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La Team MyAtlas

L'Angleterre des traditions

Quelques jours passés à visiter Oxford la studieuses, Stratford l'artiste et Bath la romaine.
Juillet 2015
7 jours
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11 juillet 2015, nous embarquons sur un ferry rapide en direction de Portsmouth. Notre horaire de départ étant de 12 H 45, nous profitons de la traversée pour nous restaurer un peu. Cette année nous avons décidé d'aller passer quelques jours de l'autre côté de la Manche, dans la partie Sud Ouest de l'Angleterre.

Après une traversée sans incident et un peu de route, nous arrivons sans encombre au village de Great Rissington, où nous avons loué le Old Sweet Shop : une ancienne confiserie transformée en maison de vacances.

La literie est peut être un peu inconfortable, mais le petit village est calme et idéalement situé pour nos excursions.

Nos affaires à peine déposées et rangées, nous allons découvrir notre nouvel endroit de villégiature, qui présente toutes les caractéristiques des petites villages des Cotswolds avec ses cottages en pierres blondes qui ont fait la réputation de la région.

L'église du village, avec sa petite tour saxonne semble tout droit sortie d'un téléfilm britannique.

Le village possède aussi son manoir, pas de doute, nous sommes bien en Angleterre...

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Pour notre première visite, nous nous rendons dans la ville d'Oxford. Nous sommes en dehors de la période universitaire, pourtant, la ville grouille de monde ; des jeunes notamment venus pour des classes d'été. Nous passons devant la tour de Carfax, vestige d'une église du XIIIème siècle avant d'atteindre Town Hall : bâtiment victorien qui abrite le musée de la ville.

Nous parvenons ensuite, par la rue Saint Aldate, à la Tom tower, qui marque l'entrée du prestigieux Christ Church College.

Un peu plus loin, une grille nous donne accès aux jardins du college, duquel nous avons une belle vue sur la cathédrale qui était à l'origine, l'église du prieuré Sainte Frideswide, patronne de la ville.

Nous parvenons ensuite devant le meadow building du college, construit en 1862 dans un style vénitien. Cet établissement de renom a donné plus de 13 premiers ministres à l'Angleterre.

A partir du college, une allée champêtre bordée d'arbre descend vers la rivière Cherwell.

Sur la rivière, s'entraînent des équipes d'avirons qui ont fait la renommée tant des collèges d'Oxford que de ceux de Cambridge qui s'affrontent annuellement dans une compétition sportive.

Nous poursuivons notre promenade le long d'un bras de la Cherwell sur lequel pagaient des groupes de jeunes dans des kayaks ou des canoës.

Un peu plus loin, un groupe de jeunes en tenue blanche jouent au cricket. Nous sommes dans la plus pure tradition...

Nous passons devant le jardin botanique de l'université fondé en 1621. Ce fut le premier jardin britannique dédié à l'étude des plantes. Nous arrivons ensuite devant le Magdalen college (prononcer Maudlin) fondé en 1448, reconnaissable à sa tour à clochetons. Parmi ses étudiants les plus célèbres, on compte Oscar Wilde, Julian Barnes, Peter Brooke ou encore le prix nobel de littérature : Seamus Heaney. Son parc, situé en bord de rivière accueille souvent des daims en hiver et au printemps.

En passant ensuite par Merton street, nous passons devant les grilles du college du même nom. C'est l'un des plus anciens de la ville puisqu'il date de 1264. Le célèbre théologien du XIIème siècle : John Duns Scot, dont le nom trahit les origines irlandaises y a enseigné.

Dans le prolongement, se trouve Corpus Christie, ancien séminaire, qui est sans doute le plus petit des établissements d'enseignement supérieur, mais qui a une bibliothèque célèbre. On y trouvait, du temps d'Erasme qui y fit un passage, des ouvrages en grec, latin et hébreux.

Plus loin, voici l'Oriel college dont la réputation fut construite par des hommes comme Cecil Rhodes, Thomas More ou encore Walter Raleigh.

il portait à sa fondation, le nom de collège de la sainte vierge Marie et une terre portant le nom d'Oriole lui fut donnée. Peu à peu, le collège pris ce nom.

Nous revenons ensuite dans high street, qui nous conduit tout droit à university college, où ont étudié Clement Attlee, Stephen Hawking ou Bill Clinton. Sa fondation date de 1249.

Plus loin, voici le Queen's college, qui fait face à Saint Hedmunds Hall, encore appelé Teddy Hall. C'est l'un des plus vieux collège de l'Angleterre. "Queen's", comme on l'appelle outre Manche, a été le lieu de tournage du film "La croisée des mondes - la boussole d'or".

au bout d'une impasse, un grand portail en bois donne accès à New college, qui malgré son nom a été fondé en 1379.

Nous passons ensuite sous le bridge of sights (le pont des soupirs). Non, nous ne sommes pas à Venise et force est de constater que ce pont ressemble plus au Riato qu'au pont des soupirs ; mais c'est ainsi qu'est surnommé le pont d'Hertford. Au débouché de la rue se trouve le Sheldonian Theatre, alors qu'à notre gauche, nous trouvons la Bodleian Library.

Avec son dôme vert, le Sheldonian est aisément identifiable. Il sert aujourd'hui à l'organisation de concerts ou pour des remises de diplômes.

Les bâtiments de la Bodleian Library paraissent quant à eux plus austères. Cette bibliothèque reçoit un exemplaire de chaque ouvrage publié au Royaume uni. Ce sont ainsi plus de 630 000 ouvrages qui y sont conservés, dont quelques manuscrits rares exposés dans divinity school : la plus ancienne salle de lecture de l'université.

De l'autre côté de la bibliothèque, on tombe sur le Radclife camera, bâtiment circulaire italianisant et un peu excentrique avec dôme et hublots. Il sert également de salle de lecture.

Il fait face au grand portail en bois de Brasenose college, fondé en 1509, qui possède l'un des plus prestigieux club d'aviron d'Oxford.. Plus loin, le regard porte sur l'église Sainte Marie.

Nous passons ensuite jeter un coup d'oeil aux derniers collèges situés auprès de la place et aux noms célèbres : All Souls, Balliol, Jesus college... Dans toute l'Europe, il n'existe rien de comparable à Oxford avec sa richesse architecturale et religieuse. Oxford, comme Cambridge repose sur une douce atmosphère : un mélange d'architecture médiévale et de flèches d'églises dominant d'anciens lieux d'érudition et de pelouses impeccables avec en arrière plan le bruissement de la rivière.

Cette douceur de vivre n'a cependant pas toujours été de mise. Lorsque les érudits anglais furent chassés de l'université de Paris, c'est à Oxford qu'ils furent accueillis, dans une résidence royale, sous la protection d'Henri II. Les collèges furent ainsi fondés par des organisations religieuses, sur le modèle d'un monastère, mais les étudiants avaient mauvaise réputation.

Le mémorial aux martyrs de St Gilles , dédié aux évêques protestants est un autre monument très connu de la ville.

Nous ne pouvons nous empêcher de revenir vers Christ Church.

Le lendemain, nous avons proposé à notre fils, qui avait 5 ans à l'époque de l'inscrire ici plutôt que dans son école maternelle pour l'année suivante, mais il n'était pas si emballé que cela à l'idée de devoir quitter sa famille.

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A force de voir les belles façades de ces prestigieux collèges, cela donne envie d'en visiter un alors autant se tourner vers l'un des plus grands : Christ Church.

Nous suivons notre guide dans les arcanes de ce lieu d'érudition.

Ici, tout respire les privilèges : seuls les anciens élèves ont le droit de fouler les pelouses...

la chapelle du college est aussi la cathédrale de la ville.

Le cloître, tout comme la cathédrale fait partie des restes de l'ancien prieuré de Saint Frideswide. L'olivier et la fontaine sont bien entendu des ajouts beaucoup plus récents.

Le grand escalier et le réfectoire ont beaucoup inspiré le réalisateur des Harry Potter.

Caroll Lewis a étudié, enseigné et vécu à Christ Church College et quand on regarde le détail des vitraux dans la salle du réfectoire, on comprend mieux où il a pu trouver l'inspiration pour certains personnages de son roman : "Alice au pays des merveilles". Le réfectoire est également décoré de peintures représentant les étudiants les plus illustres de l'établissement.

A l'extérieur, nous croisons quelques étudiants en uniforme.

Une visite du marché couvert vaut également le détour. fondé en 1774, il abritait à l'époque le marché aux bestiaux. aujourd'hui, de nombreux commerçants y sont installés.

La boutique d'un pâtissier attire le regard. Je ne suis pas certain que gustativement, ce soit à se rouler par terre, mais c'est esthétique...

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Le lendemain, nous sommes allés à Bath, ville sophistiquée et élégante à l'architecture géorgienne, qui connut son heure de gloire au XVIIème siècle.

La principale attraction reste les thermes romains situés juste à côté de la cathédrale. Selon la légende, la ville fut fondée en 850 avant JC, lorsque le roi Bladud, banni, fut devenu porcher après avoir contracté la lèpre. On observant ses porcs trouver du soulagement à se rouler dans les sources chaudes et boueuses, il les imita et guérit ainsi de sa maladie.

Les romains, quant à eux arrivèrent vers 44 après JC. A cette époque, les habitants utilisaient déjà les sources. Ils construisirent sur le site un temple dédié à Sulis Minerva vers 60-70, synthèse celto-romaine de la déesse de la guérison, auquel ils ajoutèrent les thermes et d'autres bâtiments dans les 300 années qui suivirent.Les vestiges restèrent enfouis jusqu'en 1880. Le bassin que l'on observe aujourd'hui à ciel ouvert était autrefois couvert par un toit. C'était un bassin chaud. Les statues datent du XIXème siècle. Elles représentent des empereurs et de gouverneurs de la province de Bretagne.

Le musée expose des maquettes et documents expliquant l'approvisionnement en eau et l'origine de la source thermale (la seule d'Angleterre). L'eau provient des précipitations tombées sur les collines de Mendip. Elle s'infiltre dans le sol calcaire, où la géothermie la réchauffe jusqu'à une température pouvant aller de 64 à 96° C. Sous la pression, elle remonte vers la surface, où elle est libérée à une température de 46 ° C. L'exposition montre aussi les canaux taillés dans la roche et l'état probable du site à son apogée.

Dans la vie des romains, les thermes sont un lieu de vie sociale où l'on vient discuter, prier, commercer et bien entendu, entretenir son corps au travers des massages et des ablutions.. On se lavait avec de l'huile d'olive en guise de savon.

Le fronton du temple a était orné d'une gorgone. Il a été reconstitué pour le plus grand plaisir des amateurs d'antiquités.

Au sein du musée sont également exposés un certain nombre d'artefacts, retrouvés lors des fouilles.

D'autres ustensiles de la vie quotidienne sont également exposés, que ce soient des bijoux, de amphores ou encore des terracota dont l'un est orné de dessins de gladiateurs qui rappellent que ces derniers étaient également présents aux thermes, pour distraire les personnes venues profiter des sources. Plus de 17 000 pièces de monnaies romaines ont été trouvées sur le site. La figure féminine sur cette photo représente la déesse Luna qui ornait la façade des quatre saisons. Cette façade est celle d'un bâtiment dont le rôle reste incertain. Peut-être est-ce le lieu où les pélerins pouvaient passer la nuit ?

Nous voici dans ce qui fut autrefois la cour du temple. Lors des fouilles, les archéologues ont trouvé une tête en bronze représentant Sulis Minerva. La statue se trouvait probablement au sein du temple, à proximité de la source. Par une fenêtre, nous apercevons l'endroit où la source débouche.

La source sacrée est au coeur du site. C'est là que les pélerins venaient jeter des objets de valeur comme les pièces exposées ou encore des bijoux. Des prières gravées sur différents supports pouvaient également être jetés dans les eaux.

A l'époque romaine, on pensait que les émanations de gaz qui remontaient à la surface était le souffle de la déesse. Différentes parties de l'exposition expliquent les méthodes de construction du temple et permettent d'appréhender les matériaux utilisés comme les briques entre lesquelles étaient aménagés des espaces de circulation pour laisser passer l'air chaud, ou les canalisations construites en pierre ou en métal.

Retour ensuite au grand bain central alimenté en eaux chaudes. Autrefois, des bancs et des tables étaient installés autour de ce bassin, où les baigneurs pouvaient venir prendre une collation. Des personnes costumées à la mode de l'époque nous permettent de replonger dans cet art de vivre à la romaine. Avec son toit culminant à 40 mètres de hauteur, ce bâtiment était souvent pour les visiteurs le plus grand qu'ils aient jamais vu. C'est aussi par cette démesure architecturale que la grandeur de Rome s'exprimait dans les provinces de l'Empire.


Les thermes comprenaient des successions de pièces chaudes et de pièces froides, pour les homme et pour les femmes. Les pièces chaudes étaient construites selon la technique de l'hypocauste : un four était alimenté par des esclaves pour produire de la chaleur qui circulait sous le sol. On voit encore les piles construites pour permettre à l'air chaud de circuler sous les dallages.

La particularité de Bath est d'avoir une pièce où circulait uniquement de l'air très chaud. Cette pièce devait jouer le rôle d'un sauna et elle se trouvait dans la partie Est des thermes.

La partie Ouest des thermes a été dans un second temps équipée d'une même pièce chaude, sans doute pour l'usage séparé des hommes et des femmes., C'est aussi dans cette partie qu'on été le mieux conservés les piliers de l'hypocauste.

En tout cas, une chose est certaine, les britanniques savent développer des visités pédagogiques pour les plus jeunes. Notre fils de 5 ans a eu un audioguide et un circuit spécialement préparé pour les enfants et il est resté concentré durant toute la visite.

Nous ressortons par le restaurant de luxe de l'établissement thermal où l'on peut venir prendre son thé tout en écoutant des musiciens jouer des airs de musique classique. Pour moi, cette visite, sans mauvais jeu de mots, est un retour aux sources puisque j'avais déjà visité les thermes lors d'un voyage scolaire lorsque j'étais en 5ème au collège, cela fait 30 ans...

La pluie qui tombe ne nous empêche pas d'aller visiter un peu la ville. Nous passons devant Bath Abbey et nous longeons l'Avon, au bord duquel un jardin nous rappelle que Bath est aussi une ville de Rugby, avec un parterre de fleurs en forme de ballon ovale. Nous arrivons ensuite devant guidehall puis au Pultney bridge, sur lequel sont installées d'étroites boutiques en rang d'oignon.

Plus loin, les façades en arc de cercle de Royal crescent sont devenues un emblême de l'architecture géorgienne. Ces majestueuses façades de 30 maisons ont été construites entre 1760et 1770. Elles sont rythmées par 114 colonnes ioniques s'élevant au premier étage de la balustrade. Ce sera notre dernière vision de la ville de Bath...

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Nous voici maintenant sous un ciel toujours gris et pluvieux dans la seconde ville la plus visitée d'Angleterre, j'ai nommé : Stratford upon Avon. La ville possède de nombreuses maisons à pan de bois qui pour la plupart datent du XVIème siècle.

Stratford est renommée pour être la ville natale de Shakespeare.

On y visite encore sa maison bâtie dans le style Tudor à colombages

La maison a longtemps été divisée en deux, mais aujourd'hui elle n'en forme plus qu'une. En 1842, après avoir longtemps servi de pub, elle fut rachetée par l'Etat. Le jardin est planté d'essences mentionnées dans l'oeuvre du grand dramaturge. C'est en fait son père : John Shakespeare, issu d'une famille de fermiers qui l'a acquise et s'y est installé comme gantier avec son épouse. Ses affaires prospérèrent et il cumula cette activité avec celle de négociant en laine et maïs. Devenu notable, il pu intégrer le conseil municipal avant de devenir bailli. William est né en 1564. Il était le troisième des 8 enfants du couple.

En 1582, après avoir reçu une solide éducation, William épouse Anne Hataway, de 8 ans son aînée.

Anne est enceinte de leur fille Susanna. Le couple aura des jumeaux deux ans plus tard. Cela ne l'empêche pas de quitter femme et enfants pour se rendre à Londres. Quand s'est-il tourné vers le théâtre ? Nul ne le sait, mais en 1592, il est déjà connu comme acteur et dramaturge. A partir de 1594, il est le principal dramaturge de la compagnie des comédiens de Lord Chamberlain.

En 1597, enrichi, il revient à Stratford et investit dans l'immobilier. Il lèguera une fortune considérable à ses héritiers en 1616.

Dans les jardins de la maison, des comédiens rejouent des scènes célèbres de ses pièces : Roméo et Juliette, songe d'une nuit d'été, Othello, Hamlet, le roi Lear...

Passée cette visite, nous reprenons le chemin du centre ville si charmant. dommage que le temps soit pluvieux.

Nous arrivons devant la Harvard house: maison à colombages datant de 1596. Elle appartenait à la mère de John Harvard, pasteur protestant philanthrope, qui après avoir émigré en Amérique, a fondé la célèbre université qui porte son nom. Sa maison est typique du style Tudor.

Dans un style très différent de celui de Bath ou d'Oxford, la ville de Stratford a également beaucoup d'atouts. Les touristes viennent principalement pour parcourir ses circuits historiques.

Un peu plus loin, sur Old Town se trouve Hall's Croft, demeure de Susanna, la fille de Shakespeare, qui se maria avec John Hall : un médecin.

La maison renferme du mobilier d'époque et des notes prises par le médecin sur ses patients.

Là aussi, les jardins sont plutôt sympas.

Surplombant l'Avon, voici l'église de Holly Trinity qui abrite la tombe de Shakespeare, de sa fille, de son gendre et de son épouse. La tombe du grand homme est assez sobre.

Dans la ville, des photos des représentations de ses oeuvres restées célèbres sont exposées sur les murs comme ce "Roméo et Juliette" ou encore ce "Roi Lear".

Pour notre part, nous descendons sur les bords de l'Avon, sur laquelle naviguent nonchalamment quelques péniches d'habitation typiques du coin. Elles ont pour caractéristique d'être minuscules tant en longueur qu'en largeur par rapport aux monstres que l'on voit naviguer sur la Seine.

Tea time approchant, nous nous rendons au salon de thé du Royal Shakespeare Theatre où la royal Shakespeare Company donne des représentations des pièces du célèbre auteur.

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Pour notre dernière étape, nous voici devant la château de Warwick, forteresse qui a plus de 11 siècles d'histoire, située au bord de la rivière Avon, sur un site initialement fortifié par Guillaume le Conquérant en 1068.

L'entrée des châteaux était un endroit tactiquement sensible puisque soumis, plus que tout autre aux assauts des ennemis. A Warwick, cette dernière a été fortifiée pour que les défenseurs puissent lancer sur les assaillants flèches et liquides bouillants. C'est dans cette partie du château que vivait le capitaine de la garnison. Il pouvait ainsi surveiller les troupes dans la cour ou les ennemis à l'extérieur.

Le site conserve la mémoire de la guerre des deux roses qui a opposé la maison d'York à celle de Lancaster pour le gain de la couronne. C'est à cette époque que Richard de Neville, époux d'Anne de Beauchamp a été fait comte de Warwick. Il fut surnommé le faiseur de rois. En effet, face à la dilution du pouvoir, ce dernier est parvenu à faire monter sur le trône le prétendant de la maison d'York dont il défendait les prétentions, avant de comploter pour la destitution de ce dernier au profit de son frère : le duc de Clarence.

Après un exil en France, le faiseur de rois change ses alliances et revient en Angleterre pour restaurer sur le trône la maison de Lancaster en la personne d'Henri, qu'il avait battu à la bataille de St Albans, aux côtés d'Edward. Pour notre part, après nous être restaurés dans un resto installé dans une des salles du château, nous allons assister à un spectacle de fauconnerie.

Une fois le spectacle passé, nous allons rendre visite aux artistes dans leurs loges.

En bord de rivière, est installé un trébuchet : pièce d'artillerie du Moyen Age. Cette machine de siège, avec son système de contre-poids, permettait d'envoyer des boulets en pierre contre les murs adverses. Malheureusement, le jour de notre visite, ce dernier était en réfection et nous n'avons pu assister à un tir.

Plus loin, deux acteurs nous content l'histoire du château de Ethelfleda, fille d'Alfred le Grand, roi de Mercie, à Richard Neville, faiseur de rois. Les scènettes mêlent théâtre et chant et notre fils a beaucoup apprécié même s'il ne maîtrise pas la langue anglaise. Il faut dire que ces deux acteurs avaient des visages très expressifs.

Its's tea time. Nous nous arrêtons donc au conservatoire. Ce bâtiment a été construit à l'origine pour être l'écrin d'un vase romain conservé au château de Warwick. Aujourd'hui le vase n'est plus là et le conservatoire sert de salon de thé. A force de nourrir le paon avec des miettes de pain, notre fils s'est fait un ami...

La légende locale veut également qu'un ours ait été élevé au sein du château, dans une tour appelée tour de l'ours et qu'il ait été utilisé dans les spectacles et les tournois. C'est près de cette tour que se situaient les puits et les fours qui permettaient de s'approvisionner en eau et de cuire les aliments en cas de siège.

Nous passons près du mont : première fortification édifiée sur le site par les normands et pénétrons dans le château. Le grand hall abrite la collection d'armes du comte, constituée essentiellement au XIXème siècle.

Nous traversons ensuite des salles où des mannequins en cire nous font revivre l'ambiance du XIXème siècle. Nous commençons par la salle de musique, où se réunissaient les femmes ; puis le fumoir où des hommes jouent aux cartes, avant d'accéder à la bibliothèque où des hommes discutent sans aucun doute de la grandeur de l'Empire.

Alors que les pièces du bas sont celles où vivent les aristocrates, les pièces du haut grouillent de l'activité des domestiques.

L'ensemble de ces scènes sont inspirées d'un week-end organisé en 1898, dont le principal invité était le prince de Galles, le futur Edouard VII.

Le décors sont très réalistes et l'on se croirait volontiers revenus quelques siècles en arrière ou plongés dans une scène des "Vestiges du jour".

Nous quittons ensuite le château et longeons la muraille extérieure, où un camp itinérant du Moyen age a été installé.

En passant près de la rivière, nous découvrons la roue du moulin du château.

Nous terminons cette visite du château de Warwick par la roseraie. Cette dernière fut créée à la demande la quatrième comtesse, avant d'être remplacée par un court de tennis par le 7ème comte, qui eu une courte carrière cinématographique, mais qui accueillait de temps en temps des amis d'Hollywood. Il joua notamment en 1938 dans 'La patrouille de l'aube", aux côtés de David Niven et d'Errol Flynn. La roseraie fut restaurée par le groupe Tussaud sur la base des plans d'origine quand il racheta le château et y installa ses mannequins en cire.