Solitudes namibiennes

4 semaines dans les merveilleux paysages de Namibie. Ce premier carnet est consacré au Sud, aux espaces désertiques où l'on goûte la profondeur du silence.
Juillet 2017
4 semaines
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Juillet 2017 : notre voyage de l'été a commencé quelques mois plus tôt par une consultation au service voyages du CHU. Chacun a eu droit à des vaccins et des rappels : rage, hépatite A, dysentrie... pas très plaisant, mais le jeu en vaut la chandelle puisque nous allons en Namibie.

Il a également fallu changer de l'argent. Impossible de changer des euros en dollars namibiens (photo de gauche) en France. Du coup, nous partons avec des rands sud africains. Les deux monnaies ont cours dans le pays et ont une valeur équivalente. Elles sont accepté partout à l'intérieur des frontières.

Le 9 juillet, à l'aéroport de Francfort, où nous étions en transit, nous avions un peu l'impression de partir sur la lune. Après 1 H 15 de vol depuis Paris, nous sommes donc arrivés en Allemagne, où comme à son habitude notre fils fait une poussée de fièvre. Me voilà donc parti dans l'aéroport à la recherche d'une pharmacie pour acheter du doliprane. Notre avion pour Windhoek décolle vers 20 H pour nous mener à bon port à 5 h 45 heure locale, soit 6 h 45 en France.

Lorsque nous arrivons chez notre loueur de véhicule, nous nous apercevons que la voiture qui nous est réservée a des plaques sud africaines. Elle ne peut officiellement traverser les frontières . Impossible sans autorisation de rouler en Namibie. Nous devons attendre 12 heures pour que l'on nous trouve une solution. Durant ce laps de temps, on nous offre café, gâteaux et l'on nous explique la conduite en Namibie en nous montrant notamment les routes et les pistes les plus accidentogènes.. Finalement, on nous change de voiture et on nous prête un Nissan X trail.

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Dès la sortie de l'aéroport, le dépaysement est total puisque nous croisons babouins, springboks et phacochères. Nous commençons par nous rendre à Windhoek où nous faisons quelques courses au supermarché dans lequel nous déjeunons. Nous achetons notamment de grosses bonbonnes d'eau potable de 5 litres avant de prendre la route du Kalahari.

Nous nous arrêtons prendre le goûter le long de la route. Le voyage en avion a quand même été fatigant

Un peu avant Hardap, nous quittons la route asphaltée pour prendre une piste.

La terre devient plus rouge et c'est tout de suite une profusion d'animaux dont les traces se dessinent dans la terre meuble où nos pas s'enfoncent. sur les bas côté, nous croisons des springboks et des antilopes élands.

Le Kalahari dispose d'une végétation trop abondante pour qu'il soit qualifié de désert bien que le climat y soit aride et qu'il n'existe pas de point d'eau permanent en ce lieu. Pour notre part, nous avons admiré la dextérité de certains oiseaux architectes dans la construction de leurs nids.

Au bout de la piste, nous parvenons au Bagatelle Kalahari game ranch : lieu enchanteur où nous allons résider.

Notre chalet au sommet de sa dune nous offre un vaste panorama sur la plaine et le point d'eau en contrebas, auquel les animaux viennent s'abreuver au coucher du soleil.

On resterait des heures à admirer ce paysage sous les derniers rayons du soleil couchant. Nous sommes comme projetés dans le film "Out of Africa".

Qui plus est, le confort n'est pas en reste et la terrasse fut fort appréciée. Par contre, nous ne nous sommes pas baignés dans notre petit piscine privative, dont l'eau était froide...

Le soir, de fut dîner aux chandelles, ou tout au moins à la lumière des lampes à pétrole. Le raps fut digne de ma soirée d'anniversaire, puisque nous fêtions justement le jour de ma naissance. Je n'aurais rêvé d'un meilleur cadre...

Le repas fut excellent et nous avons eu la visite d'un springbok qui semble avoir pris l'habitude de venir saluer les convives.

Nous avons ensuite profité de la belle nuit éclairée par le lune pour observer les étoiles.

Le lendemain au réveil, la magie de notre chalet et de sa vue opère toujours...

Ce premier lodge comble déjà nos espérances et place la barre très haut pour la suite du voyage.

Derrière le bâtiment principal, les écureuils du Cap semblent très affairés. Ce ne sont pas les seuls occupants des lieux.

Le lodge possède aussi 3 guépards et 1 oryx en captivité.

Le petit déjeuner est copieux et savoureux. La décoration du bâtiment est vraiment sympa.

Elle rend hommage au peuple San, chasseurs cueilleurs du Kalahari rendus célèbres par le film "Les Dieux sont tombés sur la tête".

En ce début de matinée nous ne sommes pas pressés de quitter notre location. nous faisons le tour du propriétaire et découvrons tous les petits espaces réservés aux locataires comme la bibliothèque en mezzanine qui ouvre sur l'extérieur. Ce lodge offre plein de coins sympas. Il y a également une terrasse extérieure avec une lunette astronomique qui permet d'admirer les étoiles.

Sur le chemin entre le logde principal et notre bungalow, nous croisons une antilope éland. La veille, en allant dîner, nous avions perçu une présence assez massive dans les buissons quasiment au même endroit. Dans la nuit, nous ne nous étions pas trop attardés, mais c'était sans doute le même animal.

Sur le parking, avant de repartir, quelques autruches viennent nous saluer. Nous saluons une dernière fois de loin notre chalet et reprenons la piste. C'est sous le regard vigilant des springboks que nous rejoignons le portail de la propriété.

A cet endroit, les autruches nous adressent un dernier au revoir.

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Nous prenons la route en direction du Sud. Un aigle nous survole. Le paysage est assez plat et monotone. Arrivés près de Keetmanshoop, ici où là, des monticules de pierres noircies font leur apparition. elles paraissent avoir été brûlées par une chaleur intense. Nous déposons nos affaires dans notre nouvelle location : une chambre d'hôte dans un quartier résidentiel de la ville puis nous reprenons la voiture en direction de l'Est, sur une piste qui nous mène à la Quiver Tree Forest.

Cette forêt est entièrement composée de kokerbooms : plante endémique du désert namibien.

Cet aloé a une écorce douce et souple dont les bushmen faisaient leur carquois.

Le nom de kokerboom vient d'ailleurs de cette utilisation de la plante. Koker signifie en effet "carquois" en afrikaan et boom : arbre. Cette plante pousse en général de manière isolée. Ici la concentration de kokerbooms au même endroit rend le site exceptionnel et lui confère une allure quasi lunaire.

Ces plantes ne donnent des fleurs jaunes que lorsqu'elles atteignent 30 ou 40 ans. Celles que nous avons pu observer avaient jusqu'à 400 ans d'âge !

Une colonie de damans des rochers s'est installée au pied des arbres. Ces animaux très sociables aiment vivre dans les affleurements rocheux. Végétariens, ils passent la majeure partie de leur temps à se prélasser au soleil et à jouer avec leurs congénères. Ils sont génétiquement proches des éléphants...

Ce ne sont pas les seuls à profiter de ce cadre exceptionnel.

Nous prenons notre temps au sein de cette forêt un peu particulière avant de reprendre la route.

Nous tentons d'aller observer des empreintes de dinosaures à partir de Mesausorus camp, mais il faut encore compter une bonne heure de route en 4*4 pour atteindre le site et la dernière expédition touristique de la journée est déjà partie. Nous rebroussons donc chemin et sur le retour, nous passons devant les blocs rocheux du giant playground.

Le lieu doit son nom aux empilements rocheux que l'on trouve sur cette vaste plaine. En fait, ce sont les variations thermiques qui font éclater la roche en donnant au lieu cet aspect si particulier.

Nous rejoignons en soirée notre location à Keetmanshoop. nous sommes arrivés trop tard en ville pour faire des courses. Nous dinons donc sur la table de la terrasse de notre location avec les restes de notre pique nique du midi.

Nous logeons à la Guesserts guest house, au coeur de la 13ème rue de Keetmanshoop. Cette location est moins luxueuse que la précédente, cependant tout le confort est là et l'accueil est chaleureux, voire pince sans rire. A notre arrivée, le propriétaire fait mine de ne pas avoir enregistré notre location et d'être complet, avant de m'avouer qu'il me fait une blague.

En ce début de matinée, nous partons faire les courses pendant que deux hommes gardent notre voiture. en échange, ils nous ont demandé de leur acheter du pain et du lait pour leur famille.

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Nous voilà repartis plein sud. nous passons au dessus de la fish river : une des très rares rivières à être encore en eau en cette saison, même si le niveau est très bas.

Nous avons hésité à nous rendre sur les lieux les plus visités du fish river canyon : dans sa partie Est, mais notre logement est à l'Ouest de ce dernier et cela nous faisait trop de route. Nous poursuivons donc notre chemin avant de quitter l'asphalte pour une piste qui va toujours plus au sud. C'est parti pour 100 kilomètres de sentier sans croiser personne. Il faut penser à faire le plein avant de s'engager !

Nous déjeunons à l'ombre d'un acacia.

Les paysages désertiques invitent à la contemplation. Peu à peu, des escarpement apparaissent à l'horizon et nous commençons à prendre un peu de hauteur.

Le désert nous dévoile ses palettes de couleurs en passant du jaune au rouge en déclinant toutes les teintes d'ocre. Nous prenons ensuite une toute petite piste sur la gauche, moins roulante mais qui doit nous conduire à notre hébergement.

Ici ou là, nous croisons quelques autruches et des springboks, mais quelle impression de solitude !

Sur l'horizon se découpent des montagnes et nous apercevons quelques bâtiments au loin, sur une hauteur.

Nous voici arrivés au fish river lodge...

Cet endroit magnifique nous accueille avec le verre de bienvenue. On nous explique ensuite les restrictions d'eau et d'électricité : et oui, nous sommes dans le désert. On nous donne aussi des bouchons d'oreille contre le bruit du vent et une lampe torche pour nous déplacer la nuit. Le lodge est construit en bois et en pierre et ne dénature pas l'environnement. Depuis la terrasse de notre pavillon perché au bord du canyon , quelle vue !

Nous prenons le the sur la terrasse du bungalow.

Tout cela est trop tentant. Nous allons explorer le canyon sous les feux du soleil couchant.

Nous voici dans un univers essentiellement minéral, où quelques kokerbooms semblent s'être perdus. Passer une nuit sur la lune ne nous aurait pas beaucoup plus dépaysés.

Il y a peu d'endroit où j'ai senti avec autant d'intensité la densité d'un silence. C'est tout juste si de temps en temps l'on perçoit le chant d'un oiseau.

Nous restons dans le contemplation du canyon jusqu'à ce que le soleil se couche derrière la ligne d'horizon et c'est à la lumière de la lampe torche que nous rentrons au lodge où nous attend un délicieux dîner.

Au menu ce soir là : une délicieuse soupe à base de céréales, des médaillons d'oryx et un pudding du Capau brandy avec sa crème anglaise. Nous apprécions aussi les feux allumés dans les deux grandes cheminées du lodge. Les nuits sont en effet fraîches en cette saison, avec des températures qui peuvent descendre à 3° le nuit. Nous rentrons ensuite à notre pavillon alors que le vent se lève. Il sera assez violent toute la nuit et au petit matin : plus de vent ! L'aube sur le canyon est enchanteresse.

Nous resterions des heures à regarder le soleil illuminer progressivement le sommet du canyon, puis descendre au creux de la majestueuse vallée, mais une nouvelle journée nous attend, alors nous rentrons prendre le petit déjeuner.

Le Fish river canyon est le plus grand d'Afrique et le second au monde par la taille derrière celui des Etats Unis. Une légende San veut qu'il fusse creusé par l'ondoiement du serpent Kountein Kooru, alors qu'il était poursuivi dans le désert par des chasseurs. Son histoire géologique est bien évidemment très différente, mais la légende est belle.

Cet endroit nous laissera un souvenir inoubliable. avant de partir, nous retirons nos paquets de pique nique pour lesquels la veille, le personnel du lodge nous avait indiqué ne pas être certain d'avoir assez de provision pour nous en faire... La ville la plus proche est à plusieurs dizaines de kilomètres mais heureusement, il y avait finalement de quoi faire.

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Nous reprenons la piste qui doit nous mener à quelques kilomètres de la frontière de l'Afrique du Sud, en longeant les sommets érodés par des millénaires de vent.

Sur la piste en direction de Witpûtz, nous ne croisons personne à part quelques autruches, un joli dik dik et une femelle koudou, qui nous regarde nonchalamment avec un brin d'herbe dans le bec, avant de disparaître d'un bond derrière la crête. Nous passons devant une bergerie de laquelle sort en courant une petite fille d'environ deux ans pour faire de grands coucous à la voiture. Elle ne doit pas voir souvent des gens passer sur cette piste.

Nous remontons ensuite vers le §Nord en longeant le plateau du Huich Hoch et ses crêtes dentelées. Ici ou là, un arbre joue au dernier résistant dans un paysage qui a tout du désert.

Ils ont quelque chose d'attachant ces arbres , tout comme ces paysages qui prennent des airs de gâteaux marbrés au chocolat. sur la route , nous passons devant un table de pique nique au milieu de nulle part. Nous en profitons pour faire la pause.

Les seuls être vivants que nous apercevons sont une troupe de babouins à la recherche de nourriture ou quelques zèbres de Hartman, plus robustes que leurs congénères des savanes. Au fur et à masure de notre progression, le sable devient plus prépondérant et nous offre toute sa palette d'ocres.

Un kokerboom nous lance un message au loin : "je suis le dernier arbre aux confins du désert, l'ultime représentant de mon espéce ! Voyageur, te voilà aux portes du Namib..."

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Dans ces paysages à la Bagdad café, une petite ritournelle me revient en tête : "a desert road to nowhere..." Nous sommes à Klein Aus Vista, bout de germanie perdu dans les sables. Passée la réception d enotre lodge, il nous reste 7 kilomètres de piste à faire sur laquelle nous croisons des oryx et des chevaux sauvages. Nous logeons au moutain view, sur le lieu dit Eagle's nest. Effectivement, en soirée, nous apercevons deux aigles qui survolent la plaine.

Pas de doute, nous allons être très bien dans notre petit logement au pied de la montagne.

Nous profitons de la soirée pour aller nous promener aux abords de notre location, sur la vaste plaine aux portes du désert.

Au coucher du soleil, on peut y observer des oryx. Ceux là même qui détalent dans la lumière des phares quand nous nous rendons au restaurant du lodge en voiture. La nuit, les cieux se parent de mille étoiles.

Nous profitons du réseau dans la salle du restaurant pour envoyer quelques messages.

Le lendemain matin, les dunes ^prennent des teintes qui tirent sur le rose.

Le lodge principal, comme tous ceux que nous avons fait en Namibie offre un grand confort. Dommage que la piscine ne soit pas chauffée, l'eau est trop froide pour nous.

La décoration rappelle les spécificités du lieu : l'exploitation des mines de diamants qui ont fait les beaux jours de la région et ces chevaux sauvages que l'on peut observer près de Klein Aus Vista.

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A Klein Aus Vista, nous sommes aux portes du plus vieux désert du monde. quelques mots sur cet espace naturel unique en son genre...

Le Namib s'étend sur plus de 1500 kilomètres. Il date de plus de 80 millions d'années. Il est dû à un courant froid qui remonte de l'Antarctique (le Benguela) qui refroidit les masses d'air. Lorsque ces dernières parviennent au-dessus des terres continentales, elles se réchauffent et se dilatent, ce qui les empêche de libérer leur humidité.

Notre destination du jour est Lüderitz, sur la côté Atlantique. Mais pour atteindre ce but, il nous faut traverser le désert d'Est en Ouest. Comme souvent dans cette région, les entrées maritimes ont formé un voile de nuage à l'horizon. Des nuages au dessus du désert !

Les paysages ainsi formés par les jeux de lumière ont quelque chose d'hypnotique. On ne se lasse pas d'admirer les crêtes aux mille couleurs qui se détachent sur un espace infini.

Peu avant d'arriver à Lüderitz, nous apercevons Kolmanshop : ce village autrefois prospère du temps de l'exploitation diamantifère comprenait un casino, un bowling, un cinéma. Il a commencé à être abandonné après la seconde guerre mondiale quand des filons plus riches ont été découverts. C'est aujourd'hui un village fantôme peu à peu englouti par le désert.

En arrivant à Lüderitz, on pourrait penser que la ville se veut hollywoodienne. En fait son architecture est d'architecture germanique. elle a également fondé sa prospérité sur le commerce des gemmes. La ville fut fondée par Adolf Lüderitz, marchand de Brême qui conclut un traité avec le chef Nama Joseph Fredericks, lui autorisant la prise en possession des terres.

C'est sur ses recommandations, après la première découverte de diamants que le chancelier Bismarck mis le sud Ouest africain sous protectorat allemand.

Lüderitz est cependant avant tout un port et il n'y a pas pour nous de quoi nous attarder longtemps. Nous reprenons donc la voiture et quittons la ville

Nous passons devant une école où les enfants sont tous en uniforme.

Puis nous passons devant des marais salants où de flamants roses viennent chercher leur nourriture. Nous arrivons ensuite à Grosse Bucht : la grande baie, où la mer rencontre le désert.

C'est assis sur les rochers, en observant les otaries jouer dans les vagues que nous pique niquons, nez au vent et jumelles rivées sur les yeux. Après avoir respiré la poussière du désert, l'iode nous fait le plus grand bien.

Après la pause, nous filons vers Diaz Point où un phare se dresse aux côtés de la croix érigée en ce lieu par la navigateur Bartolomeu Dias, lors de sa circumnavigation de l'Afrique. Il fut selon l'historiographie le premier à avoir réalisé cet exploit, même si nous savons aujourd'hui que durant l'antiquité d'aventureux navigateurs ont déjà probablement réalisé ce périple. Nous passons auparavant devant une lagune où les flamants roses cherchent leur nourriture.

Le phare domine la pointe ainsi qu'un promontoire rocheux d'où nous avons observé cormorans et phoques et écouté leurs chants.

Encore quelques flamants roses dans la baie, mais il est temps pour nous d'entamer notre traversée du désert pour retourner sur Aus.

Le jeu des lumières du soir au travers des nuages nous offre un spectacle inoubliable.

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A 20 kilomètres de Klein Aus Vista, nous prenons une piste sur la gauche en direction de Garub hole.

Il s'agit d'un point d'eau où viennent boire les chevaux sauvages. quand nous arrivons à destination : pas de chevaux... Nous ne tardons cependant pas à les voir longer la piste.

L'origine de ces chevaux reste inconnue/ Il s'agirait selon les hypothèses de descendants des chevaux importés par les allemands ou de ceux importés par les pionniers se rendant au nord du fleuve Orange. Une autre hypothèse veut que ce soient les descendant des chevaux du baron Hans Heinrich Von Wolf, ancien propriétaire de Duwisib Castle. Ces animaux se sont adaptés au désert puisqu'il peuvent ne pas boire pendant 5 jours.

Le soir, de retour dans notre lodge, il fait froid et nous allumons un feu dans la cheminée de notre nid d'aigle pour nous réchauffer et illuminer nos songes.

Au petit matin, nous ravivons les braises. Il fait frisquet sur la montagne et le givre couvre les dunes.

une fois le petit déjeuner pris, nous quittons les chevaux sauvages venus nous saluer et nous commençons une étape de plus de 300 kilomètres de piste. Nous nous dirigeons vers Helmein Hausen.

Ici où là, quelques collines ocres égayent le paysage.

Nous passons ensuite par des plaines aux herbes blondes d'où émergent des amas rocheux noircis par le soleil. Vient ensuite une piste qui longe un haut plateau : le Nanania.

Notre tentative de pique nique s'achève dans la voiture : trop de vent !

Grootfontein passé, nous bifurquons vers l'Ouest et la routé s'élève jusqu'à la Zarishoogte pass. La route descend ensuite dans une vallée encaissée bordée de crêtes aux terres noires. Nous sommes dans la Tsarisberge.

Plus loin, le sable fait son retour. Ici, sous l'effet de l'oxydation, il prend toutes les teintes allant de l'ocre au rouge.

Nous n'allons pas tarder à arriver à un nouvel endroit de légende...

Nous finissons notre trajet sur une piste peu roulante, couverte de sable, sur laquelle nous avons l'impression de surfer avec la voiture sous le regard des oryx qui nous observent de loin. Nous arrivons enfin à Sesriem.

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Notre nouveau lodge se dévoile sous les rayons du soleil couchant.

Sitôt nos bagages déposés, nous grimpons dans la tour d'observation du lodge pour prendre un peu de hauteur et admirer le rose s'emparer des montagnes.

Nous parcourons ensuite les espaces collectifs du loge.

Muni d'une cosse de graines d'acacia pour déguisement, Maël nous chante son amour de l'Afrique.

De l'extérieur, les bungalows du lodge ressemblent à des tentes plantées dans le désert. Ils sont pourtant en dur et offrent tout le confort, y compris une grande baignoire pour ceux qui veulent jouer les sirènes.

Le soir, nous dînons sur la terrasse. Les nuits sont fraîches, les serveurs distribuent donc des couvertures pour se couvrir. Le buffet est dément, avec des emplacements où on nous fait cuire des viandes locales : springbok, oryx, autruche, impala... On trouve aussi du poisson comme des soles. Sur un autre emplacement on nous prépare des légumes et nous avons le choix entre une bonne dizaine de desserts.

Le lendemain, nous déjeunons de bon matin et prenons la route du canyon : 60 kilomètres au milieu des dunes.

Les feux du soleil levant embrasent les paysages. Nous passons devant la dune 45 et poursuivons jusqu'à la fin de la route où nous garons notre voiture pour prendre un gros 4*4 de safari qui fait la navette jusqu'à Sossus Vlei.

Les bosses de la piste nous font décoller de nos sièges, au grand bonheur de Maël.

Arrivés sur le site, nous commençons l'ascension de la dune appelée "big daddy".

A notre droite s'étend le Dead Vlei et à notre gauche le Sossus Vlei. Les Vlei sont des étendues d'eau asséchées. Le Sossus Vlei retrouve son eau de temps en temps en été, lors de la saison humide, lorsque la rivière Tsauchab charrie suffisamment d'eau. Il se transforme alors en lac bleu vert, qui attire les flamants roses. Le Dead Vlei est quant à lui définitivement asséché.

L'ascension de la dune est éprouvante, mais quelle vue ! Le contraste entre le sable rouge et le blanc du fond des Vlei est saisissant.

Les arbres morts du Dead Vlei ont entre 700 et 800 ans. En dépit de son nom qui signifie le marais mort, le Dead Vlei est aussi beau que le salar voisin.

Du haut de la dune, les gens se laissent glisser pour provoquer des vrombissements liés aux grains de sable qui roulent et que l'on appelle le chant des dunes.

Nous nous lançons à notre tour dans la pente malheureusement sans réussir à faire chanter la dune, mais qu'est ce que l'on a rit !

A l'arrivée, il ne faut pas oublier de vider le sable des chaussures. Nous voici sur le sol du Vlei, craquelé par la sècheresse.

Ce dernier nous offre également une merveilleuse aire de jeu. Les troncs des arbres morts donnent au lieu une ambiance teintée de nostalgie.

Après avoir observé les arbres du Dead Vlei, nous rentrons à notre lodge où une autre aventure nous attend.

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Nous voici donc de retour à notre lodge, où nous patientons en observant les pintades qui viennent picorer au pied des bungalow.

Nous pique niquons sur la terrasse de notre bungalow, puis nous nous rendons à l'adventure center du lodge, où Hermann, notre pilote d'hélicopère nous attend pour notre survol du désert. Nous choisissons de l'effectuer portières ouvertes pour ne rien manquer.

Nous survolons des dunes en parabole, dont le versant sous le vent est sans cesse remodelé. Elles s'étendent sur des milliers de kilomètres.

Nous passons au dessus de la montagne blanche et poursuivons toujours plus vers l'Ouest.

Nous ne pourrons atteindre la côté qui était notre destination initiale où nous devions observer les colonies d'otaries. En effet, un violent vent de sable s'est levé et nous décidons donc d'aller vers le Nord.

Du haut de l'hélicoptère, les arbres du Dead Vlei ressemblent à des aiguilles.

Nous faisons fuir les oryx sur la mer de dunes qui détalent en soulevant le sable du désert.

Notre pilote nous emmène ensuite vers les cercles des fées : petites aires circulaires sans végétation et aux dimensions relativement similaires, entourées par de petites herbes qui ressemblent à des fées réunies en cercle. Les légendes locales les attribuent aux traces de pas des Dieux pu aux souffles de dragons souterrains. On ne sait aujourd'hui expliquer ces phénomènes naturels que l'on trouve en Afrique australe et en Australie. Les scientifiques pensent que cela pourrait provenir d'un phénomène hydrotopique lié à la végétation.

Nous prenons enfin le cap du retour.

Nous survolons le canyon de Sesriem. Cette rivière ne transporte de l'eau que lors des rares averses sur les monts Naukluft. La sècheresse et la dureté des sols ne permettent pas à cette eau de pénétrer dans le sol et la rivière connaît alors des crues qui ont creusé ce canyon sur 30 mètres de profondeur par endroit.

Retour sur terre...

Le soir nous dînons sur la terrasse puis nous rentrons au bungalow où les employés ont enlacé les doudous de Maël sur son lit et ont glissé un bonbon au milieu.

C'est ainsi que s'achève ce premier carnet consacré aux grandes étendues du Sud de la Namibie. Dans un prochain carnet, nous irons à la mer et à la montagne...