× Chère communauté,
Suite à l’incendie au sein des bâtiments de notre hébergeur OVH, à Strasbourg mercredi 10 mars 2021, nous ne pouvions plus accéder au site ! L’accès a été rétabli par notre équipe mais nous n’avons pas accès aux photos pour le moment. Dans l’attente de réponses de la part d’OVH quant au devenir des photos mises en ligne avant le 10 mars 2021, vous pouvez de nouveau réutiliser le site sans risque et ajouter de nouvelles photos !
La Team MyAtlas

Grenade et Cordoue : splendeurs andalouses

Deux étapes à Grenade et Cordoue lors de notre voyage en Andalousie en octobre 2014. Ces deux villes sont marquées par ses civilisations et nous donnent à contempler un magnifique patrimoine.
Octobre 2014
3 jours
1

Pour cette excursion à Cordoue, nous partons de Séville en direction de la vallée du Guadalquivir, puis de la sierra Morena et nous arrivons enfin à destination. Cette ville était un municipe romain, comme en témoigne le puente romano (le pont romain). L'âge d'or de Cordoue date cependant de la période islamique. Au Xème siècle, elle était la capitale occidentale de l'Empire arabe, rivalisant avec Bagdad.

Le pont romain est l'un des ponts édifiés sur le Guadalquivir après la victoire de Munda en 45 avant JC. Il relie les quartiers de Campo de la Verdad et du Barrioa de la catedral. Le pont possède 13 arches et furtpartie intégrante de la via Augusta. A l'une de ses extrêmités de dresse la tour de la calahorra, porte fortifiée du XIIème siècle. Sur l'autre, se dressait une ancienne porte romaine, puis maure, remplacée enfin à la Renaissance par l'actuelle Porte du pont. Au centre, se dresse le mémorial dédié à l'archange Raphaël du XVIIème siècle. Deux arches (la 14ème et la 15ème) sont d'origine.

Ici où là, se dresse non loin du fleuve un vestige d'époque médiévale comme cette vieille roue à aube qui marque l'emplacement d'un ancien moulin.

Passée la puerte del puente, avec son arc de triomphe, nous pénétrons sur une place où les bâtiments arborent de belles façades colorées, à côté de laquelle de dresse le triumpho de San Rafaël, saint patron de la ville.

nous longeons ensuite les murs de la Mesquila : la grande mosquée, en remontant la calle de Torrijos sur laquelle s'ouvrent plusieurs patios ombragés.

Face aux portails monumentaux de l'édifice religieux se dresse le palacio episcopal, qui abrite aujourd'hui l'office du tourisme et son salon de thé.

Le coeur de Cordoue est cependant la Juderia, l'ancien quartier juif proche de la mosquée. Le temps s'y est arrêté à l'an 1000...

Pour notre part, nous nous y arrêtons pour un délicieux repas de tapas gastronomiques composé de bouchées de jambon, à la queue de taureau, d'aubergines grillées et caramélisées, de tortillas et en dessert, on nous sert une sorte de flan tiède réalisé à partir de farine et de lait et nappé de caramel. Le tout est accompagné d'un jus d'oranges fraîchement pressées.

Nous commençons notre après-midi par la visite de la grande mosquée devenue cathédrale.

La grande mosquée, bâtie par Abd El Rahman Ier entre 785 et 787 est le symbole de la domination musulmane en Espagne. Elle fut réaménagée au cours des siècles, notamment par Al-Akham II au Xème siècle. De la cour des orangers (Patio de los naranjos, où les fidèles faisaient leurs ablutions, on a une vue magnifique sur la torre del Maniar, qui renferme l'ancien minaret. Au XIIIème siècle, il n'y avait que des palmiers dans la cour. Ce n'est qu'au XVème siècle que les orangers, les cyprès et les oliviers ont été plantés. En arrière plan de la fontaine, se dresse la cathédrale.

Le toit de la cathédrale repose sur plus de 850 colonnes de granit, de marbre et de jaspe. L'effet visuel est extraordinaire au milieu de cette forêt de pierre.

Lorsque Cordoue fut reprise par le roi Ferdinand III de Castille en 1236, l'église repris ses fonctions initiales. Le roi fit détruire quelques colonnes pour dégager la place de la chapelle royale, décorée de stucs Mudéjars, où furent enterrés Alphonse XI de Castille et Ferdinand IV de Castille en 1371.

Au XVIème siècle, les chanoines du chapitre décident de doter leur cité d'un édifice beaucoup plus somptueux et dans le goût du jour. Ils firent démolir une partie importante du centre de l'édifice pour y édifier une cathédrale qui apparaît comme incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes. ce monument allie les styles gothique, baroque et Renaissance et est magnifiquement décoré. Par la suite, Charles Quint regretta la transformation de cet édifice en disant : "Vous avez détruit ce que l'on ne voyait nulle part pour construire ce que l'on voit partout".

Les cultes qui se sont succédé ont tous laissé leurs traces décoratives, donnant à l'ensemble un caractère grandiose.

Le chef d'oeuvre du bâtiment est cependant la coupole précédent le mirhab et le mirhab en lui même.

Cette construction formée d'arcs polybés et entrecroisés est impressionnante par les mosaïques d'or qui ornent sa façade. Les revêtements de marbres décorés d'arabesques sont les plus beaux reliefs et les plus précieux de l'époque califale. On peut y admirer aussi les versets du Coran dorés sur fond bleu.

La photo en haut à droite montre la coupole de la Maqsûra, qui est l'endroit réservé au calife à l'intérieur de la mosquée. Au moyen âge, la mosquée n'était pas uniquement un lieu de prière réservé aux musulmans, on y allait aussi à l'école, on y jouait aux échecs, on y accueillait les nécessiteux, on y discutait de l'actualité, on y échangeait des idées, y compris avec les non musulmans et on y écoutait de la poésie. Cette mosquée était resplendissante et on venait de partout pour la voir.

La photo du centre montre la capilla de Villaviciosa : première chapelle chrétienne construite dans la mosquée en 1371. On peut là aussi y admirer de très beaux arcs polybés.

Dans la mosquée, il y avait aussi 800 lampes à huile parfumée, éclairant les cristaux des mosaïques. Comme dans tous les édifices religieux musulmans, on ne trouvait aucune représentation humaine ou divine. La décoration est donc essentiellement géométrique et calligraphique.

a travers une excavation dans le sol, on peut admirer des mosaïques datant de l'époque wisigothique. Les Wisigoths avaient édifié une église sur l'emplacement d'un temple païen dédié à Janus.

A la sortie de la cathédrale, nous nous enfonçons dans les petites ruelles qui font de Cordoue une ville au charme incomparable.

La cité a sans douté été fondée par les carthaginois et son nom pourrait dériver de Kartuba qui signifie "cité riche et précieuse" en phénicien. Elle devint ensuite un municipe romain où naquit le philosophe Sénèque. Son âge d'or remonte au Xème siècle et au règne d'Abd El Rahman III, avec la création d'un califat indépendant dont elle était la capitale. Empire économique et culturel où musulmans, juifs et chrétiens cohabitaient pacifiquement, son influence s'étendit sur tout le monde occidental. Une guerre civile mit fin au califat et la cité déclina après avoir été conquise en 1236 par Ferdinand III de Castille.

La vie andalouse s'articule autour des patios des maisons qui font entrer le fraîcheur et la lumière. Les plantes font de ces lieux des retraites paisibles. A Cordoue, un festival des patios est organisé tous les ans en mai. Cordoue, avec ses étroites ruelles pavées, ses recoins secrets et ses minuscules ateliers d'orfèvrerie offre une charme indéniable.

Au dessus des bâtiments colorés surgit la torre del Alminar. Cette tour de 93 mètres de haut offre une belle vue sur la ville dont nous n'avons pu profiter puisqu'au moment de notre visite, elle était en réfection.


Au détour d'une place, nous pénétrons dans une cour qui abrite les bâtiments de l'université.

En retournant vers le fleuve, nous passons devant l'Alcazar de los Reyes. Ce palais forteresse est dû à Alphonse XI de Castille. Ferdinand II d'Aragon et Isabelle Ière de Castille y ont séjourné durant la guerre de reconquista contre les maures de Grenade. L'Alcazar devint ensuite siège de l'Inquisition, puis une prison.

Il est temps pour nous de quitter Cordoue et de nous diriger vers notre seconde étape.

2

Notre étape suivante nous conduit à Grenade, pour visiter l'Alhambra : "la rouge" en arabe. La couleur des murailles explique à elle seule ce surnom. Cet ensemble palatial en impose et paraît quasiment féérique. nous avons la déception de ne pouvoir visiter le palais Nasride. La politique locale vise en effet à limiter le nombre de visiteurs pour mieux conserver le site. Il faut donc réserver son billet sur internet plusieurs mois à l'avance et arriver à un horaire précis pour pouvoir visiter. N'étant pas informés, nous n'avions pas de billet et il est bien entendu impossible d'en obtenir au pied levé.

En parcourant les jardins fleuris et rafraîchis par des fontaines, nous voyons au loin ce palais édifié pour exorciser la réalité d'un pouvoir sur le déclin. Les émirs ont cherché à créer une sorte de paradis.

Nous nous dirigeons vers le Generalife, qui servait de résidence d'été aux souverains nasrides et que l'on peut visiter. Les souverains pouvaient se soustraire des vicissitudes de la vie quotidienne en ce lieu proche du ciel. Au XIIIème siècle, les jardins contenaient des vergers et des pâturages. Ils ont été remaniés à de multiples reprises depuis.

Nous passons le patio de Polo, qui était la cour où les visiteurs venus à cheval pouvaient laisser leur monture avant d'aborder le patio de la Acequia , jardin oriental clos, conçu autour d'un bassin central agrémenté de toute une série de jets d'eau gracieux en arceaux.

Du haut de la sala Regia, les architectes ont aménagé des fenêtres desquelles le coup d'oeil sur la ville est somptueux. Que ce soient les architectes ou les jardiniers, au travers des trouées aménagées dans la verdure, tous obéissent à un plan d'ensemble qui joue sur les perspectives et constitue un véritable émerveillement pour l'oeil. Le Generalife, Djannat al-Arif ou "jardin de l'architecte" était la propriété la plus remarquable de celles qui s'étendaient au coeur de l'Alhambra. Il est appelé le trône de l'Alhambra par Ibn Zamrak, grand poète de la Grenade de Mohamed V.

Il est situé sur une élévation, connue sous le nom de "Cerro del sol"(colline du soleil) et reste séparé de l'Alhambra par un ravin.

Le patio ouvre sur deux pavillons aux élégantes ornementations.

Nous pénétrons ensuite dans le verdoyant patio de los cipreces, aussi appelé patio de la sultana. Au centre se trouve un étang entouré de haies de myrtes qui délimitent un espace autour d'une fontaine en pierre. Le patio doit son nom aux vieux cyprès situés dans les tonnelles. Le plus célèbre d'entre eux est le cyprès de la sultane, sous lequel selon la légende, l'épouse de Boadbdil et un chevalier Abencerraje se rencontraient.

Le long de ce patio, au delà du mur d'enceinte, la vue s'ouvre sur la ville et les collines arides qui la dominent.

Par un escalier en pierres du XIXème siècle, orné d'un portique et de deux lions, nous arrivons à la partie haute des jardins, qui vont de la colline du soleil jusqu'au chemin du petit roi.

Malgré sa proximité avec l'Alhambra et l'étroite relation entre les deux complexes, le Generalife était considéré comme étant extérieur à la ville. Il y a même eu une rebellion à l'Alhambra contre Muhammad V pendant que celui-ci était au Generalife.

On accède ensuite aux jardines alto ou jardins supérieurs par l'escalera del Agua. Cet escalier est le plus vieux du jardin. Il existait déjà à l'époque des arabes. Il est divisé en trois partie et sur chacune d'entre elle il y a une fontaine avec un jet d'eau et des canaux qui sont les rampes et par lesquelles l'eau descend. L'escalier est entouré de lauriers qui unissent leur cimes en formant une voûte à travers laquelle passent les rayons du soleil. Le résultat est une scène d'une beauté indescriptible.

En sortant, nous passons devant un bâtiment transformé en hôtel de luxe. nous continuons la promenade et passons devant les restes de la Medina dont on ne peut plus admirer aujourd'hui que les sous-bassements.

Enfin, nous passons sous la puerta del vino : la porte du vin. Au XVIème siècle, les passants laissaient devant cette porte le vin qu'il buvaient, ce qui leur permettait de ne pas payer l'impôt. Il existe une autre théorie selon laquelle le nom viendrait d'une confusion entre les mots "Bib al-hamra' (porte rouge ou porte de l'Alhambra) et Bib al-jamra (la porte du vin), ce qui confirme par contre le fait que c'est en passant par cette porte que l'on avait accès à l'Alhambra supérieur.

Sur la place après la porte se trouve le palais de Charles Quint. L'Empereur avait voulu établir son palais d'été en ce lieu. Il est solidaire du palais Nasride, mais n'a pas son charme.

Nous nous dirigeons ensuite vers l'Alcazaba : la partie la plus ancienne de l'Alhambra, qui correspond aussi à sa partie militaire. On pense qu'avant sa construction et l'arrivée des musulmans à Grenade, il existait plusieurs bâtiments dans cette zone. La première référence que l'on ait de l'Alcazaba date du IXème siécle. On considère que l'Alcazaba fut construite par Sawwar ben Hamdun lors de la lutte entre les arabes et les muladies (chrétiens convertis à l'Islam).

Plus tard, avec l'arrivée des chrétiens, d'importantes réparations furent effectuées sur l'Alcazaba. Le lieu fut ensuite transformé en prison, rôle qui lui fut également assigné sous l'occupation française.

Nous profitons du chemin de ronde pour faire une petite pause photo avant de rejoindre les jardins en contrebas.

Nous retournons vers le palais de Charles Quint, dont l'intérieur est aussi circulaire que l'extérieur est cubique... C'est la principale oeuvre de la Renaissance en Espagne.

Le couvent des Franciscains, construit au XVIème siècle a été transformé en hôtel. Il est fort à parier que le séjour sur le lieu même du site historique doit être fort agréable. C'est aussi l'endroit rêver pour faire une halte sachant que des visites de nuit sont organisées au palais nasride.

Ce sera peut-être l'occasion d'un autre voyage...

Pour notre part, nous n'avons pas eu le temps d'aller visiter la basse ville qui doit pourtant aussi valoir le détour. Là aussi, ce sera sans doute l'inspiration d'un prochain voyage...