Les beaux bâtiments symétriques qui entourent la place sont occupés par les services du gouvernement en charge des coutumes et droits portuaires. La place a accueilli autrefois le palais royal. En son centre, une statue équestre représente Manuel Ier.

La place s'ouvre par un débarcadère sur le Tage (le fleuve de paille), où or et épices des colonies étaient débarqués.

C'est aussi le lieu où se croisent les lignes de tramway de la ville...

Nous nous arrêtons prendre une glace pour le goûter rua Augusta et nous attardons à regarder le petit spectacle de rue d'un marionnettiste.

A part les tramways, d'autres moyens de locomotion sont également accessibles aux touristes...

Un peu plus loin, nous arrivons sur la belle place qui fait face à la banque nationale du Portugal.

Nous nous rapprochons d'un funiculaire qui devrait nous faciliter la tâche pour remonter sur les hauteurs de Lisbonne.

Dommage, il est tout taggué...!

Le miradouro Santa Catarina, contrairement aux autres, est tourné plein Sud, ce qui offre une belle ouverture sur le Tage. il est aussi connu pour sa statue de l'Adamastor : nom de la bête inventée par Luis Camoes dans son célèbre poème les Lusiades, en référence aux créatures féroces, qui pensait-on, peuplaient les océans. L'Adamastor est une allégorie des craintes des navigateurs du XVIème siècle.

Petite promenade dans le quartier avant de rentrer à l'appartement. Demain, on prend le train...

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Le lendemain, faisons face à la gare du Rossio, où une statue rend hommage à ce patrimoine immatériel qu'est le fado. Nous prenons le train pour nous rendre à Sintra, à environ 30 minutes de Lisbonne par le chemin de fer.

Dès notre arrivée, nous sommes baignés dans un étrange brouillard duquel s'échappent quelques visions de la forteresse maure accrochée à la colline ou d'un palais avec ses tours blanches aux allures de cheminées.

Sintra est une petite ville à l'architecture fortement marquée par les influences arabes.

Nous déjeunons dans un café-salon de thé au centre ville avant de nous lancer dans l'ascension de la colline pour aller visiter un palais. Dans notre guide, il est indiqué qu'il faut compter entre 20 et 30 minutes pour atteindre ce dernier.

Le long de la petite route qui serpente, s'exposent quelques statues anthropomorphes plus ou moins modernes. Nous progressons sous un ciel très gris...

Ici ou là, des agapanthes viennent encadrer des fontaines d'inspiration clairement mauresque.

Nous nous rapprochons du premier palais...

Sintra est située au coeur des forêts de pins de la serra de Sintra. Son altitude lui donne un climat plus frais qui a incité la noblesse puis la grande bourgeoisie à y construire des palais ou des manoirs.

Encore quelques efforts et nous voici devant la palais national. Son histoire remonte à la domination musulmane sur la péninsule ibérique. Il a en effet été très probablement érigé sur les ruines de l'ancienne résidence des Walis musulmans.

Nous continuons à nous diriger vers les hauteurs et ne tardons pas à dépasser les dernières maisons du village pour prendre la route qui mène vers les autres palais. Les 20 à 30 minutes annoncées par notre guide de voyage sont largement passées et toujours rien en vue. En fait, ils avaient probablement oublié de dire que ce temps de trajet était valable en bus et non à pied. Nous finissons par atteindre le palais que nous souhaitions visiter et décidons que pour redescendre, nous prendrons la navette en bus...

Le palais national de Pena est situé sur une des cimes de la sierra Sintra et lorsque nous arrivons, un brouillard à couper au couteau a avalé le paysage.

L'ambiance est fantasmagorique et les sculptures ésotériques du château n'en prennent qu'une allure plus inquiétante encore. On se croirait dans les Carpathes, en visite chez le célèbre comte Vlad...

On prend notre courage à deux mains et nous poussons les portes de château pour aller voir ce que cette visite nous réserve.

L'intérieur du château est somme toute un peu plus traditionnel. La bâtisse est due à Ferdinand de Saxe-Combourg-Gotha, prince consort du royaume d'origine allemande, devenu portugais suite à son mariage avec la reine Maria II.

Pour une bâtisse du XIXème siècle, ce château disposait d'équipements de confort très modernes.

La décoration intérieure du palais est assez unique, mêlant des décors d'origine orientale avec un style prussien...Les gardiens sont très attentionnés. L'un d'entre eux parlant français explique à mon fils de 3 ans les différents décors qu'il peut observer dans la pièce.

Le cloître et la chapelle affichent quant à eux un style plus manuélin.

Une salle avec des vitrines d'exposition est aménagée en pavillon de chasse avec des bois de cervidés accrochés aux murs...

Nous passons enfin par les cuisines avant d'accéder aux terrasses du château.

Le palais national de Pena est situé au coeur d'un parc, qui dit-on est magnifique. Nous concernant, ne voyant guère à plus de 5 mètres à la ronde, nous avons préféré laisser tomber la visite du parc et redescendre vers le centre ville. Grand bien nous en a pris car de retour à la gare, il s'est mis à pleuvoir à verse...

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Le lendemain, nous changeons complètement d'ambiance pour nous rendre dans le quartier de l'ancienne exposition universelle appelé Parque das Naçoes : le parc des nations. Ici, l'architecture est résolument moderne.

L'aquarium de Lisbonne ressemble à un cube de béton posé sur un bassin.

Un téléphérique a été installé en bord de fleuve et permet de relier deux bâtiments entre eux. Au loin, la tour Vasco de Gama et son architecture épurée en forme de voile de bateau ajourée barre l'horizon.

A côté de la tour, un pont relie les deux rives du fleuve. Qu'il est long ce pont...

Un agréable espace vert offre un lieu de détente idéal. Ce jardim da musica contient différents instruments de percussion à la disposition du public. si vous voulez tester vos talents de musicien, vous êtes le bienvenu.

Toujours en progressant vers la tour, un petit jardin botanique nous offre une belle perspective sur des végétaux adaptés au climat lisboète.

Le quartier doit être connu des étudiants en architecture. Nous en avons vu quelques uns faire des repérages sur les bâtiments.

Ailleurs, ce sont des oeuvres modernes et colorées qui s'intègrent d'ailleurs fort bien dans le paysage urbain.

Mêmes les sciences prennent un caractère artistique.

Retour vers l'aquarium et les mondes marins... L'exposition universelle de 1998 qui s'est tenue ici avait pour thème : "Les océans : un patrimoine pour le futur". A en juger par les oeuvres restées en place, on peut dire que le thème a été respecté ! Il est bien sympa ce quartier.

Avant de rentrer, nous faisons un détour par un quartier typé "Art nouveau".

Enfin nous arrivons à la place Marques de Pombal. C'est cet homme qui guida le pays vers l'époque des Lumières et c'est également sur cette place qu'eurent lieu les évènements décisifs qui conduisirent à l'indépendance du pays.

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Le lendemain, nous repartons à l'assaut des quartiers historiques.

Nous avons pris les transports en commun, direction Santa Apolonia, quartier où l'on se sent dominé par la panthéon, installé dans l'ancienne église Santa Engracia.

Quelques rues plus loin, nous arrivons devant le monastère Sao Vincente de Fora.

C'est l'un plus importants des bâtiments de style manièriste du pays et c'est aussi un lieu de sépulture de la famille de Bragance.

Le premier monastère a été construit en 1147 dans le style roman. Ce n'est pas le bâtiment que l'on peut voir aujourd'hui, puisqu'une reconstruction a commencée en 1582, sous le règne de Philippe II d'Espagne, roi du Portugal à l'époque.

La cour du monastère avec sa fontaine, ses fleurs et ses orangers nous aura enchantés, mais nous poursuivons en direction du miradouro Sophia de Mello Breyner Andersen qui nous offre une vaste panorama sur la ville. Ce miradouro porte le nom d'une poétesse portugaise qui passa de nombreuses heures en ce lieu à contempler la ville.

Le château de Sao Jorge n'est pas très loin...

L'église de Graça qui jouxte le miradouro vaut d'être visitée avant que le visiteur ne se dirige vers la Mouraria : l'ancien quartier maure de Lisbonne. Le ballet des tramways permet de prendre quelques photos du type carte postale traditionnelle...

Le quartier Mouraria, autrefois mal famé est aujourd'hui l'un des plus multiculturel de Lisbonne. Il fait bon se promener dans ses petites rues. C'est certainement l'un des quartiers qui a le mieux conservé son authenticité et aujourd'hui, vous ne risquez plus rien à vous y promener.

La cathédrale Santa Maria major est aussi la plus ancienne église de Lisbonne. Elle fut construite tout de suite après la reconquista.

Nos pas nous mènent ensuite vers le miradouro Santa Luzia qui offre un vaste panorama sur le Tage et le quartier de l'Alfama. Sur ce miradouro, on peut également admirer un mur décoré d'Azulejos. C'est peut-être le plus célèbre des belvédères de la ville.

Peu à peu, nous nous rapprochons du Chateau Sao Jorge. Des terrasses qui précèdent l'entrée de la forteresse, nous avons une vue plongeante sur la place du commerce.

La place forte aux allures martiales protégeaient la ville.

Le château saint Georges est connu comme le château des maures, mais l'implantation humaine en ce lieu date de beaucoup plus longtemps.

Les premières traces d'occupation datent de l'âge du fer. Ensuite, carthaginois, grecs, romains, suèves et wisigoths se sont succédés en cet endroit. Au VIIIème siècle, la ville tombe aux mains des maures qui édifient une fortification ou tout au moins renforcent celles mises en place par les romains.

Aujourd'hui, les touristes peuvent profiter de la forteresse et faire le tour des remparts dans un cadre qui réjouira les amateurs de vieilles pierres.

Au delà de cette forteresse, les jardins autour offrent un cadre très agréable pour la détente. On y profite des fontaines, des oliviers et d'un petit café permet aussi de se restaurer ou de prendre une boisson.

Je recommande vivement l'endroit qui fut vraiment un de nos coups de coeur à Lisbonne.

En soirée, nous rejoignons la place du commerce, où les rayons du soleil couchant sur le Tage nous aident à comprendre pourquoi les lisboètes appellent ce fleuve : le fleuve de paille...

Nous rentrons vers notre appartement en reprenant les petites rues commerçantes où s'étalent en vitrine quelques spécialités portugaises.

Et nous ne résistons pas à l'idée de repasser une dernière fois dans les quartiers qui nous ont charmé durant ce voyage qui touche à sa fin.

Lisbonne nous offre une dernière vue sur ses places et ses rues inondées des rayons du soleil couchant. C'est le souvenir que nous garderons de cette ville au moment de prendre notre vol retour.