Namibie : l'opéra sauvage

Poursuite du voyage en Namibie avec cette fois la découverte du nord du pays et ses réserves.
Juillet 2017
4 semaines
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Nous quittons Swakopmund et remontons vers le nord le long de la côté. Cette dernière est appelée la Skeleton coast en raison des nombreuses épaves de navires poussés par les courants marins et venus s'échouer définitivement en cet endroit. C'est par exemple le cas de ce bateau venu d'Angola et qui s'est échoué ici il y a 8 ans.

Il fait 13° le long de la côté, mais nous ne tardons pars à entrer dans les terres où la température se réchauffe. Nous déjeunons le midi au bord d'une retenue d'eau où l'on peut observer quelques oiseaux.

Nous passons entre le Spitzkoppe et le Brandberg avant d'atteindre notre nouvelle destination : le Huab lodge en soirée.

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Nous avions hésité à faire un détour dans le massif du Brandberg pour aller voir la white lady : une célèbre peinture rupestre, mais l'étape étant longue, nous avons finalement abandonné ce projet pour nous rendre directement au lodge.

Arrivés au lodge, nous sommes accueillis par un couple de blancs qui sont employés ici. Les valises à peine sorties du coffre, un autre employé se met à laver la voiture. Je m'en étonne, mais on me dit que cela est compris dans les prestations.

Le lodge possède ses propres sources d'eau chaude aux caractéristiques thérapeutiques, ainsi qu'une piscine. Le lodge est entourée d'une vaste zone de savane.

Le dîner se prend à la grande table commune. Le propriétaire : véritable patriarche, préside en bout de tablée et donne au tout une rigueur toute germanique : les enfants vont se servir en premier, puis les femmes et enfin les hommes. Ce dîner nous aura laissé un souvenir étrange : nous avons eu droit avant de manger au discours du propriétaire dans lequel il fit plusieurs fois référence à notre fils et nous avons dû faire la conversation avec les autres hôtes dont une famille d'espagnols, qui heureusement parlaient bien l'anglais et un peu le français. Le lendemain, nous faisons une petite photo sur le trône du chef avant de quitter Huab Lodge.

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Nous revenons un peu en arrière pour aller sur Twyfelfontein. En chemin, nous nous arrêtons pour visiter le site d'une forêt pétrifiée. Le guide nous montre d'abord une welwitschia : cette plante, emblématique de la Namibie a une racine qui plonge à plus de 30 mètres dans le sol. La rosée s'accumule sur ses feuilles où elle forme des gouttes qui roulent ensuite sur ces feuilles et tombent vers le centre. Cette plante peut vivre plus de 1000 ans.

Les arbres de la forêt pétrifiée ont poussé au centre de l'Afrique, à l'époque du Gondwana. Ils ont été déposés en cet endroit par des fleuves en crue qui se sont asséchés.

L'époque glaciaire qui a suivi a déposé des tonnes de roches et de glace et peu à peu les minéraux ont pénétré dans le bois. Les troncs de ces épineux se sont alors transformés en pierre que les variations climatiques font éclater. On voit encore les cernes du bois sur certains morceaux. Parfois, les cristaux de roche forment des agathes sur le bois.

Notre guide nous monter ensuite un arbuste dont la pulpe mentholée est utilisée par les femmes San pour fabriquer du parfum. Le lait extrait d'une autre plante servait à enduire les flèches avant d'aller chasser. Cette sève est un puissant coagulant qui paralyse le coeur quand il passe dans le sang.

Nous reprenons ensuite la route de Twyfelfointein.

L'endroit a été occupé par une ferme jusque dans les années 40.

Dans les années 20, des gravures rupestres datant d'il y a 6 000 ans ont été découvertes. Ce sont les plus vastes fresques d'Afrique. Elles représentent des empreintes de pas d'hommes (les signatures de l'époque) et des représentations d'animaux comme des girafes qui avaient sans doute une fonction cultuelle chez les San, en lien avec la pluie. Ce peuple pensait que les girafes, par leur taille, faisaient le lien entre le terre et les Dieux et permettaient d'apporter la pluie.

On trouve aussi des gravures d'animaux aujourd'hui disparus ou présents dans des régions assez éloignées comme celle en haut à gauche représentant une otarie. Cette dernière signifie soit que le trait de côté s'est modifié depuis cette époque, soit que les Sans, peuple nomade se rendait sur la côte pour chasser les oiseaux marins ou pour trouver le sel nécessaire à leur alimentation.

D'autres gravures représentaient une sorte de carte de la région répertoriant les points d'eau. Elles servaient à répertorier les lieux de chasse et à les enseigner aux enfants. La faune est variée sur les rochers : lions, oryx, rhinocéros, éléphants ou encore autruches dont la viande était consommée, les plumes servaient à l'habillement et les oeufs à la nourriture ou au transport de l'eau. Les Sans évidaient l'oeuf en y creusant un petit trou, puis le remplissaient d'eau.

Cet endroit est assez magique. On touche du doigt les signaux que nous ont laissé les hommes d'un très lointain passé.

Peu avant Palm, le paysage reprend de la hauteur et les dunes font leur retour.

Nous sommes dans les paysages typiques du Damaraland avec ses plaines sèches et caillouteuses.

Nous poursuivons notre route en direction de la Grootberg Pass.

Là, nous laissons notre 4*4 au pied d'un escarpement rocheux et un pick up vient nous chercher avec nos bagages pour nous emmener vers notre nouveau lodge.

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Le Grootberg lodge domine la vallée du même nom.

C'est un lodge coopératif, géré par les habitants des villages des alentours. tous les revenus des locations leur reviennent pour entretenir les infrastructures du lodge et de ces mêmes villages : puits, éoliennes, clôtures... En arrivant, on nous dit qu'en raison de son jeune âge, notre fils ne pourra peut-être pas participer au safari que nous avons réservé le lendemain. Quelle déception pour lui, qui commence à pleurer ainsi que pour nous...

Les choses se sont finalement arrangées durant le dîner puisque notre guide vient nous indiquer qu'il pourra finalement venir. durant le repas, les serveuses et les cuisinières sortent tout à coup de la cuisine en chantant . Elles nous font tout un récital de chants traditionnels : quelle ambiance ! Le soir, nous allons nous coucher enchantés. Nous nous levons tôt le lendemain pour aller traquer les éléphants déserticoles.

Nous commençons par observer d'élégantes girafes avant de nous rendre à un point d'eau, où des éléphants ont été vus la veille.

Commence alors une véritable chasse haletante durant laquelle nous suivons les traces : arbustes cassés, excréments et traces de pas sont nos guides. Nous finissons par apercevoir les éléphants au loin, sur le sommet d'une colline. Nous nous approchons au maximum en pick up, puis poursuivons à pied sans faire de bruit puisque nous ne pouvons plus progresser en véhicule. Maël fatigue : il monte alternativement sur les épaules de notre guide et sur les miennes. Nous perdons, puis retrouvons la piste...

Nous finissons enfin par croiser la route des pachydermes. C'est un moment magique : ici, nous sommes en dehors de toute réserve et juste guidés par les villageois devenus experts pour lire les traces des animaux laissées dans le paysage. Nous vivons les émotions des chasseurs, mais nos armes sont justes des appareils photo.

En prenant un petit rafraîchissement à l'ombre d'un arbre, nos guides nous expliquent que ces éléphants se sont adaptés à cet univers aride. : ils sont plus grands que leurs congénères des savanes et ont des jambes plus épaisses pour franchir les obstacles d'un terrain accidenté. Ils ont enfin besoin de moins d'eau. nous terminons ce qui restera notre safari le plus exaltant par un pique nique sous un acacia.

Nous rentrons au lodge en croisant des zèbres de Hartman, et des springboks et nous sommes accueillis à notre logement par des damans des rochers.

Il nous reste à profiter d'une fin d'après-midi paisible.

Le lendemain, nous faisons route vers Etosha après avoir joué les transports sanitaires. Les employés du lodge nous ont en effet demandé si nous pouvions emmener une habitante du village avec sa fille de 9 mois au dispensaire situé dans le prochain village à environ 30 km. Nous voici donc partis avec Isabelle portant la petit fille enfiévrée dans ses bras pendant que sa mère monte en voiture à côté de moi.

Après les avoir déposées, nous arrivons au Gondwana Safari lodge , où père et fils s'achètent des chapeaux de brousse.

La terrasse du lodge donne sur la vaste plaine. . Ici, l'horizon est plat, ce qui nous change des paysages vus jusque là. Le soir, nous dînons sur cette vaste terrasse.

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Le lendemain, nous nous levons à 5 h 15 pour être à l'heure pour le début de notre safari qui doit débuter à 6 h 30. A 7 h 15 : toujours pas de guide. En fait, notre lodge a oublié notre réservation. du coup, on nous trouve un guide en urgence pour la journée et nous aurons droit à un safari privatif et à notre repas du soir offert en guise de dédommagement .

A peine la barrière de la réserve passée, notre guide accélère pour nous emmener à un endroit signalé par d'autres guides.

Ses collègues l'ont en effet prévenu par radio qu'une troupe de lions se reposait dissimulée dans les arbustes.

Etosha tient toutes ses promesses : koudous, impalas, zèbres, oryx, éléphants, autruches y abondent, notamment aux points d'eau où il suffit se se poster et d'attendre pour que le spectacle commence...

Notre guide originaire du Zambèze nous apprend à reconnaître les animaux tout en nous expliquant leur mode de vie.. Il nous explique par exemple que les impalas à face noire ont une sorte de "M" dessiné sur les fesses, ce qui explique pourquoi les gens d'ici les appellent les Mc Do des lions. Nous passons la matinée à aller d'un point d'eau à l'autre, à l'Est d'Okaukuejo où l'on revient vers midi pour pique niquer.

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La profusion d'animaux fait d'Etosha l'une des réserves les plus riches d'Afrique.

L'après-midi, nous parcourons les points d'eau à lOuest d'Ojaukuejo. Au bord de l'un d'eux, un couple de lions se prélasse au soleil tout en contemplant les animaux venus boire, qui eux surveillent les deux prédateurs du coin de l'oeil.

Pour un lion, cette vision de la faune sauvage doit avoir quelque chose de rassurant. Elle doit plus ou moins signifier que l'abondance est à portée de griffe.

Au moindre mouvement des félins, l'ensemble des animaux réagit, on sent comme une tension sous-jacente.

Au bout d'un moment, la lionne se lève et semble communiquer avec le mâle et les deux animaux s'accouplent.

Les animaux se succèdent au point d'eau en un ballet bien réglé. Les oryx et les zèbres ont un caractère bien trempé et semblent faire leur loi. Ils s'affrontent entre eux pour des questions de préséance au sein du groupe.

Les éléphants, quant à eux s'aspergent copieusement de boue pour se protéger des parasites.

Les girafes avancent sur un pas lent, faisant de nombreuses pauses durant lesquelles elles scrutent attentivement le moindre danger dans l'environnement immédiat. C'est par petites touches que le groupe s'approche du point d'eau. Quand elles parviennent au bord, elles écartent leurs jambes aux dimensions démesurées pour atteindre l'eau : manoeuvre qui demandent parfois plusieurs tentatives avant de trouver la bonne distance et durant laquelle elles sont vulnérables.

Quand les zèbres arrivent à l'horizon, elles savent qu'il est temps pour elles de partir.

Ces derniers viennent boire en bande également.

Pour se débarrasser de leurs parasites, les autruches préfèrent prendre des bains de poussière... Nous poursuivons notre route en direction du pan.

Etosha signifie "Grand espace blanc d'eau sèche". Le parc comporte une vaste dépression qui était autrefois un lac intérieur, aujourd'hui quasiment asséché. La dépression se couvre en effet rarement d'eau et uniquement lors de la saison humide bien entendu. Elle se transforme alors en lagune, au grand bonheur des pélicans et flamands roses. Les animaux se détachent facilement sur cette grande étendue blanche.

Un proverbe en Afrique affirme que pour un animal que vous observez, 10 vous surveillent. Il faut parfois être vigilant pour voir le lion, qui couché dans les hautes herbes ne vous lâche pas de coin de l'oeil.

Apercevoir un éléphanteau gambadant près des adultes, entendre le rugissement d'un lion, sentir le musc émanant de la savane : autant d'expériences qui envoûtent et transportent le visiteur dans un autre monde hors du temps, où règnent la nature et les animaux.

Parfois, les animaux cohabitent et s'entre-aident comme cette mangouste jaune qui partage le terrier des écureuils du cap. La mangouste n'a pas ainsi à construire son propre terrier. Elle défend en contre-partie les écureuils des attaques de serpent lorsque ces dernières se produisent !

Plus loin, passe la troupe des éléphants...

Elle protège en soin sein les plus jeunes qui, semblent très peu âgés.

Cette première journée à Etosha nous en a mis plein les yeux.

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Le lendemain, nous sommes de nouveau de bonne heure devant les grilles de la réserve, mais sans guide cette fois. Les Himbas sont déjà là, à vendre leurs colifichets aux touristes. A L'origine, ce peuple apparenté aux Héréros vivait sans doute aux abords du Nil en Egypte. Il connut de vastes migrations et ce sont de lointains cousins des Massaïs. Ce n'est qu'au XVème ou XVIème siècle que les Himbas s'installent dans le Kaokoland. Après avoir été un des peuples les plus prospères d'Afrique, ils se sont appauvris en perdant leur bétail dans la guerre qui opposa l'armée Sud africaine et les indépendantistes dans les années 1980.

Comparé à la veille, nous voyons moins d'animaux en ce début de matinée, mais les paysages sont toujours aussi enchanteurs.

Nous parcourons la rhino drive dans l'espoir de voir l'un de ces animaux emblématiques de l'Afrique, mais en vain. Ces derniers restent cachés à nos yeux . Seul un dik-dik : cette toute petite antilope d'environ 40 cm de haut se dévoile sur la piste.

Nous commençons à perdre espoir d'ajouter le rhino à notre tableau de photographe.

Enfin, nous apercevons une femelle rhinocéros noir et son petit. Noirs ou blancs, en fait tous les rhino sont gris. Seuls les distinguent la taille de leurs mâchoires (plus étroites chez les noirs) et leur régime alimentaire fait d'herbes pour les blancs et de feuillages pour les noirs.

En tout cas, quelle émotion de pouvoir apercevoir cet animal en liberté dans son milieu naturel alors qu'il aura malheureusement probablement disparu dans quelques décennies.

La Namibie accueille également bon nombre d'oiseaux comme ce Calao (photo en haut à gauche), ce choucador à épaulettes rouges (photo à gauche au milieu) , ce rollier (au milieu à droite) ou cette outarde en bas.

Le soir, après avoir traversé Etosha d'Ouest en Est, nous parvenons à Emanya Lodge.

Le décor est raffiné mais un peu aseptisé. Ce lodge restera pour nous associé à un grand moment d'angoisse. En effet, Maël en prenant sa douche le soir, a glissé et s 'est cogné la tête assez violemment. Le bruit de la chute a été très sonore et il pleurait à en avoir des hauts le coeur. Dans la soirée, il mange bien, voire même très bien et dans la nuit, il se met à vomir trois fois. Après la chute, nous craignions un traumatisme crânien et je m'en vais chercher de l'aide dans le bâtiment principal, mais tout est désert : pas âme qui vive. Nous finissons par nous coucher à trois dans le même lit, pour partager les draps et la seule couette restés propres.

Le lendemain, Maël tient des propos cohérents et déjeune normalement. C'était finalement une indigestion d'avoir trop mangé la veille mais quelle nuit ! Les repas de ce lodge étaient vraiment trop copieux avec ses pré-entrées, ses entrées, ses sorbets avant d'attaquer le plat de résistance puis le dessert. Même en nous limitant aux deux derniers plats, nous ne pouvions terminer nos assiettes. Le point d'eau où les animaux viennent boire en soirée était un endroit plein de quiétude où il faisait bon flâner dans les canapés disposés à cet effet.

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Pour notre dernière journée sur Etosha, notre lodge ne proposant pas de safari, nous en avions réservé un auprès d'un autre lodge voisin : le Mokuti. Cette fois, nous avons eu un guide qui en connaissait à peu près autant que nous sur les animaux...

La pause du midi nous donne l'occasion d'observer une famille de mangoustes rayées.

Une de ses collègues informe notre guide par radio qu'elle vient d'observer un léopard. Comme nous ne sommes pas loin, nous nous dirigeons vers l'endroit indiqué. Malheureusement, le temps d'arriver, le félin est parti et nous n'entendrons que son feulement dans les fourrés.

Un peu plus loin, à un autre point d'eau, un batteleur des savanes se bat avec un aigle. Les oiseaux aussi doivent défendre leur territoire...

L'argile sèche du pan conserve quant à elle le souvenir du passage des troupeaux ou de ces animaux solitaires comme ce gnou, probablement chassé de sa position dominante au sein d'un groupe par un plus jeune, un plus vigoureux.

C'est en méditant sur cette leçon de la vie sauvage que nous rentrons au lodge, pour passer une nuit plus sereine que la précédente.

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Le lendemain, nous passons par Tsumeb. Sur un blog de voyageurs, j'avais lu que la meilleure expérience de ces derniers en Afrique avait été la visite du village culturel de Tsumeb où sont exposés les habitats traditionnels des peuples namibiens. Lorsque nous arrivons : pas un chat ! Nous avons eu des difficultés à localiser l'endroit et bon nombre d'habitants auxquels nous avons demandé notre route ne semblaient pas connaître. nous finissons par finalement trouver l'endroit. Nous commençons par visiter un village typique du Damaraland. Nous faisons ensuite une reconstitution d'un village Himba puis nous abandonnons. Le site tombe en décrépitude et présente peu d'intérêt : très peu d'explications. Nous préférons filer vers le plateau du Waterberg, connu pour ses safaris. Quelques kilomètres avant le plateau, en relisant le guide de voyage, je m'aperçois qu'en fait, on ne peut y accéder avec une voiture de particulier. Il faut obligatoirement passer par des professionnels du safari. Vu l'heure, nous préférons faire demi tour et filer vers notre lodge : l'Otjiwarongo safari lodge.

Là encore, les équipements de ce lodge sont assez luxueux.

Nous profitons de la vue sur le point d'eau depuis la terrasse de notre bungalow, tout en dégustant un thé. Elle n'est pas belle la vie ?

Les soirées d'hiver sont belles à Otjiwarongo. Nous sommes en effet dans la partie australe de l'Afrique, où l'hiver, c'est à dire l'été chez nous, est une saison sèche.

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Le lendemain de notre arrivée à Otjiwarongo, nous retournons vers le Waterberg, non pas pour faire un safari, mais pour visiter le centre de conservation des guépards. Ils récupèrent les guépards blessés ou orphelins et tentent de les réintroduire dans la nature. Quand ce n'est pas possible, le centre leur offre une vie paisible en son sein. Les guépards vivent pour 95% d'entre eux sur les territoire des fermes. Dans les réserves, ils rencontrent le concurrence des lions et des guépards, plus robustes qu'eux.

Les guépards sont malheureusement, eux aussi en voie de disparition. Le centre en héberge 37. Il élève aussi des chiens de berger turcs, extrêmement robustes, dont les aboiements effraient les félins.. Ces chiens sont vendus aux bergers pour qu'ils protègent les troupeaux, en effrayant les guépards, ce qui évite de les tuer.

Ces félins restent assez faciles à apprivoiser. Un guépard qui a l'habitude d'être nourri par l'homme, lorsqu'il sera relâché, se présentera à heures fixes à la première ferme qu'il va croiser pour qu'on lui serve son repas...

En parlant du repas, quand l'heure sonne...

La nourriture consiste en quartiers de viande présentés dans des bols. Les guépards détestent en effet, y compris dans la nature que leur nourriture soit souillée.

Nous déjeunons quant à nous au café du centre de conservation, au milieu d'un petit jardin très agréable.

Nous retournons ensuite à notre lodge. Le jour de notre arrivée, je me suis en effet aperçu que ce dernier organisait des safaris. Je me suis donc renseigné pour savoir où ces derniers se déroulaient. Il se déroulent en fait sur la propriété. Vu le prix modique pas rapport aux autres safaris que nous avons fait, nous choisissons de nous inscrire, tout en pensant qu'il serait sans doute de moindre qualité, mais nous n'avons pas été déçus.

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La promenade commence et nous tombons sur des waterbucks : espèce d'antilopes que nous n'avions pas encore croisée.

Nous observons ensuite des dromadaires. Ces derniers ont été importés d'Afrique du Nord par les colons allemands et sont ensuite retournés à l'état sauvage. Le parc du lodge fait plusieurs milliers d'hectares, ce qui nous permet d'observer une faune variée. On décompte même 13 rhinocéros vivant sur le domaine à l'état sauvage. Ce jour là cependant, ils sont restés invisibles à nos yeux malgré les efforts de nos guides pour tenter de les repérer.

Les paysages avec les massifs montagneux au loin sont majestueux.

Un peu plus loin, ce sont des bubals roux qui évoluent en troupeau.

Depuis le sommet d'un petit escarpement, nous avons une vue splendide sur la propriété et les montagnes du Waterberg.

Nous avons vraiment apprécié ce petit safari qui n'était pas initialement prévu au programme.

Le soir, pendant que nous dînons d'un steak d'impala, nous observons les antilopes élands qui viennent boire au point d'eau.

Le lendemain, nous bouclons nos valises et en quittant le lodge, nous prenons la route pour Windhoek afin de terminer notre voyage.

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Nous ne sommes cependant pas pressés de nous retrouver en milieu urbain. Nous partons donc en direction de Daan Viljoen game park, situé à 18 km au sud de la capitale. Nous faisons le tour de la réserve en voiture et pique niquons sur une colline.

Depuis la colline, on voit la grande ville...

La réserve ne contient pas d'animaux dangereux, nous pouvons donc y faire une randonnée à pied. Maël voulait quand même réviser nos cours de sel-défense avant de partir. Il n'y a certes que des ruminants, mais il faut être prêt à tout.

Le sentiers commence par longer un cimetière allemand des années 1800.

Nous parvenons ensuite à un point d'eau.

Ce sera l'occasion pour Maël pour nous faire une petite démonstration de mimétisme animal.

Nous rejoignons enfin l'arebush travel lodge, en ville, situé non loin du golf. Il y a en effet un golf à Windhoek, même si on peut penser qu'ils doivent avoir des difficultés pour maintenir les greens verts.

La piscine et les jardins sont accueillants.

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C'est le dernier jour de notre voyage en Namibie. après avoir pris le petit déjeuner, nous admirons le travail des oiseaux tisserands qui font des immeubles de nids construits en chapelets.

Nous nous dirigeons ensuite vers le centre de Windhoek. Nous nous trouvons plongés au milieu de la modernité, avec un rien de différent par rapport à l'Europe.

Entre poupées habillées en costume traditionnel du peuple Héréro et panoplie complète du peuple Himba, les magasins affichent quand même une couleur très locale.

Les rues de Windhoek affichent d'agréables zones piétonnes.

Au coeur de l'une d'entre elles est exposée la plus grosse météorite au monde répertoriée à ce jour. Elle est exposée sur Post Street Mall mais elle est tombée à Gibeon. Cette météorite qui pesait 26 tonnes et qui s'est désagrégée en plusieurs fragments. Composée de métaux ferreux, elle était utilisée par le peuple Namas pour confectionner des pointes de flèches.

Nous poursuivons notre balade en direction de l'église allemande de Christuskirche. Cette église luthérienne est devenue l'emblème de la ville. Construite en 1907, elle mélange les styles baroque et gothique.

Non loin de là se trouve le Parlement et ses jardins.

Nous déjeunons dans un café près de zoo parc : un espace vert fréquenté par les cadres à l'heure du déjeuner, mais qui était autrefois un terrain de chasse à l'éléphant, comme le rappelle le crâne d'un pachyderme exposé en haut d'une colonne.

Désireux d'en apprendre plus sur les peuples de Namibie, nous allons visiter le musée national. Les premières salles sont assez intéressantes, mais elles laissent vite place à la guerre d'indépendance, ce qui intéresse nettement moins Maël.

Nous quittons donc les lieux et nous dirigeons vers le musée Owela, à dimension nettement plus ethnologique. Les salles contiennent des objets usuels des différents peuples et des restes de la colonisation allemande.

En arrivant à l'entrée, on nous explique que ce n'est pas payant, mais que l'on peut faire un don pour la sauvegarde des collections. Je commence à discuter avec la caissière qui nous dit que la prochaine fois que l'on vient en Namibie, il faudra que l'on vienne chez elle. Les Namibiens sont hospitaliers.

Une statue de femme en costume Herero nous introduit dans la pièce consacrée aux Himbas. Leurs habitations sont construites en bouses de vaches.

Nous voici maintenant chez les Namas, aussi appelés Namaquas. Ils constituent l'une des principales branche des peuples Khoikhoi dont la langue est pleine de clics. C'est un peuple d'éleveurs nomades de l'intérieur du pays, qui élevait des chiens sourciers, capables de détecter l'eau, ce qui permettait d'arrêter les transhumances là où l'on savait que les troupeaux trouveraient de quoi boire.

Nous accédons ensuite à la salle dédiée au peuple San. Ce dernier, aux caractéristiques physiques si particulières est sans doute le premier occupant de l'Afrique australe. On trouve des traces de leur présence datant de plus de 44 000 ans. Ils furent chassés par els autres peuples et les colons allemands vers les terres les plus ingrates, jusqu'à se retrouver dans la Kalahari.

Nous faisons enfin un tour chez les Tsawas, peuple fortement hiérarchisé qui fonda des chefferies en 1600 au Bostwana. Ce peuple s'est installé au bord du fleuve et aux abords des points d'eau du Kalahari. Il connu des luttes avec le peuple zoulou sous son puissant souverain Chaka. en 1996, on estimait le peuple Tswana à environ 3 millions de personnes. tous ces pays vivent aujourd'hui en paix en Namibie, qui est sans doute l'un des pays les plus stables d'Afrique.

C'est ainsi que s'achève l'un des plus beau voyage de notre vis, sous les cieux de Namibie.